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Les Affranchis

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Diele Timberwhite

♦ Localisation : West Blue

Feuille de personnage
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Jeu 8 Jan 2015 - 4:09

Rappel du premier message :

Les Regrets.

Ça pourrait être le titre d'une nouvelle d'Albert Camus, mais ça n'est qu'une des facettes qui organisent ma morphologie en strates éparses et chacune en froid avec sa voisine. J'ai quelque part au niveau du coude gauche la couche de graisse et de nerfs qui s'apparenterait à la culpabilité. Un truc directement relié au poing par un tendon à fleur de peau et comme une corde de piano : pas besoin d'y toucher fort pour qu'il réagisse au quart de tour et n'emboutisse des murs ou quelques nez tournés dans ma direction. Plutôt ferrugineux, y'a le pessimisme, présent dans un bon tiers de ma cage thoracique volumineuse, qui se partage la place avec le côté je-m'en-foutiste de mon corps. Frangins par naissance et chacun cherchant à empiéter sur l'espace de l'autre, tout en étant généralement d'accord. Y'a bien sûr au milieu de tout ça ma tête mon cœur et mes couilles, des putain d’égoïstes qui ne s'entendent avec personne, pas même avec moi. Dans mon pied droit se tassent les remords, qui s'agitent les nuits courtes ou les journées sales. Et ils s'entendent bien avec les regrets, ce qui est assez rare pour le noter.

Là, on vient de finir une journée sale. La seconde sur les flots en compagnie d'une fille qui se prétend grande à cause de ses expériences et d'un vieillard qui se bloque le dos toute les trois heures parce qu'il se prend pour un jeune. Alors moi, comme le soleil descend lentement se cacher derrière un horizon qu'il prend pour son lit deux places et bien chauffé, je fume tranquillement en tenant la barre. J'essaie de pas trop penser à n'importe quoi – ce qui est clairement peine perdue – et m’abîme dans la contemplation des jeux de couleurs sur les nuages livides à cause d'une vie de merde. Même leurs dessins me donnent l'impression qu'ils veulent se suicider, les pauvres cumulus. Allez pleuvoir sur la tronche d'un monstre marin, il l'aura bien cherché, et ça aura tout d'une fin héroïque pour vous ; vous feriez presque peine à voir si vous aviez des émotions et des sentiments. Mais je me rends vite compte à mon pied droit qui bat frénétiquement une mesure visiblement acouphène que je retranscris une fois encore mes propres humeurs sur ces pauvres êtres blancs. D'une chiquenaude, je balance ma clope à la flotte et me tourne vers le vieux peintre qui, ostensiblement, a le mal de mer uniquement quand le soleil menace de se coucher.

T'as vraiment peur du noir ?
-'Si j'vois pas tout autour, comment qu'je fais pour peindre un truc de beau et d'fugace ?
Tu feras comme avec l'oiseau de paradis. Et tu la fermeras.

Une nouvelle nuit s'annonce, aussi longue et chiante que la précédente. Non pas que dormir au milieu d'un océan vide me pose des soucis, hein. Du moins pas plus que de dormir dans une baraque pleine de termites et bouffée par les flammes jusqu'au cœur. Mais c'est plutôt ne pas dormir au milieu d'un océan qui me fait chier. Entre le dégarni qui ronfle dans mon lit, le Cormoran qui RONFLE et la blonde qui... qui... rah merde alors. Elle y est pour rien cette fois. Con de réflexe, j'aurais vraiment cru pourtant. Bref, je passe des pseudo nuits blanches et je regrette presque le confort acide des rues de Hinu Town. Je regrette un peu plus à chaque heure qui passe. Tout en étant persuadé d'avoir fait le bon choix. Juste, faudrait que mon pied droit s'en rende compte. Et puis que niveau journée sale, j'ai déjà connu pire.

En parlant de ça, mes narines tiquent soudain et je tire la tronche. Ça sent le cramé. Et sur un navire, c'est jamais bon. Mais lorsque tu sors des entrailles du Berkois, pourtant pas bien profond, c'est l’œil goguenard et pour annoncer que le repas est prêt. J'arque un sourcil en te voyant plonger à nouveau dans l'une des cales aménagée en cuisine. Et je regrette de t'avoir demandé de faire la cuisine. Autant la première fois, t'as refusé avec un air dédaigneux, mais visiblement, devoir tenir la barre dans le soleil couchant pendant que je m'en occupais avait filé des idées saines et absconses au primé vieillard sans nom. Rapport à la lumière, ou une connerie comme ça. Il t'a peint, toi et un bout de Cormoran qui passait par là, en photobomb, et faut croire que ça t'a coupé l'envie de tenir la barre pour les prochains couchers de soleil. Et me voilà assis en tailleur devant un plat carbonisé quand tous les autres ont l'air vachement appétissants. Et vachement moins cuits.

« J'ai voulu faire flamber le whisky des fruits de mer... » m'explique-t-elle en guise d'excuse en haussant les épaules.
Je me demande si t'auras encore le goût des saloperies si je t'arrache la langue.
-'Tadakimasu !
-Braaaaaaak !
Ouais c'est ça. Bon app'.

Autant dire que j'ai pas mangé des masses. Et c'est un euphémisme.

Après le repas, la barbu se propose pour faire la vaisselle et le Cormoran se blottit à ses pieds et s'endort, la tête entre ses ailes, secoué de hoquets. Sans doute à cause de son allergie qui ne l'empêche pourtant pas de dormir à poings fermés malgré que le vieux fredonne un air guilleret qui avait dû inspirer à Mozart son Requiem. Je retourne faire semblant de digérer mon repas déjà assimilé et me promets que demain, c'est moi qui ferai à manger. Toi, tu allumes une lampe à huile avant qu'il ne fasse trop sombre pour qu'on ne puisse plus y voir. Je garde le cap vers l'Ouest, comme nous l'avait indiqué la dame qui tenait la prison/vente de tapis à Là-Bas. Vers la lumières résiduelle du soleil couchant. Mon étoile du berger. Parce que mine de rien, j'aime pas trop la nuit non plus. Trop sujette à hallucinations dans le noir et les ombres. Ouais, ça me fait chier d'écrire des conneries comme un puceau qu'aurait vécu un drame familial avec morts atroces et images traumatisantes et terreurs nocturnes et plein de trucs sombres, mais putain c'est douloureux comme c'est vrai en fait. Mon pied s'agite un peu plus vite et finit par instaurer dans le silence d'une mer paisible un métronome qui m'aurait agacé à ta place. J’oublie ta présence. Peut-être est-ce la même chose pour toi, ton regard plongé dans le lointain, vers l'horizon que je cible avec une détermination que je sais fabriquée de toute part, falsifiée par mes désirs inavoués de pardon et mes penchants coupables qui m'empêchent de fermer l’œil, certaines nuit, sans les y voir, toutes les deux, les orbites vides, les mains tendues dans cet appel auquel jamais je n'aurai

« Je savais qu'il y avait un truc étrange. »

Je sursaute presque alors que tu m'arraches à mes pensées grotesques. Le monde s'illumine à nouveau des couleurs que mes yeux ont savamment occultées et je t'en serais presque reconnaissant. Je grogne un coup, parce que je sais pas quoi dire d'autre pour l'instant et que, de toute façon, je suis pas sûr que j'aurais pu articuler quoique ce soit de compréhensible d'ici les cinq prochaines secondes et j'attends la suite de ta phrase.

« C'est pas le soleil. C'est une île »

Tu veux parler de la lumière que je suis ? Sérieusement ? Vache d'éclairage sur la suivante. J'espère au moins qu'elle aura un nom l'île cette fois-ci. Je veux dire un vrai quoi.
Et comme tu le disais, il faut moins d'une demi-heure pour que la ville se découpe dans le ciel noir qui lui sert d'arrière plan.

Les tours sont gigantesques. Elles ont peut-être la taille d'une tour Eiffel. Et les tours sont nombreuses. Pas moins de dix, concentrée sur la côte Sud, avec deux ou trois légèrement vers le centre. Le reste de l'île est très large, vraiment vaste. Je ne suis pas sûr d'arriver à discerner l'horizon des côtes et des flots, mais en revanche je vois clairement la montagne, au Nord, qui borde la ville mais dont je perçois les flancs rapiécés, usés, écornés, érodés. Mais les tours, elles, fument. Comme si en leur cœur se terrait un Dragon géant ou des fourneaux d'Erbaf. Mais le plus fantastique reste cette lueur irréelle qui illumine la voie et les cieux. J'aurais presque l'impression de regarder Rome sous le joug de Nero.

Et c'est là qu'on va...


Mais si je devais être honnête avec moi-même, ce qui reste à la fois extrêmement facile et d'une difficulté frustrante, je ne pourrais même pas regretter d'être parti. Parce que j'ai troqué un non foyer contre un non foyer. Parce que j'ai échangé une errance psychologique contre une errance physique. Parce que je n'ai pas su me débarrasser de mes défauts ou de ma violence. Mais aussi parce que j'ai envoyé bouler ma solitude d'un revers, que j'ai ouvert une porte que j'ai toujours craint de pousser, et que j'entame enfin mon pèlerinage vers le repentir. Pourtant, je me demande vraiment

Mais pourquoi j'ai pris ce Con avec moi ?

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Diele Timberwhite

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Sam 4 Avr 2015 - 14:26

-C’ÉTAIT UNE TRADITION DANS LE TEMPS. CES PENDULES SONT DES ANTIQUITÉS POUR LA PLUPART ET CHAQUE FOYER AVAIT L'HABITUDE DE GRAVER SUR LEURS PROPRES MÉDAILLONS LES COORDONNÉES DE LEURS HABITATIONS.

J'avoue que tout ça me dépasse, mais je ne dis pas un mot. Faut dire que quand Camille parle, personne n'a envie de l'interrompre. On sent qu'il pourrait briser des squelettes d'un cri. J'ai beau avoir une carrure de charpentier, lui et sa masse de bûcheron prendraient ma carcasse pour du petit bois, j'en suis persuadé.

-LES MÉDAILLONS SONT DEVENUS DES MONTRES ET LES COORDONNÉES ONT PRIS PLUSIEURS FORMES. DONT CELLES DE CARTES.
-Et Camille est convaincu qu'il trouvera un jour le médaillon qui mène vers l'Eldorado.

Je regarde Susan comme elle tourne autour de la tablée pour servir du chocolat à la cannelle de sa cafetière aux odeurs enchanteresses aux chopes offertes. Même moi je me laisse tenter par la boisson, et j'en profite pour la détailler du regard. On sent dans sa voix qu'elle n'était pas conquise par cette croyance qui anime visiblement Camille, et à la manière dont elle détourne les yeux, soit elle redoute une remarque cinglante de la part du mastodonte pour la remettre à sa place, soit c'est un reproche émis pour la douzième fois et qu'elle est lasse de le lui faire remarquer. Camille ne dit rien et, d'un trait, il vide sa tasse fumante. Elle fait au moins la taille de ta tête.

Puis son regard se pose sur nous. Et là on comprend que c'est pas une bonne chose. Parce que il a beau être la plus aimable et accueillante des montagnes, nous deux, on n'en reste pas moins les plus louches des voyageurs.

-MAINTENANT DÎTES-MOI CE QUE VOUS VENEZ FAIRE ICI.
« On a... »
-SANS LES MENSONGES.

Bordel.

-JE VEUX SAVOIR POURQUOI DES ÉTRANGERS QUI N'Y CONNAISSENT RIEN A NOTRE ÎLE S’INTÉRESSENT AUTANT A MES PENDULES !

Putain.
Mais ce type respire la crainte, le respect et le charisme. Assis dans son fauteuil à l'épaisseur d'un buffle, le regard soudain noir, il en impose. Il n'a élevé que la voix pourtant. Autour de lui, les fumées de l'extérieur floutent un peu plus ses contours et lui donnent cet air de bête féroce qui pourtant recueille des enfants et attise leur candeur. Navrée ma grande, mais il mérite au moins ça. Et ma gueule sa clémence.

Parce qu'avec tes conneries là-haut, on se fait poursuivre pour tes vols de montres gravées !

Hé. Bingo. Je savais qu'il ne supporterait pas d'avoir impliqué d'autres personnes dans ses affaires. Toi tu tires la tronches parce qu'encore une fois tu perds la maîtrise de la situation, et encore une fois par ma faute. Tu soupires, accablée, mais je n'ai pas droit au coup de pied sous la table. Camille reste une seconde sans voix puis semble se dégonfler légèrement sur son trône de bois et d'osier. Susan en profite pour hausser les épaules et prendre un ton sans répliques.

-Je savais que ça finirait mal. Allah soit béni : il n'est rien arrivé de grave.
-Ouais, c'était incroyable !
-Parce que Camille t'as pris avec lui ?! Tu es complètement inconscient ! Finit-elle en regardant finalement le géant dans les yeux, cette fois réellement agacée.
-C'était trop bien !
Eh bien maintenant on sait pourquoi ils cherchaient deux personnes, que je fais dans ta direction, narquois. Hé. On te confond avec un gosse.

Mais tu m'ignores magistralement. J'suis pourtant presque sûr que tu contiens avec peine un mot bien épicé à mon encontre.

« C'est quoi cet Eldorado ? »
-Un mythe ; une légende...
-CE N'EST PAS UN MYTHE SUSAN ! Tonne-t-il.
-...un simple espoir qui le fait encore tenir debout. Finit-elle pour nous mettre dans la confidence.

