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Zéro

Loth Reich
Loth Reich
Moine Hérétique

♦ Localisation : Blues
♦ Équipage : Aucun

Feuille de personnage
Dorikis: 5627
Popularité: +728
Intégrité: 710

Sam 16 Jan 2016 - 18:45

________________________________________
 
Présent
Septembre 1626 - Boréa
1.
Cimetière de Brinborian - Lavallière


Un long silence avait suivi la fin de mon récit sur la seconde partie de l'enquête qui m'aura finalement permis de démanteler le plus grand réseau de blanchiment d'argent de South Blue. Zéro pesait sûrement les implications de mes informations, revoyait ses erreurs et celles de ses subordonnées. Souhaitant surement revenir en arrière pour me damer le pion...

- Il reste une dernière partie de l'enquête. Elle m'aura conduit à Bliss, puis à Hinu Town, à Blackstone puis retour à Boréa. Le pays où tout a commencé pour Ashura. Voulez-vous un rafraichissement ou je continue ? Cette partie est plutôt rapide.

- Allez-y, continuez.

- Très bien. Donc, je refais une dernière fois le point. Prometheus est démantelé. Don Viera a été poussé aux aveux grâce aux enregistrements. Il a perdu tous ses biens et a été enfermé au Creuset en attendant son jugement pour trahison. Les neuf cent millions d'Ashura épargnés à la Portclays ont été saisis par le Roi et vont servir au redressement de l'économie de la Capitale durement touchée par Victoire à tout prix. Quant à moi, j'ai trahi les Autres et les ai offerts en pâture à la 19eme. Même Dickson nous a devancé, ce fut une réussite sur toute la ligne. Les péniches de bois furent récupérées, le Consortium Ramba rétablit ses relations avec Bliss, et des centaines de mercenaires furent capturés, d'autres tués. Comme toujours Avada s'est évanouie dans la nature. Émeline et moi avons donc directement mis les voiles vers Boréa.
L'autre partie des fonds blanchis par Ashura était en route pour Lavallière. Six cent millions de Berry protégés par une équipe du Shield étaient dissimulés dans une caravelle déguisée en cargo marchand d'oranges. Et sous, l'eau un homme-poisson à ma solde les suivait.


- Un des Autres.

- Oui, un membre des Autres. Malheureusement pour moi, le timing n'était pas bon. Cet homme-poisson nous faisait des rapports réguliers mais tout d'un coup, il est devenu injoignable. J'espérais qu'il reste ignare du sort qu'avaient subi ses camarades. Mais il a pris la poudre d'escampette et d'un coup, je suis devenu aveugle, je n'ai plus eu de visibilité sur le Shield et mes précieux millions. Du coup, j'ai mis les petits pas dans les grands, j'ai mis les voiles à fond, j'ai appelé la Commandante Midnight et lui ai expliqué la situation. J'avais une photo de la caravelle déguisée, je connaissais sa dernière position et sa vitesse relative. Le quai N°38 du port de Lavallière où débarquent les bateaux fruitiers fut discrètement encerclé par la 444e. Mon bateau à moi a accosté une demi-heure avant le leur. Et c'est là que recommence ma traque de Zéro.
Votre traque...




Dernière édition par Loth Reich le Dim 14 Fév 2016 - 2:57, édité 1 fois
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Dim 17 Jan 2016 - 1:16


2.
Boréa...
Six mois avaient passé depuis que Loth l'avait quitté pour les contrées plus tempérées du Sud. Une moitié d'année loin de la neige, loin des paysages laiteux à l'infini. Il avait même eu l'occasion d'aller dans un pays à l'extrême opposé de Boréa. Hinu Town. Le pays du sable. Sur ce point, son avis était tranché, il préférait le froid à la chaleur. En foulant de ses semelles ce port très familier de Lavallière, il eut la sensation qu'il était revenu "chez lui". Et pourtant, ce pays n'était qu'une étape sur son parcours et il n'était pas sans l'ignorer.

Il se dirigea immédiatement vers le quai N°38 où l'attendait une Midnight debout comme un roc dans le froid polaire, les mains solidement croisées dans le sol, le regard vers l'horizon. Elle oscilla très lentement sa tête vers lui quand elle le vit arriver. Ses lèvres se courbèrent en un rictus.

- Ne dites rien de désagréable, ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas vu, introduisit Loth.

- Moins je te vois et mieux je me porte. Mais j'ai vu quel bien ton voyage a fait à Bliss et à Arsène Dickson. Il aurait dû y réfléchir à deux fois avant de te faire appel.

- Sans nous deux, nul n'aurait réussi à y déloger Ashura et les troubles qui ont eu lieu ne sont que les conséquences de l'enracinement profond du Réseau dans ce pays. Quant à la démission d'Arsène, il a craqué c'est tout. Il devait y....

- J’ai contacté le QG du Shield et ils m’ont confirmé ton histoire de transfert de fonds, fit-elle en l’interrompant sèchement. Je leur ai alors fait part de tes découvertes corroborées par le prince Régent de Bliss, comme quoi Don Viera serait un blanchisseur d’Ashura, que les fonds qu’ils transfèrent en ce moment, c’est de l’argent issu d’une activité criminelle majeure.

- Alors ?

- Alors ils se sont indignés. C’est une vieille entreprise, séculaire et au-delà, qui travaille avec le GM depuis longtemps. Une fois que leur ont été transférées les accusations et dépositions dument signées par qui de droit, ils nous ont autorisés à arrêter leur caravelle et à saisir les sommes à bord. J’ai l’a l’accord du Président du Shield. Non, tu ne peux pas la lire, c’est top secret.

- D’accord. Du coup, ils ont appelés les leurs ? Ils savent qu’ils doivent être dépossédés des fonds ?

- Non. Quand ils sont en mer, ils n’ont aucun contact avec l’extérieur. C’est de protocole. Sauf en cas d’extrême et absolue urgence. Ce qui n’est pas le cas ici, et d’ailleurs, vaux mieux privilégier la discrétion. Ils arriveront, on traitera avec eux et on reprendra les rênes. Six cent millions de Berry, je ne pensais pas voir un jour une telle somme de ma vie. Pourquoi m’as-tu transmis cette information ? N'as-tu pas été tenté de garder cette somme pour toi ?

