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Le retour de la momie.

Rafaelo
Rafaelo
♠ As de la révolution ♠

♦ Localisation : Arcadia

Feuille de personnage
Dorikis: 9814
Popularité: - 1125
Intégrité: - 1080

Mar 25 Mar 2014 - 11:26

Et si tout cela n’avait été qu’un rêve ? Il trônait dans un monde de ténèbres, suspendu entre le ciel et la terre. Il flottait sans substance. Il se rappelait vaguement un navire. Une corneille. Ses blessures ? Il était blessé. Il avait … explosé. Non, impossible. Ou alors c’était comme ça de mourir ? Pourtant il avait chaud. L’étreinte de la mort ne se devait pas d’être glacée ? Il entendait un bruit régulier, lointain. Des cris.

« PAS LE STOCK DE … »



De l’autre côté venaient les cris. Un colosse à la peau noire poussait les autres vers le fond du navire. Les flammes mangeaient le navire qui se délitait. L’eau bouillonnait à cause des prédateurs marins qui s’étaient rapprochés par soif du sang. Un nuage de fumée s’était créé au-dessus du navire, se glissant au-dessus des flammes. Le colosse à la peau noire le contempla avec un sourire, puis il enfonça sa rame dans l’eau. Une nouvelle vie pour les esclaves.



*cri de mouette*

« Hng. »

*cri de mouette*


Reprise de conscience. Grande goulée d’air. Cette fois il était sur la terre ferme. Quelque chose d’humide lui léchait les pieds et le corps, le plongeant dans une léthargie douloureuse. Le Soleil le brûlait à travers ses paupières. Tout s’emmêlait, tout n’était que brume. Il avait vaguement conscience d’avoir été sur un navire. Il avait vaguement conscience de ce qu’il s’était passé. Il ouvrit doucement les yeux, portant sa main droite en visière. Un frisson lui couru le long de l’échine. Il se sentait incroyablement faible. Luttant, il tenta de se relever. Il ne réussit qu’à ramper un peu plus loin, hors de l’eau. Il se sentit immédiatement mieux.

*cri de mouette*

Solomon bascula de nouveau sur le dos, regardant les oiseaux qui volaient bien au-dessus de lui. Il tourna la tête sur le côté afin de voir où il avait atterri. Des planches et des fragments d’esquifs trônaient partout autour de lui. Il revint vers le ciel, profitant de ces quelques minutes de répit. Il se souvenait d’une grande explosion. Puis d’une vague de souffrance. Et il se retrouvait là. Il leva ses deux mains vers le Soleil, contemplant pour la première fois ses bandages à la lumière de celui-ci. Deux mains. Il fronça les sourcils. Les souvenirs du navire étaient encore vagues, mais … deux mains ? Il approcha sa main gauche de sa main droite, passant ses doigts sur les pansements. L’onguent d’Hebieso l’avait fait halluciner plus que de mesure.

Le naufragé se tourna sur le ventre, sentant ses idées s’éclaircir de plus en plus hors de l’eau. Il se releva doucement, tituba jusqu’à un palmier sous lequel il reprit son souffle. La chaleur était telle qu’il était déjà sec. Ou alors s’était-il endormi ? Il ne savait pas, et n’escomptais pas en savoir plus. C’était déjà un miracle qu’il soit encore en vie après une explosion de cette envergure. Et pas une seule blessure à recenser. Il avait réussi à en réchapper d’une manière qu’il ne comprenait pas. La perte de ses souvenirs n’était peut-être pas une mauvaise chose après tout … Mais la priorité n’était pas celle là pour le moment. C’était de trouver de l’eau. Autre que de l’eau de mer, de préférence.

Il se leva doucement, ses pieds s’enfonçant dans le sable chaud. Non, priorité numéro une : trouver une arme. Il s’avança parmi les décombres et commença à soulever des planches, creuser un peu. Plusieurs cadavres trônaient sur la plage, dont de nombreux calcinés. Il soupira de dépit. Ces découvertes macabres le ramenaient à la réalité des choses. Non, il n’avait pas rêvé. Par instinct, il fit les poches du premier soldat qu’il trouva, lui soutirant pièces et armes. Il récupéra ce qui ressemblait à un katana. Il le fit rapidement jouer entre ses mains. Pas de quoi casser trois pattes à un canard mais ça ferait l’affaire. Une autre chose que lui souffla son instinct était de déguerpir avant que l’on ne vienne fouiner dans le coin.