Je suis impressionné par la décontraction avec laquelle elle s'oppose à Camille comme s'il était l'un des enfants qu'elle surveillait – alors qu'il aurait pu la broyer d'un regard malgré sa corpulence. Susan se pencha et attrapa le petit garçon qu'elle jucha sur ses genoux. Ce dernier s'empressa d'attraper la tasse de chocolat dans laquelle la nourrisse le laissa boire.

C'est quoi le lien avec les montres que tu as volées ?
-ELLES SONT LES CARTES VERS LUI.
« Vers l'Eldorado ? »
-MAIS RAAAAH POURQUOI JE VOUS RÉPONDS ??
-C'est une grande maison où on pourrait tous habiter ! Y'aura pas de bruits pour nous rendre sourd ou de fumées pour nous rendre aveugles.
-DANS LES MONTAGNES, OUI – MAIS POURQUOI JE LE DIS ???

La porte vitrée s'ouvre alors lentement. Les Ging-Ging discrets du pendule se font engloutir par la marée des sons qui nous frappe comme l'onde d'une vague puissante. Un vent léger soulève alors la poussière qui s'était accumulée sur la table du repas. Dans la pièce commune, toute en poutres, en bois et en pierres, le moindre coin est recouvert de poussière ou de rouille ; pas étonnant que Camille veuille emmener tout son beau monde hors de ce taudis.

Comme je l'ai un jour rêvé pour ma famille.

Je me renfrogne alors que tout le monde se tourne vers Gladÿss qui, un bambin au creux de la hanche, se découpe dans l'embrasure de la porte.. Elle a l'air détachée de tout ce qui se passe et pourtant, son ton semble urgent.

-Camille (dit-elle en me regardant), il y a trois hommes dehors qui te demandent.
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Louise Mizuno
The Queen

♦ Localisation : Dans les coins mal fâmés

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Mer 15 Avr 2015 - 22:52

Devant une Gladÿss surprise, le véritable Camille se lève prestement et gagne l’extérieur en quelques longues enjambées. Quelques excuses inintelligibles plus tard, elle est également dehors en compagnie du colosse, de Susan et de quelques mouflets. Emporté dans le courant du raffut, l’autre ahuri leur emboîte le pas mais Louise le retient par le bras. Le regard froid de la blonde gueule des injures dans un vacarme que la ville n’a pas à envier. Mais sa voix, elle, reste aussi dure et antipathique que les hautes structures de métal qui encombrent Verne.

« Quand ces conneries sont terminées, je ne veux plus te revoir. Tu te casses avec ton piaf et ton rafiot et je veux plus jamais voir ta gueule faire de l’ombre à mon soleil. »

Elle a ras le cul de ses conneries et des situations de merde dans lesquelles ils se foutent à cause de lui. Elle ne veut pas aider Camille, elle se contrecarre de l’histoire débile de ces montres stupides et elle veut juste se casser de cette île grouillante de nuisances humaines et sonores. Sans laisser à Diele le temps de réagir ou de répondre, elle rejoint l’attroupement dehors. Ses paroles tombent comme un cheveu sur la soupe et elle espère bien qu’il s’étouffera avec.

Camille se trouve en grande discussion avec trois hommes, un blond, un brun et un roux, comme dans une mauvaise blague. Ils ont sous le bras l’une des horloges si particulières de l’île.

« … à cause de l’alarme. »
« On a fait aussi vite qu’on a pu, tu nous excuseras du retard. »

L’un des trois hommes, le grand blond sec comme un cotret et vêtu chiquement, tend à Camille l’horloge. Avec une délicatesse qui semble presque gauche étant donné les paluches du type, il s’empare de l’objet et le manipule doucement. A côté du premier homme, le brun, très banal mais vêtu de la même manière, explique le fonctionnement de l’objet en tendant à son tour un flacon de liquide bleuté. Louise fronce les sourcils à l’intonation de ces deux hommes. Leur voix est plane, lisse mais dotée d’une sorte de rythme régulier qui la fait songer à un métronome. Un peu plus à l’écart, le troisième et dernier homme, le roux, offre un contraste assez saisissant avec les deux autres. Il est plus jeune, adolescent visiblement, et semble trop vite grandi. Tout dans sa stature est déséquilibre. Sa tête enfantine semble placée par erreur sur le corps d’un adulte aux membres déliés et à l’harmonie douteuse. Ses mouvements sont maladroits, comme s’il essayait de piloter un corps dont il n’était pas familier. Jusqu’à sa voix, alors qu’il explique ce qui s’est passé à Susan, est un mélange chaotique d’un langage soutenu et familier teinté de variations et de trémolos, allant du cri au murmure. Il cherche sa voix dans le tohu-bohu des machines et des cris.

« Ce sont des pendules ? »

Le regard vairon planté fermement dans les yeux de Camille, Louise profite que le géant soit visiblement incapable de mentir. Plus c’est grand, plus c’est con.

« OUAIS, POUR LES MÉDAILLONS. TU VOIS SUSAN, ON VA POUVOIR TROUVER L’ELDORADO. »
« Mais je croyais que vous aviez déjà les pendules ? »
« JUSTE LES MÉDAILLONS. ON A BESOIN DE CES PENDULES POUR RÉVÉLER LES CARTES. »
« Vous pouviez pas les tremper dans n’importe quel liquide à la con ? »
« NON. »
« Ah. »




Et maintenant ?

Camille fronce ses imposants sourcils, se rappelant tout à coup qu’il a causé plus de problèmes que prévu. Il réfléchit quelques instants, le temps qu’un carillon vienne assourdir la petite assemblée.

« ON VA CHERCHER L’ELDORADO. »
« Camille, tu… »
« Ouaaais ! »
« ET APRÈS, JE VAIS RENDRE LES MONTRES. »
« Si tu fais ça, tu te feras arrêter ! Tu ne peux pas te dénoncer. »
« BIEN SÛR QUE JE PEUX ! »
« Camille, t’as pas fait ça tout seul. Tu peux pas t’faire avoir pour tout l’monde ! »
« JE VOUS DIS QUE JE PEUX ! VOUS POUVEZ PAS PERDRE VOTRE BOULOT À L’ÉCOLE VOUS TROIS. VOUS VOUS EN ÊTES BIEN SORTIS. »
« Une minute ! Vous trois, vous êtes ses complices ? »
« Vous êtes… »
« OUI. »
« Le deuxième cambriolage, c’était vous ? Celui de l’école des horlogers ? »

Un grand blond, encore… De quoi foirer de nouveau les signalements et leur causer plus d’emmerdes. Parce que bon, ce serait quand même dommage que les choses se tassent ou se simplifient, hein.

« Laisse les choses se calmer, s’il te plait. Abandonne cette idée d’Eldorado et débarrasse-toi des médaillons. »
« HORS DE QUESTION. ON VA CHERCHER L’ELDORADO ET J’IRAI ME RENDRE. »
« Et nous, pendant ce temps là, on devient complices ? »

Combien de temps avant que les médaillons soient révélés ? Que ce fameux Eldorado, s’il existe vraiment, soit trouvé ? Combien de temps avant que Louise et l’autre tocard soient libérés ? Ils ne peuvent pas attendre indéfiniment. Sans compter que si Camille trouve l’Eldorado le premier, ce connard de Hamm considérera leur marché nul et la blonde ne pourra jamais récupérer sa licence. Il est temps de mettre un terme à ces conneries.

« Échec. »

Les pavés crasseux se parent tout à coup de noir et de blanc alors que l’échiquier immatériel apparaît pour la seconde fois de la journée. Occasion rare que celle d’utiliser son fruit deux fois en si peu de temps.

Surprise générale, hoquets de peur noyés dans le vacarme tempétueux des machines, Louise attend calmement que l’attention se porte à nouveau sur elle. Elle se trouve hors de l’échiquier, elle domine de son pouvoir tous les acteurs de cet acte agaçant. Diele comprit. Elle ne lui laissera pas le plaisir de prendre à nouveau le pas sur elle. En guise d’exemple, elle l’envoie valser contre un mur proche, bousculé par un gamin. Juste pour montrer ce qu’elle peut faire. Et aussi pour se venger. Mesquin, vraiment. Mais c’est un grand gaillard, il est à peine sonné, il se relèvera bien vite.

« Vous m’envoyez la pendule, le liquide et je veux savoir où sont les médaillons. Vous avez quinze secondes ou le prochain qui valse c’est le môme. »
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Diele Timberwhite

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Jeu 23 Avr 2015 - 3:25

-...
-Elle a dit quoi votre invitée ?
-Elle veut un lavoir pour ses haillons.
-Wouhou ! C'était trop drôle !
-ELLE VEUT QU'ON LUI FASSE L'AUMÔNE ?
-Vous avez vu comment j'ai envoyé voler le grand ?!

« Vous me donnez votre larcin ou c'est le gosse le prochain ! »

Ça a le mérite d'être concis. Une fois que t'as poussé un peu de ta rancœur au creux de ton larynx, tu peux crier d'une voix claire et brutale comme n'importe qui. Même Camille fait les gros yeux en réalisant ce qu'il se passe. Ce qu'il encourt, son petit protégé. C'est lui qui a les plus grandes esgourdes, c'est donc lui qui a saisi le plus vite. Enfin, qui a entendu le plus de mots et dans un ordre relativement gagnant. Moi j'ai pas trop de soucis, mon ouïe n'a aucun problème. Ce qui n'est évidemment pas le cas de ma mâchoire. Elle craque, ma mâchoire. J'ai un genou à terre, à deux mètres de la place que j'occupais y'a pas cinq secondes, le dos en miettes et ma silhouette en relief dans le mur en briques derrière moi. Je me redresse bien vite, tant bien que mal, et je vois clairement le regard dont tu me gratifies. C'pas dans l'amical qu'il verse celui-ci non plus. Et j'avoue pas le comprendre cette fois. Entre l'agression gratuite par ton pouvoir qui va décidément grandement me faire chier, ton attaque verbale infondée sur une soi-disant responsabilité de ma part, et maintenant ce regard que tu me lances comme une menace de mort à un violeur d'enfant récidiviste qu'on aurait laissé dans une école publique ? Sérieusement, t'as les hormones qui te travaillent ou c'est la frustration de te rendre compte que t'es la plus petite de notre assemblée ? Tu te détournes pour faire comprendre à Camille qu'il a intérêt à parler vite.

Putain.

« 11... »

Et de mon côté, j'ai une furieuse envie de venir coller mon poing dans ta tempe. Parce que j'ai les valseuses qu'en ont plein le fion de tes dictats et de tes regards qui me disent que je suis un moins que rien par rapport à toi, que j'ai pas le droit à la parole et que du lichen vaut plus que moi au marché noir. Et que ta dernière puterie en date fait craquer ce que j'utilise quotidiennement pour ruminer une amertume déjà plus assez amère à mon goût. Et puis, je dois avouer que je veux savoir ce qu'il se passe si on te dégomme une épaule pendant que tu gardes ce damier matérialisé. Ça me démange tout de même vachement, hé.

« ...9... »
-DANS MON FAUTEUIL.
« Va les chercher. » que tu aboies. « Maintenant, donnez moi le reste. »

Je serre les dents et je tourne les talons. Dans mon dos, j'entends le gamin qui semble s'amuser, sans vraiment comprendre que son avenir est en train de se jouer. Son avenir et celui de la dizaine d'autres orphelins. Ça ferait presque mal au cœur. J'savais pas que j'pouvais avoir autant de compassion pour des gosses. Doit y avoir des deuils plus fragiles que d'autres. Faut juste que j'oublie avoir croisé leur route, que j'ai ma propre à récupérer, de gosse, et ça passera. Toi, tu récupères les pendules et le liquide bleu, moi j'ouvre la chaise – qui ressemble plus à un trône – comme on éventrerait un oreiller. J'éventre le fauteuil. Je récupère les médaillons gravés. Ils sont super légers et ils sentent le cuivre. Au milieu de mes lignes de vie, ils ont l'air fragiles alors qu'ils ont survécu pendant des décennies. Je prends une seconde pour les regarder puis je retourne dehors où tu m'attends avec une belle brochette de pièces d'échec humains. C'est vraiment con que Hamm te tienne par la peau des ovaires : dire que Camille proposait de se livrer.

Bordel.

« Désolée, mais il n'est pas question que l'on paie pour vous. »

Tu me refiles entre les pattes le reste des objets volés. Au loin, un carillon sonne. Un sifflement aigu lui répond. Et sans plus de pompe, sans même un au revoir ou une quelconque salutation, nous prenons le large. Dans le vent, le groupe d'immobiles nous regarde partir, impuissant, accablé. Susan semble satisfaite de ce sort et probable qu'elle fera tout pour en convaincre Camille, mais je sais que dès qu'il sera libre de ses mouvements – ce que j'espère le plus tard possible – il nous donnera la chasse. Nous ne traînons donc pas et très vite les plaques minérales taillées indiquant les noms des rues, obscurcies par la pollution et le bruit irritant, défilent, s'emmêlent, s'entrecroisent. Je ne sais même pas comment on arrive à s'y retrouver. On a probablement fait trois détours, et c'est peut-être ce qui nous a sauvé de l'ogre qui n'a pas dû se priver de nous courser. Il a pris le chemin le plus court. C'est pas notre cas. Je me garde bien de le relever.