- Vous me prenez pour un criminel et je m’évertue à vous prouver le contraire, Bee. C’est votre problème si vous continuez à persister dans cette voie. Tiens, voilà notre navire, acheva-t-il en pointant de l’index la caravelle peinte en jaune aux couleurs des coopératives agricoles exportatrices d’agrumes. Et il y a un truc qui cloche.

En effet, depuis qu’il observait le bateau approcher, ce dernier n’avait pas corrigé sa trajectoire. Il avançait de biais, se dirigeant tout droit vers une des jetées du quai 38. Sa grande voile était tendue et quand Loth s’empara de ses longues-vues, il réalisa qu’il n’y avait personne à la barre du bateau.
Midnight et d’autres Marines en faction avaient aussi repéré l’étrange trajectoire du navire. L’Abeille beugla un ordre et rapidement, un brise-glace à aubes s’interposa entre la caravelle et la jetée. Le bateau du Shield heurta avec fracas la coque renforcée du brise-iceberg qui ne fut même pas éraflée. Loth et Bee se précipitèrent au bout du quai et sautèrent dans sur le pont du brise-glace puis sur la caravelle du Shield. A son bord, l’effroi.

- Morts, tous. Je savais qu’une affaire venant de toi ne saurait être simple.

- Je n’y suis pour rien moi ! se défendit-il en se penchant sur le corps d’un membre du commando, gisant sous une bâche, sur le pont. Une balle dans la tempe. Pas à bout portant, il n’y a pas de marque de brulures ou de poudre sur la peau. Mais c’est une exécution tout de même.

- Celui-ci aussi a reçu une balle dans le front, fit Bee en examinant un autre cadavre dans l’escalier menant dans les entrailles du bateau. On dirait qu’il y a eu une mutinerie…

Des corps, ils en découvrirent d’autres. Trois autres de plus, froidement exécutés. La position des corps laissait apparaître qu’ils avaient été pris par surprise dans des tâches diverses : navigation, cuisine, lecture. Celui qui les avait abattus n’était pas donc pas un étranger, aussi n’avaient-ils eu aucune raison d’être sur leur garde. Rapidement, ils surent via les bureaux du Shield que le commando était composé de six hommes dont les identités leur furent communiquées en plus de leurs parcours.

- Il manque Samir Castillo, le tireur du groupe. On dirait qu’il a trouvé en ses camarades des cibles intéressantes.

- En l’argent aussi. Il a tout vidé, les six cent millions ont disparu.

- Ces gens sont tous d’anciens militaires… Pourquoi aurait-il craqué aujourd’hui précisément après dix ans dans cette unité ?

- Tout le monde a un prix, Bee, il suffit de le payer. L’erreur est mienne ! J’aurais dû savoir que si Zéro a demandé au Shield d’escorter ses fonds, c’est qu’elle avait assuré ses arrières. Pas une seule fois, je n’ai pensé qu’elle pouvait avoir quelqu’un dans leurs rangs. Elle escomptait sans doute que l’argent arrive normalement ici mais l’arrestation de Viera et la saisie du presque-milliard restant a dû changer ses plans. Merde, putain ! fit-il en donnant un coup de pied dans le mat. Castillo peut être partout dans le pays, sur le littoral avec cet argent !

- Tu disais que les sommes allaient être versées sur le compte N°008259 à la Borealin Royal Bank, non ?

- Vous pensez vraiment qu’elle a fait exécuter cinq personnes pour brouiller les pistes et finalement déposer l’argent dans une banque ?

- Non, Mr le génie. On peut suivre cette piste. Le compte, le nom du propriétaire, etc…

- Allez-y, faites ça si ça vous chante. Moi je rentre, dit-il blasé.

- Rentre où ? Nous avons une affaire-là !

- Vous avez un quintuple meurtre sur les bras. Moi, tout ce que j’ai, c’est sommeil. J’en ai marre de ce jeu de cache-cache qu’elle joue avec moi et j’ai ni l’envie, ni la force de me promener dans le pays à la recherche de six cent millions. Quand je me réveillerai, dans trois jours peut-être. Allez amusez-vous bien !

Sur ces mots, il sauta sur le pont et s’en alla vers le cimetière de Brinborian. Intérieurement, il remerciait Zéro de ce coup qui allait les obliger à s’affronter sans Midnight dans leurs pattes. Même s'il connaissait maintenant l’identité de Lavoisier, celle de Zéro lui était toujours inconnue. Il douta fortement que l’argent pût être acheminé chez le Big Boss, quelque part à Jalabert. Ce dernier avait perdu de sa prestance. Ses négligences, surtout par rapport au danger interne que représentait Marie-Curie avaient précipité l’organisation dans la fosse. Samory Queen Alias Le Cafard, le N°4 de l’organisation, mort sept mois plutôt le lui avait confirmé. Et s’il y avait de l’eau dans le gaz dans Ashura ? Zéro enverrait-il vraiment son argent chez un chef qui avait perdu de la valeur à leurs yeux ?

Loth décida de parier que non. Il se lancerait à la poursuite de cet argent, mais uniquement quand il aurait fait un petit somme. C’était pour le moment, tout ce qui le titillait.


Dernière édition par Loth Reich le Dim 14 Fév 2016 - 3:03, édité 1 fois
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Dim 17 Jan 2016 - 1:19


3.
Loth se réveilla des heures plus tard, agréablement saucissonné dans plusieurs couches de draps. Du port de Lavallière, il s'était directement rendu dans la chapelle du cimetière de Brinborian qui était devenue son "chez lui" depuis plus de sept mois.
Un remue-ménage dans la pièce centrale de la bâtisse délabrée l'avait réveillé.

- C'est ma chambre, Émeline, mâchonna-t-il, un œil vitreux. Adossé à l'encadrement de la porte, sa nouvelle chargée d'affaire l'observait dormir.

- Il n'y a pas de porte, fit-elle en désignant l'ouverture vide. Donc, pas de demande de permission, non ? Cet endroit a été facile à retrouver. J'avais vraiment besoin de débarquer séparément de toi ?

- Midnight ne doit pas savoir que tu existes, ni que quelque chose nous unit.

- Elle connait ce cimetière non ? Donc ce n'est pas prudent que j'y sois.

- Justement. Tu ne devais PAS y être ! Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il en se levant de son lit.  

- Tu m'avais confié une pile de documents non ? Ceux grâce auxquels Zéro a pu faire libérer Helen Urée de prison. J'ai fini de les analyser et je pense qu'on peut aisément retrouver Zéro avec ça. C'est pour ça que je suis là.

