AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  


Marine Academy

Aller à la page : 1, 2  Suivant
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Dim 30 Nov - 20:32

Chapitre un : God puts a smile upon my face



J'ai quitté mon île il y a quelques semaines. L'orphelinat ne me manquera pas. Franchement, je commençais à en avoir un peu marre d'être considérée comme un monstre. Du coup, j'ai enchaîné les petits boulots pour me payer le voyage, mais je ne le regrette pas. Je vogue sur les mers en quête d'action et de justice. Bon, okay, j'ai le mal de mer et je gerbe mes entrailles par dessus bord. Mais je suis certaine que ça finira par passer. Après tout, mon aventure ne fait que commencer.

Je suis Jeska Kamahlsson. J'ai quatorze ans, et je vais enfin intégrer la Marine.

Il y a des gens qui courent les mers à la poursuite de leurs rêves. Mais moi, je vais réaliser le mien sous peu. J'ai toujours voulu porter l'uniforme. Enfin, ce n'est pas vrai, ça date de ma rencontre avec Artorius. Un homme exceptionnel. Il m'a donné confiance en moi. En mes capacités. En peu de temps, il m'a appris à accepter mes différences. Et à en faire ma force.

Oui, je suis aveugle, et j'ai des ailes noires. Pour la plupart des gens, je suis un monstre, et dans le meilleur des cas une curiosité. Mais je le vis bien. L'air iodé ébouriffe ma tignasse et j'ai encore le goût acre de la bile qui tapisse ma bouche. Mais je suis heureuse. Plus que je ne l'ai jamais été. Enfin, il y a bien la fois où j'ai rencontré Phoenix.... enfin... c'est une autre histoire.

Enfin, la vigie voit la destination. L'académie de la Marine de South Blue. J'y suis enfin. Seulement quelque jours après m'être enfin habituée au roulis de ce fichu navire! Pas de bol, mais c'est tant mieux. J'ai trop hâte! Pour l'occasion, je porte mon débarder avec le logo de la Marine dessus. Enfin, si le marchand qui me l'a vendu ne m'a pas entubée. L'été semble jouer les prolongations alors que Septembre commence. Il fait beau, et je sens le soleil caresser ma peau. C'est si bon! J'ai essayé de me faire belle pour l'occasion. Ce qui n'est pas évident quand on ne peut pas se voir dans le miroir! Il faut que ce jour soit parfait! Et il faut que je sois parfaite aussi! C'est si important la première impression! Bien que je n'aie jamais vraiment compris pourquoi.

Le navire arrive à quai. Ça secoue drôlement! Je vais chercher mes affaires! Je suis si impatiente qu'il faut que je fasse une escale aux toilettes. Nom d'une biscotte! J'ai tellement attendu ce moment! Je me le suis tellement imaginé. Ha là là... j'ai du mal à tenir en place. Allez, du calme ma fille! Je reprends mon souffle. Je sors de ma cabine avec mon paquetage et je descends enfin de la passerelle. Le sol pavé sous mes pieds semble mou. J'essaie de compenser un roulis inexistant. Bon sang, après avoir autant souffert du mal de mer, je ne vais pas en plus me coltiner un mal de terre! Pas aujourd'hui! Non. Non. Et re non! Je lutte. C'est bon, ça va mieux. Mais je sens que le sang à quitté mon visage. J'espère qu'on ne me prendra pas pour le canard boiteux de la promo.

Le navire qui m'a amenée ici met les voiles. Et c'est là que je réalise que je suis seule. Il n'y a que moi! Suis-je en avance? Ou pire, en retard? Oh non! Ce serait pire que tout! J'entends le claquement singulier des bottes sur le pavé. Quelqu'un vient! Un soldat surement! Chouette, je vais pouvoir lui demander!

B... bonjour. Je J... Jeska Kamahlsson. Je suis là pour... pour intégrer la Marine, suis-je au bon endroit?

"Bonjour, mademoiselle, je suis le le première classe Ricky Martin. Je suis navré de vous le dire, mais les inscriptions n'ouvrent qu'à quatorze heures. Et il n'est que dix heures du matin! Vous voulez que je vous escorte à l'intérieur? Vous serez plus à l'aise pour patienter."

Oh, merci, ce serait adorable.

Il me guide en me tenant doucement par le bras. Ouh là là, je suis si excitée. Allez, jeska! T'es une grande fille maintenant! Tu ne dois pas te laisser déstabiliser par si peu! Encore une fois, il faut que je calme mon émoi, moi. Mais il est si gentil et si prévenant. Un bon soldat, prêt à aider la populace. Je me souviendrai toujours de son petit nom. Quoi? On y est déjà. Je le remercie, et j'essaie de lui faire un joli sourire. J'espère qu'il apprécie. Il parait qu'on peut lire ce genre de choses sur un visage. Encore une chose hors de ma portée. D'ailleurs, j'espère qu'on ne m'embêtera pas trop à cause de mon handicap. Ce genre de brimades, j'en ai déjà assez soupé à l'orphelinat.

Je suis dans une grande salle. Et surtout, je ne suis pas la seule. Il y a tant d'odeurs et tellement de bruit. Je n'ai pas l'habitude d'avoir autant de monde autour de moi. Je ne me sens pas très bien. Je sens mon cœur accélérer. Du calme. Du calme. Du calme! Je me sens défaillir. Il me faut une chaise, d'urgence! Non... ça va... finalement, ça va. Je réussis à tituber vers un coin plus tranquille. Pfiou. Faut que je m'habitue à avoir foule autour de moi. Pas facile, mais c'est la rançon de ma gloire future! Ah... si Artorius me voyait... serait-il fier? Je l'espère.

Car mon aventure ne fait que commencer!


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 16:21, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Lun 1 Déc - 23:36

Chapitre deux : le test



Cette salle est immense! Hormis le réfectoire de l'orphelinat, je n'avais jamais mis les pied dans une pièce aussi vaste! Il y a même de l'écho! Wahou! Et il y a tellement de monde. Je ne sais plus où donner de la tête. Ça parle de tous les cotés et ça me perturbe un brin. Mais d'un autre coté.... avec tout ces gens, il va bien en avoir un qui va m'adresser la parole. Je pourrais aussi initier la conversation, mais je suis trop timide. Je préfère largement attendre que quelqu'un vienne discuter avec moi.

Hé bien... personne ne m'a causé. Même lorsqu'un soldat est venu apporter des sandwiches pour le midi. J'ai l'impression de faire tapisserie. C'est horrible!  Mais je connais personne moi! Comment diantre pourrais-je aborder tous ces gens qui se connaissent sans avoir l'air ridicule? Argh! Je me prends déjà la tête avec des trucs débiles! En plus, on est de plus en plus nombreux dans la salle. Et, moi, je n'arrive à m'approcher de personne.

J'ai une super idée, je vais essayer de me rapprocher d'une personne seule! Comme ça, cette personne sera aussi ravie de me voir que moi, d'être avec elle. Ouais, c'est un plan du tonnerre!  Et si cette personne pouvait être timide comme moi, ce serait encore mieux! Oui, elle me sera sans doute reconnaissante de l'avoir approchée, alors qu'elle, elle n'osait pas! Jahaha! Je suis géniale!

Seulement, trouver une âme solitaire avec autant de gens autour de moi pour brouiller mes sens, c'est loin d'être aussi évident que je le croyais. Du coup, les quatorze heures sonnent, et je n'ai abordé personne. Tant pis. J'entends des soldats rentrer, ils portent quelque chose. Au raclement contre le sol alors qu'ils les disposent, je pense bien qu'il s'agit de tables et de chaises. On commence déjà les cours?

Non, ce n'est pas ça, on nous fait nous tasser au fond de la pièce tandis que les soldats finissent de tout mettre en place. C'est alors qu'un type se met à nous causer.

"Bonjour, je suis le Colonel Farlane, et je suis l'officier le plus gradé ici. Mais avant tout... Bienvenue au test d'entrée dans l'académie de la Marine. Vous allez commencer par l'épreuve écrite. Comme vous pouvez le voir, nous avons disposé ici des tables et dessus, il y a des questionnaires. Ils sont retournés pour le moment. Allez tous vous choisir une place, et nous commencerons."

Tout le monde se place et moi, je reste là, plantée comme une cruche. Une épreuve écrite. De toutes les crasses que le Seigneur pouvait me faire, celle-là tenait le pompon! Comment pourrais-je intégrer la Marine maintenant? C'était fini. Mon rêve était tué dans l’œuf... C'est alors que la voix du Colonel Farlane se fait à nouveau entendre.

"Mademoiselle, si vous voulez bien vous asseoir, on attend que vous pour commencer l'épreuve."

Désolée, mais je suis aveugle et... je ne peux participer à l'épreuve.

Je n'ai pas parlé assez fort. Il me demande de répéter. Je suis horriblement gênée. J'obéis en montant le volume. Apparemment, ce n'est pas un aussi grand problème que je le pensais. Un soldat m'escorte dans un endroit à part pour me faire passer l'écrit à l'oral. Et voilà. Je m'étais fait une montagne de pas grand chose! Bon, je me suis faite remarquer dès mes débuts, mais au moins, j'ai toujours une chance de vivre mon rêve.

En fait, je passe mon examen dehors avec une personne que j'ai déjà rencontrée. Ricky Martin me pose les questions et moi, j'y réponds. Il n'y a rien de bien compliqué. Pas mal de culture générale, et quelques colles sur l'organisation de la Marine. Bref, de la gnognotte pour moi. Je pense avoir cartonné! Une fois fini, le soldat me guide vers une grande cour intérieure. Petit à petit je suis rejointe par ceux qui ont bouclé l'épreuve écrite. Enfin, tout le monde est là. Et le Colonel de nous présenter l'épreuve.

"Comme vous pouvez le voir. On va à présent évaluer vos capacités physiques. Vous allez devoir traverser ce parcours du combattant le plus vite possible. Vous serez appelés par ordre alphabétique. Donnez le meilleur de vous-mêmes, soldats!"

Un "oui" franc et massif fut crié en cœur par l'ensemble des recrues. Et le second test commença. Cette fois-ci, je n'ai pas à le demander, le première classe Ricky Martin assure spontanément le rôle du chien d'aveugle. Il me décrit les obstacles. Et par où je dois passer. Il y a un peu de tout. De la course, du saut, de l'escalade, on doit même ramper sous des barbelés où j'y laisse quelques plumes, littéralement! Je me donne à fond. Je me suis bien entrainée à l'orphelinat. Certes, ce n'est pas aussi intense qu'ici. Mais j'ai clairement l'impression que tous mes efforts portent enfin leurs fruits. Allez, je suis presque au bout. Un petit sprint pour finir en beauté et....

Yes! J'ai plié cette épreuve! Je suis à bout de souffle et je suis couverte de sueur, mais je suis ravie, je pense encore avoir cartonné. Ricky m'annonce mon chrono. Il a l'air surpris. Apparemment j’aurais fait un super temps. Ça flatte mon égo, du coup, je me permets de demander.

Avec un temps pareil, je dois être première, non?

"Non, vous êtes deuxième, Mademoiselle Kamahlsson."

Pas le temps d'être surprise que le chef connaisse déjà mon nom. Je ne suis que seconde. Bon sang, qui est le premier, m'interroge-je à haut voix.

"Hé, ché moi." fit une voix derrière moi. "Yé souis, Diego! Tou as fait une beau parcoure!"

Ce type, hormis son langage étrange, il ne sentait pas la sueur. Le mec, il avait passé l'épreuve sans se fouler. C'était impossible. Enfin inenvisageable pour moi serait plus juste. Je ne sais pas quoi dire à un type pareil. Ce gars, c'est une brute. Je ne pensais pas qu'il puisse exister de telles force de la nature! Et encore, je n'avais pas encore foulé Grand Line. Mais vraiment, la présence de types de ce niveau était plus que stimulante.

Brièvement, j'échange un peu avec Diego. C'est un homme-poisson. Et il serait dix fois plus fort qu'un humain normal. Le petit tricheur, voilà pourquoi il me bat! On fait rapidement connaissance. On a les mêmes idéaux. Super! Et puis... je discute avec quelqu'un et je semble bien partie pour m'en faire un ami! Dès le premier jour! C'est super!

Et puis, les derniers participants achèvent le parcours et on m'oriente avec quelques autres filles vers les quartiers réservés aux femmes pour qu'on puisse se doucher. Les hommes, quant à eux, ont leur propres baraquements séparés. Apparemment, il faut faire vite, car les résultats ne tarderont pas à tomber. J'ai trop hâte!


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 16:26, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Dim 7 Déc - 15:55

Chapitre trois : in the Navy



Les douches communes, c'est vraiment très étrange pour moi. Je n'ai pas l'habitude. Pas l'habitude de partager mon intimité avec d'autres filles. C'est gênant. Je me sens toute nue. Enfin, non, ça je le suis déjà. Seulement, j'éprouve un sentiment de vulnérabilité assez inexplicable. Et encore, je devrais m'estimer heureuse de ne pas avoir eu à me laver dans des bains mixtes. Il parait que c'est le cas sur East Blue. J'en frémis malgré la douce caresse de l'eau chaude sur mon corps. Le temps nous est compté, ce qui est gênant pour moi. J'arrive à me laver relativement vite, mais, dès que j'ai les plumes mouillées, je mets trois plombes à sécher. Malheureusement, je n'ai pas le luxe de me sécher les ailes comme il faut.

Propres, on nous fait nous mettre en rangs bien ordonnés. Je suis terriblement nerveuse. Je tremble comme une feuille. Pourtant, je mettrai ma main à couper que j'ai cartonné aux examens. Mais bon, vu que je suis déjà aveugle, je ne vais pas me rajouter le handicap d'être manchot. Ou manchotte. Je ne sais pas comment on dit. Nom d'une biscotte! Je suis si nerveuse. Je n'ose imaginer repartir d'ici dès à présent. Retourner à l'orphelinat et faire une croix sur mes rêves. Faire serveuse pour vivre. Non, c'est trop horrible! C'est pas la vie que je veux mener! Et voilà le Colonel Farlane qui commence à annoncer des noms. Je ne suis pas dans le lot. Que diable cela veut-il dire? Que je ne suis pas reçue, que je ne suis pas assez bonne pour faire partie de la Marine? Non. Non. Non.

"Ceux dont j'ai appelé le nom. Vous pouvez partir. Les autres. Vous êtes reçus, bravo!"

Ouah! Quel soulagement! J'ai cru que mon cœur s'était arrêté de battre quelques instants. Je suis reçue! Oui! Enfin! Il me faut quand même quelques instants pour réaliser. Reprendre mon souffle, mon calme et mes esprits, quelque soit l'ordre, il fallait que je récupère les trois. Quelle retombée de tension! Puis j'entends un tonnerre d’applaudissement qui nous tombe dessus comme une mousson. Quoi? Que se passe-t-il? Je m'interroge à voix haute et un homme à coté de moi me décrit la scène. Tous les soldats de la base sont là et nous applaudissent. C'est très émouvant. Puis le bruit se dissipe, et le chef reprend la parole.

