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La Grande Vénerie

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Annabella Sweetsong
Cœur d'Acier
♦♦♦ Directrice du CP9 ♦♦♦

♦ Localisation : Reverse Mountain
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Dim 27 Déc 2015 - 1:58

Le Don des Saints. Cette mégalopole s'élevant au beau milieu de l'océan, en plein dans le centre de West Blue, bardée de militaires pour protéger ses immenses édifices dont la démesure grandiloquente frôlait le divin ou le ridicule, selon le point de vue. Nombre de richesses avaient été déboursées pour changer l'ancienne île au nom si évocateur pour devenir "Don des Saints" : un gigantesque et prospère repère d'une famille gentiment expatriée de Tenryuubitos, dont les rumeurs couraient que le déménagement sur leur petite maison de vacance bâtie à la place de Troop Erdu ne faisait pas spécialement l'unanimité chez leurs semblables aux mœurs plus conservatrices. Car si certains avaient accepté de se remettre en question comme les Yonesku l'avaient fait, d'autres voyaient toujours d'un mauvais œil le fait de quitter la bulle des Dragons Célestes pour aller de surcroît s'installer parmi les parasites. Une information parmi tant d'autres résultant de mes tribulations dans les tavernes pseudo-homologuées du coin : quelques jours avaient suffit pour que j'en apprenne finalement tout un tas sur l'élite de la société, ces excités du bulbe évoluant sur leurs chariots électriques télécommandés dans leurs combinaisons hermétiques, bien à l'écart de la lie humaine environnante.

Ici plus qu'ailleurs, le culte des Dieux vivants avait été poussé à son paroxysme, si bien que ça n'aurait pas été étonnant si du jour au lendemain il avait fallu signer une déclaration admettant qu'on leur remettait notre âme dès que l'on mettait un pied sur l'île. A tous les coins de rue on pouvait ainsi croiser un statue de n'importe quel Yonesku vivant ou mort et il était de bon ton d'y déposer une bougie dans un cas comme dans l'autre. Intimant la dictature, les Dragons Célestes se complaisaient à "proposer" aux habitants de leur rendre régulièrement divers cultes et faire le sacrifice de leur dignité pour venir individuellement s'agenouiller plusieurs heures durant devant les autels sanctifiés, quand ce n'était pas en famille lors de rassemblements gigantesques sur la Grand Place. Ici plus qu'ailleurs, l'argent aidait à forcer le respect et éviter les débâcles malheureuses que l'on retrouvait bien souvent dans les dictatures contemporaines : reprenant les concepts antiques de la "vie de la cité", les Yonesku proposaient des primes aux gentilshommes qui apportaient leur pierre à l'édifice qu'était le Don des Saints. Hommes politiques, économistes, écrivains, artistes... tels étaient les individus et personnalités notoires qui saisissaient leur chance pour embellir la vie quotidienne des habitants sur l'île et notamment celle des nobles.

Seulement voilà, les événements actuels ne prêtaient pas vraiment à l'idéologie forçant une telle plénitude alors que les meurtres de citoyens modèles s'accumulaient et que les patrouilles avaient récemment installé un couvre-feu sur l'île, que les quatre divisions de la Marine commandées par l'agitée du bocal et limier Numeroueh Uno des Yonesku s'évertuaient à stupidement réaliser leur chasse aux sorcières dans la ville en condamnant arbitrairement les habitants suffisamment suspects aux cachots noirs et ténébreux des gigantesque palais, sans même les relâcher une fois innocentés. Bref, la confusion avait rapidement viré à un apex dérangeant car dissimulé tant bien que mal alors que les forces de l'ordre commençaient elles-mêmes à craindre pour leurs vies, inutiles qu'elles étaient à mettre la main sur le suspect. Et c'était finalement sous les traits d'une Elizabeth Butterfly touriste simplement curieuse à l'idée d'aborder le fameux Don des Saints que j'avais fini par me faire piéger les deux pieds dans la fange locale qui ne changeait guère à son ancienne appartenance : si les chemins boueux du petit coin paumé avaient viré aux pavés blancs soigneusement dépoussiérés par les pseudo-Raëliens, ça n'empêchait pas l'endroit de sentir la bouse pour autant. Rapidement amenée à prendre connaissance des faits, je savais pertinemment que les principaux suspects à de tels assassinats ne pouvaient être que les bouseux du coin qui y avaient perdu au change, lorsque leur baraque miteuse qui avait transcendé les génération s'était faite raser pour y bâtir un palais flambant neuf à la place. Cependant, brandir mon intellect et mon pédigrée ne m'avait servi à rien lorsque je m'étais rendue dans l'une des quatre bases triangulant l'île pour proposes mes services : on m'avait tout simplement ri au nez avant de me balancer que je sous-estimais les capacités des régiments au service des Yonesku.

Ce qui n'était pas totalement faux.

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Dernière édition par Annabella Sweetsong le Sam 9 Jan 2016 - 3:05, édité 1 fois
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Annabella Sweetsong
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Sam 9 Jan 2016 - 2:50

Seconde scène du crime. Déboulant depuis le chemin partant de l'hôtel en périphérie où j'ai temporairement élu domicile, j'arrive finalement aux alentours du crépuscule dans un quartier résidentiel flambant neuf. L'endroit est désert, mais plus encore l'est la petite maison mitoyenne où créchait la victime, avant qu'elle ne soit assassinée quelques jours auparavant. Obligée de travailler sur des preuves aussi peu fraiches que d'ores et déjà balayées par les pieds et mains balourds des enquêteurs militaires et autres forces de l'ordre, j'outrepasse malgré tout la bande de sécurité définie autour du périmètre, arrachant les scotchs fixés sur la porte d'entrée pour enfin mettre un pas dans la demeure sombre, à l'odeur désagréablement renfermée. Pour pallier l'obscurité, j'allume une lanterne laissée dans les vestiges du mobilier jeté au sol de l'ancien propriétaire des lieux, la brandissant au-dessus de moi pour mieux observer l'environnement.

- Il n'y est pas allé de main morte. commenté-je.

Malgré l'absence des corps, j'admire la mise en scène laissée par les traces de sang séchées par le temps, effectuant des boucles de gouttelettes sur les murs et le plancher de la pièce succédant directement au vestibule : une sorte de salon ou du moins ce qu'il en était avant que les Marines ne viennent mettre à bas la scène du crime en fouillant l'intégralité de l'endroit. Penchant soigneusement la source de lumière sur les différents objets qui peuplent le coin, je crois reconnaître le métier du pauvre hère froidement abattu : une sorte d'artiste, un peintre prodigieux, un métier vérifiant mes précédentes suspicions quant au mobile du meurtrier. Un pur désir de vengeance, de foutre le dawa en s'en prenant aux privilégiés des Dragons Célestes.

