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Never take off the Mask...

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Fantine
PNJ

♦ Équipage : Fantine et les garçons

Feuille de personnage
Dorikis: 5015
Popularité: -351
Intégrité: -293

Dim 10 Mai 2015 - 15:13

Mettre le chaos dans une bouteille ne fait rien avancer.
Le chaos, il faut le chevaucher, lui passer le mors, et enfin la bride.

Les mouettes tournaient au-dessus de sa tête depuis bien deux heures. Et elle avait l'impression de ne pas progresser du tout dans cette mer pourtant calme. Poussant un long soupir rageur, elle rongeait son frein pour ne pas se mettre à criser. Respirant comme un bœuf prêt à charger, elle faisait tout son possible pour ne pas craquer dans l'instant, bien que le chant des mouettes et le fait que ses bras hurlaient d'épuisement n'aidaient absolument pas à rester sereine. La gorge sèche, la peau en train de pêler, elle avait perdu depuis un moment le compte des jours et des heures qu'elle avait passé dans cette barque. Il lui sembla dériver, sans en être certaine. Rames dans chaque main, elle avançait cependant. Tout droit. Toujours tout droit.

Le vent qui la caressa lui fit un bien fou. Soulageant quelques secondes les brûlures sur ses bras et ses joues, et son nez, douleur qui revint de plus belle à peine mise à distance. Elle se passa une main sur le visage, lâchant une expiration rauque et sèche suite à cela, et un petit gémissement qui ressemblait à s'y méprendre à celui d'un petit animal blessé. Fantine en avait marre... d'entendre le bruit des vagues, de sentir l'odeur du sel, d'être tabassé sauvagement par le soleil qui la plombait depuis son départ, de pas arriver surtout. Elle ne voulait qu'une seule chose ; en finir. Poser pied à terre, s'allonger dans le sable, et s'endormir sur un sol dur et stable qui ne ballottait pas au moindre vent.

Une violente nausée la prit à l'estomac. Elle partit immédiatement s'agripper au bord de sa barque, passant la tête par-dessus bord pour recracher le peu de bile que son ventre avait réussi à produire en si peu de temps. Le liquide racla le fond de sa gorge et la brûla d'autant plus. Et dans la seconde, elle tomba dans les pommes.

*

« Vous voulez peut-être monter à bord ? Lança une voix au-dessus d'elle. »

Elle ne s'en rendit pas compte tout de suite. Elle sentit juste que soudainement, le soleil s'était fait moins sauvage sur ses épaules, et le vent plus frais. Comme si une ombre bienfaitrice s'était abattue sur son dos pour la protéger. La nuit, pourtant, n'était pas encore tombée, elle le sentait à la chaleur étouffante qui lui bouffait les poumons encore. Ouvrant un œil, puis l'autre, elle se redressa et leva péniblement la tête. Son regard évolua sur un flanc de bois, le flanc d'un navire à l'évidence, haut comme un immeuble. Au sommet, des hommes regardaient dans sa direction, dont l'un vraiment bien habillé.

« Nous nous rendons à Shell Town, reprit ce dernier avec un sourire avenant. »

Il s'éclipsa quelques secondes en demandant à ses hommes d'aller chercher une corde et une bouée. La gorge trop sèche, Fantine ne chercha pas à articuler quoique ce soit, bien trop occupée à se demander si le destin était vraiment de son côté, ou si le soleil lui avait trop cogné sur le crâne pour qu'elle en vienne à voir des mirages. Mais quand la corde tomba dans sa barque et la fit balloter, lui arrachant au passage un haut les cœurs qui la fit vomir à nouveau, elle comprit que pour une fois, la chance lui souriait.

« Considérez que si vous participez aux tâches jusque là-bas, vous aurez payé votre place à bord ! »

Elle se saisit de la corde et s'attacha difficilement la taille avec. L'impression que ses membres étaient faits de mousse prévalait sur tout le reste. Elle ne savait franchement plus si elle était bien de chair et d'os ou si elle rêvait encore. Puis, on la tira, et elle décolla du bois pourris de sa barque. Épousant celui du navire, elle se laissa monter faiblement, sans lutter. Très vite, elle atteint le parquet du pont, sans réussir à se mettre sur ses jambes.
Faim. Soif. Fatigue. Douleur. Elle eut envie d'articuler tout ça pour exiger de se restaurer, mais son hôte, un homme grand et bien portant, derrière son beau chapeau à plume, lui esquissa un sourire et la prit par les épaules :

« Mais pour l'instant, il vaut mieux vous soigner, jeune fille... »
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Rafaelo
♠ As de la révolution ♠

♦ Localisation : Goa

Feuille de personnage
Dorikis: 9313
Popularité: - 1025
Intégrité: - 980

Mar 6 Oct 2015 - 3:32


"Dissimilé sous une peau de mouton, le loup se mêla au troupeau. Un agneau se mit à le suivre et fut aussitôt conduit à l’écart pour y être dévoré."

