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La mort de Loth

Loth Reich
Loth Reich
Moine Hérétique

♦ Localisation : Blues
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Feuille de personnage
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Mar 8 Sep 2015 - 14:51


« Volage, la célébrité passera. Sans regret, je lui dirais adieu. Ç’aura été une belle expérience, mais ne pourra résumer ma vie. »
Ekaterina "Baby Doll" Makarov, As de la Révolution.
1566-1626


Ça tonnait de partout. Une déflagration plus puissante que les autres éventra le mur ouest de la suite hôtelière en éjectant des shrapnels de béton qui me criblèrent. Le souffle de l'explosion me fit valdinguer comme un simple fétu de paille au milieu d'un cyclone. Violemment, j'embrassai le sol autrefois tapissé du luxueux tissu d'abraxam originaire d'Alabasta. Des tables basses, des masques muraux et d'autres ornements présents dans la suite volèrent et atterrirent pêle-mêle dans un hourvari explosif. Les balles sifflaient et je dus me tasser au point de vouloir entrer en fusion avec le marbre pour rester à couvert. Soit l'apocalypse s'abattait sur Boréa, soit une armée complète prenait d'assaut le Septentrion Palace où je logeais depuis deux semaines. L'aube approchait.
Dans le vacarme de l'attaque, je distinguai au loin les cris d'effrois et les pleurs de femmes, d'enfants et d'hommes dont les visages me resteront à jamais inconnus.

Aussi soudainement qu'elle avait débuté, la pluie de balles et bombes s'estompa. Le silence assourdissant qui revint était si surréaliste que je pensai un bref moment être frappé de surdité. Tout, le temps y compris, était suspendu. Les volutes de fumée semblaient figées, les morceaux de feuilles et de tapisseries qui churent doucement paraissaient solidifiés en plein air... J'osai alors me relever avec un air de "hé c'est fini ?" quand -aussi subitement et ça commençait à devenir lassant- les hostilités reprirent. Mais sous un autre jour cette fois-ci.
J'occupais le cinquième et dernier étage du Septentrion Palace -déjà les balles à cette hauteur c'était quelque chose-, alors, ma surprise quand je vis fondre sur moi cinq hommes de noir habillés et cagoulés. Enfin, fondre sur moi, pas à la manière de ce satané Mouetteman, mais plutôt en rappel, avec grappins, cordes et autres accessoires d'escalades dont disposaient les commandos. Les larges baies vitrées de la suite étaient fragilisées par le concert de balles qui précéda, aussi, s'éparpillèrent-ils au contact de la force cinétique qui propulsa l'escadron dans la suite. Enfin, c'était ma vision périphérique qui me renseigna sur les détails de leur arrivée, la plus grande partie de mon attention étant focalisée sur ma fuite.

Fuir, je n'avais que ça comme option pour l'instant. L'élément le plus dangereux dans une fusillade n'était pas forcément les balles, ni même les bombes, non c'était l'adrénaline. Cette saloperie vous décollait de la réalité, inhibait vos sens, si bien que, même si blessé vous l'étiez, vous ne le sentiez point. C'est ce qui m'arriva en l’occurrence. J'avais perdu cinq à dix précieuses minutes essayant de me tasser du mieux possible pour esquiver des balles en ignorant qu'une m'avait touché dès les premières rafales. Cinq à dix minutes à lentement me vider de mon sang. La période d'accalmie m'avait redonné tous mes sens et je pus constater à cette occasion l'étendue de la mouise dans laquelle j'étais.
Un impact de balle, juste en dessous du sternum, avec orifice de sortie dans mon dos. Poumon perforé surement. Difficulté respiratoire et du sang dans ma bouche le prouvaient. Noyade pulmonaire dans mon propre sang, dans quelques minutes assurément.

Ma froide analyse de la situation me força à prendre les bonnes décisions. Fuir. Mais la progression était difficile, d'une part à cause de mon état, mais aussi parce que ce qui fut mon lieu de villégiature ressemblait désormais à un taudis de Zaun. Tout était sans dessus-dessous, mes ennemis n'y étaient pas allés de main morte. Je repérai, après quelques secondes d'observation, la forme spiralée de l'escalier en colimaçon qui desservait les étages inférieurs. Je devais descendre et trouver un médecin rapidement. Je m'étais entouré d'un informateur, d'un plasticien, d'un sniper, mais jamais je n'avais pensé avoir un toubib dans mon entourage immédiat... Cette négligence m'apparut soudain comme une grave lacune dans mon service de sécurité. Service qui d'ailleurs ne me fut d'aucune utilité dans cette situation parce que deux jours plus tôt, j'en envoyais les membres à trois points stratégiques de North Blue récolter des infos pour mon compte.

Perdu dans mes réflexions, je dégringolai dans les escaliers et roulai en boule pour finir encastré dans un pan dévoré de mur de ce qui devait être le quatrième étage. Celui-ci était tout aussi retourné que mon étage et non loin de moi, je vis un homme et une femme ensevelis sous une dalle de béton tombé du plafond. Une partie du pied droit de l'homme était plongé dans ce qui restait de l'âtre de la cheminée dont les feux toujours ronronnant finissaient de carboniser sa chair répandant une répugnante odeur de lard grillé. J'avais raison, le commando avait attaqué l'hôtel entier. Cette violence démesurée était -et je le sus dès les premiers crépitements de plombs- une réponse de Lavoisier, le chef du tristement célèbre réseau de contrebande de Dance Powder. Le deuxième mois de l'année 1626 tendait vers sa fin et depuis son début j'avais cumulé les importantes victoires face à cette mafia âgée d'une décennie.

Tout avait commencé après la précieuse aide que je fournis aux marines de la cité universitaire de Jalabert au sud du royaume. Un tueur en série surnommé le Réplicateur y sévissait. Après ma victoire contre le tueur sanguin, le roi de Boréa via un de ses fidèles me confia alors la mission de débarrasser son royaume d'un groupe de comploteurs de l'ombre détenant les réels rennes du pouvoir et qui se faisaient appeler "Le Conseil des Six Lunes". Je découvris rapidement qu'une de ces lunes, le Mauve était à la tête d'Ashura, le plus important réseau de production de Dance Powder de North Blue. Lavoisier était donc la Lune Mauve mais son visage me demeurait inconnu. Je m'acharnai alors à lutter contre le réseau, remplissant de ce fait la mission que m'avait confié le roi mais aussi mu par le désir de me l'accaparer. Les revenus générés par le commerce de la Dance se comptaient en centaines de millions par an et j'aurais été damné de laisser s'échapper une telle opportunité. Officiellement donc, je luttais sans relâche contre ces criminels, en sous-marin, je récupérai brique par brique le business de Lavoisier.

Après le démantèlement de la Cellule Tempest implantée ici même à Boréa, après la destruction de la Cellule Black Box implantée à Inu Town, après la destruction complète de la flotte d'Ashura suivi dans la foulée du meurtre du N°3 du Réseau qui officiait en tant que chef militaire, je n'étais plus un ennemi à ignorer. Je savais tôt ou tard que l'organisation réagirait, mais je pensais qu'elle le ferait dans la finesse, pas en abattant Ragnarök sur ce quartier huppé de Lavallière. C'était la preuve que Lavoisier perdait patience et que mes victoires avaient sérieusement entamé les capacités du Réseau.
Toujours encastré dans un mur en bas des escaliers, je me réjouis à cette pensée. La bête aux multiples bras se sentait acculée. C'était un très bon signe, je me rapprochais.
Relativisons parce que pour l'instant, c'était plutôt lui qui se rapprochait de moi. Un des sbires commando descendit l'escalier, son fusil à pompe tendu droit devant lui. Je fis le mort et le sentis s'approcher à pas de loup, hésitant à tirer pour bien s'assurer que j'étais mort ou venir prendre mon pouls au lieu de gâcher une balle... D'ailleurs, il se pourrait qu'il se demandât si une récompense plus importante ne serait pas de mise s'il me capturait vivant. Si Lavoisier avait lui-même le privilège de m'écorcher pendant des jours, il serait alors fou de joie et sûrement, les Berrys pleuvraient...  

Il semblerait que la gloire et la cupidité eurent raison de lui. Il m'obombra et je sentis ses deux doigts tâter de mon pouls. Je faisais le mort dans une position grotesque, les membres contorsionnés dans des angles inquiétants qui certifiaient sans équivoque qu'elles étaient cassées. Ou que j'avais été initié à un style martial qui me permettait d'infliger à mon corps des contorsions que la moyenne des humains ne pouvait supporter. Il aurait dû y réfléchir un peu avant d'approcher, moi en tout cas, je l'aurais fait. Il comprit sa fatale erreur quand mon bras gauche armé fusa (j'étais auparavant couché dessus) et planta Crépuscule mon Wakizashi directement dans la gorge de mon ennemi. Il émit un bruit d'étranglement ou de succion, je ne sus le distinguer avant de s'écrouler sur moi. Mon sang chaud et poisseux se mélangea au mien. Avec effort, je dégageai sa carcasse de moi en entrepris de m'éloigner mais mes forces m'avaient abandonné. Crépuscule tomba de mes doigts trop faibles pour l'agripper et je m'affalai comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. C'était fini, j'allais mourir dans cet endroit. Lavoisier avait gagné et dès le lever du jour, tout Boréa saurait que le jeune et talentueux blanc-bec qui s'opposait  à ces gens supers dangereux avait payé le prix de son impertinence. Je n'avais plus mal, je ne ressentais plus rien du tout. Dans un dernier éclair de lucidité, je vis sur le corps du commando, un blason représentant un crâne pourvu d'une langue en forme de serpent à neuf têtes.

- Les Autres... murmurai-je une dernière fois.

Lavoisier avait fait appel à du lourd pour m'éliminer. Un petit détachement des Autres, ce célèbre groupe de mercenaires originaires de Grand Line. Je comprenais à présent le déluge de plombs qui était tombé. Les Autres... Bon sang, ces gens avaient plus de balles qu'Alabasta n'avait de grains de sables. D'ailleurs, les coups de feu reprenaient, pour une raison que j'ignorais, qui m'importait peu maintenant que je m'éteignais.
Les échanges de feu redoublaient... Et sans regret je me laissai partir. Il n'y avait aucun regret à avoir quand on avait vécu la vie qu'on désirait et qu'on échouait sur le sentier de ses rêves. Au moins, aurais-je tenté de les accomplir. Dans ce monde, on trouvait toujours plus fort que soi et mon terminus à moi était arrivé... Des bombes au loin explosèrent avec fracas... L'immeuble trembla violemment... Mes lunettes glissèrent de mon nez... J'entrevis une dernière fois une haute silhouette floue...

Je m'éteignais.

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Mer 16 Sep 2015 - 11:31



Il est la !
Prévenez la commandante !
Commandante ! On l'a trouvé !



Paupières mi closes et partant lentement dans le coaltard tu ne peux que noter de façon tout à fait détaché que les dialogues sont quand même curieux pour des assassins en opération. Pourquoi ne se contentent'ils pas de la balle dans le crane qui soldera enfin tout tes comptes ?

Tout s'obscurcit à part cette étrange tunnel lumineux juste devant toi. Est ce que ce n'est pas maintenant que tu es censé voir ta vie défiler ? Ou plus tard peut être ?

Sortez le de la !

Tu notes distraitement les messages de ton corps qui t'informent que quelque part à l'extérieur, il se passe encore quelque chose, quel intérêt ? On s'agite, on bouge, on crie, et au final on meurt quand même. Tiens, une piqure ?

Dans un coin de ton cerveau une étincelle d’intérêt s'éveille malgré tout. Si on ne te tue pas, c'est qu'on essaye de te sauver. Est ce qu'il y aurait encore une chance ?

Des mains te saisissent le visage, t'ouvrant les paupières pendant qu'une déferlante brulante d'adrénaline se répand soudain dans tes veines. Te laissant tout le temps pour graver dans ton esprit le regard noir qui vient d'apparaitre juste devant toi.
   

Vous êtes vivant Loth ! Et je vous interdis de mourir tant que je n'aurais pas décidé de vous tuer moi même !

Et cette fois, c'est le noir et l'absence.

Loth Reich
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Jeu 17 Sep 2015 - 23:05

 
 
Quelque part à Boréa, quelqu’un fulminait de toute la rage corrosive qu’il avait accumulée presque un trimestre durant. Un verre à pied rempli de vin traversa le vaste vestibule et s’écrasa sur la colonne d’une cheminée en argile battue. Le jus de raisin fermenté dégoulina le long de la paroi puis rougeoya d’une écarlate presque surnaturelle à la faveur des flammes vivantes dans l’âtre. L’homme en rogne redressa ses lunettes rondes et inspira profondément à travers ses narines dilatées par la fureur. Non loin de lui, au pied d’un fauteuil rembourré, gémissait un petit être tremblotant. Il avait subi son courroux et payait le prix de son incompétence.
Le prix…

Cinquante maudits millions de Berry pour faire venir de Grand Line un détachement de ces mercenaires dont la réputation n’était plus à faire. Leur réputation, voilà la base sur laquelle on lui avait conseillé de les recruter. Soit leur renommée n’était que pure affabulation, soit on lui avait envoyé les plus minables individus que recelaient les Autres… Quoiqu’il en soit, ils avaient été battus, éliminés jusqu’au dernier par la nouvelle commandante de la toute nouvelle 444e division de Marines qui avait pris ses fonctions moins d’une semaine plutôt. Rétrospectivement, les Autres y étaient allés d’une main trop lourde, dévastant un quartier huppé pour au final échouer à mettre la main sur le garçon.
Le garçon…

A cette pensée, le sang du vieil homme ne fit qu’un tour. Ils étaient nombreux, ceux s’étant frités à son Réseau. Ils se comptaient sur les doigts d’une main ceux ayant significativement réussi à impacter sur Ashura. Le Vice-amiral Swiffer Jones et le Lieutenant Arsène Dickson « La Truffe » étaient de ceux là. Mais le garçon… Ce garçon… Ce jeunot de Loth Reich était allé au-delà de tous les crédits qu’il lui aurait alloués au début de sa veine quête. Ce blanc bec dont il avait fait la connaissance durant l’affaire du Réplicateur. Déjà à cette époque, son assurance innée lui était insupportable. Mais ce qu’il avait accompli contre son Réseau. Ashura, son œuvre, sa plus grande réussite, la chair de sa chair. Ce garçon devait mourir.
Nouvelle poussée de frustration à cette réflexion. Le vieil homme s’empara d’une carabine de chasse accrochée au mur à côté des trophées et usa de sa crosse pour marteler le crane de la silhouette geignarde à terre. Il percevait chaque plainte de douleur de ce misérable, chaque goutte de sang giclée comme un moyen d’évacuer sa rage. Le martyr lui avait conseillé d’engager les Autres. Leur échec était le sien. Et l’échec avait toujours été puni de mort.

Lavoisier ne sut combien de temps il resta là, à pilonner une carcasse déjà délaissée de son âme depuis longtemps. Haletant, à bout de force, il s’affala dans le fauteuil le plus proche tout ruisselant de sang qu’il était. Aussitôt, un groupe de serviteurs apeurés se dépêcha de débarrasser les lieux du cadavre réduit en chair à pâté avant que l’envie meurtrière de leur Boss ne cible leurs propres incompétences à nettoyer la pièce. A droite de Lavoisier, dans une antichambre exiguë attendait un quatuor qui, visiblement, n’était pas très pressé de se retrouver en face du Boss. Ils étaient tous là, poussés par leurs ambitions personnelles à se tailler une place dans le Réseau, tous lèches-culs qu’ils étaient. Mais après le sort que venait de subir feu le « Premier Conseiller », -un rôle de major d’homme personnel du Boss très envié dans le Réseau-, nul ne brûlait plus du désir d’occuper la place désormais vacante. A leur stupeur, Lavoisier fit un signe de l’index leur ordonnant d'approcher. Du moins, un d’entre eux devait approcher. Mais qui ?
Après une interminable minute, une silhouette gracile se détacha du quatuor et avança d’une démarche se voulant assurée. C’était une espèce de vieil homme à la calvitie entamée depuis des siècles et dont le sourire crispé était édenté par endroit. Devant Lavoisier, il se prosterna à se confondre avec la moquette en peau d’ursidé.

- Parle peu, intima le Boss.

- Je… j'connais quelqu’un ! bégaya le vieux lèche-bottes. Son surnom c’est l’Docteur ! Personne ne connait son visage ! S...sauf moi ! s’égaya-t-il. J’ai découvert son secret, y a longtemps ! C’est l'plus ancien tueur à gage de Boréa ! Son truc c’est les hôpitaux. Je lui ai demandé de s’occuper en silence de Loth, tout’l’monde sait qu’il est au CHP de Lavallière.

- Tu as engagé un Ange de la mort ? Judicieux, concéda Lavoisier. Après le boucan des Autres, la discrétion s’impose et qui de mieux que quelqu’un déjà intégré dans le corps médical ? Très bonne initiative, commenta-t-il, toujours affalé, les yeux fixés au plafond.

- Merci. Le Maître sait que je ne veux que son bien.

- Mais as-tu aussi dit le connaître, cet Ange ? Physiquement ? Et c’est réciproque ?

- Oui, oui. C’était une interne à l’époque, elle s’occupait d'ma mère très malade et j'l’ai surprise en train de lui injecter un truc pour définitivement apaiser ses souffrances. J'l’ai laissée faire, elle souffrait beaucoup ma pauvre mère, Maître et puis…

BANG !
Une fois de plus en moins d’une demi-heure, l’équipe de nettoyage passa la serpillière et désinfecta le vestibule du nouveau lot d’hémoglobine et de morceaux épars de cervelle. Le trio restant dans l’antichambre finit de se liquéfier de terreur. Lentement, un pas après l’autre à la manière d’une marionnette, Lavoisier s’éloigna sans un mot vers les étages inférieurs de son manoir souterrain. Quel idiot ! pensa-t-il. Ce type, ce lèche-cul avait tout bon sauf le début. Quelle idée d’engager un tueur qui le connaissait personnellement ! Et si ce dernier se faisait appréhender ? Les marines auraient vite fait de remonter jusqu’au commanditaire puis peut-être jusqu’à lui, même. Lavoisier. Affublé d’une prime de 30 millions, il n’avait pas passé quinze années en liberté et en négligeant les détails de ceux qui connaissaient son identité. Que le Docteur réussisse ou échoue, nul ne saurait remonter à lui. Mais de tout son être, le Baron de la Dance Powder souhaita bonne chance à l’Ange de la mort qui se dirigeait vers Reich aussi sûrement que le soleil s’était déjà levé à l’est, quelque part au dessus des steppes sauvages de Boréa.

________________________________________

Et la lumière fut.
Pas celle du long tunnel mythique qui conduisait au royaume des ombres, mais celle d’une fenêtre à guillotine par laquelle s’engouffrait une puissante raie émise par un étrange et chaud soleil hivernal de sept heures. Je n’avais pas mes lunettes et je ne pus que fermer étroitement mes yeux. Maudite soit la personne qui pensa à me disposer juste en face du soleil levant, cela faisait des années qu’on ne m’avait pas rappelé que j’étais photosensible. A tâtons, dans n’importe quelle direction, je cherchai mes verres monochromes. Tout à coup, on agrippa ma main droite et dans ma paume, on déposa mes salutaires lunettes. Je bredouillai un merci avant de tomber des nus une fois ma vision au point. J’étais vivant -ouais bon, ce n’était pas un scoop-, dans une chambre d’hôpital, bandé comme une momie -enfin presque- et devant moi se tenait Midnight Bee Santana. Tout me revint alors d’un coup comme si je vivais l’aube en accéléré. Je compris alors que les coups de feu qui redoublaient quand je sombrais dans l’inconscience signifiaient l’entrée en scène de la marine d’élite. Je me souvins aussi avoir vu Midnight juste avant d’embrasser les vapes, je me souvins encore plus nettement de ses paroles… Diantre, pourquoi diable voulait-elle me tuer elle-même ? Elle croyait toujours (avec raison) que je jouais un double jeu avec Ashura.

- Merci de m’avoir sorti de ce enfer, fis-je, content d’être en vie, mais bien déçu d’atterrir dans les griffes d’un de mes détracteurs.

- Oh mais de rien, Reich, répondit-elle, le visage tourné vers l’horizon visible de la fenêtre. Heureusement que la balle qui vous a touché à l’abdomen est ressortie, évitant ainsi une intervention chirurgicale invasive. Remerciez votre bonne étoile.

- Ouais, je la remercierai quand je la verrai. C’est quoi ça ? fis-je en désignant un journal écrit non loin de moi.

Je le dépliai et lu avec une impassible horreur qu’il traitait de l’attaque. Cinq morts, dont deux civils et trois marines. Les assaillants dénombrés à vingt avaient tous péris suite à l’intervention de l’Élite. Le journal encensait le courage, l’efficacité et l’abnégation de la Commandante qui s’était portée au secours de la veuve et de l’orphelin. Il parlait naturellement de moi et semblait avoir compris que j’étais la cause de ce déluge de feu, mais loin d’être critique, le chroniqueur semblait -comme moi d’ailleurs- juger que cette violente attaque était plus un cri d’aboie d’Ashura qu’une démonstration de puissance. L’article se termina -et encore une fois, je manifestai une placide horreur- par la mention de mon état sauf. Il y était même précisé que j’étais hospitalisé au service Petite Chirurgie du Centre Hospitalier Portuaire de Lavallière.  

- Alors, ému ? fit Midnight d’une voix dont je n’aimai pas du tout l’intonation capricieuse. C’est moi la source anonyme qui leur a dit où tu étais soigné et comment tu te portais, me révéla-t-elle, non sans sourire.

- Mais… Vous êtes consciente qu’Ashura est là dehors et n’aura de cesse de me traquer ? Qu’ils ressaieront encore et encore de me tuer et que vous leur avez donné de quoi chercher ? demandai-je, incrédule.

- Bah, je l’espère bien ! Qui vous a dit que je vous avais tiré de là pour vous sauver la vie ?



Dernière édition par Loth Reich le Jeu 15 Oct 2015 - 17:26, édité 1 fois
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Ven 2 Oct 2015 - 21:28


Allons, remets toi Loth. Ce n'est que justice que ce soit un peu à mon tour de me moquer de toi et de t'utiliser non ?

D'un geste Midnight fais signe aux hommes qui vous entourent de déserter les lieux. Et discrète et efficace, l'équipe se disperse pour rejoindre et surveiller les points d’accès. Des marines d'élites, sans aucun doute. Très certainement des hommes sous les ordres de Midnight depuis bien longtemps. Surement aussi dévoués et loyaux que des chiens de garde.

Actuellement, ses hommes, qui t'ont déjà sauvé une fois, sont tout ce qui te protège d''une nouvelle tentative d'assassinat. Tentative, qui, vu ton état, ne saurait cette fois louper sa cible.

A l'heure qu'il est celui qui a payé tes tueurs sait que tu es en vie, et doit déjà en avoir dépêché d'autres pour rattraper l'erreur des premiers.

Et j'avoue, qu’après les derniers événements, savoir que je suis la seule chose qui peut te sauver de la mort est plutôt savoureux.


Bougeant légèrement ta jambe et provoquant une brusque décharge de douleur qui vient te traverser le corps comme si on venait de te planter une lame dans le dos, Midnight se fait une place sur ton lit et se penche sur toi, sourire carnassier aux lèvres.

Et maintenant que la situation est bien claire entre nous deux, si nous parlions de ce que tu vas me dire et faire pour rester en vie.

Loth Reich
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Jeu 8 Oct 2015 - 20:56

 
 
« Elle est complètement folle, comme sa sœur », pensai-je sous le coup.
Assise à côté de moi, Midnight était triomphante, convaincue de m'avoir coincé d'une manière ou d'une autre. Et elle n'avait pas tort, j'étais plus vulnérable que jamais et mon état ne risquait pas de s'améliorer comme par magie. Et après m'avoir fait comprendre ce point précis en des termes des plus explicites, la nouvelle commandante des Marines de Boréa énonça :

- [...] si nous parlions de ce que tu vas me dire et faire pour rester en vie.

Ce que j'allais faire pour rester en vie ? Répétai-je mentalement. Que voulait-elle ? Une sorte de tribut pour continuer à me protéger dans mon état de faiblesse totale ? Ou un échange équivalent qui puisse justifier les efforts qu'elle a déployés pour me sortir du merdier dans lequel j'étais ? Ou les deux ?
Je ne répondis pas de suite sous le regard inquisiteur du Dard de Minuit. J'ordonnai mes pensées, disciplinai mon esprit puis à ma vitesse de réflexion habituelle qui aurait semblé trop rapide pour un humain moyen, j'assemblai d'imaginaires puzzles, fit des hypothèses, soupesai des solutions, des alternatives, calculai le moyen le plus rentable de me sortir de ce guêpier. Le fait est que j'étais fait comme un rat, dans la gueule d'un molosse qui n'attendait qu'un motif pour broyer ma frêle ossature.

Je me souvins d'une situation semblable à celle-ci, presque un mois plutôt. J'étais dans le même hôtel, dans la même suite qui avait été attaquée. J'étais tout aussi blessé que maintenant, et je pansais mes plaies tout en commanditant une opération secrète sur Inu Town quand débarqua Midnight fraichement nommée. Elle m'avait alors proposé une alliance, de joindre nos forces pour nous débarrasser d'Ashura. Depuis, j'avais mené mes opérations en solo sans l'y inclure. Même s'il était évident que sa proposition n'était qu'une tentative de me surveiller plus étroitement et de s’immiscer dans mes magouilles -et Dieu sait que j'avais eu du bon sens en la tenant à l'écart, prétextant le manque de pistes probantes- il était peut-être temps de réviser cette position. Elle voulait manger et il fallait lui donner un autre truc à broyer que ma personne. Un os plus conséquent pour écarter ne serait-ce qu'un peu son attention de moi.

- Un Cafard... marmonnai-je.

- C'est l'hôpital le plus à la pointe de la technologie ici à Boréa, répondit-elle d'une voix impatiente et cassante. Je leur ai pourtant dit de te donner juste assez de morphine pour te garder lucide. Tu hallucines, Loth, y a pas de cafard ici.

- Il y a toujours un Cafard, repris-je, placide. Et je ne parle pas de la vermine. Comment pensez-vous qu'Ashura ait pu survivre si longtemps ? Et d'ailleurs, je pense que vous vous en doutez. Quelqu'un de haut placé, de très haut placé même, surement impliqué dans la traque d'Ashura informe le Réseau à l'avance des opérations prévues contre lui. Et ce quelqu'un, j'en suis intimement convaincu, est un des membres du Parapluie.
Bien sûr, le Cafard n'est pas fou, il ne peut toujours informer le réseau contre tous les assauts préparés contre lui. Volontairement, il sacrifie certains pions, sur conseil probable de Lavoisier lui-même, histoire d'assurer au Gouvernement quelques victoires pour flatter son égo.


Dans ses yeux, je vis la lueur de la certitude qui se mua en une franche surprise. Elle plissa des sourcils si violemment qu'ils se joignirent pour ne former qu'une mince et continue ligne. Je savais que c'était le mot "Parapluie" avait déclenché cette réaction chez elle. Midnight n'arrivait pas à croire que je pusse être au fait du Parapluie. Ce qui me confirma aussi qu'elle était sur la même longueur d'onde que moi. D'une manière ou d'une autre, de son propre côté, par ses propres moyens, elle en était arrivée à la même conclusion : un félon cancérisait leurs rangs rendant toute action d'envergure contre Ashura caduque.  

- Et ce Cafard, fit-elle après une courte pause, tu sais qui s'est ?

- Si je savais... il serait déjà déchu, voir mort. Je sais seulement qu'il se fait appeler "Le Cafard" et qu'il occupe le quatrième siège dans la hiérarchie d'Ashura.

- Donc, dit-elle d'une voix plus élevée, je déteste me répéter Reich. Je veux bien plus qu'un surnom de merde ou des conjectures sur des suspects. Qu'est-ce que tu m'offres pour rester en vie ?

- Mais, ai-je seulement besoin de rester en vie ? demandai-je avec désinvolture.

Cette fois-ci encore, je la surpris réellement. Elle haussa les sourcils et écarquilla les yeux l'espace d'une seconde ou deux. Puis reprenant contenance, elle demanda : « Pardon ? »

- Je vous offre plus qu'un surnom, Commandante. Je vous offre ma mort. En guise de diversion.
L'idée vient juste de me traverser l'esprit en fait. Vous détenez une information dont je ne dispose pas, à savoir les noms des hauts placés membres du Parapluie. Je ne vous apprends rien en disant que le Parapluie est un groupe secret d'hommes et de femmes de loi gravitant autour de votre maître, le Vice-amiral Swiffer Jones alias La Tornade. Je sais que les membres du Parapluie ont tous en commun leurs CV impressionnants dans la lutte contre Ashura, le Vice-amiral Jones en tête de liste évidement. Selon toujours mes informations incomplètes, le Parapluie aurait été créé par ce dernier dans l'espoir de canaliser et de centraliser tous les efforts et toutes les informations qui pourraient amener à éradiquer le Réseau. Ces derniers temps, je consacrais mes efforts à trouver les noms de ses membres. Je tiens pour certain qu'ils sont cinq au total, Swiffer Jones inclus. Et forcément, l'un d'entre eux a retourné sa veste. Le nombre d'opérations ayant échoué contre les démembrements d'Ashura le prouve, mais vous connaissez les chiffres mieux que moi.


- Et ta "mort" là-dedans ?

- Bah, c'est simple, je propose que vous vous en alliez d’ici. Et que vous laissiez faire le tueur d'Ashura, celui qu'ils vont envoyer sans aucun doute, maintenant qu'ils savent que je suis en vie. Mon plan c'est que vous allez attendre, mettre le tueur hors d'état de nuire, puis annoncer publiquement ma mort. Ce fait qui sera vu comme tragique, vous donnera l'occasion de convoquer les membres du Parapluie. Nous pouvons exclure Jones, je crois.

- Hein ? Tu veux que j'attire le Parapluie à Boréa ?

- Quoi de plus normal ? Ashura est né dans ce royaume, normal que ceux qui sont à la pointe de la lutte contre celui-ci s'y retrouvent. En plus, je serai mort, moi un civil mais qui a autant œuvré qu'eux contre le Réseau, plus même que certains d'entre eux. Je suis presque un frère d'arme, j'aurai dû avoir ma place sous le Parapluie...

- N'exagérons rien. L'idée par d'une bonne base, mais le Parapluie est composé de hauts gradés et dignitaires, je ne peux pas juste leur intimer l'ordre de venir à Boréa, Reich.

- On va impliquer le roi de Boréa alors, fis-je comme si je parlais de mon meilleur pote. Maximilian Nordin m'a confié ce job et je pense qu'il acceptera de mettre du sien dans l'affaire. On le mettra au parfum, puis on lui demandera d'envoyer un message à chacun des Parapluies. Un message que vous cosignerez, Midnight.
D'un côté, un roi (membre du conseil des nations) les invitera aux obsèques d'un héros national (Moi) qui faisait le même travail qu'eux, pratiquement. Ils ne refuseront pas cet insigne honneur, je pense bien... D'un autre côté, vous, nouvelle commandante, élève du créateur du Parapluie leur demandera leur aide en tant qu'aînés, car avant de mourir, j'aurais laissé un quelconque indice qui vous pensez, vous amènera à donner la touche finale à mon œuvre, achever Ashura.


- Des funérailles nationales ? Tu ne manques pas de culot et de mélodrame.