Le premier meurtre avait eu lieu dans des conditions similaires et les détails ne m'avaient été rapportés que dans les histoires racontées dans les tavernes, le soir, par des fermiers à l'haleine sentant la vinasse et des manutentionnaires du port. Le premier type possédait une situation un peu similaire, bien qu'il ne s'agissait pas d'un artiste mais d'un économiste et sociologue prônant dans ses écrits les régimes du Gouvernement Mondial et effectuant tout particulièrement une propagande appréciée des hautes sphères de l'île, rappelant la gloire des Tenryuubitos. Perdu dans ses louanges mensongères, le bourgeois dévot s'était finalement brûlé les ailes en rencontrant son funeste destin, un soir, alors qu'il rentrait chez lui. Et il avait été retrouvé au petit matin, dans une marre de sang, avec cette même bestialité dans ses blessures que l'on retrouvait aisément dans l'ambiance pesante de la demeure de la seconde victime. Et cette même signature, rouge de sang, presque marron, dégoulinant salement sur le mur le plus large de la baraque aussi bien que précédemment sur les briques ternes de l'un des murs de la ruelle dans laquelle le premier gusse avait perdu la vie.

- Monroe ?

Balayant le pan de tapisserie tantôt fleurie, tantôt vermeille, le faisceau de ma lanterne vient accentuer les dernières lettres du nom, tracées à la va vite avec un outil inconnu, peut-être un organe ou un membre se vidant de son sang, mais en tout cas pas avec la main du criminel. Non, laisser ses empreintes de cette façon, ce fameux Monroe valait mieux que ça. Et il l'avait fait deux fois. Approchant du mur, me collant à lui, j'essaye de deviner la scène qui aurait pu se produire au vu des marques sur le sol, du dessin en forme de silhouette illustrant la position du mort et des tâches de sang répandues à travers toute la pièce. Nul doute que le criminel avait usé d'un objet tranchant, répandant les éclaboussures sur les murs par des coups de taille, mais l'outil était forcément rudimentaire et artisanal. Suspectant l'homme d'être issu des basses sphères de la société, mon interrogation vient donc se porter sur des ustensiles communs et passe-partout, comme une faucille ou une scie. D'autre part, une étude plus attentive sur les zébrures carmines entachant le papier peint m'amènent à penser qu'un seul coup n'a finalement pas été nécessaire, le premier porté au niveau de la poitrine de droite à gauche, le second dans le cou de gauche à droite dans la même foulée.

Rapidement, je recrée alors la situation. L'inconnu attendait le pauvre Jean-Jacques chez lui, armé, dissimulé, il a patienté que celui-ci traverse son vestibule pour le surprendre en plein milieu du salon et le taillader en deux coups sans lui laisser plus de temps pour émettre un simple hoquet de stupéfaction. S'il avait laissé des traces de pas, de bottes, de souliers, de bottines, il les avait effacées soigneusement, la poussière ne s'étant déposée sur les lattes du plancher qu'après les derniers événements. Puis il était probablement reparti par où il était venu : la porte de derrière, très vraisemblablement, menant sur un minuscule jardin séparé d'une énième ruelle sombre et étroite par un court muret en parpaings froids et gris.

De fait, au bout d'une dizaine de minutes supplémentaires, je me vois rapidement contrainte de vider les lieux, me heurtant à la limite des indices que je peux trouver à cette maudite adresse, n'ayant sous les mains rien d'autre que des traces desséchées et un bordel sans nom. Replaçant mon chapeau mangeant d'obscurité la moitié de mon visage et dissimulant mes cheveux, je ressors alors discrètement par derrière pour venir escalader la palissade et retomber dans la fameuse allée, avant de m'enfoncer plus loin dans les ténèbres, regagnant ultimement ma chambre d'hôtel. L'esprit partagé, l'opinion mitigée par cette investigation, cette visite nocturne ne m'aura finalement pas apporté autant d'éléments que je ne l'aurais pensé, mais assez pour dresser un portrait type de la personne que je recherche, ce fameux Monroe. Un type un peu plus intelligent que la moyenne, un prolétaire de Troop Erdu très probablement, n'acceptant pas le nouveau régime ; peut-être un individuel de l'Armée Révolutionnaire mais je pense trop m'avancer. En tout cas, tout prête à penser qu'il sait assassiner froidement et maquiller ses traces, au vu de ses deux récentes actions que je soupçonne de ne pas être les dernières. Un assassin donc, avec une identité, avec un égo. Compatible ? Hmm, pas forcément.

Un drôle de spécimen en tout cas, cette enquête promet donc d'être divertissante. Héhéhé.

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James Whitewood


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Sam 9 Jan 2016 - 5:07

Troop Erdu… Enfin non, pardon, « Le Don des Saints », maintenant. Pauvre île, maudite et condamnée a porter des noms ridicules. Mais je suppose que quand on se fait directement piétiner par ces dragons célestes, c'est le cadet de nos souci. Je me balades, sur ces rues pavées qui empestes  l'odeur des nobliaux locaux : c'est à dire, pour nous autres, l'odeur du travail forcé.

« Rend toi sur l'île, prend la température, renseigne toi, imprègne toi de l'ambiance qui y règne, prend contact avec les sympathisants locaux, fais nous un rapport complet. »

Typiquement le genre d'ordre que j'aurai pu recevoir. Et pourtant ce n'est pas du tout la raison de ma présence ici. Elle est bien plus simple. De toutes manières, il n'y a aucun doute à avoir quant à la présence d'une certaine résistance ici. Si certains révolutionnaires sont présent sur Tanuki, alors ici… Au plus proche de l'ennemi, ce serait tout de même un comble.

Et pourtant, ils paradent, ces nobles, ils dansent sur leur paradis tout frais, se sentant, comme à leur habitude, intouchables. Et je dois bien avouer que je ne sais moi-même pas si ceux-là sont plus stupides ou bien plus arrogants que leurs confrères. Ce serait une prouesse dans les deux cas, et je me dois de leur accorder mon plus profond respect rien que pour ça. Peu de gens peuvent surpasser les dragons célestes dans leurs domaines de prédilections.

Assis sur un banc de marbre, observant les statues représentant les suprêmes de l'endroit comme tant d'autres avec moi, je me demande comment ils réagissent aux récents événements. C'est si facile de provoquer la peur et la méfiance, par ici…

« Salis toi les mains, James. L'élite, les hauts placés, les professeurs, les petits privilégiés de ceux qui se pensent en Haut, tout ceux-là. »

… D'accord, je reçois rarement d'ordres similaires, et je m'en porte bien. Mais je penses tout de même que j'aurai pu recevoir une mission du même ordre, moi ou un confrère plus enclin à réaliser de si basses besognes. Aurais-je accepté ? Probablement pas. Mais je ne peux pas m'empêcher de rigoler froidement, au fond de moi, quand j'entends parler du destin de certaines pauvres personnes ici. Et je ne peux m'empêcher d'imaginer la réaction des Dragons. Le sang, versé sur leur sois disant jardin d'Eden. Et le coupable se trouve probablement parmi tout ces gens que j'ai vu passer devant moi depuis mon arrivée. Lui aussi, je me demande à quoi il ressemble. Son but, ce qu'il cherche à accomplir. Oh, je peux parfaitement m'imaginer tout un tas de raisons valables, sans aucun mal. Mais je me demande quand même si il accomplit tout ça par désir de vengeance, ou bien par conviction personnelle.

