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Au Sud De Nulle Part

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Rimbau D. Layr
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Mer 26 Mar 2014 - 21:08

Spoiler:
 

La bière est déjà tiède. Saloperie de bouge de merde, je savais bien que j’aurais pas dû y entrer. Merde !

Pourtant la serveuse a une paire de hanches à vous décalotter l’oignon plus vite qu’un obèse devant une pièce montée. En parlant de monter, je sais c’que j’ai bien envie de faire.

« Eh poupée, viens te servir un verre et te poser près de moi, j’te raconterai des belles histoires. »

Elle vient pas. Trop impressionnée sans doute, ce serait pas la première fois qu’on mouillerait sa culotte pour mes jambes de rhinocéros.

« Bon papy, t’as assez bu comme ça, va être temps de partir. »


Le mouflet gerbatif qui vient de me susurrer ces jolis mots a l’air menaçant de ceux qui veulent foutre une bonne beigne. Je supporte pas ces connards qui croient que si leur derche est moins plissé, et ben ils ont plus de droit sur la crémière. C’est un con, il est grand temps qu’il le sache. Alors je me lève comme je peux et je lui envoie mon direct du droit en plein dans la caboche. Tu croyais que j’avais perdu la main pas vrai Freddy ? Lorsque mon pied rentre en contact avec son bide, c’est toute la littérature moderne que je lui insémine. Tu m’étonnes que ça lui en fasse trop et qu’il doive tout recracher. Avant de s’adresser à un mec, faut toujours savoir qui a les plus grosses couilles. Et je juge très bien.

« Buk, arrête ça. Un verre offert si tu le finis et que tu te casses. »

Ah la salope, elle veut pas de mon fusil mitrailleur, c’est à n’y plus rien comprendre. De toute façon, elle en vaut pas une blinde. Rien à voir avec Cass. Ah Cass, c’était la plus belle fille de la ville à l’époque. Putain de jeunesse qui vous accouche sans vous élever. On est tous des buveurs de foutre qui attendent inlassablement le prochain remplissage.

« File moi ce que t’as de plus cher alors. »


Je sors. Pour rentrer chez le voisin. Dans le coin, des bars miteux c’est pas ça qui manque. Je me sens triste tout à coup, c’est pas tellement la maraude qui m’a rembarrée mais plutôt le souvenir de cette jolie balafrée. La nuit tombait lentement et c’était trop tard.
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Rimbau D. Layr
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Lun 31 Mar 2014 - 22:42

Un peu plus et il me trouvait le salopard. T’auras pas ton augmentation mon grand, j’y veillerai personnellement.

Je viens de semer le dernier espion d’Harvey. Ils sont vraiment partout ces gros cons, aussi silencieux et organisés que des pucerons devant un bégonia surveillé par de goulues coccinelles.

Je me suis planqué dans un hôtel à six sous de l’arrière-ville. Pas bien pratique pour les punaises de lit mais bien situé, dans le quartier où la tronche d’un seul fédéral provoque assez d’ulcères pour l’empêcher de rester bien longtemps. J’ai passé la dernière journée à m’informer, à chercher des infos ou des mecs capables de les dénicher pour moi. Il faut que je sache où il se stationne le Harvey, comment je vais pouvoir me démerder pour attaquer le mal à la racine sans me taper toutes les branches bien rugueuses qui restent accrochées à lui.

« Tu m’offres un verre ? »

Je sors de mes pensées. La fille qui vient de parler au comptoir auquel je viens de m’installer est...une pute. Je veux pas être spécialement méchant, mais à voir ses atouts affichés au grand jour et sa bouche pas encore totalement nettoyée, le doute n’est plus permis. Je voudrais pas l’offenser en tentant une appellation plus académique.

« Dis Lloyd, tu me files deux whiskys je te prie. »

Le barman, un type sans trop de cheveux mais avec pas mal de charisme, me fait un signe de tête. Il a une vraie tête de barman ce mec, à croire qu’il a été fait pour opiner en remplissant des verres. Ici, au Mouche à Mouche, on rigole pas avec la tenue de soirée. Dans un coin, un type un peu usé par une soirée sans doute trop arrosée discute avec une damoiselle un peu trop sainte-nitouche. Une obscure histoire de chapeau-pâte.  J’aime bien cet endroit, même si je dois avouer que l’odeur incrustée dans les murs n’invite pas forcément à la débandade.

« Le premier, c’est pour la forme. »


Je vide le scotch d’un trait bien ferme.

« Le deuxième, c’est pour l’inspiration. »

Mes lèvres se posent lentement pour siroter la deuxième liqueur. Je crois que la gonzesse a compris, elle se barre emmerder un autre pigeon. Voilà qu’elle en a trouvé un, un fossile à l’air adipeux, nul doute qu’il doit se languir d’un ouvre-cuisses bien charnu. Ah, non, elle semble le connaître, la voilà qui l’esquive et qui sort du bar.

« Pas besoin de toi poupée ! »


Ce vieux me dit quelque chose. Outre sa gueule ravagée, c’est surtout son calepin ouvert qui m’intéresse. Un écrivain, c’est comme un café trop fort, tu le trouves dégueulasse mais tu le bois quand même. Le voilà qui me remarque, nos regards se croisent un instant.

« Tu veux quoi toi ? J’ai un cadeau spécial mon gars je te laisse choisir, un pied dans le cul ou un coude dans le museau. Tu me dis. »


Le pauvre a l’air bien triste. Comme une âme qui fut irradiée dans un passé lointain mais qui s’est retrouvée abandonnée sur le bas-côté un jour de biture. Je dois lui dire.

« Tu as l’air bien triste. Ton carnet doit t’aider. »


Il se rapproche et s’assied à côté de moi. J’ai cru un instant qu’il allait mettre ses menaces à exécution, dommage de casser un type pourtant si aimable.

