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Séquence Flash Back: Renaissance

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Edell Aoi

♦ Localisation : Raïus, North Blue
♦ Équipage : Aucun pour le moment

Feuille de personnage
Dorikis: 665
Popularité: 0
Intégrité: 0

Lun 26 Mai - 22:33

Chapitre I: "Souvenirs d'une Rose en Cage"

(1) (https://www.youtube.com/watch?v=DPYxKUOsYQg-)

*
**

L'écho d'un coup de feu résonnait sans son esprit lancinant, comme les dernières paroles de son aimé à présent disparu. Edell releva la tête, dans un gémissement étouffé par la lanière de tissus qu'on lui avait collée sur la bouche. Les yeux clos, elle remua les mains et les épaules pour les dégourdir. Depuis combien de temps était-elle dans cette position grotesque?
Debout, les jambes écartées, les bras en croix, maintenue par des chaînes et autres cordages. Elle tremblait, de froid, de faim, de douleur. La cale où on l'avait enfermée puait… Et on disait que la Marine chouchoutait ses navires? Quelle blague!

Comment en était-elle arrivée là?  De capitaine, comment était-elle tombée si bas, alors qu'elle voguait paisiblement avec son équipage…
Son équipage… Ses nakamas. Edell baissa à nouveau la tête, et sombra une fois de plus dans le néant, où elle se rappela ce jour.


*
**

(2) (https://www.youtube.com/watch?v=7-TQYongcaU)
Ce fut à ses dix-huit ans qu'Edell avait connu le summum du bonheur. À l'époque Capitaine du trois mats "Nagareboshi", sa vie n'était régie par aucune loi, aucun horaire, faisant fi des autorités sans pour autant les défier en permanence, Edell Aoi écumait les mers en quête d'aventure, de richesses bien sûr, mais surtout cherchant le goût du rire, de vivre, tout simplement. Avec son équipage, sa seconde famille, rien ne pouvait la combler davantage.
Au nombre de sept, son équipage était peut-être "sommaire" aux yeux des autres, mais pour elle, tous brillaient d'un éclat qui leur était propre, et pour rien au monde elle ne les aurait échangé pour d'autres.

Couvant d'un regard doux ses nakamas, Edell les observait dans leur occupation quotidienne, le sourire aux lèvres. Une "activité" qu'elle affectionnait particulièrement, les regarder agir et vivre, captivée par les habitudes de chacun. Elle aimait son équipage, et serait prête à bien des choses pour leur bonheur.

Il y avait Tori Akaigawa, un homme-poisson,  dont le côté poiscaille ne se réveillait qu'une fois qu'il plongeait dans l'eau. Ses cheveux rouges en pagaille, une clope au bec, et ses yeux gris, ce solide gaillard au franc parlé incroyable était un des plus vieux parmi l'équipage, dans le sens où  il fut un des premiers à être recruté.
À côté de lui, Mayumi Fuji, jeune femme possédant des oreilles de renard et à la longue chevelure rousse parsemée de mèches blanches. Navigatrice à bord, sa passion pour les petits jeux en tout genre donnait une ambiance festive sur le navire, de même que sa passion pour les fraises qui amusaient surtout le cuisinier.
Sacha Kazan, de son nom, était peut-être l'un des plus réservés de la bande, mais sa gentillesse et ses bons petits plats suffisaient à tout lui pardonner, même sa manie de dévoiler en petites piques quelques anecdotes privées de la vie de chacun pour les taquiner. Enfin, tant que ça ne devenait pas un domaine  d'évènements dramatiques. Pour une fois hors de ses cuisines, ce jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux bleus pâles, au front couvert par un foulard rouge,  consultait ses cartes de tarot, afin de voir quelle bonne fortune se trouverait sur leur chemin.
Devant lui, Sakura Nozomi. Si Sakura faisait partie des plus âgées de l'équipage avec ses vingt-quatre ans, son corps prouvait tout le contraire. De petite taille et de corpulence très fine, Sakura était une jeune infirmière de bord, luttant elle-même contre une maladie dont le remède n'était pas encore trouvé. Des cheveux blancs aux reflets lavande, et deux longues mèches mauves tressées étaient surmontés d'oreilles lupines, suite à ses propres gênes. Et aujourd'hui, elle aussi prenait l'air avec les autres, observant le cuisinier dans ses gestes de voyance.
Un peu plus loin à l'ombre du mat, se prélassait le hippie- enfin… Seto. Grand gaillard à la peau basanée et aux dreadlocks hissés sur un piédestal, ses yeux bruns souvent absents n'en étaient pas moins un atout de choc pour l'équipage. Cumulant les fonctions d'ingénieur, charpentier, vigile et assistant médecin, jamais Edell n'aurait cru trouver meilleur allié que ce jeune homme dont l'un des passe-temps favoris était de fumer à l'ombre des voiles en fredonnant et bidouillant quelques pièces de prothèses.

Et enfin, il y avait lui… Aozora Midori. Si il était bien une personne en ce monde pour qui elle se damnerait sur le champ, c'était bien Aozora. Plus grand qu'elle, les cheveux noirs, les yeux verts, c'était un jeune homme qu'elle connaissait depuis sa tendre enfance, et dont elle était folle amoureuse. Cela devait faire deux ans qu'ils s'étaient déclarés leur flamme, et vivaient une petite relation idyllique, sous le soleil et avec l'océan et le Nagareboshi comme seul domicile. Fils d'escrimeur, Aozora avait appris à manier la rapière et l'art du combat depuis son plus jeune âge, et était devenu un très bon combattant. Qui plus est, sa nature protectrice envers sa chère et tendre lui redonnait le courage nécessaire de ne jamais se laisser abattre, car tout ce qui pouvait compter pour lui, c'était de savoir qu'Edell était en vie.

En profitant du beau temps, Seto alla chercher un escargophone enregistreur d'images, et le plaça bien en hauteur. Programmant l'appareil animal, il appela les autres pour une photo  de groupe qu'ils prirent grand plaisir à faire. Seto le bras levé avec un grand sourire, Sacha entourant Edell et Aozora de ses bras – ce dernier semblait même gêné du geste du cuisinier-, Mayumi s'accrocha au bras de Sacha, et levé à son tour le poing qui heurta la joue de Tori derrière elle au moment de la prise de la photo. Et Sakura, juste avant, fut un peu poussée par Seto pour bien se mettre dans le groupe. Son expression était gênée, et de son côté, Edell souriait, heureuse comme pas deux.


*
**


Mais comme dans toute histoire, le calme n'est jamais éternel, et un orage éclata. Au sens figuré.
Sur South Blue où ils naviguaient depuis quelques semaines à présent, à proximité d'une île aux sommets brumeux, Mayumi décela rapidement les prémices d'une violente tempête qui les rattrapa trop rapidement pour qu'ils puissent s'en écarter.
L'océan alors si calme était devenu une véritable furie, le ciel paisible un enfer d'éclairs et hurlant de tonnerre, et le vent, les alizés étaient devenus souffle glacial chargés de colère.
Alors qu'ils parvenaient à garder le navire en plus ou moins bon état, après avoir relevé les voiles principales pour ne pas qu'elles soient abîmées par les vents et les éclairs, une violente explosion retentit.