"Bienvenue dans la grande famille qu'est la Marine. Aujourd'hui, je suis fier d'avoir devant moi l'avenir de notre corps d'armée. La mission qui incombe à moi et à mes hommes est de faire de vous de bons soldats. Pour ce faire, nous allons vous répartir en différents groupes en fonction de vos qualités. Ce sera comme votre deuxième famille pour les six ans à venir. Ne pensez même pas pouvoir en changer en cours de route. Je vais maintenant annoncer les groupes."

Et je l'entends sortir des noms. Les groupes vont de la la lettre A à I. Le premier nommé de chaque groupe en est le chef. Et moi, je suis la chef du groupe I! Incroyable, à peine dans l'académie et déjà on me confie des responsabilités! Ho là là! C'était le début d'une incroyable carrière! Tous les groupe sont constitués de dix recrues, sauf le mien. Super, j'aurai moins de gens à gérer! Ce sera donc plus facile! Vraiment, s'il y avait un Dieu là-haut, il devait m'avoir à la bonne! Alors qui était avec moi? Diego Lamprey? Le même mec qui m'avait battue au parcours d'obstacle sans suer goutte? J'aurais pensé qu'un mec comme lui aurait du être chef d'équipe. Enfin, on me colle une autre fille. Hephillia, elle n'a pas de nom de famille? Je m'en fiche un peu. Et puis, je troue qu'elle sent bon. C'est un point plus que positif. On m'affecte aussi trois autre types. Gaston Labévue, Wolgang Krauzer, et Timmy McKormik.

Bonjour, les gars, je suis Jeska Kamahlsson, enchantée!

"Moi yé souis Diego!"

"Je m'appelle Hephillia V... mais je préfère qu'on m'appelle Héfy!"

"Oups, désolé, Gaston Labévue, heureux de faire votre connaissance."

"M-m-moi c-c-c'est Wolg-g-g-ang Kr-r-rauzer."

"Timmy! Content!"

Hé! C'est quoi cette équipe de bras cassés qu'on m'a refilé? Hormis Diego et Héfy, les autres on l'air de sacrés cas... finalement, je crois que Dieu, s'il existe, a un bien étrange sens de l'humour.



Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 16:30, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Lun 8 Déc - 15:04

Chapitre quatre : l'équipe "I"



Donc me voilà avec une bande de... de quoi déjà. En premier il y a Diego. Un homme-lamproie. C'est une sous-variété d'homme-poisson particulièrement moche. Mais ça, c'est c'est ce qu'on me dit. Ouais, je suis toujours aveugle. Mais pas sourde. Enfin. Apparemment, il viendrait de sous l'océan, et sa force est dix fois supérieure à celle d'un homme. Normal qu'il soit meilleur que moi au parcours d'obstacles. Il est avantagé par la Nature. C'est injuste, mais c'est comme ça. Et puis, il parle avec un drôle d'accent! Il faudra bien que je m'y fasse. ou que je m'entraine. Yep, je vais m'entrainer comme une dingue. Et je dépasserai ce type. Ouais!

La seconde, c'est Héphillia. Elle attire les regards comme un aimant. On m'a dit qu'elle était vraiment très très belle. Je dois bien m'avouer un peu jalouse. Moi, on ne me fait jamais de compliments sur mon physique. On doit se dire qu'en tant qu'aveugle, je m'en fiche. C'est un peu vrai. Mais... je n'en reste pas moins une femme. Et surtout, j'aime bien qu'on me flatte. Ou plutôt, j'aimerais bien qu'on me flatte de temps en temps. Mais bon, comme je ne suis pas toujours à l'aise en société, c'est bien qu'une fille comme elle soit avec moi. Elle draine l'attention. Mais, il y a un truc étrange chez elle. Elle n'a pas de nom. enfin, je dirais plutôt qu'elle refuse de nous le dire. Et je ne vois pas ce que ça cache. Enfin, j'ai bien quelques idées, mais c'est assez farfelu, alors je m'abstiens de le lui dire! Parce que je suis certaine qu'elle est la fille soit d'un pirate très connu, du coup elle a honte. Soit d'un haut gradé de la Marine et elle dissimule son identité pour ne pas avoir de passe-droits.

Ensuite il y a Gaston Labévue. Ce type est une catastrophe ambulante. Je n'ai jamais vu de type aussi maladroit de toute ma vie. Et je suis aveugle, oui! Mais c'est une façon de parler. Je ne vais pas m'interdire le mot "visiblement" pour vous, hein? Bon, pardon. Mais hormis ça, c'est un garçon très gentil, aux bonnes capacités physiques. Et puis, il est drôle. Vraiment, hormis son coté "catastrophe ambulante" horriblement horripilant, c'est un super compagnon.

Le suivant c'est Wolgang Krauser. Avec son physique d'armoire à glace, on a du mal à croire qu'il soit bègue. Héfy m'a dit qu'il était à tomber. Mais moi, vous savez, la beauté des gens, ça ne fait ni chaud ni froid. Enfin, c'est dur de le prendre au sérieux dès qu'il cause. On essaie de ne pas rire lorsque ses mots se bousculent au portillon, car on sait que ça le blesse, mais ce n'est pas facile. Enfin, pour lui, ça doit être cocasse de me voir tâtonner partout avec ma canne blanche ou mes mains. En fait, je suis super mal placée pour rire d'un handicapé.

Même comme Timmy. Son souci à lui, c'est qu'il n'est pas câblé comme nous. Autiste que l'on dit. Moi, je pense juste qu'il ne communique pas sur le même canal. Des fois, un truc anodin pour nous provoque chez lui une réaction démesurée. Et inversement. Je fais des efforts pour me mettre à sa portée. Il a un super bon fond. Mais peu se donnent la peine de s'en apercevoir. Alors oui, il en rebute certains car il a toute la panoplie du débile. Mais ce n'est pas le cas. Sinon, il n'aurait pas passé l'examen d'entrée! C'est juste qu'il n'arrive pas à se gérer tout seul. Je me souviens encore de la première fois qu'on a dû l'habiller... épique!

Voilà mon équipe! Ma seconde famille. C'est pas les meilleurs, mais j'en changerai pour rien au monde!



Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 16:34, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Ven 12 Déc - 0:21

Chapitre cinq : training days



Après avoir passé l'après-midi avec l'équipe, je prends un peu de temps pour aller faire un tour et visiter la base. L'endroit est grand, bien plus grand que l'orphelinat dans lequel j'ai grandi. Et il y a un monde fou! Ça grouille littéralement! Nous, les bleus, on est encore libre jusqu'à demain. Alors, moi, j'en profite a fond. Avant que les choses sérieuses ne commencent. En tant que cheftaine je passe à la laverie pour chercher les uniformes de toute ma bande. Je les retrouve comme on avait convenu au réfectoire. Je leur distribue leurs tuniques et on dîne. On est tous très impatients de commencer. Moi la première! J'ai tellement attendu ce moment! Bon sang, je suis si excitée que je dois aller aux toilettes! Oh là là! Il faut sérieusement que je me calme. En tant que leader je dois me montrer à la hauteur! Allez!

Le repas du soir n'était pas la meilleure chose que j'ai mangé, mais au moins, j'étais repue. Avec Héfy, on se dirige vers le dortoir des filles et les garçons partent de leur coté. Je leur conseille de ne pas veiller tard car demain ce sera certainement une rude journée. Quant à moi, je suis tellement nerveuse que je ne trouve pas le sommeil. J'ai énormément de mal à rester en place dans les draps. Bon sang, demain, je serai officiellement une aspirante! J'ai tellement hâte! Ah... si mon mentor Artorius me voyait, serait-il fier? Je l'espère de tout mon cœur! Et puis, finalement, Morphée me fauche, me faisant sombrer dans un sommeil...

Trop court!

J'ai l'impression d'avoir à peine fermé les yeux qu'un sinistre abruti se met à jouer du clairon. Un autre beugle dans les couloirs!

"Debout la bleusaille! Il est deux heures du matin, la journée commence! Allez, je vous veux tous sur le pont dans trente minutes!"

"Nnnnnn, il déconne là, non?"

Je crains que non, Héfy. Allez, enfile ta tenue, on n'a pas beaucoup de temps.

J'enfile ma tenue aussi vite que faire se peut. J'entends ma camarade maugréer. Et ce n'est pas la seule. Les autres filles râlent et pestent contre cette façon de faire. Moi, je m'en fiche. Je suis tellement contente d'être là! Dans la cour, au milieu de mon équipe, je dois bien être la seule à être ravie. J’arbore un sourire déterminé. Les autres me traitent de malade. Mes gars ne semblent pas bien comprendre ce que j'ai traversé pour être là. Le petits boulots pour récolter l'argent du voyage. Mes entrainements pour être physiquement au top. J'avais dédiée ma vie à ce moment, et là, je profite de chaque seconde.

Je déchante vite quand il nous fait partir au pas de course, un paquetage sur le dos. Ils ont mit quoi là dedans? Sérieusement? C'est lourd. Mais bon, je cours quand même. J'ai mes gars avec moi, et les autres semblent avoir fait de même. On se regroupe dans l'adversité. Comme si le fait d'être ensemble pouvait aider. Le vent frais cingle sur ma peau, m'assurant de rester éveillée. J'entends mes compagnons peiner. Sauf Diego, mais lui, c'est une force de la nature. Au bout d'une heure, Héfy flanche. Elle est essoufflée. Je me doutais qu'elle était de constitution fragile, mais à ce point.

Héfy, tu peux continuer?

"Non..."

Je ne sais pas encore combien de temps ils vont nous faire courir, alors, passe ton sac.

"Mais tu vas devoir porter le double!"

T'inquiètes.

Je ne lui demande pas son avis. Je lui prend son paquetage avant que le sergent instructeur que j'entends approcher arrive et ne nous enguirlande. La bande repart. Mais cette fois, c'est moi qui peine, porter le double de la charge, c'est rude. Même pour moi qui jouit d'une bonne condition physique. Ma respiration se fait plus rapide, je sue abondamment, et surtout, ma foulée ralentit. C'est alors que je sens une main sur mon épaule.

C'est Wolfgang. Il me prend le sac sans même que j'aie le temps de protester. Sans mot dire une chaine se met en place. On se passe tous le sac à intervalles réguliers et on cale notre course sur celle d'Héphillia. Je suis si fière de ma troupe. Car c'est là qu'on touche la vraie essence de la Marine. La force de la solidarité. Quelques soient nos compétences individuelles, en groupe, on est plus fort. Bien plus que la somme arithmétique de chacune des membres. Au final, je perds un peu la notion du temps. Puis soudain, on ralentit. Je ne comprends pas encore pourquoi.

"Allez, les bleus, soufflez, il est sept heures, c'est l'heure du petit déjeuner. Ouvrez vos sacs. Y'a vos rations dedans."

Je ne me fais pas prier. Et les autres ne se le font pas dire une seconde fois. En moins de temps qu'il e  faut pour dire Alabasta, on était tous assis en train de manger. C'est des barres de pâtes de fruits. C'est pas super bon, et hyper sucré. Ew... je n'aime pas ça, mais c'est énergétique. On a à peine eu le temps de souffler une demi-heure que déjà on repart. Bon sang, c'est à croire qu'ils veulent nous vider! Mais cette fois-ci, il n'y a pas que de la course. On a un peu d'escalade et de natation. Avec mon paquetage sur le dos, je souffre. Mais ça va encore. Et c'est pareil pour mes amis. J'entends leur souffle peiner. Je sais qu'ils galèrent comme moi. La pause de midi, je suis heureuse de la voir arriver. Enfin, pas littéralement, je suis aveugle. Quelques snacks trop sucrés et on repart.

L'après-midi est rude, le soleil me cuit la nuque et je commence à avoir des points de côté. Quelques temps plus tard, je ne cours plus, je marche. Comme tous mes camarades. Sauf Diego. Il semble à peine fatigué. Le bougre, c'est presque énervant de savoir que nous on en peut plus et que lui, il en a encore sous la semelle. Finalement, il se fait cinq heures de l'après midi, et le calvaire cesse enfin. Je crois que leur but était de nous épuiser pour mieux nous mater. En effet, je percute que les soldats on fait le même parcours que nous et ils sont à peine plus fatigué que l'homme-poisson. Oui, on sera de vrais soldats quand on pourra encaisser cette dose d'efforts sans broncher. J'en étais encore loin.

Alors que je savoure une bonne douche chaude en compagnie des autres filles, un pensée décourageante me mine l'esprit. Je pensais un peu naïvement que le plus dur serait d'intégrer l'académie. Mais, je dois bien me rendre compte que ce n'est pas aussi simple que je l'avais cru. Je vais devoir mettre les bouchées doubles. Cette première journée ne m'avait pas découragée. Contrairement à mes camarades de salle de bains. Moi, je me sent stimulée comme jamais. Il y a un défi! Un objectif à atteindre! Et je serai à la hauteur!

Et ce soir, je ne me couche pas en pyjama, mais en uniforme, on ne sait jamais!


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 16:40, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Ven 12 Déc - 19:08

Chapitre six : les incidents de Nibelheim



La vie à l'académie est très routinière. On nous apprend plein de choses. Le maniement des armes. L'entretien de ces dernières. Les règles de base de la survie en terrain hostile. Mais surtout, on nous entraine. Course, pompes, escalade, nage. Rien ne nous est épargné. Mais étrangement, les choses sont bien dosées. Même une fille comme Héfy qui est faible de nature arrive au bout des exercices. Et même moi, je sens que je progresse. Certes, Wolgang est toujours bègue et Gaston toujours aussi maladroit, mais je "vois" qu'ils s'améliorent. Tous, on devient plus endurants, plus forts, plus habiles aussi. Même dans l'art du combat. Seulement, moi, j'ai un blocage. Je n'arrive pas à me battre contre des gens que je considère comme des amis. Alors mes camarades me chambrent. Ça m'énerve un peu, mais je ne cherche pas à devenir plus forte pour blesser mes amis.

Enfin, voilà, ça fait deux mois qu'on est à l'académie. Et Novembre pointe le bout de son nez. Amenant avec lui fraîcheur et pluie. Mais qu'il pleuve, qu'il vente où qu'il neige, je m'entraine avec la même volonté. Celle de dépasser un jour Diego. Je monte et démonte un fusil en un temps record. Malheureusement, pour le tir, ce n'est pas vraiment ça. J'en suis à peine surprise. Mettre des balles dans une cible en carton que je ne peux voir, forcement... je n'y arrive pas. Ce n'est pas vraiment une surprise mais ça me frustre énormément. Au moins autant que le train-train quotidien. Nom d'une biscotte! Je ne m’attendais pas à ce que ma vie soit si... ennuyeuse. Non, c'est un peu dur de dire ça. Monotone. Oui, ce serait plus juste.

