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Syndrome de Stockholm

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Doppio
Le Bourbier

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Jeu 27 Fév 2014 - 0:19

Huu... Des gens... parlent... Me montrent du doigt... J'suis... dans la merde...

...marines...base...piège...
...homme-poisson...fait quoi...


Parlent de moi ? J'essaye de me lever. Ils se tournent vers moi... J'ai une sacrée migraine. J'avance un mètre et j'me cogne contre... des barreaux. Je suis en cage... J'ouvre la bouche. J'essaye. Ils m'ont mis un truc... Une muselière... Me prennent pour un... animal ?

Con...nards... M'avez fait quoi...

Je retombe comme une masse sur le sol. Ils retournent à leur discussion... comme si de rien n'était. Comment je suis arrivé ici... Me souviens... de rien. Juste, on s'est échoué ici avec les... marines... Puis on est parti en reconnaissance avec deux ou trois autres types... Puis rien, trou noir. Putain, ma tête...
Deux gars... Derrière les barreaux, au fond de la salle... Murs bétonnés... Bizarre... Faible chandelle qui éclaire un peu leurs bustes... Qu'est-ce qu'ils me veulent, putain...

L'un des deux mecs s'approche. Il semble pas agressif... Mais... Son oeil de verre. J'ai failli avoir... une attaque. Gueule flippante. Je le sens pas.

Ton nom, ton grade.
Euh... Craig, lieutenant...
D'accord, Craig. Toi et tes copains. Qu'est-ce que vous foutiez ici ?
Bah, on s'est échoués... Puis j'me suis perdu. Me souviens de rien d'autre... Vous êtes qui ?

Il jette un coup d'oeil à son comparse resté dans l'ombre. J'aime pas ça. Encore un sacré pétrin...

Des pirates ?
Tu veux nous faire croire que t'es tombé ici par hasard ?
Ah mais complètement... C'est vrai... Vous allez... me faire quoi ?
Rien. Pour le moment. Jules, tu le gardes ?

Jules s'avance. Il me laisse entrapercevoir sa sale tête bariolée de cicatrices. Enchanté, Jules. Le stress monte encore d'un cran... J'vais moisir ici et personne viendra me chercher. Mon équipe m'aimait pas. Ils viendront pas me chercher. C'est fichu. C'est mort. J'vais crever sans savoir où j'suis tombé. Non. NON. Reprends... toi. Je me relève un peu, puis je me relaisse tomber dans un coin... assis. Chuis mieux assis que la gueule par terre. Tout va bien... Confortable. Jules. Arrête de me regarder, Jules.

Arrrrr... Arrrête de me regard...ayent... Jules.

Pas très expressif le Jules. Il me regarde fixement... J'sais pas à quoi il pense. J'peux pas savoir. J'suis pas sûr. Je sais pas s'il a un regard de psychopathe ou... un regard de type gentil. Ca se ressemble, quand même.

P-Parle moi, eh ! Dis moi ce que j'fffais ici...

J'ai l'impression d'avoir eu une dent pétée... Ils ont du... sacrément me malmener. S...Sang dans la bouche. Un peu saigné du crâne aussi... Ils ont du... m'assommer par derrière. Pas étonnant que j'me souvienne de pas grand chose... L'armoire à glace reste silencieuse... Il me regarde, et se tourne vers... le fond de la salle de temps en temps... Je distingue la forme d'une porte... C'est ce qu'il regarde... J'pense.

Le temps passe... Peu à peu, j'retrouve un peu ma tête. Les minutes... s'écoulent. Minutes ou heures, j'sais pas trop. Minutes plutôt. Jules, toujours à me fixer. J'ose pas bouger. J'suis toujours assis dans le même coin. La muselière, et les menottes, elles sont à moitié rouillées. J'essaye de les casser... J'arrive pas. C'est solide ces merdes. Mon geôlier bronche pas d'un sourcil en voyant ça. Sans déconner... C'est un robot, ce type ?

J'entends la porte qui s'ouvre dans un grincement crispant. J'ai la nausée. Oeil-de-verre revient. Il me sourit. J'ai jamais rien vu de semblable... Ce gars me fait peur, je sais pas si c'est son physique ou sa manière, si calme, si posée, de parler. C'est genre... une espèce de peur viscérale. Il me recause, d'un ton plus... amical, je crois.

Craig. Ton nom de famille, c'est quoi ?
Kamina. Qu'est-ce que ça peut vous foutre.
Tu connais Tark Kamina ?
Bah... C'est mon frère.
C'est bien ce qui me semblait. Tu sais où il est ?
Aucune idée... Au pif, ici ?
Non. Mais on l'a croisé, y a deux semaines.

Il ouvre ma cellule. Me laisse sortir. J'sais pas où il veut en venir. S'il a croisé mon frère... J'espère au moins qu'il va me donner des nouvelles de lui. J'espère qu'il l'a pas enfermé lui aussi. Je sais pas ce qu'ils font ici, dans cet espèce de bunker, et j'crains le pire. Maintenant je m'inquiète à la fois pour moi et pour frangin. Il me fait signe de venir à l'arrière de la salle, et m'invite à prendre une chaise. Toujours menotté et muselé, j'ai pas trop le choix. En plus le Jules est toujours dans le coin. Costaud. Et muet comme une carpe. L'autre type c'est un peu l'inverse. Il a l'air fragile, il a une tête de tordu avec son faux oeil... puis il cause tout le temps. Pas un duo super rassurant...

Ton frère m'a sauvé la vie.
Content pour vous... Il va bien ?
Très bien, oui. Il nous a un peu parlé de toi.
J'comprends pas où vous voulez en venir...
Il nous a parlé de son petit frère qui est un révolutionnaire dans l'âme mais qui se sent obligé, pour une raison qui lui échappe, de suivre le chemin corrompu que le gouvernement trace pour lui.
Ouah, d'un coup je vois parfaitement où vous voulez en venir.

