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Petite frappe et Marine pas nette à la fracassante fracassée New-Rea !

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Annabella Sweetsong
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Jeu 3 Avr 2014 - 3:59




Un coup à gauche, un coup à droite, mon corps se fait malmener par les aléas de la voie terreuse sur laquelle roule le transport. J'essaye de tenir ma lecture tandis que mes bras sont diligentés comme le seraient ceux d'une ridicule marionnette de spectacle. A la fois exaspérée par l'inutilité du contenu et l'impossibilité de lire correctement, je grommelle :

- Ah putain, y’a pas d’accroche dans ce fichu bouquin... Ça fait déjà trois heures que je lis et aucune action, l’auteur ne fait que parler de lui ! Pis c’est écrit chelou aussi !!

Je referme le livre, déçue de mon achat. « Voyage au Bout de la Nouille » de Louise F. Céligne, un navet, décidément. Ennuyée, je déplie ma main, la replie, regarde attentivement mes ongles. J’fais pas de manucure, non pas besoin, j’aime pas ça. Ben à la limite, même si j’me trimballe une trousse de maquillage, c’est qu’à l’intérieur j’ai bien deux trois vernis qui se baladent : un blanc, un couleur chair et un turquoise. Mais je m’en sers rarement comme ça, juste quand je dois me mettre en valeur à l’issue d’une rencontre, d’une soirée, d’un diner aux chandelles… Bref ! Tiens, le carrosse s’arrête. J’pousse légèrement le rideau du plat de la main et regarde ce qu’il y a dehors. On est pas arrivés pourtant. J’alerte le conducteur, la tête sortie, en gueulant :

- Eh m’sieur ! Y’a rien dehors, là-bas. C’est juste des vieilles baraques alignées le long du chemin, qu’on sait pas comment elles tiennes debout ! Dites-moi quand on est censés arriver à la fameuse, grande, New-Rea !

L'homme saute à terre et vient vers moi. Il ouvre la porte et me fait poliment signe de descendre. Je m'exécute, le regard interrogateur. Enfin, un peu lent comme gusse, il me répond :

- Mais vous êtes bien arrivée mademoiselle ! Voici New-Rea, la plus grande ville du pays.

Je le regarde, suspicieuse, la moue déformée, la bouche tordue sur le côté.

- Mouais.

L'homme fait demi-tour et remonte sur sa caravane. Pas le temps de lui poser une question qu'il a déjà pris les rennes et s'est déjà envolé vers une autre "grande ville" comme celle-ci.

***
J'me pose sur la table avec ma bière aromatisée. Ça a beau être un trou, niveau alcool c'est bien fourni. J'admire l'architecture improbable de la taverne : on sait pas comment ça se fait, mais les planches en bois tiennent tant bien que mal les unes contre les autres, et le plafond se suspend comme par miracle au dessus de ma tête. J'avais fait un petit tour du fortin juste avant de trouver la bicoque, et bien heureusement tous les bâtiments n'étaient pas dans un tel état. En revanche celui-ci était bel et bien l'un des plus grands, et celui que j'avais directement remarqué en sortant de la calèche. Je plonge le nez dans ma bière à la cerise et profite de la lampée pour m'hydrater convenablement. Les idées ont l'air plus claires, là, maintenant.

J'suis pas venue ici pour jouer aux touristes, hein, sinon j'aurais choisi un meilleur endroit. Il paraîtrait qu'un gusse s'éclate dans le coin à faire des conneries, et si normalement c'est du ressenti de la Marine, quelque chose ferait qu'il passe à chaque fois entre les mailles du filet. Du coup j'étais venue pour enquêter, non pas sur l'individu qui commettait les actes, mais plutôt sur celui qui s'amusait à les camoufler aux yeux de la justice. Car j'suis faible, car mon chef, Ao, s'évertue tous les jours de ma vie à me répéter que je sers à rien - et ça encore c'est quand il me parle - et que le soutien d'Era Cles n'aide en rien à cela, pour ces raisons donc, on m'avait envoyée dans cet endroit perdu pour négocier ce paradoxe merdique. Et le seul indice que j'avais, c'était le nom d'un petit contrebandier reconnu mais pas assez important pour se faire coffrer, dont les exactions rituelles avaient soudainement disparu, couvertes par le fameux agent double du jour au lendemain, comme bon nombre d'autres délits désormais.