Alors le jour où l'on me convoque avec les autres chefs d'équipe, je sens que quelque chose va arriver. Et là, je jubile. En tant que jeune recrues, on va passer nos week-end à faire des rondes pour rassurer les habitants des villages environnants. C'est super. On va enfin faire quelque chose! Servir les gens! Certes, c'est pas très glorieux, mais c'est une super opportunité de mettre en pratique ce qu'on a appris lors des entrainements et surtout, de se mettre en valeur. Oui, je sais, je suis ambitieuse. Mais je rêve d'accomplir de grande choses, moi. Passer ma vie à m'entrainer juste pour être prête au cas où, ça ne me motive pas. Mais alors, pas du tout. Une fois la réunion finie, je file comme une balle prévenir les autres.

J'arrive au réfectoire et je leur annonce la nouvelle. On va patrouiller tout le weekend autour d'un village qui s'appelle Nibelheim. Ils me sentent toute excitée, mains ne partagent pas mon enthousiasme. Seulement moi, je ne tiens plus en place. On part avec trois tentes, un paquetage qui comprend de quoi manger pour les deux jours du weekend et des armes. Le but étant de ne pas avoir à s'en servir. Mais la vue de soldats armés rassure les gens des campagnes et dissuade les brigands. Et moi, je trouve ça génial d'accomplir une mission d'intérêt public. Seulement, ils ont du mal à cacher leur joie. Mais bon c'est un ordre!

Le samedi matin, on part tôt avec la bande. On marche quelques temps en suivant un sentier. Dieux que j'aime cette odeur de terre et de feuilles. Il y a même une fragrance un peu musquée qui m'indique qu'on ne doit pas être loin d'un terrier de renard. Alors que personne ne voulait faire cette ronde, je réalise que l'ambiance est excellente. En fait, on prend tous ça comme une ballade dans les bois. Et je dois bien admettre que ça y ressemble beaucoup. Comme d'habitude, on se relaie pour porter le sac d'Héphillia. Dès que Timmy m'annonce les huit heures, on s'arrête et on prend un bon petit déjeuner près d'un petit ruisseau. Vraiment, je me crois plus en randonnée qu'en train de maintenir l'ordre du monde. Mais ça ne me plais pas vraiment. Je réalise cependant que cette situation convient parfaitement aux autres. Alors je me tais. Après tout, que pourrait-il bien nous arriver ici?

On reprend notre route paisiblement. On avance à bon rythme tout en continuant à discuter de choses et d'autres. Puis soudain, on débouche sur une plaine. Il y a des champs et des pâturages. Gaston me dit qu'il y a un village au loin. Parfait, on va y faire un tour, pour se présenter aux gens du coin. Encore une bonne paire d’heures de marche et nous y voilà. Et là, on se fait littéralement sauter dessus par des paysans affolés!

"Des soldats! Dieu merci! Il faut que vous nous aidiez! Un ogre nous a attaqué cette nuit!"

Je ne sais pas quoi leur dire. Je n'ose pas dire que nous somme qu'aspirants. Ils ont l'air tellement en détresse. Je ne peux pas rester comme ça alors que ces gens sont en plein désarroi. Minute, ils ont bien dit un ogre? Du coup, je suis un peu moins enthousiaste. Ma voix essaie de ne pas trembler.

Bonjour! On va enquêter et vous débarrasser de cette créature. Vous voulez bien nous montrer les lieu de l’agression?

Les paysans nous guident dans un champ. Une clôture défoncée et une vache qui manquerait. Devant le manque de preuves, je me dis qu'ils essaient d'attirer l'attention sur eux. Je m'approche de la palissade en miette. Oh, un trou. Je saute dedans. Quelle idée de mettre un fossé ici. Puis soudain, j'entends Héfy crier.

Héphy ça va?

"Jes, tu ... tu es dans l'empreinte du pied du monstre!"

Non, c'est pas possible! Je pourrais m'allonger en entier dedans que je ne toucherais pas les bords! Dans quel guêpier suis-je allée me fourrer?


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 17:00, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Lun 15 Déc - 17:01

Chapitre sept : shadow of the colossus



Je ne suis absolument pas rassurée. Les villageois me pressent de faire quelque chose. Mais quoi? Que puis-je faire dans cette situation? La chose est énorme. Et elle mange une vache par jour! Bon sang! Il faut que je me décide! Nom d'une biscotte, je sens les regards inquiets de mes compagnons posés sur moi et ceux des paysans aussi. Je réfléchis aussi vite que je peux. Je suis dans une empreinte de pas et ... eurêka! C'est évident!

Dites, il n'y aurait pas d'autres traces de pas?

"Ouais, y'en a une autre là bas!"

Mes compagnons comprennent ce que je veux faire. Et ainsi, on suit la piste de l'ogre jusque dans un bois. Je demande aux locaux de ne pas nous suivre. Déjà que je ne suis pas sûre qu'on puisse vaincre pareille créature à nous six qui avons un peu d'entrainement, je me dis que de rajouter des paysans avec des fourches ne ferait que rallonger la liste des victimes. Dans la forêt, mes amis me disent que la chose a brisé pas mal de branches sur son passage. Du coup, ils me soutiennent que la bête ferait plus de six mètres, et ça ne me rassure guère. Finalement, on arrive à flanc d'une grosse colline. Et la piste s'arrête net devant une grosse pierre. J'essaie de faire bouger le rocher, mais... c'est peine perdue. J'ai une petite satisfaction en constatant que même Diego et sa force d'homme poisson n’y arrivent pas. Bon, on a trouvé la tanière de l'ogre. Mais on ne va pas camper devant non plus. Je décide donc qu'on va camper dans les champs pour protéger le bétail des paysans.

On retourne au village pour demander si les villageois sont d'accord pour qu'on plante la tente dans leurs champs. Visiblement, ça leur fait très plaisir. Ils nous invitent même à diner. Ce serait malpoli de refuser. Alors j'accepte. C'est vraiment de bonnes gens. Ils nous fêtent comme des héros alors qu'on n'a encore rien fait. Je me sens gênée. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Wolgang et Gaston semblent bien s'amuser tandis que Diego éveille la curiosité de part son physique hors-normes. Héfy se fait draguer par des jeunes alors que Timmy fait tapisserie. Moi, je décline poliment les verres de vin qu'on n'arrête pas de m'offrir. Mine de rien on est en mission, je ne peux pas me permettre d'être ivre. Et puis je suis mineure! Mais... mes compagnons n'ont pas mes scrupules. L'autiste dort déjà à moitié sur la table. Je crois qu'il ne supporte pas l'alcool. La fête s'éternise. On aurait dû regagner nos tentes depuis longtemps. Il se fait presque onze heures du soir et nos charmants hôtes ne nous lâchent pas.

Puis, soudain, je sens le sol trembler. Mais... personne ne bronche. Ils ne le sentent pas. Mais moi si. Encore une fois. Je me fige. J'ai peur. Je ne sais pas à quelle distance se situe la menace, mais la façon dont le sol tremble sous ses pas secoue tout mon être. Je me dépêche de réveiller Timmy. Puis je fonce vers mes autres camarades. Mais aucun n'est en état. Hormis Diego, ils sont tous trop saouls pour combattre. Mais je les traine tous dehors avec des torches. On va essayer d'effrayer cette chose. Je n'y crois guère, mais on ne peut pas se dégonfler devant ces gens qui nous ont accueillis avec tant de chaleur. Plus on s'approche, plus les pas de l'ogre font trembler le sol. Et plus j'ai du mal à me tenir sur mes deux jambes. On arrive, je sens son odeur. Et la quantité d'air qu'il déplace aussi. J'ai peur, mais je me force à aller de l'avant alors que chacun de mes neurones me hurle de fuir. Fuir, c'est bon pour les robinets, pensais-je. Alors je fonce pensant que la Justice serait mon bouclier.  

La chose nous a vu venir avec nos torches. Il hurle. Si fort que je sens son haleine putride me soulever l'estomac et mes cheveux aussi. Son souffle est tel une bourrasque. Je suis encore debout mais je tremble. Mon corps ne réponds plus. Il est comme gelé. J'ai plus que peur. Je suis terrorisée. Les ogres mangent le bétail et les gens. Et là, c'est comme si on était un open bar pour lui. Il pouvait picorer qui il voulait. Je sens que mes amis ne bougent plus. Sauf Diego. Dans les profondeurs, il a du en voir des créatures immenses. Moi, je sens le sol qui tremble. Il s'approche de moi. Il va me manger. Je... je... j'ai tellement peur que je suis en train de me faire dessus. Si je n'étais pas dans un tel état de panique, je serais morte de honte.

Mais ce n'est pas moi qu'il prend. Il enlève Héphillia et tourne les talons. Diego se jette sur lui. Mais il est balayé comme si ce n'était qu'une mouche. Moi, je reste pétrifiée, impuissante, inutile. J'ai envie de faire quelque chose, quoi que ce soit, mais je n'y arrive pas. Un monstre enlève mon amie, éclate un de mes hommes et moi je reste plantée là. Je me hais! Je me hais! Dieu que je me hais! Moi et ma faiblesse! Je tombe. Comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Et je chiale. Puis... je réalise que je ne peux pas rester comme ça. Faible et en larmes. D'un revers du bras, je sèche ces yeux qui refusent de voir, mais pas de pleurer. Et je me relève. Je me précipite aux coté de Diego.

Diego! Rien de cassé?

"Yé crois qué à part mon bras, touti va bien!"

Je suis soulagée. Au moins, il n'est pas mort. Il faut que je me ressaisisse. Donner des ordres, brefs et rapides. Ne pas laisser le doute emporter mes gars.

Timmy, va me chercher mon paquetage. Gaston, va chercher une trousse de soins et donne les premiers soins à Diego. Wolf', va au village et assure-toi que personne ne sorte. Diego, tu restes avec moi, et tu ne bouges pas.

Chacun part accomplir sa mission. Quant à moi, je m'approche de l'homme-poisson.

Diego, dès que Wolf' t'as soigné, tu retourne à la base aussi vite que tu peux. Il faut prévenir les Colonel. On n'est pas de taille à affronter cette chose. Je sais que tu veux aider. Mais tu est blessé. Ici, tu ne servirai à rien. Et tu es le plus rapide d'entre nous. Alors c'est sur toi que je compte pour aller nous chercher de l'aide. Tu peux le faire?

Il hoche la tête. Il a compris pourquoi je l'éloignais. Quelques minutes plus tard, Timmy et Gaston  reviennent. Et Diego se fait remetrre sur pied. Et moi, je peux me changer. Puis, l'homme-poisson part. Il est notre dernière chance.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 10 Avr - 17:09, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Lun 22 Déc - 16:53

Chapitre huit : la belle et la bête



Bonjour, moi c'est Héphillia Von Huckbein. Ou Héfy pour les intimes. Je remplace Jeska pour quelques temps à la narration. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.

Où en étions-nous? Ha oui, je me souviens, c'est cette fameuse nuit! Je viens donc de me faire enlever par un ogre. Et tout le monde sait ce que disent les histoires pour enfants sur ces monstres. Ils mangent des enfants. Alors je crie à l'aide autant que je peux tandis que la créature me soulève et m’emmène loin de mes amis. J'ai peur. Très peur. Je m'agite, je gigote, je me contorsionne du mieux que je peux pour essayer de me soustraire à mon agresseur. Mais je n'y peux rien. Il ne me lâche pas. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi il ne me mange pas de suite. Pourquoi il me prend avec lui? Pourquoi se donne-t-il tant de mal? Et surtout, vu sa force, pourquoi ne broie-t-il pas entre ses doigts? Mais j'ai trop peur pour réussir à répondre à ces questions, alors je ferme les yeux à m'en fendre les paupières et j'attends que ça se passe.

Pendant quelques instants, ne rien voir de ce qui se passe autour de moi me terrifie. Mais, d'un autre coté, j'entends mieux. Le souffle rauque du monstre. Le bruit de ses pas. Le craquement des branches. L'espace d'un instant, j'ai l'impression d'être Jeska et je suis admirative que cette fille arrive à vivre ainsi. Seulement, je n'ai pas trop l'envie de me préoccuper des autres pour le moment. Ce qui va m'arriver à moi m'occupe suffisamment l'esprit. Puis soudain, je sens qu'il me pose au sol. J'ai même l'impression qu'il fait ça délicatement. Je l'entends rouler l'immense rocher qui sert de porte à sa tanière. C'est l'occasion où jamais! Je me relève et je suis stupéfaite du spectacle qui s'offre à mes yeux. La cave a été aménagée. Il y a des torches qui brûlent sur les murs. Et il y a une vache qui cuit sur une broche au dessus d'un feu de bois en plein milieu! Au fond, j'entr'aperçois une couche de paille et de lichens.

Mais aucun endroit où se planquer!

Et là, je sais qu'il est derrière moi. Et qu'il va me manger! Je suis trop jolie pour mourir! Je fuis! Je contourne le feu central par la droite. Je me retourne et je le vois. Il est presque aussi grand que large. J'ai envie de crier, mais le son reste coincé dans ma gorge. Il se saisit de moi, et je suis sur le point de m'évanouir. Pourtant, il ne me croque pas. Il se contente de me poser délicatement sur sa couche. Il arrache un gros bout de viande et me le tend. Il ne veut donc pas me manger? Encore un peu secouée par l'émotion, je prends poliment la nourriture et je donne de petits coups de crocs dedans. L'ogre, quant à lui, s'est pris une jambe entière de la bête et y mords dedans goulument.

Je le regarde avaler des morceaux de barbaque gros comme ma jambe et je reste assez stupéfaite. Tout d'un coup, il réalise que je ne mange pas, et j'entends pour la première fois sa voix. C'est étrange, il parle fort et laisse trainer ses mots. Comme si ses phrases viennent du plus profond de son être.

"Tu manges pas?"

"Désolée, je n'ai pas très faim."

J'ai un peu peur de lui encore, alors, pour ne pas le vexer, j’essaie de me montrer polie. Et puis, après le dîner qu'on a eu au village, je dois avouer que je ne puis rien avaler de plus.

"C'est pas bon?"

"Mais si, c'est très bon, regardez, je mange!"

Bon sang, qu'est-ce qui ne faut pas faire pour rester en vie!

"C'est parce que d'habitude, je mange cru!"

"Ah bon? Il paraît que c'est très bon pour.... heu... les dents!"

"Oh oui, c'est vrai, j'ai de bonnes dents!"