Il a pas pu s'empêcher d'exagérer... Révolutionnaire dans l'âme, moi ? J'suis un pur lâche qui a fait un tas de trucs affreux dans la marine. Vaut mieux pas que je casse le mythe avec ces types néanmoins... Au moins ils ont pas fait de mal à Tark. Enfin, j'suis pas sûr. C'est peut-être des fous, des cannibales ou un truc de ce genre. Des bouchers fous. J'suis sûr que ce sont des bouchers f...

Tu veux manger ou boire quelque chose ?
Vous avez quoi ?
Des restes. Mais de bons restes. Du poulet.
Je prends. Vous avez... de l'aspirine ?
Il nous en reste peut-être un peu.

Jules s'en va de lui-même chercher mon poulet et mon cachet magique. Z'ont pas besoin de se parler pour savoir ce qu'ils doivent faire tiens. Je crois que je deviens leur invité de marque... Ils essayent de me cuisinier, c'est sûr. Le fait qu'il connaisse Tark... Puis qu'il ait fait copain-copain avec lui, soi-disant. Ca m'indique que j'suis peut-être tombé entre les mains d'un groupuscule révolutionnaire. Ca expliquerait certains trucs, mais... J'crois qu'ils sont plus que ça. Ils transpirent le louche et le tordu. Ils piquent ma curiosité, mais mon instinct de survie serait plus partisan d'une fuite tout ce qu'il y a de plus lâche. En attendant, je fixe le type, je lui montre mes menottes... Et bouge la tête pour lui montrer à quel point cette foutue muselière m'emmerde.

Pour manger, faudrait que vous m'enleviez ça.
Tu promets de ne pas mordre ? avec un petit sourire au coin.
Seulement si vous me promettez de me laisser sortir de ce trou vivant.
Tu sortiras vivant.
Oh. Bah ok alors.
C'était une blague, je sais que tu ne mordras pas. Ne bouge pas.

Une blague ? Il se fout de moi ? J'ai le second degré complètement anesthésié là, mais je détecte rien de marrant dans ma situation. J'arrive pas à le saisir. Seulement me souvenir de comment j'suis arrivé là, ça m'aiderait, ça serait un début. Là, je suis dans un total brouillard, et j'suis mal à l'aise.. et mal au point. J'ai l'impression qu'on m'a tambouriné le crâne. Le mec saisit sa clé, me plaque ses mains caillées et sèches sur le nez, ce qui me fait frissonner, puis m'enlève ce sale truc rouillé. Puis il me prends les mains, et fait de même avec les menottes. Je me secoue un peu, je m'étire. J'ouvre grand la bouche. Ca fait du bien, putain.

Tu as vu ? Je te fais confiance.
Moi pas. Vous vous appelez comment ?
Oh, vraiment navré. Mon nom est Erik. J'aurais du me présenter aussitôt que je t'ai libéré, pardonne moi. On oublie vite les bonnes manières avec ce mode de vie. Je crois que tu connais déjà Jules...
Vous allez me garder jusqu'à ce que je décide de vous rejoindre ?
Je sais que tu en meurs d'envie.
J'sais pas. L'accueil est pas super chaleureux et vous devez être à l'étroit ici. Et cette humidité...

Jules revient. Avec ma bouffe. Et un verre d'eau bruyant, avec du blanc qui se répand dedans. Cachet magique.

A table, Craig. Je reviens plus tard. Disons, dans deux ou trois heures ? N'hésite pas à te reposer. Le béton c'est pas très confortable, mais on n'a rien de mieux à te proposer.
Euh. A tout à l'heure.
Et... Essaye pas de te casser. Les murs de notre bunker sont bien plus résistants qu'ils n'y paraissent.
Cette aile de poulet froide a l'air super appétissante. Je partirai pas tant que je l'aurai pas fini, vous en faites pas.

Ils s'en vont tous les deux, sans se retourner. J'entends qu'ils ferment la porte métallique à clé. J'suis atérrit dans un asile de fou, merde ? Tark est passé ici aussi ? Je suis encore dans le coltar. Faut que je reprenne mes esprits. J'ai pas si faim que ça. Puis j'ai peur aussi. Peur que ça soit empoisonné. J'pense pas qu'ils auraient une raison de m'intoxiquer après m'avoir relâché mais... Mais stress et panique, voilà.

Je me lève de ma chaise, je tourne en rond dans la pièce. Qu'est-ce que Tark a pu leur raconter sur moi pour qu'ils se comportent comme ça avec moi. On dirait qu'ils tiennent à ce que je les rejoigne, et qu'ils sont prêt à me séquestrer pour ça. Bande de dingues. Faut que j'me tire d'ici...


Dernière édition par Craig Kamina le Dim 16 Mar 2014 - 15:01, édité 1 fois
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Ven 28 Fév 2014 - 2:46

Au moins trois heures maintenant...

Finalement, j'ai mangé le poulet. C'était pas empoisonné. Et leur aspirine, c'était pas un genre de sérum de vérité ou quoi. Ma parano a perdu un peu de terrain. Mais j'ai encore les nerfs à vif. Assis sur la chaise en bois mort, affalé sur la table. Je somnole tout en essayant de me remémorer comment j'suis tombé ici.

Et ça marche, mes souvenirs sont un peu revenus. C'était juste un transfert à la base. J'partais pour la base de West Blue. Normalement, devait y avoir aucun problème. Mais quelque chose a déraillé dans le navire, alors on s'est échoué ici. Puis il a fallu attendre une équipe de mécanos, sur cette plage brumeuse et glauque. Le colonel, en attendant, a déployé quelques équipes pour partir en reconnaissance des alentours, vérifier qu'on courait aucun danger. Dont moi, sous les ordres d'un commandant despotique et imbuvable. Il fallait fouiller un peu les environs. C'était flippant. Tout ces cadavres... de bateau. Ces ombres dans la brume que le vent faisait danser. J'avais l'impression de vivre un conte d'horreur. Et ma foi, c'est toujours le cas. J'me suis fait enfermé par des psychopathes qui disent avoir eu un lien avec mon frère et qui tentent d'obtenir quelque chose de moi. J'pourrais m'arrêter à penser qu'ils essayent juste de me recruter, parce que Tark leur a dit que j'étais un genre de rebelle, tout ça... Mais on séquestre pas quelqu'un qu'on veut enrôler, j'me trompe ? Et leurs tronches me reviennent vraiment pas. J'suis pas quelqu'un qui se fie aux apparences pourtant, d'habitude.