De toute façon, j'ai d'autres choses à penser. Des trucs que j'aurais préféré éviter. Et tout ça par ta faute. Ça devrait me faire plaisir que tu veuilles te barrer. Parce que c'est ce que tu m'as dit : tu veux te barrer. Et je vois pas trop pourquoi je t'en empêcherais, et je vois pas trop pourquoi ça me fait chier. Tu peux plus me supporter, c'est réciproque, eh bien tu as raison, fous le camp. Pourtant, j'arrive pas à m'y faire. Est-ce que c'est réellement parce que je t'ai foutu mes phalanges dans ta tronche comme le mur de ta réalité que je veux te retenir ? Est-ce que c'est parce que t'es la putain de tâche nette dans mon champ de vision malgré mon absence de lunettes et la fumée rouge, bleue, émeraude qui brouille nos alentours à des lieues à la ronde ? Ou parce que je me dis que sans toi, tes regards méprisants et tes mots crachés à mon visage placide, je serais encore là-bas, la gueule fusionnées avec le caniveau avec comme seul truc pour me tenir en vie un vieux pigeon bleu au bec jaune au cri gras et au cerveau d'une puce. Jusqu'à ce qu'il crève de vieillesse ou de manque de câlins et que j'y finisse à mon tour, la tronche dans l'court-bouillon d'une vie de brouillon d'un soldat en papier mâché combattant une cause qu'il a perdu depuis un siècle.

Putain Hamm.

Je prends mon escargophone gracieusement offert et compose le numéro du bon samaritain auquel je mettrais bien une gouttière dans sa gueule de puritain. Et évidemment, ça sonne dans le vide. La sonate de mes émotions gravite autour de mes papilles gustatives avec l'envie décérébrée de hurler à la lune sa sortie d'hibernation.

Entre temps, tu as réussi à nous guider après moult détours jusque dans la ville haute où nous retrouvons presque la lumière du soleil et le bleu du ciel. Les rues s'agrandissent et les arbres où les engrenages ont remplacés les nœuds peuvent de nouveau s'épanouir. Ils trouvent ici le peu d'air, de soleil et d'espace qui leur fait cruellement défaut plus bas. Et la vie ici reprends ses droits. Les sons quoique toujours présents, sont moins dissonants, moins cassants et contrairement à ce qui nous avait choqué en arrivant, beaucoup moins assourdissants qu'en bas. Même les fumées sont moins étouffantes. J'ai l'impression qu'on m'avait mis devant les yeux un filtre crimson ; un filtre que l'on vient de me retirer. Les couleurs existent et elles se parent de miles façons sur les robes avec lesquelles se pavanent les dames de ce monde-ci. Le tic-tac d'un horloger nous rappelle toujours que l'île est la même et ce carrosse que l'on voit se mouvoir seul grâce à d'ingénieux mécanismes d'horlogerie nous assomme par les fumées noires qu'il dégage, mais c'est supportable. Incroyable comme une heure en bas a changé ma vision du monde. Plus loin, à un carrefour, une volée de Coqs géants se désaltèrent à ce qui, dans d'autres pays, aurait été apparenté à un abreuvoir à cheval, mais ça ne m'émeut plus. Ce dont je doute, c'est de la manière de retrouver notre chemin jusqu'à la maison arc-en-ciel de Hamm.

Et ce con qui répond pas !

Nous errons pendant vingt bonnes minutes à chercher la banque du temps qu'on se fait indiquer toutes les cinq. Nous croisons ces éternels groupes de nantis avides de temps libres et de cupcakes tout comme ceux-là qui courent après leurs temps et que leurs propres aiguilles pourchassent ; ces affairés du steam et des machines qui n'attendent pas. Puis soudain, alors que nous approchons de notre but sans déserrer les mâchoires, une sirène se démarque au milieu des cors opalins et des sifflements azur. Nous ne la repérons pas de suite car nous ne sommes pas du pays ; ce sont les habitants qui semblent s'en inquiéter. Et plus nous nous rapprochons de la banque du temps, plus la sirène s'intensifie. Un coq monté tout de rouge revêtu passe en trombe dans un sens, une seconde dans l'autre, une troisième dans le premier et un ballet s'instaure entre le chapon à réaction et la populace qui s'écarte pour le laisser passer. Je garde mes remarques pour moi et finalement, nous arrivons devant la banque du temps. Nous la laissons sur notre droite et nous engouffrons dans la ruelle bruyante par laquelle nous nous enfuîmes plus tôt. Quelle n'est pas notre surprise teintée d'exaspération quand nous remarquons que tout le tintamarre trouve sa source justement dans cette impasse bordée de tonneaux où nous nous réfugiâmes.

Parce que devant nous. Juste devant nous. Là où se trouvait la maison de Hamm.

Il n'y a maintenant plus qu'une carcasse de charpente calcinée.

C'est une putain de blague...
-'C'tait une cigarette mal éteinte.
-Braaaaak !
Si je vous demande de rester là, vous le feriez ?
-C'EST EUX JE LES RECONNAIS !
-Il faut prévenir la chef qu'ils sont revenus !
-Qu'est-ce que vous avez dans votre dos ?
Rien du tout.

Si je te dis qu'on est dans la merde jusqu'au front... ?

T'es sûre que tu peux pas la refaire ta licence ?

Non parce que j'aimerais bien les dégommer, juste les dégommer proprement, jeter loin tous ces trucs de plans secrets et oublier cette île. Elle me file de l'urticaire, et c'est pas qu'un sens figuré. J'crois que je fais une réaction cutanée à cette fumée rouge qu'ils balancent dans les rues sans tenir compte des normes de sécurité et des besoin sanitaires de leurs propres pauvres. C'est pas un endroit où je laisserais cavaler mon Cormoran, c'est une certitude. D'ailleurs, en parlant de cavale, deux Coqs déboulent de nulle part et nous foncent dessus comme si nous étions des vers de terre. Ils sont véhéments et montés par deux mecs bien enrobés et pas moins irascibles que leurs montures à becs et ergots.

Dégage !

Je t'écarte d'un mouvement peut-être légèrement trop brutal. Tu réussis à te redresser quelques trois mètres plus loin, sans toutefois tomber ni être passée sous les griffes des Coqs géants. Et à la taille de leurs pattes, on voit bien qu'ils sont les parents des dinosaures, ces trucs. J'suis pas féru d'histoire, de préhistoire, de paléontologie, mais là, tout de suite, je regrette que ces disciplines existent. Mon poing gauche se serre et par réflexe, je cogne avec une force herculéenne sur la masse floue qui me frôle. La boule de plume pousse un hurlement guttural strident qui se perd dans le brouillard des sons ambiants. Le Coq dérape et finit par s'effondrer quelques mètres plus loin en rencontrant un orgue de barbarie aux proportions indécentes et aux notes noyées dans le tumulte. Je n'attends pas le second Coq et je t'emboite le pas alors que tu t'engouffres dans une veine latérale. Nous nous échappons une fois de plus, sans boussole ni compas. Tu te guides à l'instinct et aux étoiles mais les coins de rues se ressemblent tous putain de bordel de merde. Je suis en train de péter un câble ! Je sors mon escargophone et compose une septième fois le numéro de Hamm, mais ça sonne éternellement dans le vide. D'un geste rageur, je fourre le gastéropode dans ma poche sans aucune considération pour l'animal. Je relève le visage, gueule fermée parce que tout va de travers.

Et devant toi qui cours à trois pas devant moi se trouvent deux mecs. Un grand, blond, d'à peu près ma taille, et un mec banal mais aux airs décontractés et au visage serein.

Camille et Seth.

Nous nous arrêtons de concert et dévisageons nos deux vis-à-vis. Seth nous salue chaleureusement. Camille tire un peu la tronche, parce que visiblement c'est pas non plus sa journée. Bienvenue au club mon gaillard, mais on a assez d'emmerdes pour supporter les tiennes en plus, et en ça, la blonde a tout à fait raison. Ça n'empêche qu'on reste de marbre. De statue. C'est ça, nous sommes l'espace d'un instant qui s'éternise dangereusement les penseurs de Rodin. Il doit nous manquer des connexions... mais que foutent le majordome d'un enfoiré et un humaniste rêveur ensemble ? Genre, ils sont réellement là pour nous faire chier ? Ils vont vraiment finir par me foutre en rogne. En pétard, pour être en harmonie avec le décor. D'ailleurs, on doit pas être loin d'un restaurant, parce que ça sent la bouffe ; la bouffe pas chère mais alléchante comme une adolescente en monokini sur la plage d'Hinu. J'ai le cornet en feu et les bernard-l’hermite à l'agonie.

Vous avez trois secondes pour vous expliquer ou je vous perce les genoux.
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Louise Mizuno
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Ven 24 Avr 2015 - 20:02

« JE TE DIS QUE CE SERA MOI LE CHEF. »
« Non, ce sera moi. Mademoiselle Julia me préfère. »
« C’EST PAS VRAI. C’EST L’AMOUREUSE DE TON FRÈRE, ALORS T’ES PAS SON PRÉFÉRÉ. »
« Si, je suis toujours le chouchou dans la classe. Et je le mérite, je travaille bien,
moi ! »
« J’AIME PAS L’ÉCOLE MAIS LES COPAINS ME TROUVENT TOUS GENTILS. MADEMOISELLE JULIA DIT QUE C’EST LE CŒUR QU’EST IMPORTANT, D’ABORD ! »

Cling.

Le discret tintement du boulon qui tomba au sol fut étouffé par un double cri de douleur : celui des deux enfants qui se chamaillaient ; l’un grand pour son âge,
vraiment très grand, et l’autre de stature normale mais de port altier.

« Seth ! »
« POURQUOI T’AS FAIT ÇA ? »

Le gamin brun leur lança un regard sévère pour leur signifier ce qu’il pensait de leurs chamailleries.

« T’arrives toujours pas à parler ? »

Seth secoua la tête d’un air un peu désolé et, pour prouver son silence, il tenta d’articuler un mot, mais l’inaudible filet de voix qui parvint à franchir ses lèvres fut noyé dans le vacarme alentours. Ils étaient nés dans le boucan des machines et dans l’odeur âcre des fumées, mais cela n’empêchait pas leur corps de refuser ce mode de vie.

« T’INQUIÈTE PAS, SETH. MOI, JE PARLERAI TOUJOURS FORT POUR NOUS DEUX ! »

La remarque tira un sourire à l’enfant et tous trois se remirent à jouer jusqu’à ce que la cloche de l’école retentisse.

***

« Camille, Seth, Harold ! Venez vite, le vieux Joan est encore en train de se bagarrer avec la grande Malice ! »
« T’es sérieuse, Susan ? Pourquoi cette fois ? »
« Je sais pas… Gladÿss dit qu’ils sont pas sur le même temps. »
« Quoi ? Ils ont le mouton ? »
« Mais non ! Le même temps ! »
« Mais qu’est-ce que tu racontes ? »
« OH ! ON S’EN FICHE, ON VA VOIR ! »

Les quatre adolescents se dépêchèrent par la rue Carmine pour couper rapidement au travers de l’allée des mandragores et arriver rue des pendus. Comme promis par la jolie Susan, le vieux couple était en train de se crêper le chignon sur le palier de leur imposante maison. Autour, les commerçants s’affairaient, indifférents au spectacle banal et presque lassant. En revanche, une bande de gamins et quelques adolescents s’étaient massés autour des deux adversaires. Un tout petit rouquin s’amusait même à récolter divers objets en guise de mise pour les paris. Amusé, Harold s’approcha et lui fourra un bonbon dans la main.

« Je parie que Malice l’assomme avec sa pelle, cette fois. »

Se prenant au jeu, Seth fouilla ses poches et dénicha un vieux porte-clés qu’il donna au gamin en lui faisant comprendre qu’il pariait sur la casserole. Camille éclata de rire et vida ses poches encombrées de billes.

« TOUT SUR LE VIEUX JOAN. IL A LA TÊTE DURE ! »
« Vous gaspillez vos affaires pour des bêtises ! »
« Quoi ? »
« Oh, tu m’énerves ! »

Susan savait pertinemment qu’Harold avait fait semblant de ne pas l’entendre. Il était beaucoup trop malin pour qu’elle cherchât à lutter. Aussi, abandonnant une partie qu’elle savait perdue d’avance, elle reporta son attention sur le couple qui s’étripait quotidiennement. Depuis que leurs neuf enfants avaient quitté l’île pour faire fortune dans différents domaines, ils n’arrivaient plus à supporter l’ennui et se donnaient en spectacle un peu trop souvent. Rapidement, toutefois, la lutte atteint son paroxysme et la grande Malice s’empara d’une large casserole dont elle assena un coup violent sur le crâne du pauvre vieux Joan.

« AH, C’EST SETH QUI GAGNE ! »

Avec un sourire calme, le jeune homme alla récupérer ses gains auprès du petit roux qui les répartissait équitablement auprès des vainqueurs. C’est alors qu’il remarqua un homme inconnu en train de converser avec Gladÿss. Il le désigna à ses compagnons mais Camille haussa les épaules et reprit sa conversation avec Susan. Cependant, Harold perçut le trouble de Seth et les deux compagnons rejoignirent la jeune femme.

« Ah, les garçons, vous tombez bien ! »
« Pourquoi ? »
« Ce monsieur est un charbonnier des quartiers hauts et il cherche des apprentis pour l’aider à installer sa nouvelle mine. »

Harold fronça les sourcils en jaugeant la haute stature de l’homme, sa tenue élégante et l’inconfort manifeste qu’il ressentait face aux bruits et aux odeurs de la ville basse.

« Des apprentis ? Vous voulez plutôt parler de main d’œuvre pas chère pour un travail dangereux ? »
« Ma foi, non, loin de moi… »

Harold ne lui laissa pas le temps de se perdre en justification, incompréhensibles dans le boucan.

« Si vous m’acceptez comme apprenti, réel apprenti je veux dire, je peux vous aider à trouver des gens pour travailler pour vous. »
« Quoi ? Mais Harold, qu’est-ce que tu racontes ? »

Seth adressa lui aussi quelques signes à son ami, surpris par ce revirement soudain.