Ayé, j'ai fini mon verre. J'pose deux cent berries en p'tite monnaie près du reçu, histoire de me vider les poches. J'passe faire un tour aux toilettes histoire de vider la vessie à son tour. En retournant au comptoir, j'vois que y'a des chambres de libres, j'hésite. J'ressens même pas la fatigue du voyage, et si tout se passe bien, j'peux tabler ça dans la nuit. Je hausse les épaules et trace ma route. Plus vite ça sera fini, mieux ce sera.

- Bon allez, trouvons ce fameux Pat Riss. Direction le grenier de West !

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Dernière édition par Annabella Sweetsong le Mar 17 Nov 2015 - 4:42, édité 2 fois
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Caleb Cobberstone
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Dim 6 Avr 2014 - 9:09

New-Rea. Amusant. Oui, amusant. Pour une fois, on t'a offert une mission divertissante. Tu es là depuis plusieurs jours. Tu t'étais enrôlé dans un petit équipage envoyé compléter la garnison. Ou plutôt, tu as rejoint un groupe de soldat de la soixante-neuvième division, envoyés en tant que relève. Pas pour le plaisir, évidemment. Non. Tu as reçu une missive quelques jours plus tôt. Il y a quelques problèmes au niveau du... « Grenier de West ». Charmante appellation au passage. Un grenier. Le mot était si bien choisi, pour cette île-usine. Une véritable usine de production, oui. Tu ne comptes plus le nombre de travailleurs que tu as pu croiser. Du moins... Des travailleurs. Il s'agit d'une façon de les nommer bien ironique. Tu sais bien qu'il s'agit d'esclaves. D'esclaves se tuant à la tâche, jour après jour. Mais tu n'es pas là pour les esclaves de toutes façons. Oui, c'est triste pour eux, et bla, et bla, et bla. Mais c'est tout aussi triste pour les contremaîtres. Être réduits à dominer des esclaves, c'est assez... Comique. En soi, il s'agit de n'avoir de pouvoir que sur des êtres sans pouvoir, et donc incapables de se défendre. Et encore. Il ne s'agit même pas d'un pouvoir absolu. Les révoltes ne sont pas exclues. Alors oui, le sort des esclaves est triste. Mais l'impuissance des contremaîtres te désole tout autant. S'ils étaient véritablement puissants, ils feraient autre chose de leur vie que de diriger des coquilles vides de conscience et formées uniquement pour le travail.

Bah. De toutes façons, tu es ici pour une bonne raison. Ta lettre indiquait que certains petits malins s'amusent à faire du grabuge en ce moment, ainsi que quelques trafics plus ou moins importants. Mais le problème principal réside dans le fait que s'ils peuvent agir ainsi, c'est parce que certains soldats en poste en ville ferment tout simplement les yeux sur de tels agissements. Et c'est toi qu'on envoie enquêter là-dessus. On t'a balancé au milieu de ce trou paumé, en te demandant de surveiller les soldats, de réunir des informations, et si possible de mettre un terme à tout cela. Et tu te disais que ce serait assez ennuyeux. Mais non, pas vraiment. Tu as croisé pas mal d'individus intéressants. Notamment le « grand chef » du coin, le colonel Späre, à la vision des choses assez... Particulière, il faut l'avouer. Mais il n'y a pas que lui qui a retenu ton attention, il y en a bien quelques autres. Et tu commences à te faire une petit place au milieu de tout ce beau monde. Comme d'habitude, la place du petit gars pas toujours très habile. Le petit gars pas forcément doué, mais gentil, plein de bonne volonté. Oui, tu commences à graver cette image dans les esprits de tes camarades soldats. De tes camarades du rang. Et tu observes, jour après jour.

Cela fait assez peu de temps que tu es ici. Tu sais bien que tu n'as la confiance que de quelques hommes, et peut-être un ou deux sous-officier proche de ses soldats. Mais rien de plus. Tu as déjà mis du temps pour te faire enrôler dans cette division et pour arriver ici. Maintenant, tu n'as plus qu'à attendre. Attendre que les informations dont tu as besoin sortent de bouches indiscrètes pour tomber entre tes mains. Tu sais bien que cela ne se fera pas tout seul, du jour au lendemain. Tu sais que tu vas avoir besoin d'un peu de temps et de patience. Mais tu sais que l'un d'eux fera une faute. L'un d'eux finira forcément par se trahir. Par pêcher par excès de confiance. Ou par avidité. Ou par n'importe quoi d'autre. Mais tu finiras par leur tomber dessus, tu le sais.