La chandelle a bien fondu. Bientôt, je vais me retrouver dans le noir total. Peut-être que c'est le signal qu'ils attendent pour revenir me voir. Avoir un peu recouvré mes esprits, ça me rassure. Mais, je suis crevé. J'serais pas capable de me débattre longtemps s'ils devenaient hostiles, et c'est même pas la peine de penser m'évader dans mon état. J'ai pas pu trouver le sommeil dans ma situation... ma situation ironique. Emprisonné par des gens qui me veulent soi-disant du bien, et que mon frère a... sauvé. Faut que j'demande plus de détail là-dessus au gars à l'oeil de verre quand il reviendra.

Quand on parle du loup...
La porte se fait déverrouiller. Elle s'ouvre timidement, dans le même grincement ignoble. Oeil-de-verre apparaît, accompagné du Jules... Et d'une femelle que j'ai pas encore vu, je crois.

Je pensais que tu dormais. Il faudrait faire huiler cette porte...

Mais encore ?

Je t'apporte de mauvaises nouvelles, Craig. La marine nous a trouvé.
Euh... Vous cachez quoi ici ?
Ils savent que nous avons des otages... dont tu fais partie, malheureusement.

Alors, j'suis pas seul. Ils ont choppé ceux qui m'accompagnaient aussi. J'ai du mal à me sentir concerné par le sort de mes collègues par contre. C'était vraiment pas des types que je portais dans mon coeur. Surtout le commandant, mon supérieur direct... Un raciste pourri jusqu'à la moelle. Abus de pouvoir et médisance coulants à flots. Enfoiré de première catégorie. Ils pourraient l'écorcher vif que ça me ferait ni chaud ni froid. Les autres gars, c'étaient des larbins sans volonté qui se pliaient aux ordres sans discuter... Un sergent et des matelots. Pas méchants, et pas intéressants non plus. Mais si j'pouvais leur parler, peut-être qu'on pourrait se frayer ensemble une sortie à travers ce guet-apens...

Bah voyons...
J'aurais voulu te rencontrer dans d'autres circonstances, Craig. Mais tu comprends que je ne peux pas accorder de traitement de faveur à un des otages...
De la part d'un groupe qui se bat pour un semblant d'équité, ce serait déplacé.
Oh, je te présente Jessie. Elle s'occupera, avec moi, de la négociation.
Euh, salut.
Nous aimerions que tu glisses toi-même quelques mots à la marine pour que tout cela ne se finisse pas dans un bain de sang, Craig.

Une grimace m'échappe. J'vais me retrouver entre deux feux. C'est ça qu'ils essayent de me dire ?

J'suis obligé ?
D'une certaine façon... Nous ne sommes pas du genre à prendre et à brutaliser des otages, et vous n'en n'étiez d'ailleurs même pas à la base. Mais nous sommes dans une situation très délicate, et nous essayons de nous improviser une porte de sortie.
Pourquoi moi ?
Vous êtes le plus haut gradé de votre unité derrière le commandant que vous accompagnait. Mais celui-ci refuse de nous aider. Nous le laissons bouder dans son coin, pour l'instant.
Il y a aussi le fait que j'ai entendu parler de toi par l'intermédiaire de ton frère. Tu me sembles être quelqu'un de confiance, qui ne s'arrête pas aux préjugés ni aux protocoles bien pensants du gouvernement.
Pas de traitement de faveur, Erik.
Non, bien sûr... Il s'agit juste de s'entourer des bonnes personnes. Vas-tu nous aider ?
Si ça peut m'aider moi aussi... Tout ce que vous voudrez.

Erik et ses deux copains me font signe de les suivre. Je capitule, pour le moment, et je reste derrière eux. Je laisse ces types m'amener je-ne-sais-où. Peut-être que je trouverai une ouverture pour m'échapper. J'crois que c'est ma meilleure chance. En sortant de la pièce, le gros Jules se place derrière moi. Du genre méfiant. On commence à avancer à travers des couloirs étroits, crasseux et sordides. J'vois un peu plus le genre d'endroits dans lequel on doit être. C'est pas un bunker, on dirait plus un navire aux parois métalliques. La présence de tuyaux au plafond et dans les murs conforte mon idée. Mon escorte avance, Erik semble pensif. Il se retourne brusquement vers moi.

Tes collègues marines ?
Quoi ?
Tu as dis : "Si ça peut m'aider". C'était plutôt égoïste. Tu ne sembles pas penser au reste de ton unité.
J'les connais à peine.
Hum. Tu es sincère, au moins...
Bah... Je les considérais pas comme des camarades. Mais j'imagine qu'être pris en otage avec eux, ça va créer des affinités...
Nous allons vous maintenir isolés les uns des autres.

Ca ruine mon projet de monter une escapade collective ça... Bah, ça avait aucune chance de fonctionner de toute façon. Autant inquiétants qu'ils soient, ils semblent foutrement bien organisés. Plus qu'à première vue en tout cas. J'me demande combien ils sont là-dedans. Après un ou deux couloirs vides, on commence enfin à croiser quelques autres gars qui s'activent. On arrive dans un couloir un peu plus large, et plus lumineux. En fait la lumière passe par des hublots... Ce serait un sous-marin échoué ? Je risque rien à poser la question à voix haute.

On est dans un sous-marin échoué ?
Qui sait ?
Pfff. Laissez tomber.