"C'était quoi, ça?!" Demanda Aozora en se redressant après le choc.
-ça par mes rastas, c'était un coup de canon! Lui répondit Seto après avoir été regarder au bastingage le lieu du choc.
Tori, en haut de la nacelle, siffla.
-Navire de la Marine à neuf heures, capitaine!
-Tu vois un indice sur qui est le maître à bord?Lança Edell en redressant la tête vers lui.
-Aucun, chef!"

Un coup de canon, encore un autre… Le Nagareboshi était littéralement bombardé. Bientôt, le navire gouvernemental les harponna, et ce fut un abordage violent qui commença, ainsi qu'un combat acharné.
Directement, Seto emmena Mayumi et Sakura en sécurité dans une des pièces du navire, sachant qu'elles ne pouvaient se battre, et pressentant que le combat serait trop violent pour qu'elles puissent intervenir. A peine sorti, il fut plaqué au sol par un soldat, qui se retrouva lui-même expédié ailleurs en riant.
"Haa… Mon gaz hilarant. Je t'aime mon bébé!" Lâcha le rasta en rangeant le petit tube qui sortait de sa manche.


*
**


Le lourd verrou de la porte fut ouvert, réveillant la captive qui ne redressa pourtant pas la tête. Les gonds grinçants résonnaient dans la pièce. À entendre les pas, Edell pouvait déjà dire qu'il y avait quatre hommes qui venaient d'entrer. De simples gardes venus voir si elle  était toujours en vie, ou si elle n'avait pas encore tenté de s'échapper.
"Avec de tels liens, elle saurait pas s'échapper de sitôt. Assura un des gardes
-Elle nous en aura donné du mal, en tout cas. Hein?!Lança un autre en attrapant Edell par les cheveux pour la forcer à le regarder. "Il ne lui manque que la parole à cette fille! Ho, mais c'est vrai! Tu ne peux pas!"
Devant le regard noir qu'elle lui adressa, le dit garde lui asséna un estoc dans le ventre, jurant et crachant à son sujet, s'assura que les chaînes étaient bien fixées, et la laissa à nouveau dans ses pensées.
Grondant de douleur, Edell se secoua la tête pour chasser ses larmes, et referma les yeux, lourdement.
"Ça suffit… Que ça cesse!!" Pensa-t-elle avec un certain désespoir en replongeant dans son souvenir.


*
**


Quand la première vague de soldats fut défaite, Edell et les siens commençaient déjà à souffrir de la fatigue, de leur quelques blessures, et surtout de la tempête qui n'en finissait pas! Comme si tout cela ne suffisait pas, la quille du Nagareboshi était tant abîmée par les salves de canon que ce n'était plus qu'une question de temps avant que le navire ne commence à sombrer.
"C'est la galère, mais en plein! Pesta Tori, assit sur un tonneau encore entier. "La quille, la tempête, la Marine et j'peux même pas me griller une clope avec toute cette flotte!
-Si il n'y avait que ça… Relève-toi, nigaud! D'autres arrivent! Lui lança Sacha en se redressant.
-Bon sang, c'est quoi cet afflux? On se croirait à une remise de diplômes! Fit Edell en riant doucement.
-Tu riras beaucoup moins, Edell Aoi, quand je me serais occupé de ton cas."

(3) (https://www.youtube.com/watch?v=IEoTcJXFPVA)

Cette voix… Edell pouvait la reconnaître entre mille, alors qu'elle était de dos, la main sur sa rapière. La voix d'un meurtrier, de celui qui lui avait arraché sa mère, d'une main sur cruelle, à l'orée de ses onze ans. Lentement, le capitaine azurée dégaina sa lame, "Croc d'Argent", de son nom, et se tourna lentement.
Aozora, non loin de là, refoula un spasme d'anxiété en reconnaissant l'espace d'un instant cet air furieux, noir, qu'il n'avait que très peu vu chez sa dulcinée. La dernière fois qu'elle s'était retrouvée dans un tel état émotionnel, Edell avait manqué d'y perdre le combat et plus encore.
"Je ne pensais pas te revoir un jour… SAGA!! S'écria-t-elle en lui bondissant dessus
-C'est plus fort que toi..!" Marmonna Tori dans une tentative désespérée d'humour en la voyant foncer, avant de lui-même avoir à parer une violente attaque
Aussitôt, le Marine et la Pirate se mirent au combat, enfin, surtout Edell, car Saga parvenait à la parer avec une facilité quasi humiliante,  jusqu'à ce qu'au bout de quelques minutes, il puisse la désarmer et dans l'élan, lui plaquer la tête au sol.
Écrasée sur le plancher du pont, Edell releva tant bien que mal la tête et vit avec horreur que tous ses compagnons de route étaient eux aussi à la merci des soldats gouvernementaux. Comment avaient-ils été défaits aussi facilement? Comme si, dès son arrivée, Saga avait ôté toutes combativité des pirates.

"Qu'est-ce que..?!
-On en a trouvé deux autres qui se cachaient à l'intérieur. Déclara un des sous fifres de Saga en traînant Mayumi et Sakura, comme les autres, les mains liées dans le dos.
-Relevez-la. Dit simplement Saga.
Ses gardes, bien obéissants, relevèrent Edell qui se retrouva à son tour poings liés dans le dos, et à genoux, le métal froid du canon d'un fusil sur la nuque. Le moindre mouvement, et la balle l'enverrait dans l'au-delà. Ce fut dans une grande frustration qu'elle demeura immobile, le corps battu par le vent et la pluie qui ne cessait de tomber. Devant elle, en ligne, se trouvaient ses compagnons de route,
-Je ne te poserai qu'une seule question, Aoi Edell. Où se trouve le Codex que ta mère, Aoi Hina a dérobé?
-Quel Codex? De quoi parles-tu?! Répliqua Edell sans comprendre.
-Le Codex, un recueil d'informations de guerre de la Marine, le recueil des plus grandes manœuvres depuis des générations. Ta mère s'en est emparée avant ta naissance, je veux le récupérer! Des chiens de votre genre n'ont pas à posséder ce genre d'objet!
-Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles. Jamais ma mère ne m'en a parlé, de ce "Codex" que tu vois comme un saint livre."


BANG.


*
**


(4) (https://www.youtube.com/watch?v=JpTM8XIuXyg)
Un premier coup de fusil résonna, caché dans le tumulte de l'océan enragé. Edell s'était crispée, pensant que le coup était pour elle, mais un autre corps chuta, un corps qui était devant elle.
"SAKURA!!"
La voix de Tori lui fit ouvrir les yeux, à regret… Le corps frêle de Sakura gisait à présent à terre, l'impact de la balle à bout portant bien visible au travers de sa chevelure argentée à présent teintée de rouge.
En cet instant, Edell était incapable d'émettre le moindre son, tétanisée devant la scène qui venait de se produire.
"C'est bien simple… Dit Saga en regardant un second de ses soldats poser le canon sur la nuque de Seto. Si ta réponse ne me convient pas, je les fais exécuter un à un… Jusqu'à que tu te décides à me dire ce que je cherche!
-Mais je ne sais PAS de quoi tu parles… NON!!! ARRÊTE!!"
Trop tard. Elle comprit trop tard que son ignorance venait de condamner son deuxième compagnon, alors que le corps de Seto s'écroula dans une gerbe écarlate. Mais comme il avait tremblé, le coup ne fut pas fatal à l'ingénieur dont la voix laissait échapper un borborygme effroyable.
Le soldat, impassible à la scène, tira alors son sabre pour le ficher dans le cœur du hippie, de dos, l'achevant dans un "ta gueule" sonore.