- Allons, je vais mourir, alors il faut bien que ça serve à quelque chose. Je vais préciser à Maximilian que je veux des funérailles bien larmoyantes et qu'il engage des pleureuses si besoin est, fis-je, souriant. Plus sérieusement, avouez que mon plan a de la gueule. Si le Cafard est aussi suspicieux que je le pense, alors, il viendra, ne serait-ce que pour vérifier l'effectivité réelle de ma mort. Ensuite, votre histoire de legs posthume qui permettra d'éradiquer Ashura ne manquera pas de titiller sa curiosité. Ça ne ratera pas, il viendra.  

- Oui, mais et après ? Comment tu veux le confondre ? Qu'est-ce qui le trahira ? C'est quoi cet indice posthume que je devrais leur présenter ? Et plus important, comment tu comptes t'y prendre pour passer pour mort auprès de gens aguerris, habitués aux combats et qui ont vu la mort dans les yeux plus d'une fois ? Retenir ta respiration ne suffira pas, Reich.

- Vous détestez vous répéter, moi, je déteste bluffer. La meilleure manière de bluffer, m'a toujours dit mon maître, est de ne pas bluffer. Je ne ferai pas semblant, Midnight. Je compte effectivement mourir pour la bonne réussite de ce plan.

- Répète-moi ça...

- Tout se tient en trois lettres ma chère : TTX.

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Lun 19 Oct 2015 - 1:13

 
 
Une heure plus tard, ma chambre et ses alentours étaient épurés de toutes présences Marines. Visible du moins. Je pouvais enfin souffler, on pouvait dire que je l'avais échappé belle. La perspective de capturer un traitre de haut rang avait titillé Midnight au plus au point et bien qu'avec des réserves, elle avait donné son accord à mon plan complètement fou.
Dans la foulée, Phrâne Thomson, le héraut de l'aurore qui servait de trait d'union entre le roi de Boréa et moi passa et sans entrer dans les détails, je l'informai que je risquais de "mourir" avant la fin de la journée. La suite de l'opération serait à voir avec Midnight, lui expliquai-je. Mais une chose était importante, il fallait que le roi Maximilian se tienne prêt à nous rencontrer en toute discrétion, Midnight et moi.

Deux autres heures plus tard, sous les coups de dix heures, j'étais tranquillement blotti dans mon lit, sous une couette chauffée à la bouilloire à attendre ma mort arriver. J'étais plus curieux qu'inquiet, je me demandais comment Ashura se la jouerait maintenant après le déluge de balles de l'aube. A y parier, j'aurais dit qu'ils emploieraient la manière douce et discrète maintenant. J'étais à l’hôpital après tout et il était bien aisé de faire disparaitre quelqu'un d'un hôpital. Malgré que mon état évoluât rapidement, il exigeait un suivi médical de toutes les heures et donc au fil des trois dernières passées, je vis défiler une petite horde de médecins et d'infirmières. Étrangement, c'étaient toutes des femmes, riant et gloussant un peu trop à mon goût. J'étais un héros dans ce pays et je pouvais comprendre que ce statut eût un quelconque effet sur la gente féminine mais les gloussements m'étaient insupportables et quand un troupeau d'infirmières à l'air idiotes entra dans la chambre en gloussant sous le prétexte de vérifier ma glycémie, je vins à penser que les gloussements devaient être interdits et punis de très fortes amendes. Bien sûr, à chaque fois qu'une tête inconnue débarquait dans la chambre, ma tension était à son comble. Je suspectais tout le monde au point d'en devenir paranoïaque.

Une heure supplémentaire plus tard, je vis entrer dans ma chambre, la doctoresse Line Coca. Une vieille blonde à la peau ridée qui gardait un quelque chose d'une grande beauté de jadis mais totalement fanée de nos jours. Elle était déjà venue deux fois, la première en présence de Midnight Santana. C'était la traumatologue qui m'avait pris en charge à mon arrivée.

- Alors, Reich, comment va ? Cette douleur à la poitrine ?

- Toujours incisive Dr, fis-je en toussotant.

- Votre discussion avec la Commandante a duré un peu trop longtemps. J'ai du extraire plus d'un quart de litre de sang de vos poumons. Parler immédiatement après est contre-indiqué !

- Bah vous m'envoyez désolé, marmonnai-je. Mais il fallait que je parle, autrement...
Autrement, je l'aurais eu bien profond,
achevai-je en pensée.

- Bien. Dans ce cas, il faut vous reposer, mais très profondément. C'est pour ça que j'ai apporté ça, fit-elle en sortant une seringue contenant une solution jaunâtre de sa poche. Juste un somnifère, vous allez vous réveiller demain, les bronches parfaitement dégagées.

- Euh, je suis certain que je tiens à rester éveiller Dr, protestai-je en tentant de relever du lit.

Elle fut plus rapide. Sa poigne de fer agrippa mon épaule et me repoussa dans le lit avec violence. Elle était si près que dans ses prunelles grises, je voyais mon reflet. J'y voyais aussi cette lueur démente qui animait les assassins. La commissure de ses lèvres se courba en une esquisse de sourire quand de son avant-bras, elle me ceintura la bouche pour m'empêcher de crier. Vainement, je me débattis et tentai de reprendre le contrôle.

- Je suis désolée, susurra-t-elle dans mon oreille. Sachez que ça n'a rien de personnel. Le roi vous a engagé pour débarrasser le pays d'Ashura, moi, Ashura m'a engagé pour se débarrasser de vous. Nous ne sommes que des professionnels, acheva-t-elle alors que je me débattais toujours et que j'écarquillais les yeux de terreur.  

Bordel, la situation était critique. Elle m'avait enlacé comme une pieuvre et j'étais incapable de faire le moindre geste salvateur. Je sentis la pointe de sa seringue sur ma carotide et là, j'en vins à me dire que je devrais peut-être prendre une retraite à l'ombre, quelque part, sur une ile paumée comme... Tanuki et y dépenser jusqu'à la fin de ma vie la centaine de millions que j'avais enragée jusqu'alors.
Mais que serait la vie sans cette décharge d'adrénaline qui précédait la mort ?

L'aiguille perça mon épiderme et s'enfonça plus profondément, alors que toujours, je me débattais. Assez profondément pour qu'elle injecte sa solution dans mon organisme. Et c'est uniquement à ce moment là qu'elle décida d'intervenir. Elle, Midnight.
Un vrombissement précéda son arrivée. Une monstrueuse abeille complète de 50 cm s'engouffra par la fenêtre et fondit à une telle vitesse sur le Dr Line Coca qu'elle ne put que hurler son horreur avant qu'un dard tout aussi monstrueux ne perforât son cou. Elle s'effondra presque immédiatement et mon premier geste fut d'éloigner sa seringue de la mort de mon cou.

- Sérieux, vous le faites exprès ? Vous aviez vraiment besoin qu'elle me pique pour intervenir ? beuglai-je.

- Je vais prendre ça comme un "merci", Reich, fit-elle, décontractée en reprenant sa forme humaine. Dr Line Coca... L'un des dossiers que j'ai hérité du Colonel Earl Grey concerne un Ange de la Mort qui officierait dans ce pays depuis belle lurette. Je crois que je viens de le trouver.

- Ouais, super pour votre CV.

- Ça tu l'as dit ! Elle aujourd’hui, le Cafard, bientôt, ça va sentir la promotion directe. J'ai toujours voulu être Colonel d’Élite, ça m'ira bien non ? En fait, on s'en fout de ton avis.
Bien, toujours ponctuelles les filles !
fit-elle à un trio de femmes qui venait d'entrer dans la chambre.
Loth, je te présente les Harpies. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à chacune d'elles. Ce sont les meilleurs soutiens dont on puisse disposer en mission. Et durant celle-ci, elles seront nos yeux, nos oreilles et nos âmes même si tu veux.

- Enchanté mesdames Harpies. Vous êtes triplettes ?

- Sois sérieux. De gauche à droite, elles se nomment Carotte, Illusion et Time. Y en a une quatrième, Legist qui reste en retrait.

- Ouais, euh... Merci les filles, répondis-je pas convaincu des masses. Moi aussi j'ai ma propre équipe de spécialistes, répliquai-je en pensant à Amandelle, une amie moine, la doctoresse en qui j'avais le plus confiance au monde, à Dena', et à Avada Kedavra.

- C'est non ! On ne peut pas prendre le risque d'impliquer trop de personnes dans cette opération. Chaque personne est un risque de fuite supplémentaire. Déjà, là, nous serons huit: Carotte, Illusion, Time, Legist, Nordin, Phrâne, toi et moi. C'est le nombre limite, je t'interdis de contacter quelqu'un d'autre. Tu voulais mourir non ? Bah tu le seras pour tes proches le temps de l'opération.

- Mais c'est mon opération, mon idée. Vous...

- C'était aussi ta vie, mais c'est moi qui l'ai sauvée. Deux fois. Alors, la ferme !

- Elle est toujours vivante, Mme. On fait quoi d'elle ? demanda Carotte, une femme d'une forte corpulence à la voix profonde et lente, en prenant le pouls du Dr Line Coca.  

- La cuisiner comme tu sais bien le faire Carotte. Saignant ou à point, c'est toi qui vois. Mais il faut qu'elle reste vivante, c'est elle l'Ange de la Mort de Boréa. Faut juste qu'elle nous balance son mandant. Si on peut capturer Lavoisier en même temps que la Cafard, là, je serai directement promue.

- Attends une minute, Carotte, que je fasse mon boulot, intervint la surnommée "Illusion".

Aux antipodes de Carotte, Illusion était une femme très menue à la mâchoire proéminente. Avec ses cheveux châtains attachés en couette, elle ressemblait à une fillette qui aurait grandit trop rapidement.
Armée d'un appareil photo, elle mitrailla sous toutes les coutures la silhouette assommée du Dr Line. On aurait dit un de ces photographes de stars qui en voulait toujours plus.  

- C'est bon Carotte, tu peux y aller maintenant, dit Illusion à sa compère quand elle finit sa série de photos.

- Bien reçu. Dans ce cas, mon rôle à moi est terminé, répondit-elle en mettant le corps assommé du Docteur sous les aisselles, puis mine de rien et avec une agilité que ne laissait pas présager son imposante corpulence, elle sauta par la fenêtre.

- Oh mais, elle est malade...

- Toi aussi Illusion, tu sais ce que tu as à faire...

- Famille, boulot, je m'y mets, répondit Illusion en sortant à son tour, par la porte cette fois-ci.

- Vous m'expliquez ? demandai-je, perplexe.

- Illusion est LA spécialiste de la métamorphose du groupe. Il ne faudrait pas que quiconque remarque la disparition du Dr Line Coca. Alors, grâce aux nombreux clichés qu'elle a pris, elle va au plus vite modeler un masque du visage du docteur et dans l'heure qui suit, prendre sa place.

- D'accord. Si Carotte est la tortionnaire parce qu'elle manipule la carotte et le bâton et qu'Illusion est la métamorphe, vous "Time" que faites-vous ? récapitulai-je avec un sourire narquois.

Des trois, Time était celle qui avait l'air le plus "fréquentable". Avec un physique plutôt avenant, des dents très blanches et des lunettes d'intello, elle avait plus l'air d'une bimbo aguicheuse que d'un membre de l’Élite.  

- On l'appelle Mlle Time, parce qu'elle est obsédée par le temps. Elle va gérer tout ce qui est communication avec les médias sur toute la durée du schmilblick.

- Décidément, vous avez pensé à tout... Et je suppose que la dernière qui n'est pas présente, cette "Legist" est comme son surnom l'indique un médecin légiste ?

- Tout à fait. C'est ça la différence entre un amateur, toi et nous, l’Élite.
Alors Time, quel est le programme ? Tu as pu dégager un timing quelque chose avec Phrâne Thomson ?


- Oui, Commandante. Il est midi moins là. Voilà comment nous allons procéder :

1- Dans une heure, Illusion sera prête pour prendre la place de la doctoresse.
2- A 14h00, Commandante, vous exfiltrerez Loth Reich, le déposerez à l'endroit convenu puis vous reviendrez. Vous aurez un battement de 28 min et 55s exactement.
3- A 14h02, je remplacerai Loth dans ce lit par un cadavre dérobé à la morgue.
4- A 14h30, Illusion Alias le Dr Line prononcera unilatéralement sa mort. Et immédiatement après, Midnight, vous prendrez la tête d'un groupe d'Élites qui s'emparera du faux corps déjà bâché en prétextant la primauté de l'enquête criminelle.
5- A 14h45, Vous remettrez le faux corps à Legist et congédierez ensuite les Élites. Aucun d'entre eux ne se doutera de rien.
6- A 15h00, en tant que chargé des relations publiques de la base, je ferai une déclaration annonçant à Boréa la liste revisitée des victimes de l'attaque. Six morts dont Loth Reich.
7- A 16h00, le roi Maximillian Nordin visitera l’hôpital et les ruines du quartier attaqué. Ici même, il déclarera un deuil national de deux jours en rendant hommage aux victimes et surtout à vous, Loth Reich. Ce sera l'occasion pour lui de se refaire un peu de popularité en se montrant ferme.
8- A 18h00, tous les détails de l'affaire sortiront avec les principaux quotidiens du soir.
9- A 19h00, vous, Commandante et Loth Reich dînerez avec le roi à l'endroit convenu et discuterez de la suite des opérations.


- Et dire que je pensais être un automate...

- C'est parfait, Time. Tout est paré alors. Lançons l’opération Death Protocol !

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Lun 19 Oct 2015 - 21:08

 
Maximilian Nordin

- Death Protocol ?! J'aime ce nom de code ! J'ai toujours voulu participer à une mission secrète, fit Maximilian d'un ton très enjoué.

Il était 19h00 exactement et suivant le programme très minuté de Time, tout s'était déroulé sans accrocs.
A 14h00, grâce à Midnight, je fus exfiltré par les airs. Elle me déposa ensuite dans un ancien cimetière abandonné dont la chapelle ou du moins son intérieur avait été réaménagé. Pas spécialement pour l'occasion, j'avais l'impression que Maximilian avait souvent l'occasion d'y faire des escapades en toute tranquillité pour quelques raisons que ce fussent. Là, je mijotai seul pendant cinq longues heures avant de recevoir de la compagnie en les personnes de Midnight, du roi et du héraut de l'aurore Phrâne Thomson. Ce fut cette dernière qui dressa la table et à ce que je crus y comprendre, un tunnel secret partait de Bourgeoys et desservait le cimetière. Ainsi, le roi pouvait disparaitre sans éveiller les soupçons.
Avec eux, d'autres nouvelles me parvinrent. Tous les quotidiens du soir ne parlaient que de ma mort annoncée par Time et du discours "très émouvant et fort" que tint Maximilian sur les lieux même où j'avais succombé aux coups de mes malfaisants ennemis. Si Lavoisier n'était pas l'ennemi public N°1 avant ça, à coup sûr, il le deviendra dans les minutes et heures à venir.
Bref, chaque pan du plan était sur les rampes de lancement, il ne manquait plus que de les mettre en orbite.

Le Cimetière de Brinborian

Dans la chapelle du grand cimetière de Brinborian, Maximilian, Midnight et moi dînions donc en évoquant la suite de l'opération. Fallait-il préciser que le roi n'avait pas été briefé en bonne et due forme sur les détails prévus mais malgré tout, il avait donné son accord sans hésiter à l'ébauche qui lui fut présentée plus tôt le matin. Cela en disait long sur la confiance qu'il avait placée en nous. En moi. Une confiance aveugle qui l'aurait perdu si j'en avais voulu à son trône...

- Donc expliquez-moi plus en détail en quoi consiste Death Protocol. Aux yeux du peuple vous êtes mort Loth et je l'ai confirmé. Mais il m'a semblé comprendre que vous devez encore mourir une seconde fois ? demanda-t-il avec un fort accent pincé.

- En ce qui concerne sa mort aux yeux du peuple, les déclarations de la porte-parole de la Marine ainsi que la vôtre suffisent largement votre Majesté, répondit Midnight. Mais je suis certaine que le Parapluie voudra voir le corps de Loth. Du moins, si des funérailles nationales doivent lui être organisées, son corps doit rester accessible. Le coup du cercueil rempli de briques ne marchera pas avec de telles pointures. C'est pour ça qu'il doit mourir.

- Attendez. Une chose à la fois pour vérifier que je suis toute l'histoire. Le Parapluie, vous dites que c'est un groupe hétéroclite de gens s'étant faits un nom en remportant des victoires décisives contre Ashura. Il y trois ans, sous l'initiative du vice-amiral Swiffer Jones, ces gens se sont regroupés en une organisation informelle pour se donner des tuyaux et lutter plus facilement contre Ashura. Et je devine qu'ils ont pris le nom de Parapluie parce qu’Ashura vend de la poudre de pluie et qu'ils se voient en bouclier... C'est ça ?

- Tout à fait, votre Majesté. Loth, le vice-amiral Jones et moi pensons que l'un des membres du groupe est une taupe d'Ashura. Plus précisément son N°4 qui se ferait appeler le "Cafard". Nous devons tous les attirer ici et la mort de Loth est une excellente occasion de le faire.

- Vous leur enverrez une lettre que cosignera la Commandante Midnight, comme ça, ils sauront implicitement que c'est elle qui vous a révélé leurs identités. Vous les inviterez aux funérailles nationales que vous comptez organiser pour toutes les victimes d'Ashura et parallèlement, Midnight les informera que j'ai été éliminé parce que je tenais une piste qui pourrait en finir définitivement avec le Réseau et étant tous à l'avant-garde de la lutte contre Ashura, elle requiert leurs présences . Ainsi sera appâté le Cafard.

- Ça a l'air pas mal tout ça. Première des choses. Comment comptez-vous "mourir" si vous ne pouvez pas juste faire semblant ?

- C'est la partie la plus cruciale du plan. Il faut que le Cafard me croit, non, il faut qu'il me voit mort. Ainsi, il pourra baisser sa garde. Et pour ce faire, ma solution c'est la TTX.

- De la tétrodotoxine ? demanda Phrâne dont on avait oublié la présence et qui se tenait trois tables plus en retrait.

- Exactement. C'est une neurotoxine naturellement présente chez certaines espèces animales comme le poisson-fugu ou encore le poulpe à anneaux bleus. Isolée, elle prend la forme d'une poudre blanchâtre. Sur ma South Blue natale, on l'appelle "la poudre du mort vivant". Et cela retranscrit assez bien les effets de ce poison. Une fois ingéré, il inhibe intégralement les signes vitaux à tel point que la victime semble morte alors qu'elle est consciente, qu'elle entend tout, qu'elle sent tout à ce détail prêt qu'elle ne peut esquisser le plus infime des gestes. Quand on est victime de la TTX, son corps devient une prison. C'est la malédiction du mort vivant.

- Ça me fiche la chair de poule. C'est un cauchemar plutôt, la pire crainte qui soit non ? C'est comme si on était enterré vivant. Et avec ça, ils vous prendront pour mort ?

- Avec un peu de chance, oui, mon Seigneur. Mais comme deux précautions valent mieux qu'une, après avoir ingéré le poison, mon corps sera trempé dans de la glace pour faire chuter ma température corporelle à 28°C.

- Pourquoi ?

- Parce que la TTX n'est pas qu'un joli poison paralysant. Je risque réellement ma vie en l'ingérant, son taux de létalité est supérieur à 50%. Abaisser drastiquement ma température fera retarder les effets du poison si d'aventure il devait s'avérer nocif. En plus, ça ajoute un crédit supplémentaire à ma couverture parce qu'en dessous de 28° les signes vitaux sont très difficilement décelables.

- Ah, ça je le sais ! A Boréa, surtout dans les steppes, on a l'habitude de dire des corps prisonniers du froid qu'ils ne sont pas morts tant qu'ils ne sont pas réchauffés et morts !

- Joli dicton.

- Vous assurez vos arrières Loth, j'aime beaucoup ça. Mais comment comptez-vous vous sortir de ce guêpier et combien de temps pourriez-vous rester dans cet état ?

- On a calculé ça avec Legist, une subordonnée médecin. Vingt-quatre heures suffiront amplement pour cet exercice. Le mieux ce serait qu'on le "tue" juste avant l'arrivée ou du moins la présentation officieuse de son corps au Parapluie puis suivront les funérailles et l'enterrement dans la soirée. Après, mon équipe passera déterrer le corps et le réanimera grâce à une injection massive d'atropine. Sans parler du fait de le réchauffer.

- Ça me semble démentiel quand même. Vous serez conscient tout le temps, c'est ça, Loth ?

- Si ça avait été la TTX seule, oui, je l'aurais été. Mais avec la baisse de ma température corporelle, il y a peu de chance que je sois conscient.

- Une chance... Être conscient qu'on est enterré vivant... Brrrrrrrr ! frissonna le roi. Vous allez loin dans votre mission, je ne vous ai pas demandé le sacrifice suprême mais c'est comme ci. Au nom de Boréa, je vous remercie. Tous les deux.

- Nous avons tous nos motivations, votre Majesté. Remerciez-nous après quand ce sera terminé.

- Comment comptez-vous démasquer le Cafard ?

- Ça c'est la question à cent millions de Berry, mon Seigneur. Nous, ou plutôt, j'ai dans l'idée d'improviser. D'aller au cas par cas.

- Vous plaisantez j'espère ?! Vous ne pouvez pas avoir si bien fignolé le début du plan pour laisser le reste à la pitié d'une improvisation ! s'exclama-t-il, indigné.  

- Je n'improvise pas très souvent, non. Mais j'ai dans l'idée que je pourrais tisser un truc sur la base de la personnalité de chaque membre du Parapluie et en tirer profit. Ça pourrait être fort intéressant.

- Pas de mon point de vue, rétorqua Maximilian. Je vous fais confiance, c'est pour ça que je vais accepter d'inviter des gens probablement dangereux dans mon royaume. J'ai besoin d'une ossature un peu plus concrète qu'un jeu de hasard, ne pensez-vous pas Reich ?

- Pardonnez-moi, Majesté, mais faisons chacun notre boulot, s'il vous plait. La nature humaine est mon rayon, donc laissez-moi me débrouiller avec. Je sais que votre boulot à vous est de veiller à la sécurité de vos concitoyens mais soyons réalistes, que pourrait-il arriver de pire qui ne soit pas déjà arrivé ou du moins qu'Ashura n'ait pas essayé ? Lavoisier a tenté de vous renverser je vous le rappelle. Aujourd'hui à l'aube un quartier huppé et un palace ont été soigneusement attaqués à l'arme lourde pour déloger un seul homme, moi. Autant dire qu'Ashura est arrivé à un niveau où il ne s’embarrasse plus de détails. Et n'oubliez pas, ce ne sera pas le premier voyage de ce Cafard à Boréa alors, relativisons.

- Ce qu'essaie de dire si maladroitement Loth, intervint Midnight d'une voix diplomate, c'est que nous avons tout de même un début de piste pour piéger le Cafard. Dans la missive que vous devriez leur envoyer, je stipulerai que Loth a découvert une piste, on vous en a déjà paré. A propos de ça, nous avons décidé de jouer sur la corde sensible, la plus grande crainte de Lavoisier, à savoir que son identité soit connue. Certes, quelques mois plus tôt, quand il disposait de tous ses moyens paramilitaires, quand la garnison des marines ici n'était que ruines, il était prêt à sortir de l'ombre, à vous renverser. Mais depuis la donne a changé et je suis persuadée qu'il tient plus que tout à se refaire une santé à l'ombre. Donc, c'est un beau point de départ, on pourra jouer sur cette piste pour appâter le Cafard et le forcer à commettre une erreur. S'il vous plait, ayez confiance en nous.

- Je vous fais confiance, mais ça n'empêche pas que je vois cette improvisation d'un assez mauvais œil. Je pensais que vous aviez tout planifié.

- Mes meilleurs succès ont eu lieu dans le feu de l'action. N'oubliez pas que l'ennemi a aussi un cerveau dont il sait se servir, autrement il aurait été démasqué depuis longtemps. Face à ce genre d'adversaire, il est impossible de prévoir tous les coups.

- C'est une partie d'échec qui va commencer et bien sots et orgueilleux serions-nous en prétextant pouvoir deviner les coups que jouera la partie adversaire. Le mieux que nous puissions faire est d'en garder toujours en réserve avant d'abattre notre jeu.

La discussion était si entraînante que nous oubliâmes de dîner. Après cette conclusion proverbiale de ma part, sans modestie aucune, nous nous tûmes. Les fourchettes et les couteaux raclèrent de nouveau les fonds des assiettes et pendant un moment, on entendit que les bruits de mastications. La chère était copieuse, provenant directement des cuisines du palais royal. Je repris deux fois de cette soupe de chevreuil des neiges en me fichant éperdument qu'autour de moi, au dehors, étaient enterrés des centaines de Boréalins.

- Quand organiserions-nous les funérailles en question ? demanda Maximilian dès que nous attaquâmes les desserts.

- Le plus tôt sera le mieux. Dans une semaine, grand maximum. Mais nous pouvons rédiger les invitations dès ce soir et les leur envoyer.

- Une semaine, ça me va. Pour organiser de belles funérailles nationales, ça suffira. Inviter tout le parterre de nobliaux, les chefs de tribus, les dignitaires. Ce sera l'occasion pour moi de prononcer un discours d'union nationale contre les forces du mal. Cette idée de funérailles peut être bénéfique à bien des niveaux, conclut-il avec la fougue d'un habile politicien.

- Alors qu'il en soit ainsi. Maintenant Midnight, parlez-nous des quatre Parapluies qui seront invités.

- Quoi, vous non plus ne les connaissez pas ?

- Je vous rappelle que tout ceci a été mis sur pied très tôt ce matin, votre Majesté.



Dernière édition par Loth Reich le Lun 11 Jan 2016 - 21:10, édité 1 fois
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Mar 20 Oct 2015 - 0:08

 

- Je vais les classer par ordre décroissant alors. De celui qui a porté le plus grand coup à Ashura à celui qui en a fait moins.

- Oui, ça me semble bien. Allez-y.

Lt-Colonel Arsène Dickson "La Truffe"

- Celui-là, c'est le Lieutenant-colonel Arsène Dickson alias "La Truffe". dit Midnight en nous tendant une vieille photo du concerné. Actuellement, il officie en tant qu'Inspecteur Financier de la 19e base des Marines de Bliss. Au panthéon des hommes de loi ayant le plus œuvré contre Ashura, il se positionne directement après le Vice-amiral Swiffer Jones. Fin 1622, début 1623, il démantela successivement les Cellules Jade, Améthyste, et Obsidienne donnant un coup fatal à Ashura sur South Blue.

- Belles références. Je ne le connaissais pas.

- Il est assez discret comme garçon. J'ai eu à le côtoyer durant deux missions quand il n'était que commandant et je puis vous assurer que c'est l'un des esprits les plus brillants qu'il m'ait été donné de rencontrer. Ce n'est pas pour du vent qu'il est surnommé La Truffe, il a ce quelque chose qui lui permet de sentir les coups à venir. En plus de cela, il est très tête en l'air, très évasif, ce qui donne souvent l'impression qu'il est un peu idiot mais rien n'est plus faux.

- Vous nous peignez là le portrait d'un serpent. Un homme rusé qui endort la vigilance des autres pour mieux frapper.

- Serpent ou pas, comme Loth, Ashura a tenté de l'éliminer en 1624. Tentative dont il s'est sorti d'une manière... artistique. S'entant la menace de mort arriver, il s'était fait remplacé par un figurant -malheureusement pour ce comédien- et c'est ce dernier qui a été abattu par Ashura. Mais grâce à ça, il a réussi à échapper à la mort puis à capturer le tueur à gage qui avait été engagé. Un type assez bien primé à l'époque. Un coup de maître. Après ça, Dickson n'a plus fait parler de lui durant ces deux dernières années.

- Il n’hésite donc pas à utiliser les autres pour parvenir à ses fins. Quitte à les sacrifier comme de vulgaires pions. Intéressant. Si c'est lui le Cafard, on a tout à craindre. Surtout un bain de sang si jamais il est acculé, commentai-je, sans détour.

_____________________________________

Lionella Fringe "Nekonome"


- On la surnomme "Nekonome".

- Œil de chat ?

- Plutôt, Œil de félin. C'est un tireur très douée et une chasseuse de prime de la BNA. Vous avez dû entendre parler la Bounty National Agency, la plus grosse, la plus puissante et la plus influente des guildes de chasseur de primes.

- C'est une chasseuse de prime ? Et elle fait partie du Parapluie ? demanda Maximilian étonné.

- Vous avez bien engagé Loth Reich, Majesté. C'est un freelance aujourd'hui, mais il suffirait qu'il achète une licence pour passer chasseur de primes. Lionella Fringe est une des plus sûres valeurs de la BNA et a en outre toujours coopéré avec la marine. Elle est le dernier membre recruté du Parapluie mais la troisième par ses faits d'armes. L'année passée, sur West Blue, elle encaissé à peu près cent millions de primes en capturant à elle seule, la Bande à Benoît.

- J'en ai entendu parler, c'était une guilde de mercenaires célèbres dont les principales têtes dépassaient les 30 millions de primes.

- Vu qu’apparemment Ashura ne s'est pas implanté sur West Blue via ses Cellules, le Réseau sous-traitait la distribution de sa poudre avec la Bande. En les éliminant, Nekonome a remonté le filon de la livraison ce qui l'a amenée à une Cellule Ambulante du Réseau, sur South Blue où on la pensait finie. Elle a fait part de l'information au Vice-amiral et c'est ensemble qu'ils ont démantelé la Cellule Scorpion. Elle intégra le parapluie immédiatement après.

- Elle ne semble pas être un mauvais bougre.

- Avant de déserter, Toji Arashibourei non plus ne semblait pas être un mauvais gars, observa Midnight. D'après le Vice-amiral, elle serait extrêmement mercantile.

- Donc facile à acheter.

- C'est l'idée qui prévaut. Et si je devais miser, je parierai sur elle pour le rôle du Cafard, déclara Midnight avec une moue dédaigneuse.

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Samory Queen


- Lui c'est le Chef d'équipe Samory Queen du Cipher Pol Number 5.

- Ce ne serait pas plutôt lui le plus suspect du groupe ? demanda Maximilian les sourcils froncés. A force de fréquenter le côté obscur, les agents secrets finissent pas tourner de l’œil et ce n'est pas moi qui vais vous apprendre ça.

- Sûrement votre Majesté. Mais Queen, j'ai déjà fait une mission conjointe avec lui et je l'ai vu prendre des balles pour protéger ses hommes. C'est quelqu'un de très intègre et s'il a rejoint le Parapluie c'est pour avoir détruit en 1624 en mer de Balthazar ici sur North Blue, douze navires de combat appartenant à la flotte paramilitaire du Réseau. Flotte qui sera en Février de cette année, totalement annihilée par Loth Reich ici présent.

- Nan, je vous ai déjà dit que la destruction de la flotte était due à Jonathan Nivel pendant que moi j'étais prisonnier, mentis-je. Je n'ai rien à voir là dedans.

- Si tu le dis, fit-elle peu convaincue. A part mes impressions en mission, je sais -par le Vice-amiral- que les états de service de Queen sont propres et sans tâches.

- Si c'est un ripoux, le contraire m'eut étonné. Passons au dernier membre.

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Savage Opress


- On l'appelle Savage Opress et comme sa tenue l'indique, c'est un agent secret du Taldor.

- La fédération insulaire ? demandai-je en riant sous cape. Le Taldor... ça me rappelait de très bons souvenirs.

- Le sultanat sans crime ? J'ai entendu dire qu'aucune sorte de délit n'y était toléré et que même les enfants y étaient emprisonnés.

- C'est ce qui m'a aussi été rapporté, je n'y ai jamais été pour vérifier cela de mes propres yeux. De toute manière, les agents du Gouvernement Mondial y sont persona non grata, dit-elle dégoûtée et désapprobatrice.

- Ça semble un très mauvais marché pour Ashura là. Ils ont osé aller faire affaire là-bas ?

