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L'île en Faîtes

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Diele Timberwhite

♦ Localisation : West Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 2600
Popularité: -29
Intégrité: -4

Sam 21 Déc 2013 - 2:59

J'ai jamais trop bien su à quoi l'on reconnaissait une île accueillante ou chaleureuse. Je suis à peu près certain que les différents courant de pensée doivent se tirer dans le pattes à la seule énonciation de ce problème d'ordre métaphysique. Moi je serais prêt à considérer comme accueillante une île dont les rats n'essaieraient pas de me détrousser et les clodos de mes dévorer. Pas besoin de tapis rouge, de lits de vierges ou de bonne bibine gracieusement offerte. Et je suis quasiment certain que ce genre d'île, même si elles seraient vachement attractives en y réfléchissant à deux fois, n'existent que dans mes rêves. Et mes rêves, j'y resterais pas bien longtemps si j'étais moi, parce que je sais d'expérience que les papillons prennent des airs de Sphinx et que même les murs de pierre finissent par brûler. Mes rêves ne sont jamais très chaleureux. Enfin, pas dans ce sens là. Et du coup, je parierais qu'il ne suffit pas de mettre des phares et des feux de croisement à toutes les rues pour considérer une île comme chaleureuse. À la limite les îles hivernales, mais ce serait alors le minimum et le chauffage se devrait d'être gratuit dans les tavernes tout comme les peaux de bêtes comprises dans le prix du billet des salopes locales. Mais au final, un truc chaleureux doit être pourvu de rues aux nombreuses boutiques, mettons avec des arbres et des parcs où les enfants promèneraient leurs parents et où les chiens se feraient la chienne de la voisine, avec des bals nocturnes aussi, pour les indigènes qui se font chier le samedi soir et dont la cousine est occupée avec le cousin. Peut-être un bon marché. Des plages avec parasols. Une compagnie de bus sans grèves, aussi, sûrement et probablement un marchand de marrons chauds. Hé. Les marrons sont indispensable à tout île qui se veut chaleureuse et accueillante.

En revanche, j'ai toujours eu une idée de ce que représenterait une île pas accueillante.

Vous me direz, c'pas bien compliqué. J'imagine une grande montagne faite de roche noire avec des crevasses ressemblant à un crâne ou un troll endormi et des cavernes prêtes à s'effondrer sur la ville en contrebas, toute faîte de bois flotté -à cause de la pluie ou de l'urine des poivrots- aussi rongée par les fourmis qu'évitée par les bonnes gens. Ce serait une île où le Cormoran ne pourrait pas trouver une seule graine qu'aurait pas pourrie à se mettre sous la dent et où l'alcool aurait ce goût désagréable qu'il prend invariablement les lendemain de cuite. Y'aurait une crique qu'aurait tout de l'histoire de fantôme et des nuages bas qui auraient décidé d'en faire leur résidence principale. Les feux qu'on verrait brûler seraient alimentés -non à l'huile- mais à la graisse des cadavres frais de la nuit et on entendrait depuis l'horizon les os des squelettes des pendus. Et puis les femmes auraient du poil aux jambes et des chicots en or.

Ou alors ce serait une île dirigée par des enfants.

Brrrr

Je resserre autour de mon cou le vieux pull que j'ai recyclé en écharpe lorsque j'ai quitté Hinu Town. Je sais pas si c'est le crépuscule, le vent frais qui se lève ou cette pensée atroce qui en est la cause, mais le frisson qui vient de me parcourir était tout sauf agréable. Le genre que l'on a devant un feu mourant lorsque le bois vient à manquer. Je regarde le soleil disparaître à l'horizon. Il a l'air tellement gros vu de là. Ça faisait bien longtemps que je ne l'avais pas observé se border dans d'autres draps que ceux des dunes de Hinu Town.

Mais il faut bien avouer que le spectacle du Cormoran qui rame à ma place est bien plus passionnant. Je sais pas. Réussir à rendre ce volatile utile me comble d'une fierté déplacée. Et le pire, c'est que j'ai même pas de remords. Il aura du poisson. Il me pardonnera. Et puis ma main bandée me fait encore la gueule. Je dois avoir deux trois os qui râlent quand je serre le poing et j'ai toujours l'impression de sentir sa tignasse blonde glissant entre mes doigts alors que j'imprime son visage en relief dans le comptoir. Ouais. Encore des remords. J'aurais pas cru avoir encore de la place pour ce sentiment à la con. Alors m'en veux pas, le Cormoran, mais j'ai pas trop de place pour les sévices que je t'inflige. Et puis tu gueules pas, c'est que tu dois pas être si mal loti que ça. Hé. Je lui flatte le crâne. Il a l'air d'apprécier. Con de Cormoran va. Je redresse mon regard droit devant moi. T'en fais pas, tu te reposeras dans une heure ou deux.