Je devrais probablement me sentir mal pour les gens qui vivent ici. Je devrai, mais à vrai dire, absolument tout ce qui m'entoure m'en empêche. Après tout, cet endroit représente tout ce contre quoi je me bats au quotidien. Difficile donc, vous en conviendrez, de faire preuve d'empathie pour ceux qui s'y complaisent.

De toute manière, je ne suis ici qu'un simple observateur. Un œil qui se déplace, sans but aucun. Non, ma présence ici n'est dû qu'à l'ennui. A l'ennui et à une curiosité. Une curiosité morbide, oui, si vous voulez. Mais que voulez-vous. Un lieu si magnifique est fait pour être visité et contemplé, non ?

Alors oui, je me pavane chez l'Ennemi en plein jour, comme si de rien n'était. Et c'est particulièrement grisant.
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PNJ Requiem


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Lun 1 Fév 2016 - 23:58



Je les éradiquerai tous...
Je les exterminerai tous...
Je les enterrerai jusqu'au dernier...
Je creuserai des tombeaux pour tout le monde...
Nous creuserons des tombeaux pour tout le monde...
Tous les deux... Main dans la main... Nous en creuserons...


- Hé du con ! Le Lard ! Ça n'a pas encore fini de glandouiller ? Je te signale que t'as encore cinq chevaux à brosser ! Sa seigneurie et dame sa promise doivent monter Redline et Noirsœur aujourd'hui, commencent d'abord par eux. A propos de Noirsœur, Lady Tanya trouve sa crinière trop agressive. Elle souhaite qu'on la lui tresse. Attèle-toi y en priorité. Et pendant que tu y seras, vérifie les fers de Redline. Les claquements qu'il produit commencent à ennuyer sa seigneurie. Pourquoi tu me regardes comme un aliéné ? Oust, au boulot !

Le Maître d'écurie qui venait d'aboyer ses ordres s'en alla de sa démarche gauche et raide.

Qu'est-ce qu'il les détestait tous... Un jour, il lui ferait bouffer de la bouse à celui-là, avec ses ordres, convaincus que les moindres désirs de leurs seigneuries sont inscrits au cœur même du fondement de l'univers... Le Lard délaissa la tâche ingrate qu'il effectuait avant l'arrivée de son supérieur pour une autre tâche toute aussi malcommode.
Les heures s'enchaînèrent ainsi durant cette longue journée où un soleil resplendissant rayonnait sur l'île devenue propriété des Dragons. Rien qu'à cette pensée, il pouvait développer une éruption totale d'urticaire. Qu'est-ce qu'il les haïssait ces gens persuadés d'être au sommet du monde, marchant comme si la terre leur appartenait... La vérité c'était qu'elle leur appartenait, il en était ainsi depuis près de neuf cent ans.

Le Lard ragea intérieurement. Toute cette haine accumulée depuis peu allait de mal en pi et le dévorait de l'intérieur. Une douce agonie à laquelle il ne résistait pas. Bien au contraire. Toute sa vie à fuir son destin, à procrastiner le moment où il passerait enfin à l'action... La bête était là, en son for intérieur, il l'avait toujours su. Mais qu'est-ce que la lâcheté nous faisait rater comme occasion ! Il eut fallu son intervention pour qu'enfin s’épanouît son talent. Et il prenait de plus en plus de plaisir à l'exercer. D'abord il eut ce type, cet entomologiste venu étudier l'effet des "dragons sur les papillons". Lui, c'était un coup d'essai, une proie d'opportunité. D'ailleurs, il l'avait enterré vite fait, se réjouit-il, c'était du travail bâclé, désordonné, encore empreint d'inexpérience et de peur. Heureusement, nul ne l'avait jamais découvert et on se complaisait à croire que l'économiste était sa première victime. Grand bien leur fît. Lui et le peintre, des victimes soigneusement choisies. Des lèches-cul de Dragon... Des empêcheurs de tourner en rond... Des Judas...

- Heh l'Lard. T'y aurais vu Jon aujourd'hui ? lança Pudding, le garçon qui aidait le boulanger dans ses besognes.

Pourquoi était-ce lui qu'on surnommait "le Lard" ? se demanda-t-il. Avec son tour de ventre à faire jalouser une femme enceinte de six mois, Pudding seyait mieux au sobriquet que lui. Bien que "Pudding" allât aussi avec sa physionomie. La nature s'était absentée pendant qu'on le moulait... Assurément...

- Pourquoi tu le cherches ?

- Bah m'fais du mouron pou'lui.

- Pourquoi ?

- T'es dur d'la feuille ou idiot ? T'as pas entendu l'histoire d'son père ?

- Non. Raconte.

- Tché ! Toute la bourgade est au courant ! S'est fait viré l'pauvre !

- Comment ça ? C'est un pêcheur indépendant. On peut pas virer les gens du lac...

- Peuh, qu'le grand Cric t'croque ! Toi t'es trop lent ! Orus est proprio du lac maint'nant. Sur décision d'sa seigneurie, tous les pêcheurs freelances  doivent être sous la coupe d’Orus ou que dalle. Il s’nomme  le "roi de l'eau". Et ceux qui n'lui plaisent pas sont virés. Comme l'père d'Jon qu'a toujours eu une grande gueule.
Bon, j'retourne à mon l'vain...


Orus... Ce type, cette plaie. De lèche-urètre, on n'en faisait rarement mieux. Pudding ne lui apprit rien qu'il ne sut déjà. Il l'avait poussé à la conversation pensant qu'une information de dernière minute venait de tomber.
Orus était sur sa liste depuis un moment.


Je les exterminerai tous...Je les exterminerai tous...Je les enterrai jusqu'au dernier...

Elle avait faim de sang, sa bête désirait se nourrir et il ne saurait la calmer jusqu'à la nuit tombée. Pourquoi s'inquiéter ? La Justice devait se faire en journée également. Il connaissait déjà les habitudes d'Orus. A cette heure de la journée, il devait parader sur le lac aux eaux rutilantes, vérifiant ses filets. Un lac déserté de tous les pêcheurs maintenant qu'il s'était adjugé les lieux. Eux, ils viendraient pêcher à la nuit tombée, tel en avait décidé le roi de l’eau.

Je ne prendrai pas le soin de l'enterrer, je tenterai son lac chéri de vermillon...

________________________________

Plus tard, au lac Saphir

Le soleil déclinait lentement. Une petite brise en poupe soufflait sur le lac ramenant vers le rivage un voilier. Un bois épais ceinturait le lac et son littoral les coupant ainsi de la bourgade et de la vue d'éventuels indiscrets. Le Lard était là, droit comme un porte-étendard, les mains profondément enfouies dans ses poches. Il se hâta pour aider, à l'approche du voilier et de son unique occupant, Orus. Un homme à la calvitie naissante. Le mal avait désherbé le juste milieu de son crâne, laissant la peau nue. On aurait dit une tonsure de moine, mais ce type-là était tout sauf un sain... Une rapace de la pire espèce... Un humain qui exploitait et ruinait d'autres humains pour l'intérêt personnel mais surtout pour l'intérêt des Dragons. Ces Dragons...