Et il me montre ses quenottes! Des crocs grands comme mes mollets! Je blêmis. Ressaisis-toi Héfy! Ou tu vas te faire bouffer!

"Tu es pâle! Ça va pas? Tout à l'heure, tu t'es évanouie! J'ai eu peur de t'avoir fait du mal. Tu sais, tu me rappelles ma maman. Je suis un géant d'Erbaf. Je m'appelle Godfanone. Avec mes parents on devait explorer le monde, mais le bateau a coulé, et je me retrouve ici tout seul!"

"Et moi, je te rappelle ta mère?"

Je pose la question sans voir la larme qui coule au coin de son œil gargantuesque.

"Oui. Tu es aussi jolie qu'elle."

Je rougis. Et puis je réalise qu'il me compare à une géante d'Erbaf, et le compliment perd un peu de sa force. Je change d'ange d'attaque.

"Tu es rudement grand pour ton age, non?"

"Ho, non! Je n'ai que dix ans, pour mon age, je ne suis pas très grand!"

Que répondre à ça? Je ne suis pas experte en géants, moi! Un petit silence s'installe. Il le brise aussitôt.

"C'est quoi ton petit nom?"

"Je me prénomme Héphillia."

"C'est joli, on dirait un nom de princesse."

Il a beau être jeune, il est habile en flagorneries. Ou alors il est honnête. Oui, il a ce coté candide propre aux enfants. Ça le rend attachant, le bougre.

"Mes amis m'appellent Héfy."

"Et moi, je peux?"

"Bien sûr." (Vu que tu ne m'as pas mangé) "Tu es mon ami."

"Hé...fy? A...mie?"

Il en pleure de joie. Je souris. Et on discute ainsi jusqu'à ce que la fatigue nous emporte. J'ai même réussi à le convaincre que mes compagnons d'armes étaient gentils. Demain matin, il me libère. J'espère qu'ils n'ont pas ramené la cavalerie en mon absence.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mar 11 Avr - 10:13, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Ven 26 Déc - 17:15

Chapitre neuf : here comes a new challenger



Je n'arrive pas à dormir. Wolfgang, Gaston et Timmy non plus. Oui, c'est moi, Jeska. Je tiens à nouveau le fil narratif de cette histoire. J'ai envoyé Diego chercher de l'aide et maintenant, avec le reste du groupe, on a suivi la piste de l'ogre. Je me retrouve plantée devant un immense rocher. Je ne peux pas le bouger. Je n'arrive même pas à entendre ce qu'il se passe derrière. Je ne peux qu'attendre et me faire un sang d'encre tout en espérant que rien de grave ne soit arrivé. Rester positif. Pas pour moi, mais pour le reste du groupe. Je me doute qu'ils me scrutent à présent. Et chaque signe de faiblesse que je laisse transparaître leur mine le moral.

Alors je les occupe. Je leur fait couper un arbre pour avoir un gros levier et enfin bouger ce satané caillou. Mais même avec ça. Rien n'y fait. On s'est épuisé pour rien. Plus le temps passe et plus je me sens anéantie. Mon courage s’égrène au fur et à mesure que les secondes passent et que les chances de revoir Héfy s'amenuisent. Enfin, "voir" pour moi c'est un bien grand mot. Alors quand j'entends des bruits de bottent qui martèlent le sol, je ne peux que me réjouir. Les renforts arrivent! Enfin! J'avertis mes amis. Et la nouvelle leur gonfle le moral. On sait que ce n'est qu'éphémère, et qu'on risque certainement de tomber sur le cadavre de notre amie. Mais cette attente de mort est pire que la mort elle-même.

Alors quand la troupe s'approche, je suis plus que stupéfaite. Déjà, du nombre de renforts envoyés. J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de soldats. Et surtout, j'en tombe presque sur le derrière lorsque j'entends la voix du Colonel Farlane. Instinctivement, je me mets au garde à vous.

"Repos s.. aspirants. J'ai besoin d'un compte rendu de la situation, soyez brefs et précis."

L'ogre est à l'intérieur avec Héfy. Il a obstrué l'entrée avec ce rocher. Et on ne peut pas le déplacer. On ne sait pas ce qu'on va trouver à l’intérieur non plus.

"Très bien, vous avez fait tout ce que vous pouviez, on prend le relais."

Je ne sais pas si il a dit ça ce façon sincère ou si il est fin psychologue, mais le fait qu'il me dise qu'on a fait le maximum m'enlève un poids. Celui des regrets. Je me sens soulagée. Je l'entends donner ses ordres et les hommes s'affairer. Alors, je vais vers ce qui reste de ma troupe. Et je réalise que Diego n'est pas revenu. Il doit être en train de se faire soigner à l'infirmerie de la base. Avec les autres, on reste debout, les uns contre les autres. Soudés comme un bloc d'acier. Ils regardent les soldats sauver notre amie. Un jour, nous aussi, on sera comme eux. Mais pour le moment, je ne suis bonne qu'à pleurer. Je ne sais même pas pourquoi d'ailleurs. Et heureusement que mes amis sont là, sinon ça fait longtemps que je me serais effondrée. Toute la pression que je m'étais mise m'a été enlevée si brusquement que j'en perds presque mon équilibre.

Puis soudain, la terre tremble, le rocher bouge. Mais ce n'est pas l’œuvre des soldats. Il s'agit bien de l'ogre qui souhaite sortir. Le Colonel aboie quelques ordres et immédiatement, les hommes se mettent en rang, fusils pointés vers l'entrée de la grotte. Le sol tremble et ça me remue jusqu'aux tréfonds de mon âme. J'espère que je ne vais pas encore m'uriner dessus. Bon sang! J'ai beau avoir mes amis avec moi, je me sens si insignifiante. J'ai peur d'avoir a assister à ma première bataille sans y être pleinement préparée. C'est alors que j'entends la voix d'Héphillia. Et, l'espace d'un instant, j'ai cru que mon cœur allait sortir de ma poitrine tellement il s'était mis à battre fort.

"Ne tirez pas! Il est gentil!"

Nom d'une biscotte! Ça veut dire quoi? Que je me suis rongée les sangs pour rien? Les soldats ne baissent toujours pas les armes cependant. Le Colonel, quant à lui, s'approche. Le géant finit par dégager totalement le rocher pour se libérer le passage et là, je sens clairement le petit mouvement de recul des soldats. Ça me rassure. Même des hommes du métier hésitent face à une telle chose. Je me sens un peu moins minable. Mais pas totalement sereine pour l'instant. J'attends avec une impatience mêlée de frayeur ce qui va se passer ensuite. Ben, ça discute paisiblement. La situation s'explique d'elle-même dans le calme.

L'ogre n'en est pas un. C'est un géant. Enfin, un enfant de géant. Qui a dix ans et mesure plus de six mètres. Mais, Godfanone n'est pas méchant. Juste perdu. Effectivement, moi aussi j'ai du grandir sans parents, et je dois bien avouer que c'est déstabilisant. Je me mets à éprouver de la compassion pour cette immense créature. Je me surprends même à me réjouir que Héfy propose au Colonel de le prendre avec nous. Et lorsque ce dernier accepte, je me retiens de me sauter de joie car je sens que la vie avec un demi-géant ne sera pas rose tous les jours! Et puis, avec sa force, ça me fait un rival de plus à surpasser. Même si là, je doute sérieusement d'y parvenir!


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mar 11 Avr - 10:44, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Dim 28 Déc - 17:55

Chapitre dix : le secret d'Héfy



Finalement, tout est bien qui finit bien! Avec les soldats on escorte Godfanone au village et on y explique la situation. Il s'excuse et voilà, tout est réglé. On aide à réparer ce qui a été cassé, et on retourne à la base. Wolfgang, Timmy, Gaston et moi-même somme épuisés d'avoir veillé toute la nuit. Physiquement et mentalement, je sens bien que je suis à bout. Je peine à tenir debout. Et c'est la même chose pour mes camarades. Sauf Héphillia. Nom d'une biscotte qu'elle peut jacasser celle-là. Elle piaille. Je ne sais pas si c'est la fatigue où si ma copine use ma patience, mais au bout de la troisième fois où elle me narre les événements de la nuit, j'en ai marre!

Je m'arrête. Et puis soudain, c'est le trou. Je ne me souviens pas m'être endormie. Mais je me réveille à l'infirmerie. Je déteste l'odeur d'alcool et de désinfectant. Il y a dans le parfum aseptisé des dispensaires quelque chose qui me met mal à l'aise. J'émerge doucement. Petit à petit, je prends conscience de mon environnement. Je hume l'air à la recherche d'un fumet familier et je tombe sur celui de Diego. Il est à coté de moi. Il m'a veillé? Combien de temps?

Quelle heure il est?

"Tou a dormi quelques heures. Il é midi é demi. Lé zautres t'ont veillé auchi. Y avé même lé géant qui régardait à la fénêtre. Mais là y sont tous allés manger. Tou va bien?  "

Un peu vaseuse, mais ça va. Et toi? Rien de cassé?

"Yé oune bras dé cassé et quelques cotes dé fêlées, mé ça va! Yé peux me lever. Itou?"

Je n'essaie pas de me lever de suite. Au cas où je ne sois pas assez remise pour tenir sur mes jambes, je n'ai pas très envie de m'étaler sur le dallage froid d'une infirmerie. Et c'est pas Diego avec un bras dans le plâtre qui pourra m'aider à me relever. Alors je préfère me redresser d'abord. Je suis donc assise sur le lit. C'est seulement là que je constate que j'ai toujours mes habits. C'est une bonne chose. Parce que j'ai beau être aveugle, je n'en suis pas moins pudique. Et l'idée que l'on puisse me voir nue me terrifie. Mais ce n'est pas le plus important. Car je me sens vaciller. J'ai la tête qui tourne. Il faut dire que je n'ai rien avalé depuis la veille au soir. Une hypoglycémie sans doute. Alors que je m’apprête à tomber sur le coté et donc à choir de mon lit d’hôpital, je sens une poigne ferme me retenir et me remettre droite.

"Ma ma ma! Doucément! Il faut qué tou manges d'abord! On a mis dé la compote dé coté pour toué!"

Il me tend un pot et une cuiller. Sans mot dire j'obéis. Je me sens faible et m'alimenter avec quelque chose de sucré me semble aussi une nécessité. Alors je mange. Le goût de la pomme, du sucre et de la cannelle m'emplit agréablement la bouche et encore plus l'estomac. Le pot est vite vide, mais je ne suis pas repue pour autant. Seulement, je me sens mieux. Prête à me lever vraiment cette fois. Seulement, je sens quelque chose. Une chose qui n'a pas d'odeur. Diego veut me dire quelque chose depuis tout à l'heure et attend juste le bon moment pour le faire. Je n'hésite donc pas à mettre les deux pieds dans le plat.

Tu veux me dire quelque chose, Diego?

"Oui, oui! Il fo qué yé té dise oune chose très importante! Yé oune doute... sour Héfy! Quand yé souis arrivé à la base é qué yé démandé dé l'aide, au début, lé Colonel il né voulait pas sé déplacer. Mé dès qu'il à sou qué c'était Héfy, il a changé d'atitoude! Dé souite, il a réquisitionné des hommes é il é parti. Yé né comprends pas. La vie dé Hépfy é elle plous importante qué la notre?"

Apparemment, ce serait le cas. Je ne me l'explique pas moi-même. Mais, on aura sans doute l'occasion de le lui demander d'ici peu. J'entends des pas qui s'approchent.

Je ne m'étais pas trompée. Ils s'agissait bien de gens qui s'approchaient. Mais ce n'était pas mes amis, juste des soldats qui sortaient du réfectoire. Le reste de ma bande n'arriva que quelques minutes plus tard. Je les rassure sur mon état de santé, mais très vite, je pose la question qui brûle les lèvres de l'homme-poisson.

Dis, Héfy, tu peux me dire en quoi ta vie est plus importante que la notre?

Je manque clairement de tact. J'y suis allée les deux pieds dans le plat et je sens bien au silence qui m'entoure que peu comprennent le sens de ma question. Alors j'explique ce qui m'amène à penser ça. Je détaille ce que Diego m'a dit et je repose la question. Cette fois, ce n'est pas sur moi que les regards se braquent. Et je n'ai pas besoin de mes yeux pour le deviner.

"Je suis une noble."

"N...no...nob...noble co...comment?" bégaie Wolfgang.

"Je... Je suis une princesse."

QUOI???!!!

Alors là, on était tous bouche bée. Qui dit princesse dit haute noblesse. Pas simplement la petite bourgeoisie des blues. On parle d'une noble de niveau mondial. Un peu en dessous des Tenryuubito, mais sa famille participe aux Reveries. J'ai entendu dire tellement de choses sur ces gens... bon sang. C'était un très gros secret. Bien trop gros pour nous! Le Colonel est au courant, c'est pour ça qu'il est allé en personne, et en pleine milieu de la nuit, la secourir. C'est une évidence, mais je préfère enfoncer une porte ouverte, juste au cas où les autres n'aient pas saisi l'importance de la situation.

Les gars, on garde ça pour nous. Okay? Héfy... qui que tu sois en dehors de cette base, ici, tu es notre amie, notre camarade. Ton secret ne change pas nos rapports, ou les sentiments qu'on a à ton égard. Compris?

J'ai dit ça autant pour elle que pour les autres. C'est mon opinion, et elle n'engage que moi. Mais, pour une fois, je souhaite vraiment qu'elle soit partagée par tous. On est une famille. Et Héphillia, toute noble qu'elle soit, ne déroge pas à cette règle. Elle est comme nous. Et lorsque mes camarades ont approuvé mes paroles, je me sens immensément fière d'être à la tête de ce groupe. Quant à la noble, elle pleure. Je ne comprends pas encore pourquoi.

"Je vous remercie. J'avais tellement peur que ça change le regard que vous avez sur moi. Désolée de vous avoir menti. Je ne voulais pas... désolée..."