A ces mots, le Binoclard se sentit parfaitement éveillé. Qu'est-ce que ces suites de chiffres que même Arsène Dickson n'avait pas compris avaient pu révéler à Émeline ? Il haussa un sourcil d'interrogation en percevant des bruits de mastications et un appétissant fumet provenant de la pièce centrale. Qui d'autre donc était avec Émeline ? Dena' ? Avada ? Nivel ?
Aucun. Attablés autour d'un festin de seigneurs, Loth trouva Maximilian Nordin et Phrâne Thomson, le Héraut de l'Aurore qui servait d'habitude d'intermédiaire entre eux. Mais depuis l'affaire de la simulation de mort de Loth, le roi s'était encore plus épris pour l'action directe.

- Votre Majesté. Je suis surpris.

- Et moi, inquiet, Loth. Très inquiet, dit-il. En le voyant arracher au couteau de la chair bien tendre à ce gigot de gazelle, on ne dirait pas. Mais prenez-place, ça vient directement de mes cuisines. Mangez, mangez. Phrâne, servez-lui des tripes.

- Non, merci. Ça ira. Je vous présente... Chaos. Une amie de longue date, dit Loth en montrant Émeline. Elle m'a été d'une aide indispensable dans l'affaire Ashura à Bliss. Est ce qui s'est passé là-bas qui vous inquiète, votre Majesté ?

- Plutôt les retombées de vos actions là-bas en fait, dit Phrâne Thompson. Du point de vue de Loth, elle était toujours autant garçon manqué et sa nouvelle coupe militaire n'arrangeait rien du tout.

- Tu parles des six cent millions dans la nature ?

- Tout à fait. Vu que vous nous avez transmis les informations en même temps qu'à la Commandante Midnight, nos services se sont intéressés au compte bancaire N°008259 à la Borealin Royal Bank. Malheureusement, il a été totalement vidé quelques minutes avant notre inquisition et précipitamment clôturé. Mais nous avons tout de même eu des infos. Il aurait appartenu à un certain Alan Ross qui a travaillé comme directeur logistique de Craig & Croupton. A partir de là nous n'avons pas pu aller plus loin.

Craig & Croupton, C&C... Ça tombait sous le sens et Loth n'en était pas vraiment surpris. Ces infos-là dataient de l'affaire Marie-Curie. C&C, la plus grande entreprise de manutention du port de Lavallière avait été secouée au début de l'année par une affaire de corruption qui avait -à l'instar de Bliss- éclaboussé la famille royale de Boréa et pour cause, le cousin direct de Max', Marcomilian Nordin, y était impliqué. Mais au terme de l'enquête menée par Loth, il fut prouvé que Marco' alors actionnaire majoritaire de C&C n'était qu'un bouc-émissaire. Son entreprise avait été "parasitée" par Ashura qui en avait détourné les moyens pour servir sa cause. En outre, c'était le directeur logistique, le même Alan Ross qui était l'homme d'Ashura dans les rangs de la firme. Plus tard, durant l'enquête, il découvrit qu'Alan Ross n'avait jamais existé et que celui qui se cachait sous ce pseudonyme n'était autre qu'Oswald Maine Alias "Le Négociateur", un ancien capo de la famille Mancinelli de Manshon. Il officiait en temps que N°2 de la Cellule Tempest de Marie-Curie. Aujourd'hui, Maine était en prison, capturé avec trois cents trois autres membres de Tempest.

- Ross, ou Maine plutôt n'a pas du tout la carrure de Don Viera de Bliss. A mon avis, Zéro a juste utilisé son nom comme couverture et pour brouiller les pistes. En plus, à la BRB, ce sont des comptes bancaires exclusivement numérotés non ? Il n'y a pas besoin de prouver son identité via des états civils.

- Oui et pour la première fois, je me rends compte que ça peut réellement servir à couvrir de l'argent sale. Je plancherai avec mon secrétaire à l'économie pour décider de sérieuses réformes en ce sens. Mais ce qui m'inquiète plus concrètement, c'est la destination des six cent millions en plus des sommes que contenaient le compte d'Ashura à la BRB.

- Lavoisier et Zéro se prépareraient-ils à fuir le pays avec leurs fonds ?

- Cette perspective aurait été la plus heureuse, madame. Malheureusement, je crains le pire, Loth. Depuis six mois que vous avez quitté Boréa, beaucoup de choses se sont passées, de nouvelles factions ont émergé. Vous n'êtes pas au courant de tout. Phrâne...

- Sa Majesté veut parler de ce que nous dénommons actuellement "La grande criminalité de Boréa".

- Vous parlez des bandits de grands chemins ? J'ai eu l'occasion de croiser le fer avec eux durant l'affaire de Marie-Curie. Ils ont attaqué le train.

- Ce que vous aviez vu là n'était que les prémices d'un mouvement encore plus grand. Le Winterblade a atteint sa rotation de croisière, le mécanisme est bien huilé à présent. Et conscient que le train est un poumon économique essentiel pour le pays, tout le monde veut sa part du gâteau. Se chiffrant à une centaine au début, les bandits de grand chemin sont aujourd'hui estimés à près de trois milles individus.

- Trois milles ?!! D'où sortent-ils ?

- Des steppes profondes pour la plupart. Des clans jadis nomades qui se sont convertis en brigands et ont transformé les steppes en zone de non-loi. Ils appellent ça aujourd'hui, le Far North. On compte aussi dans leur rang des anciens d'Ashura ayant échappé à la capture. C'est un pot-pourri, très hétéroclite. Ils sont émiettés en petits groupes pour l'instant.

- Et qu'est-ce que Ashura et l'argent sale ont à voir dedans ?

- Tout. L'explosion de ses bandits armés n'est pas anodine. Nous tenons pour certains qu'il s'agit là d'une controffensive du Conseil des Six Lunes pour déstabiliser le royaume. Grâce à Zéro, le Conseil a armé une dizaine de ces groupuscules de forbans. Notre crainte est de les voir se fédérer en une armée compacte. Là, ce serait le bonbon.

- Attendez, attendez, Votre Grâce. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. Zéro, elle dépend de Lavoisier, autrement dit la Lune Mauve. D'après ce que m'a dit Loth, il serait très probable que les autres Lunes ne portent pas La Mauve dans leurs cœurs à cause de ses excentricités. Donc, ça semble improbable qu'ils agissent de concert avec la Lune Mauve aka Lavoisier pour déstabiliser le pays non ?