- Oui et se font fait griller. Littéralement. Un de leur bateau-laboratoire a été saisi dans un des ports du sultanat et les quinze membres d'équipages ont été sanctifiés par le feu comme il est de coutume pour les crimes les plus graves.

- Vous déconnez ? Un bûcher ?

- On ne plaisante pas avec le crime au Taldor. Surtout quand ça s'amuse à faire pleuvoir. Savage Opress était la responsable de l'opération à l'époque et c'est aussi elle qui aura décidé de cette justice expéditive. Il a fallut un an de négociation pour lui faire intégrer le Parapluie et selon le Vice-amiral, leur coopération a été très fructueuse. Elle lui aurait filé des informations de premier ordre qui ont notamment permis la destruction de la Cellule Espadon sur South Blue. A part cela, je ne sais rien d'elle. Je me demande surtout si elle va répondre positivement à votre invitation, votre Majesté.

- Boréa entretient-elle des relations diplomatiques avec le Taldor ?

- A minima, seulement, répondit le roi une main sous le menton. Le dernier lien remonte à l'année passée, une des îles du sultanat a été en grande partie rasée par un tsunami. Nous leur avons apporté de l'aide, surtout technique et énergique en reconstruisant leurs centrales thermiques puis en leur fournissant du charbon pour les alimenter.

- C'est parfait alors. Le Sultan, s'il n'est pas ce qu'il est, aura à cœur de vous rendre la pareille. Nous allons directement lui adresser la lettre, comme ça, l'ordre que recevra Savage Opress viendra directement d'en haut.

- Espérons qu'il ne soit pas du genre ingrat.
Donc,
reprit-il après une courte pause, l'un de ces deux hommes et deux femmes est au service d'Ashura. Juste de visu, un suspect, Loth ?

- Savage Opress. Je n'aime pas les gens qui dissimulent leurs visages.

- Ce n'est pas plus louable que d'avoir un côté obscur, Reich, répliqua-t-elle avec une horrible voix doucereuse. La pique me visait directement mais elle n'avait aucune preuve de mes activités suspectes. Aucune, et tant mieux pour moi.

- Dans ce cas, je crois nous en avons fini. Deux heures ont déjà passé, le temps file. Nous ne nous reverrons surement plus jusqu'à vos funérailles, Loth. Remettez-vous bien de vos blessures et bonne chance, fit-il en me tendant une main solennelle que j'empoignai avec fausse modestie. Par contre, nous serions amenés à nous revoir pour peaufiner les détails de la sécurité des officiels et tout le tralala, Commandante.

- En plus des invitations, votre Majesté.

- Surtout pour les invitations, répondit-il avec un clin d’œil entendu en s'engouffrant dans une porte dérobée avec Phrâne Thomson nous laissant Midnight et moi seuls.

- Bon, cet endroit sera désormais ta demeure jusqu'à la fin de cette opération. N'oublie pas que tu es mort. Ne t'avise donc pas d'informer qui que ce soit que tu es en vie. Je t'ai à l’œil !

- Dois-je comprendre que je suis surveillé comme un vulgaire prisonnier ?

- Non. Cette opération est ton idée alors, je t'accorde le bénéfice du doute. Tu ne feras rien qui fera tout capoter, tu n'as aucun intérêt à cela, répondit-elle sans émotion avant de se métamorphoser en une grosse abeille qui s'envola par la fenêtre.

_____________________________________


Je la regardai survoler le cimetière et disparaitre dans cette nuit de printemps Boréalin où une lune d'une pâleur mortelle projetait sa lumière argentée sur l'île au Cristal.
Elle ne pensait pas si bien dire, et comment que j'avais à cœur que cette mission réussisse ! C'était justement dans cette optique que je devais contacter quelqu'un. Maintenant que les identités des Parapluies m'étaient dévoilées, je pouvais d'ors-et-déjà avancer quelques pions. Midnight n'avait pas besoin d'être au courant. Elle avait eu l'avantage en me sauvant puis en me forçant à travailler avec elle mais il était temps que je reprenne la main de la partie. Sortant de ma poche mon mini escargophone personnel ainsi qu'un escargophone blanc brouilleur pour palier à tout risque d'écoute, je contactai la personne dont les capacités seraient parfaites pour le coup que je devais jouer.

- Tiens, je te croyais mort mec. J'ai même allumé un cierge ou deux et prié pour que ton âme ne soit pas trop damnée.

- Haha, c'est ça. Très drôle.

- C'est encore une de tes idées foireuses, n'est-ce pas ? Te faire passer pour mort pour X raisons alambiquées ? demanda Avada Kedavra.

- Oui, tu sauras tout en temps et en heure. Je t'ai réservé une place de choix dans l'histoire.

- Quinze millions.

- Vendu.

- Que dois-je faire ?

- Trois fois rien mon pote. Tu connais le Taldor ?

- Me parle pas de malheur.

- Rends-toi y et assure-toi que ta cible ne vienne jamais à Boréa. Elle a pour nom de Code : Savage Opress.


Dernière édition par Loth Reich le Dim 1 Nov 2015 - 16:07, édité 1 fois
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Mar 20 Oct 2015 - 14:41

 

Pendules et horloges devaient avoir été ensorcelés, eussé-je fini par penser tellement le temps s'égraina lentement. La semaine avant ma "mort" me parut longue et l'attente interminable. Bon sang, j'étais pressé de mourir !

Trois fois par jour, émergeant du tunnel secret qui reliait le cimetière à la ville haute de Bourgeoys, le héraut Phrâne Thomson m'apportait de la nourriture provenant directement des cuisines royales. Sur ce point je fus si gâté que je n'aurais été surpris d'avoir vu mon poids augmenter de moitié durant cette semaine, ce qui d'ailleurs m'amena à l'incongrue réflexion comme quoi j'engraissais tel un animal qui devait passer au plus tôt à l'abattoir. A ce détail près qu'à cet abattoir, j'y allais de mon propre gré...

J'eus aussi écho des préparatifs de ces funérailles nationales et il semblerait que tout le pays ait été mobilisé. La violence de l'attaque d'Ashura avait été telle que c'est Boréa tout entière qui fut ébranlée de savoir des gens aussi dangereux sur son sol. Un lever de bouclier et de patriotisme tout en faveur du roi souffla sur le pays et j'appris que par centaines, des Boréalins quittaient leurs bourgades paumées au cœur de la steppe pour se rendre à Lavallière dans le seul but d'assister aux obsèques qui auront lieu le samedi. En vérité, il ne s'agissait tellement plus d'obsèques mais d'une démonstration d'unité nationale face à la Barbarie avec grand "B". Après Alrahyr Kaltershaft, après la génocidaire Marie-curie, il semblerait que ce royaume en eut marre des fous en tout genre et voulait montrer sa force et sa cohésion.

Le mercredi précédant les obsèques, Midnight vint me voir d'une humeur passablement massacrante. Apparemment les choses n'allaient pas bon train et quelques cent milles personnes étaient finalement attendues. Les funérailles auraient lieu sur une vaste place aménagée en dehors de Lavallière et la marine en était réduite à faire une liste des invités privilégiant les familles des victimes, les gens de l'intérieur et les nobliaux aux curieux de tous poils qui pourraient venir de Lavallière.

- Qu'en est-il de nos chers invités ?

- Comme on s'y attendait, ils ont tous répondus positivement. Sauf le Taldor.

- Comment ça ? fis-je, étonné.

- Le Sultan a répondu à Maximilian en s'excusant platement de ne pas pouvoir envoyer Savage Opress parce qu'elle serait soit disant sur une mission de la plus haute importance pour le sultanat.

- De toute façon, elle n'aurait jamais pu venir avec Avada sur son cas, pensais-je. C'est contrariant, dis-je.

- Ça tu l'as dit. Si c'est elle le Cafard, on aura fait tout ça pour rien du tout. Espérons qu'il se trouve parmi les trois restants. Ils viendront tous dans la journée du vendredi. Le roi a mis les petits plats dans les grands pour eux, ils seront logés à la Banquise.

- Je croyais que ce palace était seulement réservé aux rois étrangers en visite ?

- Ça veut bien dire ce que ça veut dire, ils auront un train de vie royal sur la durée de leur séjour. Allez, je me casse, à ce soir.

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Caché derrière une épaisse armure de nuages hivernaux, l'astre du jour était presque au zénith mais peinait difficilement à réchauffer le pays des glaces de ses rayons. « Et ils osent appeler cette saison "le printemps" » pensa Midnight, sarcastique. Depuis une heure, elle était postée droite comme un "i" devant la lourde porte en étain de la Banquise. Les trois invités de marques étaient arrivés en rang désordonné dans la nuit. Escortés par des hérauts de l'aurore, ils furent tour à tour conduits dans la suite princière qui leur était réservée. Fugacement, Midnight se demandait s'ils n'en faisaient pas trop et si les Parapluies n'allaient finalement pas découvrir le pot aux roses.

Elle rajusta le col de son manteau ainsi que ses gants. Dans la rue sécurisée par un détachement de l’Élite, aucun signe du royal carrosse. Maximilian n'était pas en retard après tout, la rencontre devait se dérouler à treize heures, c'était elle qui était en avance.
Dans ce palace, il y avait le Cafard. A moins que ce ne fût Savage Opress, mais elle tenta de rester positive. Malgré tout ce qu'elle avait pu assurer au roi, il était vrai que le plan de Loth était un poil audacieux et soumis à de nombreux paramètres variables. Et c'est justement ce qui ne lui plaisait pas des masses. Midnight avait passé la moitié de sa vie en infiltration pour le compte de l’Élite et dans ce genre de mission, on ne laissait pas beaucoup de place à l'inventivité ou c'était la mort assurée. Malgré un bon départ pensa-t-elle, Death Protocol était mort né et ne serait au final qu'une suite d'improvisation suivant les caractères de ceux qui voulaient bien jouer à ce jeu de poker menteur grandeur nature. Et ce pan particulier avait le don d'agacer et d'énerver le Dard de Minuit. Elle soupçonnait Loth d'avoir paramétré le plan justement pour qu'il soit indécis et qu'il lui donne une certaine marge de manœuvre. Quoiqu'il pût en dire, elle savait que le jeune homme était tout ce qu'il y avait de plus fourbe au monde et il n'était hors de question de lui accorder une totale confiance. Midnight pouvait mentir à Boréa, au monde, mais elle ne saurait se mentir. Elle se savait incapable de prévoir les coups les plus tordus que pourrait lui préparer Loth, elle savait qu'elle ne possédait pas cette profondeur d'esprit capable de voir au delà de la mystification. En tant qu'infiltrée, elle était l'une des meilleurs, mais en matière de stratégie -pas de tactique- elle avait encore du chemin à faire alors que Reich lui était naturellement doué pour ça. Ils luttaient dans deux catégories différentes.
Midnight sourit à cette pensée. Reconnaitre son infériorité était déjà un atout. C'était pourquoi elle avait fait appel à un individu susceptible de percer à jour un quelconque plan tordu de Reich, si plan tordu il y avait. Non, ce n'était pas n'importe quel individu, c'était juste la personne la mieux placée au monde pour le confondre. Ce n'était pas pour rien que Loth Reich n'avait pas vu Legist mais Legist, elle, l'avait bien vu et elle ne comptait pas le rater...

Arrachant Midnight à sa pensée, des bruits de cliquetis résonnèrent. A ses neuf heures approchaient des successions de voitures tirées par des chevaux à la robe blanche aussi gros que des éléphants. Des Purneiges de Boréa, pensa Midnight. Du carrosse le plus imposant, le plus doré, descendit Maximilian dans son armure protocolaire. La Commandante le salua du salut militaire que le roi lui rendit. Ils pénétrèrent ensuite dans le palace. Midnight se résolut à regarder droit devant elle tant l'étalage de richesse et de luxure dans chaque centimètre carré de marbres, de verre ou de tapis l’écœurait. Dans un salon privé du hall les entendait le Parapluie amputé de deux membres.
A leur entrée, le Lt-Cl Dickson et Samory Green gratifièrent le roi du même salut militaire alors que Nekonome se contenta d'une petite révérence.

- Mes respects Commandante, fit Dickson d'une voix lente et trainante.

- La pareille, Lt-Cl.

- C'est un plaisir renouvelé de vous revoir Midnight, dit Samory Green en s'approchant. Ils se firent les accolades et les bises en oubliant tout protocole.

- Commandante, marmonna Nekonome avec un sourire franc.

- Mlle Fringe, répondit Midnight avec un vague signe de la tête tout en regardant ailleurs, ce qui offensa la concernée.

- Bien veuillez vous asseoir, ajouta rapidement le roi qui avait vu les sourcils de Fringe se froncer et ses lèvres s'ouvrir furieusement. Madame, messieurs, à vos grades et honneurs respectifs, je vous remercie en mon nom propre et en celui de Boréa d'avoir bien voulu délaisser vos occupations pour vous rendre ici et nous apporter votre soutien et votre aide en des moments si critiques, introduisit-il.

- Loth Reich est-il vraiment mort ? demanda Dickson.

- Oui. Vous en doutez ? La lettre était signée par le roi. Si Reich était un ami à vous...

- Non, rien de tel, continua Dickson de sa voix trainante et faible. Il était doué dans ce qu'il faisait, comme moi, il aimait les énigmes, c'était un limier de premier ordre. Je suis au courant de la manière dont il s'y est pris pour démasquer le Réplicateur de Boréa. J'aurais aimé travailler avec lui. C'est regrettable. Comme la mort des cinq autres personnes, s'empressa-t-il d'ajouter.

- Trois marines dans l'exercice de leur fonction et deux civils qui n'avaient rien demandé, précisa Midnight qui se sentait vaguement énervée à cause de la présence de cette chasseuse de prime...

- C'est ce qui nous unis tous ici, ajouta le roi. Lutter contre l'abject et la barbarie. C'est pourquoi je vous remercie encore...

- Pourquoi Swiffer Jones et l'autre masquée là ne sont pas là ? demanda Nekonome.

Pour une femme aussi avenante et bien proportionnée, se surprit à penser Midnight, Lionella Fringe Nekonome avait la voix rauque et des manières bien vulgaires. Elle interrompait le roi pendant qu'il parlait, elle s'asseyait en écartant les jambes, elle mâchait son chewing-gum en faisant des bulles qui éclataient avec des "tap" "tap" réguliers. Tout dans cette femme insupportait Midnight et le pire c'est qu'elle était une chasseuse de prime. Midnight avait une haine viscérale des chasseurs de primes.

- Le Vice-amiral est en ce moment même à Marijoa pour le conclave de l'Amirauté et Savage Opress n'a pu se libérer de ses obligations, répondit Midnight avec un sourire hypocrite qui requérait toute sa bonne volonté.

- Ah, tant pis ! s'exclama Fringe en faisant éclater de nouveau une bulle à chewing-gum. Moins il y aura de monde, plus la part du gateau sera grande pour les restants.

- Le gâteau ? demanda le CP5 sans comprendre.

- Bah ouais le gâteau mon vieux. La lettre parlait d'une piste qu'avait ce Loth Reich -que je ne connaissais ni d'Eve ni d’Adam- pour liquider Ashura non ? Lavoisier est primé à 30 millions je vous rappelle. Faire main basse sur sa gueule serait bien intéressant. En plus de ça, si on déniche sa base, on pourra saisir de la Dance Powder, des bateaux-labos, du matos. Tout ça, le Gouvernement mettra un prix dessus. D'ailleurs, mon roi, c'est combien le tarif pour notre consultation ?

Un observateur étranger à cette scène aurait pu penser qu'une bombe venait d'exploser dans le hall. Il eut le calme après les déclarations de Lionella Fringe puis tout d'un coup, la rage que Midnight s'évertuait à dissimuler depuis le début explosa avec la force d'un volcan. Il sembla que Samory Queen eût prévu cette réaction puisqu'il se leva en même temps que bondissait la Commandante. Il happa le Dard de Minuit et la dévia de la trajectoire qui la menait directement sur une Nekomane totalement consternée par cette réaction de folie furieuse. Ceinturant  Midnight de ses bras musculeux, le CP5 la souleva de terre et l'éloigna le plus possible de Fringe pendant qu'elle se débattait comme une diablesse en hurlant des « Comment osez-vous ? Argent… Vénale… Prostituée... » et que Queen rétorquait « C’est ridicule, ma chère, maîtrisez-vous ! » et que Midnight n'en démordait pas à coup de « Lâchez-moi Queen… Lui montrer… Mais lâchez-moi je vous dit ! »
Tout se passa en l'espace d'une seconde ou deux et après le moment de stupeur passé, Maximilian se leva aussi et tenta de ramener Midnight au calme tout en se demandant ce qui avait bien pu déclencher cette réaction inconcevable. Après le moment d’hébètement, Nekonome se saisit de son arc posé non loin, banda une flèche et cibla le Dard de Minuit qui avait réussi à briser l'étau de Queen.

- Mais vous êtes malade ! hurla Nekonome qui se déplaçait en diagonale en cherchant un angle de tir pendant que Queen se posait en bouclier et tout en cherchant à empêcher la Commandante derrière lui de se dérober.

- Insensé ! Arrêtez de suites vos simagrées les filles ! La violence n'a jamais résolu quoique ce soit et là, c'est un énorme malentendu !

- Dites ça à la folle furieuse qui m'a attaqué sans raison !

- Tenté seulement ! Je l'en ai empêchée donc tout va bien !

- Bah poussez-vous de là qu'elle réessaie !

- Vous l'avez entendue ? Poussez-vous Queen, cette vénale veut me voir réeessayer !

- Soyez pas ridicule Fringe, c'est une Commandante de l'Elite, si vous vous attaquez à elle vous finirez criminelle !

- Assez !

Maximilian n'avait pas élevé la voix. C'est à peine s'il semblait en colère mais quand il parla, sa voix sonna comme un couperet et tous semblèrent frappés de mutisme. Tous sauf Dickson qui se récurait les ongles en regardant les lustres, d'un air absent. Il était le seul à être demeuré parfaitement calme dans le brouhaha.

- Que faites vous tous ? Êtes-vous en train de cracher sur la tombe de ceux qui sont morts dans cette barbarie ? Savez-vous réellement ce que c'est que de voir une mère, une épouse, un fils dans les yeux et leur dire que leurs aimés et tendres ne reviendront jamais ? C'est ce que j'ai eu à faire cette dernière semaine, c'est ce que j'avais fait quand ce révolutionnaire fou de Kaltershaft sema la terreur, c'est ce que je fis quand Loth Reich, paix à son âme, révéla le génocide commis par Marie-Curie. Marie-Curie qui était un des chimistes-en-chef du Réseau Ashura, et c'est pour cette raison que vous êtes ici, pas pour vous battre comme des chiffonniers, nom de nom !
Commandante, sortez de mon palais,
ajouta-t-il ensuite d'une calme voix qui ne souffrait d'aucune réplique.

- Hmmm, pour sa défense, intervint Queen pour tuer la tension, elle a une sainte horreur des chasseurs de prime. Ce n'est pas contre vous, pas personnellement, Fringe, mais... Enfin, comment expliquer ça, je ne sais même pas si le dossier a été déclassé, marmonna-t-il en se grattant la nuque.
Pour faire bref, c'était il y a dix ans, à Manshon, nous étions sous couverture et chargé d'exfiltrer un Capo de la famille Mancinelli. C'était un témoin sous protection, nous avions obtenu de notre hiérarchie qu'il soit gracié s'il nous livrait les coordonnées des routes maritimes qu'empruntaient les cargaisons d'armes de la mafia. Mais pour ça, il fallait l'exfiltrer, toute sa famille et lui. Moi je n'étais qu'un support pour cette dernière partie de l'opération, tout le travail de retournement fut fait par Midnight. Mais voilà, pendant l'exfiltration (nous étions évidemment en civil) le Capo fut abattu par un chasseur de prime de la BNA parce qu'il était primé à 5 millions de Berry. Ensuite, les sept familles ont découvert que le Capo s’apprêtait à les trahir et avant qu'on ait pu agir, sa famille, au total 15 personnes ont été massacrées par les mafieux. Un fiasco total pour Midnight qui a monté l'opération, elle a été anéantie. Depuis elle ne sent pas, mais vraiment pas du tout les chasseurs de prime. En fait, c'est plutôt la notion de justice contre argent qui l'insupporte.

- Le traumatisme n'a pas été guéri, elle l'a enfoui au plus profond d'elle, c'est pour ça qu'elle a perdu ses moyens. Quel lien avait-elle exactement avec le Capo en question ?

- Presque celui d'une grande sœur. Il avait 16 ans, le Capo, c'était un enfant prodige du crime.

- Aïe, la blessure est profonde, faudrait travailler là-dessus. Je peux la remontrer psychologiquement si elle m'en laisse le temps, marmonna Dickson qui regardait toujours le plafond lustré.

- Bah, ça c'est son problème ! s'exclama Nekonome. Les chasseurs de prime existent parce que le Gouvernement sait très bien qu'il ne peut pas se taper le job tout seul ! Alors si elle s'est viandée dans sa mission, c'est son caca ! Elle n'avait qu'à bien protéger le môme. En tout cas, tenez-là éloignée de moi où je lui colle une flèche !

- Soyez rassurée, elle ne vous approchera plus, madame. Donc de quoi parlions-nous ?

- Oui, de nos honoraires. Je ne veux pas être vulgaire mais vos problèmes sont les vôtres. Quoique puisse en dire l'autre folle furieuse là, eux de la marine ou du CP auront tous un salaire à la fin du mois. Moi, c'est pas le mot justice ou la bonne conscience qui va me nourrir. M'voyez ? Alors indépendamment de la piste de Reich pour laquelle on nous a demandé notre aide, je veux des honoraires de consultation.

- Combien ? demanda le roi, tranquillement.

- 52 millions.

- Vous êtes sérieuse ? s'emporta Queen.

- Vous n'allez pas vous y mettre vous aussi, Chef d’équipe ? Ce prix me convient madame.
Bon, j'espère vous voir tous demain aux funérailles alors. Je vous souhaite la bonne nuit.


- Votre Majesté ? fit nonchalamment Dickson alors que Maximilian sortait du hall.

- Oui ? fit-il en se retournant.

- Le corps de Reich, on peut le voir ?

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- Hahahahahaha ! s’esclaffa Loth en se roulant à terre. Extérioriser ses sentiments ne lui était pas du tout habituel mais là, c'était drôle. Désolé, Commandante, mais c'est plus fort que moi, fit-il en enlevant ses lunettes pour essuyer des larmes de rire. Sa Majesté vous a congédié et mise en colle comme un enfant ! Hahaha !

- Ça suffit, Loth, n'aggravez pas les choses. Il était nécessaire de la faire sortir et de montrer aux autres que j'étais de leur côté. N'empêche, Commandante, vous devriez régler votre problème avec les chasseurs de prime.

- Hmph.

- Sinon, quoi de neuf ? Je croyais qu'on ne devait plus se voir jusqu'à ma résurrection ?

- Dickson a demandé à voir ton corps, répondit Midnight.

- Ce fut aussi le premier et le seul à demander la confirmation de votre mort. Soit disant parce qu'il voulait travailler avec vous, parce qu'il est aussi un limier.

- Arsène Dickson La Truffe hein... Il m'intéresse de plus en plus cet homme. Que lui avez-vous répondu ?

- Qu'ils auront tous l'occasion de voir tous les corps durant la chapelle ardente.

- Je vois. Sinon, c'est bien que vous soyez tous là, j'ai eu le temps de réfléchir à la marche à suivre et finalement, j'ai une sorte de plan. Je suis toujours pour le fait d'improviser certes, mais il nous faut avoir une ligne directrice principale, un étau dans lesquels les fourrer pour démasquer le traitre. A ce stade, je ne vois que deux choses qui pourraient le démasquer. Soit le flagrant délit ou la précipitation qui lui fera commettre une erreur qui nous fera remonter jusqu'à lui. Vous me suivez ?

- Enfin, vous parler de plan, j'aime ça ! Continuez. Une ligne directrice vous dites ?

- Oui, c'est ce que j'appelle "Contrôler le scénario". Parce qu'il nous faut les projeter dans un cheminement monté de toute pièce dont nous maîtrisons la chute tout en laissant assez de marges aux imprévus.

- Nous avions décidé de jouer sur la hantise de Lavoisier que son identité soit révélée. C'est ça notre ligne directrice non ?

- Oui, mais et après ? C'est ce manque de plan après que critiquait sa majesté plus tôt dans la semaine donc je vais y remédier. Mais pour ça, il va falloir que nous dépassions certaines limites mon Seigneur.  

- Exposez toujours, vous m'intéressez.

- Voici mon plan. [...]

- Nan, mais t'es malade ! s'écria Midnight en montant au créneau.  Trop dangereux !

- Vous êtes sûr que c'est absolument nécessaire de passer par là ?

- Je me mets à leur place votre Majesté. Je ne saurai me laisser avoir par un plan stupide et trop simpliste. Il faut que ça soit un minimum réaliste si on veut appâter le Cafard.  

- Des civils pourraient mourir ! C'est pas de simples dommages matériels collatéraux. Des vies humaines Loth !

- Si c'est bien exécuté, aucune raison qu'il y ait des morts. Vous avez bien des artificiers chez vous non ? Des spécialistes ?

- Oui, mais...

- Alors, c'est bon, j'approuve ce plan, trancha Maximilian.

- Votre Majesté...

- Je vous fais confiance Commandante, j'ai confiance en vos troupes. Faites qu'il n'y ait aucun débordement, fit-il en lui donnant une tape amicale avant de s'en aller.

- Bien, je vais y aller aussi et tout préparer vu que le roi a donné son aval.
Loth, je te souhaite une belle mort. Illusion et Time viendront s'occuper de t'injecter la TTX, de te refroidir et... Ensuite, elles te mettront en bière. Ton corps sera levé vers quatre heures du matin en direction de l’Église de l'Aube Naissante. C'est là que ce déroulera la chapelle. Ensuite, les corps seront levés une seconde fois et transférés sur la Place de la Nation où se dérouleront les cérémonies funéraires. Puis une dernière levée des corps, pour le cimetière cette fois-ci.


- Ça m'a l'air parfait. Mais vu que je n'aurais aucune famille pour m'assister, je pense que l'un d'entre-eux émettra l'idée d'assister à mon enterrement.

- J'y ai pensé aussi, c'est pour ça qu'en fait, pour votre tombeau sera à double fond. Les Harpies ont passé la semaine à creuser un tunnel passant à dix mètres en dessous du cimetière pour ressortir directement dans votre tombe. Vous serez exfiltré par là, ainsi, il n'y aura aucun dommage visible à l'extérieur du tombeau qui puisse éveiller des soupçons si d’aventure le Cafard revenait pour vérifier.

- Et s'il ouvre le tombeau ?

- Tu seras déjà sorti et dès après demain, tous les Parapluies seront sous surveillance alors ne me fait pas chier.

- Ouais, toujours de mauvais poil. Une dernière chose Commandante. En parlant de Harpies, je croyais que c'était Legist qui devait s'occuper de moi ? Que c'était elle la doctoresse et tout ?

- Illusion aussi est une doctresse de profession.

- Ça n'explique pas pourquoi cette Legist ne vient pas ?  

- Parce qu'elle a autre chose à faire, répondit-elle d'un air lasse en s'en allant.
Parce que tu la connais, fit-elle en pensée en souriant sous cape.
Tu n'es pas le seul à avoir des coups en réserve mon bonhomme. Je t'aurais en même temps que le Cafard.



Dernière édition par Loth Reich le Lun 11 Jan 2016 - 21:35, édité 2 fois
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Loth Reich
Loth Reich
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Jeu 22 Oct 2015 - 17:07



L’Église de l'Aube Naissante était pleine à craquer. Ses cinq cents places assises avait été prises d'assauts à l’orée du jour. Chaque individu présent avait été au préalable trié sur le volet sur la très longue liste d'invités. Aux premiers rangs siégeaient les familles des victimes et la famille royale. Empêtrées dans de longs accoutrements d'un noir de deuil, les familles éplorées larmoyaient sans bruit. A leurs côtés, Maximilian et les siens aussi vêtus de noir avaient la mine grave. L’atmosphère était très pesante, emplie de solennité et d'union. Dès 5h du matin débuta la cérémonie mortuaire suivant les rites d'Aurora, la religion d'état de Boréa.

L'église comportait cinq rangées de bancs et la première en partant de la droite avait été intégralement allouée aux Marines. Ils se distinguaient de la masse noirâtre à leurs tenues bleu blanc cérémoniales. De temps à autre brillait une médaille épinglée sur un torse et plus rarement se mouchait un marine ou deux en faisant passer leur crise silencieuse de larme pour un éternuement.
Assise au premier rang, Midnight était solennelle. Droite comme une statue, elle avait le regard rivé sur les cercueils de ses trois subordonnés tués pendant l'assaut. Ce n'était pas la première fois qu'elle perdait des hommes et à chaque fois revenait la question de la responsabilité. Bien sûr, ils étaient entrainés, bien sûr, ils s'étaient engagés de leur gré mais c'était elle qui leur avait donné l'ordre de la suivre. Les aurait-elle laissés tranquillement dans leur garnison qu'ils seraient encore auprès de leurs familles. Le Dard de Minuit frissonna quand la chorale entama un puissant requiem à base de « Ce n’est qu’au au revoir… »

A l'autre extrémité de l'église, dans la rangée à l'extrême gauche, au cinquième rang, étaient assis les trois Parapluies. La place même qui leur avait été allouée était incongrue puisqu'ils se retrouvaient empêtrés dans la haute noblesse de Boréa. Ceux-là, en plus de leurs robes en soie noire ou autre précieux tissus teintés de noir, exhibaient de lourds ornements en or et autres pierres précieuses. Assise au milieu de deux comtesses particulièrement grosses, Lionella Fringe se sentait indisposée par les effluves qu'elles dégageaient, un concentré de lavande et de chrysanthème. Nekonome jeta un regard de biais à Midnight et sentit une bouffée de colère monter en elle. Elle était prête à parier tout son argent que la Commandante avait fait exprès de les placer là puisque c'étaient les marines qui avaient fait les répartitions...

L'objet de toutes les attentions étaient bien évidement les six cercueils ouverts placés sur des catafalques ornementés de sculptures en bronze. Les cercueils étaient somme toutes assez simples, en bois d'if blanc de Boréa. Autour des bières, on pouvait apercevoir plus de mille cierges divisés en huit rangs séparés entre eux par des bouquets de fleurs. L'odeur suave de l'encens le plus pur sortait en tourbillon et enveloppait les chers défunts qui, sous la lueur des cierges avaient l'air d'être paisiblement endormis. Dans le quatrième cercueil à partir de la droite dormait Loth. Ils avaient eu la bonne idée de lui mettre ses lunettes et quelqu'un avait tressé ses cheveux en une longue que de cheval qui avait été soigneusement posé sur sa poitrine. On l'avait vêtu d'un costume trois pièces tellement élégant que s'il en avait eu conscience il aurait sans doute déclaré que ce fut du gâchis de vêtir un cadavre avec ça. Mais voilà, il n'était pas mort... Au revers des gants en velours blanc qu'il portait étaient marquées les inscriptions :

« Bien que la fleur qui était autrefois si brillante se soit évanouie à jamais, bien que rien ne puisse ramener l'heure de cette splendeur dans l'herbe... »

Après la fin de la cérémonie, on permit aux gens en rangs bien ordonnés de saluer une dernière fois les victimes. Jouant les guides de luxe, Midnight s'approcha des Parapluies et les invita à la suivre. Elle voulait les garder à l’œil. Elle eut raison. Quand Dickson s'approcha de lui, il mit un genou à terre dans un geste de prière évident tout en empoignant les mains croisées de Loth.

- Il vérifie son pouls radial ma parole... pensa Midnight.