Jamais sa mère ne lui avait parlé d'un tel "Codex", ou d'une telle chose. Comment pouvait-elle parler de quelque chose dont elle n'avait jamais eu vent de l'existence? Mais son ignorance, quand bien même était-elle aussi vraie qu'il était possible, était en train de coûter la vie à ses compagnons.
Car dans son silence, Mayumi fut abattue, alors qu'elle sanglotait, et criait à voir qu'elle était la prochaine cible. Un coup d'épée, cette fois, pour changer. Le soldat riait, frappait le corps du pied. "Tu as ton compte, hein, la rousse? Hein?" beuglait-il en riant comme un dément.
"Saga… Je ne sais rien de tout ça… Je te l'assure. Dit alors Edell en levant des yeux humides sur lui
-Mauvaise réponse. Un autre!"

Le chef de troupe s'approcha d'elle et lui attrapa les cheveux pour lui maintenir les yeux rivés sur Sacha, alors que lui aussi, trépassé, une lame courant sur sa gorge en guise de châtiment.
"ARRÊTE!! JE T'EN CONJURE!!"
Ce fut cette fois un cri du cœur, alors qu'elle tourna difficilement la tête vers lui, en larmes. Elle n'en pouvait plus, ne voulait plus voir les deux compagnons qu'il lui restait se faire exécuter tel des animaux à l'abattoir.
Mais rien n'y fit, Tori fut le prochain sur la liste. Il perdit la vie, étouffé, assassiné par le même qui avait arraché la vie à Sakura.

(5) (https://www.youtube.com/watch?v=86o659ZXy-0)
"ASSEZ!!!! JE T'EN PRIE ARRÊTE!!! Hurla-t-elle en secouant la tête "Je ne sais RIEN!! JE LE JURE!!!"
D'un mouvement brusque du corps, elle se dégagea de la main de Saga et tenta de se traîner jusqu'à Aozora… Le dernier restant. Son amour, son dernier rempart, qui était resté mû de silence devant l'horreur qui se déroulait sous ses yeux. Edell pût au moins tomber la tête sur sa jambe, sanglotant.
Malheureusement, ce contact ne fut que de courte durée, alors qu'elle fut traînée hors de portée du bretteur qui s'était penché sur elle.
"Edell…" Murmura-t-il en sentant Saga juste derrière lui.
Le soldat la regardait, le sourire aux lèvres, malsain, il jubilait. Elle était face contre terre à sangloter, à sa totale merci. Peut-être enfin lui révélerait-elle ce qu'il voulait savoir.
" Quoi qu'il advienne tu dois tout faire pour survivre, Edell! TOUT! S'écria Aozora
" Je vais te le demander une dernière fois… Où se trouve le Codex que ta mère a dérobé?! Demanda Saga en armant le fusil sur le crâne du bretteur
" JE NE SAIS PAS JE TE LE JURE!! JE T'EN PRIE!! ARRÊTE! NO-
" Je t'aime, Edell… à jamais…
" AOZORA!!!


*
**


Edell sursauta, une nouvelle fois. Après le massacre total de ses nakamas, elle fut entraînée sur le navire de Saga, et enchaînée dans cette cale puante. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, la notion du temps lui était totalement inconnue, à présent.
La porte de sa cellule de fortune s'ouvrit, dans un courant d'air. Qu'allait-elle avoir, à nouveau? Le fouet? Les coups? Les griffures, ou d'autres sévices plus rudes encore? Ho, qu'ils fassent vite… Ou mieux, qu'ils l'achèvent! La mort, en cet instant présent était pour elle la plus belle des options.

La main lourde de Saga s'abattit sur sa joue, dans une claque résonnante. Comme réveil, elle avait connu mieux.
En y pensant, Edell avait senti une source de chaleur vive entrer dans la pièce en même temps que Saga… Et en ouvrant les yeux, elle eut la surprise de voir un socle de métal creux, où de la paille brûlait vivement.
"Qu'ont-ils encore prévu…" se dit-elle en se mettant à trembler. "Ho mes dieux que tout cela cesse… par pitié... Tuez-moi..."[/justify]

L'équipage de la Fraternité:
 


[Musiques idéales:
1: Jesper Kyd: Night Mission in Venice (Assassin's Creed II OST)
2: Peter Crowley: Conquest of the seas
3: Mika Kobayashi: Attack ON Titan (Shingeki no Kyojin OST)
4: Rungran: Evil Spirit (Devil May Cry Anime)
5: Rungran: Pain (Devil May Cry Anime)
Références :]


Dernière édition par Edell Aoi le Lun 7 Juil - 17:57, édité 4 fois
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Edell Aoi

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Sam 31 Mai - 20:02

Chapitre II : La capuche du Scorpion


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[Musique 1: https://www.youtube.com/watch?v=sV4zbyyU6ss]

Dès l'instant où l'orage avait éclaté, Il avait tout de suite sût que quelque chose se tramait, aux alentours de l'île de Kanon. Son île. Son Sanctuaire. Ho, les orages étaient fréquents, de par cette région de South Blue, mais il le sentait, ses sens affutés lui disaient qu'une autre tempête s'était déclarée à proximité. Ce ne fut que plus tard qu'il comprit quel drame cachait la fureur du temps. Perché sur le plus haut lieu possible du village, il avait observé le déroulement de ce combat inégal. Lui-même ne comprenait pas à chaque fois comment il faisait pour avoir une acuité visuelle aussi élevée. Comme souvent, il observait, sans agir, sans se déplacer. Mais cette fois-ci, son observation lui avait bien fait comprendre qu'il avait à intervenir, tout particulièrement quand il reconnut au loin, très très loin, l'un des deux navires.
Malheureusement arrivé trop tard pour empêcher le massacre complet, une fois aux abords de ce qu'il restait de l'épave, il pût néanmoins tracer la piste du responsable, à bord d'un petit voilier, juste assez grand pour trois personnes.

Arrivé à destination, son voilier relié à la coque du navire de la Marine, l'homme entreprit de grimper à bord, de s'y faufiler dans des mouvements vifs et rapides. Accroché au bastingage, caché dans l'ombre de la nuit, il remarqua un soldat qui passait à proximité. L'homme siffla, une fois, deux fois, jusqu'à ce que sa proie soit à proximité. Là, il agit rapidement, prenant appui de ses pieds, pour se relever, faire jaillir du manchon de cuir qu'il avait au poignet une lame longue, fine et écarlate, et la planter droit au cœur de la victime, qu'il attrapa par après et le fit basculer par-dessus bord.
Se faufilant à bord, en profitant du ciel couvert de l'après-tempête, il se colla à un mur et écouta un duo de soldats qui jouaient aux cartes.
"Vous croyez que ça va bientôt être à notre tour, de voir la fille? Demanda l'un d'entre eux
-Penses-tu. Maintenant que ceux qui sont intervenus à bord se sont amusés avec elle, ça va être au tour du patron, et seulement après à nous de jouer.
Marmonna l'autre en tirant sur une cigarette
-ça fait plus d'une heure qu'ils sont dans la cale avec elle, ça va, qu'il change! Mais n'empêche… Quel canon! Une belle pièce, cette gonzesse!"