- Qui a dit que les autres Lunes travaillaient de concert avec la Lune Mauve ? J'ai dit qu'elles sont directement passées par Zéro. C'est ce que nous indiquent nos espions dans les rangs des bandits, c'est elle qui les aurait armés.

- Comment les autres Lunes auraient-elles pu sauter l'autorité de La Mauve pour directement s'adresser à son N°2.... Oh ! Sauf si... éructa-t-elle, le visage illuminé par un éclair de compréhension.

- Sauf si Zéro est aussi des leurs. C'est ça que vous voulez dire Majesté ? Le N°2 d'Ashura ne serait pas qu'un simple employé sous les ordres de Lavoisier mais une des Lunes de Boréa ?

- La Lune Bleue, en l’occurrence, fit Max' avec un sourire de tristesse. Vos découvertes à Bliss et les nôtres ici concordent parfaitement. Zéro et la Lune Bleue sont la même personne, est une femme. Notre espion est infiltré dans le Clan Dégel. Selon lui, elle a débarqué courant Juin, a parlé avec leur chef et quelques semaines après, des caisses d'armes neuves les ont littéralement submergés. Pour l'instant ce sont justes des armes à feu, ils ne disposent pas encore d'explosifs ou d'armes plus puissantes. Apparemment, ils attendraient d'autres livraisons avant de passer à l'attaque.

- Que prévoient-ils d'attaquer ? La capitale ?

- Ça, nous l'ignorons mais supposons qu'ils vont d'abord se faire les griffes sur le Winterblade. La Police de Fer a été prévenue, la 444e aussi. Nous sommes sur le qui-vive.

- J'aurais dû penser au-delà. Savoir que Zéro était trop exceptionnelle pour n'être qu'un simple subalterne. Sans elle, sûrement Ashura aurait-il été démantelé depuis longtemps. Avec son talent et la mission que les autres Lunes lui ont confié, je ne doute pas qu'elle joue à peu près le même rôle dans le Conseil.

- Donc Zéro Alias la Lune Bleue serait à la fois l'argentière d'Ashura mais aussi celle du Conseil des Six Lunes ? Si on la capture, on pourra neutraliser les autres. Elle occupe une position très stratégique.

- Ouais. Du coup, ce que vous craignez, c'est que les six cent millions servent justement à acheter ce qui reste d'armes et d'explosifs pour déclencher une rébellion armée à Boréa ?

- Oui. Et vous devez tout faire pour retracer le déplacement de cet argent et l'intercepter avant qu’il ne serve ces sombres desseins.

- Si vous avez raison, alors il y a vraiment de l'eau dans le gaz dans Ashura. Déjà, je savais que ses dirigeants, du moins Samory Queen, le CP5 qui leur servait de taupe dans les institutions du GM n'était pas en accord avec Lavoisier qu'il jugeait trop impulsif, trop mégalomane et sûr de lui ces dernières années. Si Zéro se sert de l'argent d'Ashura pour financer les projets des Lunes alors Lavoisier n'a pas été associé à la décision, c'est qu'ils sont à la croisée des chemins. Et ça ne peut jouer qu'en notre faveur, analysa-t-il tout en se gardant bien de dire au roi qu'il connaissait déjà l'identité de Lavoisier.

- Avez-vous des idées pour retracer l'argent ?

- Du tout. Je vais essayer de retrouver Zéro mais je ne suis pas plus avancé aussi. Je vais mettre mes contacts sur le coup. Six cent millions en armes et explosifs, c'est beaucoup. Autant que je puisse en juger, il n'y a pas de marchands d'armes à Boréa. Donc une telle commande chez un fournisseur ne passera pas inaperçu, je vais demander à ma meilleure araignée de tendre ses toiles, dit-il en pensant à Dena'. Dès qu'une grosse commande sera passée, nous passerons à l'action. Soyez tranquille. J'ai empêché un premier coup d'état dans ce royaume, ce n'est pas pour laisser une guérilla s'y installer. Cela dit, votre contact dans les rangs du Clan Dégel, je peux lui parler ? J'ai besoin de connaitre l'état des lieux dans différents clans de bandits qui pullulent dans la steppe.

- Non. Malheureusement, nous n'avons plus de contact avec lui depuis deux mois. Nous sommes aveugles sur les mouvements des bandits, c'est pour ça même que nous nous inquiétons. Mais je crois que la Marine a aussi infiltré leurs rangs. Travaillez avec Midnight.

- Je suis maudit...


4.
Après un copieux déjeuner, après avoir exhorté Loth à surmonter ses différends avec Midnight pour le bien de Boréa, Max' s'en alla, suivi de son héraut. Le Binoclard demeura seul avec Émeline. Dena' choisit ce moment pour débarquer.

- Non, non, non. Ne venez plus ici, jamais ! Vous vous rendez compte des dangers ? On rentre ici comme dans un moulin, Midnight connait ce lieu !

- Oh la ferme hein ! Y a d'la bonne bouffe et d'la bonne gnôle ici, tu crois qu'j'allais rester d'hors à m'les geler ?! dit-il avant d'attaquer sans ménagement les plats qui restaient.

- J'ai des informations à te communiquer et je... je voulais voir où tu logeais, s'expliqua-t-elle confusément. Donc, en parlant des documents qui ont contribué à libérer Helen Urée, te souviens-tu de ce que Dickson avait dit à leur propos ?

- Je me souviens de tout, trancha sèchement Loth agacé du risque qu'ils lui faisaient courir. Il a dit que la contre-expertise de Zéro était libellée dans une forme très avancée de comptabilité algébrique.

- Il avait tout faux.

- Dickson et "faux" dans la même phrase. J'aurais cru cela impossible. Tu as toute mon attention.

- En mathématiques, Loth, on n'innove jamais à partir de rien. On se base sur d'anciens processus, d'anciennes formules, qu'on remodèle pour créer des formes mathématiquement plus belles et puissantes. Et comme tout processus humain, on peut l’entacher de notre empreinte mais pas en anéantir les origines.

- Quoi ? C'censé vouloir dire que'qu'chose ça ?  

- Elle veut dire que la forme des mathématiques peut nous révéler où leur auteur a appris à les développer.

- L'académie de Jalabert est connue dans le monde entier pour ses instituts de pointes et ses programmes d'études très avancés mais ironiquement, elle n'est pas connue pour son programme mathématiques parce qu'il est extrêmement spécialisé, sélectif et n'accepte qu'une dizaine d'étudiants par an.