Mais voilà, il y a toujours un mais. Aujourd'hui, tu es en patrouille dans la ville, avec une autre recrue. Un grand dadais, dégingandé, un peu naïf et trop sûr de lui. Un gus dont l'uniforme a tendance à pousser à des excès de confiance. Un type trop simple. Trop normal. Trop à ton goût. Il est horriblement prévisible. Et cela t'ennuie. Tu te contentes de marcher à ses côtés, dans ton uniforme un poil trop grand. Et tu observes les alentours. Tu observes les alentours d'un œil morne. Désintéressé. Jusqu'à te rendre compte du passage d'un adjudant-chef. Qui n'a techniquement rien à faire dans le coin. Tu vois son regard. Tu vois ses œillades inquiètes aux alentours, alors qu'il avance rapidement, le dos un peu trop raide pour quelqu'un se déplaçant d'une manière soi-disant naturelle. Il attire ton attention. Et tu l'observes, tout en conservant ton rôle de jeune recrue en patrouille. Tu joues les inexpérimentés. Tu fais comme si tu n'avais rien vu d'autre qu'un officier. Et tu le salues de loin, le gratifiant en prime d'un sourire. Un sourire un peu doux. Un peu niais. Et tu sais qu'il va se laisser tromper. Que dans son esprit, personne n'a pu remarquer quoi que ce soit. Mais les faits sont là. Cet homme est suspect. Et il va falloir que tu continues à le surveilles...
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Annabella Sweetsong
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Dim 6 Avr 2014 - 22:28




- 'Scusez-moi m'sieur, j'cherche un certain Riss, Pat Riss. Il parait qu'il est manutentionnaire dans l'coin.

L'homme secoue la tête, il n'a jamais entendu parler de ce gaillard-là. Merde, bon allez on s'décourage pas. C'est juste le neuvième à me répondre par la négative, hein. D'ailleurs j'sens qu'on commence à m'regarder plutôt bizarrement. Ça m’inquiète un peu, mais faut dire que j'suis pas très discrète. Je jette un coup d’œil autour de moi. Le grenier est un gigantesque établissement où sont inventoriés les différents grains et épices de l'île. Étant donné qu'en dehors de la Nouvelle Rea et de divers petits villages, l'île n'est qu'un vaste ensemble de champs où travaillent des milliers d'esclaves, il faut évidemment un complexe de bâtiments tel que le Grenier de West pour y entreposer les quantités astronomiques de nourriture extraite de la terre. Du coup, c'est pas les manutentionnaires qui manquent dans le coin : des hommes en bleu de travail qui se baladent avec des trans-palettes et de lourdes chaussures de sécu', y'en a à tous les coins de rue. Y'a aussi des esclaves, mais moins. D'ailleurs j'croise un contre-maître, un homme petit et vouté qui semble avoir des yeux partout. Le v'la d'ailleurs qui jette sur moi un regard sombre. Je fais demi-tour, rentre accidentellement dans une pauvre femme bossue portant une brouette remplie de grains de blé. A y regarder de plus près, il s'agit en fait véritable tromblon d'ouvrière à peine âgée d'une quarantaine d'années et bâtie comme Hercules.

- Ah, excusez-moi madame, je ne vous avais pas vue !

Hmm, celle-ci semble un peu moins distante que les autres. Je saute sur l'occasion pour lui demander à son tour :

- Est-ce que vous connaissez un certain Pat Riss, il travaille ici à c'qu'on m'a dit.

Ah, ses pupilles se rétrécissent, ses yeux fuient soudainement. Elle sait des choses celles-là, mais elle est pas assez forte pour les camoufler. Il est temps de faire entrer en jeu mon talent pour recueillir des informations. Je m'appuie légèrement sur le tas de grain et mets en branle la machine.

- Ecoutez madame, si vous savez quelque chose dites-le moi. Pat est en grand danger. Je baisse d'un ton. Le gouvernement en a après lui et a lancé un agent secret à sa recherche. Je sais ça semble fou, mais il me faut le trouver avant qu'il soit trop tard.

