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Ensemble, agissons.

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Mer 15 Juil 2015 - 21:39





L’île Blanche.


Lavalliere, première ville de Boréa ou nous posâmes pieds à terre. En cette saison, l’ensemble de l’île était oblitéré d’un épais manteau neigeux, tout n’était que glace et pureté, une véritable merveille, une splendeur indescriptible. Mon souffle dégageait une fumée perceptible sans le moindre souci, mes doigts ressentaient avec douceur cette température exquise. D’ici, il était possible de voir les montagnes, les hauts glaciers. Chacun de mes pas laissait derrière lui une trace enfoncée profondément dans le sol couvert de cette couche blanche. Cependant, au fond de moi j’espérais tout de même que les habitants n’avaient pas à supporter cette température hivernale tout au long de l’année, probablement bien difficile de s’y faire, même après plusieurs années dans la région.

Après quelque pas, nous fûmes très vite abordés. Un homme prit place devant nous, nous saluant d’un geste de la main droite. Il était vêtu d’un uniforme, il faisait visiblement parti de la milice de l’île. Il portait un chapeau, une paire de lunettes et son nez tenait compagnie à une moustache plutôt trapue. Il ne portait pas d’arme si ce n’est un sabre à la ceinture, sans plus. A l’air très amical, il prit la parole le premier.

-Bonjour, chère compatriotes marins. Vous êtes les bienvenues à Borea. Vu que vous êtes de la Marine, je suppute que vous connaissez les règles de la maison. Evitez les débordements, personne ne cherche à se battre, vous savez. Oh, et puis, vous devriez évitez les zones un peu trop dangereuses, par ici, à cette époque, la nature n’est pas très docile avec tout le monde. Evitez les montagnes, les grandes forêts, et tout devrait rouler pour vous ! De ce que je peux lire sur mon cahier de bord, on vous attendait déjà, et on a tout prévu ! Vous n’êtes pas nombreux, donc ça ne devrait pas être très compliqué de vous loger. Il y a une auberge juste à côté, vous pourrez y rester le temps de régler vos affaires, la gérante est très gentille, vous verrez ! Par simple curiosité, combien de temps comptez-vous rester ici ? Non pas que je m’inquiète, mais, c’est simplement pour savoir. Savoir.

« Voilà un accueil semblable à la caresse d’une brise matinale
C’est avec gratitude que je vous gréer d’un merci bien banal
Comme une douce chanson partitionnée d’un sentiment amical

A mes hommes je laisse le soin de prendre place à l’auberge d’ici
D’un habitant de la citée j’aimerais pouvoir tenir noble compagnie
Pourriez-vous m’accorder cette demande sans que cela ne pose soucis ? »


-Oui, c’est tout à fait possible. Et puis de toute façon, nous gardons toujours cette solution sous la main. Suivez-moi, je vais conduire vos hommes à l’auberge et je vous amènerai chez une dame qui aime beaucoup héberger des gens comme vous. Elle a déjà été prévenue d’un possible venu chez elle pour cette nuit. Vous savez, à son âge, elle ne sort plus beaucoup et ne voit pas beaucoup de monde. Elle est contente de recevoir quelqu’un de temps à autre. Mais bon, comme elle ne peut pas se défendre, on sélectionne tout de même ses invités au départ, pour éviter quelques soucis possibles, sait-on jamais, hein ?

Sur ces mots, l’homme nous conduit à nos résidences respectives. Je préférais être seul chez un particulier, cela me permettrait d’en apprendre un peu plus sur la vie menée par les citoyens de cette île. Ce genre de discussion est bien mieux une fois au calme, loin de l’ivresse, des cris potentiels des hommes.

Une fois devant la porte, ma main frappa plusieurs fois. Lorsqu’elle s’ouvrit, une vieille dame au grand sourire tenait l’accueil. Je pense que vu mon uniforme, elle ne mit pas longtemps à comprendre qui j’étais. Et puis, visiblement, elle m’attendait déjà.

-Ooooh ? Bonjour vous. Entrez, entrez donc ! Ne restez pas dehors, il est froid. Je vous attendais de toute façon, vous êtes pile à l’heure pour le souper, je suis en train de le préparer !

« Merci ».

Une fois entré à l’intérieur, mon premier réflexe a été de m’installer sur une chaise, après avoir retiré ma veste. La maison était accueillante, l’endroit était à la fois beau et chaleureux. Une construction en bois, un éclairage tamisé, une table ainsi que quelques chaises ornaient la salle de vie. Vu la taille de l’habitation, je supposais naturellement à un deux, voire trois pièces tout au plus. Cela ne me dérangeait le moins du monde, j’étais à l’aise, et j’étais au chaud.



Dernière édition par Gilgamesh le Jeu 16 Juil 2015 - 22:31, édité 6 fois
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Mer 15 Juil 2015 - 21:41





La bourgeoisie, et les autres.