Solomon se tourna vers le désert. Bon. Il y avait de fortes chances qu’il soit non loin d’Alabasta, si ce n’était sur le territoire du royaume même. Il regarda le Soleil qui semblait culminer dans le ciel. Quant à la direction à choisir … la meilleure idée restait de suivre le rivage. Il tomberait au mieux sur une ville. Au pire … sur pire. Se résignant, il passa le katana à la ceinture du kimono en lambeaux qu’il portait puis commença à marcher vers la droite. Ce qui est forcément subjectif lorsqu’on ne sait pas d’où on vient.

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Rafaelo
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♦ Localisation : Arcadia

Feuille de personnage
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Intégrité: - 1080

Mar 25 Mar 2014 - 16:10


Fort heureusement, il avait choisi la bonne droite. Malheureusement, c’était la saison des amours des requins des sables.  Solomon avançait donc d’un pas traînant dans le désert, se demandant s’il n’aurait pas une meilleure chance de trouver un point d’eau. Il repoussa cette idée comme elle était venue puis tenta d’accélérer un peu le pas. Le Soleil avait fortement décliné et il lui fallait trouver où dormir avant la nuit car si les journées pouvaient être chaudes, les nuits étaient glaciales. Et pire encore. Se réveiller dans un charnier. Se faire vendre en temps qu’esclave. S’échouer. C’était quoi la suite ?

Brrr …

Il leva les yeux au ciel. Pourquoi fallait-il toujours que l’on se pose cette question ? Il posa la main sur son katana, cherchant d’où pouvait venir la vibration. Fronçant les sourcils, il se retourna. Ici, les dunes étaient plutôt planes. Il pouvait ainsi voir à perte de vue, peu ou proue. Ce fut ainsi qu’il aperçut à quelques dizaines de mètres une fente noire qui se déplaçait rapidement dans sa direction. Quelque chose à taille humaine … ressemblant à un aileron de jais. Des ennuis en perspective. Il dégaina son katana. La lame étincela au soleil, révélant un tableau plutôt cocasse. Pour un peu, on se serait cru dans un western. Sauf que c’était un requin. Sauf que c’était une momie avec un coupe-papier.

Deux détonations sourdes retentirent alors. S’en suivirent deux gerbes de sable, juste devant la bestiole. Celle-ci sembla onduler puis elle jaillit hors du sable pour replonger quelques mètres plus loin et faire demi-tour. Elle faisait, au bas mot, une quinzaine de mètres. Avec le seul aileron qui dépassait du sable, c’était difficile de l’imaginer ainsi et, dans toute son amnésie, Solomon n’avait pas mesuré un poil du danger. Il ouvrit la bouche, resta stupide quelques secondes.

« Bouge-toi, monte ! Il va revenir ! »

C’était un petit homme moustachu. Les cheveux bleus, la peau mate. Il arborait une barbe broussailleuse et des lunettes d’aviateur lui barraient le visage. Il était monté sur une sorte de bateau posé sur une bouée. Des cerfs-volants tiraient son attirail, et une série de cinq canons étaient posés là. Solomon le regarda, ahuri. Il ne l’avait ni vu ni perçu. Il se secoua la tête puis accepta la main de l’étrange inconnu et monta à l’intérieur de son étrange véhicule. Le vieillard commença à activer des manivelles, tirer des ficelles. Il actionna un levier et donna à manger à son poisson rouge, puis ils s’envolèrent. Enfin, les cerfs-volants se tordirent et prirent le vent avant de tirer le chariot à vitesse grand v. Ils étaient proches du grand large après tout.

« Affronter cette chose en pleine période de reproduction, tu dois être malade … ou inconscient. »

Le petit personnage bougonnait. Et lui que faisait-il ici, hein ? Solomon attrapa ce qui faisait office de bastingage puis se pencha par-dessus pour regarder ce qu’il était advenu de la bestiole. Celle-ci avait certes changé de cap, mais elle s’était visiblement mise en tête de les pourchasser. Elle gagnait du terrain.