- Merci, d'm'aider à remonter sur la berge. J't'ai déjà vu plusieurs fois, t'es l'garçon d'écurie de Lord Hook nan ? fit Orus, un peu essoufflé à tirer son boutre sur la plage. C'est quoi ton nom ?

- Justice Sociale.

Un vif reflet argenté. Des éclaboussures sur la plage de grès. Des borborygmes désespérés.
Les mains portées à sa gorge, Orus tenta de retenir son sang qui se déversait à flot. A ses côtés, son assassin nettoyait méthodiquement et froidement son couteau. Sa bête intérieure huma l'air avec espoir puis gronda de soulagement et de plaisir. Donner la mort à ces ignominieux se révélait à chaque fois d'une telle jouissance !
Il glissa le couteau dans sa poche. Dans deux ou trois heures, quelqu'un le retrouverait. Et lui sera déjà loin.

- Papa ? Papaaaa ? Papaaaaaaaaaaaaaaa ?

De dos au bambin qui venait de brailler, le sang du Lard se glaça instantanément et d'instinct, il recouvrit sa tête de la capuche de sa cape. Un imprévu... Comment était-ce possible ? Orus était-il venu au lac avec son fils ? Pourquoi ne l’avait-il pas vu avant ? Jouait-il dans les bois ou dans les arbres ? Fallait-il se retourner pour le dévisager, au risque de le voir l'identifier plus tard ? Fallait-il l'envoyer rejoindre son indigne paternel ?

On ne tue pas les poulains !

Oui, on ne tuait pas les jeunes esprits. Ils étaient purs... Dans ce cas...
Sans oser jeter un regard à l'enfant qui vociférait de plus en plus fort sans toutefois approcher le corps sanguinolent de son père, le Lard détala et s'enfonça dans les sous-bois. Maudit sable dans l'engrenage... Mais heureusement pour lui que les enquêteurs d'ici étaient plus bêtes que des troncs de séquoia.
Heureusement.

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Annabella Sweetsong
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Mar 7 Juin 2016 - 0:55

Le Lac Saphir... ou plutôt le Lac Rubis, si vous voulez mon avis. Cette fois-ci, j'avais eu la chance de pouvoir profiter de la fraicheur du sang, teintant encore légèrement les eaux du lac de son rouge fade et dilué, stagnant autour du cadavre allongé sur la berge. Froid, gris, ici gisait le Lord du Lac, un certain Orus, un autre bienfaiteur de ses Seigneuries qui s'était fait récompenser par ces eaux où il croupissait désormais, livide et mort.

- Laissez-moi passer, je suis enquêtrice ! lancé-je, tentant de me frayer un chemin parmi la foule de curieux, puis à travers la barrière de soldats verrouillant le périmètre.

- Enquêtrice de quoi, de qui ? vient aussitôt m'interrompre un jeune soldat aux apparences chétives et godiches.

- Je possède un laisser-passer, regardez. expliqué-je tout en présentant une feuille blanche où trônent quelques mots tracés à la va-vite suivis plus loin d'une signature figurant un grade et un nom aussi aléatoires qu'opportuns.

Sûre de l'efficacité de ma duperie, je sais l'homme trop jeune pour en avoir déjà vu un vrai, de laisser-passer. Un faux fait donc le même effet et s'il veut, il peut bien le garder et l'afficher dans son salon, je ne m'en soucie guère, du moment qu'il me laisse passer. Et donc avant que le bonhomme n'ait le temps de se retourner vers moi pour finalement me donner son aval et me rendre mon bout de papier, voilà que je me suis déjà rendue sur les lieux du crime, quelques mètres plus loin. D'expérience, j'enfile rapidement mes gants jetables et viens aussitôt me pencher au-dessus du cadavre pour venir fouiller ses vêtements, soulever ses membres et tâter ses plaies. Ce n'est finalement qu'après une bonne minute d'enquête et de fouilles que l'un des inspecteurs nommés par la Marine pour s'occuper de l'affaire daigne enfin remarquer ma présence. Probablement trop occupé à siroter son café en blablatant avec ses congénères auparavant, il m'apostrophe soudain sans aucune gêne en me saisissant l'épaule brutalement et en me soulevant légèrement au-dessus du sol.

- Qui être vous ? Comment êtes-vous passée ?

Repoussant une mèche frivole sur mon front avec mon gant couleur vermeil, je me vois obligée d'interrompre mon analyse et de relever le regard pour identifier plus précisément le gaillard qui vient de me toucher.

- Elizabeth Butterfly, détective privée au compte du Gouvernement Mondial. Je suis venue ici pour faire ce que vous êtes incapables de faire convenablement : votre travail. Pour les détails administratifs, voyez avec votre sergent là-bas, celui qui tient mon laisser-passer avec un regard niais et une expression de stupidité. déballé-je tout en donnant un coup sec sur mon bras pour le récupérer avant de revenir à mes occupations.

Hébété par mon répondant, l'homme se voit obligé de prendre congé de ma personne, retournant je ne sais où, faire je ne sais quoi d'incompétent avec ses antipathiques collègues. Ne prêtant donc pas plus d'attention à ce qui se trame autour de moi, comme le fait que la foule semble progressivement se disloquer et s'amoindrir, je retourne à mes moutons, continuant à étudier la scène du crime et sa victime. Orus, un homme de bien, richement vêtu pour la pêche et équipé de la même manière. Étendu là, immobile sur cette plage de galets, c'était un coup de lame net et précis qui avait mis fin à sa vie, tranchant gentiment sa carotide pour le laisser se vider de son sang sans même pouvoir crier à l'aide. Pour ce faire, un couteau ou un poignard avait dû être utilisé puisque la profondeur de l'entaille était véritablement fine et mesurée là où une épée ou une serpe auraient eu raison d'une bonne partie du cou. C'était au final davantage la perte de sang, venu s'écouler en litres sur le tablier de l'homme puis sillonner sur la berge pour se conclure en un delta rejoignant l'eau du lac, qui était horrifique plutôt que la blessure en elle-même.

- Et lui, qu'avait-il fait pour en arriver là ? demandé-je à haute voix comme si quelqu'un pouvait me répondre.

Un bref regard périphérique autour de moi m'indique bien que personne ne tient tant que ça à me donner la réponse. Ou peut-être ne la connaissent-ils pas, peut-être ont-ils moins évolué que moi dans l'enquête, même si je suspecte leur incompétence de ne pas être aussi dommageable. Non, c'est finalement un nouvel homme que je n'ai pas encore eu le déplaisir de rencontrer qui vient briser le silence, faisant preuve de davantage de finesse et de décence dans le ton de sa voix que les habituels lèches-bottes de la Marine.