A ces mots le visage de la femme se décompose progressivement jusqu'à être en sueurs. Un coup d'oeil à gauche puis à droite et la voilà qui me prend le bras.

- Venez avec moi, nous ne pouvons pas en parler ici. Mais attendez, je range mon bazar avant !

***
Retour à la taverne, retour devant un verre de bière à la cerise, mais cette fois-ci pas toute seule. On s'calle dans un coin, quelque part où l'on est sûres que personne ne pourra nous entendre. Je joue le jeu sans trop de difficultés pour le moment et la culturiste ne semble pas me poser tant que ça de question. Enfin, elle se penche au dessus de sa pinte et me dit :

- Je suis Pat Riss. Comment savez-vous tout ça ?

Ah, si je m'étais attendu à ça. Le fameux trafiquant d'esclaves était donc une femme. Je réfléchis à une réplique, espère trouver quelque chose qui se tienne assez pour en savoir plus sur le sujet.

- Et bien je suis son associé et il a relativement peur que l'on découvre ce qu'il se passe...

- ...il ? Vous parlez du Lieutenant Filoutub ?

Ah elle a vraiment la langue bien pendue celle-là. L'interrogatoire semble bien parti, pourtant un mec louche nous zieute discrètement depuis notre arrivée. Comment ne pas l'ignorer avec ses fantasques tâches de rousseur sur le visage. La criminelle vient de le voir elle aussi et son regard de biche apeurée semble refaire surface. C'est pas bon, la voilà qui ravale ses informations et menace de se barrer en courant. J'aurais pas du lui raconter ces cracks à propos de l'agent secret.

- Je suis désolée il faut que je parte ! Dites au Lieutenant qu'il aura son prochain chargement demain comme prévu !!

Sans que j'aie le temps de dire quoi que ce soit, la pauvre femme a déjà pris ses jambes à son cou. Merde ! Je prends ma bière et me délocalise vélocement sur la table de l'inconnu. Il a pas une tête de truand, il a plutôt l'air d'un simple p'tit gars inoffensif comme il en existe des tas. Suspicieuse, j'lui demande :

- Bon toi qui t'es et pourquoi tu m'espionnes ?

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Mar 17 Nov 2015 - 4:41

C'était un type grand, fort au niveau des épaules avec une mâchoire carrée réglementaire comme on peut en trouver des tas dans les rangs des Marines. Aucun doute que c'en était un. Le type avait abordé mon approche d'un oeil suspect et avait vérifié cette hypothèse en me répondant d'une voix grave par une réponse simple et concise.

- Dégage d'ici et retourne t'occuper de tes oignons.

- Bon okay.

Et j'étais partie, illico-presto, car j'étais pas là pour me faire trop repérer. Mais bon, pour ça, c'était déjà trop tard. Le type louche là, bah en fait il m'avait suivi et pas si discrètement que ça. Des tas de questions évoluaient dans ma tête, est-ce que la situation était aussi tendue dans le coin ? Est-ce que c'était ce type le "brouilleur" ? Ou est-ce que c'était un sbire comme il devait y en avoir autant que de délinquants couverts par le bonhomme tout en haut ? Dans tous les cas, le massif me suivait à la trace, même lorsque je bifurquais entre les bicoques et essayais de le semer en pressant le pas jusqu'à me mettre à courir dans les champs, désertiques à cette heure-ci. A partir de là si je m'arrêtais, j'étais cuite ; je ne pouvais éviter l'affrontement puisque désormais il me poursuivait sans faire l'effort de se cacher.

- Halte là. cria-t-il soudainement.

Et comme pour répondre à son ordre, je m'étais soudainement arrêtée sans réfléchir et lorsque mes pensées avaient rattrapé mon acte, j'avais d'ores et déjà mon visage plongé dans la paume de ma main droite en signe de consternation. Quelle andouille, c'était cette fameuse particularité psychologique qui me tapait sur les nerfs mais dont j'arrivais de temps en temps et de plus en plus souvent à me soustraire. Mais pas là, là non, je m'étais arrêtée et le bonhomme m'avait rejoint sans trop comprendre. Alors j'avais arrêté de jouer le jeu et j'avais sorti mes flingues.