Je lui souris. J'espère que ça signifie plus que les mots pour elle. J'ai l'impression que Gaston et Diego font de même. Suivis de près par Wolfgang. Timmy, quant à lui, se rapproche d'Héfy. Et il la prend dans ses bras, tout simplement. J'ai hâte d'entendre plus de détails sur ma camarade, mais, pour le moment, j'ai surtout envie de bouger. Je me relève. J'ai encore faim et je le fais savoir. Ça permet de détourner un instant l'attention vers moi. Voilà, on m'accompagne au réfectoire. Si notre amie a envie de parler de son secret, elle le fera quand elle s'en sentira prête. Rien ne presse.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 17 Avr - 16:26, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Jeu 29 Oct - 15:08

Chapitre onze : un millésime exceptionnel



Après les événements de Nibelheim, notre petite vie d'aspirants repris son cours. Godfanone, ou God' pour nous, a rejoint l'équipe I et petit à petit, chaque membre de notre groupe se met à développer des talents bien particuliers. Hephillia, malgré son sang bleu et sa faible constitution, se révèle être une stratège hors du commun. Gaston, quant à lui, a augmenté significativement ses compétences médicales, le seul domaine épargné par sa maladresse maladive. Timmy s'estspécialisé dans la mécanique et ingénierie. Pour la plupart d'entre nous, la technologie, c'était comme des ponéglyphes, mais pas pour le jeune autiste. Ça lui parle aussi clairement que je vous adresse la parole. Je suis ravie pour lui, il aenfin trouvé un domaine dans lequel il s'éclate. Après, vient notre trio combattant. Wolfgang est devenu notre sniper, Diego excelle au corps à corps, et God nous sert de tank. Et moi, en plus du rôle de chef d'équipe, je cumule à présent un rôle d'éclaireur qui va bien avec mes sens surdéveloppés.

Du coup, lors des compétitions inter-équipes d'aspirants, on rafle tout. L'épreuve de natation? Diego de par sa nature d'homme-poisson ne peut pas perdre. Le tir à la corde? On met juste Godfanone en face de toute l'équipe adverse. Je suis agréablement surprise de voir que nous sommes les meilleurs en presque tout. Et, pour ne rien gâcher, c'est moi la chef de cette joyeuse bande! Vous n'imaginez pas à quel point je suis fière de mes gars, et aussi de moi. En plus on est super soudés, comme une seconde famille. Enfin, pour moi, ils sont ma vraie famille. Comme on ne choisit pas ses parents, ils ont été imposés à moi, mais je les aime de tout mon cœur.

L'automne finit par laisser place à l'hiver, et finalement, c'est le printemps qui pointe le bout de son nez. L'entrainement porte ses fruits. A présent, j'arrive à encaisser la séance de cinq heures de course avec le paquetage sans être essoufflée. Même Hephy arrive à faire tout le parcours avec son sac lesté sur son dos. On s'améliore. Et ça crée une saine émulation au sein des différentes équipes. Selon les dires du Colonel Falane, on est sans doute la génération la plus brillante qu'il ait jamais eue à former. On a presque six mois d'avance par rapport aux années précédentes. Tant est si bien que lorsque l'été arrive, et avec lui les examens de fin d'année, il arrive quelque chose d’incroyable.

Aucun recalé.

Ce n'est jamais arrivé depuis la création de l'académie de la Marine.



Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Lun 17 Avr - 17:12, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Mer 4 Nov - 11:53

Chapitre douze : l'aube des vacances d'été  



Après les examens il y a toujours un moment où on relâche la pression. Ici, en l'occurrence, c'est une grosse soirée barbecue. Je me retrouve donc, une brochette de poisson à la main, avec Héfy et les autres filles de la promotion. Et, c'est horrible ce sentiment de se sentir seule alors qu'on est au milieu de gens. Mais, à ma décharge, ça parle garçon, et ce genre de discussion, ça me passe à des lieues au dessus de la tête. Je ne peux même pas parler avec la nobliaude car c'est bien elle qui jacasse le plus. Pourtant quand on est ensemble, on a des conversations des plus stimulantes intellectuellement. J'ai alors la douloureuse impression que mon amie se révèle sous son vrai jour, il suffit de voir avec quelle appétit elle parle du sexe opposé. À évaluer les mecs, leur visages, leur musculature, et même leurs fesses! Du coup, je me suis mise à penser qu'elle agissait avec retenue avec moi. Et bien que je n'aie aucune raison de le croire, cette idée me blesse.

N'étant plus d'humeur sociable, je m'isole à côté du tourne disque. Un vieux vinyle crache des notes de blues qui vont bien avec mon humeur du moment. Je mordille nonchalamment ma brochette. De toutes façons, je n'ai plus très faim. Bon sang, je n'ai que quinze piges! J'ai encore bien du temps avant de m'intéresser aux garçons. D'autant plus que j'en ai plus ou moins déjà un en ligne de mire. Phœnix. Je me demande alors où il est, et ce qu'il fait. Serait-il fier de moi? Moi qui marche vers mon rêve. Secrètement, j’espère surtout qu'il pense à moi, comme une preuve qu'il ne m'a pas oublié et que je compte un tant soit peu pour lui.

Puis soudain, Diego se pose à côté de moi, avec son accent hispanique il s'enquérait de mon état.

"He Jeska ça va?"

Oui, oui, je vais bien.

"Tou é soure? Tou lé monde y s'amouse é toué tou é toute seule!

Je profite juste de la musique.

"Tou aime lé blues?"

Diego m'explique alors que ce courant musical était né il y a longtemps. Les homme-poissons réduits en esclavage à la surface chantaient leur nostalgie de l'océan si bleu. D'où le nom de la musique d'ailleurs. De ce fait, je me sens partagée entre plusieurs sentiments. Dans un premier temps, je suis ravie d'avoir appris un truc. Grâce à ça, je comprends pourquoi ce son va si bien avec mon spleen. Cependant, dans un second temps, je ne peux m'empêcher ne me sentir coupable. J'éprouve un certain soulagement à écouter les malheurs des autres en fait. Je confie donc mon ressenti à mon ami.

Je me sens un peu honteuse de me réconforter avec cette musique maintenant que je sais d'où elle vient.

"Ma! C'é n'é rien. C'é youstément l'esprit'!"

Je lui adresse alors un sourire. C'est comme dire "merci, ça va maintenant" mais en économisant les mots superflus. Je retourne alors après de autres filles. Elles en sont à classer les gars. Apparemment le premier, c'est Woflgang, il serait juste trop beau. Moi, je le trouve surtout parce qu'il m'est très facile de le suivre vu qu'il aime un peu trop les crèmes hydratantes et l'huile de monoï. Et puis, il est bègue, quoi! Enfin, je ne comprends pas non plus pourquoi Diego et Timmy sont bon derniers. Pour la première fois de mon existence, je me sens alors heureuse d'être aveugle. Je ne suis pas soumise à cette mascarade que sont les apparences et qui font que la plupart des gens jugent les autres par rapport à ce qu'ils ont l'air au lieu de les estimer pour ce qu'ils sont. Ma différence m'est toujours apparue comme un handicap, mais ce soir, j'ai la nette impression que finalement, c'était un avantage.

La soirée passe. Il y a de moins en moins de brochettes et on sent de plus en plus la braise froide. Le blues du repas a fait place à de la musique plus rythmée. Certains dansent d'autres discutent, où jouaient aux cartes et aux dés. L'ambiance est bonne, même si quelques-uns de mes collègues auraient aimé pouvoir boire de l'alcool comme les soldats de la base. Mais on est mineurs, donc point d'ivresse pour nous. Aux alentours d'une heure du matin, le Colonel Farlane décrète qu'on s'était assez amusés et qu'il était grand temps qu'on dorme. Élégamment, il nous dispense de corvée de rangement et de nettoyage de la cour, ce qui eut pour effet d'étouffer intelligemment les protestations naissantes.

La nuit fut courte, en effet, le lendemain, les premiers navires attendaient pour rapatrier les enfants que nous étions vers leurs familles respectives. Moi, je ne suis pas très chaude a l'idée de passer deux mois à l'orphelinat. Du coup, avec Diego et Godfanone, on a demandé à rester ici cet été. Quant aux autres, Hephillia s'en est allée en chez elle via un itinéraire assez compliqué pour ne pas éveiller les soupçons, Wolgang file vers North Blue, Gaston migre vers l'Est, et Timmy retourne chez lui parmi les nomades de l'île des sables. C'est cocasse de voir que sur les trois seuls aspirants restés à quai, aucun n'était humain.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Ven 2 Juin - 10:09, édité 5 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Jeu 12 Nov - 11:01

Chapitre treize : home  



Le premier jour des vacances est toujours assez étrange. Pas de soldat qui nous réveille à quatre heures du matin et nous force à courir avec un paquetage de quarante kilos sur le dos, qu'il vente, pleuve ou neige. Du coup, pour la première fois depuis longtemps, je goûte au plaisir de la grasse matinée. Ce n'est que la douce et chaude caresse du soleil qui filtre au travers des rideau qui me sortit des bras de Morphée. J’émerge doucement, un peu groggy d'avoir trop dormi. Je réalise que je me suis couchée en uniforme. Comme d'habitude, en fait. C'est devenu une sorte de réflexe à force de se faire sortir du lit par un malade et son clairon. Du coup, je me trouve un peu cruche à être en tenue pendant un jour de congé. Alors je cherche dans les quelques habits civils qu'il me reste encore. J'enfile un short et un débarder et c'est alors que je comprends qu'en une année, ma croissance a fait des ravages dans ma garde robe. Je me sens un peu à l'étroit. J'ai dû grandir et m'épaissir durant l'année passée. Je ne peux tout bonnement pas sortir comme ça! Le short n'est pas sensé me mouler autant et le haut me comprime désagréablement la poitrine. Bref, j'aurais eu l'air d'une catin. Vivement qu'Héfy revienne et qu'elle m'aide à me refaire une garde robe.

C'est donc en uniforme que finalement je me rends au réfectoire pour prendre un petit déjeuner. Diego y est déjà et s'empiffre de flocons d'avoine. Moi, j'avale mon muesli nonchalamment. En fait, je me demande ce qu'on pourrait bien faire. J’apprécie beaucoup l'homme-poisson. Même si c'est pour moi le mec à battre car il me dépasse en tout actuellement, nos conversations sont sympa. On parle de presque tout. Là, la discussion tourne autour du géant Godfanone. En effet, depuis qu'il a intégré notre équipe, il dormait dehors, sous une immense bâche, parce qu'il n'y a pas de bâtiment assez grand pour y faire rentrer sa vaste personne. C'est alors qu'on se souvient qu'il y a un vieux hangar qui servait à l'origine de cale sèche lorsque l'Académie était une base de la Marine.

Ni une ni deux, on finit notre petit déjeuner et on file frapper à la porte du Colonel Farlane. On lui explique alors qu'on veut réhabiliter le hangar pour en faire un logement pour géant. Étrangement, il n'est pas bien difficile à convaincre. Ce n'est que lorsque que nous ouvrons les portes de la cale sèche que nous comprenons l'étendue du chantier. Non seulement il y a tout à refaire, mais en plus l'endroit a servi de débarras, et ce, durant un grand nombre d'années. Donc avant même de commencer à retaper l'endroit, on doit d'abord déblayer toutes ces choses inutiles entassées ici. Heureusement, on a un petit géant pour nous aider. Mais il nous faut pas moins de deux jours entiers de travail pour dégager tous ces détritus. Ce n'est qu'à l'aube du troisième jour qu'on commence vraiment à retaper le bâtiment. Hormis les murs, tout est à refaire. La première chose est de consolider la charpente. Ensuite, on attaque la toiture. Et enfin, on se met au gros œuvre à l'intérieur. A cause de mon handicap, je ne peux aider autant que je le voulais. De ce fait, God' et Diego héritent du gros du travail. L'homme-lamproie se révèle être d'une grande habileté. Il a de l'or dans les mains ou les nageoires, je ne suis pas douée en anatomie. Et le géant nous sert d'élévateur, ou alors porte tout ce qui est bien trop lourd pour nous.

Le seul hic, c'est que le Colonel ne nous a octroyé aucun budget pour refaire le bâtiment. On doit donc se débrouiller avec le fatras qu'on a sorti de cette ruine. Seulement trop peu de matériel est utilisable. De ce fait, pour me rendre utile, je vais un peu partout sur l'île pour vendre ou troquer les surplus qu'on avait sorti du hangar. Grâce à ça, on peut s'acheter ce qui nous manque pour finir les travaux. Les finitions, quel drôle de nom tout de même! Plus chronophage que le gros œuvre, et bien plus pénible. Peindre, poncer, poser les plinthes et le linoleum. Je n'en peux plus! Il faut dire que jusqu'à présent, toutes les tâches pénibles, c'était le travail des garçons. Mais je n'ai pas le choix, si je veux que ça avance, il faut que je mette aussi la main à la pâte. Cependant, je ne peux que m'interroger sur ce que faisait Diego. Je ne suis pas architecte, mais... il ne construit pas un logement uniquement pour notre géant. Il y a bien trop de chambres, deux salle de bains, bref, c'est louche!

Je ne comprends où tout ça nous mène que lorsque le Colonel est venu nous voir pour se rendre compte de l'avancée des travaux. Il est bluffé, mais comme moi, il demande pourquoi il y a tant de chambres. Ce à quoi Diego répond que l'endroit est trop grand même pour un Godfanone adulte. Du coup, il a pris l'initiative de faire une sorte de caserne spécialement pour l'équipe I. J'aurais cru que ça rendrait le chef fou, mais au contraire, ça semble l'amuser. Et au lieu de nous enguirlander, il nous félicite et nous exhorte à continuer sur cette voie. Du coup, je suis un peu dégoutée de ne pas être à l'origine de la bonne idée. Encore un domaine ou Diego me dépasse! Même si je suis contente pour nous parce qu'on a un chez nous rien qu'à nous et qu'on a été félicités pour ça. Le fait que l'homme poisson me surpasse encore me fait rager intérieurement. Je suis la chef d'équipe nom d'une biscotte! C'est à moi d'être la meilleure en tout!

Je prends alors la résolution de m'entrainer dur et en secret. Notre maison n'étant pas encore finie, on dort encore dans nos dortoirs respectifs. Mais moi, je sors furtivement m'endurcir. Il faut bien que je mette les bouchées doubles. Je soulève donc de la fonte dans la salle de sport des soldats pour gagner en force. Je vais courir en forêt avec deux paquetages pour booster mon endurance. En fait, hormis la stratégie militaire et le combat pour lesquels un partenaire aurait été le bienvenu, je progresse, et je ne peux que m'en réjouir.

Seulement, un soir, alors que je pars m'entrainer, j'entends du bruit. Curieuse, je marche à pas feutrés vers la source de ces sons. Plus je me rapproche plus je réalisais que ça sent drôlement bon. Une odeur fine, presque imperceptible, portée par de l'alcool m'arrive aux narines. Je ne sais pas ce que c'est mais ça me fait très envie. Même si j'ai bien remarqué que ça provient du bureau du Colonel, je ne réalise que trop tard que j'ai pénétré dans la pièce, sans prendre la peine de frapper, en plus!




Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Ven 2 Juin - 10:19, édité 4 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Ven 13 Nov - 10:20

Chapitre quatorze : les soirées très privées du Colonel Farlane  



Il fait nuit, et je suis dans le bureau du Colonel. Seulement, je ne suis pas seule. Il y a pas mal de gens. Cinq types en plus du chef de l'Académie. Ces personne sont assises autour d'une table ronde. Je sens bien qu'ils me regardent et le silence pesant qui s'est installé est bien plus retentissant que la moitié du vacarme. Je ne me sens pas à ma place ici. J'ai clairement l'impression que j'ai vu quelque chose que je ne devais pas voir. Enfin, je suis aveugle, mais le sentiment est bien là. Pourtant ces hommes ne font rien de répréhensible. Vu le fumet, je dirais qu'ils sont juste en train de manger. Je suis en train de faire doucement machine arrière quand tout d'un coup.

"Allez viens jeunette!"

Non merci, j'ai déjà mangé!

J'ai répondu du tac-o-tac, sans même me demander quelle est la qualité de mon interlocuteur.

"Viens Jeska, n'aies pas peur." Lance doucement le Colonel Farlane. "Les amis, je vous présente l'aspirante Jeska Kamahlsson. C'est une de nos meilleures recrues! Et pourtant, elle est aveugle!"

"Hé, elle me rappelle une petiote que j'avais eu sous mes ordres! Comment elle s’appelait déjà? Banana?"

"Ce serait pas Boïna, plutôt?"

"Ha si, du coup, tu manies le sabre aussi?"

Heu, non, désolée...

"Hé, mais, elle a pas des ailes dans le dos?"

"Mais si! Bien vu Callaghan! C'est une ange, plutôt mignonne en plus!"

"Hé bé, tu ne t'ennuies pas Greg..."

"Hum.. hum..."

L'effervescence retombe. Le Colonel Farlane sollicite le silence chez ses invités.

"Je vais faire les présentations. A ta droite, le Lieutenant Colonel Alexander Freyd." "Salut." "A coté de lui, le Commodore Sonba Béwii." "Yo!" "En face de moi, le Lieutenant d’Élite Ezekiel Callaghan." "Soir." "Directement à ma gauche, Zachary Smith, Lieutenant Colonel." "Héya!" "Et pour finir, le Commandant d’Élite Gonzague de Kervern." "Bonsoir."

On me trouve une chaise et on m'invite à m'asseoir. Bien évidemment, je suis assommée de questions diverses et variées. Et j'y réponds avec plaisir. D'habitude, c'est Héfy qui accapare l'attention, alors pour une fois que c'est à moi d'être le sujet de la conversation, je savoure. Cependant, ils laissent transpirer pas mal d'infos sur eux. Par exemple, le Commandant d’Élite de Kervern est issu de la petite noblesse, et s'est engagé dans la Marine pour échapper aux contraintes d'un mariage arrangé. C'est un peu le chaud lapin de la bande. Je crois même qu'il essaie de me draguer! Ew... pour moi c'est juste hors de question, sortir avec quelqu'un qui a plus de cinq ans de plus que moi... non... vraiment pas! J'apprends aussi qu'ils sont tous des anciens camarades à l'Académie. Je trouve ça génial que leurs liens ne se soient pas distendus avec le temps, mais au contraire renforcés. Je me mets à penser à ma fine équipe, dans trente ans. On aura leur age. J'espère au fond de moi qu'on sera encore amis.

Mais le plus important dans cette soirée, c'est bien la nourriture. Le Commodore Béwii est un sacré cordon bleu, et même sans appétit, je me vois forcée de goûter. Pour ne pas vexer, évidemment! Même si l'odeur me fait saliver comme une morte de faim. Seulement, pour aller avec la bonne chère, il n'y a rien de mieux que le bon vin. C'est la première fois que je bois de l'alcool de ma vie. Et je dois avouer que cette expérience est pour moi une révélation. Comment du jus de raisin transformé par des champignons microscopiques peut donner un tel breuvage? Des notes enivrantes de pain d’épice, de coco et de safran emplissent mes narines. Et que dire une fois que je porte ce liquide à mes lèvres. Callaghan me glisse qu'il s'agit d'un vin blanc de North Blue. Je ne sais pas encore trop ce que ça signifie, mais je me régale. Ce vin est fluide, mais il possède une sorte de texture grasse qui lui donne la capacité de bien remplir la bouche sans pour autant être écœurant. Les notes d'agrumes et de miel d’acacia subliment le tout. Et puis surtout, une fois qu'on l'a avalé, il y a cette persistance aromatique qui nous fait croire que le cru est encore en bouche. Mes petites ailes noires frétillent tellement je prends mon pied. Je ne pensais pas pouvoir ainsi frôler l'extase en buvant. Le petit soupir que je pousse est étrangement évocateur du plaisir que je viens de prendre tout en étant terriblement incongru au milieu d'une assemblée d'hommes.

Je sens les regards de ces hommes se poser sur moi tandis que je rougis. J'ai l'impression d'avoir commis un terrible impair. Je me recroqueville, me faisant toute petite sur ma chaise. Présentement, j'aurais voulu pouvoir disparaître. Seulement Gonzague, ils veulent que je les appelle par leur prénoms maintenant, me donne une grande tape dans le dos et éclate d'un rire tonitruant. J'ai gagné ma place dans leur petit groupe. On remplit mon verre de ce délicieux Chardonnay et je le écoute parler de leur jeunesse. Et aussi de leurs exploits. Grâce à ça, je prends gratuitement des cours de stratégie. Et j'en suis plus que ravie, car je pêche dans ce domaine. Malheureusement, je découvre les plaisirs du vin en même temps que ceux de l'ivresse.

Je ne tiens pas l'alcool. A mon plus grand malheur. Très vite donc, ma tête devient lourde et je finis par m'assoupir sur la table. Un sommeil aussi doux qu'alcoolisé. Au bout d'un certain temps, je sens qu'on me soulève. La personne qui fait ça essaye de faire preuve de délicatesse alors je reste muette. Puis elle me dépose dans un lit.

Ou suis-je?

"Dans votre lit, aspirante Kamahlsson. Dormez bien. Ha, avant de partir, mes amis et moi-même nous nous réunissons tous les derniers Jeudi du mois. On vous attend le mois prochain."

J'esquisse un léger sourire tandis que je m'enfonce à nouveau dans un sommeil sans rêves.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Jeu 17 Aoû - 12:42, édité 4 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Dim 22 Nov - 18:00

Chapitre quinze : l'excursion  



Et finalement, les vacances d'été finissent comme elles ont commencé. Par des travaux. Avec Diego et God', on se hâte de finir le dortoir pour notre équipe. C'est cocasse comme le mot "finitions" laisse penser qu'on en a plus pour longtemps alors que c'est sans doute ce qui est le plus long. Mais c'est avec un plaisir non dissimulé qu'on présente le fruit de notre travail au reste de l'équipe à la rentrée. Héfy semble ravie, Wolfgang en perd ses mots, bref, on a réussi notre coup. Étrangement, la rentrée n'amène pas de nouvelle recrue. Cependant, je ne me suis jamais demandée pourquoi on n'a pas de seniors non plus. Parce qu'en fait, il n'y a pas une Académie, mais six. Une par Blues, une sur Grand Line et une dans le Nouveau Monde. De ce fait, chaque promotion suit tout son cursus à un seul endroit. Sans mélange.

Très vite, on se réinstalle dans notre train-train quotidien. Sauf que moi, en plus, je sors en ninja chaque soir pour doubler mes rations d'entrainements. Sauf le dernier Jeudi du mois où je prends un plaisir certain à déguster de bons petits plats et savourer des grands crus. Mais pas que! Je rattrape aussi mon retard en matière de stratégie militaire. Et, petit à petit, je me rapproche du niveau de Diego. Et je dois avouer que ça me fait énormément plaisir. En bref, tout va bien! Même au sein de l'équipe, vivre tous ensemble a renforcé notre cohésion. Certes, au début, on a eu quelques ratés, notamment lors des passages aux douches, mais rien qu'un peu de bon sens n'a pu régler.

Et le temps passa. On est en janvier 1617 et on vient juste de fêter mes seize ans. Mes amis m'ont organisé une petite fête surprise. Enfin, pas tant que ça, car j'ai l’ouïe fine. Mais bon, j'adore recevoir des cadeaux! Alors je n'ai pas fait la fine bouche. J'ai pris ce qu'on m'offrais, même mon premier soutien-gorge, présent d'Héfy, qui m'a fait franchement rougir. On me réclame que je l'essaie de suite, mais c'est tout bonnement hors de question! Et le lendemain, j'ai un an de plus au compteur, et aucunement l'impression d'avoir changé en quoi que ce soit.

Seulement, nous sommes tous convoqués sur le port de la base. Seul manquait Godfanone. Un navire nous y attendait, et j'appréhende de monter à bord. La dernière fois, j'ai eu le mal de mer. En plus il fait froid. Et je supporte mieux les températures d'été que la rudesse de l'hiver. Enfin, on est sur South Blue, il doit juste faire sous les dix degrés, mais dix de plus ne m'auraient pas dérangée. Là, le Colonel Farlane nous attend.

"Mesdemoiselles, messieurs, vous partez tout à l'heure pour Montoblanco. C'est à trois jours au Nord d'ici. Là bas, vous devrez gravir le plus haut sommet de l'île et y récupérer un drapeau. La dernière équipe a revenir avec son drapeau héritera de toutes les corvées. Bon voyage, et bonne chance!"

Et nous voilà tous mes compagnons en train de voguer paisiblement sur l'eau et moi, accrochée au bastingage comme une moule sur son rocher à vomir tout ce que je peux. Je déteste les bateaux et surtout, le roulis. C'est donc pour moi trois jours de clavaire. Heureusement que le trajet ne dure pas plus longtemps! Cependant, c'est considérablement affaiblie que je foule pour la première fois le sol de Montoblanco. Et je dois avouer que c'est très étrange. Heureusement, on nous a fait enfiler des bottes avec l'intérieur en fourrure. C'est rudement agréable de marcher dans la neige. En plus je n'en ai jamais vue. Enfin, sentie serait plus juste. Frontch frontch! Le bruit m'éclate! Frontch frontch! Je sautille partout comme une gosse! Frontch frontch! J'ai l'impression d'avoir perdu dix ans et que ma fatigue due au voyage s'est évaporée. J'adore la neige, c'est trop rigolo de marcher dedans, en plus couverte comme je suis, je n'ai pas froid. Super! J'ôte mes moufles pour saisir à pleine mains cette chose, c'est froid et un peu humide. Ça fond au contact de ma peau, me donnant soudain la chair de poule.

Puis soudain, un mec hurle, "bataille de boules de neige!". Et ce fut l'apocalypse! Ça fuse de tous les cotés! Je suis littéralement canardée. Immédiatement, je renfile mes moufles et serre ma capuche autour de ma tête. Je finis par tomber sous les tirs ennemis. Bien que ça ne signifie pas pour autant la fin de mes aventures. Je suis allongé sur le dos, riant à pleins poumons. Le habitants de l'île nous préparent un bon chocolat chaud, nous donnent un paquetage et on part enfin à l'aventure. Il nous faut donc gravir la plus haute montagne. Et si au début, la tâche est facile, plus on avance, plus un vent de face nous fouette le visage et nous ralentit. Finalement, l'ascension ne se fera pas dans la journée.

La nuit tombe et les températures font de même. Il faut se trouver un abri et vite. Pas évident, car le vent s'est mu en blizzard et on n'y voit pas à plus d'un mètre. Certes, pour moi ça ne change pas grand chose, mais, pour ceux qui sont mes amis, c'est très perturbant. Heureusement pour nous Timmy a la bonne idée de nous construire une sorte d'igloo en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Grâce à ça, nous pouvons passer une nuit dans une relative chaleur. Cependant on est tous les uns sur les autres, filles et garçons mélangés, et cette promiscuité n'est pas des plus agréables. Nous avons tous eu le plus grand mal à trouver le sommeil. Et quand le matin pointe le bout de son nez, le vent est tombé, mais il a gelé sur la neige, et nos bottes n'ont pas de crampons. Du coup nous avons toutes les peines du monde à avancer. D'autant plus que j'ai strictement rationné le dîner et le petit déjeuner. En effet, on ne sait pas combien de temps ça va nous prendre de chercher le fameux drapeau, du coup, je préféré la jouer prudente.

Le froid, la faim, et le sol rendu glissant nous mettent déjà les nerfs à fleur de peau. On ne se parle peu, de peur qu'un mot malheureux ne fuse. Puis soudain, Wolfgang le bègue se met à crier.

"Les g... g... gars! A... A... A..."

Nom d'une biscotte, tu ne peux pas dire "atchoum!" comme tout le monde?

"Avalanche!"

Et merde...



Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mer 7 Juin - 10:19, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Ven 27 Nov - 10:27

Chapitre seize : l'enfer gelé  



Le sol tremble soudain et j'entends le bruit de l'avalanche. C'est presque le même son que lorsque je verse mes céréales du matin dans un bol. En juste un milliard de fois puis puissant. J'ai peur, car la coulée de neige fonce droit sur nous. Tétanisée, ma voix s'étrangle dans ma gorge alors que j'ordonne à mes gars de se mettre à couvert. C'est alors que je sens le bras puissant de Diego m'attraper par la taille et me jeter au sol près des autres. Seulement, j'ai bien trop peur pour protester. Je me contente donc d'attendre là, terrorisée devant la puissance de Mère Nature, serrée contre mes amis. Les secondes se font telles des heures alors qu'on se fait ensevelir sous la neige. Heureusement que mon équipe a bien réagi, sinon, je serai sans doute morte à l'heure qu'il est.

Enfin, voilà, l'avalanche est passée, et nous, on est ensevelis sous deux mètres de neige. Serrés comme des sardines. Très vite, Wolfgang et Diego commencent à nous creuser une sortie. Moi, je tremble comme une feuille. Et bien qu'Héfy essaye tant bien que mal de me remonter le moral, je n'arrive pas à lui répondre. Je suis frappée de mutisme! Mes lèvres bougent, mais aucun son ne daigne sortir. La poisse! Aveugle, et maintenant muette aussi! Je me résous donc à hocher la tête, de bas en haut, pour le oui et de droite à gauche pour le non. Trainée dehors par Gaston et Timmy, je sens de nouveau l'air froid de la montagne me gifler le visage. Il faut que je me reprenne, je suis leur leader, je me dois de montrer l'exemple et d'être pour eux quelque chose de solide auquel ils peuvent se raccrocher. Mais je n'y arrive pas.

Je tremble et je n’arrive pas à donner d'ordre. C'est alors qu'Hefy prend les devants.

"Les gars, on continue la mission. Wolfgang, tu prends la tête, Diego, tu le suis, moi, je serai derrière toi. Gaston, Jeska et Timmy fermeront la marche. Compris?"