Mon hôte était des plus aimables et des plus serviables. A peine assis, elle me présenta une chope de bière fraîche le temps de me faire patienter pour le reste. Quelques minutes après, elle me servit un ragoût fait maison. De la viande, des légumes fraîchement cultivés et préparés, le tout dans baignant dans une exquise sauce à l’oignon. La viande, fondant sur le palais, me rappelait le souvenir des plats qui cuisinait ma mère autrefois. Elle avait pour habitude, dans ce genre de plat, de rajouter une petite feuille de menthe pour faire ressortir la saveur des carottes. Un doux souvenir. Un souvenir douloureux, mais agréable aussi. Cette demeure avait quelque chose de spécial, quelque chose qui donnait l’envie de rester et de savourer le moment présent. Mais je le savais, je ne pouvais me permette de simplement rester assis à savourer cette soupe éternellement. Après tout, j’avais tout de même une mission à mener, et le temps était un luxe qui ne m’était pas vraiment permis.

« Mon esprit est tourmenté par cette soif de savoir
La situation des habitants de cette île je veux entrevoir
Connaître les conditions de vie de chacun est mon devoir
Avant que dans tous les cœurs il ne se mette à pleuvoir

Pauvreté et richesse sont-elles si différentes en ces contrées ?
Le peuple souffre-t-il du malheur de par la faim engendré ?
C’est humblement que mes intentions sont de vous aider
Je veux que le futur, que votre vie à tous vous chérissiez. »


Elle avait compris mes paroles. Elle mit un petit temps pour assimiler le tout, mais son visage ne mentait pas, elle avait compris.

-Et bien… pour être honnête, il n’est pas très conseillé de parler de cela sur Boréa. Mais puisque vous êtes de la Marine, je peux bien faire cet effort pour vous. Vous savez, ici ce n’est pas très compliqué. Il y a deux classes sociales : les riches et les autres. La plus grosse fortune de l’île est principalement partagée par les bourgeois de Bourgeoys, ce sont eux qui détiennent le monopôle de ce qui a de la valeur ici. Pour les autres, les gens comme moi, il n’y a pas de secret… Pour manger, il faut travailler. Nous cultivons, nous forgeons, c’est pourquoi il y a beaucoup de commerce sur cette île, je suppose que vous l’avez déjà remarqué. Nous vivons du commerce entre les autres îles de North Blue, donc nous dépendons grandement de ce que nous fournissons. Autrefois, nous pouvions commercer, échanger avec tout le monde sur l’île ! Mais maintenant, avec l’arrivée de beaucoup d’étrangers, cela n’est plus possible. Les règles ont été changées, et à l’intérieur de l’île, nous ne commerçons qu’entre nous. C’est une façon de vivre peu banale, mais si nous ne le faisons pas, nous ne mangeons pas. Vous savez, même les personnes âgées mettent la main à la pâte. Moi-même, à mon âge, je travaille. Et croyez-moi, ce n’est pas de tout repos ! Nous nous aidons les uns les autres, nous sommes un peu comme une grande famille, ce qui nous permet de faire face à la bourgeoisie, qui eux ne nous aident pas le moins du monde ! De vrais bougres ! Vous savez, en dehors de Bourgeoys, vous ne trouvez que du bon monde. Mais si vous avez le malheur d’y entrer, faites attention à vous, les habitants peuvent être de vrais monstres ! C’est un monde bien à eux… Mais bon. On mange, donc on n’a pas vraiment à se plaindre non plus.

Ces paroles étaient censées, même si je pouvais déceler une certaine part de déception dans son regard. Elle avait l’air heureux ici, et je ne doutais pas qu’elle l’était, mais quelque chose la gênait quand même. Probablement cette différence de statut social entre les habitants de l’île et les bourgeois. Je n’étais pas venu pour rien, et j’avais appris ce que je voulais, j’avais entendu exactement ce que je pensais entendre. Même s’ils pouvaient très bien vivre par leurs propres moyens, certains des habitants de l’île n’étaient tout de même pas immunisés à tous les soucis possibles. Certains avaient besoin d’aide.

La remerciant, je pris place sur la couche qu’elle avait eu l’amabilité de me préparer. Fermant les yeux, j’attendrais le levé du jour au petit matin.

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Mer 15 Juil 2015 - 21:44





Joigniez-vous à cette cause.


Une fois l’aube levée, nous ne perdîmes pas de temps. Remerciant la vieille dame, je pris la porte dans le but de récupérer mes hommes. A ma surprise, tous m’attendaient déjà à la sortie de l’auberge. Nous nous mirent alors en route vers notre destination, Bocande. Le chemin fut tranquille et facile à parcourir, le trajet fut réaliser en peu de temps. Evidemment, nous évitâmes les montagnes.