On finit enfin notre parcours... Dans une espèce de salle de contrôle recyclée en poste de communication. Des escargophones noirs partout. C'est ceux qui brouillent les communications, j'crois. Y a une petite bande de trois personnes qui s'affairent, qui font des... trucs. Deux aux escargophones, un avec de la paperasse. Y fait chaud et ça sent la sueur. Bon, ok. Je m'attendais à découvrir des trucs plus glauques dans ce repaire, alors d'une certaine façon, tomber sur ça c'est... rassurant. Erik s'avance et cause à l'un des types, celui qui s'excitait avec ses papelards. Moi, j'm'en fous, j'écoute pas ce qu'ils se disent. Trop occupé à mater la déco. Ahurissant. Le reste est sobre et rouillé, mais ici c'est comme si c'était complètement neuf. Je jurerais être dans le poste de contrôle d'un navire en état de marche. Ils savent aménager leur petit espace eux... C'est pas comme les geôles des prisonniers.
Erik prétendait de ne pas avoir l'habitude de prendre des otages tout à l'heure, mais j'voudrais bien savoir à quoi lui servait ma cage alors.
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Ven 28 Fév 2014 - 23:21

Venez.

La femme aigrie me fait signe de venir vers elle. C'est comment son nom déjà ? Jess, Jessie ? Trop de noms à retenir. Puis j'suis pas super frais. J'avance vers elle. Elle me tend un escargophone.

Cet escargophone est lié à celui du colonel Drakov. Il attend qu'un membre de l'unité prise en otage lui assure qu'il n'y a eu aucun blessé. Vous serez ce membre.
J'sais pas si vous les avez vraiment pas touchés, les autres...
Il faudra vous contenter de ma parole. Prenez le den den puis décrochez quand vous êtes prêt. Vous serez directement mis en liaison avec le colonel.
Ok. Allons mentir joyeusement. Je sers une juste cause après tout, hein ?

Pas aimable la madame. Pour une négociatrice, elle m'a pas l'air super diplomate. Bah, j'suis habitué à tomber sur des cons... Je décroche le combiné.

Coucou ?
... Lieutenant Kamina, c'est vous ?
Ouais.
Que vous ont-ils fait ?
Rien. J'ai mangé du poulet. Et... Il s'est rien passé d'autre.
Vos camarades ?
Ils vont bien.
Ces cinglés nous ont dit que le commandant refusait de coopérer... S'il vous plaît, Kamina, essayez de le raisonner. On va essayer de tous vous sortir vivant de ce piège, mais il faudrait qu'on puisse compter sur vous tous.

La vilaine madame m'arrache l'escargot des mains. Quelle salope !

Vous connaissez nos conditions, colonel. Vos cinq hommes seront libérés saufs si vous nous laissez partir.
Hors de question ! Vous êtes des terroristes !
C'est à prendre ou à laisser.

Elle raccroche. C'était pas très constructif tout ça. Puis, moi, raisonner le commandant ? Ce mec est un âne borné et crache sur tout ce qui est différent de sa petite personne. On raisonne pas quelqu'un comme ça. Surtout si on est un homme-poisson... Bon. Quoiqu'il en soit, y a autre chose qui m'a pas vraiment plu.

Vous êtes des terroristes ?
C'est le nom du gouvernement servant à qualifier les rebelles et les insoumis.
Et ceux qui tapent sur les civils pour imposer leurs opinions aussi.
Notre situation est bien plus compliquée que vous ne le pensez ! Je...
Laisse, Jessie. Je m'occupe de lui parler de nous.

Erik s'interpose et me prend par le bras. Le contact physique avec l'un de ces fous m'enchante pas vraiment. Il me tire un peu en arrière du poste de contrôle, pendant que Jessie retourne à ses den den en soupirant. Oeil-de-verre cherche ses mots quelques secondes, puis reprend, d'une voix toujours aussi posée.

Il est diplomate, ton colonel ?
Ouais, ça va. J'le connais pas trop mais j'sais qu'il est loin d'être aussi limité que mon commandant.
Tant mieux... Bien, à propos de nous. Nous sommes une micro-cellule révolutionnaire qui nous occupons des communications et des transferts dans South Blue depuis cette très modeste base.
Seulement ? Pourquoi il vous a qualifié de terroriste ?
Parce que nous coordonnons aussi des attaques depuis ici. Les marines nous prennent ainsi pour des lâches manipulateurs, et nos alliés révolutionnaires nous prennent pour des planqués qui restent bien au chaud dans leur centre de commandement. Mais ici, dans le cimetière d'épaves, c'est loin d'être chaleureux, crois-moi.
Je vous crois. Z'êtes pas nombreux ici.
Nous sommes douze. On manque gravement de personnel. Médical, notamment. Tu n'imagines pas à quel point nous...

Un grand type fait irruption dans la pièce. Les yeux grand ouvert, il se met à brailler.

ERIK ! LE COMMANDANT S'EST ÉCHAPPÉ !
Il est terré quelque part dans la base et il a mis KO plusieurs de nos hommes...
C'est pas vrai... Bon, Craig, viens avec moi. On va essayer de le raisonner.
Non mais, vous commencez à croire que j'suis de votre côté ou quoi ?
Occupe toi au moins de nos hommes blessés, s'il te plaît... Tu es bien médecin ?
Tark vous a dit ça aussi ? Vous avez pas de toubib ici ?
Plus maintenant.
Bah. Dites moi où j'dois me mettre...

Un groupuscule sans médecin, c'est un groupuscule mort. J'vois pas comment ils ont pu survivre sans un seul gars capable de les maintenir en vie. L'oeil d'Erik m'a lancé un regard déchirant, l'espace d'un instant. Comme si ça faisait longtemps qu'ils étaient à bout. J'aurais pas pensé que ce type flippant à l'oeil de verre puisse me laisser une telle sensation de malaise. De toute évidence, je suis encore loin d'avoir complètement saisi ces types... Il me fait encore signe de le suivre. On s'engage dans le couloir éclairé de tout à l'heure, et on parvient vite dans une petite pièce... recyclée en infirmerie à l'hygiène désastreuse.

Mes hommes vont t'amener nos blessés. Merci, Craig.
Vous me remercierez quand je les aurai tiré d'affaire... Hum.