- Une dizaine ?

- Si tu es fort en maths, assez fort pour entrer à l'académie de Jalabert, alors tu es catapulté dans une classe appelée Maths A6. Quand tu te démarques du lot, tu es envoyé en classe supérieure, Maths B66. Quand tu y fais tes preuves, je veux dire par là si tu es le Meilleur, absolument le meilleur, tu es propulsé dans la dernière classe. Le summum. Maths C666. Géométrie analytique et calcul honorifique complexe et fonctionnelle des structures algébriques linéaires. On raconte que ceux qui sont diplômés de cette classe signent immédiatement un contrat avec la Brigade Scientifique de la Marine, parce qu'ils sont trop dangereux pour travailler ailleurs.
Ne me demande comment elle s'y est prise, mais Zéro a réussi à adapter des modèles de structures algébriques linéaires aux mathématiques financières. Et je n'y comprends rien, pas plus que Dickson.


- Mais tu as réussi à reconnaitre le langage et les modèles.

- De justesse. Parce que je me suis inscrite à ce programme et que je n'ai pas pu dépasser le stade des Maths B66. C'était trop compliqué pour moi. Mais c'est un bon point de départ. Il nous suffit de nous rendre à Jalabert et de demander la liste des étudiants des différentes classes passées de Maths C666 au rectorat. Avec le mandat royal dont tu jouis, ça ne devrait pas poser de problèmes.

- Ça c'est ce que tu crois, fit Loth en souriant d'un rire sans joie. Le recteur de l'académie de Jalabert, c'est Lavoisier...


Spoiler:
 


Dernière édition par Loth Reich le Dim 14 Fév 2016 - 12:41, édité 3 fois
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Dim 17 Jan 2016 - 1:31


5.
- Hein ? Sans dec' ? Attends, c'est cet Ébénezer Oort qu'on a croisé après l'affaire du Réplicateur ? 'tain, m'disais qu'il n'était pas net ! T'es au courant d'puis quand ?

- Trois mois je crois.

- Et tu t'es reposé à Bliss ? On peut l'trouver, l'farmer et mettre fin à tout ceci ! On a d'autres chats à fouetter non ? N'oublies pas qu'il n'est que l'une des Lunes hein !

- Pas de précipitation, faisons les choses biens. Regarde, si je m'étais précipité ici en délaissant l'affaire à Bliss, j'aurais zappé Zéro en me disant qu'elle n'était pas importante mais constate toi-même maintenant. C'est la Lune Bleue. J'aurais perdu sa trace si j'avais agi par impétuosité. Chaque chose en son temps. D'abord Zéro, ensuite Lavoisier.

- Donc, comment retrace-t-on Zéro si on ne peut pas se rendre au rectorat de peur que Lavoisier nous découvre ?

- On a besoin d'aller d'mander là-bas ? Loth m'avait mandé pour ça. J'ai fouiné avec un gratte-papier, il m'a fait la liste des surdouées de l'académie entre 1600 et 1608, toutes filières confondues. Tenez, y a quinze noms dessus, fit il en sortant une feuille surchargée d'écriture de son sac.

- Je doute qu'il y ait son nom dans cette liste. Par définition, tous les admis en classe de Maths C666 sont directement orientés dans les circuits du GM, donc leurs identités sont masquées des registres habituels. C'est pour ça que je proposais le rectorat qui lui doit détenir toutes les listes.

- Étrangement, j'étais persuadé que Zéro était trop extra pour s'être tranquillement assise dans une classe. J'avais même dit à Dena' d'orienter sa recherche sur les génies n'ayant jamais terminé leurs formations.

- Ouep. Les quinze blazes que j'ai dénichés comprennent aussi les surdouées qui ont arrêté en chemin. Si Zéro est aussi intelligente que l'suppose Loth, qu'elle ait terminé sa scolarité ou pas entre 1600 et 1608, elle est forc'ment sur ma liste.

- Ce qui signifie que nous n'aurons pas à nous inquiéter des gens en Maths C666 et de leurs noms effacés des registres. Émeline, tu as dit que tous ceux qui achèvent ces cours sont recrutés par le GM non ? Zéro n'est pas dans les rouages du GM.

- Comment tu peux en être sûr ?

- Parce qu'autrement, Lavoisier n'aurait pas eu besoin d'une taupe au sein du CP. Ensuite nous savons qu'elle est ici, à Boréa. Et depuis longtemps. Le Gouvernement n'a de représentation que la Marine ici.

- Elle peut avoir refusé d'travailler pour eux ?

- Impossible. Avant même d'entrer dans cette classe, on te fait signer une clause irrévocable. La rompre, c'est s'exposer à de lourdes peines. C'est pour ça que même si j'avais été apte à gravir les classes pour aller en Maths C666, je n'aurais pas pu. Parce que je n'aurai pas signé cette clause. Et c'est cette même raison qui fait que je suis certaine qu'elle a dû y étudier. Loth, la géométrie analytique et le calcul honorifique complexe et fonctionnel des structures algébriques linéaires n'est enseigné qu'en Maths C666. Et ce cours n'est dispensé nulle part ailleurs dans le monde, c'est à Boréa que cette discipline a été créée.

- Mais toi, tu l'connais. L'fait de t'être arrêtée en classe d'Maths B66 a joué un rôle ou y a plus ?

Étrangement, l'excellente remarque Dena provoqua un rougissement instantané chez Emeline qui détourna du regard et bafouilla rapidement que durant son séjour d'entrainement sur Shimotsuki, elle avait rencontré un homme qui venait juste d'être diplômé de l'académie et qui s'apprêtait à entrer au service de la Brigade Scientifique. Elle en aurait profité pour parler Mathématiques avec lui et ce serait grâce à lui qu'elle aurait eu des notions de cette matière au nom kilométrique dispensé en classe de Maths C666.

- Bien sûr, vous avez parlé Maths... marmonna Dena en ricanant.

- Alors la voilà la réponse à ta question, Émeline, fit Loth comme s'il n'avait rien entendu de Dena. Si Zéro n'a pas appris cette discipline en classe à Jalabert, c'est qu'un tiers le lui aura enseigné par des moyens détournés et non autorisés. Attends, comment est organisée cette classe de Maths C666 ?

- Il n'y a qu'une seule classe, mais trois professeurs qui font des rotations.

