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Endless violence

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Uriel


Feuille de personnage
Dorikis: 1170
Popularité: -17
Intégrité: -15

Mer 8 Avr 2015 - 13:46

Sleepy Hollow. Janvier 1624.

Tu boîtes, te tenant la jambe, massant la plaie laissée par ta dernière blessure. Tu as besoin d'alcool pour désinfecter la plaie. Tu grimaces à chaque pas. La douleur est désagréable. D'autant que tu aurais pu l'éviter. Tu avances, traînant des pieds dans un mélange de boue et de neige. Tu t'es écarté de l'enceinte du cimetière. Mais aucune importance, aujourd'hui devrait être jour de messe. Aucun gêneur avant au moins une bonne heure. Tu as largement le temps de descendre au village pour chercher de quoi arranger cette foutue plaie. Enfin. C'est ce que tu t'étais dit. Tu as tout de même été raisonnable. Tu as laissé ta lame dans un arbre creux, non loin de ta zone de ronde. Tu n'aurais pas pu débarquer armé au village. Ou du moins si, mais ç'aurait été malvenu. Tu te serais fait sortir d'à peu près n'importe quel établissement. Et on t'aurait rapidement repéré. Tu te contentes de te faire passer pour un chasseur depuis le décès de ton maître.

Tu ramasses le dernier lapin que tu as trouvé dans la forêt, le chargeant sur ton épaule, avant de partir vers le village. C'est la seule explication que tu puisses donner à tes vêtements maculés de sang. Même si les gens te regardent toujours d'un drôle d'oeil quand tu arrives, couvert de sang à tel point que les gens ne savent pas vraiment si tu es blessé ou non. Mais peu importe. Tu sais ce que les gens en pensent. Mais personne ne t'en a jamais fait la remarque. Tu es juste ce type un peu étrange qui passe régulièrement. Beaucoup pensent que tu es un ermite vivant dans la forêt, descendant au village uniquement en cas de besoin. Tu n'auras qu'à faire croire à une blessure alors que tu traquais un ours. De toutes façons, tu as déjà tailladé quelques troncs pour faire croire aux petits malins d'humeur aventureuse à l'existence de bêtes sauvages dans cette forêt. Tout devrait bien se passer.

Tu clopines jusqu'au village, arrivant sur la place avec ton espèce de veste en toile mitée. Un vestige récupéré sur un clochard que tu as supprimé. Il n'avait qu'à pas s'approcher autant de la tombe de ton maître. Tu trimballes ton lapin dans une main, te dirigeant vers la taverne. Tu grattes ta barbe mal entretenue. Tu sens le sang séché et la terre se mêler aux poils, alors que l'ensemble crisse désagréablement. Tu pousses la porte du bout du pied, du côté de ta jambe valide. Tu accentues légèrement ton boitillement alors que tu avances vers le patron. Presque tout le monde est à l'église pour la messe. Il n'y a qu'un petit groupe de soiffards attablés dans un coin. Des petites racailles qui traînent en ville depuis quelques temps. Tu les avais repéré dans les premiers temps, mais puisqu'ils ont l'air de se tenir tranquille, tu n'as pas vraiment de reproches à leur faire. Tu balaies la salle du regard, remarquant un petit groupe. Des visages que tu n'as jamais vu dans le coin. Ils ont l'air de matelots. Bruyants en plus. Bah. Quelle importance. Tu n'es pas là pour ça. Tu viens t'accouder au bar.

    Eh patron. Vous auriez une flasque de gnôle ? Peu importe laquelle, j'cherche juste de quoi me rincer le gosier. Contre un lapin, ça vous va ?

    Encore un lapin ? Bah. C'est bien pour toi mon gars. Mais tu pourrais pas m'apporter autre chose pour changer ? Et puis il t'es arrivé quoi ?

    RRRRRRRAAAAAAH.


Tu ignores le cri sourd qui s'est élevé derrière toi. Tu observes du coin de l'oeil. Visiblement un des petits malfrats à trop bu. On devrait interdire la consommation d'alcool à ce genre de fillettes. Tu grognes, bougeant ta jambe, avant de reprendre, l'ignorant royalement.

    Rien. J'ai voulu traquer un ours. Mais il m'a amoché. M'faudrait des bandages propres d'ailleurs.


Crac. Un bruit de mobilier qui se brise. De bois pour être précis. Tu tournes la tête, affichant un air excédé et las. Tout comme le tenancier. Tu n'as aucune envie d'intervenir. Lui non plus apparemment. Tu observes. Ils sont costauds, mais il semblerait qu'au final, ils n'ont pas sur se tenir tranquilles. Tant pis pour ces pauvres matelots. Tu n'es pas là pour les sauver. Tu es juste venu prendre de quoi désinfecter tes plaies. Alors t'installes confortablement dos au bar, les deux coudes posés sur le bois. Il y avait longtemps que tu n'avais vu une bagarre de taverne. Surtout dans un établissement aussi vide, et à une telle heure de la journée. Tu te demandes qui va gagner, même si le résultat est clair. A trois contre quatre, les pauvres mousses n'ont pas vraiment de chances de l'emporter. Même si trois est un peu exagéré. L'un d'eux vient de se faire assommer d'un coup de chaise. Classique. Efficace mais classique. Dire qu'il y a quelques années de cela, c'est toi qui assommait les petites frappes à coups de pieds de table pour préserver la quiétude de ton maître.