« J’y pense depuis un moment, vous savez. Je ne compte pas passer ma vie ici. Quand mademoiselle Julia est morte, je me suis dis que je saisirai la première chance qui viendra pour sortir d’ici. »
« Tu es ambitieux, jeune homme. »
« Vous acceptez ? »
« Non. »
« Quoi ? Pourquoi ? Je suis travailleur, intelligent, je connais du monde et… »
« Tu ne connais rien du monde, petit. Le métier de charbonnier n’est pas à prendre à la légère. »
« Mais je… »
« Sur ce, à moins que vous ne désiriez travailler pour moi, j’ai meilleur temps à chasser. »

Voyant qu’il ne pouvait plus rien tirer des adolescents, le bourgeois s’en alla donc, laissant un Harold fulminant que Seth ne parvint à apaiser qu’à grand mal.

***

« Camille ? Il joue avec les petits vers les pentes fumeuses. »

Seth hocha la tête pour remercier Gladÿss.

« Seth, attends. Tu as vu Harold, dernièrement ? »

Il fit signe que non.

« Bon, j’imagine qu’il doit encore être plongé dans ses livres… Tu ne trouves pas qu’il a changé ? »

Parfois, être muet épargnait des réponses difficiles. Avec un sourire rassurant, Seth se pencha vers Gladÿss et lui déposa un baiser sur le front. Celle-ci laissa échapper un rire.

« Allez, Sanji, va donc retrouver ce grand dadais de Camille, il mérite une leçon ! »

Seth la salua et se lança donc à la recherche du grand idiot. Que faisait encore Camille à s’amuser avec les enfants au lieu de s’occuper des travaux de Kelya ? Il était payé pour ça, bon sang. Le jeune homme ne tarda pas à trouver son ami qui était effectivement affairé à raconter, à grands renforts de gestes et de bruitages, une aventure abracadabrante de pirates. Les gamins riaient aux éclats et Seth en oublia son agacement. Il resta quelques instants à distance, écoutant lui aussi les terribles aventures de Luffy au Chapeau de paille et de son célèbre équipage.

« Il est doué avec les histoires, non ? »

Seth sursauta presque, n’ayant pas entendu l’inconnue s’approcher de lui.

« Désolée, je ne voulais pas vous faire peur. »

La jeune femme séduit immédiatement Seth. Elle avait le regard doux et expressif et, malgré ses guenilles, faisait preuve d’un charme auquel on ne pouvait que succomber. Oubliant complètement Camille, il proposa à l’inconnue d’aller prendre un verre.

***

« HAROLD A REFUSÉ DE VENIR, HEIN ? »
« Il dit qu’il n’a pas le temps, qu’il est trop occupé à gérer ses affaires… Mais il est passé en début de soirée, pour boire un verre et féliciter les mariés. Tu as dû le manquer. »
« TANT MIEUX. QUEL CRÉTIN ! »
« Camille ! Tu devrais être heureux pour lui, il a réussi à s’en sortir, comme il en rêvait ! »
« SES RÊVES C’ÉTAIT PAS L’ARGENT, SUSAN. ON N’A PAS BESOIN D’ARGENT POUR S’EN SORTIR ! »
« Tu es un grand idéaliste, Camille… Tu sais que ce ne sera pas facile de gérer l’orphelinat. Tu as déjà eu de la chance que la vieille Malice accepte de te vendre la maison pour rien quand son mari est mort. »
« JE M’EN SORTIRAI ! »
« Ah oui, comment, grand bêta ? »
« TU VAS M’AIDER. »
« Qu’est-ce que tu ferais sans moi ? »
« DES BÊTISES, JOLIE SUSAN, DES BÊTISES ! »

La jeune femme laissa éclater un rire cristallin alors qu’elle regagnait l’intérieur de l’orphelinat où la fête battait son plein. Au bras de Lucie dont le ventre rond ravissait l’assemblée, Seth rayonnait de bonheur malgré l’absence remarquée d’Harold. Le couple de jeunes mariés conversait avec un jeune homme brun que personne ne connaissait sinon Lucie.

***
« Je suis désolé pour Lucie, Seth, elle avait vraiment l’air d’être une femme bien… »

Avachi dans le salon de la grande maison d’Harold, Seth ne prit même pas la peine de montrer qu’il avait entendu. Le silence de la demeure l’oppressait et il avait l’impression que son propre esprit lui hurlait sa peine.

« Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant ? Emma est trop petite pour que tu puisses travailler à plein temps. »

Maintenant ? Vraiment ? Harold avait-il besoin de l’assaillir si tôt avec ces questions matérialistes ? En avalant une gorgée d’un breuvage si alcoolisé qu’il en devinait à peine la saveur, Seth haussa les épaules.

« Est-ce que tu voudrais travailler pour moi ? »

Quoi ?

« Ne me lance pas ces yeux là. On est toujours amis et je ne fais pas confiance à grand monde pour assurer mes arrières. Si je t’employais, tu pourrais offrir à Emma un cadre de vie plus sain que l’orphelinat de Camille. »

Une lueur d’espoir teinta de lumière les sombres jours de Seth. Il accepta.

***

« Je suis William, nous nous sommes vus le jour de votre mariage. Je suis… j’étais un ami de Lucie. »

Hochement de tête et regard interrogateur.

« Je suis désolée qu’elle soit partie si tôt… C’était vraiment une femme exceptionnelle. »
« … »
« Excusez-moi de vous demander ça comme ça, mais a-t-elle laissé des affaires… des documents, ici ? »

Le regard perçant de Seth mit rapidement William mal à l’aise. Il s’agita sur sa chaise, n’osant soutenir les yeux de l’homme. Et pourtant, dieu sait qu’il avait eu l’habitude des regards dérangeants avec sa sœur… Fouillant dans ses poches, Seth tira un carnet et un crayon.



« Nous étions en contact pour certaines… choses. Des trucs. Des affaires. Et j’aurais besoin de récupérer ces… montres… euh… machins. »

Haussement de sourcils dubitatif. Le jeune homme était de plus en plus mal à l’aise.



« Lucie ne vous a jamais parlé de ses convictions ? »

Bien sûr que si, ils avaient souvent mentionné leur rêve d’une vie meilleure, la possibilité d’un exil, d’un paradis pour le bébé à venir… Certes, Lucie s’était toujours montrée enflammée, un peu à l’image de Camille, mais le ton de William laissait supposer qu’il y avait plus, alors Seth se contenta de secouer la tête.

« Je ne suis pas sûr de pouvoir vous en parler à sa place… »



« Ça risque de vous faire un choc. »



« Lucie soutenait les révolutionnaires. »

BOM.

« SETH ! IL FAUT QUE TU ME MONTRES COMMENT CHANGER UN BÉBÉ, LES FILLES SONT PAS LÀ ET EMMA… OH PARDON. SETH, TU VAS BIEN ? »


***

« EN GROS, C’EST ÇA QUI S’EST PASSÉ. »
« Comment s’appelait ce révolutionnaire ? »
« WILLIAM. »
« William comment ? »
« JE SAIS PAS. »
« Où est-il ? »
« JE SAIS PAS. »
« Tu sais comment le contacter ? »
« NON. »
« Mais putain, vous servez à quoi ? »

Louise serre les poings pour arrêter de trembler. Il lui a semblé sentir son cœur s’arrêter à la mention du jeune révolutionnaire. Est-il seulement possible… Putain. Putain. PUTAIN.

« Si on vous aide à trouver votre connerie d’Eldorado, vous m’aidez à contacter ce type ? Tu peux le faire non, t’es un révolutionnaire ? »

Malgré ses efforts, elle ne peut contenir la haine et le dégoût que lui inspire le terme alors qu’elle le crache en direction de Seth. Elle éprouve l’envie de lui sauter à la gorge, de faire sortir toutes les informations possibles sur sa sale engeance, mais elle sait que ce sera inutile et que cela ne fera qu’augmenter la pile déjà trop conséquente de leurs problèmes.

Elle va l’aider.

Elle va l’aider et elle retrouvera William.

Enfin.
Spoiler:
 
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Diele Timberwhite

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Lun 27 Avr 2015 - 3:00

Mais tu te fous de ma gueule, connasse ?

Les grandes phrases, les grandes idées, les rêves fous, ça t’écœure, ça te débecte, t'es prête à kidnapper des enfants pour ta seule survie, tu es prête à ficeler des flics, à accepter de piéger des bonnes gens dans des pièges version sorcier, mais il suffit qu'on te raconte une histoire à dormir debout pour que, tout à coup, tu deviennes serviable ? T'as pas perdu ton agressivité, non, c'est bien même le contraire, mais bordel, je suis rassuré parce que côté bipolarité j'suis pas le plus à plaindre. Non, sérieusement, j'ai l'impression que tu te fous de ma gueule. Tu me menaces, tu m'insultes, tu me frappes – c'est de bonne guerre – parce que je suis trop con, trop grand, trop quoi, et derrière, tu envoies tout balader d'un revers de main, prête à fouler aux pieds tous ces chemins qu'on a arpentés depuis qu'on est arrivés sur cette île pour éviter les emmerdes, et ça uniquement parce qu'un pauvre muet et un grand con sont venus pleurer sous tes fenêtres ? Ouais, j'ai dû rater un service ; tout un set même.

Seth se met à parler avec les mains, comme toujours, discours ponctué de grimaces qui ont tout autant l'air d'avoir un sens que mon con de Cormoran grattant la terre pour des vers. Je me détourne de cette vision que de toutes façons je ne comprends pas et vais gentiment cogner contre un mur une hargne qui me revient au visage comme un cheval au galop. Un naturel bien difficilement canalisable. Il doit être en train de t'expliquer comment le contacter. Mais bon, toi non plus tu dois pas comprendre grand chose. Alors du coup, on a les sous-titres. Et puisque Camille parle fort...

-IL DIT QU'IL Y A UNE ADRESSE SUR UNE ÎLE DE LA ROUTE DE TOUS LES PÉRILS.
« Tu me files cette adresse et on vous aidera. »
Génial.
« Tu as ma carte de chasseuse de primes ? »
-IL DIT QUE C'EST HAROLD QUI L'A.
« Et il est où Harold ? »
-IL DIT QU'IL EST DANS SA RÉSIDENCE SECONDAIRE DEPUIS L'INCENDIE ET QU'IL ATTEND QUE VOUS ALLIEZ LUI RAPPORTER LES MONTRES. IL DIT QU'IL DEVAIT VOUS Y CONDUIRE AU DÉPART.
C'est des conneries !

Je reviens, un pied rageur que je jette dans la choucroute sans prendre de gants. Je sais clairement pas ce qui m'empêche d'y mettre plus qu'une semelle. Je sais même pas ce que je fous encore là. J'ai envie de péter un mur, mais comme je risquerais d'y laisser quelques phalanges pourtant encore neuves, je vais pas le faire. Je pointe un doigt calleux dans ta direction et je martèle ton plexus.

Tes caprices, je m'en tamponne ! Y'a des millions de William de par le monde, rien ne dit que c'est celui que tu cherches, même s'il est R

Mais merde Seth ! Je t'ai rien demandé bordel ! Comment est-ce que tu peux cogner si fort ? J'ai l'air d'être un poids plume ? Merde ! C'est pas une sainte ni touche à laquelle on n'a le droit d'adresser que des fleurs : c'est une pétasse qu'à que le goût du sang, de la colère et de la vengeance à la bouche, ducon. C'pas une princesse ! Tu vois moi ? Bah tu me fais les cheveux blonds, un œil bleu, un mètre en moins et t'as cette connasse. T'es juché sur moi, un pied sur ma gorge, le regard brut, le poing dressé, et je sais que tu peux ressentir le moindre de mes battements de cœur. Je t'aimais bien Seth, mais je vais finir par te haïr. Toi et les tiens. Emma aussi, ouais, où qu'elle soit. Même avec Hamm.

-EN FAIT, VOUS N'AVEZ PLUS LE CHOIX.
Quoi ?
-VOUS EN FAITES PAS : UNE FOIS FINI JE ME DÉNONCERAI, COMME PRÉVU.
« C'est censé nous rassurer ? »
Prenez-donc vos machins alors parce que moi je me barre.

Je repousse Seth d'un mouvement. Il se remet debout – sans difficultés – et rattrape au vol les instruments que je lui jette – sans précautions.

Très émouvante votre histoire, mais j'en ai rien à foutre : J'suis pas sentimental.
-JE SUIS VRAIMENT DÉSOLÉ POUR TOUT CE QUE VOUS ENDUREZ PAR MA FAUTE...
Ta gueule, t'as l'air honnête.

J'en ai ma claque. Je l'ai probablement dit une dizaine de fois depuis le début de la journée, et probablement plus dans ma vie que de fois où je suis allé aux chiottes, mais trop c'est trop. Qu'on vienne pas me dire que je suis le moins réfléchi ou logique du lot, parce que pour le coup, ça m'a l'air d'être une belle brochette de conneries qu'on s'apprête à faire. Qu'elle s'apprête. J'vais pas leur prêter main forte en plus : ils sont bien assez nombreux et de toute façon, Hamm n'a qu'une paire de lunette sur les dix qui traînent sur le Berckois. À la vitesse où je les brise, obligé d'avoir du stock. Il fait pas pression sur moi l'autre sourdingue.