- Okay, tu veux jouer au loup. Bon bah j'te préviens t'as intérêt à courir vite car j-

PAF !

Irrécupérable, j'étais irrécupérable. Au beau milieu de ma tirade, j'avais été spontanément interrompue par un coup de poing dans le ventre qui m'envoya rouler sur le sol un peu plus loin. Me relevant avec un moue de douleur collée au visage, je compris que je n'avais pas à faire à un novice ni à un tchatcheur.

- Soit tu quittes l'île maintenant, soit j'te tabasse jusqu'à ce que t'en crèves.

Trop aimable. Ma réponse ? Mes deux flintlocks !

Kabam !

Merde, raté. Bon tant pis, je continuais tout de même de canarder le molosse qui arrivait étrangement à éviter mes tirs pour me foncer à nouveau dans le lard et cette fois-ci m'envoyer un gros coup de poing dans la figure.

- Je crois que t'as pas compris ce que je viens de dire. T'as signé ton arrêt de mort, poupée.

Assis sur moi, me maintenant au sol les bras bloqués, le gaillard avait très certainement l'avantage et n'avait pas hésité à s'en servir pour me rouer de coups jusqu'à ce que j'en vienne à cracher un filet de sang.

- Sérieux ? Tu comptes te faire mettre minable comme ça ? T'as pas honte ?

- LA FERME !!

Instantanément contorsionnée par mon accès de colère, le talon de l'une de mes bottes vient percuter violemment le visage de mon agresseur et le renverse momentanément, me donnant l'occasion de me redresser, récupérer mon arme et la pointer sur sa tronche.

- Mains en l'air !

Le gusse sourit de toute ses dents sans pour autant s'exécuter, ce pourquoi je mets ma menace à exécution en lui tirant dans l'épaule. Là au moins je suis sûre qu'il n'aura plus l'avantage et comme par magie, tout en gémissant et en se tortillant lamentablement sur le sol, il se met à faire dès lors tout ce que je lui demande.

- Maintenant tu vas me dire qui tu es et pour qui tu travailles, sinon la prochaine balle finira dans ta petite tête. dis-je tout en collant le canon de l'un de mes pistolets sur la tempe de mon adversaire devenu subitement interdit.

Et il me répond.

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Mar 24 Nov 2015 - 3:47

Je commençais à y voir plus clair désormais. Suite aux aveux du gaillard j'avais décidé de lui enfoncer mon genou dans le torse et de l'envoyer rejoindre Morphée illico-presto avant de le hisser difficilement sur mon épaule. Le morceau pesait sacrément lourd mais j'étais néanmoins bien décidée à le livrer aux autorités compétentes, à la fois pour qu'elles se chargent de lui ainsi que pour vérifier la véracité des propos qu'il avait tenu. Dans certains cas, il est possible de lire sur un visage comme dans un livre ouvert, c'est l'une des premières choses que j'avais appris dans mes formations au Cipher Pol 8. A savoir que les meilleurs menteurs sont ceux qui camouflent aussi bien leurs propos que leurs expressions, mais qu'un mauvais menteur est généralement très facile à déstabiliser et c'est là que l'on remarque l'authenticité de l'illusion. Dans tous les cas j'espérais bien voir ce fameux Lieutenant-Colonel et contempler la décomposition du mensonge sur son faciès en lui livrant son sbire, amorphe. Car oui, finalement, il avait bel et bien lâché le morceau.

Récemment, un vent de révolution avait commencé à souffler un peu plus dru aux alentours de la Nouvelle Réa. Sous peur de voir venir cette nouvelle aube, les contremaîtres étaient de plus en plus en panique et s'acharnaient, de peur, sur leurs esclaves en leur donnant plus de travail et moins d'occasions de se réunir en secret. Sauf qu'évidemment, hé, cette oppression palpable avait l'effet inverse de ce qui était réellement escompté par les esclavagistes, si bien que l'esprit de révolution s'en retrouvait obligatoirement renforcé, à chaque heure de travail ajoutée, à chaque tâche à accomplir prescrite, à chaque homme tombant sous les coups de fouet et la fatigue physique et psychologique. Tout allait mal et c'était à ce moment là que poignaient les traitres : pour certains de simples tourne-casaques sans envergure, pour d'autres des révolutionnaires engagés sous couverture du gouvernement avec une seule idée en tête : fomenter un soulèvement.