Droit devant moi. Paré des plus magnifiques couleurs qu'un ciel qui marie dans un crépuscule proverbial le rouge et le noir, se dresse une île. Jusque là, trouver une île, ça me va. Je veux dire, j'ai pris la mer pour échapper aux regards, aux flics locaux et à mes souvenirs, certes ; mais surtout pour retrouver ma fille. Parce que bordel son nom n'est pas encore inscrit sur le caveau familial avec ceux de sa mère et de sa sœur. Et ça, il m'a fallu presque cinq ans pour m'en rendre compte. Enfin il me semble que ce sont cinq années. J'ai perdu le compte je crois. J'espère que ce ne sont que cinq années. Je m'en voudrais plus encore. Parce que ouais à ce sujet là aussi j'ai des remords. Tu ne dois plus t'étonner que je ne t'accorde pas plus d'attentions que ça maintenant, hein le Cormoran. Mais ma hantise reste que je ne la retrouve pas. C'est comme chercher une aiguille dans une botte d'aiguilles. Un putain de calvaire, et je sais pas par où commencer. Imaginez un navigateur sans cap, de nuit et par ciel couvert. Et bah je l'envie. Moi, tout ce que j'ai, c'est un très large esquif sur lequel peuvent s'entasser une dizaine de vaches laitières et que j'ai retapé tout seul. Histoire de pas manquer de bois pour le feu. Celui qui me sert à cuire le poisson que pêche le Cormoran avec la canne à sa taille que je lui ai acheté. J'ai une canne à pêche en plus de l'esquif, disais-je, un Cormoran à qui faire la conversation et toute la vie devant moi. Un bon début. Et puis j'ai cette île dans la mire.

Et je la mire, cette île. Toute en faîtes érodées par l'écume harassante et le vent hurlant et qui ressemblent à de gigantesques tas de sable aux hauteurs vertigineuses. Et au vu des trous percés dans ces gratte-cieux en terre cuite, je parierais presque sur des termitières géantes. D'aspect, juste. Je ne pense pas vraiment que ce soient les termites qui contrôlent cette île. À moins bien sûr que les termites aient choisi de tendre des tyroliennes entre presque chaque ouverture, donnant au tout l'apparence d'une gigantesque toile d'araignée. Une toile tissée par une araignée bourrée.
Sur les bords de l'île, y'a un truc qui attire mon attention aussi. Une sorte de Corne d'abondance. Du moins ça en a la forme et à peu près l'aspect. Il suffit de remplacer les fruits et mets délicats par un parc à huitres et des pontons de bois. Le tout doit bien être ce qui sert de port à cette île que ça ne m'étonnerait pas. Des Docks couvert, c'est bien une première. J'en avais jamais entendu parler jusque là. Mais puisque je suis dans la description de ce que je vois, y'a un autre truc qui me choque autant que peuvent l'être les voiles d'un navire. C'est pas le manque d'arbre sur l'île, non. C'est plutôt la grande statue de bois qui semble posée sur la mer à quelques brasses de la rive la plus proche. Une grande statue d'un petit homme complètement nu, exposant une virilité limée par des vagues pudiques ainsi qu'un nez légèrement écorné par un vent jaloux et un soleil farceur.
Et je me dirige droit sur cette île.


J'ai jamais trop bien su à quoi l'on reconnaissait une île accueillante. Mais celle-ci ne m'inspire pas vraiment confiance...
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Diele Timberwhite

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Popularité: -29
Intégrité: -4