Je hoche la tête tandis que le reste de la troupe approuve comme un seul homme. Timmy a l'idée de sortir une corde et qu'on s'attache tous ensemble. C'est une initiative rudement astucieuse. En effet, la neige a certainement recouvert des crevasses et on est pas à l'abri de glisser sur ce manteau neigeux tout frais. Alors la bande se remet en route vers le sommet. La corde me sert de fil d'Ariane tandis que je ne me suis jamais sentie aussi inutile de toute ma vie. J’apprécie de moins en moins de marcher dans la neige. Elle était loin la Jeska qui s'amusait à sautiller partout et qui riait après la bataille... elle était si loin que j'avais l'impression que c'était dans une autre vie. Je broie du noir, même si le concept lié aux couleurs m'est étranger.

Après une rude demi journée de marche, nous arrivons au sommet. Exténués. Gaston compte les drapeaux à haute voix. Il n'en manque aucun, incroyable! On est donc les premiers. Cette nouvelle nous gonfle le moral, nous mettons donc un fanion dans la main d'Hefy et on entame notre descente. Il est plaisant de constater que le cœur léger, il est bien plus facile d'avancer. On descend donc de la montagne sans cheval contrairement à ce que dit la chanson, mais l'humeur est des plus joyeuses. Même moi, je sens une drôle de chaleur se répandre en moi. Certainement une forme d'euphorie. Je réalise aussi quelque chose d'étrange. J'arrive pour la première fois de ma vie à sentir ce qu'il y a sous mes pieds. Et ce, malgré les chaussures. C'est comme si quelque chose se propage sous mes pas. Une sorte de son, mais sans le bruit. Et que j'arrive à entendre l’écho en retour. Avec mes pieds, oui... c'est très étrange. Et je n'arrive pas à poser des mots sur mon ressenti, du coup, j'ai l'impression d'être un peu idiote.

Puis, soudain, je ressens quelque chose de bizarre sous nos pieds. Quand je marche, mes pieds n'entendent plus l'écho du sol en dur sous la neige. Il me faut quelques longues secondes à comprendre pourquoi. On est sur une crevasse! Mais c'était trop tard, déjà le manteau neigeux cède sous notre poids. Entrainant, Héfy, Gaston, Timmy et moi dans les profondeurs. Heureusement, la corde nous sauve! Et au bout, Diego et Wolfgang nous retiennent de chuter mortellement au fonds du précipice. Seulement même si les deux hommes sont forts, la difficulté de trouver des appuis solides dans de la neige conjugué au fait qu'ils ont quatre lascars à remonter les font lentement glisser vers l'ouverture béante. Bref, si on ne fait rien, on va tous y passer.

Puis soudain, je sens la corde derrière moi vibrer. J'entends aussi le bruit d'un couteau qui racle contre quelque chose. Mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines lorsque je comprends ce qu'il se passe. Ma voix revient sans même que je m'en rende compte.

Timmy, qu'est ce que tu fais?

Il est le dernier de la cordée et il est en train de consciencieusement scier ce lien qui le relie à nous.

Timmy, arrête ça de suite!

Je ne comprends toujours pas le motif de son geste, et je ne compte pas le laisser faire.

"Plus léger, plus léger, Jes'!"

J'ai pourtant confiance en mes amis, mais sentant qu'on descend lentement mais surement, je comprends enfin pourquoi Timmy fait ça.

Héfy, Gaston, séparez vous de vos sacs, on est trop lourds pour que Diego et Wolf' ne nous remontent!

Ils obtempèrent sans mot dire, Et notre ingénieur et moi, en firent autant.

Les gars, vous y arrivez mieux à présent?

Je m'adresse à Diego et Wolfgang, qui donnent leur maximum pour éviter que nous ne chutons tous. Cependant, ce n'est toujours pas suffisant. Je sens très bien qu'on glisse inexorablement vers une fin certaine. Et j'entends Timmy reprendre son manège. Mais moi, je refuse de tout mon être cette possibilité. Seulement, au dessus de nous, Wolfgang a déjà presque un pied dans le vide. La situation est plus que critique. Gaston parait résigné, et Héfy chiale. Quant à moi, ma voix s'est transformée en une série de sanglots.

Timmy, ne fais pas ça. On va tous s'en sortir... tiens le coup, mec...

Il n'y a rien de pire que de dire à une personne qu'on aime que tout va aller pour le mieux alors qu'on sait qu'on ment. Timmy va mourir s'il scie cette corde. Mais en faisant ça, il nous sauvera tous. Seulement, moralement, je ne peut pas me résoudre à l'encourager dans son geste. Tout ce que je peut faire, c'est de le laisser partir avec la conviction que son sacrifice ne sera pas vain. Et quand la corde rompt finalement, et que Wolfgang et Diego nous remontent, je me sens soulagée. Horriblement soulagée. Le froid fait geler mes larmes contre mes joues, et je reste au bord du précipice, comme si je m'attends à entendre la voix de Timmy me dire que tout va bien.

Je ne pensais pas que la première mort à laquelle j'assisterai serait celle d'un ami. Je refusais de le croire. Je refusais de bouger, je ne voulais pas l'abandonner. A la limité de l'hystérie, c'est l'homme-poisson qui me calme. En m'envoyant un bon gros direct du droit dans les gencives et qui me sèche aussi sec. C'est donc dans les bras de Morphée que je quitte cet enfer gelé.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mer 7 Juin - 10:24, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Mar 29 Déc - 17:57

Chapitre dix-sept : les rêves des survivants 



Je reprends conscience dans l'infirmerie d'un navire. L'odeur camphrée et le roulis ne trompent pas. Je sens aussi les fragrances corporelles des autres membres de la troupe. Seul manque Timmy. J'ai alors comme un instant de doute. Je me demande où peut-il bien être. Puis le souvenir de sa mort me revient au visage comme un coup de poing. Il est mort. Je ne l'entendrai plus jamais rire ou râler. Il ne sera jamais un soldat comme nous autres, même s'il en avait clairement la trempe. C'est la première fois que j'ai vraiment affaire à la Mort, et je trouve la faucheuse absurdement injuste. Pourquoi prendre cette vie au lieu d'une autre? N'y avait-il pas un malfaisant pirate qui méritait plus de mourir que mon ami? Nom d'une biscotte! C'est tellement... Injuste. Une injustice contre laquelle je ne peux lutter qui plus est. Ce qui rajoute un terrible sentiment d'impuissance sur ma culpabilité naissante.

Doucement, j'émerge. J'ai les mains dans des bandages, et je souffre du bout des doigts. Des engelures que ça se nomme d'après l'infirmière. Moi, j'ai plus l’impression qu'il s'agit de brûlures. Enfin, je ne vais pas discuter vocabulaire médical avec le personnel soignant. Dès qu'on a un peu d'intimité j'essaye de discuter avec mes amis.

Les gars, ça va?

Je dois avouer que je ne verse pas dans la grande originalité, mais voilà, pour moi, l'important est d'avoir une idée de l'état physique et moral de mes troupes. Grosso-modo tout le monde va plus ou moins bien. Les rares bobos à déplorer ne sont que des engelures. Rien qu'on ne peut guérir avec de bonnes tartines de crème et des pansements. Pas contre, comme je le craignais, le mental est touché. On est pas encore véritablement en deuil, mais l'ambiance se faisait morose. Je tente alors quelque chose. Un peu comme pour m'exorciser du chagrin de son décès, je me mets à évoquer des souvenirs. Les situations cocasses aux bons moments passés avec Timmy. Très vite, c'est au tour de Diego de raconter d'autres anecdotes. Et puis ainsi de suite. Ces histoires, dont certaines m'étaient inconnues, ressuscitent temporairement notre ami dans nos cœurs.  

Malheureusement, avec seulement une petite paire d'années de vie commune, nous finîmes par arriver à court d'aventures à évoquer. Alors, afin de préserver la magie du moment, je commence à évoquer ma propre vie, mes aspirations, mes rêves de gamine idiote et un peu aveugle, à moins que ce ne soit l'inverse.

Vous avez, moi, je me suis engagée pour... parce que... enfin... Je suis aveugle ne naissance, et orpheline, donc, vous comprenez bien que ça n'a pas été simple. La première personne à m'avoir tendue la main était un soldat de la Marine, Artorius. Et depuis, je n'ai qu'un but dans la vie, essayer de faire que cet homme soit fier de moi. Il tiens dans mon cœur la place qu'aurait du avoir mon père si jamais je l'avais connu. Et je dois avouer que plus je grandis, plus j'ai envie d'autre chose. Certes je veux toujours qu'Artorius soit fier de moi, mais je veux plus. Je veux prouver que je ne suis pas qu'une pauvre et malheureuse handicapée. Je veux montrer à tous qu'à force de courage et de persévérance, on peut surmonter les désavantages de sa naissance. Et puis... je ne sais pas trop si je peux vous le dire, mais... j'aimerais aussi beaucoup retrouver un garçon.

Il devait y avoir quelque chose dans ma voix qui trahit un certain émoi car de suite, j'eus l'attention de toute l'assemblée. particulièrement celle d'Héfy qui aimait les histoires d'Amour. Je racontais alors à mes amis quand j'étais jeune et innocente. Ce qui finit de satisfaire leur curiosité.

Diego prit ma suite, évoquant son passé. Sa vie sur l'île des hommes-poissons et surtout le fait qu'il fut rejeté par les siens lorsqu'il annonça vouloir être un marine. Sa famille haïssait les humains. Du coup, ça expliquait pourquoi il ne rentrait pas chez lui pendant les vacances. Puis Wolfgang expliqua que ce n'était pas une vocation pour lui, mais que ces parents désargentés voulaient tout de même qu'il fasse quelque chose de bien dans sa vie. Apparemment, le bègue était une petite racaille avant que ses parents ne l'inscrivent à l'Académie. J'avais un peu du mal à l'imaginer ainsi, mais ça expliquait son extraordinaire habileté avec les armes à feu. Ensuite ce fut le tour de Gaston. Il se sentait un peu gêné de ne pas avoir de passé triste à raconter, en fait son enfance était des plus banales, et sa famille était dans les classes moyennes. Il avait intégré la Marine dans l'espoir de pouvoir un jour rejoindre la brigade médicale et scientifique. Enfin, ce fut le tour d'Héfy. Qui eut toute les peines du monde à confier des éléments de son passé. Bien qu'assez extravagante d'habitude, elle était là étonnamment pudique. Mais, personne ne la força.

Les discussions partirent ensuite sur nos rêves, nos idéaux. On parla longtemps de Liberté et de Justice. Tant est si bien qu'on se fit enguirlander pour ne pas respecter le couvre-feu de vingt-deux heures. Alors, on finit nos discussions en murmurant, et puis, finalement, on s'endort.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mer 7 Juin - 10:28, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Mer 30 Déc - 19:55

Chapitre dix-huit : rétrogradation



Je me réveille dans cette fichue infirmerie. Il est encore tôt. J'aimerais bien faire la grasse matinée, mais, je réalise que nous ne sommes pas seuls. En effet, le Première Classe Ricky Martin est là. Je me demande bien ce qu'il fiche là, mais il nous ordonne d'un ton inhabituellement sec de nous habiller au plus vite et de le rejoindre sur le pont. On ne pose pas de questions et on se met en tenue. A peine cinq minutes plus tard, nous voilà présents à ses cotés. L'air marin nous fouette le visage, et on se tient droit comme des piquets, en attendant le sermon de notre supérieur.

"Bon, c'est quelque chose d'assez rare et regrettable, mais Timmy McKormik est mort. On est allé chercher sa dépouille et actuellement, on fait cap vers l'île des sables, d'où il est originaire pour rendre le corps à sa famille. De ce fait j'aurais besoin que vous me racontiez les circonstances exactes de son décès."

Il ne prends pas de gants. Pour nous, le choc est rude, et personne n'ose prendre la parole. C'est trop frais comme blessure pour que nous puissions en parler librement. Le secondes s'égrainent comme des minutes. J'entends la respiration du Première Classe. J'y sens son agacement. Alors, timidement, je prends la parole. J'explique comme le drame s'est produit et j'ai du mal à retenir larmes et sanglots. Plusieurs fois, je me vois contrainte de m'arrêter dans mon récit pour sécher mes larmes ou me moucher. Heureusement que l'histoire n'est pas bien longue, sinon, je crois que j'aurais fini par craquer tant l'émotion devenait de plus en plus vive.

"Je te remercie Jeska. Votre ami est mort en héros." Il marque une pause. "Tout à l'heure nous accosterons sur l'île des sables. Nous six, nous porterons son cercueil à sa famille et seul moi parlerai à ses parents. Je ne vous autorise à rien d'autre que leur présenter vos condoléances. Compris?"

Tous ensemble, on répond par l'affirmative et on attend patiemment sur le pont que le trajet se finisse. On appréhende tous de rencontrer les parents de feu notre ami. Surtout en de pareilles circonstances. Moi, je ne sais pas. j'ai la cervelle en sauce blanche. Je suis incapable de réfléchir. Je ne sens toujours aussi atrocement coupable. Plus le temps passe, et moins j'ai envie d'y aller. Mes amis ont dû ressentir mon émoi et m'entourent de toute leur affection et me couvrent de conseils. Mes doutes sont éloignés, mais pas définitivement chassés.

Le navire étant trop gros pour débarquer sur l'île, on doit s'y rendre en chaloupe. L'embarcation est assez petite pour nous six, et avec le cercueil au milieu, c'est assez difficile de ramer. D'ailleurs, c'est la première fois que je touche un coffre mortuaire. Je me dis que Timmy est là, entre ces quatre planches. Et je me sens infiniment triste. Mais, autant le chagrin est là, autant les larmes refusent de venir. Aurais-je assez pleuré mon ami? Suis-je soudain devenue insensible? J'ai l'impression d'être anormale. J'entends mes amis sangloter plus ou moins discrètement. Et moi, rien. Plus rien. Je me sens monstrueuse en dedans. Je chasse ces sombres pensées en ne me focalisant plus que sur le fait de souquer ferme.

Tant est si bien qu'on finit par arriver. Et le royaume des sables est très... sableux. Oui, je sais, ce raisonnement ne casse pas trois pattes à un canard, mais je déteste le sable. Il s'insinue partout et me démange à mort. Non, franchement, c'est l'horreur. Alors quand on doit marcher la dedans, tout en portant un cercueil, la chose devient un supplice. Un calvaire fort heureusement bien bref, car les nomades de l'île des sables nous attendent. Oui, il faut savoir que cet endroit porte bien son nom. C'est un endroit sans vie, avec juste du sable, et des dunes de sable. Les nomades qui vivent ici sont des spécialistes de la survie en milieu hostile et leur débrouillardise est proverbiale. Seulement, ils ne quittent que rarement leur île. Ce sont, à ce qu'il paraît, des gens assez mystérieux et secrets. Et plus on s'approche d'eux moins je suis à l'aise. Déjà car je sens sur eux l'odeur de la poudre et aussi parce qu'ils commencent à nous encercler et que je trouve la manœuvre menaçante en soi. Personne n'est très rassuré, et j'entends Héphy claquer des dents malgré la chaleur ambiante.