Bien heureusement, l'oiseau était encore dans l’œuf et, même si on ne pouvait pas le tuer puisque le mécanisme était en marche, on pouvait toujours le ralentir en supprimant les éléments gênants. Et moi, c'est là que j'interviens.

Foxie, Lieutenant-Colonel Gerald Foxie aussi connu ici sous le pseudonyme de "Renard" était cet espion camouflé dans les forces de l'ordre, un parmi tant d'autres qui s'était affublé d'une image qu'il n'était même pas capable de tenir, se croyant probablement trop malin pour se faire prendre au jeu dont il ne pouvait même pas suivre les simples règles : ne pas se faire démasquer. Renard jouait double jeu, agent double et il était beaucoup plus connu pour ses méfaits sous son surnom d'anarchiste que ses bienfaits en tant que Lieutenant-Colonel. Dans tous les cas il restait quelqu'un d'obscur, de connu dans un petit périmètre de l'île où, étrangement, il faisait sa loi, profitant de son poste dans l'armée pour permettre des écarts aux esclaves du royaume. Voler de la nourriture dans le Grenier de West, faire disparaître un contremaître du jour au lendemain, réussir à s'échapper de l'île : c'étaient des actions qu'il couvrait régulièrement sans se faire prendre mais dont on finissait bien par se douter, du côté de la Marine, qu'il se tramait un truc pas net. Et bien évidemment, au lieu de s'arrêter au moment propice, il avait continué jusqu'à ce que les suspicions soient relayées sous forme de rapport par le haut de la hiérarchie et envoyées dans des sphères encore plus hautes pour être confiées sous forme d'enquête au Cipher Pol, puis à moi.

L'interrogatoire s'était conclu avec mon pied effectuant des pressions à peine contrôlées et ce par intermittence sur l'entrejambe de ma pauvre victime. Lui-même était un caporal dont le nom était... on s'en fichait. Même s'il baignait dans le bain et était donc lui aussi un criminel, il ne demeurait qu'un pion de l'officier et l'avouait lui-même, dans un témoignage lourd de sanglots venant dans la douleur qui lui tiraillait le bassin et l'épaule. Alors, comme dit précédemment, une fois que toutes ces informations avaient été recueillies dans mon petit crâne, j'en avais fini de manière abrupte et avais hissé le corps sur ma clavicule pour rendre à César ce qui était à César.

Alors finalement, après avoir traversé bien des chemins et routes de campagnes au beau milieu des déserts champêtres foisonnant sur l'île, je me retrouve à la porte du bâtiment administratif où siègent les forces de l'ordre en vigueur sur l'île et j'ouvre. Plutôt que des applaudissements, c'est une foule de regards circonspects et abasourdis qui acclame mon entrée alors que je me rends jusqu'à l'accueil, dépose le paquet, sors mon porte-feuille et l'ordonnance qu'il contient stipulant mes autorisations et dis enfin.

- Annabella Sweetsong, agent du CP8. Oui, non, lisez pas tout le papier maintenant, c'est pas important. Voici un traitre enrôlé au service de la révolution, j'ai ses aveux et son chef se trouve quelque part dans le coin. Un certain Lieutenant-Colonel Foxie, est-il là ?

La secrétaire déglutit lourdement, incapable de gérer une situation aussi inhabituelle. Trop d'informations en même temps je suppose. Évidemment, l'officier n'est pas au rez-de-chaussée, il doit donc être dans son bureau.

- Je.. euh... oui, il est au deuxième étage, "Bureau Neuf"...

Laissant le corps inerte là où je l'ai posé, je m'élance sans attendre vers la cage d'escalier située à quelque pas sur ma gauche et grimpe rapidement les marches jusqu'à me trouver dans un gigantesque open-space rempli de bureaucrates affairés à trier des papiers. Spontanément, j'apostrophe un fonctionnaire venant dans ma direction un café à la main.

- Je cherche le "Bureau Neuf" ?

Silencieusement, tout en sirotant son précieux liquide, le gaillard m'indique du doigt une loge dans un coin de la pièce. Résolue à retrouver le révolutionnaire et lui faire cracher ses dents devant la hiérarchie du coin, je fais donc littéralement des bonds dans ma course effrénée jusqu'au "Bureau Neuf" et enfonce brusquement la porte.