"Raclures de bas-fonds…" pensa l'homme en s'éclipsant, nauséeux.
Ainsi donc, la seule survivante était enfermée quelque part à bord avec Saga, hein. Un pincement au cœur lui vint soudain. Il ne connaissait que trop bien les méthodes de tortures de Saga. Des paroles doucereuses avec des gestes brutaux. Si ce que disaient ces marins est vrai, alors la captive devait sans doute passer un très mauvais moment.
"Il paraît qu'on est proche de l'île de Kanon, tu sais ce que c'est? Glissa un des joueurs
-Une île de sombre réputation, où vit le Scorpion Ecarlate au milieu des démons. On dit que d'un simple mouvement de la main, il peut faucher la vie à n'importe qui. Ce ne sont que de vastes conneries! Aller, arrête de raconter tes idioties et coupe les cartes!"
L'homme eu un rire jaune. Haa, si ils savaient, si ces pauvres bougres savaient… Que le Scorpion Ecarlate était bel et bien près d'eux. L'instant d'après, les deux joueurs étaient à terre, les yeux encore ouverts, raides morts.
Cet homme, le Scorpion, continua à arpenter le navire, et trouva facilement l'accès aux cales, y descendant en semant la mort d'un simple coup de poignet, comme son totem le ferait grâce à son dard venimeux. Aussi long était le navire, autant de couloir pouvait-il avoir, il était impossible pour lui de se détourner de sa destination. Saga pouvait-être un bien bon combattant, en matière d'organisation des tours de garde, il ne s'y connaissait absolument pas.
Les cris, les gémissements et le claquement du fouet le guidaient, jusqu'à l'emplacement qu'il recherchait. En arrivant, le spectacle lui déchira le cœur, si toutefois il était possible de le blesser plus encore.
Une adolescente enchaînée, tenue par les mains et les jambes dans les airs par un enchevêtrement de chaînes et de cordes, un foulard crasseux lui barrant la bouche, un autre sur les yeux alors qu'elle balbutiait, tremblait, gémissait. Ce qui le choquait n'était pas le bleu de ses cheveux, mais son corps, labouré, criblé, comme si jamais on ne lui avait accordé un instant de répit, avec Saga qui lui tournait autours en cherchant toujours à lui soutirer des informations, qu'elle ne semblait pas connaître. Il tendit alors l'oreille, caché dans l'ombre.

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[Musique 2: https://www.youtube.com/watch?v=3jt1Tx-s0Dg]


Quand un sceau d'eau glacé lui fut lancé, Edell se réveilla dans un léger cri, un sursaut douloureux qui fit résonner les chaînes. Incapable de voir, tant par le foulard sur ses yeux, que par les plaies qu'elle y portait, la peur revint au galop, ce sentiment qui à nouveau lui enserra le cœur. Elle pouvait sentir le regard vicieux de Saga sur sa nuque courbée. Edell le sentait, il préparait encore quelque chose.
"Qu'allez-vous faire de moi? Demanda Edell, d'une voix brisée. Me garder comme objet de débauche pour vos gardes…?
-Ce ne serait que trop fade, jeune fille. Avant tout, je récupèrerais cette information que tu caches si farouchement. Je t'offrirais une torture si délicieuse que tu penseras que c'est tout un métier de ma part."

Saga parlait en s'approchant d'elle, d'une voix doucereuse, enjôleuse, à l'instar de ses mains qui glissaient sur ses hanches. Elle le sentait, sentait son regard perçant, comme si ses yeux étaient en mesure de lire jusqu'au fin fond de son âme, ses pensées, tout ce qu'elle était. Et il continuait, murmurant à son oreille des paroles sales, des paroles qui la faisait rougir, honteuses, obscène. Malgré tout, un fin gémissement s'échappa de ses lèvres azurées, quand elle sentit ses mains se promener ainsi sur son corps qui pouvait recevoir une multitude de caresses, tantôt brûlantes, tantôt glacées. Un mélange entre la brutalité des viols, et la douceur des caresses amoureuses.
"Aozora… Pardon… Pardonne-moi!" Balbutia-t-elle

Les mains glacées du tortionnaire s'arrêtèrent sur ses hanches, puis remontèrent brusquement sur sa poitrine, qu'il palpait allègrement, pinçait, griffait, même par après, embrassait et mordait. L'instant d'après, c'était sur l'intimité de la jeune femme qu'il était en train de jouer de la main.
Edell laissa échapper une série de gémissements, à mesure que ses caresses s'intensifiaient. Elle tenta de serrer les cuisses, impossible, elles étaient comme ses mains: liées, et solidement.  
Ce fut alors un défilement d'émotions, entre voluptés occultes, offrandes outrageuses, hurlement implicites entre effroi et plaisir.
Le désespoir enserra son cœur, quand, au bout d'un énième gémissement, elle pût articuler:
"Je n'en peux plus!! Je vous en prie, arrêtez! Pitié…!!
Saga s'arrêta dans ses mouvements et se redressa, la surplombant de sa grandeur malsaine. Edell courba alors la nuque, des larmes rougies perçant au travers du foulard de ses yeux.
-Tuez-moi… Je ne sais rien de ce que vous me demandez… Alors achevez-moi, qu'on en finisse."

Le hurlement de rire de Saga résonna autant que les chaînes et les sanglots, dans ce couloir humide et sombre. Le Scorpion en avait assez attendu, il était prêt à intervenir, quand une main lourde se posa sur son épaule.
"Qui es-tu?! Qui t'as permis de venir ici? S'écria un des surveillants. Décline ton identité, ou je te jure que je t'exécute sur le champ!
-Ho… Désolé si je te pique au vif, mais tu changeras d'avis dard-dard. *SCARLET NEEDLE*!!"
À nouveau, un hurlement déchirant résonna à bord de ce navire, quand les deux gardes furent à terre à se tortiller dans une douleur insoutenable. Ils n'avaient pourtant ressentis que les effets d'une simple piqûre! Profitant de ce petit moment, il descendit enfin, prêt à agir, et ne se priva pas de défoncer la porte de la cellule qu'il cherchait de son pied lourd, se retenant d'exprimer haut et fort le dégoût de la scène qui se trouvait devant lui. Saga se tourna face à l'intrus, qu'il toisa d'un regard hautain.
Il était facile pour lui de reconnaître qui était cet intrus. Sa grande carrure, son bouc rouge flamboyant, de même que les quelques mèches écarlates qui tombaient de sa large capuche noire, comme sa cape, sur son manteau blanc. Il lui semblait même voir la lueur d'un regard d'or, dans l'ombre du tissu.
"Tiens donc, tu sors enfin de ta tanière? Toi, Kurotsu Higurashi, que l'on surnomme aussi le Scorpion Ecarlate? Le dernier de la Guilde des Assassins!
-Ce dernier surnom, je te le dois… Depuis combien de temps te fais-tu passer pour un Marine? Cinq ans, dix ans? Petite fille capricieuse que tu es, derrière ton bel uniforme. Saga. Jusqu'où ira ta cruauté?! S'enquit alors le Scorpion en s'avançant. Tu lui as arraché ses compagnons, sa dignité, son cœur, et malgré ses supplications tu continues à la torturer? Malgré ses demandes, elle te dit qu'elle ne sait pas où se trouve ce que tu demandes, tu continues?"