Non et puis zut quoi, ça commence à bien faire. Aider des orphelins, pourquoi pas, j'dis pas, mais des révolutionnaires... ils vont nous mettre les nerfs en pelote qu'on saura pas les défaire sans une bonne pince de douze. Ils vont nous retourner le cerveau à la petite cuillère si on les laisse faire, et ça, j'veux pas. Ça va. Les révos, j'ai donné. Ma fille qui s'est faite laver le cerveau par ce con de William... Ouais ma grande, t'es pas la seule à avoir un William révolutionnaire épinglé à ton mur comme cible de fléchettes. Chacun le sien, mais je mettrais ma main à couper que c'est pas lui que tu recherches et pas lui que je recherche non plus.

Alors de deux choses l'une : soit je me barre et j'attends au bateau que tu aies finie et j'en profite pour chercher le Cormoran et son nouveau meilleur ami, soit je vous suis pour éviter qu'ils t'embrigadent.

Et je crois que pour emmerder le narrateur, je vais choisir la première solution. Pour ça et ne plus voir leurs gueules à tous ces cons.

Je m'occupe du vieux peintre. Rendez-vous au navire.
-IL EST TOUJOURS COMME CA ?

Je mets les mains dans les poches, le visage bas, noir, en sans me retourner je prends une rue au hasard, celle de l'Amiral Celdéborde, et je m'y engouffre pour ne pas me retourner. Elle m'accueille comme un anticorps le virus Ebola et je bouffe sans prévenir une fumée rose pleine de paillettes dans les dents. Je gueule un bon coup, mais ça fait pas une très grande différence. De toute façon, on sait bien que les ogres ça crie, ça bouffe les gens et que ça a des ongles incarnés. Ouais, j'ai des ongles incarnés et alors ?

Je m'enfuis. Je coupe les ponts. On se reverra au navire. Mais pour ça, faut que je retrouve Darwin et mon emplumé bleu. Ils nous ont fui toute la journée et on les a croisé sans jamais les avoir cherché : on parie que j'arriverai pas à mettre la main dessus maintenant que je suis après eux ? Et pas question que j'applique la théorie du t'es perdu tu bouge pas. J'ai testé une fois sur Hinu, je suis tombé sur un renard-écureuil... Une histoire que je raconterai pas. Même avec une bonne bouteille d'alcool. Roh putain, de l'alcool. Roh bon sang une clope. Je tuerais pour une clope. J'avise une terrasse de café aux fragrances d'aigreurs d'estomac et m'en approche. J'y trouve un con plus con que ses pieds qui photographie son chou à la crème tout éventé, percé, répandu dans son assiette. Il a pas l'air fin, mais en tout cas il a l'air joyeux. C'pas plus con que ces touristes qui photographient plus loin un panneau aux indications multiples.

Vous auriez une clope ? Et du feu ? Oh et une carte de la ville ? J'en aurai besoin.
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Dim 17 Mai 2015 - 14:37

« Tu t’es encore engueulé avec papa. »
« C’est un reproche ? »
« Peut-être. »
« C’est l’hôpital qui se fout de la charité… »
« Crise d’adolescence. J’ai le droit. Tiens, bateau de la Marine, j’ai gagné, tu mets la table ce soir. »
« J’ai passé l’âge de faire des corvées, Louise. Et puis, je bosse ce soir. Je parie sur une caravelle civile pour le prochain tour. »
« Non, ce sera encore un navire de la Marine. Tu bosses où ? »
« Sur les docks, un type m’a demandé de l’aider à décharger ses cales. »
« Pourquoi en pleine nuit ? »
« J’imagine qu’il ne veut pas se faire remarquer. »
« Pour ça que tu t’es engueulé avec papa ? »
« Entre autres. Putain, t’as encore gagné. »
« Tu devrais le savoir, depuis le temps… Pourquoi, ‘entre autres’ ? »
« Arrête de me fixer, tu sais que je déteste ça. »
« Justement. Pourquoi ‘entre autres’ ? »
« Et de trois bâtiments du gouvernement. Tu ne trouves pas qu’ils sont bien plus présents ces temps-ci ? »
« Peut-être. Apparemment c’est le bordel un peu partout dans le monde, j’imagine qu’ils sont là pour éviter le grabuge. »
« Ou pour en causer. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Rien. »
« Putain, avec une joie de vivre pareille, tu vas faire chialer un clown. »
« Oh, ta gueule. »
« Je t’emmerde. »


***

« Donc ces chiffres, là, c’est les coordonnées. »

Seth hoche la tête.

« Ça indique votre fameux orphelinat ? »

Encore.

« Et c’est seulement maintenant que vous captez que vous savez pas lire le médaillon ? »

Encore.

« Vous êtes pas tellement efficaces comme voleurs. »

Encore.

« Je veux bien vous aider, mais je compte pas passer ma vie sur Verne. Vous avez un plan B ? »
« BWAHAHAH. T’INQUIÈTE PAS, ON A DES COPAINS POUR NOUS AIDER. »
« Rappelez-moi encore ce que je fous là ? Cons d’incapables… Grmlml. OH, partez pas sans moi ! »

***

« Mais qu’est-ce que vous faites ici, bon sang. »
« HEIN ? »
« Qu’est-ce que vous faites ici. »
« ON A UN PROBLÈME AVEC VOUS SAVEZ QUOI ET ON A BESOIN D’UN COUP DE MAIN. »
« Pas si fort, Camille. Venez par ici, dépêchez-vous. »

CLAC.

« Qu’est-ce que cette fille fait ici. »
« ELLE AIDE. »
« Vous êtes sûrs de pouvoir lui faire confiance. »
« OUAIS. SETH L’AIME BIEN. »
« Comment vous pouvez retourner bosser sans souci après ce que vous avez fait ? »
« Nous étions partis pendant la pause déjeuner, si nous avions été absent durant l’après-midi, nous aurions été suspectés immédiatement. »
« Alors, quel est ce problème. »
« Personne ne sait lire ce foutu médaillon. »
« Évidemment, ce système de transcription n’est plus utilisé depuis des décennies. Celui doit être l’un des derniers. On peut voir. »

Gestes.

« IL DEMANDE OÙ EST ROBIN. »



« Robin ? »
« Le garçon qui nous accompagnait. »
« IL EST OÙ ? »



« DORIAN ? »
« Il y a eu un léger problème en rentrant. »
« Ben tiens… »

Gestes agités.

« OUAIS, VOUS AVEZ FOUTUS QUOI ? »
« Nous rien. »
« C’est le directeur. Il pense que Robin est pour quelque chose dans le vol. »
« Ça en fait au moins un de perspicace dans le lot. »
« OÙ EST ROBIN ? »
« Dans le bureau du directeur. »
« FAUT ALLER LE CHERCHER. »
« Ne sois pas stupide, Camille. »



« C’est quoi cet air ? Qu’est-ce que vous cachez, encore ? »



Gestes exaspérés.

« Robin et le directeur ne sont pas exactement seuls. »
« Comment ça, ‘pas exactement’ ? »
« Harold Hamm est avec eux. »
« QUOI ? »
« Qu’est-ce qu’il fout là, ce con ? »
« Il s’est porté garant pour Robin à la demande de Camille et Seth. Le directeur l’a donc contacté en espérant faire parler le petit. »
« Vous voulez dire qu’Hamm se trouve en ce moment même dans l’école ? »
« Oui. »
« Et merde. »

« Allons, allons, nul besoin d’être aussi vulgaire. »


Dernière édition par Louise Mizuno le Jeu 21 Mai 2015 - 21:57, édité 1 fois
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Diele Timberwhite

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Lun 18 Mai 2015 - 21:00

J'ai les ganglions qui me démangent et des ulcères qui crient pour s'éveiller. J'ai un volcan dans l'bide et les boyaux comme de grands courants marins. Un très lent mais qui me bouffe toute mon énergie. Je crois que j'ai la dalle en fait. C'est peut-être pour ça que j'ai la colère qui me grignote. Ma colère c'pas un serpent comme Serena, c'est un putain d'écureuil affamé qui trouve mon gland à son goût. Bordel. En fait, ouais, j'ai faim. J'ai réussi à étancher ma soif de nicotine et j'ai les poumons qui m'envoient des feux de détresse comme quoi ils sont noirs de suie de goudron et d'autres trucs que je sais même pas que ça existe. Ça me rassure. Un truc en moins qui pourrait attiser une colère volcanique uniquement par manque.

Pourtant, j'ai les nuages qui s'amoncèlent au-dessus de mon crâne. Le pas est lent et je me surprends à couler des regards en coin à tout ce qui est plus de deux et qui bouge. Un groupe de gamins, une mère avec sa fille, un homme et son chien. Et tout ça m'irrite. Je tourne le regard en tous sens, me dévisse le cou à chaque minute. Il me manque un truc, je le sais, et je le cherche. C'pas nouveau comme sensation. Je regarde par-dessus mon épaule depuis la crémation de ma baraque. Comme si quelque chose, ou quelqu'un, allait débarquer, me taper sur l'épaule et venir me tailler une bavette. Oui je suis solitaire, et oui j'en souffre. Surtout aujourd'hui où j'ai plus mon Cormoran sur lequel veiller. Une genre de prunelle. Hé. Si ça avait été une femelle, j'aurais pu l'appeler Prunelle. Oui j'en souffre, d'être solitaire, surtout aujourd'hui ou je m'étais enfin habitué à être accompagné. Mieux vaut être seul que mal accompagné, j'ai souvent entendu.

Bah j'ai jamais entendu pire connerie.

Grâce à la carte que j'ai empruntée, je retrouve aisément le port dans ce foutoir atroce. L'après-midi est bien entamé et je me rends compte que j'ai vraiment la dalle quand je monte sur le Berckois pour vérifier que tout est bien à sa place. Je suis pas spécialement parano, mais y'a pas que mes affaires à bord. Y'a ceux de ta belle gueule blonde. Je fais du rangement, deux trois merdes que je remet à leurs places, et puis je me rends compte que je parle tout seul. Je grommelle un bon coup et retourne la banquette où je me pelotonne d'ordinaire pour dormir et en ressors une paire de lunettes. Elles enfourchent mon nez et mes yeux soupirent d'aise. Je suis pas sûr que je serai heureux de revoir toutes les couleurs ni toutes les vapeurs du coin, mais au moins, je ne rentrerai plus dans les passants par erreur parce que je les aurais pas vu assez tôt. Et puis je pourrais plonger mon regard dans les décolletés de ces dames aux robes si amples. Une activité presque apaisante. Hé. Le yoga c'est pour les tapettes, ok ?

Je ressors de l'antre de mon navire et m'enfonce une fois de plus dans la ville, bruyante et chaleureuse. Les heures ont passé. Et je remarque avec soulagement qu'aucune fumée ne vient troubler les cieux. Pause goûter ? Que sais-je. En tout cas, ça va être le cas pour moi. J'ai un Cormoran à retrouver et pas d’appeau sous la main. Faut dire pour ma défense que ce con ne s'était jamais éloigné de moi de peur de n'avoir pas ses graines à la fin de la journée, et au début de la journée, et au milieu de journée et de nuit. Là, il s'est trouvé un con de peintre sénile et il bat avec lui les pavés pas bien scellés d'une ville beaucoup trop agitée. Une fois de plus, mes pensées sont noyées par le brouhaha d'un chantier de textile que j'avais miraculeusement réussi à éviter à mes nombreux passages dans le coin. Parce que le textile, ça dégage des poudres polluantes qui t'arrachent la gueule et la santé, alors du coup, j'suis content de pas y vivre sur cette île. En plus de toutes les autres raisons j'entends. Et c'est un bonheur de remarquer que le vent n'est pas de la partie. Ça aurait été insupportable sinon. Dans le lointain, une corne de brume retentit, faisant échos à une autre, plus éloignée encore. Elles se taisent de concert et je n'y porte plus attention. Je me pose sur une chaise en terrasse d'un salon de thé. Je fais tâche dans le décor steampunk. Elle est couverte par une toiture toute en métal forgé et en verre poli. Comme des rosaces ou des vitraux. Comme chez Hamm. Les tables et les chaises sont en fer blanc. Un serveur, chemisier sans manche par dessus une chemise blanche, montre à gousset dans la poche de son gilet vient très vite pour prendre ma commande.

-Bonjour bonjour bonjour ! Je peux vous servir un café, chocolat, jus, soda, tirelire ?
Tu m'avais pas manqué toi. Une bière. Et un croissant.

Parce que l'enseigne a également un couloir privatif qui la relie à la boulangerie d'en face. Pain fait main qu'ils disent avec de très gros rouages sur la vitrine. Le genre de publicité mensongère si je peux donner mon avis. Et visiblement, les deux enseignes ont le même patron. Le serveur débite des âneries une fois de plus et déguerpis pour me porter ma commande. Je prends ma tête entre mes mains. Je soupire. Je prends dans ma poche ma paire de dé pipés et les jette mécaniquement sur la table blanche. Comment vais-je faire pour mettre la main sur Darwin et ce con de Cormoran ?