Lun 6 Jan 2014 - 3:26

Je hais les récifs. Et si comme je le soupçonne maintenant cette stupide statue d'un apollon nain en tenue d'Adam fait office de phare, j'ai trois mots à dire à l'architecte. Parce qu'une virilité érodée ne fait pas office de lumière rouge ! Bordel ! Je sais pas, ça aurait été plus simple de mettre un panneau récif plutôt que de lui faire pointer du doigt une île qui m'a l'air aussi logique qu'accueillante ! Non pas que je sois vraiment con, ou chiant -bon, peut-être un peu sur les bords- mais avoir ma barque qui prend l'eau de toute part à cause d'un morceau de corail bien acéré et pas assez bien indiqué par la signalétique locale, niveau cadeau de bienvenue, on a déjà vu mieux pour mettre en joie une visiteur. J'en sais rien, un collier de fleurs, une petite bible portative avec écrit BIBLE dessus, en gros, histoire qu'on se demande si ce bouquin ne parle pas de la cuisine locale ; ou alors une Tourista bien fraiche. Ça reste de bon aloi et ça fait toujours plaisir. Mais bordel, pas des récifs qui pourrissent le moyen de locomotion ! Putain, je viens de perdre l'annexe droite. J'ai plus que trois planches pour faire une aile gauche et j'ai plus de clous.

Blouf.

Comment plouf ? J'ai perdu mon absence de gouvernail ? … Tiens. Je crois que j'avance plus. J'avançais pas bien depuis ma rencontre avec la faune à fleur-d'eau marine, mais là j'avance plus. Plus du tout.

Oh non...

Et j'ai plongé. Bien sûr que j'ai plongé ! Ça étonne quelqu'un ? J'ai un cormoran à la mer et pas de bouée de sauvetage, bien sûr que j'ai plongé !
Et le premier qui me dit qu'un cormoran ça sait nager, je lui enfourne ma Tourista chrétienne entre ses dents pour lui enseigner mes recettes culinaires locales. Non mais. Permettez que je me rejoue le radeau de la méduse tout seul avec un Cormoran effrayé dans mes bras ? Merci. Je vous reprends plus tard.



Il est plus tard.
J'ai accosté. Enfin, je suis allé là où j'étais approximativement sûr de l'endroit où il n'y aurait pas trop de récifs. C'est à dire l'espèce de corne d'abondance, oui. Ce truc fermé qu'est rien d'autre qu'un port couvert qui s'est voulu original. Et là, je remarque que niveau commerce, cette île doit pas fleurter avec le haut du tableau. Y'a pas un seul navire au port. Enfin, aux espèce de pontons de bois qui s'agencent maladroitement dans un espèce de Guernica chaotique en couleurs. Tellement que j'ai l'impression d'être entré dans un labyrinthe d'algues et de crustacés aussi vieux que les structures sus-citées. En toute amitiés.

Tel que je me porte, sur mon espèce de barge à fond plat qui ne prend pas plus l'eau et qui continue à flotter pour une étrange raison, j'ai l'impression d'être sur une gondole à Venise. Cherchez pas, vous comprendrez certainement pas la référence. J'ai un narrateur drôle vous savez. Le Cormoran a pas aimé l'instant baignade. Il souffle comme un bœuf, les ailes dans la flotte et regarde d'un air désespéré un morceau de mur en pierre qui me semble un peu plus stable que le reste et à quoi je fais plus confiance qu'aux autres bites qui me regardent d'un air désabusé. En toute amitié j'ai dit. J'y balance le Cormoran sans vraiment de ménagement. Il essaie d'aménager sa chute mais ne fait que rouler-bouler sur la berge et il me semble qu'il l'embrasse amoureusement, mais j'ai pas mes lunettes alors je suis pas sûr. Bordel. Mes lunettes. J'espère qu'elles sont bien dans ma chemise, sinon je suis bon pour attaquer ma dernière paire. C'fou à quel point ces conneries sont un bien périssable. Et même pas remboursées par la mutuelle en plus. Bordel de merde. Je saute à mon tour rejoindre le Cormoran et c'est ce moment qu'attend ma barque pour émettre un espèce de souffle qui n'augure rien de bon. Un peu le même souffle qu'ont ces hommes sur les champs de bataille et qui ont nombre de flèches dans le cors et qui attendent que le personnage principal s'approche, le prenne dans les bras, pour pousser son dernier soupir. Alors on pleure. Moi je pleure pas la barque qui s'enfonce lentement dans ces eaux inconnues et en lesquelles j'ai de moins en moins confiance. Je crois que je l'insulte un peu, même.

Je me retourne alors. Y'a toujours personne. C'est dingue. L'impression d'être dans un bureau postal un dimanche midi. C'est pourtant pas les bâtiments qui manquent. Au plafond, il y a même un énorme cadran solaire. Me demandez pas comment il fonctionne, je rappelle que c'est un port couvert. Quoique. Port ? J'observe un peu les alentours et je me dis que ça ressemble plus à un marché couvert. Je m'approche de ce qui, en temps normal, aurait ressemblé à une porte, et sur laquelle trône un écriteau.