Les deux hommes se toisèrent pendant un long moment en se lançant des insultes plus copieuses les unes que les autres… Tandis que les deux hommes entamaient une joute verbale, se toisant l'un et l'autre d'un regard doré et violacé, Edell remua la tête, légèrement, et tendit l'oreille, tentant de comprendre la conversation, malgré son cerveau lancinant, malgré toute sa douleur. Mais l'étendue de sa fatigue et des blessures eurent raison d'elle, elle s'affaissa, autant que ses chaînes le lui permettaient, dans un énième gémissement qui ne laissa place qu'au silence par après.
Dans les ténèbres où elle s'était enfoncée, il n'y avait plus cette douleur, cette fatigue. Juste le noir apaisant, la libération. Les dernières choses qu'elle entendit furent simplement des injures lancées entre Saga et ce "Scorpion".


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[Musique 3: https://www.youtube.com/watch?v=VzMAwJ6OhI4&list=PLtQtDkpNHslT8XhSk2Ns1Cy-Q1m5BzwT_&index=38]

Une odeur douce, des coussins moelleux, des mains tendres qui s'occupaient d'elle… Edell se serait crue au paradis, si entre toutes ces attentions  les lacérations se sentaient. N'était-elle pas morte, au final? Un sursaut violent la tira de sa léthargie, dans un petit cri de peur, qui attira les femmes à proximité.
"Allez chercher le maître! Elle reprend connaissance!" Déclara une femme près d'elle.
Edell tenta d'ouvrir les yeux, incapable, elle y porta la main. Elle fut surprise de savoir bouger avec tant d'aisance, plus encore à sentir sur ses yeux une bande tenant des compresses contre ses paupières. Elle voulut se relever, aussi, mais en fut à nouveau incapable.
"Ne force pas, chibi. Dit une voix grave arrivant dans la pièce. Que tu sois encore en vie tient d'un quasi miracle, ne gâche pas les quelques forces qui te reviennent enfin. Pour tes yeux, l'infirmière arrive. Elle retirera le bandage pour voir où en est la guérison.
Troublée par la voix qui s'élevait, Edell tendit la main vers l'interlocuteur, comme captivée. Il lui prit la main, la sienne était douce, chaude, une grande main réconfortante.
-Pendant combien de temps suis-je restée…
-Inconsciente? Tu es restée inconsciente pendant plus d'une semaine. Ton corps, aussi robuste peut-il être face aux coups, se remet très lentement de ses blessures. Ta fatigue mentale a beaucoup joué."

Comme il l'annonça, l'infirmière était arrivée, et dans des gestes délicats, mais assurés, elle retira le lourd bandage, et les compresses. Mais il fallut quelques minutes pour que Edell puisse s'accommoder à la lumière, qui plus est, le simple fait d'ouvrir les yeux lui était particulièrement pénible.
Enfin, quand elle les rouvrit, ce fut un torrent de larmes qui s'écoula sur ses joues. Submergée entre la joie de revoir enfin la lumière du jour et de percevoir comme compagnie autre chose que le visage de son bourreau, et la douleur de sentir ses yeux ainsi brûlés, du moins les paupières. Enfin, elle tourna la tête vers cet homme qui n'avait lâché sa main.
Il était grand, d'une carrure imposante, la peau pâle, cet homme possédait une chevelure d'un rouge flamboyant, qu'il avait tressé en une longue tresse, dont le bout se terminait par un bijou rappelant le dard de la queue des scorpions. Ses yeux, d'un doré brillant scrutaient le visage de la convalescente, tandis que de sa main libre, il jouait dans son bouc soigneusement taillé.
"Qui êtes-vous? Pourquoi m'avez-vous sauvé? Où suis-je?!
-Calme-toi, chibi. Je vais répondre à toutes tes questions, n'aie crainte. Mais il faut que tu restes calme, et si possible, rallonge-toi. Profite du moelleux de ces oreillers.

[Musique 4: https://www.youtube.com/watch?v=MGUQHELVPsE]

L'homme se leva, sa longue tresse se balançant dans son dos, alors qu'il s'installa dans une chaise à la fenêtre pour fumer sans incommoder son "invitée".
-Mon nom est Kurotsu Higurashi. On m'appelle plus souvent le Scorpion Ecarlate. Tu te trouves sur l'île de Kanon, toujours sur South Blue. Je suis venu te chercher sur le navire de Saga, et t'ai tiré de là. Je ne pouvais pas laisser Saga recommencer ses fraques, et quand j'ai eu la confirmation que c'était bel et bien lui, je suis parti en espérant pouvoir au moins sauver quelqu'un.
-Il aurait fallu venir AVANT qu'il ne massacre les miens. Marmonna Edell. Vous n'auriez pas dû vous donner la peine de venir me sauver. Je n'ai plus rien, là dehors. Plus rien qui me raccroche à la vie. Mes nakamas sont tous morts, mon voyage est terminé. Que pouvez-vous m'offrir, alors?"
Kurotsu se releva, une nouvelle fois, et s'approcha d'elle. Il n'était même pas en colère de comprendre le sous-entendu de Edell.
"Il y a des années de ça, Saga a tué mon épouse, ainsi que mon fils. Ce n'est même pas un Marin, juste un homme avide de sang, particulièrement chez les pirates, et qui se serre de la "justice" de la Marine pour tuer à droite et à gauche. Qu'a-t-il demandé? Le "Codex" des manœuvres militaires? Tout ceci n'est que vaste bêtise. Seulement, une fois qu'il a une personne en tête, il fera tout pour la briser en retirant tout ce qu'elle a. Tu n'as plus rien?
Kurotsu rit doucement, avant de donner une pichenette sur l'épaule de son invitée.
-Tu es en vie Edell Aoi! Tu possèdes encore ton cœur! En lambeau, certes, mais tu as encore la vie, et je sais qu'au fond de toi, tu ne demandes qu'une chose: faire payer Saga. Et ça, je peux te l'offrir. La force de te venger?
-Me… Venger? Comment?"