Alors le Première Classe Ricky Martin prends la parole. Il explique à ces gens ce qu'il s'est passé. Religieusement, ils écoutent ce que le soldat a à dire. Et puis, quelques instants après la fin du récit, six hommes de la tribu nous soulagent du coffre mortuaire et embarquent notre ami loin de nous. Alors cinq personnes se placent devant nous. Et une femme prends la parole.

"Je suis Farrah, la mère de Timmy. Je vous remercie d'avoir pris la peine de ramener le corps de mon fils. Ainsi, il pourra reposer avec ses ancêtres. Mais maintenant, au risque de paraitre discourtoise, je me dois de vous dire de vous en aller. Les étrangers ne sont pas autorisés à voir de près ou de loin nos rîtes funéraires. Sur ce, je vous souhaite un bon retour."

Du coup, on ne se fait pas prier. Et même si on quitte l'île des sables le cœur lourd de la perte de notre ami, je dois bien avouer que je suis contente de laisser derrière moi le sable et les gens bizarres qui y vivent. Le retour à l'Académie se fait sans encombres. Certes, on est un peu sollicités par nos autres camarades qui nous demandent ce qu'il s'est passé. Mais après avoir narré une dizaine de fois nos aventures au pays de la glace puis celles au pays du feu, je crois qu'on a largement satisfait la curiosité de nos condisciples. Ce qui nous réchauffe le cœur, ce sont leurs marques de soutien. Et aussi le fait que Timmy soit enfin considéré comme un héros. Même à titre posthume.

Finalement, on revient dans notre bonne vieille Académie. Le Colonel Farlane nous attends sur le quai du port. Apparemment, Ricky Martin lui a communiqué via escargophone ce qui s'est passé sur Montoblanco. On débarque et très vite, le chef s'avance vers moi et me signifie que je suis convoquée dans son bureau. C'est donc entourée du plus haut gradé de l'Académie et du Première Classe Ricky Martin que je chemine vers le bureau du Colonel. L'ambiance y est beaucoup plus lourde est formelle que lorsque j'y vais les derniers Jeudi du mois.

On m'y explique que je suis relevée du commandement de mon unité. Que c'est Héphillia qui va me succéder et que je dois en plus lui annoncer la nouvelle. Je suis furieuse! Tout ça sous prétexte que je ne dirige pas vraiment le groupe, que je le laisse trop vivre. Les bons résultats obtenus ne sont, pour eux, que la résultante des capacités exceptionnelles des membres de l'équipe I. Je sers à rien, en somme! Ils m'assurent que ce n'est pas une sanction, mais moi, je ne peux pas avaler ça. Je le refuse de tout mon être! Bouillonnante de colère, je les écoute essayer de me convaincre que si je ne suis pas apte à diriger aujourd'hui, ce n'est pas une situation figée. Que j'aurais sans doute d'autres opportunités "plus tard". Balivernes! Je leur jette au visage mes sentiments sur le sujet.

Je n'ai pas laissé Timmy mourir! Il s'est sacrifié pour nous! C'est injuste! Pourquoi je devrais être la seule à payer?

"C'est le fardeau de ceux qui commandent, aspirante Kamahlsson."

Je reste bouche bée. Incapable de répondre quoi que ce soit. Le Colonel avait raison, même si, j'ai mis du temps à l'admettre, ma déchéance n'avait rien à voir avec le décès de mon ami. Seulement, là, je n'arrive pas à avaler cette pilule. Ivre de rage, je tourne les talons et je sors en claquant la porte.


Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mer 7 Juin - 10:35, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Lun 29 Aoû - 10:25

Chapitre dix-neuf : une nouvelle rivalité



Je suis furieuse! Mais dans ma colère, j'ai un soubresaut de conscience. Je ne peux pas décemment me montrer comme ça devant mes amis. Dans mon état actuel, des mots malheureux pourraient s'échapper de ma bouche et faire encore plus de dégâts. Je décide donc d'aller dans la salle de sport et de passer ma frustration sur un pauvre sac de sable. Et, pour la première fois de ma vie, je cogne juste dans l'optique de me défouler. Ma poitrine me brule, comme si il y a une sorte de feu en moi qui me consume. Et ça gonfle, gonfle, gonfle... au point que j'ai l'impression que je vais exploser! Il faut que je fasse quelque chose. Et puis, soudain, ça part tout seul. Un cri. Ma rage, ma frustration, ma douleur, je déverse malgré moi tout mon ressentiment là dedans. Et, l'espace d'un instant, je vais mieux. Je crois que de lâcher ça a fait office de soupape de sécurité pour moi. Et, comme si la flamme qui m'anime s'est éteinte, je m’affaisse. Je me sens vide, et sans énergie. C'est alors que je réalise deux choses.

Je pleure, et je ne suis pas seule.

Vous êtes là depuis longtemps?

"Oh presque depuis le début, aspirante Kamahlsson. J'étais venu voir comment vous encaissiez le coup. C'est quelque chose de pas évident à gérer, et je dois m'avouer ravi que vous ayez eu la maturité de prendre le temps d'extérioriser votre colère ici plutôt que face à vos camarades. "

En effet, c'est plutôt à vous que j'en veux.

"Vous avez raison. Après tout, c'est moi qui vous ai choisi pour occuper ce poste. Votre échec est aussi le mien. Mais vous ne deviez pas vous en vouloir. C'est moi qui ait mal jugé l'étendue de vos capacités actuelles. Enfin, vous savez, rien n'est figé. Si je dois me hasarder à faire une comparaison, actuellement, vous êtes un camélia, et pour commander, vous devriez plus tenir du magnolia. "

Avez vous oublié que je suis aveugle, Colonel?

"Et qui vous a dit que je parlais de leur apparence?"

Et il tourne les talons, en me laissant méditer sur ses paroles. Je ne comprends pas ce qu'il veut dire. Enfin, pas de suite. Dans ma tête, je recherche ce que je sais de ces deux plantes. Le camélia à un parfum discret, presque imperceptible. Tandis que le magnolia, quant à lui, embaume l'air autour de lui de notes puissantes et capiteuses. Je crains de saisir sa pensée. Actuellement, je suis juste un fleur sans odeur, c'est ça? En fait, je passe à coté de l'essentiel du message. Certainement parce que je m'arrête sur ma situation actuelle. Je soupire, et je file rejoindre mes amis. Pour leur annoncer le changement de commandement au sein de l'équipe I.

Je suis étrangement ravie de constater que la nouvelle les affecte. D'ailleurs, leur sollicitude me réconforte pas mal. Pendant une bonne semaine, ils sont particulièrement aux petits soins avec moi, et ça me touche. Et, très vite, la routine reprends ses droits. Avec Héfy aux commandes, les choses ne sont pas différente qu'avec moi. Je suis jalouse d'elle, je ne le sais que trop bien. Elle est belle, elle est d'une famille noble, et en plus, elle commande maintenant! Et bien que j'ai de meilleures aptitudes physiques qu'elle, je suis loin d'être la meilleure pour autant. Diego reste encore et toujours plus fort, plus rapide, et plus endurant que moi. Bref, je suis devenue une fille ordinaire! Cependant, je reste positive. Après tout, j'ai déjà fait de Diego mon rival, maintenant, j'ai juste à allonger la liste avec le nom d'Héphillia. Ça me fait juste un personne de plus à surpasser! Et alors que je l'aide du mieux que je peux, je l'observe. Non pas pour trouver une faille et la faire mesquinement tomber. Mais pour m’inspirer d'elle. Parce que je ne compte pas la battre de façon opportuniste, à l'occasion d'un de ses moments de faiblesse. Je veux la dominer au meilleur d'elle même et prouver par là même que c'est moi la plus apte à commander!

Malheureusement, que ce soit Diego ou Héfy, je ne les surpasse pas lors des six mois suivants. Et même si je suis "major de la promo" après les examens de fin d'année, c'est surtout dû au fait que je suis bonne en tout. Mais je n'excelle nulle part. Et puis, je suis dispensée de l'épreuve de tir aussi. Enfin, bref. Avoir la meilleure moyenne ne me satisfait pas autant que je l'aurais cru. A quoi ça me sert d'avoir des bonnes notes? Je ne vais pas récupérer le commandement de mon groupe pour autant. Et, ça ne ramènera pas Timmy. J'ai l'impression d'avoir juste gagné le droit de faire plus d'efforts! Enfin, qui dit examens de fin d'année, dit vacances d'été, et surtout, la fameuse soirée barbecue où on a tous la permission de veiller jusqu'à une heure du matin! C'est parfait pour décompresser d'une année éprouvante! Et puis, surtout, cette fois, on passera la période estivale tous ensemble! En effet, Héfy nous a tous invités chez elle!



Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mer 7 Juin - 10:40, édité 1 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
avatar
Jeska Kamahlsson

♦ Équipage : Red Spectres

Feuille de personnage
Dorikis: 5863
Popularité: -363
Intégrité: -346

Mar 30 Aoû - 11:39

Chapitre vingt : une situation explosive



L'itinéraire pour se rendre chez les Von Huckbein est des plus compliqués. Héfy nous explique que c'est un mal nécessaire pour éviter qu'elle ne soit la cible de l'Armée Révolutionnaire. De ce fait, discrétion et complication sont les maîtres-mots durant notre voyage. Et après pas loin d'une semaine de voyage, nous y voilà! Et je dois dire que je m'attendais à tout, sauf à ça. Red Line, la bande de roche qui sépare le monde en deux, voilà où nous sommes. Et on vogue droit vers ce mur! Et puis soudain, dans un vacarme assourdissant, j'entends la montagne qui se fend en deux, pour nous laisser passer. C'est impressionnant! Cette famille vit dans Red Line!

Le royaume troglodyte de Rokas est tout bonnement immense! Il s'agit d'un gigantesque réseau de galeries qui s'étend dans tout Red Line. Et à la tête de ce pays, la famille noble des Von Huckbein. Ils vivent là dedans depuis très longtemps et se sont enrichis grâce aux ressources minières. Et depuis le siècle dernier, ils ont commencé à se spécialiser dans la production d'armes, notamment pour la Marine. Heureusement, Héfy nous sert de guide, nous racontant l'histoire de son pays et nous montrant les lieux les plus beaux. Évidemment, pour moi, la caverne des cristaux arc-en-ciel ne peut pas m'émouvoir, mais apparemment, c'est un endroit magnifique. Enfin, il y a de quoi faire! Au bout d'un mois, on n'avait même pas vu la moitié de ce qu'il y avait à voir. Surtout le Manoir qui fait office de palais royal, mais qui est interdit aux gens de basse extraction. C'est étrange, mais c'est la première fois que je sens la noblesse de mon amie comme quelque chose qui nous sépare. A l'Académie, Héfy est comme nous, mais ici, c'est la Princesse Héphillia, et tous s'inclinent devant elle. Je dois avouer que je l'envie.

Et finalement, notre séjour sous terre se termine et on retourne à l'Académie. C'est étrange, mais bien que je ne puisse la voir, la clarté du jour m'a manqué. Et puis, vivre sous terre comme ça, je ne sais pas comment Héfy fait pour ne pas avoir peur que tout s'écroule. Et puis avoir en permanence l'écho de chaque son, c'est saoulant! Oui, finalement, en y mettant un peu de mauvaise foi, le royaume de Rokas ne casse pas trois pattes à un canard! Enfin, on embraye sur notre troisième année, et je dois bien avouer que le démarrage est rude. Après tout, on a passés nos deux mois de vacances à faire du tourisme et on a négligé l'entrainement. Du coup, on est à la peine pour la reprise. On doit donc mettre les bouchées doubles. Heureusement pour nous, on ne met pas trop longtemps pour se retrouver notre niveau. Et très vite la routine s'installe. Je reprends mes séances nocturnes, et j'ai toujours plaisir à participer aux soirées du Colonel.

Cependant, Godfanone retourne à Erbaf et nos tours de garde du weekend changent, on ne va plus à Nibelheim, mais à Yukai, une grande ville portuaire tout à Nord de l'île. Malgré ses presque vingt mille âmes, l'endroit est paisible. Nos rondes consistent principalement à assister la garnison locale. Pour dire clairement, on leur permet de prendre leur weekend. Tout le monde est content. Et le temps file entre nos doigts comme de l'eau. Et les trois années suivantes s'écoulent sans incident notable.

Et puis un beau jour de Septembre 1620, on réalise qu'il y a de nouveaux habitants à Yukai. Une communauté d'hommes-poissons s'est installée. Une petite centaine d'individus. D'abord craintive, la population indigène adopte vite les nouveaux venus lorsqu'elle s'aperçoit des services qu'ils peuvent rendre. En effet, avec la force de dix hommes et la capacité à respirer sous l'eau, la pêche et bien d'autres activités s'en retrouvent grandement facilitées. Malheureusement, très vite des tensions apparaissent. Beaucoup d'humains reprochent aux habitants des profondeurs de leur prendre leur travail. Et malheureusement, il n'ont pas totalement tort. Le hommes-poissons abattent bien plus de boulot que le locaux dans le même laps de temps. C'est une aubaine pour les patrons qui ne paient qu'une employé pour faire le job de cinq. Mais, dans le même temps, nos amis à branchies ne comprennent pas pourquoi ils sont payés si peu alors qu'ils sont bien plus efficaces qu'un humain.

Racisme et tensions sociales ne font pas bon ménage. Et, forts de leur majorité, les hommes s'empressent prendre des mesures ségrégationnistes. Séparation nette des deux races. Le hommes-poissons sont parqués dans un ghetto, et certains emplois leur sont interdits sous peine d'emprisonnement. Il en va de même pour la fréquentation de certains lieux, comme les bars, par exemple. Nous qui passons régulièrement dans les rues, on a rien vu au jour le jour, mais, quand on s'est mis à penser à ce qu'était cet endroit avant, on a eu l'impression que la ville s'est transformée en poudrière en l'espace de trois ans. Moi, j'entends les murmures des humains quand ils voient Diego. Et je sens que mon ami fait ce qu'il peut pour rester maître de lui.

Et, un beau jour de Mars, le drame arriva. Le sol gelé craque sous nos pieds tandis qu'on fait notre ronde. Et soudain, on réalise qu'un attroupement s'est formé. On s'approche pour voir ce dont il s'agit et, la foule se disperse. Et je ne peux étouffer un cri d'horreur lorsque je réalise qu'un gamin homme-poisson gît là. Battu à mort.




Dernière édition par Jeska Kamahlsson le Mer 7 Juin - 10:46, édité 2 fois
http://www.onepiece-requiem.net/t7775-jeska-kamahlssonhttp://www.onepiece-requiem.net/t7858-les-techniques-de-jeska
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant