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Mille façons de tuer un homme.

Edwin Morneplume
Edwin Morneplume
Poigne de Fer
•• Lieutenant d'élite ••

♦ Localisation : Marie-Joie.

Feuille de personnage
Dorikis: 3853
Popularité: -390
Intégrité: 315

Ven 19 Déc 2014 - 5:47

Pierres froides, paroi humide, mur plein, antre vide. Il croupit là depuis si longtemps déjà. Si longtemps. Longtemps ? Le temps n'est plus une unité valable pour son cerveau vide et creux. Il n'existe de chronologie pour lui que dans ses rares moments de clarté. Clarté, parce que la lucidité est un état auquel il n'a plus accès depuis belle lurette. Ces instants où il n'est que loque, brisé par ses fautes et par la vie, il existe à travers les gouttes qui suintent des pierres et s'écrasent sur le sol couvert de fange.

Plic… Ploc… Plic… Ploc… Plic…

Elles sont son lien avec la réalité. Son dernier rapports avec le réel, avec le vrai. Les seuls échos du monde physique pouvant l'extirper du Chaos un instant. Il se torture, râle et racle la pierre avec la fougue d'un démon. Il se roule comme une bête dans sa déchéance, se brise contre les murs de sa geôle. Il se déteste. Il abhorre son existence, se grise dans la folie qui embourbe sa raison. S'il pouvait mourir, il le ferait. Oh oui, il le ferait. Plus que s'arracher la peau des mains, plus que se saigner les jointures contre les barreaux, plus que se scier les poignets à en brailler avec les fers qui lui entravent bras et jambes. Et toujours les gouttes, qui lui rappellent chaque jour, chaque nuit -pour peu que le jour et la nuit existent- qu'il est vivant.

Il est encore et toujours criant de vie.

Plic… Ploc… Plic… Ploc… Plic…

Il y a mille façons de tuer un humain. Classiques, originales, faciles ou compliquées, efficaces ou sanglantes. Des mille façons, lui, il en a choisit une. Un seul moyen de se débarrasser d'elle, à travers toute sa hargne. Il aurait pu s'armer, les descendre, elle et son stupide amant. Il aurait pu les poignarder, les transpercer, les éviscérer, pire ! Les saigner ! Tant de méthodes horribles pensées par l'humanité contre l'humanité. Pour occire autrui… Le poison, la traîtrise, l'accident, une infinité de possibilités pour anéantir celle qu'il aimait. Une myriade de moyens pour jeter aux oubliettes cette vérité insupportable que celle de se savoir trahi. Elle l'a trahi, il s'est vengé. Il y a bien mille façons de se venger d'un homme.
Lui, il n'en a choisit qu'une. Une.

Il les a tué comme une bête. Comme un animal hargneux. Il s'est saisit d'elle comme d'une guenille, comme d'un simple chiffon dont on dispose sans la moindre considération. Comme un torchon,  il la fit voler. La fit s'écraser contre les meubles et les murs. Un cri. Elle était morte. L'autre amant, l'acolyte de cette tromperie, le sbire de cette malfaisance, lui, il le broya comme on écrase du verre. Il le brisa comme on casse des brindilles. Un gémissement, une supplique. Il était mort. Lui, il haletait, mélangeant sueur et larmes, croisant rage et désespoir. De toute les manières possibles et imaginables, il les avait tué par instinct. Emporté par sa colère bestiale. Il la tua comme un rien. Simple action effectuée par un automate en surchauffe. Une machine folle.  Il a tenté de la jeter aux oubliettes. De céder au vide cet amour qui l'a façonné. Toutefois, quinze ans plus tard, les résidus de son crime tachent toujours sa sombre geôle humide. Quinze ans plus tard, il s'extirpe à peine de ce deuil qui l'a détruit. Seuls deux mots, bouées dans l'océan de ses remords, le gardent en vie dans ses quelques instants de clarté, pour ne pas dire lucidité.

Justice. Rédemption.

Plic… Ploc… Plic… Ploc… Plic…

Ses doigts osseux et parcheminés tâtent la pierre avec lassitude, comme un moribond qui cherche à s'agripper à la vie. Une aspérité. Oui, voilà. Une aspérité où il peut s'accrocher et se maintenir un instant de plus dans le vrai. Dans ce monde de l'intelligible duquel il est inlassablement chassé depuis quinze ans. Relief dans la paroi, gravure creusée par des ongles usés et des doigts cornés. Il ouvre ses yeux, lentement, et les pose sur la gravure. Ses cils papillonnent lentement pour chasser les dépôts qui obstruent son regard. Quinze ans. Quinze longuyes années à se maudire et à réfléchir. À réfléchir ? Non. À réaliser. Oui, à réaliser et à comprendre que toute sa vie il était dans le faux. Un ignorant. Un injuste. GRavure sur le mur. Lumière entre les barreaux.

Ci-gît Edwin Morneplume.
Repose en paix.


Plic… Ploc… Plic.. Ploc… Plic !

Bonne conduite. Bonne conduite, lui a-t-on dit. On efface son ardoise parce qu'après quinze ans. -la seule idée de ce chiffre le fait frémir- Parce qu'après quinze ans à se morfondre, à se ronger, à baigner dans ses remords et sa haine profonde envers lui-même, on le considère juste. Il mérite liberté après son délit, croit-on. Il mérite de revoir le ciel, de respirer l'air marin, même s'il l'a tué elle.  Elle. Elle, elle ne verra plus le ciel, elle, elle n'inspirera plus les fraîches effluves de l'océan. Elle, est, morte. Et lui. Parce qu'il s'est tenu à carreau tant d'années. Parce qu'il s'est "bien comporté". Lui, toujours vivant, on le libère.  On lui ôte ses fers, ses entraves, ses loques. Elle, elle est grugées par les vers. Lui, on lui promet un nouveau départ. Elle est là, la Justice dont il se porte garant ? Oui. C'est peut-être un signe, ce doit être un signe. Voilà, un signe. Un message qu'Elle lui envoit du haut des cieux. Oui. Un message. Elle lui parle. Elle lui envoie un message. un signe. Un signe… Il peut se racheter une nouvelle chance.