- Alors c'est parfait. Ce qu'il nous faut, c'est la liste des profs de Maths C666 entre 1600 et 1608. Amanda Keen a effectué ses études ici durant ces années-là où elle a croisé Zéro qui est devenue sa meilleure amie. On trouve les profs, puis on cherche dans leur entourage quelqu'un qui correspond à notre profil. Tu n'es pas d'accord ?

- Non. Moi j'ai eu juste de vagues, mais vraiment très vagues notions par cet homme. Zéro maitrise son sujet, je puis te l'assurer. Tellement qu'elle l'a sorti de son contexte. La géométrie analytique et calcul honorifique complexe et fonctionnelle des structures algébriques linéaires est une science qui est normalement appliquée aux moteurs, au design des sous-marins, des dirigeables et des cuirassés lourds. En aucun cas elle n'est appliquée aux maths financières. Mais Zéro, elle, les a fusionnées. Cela démontre sa maîtrise totale de la discipline. Et encore une fois, je doute qu'elle ait pu apprendre ça d'un tiers.

- C'est qu'elle devait être sacrément proche du tiers en questions alors. Si un aspirant de la Brigade Scientifique peut baisser sa garde au point de te donner des notions d'une science censée restée secrète, alors je me demande à quelle personne ce genre d'individu peut donner des cours complet hors circuit normal ? Au péril de risquer une vie en prison pour trahison ?

- Sa fille, sa pupille, son héritière.

- Tout à fait Dena'. L'équation est très simple pourtant Eme'.
Zéro était inscrite à l'académie, ça nous en sommes sûrs par Amanda Keen. Elle a appris les Maths C666, nous en sommes sûrs par toi. Donc la question c'est où ? Pas dans la classe officielle sinon elle aurait travaillé pour le Gouvernement et j'ai des arguments et du vécu qui vont dans le sens contraire. Donc la question subsiste toujours ? Où a-t-elle appris cette science rare ? Il n'est alors pas abusé de commencer par chercher du côté de ceux qui ont enseigné cette matière quand elle était au campus. De chercher dans leur parentèle. Ensuite nous relativiserons. Et ça, c'est un rôle qui va t'incomber Émeline.


- A moi ?

- Oui, tu as tes entrées. Tu as déjà pris des cours à l'académie. Et puis, Lavoisier ne te connait pas physiquement, alors qu'il a déjà vu Dena et moi. Tu te rends au rectorat, tu inventes ce que tu veux comme histoire, enfin, tu fouines quoi. La séduction et la flatterie marcheront beaucoup mieux que l'argent dans les milieux universitaires. Nous allons dépendre de toi. Sois convaincante c'est tout.

- D'a... d'accord.

- Pendant que tu chercheras du côté de Jalabert, Dena et moi traquerons Zéro par une autre voie.

- Y a une autre voie ?

- Oui, avec ce qu'on sait maintenant. Zéro est aussi la pourvoyeuse de fonds du Conseil des Six Lunes. Si on prend l'exemple sur Lavoisier, il est le maire et le recteur de la troisième ville du pays. C'est une position de pouvoir mais pas trop. Si je transpose son cas, je me dis qu'il est fort probable que toutes les Lunes n'occupent que des fonctions sans grande envergure visible mais grâce auxquelles elles agissent dans l'ombre.

- C'est un peu le concept même du marionnettiste. Rester dans l'ombre pour mieux diligenter ses pantins.

- Alors, en tant qu'argentier du Conseil, Zéro, dans sa vie de tous les jours doit être à un endroit stratégique. Pas trop voyant mais qui lui permette de détourner aisément de l'argent pour le compte des Lunes. Et vu ses capacités, elle n'est sûrement pas prête d'être démasquée. Quelles sont les plus grandes sources légales de revenus à Boréa, selon vous ?

- La BRB ?

- Oui, surtout que contrairement à Bliss, elle est la seule et unique banque du royaume. Mais non, je ne crois pas qu'elle s’insérerait dans le système bancaire. Fragile, parce qu'à la moindre crise, il suffit que tout le monde vienne retirer ses fonds pour que le système s'écroule. Ce que j'ai fait à Bliss. Non, je pense qu'elle s'orienterait vers quelque chose de durable. Ayant l'air perpétuel.

- Les mines ? De n'velles veines ont été déc'vertes. La ruée r'part d'plus belle.

- Oui, surement mais non. Les mines sont le territoire d'une autre Lune, fit Loth en riant. Je l'avais rangée dans un coin sombre de mon esprit celle-là. Il se nomme Phineas Holle et c'est l'un des contremaîtres à la mine des Boyettes. Pour sa couleur en tant que Lune, je l'ignore, mais son nom m'est parvenu quand j'étais prisonnier de la flotte d'Ashura.

- Sérieux ? Tu t'es encore endormi sur l'nom d'une des Lunes ? A croire que tu v'pas les éliminer.

- Vitesse et précipitation, Dena, je ne les confonds pas. Je n'avais même pas commencé avec la Lune Mauve, d'où me serais-je attaqué à la... Lune-je-ne-sais-pas-quelle-couleur ? Donc, caduque pour les mines, je pense. Il reste quoi comme source de pognons ?

- Le port ?

- Exactement. Le port. Si une ressource a l'air intarissable, c'est bien celle du port de Lavallière. C'est le poumon, mais le vrai, économique du pays. Il brasse des millions, plus qu'Ashura ne pourra jamais s'en faire. Si Zéro doit être à un endroit, ce doit être là. En plus, le scandale de C&C me prouve a posteriori qu'elle doit y avoir ses entrées, C&C fut la plus grande entreprise de manutention de la zone portuaire. Durant de ce scandale, j'ai eu à faire des recherches sur les têtes décisionnaires du port et vous savez quoi ? La direction financière et le service comptabilité sont tous dirigés par des femmes.

- Zéro serait l'une d'entre elles ? La direction financière est tout de même une fonction de premier plan.

- Je sais. Je vais me servir de mon mandat royal pour prendre rendez-vous avez ces dames. Je n'ai aucun doute que dès la première fois que je croiserai Zéro, je saurai qui s'est.

- Ah bon ? s'enquit Dena, dubitatif. Tu lis dans les pensées maint'nant ?

- Non mais pour une personne aussi intelligente qu'elle, tout est dans les yeux. Un seul regard. Je n'en doute pas.

- Si tu l'dis. Moi dans ce cas, je vais piquer un somme...