- Monsieur Orus conseillait ces Majestés en météorologie. Il nous manquera, c'est certain.

Laissant apparaître une expression de satisfaction mal dissimulée, je ne peux finalement m'empêcher de glousser en cherchant du regard celui qui vient de dire cela.

- Enfin une personne capable de m'aider dans mon enquête. fais-je tout en découvrant le visage inquisiteur de l'homme qui entre dans la ronde délimitée par la barrière de soldats et leurs messes basses si insupportables. Et vous êtes ?

Spoiler:
 

Approchant en silence, l'homme affiche un regard énigmatique s’accommodant diaboliquement avec son teint sombre, ses cheveux en bataille et sa fine moustache surplombant son curieux bouc. Celui que j'estime être un quarantenaire prend néanmoins son temps pour me répondre, n'hésitant pas à se rapprocher davantage jusqu'à venir s'agenouiller près de moi pour procéder tranquillement et silencieusement à l'étude du corps de la victime. Ainsi affairé, ses lèvres semblent progressivement se découdre et d'un regard non pas fuyant mais plutôt occupé, voilà qu'il me répond enfin.

- Landyard, inspecteur Scott Landyard pour vous servir ma dame. Vous semblez au fait des us et coutumes de nous autres, enquêteurs. A qui ai-je donc l'honneur ?

- Butterfly. commencé-je, intriguée par cet homme plein de mystères et possédant probablement les réponses à d'autres de mes questions. Elizabeth Butterfly.

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Dernière édition par Annabella Sweetsong le Mer 8 Juin 2016 - 1:23, édité 1 fois
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Mer 8 Juin 2016 - 1:21

Une dizaine de minutes supplémentaires s'étaient écoulées à la suite desquelles nous nous étions convenus que les détails de la scène du crime ne nous permettaient pas d'obtenir davantage d'informations. La grève étant composée de galets, aucune empreinte de pas ne pouvait donc être discernée sur les lieux du crime, rien permettant d'identifier le tueur si ce n'était l'entaille sur le cou de la victime probablement faite par une lame courte. Là encore, nous n'étions pas sûrs de ce que nous devions chercher : à l'inverse des autres meurtres, l'arme ne traduisait en aucun cas l'appartenance du tueur à un corps de métier bien que je me doutais bien qu'il s'agissait d'un prolétaire, de l'un de ces pauvres souffrant les riches et les nobliaux. Me redressant avec une expression de déception sur le visage, je me sentais impuissante dans mes recherches, déçue de ne pas avoir plus d'éléments pour mener mon enquête. Déjà, je m'apprêtais à prendre congé de ces foutus soldats et de cet homme mystérieux les accompagnant. Mais alors que je tourne les talons pour fiche le camp dans une quelconque taverne pour me rincer la gorge, ledit gaillard intervient subitement, stoppant mon inexorable progression en direction d'autres horizons.

- Où allez-vous ma chère ? Nous n'avons pas terminé. Je croyais que vous étiez sur cette affaire et que vous nous accompagniez ? Comme le stipule votre... laisser-passer huhuhu...

- Je ne pourrai vous être d'aucune utilité ici, je ne vois rien d'autre qui pourrait nous donner davantage d'informations sur l'identité de votre tueur. Qui plus est il est hors de-

- Il y a encore l'enfant. vient instantanément me couper Scott au milieu de ma phrase.

Abasourdie, je ne comprends pas. Il était vrai que mes méthodes ne me permettaient pas de correctement communiquer avec les autres enquêteurs présents sur l'affaire, de fait jamais on ne m'avait pas parlé d'un enfant. Landyard évoquait-il un potentiel témoin ? Voyant que je me suis stoppée net dans ma fuite, c'est sur un ton insolent et rieur que l'homme poursuit, visiblement amusé par mes réactions.

- Mais, excusez-moi, vous comptiez partir non ? A croire que votre jugement sur la Marine obscurcit votre vision et vous empêche de mener une affaire proprement, sans réagir impulsivement. Vous m'en voyez désolé, votre compagnie me semblait pourtant fort bien pratique. J'avais entendu parler de vous en bien, Miss Butterfly.

Crispant les poings, je peine à ne pas rentrer dans son jeu. Plutôt que de m'énerver, je fais simplement volteface et, les lèvres pincées, épelle difficilement les mots qui me font réfléchir à la véritable identité de ce Scott.

- Qui êtes-vous vraiment au juste, Monsieur Landyard ?

***

Progressant dans une rue bien trop illuminée à mon goût, aux côtés de mon bienfaiteur, nous voilà bientôt amenés à toquer à la porte d'une importante bâtisse à l'aide d'un épais marteau en cuivre légèrement oxydé. Non loin de l'entrée, je remarque la présence d'une plaque de bronze indiquant dans un premier temps le numéro du bâtiment au sein de la rue et dans un second, l'identité du propriétaire. Pendant ce temps-là, de l'autre côté du mur, une voix étouffée par l'épaisseur de granit semble hurler à notre encontre.

- J'arrive tout de suite !

S'en suivent des bruits de pas lourds se rapprochant de la porte, des cliquètements des différents mécanismes verrouillant le passage et un grincement sec et interminable au moment où le mur de bois vient se courber vers l'intérieur, relâchant un râle d'air chaud et parfumé d'une odeur de goûter. Venait-on de mettre un gâteau dans le four ?

- Ha, Monsieur Landyard, si je m'apprêtais à vous voir ainsi... s'excuse une mignonnette en tenue de domestique, à l'origine des hurlements entendus quelques instants plutôt.

- Ne vous en faites pas Miss. Au vu des récents événements, je comprends tout à fait. Nous sommes venus discuter avec Geodry. Pour l'enquête.

Parcourue par différents troubles obsessionnels compulsifs, la servante semble systématiquement déconcentrée à chaque fois qu'un mot est prononcé. Enchaînant ainsi d'étranges révérences et courbettes, la voilà qui nous fait signe d'entrer puis de la suivre en répétant plusieurs fois qu'elle comprend, que le pauvre petit est déboussolé, que ce n'est pas un âge pour voir de telles choses. Et c'est donc à coup de vérités générales que nous traversons les pièces richement décorées et grimpons les marches moelleuses des escaliers tapissés d'une confortable moquette pour finalement atteindre la chambre du jeune Lord du Lac, orphelin selon la conclusion de la bonne.

- Je... Je dois vous laisser, le gâteau est bientôt prêt. Le petit a besoin de manger.