Edell se redressa légèrement, ses yeux brûlés s'ouvrant alors dans un éclat particulier… Une envie qui naissait, un souffle nouveau qui s'insuffla dans ses poumons.
"Je pourrais t'entraîner, te former. À l'art de te déplacer sans te faire repérer, l'art de maîtriser le poison, les armes. Ho, bien sûr, tu maîtrises la rapière, mais je te parle d'autres armes. D'autres armes plus appropriées pour ce que je peux te proposer. Si néanmoins… Tu acceptes de me suivre.
La main de Kurotsu était tendue vers elle, sa grande main, la droite, où il manquait l'annulaire.
Une main tendue, un mince fil dans les ténèbres où elle s'était enfoncée, un crochet qu'elle pouvait saisir pour revivre, sortir de cet océan de tourments où depuis ce jour maudit elle s'était mise à couler.
La main bandée d'Edell rencontra celle de son sauveur, qui la serra avec douceur. Kurotsu tendit alors sa main libre dans les airs, vers la porte où pendait la bannière d'un ancien ordre, que tout le monde pensait dissout. Un grand symbole, ressemblant à un "A", brodé de rouge sur un fond noir.
-Moi, Kurotsu Higurashi, le "Scorpion Ecarlate", je serais à présent ton tuteur. Ton maître d'arme… Soit la bienvenue, Edell Aoi… Soit la bienvenue dans la Guilde des Assassins."

Le Scorpion Ecarlate:
 


[Musiques idéales:]
1: Jesper Kyd – Leonardo's Invention part 1 (Assassin's Creed II OST)
2: Jesper Kyd – Darkness falls in Florence (Assassin's Creed II OST)
3: Adrian Von Ziegler - Nocturnus
4: Sawano Hiroyuki – Counter Attack MindKind (première moitiée) (Shingeki no Kyojin OST)


[Références:
-Île de Kanon: île où s'entraîne le Chevalier Tenma de Pégase, avec Deuteros des Gémeaux (Saint Seiya, the Lost Canvas)
- Scarlet Needle: Attaque du Chevalier du Scorpion dans Saint Seiya]
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Edell Aoi

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Lun 7 Juil - 18:01

Chapitre III: Quand les chaînes se brisent

[Musique 1: https://www.youtube.com/watch?v=yW17SLNQzdA]

*
**
*

Kurotsu Higurashi était un homme fascinant, Edell ne pouvait se le cacher. Au fil de l'année écoulée, elle avait appris à connaître son sauveur, et lui, avait découvert ce que c'était de se confier à quelqu'un.
La guérison d'Edell se fit lentement, en raison de sa fragilité émotionnelle et de base, son corps ne se remettait pas facilement de ses blessures. Ainsi, avant qu'il ne puisse lui proposer l'entraînement, le Scorpion lui avait un peu raconté son histoire, et elle, la sienne.
Le temps que le corps de la jeune femme reprenne toutes ses forces avant de se lancer dans l'entraînement promis, les deux rescapés de la folie de Saga passèrent beaucoup de temps à se promener dans les rues de la capitale de Kanon: Aalana. Une ville pleine de couleur, résonnante de vie et de rires divers. Kurotsu lui faisait visiter son petit Sanctuaire, où il avait élu domicile il y a quelques années de cela.

"Je croyais que l'île de Kanon était réputée pour être une île démoniaque abritant la pire espèce de crapules. Glissa un jour Edell.
-Ho, oui, les rites démoniaques, un volcan qui n'a de cesse de déverser son magma, une île où il n'y a aucune végétation? C'est totalement faux! Rit Kurotsu. Vois-tu, sur les mers, une rumeur aussi minime soit-elle peut prendre une ampleur phénoménale, pour peux que tu propages un murmure efficace. Quand je suis arrivé ici, il y a une dizaine d'années, pour je ne sais quelle raison, les habitants m'ont vu comme un élu, un messie, qui les débarrasserait du Tyran local. Depuis, j'ai lancé un murmure sur une île infernale, et même la Marine n'ose pas s'aventurer ici. Tu n'auras rien à craindre, à vivre sur Kanon, chibi."

Edell eu un sourire amusé. Depuis qu'elle s'était réveillée, Kurotsu n'avait eu de cesse de la surnommer "Chibi". Et quand un jour elle se décida à lui demander pourquoi ce surnom, il lui avait répondu avec un immense sourire que vu qu'il était bien plus grand qu'elle – Kurotsu dépassait presque les deux mètres de haut, plus encore en comptant les épis de  ses cheveux- il trouvait que ce sobriquet lui allait à merveille, mais que si elle se sentait dévalorisée, il cesserait de l'appeler ainsi.
Il était ce genre d'homme, très attentionné, très protecteur et désireux de l'aider à se remettre de ses émotions. Quand la nuit elle était assaillie de cauchemars, il restait près d'elle, ou posait un bâton d'encens au jasmin près d'elle pour l'apaiser.
Kurotsu se comportait comme un père, et au fil du temps, Edell parvenait à cerner un peu son caractère, et son histoire.

*
**
*

Ce jour-là, ils étaient dans la grande véranda du pavillon où vivait l'écarlate, et il répondait volontiers à ses questions, pendant que les serviteurs apportaient quelques pâtisseries, du thé et un grand bol de chocolat pour Edell. Ce jour-là, il neigeait, la véranda était agréablement chauffée, le toit et les murs transparents laissant voir la neige s'accumuler au dehors et Noël approchait doucement.
"Pourquoi vous manque-t-il un doigt, sur votre main droite? Demanda Edell.
-Ho, ça… Comme mes parents n'étaient pas très présents, une fois que j'eus l'âge de me promener seul aux abords de la forêt, j'en ai profité, et me suis aventuré vers l'inconnu, avec un "ami". Il insista tellement pour que je l'accompagne dans les bois, que j'ai dit oui, et là, ce fut le drame… Il m'a demandé de fermer les yeux, et de tendre la main, où il plaça un scorpion. J'ai ouvert les yeux, et ait paniqué, le scorpion m'a piqué au doigt. Son venin était supposé être extrêmement dangereux, et avant de m'écrouler j'ai trouvé le moyen de rentrer chez moi en laissant l'idiot responsable derrière moi. A mon réveil, il me manquait un doigt, ma mère était en larmes et mon père frappait le médecin.
-Comment ça, il frappait le médecin?!
-Il n'était pas très compétent. Il pensait que comme la piqûre était récente, en coupant le doigt ça empêcherait le poison de se distiller dans le sang. Mais survivre à ce poison m'a donné la vocation de les étudier, de savoir comment les contrer, et les utiliser…
-C'est de là que vient votre surnom de "Scorpion Ecarlate"? S'enquit la jeune femme, captivée par les récits de son protecteur.
-ça, et de ma façon de combattre. Les lames que j'utilise sont imprégnées de ce même poison que celui qui m'a fait perdre ce doigt, mais plus corrosif, plus violent. Et Ecarlate, tu te doutes d'où ça vient…"
Edell l'observa, puis pouffa de rire, emmitouflée qu'elle était dans la couverture moelleuse et calée dans son petit fauteuil.  Elle comprit rapidement d'où lui venait le surnom. Si le Scorpion faisait référence à ses techniques usant de poisons, et sans doute de coupure ou piqûres, l'adjectif d'écarlate ne pouvait venir que de sa chevelure d'un rouge flamboyant.
La jeune femme se détourna de son nouvel ami, et regarda la neige tomber paresseusement, les yeux  mélancoliques. Elle fredonnait.
" Sauras-tu t'approcher lentement?
Les fragments de mes rêves sont les personnes que j'aime.
Les formes de l'amour que j'ai imaginé,
Je continue à  les chercher, tout le temps, tout le temps.
"

"Quelle est cette mélodie que tu fredonnes souvent?" Demanda-t-il en tournant le regard vers elle.
Edell se mit à rougir, mal à l'aise, croyant le déranger lors de ses petits moments où elle chantait doucement. Mais comme il ne semblait pas contrarié de son éclat de voix, elle répondit tout simplement.
"Un chant que j'ai toujours fredonné, quand… j'étais mal à l'aise, ou triste.
-Chante le moi.
-Pardon?!
-Si cela te fait du bien de chanter, alors fais-le! Laisse-moi entendre ça!"

Alors Edell inspira, et commença à chanter, les yeux clos, mais avec un petit sourire qui s'étirait lentement sur ses lèvres.
[Musique 2: https://www.youtube.com/watch?v=Rvx353On_yg]

"Bien plus que des larmes, une chanson tendre
Bien plus que de la tristesse, donnez-moi cette chaleur

Je ne pense pas que le monde
Change aussi facilement mais,
Paisiblement envahie par les ténèbres
Je pense que j'essaierai de marcher, et marcher.

Sauras-tu t'approcher lentement?
Les fragments de mes rêves sont les personnes que j'aime.
Les formes de l'amour que j'ai imaginé,
Je continue à  les chercher, tout le temps, tout le temps.

Plutôt que de dire que j'abandonne
C'est mieux de regarder ce que je peux.
Il y a les choses qui me font trébucher et je suis devenue comme le retour,
Néanmoins, néanmoins, j'ai déjà pris une décision

Si je veux faire quelque chose pour toi
Peut-être n'y a-t-il rien qui m'arrêtera de le faire.
Mais même avec ça, je veux toucher.
Bien plus que de la tristesse, cette chaleur.

Sauras-tu t'approcher lentement?
Les fragments de mes rêves sont les personnes que j'aime.
Les formes de l'amour que j'ai imaginé,
Je continue à  les chercher, tout le temps, tout le temps.

Le globe terrestre tourne et tourne
Les heures changent et changent
A la fin du monde, je veux avoir
L'Amour avant le bonheur
Dans mes rêves.

Sauras-tu t'approcher lentement?
Les fragments de mes rêves sont les personnes que j'aime.
Les formes de l'amour que j'ai imaginé,
Je continue à  les chercher, tout le temps, tout le temps.

Bien plus que des larmes, une chanson tender
Bien plus que de la tristesse, donnez-moi cette chaleur."

*
**
*


[Musique 3: https://www.youtube.com/watch?v=QW8xTbvblFk]

Soufflé par le chant d'Edell, Kurotsu souriait, apaisé, les yeux clos, la joue appuyée contre sa main alors qu'il avait écouté jusqu'à la dernière note de sa voix. Enfin, quand elle eut terminé, il rouvrit ses yeux d'or et l'observa. La jeune femme se frottait les yeux, visiblement humides d'émotion.
Un serviteur arriva, et murmura quelque chose à l'oreille du maître des lieux, qui se leva, souriant, et tendit la main à Edell.
"Viens avec moi. Moi aussi, j'ai quelque chose à t'offrir.
-M'offrir… Quelque chose?
-Aie confiance. Suis-moi."
Incrédule et curieuse, en même temps que confiante, Edell prit la main de son grand ami et le suivit. Il la mena dans une vaste pièce circulaire, où figurait en grand le drapeau représentant ce "A" étrange, brodé de rouge sur un fond noir. Aux murs, de nombreuses étagères portaient des livres, des fioles, des boites où dépassaient des papiers, indiquant de nombreux travaux et dossiers, sur des étalages dans un coin se trouvaient une multitude d'armes qu'Edell avait du mal à définir, et, dans un autre coin, des mannequins portants des tenues plutôt particulières.
Manteaux blancs, ou noirs, tout ceints d'un long foulard rouge, avec une longue cape à large capuche. Ne sachant plus où donner de la tête, la jeune femme tournait sur elle-même, jusqu'à se heurter à Kurotsu qui se trouvait devant un autre mannequin, plus fin, plus petit, couvert d'une bâche.
"Quand tu es arrivé ici, j'ai demandé peu de temps après ton éveil que l'on te confectionne une tenue plus "appropriée" à ton nouvel environnement… Et… Tu peux prendre cela comme un cadeau de Noël avec un peu d'avance, et comme présent de bienvenue."

Dans un grand geste, Kurotsu retira la bâche et dévoila la tenue qui s'y trouvait. Sur un mannequin de femme, aux proportions d'Edell, se trouvait un long manteau noir, lui aussi, ceint d'un long foulard rouge, ainsi qu'une demi-cape maintenue sur l'épaule à l'aide d'une lanière de cuir, un chapeau à large bord, flanqué d'une longue plume, et sur la petite table à côté, une petite panoplie d'armes, telles que des manchons de cuir, semblables à ceux que portaient Kurotsu, une dague courte, des couteaux de lancer, et "Croc d'Argent", sa rapière, accrochée par un baudrier sur le manteau.
Kurotsu guettait sa réaction, à la voir toucher le tissu, palper, regarder, puis trembler.
"ça ne te plaît pas..? Demanda-t-il face à son silence
-C'est magnifique… Déclara difficilement Edell, la voix secouée de petits sanglots. Mais pourquoi un tel présent?
A nouveau, l'écarlate lâcha ce petit rire doux, et mit la main sur les cheveux azurés de sa protégée.
-Je te l'ai dit, non, quand tu t'es réveillée. Que je m'occuperai de toi, que je te formerai."
Edell écarquilla les yeux brusquements.
A présent, elle se souvenait… Les paroles de Kurotsu lui revinrent violement à l'esprit comme si on venait de la secouer d'un rêve, d'une absence spirituelle.
"Tu es en vie Edell Aoi! Tu possèdes encore ton cœur! En lambeau, certes, mais tu as encore la vie, et je sais qu'au fond de toi, tu ne demandes qu'une chose: faire payer Saga. Et ça, je peux te l'offrir. La force de te venger. Je pourrais t'entraîner, te former. À l'art de te déplacer sans te faire repérer, l'art de maîtriser le poison, les armes. Ho, bien sûr, tu maîtrises la rapière, mais je te parle d'autres armes. D'autres armes plus appropriées pour ce que je peux te proposer. Si néanmoins… Tu acceptes de me suivre. Moi, Kurotsu Higurashi, le "Scorpion Ecarlate", je serais à présent ton tuteur. Ton maître d'arme… Soit la bienvenue, Edell Aoi… Soit la bienvenue dans la Guilde des Assassins."

"Ton entraînement commence après l'hiver, profite de tes mois de repos restant, chibi. Car l'entraînement sera rude. En deux ans, je t'apprendrais tout ce que tu dois savoir sur la Guilde, toutes mes techniques, les subtilités. Tu deviendras l'une des nôtres, après ces deux ans."