- Tu vas tendre ta toile plutôt mon pote. Contacte qui tu peux, tous tes mecs. Max' pense qu'une grosse commande d'armes est sur le point d'être passée sur le marché. Des armes puissantes. Grosse commande dans le genre plusieurs centaines de millions. C'est assez gros pour que tu puisses en entendre parler ?

- Ça fait beaucoup d'armes. Personne d'intelligent ne pass'rait une telle commande. Non seul'ment ma toile va vibrer mais aussi celle d'la Marine, du Cipher Pol et d'la Révo'. Vont tous s'jeter sur l'magot telles des hyènes. En p'tite quantité, morc'llée, ça l'f'rait mieux.

- C'est ton domaine, tu sais ce que tu cherches. Commande en direction de Boréa.

- Ça roule, j'suis sur l'coup. J'vais contacter Zaun, Carci, quelque faux prêtres à Inari, les pourvoyeurs d'la Révo et du Syndicat d'Luvneel, sans oublier les familles d'Manshon. Si les Lunes sont pressées, elle se tourn'ront forcément vers les marchands d'North. Mais pour plus d'sécurité, j'étendrai les filets à South et West. Surtout West.

- Je te fais confiance. Moi, je vais sortir, direction, le port. Et bonne chance, ramenez moi de bonnes nouvelles et surtout ne vous pressez pas. Nous avons le temps. Ah oui, ne revenez plus jamais ici ! Si vous avez besoin de parler, escargophone.

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!!!!!!!!!!!!!!!

- Héhé, on dirait qu't'as invoqué un mauvais sort.

- C'est Midnight, marmonna-t-il, en reconnaissant cette manière hargneuse qu'avait l'escargophone de beugler quand la Commandante de la 444e Division des Marines de Boréa lui passait un coup de fil. Allez, cassez-vous !


6.
Une heure plus tard, agréablement emmailloté dans un double manteau en peau d'ours, Loth bravait le gel, juché sur le pur-sang que lui avait octroyé Maximilian pour ses déplacements à travers le pays. C'était une belle bête à fourrure robuste de la taille d'un bison qui atteignait facilement les soixante-dix kilomètres par heure au galop. En arrivant devant la base de la 444e, il trouva Bee adossée au mur d'enceinte, les bras croisées. Loth ne put résister à la blague.

- Tiens, à vous voir ainsi, on jurerait une adolescente qui attends son prince charmant, qu'il vente ou qu'il neige, fit-il. Ça tombe bien, je suis à cheval, mais il n'est pas blanc, plus noisette, ça ira ?

- Un de ces quatre, je te prêterais ma version de ce conte.

- Quelque chose me dit que la fin y est plus sanglante... Enfin, bref', c'est pourquoi vous vouliez me voir ? Votre coup de fil n'était pas très clair.

- Bah pour enquêter pardi ! J'ai des pistes sur Samir Castillo, le Shield qui a exécuté ses collègues et a disparu avec les six cent millions.

- Non, mais puisque je vous ai dit que je ne veux rien à voir dans ça ? C'est votre souci ! Moi j'ai autre chose à faire.

- Et tu penses que je vais sagement accepter cette décision unilatérale ?

- Jusqu'à preuve du contraire, je ne suis pas sous vos ordres et je décide de mes consultations. D'ailleurs, vous ne m'avez jamais payé pour hein.

- Consultation ? On parle de partenariat ! N'était-ce pas notre pacte quand je vous ai rendu visite quand vous étiez convalescent en février ? Cette enquête on la mènera ensemble, de bout en bout, c'était le deal, alors fais pas ta pute. Et puis, tu as ramené cette affaire d'argent ici, tu ne vas pas me laisser me démerder avec. En sus, je me demande ce qui peut bien accaparer ton attention pour que tu daignes délaisser autant d'argent. N'aurais-tu pas une autre piste plus prometteuse sans m'en parler ?

- Non, mentit-il. En tout cas, pas celle qui veut que Zéro et la Lune Bleue soient la même et unique personne, qui chercherait à acheter des armes. Ça vous le saviez avant moi. Je viens d'arriver après six mois loin d'ici.

- C'est ça, à d'autres, Reich. Samir Castillo, continua-t-elle, imperturbable, est un ancien Chef de Section de la Brigade Pénitentiaire. Il a notamment officié au Nid d'où Dog Wildson s'est échappé en 1619. Ça doit te rappeler quelque chose, Ombeline et toi l'avez éliminé peu après sa fuite.

- Non, on a découvert son cadavre dans une colonie d'oiseaux migrateurs, nuance.

- Il aussi travaillé sur le Martyr, l'un des plus célèbres ponton de South Blue. En 1622, il a quitté la Brigade pour s'engager chez les Shield où son parcours fut irréprochable. Excellent pistolero de son état. Voilà pour ses dernières années. Mais ses origines, il les puise ici, dans les peuplades des fleuves gelées de l'occident Boréalin. Du clan Primus plus précisément, où il a vu le jour en 1586. Et c'est là où nous allons. Dans la petite bourgade où le clan Primus a élu domicile. Nous allons interroger ceux qui se souviennent encore de lui. J'ignore si ses parents sont encore en vie. Le recensement et l'état civil n'est pas tellement au point dans ce royaume.

- Vous voulez qu'on y aille tous les deux ? Uniquement nous ?

- Tu veux y ailler avec un bataillon ?

- Ce ne serait pas de refus, ça éviterait qu'on mette la main à la pâte non ? Et puis, il se pourrait qu'il ait été enfouir sa tête dans les tentes de son clan. On pourrait tomber sur des centaines de gens bien en armes.  

- Non, je me suis renseignée, c'est une tribu très pacifique et très fidèle à la royauté. Et si d'aventure on devait souffrir d'une résistance armée, ça n'en serait que plus amusant non ? fit-elle, le visage marqué de ce sourire pré-sanguinaire qui les caractérisait, sa sœur et elle. Allez, en selle !


Dernière édition par Loth Reich le Dim 14 Fév 2016 - 13:18, édité 1 fois
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Dim 17 Jan 2016 - 2:01


7.
Malgré lui, Loth suivit Midnight dans son enquête. La Commandante ne prit la peine d'enfourcher un cheval, elle se métamorphosa en hybride femme-abeille et vrombit en se dirigeant à toute vitesse vers l'ouest, en direction de l'embouchure des fleuves gelées. Une traversée de trois longues heures à travers les landes gelées et désolées de Boréa. A leur arrivée, ils découvrirent un clan de trois à quatre cent âmes. La bourgade était un bel agglomérat d'igloos et de maisons taillées dans les blocs de glaces. A l'intérieur, des fourrures d'animaux tapissaient les murs et isolaient ses habitants de la fraicheur négative de l'extérieur. Ils furent reçus par le chef de village, un nonagénaire aux yeux laiteux. Assis en tailleur sur une pile de coussin, il semblait méditer. Des collations fumantes et de la viennoiserie étaient disposées devant lui. Soit il venait de recevoir des invités soit...