Le serveur revient avec ma consommation. J'engloutis mon croissant et attaque mon café. Je demande à une table voisine une clope et du feu. Je sais pas où j'ai foutu les miennes, mais il va falloir que j'aille en racheter rapidement ou je vais me faire ici une réputation de gratteur plus vite que je n'aurai rattrapé le Cormoran.
Ensuite, à tête plus ou moins reposée, je plonge la main dans une poche pour en tirer un billet de berrys à filer à l'honnête serveur béguetant et je tombe sur l'escargophone. Je le pose sur la table et l'observe. J'arrache une feuille d'une plante grasse qui fait la déco du lieu – parfaitement moche comme déco d'ailleurs – et lui offre de bonne grâce. J'ai pas été sympa avec lui. Peut-être qu'il me pardonnera. Qu'il me le pardonne ou non, d'ailleurs, je m'en fous ; j'ai déjà mon âme en peine ; je suis un voyou. Mon regard se perd dans les rues de plus en plus animées de fin d'après midi à la recherche de plumes bleues, mais sans grand espoir. À part cette dame au chapeau atroce aux trop longues plumes azur, rien à l'horizon. Les gens s'installent au bar que j'occupe, le peuple s'agglutine, est heureux de finir une journée. Plus les minutes passent plus les bruit s'intensifient. À ceux des cornes de brumes et des sifflets secs, graves et aigus, se mêlent bientôt les cris assourdissants de grilles de magasins qui se ferment, des toussotements de Coqs mis à l'étable, bien plus loin – c'fou comme ça crie fort ces bestiaux – et des hennissements des machines mises à mal pour la nuit. Il ne faut pas longtemps pour que les fumées reprennent leurs vies indépendantes et se mettent à cracher de nouveau sur les habitants. Je pensais stupidement que les ombrelles servaient à se protéger du soleil, eh bien je fus sot.

Je reste silencieux et immobile, à fixer la foule. Dix minutes, peut-être. Puis, d'un geste agacé que je suis pas sûr de pouvoir expliquer, je remets dans la poche de ma chemise les dés pipés et j'attrape le combiné de l'escargophone. Je contacte Hamm. Pour la douzième fois. J'arrive pas à comprendre pourquoi cet enculé ne décroche pas alors qu'il avait explicitement demandé à ce qu'on l'appelle. Putain.

Je raccroche. J'appelle encore, dans le vide. J'appelle une troisième fois. J'en ai rien à foutre, je suis à une table de bar en train de siroter un café presque tiède que je m'efforce de ne pas boire d'une gorgée. Ils ont pas des tasses adaptées à mon gabarit. Puis contre toute attente, à la quatrième sonnerie, Hamm décroche, la voix tendue. Je le dérange peut-être ? Tant mieux, sa voix libère mes vannes. On est peut-être à des kilomètres de distance, mais j'suis presque certain qu'il m'aurait entendu même sans l'escargophone.

-Oui ?
PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ! Ça fait VINGT FOIS que je t'appelle, enfoiré !
-Vous m'en voyez navré mais ma maison a brulé et c'est à cause de vos cigarettes, à tous les deux...
Rien à faire ducon !
-...alors j'étais un peu occupé. Vous voulez bien arrêter de crier... ?
NON !
-...Parce que je ne m'entends plus parler avec votre amie chasseuse de prime.
Hein ?
Arrête de te foutre de ma gueule !
-Je ne me permettrais pas. Ils sont passés me rendre visite à l'école des horlogers, elle, Camille et leurs complices. Finalement, j'étais pas loin de la vérité dés le départ.
...Non, ça peut pas arriver maintenant...
J'y crois pas !
-Et pourtant je vous assure que
TA GUEULE TOI !

Je raccroche et fourre le gastéropode dans ma poche et m'enfuis soudainement en renversant au passage la table que j'avais oubliée. J'ai l'impression de vivre une farce. Ça fait dix minutes que je les cherche, et maintenant que j'ai mieux à faire – déverser ma haine profonde envers un sodomite – le peintre dégarni et son ami le Cormoran choisissent de sortir de leur cachette. Putain de bordel de merde. Je m'élance au travers de la foule et bouscule une bonne dizaine de personnes, un Coq en vadrouille et un flic éberlué, sans parler de la table qui vole et va rouler jusqu'au milieu du pavé.

Et sérieusement. La prochaine fois que je me croise dans des toilettes publiques, je m'enfonce un bout de verre dans le bras. Parce que je suis qu'un connard. Que j'ai hurlé au téléphone comme un con. Que tout le monde m'a observé agacé pendant beaucoup trop longtemps. Que je me suis barré en faisant encore plus de bruit. Et qu'avec tout ça j'ai pas sorti le billet de ma poche.

-Au voleur ! Il est parti sans payer ! Arrêtez le, stoppez-le, bloquez-le, immobilisez-le, porte coupe-feu !

Et il n'en faut pas plus pour que la cavalerie montée s'en mêle. Probablement vexée que je l'ai renversée ; lui et son Coq.

-À toutes les unités, le suspect s'enfuit, je répète, le suspect s'enfuit. Il correspond par ailleurs au portrait robot du voleur de montre de ce matin, je répète...
Allez au diable avec ce vol !

Note à moi-même, ne pas lancer d'ombrelle anti fumée sur un policier lors d'une course poursuite, ça ne fait que l'énerver un peu plus.

RAAAAHH !!!

Je cours sans me retourner. Parce que je sais ce qui me suit. Et que je suis certain que si je détourne le regard du couple d'ahuris, je vais encore les paumer, et que ça me ferait bien plus chier que d'avoir les flics aux trousses – ce qui est déjà en soi une colique néphrétique persistante. Autour de moi, les hommes en costume s'écartent habillement et les dames en robes chatoyantes se poussent du chemin non sans élégance, comme si elles glissaient sur les pavés. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'elles cachent sous leurs volants amples pour se déplacer ainsi. Pas une ne crie à mon passage pourtant. Le policier derrière moi hurle à la puissance des cordes vocales un chant faux qui alerte tout le monde dans un périmètre de cinq cent mètres. Mais rien à faire, je vais attraper notre prime et mon Cormoran.

Pourtant, quand je tourne à l'angle de la rue qu'ils viennent de contourner dans un BRAAAAAK retentissant, ils ont disparu. Dans un dérapage, je freine sec. Le Coq me dépasse en hurlant sans s'en rendre compte et son cavalier met presque dix mètres avant de s'en apercevoir. Mais c'est pas lui qui m'inquiète. Sérieusement. Je tourne la tête en tous sens, même en ceux qui n'existent pas : aucune trace d'eux. Putain. J'ai l'impression de poursuivre Droopy ou la Corneille. Et ça me gave tellement que j'ai l'impression d'être une oie.

Très bien ! Si vous êtes pas revenus d'ici ce soir, je me barre sans vous !

Les gens me regardent m'époumoner sans comprendre. Moi je sors ma carte qui m'aura été utile et qui, je le sens, le sera encore, et je repère l'emplacement de l'école des horlogers. Coq de combat monté revient vers moi ; comme si le ver, c'était moi. Je replie la carte juste avant qu'il n'arrive à ma hauteur et j'attrape un banc qui traine là parce qu'ici les maires s'occupent des jambes de leurs vieux électeurs. Je l'arrache au béton qui fleurit dans le coin plus qu'aucun autre minéral et je décroche le Coq casqué d'un coup décoché hâtivement. Je sais que c'est le bouillonnement de mon sang et l'aversion que j'éprouve pour cette ville qui vient d'incruster dans la façade d'un boucher un mec de la cavalerie montée ainsi que sa monture, mais pour l'instant, je le vis bien. En revanche, je sais que d'ici dix minutes, je vais aller détruire un parpaing à coup de poings pour expier le tout. Je laisse tomber le banc et m'élance vers l'école des horlogers.

C'est simple, c'est l'un des plus gros bâtiments avec la banque du temps. Et puis, j'ai eu la chance de ne pas tomber sur d'autres flics. En plus, la secrétaire est très aimable. Elle me pose pas de question sur ma main gauche ensanglantée.

Bonsoir poupée. Je cherche une blonde genre pétasse, un enfoiré avec un trench-coat et une gueule de sociopathe, un muet et un géant aux yeux bleus. Entre autres. Quel étage ?


Dernière édition par Diele Timberwhite le Ven 29 Mai 2015 - 2:20, édité 1 fois
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Jeu 21 Mai 2015 - 23:04

Tic. Tac. Tic. Tac. Bam. Bam. Bam. Les notes basses des horloges résonnent dans la poitrine de Louise. En rythme, elle contracte ses poings. Tic. Tac. En rythme, elle respire. Tic. Tac. En rythme, elle écume.

Bam. Bam. Bam.

Et la colère lui martèle les tympans, lui vrille le cerveau à lui en filer la nausée.

BOM.

La porte s’ouvre à la volée, laissant apparaître un nouveau personnage pour cette farce burlesque. Il domine presque l’assemblée de sa hauteur, et il fulmine littéralement d’avoir trop foulé à la rue les pavés crasseux de modernité.

Tic. Tac.

Acte IV ? V ? Approche-t-on de la résolution ou les nœuds vont-ils encore se resserrer dans un maillage indéfectible ? Unité de lieu : tous les personnages se trouvent au même endroit. Unité d’action : ils courent tous après le même trésor. Unité de temps : va te faire foutre.

Tic. Bam. Tic. Bam. Tic. Bam.

Le festival des cons. Et Louise qui a cru que l’autre ahuri se carrait au cul ses caprices. Comme si ces stupides lunettes l’aidaient à voir plus clair. Il mériterait de se les faire arracher, écraser, et qu’on lui fiche les éclats de verre dans la langue pour débiter moins de conneries, qu’on les lui plante dans les semelles pour qu’à chaque pas il sente le mauvais chemin. Il mériterait que ce soit elle qui lui inflige tout cela. Connard.

Oh et Hamm avec son sourire en coin satisfait, sa gueule de roublard suffisant. Harold Hamm et son fric, Môssieur le Charbonnier et son influence. Qu’il crève comme les autres.

Quant à Seth. Révolutionnaire. Rien que ça lui vaudrait de se faire cracher à la gueule chaque jour. Devrait lui interdire de foutre le pied dehors sans se faire vriller d’immondices, pour que cette apparence d’homme probe, d’homme calme, d’homme bien, disparaisse sous la puanteur, la crasse et la misère. Pour que son allure reflète sa condition répugnante de menteur et d’idéaliste obscène. Révolutionnaire. Pourriture. Sale chien.

Qu’ils calanchent la gueule ouverte, tous ces cons. Et elle après.

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

Elle serre les poings. Elle serre les dents. Elle ne lâchera rien.

« On peut savoir ce que c’est que ce bordel ? »

Journée de dingue. Le directeur de l’école s’en défrise la moustache, le jeune Robin semble encore moins à sa place que tout à l’heure et tout un chacun a l’air paumé, comme foutu là par hasard. Tous sauf un. Parce qu’évidemment, pour un manipulateur sociopathe du genre de Hamm, c’est la panacée.

« Je crois, mademoiselle, que nous nous apprêtons à révéler le coupable quant à cette terrible histoire de vol. »

Elle, elle mettrait volontiers un poing final à son histoire.

« À QUOI TU JOUES, HAROLD ? »
« Croyez-vous donc que Robin est le coupable. Vous m’aviez assuré sa bonne foi. »
« Le pauvre garçon a simplement été manipulé, monsieur le directeur. Ma seule erreur de jugement a été de croire qu’il serait entouré d’honnêtes gens. »

Seth s’impose alors, saisissant le bras de Hamm avant d’exécuter une série de gestes rapides, frénétiques. Mais Harold se dégage pour répondre de la même manière, à une vitesse telle que même Camille semble hébété en essayant de suivre.

« Ça suffit, Seth ! » finit par ponctuer Harold. Pour la première fois, il est réellement affecté. Quels propos a pu tenir Seth ?

Toc, toc, toc.

« Harold, que se passe-t-il. »
« Vous avez dans cette pièce les complices du vol du pendule de l’école. Je suis navré de vous apprendre la trahison de vos subordonnés, monsieur. »
« Allons, c’est ridicule. Miklas et Dorian sont des membres influents et sérieux au sein de cet établissement, jamais ils ne s’abaisseraient à un tel vandalisme, n’est-ce pas, messieurs. »
« Évidemment. »
« Monsieur Hamm se méprend sur notre compte. »

Toc, toc, toc.

« Alors seriez-vous en mesure de nous expliquer vos relations avec Robin, Camille, Seth et leurs hôtes ? Ainsi que la présence des biens volés en leur possession ? »
« C’est un affreux malentendu, rien de plus. »

Toc, toc, toc.

« Allez-vous en, nous sommes occupés. »

La porte s’entrebâille, laissant apparaître la tête blonde de la jeune secrétaire de l’école.

« Monsieur, je suis navrée d’insister, mais l’Inspectrice se trouve ici et elle souhaiterait vous parler. On lui a rapporté la présence d'un individu suspect dans l'enceinte de l'école. »

Tout ça n’était qu’une putain de blague.
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Mer 27 Mai 2015 - 22:49

Une comédie plutôt. Quitte à parler de théâtre autant aller au bout de la métaphore. Parce que l'unité de temps, elle est respectée également. Une seule journée. C'est juste que les habitants du coin ne sont pas au courant qu'ailleurs dans le monde, tout le monde se base sur la course du soleil pour établir les heures de leurs journées. Et pas des saloperies d'horloges détraquées qui sonnent au rythmes des vibrations des habitations individuelles et que si elles auraient pas été là, on aurait pas été dans cette bouse d'éléphant. Si Hamm avait pas existé, ou Seth, ou cette banque du temps, on n'aurait pas été dans ce crottin de cheval. Si j'avais pas pris la mer avec toi, si je t'avais pas démonté l'arcade et la pommette sur le marbre d'un bar à Hinu, on ne serait pas dans la merde à ce point. Si ma mère s'était pas tapé mon père, je serais pas là. Et c'est pareil pour toi.