*
**
*

Quand vint la fin de l'hiver, tôt au matin, Kurotsu se faufila dans la chambre de sa pupille et ouvrit les rideaux en grand, inondant la chambre d'une pâle lumière d'un soleil qui montrait à peine sa clarté.
Edell dormait en boule, non pas dans le lit, mais dans le canapé. Comme souvent, elle s'était endormie ainsi après avoir passé la nuit à rédiger son journal de bord, où elle relatait la majorité de ses journées, ses souvenirs, où elle croquait l'un ou l'autre paysages qu'elle visitait. Mais comme il le lui avait annoncé quelques mois plus tôt, la paresse était terminée, et devrait à présent laisser place à la rigueur de l'entraînement qu'il allait lui soumettre.
Une fois la demoiselle durement éveillée, et un petit déjeuner avalé en vitesse, Kurotsu vint s'asseoir avec elle à table, et croisa les mains sur la table.

[Musique 4: https://www.youtube.com/watch?v=_V6zWf3ZPnE]
"Ton entraînement commence dès aujourd'hui. Sur la semaine, tu auras si l'on peut dire des cours d'histoires, d'archéologie et de sciences chimiques. À côté de ça, ce sera l'entraînement physique. Course, saut, combat, art de l'assassinat, de l'infiltration. Déclara le scorpion.
-Compris.
-Tu acceptes aussi facilement? Demanda-t-il suite à sa réponse franche.
-Je suis teigneuse assez pour progresser. Je ne flancherai pas. Répondit-elle du tac au tac
-Je demande à voir, Chibi. Ta tenue d'entraînement t'attend dans la salle de bain. Lave-toi rapidement, et rejoins moi dans la cour interne."

Edell revint une vingtaine de minutes plus tard, les cheveux noués sur le côté. Surprise de la  taille de la cour interne, elle observa rapidement la disposition des lieux. Une grande installation où se  mêlaient des cordages, des poutres, des tas de foin, et autres mannequins plus ou moins usés.
"C'est ici que tu passeras le plus clair de ton temps, chibi. Entre là, et la bibliothèque. Lorsque tu me fourniras un résultat satisfaisant assez, nous passeront aux exercices en forêt, et enfin, en mer. Aucune plainte, aucune contradiction.
-Oui, je comprends.
-A partir de  maintenant, la seule façon dont tu devras m'appeler sera "maître". Je veux de ta part une obéissance totale. Me suis-je bien fait comprendre, Edell Aoi? Dit Kurotsu d'un ton sec et dur, en se tournant sur elle. Si tu veux parvenir à tes fins, tu n'auras d'autre choix que de suivre la voie que je t'offrirais.
-Oui, Maître. Dit Edell.
- Place-toi au milieu de la cour."

Sans appel, la voix de Kurotsu ne laissait aucun choix de contradiction. Son maître, son ami, jusqu'alors doux et prévenant enfilait à présent le sévère masque du mentor, impassible, sérieux. Edell le sentait, l'entraînement serait rude. Mais sans broncher, elle se posa au centre de cette imposante cour, et attendit.
"Que recherches-tu? Demanda Kurotsu
-Comment ça?
Des lianes se faufilaient à ses pieds, sans qu'elle ne les remarque, sans un bruit.
-Que recherches-tu?
-Je ne comprends pas!"
Les lianes s'emparèrent de ses mains, de ses bras, de ses jambes. Surprise, Edell poussa un cri, en cherchant à se dégager. Mais plus elle gesticulait, plus elles serraient leur emprise. Elles ne la tueraient pas, mais leur utilité était tout autre…
"Tant que tu ne sauras pas pourquoi tu te bats, pourquoi tu t'engages dans cette voie, elles ne te lâcheront pas. À toi de trouver en toi la réponse à cette question. "Pourquoi t'engages-tu dans la voie des Assassins?"."

[Musique 5: https://www.youtube.com/watch?v=MOJ91H4mraU]

Si tôt dit, Kurotsu  la laissa dans la cour, seule, avec cette question en tête. Il ne la laisserait pas mourir, mais cet "exercice", ce "test" était la seule manière de l'obliger à se libérer de ces chaînes qui la retenaient plus encore que ces maigres lianes. Cela lui prendrait du temps, mais il savait qu'elle y arriverait. Qui plus est, elle n'avait pas bronché. Comme si elle acceptait le défi.

*
**
*

Pendant les deux jours où elle resta liée sur place, Edell avait fini par tomber à genoux de fatigue, mais ne céda pas au sommeil, trop occupé à méditer, à réfléchir.
Si elle s'engageait dans cette voie si sombre qu'était celle de la Guilde, pourquoi y irait-elle? Pour se venger? Traquer et tuer Saga? Et après, que ferait-elle?
Si la vengeance n'était pas son but premier, il y avait aussi la quête de la vérité. Savoir pourquoi il s'est ainsi attaqué à elle et sa famille, ce qu'était ce fameux "Codex" qu'il cherchait avec tant d'ardeur, et où était son père. Et après? Que ferait-elle?
Les lianes ne desserraient par leur emprise, alors qu'elle poursuivait son questionnement.
Jusqu'à ce qu'au matin du troisième jour, la réponse lui vint. Quand Kurotsu se présenta devant elle, elle était à genoux, les mains jointes sur les jambes, les yeux clos. Il la regarda en réitérant sa question.
"Pourquoi te bats-tu, Edell Aoi?"

Edell releva les yeux vers lui, ces iris d'un bleu pâle pourtant si chaleureux au naturel. Ces yeux aux paupières brûlées qui se mirent à briller tel une flamme vive.
"Je sais pourquoi je me battrais, en suivant le Crédo de la Guilde. Commença-t-elle.
Ce disant, elle se releva aussi rapidement que le permettaient ces lianes, entendant dans son esprit le cliquetis d'une chaîne invisible qu'elle sentait en son cœur.
"Me venger de Saga. Le trouver, le tuer, découvrir la vérité sur les raisons qui l'ont poussé à s'attaquer à moi. Et surtout… Je me battrais… POUR VIVRE!!!"
Un coup de vent violent fit voler les cheveux azurés de la jeune femme, dont le corps fut rapidement débarrassé des liannes. Le bruit distinct des chaînes qui se brisaient résonnaient à nouveau en elle, alors qu'elle sentait son cœur se gonfler d'un souffle nouveau.
"Je veux savoir ce que c'est, de rire, d'aimer à nouveau, découvrir le monde, ses mystères, son histoire. Je veux vivre, libre de son emprise!" Reprit-elle en soutenant le regard de son maître.

Kurotsu fronçait les sourcils. L'espace d'un instant, Edell cru voir sur son visage balafré la colère, la déception. Puis il se mit à sourire, très largement. Et mit finalement la main sur la tête de sa pupille.
Peut-être saura-t-il lui aussi, retrouver le bonheur d'avoir quelqu'un à former, et une "enfant" à dorloter.
"Voilà qui promet d'être intéressant." Se dirent-ils en même temps.

Libération:
 

[Musiques idéales:
1: Jesper Kyd: "The Madam" (Assassin's Creed II OST)
2: Yumi Matsuzawa: Chikyuugi (thème chanté d'Edell)
3: John Powell: "New Tail" (How to train your dragon OST)
4: Jesper Kyd: Leonardo's Invention pt 1 (Assassin's Creed II OST)
5: Final Fantasy Crisis Core: The Prince of Freedom]
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