Elle ignora si ce fut une perche tendue par Dickson, elle ignora s'ils avaient tous eu dans l'idée de se recueillir d'une manière si voyante et si peu discrète mais les un après les autres, ils s'agenouillèrent et tinrent la main de Loth si bien qu'à la fin, Midnight se retrouva à se demander si tout le parapluie n'était pas sous la coupe d'Ashura. Quand Lionella Fringe s'approcha en dernière de Loth, elle murmura :

- Un long-bras... Magnifique... Si séduisant... Vraiment dommage...

Midnight pensait en avoir fini avec sa dose de surprise journalière, mais il lui fallut tout son self-control pour ne pas hoqueter d'horreur quand une fois assise, elle vit en dernière position de la dernière file de gens rendant hommage...

- Savage Opress...

Elle ne fut pas la seule à l'avoir remarquée, Samory Queen se leva carrément de son siège pour mieux la scruter pendant que nombres de personnes la pointaient de l'index. Il fallait dire que son accoutrement -même s'il était avec cape et masque au visage- était beaucoup trop extravagant pour passer inaperçu. Tout son corps était emmitouflée dans une épaisse combinaison noire mais ce qui attirait tous les regards -indignés et outrés- c'était sa ceinture bien voyante où pendouillaient deux katanas et cinq wakizashis. Toutes ces armes étaient de portées de biais, aux extrémités des hanches. Une seule cependant était verticalement accrochée à la boucle de la ceinture. Longue d'une bonne nonantaine de centimètres, il concentrait tous les regards à cause de sa garde massivement dorée et minutieusement ouvragée en forme de forme de dragon.

Passant devant les corps, elle dédaigna royalement tous les autres puis quand elle fut au niveau de Loth, elle joignit son index et son majeur droit et sans pudeur aucune, les appuya directement sur la carotide du faux cadavre. Elle resta là pendant deux minutes surréalistes où toute la salle se demandait ce qu'elle était en train de faire. Des murmures commencèrent à s'élever et les plus bavards assurèrent rapidement qu'elle était sans doute une amante de Loth en plein déni. Cette version fut acceptée et se propagea à la vitesse de la lumière. Donc au lieu de susciter l'indignation pour son geste osé, Savage Opress déclencha plutôt des élans de sympathies et quand enfin elle s'en alla, sur le chemin on hocha gravement la tête en signe de compréhension. Ne les calculant pas davantage, elle sortit de la chapelle sous les yeux ronds de Midnight et des autres Parapluies qui n'arrivaient pas vraiment à croire ce dont ils avaient été témoins.

________________________________________

- Hey ! Je pensais que vous "n'aviez pas pu vous libérer de vos obligations" ? lança Nekonome en alpaguant Savage Opress à la sortie de la chapelle ardente.

- Pas si fort, Fringe, les gens vont nous regarder, intervint Queen qui jetait des regards à la foule qui sortait de l'église. Cela dit, elle n'a pas tort, on nous avait dit que vous ne seriez pas là.

- Et alors ya ? fit sèchement Savage Opress. Je me suis libérée, me voici ya. Commandante ya, l'invitation de sa Majesté m'a été transmise ya.

- Nous sommes heureux de vous compter parmi nous, répondit Midnight qui avait envie de sauter sur elle et de l'arrêter immédiatement parce qu'après ce qu'elle venait de voir, le doute n'était plus permis. Si je puis me permettre, qu'était-ce ce geste devant tout le monde ?

- Celui où vous avez pris le pouls de Loth Reich, précisa Dickson qui se montrait aussi intéressé par la femme masquée. Était-ce un geste de déni ? Étiez-vous si proche de lui ou comme l'affirmait la rumeur, euh... une amante éplorée ?

- Je vérifiais l'effectivité de sa mort.

- Oui ça on a compris, fit impatiemment Queen. Pourquoi ?

- Parce qu'on me l'a demandé, répondit-elle en sortant une vieille photographie.

Dessus, on voyait clairement un Loth souriant dans ce qui ressemblait à une volière. Un aigle était perché sur une de ses épaules et sur l'autre épaule était adossée la tête d'une personne que Savage Opress dissimula avec son pouce.

- Amante éplorée, disiez-vous ya ? Vous n'en êtes pas loin, mais il ne s'agit pas de moi, je n'avais jamais entendu parler de cet homme ya. Mais cette femme sur la photo ya, qui est au passage un haut dignitaire du Taldor, pleure sa mort. Pour être tout à fait franche, c'est à cause d'elle que j'ai été soustraite de ma mission pour venir ici. Elle voulait que je confirme moi même sa mort, d'où mon geste et si cela s'avérait véridique de faire payer ses meurtriers ya.

- Ne pouvons nous pas connaître l’identité de cette femme ? demanda Midnight qui trouvait l'excuse trop facile.

- Non, elle ne souhaite pas ébruiter cette liaison. Et de toute manière, ça n'a rien à voir dans notre présent ici, ce qui devrait nous intéresser, c'est la suite. La lettre parlait d'une piste de Reich. Qu'est-ce c'est ?

- C'est vrai que vous ne nous en avez pas touché mot de cette piste. Quand est-ce qu'on va se mettre en branle pour se faire Lavoisier ? demanda Fringe avec animosité en regardant Midnight droit dans les yeux.

- Après l'enterrement, lui répondit-elle avec dédain. Après les enterrements, vous saurez tout. En attendant, ces voitures vont nous amener sur la place de la nation.

________________________________________

Comme le pensait l'Abeille de Minuit, le rassemblement place de la nation donna lieu à un grand moment d'unité nationale. Dans la bise mordante du printemps, cent milles personnes agglutinées avaient bu chaque parole du grand discours de Maximilian Nordin qui dura près d'une heure. A la fin, on l'applaudit si fort qu'on aurait dit qu'un cuirassé fait feu non loin. Ensuite, on laissa place aux cérémonies militaires en hommage au marine. Midnight les présida, le visage grave. Des coups canons furent tirés pour saluer la levée des corps des militaires dont les cercueils étaient drapés de l'emblème de la marine.
Place fut laissée ensuite à de différentes troupes folkloriques qui dansèrent et chantèrent à la gloire de Boréa. Les funérailles semblaient être un moment de joie dans ce pays, expérimenta Midnight qui voulait voir cette commémoration s'achever au plus vite pour tailler dans le vif du sujet. Imperceptiblement, elle dévisagea chacun des Parapluies présents. L'un d'entre eux était le Cafard et pour l'instant, tous étaient suspects, tous avaient faits des trucs suspects...
Vers quatorze heures, les différentes cérémonies prirent fin et les corps furent levés une dernière fois. Les familles des civils souhaitèrent enterrer leurs proches dans l'intimité tandis que les marines seraient expédiés par navire dans leurs pays respectifs. Ne restait plus que Loth...

- On l'accompagne à sa dernière demeure non ? suggéra Samory Queen. Il n'a personne apparemment.

- Oui, nous sommes là pour ça, fit Nekonome.

- Non, toi tu es là pour l'argent, marmonna Midnight de manière tout à fait audible.

- Ne recommencez pas Commandante, intervint le roi qui était resté lui aussi.

- Sérieux, vous ne pouvez pas lui foutre la paix ? murmura Queen en prenant la Commandante en aparté.

- Impossible, elle me sort par les trous de ver...

Le corps de Loth fut transporté au cimetière de Lavallière. Le Parapluie, Midnight et le roi accompagnèrent sa dépouille jusqu'à sa tombe marbrée. Chemin faisant, Maximilian s'intéressa fortement à Savage Opress, du moins, à son Wakizashi à la garde stylisée et dorée.

- C'est de l'or pur ?

- Ya, Majesté.

- Sublime... Je peux le prendre en main ? Enfin, ce n'est pas le moment, mais ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de voir une des œuvres du grand forgeron Daisuké Homomura. Celui là c'est son deuxième, murmura-t-il fasciné. Il a été forgé dans la lave du mont Habichi durant sa dernière grande éruption en 1295. Et Homomura l'a nommé Ryū no Nageki, entendez "Les lamentations du Dragon".

- Vous êtes un collectionneur de lames votre Majesté ?

- Oui, elles me fascinent depuis tout petit. Enfin, surtout leurs histoires. Comment êtes-vous entrée en possession d'une lame si rare ? J'avais entendu dire qu'elle était la propriété de la famille du Sultan du Taldor.

- C'est un cadeau du Sultan pour services rendus au pays. Et puis, ne vous extasiez pas trop sur ceci, dit-elle en brandissant le Ryū no Nageki comme s'il s'agissait d'une babiole, c'est un faux. Une superbe copie, mais un faux quand même. Je ne promène pas avec le vrai.

- Ah bon ? Je suis choqué. Une copie dotée de la même garde en or massif que l’orignal ? Il est excellent celui qui l'a reproduite. Bon sang, je tombe des nues !

Le silence s'installa, seulement ponctué par les exclamations étouffées de Maximilian qui continua à examiner la minutie de l’œuvre du sculpteur jusqu'à l'arrivée au cimetière. On y déposa le cercueil puis on scella le caveau. Une sculpture en forme d'ange trônait à l'endroit où reposait la tête de Loth et on pouvait y lire le même épitaphe qui était inscrit sur ses gants.

- "Bien que la fleur qui était autrefois si brillante se soit évanouie à jamais, bien que rien ne puisse ramener l'heure de cette splendeur dans l'herbe..." lut Savage Opress. Pourquoi c'est incomplet ya ?

- Parce qu'il l'a voulu ainsi. Ses dernières déclarations, aussi inachevées que son entreprise à Boréa. Il laisse le soin à la personne qui achèvera son œuvre de revenir graver le reste de la citation, que d'ailleurs je ne connais absolument pas.

- Moi non plus.

- Pas plus que moi.

- Alors je l'achèverai pour lui, fit Arsène Dickson en s'agenouillant pour toucher l'épitaphe. Où que vous soyez en ce moment Reich, je suis certain que vous m'entendez. En votre mémoire, je finirai votre travail.
Et bien que la fleur qui autrefois si brillante se soit évanouie à jamais, bien que rien ne puisse ramener l'heure de cette splendeur dans l'herbe, de cette gloire dans la fleur, n'ayons point d'affliction, mais cherchons la force dans ce qui reste après.


- Ce type est flippant... Non, c'est pire, pensa Midnight avec force. Ce type sait que Loth est en vie...

________________________________________

- Ah ouais ? il a complété mon poème ? Fascinant, je veux vraiment le rencontrer ce mec ! s'extasia Loth qui reçu aussitôt après un coup sur la tête. Aïe !

- Mangez ! Ne parlez pas !

C'était le crépuscule. Quelques quatre heures s'étaient écoulées depuis l'enterrement de Loth. Conformément au plan, ce dernier fut extrait du caveau moins de dix minutes après par les Harpies Illusion et Time. Durant les trois heures qui suivirent, les drôles de Dames s'évertuèrent à ranimer le corps du binoclard. Ce fut plus aisé que ce qu'elles redoutèrent, Loth répondit bien à l'injection d'atropine. On l'enveloppa dans une couverture chauffante intégrée de heat dial qui lui rendit sa température normale. Mais il demeurait très faible et pour regagner des forces, on le forçait à manger depuis trente minutes.

- La TTX ne m'a pas tué, c'est votre nourriture qui va me tuer, Illusion. Il faut que je sache ce qui s'est passé. Quoi ? Ils se sont tous agenouillés en me tenant le bras ?

- Oui et Dickson a initié le mouvement. Autant que je pusse en juger, ils étaient tous en position de prendre ton pouls. Mais celui qui m'inquiète vraiment c'est Dickson. Il a un truc ce mec, je sens qu'il sait que tu es en vie. T'aurais dû l'entendre au cimetière : "Où que vous soyez en ce moment Reich, je suis certain que vous m'entendez. En votre mémoire, je finirai votre travail. "

- Si je puis me permettre Madame, c'est une formule souvent employée pour s'adresser aux défunts. Il n'y a rien de suspect dans cette formulation, intervint Time qui, comme toujours, regardait sa montre.

- Je sais, Time. Mais lui, je vous dit, il a un truc...

- S'il se doute que je suis en vie, ça ne peut qu'être intéressant pour la suite. Ça signifierait que son surnom est vraiment mérité et si c'est lui le Cafard, alors, ce sera un adversaire des plus retords. Un orgasme intellectuel en perspective donc. Lequel a proposé de m'accompagner au cimetière au fait ?

- Samory Queen, le CP5. Ah oui, j'allais oublier, y a eu la totale aussi...

Loth faillit s'étouffer avec son gigot de daim. Savage Opress ? Qu'est-ce qu'elle faisait là ? se demanda-t-il. Avada Kedavra aurait-elle échoué ? Nan, impossible, ce type, enfin cette femme, peu importe, cet androgyne était ce qui se faisait de mieux en létalité dans le coin... Elle devait s'occuper d'elle...
Mais aussi qu'apparut le désarroi interne de Loth, il disparut en même temps. Il avait compris de quoi il en retournait et fut intensément satisfait. Mais aussi soudainement qu'apparut la satisfaction, elle fut aussitôt remplacée par la stupéfaction et de nouveau, il faillit s'étouffer.

- Elle a vérifié mon pouls ? Ils ont quoi tous à vérifier mon pouls ? Directement à la carotide en plus ? Si elle était le Cafard, elle aurait agit avec plus de subtilité, ne croyez vous pas ?

- Je n'ai pas fini... fit Midnight avec un sourire sarcastique. Et elle lui raconta l'histoire de la photo et Loth s'esclaffa. Tu confirmes son histoire ? Qui est cette femme ?

- Oui, oui, je confirme à fond. Bon sang, j'avais oublié qu'elle était si entreprenante. Quand vous avez mentionné le Taldor, j'ai ris sous cape en pensant à elle mais je n'ai pas imaginé qu'elle aurait pu mandater Savage Opress pour vérifier ma mort. Hahahaha !

- Qui est-elle donc ?

- Vous ne le saurez pas plus de ma bouche que celle de Savage. Elle veut garder son identité secrète et moi aussi. Je confirme la photo, je confirme les allégations d'Opress, c'est tout, répondit-il en rigolant. Et ne faites pas cette tête, je vais finir par croire que vous êtes jalouse...

- Que je sois damnée si ça devait arriver, répondit-elle avec mépris. Quoiqu'il en soit, voilà où nous en sommes, aucun d'entre eux ne se démarque vraiment du lot, ils peuvent tous être le Cafard. Je leur ai dit qu'à 21h30, le roi et moi viendront leur exposer le filon que tu aurais prétendument trouvé.

- Et le plan pourra se mettre en branle. Cool. Sinon, et Carotte ? Ça fait une semaine qu'elle a disparu avec le Dr Line Coca. Que donne sa politique de la carotte et du bâton ?

- Line Coca a résisté pendant une semaine. Rien que pour ça, j'ai eu envie de la libérer. Mais tout le monde ayant sa limite, elle a parlé tôt ce matin. Elle a donné le nom de celui qui l'a payé pour t'éliminer : Tom Dippet.

- Et c'est qui ?

- "C'était qui" serait plus approprié. Il est mort le lendemain de votre "mort". Son corps a été retrouvé par la Police de Fer, vous savez, l'unité spéciale qui protège le Winterblade, le train des neiges. Durant un arrêt au cœur de la campagne Boréaline, un agent a aperçu une main qui dépassait de la glace. Il a été exécuté, du plomb dans la tête.

- Lavoisier l'a effacé.

- Sûrement. Le souci c'est qu'il était sans emploi depuis cinq ans, vivant d'aide sociale. Sans famille connue, résidant dans un logement social dans les tréfonds de Lavallière. C'était le mec parfait à éliminer, la piste ne donne rien du tout.

- Fais chier ce Lavoisier...

- Maintenant que vous avez bien papoté, dit Illusion d'une voix réprobatrice, un bain bien chaud vous attend. Un bain médical. J'ai ajouté des essences dans l'eau pour faciliter l'élimination définitive de la TTX. Allez-y !

C'était un ordre de docteur qui ne souffrait d'aucune réplique. Faisant un mince signe de la tête à Midnight, Loth se leva et entreprit de se débarrasser de son épais manteau. Quand il voulu enlever sa montre (et là, il se demanda pourquoi on avait mis une montre au poignet d'un cadavre) il aperçut un tout petit point rougeâtre à la base de sa paume gauche. Le point faisait la taille d'un grain de sable ou...

- Illusion, m'avez-vous fait une injection à la base du poignet ? demanda-t-il en lui montrant la tâche.

- C'est quoi ça... Non, je vous ai perfusé sur l'avant-bras droit. Mais c'est indiscutablement la trace d'une piqure. Par le diamètre, je devine que c'est aiguille de calibre 31, d'une longueur de 8mm. Exactement, le genre qu'on trouve dans les seringues destinées aux kits de prélèvement rapides. En plus la piqure est sur une veine donc...

- Quelqu'un a prélevé mon sang ? Qui ? Et pour faire quoi ? demanda-t-il, alarmé.

- Me demandez pas ça, je ne sais pas où vous avez trainé moi. Ça date de moins de 24h en tout cas.

- Il était dans le coma, Illusion, il n'a trainé nulle part. Donne moi ta main que je vois ça. Oh non... fit-elle en se souvenant.

- Quoi ?

- Tu te souviens que je t'ai dit que Dickson et les autres se sont agenouillés tout en te tenant par les mains ? Ça leur donnait une position confortable pour prendre ton pouls mais en fait, l'un d'entre eux aurait pu, non, l'un d'entre eux en a profité pour recueillir un peu de ton sang ! Et il aurait pu le faire sans que je ne m'en aperçoive.

- Putain... Cette histoire prend des tournures que je n'aurais jamais escomptées. Que peut-on faire avec mon sang, Dr ? Déterminer que je suis en vie ?

- C'est possible en effet mais sur vous ça ne marchera pas. Votre sang s'était aussi épaissi que celui d'un cadavre normal. Mais celui qui l'a prélevé pourrait aisément détecter la trace de la TTX dedans, c'est certain. Et par là conclure que vous été tué empoisonné ce qui entre en contradiction à la version officielle de décès des suites de blessures par balles, soit il devine directement le pot aux roses.

- C'est Dickson, marmonna Midnight. C'est lui qui s'est agenouillé en premier et je te disais que j'étais certaine qu'il savait que tu étais vivant. Tu vois ?

- Ne tirons pas de conclusions hâtives, répondit Loth qui se frotta les yeux. Arsène Dickson, Lionella Fringe, Samory Queen, l'un de ces trois là a prélevé mon sang et saura probablement après l'avoir analysé que je suis en vie. Si celui qui a pioché mon sang est le Cafard alors, nous sommes très mal. Le cas échéant, il pourrait tout aussi le découvrir et saboter le plan intégral en révélant la supercherie.

- Dans tous les cas, on a l'air bien foutu hein. Que fait-on ?

- Nous n'avons d'autres options que de continuer. Rendez vous à leur hôtel avec le roi et poursuivons notre plan comme de rien en était. Moi, je vais réfléchir à des contremesures, répondit-il en s'éloignant.

Il redressa ses lunettes de son majeur et sourit dans la pénombre du couloir qui le menait à la salle de bain. C'était parfait, l'histoire allait en se compliquant, ses adversaires jouaient des coups qu'il n'avait pas prévu, c'était le pied total pour lui. Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour vivre de telles aventures plus souvent ! Mais d'ors-et-déjà, il devait prendre des mesures, il devait en savoir plus sur ses adversaires. Midnight ne lui avait donné que la version officielle et très expurgée de la marine. Ce qu'il désirait c'étaient les informations de l'ombre et pour ça, il savait exactement à qui en référer.
Il était temps que cette vieille fouine de Denavellion reprenne du service.


Dernière édition par Loth Reich le Sam 31 Oct 2015 - 23:15, édité 1 fois
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Dim 25 Oct 2015 - 20:50

 
 
- Messieurs, et mesdames, je vais avoir besoin de toute votre attention, dit Midnight qui commençait entretenir le Parapluie sur le filon posthume laissé par Loth pour en finir avec Ashura. Après la mort de Marie-Curie en début d'année, Loth récupéra un certain nombre de ses possessions dont ce journal, fit-elle en leur montrant un épais livre rosé constellé de cœurs et de paillettes.

Le journal était tout ce qu'il y avait de plus véridique, il avait réellement appartenu à la génocidaire. Midnight le remit à Dickson, celui qu'elle soupçonnait le plus d'être le Cafard. Ce dernier prit le journal entre ses mains, feuilleta distraitement quelques pages puis le remit à Savage Opress à sa droite. Ainsi, il passa de mains en mains, ce que désirait Loth. Il fallait que le Cafard sache qu'ils disposaient d'une source fiable d'information.

- Même si l'omerta est la règle d'or d'Ashura, Marie-Curie fort de son égocentrisme est passée outre. Pendant ses longues années au service du Réseau, elle a fait une enquête minutieuse dont elle a consigné certaines bribes dans ce journal. Ces informations nous ont permis d'attaquer et de défaire la flotte du Réseau. Opération dans laquelle son commandant et N°3 du Réseau, Benjamin Levasseur alias la Braise, un pirate autrefois primé à 25 millions de Berry a trouvé la mort. Le journal intime permit aussi à Reich d'entreprendre biens d'autres actions contre Ashura.

- Et ce journal, dit Fringe qui le brandit comme un livre saint, ne contient aucune référence à Lavoisier ? Ni à aucune des autres têtes du réseau ? Si Levasseur était le N°3 ? Qui est le N°2 ?

- Lavoisier est le N°1, le N°2 répond au nom de code de Zéro et le N°4 à celui du Cafard. Marie-Curie spécifie noir sur blanc, enfin, rose sur blanc puisqu'elle écrit dans cette couleur, qu'elle connait les identités de tous et qu'elle les a consignés ailleurs.

- Où ça ? demanda Savage Opress.

- A un individu, un homme. Son compagnon. Et cet homme est aujourd'hui, notre pire cauchemar, répondit Maximilian, le visage grave. Pire cauchemar dans le sens où la mort de sa compagne l'a totalement ébranlé et rendu fou. Avant de mourir, Loth Reich a eu quelques contacts escargophoniques avec cet homme. Il en veut autant à nous qu'au Réseau, il en voulait à mort à Reich. Et c'est sur ce cas qu'il bossait quand il a été tué. Il travaillait à comment capturer cet homme qui pour nous, vous comprenez, est le messie du renseignement que nous désirons tous. Nous le trouvons, nous aurons Ashura servi sur un plateau avec des couverts en or.

- Mais ça, c'est ça la partie reluisante du plan. Comme l'a dit sa Majesté, cet homme a pété les plombs et en veut à Boréa toute entière. Cet escargophone jetable, dit-elle en déposant sur la table basse vitrée un escargophone tout rouge, a été livré à mon intention à la base des Marines aujourd'hui pendant que nous étions occupés avec les cérémonies funéraires. Il était accompagné de cette lettre. Vous y trouverez pourquoi je ne vous ai pas directement parlé de l'affaire après l'enterrement.

La lettre écrite sur une feuille volante passa de mains en mains. Elle était très courte, écrite avec des lettres coupées de journaux.


- "Votre enfer commencera à 21h45" ? lut Savage.

- Il est 21h43. On va bientôt savoir. Tiens intéressant, marmonna Queen qui frotta la lettre. Une matière cristalline est collée dessus, dit-il en frottant son index et son pouce avant de porter la matière sur la langue.

- Hé, ça peut être du poison !

- Non, c'est du sel, répondit le Cipher Pol en claquant de la langue.

- Du sel ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Qu'il a pleuré en rédigeant la lettre, votre Majesté. Le froid aura gelé et cristallisé ses larmes, répondit Dickson concentré sur son bouton de manchette.

Et même quand l'escargophone écarlate se mit à brailler, il ne lui porta la moindre attention alors que tous les autres sursautèrent. A l’exception de Savage Opress qui resta de marbre. Midnight décrocha après avoir échangé un rapide coup d’œil avec le roi.

- Allô ? Je suis...

- Ye sais qui 'ou z'êtes petite abeille.

- Et vous, vous êtes ?

- Vot' pi' cauch'mar !

- N'empêche que vous avez un nom, monsieur ? intervint Samory Queen sous les yeux écarquillés de Midnight qui voulait dire «Qu’est-ce que vous foutez ?»

- Qui a pa'lé ? Z'êtes combien ?!

- Juste un subordonné, monsieur. Parlez juste à moi. Cela dit, il me faut un nom...

- App'lez-moi, Moloch.

- Très bien Moloch. Que désirez-vous ?

- Vou voi' souffi' ! Comme y'ai souffe't quand Ma'ie est mo'te. Dans une quinze minutes, au cent' des a'ts de Bo'ea... BOOOUUM ! Cadeau de Ma'ie ! HAHAHAHAHA !

- Hein ? Attendez Moloch ! Bordel, il a raccroché !

- Qu'est-ce qu'il vient dire ? J'ai pas compris son patois. Il avalait les "r".

- "Vous voir souffrir comme j'ai souffert quand Marie est morte. Dans trente minutes, au centre des arts de Boréa... BOOOUUM ! Cadeau de Marie !" décrypta Maximilian horrifié. Il a placé une bombe au centre arts, ma parole !

- Une bombe qui va exploser dans 15 min ya ? répéta Savage alors que Midnight mettait déjà en alerte la base des marines et toutes les forces de l'ordre.

- Mais c'est à plus de 20 minutes de galop d'ici ! s'alarma le roi. Nous n'arriverons jamais à temps, en plus le centre doit être bondée à une telle heure, y a des dizaines de spectacles culturels dès le début du printemps ! Mon dieu, mon dieu !

- 20 min au galop, cinq à tire d'ailes ! marmonna Midnight qui prit son apparence hybride à la stupéfaction générale. Je peux voler avec une personne sans grand impact sur ma vitesse. Je prends Queen, les autres, des chevaux vous attendent dehors.

________________________________________

Accroché à une patte d'une abeille hybride géante, balloté dans tous les sens, le voyage ne fut pas de première classe pour Samory Queen qui regarda les paysages nocturnes défiler rapidement sous lui. Le chauffage était au point et très agréable dans les suites de la Banquise, aussi n'avait-il pas porté de manteau à l'intérieur. Pas plus à l'extérieur face à l'urgence de la situation et maintenant il le regrettait amèrement. Ses extrémités étaient gelées sous la morsure du froid. Heureusement, le vol fut court. Midnight plongea vertigineusement en piqué une fois le centre des arts en vue.
C'était un édifice souterrain à plafond ouvert recouvert par un dôme transparent.

Un petit chaos s'installait déjà quand ils touchèrent le sol. Les marines les plus proches faisaient évacuer les gens en hurlant à tout le monde de rester calme mais après les évènements de la semaine passée et les funérailles nationales du matin même, certains courraient et s'affolaient menaçant de contaminer les autres.

- Sergent au rapport, Commandante ! Il y a près de milles personnes dans les galeries et à peu près trente sorties. Nous tâchons d'évacuer tout le monde. Le centre s'étale sur deux milles mètres carrés, nous ne savons pas où chercher... Nous avons dégoté un plan, voilà, tenez.

- Marie-Curie était une génocidaire spécialisée dans la chimie des gaz, dit Samory Queen. Je l'ai traquée, jadis. Il faut voir la situation du point de vue de ce malade. Il veut se venger au nom de sa compagne. Il utiliserait donc des moyens semblables aux siens.

- Donc, les conduits et bouches d'aérations ! S'il veut gazer la foule, c'est le meilleur moyen de diffusion possible. Y en a... putain, ils sont nombreux... On se disperse les gars, et ne tirez pas pour tuer si vous trouver un suspect. C'est une priorité absolue que de le prendre vivant. ABSOLUE ! Go go go !

Ils s'éparpillèrent dans les galeries pendant que d'autres faisaient sortir les civils. Pendant sept minutes haletantes, ils ne trouvèrent rien et se préparèrent au pire quand un marine hurla dans son mégaphone : « Trouvé ! Second sous-sol, Aile A, Secteur 15, Bloc 2 ! ». Les démineurs qui étaient arrivés quelques secondes plus tôt se ruèrent sur place en même temps que Midnight qui arpentait auparavant les conduits d'aération en mode complet. Au bloc 2, ils trouvèrent une énorme bonbonne de gaz reliée par un tuyau à un des conduits qui ventilait l'air dans l'immense espace.  

- C'est du Zion 42, murmura le chef démineur. Un gaz mortel... Aucun dispositif de mise à feu à part la minuterie... Travail rudimentaire... continua-t-il à marmonna quand il s'arma de sa pince.

En un claquement sec, il coupa le fil maître du minuteur qui se figea. Il restait alors neuf secondes au décompte. Il eut un moment d'attente, puis les cris de soulagement résonnèrent. On se congratula, on se prit dans les bras, on sourit. Midnight, elle, scrutait les alentours immédiat à la recherche de preuves quand arrivèrent les autres Parapluies, essoufflés pour la plus part.

- C'est gentil de vous joindre à nous...

- Le roi voulait venir mais son service de sécurité l'en a empêché, expliqua Fringe alors que la Commandante ne lui accordait pas plus d'attention qu'à la plante dans le pot à côté.

- Magnifique cet endroit, s'extasia Dickson. Comment on peut vouloir polluer un aussi beau lieu ? Regardez cette exposition, fit-il en s'adressant à Savage.

- Je ne rêve pas, Dickson, ce sont des corps humains ? intervint à haute voix Lionella Fringe. Waaahou ! s'extasia-t-elle.

- "Wahou" ? J'aurais plutôt dit "Beurk".

- C'est une exposition d'anatomie où les corps humains momifiés sont montrés sous de différentes coutures au public. Écorchés, tranchés en séquences, disséqués...

- Vous voulez bien vous concentrer et chercher des preuves, messieurs et mesdames ? beugla Midnight. Nous sommes sur une scène de crime là !

- Donc, ce sont des cadavres ya, répéta Savage Opress qui regardait fixement devant elle.

- Ouais, c'est le principe...

- Donc ya, dit-elle comme s'il elle parlait d'un banal fait, ce n'est pas normal qu'un d'entre eux me regarde et cligne des yeux depuis minutes ?

Sa question sembla pétrifier la quarantaine de personnes, toutes membres des forces de l'ordre, agglutinés autour de la bombe et dans ses environs. Avant que quiconque ne puisse réagir, la lumière s’éteignit plongeant la vaste salle dans les ténèbres. Faisant fi de l'obscurité totale, Savage Opress empoigna son arme de poing et mitrailla la zone.  

- Arretez ! Arrêtez ! STOOOOOOOOOP ! vociféra Midnight au dessus du vacarme. STOOOOOOOOOOOP ! Sur quoi vous tirez putain ! On doit prendre Moloch vivant. VIVANT !

- Ya, ya, ya, ça vous avancera à quoi de le prendre vivant s'il commet un autre massacre maintenant qu'il a filé ? répliqua Savage dans la pénombre. Puis la lumière revint faiblement sous la forme de plusieurs lampes de poche de marines allumées.

- Non mais vous êtes folle ! cria Nekonome à son tour. Vous pouvez nous dire ce que vous y voyiez dans ces ténèbres pour tirer ? Vous auriez pu blesser quelqu'un !

- Pour votre information ya, tirer à l'arme à feu crée de la lumière sous forme des étincelles produites par la chambre de mise à feu. Ya, je n'avais pas besoin de plus pour viser.

- Vivant, Opress, je ne le répéterai pas, où à un prochain geste de ce genre, je veillerai à ce que vous ne soyez plus sur l'enquête, répliqua Midnight. Vous êtes tous là à titre de consultation et certains sont même payés pour ça, alors pas d'initiative unilatérale. Mon enquête, mes règles ! J'espère que c'est clair !
Et vous autres, trouvez le générateur et voyez ce qu'il a trafiqué, je veux de la lumière et que ça saute !
ordonna-t-elle à ses hommes qui se dispersèrent non sans mal.

- D'ailleurs, depuis quand êtes-vous adeptes des armes à feu ? s'enquit Nekonome.

- Avons-nous élevé les brebis de Tanuki ensemble, mademoiselle Fringe, ya ? répondit sèchement Savage.

- Non... non, maugréa Nekonome qui semblait très surprise, déconcertée voir même blessée par cette réponse agressive. J'aurais juste pensé qu'avec tous les katanas et wakizashi qui ornent votre ceinture, vous seriez une sorte de samurai.  

- D'ailleurs, j'ai remarqué vous ne portiez pas votre Wakizashi "fétiche", le Ryū no Nageki qui a tant émerveillé le roi Maximilian.

- Je l'ai perdu, je ne l'ai pas retrouvé ce matin dans ma chambre. Sûrement un des garçons d’hôtel me l'aura piqué.

- Et vous ne l'avez pas signalé ? Cet œuvre d'art qui vous a été offert, selon vos propres dires, par le Sultan du Taldor lui-même pour service rendu ? s'indigna Midnight dans les ténèbres.

- Ce n'était qu'une copie, je l'avais dit à Nordin. Ya, je n'ai pas l'habitude de créer un scandale pour des faux, grand bien fasse à celui qui me l'a dérobé. J'ai des missions plus importantes à remplir ici.  

- Quelqu'un d'autre a perdu des affaires ?

- Pas moi.

- Non plus.

...

- Queen ? Samory ? Ou diable est-il passé ?! demanda Midnight en constatant la disparition de l'agent du Cipher Pol.

- Il a couru après Moloch, répondit tranquillement Dickson qui recommença à s'intéresser aux cadavres.

- QUOI ? Vous vous foutez de nous ?! Pourquoi ne l'avoir pas dit plutôt ?

- Ça n'aurait servi à rien, ils étaient partis avant même que Savage n'arrête de tirer. Certains ont la capacité de bien se déplacer dans le noir. Comme ce puma disséqué par exemple. Magnifique travail !

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Je m'éclatais comme un enfant. A vive allure dans les dédales sombres du Centre, je me déplaçais. Ma longue cape noire voletait avec violence autour de moi en des claquements secs. Bien qu'éteinte, j'avais une source de lumière sur moi mais il aurait été inutile de l'utiliser, ma mémoire eidétique aidant, je connaissais les plans du Centre par cœur. Me faire passer pour Moloch l'amant fou à l'escargophone m'avait donné une grosse sensation d'action. Enfin, j'entrais directement en contact avec les suspects !
La suite avait été prévue d'avance, je devais installer dans le Centre une bouteille de gaz récupérée avec l’Élite. Aucun pan de l'opération n'avait été laissé au hasard, on faisait tout pour convaincre les parties du sérieux de "Moloch". Aussi, mortel était le gaz, fonctionnel était le mécanisme de mise à feu. Tout avait été soigneusement chronométré par Time pour ne laisser place à aucune improvisation, aussi était-il quasiment sûr que les Marines auraient trouvé et désamorcé la bonbonne avant qu'elle n'empoisonne les civils présents.

La partie qui était sujette à l’improvisation (et qui aurait donné de l'urticaire à Time) était celle qui se déroulait actuellement. Dans les plans, j'aurais dû quitter les lieux avant l'arrivée de la cavalerie pour éviter tout risque de confrontation mais voilà, j'étais trop curieux de les voir en action pour résister à la tentation. J'avais unilatéralement amandé le plan général en y incorporant cette nouvelle donne. Ce qui m'avait conduit à installer un dispositif qui ferait sauter le générateur quand je serai découvert. Les ténèbres étaient essentielles à ma fuite et à mon camouflage. Je possédais un physique atypique et en tant que long-bras et malgré des manches super amples, il y avait des chances que je sois vite mis à nu. Les long-bras étaient rares dans ce pays et sûrement étais-je le seul présent. Les Parapluies auraient donc vite-fait de se dire que le mort n'était pas mort. Et pour dissimuler mon visage, j'avais un masque de carnaval. Mais voilà, ma fuite n'avait pas été aussi simple que je l'avais escomptée. Un des Parapluies me suivait.

- Te voilà dans un cul de sac ! dit victorieusement Samory Queen d'une voix essoufflée.

Sur son front, une de ces lampes de mineurs juste assez puissante pour jeter une vague lumière diffuse. Pas assez pour scruter les détails de mon apparence, puis de doute façon, j'étais attifé dans un épais manteau aux manches pendantes, mes bras serrés contre mon corps.

- Et alo's ?

- Et alors, tu es coincé vil chanteur ! Ta route s'achève ici !

- A l'ai' p'essé d'en fini' avec moi ! Pa'ce que tu es l'cafa'd ?  tentai-je de l'accent rugueux que j'employais.

- Désolé, je ne comprends pas ton baragouinage de primitif. Meurs !

Il leva son pied et dès que son membre quitta le sol, je fusai. Le laisser déclencher son Rankyaku et risquer de faire taillader une partie de ma cape qui révélerait mes bras à trois articulations ? Non. Mon coup de pied balayé trouva opposition sur son tibia. De l'autre pied, il essaya de réitérer la vague tranchante et là aussi, je le contrai dans l’œuf grâce à un autre coup de pied à ras de sol. D'un puissant coup dans l'air, Samory Queen s’éleva, s'éleva encore, me surplomba de sa silhouette puis descendit en piqué son index tendu en avant.

- Shigan !

D'une roulette sur le sol, j'esquivai son attaque. Son doigt se figea dans le sol carrelé qu'il perfora aussi facilement que s'il avait été en beurre. A quatre pattes, je me tassai contre le mur de fond du cul de sac. Mon adversaire se sentait en confiance, il était fier et c'est ce que je voulais déclencher en lui.

- Misérable petit sot. Tu pensais que tu pouvais faire chanter des agents de haut niveau impunément ? Jouer aux corbeaux n'est pas donné, surtout si tu n'as pas d'aile ! Midnight te veut vivant pour son enquête mais les énergumènes comme doit, qui se sentent supérieurs alors qu'ils sont moins que des vermines, je ne peux pas les saquer ! Je vais te casser un à un tous les os jusqu'à ce que tu demandes grâce ! Et en grand seigneur, je tordrai ton petit coup de merdeux !

- Hahaha, t'y a l'ai' de vouloi' ma mort hein ? T'es d'Ashu'a, n'est-ce pas ?

- En plus d’être infecte, tu es stupide ? C'est à toi que Marie-Curie a donné tous les noms, non ? Si je suis d'Ashura, tu devrais le savoir mon pote, répondit-il d'une voix maligne.

- Ma'ie m'a seul'ment donné des noms. Pas des photos et toi, ye connais pas ton nom.

- Et tu ne le connaitras jamais parce que les morts ont toutes les réponses ! Rankyaku !

Dommage, il était un peu futé. Je pensais qu'en le laissant avoir le dessus, il se serait tellement montré en confiance qu'il aurait lâché un truc compromettant. Parce que ma ruse n'avait pas fonctionné, parce que j'avais besoin de fuir, je le laissai déclencher son attaque. Je l'esquivai ensuite et l'onde acérée frappa la partie du mur qui servait de culot et l'entailla profondément. J'inspirai de toute ma capacité pulmonaire car la suite était écrite, je n'avais pas déboulé dans cette impasse par hasard, c'était ma porte de sortie. Derrière le culot se trouvait le bassin aquatique du Centre, un véritable monstre de retenue d'eau pour près de 25 000 m3 de volume de flotte. Autant dire que le bruit fut assourdissant et que par l'entaille faite par le Rankyaku se déversa un véritable torrent qui nous happa tous les deux. L'eau dévala les couloirs à vive allure et nous avec. Mon échappatoire final se trouvait trois virages plus loin, l'eau faiblira assez pour que je puisse prendra la tangente.
Queen ? Aucune idée. Soit il s'était extirpé de l'élément liquide à l'aide de son Geppou, soit il était balloté comme une poupée de chiffon et finirait surement sa course dans le parc zoologique au milieu des manchots empereurs.  

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Pendant que Dickson s'émerveillait devant les dissections, les autres cherchaient des preuves à l'endroit où le bomber s'était dissimulé. Le courant n'était toujours pas revenu. Suivant la course du criminel, ils virent qu'il s'était échappé à travers une issue de secours et qu'en ce faisant, il s'était accroché au cadavre disséqué d'un ours blanc. Les griffes de l'ursidé avaient retenu un bout de tissu noirâtre aussi grand qu'une paume de main. Sur l'étoffe était peint une partie d'un motif multicolore à dominance grise et rouge.

- C'est un chat ?

- On dirait une sorte de félin ya. Regardez ces pointues oreilles ya.

- Ce... ce n'est pas un félin, susurra Midnight qui contemplait le tissu comme si elle n'en croyait pas ses yeux. C'est plutôt un emblème représentant un masque félin.

- Ne serait-ce pas l'emblème de la toute nouvelle unité chargée de protéger le tout aussi nouveau train ? La Police de Fer ?

- Tout à fait, répondit la voie lointaine de Dickson toujours occupé avec ses dissections. Et ça tombe sous le sens. Quand Marie-Curie est tombée de la main de Reich, il a été dit dans les journaux qu'elle avait installé son laboratoire dans un des wagons du train. Qui plus est, elle y travaillait en tant que mécanicienne de bord.

- Donc celui qui a failli gazer près de mille personnes est un membre des forces de l'ordre ?

- Qu'allons nous faire, Commandante-qui-dirige-son-enquête, ya ?

- Rien, pour aujourd'hui. Les Policiers de Fer sont au nombre de cinq cents au total pour plus de deux tiers d'hommes et il n'est pas exclu qu'un autre des travailleurs du train ait eu accès à la cape qui a été accrochée là. Il est presque 23h, il fait nuit. Rejoignez vos suites, nous nous reverrons demain à la première heure. En attendant, je vais réfléchir sur la marche à suivre. Merci pour votre aide.

- Moi, je reste un peu ici ! Fascinante cette anatomie...

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- Ouh, c'était cooooool ! m'exclamai-je en m'étalant de tout mon long sur le canapé alors que Midnight rentrait sous les coups de minuit.

- Non mais t'es malade ? s'écria-t-elle. Le plan, c'était que tu déguerpisses avant notre arrivée ! Qu'est-ce qui t'as pris de rester dans le coin à nous épier ? Savage Opress voulait te transformer en passoire ! Et Queen t'as coincé ! Il est revenu tout mouillé en disant que tu avais filé grâce à accident d'eau !

- Haha, pour Savage ouais, j'ai grave eu chaud, là j'ai failli crever pour de bon, rigolai-je toujours sous le coup de l'adrénaline. Je devais rester, je devais les voir de mes yeux. Et ils sont très intéressants.

- Je me demande ce qui m'empêche de te tabasser ! Tu sais que ce n'est pas un jeu ? Que nous avons délibérément mis en danger des vies humaines cette nuit ?

- Avec l'accord du Roi. Mais bon, cette comédie plus vraie que nature devait être faite, vous le savez. Il fallait utiliser du vrai Zion 42. Et maintenant avec cette nouvelle piste du manteau de Police laissée, les choses vont être plus cools.

- Savage Opress, qu'en penses-tu ?

- Pas grand chose. Sauf qu’elle ne s'est pas gênée pour me canarder, dans le noir qui plus est.

- Bah justement ! Le Cafard ne devrait avoir aucun intérêt que l'amant factice de Marie-Curie soit capturé vivant. C'est un des critères qui devraient le trahir. Et c'est ce qu'elle a fait !

- Oui mais cette femme est un assassin, ne l'oubliez pas. Un membre des services secrets Taldorien. Qui plus est, elle a reçu l'ordre de ma... heu... de mon ex éplorée de venger ma mort.

- Et si l'histoire de ta copine tombait juste à pic ? Ça lui sert de bouclier tu ne penses pas ?

- Vous commencez à devenir paranoïaque à soupçonner tout le monde, Commandante. D'abord Dickson puis Savage. Mais sachez que votre ami Queen voulait aussi me faire la peau. Pas un seul instant, il n'a cherché à me capturer vivant quand nous étions face à face.

- Il a une sainte horreur des maîtres chanteurs, je suppose qu'il t'a dit ça ?

- Oui, il me l'a même hurlé. Mais dans le même registre, c'est peut-être juste excuse bien trouvée pour justifier qu'il ait tenté de me tuer. Pour protéger sa couverture. Mais bon, c'est inutile de cogiter plus en profondeur, la nuit porte conseil, on verra bien demain si l’étau se resserre autour d'un d'entre eux en particulier. Les avez-vous laissés dans la nature ou faits raccompagner à leurs suites ? Ou faits suivre carrément ?

- Aucun des trois, ils sont libres de leurs mouvements. Si je les faits filer et qu'ils s'en rendent compte, ce qui sera probablement le cas, ça va jouer en notre défaveur. Dickson est resté au centre, Savage est rentrée en marchant soit disant pour prendre de l'air et les deux autres, je l'ignore. Bonne nuit.

- Merci, je sens qu'elle va être longue...


Dernière édition par Loth Reich le Sam 31 Oct 2015 - 22:25, édité 4 fois
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Mar 27 Oct 2015 - 20:37



Loin du cimetière de Brinborian, sur une route déserte, gelée et bordée de cèdres de Boréa régulièrement espacés, une silhouette féminine se déplaçait à vive allure. Elle était l’élément inconnu, le quatrième membre des Harpies, le groupe de femmes qui orbitait autour de la Commandante Midnight. Son maintien était altier, sa grâce, féline. Sans bruit, elle bondissait de branches en branches. Le quartier de lune qui diffusait sa faible lumière argentée sur Lavallière décalquait sur son visage des ombres mouvantes et effrayantes au fur et à mesure que sa progression devenait rapide. Un sourire assassin se dessina à la commissure de ses lèvres quand elle prit un épais virage à quatre-vingt dix degrés et atterrit silencieusement dans la neige molle. Elle était dans un quartier-dortoir de Lavallière. Aussi furtive qu'une ombre, elle se planqua et colla une oreille contre le muret qui délimitait la ruelle. De l'autre côté, les personnes qu'elle filait étaient en pleine conversation.

- Sérieux, tu n'vas pas me lâcher, ya ? demanda la voix intriguée de Savage Opress.

- Bah non, on dirait que tu me fuis ! s'indigna une voix essoufflée, celle de Lionella Fringe "Nekonome". Quel est le souci ? Depuis qu'on est ici, tu me zappes, tu ne m’as pas adressé une seule fois la parole. Après le Centre des Arts, je pensais que tu allais m'attendre, mais non, t'as disparu, il a fallu que je te cours après !

- Ya, ya, ya. Je n'ai pas envie que quiconque sache pour nous. Tu devrais rester plus discrète. On peut nous surprendre, il faut faire profil bas, ya !

- Et en attendant pour notre affaire ? Bo Xilia t'a remis la thune ? Les cent millions ?

- Oui mais je ne les ais pas avec moi, ya. Je te le répète, ce n'est ni le lieu, ni le moment. Pas avec ces marines et cette commandante qui nous papillonne autour. T'es tu dis qu'elle nous a fait appel pour peut-être nous coincer ya ?

- Pfff, elle ? Elle n'est pas assez futée, elle se donne des airs. J'aimerais bien me la faire un de ces quatre, la clouer à un arbre avec mes flèches et la regarder droit dans les yeux avant de lui décocher la pointe finale. Dans le cou, pour qu'elle s'évide comme un porc.

La discussion était trop intéressante. Pressée d'en entendre plus, notre espionne s'appuya un peu trop en avant sur le muret. Un bruit sec de craquement déchira l'aube. Les briques étaient mal agencées, la structure du mur était instable et une petite pression suffit à la faire grincer. Un bruit anodin mais qui parut comme une alarme dans cette aube noire.

- Ya ! Qu'est-ce que c'est ?!

Elles contournèrent le muret, prêtes à en découdre mais ne trouvèrent sur place qu'un simple chat de gouttière fouillant dans les poubelles non loin. Dans la neige, aucune trace à part les leurs.

- Ouf, j'ai eu peur ! souffla Nekonome en débandant son arc. Juste un simple chat. Oust toi !
Regarde ça, Sav',
dit-elle ensuite en montrant à sa compère une petite capsule qui contenait un liquide cramoisi gelé.

- Est-ce... ya... du sang ?

- Celui de Loth Reich. Je l'ai prélevé durant la cérémonie.

- Ya ? Pourquoi t'a fait ça et qu'est-ce que tu comptes faire avec ya ?

- Nenenene, rigola-t-elle. Ne pose pas de questions inutiles, ma chère. Je l'ai analysé et j'ai appris énormément de choses. Des choses qui vont nous rapporter de l'or. Alors, tiens-toi prête à contacter Bo Xilia.

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Loin des deux magouilleuses, l'espionne qui les avait épiées plus tôt volait toujours de branches en branches. Elle approcha d'un ancien château transformé en forteresse armée et son sourire se fit plus large que jamais. Ne prenant pas la peine d'entrer par la porte officielle, elle voltigea dans les airs et passa en coup de vent devant le sous-officier perché dans sa tour de guet qui ne vit qu'une vague ombre. Elle s'accrocha ensuite à la rambarde d'une véranda et d'un salto, pivota dedans. La véranda donnait dans un salon meublé avec un style trop vieillot à son goût. Enfoncée dans un fauteuil rembourré près de la cheminée, la Commandante Midnight Santana sirotait un liquide ambré.

- C'est quoi que tu bois ? demanda l'espionne d'un air intéressé. C'est qu'il fait frisquet dehors.

- Naturellement vu que tu es à peine habillée ! fit Midnight en désignant son ventre nu orné d'un piercing à l'effigie de la mouette au niveau du nombril, le simple soutien-gorge bleu qui bandait son opulente poitrine et le chapeau de paille conique dont l'ombre masquait la majeure partie de son visage.

- Tu ne vas pas me soûler hein ? On n'est plus au lycée, ça suffit ! bouda-t-elle en se servant de l'alcool.

- Encore heureux, je regrette le temps où je te pliais à mes quatre volontés.

- Mais tu peux toujours essayer...

- Trêves de blabla, je ne me sens pas d'humeur belliqueuse ce soir. T'as trouvé un truc ?

- Et comment ! Écoute...

- Savage et Fringe ? répéta Midnight ahurie après le rapport de son espionne. C'est une association bien étrange !
"Bo Xilia", t'as dit ? Non, jamais entendu parler mais je vais mettre la section des renseignements sur le coup. Ce type aurait dû payer Savage 100 millions pour une affaire ?


- C'est ce que j'ai entendu. La Dance Powder tape facilement dans ces marges non ? Toutes les deux se sont rendues célèbres en écrasant des démembrements d'Ashura mais si ce n'était que des opérations destinées à intégrer le cercle des Parapluies ?

- Loth est certain qu'il n'y a qu'un seul Cafard et quand tu lis le journal de Curie, elle aussi, répondit l'Abeille en se mordillant la lèvre inférieure.

- Et alors ? L'un d'entre eux est le Cafard et je parierai sur Fringe tandis que l'autre sert sans doute d'intermédiaire. Note que Savage Opress a brulé vif les gars d'Ashura qu'elle a coffré dans son pays. Pour éliminer la concurrence et s'arroger le marché, je pense.

- Fringe, je ne l'ai jamais sentie et je rêve de la coffrer. Il nous faut plus que des preuves mais maintenant que tu t'es sabordée dans la filature, elles vont rester vigilantes, non ? s'inquiéta Midnight.

- Je surveillerai Fringe à distance. A longue distance.

- Et Loth Reich alors ? T'es censée te coller à lui comme un cataplasme sur une verrue.

- Joli. Je l'ai suivi ce soir et il n'a rien fait de travers à part rester plus longtemps au Centre des Arts.

- Et tu es certaine qu'il ne nous prépare aucun coup tordu ?

- C'est comme si tu me demandais si j'étais sûre que le soleil se lèverait à l'est demain. Bien sûr qu'il prépare quelque chose, il fomente toujours quelque chose. Mais intéressons-nous au cas de nos deux amies d'abord.

- En plus il a demandé après toi. La quatrième harpie. Legist.

- Quand il me verra, c'est de mon épée qu'il goûtera. Loth ne paie rien pour attendre.

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- Allô ? Hiahiahia, putain, j'avais torché des bougies p'toi dude ! P'quoi tu veux pas clamser ? baragouina Denavellion à l'autre bout du fil.

- Haha, Avada et toi vous vous êtes donné le mot. Dis-moi, où es tu ?

- Assez loin. Pourquoi ? Et puis, t'as visé l'heure ?

- Non. J'ai besoin d'informations. Sept millions pour toi. Trouve-moi ce que tu peux sur Lionella Fringe surnommée Nekonome.

- La chasseuse de prime ? De la BNA ?

- Ouaip, elle-même.

- Tu cherches un truc en particulier sur elle ?

- Il se trouve que grosso merdo, je joue les morts à Boréa pour capturer le Cafard, nous en avions déjà parlé. Et pendant que je comatais, quelqu'un a prélevé mon sang et j'ai la certitude que c'est elle qui l'a fait. Ce n'est pas elle le Cafard mais elle est impliquée dans un trafic que j'ai deviné ce soir en la voyant au Centre des Arts de Boréa. Donc, cherche dans ce sens, cherche ce qu'elle pourrait faire avec mon sang.

- Bah si t'as déjà une idée sur ce qu'elle traficote, dis l'moi, j'chercherai en c'sens.

- Non, tes résultats risquent d'être biaisés, autrement. C'est tout. Ciao.

Je raccrochai et me posai un instant pour réfléchir. J'avais vraiment bien fait d'attendre un peu plus au Centre des Arts pour avoir un visuel sur eux. Midnight sous-estimait un peu trop ce qu'on pouvait découvrir en constatant les faits soi-même de visu. En outre, j'avais directement pu écarter Fringe de la liste des suspects. Je me doutais de ce qu'elle faisait en parallèle de son activité de chasseuse de prime, je le sus d'un seul coup d’œil. Elle n'était pas le Cafard, mais si j'avais deviné juste à propos d'elle, je connaissais aussi son prochain mouvement et je la prendrai sur le fait, mais pour ça, il fallait attendre la nuit suivante. Sûrement. D'ici là, j'aurai les informations de Dena' pour confirmer ses suspicions.

Alors, qui restait-il dans le lot ? Arsène Dickson et Samory Queen. J'avais entraperçu le premier et il m'a semblé plutôt loufoque et tête en l'air. Exactement la serpent qu'avait décrit Midnight.
Avec Queen, j'avais eu une bonne altercation qui ne m'avait pas décidé non plus. Il semblait bien rusé et pas né de la dernière pluie pour se faire avoir facilement. C'était un Cipher Pol, il avait l'art d'effacer ses traces et s'il était blanc comme neige, ce n'était sûrement pas une surprise. Qui plus est, il avait la confiance de Midnight pour avoir été en mission avec elle. Elle baissait la garde face à ses amis, il fut le premier qu'elle amena sur les lieux de la fausse attaque au gaz. Elle l'avait déjà éliminé de sa liste de suspect. Crédule qu'elle était ! Qui plus est, il n'avait pas hésité à montrer son envie de tuer Moloch au lieu de le prendre vivant.
De lui ou Dickson, je ne savais vraiment pas mais mon intérêt pour La Truffe allait en croissant. Ce type était comme moi et intérieurement j'espérais que ce fût lui le Cafard. Ça donnerait lieu à une joute d’anthologie. Demain s'affinera le plan qui nous permettra de confondre le Cafard. Dickson ou Queen
Demain.

Savage Opress ?
Non, je ne l'oubliais aucunement. Mais depuis le début, j'étais certain qu'elle ne pouvait pas être impliquée dans Ashura. Elle n'était peut-être pas blanche et irréprochable mais, je l'eus tout de suite senti et comme j'étais joueur, je décidai de parier sur mon instinct en ordonnant l'élimination de cette pièce maîtresse. Si elle avait été le Cafard, alors toute cette opération serait tombé à l'eau sans résultat probant, mais d'une certaine manière, j'aurais tout autant réussi. Au lieu de capturer le Cafard vivant, il aurait été mort.
Mais voilà, j'étais certain qu'elle n'était pas le Cafard ! Surtout quand on m'informa qu'elle avait débarqué durant mes cérémonies funéraires. J'avais lancé le meilleur sniper des Blues sur sa trace, elle ne pouvait pas apparaître là, en bonne santé. Mais tout de suite après, il m'apparut que Savage Opress portait un masque...
Et si vous voulez avoir une dernière preuve comme quoi elle n'était pas le Cafard, alors fiez-vous à l'ombre que je sentais en ce moment dans mon dos. J'étais dans le salon de la chapelle du cimetière de Brinborian, j'aurais dû être seul et pourtant, elle était là, derrière moi. Savage Opress ou devrais-je dire...

- Le bonjour Loth.

- Comment tu vas, Avada ? Et comment as-tu trouvé cet endroit ? répondis-je sans même regarder mon interlocuteur.

- Un pied devant l'autre, on se plaint pas. Qui sait ? Et mes 15 millions ?

- Je n'ai pas 15 millions pour l'instant. Je te promets de te payer à au prochain casse. Ce sera inutile de me tuer, merci. Tu sais que je paie toujours mes dettes.
La véritable Savage, j'espère qu'elle est vivante.


- Elle aura du mal à s'en remettre. Elle devra sans douter changer de métier. Mais oui, elle est vivante. Juste ce qu'il faut.

- Merci potesse. Tu sais que tu as failli me transformer en gruyère au Centre des Arts ?

- Si j'avais voulu te plomber, j'aurais pas utilisé une automatique. Il fallait que je sois convaincante, mais j'ai peut-être orienté les soupçons de Midnight sur moi. Un peu trop.
Mon initiative de me substituer à Savage Opress t'a plu ?


- Énormément, je n'y ai pas pensé moi-même. En plus, tu l'imites parfaitement avec la manie des Taldoriens de terminer leurs phrases par des "Ya". Tu t'es dit qu'en prenant sa place, tu pourrais ainsi apprendre des trucs intéressants ?

- Ouais.

- Alors ?

- Alors, écoute bien. Fringe m'a pris la tête avec une histoire dont je ne connaissais ni les tenants, ni les aboutissants. Du coup, j'ai donné des réponses minimales, évasives pour pas me griller. Et, je t'informe qu'elle a pris ton sang et...

- Le coup du sang, je l'ai déduit tout seul et j'ai aussi une idée de l'affaire dans laquelle elle trempe avec la véritable Savage. Rien à voir avec Ashura. Par contre, ce Box Xilia dont elle t'a parlé, je ne le connais pas.

- Du coup, que va-t-on faire ?

- Toi, tu continues à lui donner des réponses vagues pour ne pas qu'elle soupçonne la supercherie. Pour Box Xilia, je vais devoir rappeler Dena'. Y a-t-il une autre chose étrange dont tu voudrais me parler ?

- Ah, j'allais oublier. Quelqu'un nous a épié quand j'étais avec Fringe et...

- Hmmm... Ça aurait pu être Midnight ou Time ou l'une autre des Harpies. Mais Midnight m'a affirmé qu'elle ne vous faisait pas suivre.

- Elle a menti.

- Et ça m'inquiète. Je me demande ce qu'elle prépare, marmonnai-je, songeur.

- Autre chose étrange. J'avais pris un wakizashi finement ouvragé à Savage, le Ryū no Nageki. On me l'a volé dans ma chambre, les autres sont au courant.

- On t'a volé une arme ? m'étranglai-je de surprise. Ooh, je n'aime pas ça du tout...

________________________________________

Le Cafard. Cette chimère après laquelle couraient Midnight et Loth s'empara de son escargophone assisté d'un autre tout blanc pour brouiller les ondes et composa un numéro, celui qui permettait à tous les membres de l'instance dirigeante d'Ashura de conférer. Après la mort de Benjamin Levasseur, ils n'étaient désormais plus que trois.

- Je t'attendais.

- Bah excuse-moi, j'étais juste occupé à me faire le plus discret possible.

- Ouais bon, ça donne quoi ? s'impatienta Lavoisier.

- Ça donne que je sens venir le coup foireux. Loth est bien mort, j'ai pris moi-même son pouls mais je suspecte Midnight de préparer quelque chose avec le roi. D'autre part, ce que je te reprochais pendant ces huit dernières années est devenu réalité ! fit le Cafard qui avait du mal à maîtriser sa colère. N'engage pas Marie-Curie, t'ai-je dit. Elle est instable et dangereuse, t'ai-je martelé ! Mais non, le Grand Lavoisier sait ce qu'il fait. Comment pourrait-t-il se tromper alors qu'il a le don d'omniscience ?! Tu seras ravi d'apprendre que ta chère protégée est directement responsable de la destruction de ta flotte et de la mort de la Braise ! Elle a consigné dans ce maudit journal intime qu'elle trimballait toujours avec elle la position de l'île du croissant ! C'est comme ça que Loth Reich a pu couler la flotte !

- ...

- Tu ne dis rien ? Bah, je vais continuer. Ouvre une bouteille, deux cent ans d'âge minimum parce que Marie t'as laissé une bombe posthume. Ton identité, la mienne, celle de Zéro et que sais-je encore, elle en a parlé à un gars, son mec ! Et ce mec -qui s'est au passage surnommé Moloch-, actuellement, est devenu fou ! Il veut notre peau à tous pour avoir laissé mourir Marie, il en veut au roi pour avoir envoyé Reich la tuer. Il a déjà tenté de gazer mille personnes. Il veut tuer le plus de gens possible pour rendre hommage à MC, puis révéler nos identités au monde pour nous pourrir la vie.

- Impossible. Marie n'avait pas de compagnon, fit le Chimiste en retrouvant sa voix.

- Pourquoi n'en aurait-elle pas eu ? Était-elle asexuée ? Hermaphrodite peut-être ? Ce sont tes petites certitudes à la noix de ce genre qui sont en train de nous mener à notre perte ! Tu as repoussé ses avances, tu t'en souviens ? Elle s'était amourachée de toi, tu l'as envoyée promener et s'occuper uniquement de son travail. Elle s'est vengée en trouvant quelqu'un et en lui racontant tout nos petits secrets !

- Surveille ton langage, tu oublies à qui tu...

- A qui je quoi ?! beugla le Cafard piqué à vif. Ne joue pas au Boss intouchable avec moi Lavoisier ou tu le regretteras ! Y a de l'eau dans le gaz, je ne sais pas si tu t'en rends compte ! Alors, surtout, ne la ramène pas parce que tout ce foutoir c'est TA faute ! Combien de fois t'ai-je conjuré de rester prudent ? Quinze ans d'impunité t'ont rendu téméraire et insouciant ! Voilà où nous en sommes ! Je vais régler ce merdier, après on en reparlera, dans le blanc de l’œil parce que ça commence à bien faire ! Toi et ta folie des grandeurs !

- Ne nous éloignons pas du sujet les garçons, dit la voix féminine de Zéro, la N°2 du Réseau qui était demeurée silencieuse jusqu'à présent. Ce copain qui déraille, ce Moloch, peut-on s'occuper de son cas ? Sait-on qui s'est ?

- Selon les premiers indices, il s'agirait d'un membre de la Police de Fer. Celle qui sécurise le train. Mais à part ça, nada, marmonna le Cafard toujours sous le coup de la colère.

- On peut faire dérailler le train ? suggéra le Boss ce qui porta au comble le ressenti du Cafard.

- Voilà ! C'est cela dont je parlais ! De l'insouciance, de l'arrogance, de la démence ! Tu veux vraiment attenter à la vie de plusieurs milliers de personnes pour en éliminer un seul dont tu ne connais même pas l'identité ?!

- Et alors ? Autant que je sombre, ils n'ont qu'à tous sombrer avec moi !

- Tu es fou ! Je ne suis peut-être pas un modèle d’honnêteté mais je ne sacrifierai surement pas des milliers pour sauver mon cul. Et si tu tentes quelque chose en ce sens, sache que Marie n'est pas la seule à s'être constituée une assurance vie. Tu restes à carreau Lav' et tu me laisses gérer ça !

- C'est une menace ? gronda le Boss.

- Parfaitement ! Tu as merdé grave et je ne suis pas prêt à plonger à cause de tes conneries !

- Et ce piège dont tu parlais ? fit Zéro, indifférente à la chicane.

- Je sens qu'ils préparent un truc et j'agirai avec prudence, pas comme notre sacrosaint "Boss", railla-t-il. Je pense aussi qu'ils -Midnight et le roi, toujours- soupçonnent l'un d'entre nous d'être le Cafard en fait. Ce serait assez logique.

- Très logique vu le nombre d'opérations que tu as déjouées en nous prévenant. Si tu as raison, cette histoire d'amant pourrait n'être qu'un vaste piège destiné à te faire faire un faux pas, tu le sais ça ?

- Oui, j'y ai pensé. Le mieux encore, serait d'avoir un bouc-émissaire sous la main si ça venait à exploser. Et j'ai le coupable parfait, ricana-t-il.

- Dans ce cas, on te souhaite bonne chance. Rien n’est éternel et il semblerait que le vent soit en train de tourner pour nous. Si le pire devait survenir, sachez que j'ai été contente de vous côtoyer tous pendant ses dernières années.

- C'est réciproque Zéro, on se serait tapé des barres et des crises de nerf.

- Ne parlez pas comme si c'était fini, vous deux ! Ashura sera éternel je vous dit ! Croyez en lui ! Croyez en moi ! cria-t-il avec de sa voix de démente de gourou.

- Mouais, rêve toujours, vieux fou ! acheva le Cafard en raccrochant, le cœur lourd de souvenirs et de colère.

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Dim 1 Nov 2015 - 18:13



- As-tu compris les termes de l'accord, Yuan ? Tout au long de cette mission tu seras le Policier de Fer niveau I, Apoel Nicosi alias Moloch, mâcha Maximilian d'une voix pâteuse.

Il était près de quatre heures du matin et les préparatifs de la journée allaient bon train. Comme Max' (oui, appelons le roi Max', ça commence à bien faire), aucun de nous ne semblait avoir beaucoup dormi. Personnellement, j'avais l'impression que des ouvriers étaient en pleins travaux dans ma boite crânienne.
Le roi avait fini d'exposer une partie de mon plan au nouveau figurant qui devait jouer le rôle de Moloch, l'amant fou de chagrin. Ils étaient en plein cœur du cimetière, entourés de caveaux. Le plan ne nécessitait pas que Yuan connaisse mon existence aussi, rien ne lui fut révélé à part les infos qui concernaient étroitement le rôle qu'il devait jouer. Tapi dans les feuillages d'un saule pleureur austral, je suivais les échanges.

- Pigé vot' gelée g'andeu'. P'omis, ye vous décev'ai pas ! C'oyez que... baragouina-t-il avant de se faire froidement interrompre par Max'.

Il avait une parfaite maîtrise du Sangel, l'accent du septentrion Boréalin que j'avais imité quand je me faisais passer pour Moloch à l'escargophone. Enfin, non, c'était plutôt parce qu'on avait déjà prévu de laisser Yuan jouer la dernière partition que j'avais adopté cette élocution particulière qui avalait les "r".

- Assez, vil lèche-botte, dit sèchement le roi d'une voix dédaigneuse que je ne lui connaissais pas. Je mets en avant la sécurité de Boréa, c'est pour ça que des énergumènes comme toi sont relâchées. Mais un seul pas de travers Yuan et tu iras nourrir les poissons. N'oublie pas que tu es déjà condamné à mort. Quatre snipers vont te filer, H24.

- Ne pense même pas que nous bluffons, renchérit Midnight. Bravo 2, la tasse de café, fit-elle en déposant le gobelet sur une pierre tombale à sa droite.

Aussitôt, il eut un "plouf" très sec et un trou apparu dans le bol en plastique, ce qui fit sursauter d'horreur le dénommé Yuan. Mais c'était du bluff, il y avait un sniper en ce moment et c'était Time. Elle ne pourrait pas le filer toute l'opération durant mais valait mieux le faire croire à Yuan pour qu'il ne prenne pas la poudre d'escampette.

- D'ac. Ye me tiend'ais à ca''eaux, bafouilla-t-il en s'essuyant des perles de sueurs malgré la température proche de zéro. Mais, si yai bien comp'is, y avait un aut'e Moloch avant ? Où l'est-il ?

C'était une bonne question à laquelle Midnight ne pouvait que répondre par un sec rappel à l'ordre pour qu'il se contente uniquement de sa partition. Je ne pouvais pas continuer à jouer à Moloch, la partie du jeu dans laquelle nous entrions maintenant nécessitait un dangereux corps à corps. J'avais eu de la chance que Queen ne découvre pas le pot aux roses en m'affrontant dans les dédales obscures du Centre des Arts. Il avait été décidé que je serais au placard, mort comme j'aurais dû l'être.

- Tiens ceci, fit Midnight en remettant à Yuan des pétales d'une fleur intensément violette. Si jamais tu devais te retrouver acculé par un quelconque membre des forces de l'ordre et que je sois présente ou non, tu devras déclarer haut et fort "j'ai planqué mon assurance vie quelque part. Tuez moi si ça vous chante, mais la vérité éclatera, j'y ai veillé".

- Yai planqué mon assu'ance vie quelqu'part. Tiez'moi si ça you chante, mais la vé'ité éclate'a, y'ai veillé ? répéta-t-il avec son patois rugueux. Mais, reprit-il tout à coup inquiet, y va pas m'zigouillé, si ? Et ye dois fai'e quoi avec ces fleu's ?

- C'est ça, parfait. Et non, personne ne va te tuer. C'est ça le principe du chantage, c'est pour ça que tu dois parler de l'assurance vie. Ce que tu diras stoppera ton adversaire. Et tu ne feras rien avec tes fleurs, elles font partie de l'assurance vie. Assure-toi juste de les garder sur toi tout au long de la mission.

- D'acco'd. Ap'ès la mission, ye se'ai amnistié. P'omis ?

- Oui, je commuterai ta peine de mort en prison à vie, puis un an plus part, durant une grâce royale générale, tu seras libéré. C'est ça notre deal. Tu nous sers d’appât et toi y gagnes ta liberté après quelques péripéties, marmonna le roi, qui au fond n'était toujours pas d'accord avec cette mesure extrême. Note bien que c'est parce que tu es le seul à correspondre au profil. Tu as tué ta femme et ta fille, tu aurais dû être exécuté depuis belle lurette.

- Si c'est compris, alors tout est bon. Tiens, voici Time.

- Tout est prêt, Commandante. Ses quartiers, le train, tout est paré, déclara Time qui tomba du ciel, littéralement.

- Parfait alors. Mais votre technique là, Geppou, je peux l'apprendre ? s'enquit le roi d'un air avide. Ça a l'air vachement cool de se promener dans le ciel...

- Hahaha, peut-être votre Majesté... Peut-être.

________________________________________

Quelques heures plus tard, Midnight et le roi débarquèrent dans l'opulent salon du hall de la Banquise. Oui, pour la première fois, j'assisterai à une de leurs réunions parce que celle-ci était cruciale, je devais m'imprégner moi-même de ce qui se dira. Enfin, "assister", relativisons. Grâce à un dispositif d'espionnage par talkie-escargophone, leur conversation m'était retransmise en temps et en heure alors que j'étais tranquillement installé dans le salon de la chapelle.
Midnight prit ensuite la parole et par le bruit lourd qui me parvint, je devinai qu'elle déposa avec une force inutile une longue pile de dossiers sur une table basse.

- La nuit a été bonne ?

- Tranquille pour moi, j'ai dormi comme un loir, répondit Nekonome.

- Très longue en ce qui me concerne, déclara Dickson en baillant. Qu'avez-vous pour nous, Commande et Majesté ?

- Un gros travail a été abattu par la Commandante et toute son équipe cette nuit. Nul n'a dormi à la base de la 444e division hier, tous les dossiers des 345 hommes de la Police de Fer ont été passés sous le tamis, au microscope.

- Ah bon ? demanda avidement une voix que je reconnus comme celle de Samory Queen grâce à son timbre très grave. Des suspects ont été dégagés ?

- Oui, le travail a été harassant comme vous pouvez l'imaginer. La première partie a consisté à éliminer ceux qui n'avaient jamais servi à bord du Winterblade. Ensuite, il fallait coupler cette liste avec d'anciens calendriers d'affectations pour déterminer qui aurait pu durant son service être en contact avec Marie-Curie. Ensuite, il fallait faire une enquête par tête, sur la base du profil psychologique contenu dans le dossier...

C'était ça. Il fallait les souler avec les détails du prétendument éreintant travail de dépouillement des dossiers. Je tenais à ce qu'elle explique tous les procédés dans les moindres détails, il ne fallait pas leur donner l'illusion qu'un parfait suspect leur était servi sur un plateau d'argent. Puisque c'était exactement le cas. Maintenant, elle leur expliquait en quoi avait consisté la phase finale du déblai puis leur présenta le dernier suspect qui avait été retenu. Notre homme, Apoel Nicosi alias Moloch alias Yuan.

- Ce n'était pas qu'un simple Policier de Fer, leur exposa-t-elle. Il était aussi mécanicien chargé des systèmes hydrauliques. Et c'est dans cette unité que travaillait Marie-Curie quand elle jouait elle aussi aux mécaniciens pour mieux se fondre dans la masse. Son vrai nom c'est Apoel Nicosi, acheva-t-elle en leur montrant la photo de l'homme de grande taille avec le cheveu rare et une stupide barbe en bouc noire.

Du moins, je le supposais, parce que je ne voyais pas ce qu'ils faisaient. Mais à ce stade du plan, elle devait leur montrer sa photo pour qu'ils s’imbibent du personnage qu'ils auront à traquer.

- C'est du beau travail, Commandante, commenta Savage -enfin Avada-. Comment va-t-on procéder pour le cueillir ? On y va maintenant ? pressa-t-elle en suivant mes instructions.
Sa certitude et son envie d'y aller pouvant convaincre les autres et effacer leurs doutes.

- Oui, on pourra toujours le choper et l'interroger le temps de vérifier s'il ne planifie pas autre chose. Rapport qu'il pourrait être sur les nerfs après l'échec de sa tentative d'hier, appuya Samory Queen.

- Pour l'instant, nous avons ciblé deux lieux et...

- Un moment, ma Commandante, dit la voix devenue flutée de Dickson. Je ne suis pas d'accord avec vos résultats, dit-il, ce qui eut pour effet de faire faire une cabriole à mon cœur.

- Comment vous n'êtes pas d'accord ?

- Il se trouve que je me suis livré à la même enquête que vous, expliqua-t-il d'une voix d'où perçait un franc amusement et même de la satire, il se trouve qu'à force d'éliminer les suspects, j'en suis arrivé au même point que vous. Sauf que moi, j'ai deux suspects et non un seul.

Non, non, non !
Mon cœur faisait plus que des sauts périlleux en ce moment là. Ce type voulait torpiller notre plan, c'était évident ! Et qu'est-ce qu'il voulait dire par "s'être livré à la même enquête que Midnight" ? Elle ne s'était livrée à aucune enquête réelle, on leur servait du pipeau. Une perle de sueur froide coula sur mon front sans que je ne pusse l'arrêter. Ce type... Je comprenais le ressenti de Midnight, il avait quelque chose de particulier...

- Vous avez enquêté ? demanda Midnight avec calme, ce qui m'étonna mais je ne doutai pas qu'à son for intérieur, elle devait bouillir.

- Oui, c'est pour ça que j'ai ces cernes autour des yeux. Je vous l'ai dit au début, la nuit a été longue. Après le Centre des Arts, je suis allé au siège de la Police de Fer, voyez-vous. Je me suis présenté, grade et tout ça, et il se trouve que leur commandant -fort heureusement- est un de mes promotionnaires. J'ai eu accès à tous les dossiers des hommes, ce qu'il a d'ailleurs trouvé étrange puisque vous aussi aviez demandé ces mêmes dossiers. Ça a été dur de lui cacher ce que je cherchais.

Bordel ! J'imaginais que Midnight et le roi n'en devaient pas mener large en ce moment et qu'ils devaient tous faire pour dissimuler leurs désarrois face à cet imprévu de taille. Qu'est-ce que c'était que ce type ? Il avait sérieusement enquêté ? Il avait eu accès aux dossiers des membres de la Police ? Même dans mes scénarios les plus fous, je ne l'avais pas envisagé. Certes, on leur servait un scénario pipé mais heureusement que dans nos soucis de bien faire les choses, nous étions passés demander les duplicatas des dossiers. Autrement, le commandant de la Police ne lui aurait fait aucune mention de notre passage et il aurait immédiatement su qu'on n'avait pas travaillé le moins du monde sur ces dossiers.

- Toute la nuit ? Vous avez à vous seul passé en revue les dossiers des 345 hommes de la Police ? demanda le roi totalement incrédule. J'imaginai que dans sa tête, il ne faisait plus de doute que Dickson fût le Cafard. Voilà une dévotion et un don de soi que je trouve admirable, Lieutenant-colonel. Vous tenez vraiment à retrouver Moloch.

- Comme nous tous ici, répondit Dickson et je percevais toujours cet amusement indicible dans sa voix. Je suis inspecteur financier de profession, votre Majesté, j'ai l'habitude des travaux abrutissants. J'ai rapidement créé un modèle mathématique, une matrice qui m'a permis d'aller par élimination et d'arriver à bout de la pile de dossier en une nuit.

- Et donc, vous avez trouvé deux suspects ? s'enquit Midnight plus que perplexe.

- Deux en effet. L'agent de Police Niveau I Apoel Nicosi et le chef de Section Graam Landry. Comme vous l'avez si justement spécifié, Nicosi est aussi mécanicien de bord. Graam, quant à lui, dirige l'équipe chargée de l'inspection des wagons. Notez que Marie-Curie avait installé son laboratoire dans les derniers wagons du train et que raisonnablement, cela ne pouvait pas se faire sans la complicité de la Police, ou de certains de ses éléments. A mon niveau, Landry est notre homme et fait un meilleur suspect que Nicosi, acheva-t-il.

Maintenant j'en étais certain, il torpillait littéralement notre plan, mon plan. Il le faisait couler sans possibilité de réparation. Et cette pointe de plaisir que je ressentais dans chacune de ses phrases déversait à la fois dans mon sang des torrents de rage et plus étrangement, de satisfaction. Satisfaction à l'idée que j'affrontais par scénario interposé un adversaire d'aussi grande valeur. Et j'étais en train de perdre. Mais par le Dieu Gelé de Boréa, quelle prévoyance et quelle chance avions-nous eu de discrètement placer le faux dossier d’Apoel Nicosi dans les vrais quand nous avons demandé à en avoir les duplicatas ! Autrement, Dickson n'y aurait trouvé aucun Nicosi et là, notre tissu de mensonge aurait été dévoilé, nu comme un ver. Maintenant, son exposé aurait vite fait de balayer les certitudes des autres. Midnight ou du moins mon plan était fichu.

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Dim 1 Nov 2015 - 18:27


Mais voilà, par la grâce de la Déesse Noyée (oui, j'en étais arrivé à implorer les divinités de Boréa), il subsistait encore un espoir de retourner la balance en notre faveur. Le dossier physique que nous avions monté sur Apoel et subrepticement placé dans les vrais était vraiment solide, à tel point que Dickson lui-même l'avait retenu comme suspect. Cela dit, La Truffe avait irrémédiablement sabordé une partie de ma stratégie qui consistait à recentrer l'attention sur un seul individu. Notre appât. Apoel Nicosi.
Maintenant, il y avait deux suspects et si Dickson était le Cafard, cette confusion l’arrangerait à merveille. Il divisait pour mieux régner.
Pourquoi m'étais-je fait passer pour mort ? J'avais les réponses, j'aurais pu riposter si je n'étais pas coincé dans ce cimetière ! Contre son cerveau fourbe, Midnight ne faisait pas le poids...
Mais elle posa tout de même la question que j'attendais.

- Pourquoi pensez-vous, quel est l'élément qui vous a fait retenir Landry ? Bien sûr nous avons lu son dossier et l'avons éliminé parce que ne correspondant pas au profil.

- Et bien, dit-il (toujours avec ce plaisir), durant votre exposé des méthodes qu'a employé la Marine, ma Commandante, vous aviez mis l'accent sur un critère très important. La langue. Nous avons tous remarqué le dialecte étrange que parlait notre Moloch, tellement que certains d'entre nous n'ont pas compris ses menaces et qu'il ait fallu que sa Majesté nous l'explique.

- Oui, c'est du Sangel. Un dialecte déformé de la langue principale avec la caractéristique d'avaler les "r". Elle est uniquement parlée par la tribu Sanskreet des fleuves gelées du nord.

- Tout juste majesté. Ils sont peu à pouvoir s'exprimer ainsi, en dialecte si rude et rugueux. Et Landry fait partie de ceux-là. Nicosi et Landry sont les seuls originaires du septentrion Boréalin dans la Police.

- Landry est originaire de Jalabert ! s'exclama Midnight avec un peu trop de force à mon avis.

Mais elle avait raison, je me souvenais du dossier du chef de section Graam Landry. Un type plutôt rondouillard avec quelques kilos en trop au niveau du ventre, une grande bouche et des cheveux roux feu. Ma mémoire photographique me permit de retrouver tous les composants et citations de son dossier dans ma mémoire et nulle part je ne retrouvai de mention d'une quelconque appartenance à la tribu des Sanskreet. Dickson inventait-il cette preuve pour nous acculer ?

- Les origines qui sont mentionnées dans le dossier de Landry en sont pas les vraies. J'ai bavassé avec le chef de la Police qui connait bien ses hommes. Je lui ai dépeint à peu près le profil de celui que nous recherchions : Homme, parlant le Sangel, beaucoup d'heures de service à son actif, probablement affecté au niveau des 30 à 50 derniers wagons du train là où exerçait Marie, devenu un peu instable et ayant eu des comportements étranges ces derniers temps et qui s'y connaitrait un peu en bombe et en gaz. Il m'a immédiatement orienté vers Graam Landry, parce que dans son dossier, ne sont mentionnés que ses parents adoptifs. Il s'appelle en réalité Graam Feudunor et a été adopté par une famille de Lavallière quand il avait 15 ans. Avant ça, il vivait dans le grand nord avec sa famille qui a perdu la vie durant une chasse sur les glaciers. Graam Landry parle le Sangel, foi de son Commandant.

Midnight ne dit rien, parce qu'il n'y avait rien à dire. Ce type nous violait littéralement.
Je ne comprenais d'ailleurs pas où Dickson voulait en venir. Il aurait pu démolir nos conclusions, il avait largement de quoi en faire. Avec le chef de la Police de fer, le Lieutenant-colonel Instructeur Amédée Mayday, il s'était entretenu et Mayday lui avait livré le nom de l'homme qui correspondait au profil de Moloch. Si Mayday n'avait pas parlé d'Apoel c'était parce qu'il n'existait pas, s'il n'en avait pas parlé, c'est parce qu'il n'était pas au courant de notre plan. Rien que cela montrait que notre Apoel était de la fumée sans feu, une vaste machinerie. Dickson aurait dû entrevoir la faille ! Mais là, il se fiait aussi aux dossiers physiques, se disant sans doute que Mayday n'était qu'un homme et qu'il ne connaissait sûrement pas tous les éléments sous ses ordres...  

- Je vois, fit Midnight paisiblement. C'est vraiment du bon travail, Lieutenant-colonel, je veillerai à en parler au Vice-amiral Jones. Nous nous sommes fiés aux dossiers et nous n'avons pas cru bon d'impliquer le chef de Police. Le Lieutenant-Colonel Mayday pouvait lui-même être Moloch, vous comprenez ?

- Légitime comme suspicion, mais infinitésimalement peu probable. Amédée Mayday est originaire d'East Blue, il a été muté dans ce pays pour former ce qui est devenue la Police. A partir de là, je me suis autorisé à lui donner des détails sommaires.

- D'accord, ya. Deux suspects. Graam Landry et Apoel Nicosi, fit Savage Opress. Comment allons-nous procéder, ya ?

J'attendis avec raideur. Que pouvait-elle bien faire d'autre que de séparer l'équipe ? Ce que je ne voulais absolument pas ! L'intégralité de la suite de l'opération avait été calquée sur Apoel mais maintenant, il y avait deux cibles. Je serrai les dents de rage, c'était entièrement ma faute ! J'étais le cerveau de l'opération, j'aurais dû voir venir cette gêne. Si le Lieutenant-colonel Mayday avait été impliqué dans l'opération, il aurait su quoi raconter à Dickson mais vu qu'ils étaient camarades de promotion et amis, il aurait tout aussi pu lui vendre la mèche. Les risques étaient grands, et je ne vis pas arriver le principal. Midnight devait séparer l'équipe, elle devait envoyer ceux dont on avait la certitude qu'ils n'étaient pas le Cafard, c'est à dire Savage et Fringe sur le cas de Landry et garder Dickson et Queen sur le cas d'Apoel Nicosi.

Mais aussitôt formulai-je cette pensée qu'un courant froid me parcourut l'échine. Il n'y avait pas de "on avait la certitude" qui tienne, il n'y avait que "j'ai la certitude". Je n'avais pas partagé mes informations avec elle, elle ne savait rien de mes déductions parce que j'attendais de prendre Lionella Fringe sur le fait ! Et bien sûr, elle ne savait pas que Savage Opress était en réalité Avada Kedavra mais ça, je ne pouvais le lui dire. Mes propres machinations se retournaient contre moi et je n'avais aucun moyen de lui faire passer l'information là maintenant ! C'étaient dans des moments comme celui-ci que je me targuais vraiment d'être un sombre imbécile ! Si je lui avais donné toutes les clés au lieu de faire de la rétention d'information, elle aurait pu sauver le plan !

- Nous allons former deux équipes, dit-elle après un moment de réflexion. Savage, Fringe et moi allons enquêter sur le cas de Graam Landry. Lieutenant-colonel Dickson, vous allez faire équipe avec Samory Queen pour flairer l'autre cas.

Non, non, non, qu'est-ce qu'elle faisait ?! M’écriai-je avec force tout seul dans la chapelle.
D'un côté, la configuration était bonne, Dickson et Queen, c'était ce que je voulais et en plus elle les dirigeait vers la bonne cible mais pourquoi diable ne s'était-elle pas mise avec eux ? Tempêtai-je intérieurement. Laisser Arsène Dickson et Samory Queen seuls avec notre Moloch était du suicide scénaristique pur et simple, quelqu'un devait les surveiller bon sang !
Qu'est-ce qui était passée par la tête de Midnight ? Ça n'avait aucun sens, cette répartition ! Elle savait très bien que Graam Landry était aussi coupable que moi j'étais un Dragon Céleste. Elle n'avait aucune raison de vouloir elle-même enquêter dessus à moins que... Ah moins qu'elle ne voulût surveiller Savage et Fringe personnellement... C'était la seule explication, elle voulait les avoir toutes les deux à l’œil. Mais pourquoi ?

Soudain, une partie de la conversation avec Avada la veille me revint avec force. Elle m'avait dit que sûrement quelqu'un les avait espionnées, que cette personne était d'une furtivité exemplaire et qu'elle avait même réussi à effacer ces traces dans la neige. Et là, tout devint clair. Midnight devait les avoir elle même espionné ou envoyé une des Harpies le faire. Et parce que l'espionne n'avait entendu qu'une partie de la conversation Fringe-Savage, Midnight devait penser que l'une d'entre elles était forcément le Cafard. Mais Midnight n'en était pas totalement sure, pas après ce que venait de montrer Dickson. En orientant La Truffe sur notre appât, elle s'assurait de pérenniser le plan si jamais ses propres certitudes sur Savage et Fringe était erronées. Intérieurement, je la remerciai de cette prévoyance qui nous évitait la catastrophe, mais le problème subsistait toujours. Quelqu'un devait les surveiller, ces deux là étaient mes principaux et seuls suspects, nous devrions obligatoirement avoir un œil vigilant sur eux.

- Allez ! Midnight ! pensai-je avec force comme si je pouvais lui parler par télépathie. Mets-toi avec eux ! Ou au moins, demande à Time. Elle connait le plan sur le bout de doigt, elle m'a aidé à l'élaborer ! Allez, Midnight, colle leur Time au moins ! S'il te plait, fais un truc...

Mon cœur suppliant bondit quand je l'entendis prendre la parole.

- Cela dit, j'oubliais, Lieutenant-colonel, Chef d'équipe, vous n'allez pas être seuls sur cette mission. Comme elle dépend de la 444e, je vais affecter quelqu'un qui prendra les décisions à ma place si besoin en était, dit-elle alors que je soufflais de soulagement.

Par contre, dans sa voix, je crus percevoir du plaisir, une immense satisfaction qui se traduisait par une intonation clairement sarcastique ou ironique, à voir. Nous étions acculés, nous colmations les brèches causées par Dickson, je ne voyais pas du tout le propos et l'intérêt de ce ton de la part de Midnight.
J'entendis alors des "clap clap" caractéristiques d'une chaussure à talon foulant le marbre. Quelqu'un était rentré dans le salon de la Banquise et je ne pouvais pas le voir. Je savais par contre que ce n'était pas Time, elle ne portait pas ce genre de chaussures et les trouvait inconfortables.

Tout à coup, venu de je-ne-sais-où, un puissant sentiment de malaise m'étreignit et je fus parcouru d'une chair de poule de la tête au pied. Ce sentiment... Je ne le connaissais que trop bien, cela faisait près de trois ans que je ne l'avais pas ressenti. Je comprenais maintenant le sarcasme dans la voix de Midnight, c'était à moi qu'elle s'adressait imperceptiblement. Je savais aussi qui avait espionné Avada et Fringe et de facto, je savais pourquoi je n'avais jamais rencontré la quatrième Harpie. Parce que je la connaissais. Parce que cette femme était ce que je pouvais raisonnablement appeler ma "Némésis".

- Messieurs, je vous présente ma jeune sœur. Ombeline Santana qui préfère qu'on l'appelle Lady Ombeline.

- Bien le bonjour messieurs, fit-elle de sa voix chantante et mélodieuse que je n'avais pas entendue depuis si longtemps. C'est un plaisir de vous rejoindre à ce moment clé de l'intrigue.

Je pouvais presque sentir son aura meurtrière et son odeur si caractéristique. Cette odeur de sang qui semblait émaner des tréfonds de son âme. Lady Ombeline... Cette femme était le diable, je m'en étais convaincu depuis sept ans et la dernière chose dont j'eus besoin c'était de la voir papillonner autour de moi.
Ainsi donc, Midnight avait gardé une carte en réserve pour en finir moi. Elle ne voulait pas confier la mission de surveiller Dickson et Queen à n'importe qui, du coup, elle avait été forcée de révéler son Joker. Ironiquement, je devais mon salut à Dickson, autrement, avec quelqu'un comme elle dans mes ombres, j'aurais été fait comme un rat si d’aventure j'étais venu à faire un pas de travers.

Quel soulagement ! Je m'affalai et me liquéfiai littéralement dans le fauteuil. J'avais eu une guillotine sous la gorge et je ne m'en étais pas rendu compte ! Je penserais à remercier Arsène Dickson de toute ma sincérité... Mais maintenant que je connaissais cette nouvelle donne, je pourrais agir en conséquence. Les choses se précisaient et dorénavant, je ne pouvais demeurer cloîtré dans ce cimetière.
Je m'emparai de mon manteau, de mon Wakizashi et sortis à grand pas dans la bise polaire qui faisait voleter mes manches. Les sœurs Santana. Dickson. Samory Queen. Fringe. Tous complotaient quelque chose. Et pour l'instant d'allié, je n'avais que Savage. Un allié au cœur de la meute. Moi aussi j'avais des coups en réserve. C'est avec cette pensée rassurante que j'enfourchai l'étalon blanc royal de Max' et me lançai au triple galop.
Un mort revenait sur scène.  

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Loth Reich
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Dim 1 Nov 2015 - 22:48

 
 
Malgré la séparation de l'équipe en deux unités sous les commandements des sœurs Santana, l'intégralité de l'équipe fit un bout de chemin ensemble. Désormais, ils avaient deux suspects et par chance dirait-on, les deux individus se trouvaient au même endroit. Du moins, ils devraient.
Par ce petit matin de printemps Boréalin où pour la première fois depuis des mois, la neige se faisait rare, les carrosses qui transportaient l'unité 1 de Midnight et la 2 d'Ombeline débarquèrent à Froidétain.
Contiguë au grand port de Lavallière, construite sur les ruines de l'ancienne citée ouvrière de Frimas, Froidétain était un immense quartier-dortoir uniquement conçu pour abriter les 500 membres de la Police de Fer et leurs familles.
Après un petit contrôle de routine, les roues carrosses de la Marine carillonnèrent dans les rues pavées de Froidétain jusqu'à la bâtisse la plus imposante, celle du chef de la Police, le Lieutenant-colonel Instructeur Amédée Mayday. Il vint à leur rencontre, emmitouflé dans longue cape grise, le visage dissimulé sous un masque de félin. Il gratifia les unités marines du salut militaire réglementaire que lui rendirent Midnight, Ombeline et Dickson. Aux autres, il se contenta d'un vague signe de la main.

- C'esttoujoursunplaisirdevousrecevoirmaCommandante, dit-il d'une traite sans respirer.

- Hein ?

- Prière de parler doucement et intelligiblement Lieutenant-colonel, merci, fit Midnight un peu agacée. On peut aller à l'intérieur ? Je vous expliquerais tout.

- BiensurmaCommadante.

- Intelligiblement, j'ai dit !

[...]

- Vousplaisantezj'espère ?

- Malheureusement non, fit tristement Dickson en tapotant l'épaule de son ami. Un de tes hommes était de mèche avec Marie-Curie et maintenant, il a perdu la raison parce qu'elle est morte et menace de tuer en masse des gens. Il l'a déjà tenté hier. Nos pistes nous mènent soit à l'Agent Apoel Nicosi, soit à Graam Landry.

- Graamestundemesmeilleurshommes !
J'aidumalàycroire !
Etce"ApoelNicosi ?"
Vousêtessûrsquec'estunmembredelaPolice ?
Jeneconnaispascenomlà.


- Apoel Nicosi est des policiers mécaniciens de bord, vous ne pouvez quand même pas connaitre vos cinq cent hommes, intervint Midnight pour limiter la casse. Plus la discussion se prolongeait, plus cela semblait une erreur monumentale de ne pas avoir impliqué le Chef de la Police dans le plan.

- Sivousledites. Lesmécanicienssontdansl'ailenordcadran...

- Merci, on a les plans, l'interrompit Lady qui se leva en s'étirant. Place à l'action ! Unité 2, avec moi.

- Avec vos hommes, restez en dehors de ça Lieutenant-colonel. Ça dépasse vos attributions. Moloch est peut être un individu isolé et dangereux mais il reste crucial en ce sens où il détient les noms de gens qui eux, sont des menaces à l'échelle de plusieurs royaumes sur les quatre océans.

- Avosordres.

[...]