« Je pensais pas ce machin aussi grand … »

« Comme la plupart de ceux qui ont fini dans son estomac. Tiens-ça, tu veux ? »

Pas vraiment le choix, Solomon s’empara des bouts que lui fila l’étrange type. Ce dernier s’affaira à charger des harpons dans un truc qui ressemblait plus à un canon à neige qu’autre chose puis entreprit de viser la bestiole. Une dune un peu plus haute souleva le chariot et le tir partit loin dans les airs. La momie arrêta de regarder son étrange sauveur puis s’en retourna vers les commandes du ‘navire’ en ignorant le regard rageur qu’il venait de subir. Mais … ‘tain, comment il était censé savoir conduire ça ?! Il essaya de tirer sur une corde pour le faire revenir vers l’océan. Rien à y faire … heu … il tira sur les deux cordes. Les cerfs-volants se redressèrent et la force de traction diminua aussi tôt. Le chariot se mit à inexorablement ralentir. Merde, meeeerde !

« Là, je l’ai … »

« Heu, on avance plus … »

« Là, je vais l’avoir … »

« On avance plus du tout là ! »

« Encore une seconde, une toute petite seconde … »

« AAAAAAH !! »

Tchac.

Le harpon partit une fraction de seconde avant que le requin des sables ne tamponne le chariot. Solomon s’accrocha au cordage et le petit vieux resta cramponné à son stand de tir. La bestiole grogna de douleur puis elle plongea sous le sable. Une corde se tendit alors et le chariot fit volte-face. La moitié de la balustrade vola en éclat et le véhicule fila à une vitesse jamais atteinte. Le petit vieux sauta de joie en reprenant les commandes. Son harpon s’était fiché juste derrière l’aileron de la bestiole qui les entraînait maintenant vers le cœur du désert. Solomon se baissa, essayant de maintenir son kimono qui menaçait de s’envoler sous l’effet du vent.

« Je l’ai euuuue ! »

Le petit gars jubilait, comme s’il ne mesurait pas vraiment le pétrin dans lequel il venait des les fourrer. L’océan disparut derrière eux, Et merde. Cette fois il était persuadé qu’il ne retrouverait jamais sa route … Bon ajoutons à la liste le chasseur de requin fou, après le naufrage. La bestiole sillonnait les dunes en zigzaguant pour déloger l’aguille qui la gênait. Visiblement, elle ne pouvait pas faire de tonneaux et son intellect ne lui dictait pas de plonger.

« C’est quoi ce délire ? »

Solomon hurlait, il essayait de se faire entendre malgré le vent qui leur claquait les oreilles. Le petit vieux se rapprocha de lui.

« Ce délire, c’est Doby Mick … Vingt ans que je la poursuis : c’est la plus terrible de tous les requins des sables. Elle ne sort que pendant la saison des amours, dont je te passe les détails ! Et toi, t’as failli me faire rater mon coup tout aujourd’hui, mais c’est bon, on l’a ferrée et on la lâchera plus, ah ah ah ! »

Il parlait avec un regard fiévreux. Hum. Solomon se redressa. Celui-là ne devait plus avoir toute sa tête.

« Elle est plutôt partie pour nous perdre au milieu du désert là … Vous allez nous tuer, avec votre obsession l’ami. »

« Capitaine. Capitaine Bacha. »

Il tendit la main.

« Solomon Grundy. »

Il l’attrapa, comme si le rodéo fou de Doby Mick n’existait plus. Ils s’échangèrent un regard puis s’en retournèrent à leur cavalcade. L’animal commençait à perdre de la vitesse, et ça c’était plutôt bon signe. Malgré la réserve qu’émettait Solomon sur le Capitaine fou, il lui avait sauvé la vie. Même si c’était pour la condamner juste après : il lui devait au moins une demi-chandelle. Et tant qu’à y être, autant l’aider à en finir au plus vite, ça ne ferait qu’améliorer leurs chances … puis une fois dedans, y’avait plus le choix.

« Bon. On rentrera pas tant qu’on l’aura pas tuée, c’est ça. »

« Yep. Enfin, elle et sa progéniture. »

Il fit un signe vers l’arrière, où trois ailerons un peu moins imposants les coursaient. Evidemment. Solomon soupira de dépit et s’avança jusqu’au harpon. Les canons étaient mal orientés, ils étaient inutiles. La momie commença à le charger.

« Tu sais t’en servir, ami Grundy ? »

« On va bien voir, je ne saurais pas le dire moi-même … »

Ce faisant, il pointa le harpon vers l’un des droits ailerons. Il prit son temps pour viser. Comme un instant de prescience puis il appuya sur la gâchette. Le dard de métal vola avec un claquement strident puis se fiche en plein dans l’occiput de l’animal. Solomon fronça les sourcils. Il n’avait pas encore tiré. Il lâcha l’appareil, sous l’œil interrogateur de Bacha puis regarda de nouveau les trois avortons de Doby Mick. Il visa de nouveau puis, cette fois, il fit feu. Il eut alors cette sale impression de déjà vu lorsque l’animal se ramassa la flèche dans l’occiput puis sortit du sable pour aller frétiller d’agonie. Le Capitaine siffla d’admiration puis lui tendit un autre harpon. Ceux-ci étaient moins épais que celui qui était enfoncé dans la couenne de l’autre monstre. Tout comme ils n’étaient pas reliés par une corde. Solomon enclencha la nouvelle munition puis fit feu quasiment aussi tôt. Le même schéma se répéta, mais cette fois, une embardée de Doby Mick les surpris. Bacha se retint sans mal, mais la momie bascula en arrière, se cognant le crâne contre le sol. Il grommela de douleur en se relevant.

« Hé hé, elle est pas contente. Continue, énerve cette garce ! »

Il se releva en se tenant au poste de tir et encocha une nouvelle munition. Bon, il savait viser et pouvait visiblement anticiper parfaitement les mouvements de ses cibles. Une nouvelle corde à ajouter à son arc. C’était quand même perturbant de voir qu’on possédait des talents plutôt uniques et de pas pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit. Solomon élimina le dernier requin avec la même facilité qu’auparavant, sachant à l’avance où et quand appuyer pour le neutraliser. Bacha applaudit de joie, tandis que le navire ralentissait peu à peu.

« Aïe, ça va secouer … »

Doby Mick venait en effet de bifurquer pour venir obtenir sa vengeance. La corde avait du mou et filait directement dans le sable. D’ailleurs, il serait plutôt intéressant d’étudier l’organisme de cet animal. Comment pouvait-il décemment se comporter dans le sable comme dans de l’e…

« Oh putain. »

Ça venait du cœur. La bestiole venait en effet de ressurgir à moins de dix mètres du rafiot. Solomon eut à peine le temps de tirer Bacha vers lui que les crocs de Moby se refermèrent sur la proue, emportant la barre et les cordages reliés aux cerfs-volants. Le rafiot se plia en deux sous l’effet du poids et de la chambre à air qui se vidait d’un coup. Les deux compagnons d’infortune se retrouvèrent alors balancés au fond de ce qu’il restait de la carcasse. La bête était pas si ‘bête’ : elle venait de se délivrer. Ils étaient maintenant officiellement perdus au milieu de nulle part. Charmant. La momie dégaina son katana, tandis que Bacha se mettait au seul canon restant. Il sauta sur le sable, auréolé par les derniers rayons du Soleil. Il savait qu’il savait se battre. Bon. Et après ? C’était une idée stupide, mais si son corps réagissait plus vite que lui c’était certainement la meilleure qu’il avait à disposition.

« Tu ferais mieux de remonter, ami Grundy. Cette terreur perçoit la moindre des vibrations et tu feras une proie facile si tu restes par là. »

« J’y compte bien … canarde dès qu’elle pointe son nez. »

Le Capitaine opina du chef. Il se tenait debout sur les ruines de son modeste bâtiment. Le Capitaine coulait avec son navire, comme on disait. Même si ça ressemblait plus à une boîte de sardines qu’à un navire. Solomon s’éloigna de quelques pas, faisant jouer sa lame. Bon, à chaque fois que ça avait vraiment marché, il était à deux doigts de se faire avoir. S’il fallait mettre sa vie en danger pour arriver à retrouver la mémoire, c’était banco. Déjà les vibrations se faisaient percevoir. Il resserra sa garde, et ferma les yeux. Il essaya d’étendre virtuellement son ouïe. Les choses se firent voir comme s’il avait toujours maîtrisé cette technique. Il percevait la voix de Doby Mick. Quelque chose de hargneux et vindicatif. Un mélange de solitude et de colère. Solomon se sentait empreint d’une étrange empathie. Comme s’il pouvait percevoir les âmes à la ronde, comme s’il pouvait prédire le futur de quelques secondes. Il fit un pas en arrière, puis se propulsa d’un bond en arrière. Une fraction de seconde avant que le monstre ne surgisse des tréfonds. La momie frôla la mâchoire de la créature, un milli métrage tel qu’il ne pouvait qu’être calculé. Il se rattrapa sur un genou, glissant sur le sable. Au même moment, Bacha fit feu.

La bête fut projetée contre le sable, dans un geyser de sang noir. Elle se tordit dans tous les sens avant de fureter du museau et de se créer un nouveau trou pour y disparaître. Merde, ça avait raté. Solomon attendit quelques dizaines de secondes. Foutredieu, elle avait dû fuir. Il se rapprocha du navire et s’y hissa. La lumière du jour déclinait de plus en plus.

« Non, elle n’a pas fui … je la connais, ça fait 20 ans que je la poursuis ! Elle est retorse, vile et mesquine. Ça m’étonne presque qu’elle ne soit pas rousse ! »

Bacha semblait avoir lu dans ses pensées. Hm. Quoi qu’il en fût, il ne percevait pas la moindre vibration. Solomon haussa les épaules puis entreprit de fouiller dans les réserves encore intactes du chasseur de requins pour y trouver une bouteille d’eau. Il dénicha une gourde, qu’il ouvrit et engloutit à moitié en quelques secondes. Il en tendit le reste au Capitaine qui le refusa d’un geste. Il scrutait l’horizon avec agitation. Il avait déjà rechargé le canon et se tenait prêt à tout. La momie secoua la tête de dépit puis vida la moitié de ce qu’il restait – un quart, pour ceux qui suivent.

« Bon, pendant que tu fais le guet, je vais tenter de repérer si je vois une quelconque trace de civilisation.  Ça fait dix minutes, je pense pas qu’elle repointera le bout de son museau. »

« Ne soit pas si hâtif, Ismaël. Elle est presque la dernière de son espèce, elle n’aurait pas survécu si elle n’était pas exceptionnelle. Tu savais que les requins des sables grandissaient toute leur vie ? Je te laisse imaginer son âge … Nous avons arrêté de les chasser alors que j’étais encore dans la force de l’âge : il n’y en avait déjà quasiment plus. Mais j’avais un compte à régler avec Moby … »

Grundy, Solomon Grundy. Pas Ismaël, ville baderne. La momie soupira puis sauta à terre. Il en avait assez des histoires. Ce qu’il voulait, c’était trouver une ville. Manger, boire. Et … et tout ce qu’il pourrait faire d’autre. Il marcha une centaine de mètres, gravissant une des plus hautes dunes du coin. Force était de reconnaître qu’ils avaient une belle vue. Le Soleil disparaissait finalement à l’est. Ah ! L’est !! Putain. Oui ! Ils n’étaient pas perdus ! Il savait où ils étaient, enfin ! Là-bas, c’était certainement le fleuve, là où s’affaissaient les dunes. En le redescendant, ils arriveraient certainement à Erumalu ou quelque chose du genre. Ils étaient sur la rive gauche. Il sourire soulagé illumina son visage et il redescendit la dune au petit trot. Lorsque la dune se mit à trembler doucement. Fugace, presque imperceptible. Solomon leva un regard horrifié vers la carcasse du vaisseau de Bacha. Non, non, non !! Il l’appela tout en courant, le vieillard était malheureusement concentré sur le sable autour de lui et faisait la sourde oreille. Merde. Il dégaina son katana et redoubla de vitesse. Il vit l’aileron noir caractéristique émerger, dans la direction pile où Bacha ne regardait pas. La momie força l’allure, la peur au ventre.