Oui, quelque chose de bon, quelque chose de chaud, avec du chocolat en guise d'antidépresseur, je ne peux qu'appuyer le départ de la servante dont la présence nous aurait très probablement embarrassés dans notre interrogatoire. Ayant terminé notre drôle d'escapade au sein de la maison victorienne, nous voilà amenés devant une ultime porte boisée et laquée suintant les pleurs et les sanglots du gamin. Pénétrant dans la pièce en première, en espérant pouvoir insuffler au mioche un peu de confiance, en espérant pouvoir lui apporter un peu d’apaisement du fait de mon apparence féminine lui rappelant un certain réconfort maternel, me voilà à ouvrir la marche dans un capharnaüm sans nom laissant ridiculement fragile et petit le môme, allongé sur son lit, la tête dans l'oreiller. Rongé par la rage et le désespoir, le morveux semblait avoir détruit chaque jouet, chaque poupée, chaque chose pouvant être réduite en miette dans sa chambre. Tendant la main dans sa direction, je me rappelle son nom et l'appelle d'une voix qui se veut chaleureuse et sympathique. Je savais être mielleuse quand l'occasion se présentait et bien souvent le mensonge paraissait encore plus vrai que la vérité elle-même.

- Geodry ? Geodry, tu m'entends ? Je m'appelle Elizabeth, je suis venu avec un ami. Nous sommes là pour t'aider.

La tête enfoncée dans son oreiller, continuant à pleurer, je doutais de parvenir à raisonner l'enfant dont le cerveau semblait davantage fermé que les oreilles. Le traumatisme était fort et je ne comptais pas y arriver du premier coup. Néanmoins, voyant lentement la tête du gamin se soulever pour tourner vers moi un visage ravagé par la peine et des griffures d'ongles, je m'estime finalement plutôt chanceuse, pouvant commencer par un simple contact du regard me permettant de me rapprocher encore jusqu'à atteindre le chevet du lit. Il avait tout au plus huit ans et de longs cheveux bruns.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Bien qu'en mon for intérieur je ne puis m'empêcher de sourire face à ce premier contact, je me vois obligée de garder un visage compréhensif tout en m'adressant au petit. Il faut qu'il parle, il faut qu'il nous dise ce qu'il a vu et jamais il ne le fera si on ne le calme pas avant. J'avais cru comprendre qu'il était orphelin, soit : pour ces quelques dizaines de minutes, je devais être sa mère et il devait tout me dire. De la manipulation psychologique, du harcèlement, mais le choix n'était pas le notre.

- Nous sommes venus pour toi. Nous voulons que tu ailles mieux. Regarde, lui c'est Monsieur Landyard, c'est un grand soldat, il est venu pour te donner du courage. fais-je tout en désignant mon collègue de la main droite, guidant le regard de l'enfant dont les yeux grands et ronds semblent ne pas saisir tous les éléments de notre visite.

Susurrant mon venin telle une véritable vipère, ce n'est pas tant le choix des mots que les gestes que je fais et le ton de ma voix qui créent un monde dans la tête du gamin. Le Cipher Pol ne nous apprenait pas qu'à torturer les âmes, il nous apprenait aussi à les soigner... enfin, plutôt à les bercer d'illusion en leur faisant croire qu'on les soignait.

- Et moi, je suis venue pour que tu sèches tes larmes, pour que tu retrouves le sourire, même si c'est difficile, même si ton papa te manque. Ce n'est pas ce qu'il aurait voulu, ton papa. Il n'aurait jamais voulu que tu pleures, que tu sois triste. Non non, ce qu'il aurait voulu, c'est que tu sois heureux, que tu gardes le sourire quoi qu'il advienne. dis-je tout en approchant ma main de celle du petit pour la saisir doucement, tenant de l'autre le visage du bambin pour venir effacer du plat du pouce les larmes coulant sur ses joues tout doucement. Allons, sois fort, sèche tes larmes, montre nous ton plus beau sourire. Pour ton papa, pour qu'il soit fier de toi.

Alors, une minute de silence s'écoule, tandis que je berce l'enfant, tandis que je lui murmure des mots délicieux, tandis que le démon fait son office. Bientôt donc, le petiot cesse de sangloter, son corps n'est plus parcouru de spasmes, ses larmes cessent de couler sur ses grosses joues roses et ses yeux rougis viennent assécher les lacs qui s'y sont formés. Bientôt, l'enfant vient se lover contre ma poitrine, serrant autour de mon cou ses petits bras menus. Et même sans le voir, même sans l'entendre ; en même temps que moi je le sens s'exécuter.

Il sourit délicatement, ensorcelé.

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Lun 29 Aoû 2016 - 0:35

- Alors, il a dit quelque chose ?

Je ferme la porte dans mon sillon. Patientant dehors, l'inspecteur n'avait pas participé à la conversation privée, entre l'enfant et moi. Il était resté en dehors de cela, pour plus d'intimité. Pour que le gamin se sente à l'aise, en confiance.

- Bien sûr. Mais rien de vraiment exceptionnel. J'ai la description du suspect, mais je ne sais pas si ça vaut grand chose.

- Très bien, discutons-en en chemin. Je vous raccompagne jusqu'à votre hôtel.

Fort aimable. Comme nous sommes venus, nous repartons, saluant au passage la gouvernante sans même prendre la peine de goûter à la mangeaille préparée pour le bambin. Même si deux parts du gâteau nous sont proposées, à emporter comme sur place. Nous déclinons et taillons la route hors de la gigantesque demeure, désormais bien vide sans son propriétaire.

- Oui, l'enfant n'a pas vu grand chose. Une silhouette encapuchonnée. Un homme. Grand, peut-être. De corpulence moyenne, probablement.

- Ça ne nous avance pas.

- En effet...

Le silence conclue la conversation, aussi riche en éléments qu'en mots pour exprimer notre désarroi. Progressivement, les pas nous rapprochent de mon auberge où je crèche temporairement. Tant mieux puisque la nuit tombe et je n'ai nulle envie de me retrouver dans le coin lorsque les vauriens reprendront le contrôle des rues. La Marine ne peut décidément pas être partout. Et qui dit Dragons Célestes dit aussi pauvreté, dépravation, vermine. Des hommes exilés, des esclaves torturés et toutes sortes d'âmes en peine qui, un jour ou l'autre, arriveront à s'échapper du joug de leurs bourreaux. En crevant, assurément, ou par des moyens plus innovants. La fuite, par exemple. Ou le meurtre.

Est-ce donc à cela que l'on à affaire ? Un ancien esclave en quête de vengeance ? C'est probable. Les profils peuvent être nombreux et nous ne pouvons que spéculer. Je partage les éléments avec Landyard, mais le bonhomme a une hypothèse différente qui rallie ma première pensée. Celle d'un suspect originaire de l'île qui a vu son foyer détruit à l'arrivée des Yonesku. Car les esclaves fuyant les nobles sont peu nombreux. Et en général, soit ils ne vont pas bien loin et se font capturer à nouveau. Soit ils arrivent à s'échapper pour ne plus jamais refaire surface.

Mais en aucun cas ils ne restent dans les parages pour commettre des crimes sur la simple plèbe, quand leurs tortionnaires s'en tirent sans même verser une larme.

La personne qui accomplit un tel travail doit être persuadée que cela a des répercussions sur les Dragons. Et ça en a probablement, mais pas émotionnellement. Le tracas, la gêne, comme lorsque l'on se brise un ongle. Ou bien que l'on marche dans une crotte. Ça doit être cela, le sentiment des Tenryuubitos à cette heure-ci.