Mais là, pour l'heure, c'est l'unité d'action qui me troue le cul. Sérieusement, ils font vraiment tout ça pour l'Eldorado ? J'pense sérieusement que c'est Susan qui a raison. Tout ça c'est des conneries. Et niveau conneries stupide, j'ai la palme en général. Suffit de voir ma main gauche que tout le monde semble ignorer. Ou qu'ils font semblant. Toi, j'suis sûr que tu l'as remarquée, mais toutes les trois phrases, je te vois lever les yeux au ciel, pousser un soupir à décrocher une batterie de casseroles de la cuisine d'une grand-mère centenaire, ou passer sur ton visage une main excédée. Je t'avais dit que c'était une connerie de les aider. Le souci c'est que tu m'écouteras pas. Que tu ne m'écoutes pas. Tout ça pour un William. Les gens autour m'ignorent tout court en fait, j'ai l'impression. Salut les cons. Je suis là. Oui, incroyable, il parle le paillasson !

-Monsieur, je suis navrée d'insister, mais l'Inspectrice se trouve ici et elle souhaiterait vous parler. On lui a rapporté la présence d'un individu suspect dans l'enceinte de l'école.

Moi qui suis toujours devant la porte, je me tourne vers elle. Nos regards se croisent. Elle a les yeux fades. J'ai pas d'autres mots. Ils sont marrons de ce marron insipide qu'à l'écorce d'un noyer et ses paupières devaient être lourdes tant elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Ses iris glissent sur moi, jusqu'à ma main en sang, puis remontent sur mon visage, sans que son expression ne soit altérée le moins du monde.

-Je lui dis de monter monsieur ?
-S'il vous plait, Maggy. Peut-être qu'elle pourra m'aider à dénouer le vrai du faux.
-L'évidence est devant vos yeux, monsieur. Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut voir.
-Toutes ces diffamations commencent à me faciliter le transit intestinal, Hamm.
-Nier ne fera que repousser la vérité, Dorian.

Comme un vétéran en terrain conquis Hamm recule de trois pas et vient s'appuyer sur le bureau du directeur qui a depuis longtemps abandonné son fauteuil pour être au plus près de ses fiers professeurs et des autres gens suspects dont toi et moi faisons partie. Robin aux jambes trop longues et aux vêtements trop courts a le visage bas. Il est le seul dont la contenance approche celle des moustiques face à une bombe de citronnelle. Harold dans le rôle de la citronnelle. Je suis étonné par le silence qu'arrive à garder cette grande gueule de Camille. Au milieu de tout ça, Seth a le visage décomposé de celui qui perd une partie. Lui qui cherchait depuis le début à contenter tout le monde.

Qu'est-ce que tu veux Hamm, à la fin ?
-Rétablir l'ordre.
Mon cul.
-TU VEUX DE L'ORDRE ? C'EST MOI LE RESPONSABLE DE TOUT ÇA. ET TU LE SAIS.

Hamm lève les mains comme s'il se défendait des accusations qui étaient portées contre lui. Je serre les dents. La situation commence à nous échapper. Très vite, nous ne serons plus tenus pour responsable. Et nous pourrons repartir sans être inquiétés.

Enfin, si t'avais pas eu la soudaine lubie de les aider à trouver l'Eldorado pour chopper des informations sur un William obsessionnel.

-Et messieurs, quelle est votre implication dans tout ça ?
-ILS DEVAIENT DÉCRYPTER LES GRAVURES. ET APRÈS LES AVOIR LUES, JE LES AURAIS RENDUES. ET MOI AVEC.

La porte s'ouvre alors sur la blonde qui avait disparue sans que personne ne s'en rende compte. Elle a le visage las de celle qui se fait chier. Elle s'efface pour laisser entrer l'inspectrice. T-shirt rose, lunettes roses. Pour la comparaison, j'ai l'impression qu'elle est vêtue de milliers d'aiguilles qu'elle m'aurait forcé à avaler par les yeux et sans même avoir brisé une promesse.

-Messieurs. Madame. Je crois qu'enfin je mets le doigt sur les coupables des divers vols de ce matin.
-Bien. Le rideau va enfin tomber.
-MADAME, C'EST MOI LE RESPONSABLE !
-2m50, yeux bleus, cheveux blonds, vêtements rapiécés, vous êtes COUPABLE !
Vous allez toujours aussi vite pour accuser quelqu'un ?
-Jones, arrêtez-le ! Jones ?
-Il est resté en bas madame.
Gestes. Ignorés.
-Votre compte n'est pas réglé messieurs. Êtes-vous vraiment les traitres que Harold décrit ?
-Jamais voyons !
-Nous sommes dévoués à cette école de toute notre âme.
-Seul son bien et sa pérennité nous importe !
-Quelle hypocrisie.
-En vérité, ils sont complices. C'est de Seth que débute toute l'histoire. Il connaissait le conte depuis enfant, évidemment, comme tout le monde sur l'île, mais la venue de ce révolutionnaire le lui a remémoré. Sa bêtise a été d'en reparler à Hamm, son patron, et à Camille, son ami. Hamm chercha à s'approprier le tout pour le profit...
-Je n'ai jamais eu l'intention d'en profiter égoïstement.
-....et Camille le voulut pour offrir une belle vie à des enfants à l’existence terne, quitte à braver les lois. Et tandis que le magnat du charbon ici présent poussait subtilement Camille à faire des bêtises pour retrouver ces précieux artéfacts, Seth, en toute bonne foi, le guidait, espérant en même temps tempérer les ardeurs de ses deux amis aux antipodes l'un de l'autre.
Immobilité. Tête basse.
Est-ce que je rêve ou ce monologue n'est qu'une pirouette pour ne pas perdre le lecteur ?

« Dommage qu'elle ait une couleur si affreuse »
Je confirme.
-Mais et vous deux ?
-Nous n'avons jamais eu de mauvaises pensées.
-Oui, nos buts étaient nobles !
-Mais et eux deux ?
Pour la douzième fois, nous sommes innocents.
-Deux touristes manipulés par Harold pour garder les mains propres.
-Je me doutais que vous seriez à la hauteur de votre réputation.

Je crois que j'ai besoin d'arrêter de les regarder. Ils continuent de discuter, de se prendre la tête. Moi aussi, ça me la prend, et je sens que c'est la migraine qui menace. Toi aussi tu es en retrait. Comme l'a dit Hamm, le rideau vient de tomber. Et je suis un simple spectateur de cette pièce ennuyeuse. Je me sens comme un de ces gosses emmenés au cinoche par leurs parents et qui ne peut pas s'empêcher de parler et de faire autre chose parce que ce qu'ils regardent ne les intéresse pas. C'est pas que toute cette histoire ne m'intéresse pas, c'est qu'elle m'a balancé sur le devant de la scène contre ma volonté et que j'ai les projecteurs dans les yeux sans texte ni souffleur. Et qu'à choisir, j'aurais préféré aller me dorer la pilule dans une viennoiserie. Ou piquer une sieste sur le Berkois. Mais non, y'a Hamm qui a décidé de faire chier tout son monde.

D'ailleurs, tu veux pas nous rendre nos affaires maintenant qu'on est plus ou moins innocentés et que tu as eu droit à tes trésors stupides ?
-ILS NE SONT PAS STUPIDES !

Jeter de l'huile sur le feu ? Ce n'est absolument pas mon but voyons.

-Au risque de tous vous décevoir, et pour clore ces débats fatiguant, l'Eldorado n'existe pas.

C'est drôle comme je pensais que Camille était déjà au bord de la furie.

-L'ELDORADO EXISTE !!!
-Parce que vous pensez que je n'ai pas essayé ?

Le silence qui suit est délectable. Je l'apprécie et me félicite d'avoir vécu seul et dans le silence durant tant d'années.


« Vous êtes sûrs de ce que vous avancez? »
-Les médaillons sont restés désespérément vierges à l'époque, quoiqu'on ait pu essayer avec le propriétaire des montres.
Hé.
-VOUS AVEZ DÉJÀ ESSAYE... ?
Vous voulez dire qu'on nous fait chier depuis ce matin pour rien ?
-Il n'y a pas d'Eldorado.
-MAIS...
-Il n'y a pas d'Eldorado.
Hé. Héhé.

C'est pas drôle . C'est les nerfs.
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Louise Mizuno
The Queen

♦ Localisation : Dans les coins mal fâmés

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Jeu 28 Mai 2015 - 0:44

Les informations se succèdent à toute vitesse. Si bien que Louise, presque, se sentirait heureuse d’avoir pris part à tous les événements de toute cette journée de merde. Comment, sinon, pouvoir saisir tous les éléments débités par l’Inspectrice, corrigés par Hamm, approuvés par Camille ?

Une question subsiste néanmoins. Parce qu’ici, quelqu’un n’a pas envie de se marrer connement.

Regard noir à qui de droit.

« Comment vous pouvez savoir tout ça ? Ce matin, c’est à peine si vous saviez assembler deux et deux. »
« Je suis la meilleure inspectrice de l’île. »
« Ouais, super, j’ai sans doute pas entendu de meilleur argument depuis la maternelle, mais à part ça ? »

L’Inspectrice soupire et, d’un geste aussi théâtral que l’ambiance, vient s’installer sur le fauteuil du directeur. Les protagonistes sont pendus à ses lèvres et les multiples horloges de la pièce marquent le tempo du suspense imposé.

« Allons, croyez-vous que j’ai passé la matinée à attendre que vous reveniez ? Il y a une procédure à suivre pour une enquête. Des scènes de crimes se disséminent au cœur de la ville à chaque nouvel indice trouvé, les suspects révèlent leurs secrets petit à petit et les pistes se resserrent jusqu’à ne plus former qu’une seule voie : celle de la vérité. »
« MAIS L’ELDORADO ? »
« J’y viens. Voyez-vous, après que nos suspects ici présents nous ont faussé compagnie, nous sommes évidemment partis à leur recherche. Nous avons suivi leurs traces et deux de mes hommes sont tombés entre leurs mains. Bien heureusement, aucun malheur n’est arrivé… »
« C’est pourtant pas passé loin. »
« …et après les avoir retrouvé, j’ai divisé mes forces afin de découvrir les motifs derrière ce vol. »
Vous croyez pas que vous auriez pu commencer par ça ?
« Il est donc devenu évident que le voleur cherchait à percer le secret des montres. En ce cas, quelle meilleure place pour en apprendre plus que cette école même ? Je me suis donc entretenue avec le directeur pendant que mes hommes s’occupaient de suivre monsieur Hamm. Bien heureusement, sans quoi il aurait très certainement péri au cœur du regrettable incendie de sa demeure. Toujours est-il que grâce à mes hommes qui filaient le charbonnier et mes chiens qui ont pu tracer votre odeur jusqu’aux bas fonds de la ville, suffisamment de connexion ont pu être établies pour faire le lien entre les différents suspects de ce crime. C’est donc ainsi que j’ai pu relier tous les éléments et enfin arriver ici suite au grabuge causé par ce monsieur ici présent. »
« Grabuge ? Qu’est-ce qu’il a encore foutu ? »
« VOUS AVEZ PAS PARLÉ DE L’ELDORADO. »
« Les montres appartiennent à la famille du directeur de l’école. Cela seul suffit à comprendre que, si Eldorado il y a, il l’aurait découvert depuis longtemps déjà. L’histoire des montres n’est qu’un conte exagéré avec le temps et qui a échappé au contrôle de son propriétaire. Rien de plus. Je suis navrée de vous apprendre cela, mais votre Eldorado est un mythe et vous avez compromis votre intégrité pour des balivernes. »
« VOUS MENTEZ ! »
« Je suis désolé, mais elle dit la vérité. »
« MAIS JE… L’ELDORADO… POUR LES ENFANTS… »

Avec sa voix, c’est l’espoir de Camille qui se brise. Le géant perd contenance, perd ses illusions et semble tout voir s’effondrer devant ses yeux. Pendant une seconde, il semble prêt à pleurer, lui aussi écrasé par l’injustice du sort, par l’ironie cruelle de la vie. Pendant une seconde, Louise compatit sincèrement à sa peine.

Gestes. Sans réponse.

Très doucement, Seth pose sa main sur le bras de Camille. Cherche-t-il à le ramener à la réalité ? À le calmer ? Le réconforter ? Partage-t-il ses désillusions ?

« Que va-t-il se passer pour eux, maintenant ? »
« Ne vous dissociez pas du groupe, monsieur Hamm, vous faites parti des suspects et vous n’êtes pas complètement innocent. »

La remarque a le mérite de clouer le bec du charbonnier.

« Mademoiselle ? »
« Oui, madame l’Inspectrice ? »
« Allez me chercher Jones. »
« Oui, madame. »
« Voici donc ce qui va se passer. Camille devra répondre de ses actes, étant le coupable de l’infraction de la banque du temps. Il écopera sans doute d’une peine de prison qui pourra être revue à la baisse compte tenu des circonstances. »
« JE COMPRENDS. MERCI, MADAME. »
« Vos complices à l’orphelinat devront contribuer aux frais de réparation des dommages causés à la banque et Robin aura quelques semaines de travail d’intérêt général en guise d’avertissement et pour lui permettre de retrouver le droit chemin. Messieurs Dorian et Miklas, votre sort sera décidé par le directeur de l’école, celle-ci dépendant de son autorité. Une amende vous sera néanmoins envoyée pour complicité de vol. Harold Hamm, bénéficiant de faveurs liées à votre statut et à vos relations auprès de notre institution, vous ne serez pas poursuivi pour chantage et tentative de vol. Toutefois, je vous demanderai de faire une donation mensuelle à l’orphelinat de votre ami pour l’année à venir. »
« Bien entendu, je n’aspire qu’à aider les plus démunis. En guise de ma bonne foi, je tiens d’ailleurs à restituer leurs biens à mes deux amis ici présents. »
Tu m’appelles encore une fois ‘ami’ et je te décroche la mâchoire.
« Justement, vous concernant, vous et votre compagne, la Marine s’excuse officiellement du tort causé et de ses accusations erronées. Ainsi, pour cette fois, nous nous contenterons d’un avertissement quant à votre comportement et au grabuge causé lors de votre fuite. »
« Je vous remercie. Nous ne nous attarderons pas sur l’île et tâcherons de nous faire discret si nous y retournons. »
« Ravie de vous l’entendre dire. Enfin, Seth, étant donné votre appartenance au corps révolutionnaire, une enquête sera ouverte à votre sujet et vous rejoindrez votre complice Camille pour un séjour derrière les barreaux. »

Gestes.