- Ohé, naufragé à tribord.

Suivant les indications de la vigie, l’équipage ballota les voiles et approcha l’esquisse de bois qui dérivait sur l’océan. Grand ciel dégagé, pas un navire à l’horizon, ils accueillirent la venue de cet, pardon, cette intruse avec un engouement à peine voilé. Le propriétaire du navire, un homme vêtu et affrété selon son statut, se posa en sauveur de la pauvresse. Observant goulument ses formes dénudées par le sel et les errances, il l’attrapa avec délicatesse et entreprit de la guider à l’abri des regards et de la souffrance du soleil. Si le brin de lubricité qui avait fait s’envoler son esprit était le propre de l’homme, sa chevalerie n’en restait pas moins l’apanage des nobliaux de ce monde. Du moins, ceux qui croyaient encore à l’aventure et aux romans de cape et d’épée. Soutenant la jeune femme, il la fit passer sous le pont et la mena avec délicatesse jusqu’à ses appartements. Les femmes portaient-elles malheur en mer ? Nombre pirates avaient fait démentir ce mythe, mais la superstition avait la dent dure sur les caraques commerciales.

Il installa confortablement la jeune femme et veilla à lui fournir de l’eau et de quoi se sustenter légèrement. Des fruits, principalement. Il lui offrit de quoi se rafraîchir le visage et attendit qu’elle aille visiblement mieux et puisse se tenir toute seule. Il s’excusa alors avec pudeur avant de s’absenter hors de ses quartiers pendant quelques instants. Il la laissa là, face à tout le luxe qu’incarnait sa position de Capitaine d’un navire de transit commercial. Ivoire, peintures, broderies. Le grand luxe était là, et le bref aperçu de l’équipage suffisait à comprendre que ce navire était une perle rare parmi les forbans des mers. Quoi, qu’avec un peu de recul, cet apanage de richesse semblait presque trop important pour un navire de cette taille, mais ces détails restaient des détails. Rapidement, le Capitaine revint. Il frappa à la porte et ouvrit quelques secondes plus tard. Venait derrière lui un autre homme, bien moins habillé. Une tunique noire, un pantalon en cuir et des bottines souples lui tenaient lieu de vêtements. Il portait les cheveux noués en un strict catogan et une barbe de plusieurs jours. Mais ce qui était étrange chez lui, c’était la sacoche qu’il portait sous son bras. Et l’air contrarié qu’il eut en apercevant la jeune femme.

- Le hasard a fait que nous avons accepté un médecin à bord pour la traversée, ma jeune dame. La fortune est avec vous. commença le riche homme, avec un sourire des plus charmant.

Le médecin acquiesça avec rudesse et posa ses effets sur le guéridon jouxtant le lit sur lequel reposait la naufragée. Il se tourna vers le Capitaine, qui s’excusa avec maladresse avant de sortir de la pièce. Le bois claqua dans l’encadrement puis ils furent seuls. Le médecin soupira et ouvrit sa trousse.

- J’aurais besoin que vous répondiez à quelques questions avant que je ne commence à vous ausculter. Vous aurez tout le temps de bavasser avec le Capitaine après cela. Comment vous appelez-vous, quel âge avez-vous et que vous est-il arrivé ? questionna le médecin, sur un ton trop abrupt pour être aimable.

Brut de décoffrage, il tourna le dos à la jeune femme pour éviter qu’elle ne puisse jeter un œil dans ses effets et fouilla le sac pour en tirer ce qui ressemblait à un stéthoscope. Il le referma précautionneusement et soupira de plus belle.

- Je dois vérifiez que vous ne souffrez pas d’autres problèmes que votre sévère déshydratation. fit-il, tout en montrant d’un geste vague ses vêtements et en lui faisant signe de lui tourner le dos pour qu’il puisse prendre la mesure de sa respiration.

Tout ce que savait Rafaelo des dangers succédant les naufrages, c’était les risques de pneumonie. Et jamais il n’aurait pensé devoir mettre à l’épreuve sa couverture de médecin de bord avant d’arriver à Shell Town. Il n’avait, de plus, aucune envie qu’on ne vienne farfouiller dans ses armes, dissimulées dans la sacoche censée lui servir d’accessoire pour son rôle actuel.
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