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Discours d'intronisation d'Ike Basara

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PNJ Requiem


Feuille de personnage
Dorikis: XxXxX
Popularité: +/-XxX
Intégrité: +/-XxX

Mer 11 Sep 2013 - 14:41

Soudain, tous les écrans du monde conquis montrèrent le même visage. Celui d'un homme jeune et lisse, au maintien impeccable et à la douce sérénité des justes dans le regard. Ike Basara, récent membre du Conseil des 5 et petit-fils de son défunt prédécesseur.

L'héritier se tenait assis dans un décor peu conventionnel pour une déclaration officielle. Loin des salles de conférences d'usage ou des longs couloirs aboutissant sur un pupitre, il était simplement affairé à un bureau d'un bois brillant comme le marbre sur lequel figuraient quelques objets d'ambiance. Une bloc de feuilles parfaitement alignées, un stylet doré, un drapeau de la Mouette, la simplicité pourtant luxueuse de l'avant-plan complétait le naturel du décor environnant. En flou, dos au siège du Conseiller, une étagère bien plus âgée que son menuisier, un ou deux tableaux aux motifs brouillés par l'image, un vaste chandelier d'or et de cristal et, sous ce haut plafond que la profondeur du champ laissait à peine deviner, au bout de la pièce, un large lit parfaitement plié donnait sur une fenêtre démesurée.

Ike fixait l'escaméra comme une confidente dans une prestance accrue depuis sa dernière apparition. Si la colère et le choc avaient guidé ses mimiques, voilà qu'il s'affichait  à présent maître de lui et prompt à s'adresser au peuple comme tout dirigeant se devait de le faire. Son rythme de parole fut lent et pesant, ses paroles nettes et réfléchies.

Il y a maintenant près d'un siècle, l'Humanité a connu la plus dévastatrice des guerres jamais subies. Une guerre sale, sans mots pour en qualifier la gravité et dans laquelle nombre de nos ancêtres ont payé le prix de leur vie. Face à pareil désastre, l'Humanité a juré de remplir un devoir. Le devoir de mémoire.

Voilà cent ans que notre Gouvernement, que votre Gouvernement se bat contre la furie du monde pour maintenir l'ordre et la sécurité en ce monde. La tâche semblait insurmontable tant le chaos régnait aux décennies précédentes. Mais l'être humain est fort et la Justice ne l'a jamais abandonné. Au prix d'un lourd tribut, nous avons chassé le mal. Petit à petit, de plus en plus loin de nos foyers. C'est par une entraide et l'espoir demeuré intacte de vouloir améliorer les choses que ce monde a connu un climat de plus en plus sécuritaire. Malheureusement, les terroristes possèdent, eux aussi, la ténacité propre au genre humain. Et ils la mettent au profit de leurs sombres desseins.

Après un siècle de lutte acharnée dans un monde qui n'avait plus tremblé d'un bout à l'autre, le chaos s'est de nouveau invité dans notre quiétude. Cela m'a coûté un grand-père. Je le pleure en tant que petit-fils, mais je le pleure surtout en tant que symbole d'harmonie disparu, balafré par ceux qui se refusent à accepter les règles d'une société. Marginalisés par leur propre déviance, ils ne se complaisent plus que dans l'art de détruire ce que les autres s'acharnent à bâtir. Oui, notre Nation, notre Monde, tout se voit aujourd'hui menacé par la folie d'une minorité.

C'est ici que tout commença. Nous sommes actuellement dans la salle de repos de White Basara, dans cet endroit où la guerre fut signée avec le sang d'un homme bon, un homme qui vouait sa vie à protéger la nôtre.

Cette déclaration de guerre n'est pas restée sans suites. Parce que nous ne voulons pas que le peuple, du plus aisé au plus démuni, soit la cible directe ou indirecte des actions rebelles, nous avons mis tout en oeuvre pour confondre l'assassin, porteur de la marque du Chaos. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, citoyens, je m'adresse à vous aujourd'hui pour vous affirmer que suite à une opération de grande envergure, Nicklas Aldo a trouvé la mort. L'émissaire de la haine n'est plus.

Je regrette qu'il ait entraîné dans sa chute de nombreuses vies humaines, des gens qui avaient fait le mauvais choix de se laisser abuser par ses fadaises. Mais je regrette encore plus les vies que les protecteurs de la Loi ont dû donner pour rendre à ce monde sa stabilité. Tous mes voeux accompagnent les enfants de ces pères et mères courageux, ces personnes exemplaires que nous n'oublieront jamais. Il en va, hélas, du tribut à payer pour faire avancer ce monde dans un avenir plus sûr.

En l'honneur de leur mémoire, de celui de nos ancêtres héroïques et de notre devoir de vous protéger vous ainsi que vos familles, nous déclarons aujourd'hui la guerre contre la révolution ouverte. Il n'y aura pas de répit pour les lâches qui assassinent les gens dans leur lit, pas de clémence envers ceux qui tuent pour contester. Moi, Ike Basara, je m'engage à déployer tous les moyens disponibles pour rendre les îles sûres. Mais, tout homme déterminé que je sois, j'ai besoin de vous, citoyens. De vous et de votre aide. Eradiquer la plus grande menace de ce monde demandera du temps et des moyens.

J'appelle tout homme capable de nous donner la moindre information sur les dissidents à entrer en contact avec nous. Il y aura une récompense à la mesure de votre aide et un anonymat garantit. Face au courage d'un peuple uni, ces terroristes ne sont qu'une poignée. Et c'est ensemble, ensemble, que nous parviendrons à notre objectif. Il me faut d'ailleurs féliciter les interventions de nos nombreux chasseurs de primes. Il demeure regrettable qu'il existe suffisamment de criminels pour offrir une opportunité au métier de la chasse à l'homme. Mais je sais pourquoi vous le faites et respecte profondément vos aspirations. Avec la force de la langue combinée à celle des armes, ceux qui vous menacent seront bientôt acculés et neutralisés. La guerre de ce siècle ne sera pas la boucherie de la précédente. Ce sera une guerre d'information, d'interventions chirurgicales et mesurées. Nos ancêtres nous ont enseigné la valeur d'une vie et le précieux d'une existence tranquille. Je ne trahirai pas leur héritage.


L'homme se tut, se retira calmement de son siège et libéra aussitôt l'écran. L'escaméra filma quelques secondes le fauteuil vide avec le lit en arrière plan puis s'éteignit.
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