Tu es libre, Edwin.
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Edwin Morneplume
Edwin Morneplume
Poigne de Fer
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♦ Localisation : Marie-Joie.

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Ven 19 Déc 2014 - 5:51


Libre. Qu'est-ce qu'être libre finalement ? Est-ce simplement le fait de ne plus être incarcéré ? De ne plus avoir de démêlées avec la Justice ? Non. C'est bien plus que ça. Lui, il n'est point libre. Il n'est point libre ! Il reste prisonnier de son passé. Prisonnier de son histoire où colère et remords sont les maîtres mots. Toute sa vie, il l'a vécue comme si chaque instant était le dernier. Toute sa vie il s'est cru libre, alors qu'il ne bâtissait que sa propre cellule. Il n'a qu'un moyen de racheter sa peine, et ce n'est pas en croupissant quinze années de plus dans les ténèbres. Deux mots, toujours.

Justice. Rédemption.

Il y est retourné, là où elle vivait. Une jolie boutique de fleurs, colorée et embaumée. Des souvenirs de passion et de désir qu'il enterre à jamais gisent toujours là-bas, dans cette pièce où il a réduit son existence en morceaux. Le chemin lui revient comme on ne sait oublier la bicyclette. Il est ancré en lui, ce chemin vers l'amour. Cette route vers la mort.

Le bâtiment est passé par les flammes. Réduit en cendres par un incendie de quartier, il y a de cela quelques semaines. Il se tient là, où se tenait autrefois la demeure de sa passion. L'échoppe n'est plus qu'un trou béant entre les autres magasins. Un trou où il est difficile de croire qu'autrefois y poussait des fleurs par milliers. Et lui, il reste prostré là. Inamovible devant la disparition des dernières traces de son passé. Il peut enfin trancher sur une réalité qui, jusqu'à présent, lui était diffuse. Il l'a tué, certes, mais le résultat d'une telle action est encore plus frappant.

Elle est morte. Elsa est morte. Elle ne reviendra plus jamais.

Et ça, c'est de sa faute à lui.





Des mille façons de tuer un homme, c'est par celle là qu'il s'est lui-même éteint.
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Ven 19 Déc 2014 - 6:46


Ah, Morneplume, vous voilà.

Howard Turner, Honorable juge de la cour de North Blue, sirote une tasse de thé de laquelle il vient tout juste de retirer la poche. Vêtu d'un costard, les joues tombantes, déjà à la fin de la cinquantaine, l'homme l'invite à s'asseoir dans le fauteuil de velours rouge lui faisant face. Bureau à l'allure chaleureuse de salon, lumières tamisées, tapisseries aux teintes pastelle, table basse entre les deux fauteuils, cigares.

Tenez, il est au jasmin.

Il s'avance, puis prend place dans le fauteuil assez mou pour qu'il y soit avalé. Le thé est maer, comme tout ce qu'il goûte désormais, les saveurs s'étant dissipées avec son envie de vivre. Il fixe Turner avec un œil vide, hagard, mais empreint d'une once de curiosité.

Je me demandais ce dont vous auriez l'air quinze ans plus tard, Morneplume. Vous étiez complètement fou, à l'époque, une épave. Il faut croire que la prison vous a laissé marqué.
Vous avez allégé ma peine. Voix feutrée, rocailleuse.
Oui j'ai fais ça, Morneplume. Et d'ailleurs, le timing était parfait.
Pourquoi ?
Parce qu'on peut toujours tirer quelque chose de vous, Morneplume !

Il fronce les sourcils, l'air déterminé, puis boit une gorgée de thé. Il n'a pas l'air de ce genre d'homme, le juge Turner, à première vue. Pas de ceux qui donnent une deuxième chance, des hommes qui voient le Bien chez les autres et qui peuvent transcender leur impartialité pour les redresser. Un homme bon. Un homme juste. Edwin lève son regard éteint vers ce vieil homme qui, soudainement, lui tend les pièces recollées de son destin. À la seule différence que, cette fois, les morceaux forment un tout autre arrangement.

Je vous ai fait inscrire à l'académie de formations du BAN, Morneplume. La Marine d'Élite, voilà ce qui vous attend. Considérez ça comme une réinsertion dans la société.

La Marine d'Élite.

Le voilà, son chemin vers la rédemption. On lui offre  une route toute tracée pour éradiquer le Mal. Pour faire régner la Justice. Son regard de fer s'éclaire en fixant ce nouveau messi qui pourtant le condamnait à perpétuité, quinze ans plus tôt. Fébrilement, il avale une gorgée de thé pour humecter sa bouche pâteuse. Les escadrons de l'Élite. Des hommes d'action, le bras armé de la Marine, des soldats qui agissent et questionnent par la suite, des dévots du Bien. Elsa le regarde, là où elle est, elle le regarde et elle sourit. Il peut obtenir son pardon. Il peut mériter cette place à ses côtés qu'il s'est lâchement interdit à l'époque.

Sachez, Morneplume, que je ne reviens que rarement sur une décision. Mais j'aime les hommes qui se battent. Des questions ?



Quand est-ce que je commence ?
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