« Tu sais quoi toi ? T’es le premier fils de pute depuis un bail à réussir à me calmer un petit peu. Faut dire que les écrivains courent pas les rues de notre temps. »


Perspicace le monsieur, mais il pue quand même suffisamment pour que j’ai envie de garder mes distances avec lui.

« Garde tes distances mon vieux, y’a rien de bon à gagner à rester à côté de moi. »


Il me fixe de ses yeux constamment humides qui ont vu passer la misère et la débauche.

« Impeccable alors. Ferme la un moment et bois ton verre, tu recommences à m’emmerder. »
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Rimbau D. Layr
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Lun 21 Avr 2014 - 18:55


Spoiler:
 

Je sais pas qui est le connard que je viens de rejoindre, mais son regard âpre de gamin abattu me paraît moins antipathique que celui d’à peu près tous ceux que j’ai pu rencontrer depuis plusieurs années.

« T’es qui ? Tu fous quoi dans ce bouge ? Non réponds pas, je m’en tape. »

Il me sort une feuille de je sais pas où et commence à écrire. Il a bien raison, les mots couchés sur du parchemin jauni sont souvent bien plus efficaces que ceux balancés à tort et à travers par des bouches à merde. Je lui demande très poliment s’y peut me montrer un peu c’qu’il a pu faire. Il dit non.

Je le frappe avant de reposer la question.

Et là, bordel, ma main passe à travers sa gueule émoussée et plusieurs morceaux de parchemin volent dans tous les sens. Quelques instants plus tard sa gueule se remet en place. Il a rien. Cet enfoiré est un maudit.

« Cette fois j’ai vraiment envie que tu changes de place le vieux. »

Je peux comprendre. Mais je vais pas l’admettre parce qu’on a pas non plus les couilles suffisamment molles pour s’excuser pour si peu. Un client a vu le tintouin et est très vite sorti. Je peux sentir des présences dehors, mon vieux fluide me trahit pas.

« Je crois que t’es recherché mon con. Trois, non, quatre types commencent à encercler l’endroit. »


Il paraît surpris, comme s’il comprenait pas tout. Un gaillard avec des yeux pareils qu’a pas le fluide ? Une belle merde.

« Je connais bien l’endroit. On va se barrer par la cave du bar, y’a une sortie.
- Pourquoi je suivrais un ivrogne ?
- Ta gueule, m’emmerde pas ou je change d’avis. »


Je profite de la manœuvre pour choper quelques feuilles tombées précédemment. Y’a des écrits dessus, des poèmes apparemment. On va voir ce qu’il a dans le bide et dans la plume l’autre. Me reste la complicité du serveur à acquérir, lui qui doit en avoir rien à foutre.

« Lloyd, j’ai besoin d’un service. Et quelque chose me dit qu’on va s’entendre.
- Ah ouais Buk ? »


Un bail que je m’étais pas bougé le cul.
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Rimbau D. Layr
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Mer 21 Mai 2014 - 15:26

Le vieux, il arrive à sentir les présences lui aussi. Merde alors.

Je le suis sans poser trop de questions. C’est vrai que s’il peut m’aider à m’échapper de ce traquenard, sa côte de popularité sera sérieusement revue à la hausse. Je dois avouer que pour quelqu’un de canonique comme lui il bouge plutôt vite l’animal.

Alors on arrive dans un souterrain qui débouche sur une petite ruelle pavée. Pas loin du centre, anonymat garanti. Après quelques galipettes on reprend un rythme de marche normal qui se prête plutôt bien à la conversation.

« On t’a appelé Buk. Je connais un mec de ce nom, même si je l’ai jamais rencontré. Alors tu es du Cercle ? »

Oui, je connais Buk Owski, l’écrivain des miséreux, l’ivrogne des âmes damnées. Un homme qui fait partie du Cercle des Artistes Saugrenus, la distinction la plus éloquente pour des créateurs subversifs.

« Me parle pas d’eux, et commence pas tes léchouilles, ça m’emmerde. »


On marche un petit peu, on se pose près d’une fontaine. Décidément je n’aurai aucun répit tant qu’Harvey sera dans les parages. Une petite discussion avec Jack s’impose.

« Tout à l’heure, t’as utilisé un truc pour sentir les fédéraux sans les voir.
- Ouais, le haki, le fluide, le foutre, appelle ça comme tu veux. Y’a que les abrutis qui s’en servent pas.
- Je m’en sers pas.
- Je sais. »


J’ai déjà lu un recueil de nouvelles de ce type. Son écriture transpire la déambulation, il semble essayer d’oublier de vivre en se ruinant par les excès. Sur le coup, je me dis que si je finis comme ça j’aurai quand même raté un ou deux embranchements.

« Je vais bouger. Merci pour le coup de main, salut vieil homme.
- Tu vas gentiment rester assis ou je te rosse l’entrejambe.
- J’ai autre chose à foutre.
- Tu veux pouvoir sentir les choses comme moi ?
- Non. »

C’est faux, je deviens curieux et il le sait. Mais on me prend pas par la main comme ça, surtout quand on a plus beaucoup de cheveux et les dents qui jouent au jokari. Y’a qu’une personne que j’ai pu suivre sans discuter, et on m’y reprendra plus.

« Pourquoi tu veux que je reste ? T’as l’air d’haïr un peu tout le monde.
- Je sais pas. »


Ces quelques mots semblent déverser un torrent de sentiments contradictoires. Et pendant quelques secondes mon âme compatit avec celle de ce vieil enfant abandonné par les siens.

« Je me tire dès que j’en ai marre. »


Il ne répond pas et me laisse revenir. Les nuages défilent dans le ciel. Et tout le reste n’est que littérature.
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