« BACHA ! »

Brrrr …

Le monstre émergea hors du sable, gueule béante. Il pensait certainement que c’était Bacha qui était à l’origine de tout. Il l’avait visé spécifiquement lui. Cette créature était d’une intelligence rare. Elle avait attendu que Solomon se soit assez éloigné. Et maintenant, elle allait en finir. Le Capitaine se retourna au dernier moment. Il ouvrit grand la bouche, comprenant que sa fin était arrivée. Il s’empara d’une flèche de harpon et tenta de faire face. Le temps s’était suspendu. Solomon hurlait, son épée en arrière il courait aussi vite qu’il le pouvait. Une gerbe de sable se soulevait à chacun de ses pas, c’était une vitesse inhumaine. Enfin, pas de l’humain à 10 dorikis, vous comprendrez. Plutôt un petit footing pour Envy. Quelque chose était en train de se passer, il se parait d’une aura grise au fur et à mesure qu’il se rapprochait de la bête. Son œil mutilé s’ouvrit pour révéler une pupille grise et il bondit. Une masse informe se rassembla autour de son arme, moutonneuse et intangible puis, bien qu’étant à plus de vingt mètres du requin, il tailla dans l’air.  Son coup prit la forme d’un croissant de lune qui fusa vers la bestiole. L’onde tranchante la cueillit à la queue et la traversa dans le sens de la longueur.

La momie roula à terre, brusquement vidée de son énergie. Il se récupéra tant bien que mal à genoux et se releva en titubant. Il était essoufflé et tentait tant bien que mal de garder la face. Devant lui trônait le corps du requin séparé en deux moitiés. Celles-ci s’étaient écrasées de part et d’autre de la carcasse du navire de Bacha, emportées par leur élan. Ce dernier se tenait toujours debout, flèche en main et maculé de sang. Il ouvrait des yeux gros comme des billes et n’en croyait pas ses yeux. Pas plus que Solomon d’ailleurs. Soufflant comme un bœuf, il regarda son arme quelques secondes puis se gratta la tête. Bon. Ok. Il avait aussi des techniques secrètes. Cool. Il fit un geste vers les deux moitiés de Doby Mick, ne pouvant pas encore parler à cause du souffle qu’il lui manquait.

« Ah … Attention… ah … attention au … ah … attention au requin … ah … hé hé. »

Bacha descendit de son promontoire et inspecta la carcasse et, de ce fait, l’anatomie de la bestiole. C’était évidemment arrangé bizarrement, mais ça ne semblait pas le préoccuper outre mesure. Les gens de ce monde avaient appris à accepter l’inexplicable. Comme un type qui tranche un bête de quinze mètres de long à une distance de vingt mètres.

« Tu m’as sauvé la vie …. Merci ami Grundy. »

« Bah, c’est rien, c’est toi qui avait commencé. »

« J’en suis plus si sûr … »

« Pour tout t’expliquer, hm, j’suis du genre amnésique. Donc pas sûr que j’aurais pu sortir ça comme ça. Enfin tu comprends. »


Le gars ne semblait toujours pas en revenir. Vingt années de quête terminées, comme ça. Nul doute qu’il aurait besoin d’un psy’ pour s’en remettre. Il toucha la bête du bout de la flèche. Yep, c’était bel et bien fini.

« Va falloir bouger, Cap’taine, la nuit est déjà là et on va crever de froid si on rejoint pas la ville. J’ai repéré le fleuve par là-bas, on aura qu’à le descendre en marchant sur la rive pour trouver un endroit où crécher. »

Le vieillard acquiesça, mais tint tout de même à aller récupérer certains de ses effets dans la carcasse de son rafiot. Il avait achevé son but, après tout, et il ne lui servirait certainement plus. Il prit donc ses cartes, son compas et ses autres effets de navigation. Hm. C’était logique après tout. Un Capitaine savait naviguer. Fallait être crétin pour ne pas y avoir pensé plus tôt. Puis il farfouilla dans l’estomac de la bête pour récupérer d’autres trucs. L’esprit pratique de ce type était … incroyable. Bref. Une fois qu’il eut réuni tout son petit fatras, ils purent y aller. Solomon commençait à déjà à grelotter.

« Je vais tirer un feu de détresse, on viendra nous chercher. »

Hum. Ouais, ça aussi on aurait pu y penser.
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