- Bon et bien... Je dors ici et-

- Nous reprenons demain à dix heures. Cela vous va ?

- Je... Pardon ? Je ne me suis engagée à rien.

Le bonhomme est étrangement abscons. Il doit m'avoir assimilée à une sorte d'assistante, très probablement. Peut-être ne peut-il plus se passer de ma présence ? Ou bien reconnaît-il ma valeur en tant qu'enquêtrice ? C'est vrai, je commence à avoir pas mal de notoriété sur les quatre océans désormais...

- Bonne nuit, Miss Butterfly. termine-t-il tout en tirant sa révérence, le chapeau prestement soulevé.

Un homme étrange. A mon effigie. Sur cette idée, je m'engouffre donc sous le porche de l'auberge pour venir pointer mon passage au tenant. Et monter les escaliers menant vers ma loge.

***

Rien. Rien rien rien et encore rien. Pourquoi parcourons-nous les rues sans but ? Nous ne pouvons pas remplacer la patrouille d'un millier de soldats dans une ville aussi grande.

- Vous pensez que je n'ai que ça à faire de mes journées, Inspecteur Landyard ?

- Je pense.

Quel homme présomptueux, mais incroyablement pertinent. On dirait que mes pensées transitent par son esprit avant d'intégrer le mien. Ce qui me met à la fois affreusement mal à l'aise mais aussi étonnamment en confiance. Le sentiment d'être avec mes pairs. Est-ce dangereux ? Assurément. Qui est cet homme au fond ? Est-ce que sa plaque d'inspecteur a une quelconque valeur ? Les mots, rien que les mots. Ils ont plus de pouvoir que tout le reste, lorsque l'on sait bien les utiliser.

- A force de tuer toute la cour des Yonesku, il ne restera plus beaucoup de prétendants.

- Nous allons surveiller une potentielle victime ?

L'homme ricane, agitant sa cane de haut en bas dans un moulinet imparfait, comme volontairement raté. Puis un pas à gauche, un pas à droite, dans une danse relativement absurde. Quel est le but à tout cela ? Me prouver quelque chose.

- Nous sommes déjà en train de le faire.

Un spectacle. La Cour des Miracles, le quartier des jongleurs, des bêtes de foires et autres hommes-troncs et femmes à barbes. Ici, nous ne nous fondons plus dans la masse. Et devant nous, un homme accommodé de pourtours voyants. D'une espèce de robe rigolote, de chausses blanches et chaussettes hautes. Et du fond de teint sur le visage avec une perruque à froufrous pour garnir le tout.

- Lui ?

- Vraisemblablement. Sir Jacques de Popentour. Un titre pompeux pour un simple proxénète. Regardez, voyez comme il tremble et regarde incessamment derrière lui.

- C'est pour cela que vous m'avez demandée de m'habiller ainsi ? fais-je tout en désignant des mains ma robe tricolore.

Affublée d'un étrange buste qui me comprime la poitrine, de talons trop hauts et d'une nouvelle perruque, je ne sais pas vraiment qui je suis. En fait, il me le précise tout en soulevant son haut-de-forme pour en retirer un... lapin.

- Mon assistante. Le Magicien Blanchard de Boniment.

- Avouez, vous avez y avez travaillé avant de me rencontrer. A cette couverture, je veux dire.

- Autant que la couverture sous votre couverture, ma chère. me renvoie-t-il, goguenard.

Percée à jour, je me tais. Inutile d'aller plus loin dans cette discussion, mais le bonhomme sait bien que je suis beaucoup plus qu'une simple enquêtrice de bas étage. La question demeure : comment ? Enfin, pour l'instant, je lui sers de faire valoir et de garantie pour son statut de magicien. Avec lequel il émerveille les passants au passage, n'hésitant pas à m'utiliser pour l'assister. Assistante.

- Suis-je un prétexte ou une excuse ?

- Ni l'un ni l'autre. Vous êtes mon invitée et la clé de voute de cette mission.

Impossible, aurait-il préparé tout cela pendant la nuit ? Ou bien s'attendait-il à ce qu'une femme vienne l'assister dans son enquête à un moment ou à un autre ? L'homme reste un mystère, un gaillard doué d'un sang froid mystique et d'une intelligence sans faille. Que puis-je y faire ? Je me retrouve ballotée dans tout cela. Et je ne peux que satisfaire ses demandes, agissant dans ses tours de passe-passe pour dissimuler la raison de notre présence. Petit à petit, nous évoluons dans les rues, à proximité du gentilhomme épaté par les spectacles et expositions qui s'offrent à sa vue. C'est l'utilité de l'endroit, une rue où les artistes présentent leurs œuvres. Peintres, musiciens, clowns et dresseurs d'animaux. Les arts du cirque mêlés au reste. Un endroit bassement fréquenté, finalement. Une aubaine si jamais notre tueur en série désire s'en prendre à De Popentour.

- Là-bas, tu vois ce que je vois ?

Non. Je.. Si peut-être. Dans ce carnaval de tâches de couleurs et de bruit incessant, se cache une silhouette noircissant le tableau. Sombre, discrète et surtout encapuchonnée, celle-ci évolue dans notre sens et ne va pas tarder à rencontrer le gérant des bordels de la ville.

- Que fait-on, on intervient ?

- Tss. Trop tard pour lui. Rapprochons-nous.

Ce que nous faisons. Toujours à la même vitesse, toujours en accomplissant des tours pour les touristes. De Popentour n'est plus très loin, mais le potentiel assassin non plus. Et sa veste diablement épaisse, en toile teinte, camoufle parfaitement ses traits. Son voile tombant pile-poil devant ses yeux, ne laissant comme toute opportunité de le reconnaître qu'une simple mâchoire rectangulaire. Il fait de grands pas, comme pressé par quelques choses. L'intrigue se déroule devant nos yeux. Est-ce notre homme ? Nous le saurons très bientôt. En fait, nous collons presque aux talons du bourgeois, aidés par l'aspect compact de la foule dans laquelle nous nous dissimulons. Et beaucoup mieux que l'assassin, qui finalement lève le bras au croisement. Et sort de sa manche un couteau de lancer qui a tôt fait de traverser l'océan de têtes. Pour se ficher proprement dans l'arrière celle du proxénète, en train de goûter à une sorte de vin relevé aux épices, proposé par un marchand dodu. Pas de bol pour ce-dernier, le cadavre tombe raide mort. Et s'effondre sur son étal. Avant que les premiers cris ne résonnent et que le sang s'écoule. Et qu'un mouchoir blanc ne tombe près du cadavre, des lettres rouges gravées dessus par une écriture tremblotante. Je devine : Monroe.