La médecine, ça demande une certaine confiance en soi. J'en manque parfois, surtout dans ce genre de moment. Me faudrait une décharge de motivation, de reconnaissance ou de flatterie pour me gonfler à bloc. Je fouille leur boîte à pharmacie. Pas glorieux. Une scie, un scalpel rouillé, quelques plâtres, une attelle, et des boîtes de médicaments évidées empilées dans un coin. C'est pas pour me gonfler, ça. J'suis médecin de guerre, je fais pas de miracles.

Décidémment... La situation m'échappe de plus en plus. V'là que j'apporte mon aide à mes ravisseurs maintenant. J'pense même plus à m'enfuir. Alors que, seul dans cette infirmerie, j'aurais bien encore quelques secondes pour décamper... Non. Ca se fait pas. Trois soldats déboulent, en traînant leurs amis assommés.

Ils sont là !
Tu vas t'en occuper ?
Vous savez ce qu'il leur a fait ?
Ils sont tous assommés, sauf un qui a reçu des blessures... Cet enfoiré a du se trouver un objet coupant...
Euh... Couchez-les là, vite.

Ils s'exécutent, puis sortent de la salle, sauf un.

Je dois... te surveiller.
Ah. Bah me gênes pas.

Il me tutoie... Euh, j'ai pas trop le temps de méditer là-dessus. Je prends des compresses stériles, les applique sur la blessure de celui qui a été le plus malmené par mon enfoiré de supérieur. Si les autres ont seulement été assommés, ils auront juste besoin de points de suture... Ca peut attendre quelques minutes. Tout en m'occupant du pauvre type, j'pense un peu à l'endroit où j'suis. Je pensais être tombé dans un repaire de fous furieux, en fait c'est juste des révolutionnaires désespérés qui ont pas de quoi subsister. Si j'ai bien compris. Me font de la peine. Je suppose que ça a été la même pour Tark. J'suis toujours curieux de savoir dans quelles circonstances il a sauvé la vie d'Erik... Mais j'ai pas encore trouvé l'occasion de poser la question. C'est qu'on est pas mal pressés par le temps dans le coin.

La blessure a bien l'air due à une arme tranchante. C'est pas super profond, mais il a eu le temps de perdre beaucoup de sang. Et bien sûr, pas la peine de leur demander de quoi faire une transfusion.

... Il s'en sortira ?
J'suis pas sûr. Laisses moi.

Le soldat me surveille attentivement tout en grimaçant. Mais c'est pas vraiment moi qu'il regarde, c'est plus son pote. Pas envie de le perdre devant lui. Pas envie qu'il voit son pote mourir comme ça. Pas envie non plus de passer pour un incompétent... Putain, quel guignol je fais. Penser à mon cul et à ma réputation dans un moment pareil. Je m'active. J'ai calmé l'hémorragie. Je commence à faire les bandages...

Tu le bandes... Il va survivre alors ?
On a pas trop les moyens de le savoir pour l'instant. S'il se réveille, il s'en tirera. L'a perdu beaucoup de sang.
Et les autres ? Pourquoi tu les regardes pas ?
Eh, j'suis tout seul pour trois types, hein ? Eux ils ont juste besoin de points de suture. Ils ont à peine saigner.
Désolé.
Pas grave.

Je me sers dans la boîte métallique. L'heure de la couture. J'adore ça. C'est que j'fais de mieux, ouaip. L'impression d'être une vraie tata tricot. Le soldat est toujours tendu. On dirait qu'il meurt d'envie de s'approcher pour s'assurer que tout va bien, mais qu'il ose pas par peur de me déranger que j'fasse une connerie à cause de lui. Mignon.
Quelques instants plus tard, j'ai recousu les deux.

Ils vont être un peu groggy au réveil. Mais ils s'en remettront.
Merci infiniment.
C'est votre boss qu'il faut remercier. Il a pêché le bon poisson, haha.
Si tu as fini, tu peux retourner le voir. J'vais rester là pour veiller sur eux. S'il y a un problème, je peux t'appelle ?
Ouais.

Pas fier de mon auto-vanne, je sors de la salle et rebrousse chemin vers le poste de contrôle de la boîte de conserve métallique rouillée. Sans surprise, j'y tombe directement sur Erik, planté comme un piquet au dessus du bureau des escargophones. En me voyant, il vient à ma rencontre.

Alors ?
Les deux qui ont été seulement assommés s'en tireront. Celui qui s'est pris un coup tranchant, j'sais pas. Je fais pas de miracles. Y a pas grand chose dans votre pharmacie...
Je sais bien.
Gah. Désolé de mon manque de tact. Vous avez récupéré le commandant ?
Oui... Les gars vont le mettre aux fers. On a pu l'avoir vivant, ce n'était pas gagné...

Justement, le voilà qui passe dans le couloir, escorté des gars en question. En passant devant l'ouverture, il commence à me gueuler dessus comme un dément.

Tu les a soigné ! J'savais qu'on pouvait pas te faire confiance ! Tous des traîtres, des lâches, ces hommes-poissons ! Tu me le paieras !
Fermez là et avancez !

Erik hausse les épaules, et se frotte le front, comme pour éponger la sueur. J'manque pas d'empathie pour ce type et sa bande. Je les prenais pour des dingues tordus, en fait ils font de la peine. J'comprends pourquoi le frangin les a aidé. Coeur de justicier.

Médecin de champ de bataille... Tu as du en voir de dures. Mais, tu dois être habitué...
On s'habitue jamais.
Peut-être. Merci pour tout. Il serait déplacé de t'en demander plus, maintenant. Ton commandant a... raison, d'une certaine façon. Tu n'es pas censé nous aider.
'paraît que les médecins aident n'importe qui qui a besoin de leur service. Même la pire des pourritures. Pas que j'vous considère comme des pourris hein...

Il paraît. M'enfin dans mon cas, je soignerais certainement pas la pire des pourritures... Ce serait débile.

Bien, je ne sais pas trop quoi te dire de plus. Je retourne aux négociations. Toi... Bah, fais comme tu veux.
Je peux partir ?
Haha, bien essayé.
J'suis sérieux.
On pourrait encore avoir besoin de toi pour faire l'intermédiaire avec le colonel.
Bon, j'peux aller voir comment vont les matelots et le sergent au moins ?
... D'accord. Mais évite de montrer que je t'ai... "libéré", si tu vois ce que j'veux dire.