Une fois en ville, nous nous dirigeâmes vers le centre, ou se trouvait une place publique. La ville était grande et magnifique. La plupart des baraquements étaient en bois, probablement était-ce le bois directement travaillé ici même. En la traversant, nous pouvions apercevoir les différentes cultures et autres élevages présents un peu partout. Ce n'est pas pour rien que cette ville était réputée pour fournir l'île entière en approvisionnement. Des couleurs, rouge, bleu, jaune, vert, tout était lumineux et accueillant. L’information de notre arrivée avait déjà circulé sur l’île, une grande foule s’était déjà réunie pour écouter ce que nous avions à dire. Visiblement, même certains bourgeois avaient pris la peine de se déplacer pour assister à cela. Beaucoup de personnes étaient alors présentes, beaucoup avaient arrêté le travail pendant un temps pour venir écouter notre discours.

Debout au centre de la place, une sorte d’estrade m’aidait à me surélever de plusieurs centimètres, suffisamment pour avoir une vue longue sur l’ensemble des personnes présentes. Sans perdre de temps, je me préparai, et je pris la parole en premier, avec force et conviction.

« Perdus dans l’immensité de ce vaste monde
Fous, rejetés dans les bras de cette mer profonde.

Les sentiers du bonheur vous sont tous interdits
Enfants du péché, sourds, muets, toujours maudits.

Ecoutant le vent à travers un doux vacarme
Vous n’avez pour seules amies que vos douces larmes.

A travers la compassion des cieux je vous exprime
Noyé dans les eaux sacrées de votre seule déprime.

Fermant les yeux à travers ce voile de ténèbres
Attendant seuls, le jour de votre veillée funèbre.

Mais je vous le dis ! La tristesse n’a pas place en vos âmes
Un sacrifice malsain digne d’un banal drame.

L’oiseau de feu, brulant dans cette sombre agonie
Dans un élan d’effroi, une mélodie finie.

Sentiment humain, haï des dieux que voilà
La rédemption des cieux, pour qui sonne le glas !


Je marquais alors un bref instant de pause. Très bref.

Levez-vous ! Peuple au cœur aussi pur que la neige !
Levez-vous ! Car l’ensemble de la Marine vous protège !

Aidez-nous à vous soutenir, aidez-nous à vous rendre  heureux
Ce n’est que dans le partage que ce confort est chaleureux

Vous n’êtes plus seuls ! Ma voix résonne tout autour de vous
Je sacrifierais ma propre vie en votre honneur et je l’avoue

Partagez votre richesse, sauvez donc vos propres voisins !
Tous ensembles, un simple geste pour tous vos cousins

C’est après un voile de ténèbres que vient la lueur du jour
Que chacune de vos âmes soit apaisée, et cela pour toujours !

C’est à vous que revient la chance de changer la face du monde
Entre vos propres mains, la possibilité que cette terre se féconde

Le centre d’aide de la Marine de North Blue bientôt naîtra
Un commerce florissant et totalement bénévole vous aidera

C’est pourquoi je vous le demande, joigniez-vous à cette cause !
En cette journée, c’est une vie meilleure pour tous que je vous propose ! »


Après mes paroles, les applaudissements retentirent, des cris, des encouragements aussi. Le peuple allait dans mon sens, restait à savoir si j’avais réussi à toucher les plus riches d’entre eux. Le Sergent prit la parole, pour faire une sorte de traduction rapide pour ceux n’ayant pas correctement compris le sens du message que je voulais porter à leurs oreilles.

-Prochainement, un centre d’aide humanitaire ouvrira ses portes à North Blue, visant à commercer avec les habitants les plus défavorisés de l’ensemble des mers et des îles. Afin de faire prospérer la joie ainsi qu’un bon niveau de vie pour tous, il nous faut le soutient des personnes les plus riches du peuple. Ce centre approvisionnera régulièrement les îles de North Blue en nourriture, en vêtements et autres biens utiles pour tous. Contribuez ! Contribuez à aider vos semblables et à faire prospérer un bon train de vie sur vos îles ! Partagez dans le but de rendre vos prochains heureux ! Ensemble, nous pouvons y arriver, ensemble, nous pouvons rendre ce monde meilleur !

Une fois le discours terminé, nous faisions en sorte de transmettre le message à toute la ville bourgeoise de l’île. Mes paroles furent retranscrites par journal, par communiqué audio afin que chacun puisse le recevoir. Nous espérions leur faire comprendre, nous espérions les faire changer. Nous voulions montrer que chacun peut changer, que chacun peut agir pour venir en aide aux autres.

Evidemment, cette action ne servait qu’à une chose, augmenter ma popularité auprès des citoyens des différentes îles de North Blue. La vision du peuple envers la Marine devait changer. Si les gens arrivaient à penser que la Marine peut prendre soin d’eux, alors nous gagnerions en confiance ainsi qu’en popularité. Même si cela ne faisait pas réellement parti de nos attributions, j’étais convaincu de l’utilité de ma venue. Plus de confiance en la Marine signifiait plus de confiance en moi, mais aussi une possibilité et un champ d’action beaucoup plus étendu. La vision de la Marine devait changer et pour cela, il fallait agir différemment de nos habitudes. Changer et améliorer une partie du système pour accroitre notre influence, tels étaient les objectifs. Et si en plus, cela pouvait venir en aide aux femmes et enfants, j’avais tout à y gagner.




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