Le cadran résidentiel des chefs de sections était composé de maisons pavillonnaires dotées de jardin et d'une clôture. Avançant à pied, l'unité 1 se fraya un passage vers la résidence 402, celle de Graam Landry. Savage Opress et Lionella Fringe n'étaient pas d'agréables compagnies pour Midnight qui s'était murée dans la silence. Il y en avait une qu'elle détestait viscéralement pour ce qu'elle était et une autre masquée et mystérieuse. Le Dard de Minuit avait tenue à rester avec elles personnellement après ce qu'avait découvert Ombeline. Ces deux là étaient en affaire, une affaire qui se réglait à coup de centaines de millions. Une affaire qu'elle pensait être directement en lien avec Ashura avant le coup d'estoc scénaristique d'Arsène Dickson. Maintenant, elle n'était plus sûre du tout. Dans le cas improbable où ces deux là ne seraient pas en relation avec Ashura, il restait toujours la possibilité qu'elles soient impliquées dans un quelconque autre réseau criminel et Midnight ne voulait laisser à personne le privilège de menotter cette chasseuse de prime qui lui sortait littéralement par les rétines.

- Voilà, nous y sommes, la 402 est là-bas, à cent mètres, susurra Fringe qui s'empara de son arc. Il est très tôt, beaucoup ne sont pas encore réveillés. Comment procédons-nous ?

- Rangez-ça ! intima Midnight. On se présente à la porte et on frappe, dit-elle, cassante. Il y a des enfants partout dans ces maisons, nous n'allons déclencher aucune confrontation.

- Nous non ya, mais lui, oui. Vous pensez qu'il se rendra sans combattre ?

Midnight aurait voulu répondre "il n'a rien à voir avec cette histoire, il va surtout tomber des nues de savoir que nous venons pour l'interroger, ouais !" mais elle se mordilla la lèvre et autorisa Fringe à garder son arc dans sa main. Trop de laxisme pourrait donner une indication à ces deux là, se dit l'Abeille. Aussi, malgré elle, elle tambourina tellement la porte de la 402 qu'elle s'envola de ses gonds au moment où un individu bedonnant tentait de l'ouvrir. L'individu s'écroula sur le dos, la porte dans sa face. Ses cheveux roux indiquaient sans équivoque qu'il s'agissait du Chef de Section Graam Landry.

- Chef de Section Graam Landry ? Je suis Midnight Santana, Commandante de la 444e division des marines de Boréa, s'identifia-t-elle à l'individu qui se trouvait toujours sur le carreau, a porte sur le visage. Voici les consultantes Savage Opress et Lionella Fringe. Nous avons des questions à vous poser sur vos relations avec Marie-Curie.

- Yenchanté 'dame. 'levez moi et on en pa'le ? baragouina-t-il de son patois, sous le poids de la porte.

[...]

- C'd'la démence ! maugréa-t-il une fois que les enquêtrices lui expliquèrent ce qui lui était reproché. Yamais c'oisé c'te Ma'ie d'ma vie. En ait entendu pa'le' dans les jou'naux ap'ès sa mo't.

- Votre équipe inspectait toutes les voitures du train et vous voulez nous faire croire que cette génocidaire aurait pu transformer un wagon entier en laboratoire sans votre complicité ?

- Une enquête fut faite ! s'indigna-t-il. Pas d'complicité d'la Police mais des mécanos, si !


- C'était quoi ça ?! s'écria Midnight avant de se précipiter dehors avec les autres.

- Ya, là-bas ! dit Savage en indexant un endroit vers l'est d'où s'élevait une impressionnante colonne de fumée. Là, ya, c'est la direction du dortoir des mécanos. L'unité 2 !

- Lady... On n'y va ! Vous restez-là ! dit-elle à Landry qui se mettait aussi en route.

________________________________________

Quelques minutes avant l’explosion...

J'étais arrivé à Froidétain un peu avant Midnight et les autres. Il fut facile de passer les murailles puis stratégiquement, je me plaçai vers l'est, à cinquante mètres de la fausse résidence d'Apoel Nicosi. Couché sur un toit, un œil collé contre une longue-vue, j'avais un visuel imprenable sur le théâtre d'opération. A l'intérieur de l'appartement, je voyais Yuan faire les cents pas, sûrement nerveux de la suite. Il lui avait été bien spécifié qu'il mettait sa vie en jeu durant cette opération mais le prix à gagner était sa liberté, aussi avait-il accepté sans hésiter. Autrement, il était prévu qu'il soit exécuté à la fin de l'année.
Nous étions allés loin dans notre machinerie, remarquai-je avec une certaine fierté. Les Harpies avaient fait du bon boulot en dénichant cet appartement -je ne voulais pas savoir ce qu'il était advenu de son véritable propriétaire- et en l'arrangeant de telle sorte qu'il puisse correspondre à notre scénario.

Après quelques minutes d'attente, mon sang ne fit qu'un tour quand je vis arriver l'unité 2. Avec son uniforme rouge, Arsène Dickson brillait et trottinait à l'avant du groupe. Le suivait Samory Queen et sa chevelure blonde et derrière eux, Lady Ombeline... Bon sang ! Trois longues années étaient passées et elle me rendait toujours autant mal à l'aise. Fugacement, je me demandai si elle était encore sergent. Probablement pas et je ne me souvins pas que Midnight eût parlé de son grade à un quelconque moment. Elle s'habillait de manière toujours aussi dénudée, elle se coiffait toujours de ce chapeau de paille de conique, elle arborait toujours ce sourire meurtrier et elle trimballait toujours avec elle "Aguicheuse", ce long sabre jaunâtre d'un bon mètre soixante quinze qui faisait partie des 50 lames supérieures.

Je reportai mon attention sur Yuan qui cogita dans l'appartement, passa devant la fenêtre où je le vis furtivement, puis repassa derrière les murs où il disparut de ma vision. Il y resta plus de trois minutes pendant que l'unité 2 s'approchait. Qu'est-ce qu'il trafiquait ? Je m’inquiétai de sa disparition car à cet endroit de l'appartement était située la bombe qui devait lui servir de leurre. Il était trop tôt pour l'activer, les enquêteurs devaient entrer chez lui, lui poser des questions, puis sans succès, ils seraient repartis et là seulement, il aurait déclenché la bombe puis pris la poudre d'escampette. C'était ça le plan et s'il amorçait le mécanisme de mise à feu maintenant, tout tomberait à l'eau !

- Bon, sang, réapparaît ! grinçai-je en martelant le toit en tuile de coups de poing. Non, ce n'est pas bon, il panique ! dis-je quand je le vis sortir de l'appartement en jetant des regards effrayés à droite et à gauche.

Encore un imprévu, encore un coup de foiré ! Me dis-je. La pierre angulaire de notre machinerie avait été de confier le rôle de Moloch à un condamné à mort, parce qu'il n'aurait rien à perdre. Mais là, il semblerait que j'eusse fait encore une grossière erreur. Maintenant qu'il était libre de ses mouvements, Yuan embrassait la vie plus que quiconque et la perspective de la perdre lui avait fait perdre courage. Ou peut-être ne l'avait-il jamais eu.

Il émergea de l'appartement et son regard croisa ceux des membres de l'unité 2 qui arrivaient sur sa gauche. Après un moment d'hésitation -Ombeline devait se demander ce qui se passait-, Yuan prit la fuite. Dickson et Queen qui connaissaient notre Apoel Nicosi via une photo le reconnurent et se précipitèrent à sa suite, Lady sur leurs talons. Une décharge d'adrénaline irrigua mes veines et me rendit alerte. Je me relevai aussi sans savoir trop quoi faire maintenant que mon plan partait en vrille. Mes yeux étaient rivés sur Yuan qui évoluait très rapidement dans l'allée étroite qui desservait "son appartement". Finalement, la menace de quatre snipers factices n'avaient pas marché, remarquai-je ironiquement. Du coin de l’œil, je vis l'unité 2 passer en coup de vent devant l'appartement et là ce fut le drame. Une explosion foudroyante émietta la résidence et engloutit l'unité 2 toute entière.
D'horreur, je fus frappé.

________________________________________

Présentement...

L'unité 1 arriva sur les lieux quelques minutes après mais déjà, un attroupement conséquent avait lieu. Des badauds qui étaient essentiellement des Policiers de Fer en permission avait rapidement rejoint la place en feu et avaient extrait des décombres les masses des agents de l'unité 2. Impuissant, Loth regardait depuis son toit. Finalement, la mort et l'invisibilité qu'elle procurait n'était pas si joyeuse, ragea-t-il.

En priorité, Midnight se porta au chevet de sa sœur qui se releva avec un large sourire carnassier. Un filet de sang coulait sur sa tempe droite. Arsène Dickson avaient les cheveux roussis par le début d'incendie et des shrapnels de pierres l'avaient si bien criblés que son uniforme était devenu un haillon. Des bleues étaient visibles sur sa peau laiteuse. Samory Queen fut celui qui avait le plus efficacement sorti son épingle du jeu. Grâce à une combinaison de Soru plus un Geppou, il avait savamment évité les projections de débris et le souffle de la déflagration. S'il s'était esquinté et peinait à se relever, c'était uniquement parce dans son élan, il n'avait pas vu le seul arbre du coin, un massif séquoia austral contre lequel il s'était joyeusement bousillé le dos.

- Ça va ? demanda Midnight, inquiète.

- Bien sur que je vais bien. Je souffre, pourquoi n'irai-je pas bien ?! La douleur, c'est la vie, c'est bon pour le cœur, ça te rappelle que tu es vivant, c'est jouissif ! dit-elle en se léchant les lèvres de manières indécentes sous le couvert de son regard meurtrier. Ce type a pété les plombs, il faut le rattraper ! fit-elle à sa sœur en faisant allusion au plan qui avait foiré.

- Les durites, il les a pétés depuis bien longtemps, Lady, mâchonna Dickson qui, pour la première fois, semblait manifester un autre sentiment que la curiosité ou la désinvolture. Il était en colère. Il arracha les lambeaux de son uniforme de jadis et parada torse nu. Il faut le rattraper avant qu'il ne fasse d'autres victimes, reprit-il avant de fendre la masse de curieux et de disparaitre dans une venelle.

- J'y vais aussi !

- Moi aussi ! rugit Queen qui se volatilisa à son tour derrière un pâté de maison.

- Je vous suis ! dit Savage qui emprunta une allée adjacente à l'appartement désormais dévasté et s'y évanouit.

Tous les quatre Parapluies avaient pris des directions différentes.

- Et toi, tu restes-là, tu as peut-être une commotion ! Je vais les suivre et retrouver Yuan avant eux. C'est la pire situation que l'on pouvait imaginer. Maintenant, tous nos suspects sont éparpillés et libres de leurs mouvements. Bordel de Loth et ses plans foireux !
Et non, ce n'est pas le moment de discuter, c'est un ordre !


- Bah, je ne discute pas, j'allais juste te souhaiter bonne chance.

- Ah bon ? Tu ne discutes pas ? Décidément, le monde tourne à l'envers aujourd'hui, marmonna-t-elle avant de prendre sa forme hybride sous les hoquets de stupeur du public puis de s'élever verticalement et si rapidement dans les airs que ceux qui la voyaient en eurent des vertiges.

- Bon sang, cette vitesse de décollage... Je me demande si la gravité ne l'a pas oubliée celle-là. Bonne chance grande sœur ! susurra Lady, les yeux orientés vers le ciel. Et puis, le monde tourne bien rond. Si je n'ai pas discuté, c'est parce que je ne désire nullement poursuivre ce Moloch de pacotille. Ma seule et unique cible m'observe en ce moment, alors pourquoi irai-je voir ailleurs ? C'est tellement difficile de retenir l'attention d'un homme de nos jours... Lui, ses pensées sont tournées intégralement vers moi... marmonna-t-elle sans cure des regards des curieux qui devait la penser folle et qui s'écartèrent de son chemin.

Ce chemin qui la mena en un clin d’œil sur le toit où Loth avait vu la marine d'élite fondre si rapidement sur lui qu'il n'avait pu qu'esquisser un mouvement de recul qui manqua de le faire tomber de l'édifice.

- Allons, calmos, mon pote, fit-elle avec un sourire qui découvrit ses dents blanches. D'un index, elle souleva son chapeau de paille pendant que Loth remontait ses lunettes de son majeur. T'ai-je manqué ? Comment ça va, depuis tout ce temps ?


Lady Ombeline "L'épée du Matin"

- Moins je te vois, et mieux je me porte, Lady, répondit Loth en lui rendant son sourire arrogant.  

________________________________________

Depuis combien de temps voletait-elle au dessus de Froidétain ? Midnight en avait perdu le compte. Quinze minutes, peut-être. Une heure, sûrement. Plusieurs jours d'hivers givrés ? A n'en pas douter.
Elle tournoya en spirale et ras de toit au dessus du quartier qui, visiblement, était animé depuis l'explosion. Des gens couraient partout, se hurlant des ordres à tort et à travers. Plusieurs fois même, on lui tira dessus et tant bien que mal, elle arriva à esquiver les balles puis à aller dire deux mots musclés aux auteurs des tirs.
Yuan avait complètement déraillé et à l'heure actuelle, il devait se terrer quelque part en espérant que passe la tempête. Des Parapluies, Midnight n'eut pas plus de nouvelles. Ils semblaient tous volatilisés. Ce qu'elle espérait, le seul fil d'espoir qu'elle tenait fermement, c'était que dans sa couardise, Yuan n'ait pas oublié ce qu'elle lui avait dit dans le cimetière. Il devait parler de son assurance-vie, c'était primordial, la seule chose qui pouvait encore sauver cette opération merdique. Mais penser à Yuan mettait le Dard de la Mort dans une sombre colère.

- Espèce de petit merdeux froussard... Si je te mets la main dessus, on n'attendra pas ton exécution en décembre...

Alors qu'elle rouspétait contre l'appât, elle vit deux ombres courir sur un toit et reconnut les silhouettes de Samory Queen et de Lionella Fringe. Le couple improbable intéressa Midnight qui fondit sur eux et les suivit. Ils sautèrent dans une arrière-cour où une femme hurlait de tous ses poumons. Cinq personnes s'y étaient déjà attroupées à l'arrivée des deux Parapluies et de Midnight qui reprit sa forme humaine avant d'atterrir.
Si la femme beuglait, c'était parce que dans sa cour était allongée la dépouille de Yuan. Le prisonnier gisait là, les bras en croix, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Il baignait dans son sang et sur sa poitrine trônait une lame profondément enfoncée. Avant que quiconque ne parlât, Dickson essoufflé débarqua en dérapant sur le sol.

- J'ai entendu des cris et... Oh shit ! Qui a tué notre seul suspect ?

- Bonne question.

- Non, il doit y avoir une erreur, ce n'est pas possible... marmonna Fringe en s'approchant du cadavre pour reconnaitre le wakizashi à la garde dorée ouvragé d'une main de maitre.

- C'est le Ryū no Nageki de Savage Opress. Elle a tué Moloch puis a prit la fuite.

- Pris la fuite ? Pourquoi faire ? s'alarma Fringe en regardant à droite et à gauche comme si son associée allait apparaître instantanément.

- Oh, elle avait peut-être intérêt à ce qu'il meure... proposa Dickson.

- Quel intérêt ?

- Bah déjà, elle ne nous a jamais caché qu'elle a été envoyée ici pour je cite "faire payer les meurtriers de Reich" puis ensuite, elle avait déjà tenté de le tuer devant nous, au Centre des Arts.

- Non, impossible ! Si elle voulait vraiment punir les meurtriers de Loth Reich, elle aurait laissé ce type en vie et non le tuer. C'est bonnement ridicule !

- Peut-être lui a-t-elle soutiré des informations avant de le tuer. Puis, je vous trouve très prompte à la défendre, Nekonome, s'étonna Dickson d'une petite voix malicieuse. Pour moi, il a toujours été clair que l'un des Parapluies était en relation avec Ashura. Ceci, fit-il en pointant son index sur le wakizashi, est la preuve que nous avons été infiltré.

- Je la défends parce que c'est tiré par les cheveux ! Ne l'enfoncez pas alors qu'elle n'est pas là. Et puis, si vous avez la mémoire de vous souvenir de ce qui s'est passé au Centre, alors souvenez-vous qu'elle nous a déclaré que sa lame avait été volée !

- Le piège classique. Déclarer un objet volé en prévision d'une utilisation criminelle future et se servir de cette déclaration comme bouclier. Ne tombez pas dans le panneau si simplement, Fringe !

- Il y a un moyen très simple de vérifier ça. Avant de partir, vous avez tous pris un escargophone. Appelons Savage Opress et demandons lui de nous rejoindre pour clarifier la situation, déclara Midnight en s'emparant de son escargophone.

La limace téléphonique ne sonna pas une seule seconde qu'on décrocha.

- Savage Opress, nous avons un problème. Où êtes-vous ?

- Ya, assez loin et assez proche Commandante. Si je viens maintenant, je vais me faire arrêter pour un crime que je n'ai pas commis !

- Ah donc, vous savez !

- Je sais, je suis arrivé sur les lieux ya, Apoel Nicosi était déjà froid avec ma lame dans le buffet ya. Puis cette femme s'est mise à hurler et j'ai vu Midnight voler vers nous ya. Je suis partie parce que je savais qu'on m’incriminerait directement.

- Ou parce que vous êtes coupable, vous avez machiné tout ça.

- Yaaaa, je préfère mourir incomprise que de passer ma vie à m'expliquer. Mon arme à été volée dans ma suite ya, alors le coupable ne peut être que l'un d'entre vous. Fringe, Dickson, Queen ! L'un d'entre vous est à la solde d'Ashura, ya !

- Dixit celle qui se cache et prolifère des singeries.

- Ne vous fiez pas aux preuves factices, Midnight, ya. Moi ma partie est terminée, vous ne me reverrez jamais ya. Ne vous fiez pas à eux, Commandante. C'EST UN PIÈGE !

Spoiler:
 

Aussitôt que raccrocha Savage Opress, un puissant vent glacial souffla et souleva poussière et jupes. De la poche d'Apoel Nicosi, s'échappèrent des pétales intensément violettes qui tournoyèrent, charriées par dans le vent changeant sous les regards des gens présents.
Moloch était mort mais son message posthume était passé, au grand contentement intérieur du Dard de la Mort.



Dernière édition par Loth Reich le Dim 29 Nov 2015 - 12:11, édité 1 fois
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Lun 2 Nov 2015 - 22:27

 
 
Une nouvelle fois, Boréa connut une journée mouvementée.
Après la mort d'Apoel Nicosi, tout le pays sut bientôt qu'un attentat avait eu lieu à Froidétain. Immédiatement après, Midnight sonna le branle-bas de combat et lança un mandat d'arrêt officiel contre Savage Opress, agent secret de la Fédération Insulaire du Taldor, pour terrorisme, association avec une entreprise criminelle et meurtre avec préméditation. Un premier avis de recherche dépendant des fonds souverains de Boréa fut lancé où la masquée était primée à soixante quinze millions de Berry.
Toute la journée durant, une vaste chasse à l'homme -enfin à la femme- fut lancée et chaque grande ville du pays méthodiquement ratissée par la 444e division en association avec les Hérauts de l'Aurore et les Policiers de Fer qui furent mis à contribution. On inspecta plus particulièrement le grand port de Lavallière et les autres petits ports privés connus mais le pays entier étant une île, il était impossible de couvrir l'intégralité de ses centaines de kilomètres de littoral.

Vers 16 heures, une Midnight frigorifiée aux joues rosies débarqua dans la chapelle de Brinborian où j'étais installé, bien au chaud, un gros bouquin à la main.

- L'avez-vous trouvée ? demandai-je avec désinvolture le regard fixé sur mon livre.

- Pfff, non et ça me soûle de continuer à encourager cette chasse alors qu'il y a 80% de chance qu'elle ne soit pas coupable. Ça put le piège à plein nez, répondit-elle de mauvaise grâce.

- Comment les Parapluies sont-ils occupés en ce moment ?

- Ils participent aux recherches avec nous mais à Lavallière. Ils ont près de 200 marines chacun dans leur équipe, pas moyen qu'ils puissent s'esquiver. D'ailleurs, tu es toujours sûr qu'on ne devrait placer personne à Mamelle ?

- Mais non, ce serait se précipiter. Le message posthume de Yuan est très bien passé. Et si j'étais le Cafard, j'attendrai que ça se tasse avant d'aller vérifier l'authenticité du message. Faites moi confiance.

- Je n'ai jamais eu confiance en toi et ce n'est pas maintenant que je l'aurais après tous ces trucs qui ont foiré !

- Pas de ma faute si l'appât était un froussard, ni ma faute non plus si Dickson a décidé de mettre du sel dans nos rouages mais je reconnais volontiers qu'on aurait dû informer Amédée du plan. Et vous, vous avez cru bon aussi de me cacher la présence de votre sœur n'est-ce pas ?

- Il n'y aucun accord qui stipule que je doive te mentionner les déplacements de ma famille, Reich, fit-elle avec un sourire goguenard. Elle était de passage, elle a donné un coup de main. J'espère qu'elle ne t'a pas trop brutalisé.

- Me brutaliser ? Haha, vous vous croyez dans une cour de récréation ? Nous avons parlementé comme des adultes responsables.

- Tant mieux, je n'ai pas envie que vous illustriez votre animosité réciproque par un combat qui va figurer dans les journaux, je m'en passerais. Allez, je me taille, rendez-vous ce soir au cimetière. Bonne chance.

- Je n'en aurais pas besoin. Je ne serai pas le premier à revenir d'entre les morts...

________________________________________

Quelques heures plus tard, sous les coups de vingt heures, le hall de la Banquise fut encore le théâtre d'une réunion des Parapluies restants, du roi et des sœurs Santana. L’atmosphère était bien plus détendue qu'auparavant. Un soupçon de bonheur flottait dans l'air...

- Les recherches ont été vaines. Savage Opress s'est enfuie, annonça Midnight d'un ton rageur.

- Le bon côté des choses, ma Commandante, c'est que maintenant, le Parapluie va pouvoir agir de toute la puissance de ses moyens. Nous étions infectés par un cancer qui s'en est allé. Je suis sûr que si nous joignons nos forces comme jamais auparavant, Ashura sera détruit d'ici quelques mois.

- Puissent les dieux de Boréa vous entendre, Lieutenant-colonel, acquiesça Max'. En attendant, j'ai décidé de clore officiellement cette enquête qui a commencé depuis les funérailles nationales. Je ne vous retiendrais plus davantage, vous avez vos propres responsabilités à gérer. Mais faites moi l'honneur de rester encore demain, je dois vous remercier comme il se doit de votre engagement.

- Je ne crois pas que ce sera nécessaire votre Majesté, dit Queen de sa voix profonde. Nous sommes tous passionnés par la passion de servir et...

- Bof, parlez pour vous, ouais ! l’interrompit grossièrement Lionella Fringe. Tant mieux si c'est fini, moi je lève le camp ce soir même. Des trucs urgents à gérer. J'espère que vous avez mon blé, Majesté ? fit-elle en claquant des doigts ce qui mit Midnight dans une silencieuse colère noire.

- Je voulais vous remettre une médaille à chacun pour Service Rendu à Boréa, mais oui, j'ai vos 52 millions de Berry, répondit calmement le roi en lui tendant une mallette noire qu'elle saisit et ouvrit sans pudeur.

- Qui a dit que l'argent n'a pas d'odeur ? Hmmmmm, fit-elle en humant les effluves exhalées par les liasses de billets neufs. Désolé votre Majesté, mais pas de médaille pour moi, ça n'a aucune valeur monétaire.

- Merci en tout cas, fit le roi en lui tendant une main qu'elle serra.

- Je serai toujours partante si vous avez une affaire épineuse à gérer. Contactez juste la BNA. Quant à vous autres, ce fut un plaisir. Ciao ! dit-elle avant de monter réunir ses affaires et de déguerpir dans la minute qui suivit.

- On dirait une tornade, observa Lady Ombeline avec un sourire entendu.

- Pour demain, je peux compter sur vous messieurs ?

- Avec plaisir.

- Ce sera un honneur.

- Dans ce cas, bonne nuit à tous.

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Une chouette hulotte prit son envol et disparut dans la nuit noire à la recherche de sa pitance.
Une silhouette fusa, toute habillée de noire, cagoulée avec un arc et un carquois en bandoulière. Furtive, l'oiseau de Minerve survola la forme nimbée de ténèbres qui, sans réfléchir banda son arc, dirigea et décocha un mortel javelot vers l'occident où croisait le malheureux emplumé. Encore plus silencieuse que l'oiseau, la flèche lui donna instantanément la mort et la gravité fit le reste. La silhouette se déplaça en zigzag et rattrapa le piaf avec qu'il ne tombe.

- C'était juste une chouette...

Lionella Fringe jura intérieurement, jeta la carcasse de la créature puis continua son chemin au pas de course. Elle avait cru que c'était Midnight sous forme insectoïde. Avant, elle aurait donné beaucoup pour affronter et trouer cette arrogante commandante mais ce soir, plus elle était discret et mieux ça valait. Ce voyage à Boréa avait finalement valu le coup. En sus des gracieux honoraires du roi, elle se taillerait une place de lion grâce à l'affaire qu'elle conclurait avec l’acquisition qu'elle était sur le point de faire. Elle ne pouvait attendre davantage où "il" se détériorerait mais heureusement à Boréa, aucun cadavre ne se décomposait...

D’une pirouette, elle franchit les barrières du cimetière de Lavallière et slaloma entre les tombes. Ce soir, c'était elle la reine de Boréa ! Loth Reich était un beau spécimen de Long-bras et elle était sûre d'obtenir au moins 20 millions de cette transaction. Bo Xilia serait prêt à débourser ça, Reich correspondait en tout point aux mensurations de la commande qui avait été lancée sur le marché noir juste avant son arrivée à Boréa. Qui plus est, il était du groupe sanguin rarissime AB Rhésus Négatif possédé par moins d'un pour cent de la population mondiale, receveur universel des tous les rhésus négatifs. Il était parfait en tout point ! Jubila celle qu'on avait surnommé Nekonome.

En un dérapage, elle s'arrêta devant le tombeau où reposait Loth Reich. Pour elle c'était un gâchis monumental. Pas la mort de jeunes talents, non, mais les enterrements ou pire, les incinérations. Il y avait tellement à tirer d'un corps humain pour l'enterrer juste comme un sac d'ordure ! C'était comme si on tuait un éléphant pour juste en retirer l'ivoire en laissant pourrir la viande. Du gâchis pur et simple !
De cinq pas, elle s'éloigna du tombeau, banda à nouveau son arc et décocha une flèche qui vint se figer sur le marbre à l'endroit où était marqué le nom du défunt. Instantanément, une certaine réaction chimique s'opéra, un liquide coula de l’embout de la flèche et s’attaqua au marbre qu'il rongea à vue d’œil. La réaction s'emballa sans dégagement de fumée ou d'odeur. Sous les prunelles vertes et satisfaites de Nekonome, petit à petit s'ouvrit le caveau, dissout par la substance corrosive contenue dans la flèche. Elle acheva le travail à coup de pied et déblaya ce qui restait de gravats.

Nekonome sauta dans la tombe et jubila davantage. D'un coup sec, elle ouvrit le cercueil en teck massif et découvrit... Loth Reich. Il était là, paisible et inébranlable dans la mort. Comme elle l'avait prévu, la température négative empêchait la décomposition et les désagréments olfactifs y attenant. Certes, mais le froid remplissait aussi les tissus de cristaux et les détériorait. Avec une force insoupçonnée, la chasseuse de prime passa une main sous le cou du cadavre, une autre sous ses cuisses et le souleva de sa boite mortuaire. Un saut plus tard, elle atterrit leste sur le gazon gelé du cimetière, y déposa puis bâcha le corps.
Alors qu'elle refermait la fermeture éclair de la bâche, sa main buta contre la poitrine du cadavre et incompréhensiblement, elle crut sentir une vibration. Figée d'horreur, elle amorça d'abord un mouvement de recul puis se rendit compte du ridicule de son geste. Ce type était mort depuis neuf jours, enterré depuis près de vingt quatre heures, ce qu'elle avait senti n'était que le signe de sa propre anxiété. Cette vibration n'en était pas une, pas plus qu'elle n'était un battement.

Mais... Dans le doute, vérifions. Lentement, comme si le corps était fait de feu, Nekonome approcha, son majeur et son index collés, puis tâta du torse du cadavre.
Tap ! Tap ! Tap !  
L'effroi empêcha la chasseuse de prime de bouger pendant cinq secondes, les pupilles écarquillées d'horreur. Puis, vive, elle recula quand le pseudo-cadavre ouvrit les yeux et lui adressa un sourire satirique. Elle ne retomba pas sur ses pieds cela dit, une violente percussion la faucha dans le dos et l'envoya valdinguer et s'écraser violemment contre une pierre tombale digne d'un mausolée.

- Ooooooh, putain, j'en avais vraiment envie... souffla Midnight de soulagement en reposant son pied par terre.

- J'espère que vous ne pensez pas déjà nous quitter, Nekonome ? rigola Lady Ombeline perchée sur le toit du mausolée.

Pour toute réponse, une flopée de flèches fusa. Ombeline se volatilisa dans la nuit pendant que les flèches perforèrent l'air sans rencontrer de cible. Adossée contre une pierre tombale, du sang suintant de l'épaule et de la tête, Lionella tenta de se relever quand soudain, une lame émergea d'en dessous de sa clavicule droite, giclant les alentours de sang. C'était Aguicheuse, elle venait de derrière, avait transpercé la pierre tombale avant d'empaler la chasseuse de prime. Elle hurla sa douleur pendant que rigolèrent les sœurs Santana. Elles étaient semblables à deux tigresses s'amusant avec leur proie avant de l'achever.

- Ça suffit, contre vous deux, elle ne fait pas le poids. Contre une seule même d'ailleurs, intervint Loth qui s'épousseta sous le regard toujours médusé de Fringe. Je vais vous expliquer ce que vous ne comprenez pas, fit-il d'un air collégial en s'asseyant sur une pierre tombale après en avoir demandé la permission au mort qui reposait en dessous.
Voyez-vous, Fringe, vous aviez la clé de toute cette affaire et vous êtes passée à côté. En prélevant mon sang durant les funérailles, vous aviez le moyen de savoir que je faisais semblant d'être mort alors qu'en réalité, j'étais juste dans un profond coma, sous l'influence d'un poison.

- D'ailleurs, il est temps de nous expliquer aussi. Parce que je ne comprends toujours pas ce qu'elle a bien pu faire avec le sang.

- Reconnaissez d'abord que j'avais raison en disant qu'elle viendrait déterrer mon corps, fit Loth revanchard.

- Avec tous les imprévus qu'on a eu aujourd'hui, si cette énième prévision de ta part avait foiré, tu l'aurais senti passer, crois-moi ! Maintenant explique avant que je ne me fâche !

- Soit. C'est simple, elle a prélevé mon sang pour connaitre mon groupe sanguin. Je ne vous fait plus aucun topo, vous avez compris qu'elle était une croque-mort. Elle trempe dans le très lucratif trafic d'organes et de cadavres. C'est dans ça que Savage Opress et elle étaient impliquées. De part son activité de chasseuse de prime, de part la politique très répressive du Taldor, elles étaient toutes deux amenées à avoir beaucoup de cadavres sur les bras. L'offre ne manque pas, tant pour les dons forcés d'organes, que pour les dissections, pour les laboratoires ou encore pour les nécrophiles et autres fétichistes maladifs.

- Je me souviens maintenant de ses mots durant les funérailles quand elle s'est approchée de ton corps. Elle a dit "Un long-bras... Magnifique... Si séduisant... Vraiment dommage..." Ah donc, tu voyais déjà ce qu'il allait te rapporter sur le marché noir, hein ? demanda Midnight amusée alors que Fringe la fixait d'un regard qui lui souhaitait une mort longue et douloureuse.

- Et c'est directement grâce à cette fascination pour les cadavres que j'ai immédiatement deviné au Centre des Arts qu'elle n'était pas le Cafard et que c'était elle qui avait pris mon sang.