Et l'image semble te sauter au visage. Ton ami et maître, là, à terre, le nez en sang, menacé par une brute brandissant une chaise. Et tu réagis au quart de tour. Tu ne distingues pas souvenirs et présent. Ton corps agit comme par réflexe. Tu as l'impression de le revoir là. Et tu bondis. Oubliant la douleur. Oubliant que ce n'est qu'un souvenir passager qui vient de défiler sous tes yeux. Tu attrapes une bouteille sur le comptoir, et l'instant suivant, tu brises cette dernière avec violence sur le visage d'un des malfrats. Tu verrais presque son faciès se déformer sous l'impact de la bouteille, qui parsème sa peau d'éclats de verre ainsi que d'un alcool qui vient dévorer les plaies. Tu te postes là, devant les marins. Comme un animal défendant son territoire. Comme une bête sauvage couvrant sa progéniture. Tu te crois revenu en arrière. Tu te crois en train de protéger ton maître. Et tu te mets en garde, ton cul de bouteille dans une main, n'attendant pas qu'ils reprennent leurs esprits. Ils sont en état de choc. Ils ne s'attendaient pas à ton intervention. Et tu fonds sur le premier, le frappant au visage sans lui laisser le temps de réagir. Tu sens ton poing fermé briser le cartilage du nez, alors que tu l'envoies à terre.

Enfin les deux autres semblent se réveiller. Le premier hésite un instant, mais l'autre attaque. Tu vois son coup arriver. Tu voudrais t'effacer sur le côté, pour éviter l'attaque. Mais ta jambe proteste. Et tu accuses le coup, le poing venant s'enfoncer dans ton estomac, te coupant le souffle un instant. Tu relèves à peine la tête, voyant deux poings qui viennent s'abattre sur ton crâne. Tu fermes les yeux, serrant les dents en attendant l'impact. Impact qui ne vint pas. Tu te redresses et finis par ouvrir les yeux, découvrant que les deux matelots restants se sont décidés à agir, mettant ton assaillant hors jeu. Tu te rends alors compte de ta méprise. De ton erreur. Mais il est trop tard pour faire marche arrière. Trop tard pour réprimer la fièvre du combat. Et tu regardes alors le dernier, d'un air de défi. Tu serres ton restant de bouteille, alors que ton regard semble s'animer. D'une sorte de colère. De fureur sombre, qui vient voiler la teinte de tes pupilles.

    Alors ? Viens ! ALLEZ ! VIENS !


Tu hurles à pleins poumons, comme pour l'exhorter, le pousser au combat. Mais c'est l'effet inverse qui se produit, et tu le vois s'enfuir sans demander son reste. Tu halètes. Tu sens la rage retomber, pendant que la douleur vient la détrôner. Tu grimaces. Tu poses un genou à terre, sentant un liquide chaud couler le long de ta jambe. Ta blessure s'est rouverte. Tu serres les dents, écartant soigneusement le tissu de ton vêtement de la plaie. Tu prends une bouteille, la débouchant sans même vérifier son contenu, pour la déverser sur ta cuisse. Tu ne prends même pas le temps d'enlever ton pantalon, déjà imbibé de sang et d'alcool. Tu sens le liquide traverser le tissu pour venir recouvrir la blessure. Tu sens la brûlure de l'alcool sur la plaie. Mais qu'importe. Tu te redresses, ignorant les deux mousses qui s'inquiètent de ton état, à grand renfort de mouvements amples et de babillages inutiles.

    Ca ira. Désolé patron, j'espère que vous m'en tiendrez pas rigueur. Gardez donc le lapin.


Et tu les plantes là, quittant les lieux au plus vite. Tu attrapes le foulard d'un des petits malins que tu viens d’assommer, enroulant ce dernier autour de ta cuisse, avant de le serrer, faisant les nœuds les plus étroits possible. Tu remets la capuche de ton habit miteux, tentant de ne pas boiter. Tu relèves à peine les mousses qui t'interpellent alors que tu t'éloignes de la place du village.

    Si vous... besoin aide... sitez pas!


Tu t'éloignes déjà à grands pas. Ou du moins grands en fonction des pas que tu arrives à faire. Mais tu ne te retournes même pas, entendant le carillon de l'église sonner. Il est temps pour toi de reprendre ton poste d'observation. De retourner guetter la tombe de ton maître. Tu remontes rapidement vers la forêt, t'engouffrant dans les sentiers de terre. Tu patauges dans cette mixture brunâtre, alors que tu progresses rapidement au milieu des bois. Même blessé, tu connais suffisamment l'endroit pour y évoluer vite. Tu retrouves rapidement la cachette de ton arme, que tu glisses à ta ceinture avec satisfaction. Tu te sens moins nu désormais. Et tu reprends ta route, finissant par arriver devant les grilles. Fermées, comme tu les avaient laissées en partant.

Tu pousses alors le battant en métal, ralentissant le pas au milieu des pierres tombales et autres sépultures. Tu avances jusqu'à cette fameuse tombe. Cette sépulture que tu guettes depuis des années déjà. Et tu t’assois devant, en position de méditation. Tu t'inclines respectueusement, les yeux fermés, annonçant dans un murmure :

    Navré de vous avoir fait attendre. Je suis rentré.


Comme un petit soldat fidèle au poste. Comme un enfant avec une lubie obsessionnelle. Tu es encore là, en prière devant cette tombe. Tu es encore là, à garder ce tombeau. Prêt à massacrer quiconque s'en approchera de trop. Prêt à éliminer tous les innocents du monde, pour cette unique et même raison, qui t'a trotté dans la tête jusqu'à en être devenu une obsession. Protéger. Le protéger. Me protéger.
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