Ca m'arrangerait pas qu'ils voient que j'écope d'un traitement de faveur de toute façon. J'suis pas super comédien mais j'sais bien jouer le malheureux aux yeux de requin battu. Ca va peut-être me changer les idées de parler à ceux qui sont censés être mes alliés...
J'vais demander à un soldat.


Dernière édition par Craig Kamina le Dim 16 Mar 2014 - 13:04, édité 2 fois
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Popularité: 443
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Sam 1 Mar 2014 - 18:52

Aller voir tes collègues...
Erik m'a autorisé.
Je sais, j'étais pas sourd. Mais ça me plaît pas pour autant.
Juste m'assurer qu'ils vont bien.
Si l'chef pense que c'est une bonne idée... Jules, tu viens avec nous ?

Le retour de l'armoire à glace. Toujours aussi imposant, il se place derrière moi lorsque je commence à suivre le soldat de nouveau à travers les couloirs du triste sous-marin. Une marche silencieuse. Je suis pas tombé sur le sbire le plus causant, faut croire. Et il a pas l'air de m'apprécier particulièrement, mais je comprends. Son chef accorde un net traitement de faveur au frangin de celui qui lui a sauvé la vie, ça le concerne pas et ça reste une imprudence. C'est un des problèmes avec les gens qui ont de l'honneur et qui savent montrer de la reconnaissance, ils peuvent se montrer imprudent.
On arrive à hauteur de ma cellule... Le révolutionnaire me fait signe de m'arrêter, il part chercher quelque chose dans la pièce.

On va te remettre ça, pour leur faire croire que tu es logé au même titre qu'eux.

Il reprend les menottes dans une caisse à proximité. J'aperçois aussi la muselière de tout à l'heure. Ces trucs vont finir par me refiler le tétanos. Pendant ce temps, Jules est toujours derrière moi, il m'attrape et me croise les mains derrière le dos avec une sacrée poigne. J'crois que sa force a rien à envier à la mienne... J'ai bien fait de pas le chercher tout à l'heure.

Ca vous dérange pas d'être seuls avec moi ?
Tu penses qu'on devrait être intimidés parce que tu es un homme-requin ? Héhé, on est tous des durs ici. On est pas nombreux, mais on est des durs. Crois pas que j'te fais entièrement confiance. J'espère que tu penses pas à nous poignarder dans le dos...
Si vous avez stoppé le commandant, vous me stopperiez moi de toute façon.
Certes, mais t'as l'air plus malin que lui. Donc sûrement plus dangereux. Allez, Jules.

Il tend les menottes à Jules, qui me menotte les mains derrière le dos. Ces sales trucs me grattent. Puis il m'enfile la muselière. J'ai de nouveau l'impression d'être du bétail. Peut-être qu'elle est assez rouillée pour que j'puisse l'exploser. Mieux vaut pas que j'essaye, je suppose.

T'arrives à parler avec ça ?
Tant qu'on me demande pas de faire "Aaaah"...
Tu peux aller visiter tes collègues. Ils sont dans ces cellules. Evidemment, on t'accompagne. Montre nous juste quelle cellule tu veux qu'on ouvre...
J'ai l'impression d'être dans un jeu. Allez, essayons la 4.
C'est celle du sergent.
Sympa, le gros lot du premier coup !

Jules me pousse, en me tenant toujours fermement les mimines. J'me tourne vers lui, pour jeter un coup d'oeil à sa tête. Il a toujours le même regard impassible, entre l'inquiétant et le gentillet. J'sais pas trop quoi penser de lui. Je l'ai pas vu articuler un seul mot depuis que je suis ici. Quelques pas, et nous voici devant la 4. Le soldat ouvre la porte, s'engage à l'intérieur. Je le suis de près -un peu forcé par mon pote Jules- et je vois le sergent assis dans sa cage, l'air angoissé. A ma vue, il réagit aussitôt.

Craig ? Je... Non, Lieutenant, désolé. Lieutenant Kamina... Désolé, tout est de ma faute... J'aurais du mieux couvrir nos arrières... Je...
Calmes-toi... J'me souviens à peine de ce qui s'est passé juste avant que ces types m'assomment de toute façon.
Vous avez le droit à deux minutes. Pas une seconde de plus.
Ils vous ont rien fait ?
Non... Je suis enfermé ici depuis des heures... Ils m'ont donné à manger et à boire. Mais je suis... pétrifié. C'est bon de vous revoir, lieutenant. De votre côté, ça va ?
Ouais. J'ai réussi à négocier un droit de visite. Mais... Euh, ces gars sont pas commodes. Petit clin d'oeil à Jules.
Et les autres ?
Les matelots doivent aller bien aussi. Et le commandant aussi... Il pète le feu.
J'ai entendu du grabuge tout à l'heure... C'était lui ?
Je crois.
J'espère que nos supérieurs vont nous tirer de là.
De même.
...
...

Petit blanc. Je manque un peu de conversation, même dans ces moments de retrouvailles... émouvantes, disons. Bon, je suppose que j'devrais tout faire pour le rassurer et lui rappeler les valeurs de courage de la marine...

Les deux minutes sont écoulées.
Euh, tenez bon, sergent... euh...

Quel con, j'me souviens plus de son nom. Jules me tire, et me place devant la porte pour me faire avancer. Je jette un dernier coup d'oeil au sergent. Il se recroqueville de nouveau en position foetale dans son coin, mais l'air moins paniqué que tout à l'heure. J'espère avoir joué mon rôle. Le révolutionnaire referme la porte derrière moi.

Tu aurais pu être plus convaincant.
Hein ? J'étais normal.
Bon... Tu veux voir les autres matelots ?
Pas envie en fait...
C'est bien ce que j'me disais. Tu en as quelque chose à cirer de ces gars ?
Eh...
Ce sont tes CAMARADES, merde ! Vous êtes dans la même panade ! Tu aurais pu lui montrer plus de compassion, j'sais pas...
Bah, j'ai jamais dis que j'avais pas pitié de lui. Mais quoi, j'étais censé lui faire un câlin avec les yeux larmoyants ? Tout ce qui m'importe, c'est que vous les ayez pas malmené. Et Erik a dit que vous blesserez pas les otages, de toute façon...
Bon, on va te ramener à Erik... J'aime pas l'idée de te laisser te balader dans notre repaire. Jules, en route.