- Oui ! J'y suis. Quand Dickson montrait les cadavres disséqués de l'exposition à Savage, Fringe a fait un "Waaahou !" si fort que Queen a répliqué en disant "J'aurais plutôt dit Beurk".
Merde ! J'avais les deux indices sous les yeux, je n'ai rien vu !


- Certains sont doués pour créer des explosions, d'autres pour naviguer dans une mer de feu. A chacun ses talents. Pour moi, ça a été du tic au tac, j'ai tout de suite deviné. Surtout que récemment le Réseau Damam a beaucoup fait parler de lui.

- Damam... marmonna Ombeline. C'est à cause de ce réseau de trafic de cadavres que je me suis éloignée de Loth pendant trois ans d'enquête où j'ai écroué ses plus hauts cadres sur East Blue. Et dire qu'il eût fallu que je vienne à Boréa, en lien avec toi pour faire une autre percée décisive... le sort se joue de moi.
Ah Fringe, au cas où, c'est moi qui vous ai espionné Savage et toi hier. J'y ai appris le nom de Bo Xilia et je dois t'en remercier. Depuis un an, j'étais sur la trace du receleur principal sur North Blue du Réseau Damam.


- Damam en Hébromian antique signifie "Silence". Le Silence de la Mort. Magnifiquement bien trouvé mais pour vous, le chemin s'arrête là, Fringe.

- Pourquoi...faire...semblant...de...mourir...? hacha-t-elle sous le coup de la douleur.

- Ça je crois que tu l'as compris aujourd'hui avec l'affaire de ta complice. Elle n'a pas tué Apoel Nicosi qui d'ailleurs n'avait jamais vu Marie-Curie de sa vie. C'était juste un appât destiné à la vraie taupe d'Ashura dans les rangs du Parapluie. Et comme tu l'as vu, elle a mordu.

- Qui de Dickson ou de Queen ?

- Dickson pour moi. Il a bien failli niquer notre plan et il est arrivé le dernier en mode essoufflé.

- Queen est venu en même temps que Fringe ici présente. Il aurait pu le tuer, rebrousser chemin, la détecter et la rejoindre pour revenir ensuite sur ses pas histoires de se forger un alibi. Je mise sur lui, moi. Et toi, Loth ?

- Moi ? Je vais aller observer les étoiles, répondit-il les yeux rivés aux ciels. On n'a pas eu de nuit aussi claire depuis longtemps. Toutes les étoiles de la constellation de l'éridan sont visibles cette nuit. Magnifique astérisme, vraiment...

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Moins d'une heure après cette conversation, le temps que les sœurs décidassent des protocoles du transfert en absolue discrétion de Lionella Fringe vers un lieu secret de détention le temps de clôturer l'enquête, les 52 millions d'honoraires payés par Maximilian Nordin à la chasseuse de prime disparurent mystérieusement de la caravelle de cette dernière. Immédiatement dépensés dans la foulée, ils servirent à payer les consultations d'Avada Kedavra et de Dena' qui s'élevaient à un total de 22 millions.
Ne restèrent donc plus que 30 millions que Loth ajouta à son portefeuille personnel avant de feindre un air étonné quand débarqua Midnight furieuse de la disparition des liasses.

Bien sûr, elle savait que c'était lui, mais Boréa restait un bon état de droit et sans preuves, il lui était difficile de l'appréhender. Surtout quand le roi lui-même était sous son charme et louait le machiavélisme et l'ingéniosité de ses stratégies.

Espérons que Loth ne vole pas trop prêt du soleil et se brûle les ailes...

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Loth Reich
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Mer 4 Nov 2015 - 20:34

 
Une semaine plus tard...

- "Contrôler le scénario" hein ? fit Maximilian Nordin riant aux éclats. On peut dire que ça n'a pas été facile mais maintenant que c'est fini, je me sens soulagé et euphorique.

- J'avoue et je ne m'attendais pas à ce que ça marche comme sur des roulettes, ce qui n'a pas été le cas. D'ailleurs, j'aurais été déçu si ça avait fonctionné de bout en bout. L'adversaire, enfin, les adversaires étaient de tailles, avec leurs propres intrigues mais au final, on s'en est plutôt bien sorti.

- Pas pour ce pauvre Yuan.

- Les risques du métier, fis-je pas compatissant le moins du monde. Il a mis sa vie en jeu, il a perdu. Ce n'était qu'un pion aisément sacrifiable mais à sa décharge, il a bien accompli son rôle.

- Je n'arrive toujours pas à croire que ces fleurs violettes ont été la clé de toute cette intrigue, murmura Max' en hochant la tête d'incrédulité, les yeux rivés sur les pétales sur la table.  

- La clé a toujours été de montrer quelque chose d'unique que seul le Cafard pouvait connaître. On l'a fait en premier en lui montrant le journal de Marie-Curie pour qu'il sache que nous détenions de solides atouts, puis l'avons appâté avec le personnage de Moloch qu'il a réussi à coincer quand ce dernier a pris la fuite. Mais au moins, a-t-il eu le courage de répéter mot pour mot ce que lui avait dit la Commandante Midnight dans le cimetière.

- "J'ai planqué mon assurance vie quelque part. Tuez moi si ça vous chante, mais la vérité éclatera, j'y ai veillé", répéta le roi en se souvenant des mots. Vous m'étonnez qu'il en ait parlé, il était fichu et Midnight lui avait bien dit que ce chantage miracle allait lui épargner la mort. Bien sûr qu'il s'est empressé de le vociférer quand il s'est retrouvé nez à nez avec le Cafard. Mais ça n'a pas marché.  

- Ça n'aurait jamais marché, le Cafard ne gagnait rien à le laisser en vie et puis cette histoire d'une seconde assurance-vie, d'un autre maître chanteur était peu probable et devait sonner comme ce qu'il était. Une tentative d'un condamné à mort de sauver ses fesses.
Ça n'aurait d'autant jamais marché si le Cafard avait vu ces fleurs violacées tomber de la poche de notre Moloch. Dès le moment où Yuan avait accepté des mains de Midnight de garder ces pétales sur lui, elles l'avaient condamnés à une mort certaine, car si seconde assurance-vie il y avait réellement, le Cafard aurait aisément deviné grâce aux fleurs, où l'assurance était planquée.
Ces pétales violettes sont produites par le Cedrus Violate ou Cèdre de Violate. A l'état naturel, cette essence est inexistante dans les pays polaires. Elles avaient été la clé dans l'affaire des Marchands de Pluie où Marie-Curie avait trouvé la mort et elles l'ont été dans celle-ci également parce qu'il n'y a deux endroits à Boréa où on peut trouver les Cèdres de Violate.


- On peut en trouver à Solitude, ce vieux quartier ouvrier désaffecté qui connut son âge d'or durant l'érection du Port de Lavallière ainsi qu'à Mamelle, un petit bourg paumé au cœur de la steppe, territoire de l'ethnie Yrys. La Cellule Tempest avait à un moment élu domicile à Mamelle et Marie-Curie avait nettoyé les lieux en exterminant les Yrys. A la vue des pétales, le Cafard aurait immédiatement fait le lien. La fausse assurance-vie de Moloch ne pouvait se trouver qu'à Mamelle sse srait-il sûrement dit. Un lieu empli du souvenir de Marie-Curie, normal alors que son compagnon éploré y ait planqué quelque chose lui appartenant. J'admire la tournure de vos manigances, Loth, dit-il en soulevant son verre. Le Cafard est tombé, ne restent que Zéro et Lavoisier. Je porte ce toast à la mort d'Ashura !

- A la mort d'Ashura, répétai-je, nostalgique des évènements de la semaine passée.

Max' était trop généralisateur et euphorique pour se rendre compte qu'en fait, nous étions passés à un cheveu de l'échec complet. Heureusement pour nous que le Cafard était le plus bête des deux...

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Une semaine plutôt, Boréa était en effervescence. Encore. Plus à cause de sordides histoires d'assassinats, ni davantage d'attentats. On célébrait la réponse de la royauté à Ashura, on célébrait les "amis de la nation", on décorait le Lieutenant-colonel Arsène Dickson et le Chef d'équipe Samory Queen du CP5 pour Service Rendu à Boréa. L'ennuyeuse cérémonie fastueuse s'était étalée sur une longue partie de la journée entre remise officielle des médailles, rencontres avec le gotha du royaume, conférence avec les meutes de journalistes déchaînées, et cetera.

En fin d'après-midi, l'ambiance se tassa assez pour permettre aux deux officiers de s'éclipser et de retourner à leurs ports d'attache. Bliss pour le Colonel et Marijoa pour le Cipher Pol. Ils levèrent les voiles dans deux navires différents.
Tranquillement accoudé au balcon du cinquième étage d'un immeuble qui donnait directement sur le port, Loth regarda partir les voiliers avec un rire entendu tout en sachant que l'un d'entre eux bifurquerait dès qu'il croiserait au sud de Boréa. L'un d'entre eux se dirigerait vers Mamelle à coup sûr.

Aussi, après quelques préparatifs impliquant la marine, il enfourcha son cheval et partit au triple galop en direction des steppes sauvages de Boréa. Midnight et Ombeline le suivaient de près.
Dans les landes de l'arrière pays recouvert d'un manteau blanc, Loth se plaisait à penser qu'il connaîtrait bientôt le fin mot de toute cette histoire.
Ils cavalèrent des heures durant et n'atteignirent Mamelle qu'au petit soir quand le soleil crépusculaire de printemps colorait la neige d'une touche cramoisie. Cet endroit, Loth n'aurait jamais pensé y revenir et cela le mettait mal à l'aise. C'était ici, dans cette bourgade dont il ne restait que des tentes vides et gelées qu'avaient été "génocidés" les Yrys. Trois cent trois individus d'une ethnie sur le déclin démographique gazés pour le seul besoin d'occuper leur terre mais aussi pour le plaisir de tuer car c'était ça la méthode "Marie-Curie". En descendant de son cheval, Loth pensa que le monde se portait décidément mieux sans cette infâme et pâle imitation d'être humain.

- Les cèdres de Violate se trouvent là-bas, fit-il en désignant de l'index deux rangées opposées de quinze arbres géants qui exhibaient fièrement leurs fleurs intensément violacées.  

- C'est magnifique !

- Donc sous ces arbres se trouvent les catacombes où reposent les Yrys ? demanda Midnight d'une voix lente ce qui amena Loth à se souvenir que ce n'était pas réellement lui, mais Will Kelly, un lieutenant de la marine régulière avec qui il faissait équipe durant cette enquête qui avait mis au jour le génocide. Et Will Kelly qui avait aussi trouvé la mort durant l'enquête était le cadet de Midnight dans la liste des disciples du Vice-amiral Jones.

- Quand Will les a trouvés, ils étaient congelés et entassés pêle-mêle dans un irrespect infini. Ils y reposent toujours ici, mais enterrés avec dignité et honneur, le roi y a veillé.

- Vous aussi aviez été enterré avec les honneurs, Loth Reich, fit une voix malicieuse que je reconnus instantanément. J'aurais dû me remémorer ce vieux dicton Boréalin. "Les morts ne sont jamais morts, tant qu'ils ne sont pas réchauffés et morts."
Qui vous a réchauffé, Loth Reich ?


Arsène Dickson... Il était là, perché dans une branche de cèdre, son manteau flottant au vent. A vingt mètres au dessus du sol, il les surplombait de son regard pétillant de malice. Dans sa main gauche, il tenait une rapière finement ouvragée au clair, prête pour le combat.
Était aussi prête, Lady Ombeline qui dégaina Aguicheuse et d'un coup oblique dans les airs trancha l'arbre à distance. Dickson avait déjà sauté et avait atterri sur le sol gelé avant de mordre la neige, propulsé par un coup de pied cisaillé de l'Abeille.

- Vous ne vous jouerez plus de la Marine, Lieutenant-colonel. Vous passerez devant une cour martiale avant sûrement d'être exécuté. Je vous conseille de ne pas offrir une inutile résistance où vous risqueriez de regrettables blessures. Lieutenant-colonel, Arsène Dickson, je vous arrête pour haute trahison et collusion avec une organisation criminelle et terroriste.

- Depuis quand t'es aussi protocolaire Onee San ? Laisse-le répliquer, un combat se doit d'être toujours à mort ! fit Ombeline en léchant le tranchant de son katana, toujours de cette manière obscène.  

- Hahaha, je me rendrais volontiers ma Commandante, marmonna Dickson en se relevant péniblement, mais je crois que je finirai seulement sur votre tableau de chasse en tant que dommage collatéral, je ne le crains. En toute modestie, je dois dire que si j'étais le Cafard, je ne serai jamais tombé dans un piège aussi grotesque. Allons, Loth, vous pouvez faire mieux, dit-il en fixant un Loth stoïque qui se contenta de relever ses lunettes.

- Qu'est-ce que vous nous chantez ? Seul le Cafard connait Mamelle !

- La connaissent aussi tous ceux qui ont étudiés cette affaire de très très près. Allons, je savais que Loth était vivant dès le moment où j'ai reçu cette invitation parce que je m'intéressais au personnage depuis bien longtemps et ce genre de stratagème était totalement "lui". Cela dit, sa mort était des plus convaincantes, j'ai même douté à un moment. Comment avez-vous fait pour masquer vos pouls ?

- TTX, répondit le concerné comme s'il parlait de la météo. Donc vous saviez... Je m'en suis douté quand vous avez proposé Graam Landry comme alternative à notre figurant. C'était là mon erreur n'est-ce pas ?  

- Oui. Ne pas impliquer Amédée Mayday dans le processus était l'erreur qui m'a confirmé que nous suivions un scénario contrôlé. Car voyez-vous, Amédée Mayday possède une mémoire photographique, exactement comme vous-même Loth. Quand, ma Commandante, vous avez lui avez déclaré à Froidétain qu'il ne "pouvait quand même pas connaitre ses cinq cent hommes", vous n'aviez jamais eu aussi tort. Il se souvient de chacun d'entre eux et votre Apoel Nicosi, j'ai su que c'était du flan avant même de toucher aux dossiers. Je me suis alors plu à proposer un scénario alternatif pour voir comment allait réagir le Maître du Jeu Contrôlé. Mais Loth n'a rien fait, le scénario prévu a continué et votre pion a pris peur et s'est enfui, ce qui au final a encore plus ruiné votre scénario et a profité à la taupe d'Ashura. A Samory Queen.

- Affabulation ! Vous seul êtes ici en ce moment alors que Queen doit être loin en mer. C'est vous le Cafard !

- Bien sûr qu'il est en mer ma Commandante, moi, je ne suis jamais parti. C'est un bateau vide qui a prit la mer, répondit-il, désinvolte. Enfin, Queen doit déjà avoir accosté sur une partie de la côte et faire route vers ici. Je vous propose de l'attendre planqué comme moi-même, je vous ai attendu.
Ou !
reprit-il avec force, je peux encore vous montrer quelques failles de votre scénario, Loth.

- Dites toujours, nous sommes tout ouïe.

- Savage Opress. J'ignore l'identité de la personne que vous avez engagé pour se substituer à elle mais vous avez été négligent sur ce point aussi.

- Hein ? Quelle personne pour se substituer à qui ? tonna Midnight en regardant alternativement Dickson et Loth.

- Oups, ai-je gaffé ? La Commandante n'était pas au courant de cette partie du plan ? Un peu comme quand elle ne vous a pas prévenu que sa sœur était dans nos ombres et nous suivait ? C'est un peu cette désunion collective qui a fait que moi, je vous ai percé à jour chers amis. Vous jouiez ensemble mais aussi les uns contre les autres, vous cachant des informations viables.
Donc, je disais que la personne qui a remplacé la Vraie Savage sous le masque n'avait pas eu du bon sens en ne signalant pas le vol de son wakizashi tout simplement parce que primo il a été utilisé pour lui faire du tort -enfin, je suppose qu'elle s'en foutait- mais aussi parce que ça trahissait son identité. Même si le  Ryū no Nageki volé était une copie, la véritable Savage n'aurait jamais laissé passer ça, c'est inconcevable et c'est mal connaître les services secrets Taldorien et leur amour du sabre. Manier le sabre est plus qu'une voie ou une discipline là-bas, c'est une religion nommée "La lame de l'âme". Dès ce moment au Centre des Arts, j'ai su que nous étions dans un scénario contrôlé et que nous avions à faire à un interprétateur. Ce que l'acteur m'a confirmé dans la seconde qui a suivi en tirant à la mitrailleuse sur le Moloch caché derrière les cadavres. Quelqu'un qui suit La lame de l'âme n'utilise jamais d'arme à feu. Jamais.


- Je ne sais pas si ça vaut quelque chose mais j'avais juste demandé à cette amie d'empêcher Savage de venir, se substituer à elle était son idée. Mais malgré les erreurs, cela nous a été bien utile puisque ça nous a permis de confirmer que Fringe faisait du trafic de cadavres et donc de l'éliminer de la liste pour la réduire à deux suspects. Queen et vous.

- J'avoue qu'elle n'était pas futée celle-là de penser à voler votre corps, hahaha. Son mercantilisme l'a perdue. Cela dit, je n'ai pas deviné dans quoi elle trempait.

- Qui avait pris la place de Savage ? demanda Midnight, le regard mauvais.

- Un acteur, un membre de ma famille et communauté de moine, mentit Loth, insouciant. On ne va pas partir en dispute, parce que je vais vous citer en disant que rien ne m'engageait à vous informer des déplacements de ma famille.

- Si, puisque cela empiétait inutilement sur l'affaire !

- Comme votre sœur espionnant les Parapluies, intervint Dickson. Je m'en suis rendu compte malgré sa discrétion et il est fort à parier que Queen également. Autrement, il aurait pu tenter des actions osées bien avant mais au lieu de ça, il s'est résolu à la discrétion et à des bassesses comme voler le wakizashi du substitut de Savage pour l'incriminer, ou encore poursuivre Moloch dans les ténèbres et tenter de le tuer en One Vs One.
Moi, je vous dis juste que vous avez de la chance que votre taupe ne soit pas une grande lumière, autrement, vous vous seriez ridiculisés,
fit-il en haussant des épaules.

- Quand on parle du loup... marmonna Lady qui s'était couchée, l'oreille collée sur la neige. Ils arrivent, ils sont nombreux. Enfin, les chevaux sont nombreux. Rythme soutenu. A trois kilomètres maxi, je dirais.

- Il est temps de se planquer, grinça Midnight folle d'une colère qu'elle avait du mal à contenir à cause du ridicule de la leçon que leur donnait Dickson. Mais peut-être aussi par la réalité de la traitrise de son ami.

Comme nous l'attendions, comme le prophétisa Dickson, Samory Queen arriva à Mamelle quelques minutes après, soutenu par au moins cent hommes à cheval. Ces gens n'étaient pas d'Ashura, je les reconnaissais à la vue d’œil. Ils appartenaient à la nouvelle vague de criminalité qui avait commencé à s'épanouir sur Boréa aussitôt après la mise en service du train des neiges. Si le Conseil des Six Lunes et Ashura monopolisaient la majeure partie de l'attention sécuritaire, il était évident que ces bandits de grands chemins, ces pillards des steppes leur volerait bientôt la vedette. Ainsi donc, Dickson, redoutant le piège avait payé une milice pour le protéger. Ils avaient aussi payé une milice pour éliminer Loth. Il sauta de son arbre et se réceptionna devant ses invités.

- Ça fait longtemps que j'étais à ta recherche, Samory Queen.

Dans ses prunelles, le choc. Lui au moins le croyait mort, c'était un peu plus rassurant. N'était pas Dickson qui le voulait.

- Sale petit rat ! lança-t-il toujours sur son destrier. Ainsi donc tu as survécu !

- Aux deux attaques, ouais, fit-il paisiblement. La première aurait pu m'avoir sans l’Élite. La seconde aussi. Mais en ce faisant, vous avez creusé vous même votre propre en me donnant les armes pour vous attirer ici. Par "vous", j'entends Lavoisier et toi. Dès que tu m'auras donné son nom.

- Sale petit bigleux insolent ! Tuez-le ! beugla-t-il en tournant la bride de son cheval pour s'enfuir.

Son ordre engendra un déluge de balles. Loth en avait assez des balles, il en avait eu pour toute sa vie avec les Autres. Une lame d'air lancéolée perfora et embrocha les mercenaires des quatre premiers rangs qui faisaient feu sur lui, ce qui lui accorda un peu de répit. Du coin de l’œil, le binoclard vit Lady Ombeline qui tournoyait comme une toupie, son katana suivant ce mouvement. Qu'elle virât à gauche ou à droite, les têtes tombaient par dizaine et les corps étêtés mus par leurs derniers signaux nerveux convulsaient à terre en éclaboussant leurs périmètres immédiats de saccade de sang. Elle était contente Ombeline, tous le voyaient à son sourire, satisfaite enfin de donner la mort car telle était sa conception du combat.
A la droite de Loth, Dickson, lui, ne prit même pas la peine de combattre. Assis sur une branche, il s'épluchait une banane en regardant la mêlée en contrebas comme s'il s'agissait d'un film particulièrement intéressant.

Du tranchant de ma main, Loth dévia une lame et assomma son propriétaire. Le groupe de mercenaires était compact mais assez organisé. Tout en combattant, le noyau se déplaçait vers la côte pendant que la bordure extérieure se chargeait de combattre et de se faire éliminer. Bientôt, ils bougèrent tellement loin que Mamelle ne fut plus qu'un vague point à l'horizon. Ne voulant pas rater le spectacle, Dickson dut descendre de son arbre et mettre la main à la pâte.
L'objectif était simple, tailler dans le dos et se rapprocher du cœur de la mêlée où Queen était bien au chaud. Et même si le niveau des mercenaires laissait à désirer, ils avaient pour eux le nombre, mais surtout la vitesse. Se battre alors qu'on était à pied et que les autres cavalaient, cela relevait de la prouesse mais bientôt, ils troquèrent leur pauvre mode de locomotion bipède par des destriers dont les propriétaires étaient retournés à la terre gelée qui les avait vus naître.  

A l'avant du lot, Loth vit soudain des hommes et même des chevaux voltiger comme des brins d'herbes. Ils combattaient depuis une dizaine de minutes et Midnight avait décidé de passer aux choses sérieuses. Dans sa forme hybride, chacun de ses six bras agrippait une solide lame qui tailladait allègrement dans la chair. Elle avançait à contre courant et fut la première à se retrouver au cœur de la mêlée et la première à croiser le fer avec son ex-ami.
Au coup oblique de six lames mortelles, l'agent félon opposa un violent Rankyaku qui repoussa le Dard sur plusieurs mètres. Le destrier du tourne-casaque mourut dans l'échange et Queen se libéra de ce poids mort avec un Geppou qui le fit flotter au dessus de la masse. Il tenait toujours à fuir.

- Reste-là mec ! le héla Ombeline qui était désormais couverte de sang. Technique du sabre fleuri, milles pétales mortelles.

Après une série de mouvements alambiqués dans l'air, L’Épée du Matin libéra une salve de minuscules lames d'air qui avaient la vague forme imagée de pétales de roses. Les feuilles immatérielles déchiquetèrent les solides sur leur passage et ciblèrent Queen qui les esquiva brutalement en laissant la gravité faire son travail. A peine s'était-il réceptionné que Loth se porta à sa hauteur et le gratifia de la Paume du Tigre, le coup le plus puissant de sa panoplie d'imitations animales. Le Tigre percuta Queen au visage, lui éclata l'arrête nasale et l'envoya bouler dans la neige.
Il ne se releva pas davantage, Midnight surgit et lui planta une lame chaque paume.

- Te voilà à terre et crucifié, comme le Réseau Ashura, très bientôt.

- Pourquoi ? demanda Dickson qui vint compléter le cercle que formaient autour de lui les trois autres. Les mercenaires s'étaient enfuis en voyant leur employeur mal en point.

- Tsss... ha... ha... souffla Queen qui oscillait entre rire moqueur et gémissement de douleur. Pourquoi ? Bah... pour l'argent... J'aurais pu... arrêter Lavoisier... y a quinze ans... je l'ai surpris... sur son bateau labo... seul... Ashura était encore... naissant...

- Mais au lieu de ça, tu lui as apporté ton aide et tu as participé à ce qu'est devenu le Réseau de nos jours, compléta Midnight dont le visage n'exprimait que pure haine.

- Il... Lavoisier... a changé... est devenu... négligent... arrogant... il nous conduit... à notre... perte.

- Toi, ta perte, tu viens de la toucher du doigt. Fais amende honorable et donne-nous leurs noms au numéro deux et à Lavoisier. Montre que tu regrettes tes erreurs.

- Regrets ? Hahahahaha, rit-il de manière très franche. Pas... une seule... fois... je... me... suis ennuyé. C'était... écrit... c'est... ma fin. Je quitte Ashura... et ce monde... comblé... Vous... ne... me torturerez... pas... pour... obtenir... des infos...

- NOOOOOOOOOOOOOOOON !

Le hurlement de consternation de Midnight précéda l'impuissance des quatre à sauver la vie de Samory Queen. Après son baroud d'honneur, le félon s'était mis à convulser violemment et à expectorer un torrent de sang. Il se tortilla tellement que ses mains immobilisées par les sabres furent déchiquetées. Loth et les autres tentèrent de le stabiliser mais à peine s'y étaient-ils employés que le Cafard devint tout à coup froid et paisible.

- Ah en juger par l'odeur, c'est du Guantis, expliqua sombrement Dickson. Un poison mortel à effet lent qui commence à agir une heure après son inoculation. Il a dû le prendre avant de venir ici se doutant un peu du piège. S'il n'avait pas été inquiété, il aurait juste pris l’antidote que voici, fit-il en sortant une capsule jaune de la poche intérieure du mort.  

- Faire le sacrifice suprême au nom de ses amis. Je trouve ça louable, quelles qu’en soient les raisons, dit Ombeline en joignant son katana et en faisant une brève courbette au défunt. Ce fut un ennemi plein de valeurs.

- Tssss, maugréa Loth de mauvaise humeur.

Encore une fois, Lavoisier lui échappait même si son numéro 4 venait de succomber. Mais plus que tout, il avait une sainte horreur des gens qui payaient volontairement de leur vie l'incompétence des autres. La notion même de sacrifice l'insupportait au plus haut point.

- Je suis d'accord avec Lady Ombeline. Même si c'était un ennemi et un traitre, reconnaissons qu'il avait certaines valeurs louables. Pas vous, Loth ?

- Je pense surtout que c'était un lâche qui a préféré mourir que de faire face à ses responsabilités ! tempêta Midnight.

-  Voilà un point sur lequel nous sommes d'accord, Midnight. Le sacrifice, Dickson, est un truc de looser.



Dernière édition par Loth Reich le Dim 29 Nov 2015 - 12:39, édité 1 fois
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Moine Hérétique

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Sam 7 Nov 2015 - 22:23

 

- À charge de revanche ? fit Dickson en me tendant une main que je m'empressai de saisir.

- À charge de revanche, pour l'instant, vous menez le score, répondis-je, souriant.

Nous étions sur une jetée du port de Lavallière après la mort du Cafard. Je pouvais à nouveau me promener à l'air libre mais j'attirais toujours autant les regards curieux. L'histoire très officiellement royale sur ma résurrection fut que j'avais fait une terrible réaction allergique à un produit qui m'avait été injecté à l’hôpital. Réaction allergique si inhabituelle qu'elle avait intégralement ou presque inhibé mes réflexes vitaux, ce qui m'avait porté mort pendant près d'une semaine.
D'ailleurs pour accentuer l'effet théâtral et dramatique du truc, je m'étais glissé à nouveau dans le caveau puis étais ressorti tout seul à l'air libre en fracassant le marbre après qu'on m'eût assuré qu'il y avait assez de gens dans le cimetière pour servir de badauds et de colporteurs.

- Au plaisir de retravailler sur une même enquête alors, le "Moine Hérétique", du moins, c'est comme ça qu'on vous surnomme par ici ces derniers temps. Moi j'ai des dossiers chauds qui m'attendent, ajouta-t-il sombrement.

- Oui, ça a fait la une des journaux, le Colonel de la 19e Division des Marines de Bliss dont vous dépendez, votre Colonel, a été épinglé par une Cipher Pol du nom d'Annabella Sweetsong dans une vaste affaire de corruption et de crime organisé à l'échelle de South Blue. Comment un homme tel que vous a pu rater ça ? demandai-je très intrigué. Si ce type avait pu lire entre les lignes de mon scénario contrôlé, il aurait dû voir ça et de très loin...

- J'étais dans un autre univers, marmonna-t-il, visiblement pas fier de lui. Nous nous reverrons plus vite que vous ne le pensez, je vous inviterai à Bliss pour une certaine enquête et là vous comprendrez comment j'ai pu rater ces horreurs qui se sont déroulés sous mon nez. Je ne dis pas ça pour me donner une excuse mais j'étais tellement embourbé dans une nébuleuse et tellement échoué à rattraper ce fantôme que j'en ai délaissé mon monde.

- Qui est ce fantôme ? Qui peut bien requérir toute votre attention tout en vous échappant depuis si longtemps, vous qui avez été surnommé "La Truffe" ? fis-je avidement, le goût de l'intrigue accaparant mon âme.

- Et ben, un fantôme qui n'a pas d'odeur et qui n'en laisse pas. Un fantôme que je ne peux flairer. Un fantôme dont vous vouliez connaître le véritable nom sans avoir satisfaction.
Zéro, le N°2 d'Ashura.


- Hein ? m'exclamai-je étonné. Vous le traquez ? Sur Bliss ?

- Je le traque un peu partout, mais le moment viendra où je répondrai à vos questions. Il est temps de nous dire adieu pour un court moment mon bon. A nous revoir.

- A la prochaine.

________________________________________

- Tu t'en vas aussi ? Comme je suis chagriné ! satirisai-je.

- Je dois poursuivre cette nouvelle piste sur le Réseau Damam, mais je reste sur North Blue maintenant alors, nous serons amenés à nous revoir mon chou. En attendant, essaie de ne pas te faire tuer par ma sœur, ça m'attristerait, répliqua Ombeline avec son habituel sourire carnassier.

- Au revoir alors, Sergent.

- Sergent ? Je suis Commandante maintenant. Commandante Ombeline Santana. Tâche de t'en souvenir.

Je la regardai partir avec le soulagement de la savoir loin de moi pour un moment. Sa sœur et elle étaient de véritables malédictions qui me collaient aux semelles. Je l'avais échappé belle et grâce à Dickson, Ombeline n'était pas demeurée dans l'ombre pour m'espionner. Elle aurait pu me surprendre avec Savage et là, j'aurais eu du mal à justifier ma collaboration avec une notoire tueuse à gage...

Ombeline partait s'attaquer au Réseau Damam et inexplicablement, je ressentis le désir de l'accompagner. Du moins, de la court-circuiter en reprenant l'organisation à mon compte comme je le faisais avec Ashura. Ce sursaut de témérité passager me fit sourire pendant qu'une voix indicible dans ma tête se demandait pourquoi je voulais me compliquer la vie.

Je resserrai le col de mon manteau et ajustai mon ouchanka sur ma tête pendant que je quittais le port à pas lents. Il me restait encore du chemin à faire avant de m'approprier Ashura. Quelque part, dans ce pays, Lavoisier préparait déjà sa contrattaque et désormais, il me fallait faire profil bas. Quitter le grand luxe et me fondre dans le décor pour mieux frapper. Et apparemment, pire que Lavoisier, il y a avait son numéro 2.
Zéro. Celui qui mettait en échec un limier aussi talentueux qu'Arsène Dickson. Et rien qu'à l'idée de me frotter à un tel individu, mon sang se chargea d'adrénaline et bouillit d'un plaisir intense.
Le meilleur restait à venir.

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