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Tribulations d'un marine(2)

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Dark Showl
•• Lieutenant d'élite ••


Feuille de personnage
Dorikis: 3140
Popularité: +300
Intégrité: 200

Ven 13 Nov 2015 - 23:16

Alors que sur le pont supérieur tout le monde s’affairait et courait en tout sens, en bas, dans les cales du navire, dans une cellule carrée d’à peine trois mètres de côté, adossé contre une caisse en bois, un homme gisait là, ou plutôt dormait là, quoique la différence fut à peine visible, son rythme de respiration étant plus lent que celui d’un apnéiste qui essaierait de battre un record d’apnée. Mais tout du moins, le personnage, vêtu d’un costume rayé vert et jaune qui n’avait guère plus que le nom en rapport avec, paraissait vivre. Soudain, le prisonnier ouvrit péniblement ses paupières jusque là restées closes. Encore en état de choc, le jeune homme à la noire chevelure ne parut pas savoir où il se trouvait. Mais d’ailleurs, où se trouvait-il exactement ? Alors que le noble se posait cette question pour le moins existentielle dans la situation actuelle tout en se relevant, une intense douleur lui parcourut l’abdomen de long en large. Retombant aussitôt lourdement à terre, un rictus dessiné sur son visage poussiéreux, il recouvrit peu à peu la mémoire. L’aristocrate se souvenait de son combat contre le boucher des Blood Slave, son ventre lacéré et son bras droit amputé. À cette dernière évocation, instinctivement, sa main gauche toucha son épaule droite, comme la massant pour détendre les muscles. Tandis que le massage perdurait, le marin s’immobilisa un instant, comme si son cerveau venait d’être frappé par la foudre. Tournant sa tête vers la droite, il s’étonna de voir là non pas sa clavicule décharnée mais son épaule à laquelle son bras droit était bien rattaché, le tout dans la manche de son costume. Le doute transparaissait sur son visage. Persuadé d’avoir perdu son membre durant le combat, l’épéiste ne comprenait pas ce que son bras faisait là, toujours solidement attaché et sans aucune blessure apparente. Comment diable une telle chose pouvait-elle se produire ? Lui avait-on remplacé son membre absent par une prothèse métallique de substitution à la manière d’un cyborg ? Si tel était le cas, pourquoi donc ses doigts de sa main droite étaient-ils bien recouverts de sa peau et bougeaient sans aucune contrainte, ce que n’eut permis, assurément, une prothèse faite d’un alliage métallique ? Le lieutenant paraissait comme embrumé, perdu dans une brume épaisse, sans aucun repère et ne discernant que faiblement quelques ombres à l’aspect chimérique. Rien de tout ceci n’avait de sens ! Tout cela n’expliquait aucunement cet improbable miracle. Un esprit cartésien, rigoureux, comme l’était celui de l’escrimeur ne pouvait considérer comme recevable ces élucubrations ridicules. Une raison ! Il devait forcément y avoir une raison rationnelle à cette irréalité. Tout en se calmant, le bretteur se mit à fouiller plus profondément dans sa mémoire, à la recherche de quelques indices ou bribes d’indices qui lui permettrait de reconstituer le puzzle de cette incompréhensible situation. Peut-être ses souvenirs récents pourront l’aider à y voir plus clair dans tout ceci ? C’est du moins ce que l’officier d’élite espérait. À défaut d’autres idées lumineuses, il devait se contenter de celle-ci et prendre le temps d’explorer les méandres sinueux de son esprit fort exceptionnel, en toute modestie bien évidemment.

Se remémorant ses actions passées, le marine se souvint de son arrivée dans la ville de Sukarigu, les boutiques bien achalandées, la grande foule rassemblée pour acheter ou pavoiser tranquillement, sa visite calme de la cité en elle-même avec ses ruelles pittoresques, ses places bien fleuries et son port bien vivant. Puis, une attaque avait eu lieu, une attaque de pirates. Il avait alors sauvé une famille, tué quelques flibustiers et avait ensuite rencontré son adversaire du jour : le boucher du Blood Slave. De son combat, ses souvenirs ne paraissaient pas flou, il s’était défendu mais avait vite été malmené. Ensuite, un cri avait retenti, les choses se sont gâtées en reprenant le combat, tour à tour il perdit son bras droit puis sa cage thoracique se brisa. Après, le néant, le noir total. Juste quelques mots entendus : « On l’embarque….. On laisse cette ville ». Rien de plus. Comment donc son bras avait-il repoussé ? Et si son membre n’avait pas été tranché net, comment expliquer qu’il en ait été témoin, pourtant ? Assailli par toutes ces interrogations, le bretteur décida de s’observer plus attentivement. Outre son membre revenu, ses vêtements ne paraissaient pas aussi en lambeaux que ses souvenirs le laissaient croire. Plus troublant par contre, l’entaille en elle-même différait aussi. S’il se rappelait avoir été lacéré au niveau du ventre, celle que ses yeux voyaient actuellement s’étirait de haut en bas, du côté droit de son abdomen. Une fois encore sa mémoire ne concordait pas avec sa vision en cet instant. Lui avait on administré une drogue pour qu’il hallucine ? Peu probable si l’on prend en compte qu’il dormait jusqu’il y a peu. Mais avait-on pu le droguer précédemment, durant son combat contre Jack ? Assez improbable également. Et pourtant ! Cet étrange son le dérangeait. « Itami », qui pouvait donc avoir l’idée de prononcer quelque chose de semblable dans une situation d’attaque pirate ? À moins que ce ne soit un forban lui-même qui ait lancé cela à la volée. Mais quel malfrat pouvait donc avoir suffisamment d’égo pour sortir pareille insanité ? Dire ce genre de chose, cela revenait à se proclamer le plus fort. Hormis le capitaine du Blood Slave, personne d’autre ne pourrait avoir une idée aussi saugrenue ? Même si le chef des dégénérés avait effectivement prononcé la phrase, ce qui restait à prouver, rien n’étaye l’hypothèse de la drogue ou d’un quelconque pouvoir hypnotisant. Mais force était de constater que la situation empira drastiquement à partir de cri. Et, en effet, de la souffrance, l’aristocrate en avait eu sa dose et plus encore ! Serait-ce donc cela, l’explication ? Une incantation magique qui hypnotise les gens ? Son esprit rationnel avait du mal à prendre cela comme possibilité. Mais de toutes les autres idées, elle paraissait tout de même encore la moins farfelue. Décidant de considérer cette hypothèse comme satisfaisante pour le moment, l’élite se mit alors à chercher réponse aux interrogations suivantes sur sa liste. Où se trouvait-il et combien de temps avait-il dormi ainsi ? Pour la première, vraisemblablement, à en croire ses souvenirs et le décor répugnant, il devait se trouver à bord du vaisseau des boucaniers. Pour quelle raison ? Là-dessus, l’escrimeur avait sa petite idée. Quant à la durée de son assoupissement, à en juger par le degré de cicatrisation de sa blessure, son état de léthargie avait bien dû durer quelques jours. Les questions à l’ordre du jour ayant toutes trouvé réponse, ou du moins hypothèse satisfaisante pour l’une d’elles, l’héritier des Dark pouvait désormais se concentrer sur son évasion de cette prison flottante. Quelle honte que d’être fait prisonnier par l’ennemi !

Ces problèmes premiers réglés, d’autres restaient  à solutionner. Le plus important étant évidemment celui de sortir de cette prison dont les barreaux étaient faits de fer, selon ce qu’il pouvait en dire. Sans ses katanas, il lui serait fort difficile de sortir de ce guêpier. Le tekkaï ne pouvait guère l’aider non plus. Mais d’ailleurs, l’élite se demandait où les pirates avaient bien pu entreposer ses Meitous. Les auraient-ils mis à disposer de l’équipage comme de vulgaires rapières émoussées ou bien tiendraient-ils compagnie au capitaine du vaisseau ? Aucun indice ne venait confirmer ou infirmer l’un des deux hypothèses. Le bretteur devrait donc percer ce mystère, en plus de se libérer de cette cage dans laquelle rats et souris grouillaient, grignotant ça et là quelque morceau d’un sac en toile. En outre, le marin devait aussi s’assurer de pouvoir affronter et vaincre chaque forban présent à bord de ce rafiot. Et cela s’avérait nettement plus ardu. Son combat contre le Boucher ayant tourné à la raclée, mieux valait se préparer efficacement. Sans oublier que cet adversaire ne serait probablement pas son principal problème. Le chef des flibustiers, Kôhen Sakatsuki, devait forcément posséder plus de force que ses hommes. Dès lors, ses calculs ne pouvaient exclure ce malfrat-là. Tout ceci ne l’aidait cependant nullement à quitter cette geôle humide. Soudain, des bruits de pas résonnèrent. Laissant là ses pensées, le lieutenant mima une position de sommeil tandis qu’un sous-fifre descendait les marches menant aux cales et effectua son tour de garde, vérifiant bien que le prisonnier soit dans sa cellule. Cela fait, le maigrichon mousse remonta à la lumière du jour. Quand le silence revint, l’épéiste rouvrit les yeux et commença à échafauder un plan d’évasion. Son corps, bien que remis de son combat, avait encore besoin d’un peu de temps pour finir de cicatriser sa plaie et ainsi éviter toute aggravation. Du reste, le noble ne savait pas quelles étaient ses possibilités d’action. Fouillant ses poches intérieures, il découvrit avec ravissement qu’on ne lui avait pris son den-den mushi portatif. Probablement l’avait-on simplement enfermé ici dans l’attente d’arriver à bon port ? Cela l’arrangeait que les choses se soient passées de cette manière. Après un rapide coup de fil à son second qui lui apprit que cela faisait déjà trois jours que l’escrimeur avait traversé la forêt ombrophile de Sukarigu et que les travaux de réparation du navire avançaient correctement, l’héritier des Dark lui demanda simplement de continuer ainsi et le prévint juste que son absence allait encore durer quelques jours puis raccrocha le combiné. Inutile de lui donner les détails de ce contretemps. Maintenant que la situation était clarifiée, l’aristocrate allait pouvoir passer aux choses sérieuses. Les heures suivantes, le bretteur les passa à mettre au point une stratégie en tenant compte des données manquantes et des impondérables qui avaient le don pour se mettre en travers de sa route dans les pires moments. Autant dire que les chances étaient élevés qu’ils interviennent cette fois-ci, au vue de sa situation peu enviable pour une personne de son rang social. Quand sa tactique fut élaborée, après avoir imaginé moult scénarii parmi lesquels on pouvait noter d’improbables catastrophes naturelles et des phénomènes paranormaux, étant donné que la question des hallucinations n’avait été tranchée de manière cartésienne, l’homme aux cheveux noir de jais se décida à attendre qu’une opportunité se présente à lui.

Les heures s’écoulaient tandis que peu à peu la clameur sur le pont supérieur se calmait et que le silence s’installait progressivement à sa place. Malgré le temps déjà passé, son attente ne portait pas encore ses fruits. Ce devait certainement être la nuit. Il lui faudrait donc patienter encore un peu, hélas, avant de pouvoir mettre à exécution son plan. La porte reliant les cales au pont étant fermée, sûrement à double tour, les ténèbres dans lesquels était plongé le lieutenant d’élite devaient fortement ressembler à la nuit qui enveloppait le navire, mais en plus impénétrables. Ce n’est que bien plus tard, lorsque le soleil fut au zénith, qu’enfin la porte pivota sur ses gonds. À en croire le bruit, sa prédiction devait être exacte. L’élite se décida à agir et rentra dans la caisse placée au fond de sa cellule. Grâce à un astucieux stratagème consistant à décrocher une des faces adjacentes de la caisse et à se glisser dedans par l’ouverture puis à remettre en place la face, on eut dit que le marin s’était volatilisé, des sacs disposés sur le dessus de la caisse donnant crédit à la disparition. À bien y regarder, on ne pouvait réellement accorder énormément de crédit à cette hypothèse, étant donné le caractère quasiment intact des barreaux de la cage, si l’on excepte quelques barres légèrement courbées. Mais il est bien connu que dans la précipitation et avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, on panique vite et on prête moins attention aux détails. Alors que l’entrant descendait les marches menant aux cales à proprement dit, l’élite resta silencieux, caché dans le contenant. Vaquant à sa tâche, le sous-fifre ne prêta pas attention à la prison et se contenta de prendre le sac placé au fond dans les provisions. Puis, en refaisant le trajet en sens inverse, une partie du décor semblait manquer au coin de son œil droit. Jetant un rapide coup d’œil, le pirate vit la cellule vide. Aussitôt, son corps se figea comme de la roche, laissant le sac tomber au sol. Comment un corps qui gisait encore là hier pouvait avoir disparu ?! Paniqué à la simple vision de ce que lui ferait subir son capitaine s’il apprenait la chose, le bonhomme remonta quatre-à-quatre les marches et disparut à son tour. Les choses paraissaient ne pas se dérouler exactement comme l’escrimeur les avait prévues. Peu importe, il fallait attendre de voir la suite avant de changer de tactique. Tout allait peut-être s’arranger ? Même si cela tenait plus d’un optimisme déconcertant que d’un réalisme, cela semblait bien se prêter à la situation. Si quelqu’un constate la disparition d’un prisonnier, il n’a que deux possibilités en remontant : soit prévenir ses copains et fouiller ensemble les cales sans avertir qui que ce soit d’autre, soit avertir directement son supérieur ou son capitaine et essuyer les foudres de ce dernier. À bien y réfléchir, toute personne avec un peu de jugeote éviterait d’en référer directement à son chef et vérifierait d’abord ses allégations si sa vie était menacée par ce genre de problème. Et après avoir combattu le Boucher de l’équipage, nul doute ne subsistait pour le noble que ça ne rigolait pas par ici. Il y avait donc fort à parier que le mousse revienne rapidement avec quelques copains. Certes, cela dérangeait quelque peu son plan initial, mais cela restait préférable au second scénario. Comme prévu, quelques minutes plus tard, à peine quatre ou cinq, plusieurs bruits de pas se firent entendre, ainsi que des chuchotements pratiquement inaudibles. Ces gredins devaient véritablement craindre pour leur vie.

De son côté, l’élite ne bougeait pas, malgré sa position assez inconfortable. La petite bande, après avoir allumé quelques lampes à huile et celle du plafond, refermèrent soigneusement la porte menant au pont. Ainsi isolés de leurs camarades, ils allaient pouvoir effectuer leurs recherches sans être importunés. Si tout se déroulait correctement, cela allait bientôt être au tour de Showl d’agir. Mais d’abord, patience ! Tandis qu’un des forbans chuchotait à son copain qui l’avait amené ici : «  T’es sûr de toi ? On va tous y passer sinon… » et que l’autre répondait sur un même ton : « Mais oui ! Y’a pas moyen autrement, il est forcément là ! », les trois derniers fouillaient en silence les cartons. Puis, quelques minutes plus tard, les recherches ne donnant rien, le principal fautif se décida à aller voir dans la cellule, espérant y trouver l’un ou l’autre indice. Une fois à l’intérieur, après avoir ouvert la porte avec la clé qu’il tenait toujours en main, le matelot se gratta l’arrière de la tête, ne comprenant pas comment une telle chose avait pu se produire. Sur le pont, un homme à l’aspect fort déplaisant et portant une sorte de tablier se dirigea vers un groupe de pirates qui discutaient un peu, adossés contre le bastingage. Ceux-ci, voyant arriver le second du capitaine, interrompirent promptement leur conversation dans le vain espoir qu’il ne les ait surpris en train de flemmarder. Bien maigre espoir, toutefois. Arrivé à leur hauteur, le cruel Jack leur demanda où se trouvait l’équipe chargée de laver le sol. D’abord étonnés de la question, les interrogés se ressaisirent vite, conscients de leur veine, et répondirent qu’ils les avaient vu descendre aux cales il y avait un bon quart d’heure. Ne prenant pas la peine de remercier les fainéants, le Boucher se dirigea vers la petite porte menant aux sous-sols du vaisseau, une veine palpitant sur son front. En bas, pendant que ses amis cherchaient encore dans le débarras qu’était l’endroit, l’imprudent malfrat se triturait les méninges, face à ses camarades, à la recherche d’une solution. Pour lui, la disparition était tout bonnement inexplicable. Il ne comprenait pas comment cela avait pu se produire, la cage était bien fermée. Et pourtant, il n’y avait aucun corps dans la cellule. Ce foutu marin avait-il quelque don en magie ? C’était à tout le moins la solution la plus plausible que pouvait envisager son cerveau déjà bien gangrené par le monde de la piraterie. Plongé dans la perplexité, le sous-fifre s’assit sur la caisse présente dans la prison pour mieux réfléchir au problème. À peine ses fesses fussent-elles posées qu’elles commencèrent à s’enfoncer. À l’intérieur, le marine pestait contre cet abruti fini au vitriol. Bien vite emporté par son propre poids, le bonhomme s’enfonça de plus en plus, jusqu’à basculer en arrière et se retrouver le dos au sol et les jambes en l’air. Dans un grand fracas, la caisse venait de se casser en des dizaines de bouts de planches de bois. Encore sous le choc de sa chute, le maladroit ne remarqua pas l’étrange corps présent à côté de lui, ni ses copains qui le regardaient, effrayés par le vacarme. Ceux là non plus, dans la faible luminosité des lieux due au type d’éclairage, ne distinguèrent pas ce qui se trouvait à la droite de leur ami. Mais la situation venait de prendre une tournure pour le moins dramatique. Sa couverture ruinée par ce malotru, le lieutenant d’élite n’avait guère le choix que de passer à l’action. S’il avait pu sortir à temps de la caisse sans trop attirer l’attention sur lui, vraisemblablement, ce ne serait plus le cas dans trois secondes.

Alors que le malandrin se relevait péniblement, choqué que cette boîte se soit cassée aussi vite, un pied lui arriva droit dans la figure, l’écrasant sur le sol couvert de poussière. Relevé d’un bon, le jeune Showl avait cru bon d’entamer les politesses par d’amicales salutations qui ne manquèrent pas de produire leur petit effet. Comme un seul, quatre visages se tournèrent dans sa direction, après que le deuxième bruit ait lieu,  alors que son pied terminait d’aplatir le crâne du regretté pirate. Immédiatement, les cris se firent entendre, les mécréants ayant bien vite oublié la règle de ne point faire de bruit, et mousquets dégainés, les bons-à-rien ouvrirent le feu, leur colère devant certainement outrepasser la peur que leur inspirait leur capitaine. Quel courage ! C’en était touchant, vraiment. Quoique profondément inutile. Ne souhaitant pas s’épuiser dès le début, le bretteur opta pour une défense plus atypique mais tout autant fonctionnelle qu’un Tekkai. D’un geste vif de la main, il souleva le flibustier encore étourdi par le coup reçu et s’en servit comme protection. Apparemment,  longs à la détente, les balles fusèrent pendant plusieurs secondes avant que les braves décérébrés ne se rendent compte de leur bêtise monumentale. Sous leurs yeux ébahis, le corps, à présent sans vie, de leur camarade était criblé de balles, à la manière d’une passoire. Bien étrange démonstration d’amitié que celle-ci pensait l’officier de la Marine. Peut-être était-ce une façon courante de se saluer chez les pirates ? Auquel cas, il était normal que ses avances furent perçues comme fort cavalières, si pas discourtoises. Entre un coup de pied dans le visage et ceci, il y avait clairement un fossé. S’il avait su, nul doute qu’il aurait trouvé meilleur moyen pour se présenter. Enfin bon, rien ne l’empêchait de poursuivre les présentations sur un ton similaire et une ambiance aussi joyeuse. Jetant un coup d’œil rapide à la ceinture du malheureux boucanier, l’aristocrate en ressortit deux-trois couteaux de lancer et un pistolet plutôt classique. Avec cela, ça devrait le faire. Après avoir dépouillé le cadavre, l’élite le donna à ses amis, en guise de cadeau, en le leur lançant. Sur quoi, fort de cette nouvelle approche, l’aristocrate dégaina le pistolet et décocha à son tour une balle qui vint se planter au milieu du crâne de l’un des déchets humains. En voilà un qui restait sous le choc. Apparemment, cela allait mieux ainsi puisque le personnage en tomba à la renverse. Pourtant, bien loin de lui l’idée de subjuguer à ce point-là les foules. La faute à son charisme, très certainement. N’en restait donc plus que trois à saluer en bonne et due forme. Ceux-ci, commençant à prendre peur, se mirent à courir en tout sens, en dépit du bon sens. Les présentations allaient s’éterniser, c’est très fâcheux. Pareil contretemps se paierait cher, à n’en point douter. Bien décidé à faire au plus vite, l’homme aux cheveux noir de jais sortit à toute vitesse de sa cage de fer et se saisit des coutelas dérobés pour en lancer un en direction du rebut qui s’enfonçait dans les profondeurs des cales. Si son habileté au lancer était assez faible en comparaison de son talent au maniement du sabre, la formation reçue en tant qu’élite palliait ce léger défaut. En effet, on l’avait rompu à pouvoir se servir de toute arme, des plus sophistiquées aux plus rudimentaires. Les armes de jet ne faisaient évidemment pas exception à la règle. Et en dépit de ce qu’il pensait, ses compétences en la matière ne paraissaient pas si faibles. En haut, par contre, le Boucher venait d’arriver à la porte et se préparait à l’ouvrir afin d’enguirlander comme il se devait ces tire-au-flanc.

De son côté, la prise de contact avançait à grand pas. Alors que le mécréant avait reçu le couteau en pleine trachée, les deux mousses restants fuyaient autant que leurs jambes le leur permettaient et criant comme des hommes à l’agonie. Un vrai non-sens, puisqu’homme ils n’étaient pas, au vue de leur couardise, et à l’agonie, cela restait à voir, son éthique préconisant une mort rapide plutôt que longue, pour plus de commodité. Se rapprochant du premier fuyard, alors que le second posait le pied sur la première marche, le lieutenant opta pour une attaque rapide. S’accroupissant et effectuant une balayette au pirate, il se releva aussitôt pour lancer un autre coutelas au décérébré qui tentait de s’échapper. Ce dernier, recevant l’arme blanche en pleine tête, n’eut que le temps de s’éteindre dans un magnifique : « Aaaaaaarggghhhh ». Formidable ! Au même moment, courroucé par tant de flemmardise de la part de matelots, le second du capitaine ouvrait la porte à la volée, laissant l’équipage pouffer de rire en entendant le râle de leur compagnon qu’ils prenaient pour une exclamation de peur en voyant l’homme à la hache entrer. Hélas, il n’en était rien. Tandis que Jack le suivait du regard tout en claquant la porte ouverte aussi brutalement, lui, de son côté achevait le sous-fifre tombé à terre à cause du croche-pied en lui destinant une balle dans l’occiput. Ces malandrins avaient raison, rien de tel que d’y mettre les formes pour se présenter dignement en ce bas monde. De son côté, le Boucher n’avait pas cillé en voyant son larbin se faire exécuter sous ses yeux. Pour peu, l’élite pensa que cette brute épaisse l’aurait tué de ses propres mains si lui-même ne l’avait pas fait. Décidément, cela ne devait pas rigoler par ici. Une ambiance parfaite donc pour lui qui n’avait que peu de goût pour les plaisanteries en tout genre. Récupérant la rapière sur le corps encore chaud, l’épéiste se releva ensuite, faisant face à son adversaire, prêt à passer aux choses sérieuses. Ce dernier devait partager sa vision des choses car lui aussi paraissait déterminé à en découdre et à passer sous silence ce regrettable incident. Manque de chance pour le noble, la gigantesque hache ne quittait apparemment pas d’un pouce son manieur. Mais peut-être cet inconvénient allait-il se transformer en avantage ? Sait-on jamais ?  Fort de sa précédente confrontation, le Marine laissa le forban engager les hostilités. Celui-ci, comme à son habitude, lança avec une incroyable force sa hache démesurée. Sans surprise pour l’aristocrate. S’attendant à pareil mouvement, l’escrimeur décida de jouer là-dessus et tandis que l’arme s’écrasait dans le sol, l’héritier des Dark s’étant décalé pour laisser passer l’impressionnant objet, le justicier contre-attaqua directement en lançant un coutelas en direction du flibustier. Sa hache dans le sol, le timing était bien trop juste pour qu’elle revienne dans sa main et puisse servir de bouclier. Sa seule solution pour esquiver ou bloquer le couteau qui visait sa poitrine consistait à s’écarter comme venait de le faire le lieutenant, ne se pensant pas capable de parer ce coup-là avec une hachette. À l’instant même où le boucanier se mouvait sur sa droite pour esquiver le coup, tout en tirant à lui avec sa main droite sa lourde arme, une détonation retentit. Concentré comme à son habitude, l’homme aux cheveux noir de jais était bien résolu à ne laisser aucune chance à son ennemi. La balle tirée visait la tête du bonhomme. Ce seul coup pouvait clore ce duel. Le mécréant, occupé à se déplacer et à récupérer sa hache se retrouvait dans l’incapacité de bloquer le coup.
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Dark Showl
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Ven 13 Nov 2015 - 23:16

Avec un tel timing, sa vie risquait bien de se terminer maintenant s’il ne parvenait à placer son arme à temps entre lui et la balle. Mais aller plus vite qu’une balle de mousquet, voilà un sacré défi ! Dans un suprême élan de survie, il réussit à incliner sa tête suffisamment pour que le projectile ne fasse qu’érafler sa joue gauche et finisse sa folle course dans le plancher. Cela s’était joué à peu ! Si l’escrimeur pestait intérieurement, mais affichait un petit sourire narquois extérieurement, le beau Jack paraissait bien moins sûr de lui. Une goutte de sueur perlant sur son visage sur lequel du sang coulait, le redoutable combattant fulminait intérieurement comme extérieurement, affichant un rictus des plus déplaisants et annonciateur de terribles souffrances pour cet idiot costumé. Visiblement, depuis leur dernière confrontation, le Marine semblait s’être amélioré, ou était-ce son changement d’arme qui l’avait pris de court, lui le Boucher ? Quoique cela fusse, cette pièce assez exigüe l’empêchait d’user de mouvements amples avec sa hache. Un désavantage assez embêtant, mais pas suffisamment handicapant pour le pousser à l’abandon. Ca, ça n’arriverait jamais ! Lui aussi avait sa fierté. Le lieutenant d’élite, pour sa part, était bien content que la confrontation se déroule en pareil endroit. Loin de l’embarrassé, cela lui permettait d’user des armes à longues portée pour déstabiliser son adversaire. Mais comment la suite allait-elle se passer ? Ne baissant pas sa garde, l’aristocrate attendit, à nouveau, que le flibustier fasse le premier mouvement pour encore le désarçonner. Ce dernier avait vraisemblablement compris la technique puisqu’il paraissait également attendre que le Marin engage les hostilités pour ce second tour. Certes, cela ne l’arrangeait guère, mais le temps lui était compté. Avec le bruit causé par les détonations, les hommes présents sur le pont devaient commencer à se poser des questions. Autant donc en finir au plus vite. Pointant son pistolet sur le boucanier, il tira une unique balle en direction du nez du malfrat. Voilà le coup d’envoi ! Comme parcouru par un courant électrique, le mécréant passa à l’assaut en se protégeant avec son imposante arme tout en courant vers le justicier. Une bien étrange façon de combattre selon l’élite. Mais au vue de la pièce, il est vrai que le déchet n’avait que peu d’alternatives. Gardant son calme et ne bougeant pas, l’héritier des Dark se contenta d’incliner son mousquet tandis que le pirate continuait sa folle course qui devait certainement avoir pour but d’écraser l’escrimeur contre la paroi derrière lui. Atypique tactique s’il en est, mais redoutable en pareille situation. Mais cela ne suffirait pas pour qu’il se départe de son assurance. Caché derrière la gigantesque hache, le pestiféré ne pouvait voir grand-chose. Soudain, une détonation retentit, suivi d’un cri de douleur, d’un genou posé à terre et d’un mince filet de sang qui jaillissait de la plaie. Comme à son habitude, le fier bretteur ne souhaitait que la victoire. Pour cela, il avait momentanément immobilisé son ennemi en tirant dans sa rotule gauche. À présent au sol, et certainement incapable de courir désormais avec un genou dans un état aussi lamentable, le hacheur paraissait attendre le Jugement Dernier, la délivrance de son enveloppe charnelle souillée, le juste châtiment pour une vie de débauche et d’exactions. Et le noble allait la lui donner sa punition, tel un bourreau. Pointant à nouveau son arme sur l’homme à terre, l’escrimeur s’apprêtait à en finir d’une balle dans la tête.

Mais la ténacité du malfrat l’en empêcha. Saisissant sa lourde hache, il la lança sur le sabreur dans l’espoir de voir sa tête décapitée rouler sur le sol. Pestant, le Marine se contenta de prononcer dans un murmure «Tekkaï ». Aussitôt, son corps se rigidifia au point que sa dureté semblait l’égal du fer. Sous le regard ébahi du flibustier, la hache se stoppa net sur le ventre du noble, avant de tomber lourdement sur le sol en cassant par la même occasion quelques planches de ce vieux bois pourri dont était fait ce pathétique vaisseau. Satisfait en voyant un mélange de peur et d’angoisse se dessiner sur le faciès du Boucher, l’élite se décida à conclure, afin de laisser un souvenir impérissable à ce valeureux combattant, maintenant en proie de violents spasmes musculaires. Les rôles semblaient s’être inversés par rapport à leur précédent duel. Cette fois-ci, loin de se faire laminer, le bretteur dominait de tout son être ce misérable forban. Ce décérébré qui avait cru pouvoir le vaincre une seconde fois. Quelle naïveté ! Il allait comprendre rapidement à quel point sa pensée était grotesque. L’effet produit par sa surprenante défense lui procurait une joie indicible. Avançant d’un pas en direction du mécréant, ce dernier lutta autant que possible face à cet ennemi doté de pouvoirs magiques. Plus que jamais, une veine palpitait sur son front bien dégagé. La colère s’emparait de lui. Prenant ses hachettes, le boucanier les lança sur son adversaire, l’une après l’autre. Certainement plus pour empêcher la progression du lieutenant que pour le tuer réellement. Mais aux yeux du justicier, peu importait. Au vue de la situation, il pouvait bien se permettre de perdre quelques secondes pour jouer au chat et à la souris avec ce malandrin. S’immobilisant, l’aristocrate se contenta d’effectuer un nouveau Tekkaï. Les armes de jet ricochèrent sur lui, comme repoussées par un mur de fer que serait le corps du jeune épéiste. À mesure que les armes se fichaient dans le sol, le désespoir s’immisçait dans l’esprit du pirate et le rongeait de l’intérieur, pour finir par le dévorer entièrement. Ne comprenait-il donc pas que ses attaques étaient vaines ? Pour l’homme aux cheveux noir de jais, le jeu, quoique divertissant, commençait à tourner en rond. Il était temps d’en finir. Avançant lorsque le scélérat fut à court d’armes, ce dernier se mit alors à reculer en se mouvant au sol sans quitter des yeux son ennemi. Le désespoir se lisait clairement sur son visage. Loin d’aimer ce genre puérilités, l’élite accéléra le pas. Lorsque la mort se présente à toi, il faut pouvoir la recevoir et non se défiler comme un enfant. Apparemment, lorsqu’ils étaient acculés, les déchets revenaient à l’instinct de survie, comme la souris essaie vainement d’échapper aux griffes acérées du félin qui la traque. Tout simplement ridicule. Cela l’agaçait de voir les gens ainsi s’attacher à la vie alors qu’une épée de Damoclès pend au-dessus de leur tête et se prépare à les transpercer, son mince cheveu cédant. Levant la rapière prise auparavant sur un des cadavres, le sabreur regarda une dernière fois l’homme apeuré dans le blanc des yeux avant de fondre dessus, tel le chat bondissant sur la souris coincée, et lui enfoncer la lame dans son crâne. Pas un son ne s’échappa de la bouche du regretté Jack, seule une expression de haine profonde restait sur sa tête. Voilà donc la conclusion à cette ridicule rivalité. La confrontation s’était conclue sur l’indiscutable victoire de l’héritier des Dark. Le talon d’Achille de cette brute était donc bel et bien le combat à distance, exactement comme il l’avait prévu. Il ne restait donc plus qu’à liquider le reste de l’équipage, à commencer par le capitaine, Kôhen Sakatsuki, un redoutable ennemi, pressentait-il.

Maintenant que son adversaire avait été tué, une question lui trottait dans la tête. Où diable avaient-ils donc mis ses katanas ? Après quelques minutes passées à fouiller de fond en comble les cales, l’officier dut se rendre à l’évidence : ses sabres n’étaient pas ici. Etaient-ils en la possession de l’infâme capitaine pirate ? Si tel était le cas, les reprendre n’allait pas être une partie de plaisir, hélas. D’autant plus que cela le désavantagerait quelque peu pour les combats à venir de ne pas avoir ses armes fétiches pour les mener. Malgré ses réticences, le marine finit par prendre un deuxième sabre à ses victimes puis monta les marches menant au pont. Le deuxième acte allait pouvoir commencer. Défonçant la porte d’un coup de pied dévastateur, celle-ci fut projetée quelques dizaines de mètres puis loin sur les planches de bois. Si un instant auparavant une grande agitation régnait sur le vaisseau, cette cohue laissa place à un silence pesant. La quarantaine de flibustiers fixaient du regard l’étranger qui venait de causer un tel raffut, se demandant bien quelle mouche l’avait piqué. Enfiler un des habits de pirates des cadavres lui aurait certainement permis de se camoufler dans la foule, mais la noblesse de son ascendance le lui interdisait formellement. Quel acte dégradant c’eut été ! Porter des guenilles ! Que Dieu l’en protège ! Il convenait bien mieux de marquer les lieux de sa présence et de s’imposer dans ce milieu fort dépravé. Fort de ses convictions, l’élite s’avança vers ses ennemis, le regard perçant et déterminé. De leur côté, ils venaient enfin d’être touchés par la Grâce Divine. Plusieurs s’écrièrent : « C’est le prisonnier », tandis que d’autres, plus prompts à la réflexion proposaient d’aller prévenir leur capitaine. D’autres encore, bien plus lucides, eurent plutôt dans l’idée de ne pas déranger leur chef afin d’éviter de mourir. Finalement, les avis ne s’accordaient pas et ce fut vide une discussion animée entre compagnons qui se déroula sous les yeux de l’aristocrate. Vraisemblablement, ces avortons n’avaient conscience du danger que représentait leur adversaire. Ridicules ! Ils étaient ridicules ! Le temps pressait pour le Marine. Prenant à la main les deux sabres dérobés, le lieutenant d’élite fonça sur l’un des groupes de forbans qui s’empoignaient pour les mettre d’accord. À peine arrivé à portée, il planta les lames dans deux des décérébrés, puis les retira immédiatement pour passer au milieu du groupe et effectivement une attaque tournoyante au sabre. Les sous-fifres lacérés tombèrent au sol comme dépossédés de toute étincelle de vie. Son petit assaut fini, l’escrimeur en profita pour contempler les dizaines de visages surpris qui le fusillaient du regard. Apparemment, son attaque avait réussi à quelque peu fédérer ces déchets humains. Des quelques murmures entendus, la solution d’appeler Kôhen paraissaient avoir le soutien de la majorité qui se disait qu’ils risquaient bien d’y passer également s’ils ne l’appelaient pas. Une décision assez réfléchie pour de pareilles larves apathiques. Quoiqu’un peu tardive comme décision. Ne laissant aucun répit aux microbes, le bretteur repartit à l’attaque, cette fois vers le groupe le plus proche de la cabine du Boss, qu’il devinait être la plus grande. Tout à coup, une détonation retentit, se stoppant net, l’héritier des Dark ne put que discerner partiellement une balle de petit calibre venir s’encastrer dans une des lattes de bois, à deux pas de distance. Cherchant d’où provenait ce tir, il n’eut à chercher bien longtemps. Une voix se faisait déjà entendre et ordonnait aux matelots de se ressaisir. Qui cela pouvait-il bien être ?

Perché sur l’un des baraquements destiné au logement des mousses, à priori, un personnage aux courts cheveux blonds, vêtu d’une sorte de tunique à l’aspect faussement onéreux, deux pistolets à la main et une expression faciale tenant plus de la colère que de la joie, exhortait ses troupes à combattre l’évadé. Était-ce donc lui, le terrible pirate Kôhen Sakatsuki ? De ce qu’il s’en rappelait, il avait les traits bien plus grossiers et tenait davantage de l’excentrique que du bourgeois. Peut-être avait-il beaucoup changé depuis la publication de son avis de recherche à 40 Millions ? Mais une réponse de l’un des incapables lui fit comprendre qu’il faisait fausse route. De ce qui s’en disait, ce type n’était que le deuxième officier du capitaine. Effectivement, à bien écouter, le ton de sa voix paraissait bien moins effrayant que ce que le noble s’était imaginé en voyant et en entendant l’équipage parler de leur chef. Ainsi, si ce n’était pas son principal ennemi, le combat devrait être moins tendu, quoique pour autant pas plus évident. Avec une trentaine de galopins autour de lui, il y avait fort à parier que les choses se gâtent. Les yeux rivés sur cet inconnu qui pourtant avait un visage familier, l’escrimeur en oublia les petites frappes qui, revigorées par les paroles encourageantes de leur supérieur, profita de ce moment d’égarement du Marine pour l’attaquer dans le dos, sabre à la main. Enfin, en était-ce vraiment un d’égarement. Alors que l’un des malfrats courait et s’apprêtait à transformer en sashimi l’élite, celui-ci fit un pas de côté, au moment même où une nouvelle détonation retentissait. Déséquilibré par le vide devant lui, le forban n’eut le temps de se reprendre qu’une balle lui traversait le cerveau. Cet homme ne rigolait pas non plus, on dirait. Ce devait être une mode dans cet équipage que de tuer ses subordonnés par mégarde. Pour peu, cela lui ferait penser à la Marine. La belle institution où toute insubordination caractérisée pouvait être punie de mort. Institution dont lui-même était issu. Mais trêve de prolégomènes, les autres guignols fonçaient déjà dans le tas. Protégé des tirs du bonhomme placé en hauteur grâce au mur de sous-fifres qui se formait devant lui, au gré de ses déplacements, le bretteur avait tout le loisir d’entailler frénétiquement les corps qui passaient devant lui tout en s’esquivant. Pour peu, on eut dit la répétition d’un ballet. Ballet pour lequel les danseurs auraient été recrutés sur le tas pour mettre en valeur l’étoile du spectacle, lui-même. Hélas, sa jolie tactique, bien qu’efficace fut assez vite mise en pièce par d’autres boucaniers qui arrivaient de tous côtés, l’empêchant de reculer. Cerné au milieu d’une foule grossissante, l’aristocrate peinait à entendre l’étrange pistolero exhorter les flibustiers à le déchiqueter tant ceux-ci étaient bruyants. Malgré qu’une bonne dizaine de corps en plus gisaient au sol et que nombre d’entre eux avaient subi l’un ou l’autre coup, les déchets humains ne lâchaient pas prise et le menaçaient de leurs lames quelque peu émoussées. Gardant son calme, le lieutenant d’élite raidit encore une fois ses muscles en prononçant « tekkaï ». Alors, comme une seule, les lames se brisèrent sur son corps aussi résistant que du fer. Aux yeux de tous ces ignorants, cela sonnait comme un prodige. Pour lui, cela sonnait plus comme le glas de la défaite pour ces malandrins.

Maintenant désarmés, ils ne pouvaient plus rien faire mise à part se laisser découper en rondelles. Tout semblait se dérouler à merveille. Même si les événements n’arrivaient pas comme le stratège les avaient prévu, ils finissaient toujours par rentrer dans la danse. Un réel don que de rendre naturel l’imprévisible. Ce qui l’inquiétait par contre, c’était ce fameux adjudant ou quoi qui avait sauté sur le pont et se dirigeait vers la masse informe de corps. Probablement avait-il l’intention de descendre l’héritier des Dark ? Si tel était le cas, le marine comptait bien lui donner du fil à retordre. Mais pour l’instant, place au spectacle. Comme le disait si bien un grand poète « Show must go on ». Ainsi va la vie et plus généralement le monde du spectacle. Mais la vie n’était-elle pas un grand spectacle dont nous ne sommes que les marionnettes ? Pour un noble, ne pas contrôler son destin paraissait absurde, mais le lieutenant d’élite ne rejetait pas cette hypothèse. Loin toute fois de lui accorder du crédit, il semblait attendre que les événements la confirment ou l’infirment. Et sur ces belles paroles, l’homme aux cheveux noir de jais entama un massacre. Tranchant, lacérant, entaillant les pirates qui tentaient d’échapper à ses lames en se marchant les uns sur les autres, effrayés à l’idée d’une mort prochaine. Pour sa part, distribuer la mort tel le vent distribuant les maladies lui plaisait assez. Quel dommage que ces avortons n’en profitent pas également. Pareil spectacle n’arrive pas deux fois dans une vie, sauf si l’on ressuscite. Autant tout donner donc ! Le nombre de cadavres croissait donc à vue d’œil tandis qu’une voix forte ordonnait aux rescapés de se disperser pour dégager un champ de tir. D’autres voix se firent alors entendre, sur lesquelles venaient se greffer nombre de cris d’agonie ou de douleur, répondant par l’affirmative « oui, commandant John ». Malgré que dans l’état actuel des choses, essayer paraissait plus approprié car plus de corps tombaient que ne s’échappaient de cet enfer. Néanmoins, cela avait au moins pour avantage de lui livrer l’identité du mystérieux pistolero. Un amateur de pistolets nommé John, crapule des mers de surcroît. Cela lui disait quelque chose. Réfléchissant quelques instants tout en continuant à donner des coups de sabres aux sous-fifres situés tout autour de lui, l’image d’un avis de recherche s’imprima vite dans son cerveau. Un certain John « The Gunner » primé à 20 millions. L’homme lui ressemblait en tout point. Cela ne faisait donc aucun doute que c’était le même bonhomme. À peine eut-il enfin reconnu le personnage qu’une balle lui entailla la joue. Au milieu de l’amoncellement de cadavres et de fuyards, le forban avait réussi à trouver un angle de tir correct. Ce devait être un tireur de talent pour réussir pareil coup. Le combat risquait fort d’être passionnant. S’arrêtant dans son élan pour toucher de sa main droite sa joue, l’aristocrate eut le déplaisir de voir son propre sang sur ses doigts. Quelle disgrâce ! Ce moins-que-rien paierait cet affront ! Mais pour le moment, mieux valait éviter de prendre des risques et simplement attendre pour contre-attaquer comme avec ce Boucher. Les boucaniers du Blood Slave avaient l’air de savoir y faire avec leurs ennemis pour les réduire au silence. Il fallait le reconnaître. Son premier combat avec l’un d’eux s’était terminé sur sa lamentable défaite, quoique la lumière n’avait pas encore été faite sur cette histoire-là. Il importait donc que cet affrontement-ci ne finisse pas d’une manière similaire. Le bretteur devait gagner à tout prix ! Pour son honneur mais également pour éviter de retourner dans cette cellule au milieu de rats et de déchets organiques.

Tandis que les quelques pirates encore debout terminaient de s’enfuir, les deux combattants se fixaient. À une dizaine de mètres de distance du Marine, le pistolero paraissait jauger son adversaire, essayant certainement de découvrir l’un ou l’autre point faible du justicier. Pour sa part, sabres à la main, il restait immobile, attendant que le forban fasse le premier geste. Les sous-fifres, quant à eux, se taisaient et observaient la scène silencieusement, à l’autre bout du pont, de peur de se recevoir un coup par mégarde en s’approchant trop près des protagonistes. Ceux-ci, toujours immobiles, ne semblaient pas décidés à entamer le combat, jusqu’à ce que le tireur, d’un geste incroyablement vif, dégaine ses deux pistolets et tire en rafale sur le noble. Celui-ci, désireux de s’économiser, prit un des corps gisant au sol en guise de protection. Apparemment peu réticent à tirer sur ses camarades, le mécréant, continuait son attaque tout se déplaçant afin d’obtenir un meilleur angle de tir. Sentant venir le coup, l’escrimeur se contenta de se tourner progressivement, à mesure que le blondinet se mouvait, pour bloquer les balles. Malgré que cette défense improvisée tienne le choc, l’élite se doutait que cela ne suffirait pas à contenir l’assaut du bonhomme. Déjà, le cadavre commençait à ressembler à une véritable passoire. À ce rythme-là, sa protection ne serait bientôt plus. En outre, avec ce déchet devant lui, son champ de vision était considérablement restreint, lui donnant bien des difficultés pour se mouvoir à temps. Le flibustier, quant à lui, gardait son calme et enchaînait les tirs. Confiant vis-à-vis de ses capacités, il se décida à passer aux choses sérieuses, après ce bref échauffement. Subitement, au lieu de courir en cercle, John exécuta un salto arrière. De cette hauteur que lui conférait le saut, il en profita pour déstabiliser l’homme aux cheveux noir de jais en tirant avec une incidence bien différente. Puis, tout en retombant sur le sol, la fine gâchette du Blood Slave visa les pieds du lieutenant d’élite avant d’effectuer une roulade sur le côté gauche pour poursuivre son action avec encore un nouvel angle. Avec tout cela, sa victoire semblait acquise. Le bretteur, se protégeant toujours efficacement, éprouva quelques difficultés à suivre cet enchaînement. Evitant de justesse de se recevoir une balle en pleine tête en parvenant à temps à interposer son bouclier humain, l’aristocrate comprit que ces tirs allaient inexorablement se poursuivre jusqu’à ce qu’il atteigne le sol. Anticipant cela, l’épéiste baissa le corps inanimé puis le lança sur sa cible. Celle-ci, très agile, effectua simplement une roulade et termina son offensive par une nouvelle série de tirs. Sans protection, la mort attendait l’héritier des Dark s’il ne passait pas aux choses sérieuses. Vraisemblablement, on n’allait pas lui laisser l’opportunité d’économiser ses forces. Tout en pestant, l’escrimeur murmura alors « Tekkaï ». De loin sa meilleure défense, infranchissable, elle avait cependant le désavantage d’être coûteuse en énergie pour maintenir son corps dans cet état de rigidité totale. Voyant ses balles ricocher sur l’évadé, le numéro trois du Blood Slave interrompit son attaque et se releva. Son visage montrait sa stupéfaction face à cette impressionnante parade. Cela devait être de la même manière que ce personnage avait brisé les rapières de ses mousses. Si ses coups ne pouvaient atteindre le sabreur, ses chances de l’emporter avoisinaient les zéro pourcents. Il fallait réussir à percer ce mur défensif !

Sa confiance retrouvée grâce à l’efficacité de sa défense, le Marine n’attendit pas plus longtemps et fondit sur le pistolero, les deux rapières volées à la main, prêt à en finir. Grâce à son Tekkaï, son adversaire allait être déconcentré pendant quelques secondes encore. Peut-être même suffisamment longtemps pour achever le combat avec ce seul assaut. Arrivé sur sa cible, l’élite profita de la vitesse procurée par son sprint pour accroître sa puissance de frappe et tenta alors un coup d’estoc avec son bras gauche. Malgré que les lames étaient en partie émoussées, cela ne devrait pas se ressentir dans un coup comme celui-ci. Mais étonnamment, le blondinet réussit à reprendre ses esprits à temps et esquiva le coup d’un saut de côté sur la gauche du marin. Aussitôt, des détonations en chaîne se firent entendre, à l’instant même où l’escrimeur essayait de poursuivre son action en décrivant un quart de cercle avec son bras gauche pour faucher l’imprudent personnage. Obligé de recourir une nouvelle fois au Tekkaï, le bretteur se raidit tout en prononçant le mot. Voilà une belle occasion de conclure qui venait de lui échapper. Tirant toujours en rafale tout en reculant, le malfrat ne parut pas plus embêté que cela par la défense infranchissable de son ennemi. Avait-il déjà un plan en tête pour contrer sa technique ? Si tel était le cas, le noble avait hâte de le voir afin de le détruire par lui-même. Tout en tirant avec une arme, le numéro trois du Blood Slave rengaina le pistolet qu’il tenait dans sa main droite et sortit de son dos un mousquet d’un aspect assez proche mais d’un calibre un peu plus gros. Son autre arme était-elle tombée à court de balles ? Cela ne l’étonnerait pas, vu toutes celles déjà gaspillées. Mais à bien voir le visage de ce maudit flibustier, cela devait servir son plan. Qu’importe ! Aucune de ses balles ne pouvaient blesser l’épéiste tant qu’il maintenait son Tekkaï. Convaincu de la résistance de son corps, l’héritier des Dark encourageait même du regard John. Au milieu des balles tirées en rafale, une autre se glissa. Tirée par le nouveau joujou du pathétique tireur, elle paraissait se fondre dans la masse. Mise à part une détonation bien plus forte, rien ne pouvait indiquer une différence. Sûr de lui, l’aristocrate ne se préoccupa pas de cette balle qui lui arrivait. Comme les autres précédemment elle ricocherait. Cependant, sa confiance se mua bien vite en incompréhension quand le projectile entra en collision avec son épiderme et le perça, arrachant même un rictus à l’homme aux cheveux noir de jais qui se courba sous la puissance de l’impact. Alors que du sang s’échappait de sa noble bouche sous forme de crachats, signe d’une hémorragie interne, son adversaire, le tireur, esquissait un rictus et retrouvait son équilibre après l’avoir momentanément perdu en tirant cette balle. Comme diable sa technique avait-elle pu être brisée par cet avorton ?! Retirant la douille de son abdomen, qu’elle avait transpercé assez superficiellement somme toute, l’aristocrate l’examina un instant de près avant de la jeter au loin. D’une forme similaire aux balles classiques, elle se démarquait des autres par un corps plus profilé et surtout par sa grosseur. Son volume total devait bien être le quadruple de ses homologues. Si ce malandrin pouvait tirer des projectiles de cette taille, l’élite risquait fort de devoir élaborer un autre plan pour en venir à bout. Au risque de perdre bêtement sa vie dans le cas contraire.
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Ven 13 Nov 2015 - 23:16

Alors que le Marin se préparait à retourner à l’offensive, de nouvelles salves de balles filèrent dans sa direction. Encore sous le choc, l’officier préféra ne pas réitérer son Tekkaï et opta pour une esquive. Tout en courant pour éviter les projectiles, le fier justicier réfléchissait à un plan d’action. Tant qu’il resterait à distance, son adversaire bénéficierait d’un avantage considérable. En premier lieu, il fallait donc parvenir à se rapprocher de ce mécréant pour ainsi avoir une chance de le battre. Mais pour réussir à s’approcher sans se faire cribler de trous, son ennemi devait être déconcentré ou déstabilisé. Dans cette optique, il fallait donc créer cette ouverture. Cela tombait sous le sens ! Profitant que ses déplacements l’avaient amené près d’un amas de cadavres dont une odeur de mort commençait petit à petit à se dégager, l’élite ramassa l’un des corps et effectua un rapide demi-tour sur lui-même pour interposer son nouveau bouclier entre lui et les balles. Certes, cette défense n’était que temporaire, mais elle allait largement suffire pour créer l’ouverture dont il avait besoin. Il ne restait qu’à espérer que cela fonctionne. Saisissant fermement le pirate décédé en main, le noble le jeta de toutes ses forces en direction du pistolero. Maintenant, il s’agissait de déterminer de quel côté allait fuir le malfrat. Allait-il l’attaquer par la gauche ou par la droite ? Selon toute vraisemblance, le boucanier devrait choisir le même côté que la main dans laquelle se trouvait son étrange mousquet. C'est-à-dire que le bonhomme apparaîtrait sur la gauche de l’escrimeur. Autant donc l’y attendre. À une incroyable vitesse, le lieutenant d’élite se mut dans la direction choisie, prêt à empaler son adversaire d’un coup d’estoc bien placé. Mais contrairement à ses prévisions, le blondinet choisit l’autre côté. Pourquoi donc ce choix-là ? Interloqué, le bretteur décida de poursuivre malgré tout. Le troisième du Blood Slave, tout aussi surpris, serrait les dents tandis que son bras droit se tendait vers l’officier de la Marine, repartit à l’assaut et fonçant droit sur le danger. N’ayant visiblement pas du tout prévu une riposte aussi rapide et efficace, l’héritier des Dark pestait intérieurement, en voyant se profiler une mort fulgurante pour lui. Cependant, loin de perdre espoir, l’homme aux cheveux noir de jais paraissait plus déterminé que jamais à vaincre, face à cette fatalité. Agissant sans prendre le temps de penser, l’épéiste se laissa glisser sur le sol, alors qu’une détonation se faisait entendre. Sous l’effet de sa propulsion, ses pieds balayèrent ceux de l’homme aux pistolets, le faisant tomber en avant par la même occasion. Incapable de retenir sa chute, une violente douleur le tenaillant à l’épaule droite, John s’écrasa sur le pont du vaisseau. Du sang s’écoulait le long de son bras, signe d’une hémorragie interne importante. Dans quel état donc se trouvait son bras après seulement deux tirs avec cette puissance arme ? C’est à peine si quelques sensations lui parvenaient encore. Mais il lui fallait se relever et faire face. Pouvait-il cependant faire quelque chose ? À en juger par le hacheur qui n’était pas encore revenu des cales, on pouvait en déduire que ce même Marine l’a tué. Et si tel est le cas, comment lui, le troisième de l’équipage, pouvait espérer vaincre cet adversaire aussi habile que déterminé ?

Qu’importe ! C’était son devoir que d’éliminer les menaces de l’équipage. Un Marine de base étage ne suffirait pas pour l’empêcher de l’accomplir. Serrant les dents, le flibustier se remit péniblement debout. Bien déterminé à poursuivre le combat malgré un bras presque flottant. Le lieutenant d’élite, pour sa part, relevé aussi, paraissait en meilleure condition que son adversaire. Bien que cet affrontement l’ait tenu en haleine, Showl voyait mal comment une personne tenant à peine de bout pouvait avoir la moindre chance de le battre. En récompense de cette détermination, l’épéiste se devait de lui offrir une mort rapide. Les deux sabres encore dans ses mains, le noble se préparait pour un assaut qu’il espérait bien final. Face à lui, le jaugeant, le pistolero ne semblait pas moins décidé à conclure. Seules ses forces paraissaient le contredire. Mais avant que ses jambes ne réussissent à le faire bouger, du sang gicla et des étonnements suivirent. Cette fois-ci, ce n’était pas son épaule, mais son cœur-même ! Baissant légèrement la tête, le blondinet put très distinctement voir une lame qui le transperçait, tandis que des cris lui parvenaient, des cris qui l’encourageaient. Etonnamment, son corps ne ressentait aucune douleur. Son cerveau semblait ne plus traiter le moindre influx nerveux. Était-ce donc le début de la fin ? De sa propre fin ? Cela ne se pouvait ! Mais pourtant, si rien n’était fait, ce bonhomme tout endimanché allait lui échapper et pis encore ! Si leur capitaine n’intervenait pas rapidement, qui sait ce qu’il adviendrait de l’équipage ? Coûte que coûte, en tant qu’officier des Blood Slave, il se devait de terrasser ce type costumé. Non seulement pour son égo personnel, mais également pour venger ses mousses morts. Subitement, une étincelle de vie l’anima, ses yeux affichaient désormais une détermination sans faille. Saisissant le poignet de son ennemi qui tenait l’épée plantée dans sa pompe cardiaque avec la main de son bras valide, le boucanier, dans un suprême effort, récupéra un peu le contrôle de son autre bras et pointa son mousquet sur le cœur de l’homme aux cheveux noir de jais puis s’exclama ainsi : « Si je dois mourir, tu vas me suivre en Enfer ! ». Ce mécréant avait donc encore suffisamment de force pour tenter une dernière attaque suicide ? Quel fou ! Essayant en vain de se libérer de l’étreinte du malfrat, l’officier de la Marine dut vite en venir à la solution de dernier secours. À pareille distance, son Tekkaï ne pourrait le protéger efficacement, mais c’était sa seule chance pour survivre. Au même moment qu’une ultime détonation retentissait, le bretteur raidissait son corps à son paroxysme en prononçant le seul mot « Tekkaï ». Sous la puissance du tir, le bras du tireur parut sur le point d’imploser, des spasmes musculaires le parcourant et du sang s’échappant de toutes parts du membre. Légèrement déviée, la balle vint frapper de plein fouet l’épaule du Justicier. Incapable d’aussi bien durcir ses articulations que le reste de son corps, la balle brisa le Tekkai avant de perforer l’os et d’ensuite continuer sa folle course pour finalement se ficher dans un mur en bois. Sous l’effet de la douleur, l’escrimeur parvint à se dégager de l’étreinte et laissa le corps meurtri du pirate retomber lourdement sur le sol, un sourire satisfait sur le visage. Cet écervelé croyait l’avait réduit à l’impuissance ainsi ? Pensait-il que ce seul coup aurait raison du dernier des Dark ? Jamais un Dark ne ploiera devant l’adversité ! Alors que le lieutenant d’élite improvisait un bandage avec les restes de son costume, John articula quelques mots pour ses hommes puis ferma les yeux.


- Allez…. Chercher le….. capitaine….. Il faut…. Qu’il paye !

Maintenant qu’il y pense, il devait encore affronter le chef de cette bande de dépravés, le fameux Kôhen Sakatsuki. Et avec le fil à retordre que lui avait donné ce combat-ci, il y avait fort à parier que le combat final soit plus ardu encore. Alors que le Marine tentait d’élaborer un plan, un sous-fifre se hâta de traverser le pont et de monter les marches menant aux appartements de son capitaine puis ouvrit la porte à la volée avant de disparaître dans l’ouverture. Si ce type n’avait rien entendu avec toutes les détonations et les cris, soit il était sourd soit sa cabine devait vraiment être bien insonorisée. La dizaine de pirates encore présents sur le pont n’osaient bouger, ni même ciller. Vraisemblablement, la défaite de leur officier leur avait mis un coup au moral. Tant mieux pour l’élite, cela lui faciliterait la tâche par après. Quelques instants plus tard, deux ombres sortirent des appartements. La première était bien entendu ce larbin. Quant à la deuxième, ce devait être Kôhen. S’il s’en fiait à l’image de l’avis de recherche qu’il avait en tête, tout correspondait. Un visage qui laissait voir la démence qui l’habitait, des cheveux noirs d’une longueur inhabituelle, des yeux rouges injectés de sang, un aspect général plus repoussant encore que celui du Boucher. C’était bien le chef de l’équipage pirate Blood Slave.

Après avoir jeté un regard global sur le pont du navire, le Jashiniste éleva la voix.


- Qui donc est responsable de l’évasion de ce chien galeux du Gouvernement Mondial ? interrogea-t-il d’une voix forte, une nuance de colère largement perceptible dans la voix.

- Et bien, en fait, c’est que euh…, baragouina le nabot placé aux côtés du capitaine.

Se tournant vers le matelot, Kôhen le toisa du regard avant de pointer un pistolet sur le front du flibustier.


- Toi qui as osé me déranger, tu dois payer également !, annonça le boucanier d’un air dur.

Ne faisant cas des supplications de son subordonné, il l’exécuta sous les yeux de l’assemblée avant de reprendre d’une voix encore plus grave et emplie de menaces :


- Alors ? Qui dois-je également punir pour avoir libéré ce vermisseau de la Marine ?, reprit-il de plus belle.

Pétrifiés de peur à l’idée de subir le même châtiment que leur camarade, aucune des crapules présentes sur le pont n’osait répondre. Certes, aucun d’entre eux n’était responsable, mais il ne leur avait pas échappé que leur capitaine, sous la colère, se fichait éperdument de ce qu’ils diraient et se contenterait de tuer le plus téméraire qui parlerait. Le Marine comprenait à présent pourquoi tous avaient décidés de ne pas appeler leur capitaine lorsque les choses s’étaient gâtées pour eux. Les choses se seraient certainement déroulées de la même manière pour les forbans.

Finalement, après un silence pesant, un sous-fifre se risqua à bégayer quelque chose. Certainement dans le but de sauver la peau de ses compagnons plutôt que de satisfaire les exigences de son capitaine.


- Ce- ce marin a tué les-les deux officiers, John et…

Kôhen, comme connaissant les pensées du matelot, semblait s’amuser du malheureux qui tentait en vain d’expliquer la situation. Mais cette situation, le capitaine paraissait la connaître déjà. Tout en souriant largement, l’impitoyable pirate colla une balle au courageux bonhomme entre ses deux yeux. À ce rythme-là, il ne resterait bientôt plus aucun larbin. Après cette seconde démonstration de sa cruauté, le criminel descendit sur le pont et s’approcha du corps du pistolero, ne paraissant pas se préoccuper du Marine. Ce cruel personnage avait-il donc un semblant de cœur et venait souhaiter une bonne vie dans l’au-delà à son homme de main ? On pouvait en douter après avoir assisté à ces deux scènes-là. Intrigué, l’élite observa son futur adversaire. Celui-ci fixait du regard le cadavre, comme effectuant une prière mentale, puis sans crier gare, il fit exploser la cervelle du défunt d’une balle bien placée.

- Tss, bon à rien ! lança-t-il d’un ton méprisant à son ancien soldat. Il n’avait pas besoin d’incapables qui ne savaient pas se débarrasser des ennemis par eux-mêmes.

Cela fait, le capitaine remit le pistolet à sa ceinture et reporta son attention sur le responsable de tout ceci : le fameux Marine.


- Pour un invité, vous me causez bien du souci ! Si vous continuez à jouer les troubles-fêtes, je risque de ne pas pouvoir vous garder en vie, dit-il au Justicier.

- Alors donc, comme les Black Pirates, vous aussi vous souhaitez m’amener à un certain boss ?, répondit le jeune noble.

- Ha ha ha ! Si vous le savez, tâchez donc de vous tenir tranquille. C’est dans votre intérêt, assura le pirate sur un ton qui ne laissait guère place à une contradiction.

- Dans mon intérêt ? Plutôt dans le vôtre, non ? Vous ne m’auriez certainement pas gardé en vie si cela ne vous protégeait pas de grands périls, affirma l’épéiste.

Le visage du malfrat s’assombrit alors et un large sourire carnassier se dessina sur sa bouche, découvrant des dents aiguisées comme des lames de rasoir. Vraisemblablement, sa judicieuse remarque avait fait mouche. Le pratiquant de la religion Jashin paraissait encore plus énervé. S’il n’y avait pas un indicateur physique comme la veine sur la tempe du Boucher, on ne pouvait s’y tromper toutefois. On ressentait clairement l’envie de faire souffrir de ce démon. Décidant que la conversation avait suffisamment duré, le marine fondit sur le capitaine pirate, sabre à la main, préparant un coup d’estoc de son bras gauche. Hélas, sa blessure à l’épaule droite rendait invalide son autre bras pour le moment. Mais cela ne l’empêcherait certainement pas de montrer ce que valait un marin d’élite à ce guignol. Arrivé à portée, l’épéiste exécuta son attaque. Souhaitant conclure au plus vite ce combat à peine débuté, le noble ne perdit pas de temps à tester son adversaire et mit directement toute sa force dans son coup. Si cela pouvait suffire pour terrasser ce redoutable mécréant, ce n’en serait que mieux. Toutefois, à sa surprise, Kôhen esquiva avec une facilité déconcertante la lame et n’attendit pas plus longtemps pour contre-attaquer en enfonçant son poing gauche dans le ventre du justicier. Se courbant sous la violence du choc, le bretteur cracha du sang. Avant de pouvoir réaliser ce qui lui arrivait, un autre coup de poing l’envoya s’écraser au loin contre un mur. Quelque peu sonné par cet assaut incroyablement puissant et rapide, le dernier des Dark se remettait de ses émotions progressivement tout en réfléchissant. Si cette brute épaisse avait une telle force, il allait devoir penser à garder ses distances tout comme avec le hacheur. Mais à la différence avec ce dernier, le capitaine des Blood Slave paraissait doté d’une grande célérité. Sa tactique devait donc tenir compte de ces deux facteurs à la fois. S’extirpant du mur, l’aristocrate se remit en position, prêt à esquiver toute attaque qui viendrait. Au même moment, son adversaire cria un mot, le même mot que la voix de l’autre jour avait prononcé : « Itami ». Était-ce donc lui qui l’avait dit la dernière fois déjà ? Probablement. Mais s’il croyait que le fait de dire la souffrance suffirait pour que l’officier en ressente une, il se trompait lourdement. Le sabreur ne laisserait pas un tel phénomène de foire le faire souffrir, oh que non ! Plus déterminé que jamais à envoyer en enfer ce type, l’homme aux cheveux noir de jais  ne vit pourtant pas arriver le redouté boucanier. Il ne vit pas non plus le couteau lui lacérer le ventre. Tout ce que le descendant de la famille Dark vit, ce fut un visage de démon qui se délectait du spectacle. Avant même de comprendre ce qui lui arrivait, la douleur parcourut son corps, le laissant apprécier ces sensations. Décidément, les choses allaient de mal en pis. Mais le marine ne se rendrait pas sans se battre, ça non. Avec son bras valide, le lieutenant d’élite essaya de trancher Kôhen. Hélas, celui-ci comprit vite la manœuvre et avec une grande précision, il cloua le bras de l’épéiste dans le bois en se servant d’un autre couteau. Son poignet transpercé et sanguinolent, le bretteur semblait découvrir un autre degré de souffrance. Fort de sa maîtrise du duel, le pirate se décida à montrer sa cruauté et son sadisme. S’armant d’un couteau, il le planta dans la chair du justicier, pile à l’une des extrémités de la blessure qu’avait eu le noble en affrontant la première fois le hacheur de l’équipage, puis en souriant, commença à lentement descendre, déchirant les tissus qui tentaient de se reformer et provoquant une indicible douleur au supplicié. Le supplice paraissait s’éterniser, sans que l’officier ne puisse le faire cesser, impuissant.

Puis, tout d’un coup, la douleur disparut et en lieu et place de ce cauchemar, une autre réalité se dessinait dans laquelle son corps ne portait pas les marques de ces blessures. Essoufflé par ce qui semblait être une vision, l’élite était courbé en avant, les mains sur ses cuisses, et fixait du regard le probable responsable de ce tour de magie. Toujours à sa place, le pirate riait à gorge déployée en voyant l’état de son ennemi. Décidé à ne pas se laisser avoir par de vulgaires illusions, le noble se remettait en garde après avoir repris quelques instants son souffle. Loin d’être stupéfait, le capitaine des vermines se contenta de rire avant de reprononcer, sur un ton plus dur cette fois : « Itami ». Ce mot devait effectivement être l’incantation nécessaire pour que le sortilège s’active. Pour le Marine, tout était clair. Toutefois, savoir cela n’allait pas le dispenser de souffrir à nouveau, sauf s’il parvenait à battre l’illusion elle-même. Mais dans un monde où l’on ne contrôle rien, comment peut-on parvenir à gagner ? À peine eut-il pensé cela que son adversaire apparut devant lui, un sourire plus effrayant encore qu’auparavant sur le visage, apparemment tout autant décidé à gagner cet affrontement fictif, mais aux douleurs bien réelles. Les lames des deux protagonistes s’entrechoquèrent alors. L’échange entamé, plusieurs séries de coups suivirent, sans que l’un ou l’autre ne semble prendre l’avantage. À l’épée, ses compétences rivalisaient aisément avec celles de ce boucanier qui palliait son manque de technique par des réflexes plus aiguisés. Mais malgré cela, le jeune aristocrate perdait du terrain, comme si l’illusion le mettait petit à petit en difficulté pour mieux le faire souffrir. Les coups du flibustier gagnaient en force et en vitesse, obligeant l’élite à adopter une posture plus défensive. Le sabreur bloquait les attaques de plus en plus difficilement, à mesure que l’échange se poursuivait, au point d’en arriver à devoir esquiver un coup probablement fatal sinon. Mais au même moment, alors que l’arme ennemie ratait de peu son crâne, un pied vint frapper son flanc droit, le projetant au sol. Sonné, l’épéiste n’eut le temps de se relever que déjà le fameux Kôhen écrasait son ventre de l’un de ses pieds. La tournure que prenaient les choses ressemblait étrangement à celle de tout à l’heure. Il ne restait donc plus que l’instant de souffrance. Ne parvenant à se dégager, le bretteur ne put qu’attendre la délivrance. Cette fois-ci, au lieu de s’en prendre à sa plaie à peine cicatrisée, le mécréant transperça directement de sa main le ventre de l’homme aux cheveux noir de jais et commença à remuer le contenu en montant progressivement. Voilà donc sa torture pour cette fois ! Les sensations étaient fort similaires à celles ressenties avant. Cependant, aussi étrange que cela puisse paraître, l’élite ne semblait pas souffrir autant. Certes, la douleur n’avait pas disparu, mais elle avait l’air plus lointaine, presque irréelle. Comme si son cerveau s’habituait à recevoir autant d’influx nerveux de ce genre. Un début d’accoutumance ? Peut-être bien. Se concentrant sur ses sensations, l’escrimeur ferma les yeux et se laissa submerger par la souffrance qui l’assaillait. Le monde paraissait comme figé pour lui. Les choses se passaient, son corps subissait des mutilations, mais rien ne l’atteignait. Rien n’atteignait son esprit. Son enveloppe charnelle, elle seule, semblait subir les coups. La douleur ressentie au début s’estompait progressivement, au point que Showl ait l’air d’atteindre un état de sérénité absolue. Mourait-il ? Était-ce la lente descente aux Enfers, allégorie du tunnel et de la lumière rédemptrice ? Qu’en savait-il ? À cette évocation d’une mort prochaine, son esprit parut s’emballer à nouveau. Comme si la mort lui était interdite. Rouvrant les yeux, ce n’est pas un spectacle morbide que ses lumières virent mais l’hideux faciès d’un mécréant situé à quelques mètres de lui. Son corps, loin d’être mutilé n’était pas plus abîmé qu’il y avait quelques minutes et son visage ne laissait plus transparaître une quelconque souffrance.


- Comment ?! Tu devrais encore être en train de souffrir, s’étonna Kôhen. Son illusion, il le savait, durait cinq minutes. Or, cela ne faisait encore que deux minutes. Cet insignifiant avorton ne devait donc pas encore revenir à lui. Et surtout pas sans la moindre trace visible de ce qu’il venait d’endurer. Quelque chose ne tournait pas rond.

- C’est donc bien vous le responsable de ces hallucinations ! En prononçant un mot, vous imprégnez l’esprit de votre adversaire de vos visions, expliqua le Marine, satisfait d’avoir au moins élucidé ce mystère-là.

- Ha ha ha ! Quelle importance que tu le saches ? Tu ne peux y échapper. Tu subiras ma technique jusqu’à ce que ton esprit meure et ne laisse qu’un corps amorphe. Laisse-toi envahir par la souffrance, laisse-la te dévorer, te consumer corps et âme ! Itami-o !, lança le puissant malfrat.

Une nouvelle fois encore, il allait expérimenter la douleur. Tout du moins, c’est ce que croyait son adversaire. Cessant de se focaliser sur ses différents sens, l’aristocrate se borna à fermer les yeux et à faire le vide dans son esprit. Laisser-là toutes ces horribles pensées, ces moments de torture, les laisser s’écouler tranquillement, dériver sur le fleuve de la quiétude. Peu à peu, le vide s’installait dans son esprit, les sensations disparaissaient, les sons faisaient de même. Tout n’était plus que noir et silence. Puis, comme avant, un faisceau lumineux vint percer les ténèbres de ces désolations spirituelles et par cette faille, bientôt une quantité phénoménale de lumière s’engouffra, l’inondant totalement. Rouvrant les yeux, le lieutenant d’élite se vit à la même place qu’il y avait quelques secondes, ainsi que son ennemi. Ce dernier, plus encore qu’avant, affichait une expression d’incompréhension. Face à lui, en à peine une poignée de secondes, ce marin endimanché venait de se libérer de ses visions par ses propres moyens et sans paraître le moins du monde essoufflé. Comment diable cela était-il possible ? Comment un gringalet de son espèce pouvait ainsi ridiculiser sa technique ? Ce devait être un rêve. Oui, il devait rêver. Il n’y avait pas d’autres solutions. Alors qu’il se rassurait sur ce point, l’épéiste éleva la voix, le sortant par la même occasion de ses rêveries.


- Ta technique ne fonctionnera plus sur moi, désormais, annonça le marine d’une voix calme et posée qui rendait la déclaration presque irréelle.

Interloqué, le pirate se hâta de demander des explications.


- Ha ! Et pourquoi donc, hein ? Tu crois peut-être pouvoir échapper à ma technique ? Elle est imparable, pauvre fou !, rétorqua le flibustier, à présent sur la défensive.

- Non, tu te trompes. Elle comporte un point faible. En la réutilisant, tu m’as permis de le découvrir. Ta technique est basée sur une illusion qui s’insinue dans le cerveau et perturbe les cinq sens. En somme, cela revient à jeter un voile sur la vérité. Mais en faisant abstraction de ses sens, le voile disparait peu à peu, s’écoulant comme le reste. Il ne reste alors plus que la Réalité. Le plus difficile était de comprendre que ce que je voyais, sentais, touchais, ressentais, entendais, n’était que chimères. Passé cette étape, le reste fut un jeu d’enfant. En dévoilant ta technique, tu as, inconsciemment, montré qu’un voile me recouvrait, énonça calmement le bretteur. Maintenant, tu vas mourir !, lança-t-il d’un ton cassant.

Les secrets de sa technique avaient été percés et pire encore, il en était le principal fautif ! C’en était trop pour l’orgueil du capitaine du Blood Slave. En plus d’avoir tué nombre de ses hommes, dont ses deux adjudants, ce scélérat venait de le ridiculiser devant le reste de son équipage. Ces derniers, amassés contre le bastingage paraissaient aussi étonnés que lui. Devant le mutisme dans lequel était plongé Kôhen, l’élite se décida à profiter de l’occasion pour le mettre en difficulté. Se mettant en garde, il fondit sur le boucanier, sabre à la main. Comme réveillé, ce dernier parla alors.


- Idarô, tu vas pouvoir expérimenter la souffrance en réalité, alors !, dit le forban. Puis, il plongea son index dans son œil, tirant la peau vers le bas, comme pour faire une grimace puérile. À la différence, de son œil injecté de sang coula alors un liquide rougeâtre qui rendait l’expression particulièrement vraie.

Aussitôt, l’héritier des Dark fut stoppé net dans son élan. Non pas que le malfrat lui faisait obstacle, mais son corps tout entier venait de s’immobiliser, comme s’il s’était changé en pierre. Malgré les contractions de ses muscles, ses jambes restaient en place, raides comme des piquets. Seule sa tête semblait encore capable de bouger, mais cela ne suffit qu’à permettre au Marine de s’étonner de sa soudaine pétrification. Un rire gras lui parvint alors, signe qu’une réponse à ses évidentes questions n’allait pas tarder à lui être donné.


- Que se passe-t-il ? Tu ne peux plus bouger ? Eh bien ! Et moi qui avais peur de mourir ! Ha ha ha ! Cette fois-ci, tu vas te tenir tranquille pour de vrai. Il n’y a aucun moyen d’échapper à ma « Jashin No Juuhou ». Je vais pouvoir te montrer ce qu’est réellement la souffrance. Prépare-toi !, s’exclama le chef des pirates avant de se diriger d’un pas volontairement lent vers sa proie acculée.

Immobilisé, le jeune noble ne pouvait qu’attendre la suite. Cette fois-ci, son esprit ne pourra rien pour lui. Un tour de passe-passe ne suffira pas pour se libérer de ce maléfice. Et pourtant ! Cette technique devait bien aussi avoir un Talon d’Achille. Encore fallait-il le trouver… Et pendant que l’épéiste réfléchissait à un moyen de se sortir de cette mauvaise passe, le démon continuait de se rapprocher de lui. Arrivé à sa hauteur, il sortit un couteau bien aiguisé de sa veste miteuse.


- Ne t’en fais pas, je ne vais pas te tuer. Non non, je vais juste te laisser entre la vie et la mort. Quand j’en aurai fini avec toi, tu ramperas à mes pieds pour implorer que je t’achève. Enfin, s’il te reste une jambe ! Ha ha ha !

À peine cela dit, le cruel capitaine joignit les gestes aux paroles. Il leva son couteau dans un grand geste théâtral puis l’abattit avec une grande hargne sur le buste de Showl. Une première gerbe de sang apparut alors, suivie d’un mince filet de sang qui s’échappait de la blessure. Sous les regards ébahis de l’assemblée, la lame du poignard s’était brisée en frappant le corps de l’aristocrate et un des bouts avait entaillé le poignet et l’avant-bras du flibustier qui tenait l’arme. Une fois encore, son « Tekkaï » venait de lui sauver la mise. En le plaçant volontairement dans une situation où il ne pouvait bouger, c’était l’occasion parfaite de faire un « Tekkaï ». C’est ce qu’avait réalisé l’homme aux cheveux noir de jais, à temps, fort heureusement. Pour le primé, le choc était double : une fois encore, son attaque échouait, mais pis encore cet infâme justicier l’avait même blessé, lui ! Comment diable cela se pouvait-il ? Impulsivement, sous la colère, le pirate décocha au Marine un formidable direct du gauche qui l’envoya valser au loin. Cette fois-ci, pas de doute, le coup était bien réel. Le visage cramoisi et empli de hargne du boucanier en témoignait. Mais au moins, ce coup avait eu pour effet bénéfique de rompre l’état d’immobilité dans lequel était plongé son corps. Le sabreur était à nouveau libre de ses mouvements. Certes, son bras gauche ne paraissait toujours pas aller mieux, cependant il lui restait encore le droit pour combattre. Cela devrait suffire ou plutôt, il fallait que cela suffise ! Tandis qu’à quelques mètres de lui Kôhen fulminait de rage, le lieutenant d’élite se releva, prêt à en découdre une fois encore. Les illusions lui avaient certes permis de récupérer un peu d’énergie, mais rien n’indiquait que cela serait suffisant pour vaincre pareil adversaire. D’autant plus si celui-ci avait encore d’autres cartes à jouer en sa possession. Pour le moment, on pouvait vraisemblablement penser que les capacités de ce félon tournaient autour de l’immobilisation de sa cible. Cela devait être son principal atout, ce qui signifiait que sa force ne devait pas atteindre des sommets, même si cela suffisait pour le mettre à terre sans difficultés. Cela en tête, le dernier paramètre crucial à prendre en compte était la vitesse. Mais comment donc jauger celle-ci quand les seuls moments le permettant furent ceux des visions ? Pouvait-il s’y fier ? Très probablement non. Cela restait donc une inconnue, tant pis. Saisissant le sabre dans sa main droite, l’élite repartit à l’assaut, confiant. Ayant vu l’échec qu’avait été sa fameuse malédiction, l’aristocrate doutait que le chef du Blood Slave y recoure une nouvelle fois. Toutefois, à nouveau, étrangement, le mécréant ne cillait pas et se contentait d’attendre que le bretteur se rapproche. Que mijotait-il donc ? À portée de son ennemi, le marine tenta d’asséner un puissant coup vertical au criminel, mais comme toute à l’heure, son attaque fut esquivée avec une grande facilité. Ne se laissant pas déconcentrer, l’héritier enchaîna alors les attaques, sans succès. Toutes se perdaient dans le vide. Comment pouvait-il donc bouger aussi vite ? Il fallait en déterminer la cause ! Continuant son assaut, le noble sauta et leva son sabre pour feinter un coup vertical puis changea son attaque en une tranche horizontale pour surprendre son adversaire sur son esquive latérale. Mais, contre toutes attentes, Kôhen anticipa le coup et esquiva encore une fois facilement l’attaque. N’en restant pas là, le justicier profita de sa force centrifuge que lui avait fourni sa découpe horizontale pour effectuer un demi-tour sur lui-même et ainsi toucher l’impudent qui s’était placé dans son dos. Une nouvelle fois, ce fut une épée plantée dans l’eau. Sachant la contre-attaque du Marine, le forban recula d’un bon mètre pour éviter que son ventre ne soit lacéré puis profita de cette ouverture pour enfoncer son poing droit dans le ventre de son évadé. Une douleur le fit grimacer, celle de son tendon déchiré de son avant-bras droit, tandis que l’avorton crachait du sang tout en se courbant sous la puissance de l’impact. Ce microbe allait payer pour tous ces affronts ! Avant que l’escrimeur ne puisse se relever, un autre direct du gauche le frappa au visage l’envoyant au sol quelques mètres plus loin. La tournure que prenaient les événements commençait à fortement ressembler à celle des visions. Et tandis qu’il se relevait en tentant d’échafauder un plan d’action, la voix grave du pirate se fit entendre.

- Relève-toi ! Que je puisse te faire payer ton arrogance, sale chien du Gouvernement !, cria le pirate.

Loin de vouloir obtempérer, le lieutenant se relevait malgré tout car cela restait sa seule chance de victoire. Mais sans stratégie, sa vie risquait bien de prendre fin ici-même. Le noble continuait donc à réfléchir afin de trouver une parade ou un moyen efficace de parvenir à toucher son adversaire des plus coriaces. La même voix se leva alors :


- Tu peux te creuser la tête tant que tu veux, tu ne me vaincras pas ! Il est des choses en ce monde qui nous dépassent et JE te dépasse ! Je lis en toi comme dans un livre ouvert, jamais tu ne parviendras à me porter un seul coup !, expliqua le forban.

Le Marine eut alors le souvenir d’une conversation avec son oncle, l’ancien Vice-Amiral Dark Regulus, lui expliquant les principaux pouvoirs en ce monde qui pouvaient être acquis. Notamment, l’un d’entre eux donnait effectivement la possibilité de connaître les pensées de son ennemi et de prédire par la même occasion ses prochains mouvements. C’était ça que possédait ce puissant mécréant ? Le Haki de l’empathie ? Si tel était effectivement le cas, peut-être avait-il alors encore une chance de le battre. Son épaule le faisait souffrir, au même titre que son ventre et que sa blessure en cours de cicatrisation, de plus son précédent enchaînement l’avait bien épuisé. Il n’aurait donc probablement pas d’autre occasion que celle-ci. Debout, le bretteur déclara alors qu’il en finirait d’un unique coup. Pris d’un fou rire en entendant pareille ineptie, le chef pirate se borna à répéter que rien n’y ferait puisqu’il pouvait sonder l’esprit du jeune aristocrate. Tout en ramassant le sabre qu’il avait laissé tomber en s’écrasant au sol, l’escrimeur repensa à l’entraînement que son oncle lui avait fait subir en vue de lui apprendre à maîtriser les différents Hakis. Les nombreuses heures passées à se concentrer et surtout le moyen qu’il avait trouvé pour embrouiller son instructeur. Affichant une détermination sans faille, l’escrimeur se mit à établir une complexe stratégie, prenant en compte chaque contre, esquive et parade hypothétique que pouvait effectuer son adversaire contre chaque type de coup qu’il tenterait, chacune de ses contre-attaques possibles et des moyens qu’il possédait de poursuivre son assaut en anticipant la réaction adverse. Dans son cerveau commençait alors à se former une masse gigantesque d’informations qui s’entremêlaient et s’enchevêtraient à n’en plus finir. Passés les trois premiers coups de chacun, l’élite entreprit d’envisager jusqu’au dixième coup, accroissant plus encore l’incroyable volume d’informations. Chaque action était coupée, détaillée, évaluée, suivie, sans qu’aucun détail ne soit laissé au hasard. En face de lui, de la sueur commençait à perler sur le front du malfrat. Toutes les informations qui transitaient dans le cerveau de l’épéiste lui étaient directement connues, sans qu’il puisse stopper le flux continu. Devant une telle taille d’informations à comprendre et à prendre en compte, le cerveau du primé montrait peu à peu des signes évidents de surchauffe. Que diable se passait-il dans la tête de cet abruti de Marine ?! Pourquoi donc tout à coup y avait-il un tel afflux d’informations ? Son crâne, il le sentait, était sur le point d’exploser. Le cerveau de Kôhen saturait et ne parvenait à suivre la cadence qu’imposait celui du tacticien de la Marine. Mais le lieutenant d’élite continuait d’envisager plus loin encore les possibilités d’actions, montant à la quinzième action, démultipliant par la même occasion les différents « chemins » possibles, les combinaisons possibles. Et tout en continuant, l’héritier des Dark fondit sur le démon, sabre en avant. Dans la tête du capitaine du Blood Slave, tout s’embrouillait. Il ne parvenait plus à savoir quelle allait être l’attaque de chien galeux du Gouvernement. Face à ce flot incessant d’informations, son cerveau avait décroché et se contentait de relayer les informations sans les analyser. Devait-il esquiver sur la droite ? Ou bien sur la gauche ? Le bonhomme aux cheveux noir de jais allait-il effectuer une attaque horizontale ? Verticale ? Oblique ? Tout était confus dans sa tête, son crâne était sur le point d’imploser. Dans un accès de rage et de désespoir, le forban hurla : « ASSEEEEEEZZZZZZ ! ». Alors, comme par enchantement, tout s’arrêta net. Sa migraine disparut, plus aucune information étrangère n’était relayée. En somme, le calme plat dans sa tête. Tout en ressentant un certain soulagement à cet égard, un frisson lui parcourut subitement l’échine. Refixant ses yeux sur le monde qui l’entourait, il vit devant lui un visage, déterminé, celui de ce félon de Mouette. Que faisait-il aussi près de lui ? Et surtout comment ne l’avait-il pas vu venir ? Tandis que ces questions trottaient dans sa tête, à présent vide, il vit son adversaire retirer une arme ensanglantée de sa poitrine. Crachant à son tour du sang, il porta sa main gauche tremblante à sa poitrine, comme pour se rassurer. Mais au lieu de sentir une peau lisse, ses doigts touchèrent une plaie béante. Interloqué, il baissa la tête pour vérifier de ses propres yeux ce que sa main avait touché. Une blessure profonde s’offrit alors à son regard. Cet ignoble personnage, cet avorton avait réussi à lui porter un coup, à lui ! Sentant progressivement ses forces l’abandonner, tandis que son cœur battait de plus en plus faiblement, le chef pirate reporta son attention sur son ennemi, lui dédiant ses dernières paroles : « On se retrouvera en Enfer ! ». Puis, dans un ultime effort, le boucanier essaya de donner un coup au noble en tendant son bras gauche, avant de s’effondrer sur le sol, le corps inerte.
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