« Votre fille sera confiée à des autorités compétentes le temps de votre incarcération. »
« VOUS POUVEZ PAS FAIRE ÇA À EMMA. ELLE A RIEN FAIT, ELLE. C’EST JUSTE UNE PETITE FILLE. »
« Fallait penser aux conséquences avant. »
« COMMENT TU PEUX DIRE ÇA ? »
« C’est un révolutionnaire. Il n’a que ce qu’il mérite. »
« C’EST FAUX ! »

Gestes.

« NON, SETH. »
Qu’est-ce qu’il a dit ?
« QU’ELLE A RAISON. »

Camille serre ses énormes poings, passant d’une inertie peinée à une colère terrible. Visiblement, sa morale est proportionnelle à sa taille.

« Attends, Camille, j’ai peut-être une idée. »
« QUOI ? TOI ? JE CROYAIS QUE TU TE MOQUAIS DE TOUT ÇA. »
« Ne sois pas stupide. Je ne partage pas ton idéalisme, mais Seth est resté à mes côtés pendant des années et je ne suis pas complètement ingrat. Madame, serait-il possible qu’Emma soit confiée à l’orphelinat jusqu’à ce que Seth sorte de prison ? Elle y sera bien plus heureuse que dans un foyer auprès d’inconnus. »
« Ma foi, si Seth est d’accord, je n’y vois aucun inconvénient. Sachez toutefois que l’orphelinat sera surveillé par les forces de l’ordre dès à présent, afin d’éviter qu’il devienne le noyau d’une cellule criminelle. »
« Bien entendu. Seth ? »

Comme s’il ne croyait pas à sa chance, l’homme hoche lentement la tête avant de s’avancer pour prendre Harold dans ses bras. Visiblement peu coutumier des démonstrations d’affection, le charbonnier lui rend maladroitement son étreinte avant de se dégager avec un raclement de gorge. À leur tour, les autres remercient l’Inspectrice de sa clémence et le directeur commence à sermonner les deux enseignants, exposant diverses solutions pour sanctionner leur comportement. Louise ne leur prête guère attention. Soulagée que tout se termine enfin, elle range ses papiers dans sa poche sans un mot à Hamm. Au contraire, elle rejoint Seth.

« L’adresse. »

Elle se sent incapable d’articuler plus d’un mot face à lui. Pas après avoir assisté à la destruction de la vie d’une enfant innocente à cause de la Révolution. Seth ne se formalise pas du ton de la blonde, peut-être à cause de cette confiance stupide qu’il lui a instantanément accordée, et s’empare d’un papier et d’un crayon sur le bureau du directeur pour y griffonner le nom d’une ville. Louise lui arrache presque des mains et se détourne en silence.

Sur le pas de la porte, Jones échange quelques mots avec l’Inspectrice avant de se diriger vers les coupables pour leur passer les menottes. Enfin, Louise et Diele sont libres de partir. Et, aussi improbable que cela puisse paraître, dans la cour de l’école, le nez en l’air à regarder passer les secondes sur l’immense horloge qui orne la façade, le cormoran et le peintre attendent sagement.

Parce que oui, tout ceci n’est définitivement qu’un putain de sketch. Mais cette fois-ci, on arrête le running-gag. Louise n’attend pas que les deux idiots se défilent et se dépêche de chopper le vieux par le col.

« Bon, maintenant qu’on a récupéré les deux idiots, on trouve le bureau de la Marine, on largue celui-là et je me casse. »

Et putain, trouver ce foutu bureau de l’impasse Basara, ça pue l’aventure foireuse. Si encore elle avait une carte…

Faut prendre à droite.

D’où il a une carte, lui ? Bon, Louise ne questionne pas et prend à droite. Rapidement, et curieusement sans encombre, l’improbable quatuor parvient enfin au lieu convoité. Avant que le destin ne fasse l’une de ses mauvaises blagues, Louise pousse la porte, trainant derrière elle le peintre docile et s’adresse au premier officier qu’elle aperçoit.

« Bonjour, je viens récupérer la prime de cet homme. Voici l’avis de recherche à son nom et mon certificat de chasseuse de prime. »

Le soldat saisit les deux documents et, après un rapide coup d’œil, les rend à la blonde.

« Oui, tout est en ordre. Veuillez patienter un instant, mon collègue va aller chercher la somme qui vous est due, mademoiselle Mizuno. »

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Diele Timberwhite

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Sam 30 Mai 2015 - 1:59

-Alors, si je comprends bien, les deux étrangers ne seront pas inquiétés ?
-En effet.
-Pourtant, ils ont blessé plusieurs policiers, ont effrayé une partie de la population, sont coupables de divers délits : fuite, séquestration, torture...
-On a pas vraiment été torturés en vrai.
-J'ai plutôt l'impression qu'ils nous ont kidnappés pour se faire innocenter.
-Complètement tordu.
-Ou leur meilleur coup.
-Ils ont mis le feu à une habitation, mis en danger une autre partie de la population, failli tuer nos Coqs !
-Mais ils ont fait tout ça parce que nous avons tiré des conclusions hâtives.
-Au final c'est de notre faute.
-C'est complètement stupide ! Vous avez été beaucoup trop laxiste !
-Vous pensez vraiment... ?
-Haaa... On devrait penser à séparer enquêtes et jugements...

*****

-Monsieur le directeur... ?
-Oui Dorian ?
-Je voulais vous remercier d'avoir bien voulu garder Robin à l'école.
-Hmm.
-Et d'avoir accepté que nous restions parmi vous également, Niklas et moi.
-Hmm.
-Ainsi que de n'avoir contracté aucune rancœur.
-C'est au moins la trentième fois que vous venez me remercier, alors je sens que si vous me le dîtes une nouvelle fois, je vais vraiment vous mettre à la porte !
-D'accord. Merci d'être si honnête et bons envers nous.
-Graaaaaaaaa !

*****

-Alors c'est la prison qui t'attend... ?
-OUI. TU AVAIS RAISON SUSAN.
-Comme toujours.
-S'il te plait Gladÿss... Camille, je n'ai jamais voulu ça.
-J'Y ÉTAIS PRÉPARÉ, ET J'AVAIS PRÉVU D'Y ALLER DE TOUTE FAÇON...
-Ce n'est pas une réponse qui me satisfait. Enfin Camille ! Comprends moi ! Tu ne peux pas rester aussi calme voyons !
-JE NE RÉCOLTE QUE CE QUE J'AI SEMÉ. JE SUIS SIMPLEMENT TRISTE D'AVOIR FAIT TOUT CA POUR RIEN. J’ESPÉRAIS RÉELLEMENT OFFRIR UNE MEILLEURE VIE AUX ORPHELINS.
-C'est vrai que depuis la prison tu vas avoir du mal à les aider, hein ?
-JE SAIS BIEN QUE J'AI MERDE.
-Et pas que ! Si tu savais à quel point je suis en colère, Camille.
-JE SUIS VRAIMENT
-Tais-toi !

-Ne t'en fais pas, même si Susan te tourne le dos maintenant, tu pourras toujours compter sur elle, même si tu as l'impression que la porte qu'elle vient de claquer restera fermée pour toujours. Elle tient à cet orphelinat autant que toi. Autant qu'à toi. Elle sait que tu as fait tout ça pour de bonnes raisons. Elle n'acceptait simplement pas les moyens de parvenir à ces buts.
-JE SAIS. GLADYSS, J'AI VRAIMENT L'IMPRESSION D'AVOIR TOUT FAIT DE TRAVERS.
-Mais tu as tout fait de travers Camille. Mais Susan et moi allons redresser tout ça. Fais nous confiance.

Gestes, réconfortants.
-SETH DEMANDE SI IL A LE DROIT DE DIRE AU REVOIR A SA FILLE.
-Qu'il le fasse. Il vous reste une demi-heure.
Gestes. Larmes. Partagées.
-Je veux pas que tu partes !
Gestes.
-J'veux pas que tu partes !
Gestes.
-J'veux pas que tu partes !
Sanglots.

*****

-'Chais pas trop si je suis content de vous quitter.
Dis pas de conneries.
-'Vrai. J'vous aimais bien pour de vrai.
On est en train de te vendre, ducon.
-'Pas d'ça que j'parle. J'avais pas fini de vous dépeindre.
De quoi tu causes encore ?
-'Chais pas trop. J'vous regardais, et j'voyais un tableau.
-Braaaaak.
?
-'Sans coucher d'soleil, en plus.
Arrête de causer ou je serai vraiment heureux de te larguer aux marins de l'île.
-'C'que j'veux dire, garçon, c'est que j'étais pas loin de la découvrir chez vous deux.
?
-'Vot'truc de beau et fugace.
-Messieurs et madame, c'est à vous.

« Bonjour, je viens récupérer la prime de cet homme. Voici l'avis de recherche à son nom et mon certificat de chasseuse de primes »
-Oui, tout est en ordre. Veuillez patienter un instant, mon collègue va aller chercher la somme qui vous est due, mademoiselle Mizuno.
Hein ?
-'Mizuno ? Drôle, c'comme William.
Hein ?

« Sans blague. »
Hein ?

Attends. Attends.

Quoi ???

*****

Oui je fais la gueule ! Oui bordel je fais la gueule ! Je me suis barré en claquant la porte vitrée de la marine ; je me suis barré en hurlant comme un damné ; je me suis barré comme un possédé. Oui je fais la gueule et je le vis bien. Et si je fais la gueule, c'est pas parce que je viens d'apprendre que l'enculé qu'à dérobé ma fille à ma vie a un lien de parenté avec toi, non. C'est que l'enfoiré qui a sauvé ma fille de la mort atroce à laquelle j'ai promis le reste des filles de ma vie est le vrai putain de salaud que je m'étais imaginé. Parce que sinon tu aurais pas fait ces grimaces en parlant de lui. Sinon, t'aurais pas tiré la tronche et eu ce rictus mauvais en parlant de ton frère. Ton frère, bordel. Et dire que j'avais presque espéré que ce fils de pute fut un honnête type, à force. Parce que si à cause de lui notre vie à été détruite sur Hinu, grâce à lui ma gamine a survécu au destin que je lui forgeais dans les flammes de ma connerie Einsteinienne.

Putain de bordel de merde !

Je me dirige à pas de géant vers le port ; vers le Berkois. Je t'attends pas, tu sauras où me trouver. Et j'ai besoin de marcher vite pour me défouler. J'ai laissé le Cormoran avec toi, il préfère tes yeux et tes mains de toute façon parce que les miennes sont trop caleuses et épaisses d'avoir trop cogné. Et puis j'ai toujours la main gauche baignée de sang séché. J'ai pas envie de la laver pour l'instant, ça repousse les hommes et attire les mouches. Juste ce dont j'ai besoin.

Parce que pour l'instant, les hommes, je veux pas les voir. Je supporte à peine leurs ombres et leurs silhouettes dans la périphérie de mon champ de vision comme je traverse les places bondées de soirée avancée. Et c'est pareil pour les femmes. Surtout pour les petites blondes au cul rond. Il faut me laisser ma petite demi-heure d'avance et j'espère honnêtement que les marins vont te garder plus longtemps encore. De toute façon, on pourra pas repartir ce soir et on aura quelques achats à faire avec la prime que tu vas récupérer du vieux barbu. Même si je sais que tu seras réticente à cette idée.

Là, on vient de finir une sale journée, j'ai les chevilles en compote à les avoir usées sur l'asphalte tout le jour, entre marche et course. L'estomac dans les talons d'avoir bouffé qu'un croissant de la journée. Des talons de la taille de ton poing. Nous l'avons passée en compagnie de mecs plus barges les uns que les autres, plus timbrés et emmerdants que les gars déjà bien atteints de l'île précédente, plus téméraires et plus stupides que tous les mecs que j'ai pu croiser sur beaucoup de mers. Parmi les plus ambitieux et les plus admirables aussi. C'était presque tous des cons, mais je peux dire qu'ils ont de beaux projets et que rien que pour ça je les hais encore plus. Eux et leurs projets. J'ai la tête qui bourdonne d'avoir passé la journée à hacher menu mes oreilles tympans iris orteils et pupilles dans une ville qu'a rien eu d'autre à nous offrir que des ennuis. Et maintenant c'est moi le vieillard qui ai le dos bloqué et qui risque de se plaindre toutes les trois heure ce soir parce que je me suis cru jeune.

Je t'invite ce soir. Tu en profiteras pour me raconter toute cette histoire. Que je fais à la Mizuno lorsqu'elle arrive, peu après que j'ai fumé mon paquet de cigarettes entier. Sur ton frère.

Je sens même un sourire bourgeonner dans ma tête. Parce que si jamais on n'était pas venus sur cette île, ni l'un ni l'autre n'aurions pu retrouver ce fameux William.

Alors finalement pas si adapté que ça le titre de cette nouvelle d'Albert Camus.

Les Regrets.
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