Une petite pression dans le dos, et Jules me pousse de nouveau.

Pourquoi tu causes pas, toi ?
Il est muet.
Ah bon. C'est si simple que ça ?
Ouais, il est juste muet. Infection au niveau de la gorge, on a pas de toubib, ni de médocs, alors il a perdu ses cordes vocales. La routine quoi.
Oh... Désolé.
Il te dirait que c'est pas grave.
Désolé quand même.

Beuh, j'me sens un peu mal pour le coup. Encore un mec que j'ai jugé trop vite. Ca me ressemble pas. Je ferais mieux de me la fermer, maintenant. En parlant de ça, j'aimerais aussi qu'ils me retirent ma muselière et les menottes...

Dites, vous pouvez me retirer ça...
Jules ?

Le muet s'active. Me retire les menottes, relâche la pression sur mes pauvres mains, et vire cette foutue muselière. J'me sens libre. Je secoue mes pauvres mimines engourdies, et je contracte un peu ma mâchoire. J'avais envie de bailler. Ca fait du bien. J'ai cette fois gardé ces choses moins longtemps que tout à l'heure, mais devoir les porter en dehors de ma cellule et devant un collègue marine, c'était... humiliant. Même s'ils sont dans le même pétrin que moi, il est vrai.
On retourne auprès d'Erik, qui est toujours dans le poste de contrôle, qui est une vraie fourmilière. Ca pue la sueur.

Déjà de retour, Craig ? Tu n'as pas trouvé quoi dire à tes collègues ?
Non.
Je crois que la marine prépare un assaut. C'est mauvais. Jusque là, ils pensaient qu'on était trop nombreux pour qu'ils puissent mener une attaque facile tout en sécurisant les otages... Mais, on dirait que votre QG leur a donné des infos. Ils savent qu'on est peu. Et affaiblis.
Si j'peux faire quoique ce soit...
On s'y attendait de toute façon. On est prêts à ça. Nous allons nous battre.
Et moi ? Et les otages ?
Vous serez à l'abri. Ca ne vous concerne pas, tant que vous gardez votre statut d'otage. S'ils vous libèrent pendant leur assaut et que vous les rejoignez dans l'affrontement, vous deviendrez des ennemis...
Je vois.
Quoiqu'il en soit, laisse moi te remercier encore pour les soins que tu as prodigué à mes hommes. J'espère qu'ils ne seront pas réduits à néant par la bataille qui pointe son nez.
Hmm. De rien. Ca craint tout ça...
J'te le fais pas dire...

Il retourne à ses occupations sans plus me porter attention. Comme tout le reste de la salle, je pense. Toujours les trois mecs aux den dens. Quelques soldats armés qui déboulent et passent dans les couloirs à côté. Et moi, planté comme un piquet, qui fait maintenant partie de leur décor. J'ose pas m'en aller, j'ose pas causer. Pour tout dire, j'suis en fait plutôt gêné, et un peu angoissé.
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Sam 1 Mar 2014 - 23:25

Activez vous ! Tout le monde aux armes !
Bonne chance à tous !

Ah, ouais, j'suis carrément un intrus, là. J'me sens obligé de sortir les mains de mes poches pour pas passer pour un touriste complet, ça ferait très mauvais genre, et à raison. Je me sens mal pour eux, j'aimerais que la marine les choppe pas. D'un autre côté, il s'agit aussi de m'en tirer vivant, moi avec les collègues... Faute de savoir comment agir, je reste là, paralysé. Je sature. J'ai pris trop de décisions pour aujourd'hui... Et la fatigue me prend aux tripes.

Craig... C'est grâce à ton frère qu'on a pu survivre jusque là. Sans lui, j'me serais fais étriper par une des bandes de pirates de la région. Il m'a vu pris en embuscade, il a sauté dans le tas, on s'est battu ensemble. On a pu résister jusqu'à ce que mes gars arrivent. On a eu chaud. Mais sans lui, j'étais mort, c'est sûr.
Ah, d'accord...
J'tenais à ce que tu saches dans quelles circonstances on a fait connaissance. Il te parlera peut-être de moi quand tu le retrouveras, qui sait, haha...
Je...

Là, ça devient trop dérangeant. J'veux pas qu'il meurt.

Laissez moi négocier, je peux parler au colonel et...
Laisse tomber. Ils sont sûrement déjà en route. Nous sommes des têtes primées. C'est pas un lieutenant qui les fera revenir sur leurs décisions...

Il marque une pause. Moi aussi. Il prend le temps de me parler, comme s'il sentait que leur lutte allait être désespérée. Et moi, dans tout ça ? Bah, comme il l'a dit... Je ne peux rien faire.

Je ne crois pas au hasard, Craig. Ton frangin m'a sauvé la vie, puis tu débarques quelques jours plus tard pour faire de même avec mes hommes. C'est le destin, j'en suis persuadé.
Qui sait...
Alors, je te le demande franchement : veux-tu nous rejoin...

Gros boum à l'avant de la carlingue. Ca commence...

Retourne dans ta cellule, Craig. Au revoir.

Il dégaine un flingue et se précipite dans les couloirs, suivi par ses hommes, dans un gros boucan, mix de cris et de tirs. Moi, je fais demi-tour. En direction des cellules. J'vais retourner là où j'ai commencé à les connaître. Tout en m'engageant dans le couloir, je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'oeil à la salle de contrôle qui s'est évidée en moins de temps qu'il faut pour le dire. Ca va être difficile de tourner la page, de mon côté...