Personne.

Mais les rotations imperturbables du siège derrière l'espace de travail et les courants d'air froid pénétrant la pièce par le biais de l'unique fenêtre grande ouverte ne laissent présager aucun doute : le Renard s'est enfuit. Instinctivement je me rends donc jusqu'à l'ouverture pour jeter un œil dehors et bien évidemment, il n'y a rien.

- Héhéhé, envolé le petit oiseau !

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Dernière édition par Annabella Sweetsong le Lun 30 Nov 2015 - 19:40, édité 4 fois
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Lun 30 Nov 2015 - 1:44

- J-

- Un petit thé ?

- Non je-

- Et des gâteaux ?

- Ecoutez je sui-

- Bon vous prendrez bien un café alors ?

- Est-ce que vous entendez ce qu-

- Il fait froid aujourd'hui, vous ne trouvez pas ?

- MAIS VOUS ALLEZ ARRÊTER DE ME COUPER LA PAROLE ?!

Après l'explosion, les événements s'étaient enchaînés plus ou moins bien. Bien, dans le sens que j'avais tout de même fini par me faire catapulter dans les bureaux tout en haut où on pouvait trouver ce fameux Colonel Bouzard. Pas bien dans le sens que l'homme n'était pas seulement hermétique à toute insulte, mais aussi à la raison lorsqu'il s'agissait de lui faire entendre de la présence d'une taupe dans ses officiers. Une taupe qui, soit dit en passant, serait tôt ou tard vérifiée par les aveux du sbire que j'avais amené avec moi et par la rédaction de mon rapport à mes supérieurs hiérarchiques. Mais le Jess Späre ne l'entendait pas de cette oreille... d'aucune des deux en fait.

- Vous trouvez qu'il fait plutôt chaud ? Vous avec les récepteurs sensoriels totalement décalés, ma pauvre fille.

- Arrêtez ! Je suis en train de vous dire que votre base a été victime d'un attentat prémédité par la révolution !! Vous n'avez donc rien écouté ?!

- Meuh non, Foxie est un bon soldat, il n'a jamais rien fait de mal, allons.

Je me passe la main sur le visage, dépitée. Pourtant il faut qu'il comprenne, il faut qu'il saisisse l'importance de la situation : que la révolution se fait de plus en plus puissante sur l'île, qu'il devra bientôt protéger l'île de l'intérieur autant que de l'extérieur et qu'il ne pourra pas faire face à cela très longtemps... Foxie, ce n'est qu'un début de piste et la Marine doit rétablir l'ordre.

- Alors pourquoi s'est-il envolé dès que je suis arrivée ?

- Un contretemps probablement ! Du thé ?

- NON, JE NE VEUX PAS DE THÉ ! Interrogez l'homme que je vous ai amené, il m'a tout raconté ! Il est dans le coup lui aussi.

- Il est inconscient.

- Ne jouez pas à l'abruti avec moi. exaspéré-je.

- Comment savez-vous que je suis un érudit ? C'est vrai que ma bibliothèque est particulièrement développée mais...

- Vous êtes un idiot.

- Merci de vous enquérir de ma situation mais mon dos va très bien, revenons à nous moutons.

- Crétin ?

- Non merci, je n'aime pas trop ce fruit sauf transformé en vin, mais...

- Alors c'est comme ça... Vous n'êtes qu'une sale ordure de bolchevik, résidu de fausse-couche sourd comme un pot putride !

- Je n'ai jamais donné d'or pur à aucun évêque et je suis encore moins un féru de babouches. Et ce n'est pas car j'ai collé ma tête dans un four à pierre que j'ai des rides, enfin ! Un peu de bon sens mademoiselle ! Reprenons...

- Bon, c'est assez, vous avez le bonhomme en bas pour recueillir toutes les informations que vous voulez, moi je me barre.

- Oh, c'est bien dommage. Mais vous reprendrez bien un thé avant de partir ?

Énervée, j'ouvre grandement la porte dans un geste brusque, l'envoyant cogner contre le mur derrière et provoquant la dégringolade d'un cadre y étant attaché.

- VOUS SAVEZ OU VOUS POUVEZ VOUS LE METTRE VOTRE THÉ ?

VLAAM !