Sommes partis pêcher. De retour pour la nuit.

C'est une île déserte...?

C'est une blague...


°°°°°


Pendant ce temps là, à l'horizon, une délégation de douze navires de pêche avec au bord de chacun douze demi-hommes frileux ramenait vers l'île de Wonka une sèche gigantesque dans un seul filet.

Guilleret, du nom de son arrière-arrière grand père, menait cette expédition. Il en revenait heureux d'avoir su nourrir son peuple pour les douze prochaines lunes. Car avec cette prise, ils auraient des tokayaki de sèche pendant une petite année au bas mot.
Pourtant, l'air en s'approchant de son île, avait un timbre différent. Alors que le soleil venait de disparaître, il humait à travers les plumes tombantes de son chapeau qui lui masquait son visage comme un rideau une fragrance étrange.

Il y avait des étrangers sur son île.
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Beth E. Leihm


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Mar 14 Jan 2014 - 21:50

    Ce fut un grognement qui indiqua à Beth la présence de l’homme. Débarquée sur l’île de Wonka une paire d’heures auparavant, elle n’avait encore croisé personne, commençant à considérer que les lieux puissent être déserts. Le soleil déclinant peu à peu sans qu’elle ait trouvé trace d’un port ou d’un quelconque autre bâtiment, la jeune fille envisageait de passer une nuit à la belle étoile en compagnie de ses fidèles compagnons. Elle aurait pu essayer de rentrer un peu plus dans les terres, tenter une incursion au cœur de l’île, mais celle-ci avait un côté sauvage qui l’effrayait un peu trop. Aussi avait-elle continué à avancer, longeant la mer, se servant de sa fourchette démesurée comme d’un bâton de marche, jusqu’à ce qu’un grondement sourd de Todorov la pousse à s’arrêter.

    D’abord, elle ne comprit pas le comportement hostile de l’animal et voulut continuer à marcher. Mais Propp la retint, agrippant entre ses mâchoires la robe de sa maîtresse, confirmant ainsi la présence d’un danger au pied de quelques imposants rochers devant. C’est alors que Beth remarqua la haute figure à quelques pas d’elle, presque dissimulée dans l’ombre. En plissant les yeux, la jeune fille remarqua que ce qu’elle avait pris pour un rocher était en fait un bâtiment à l’architecture étrange. Un bâtiment qui projetait son ombre sur l’inconnu dont se méfiaient les chiens. Ils se méfiaient toujours des inconnus, contrairement à Beth. Une fois n’est pas coutume, Beth ignora le danger et se dirigea vers l’homme. Essaya de se diriger.

    Résolu à ne pas laisser la petite maîtresse se faire agresser par cet inconnu à l’odeur peu recommandable, Propp maintenait sa prise sur la robe. Il ne la lâcherait sous aucun prétexte, dut-il s’attirer les foudres de Beth. De toute manière, elle ne pouvait pas lui ordonner de lâcher. Et en effet, la jeune fille se retourna vers le molosse pour lui faire les gros yeux, lui intimant en silence de la laisser avancer. Pour toute réponse, le chien s’assit par terre, un éclat déterminé dans le regard. Devant elle, Todorov remua la queue pour marquer son assentiment, ne cessant pas de gronder face à l’inconnu. En plus de l’odeur de l’homme, il sentait autre chose, une odeur plus animale qu’il avait du mal à identifier, et puis d’autres odeurs humaines, plus ténues, moins dangereuses du fait de leur distance. Quoiqu’il en soit, il était parfaitement hors de question que ce grand type s’approche de Beth !

    Avec douceur, la jeune fille posa une main sur la tête de Todorov, tentant de le calmer tout aussi vainement que Propp. Encore une fois, les molosses n’en faisaient qu’à leur tête et leur pauvre maîtresse ne pouvait rien dire pour les rassurer. Tant pis, si elle ne pouvait pas approcher, ça ne l’empêchait pas de communiquer. Avec un sourire, elle fit un signe de la main à l’homme devant elle. Il avait l’air vraiment très grand et Beth se demanda une seconde si elle devait faire des signes plus exubérants pour se faire comprendre correctement par l’inconnu… Non, bien sûr que non, c’était idiot. Elle se contenta donc de poser sa fourchette à terre, manifestant ainsi ses intentions pacifiques malgré l’hostilité des animaux. Elle espérait vraiment qu’ils ne tenteraient pas de mordre l’inconnu… Il ne pouvait tout de même pas être si méchant !
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