Je reste fascinée par la propreté de la scène, qui aurait probablement permis au meurtrier de s'en tirer, noyé dans la tumulte, si nous n'avions pas été là pour suivre ses traces. Son pas est preste, sa silhouette zigzague et tournoie, passe par des chemins détournés. Puis quitte ultimement la Cour des Miracles, pour atterrir dans un quartier hautement sinistré et pauvre, tenant davantage de feu Troop Erdu que du Don. Et comme l'endroit est faiblement fréquenté, il peut finalement se permettre une œillade dans le dos.

Pour dénoter notre présence qui n'a plus rien de furtive.

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Ven 8 Sep 2017 - 7:41

Difficile de courir dans une marée humaine, même si Landyard s'en tire pas mal. Le fugitif lui ne prend pas de gants : il bouscule et se précipite de façon aveugle sous les regards étonnés et énervés de ses victimes. Mais je devine rapidement que si l'assassin s'est permis de commettre son attentat en pleine journée, c'est qu'il possède un plan de secours. Un moyen de s'échapper, de nous fausser compagnie. De la main droite, je me fraye un chemin, poussant à mon tour les mêmes brusqués qui rouspètent allégrement, tempêtent à foison.

- Faites attention ! Mais bon sang !!

- Police, dégagez le chemin !

Avec son insigne, l'inspecteur tente de provoquer une réaction, mais la foule est trop compacte. Tout ce qu'il peut faire, c'est brandir sa plaque et excuser son geste de la même manière. Je ne m'embête pas avec ces détails : l'assassin gagne en distance minute après minute et a désormais quasiment disparu de mon champ de vision.

- Il va s'échapper, vite ! asséné-je à mon collègue qui soudainement s'arrête et vient fouiller dans sa poche. Je le dévisage tout en levant un sourcil, mais déjà celui-ci me fait signe de ne pas m'arrêter.

- Continuez à le poursuivre, j'appelle des renforts.

Logique. Je ne connais pas la ville mais Scott si, des soldats peuvent probablement faire barrage plus loin. A temps serait le mieux.

Déjà la foule se désépaissit, me permettant de gagner en allure. Le Soru aiderait particulièrement, si je n'étais pas sous couverture ; je ne peux donc que courir comme une dératée de la façon la plus humaine qu'il soit. Au fur et à mesure, le poursuivi s'enfonce dans une partie plus sombre de la ville. On ne peut pas parler de quartier pauvre, pas au sein du Don, mais probablement d'un quartier moins riche où les bâtiments ont été bâti sans être terminés. Les pavés des rues sont bien moins resplendissants ici, le soleil moins impactant sur la luminosité. A vrai dire, il fait sombre et je retrouve là une porte de sortie potentielle pour le meurtrier.

- Oh... non...

Les ténèbres, ça me connaît. Plus il fait sombre et plus j'y gagne. Si les rues étaient auparavant moins remplies, désormais elles sont pratiquement vides, ce qui me permet de pallier la distance entre l'assassin et moi de façon irréaliste, improbable.

// En cours.

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Ven 3 Nov 2017 - 16:04

*Tu vas voir, c'est un endroit magique...*

Ces mots résonnaient encore et encore dans sa tête. Lui, contraint de suivre sa famille, était ainsi arrivé il y a deux ans au Don des Saints. Originaires de Bliss, ils avaient tout quitté pour ce paradis artificiel. Les primes toujours plus alléchantes avaient attiré le chef de famille lorsque son entreprise était en mauvaise posture, devant une concurrence toujours plus rude sur l'île des constructeurs. Armateurs depuis des générations, cette décision avait provoqué des disputes indélébiles au sein de la famille. Sa famille était sur Bliss depuis longtemps et une telle décision, motivée par l'argent, pouvait paraître stupide, méprisante envers les ancêtres et les traditions.

Mais bien sûr, Roshan n'avait pas son mot à dire.

Véritable catastrophe sociale, il s'était fait quelques amis au Royaume. Et voilà qu'on lui enlève, pour des raisons au final plutôt bancale. Se faire de nouveaux amis fut une tâche impossible pour ce jeune adulte, reclus sur lui-même, introverti. Ses seuls contacts humains étaient sa famille, et encore. Il était pour ainsi dire le raté de la famille. Fils unique, il était pourtant aimé par ses parents, qui lui offraient tout, malgré les difficultés économiques. Tout, parce qu'ils avaient bien conscience que leur fils devait s'ouvrir, comme on ouvre une huître pour trouver la perle en son sein.

Alors son père avait commencé à faire le lèche-botte de ces Seigneuries.

Qu'il détestait ça.

L'honneur... Il était si fier, si porté sur l'honneur, qu'il redoutait de parler, de faire n'importe quoi, sous peine d'être déshonoré. Ses parents s'en étaient rendu compte, mais n'avaient pas pensé aux dégâts qu'ils causaient en lui en s'agenouillant chaque matin devant les Dragons. Il en souffrait intérieurement, mais n'osait rien dire. Alors la vie continua son cours, lentement.

Et un jour, Il vint.

Il vint l'aider dans sa souffrance.

La première fois, il n'avait pas pu prendre son courage à deux mains. Mais la deuxième, il le fit. C'était sale, peu soigné. Il avait découpé le corps, maladroitement, avant que le chien mange son maître. Mais il apprenait vite, comme Il disait. Comme il n'avait pas besoin de travailler, sa famille l'entretenant, il pouvait rentrer n'importe quand sans qu'on lui pose des questions. Ou du moins, des questions réellement intéressées. La journée était si éreintante pour ses parents, devant faire des courbettes à longueur de journée avant de courir chez un noble proposer un contrat, avec des millions de Berrys à la clef.

Lorsqu'il vit dans les journaux qu'une autre personne faisait ça, il l'avait questionné.

Il était prêt.

Il fallait atteindre le sommet de cet art dangereusement sophistiqué.

Alors il l'avait fait proprement cette fois-ci, peu de temps après l'assassinat du Sir de Popentour. Cette nuit-là, il était allé chez un certain Carlet. Un éminent économiste... qui l'était avant d'écrire des traités vantant les mérites des politiques financières des Dragons. Célibataire, vivant seul dans une maison éloignée de la ville, c'était une cible de choix pour s'exercer.

Il s'introduisit dans la mansarde, le soir. Le soleil faiblissait ; la lune prenait la relève. Malgré les récentes nouvelles, l'homme en question n'avait pas jugé adéquat de faire garder sa maison plus qu'elle ne l'était. Il avait un seul garde, un homme de confiance qu'il connaissait depuis quelques années. Du genre grand baraqué. Roshan, maigre, courbé, si fragile, ne faisait pas le poids. Mais il était animé d'une fureur meurtrière.

Il avait réfléchi à la meilleure manière de tuer l'économiste ; mais pas vraiment à celle pour son garde.

Alors il avait fait une erreur.

Alors qu'il avançait vers la porte, doucement, il entendit le vigile venir vers lui. Discrètement, il se réfugia dans les buissons accolés à la porte d'entrée. Il attendit qu'il passe, qu'il se rapproche... et s'élança, dague à la main, direction le cou du malheureux.

Mais tout ne se passa pas comme prévu.
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