Et malgré la porte fermée de façon aussi brusque qu'elle a été ouverte quelques instants auparavant, malgré mon énervement résultant de la stupidité de l'entretien et mes grands pas qui continuent à m'éloigner de la porte. J'entends malgré tout sa réponse, comme une malédiction traversant les murs.

- Je ne vois pas ce qui vous énerve dans la lettre T...

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Lun 30 Nov 2015 - 19:24

J'étais sortie du bâtiment avec deux choix : soit j'attendais que le larbin se réveille pour que le Colonel se rende compte de ce qu'était vraiment le Renard, soit j'appelais mon coordinateur pour passer la main à d'autres agents, à des types spécialisés dans la traque de soldats de la Marine corrompus comme le CP3 et le CP4 ou à des types infiltrés dans la révolution comme le mystérieux CP6. A ce sujet je m'étais laissée une demi-heure de réflexion et comme finalement le gusse ne semblait pas retrouver ses esprits, je m'étais équipée de mon Den Den Mushi pour joindre Enrod et lui faire un récapitulatif de la mission.

- Sweetsong ? Votre mission sur New Urea est déjà terminée ?

Je grince des dents.

- Ahem... pas tout à fait... fis-je avant de lui résumer le cours de mes péripéties.

- Tout a l'air de bien se passer, alors pourquoi m'appelez-vous ?

- Eh bien... le Colonel ne veut rien entendre et le révolutionnaire est en fuite, j'ai donc pensé qu'il y aurait probablement un service plus compétent pour intervenir à ma place, à partir de là. Le CP4 peut-être ? Ou le CP6 ?

La discussion se coupe temporairement d'un court silence de réflexion avant que mon coordinateur entreprenne de répondre à ma question.

- Oui ça serait plus logique en effet. Très bien, je passe le mot, vous pouvez interrompre vos recherches. Je vous rappelle très bientôt. conclue l'homme au bout du fil avant de raccrocher.

Gotcha

Je range donc mon dispositif dans la poche où je le fourre habituellement avant de me remettre en marche, direction le port. Mais alors que je fais un premier pas, voilà t'y pas que j'entends dans mon dos la réceptionniste brailler mon nom tout après avoir enfoncé les portes du bâtiment.

- MADEMOISELLE !! MADEMOISELLE SWEETSONG !!! ATTENDEZ !!!!

Je fais volte-face, pas spécialement de bonne humeur après ce qu'il vient de se passer. Qu'allait-elle me dire, l'homme s'était-il réveillé, allais-je avoir l'appui de la Marine pour considérer Foxie comme le criminel qu'il était et lancer des poursuites ? Allais-je mettre fin à la révolution sur New Urea grâce à cette première faille que j'avais réussi à mettre à découvert.

- Quoi encore ?

Le moment semble durer des lustres alors que la subalterne tâche de reprendre son souffle avant de s'embourber dans ses mots pour en ressortir un globibougla intangible et incompréhensible. L'étrange concours de circonstances ne s'arrête pourtant pas là, puisqu'au moment où elle ravale sa salive pour prononcer ses mots à nouveau, des fonctionnaires ayant terminé leur travail se mettent à chanter fort juste à côté de nous, puis ensuite c'est au tour du vent de bloquer l'arrivée des sons jusqu'à mes oreilles.

- PARLEZ PLUS FORT J'ENTENDS RIEN !

Essayait-elle de me dire que le Colonel était revenu sur sa décision ? Ou bien que le mécréant venait de balancer son supérieur ? Ou encore qu'ils avaient des informations importantes de tout type à me communiquer, genre un coup d'état de la révolution ou une maladresse les trahissant ?

- LE COLONEL M'ENVOIE VOUS DEMANDER SI VOUS PRENDRIEZ PAS UN PETIT THÉ AVANT DE PARTIR...

- QUOI ???

- LE COLONEL M'ENVOIE VOUS DEMANDER SI VOUS PRENDRIEZ PAS UN PETIT THÉ AVANT DE PARTIR !!

- PARLEZ PLUS FORT J'ENTENDS RIEN !

- LE COLONEL M'ENVOIE VOUS DEMANDER SI VOUS PRENDRIEZ PAS UN PETIT THÉ AVANT DE PARTIR !!!

Et comme par hasard, tout redevient alors silencieux.

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