Je retrouve rapidement ma "chambre". C'est que j'commençais à connaître le chemin... Je retourne dans la cage aux barreaux rouillés. Ca me fait penser... Le soldat a replacé les menottes et la muselière dans la caisse devant la cellule. J'vais les chercher, je les amène avec moi. Puis je les explose, ces vieux trucs rouillés. Comme j'le pensais, c'était assez fragile pour que je puisse me libérer sans trop de soucis... au moins pour les menottes. La muselière résiste plus, j'aurais pas pu la détruire placée sur mes naseaux. Enfin. Maintenant les marines se demanderont pas pourquoi j'suis pas menotté contrairement aux autres otages. J'ferais croire que j'ai réussi à les briser, ouais. Bon plan. L'adrénaline retombe... J'ai un coup de pompe. J'suis tout engourdi. Y a toujours plus de bruit là-bas. J'ose pas imaginer à quoi doit ressembler un combat dans ces couloirs exigus et puants. Ca m'empêche pas de me sentir... partir...

...
....
Lieutenant ?
.....
Lieutenant Kamina ?
....... Heu ? ...
Oh... Vous dormiez. LE LIEUTENANT EST HORS DE DANGER !
Ah... J'me suis assoupi...
C'est bon, on va vous ramener au vaisseau. Levez vous doucement, prenez appui sur mon épaule.
Ca va, j'peux marcher... Vous avez réussi, alors ?
Oui. Ces parasites n'étaient pas si nombreux en fait. On a pu les écraser facilement.
Ils sont morts ?
Pas tous.
... Vous avez eu leur chef ?
Il a été tué dans la fusillade. Pourquoi toutes ces questions ?
Rien... J'dois être en état de choc.
Ca peut se comprendre. Cramponnez vous.

Bénie soit ma couardise. Elle m'a sauvé de la trahison, et de la mort. Reposez en paix les gars... J'me lève donc difficilement, et, contrairement à ce que je pensais faire, je me repose un peu sur l'épaule du marine. Encore crevé, et un peu pensif. Pas envie de faire trop d'efforts physiques sur le retour. J'ai envie de savoir s'ils ont réparé l'avarie sur le navire... Non, ça m'est égal en fait. Flemme de parler. Je pense surtout à la bande d'Erik, là. J'espère au moins que leurs meurtriers vont les respecter et leur donner des... sépultures décentes. J'me sens coupable, aussi. Coupable de pas fondre en larmes. Ma vie continue là où celles d'autres s'arrête, c'est comme ça. J'suis moins sensible qu'avant, c'est triste.

On sort de la base, accompagnés par mes collègues, qui se font aussi assister par les soldats et les médecins. Je regarde derrière moi en sortant, je contemple le monstre de fer. C'était bien un sous-marin, échoué sur une plage, à moitié enterré. Quelques tours de garde de fortune autour de la carcasse. Glauque. J'vais garder un mauvais souvenir de cet endroit, tiens. Légère averse. Elle me rafraîchit un peu, m'aide à retrouver tout mes esprits. J'sais pas si je me rends bien compte de ce que je viens de vivre. Ca me paraît un peu... décalé avec ce que j'ai l'habitude de vivre. Tout en marchant, je jette quelques coups d'oeil aux autres gars de mon unité. Devant moi, le commandant marche en criant sur un matelot. L'a pas perdu sa vigueur, ce con. Les autres sont plus mal au point. Le sergent croise mon regard, fait un mouvement de tête dans le style "on l'a échappé belle". Les matelots sont affaissés sur les épaules des médecins et marchent laborieusement. Voyant ça, je me décale pour marcher tout seul. Faut pas que j'aie l'air d'une tapette non plus... Humf. On arrive en vue du navire de la marine. A travers la brume, je l'aperçois, fier et arrogant, il est haut et ressemble à un de ces vaisseaux fantômes dans le décor. Bien entendu...

On grimpe sur le pont. Le colonel nous attend, avec les régiments marines. J'aurais presque interprété ça comme un accueil de héros revenus de la guerre, si on était pas si pathétiques, moi ma bande de bras cassés.

Vous êtes tous saufs, la cellule terroriste est démontée. La mission est un succès. Je félicite votre courage et votre patience, mes amis. Le navire est prêt à repartir. Je suis prêt à écouter en détail ce que vous avez pu subir, si vous en avez besoin.

Hu, en plus ils vont penser que ces gars m'ont traumatisé. Faut dire que vu la tête du repaire et de ses habitants, j'ai aussi cru être tombé sur un asile de dingue au début. La vérité va être difficile à faire éclater maintenant, si les leaders sont morts... J'ose pas demander ce que sont devenus les corps. J'espère qu'ils les ont pas balancé comme des malpropres, ces enc... mes alliés. Mes alliés. La marine, c'est ma copine. C'est censé être ma faction. Pfff. Faut que je me calme.

Le colonel fait le tour des troupes. Les marines qui nous ont escorté se disperse, les médecins restent. Et le commandant pète un plomb. Il me fait honte.

COLONEL ! Cette foutue poisca... Le lieutenant Craig a collaboré avec l'ennemi, il a soigné les révolutionnaires que j'avais réussi à blesser. Avec votre permission, je vais le foutre aux fers !
Qu'est-ce que vous racontez ? La déontologie de sa profession lui donne certaines obligations. Il a fait ce qu'il devait faire.
Allons bon ! Il serait vraiment temps que quelqu'un instaure un peu de discipline et d'honneur sur cette coque de noix !
Ecoutez, commandant...

Les laissant à leurs engueulades stériles, je m'éloigne.
J'ai envie qu'on me foute la paix, alors je vais retourner aux dortoirs. J'espère qu'aucun guignol viendra y faire du bruit. C'est que ça arrive souvent, les plus haut gradés qui descendent taquiner leurs subordonnés. J'pense pas qu'ils viendront me faire chier, moi, après ce qu'ils pensent que j'ai vécu. Mais j'ai surtout pas envie de revoir la sale tronche de mon commandant, c'est surtout ça.

...
M'y voilà. Je passe du lit de béton humide à la couchette douillette réglementaire des gentilles forces armées du gouvernement. Fais chier, j'vais encore mal dormir. Voir pas dormir du tout.
J'suis désolé, Erik. Désolé.
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