- Je vous attendais, murmura-t-il d'une voix très faible mais parfaitement audible.

- Vous nous attendiez, chef Jethro ? fit Midnight perplexe.

- Dès que vous avez dépassé les landes du Grand Sabot, vous êtes entrés sur mon territoire.

Loth et Midnight se regardèrent en plissant des yeux. Les landes du Grand Sabot étaient à plus cinq kilomètres de là. Il était prouvé qu'en perdant un sens, les autres se développaient mais cela semblait abusé que ce vieillard ait pu ressentir leur présence à une aussi grande distance. A moins qu'il ne fît appel à une technique, un pouvoir qui leur était totalement étranger. Méditant sur ses capacités, Loth entendit au loin un rapace, une harpie féroce à crête lancer un cri strident. Ce cri, il l'avait notifié, juste avant leur entrée sur le "territoire" de Jethro. Il s'était même demandé à l'occasion si les harpies féroces s'attaquaient aux humains. Maintenant, il se demandait si ce n'étaient pas ces oiseaux qui avaient donné l'alerte...

- Chef, notre présence est motivée par...

- Samir, le petit Samir Castillo. Ça aussi, je le sais.

- Vous a-t-il contacté ? Il est soupçonné de cinq meurtres et de détournement de six cent millions de Berry. Ce sont des faits de la plus extrême gravité.

- Non, il ne viendra pas ici. Jamais. Il n'est pas la bienvenue.

- Et pourquoi ? Un passé trouble ?

- Nous sommes des taupiers. Notre clan est le seul du royaume spécialisé dans la chasse et la domestication des taupes des givres. De sales et redoutables créatures de la taille de carrosses qui vivent sous la banquise. Elles sont très prisées dans les mines où leurs griffes sont indispensables pour retourner la terre gelée. Mais c'est un travail harassant, très dangereux qui nécessite qui nous allions chercher les taupes dans leur habitants naturels. Sous la glace. En creusant nous-mêmes des tunnels. Mais nous sommes à Boréa et un trou, une cavité dans la terre ne le reste jamais bien longtemps. Il faut toujours quelqu'un pour veiller sur les entrées des tunnels que les chasseurs creusent avant d'aller débusquer les taupes au risque que la neige recouvre le tout et qu'en ressortant, ils se retrouvent coincés. Et ça, c'était la tâche spécifique de la famille Castillo. C'étaient nos veilleurs. Les chasseurs mettaient leurs vies entre leurs mains avant de se faufiler sous la terre. Mais un jour, durant le malheureux indicent de...

Jethro mit plusieurs minutes à raconter l'histoire, entrecoupée de phases de douloureuses nostalgies. Les parents de Samir étaient les chefs de leur famille, les veilleurs en chef en quelque sorte. L'incident s'était déroulé près de trente-cinq ans plutôt, à une époque où leur fils, Samir Castillo avait cinq ans. Durant une chasse dans une région de l’occident Boréalin appelée "Les Nid-de-poule", les parents de Samir étaient, comme à l'accoutumée en train de veiller sur l'orifice que les chasseurs avaient emprunté pour descendre dans les entrailles de la terre. Mais à la différence de l'habituel, ce jour-là, le jeune Samir avait été emmené sur le terrain. Un enfant de cinq ans, c'était turbulent, ça découvrait le monde, ça gambadait partout. Le pire arriva, il échappa à la vigilance de ses parents occupés à entretenir la cavité. Ils ne virent que trop tard leur enfant marcher sur la frêle banquise qui avait recouvert l'étang voisin. La couche de glace se craquela sous ses sauts joyeux et il tomba dans l'eau. Naturellement, ses parents affolés se portèrent à son secours et mirent un certain temps avant de le retrouver sous la masse d'eau, de le réanimer, de le réchauffer. Un temps dont ne disposèrent pas les infortunés chasseurs qui s'étaient retrouvés en sous nombre et face à plus de taupes que prévu. Remontant en catastrophe, ils s'étaient heurtés à une ouverture bouchée par plusieurs centimètres de glace qu'ils ne purent briser avant qu'une horde de bêtes sauvages ne les mette en charpie...

- Ce fut le plus grand massacre de l'histoire de notre clan, fit douloureusement Jethro. Quinze des nôtres parmi lesquels mon fils furent tués ce jour-là...

L'histoire datait, mais la blessure était vive et ça se voyait encore. Après ce massacre, les Castillo furent pris à partie par les autres membres du clan Primus et les familles de ceux qui perdirent des leurs. Ils avaient sauvé leur enfant certes, mais l'avaient en quelque sorte troqué contre la vie de quinze autres. Les parents de Samir et l'intégralité de la grande famille Castillo furent chassés du clan, exilés, pour ceux qui n'avaient pas goûté à la vindicte populaire.

- Inutile de chercher, Commandante, vous ne trouverez personne dans ce village susceptible d'aider un Castillo. Beaucoup de famille comme la mienne ont perdu leur fils ainé et souvent le seul ce jour-là et par la faute des Castillo, condamnées à disparaître sans héritier mâle.

Penauds, ils prirent congés du clan et retournèrent à Lavallière. Bien sûr, ils s'interrogèrent sur la véracité des faits énoncés par Jethro mais sa peine était tellement communicative qu'ils n'en doutèrent pas un instant. Malgré tout, une fois en ville, Midnight prit soin de vérifier. Les archives de la Marine relataient de ce fait, exactement comme raconté par le chef de Clan. La 157e de l'époque était même intervenue pour exfiltrer, et difficilement, quarante membres de la famille Castillo retenus en otage par les familles éplorées.

- Bon voilà, ça ne donne rien votre piste. Vous en avez d'autres ?

- Non, c'était la seule, marmonna-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

- Je peux avoir un duplicata de ce rapport d'intervention ?

- Pourquoi faire ?

- Pour l'étudier. J'y verrai peut-être quelque chose qui vous aura échappé.

- Bien sûr, je vais demander au scribe de te recopier tout ça, dit-elle lentement et soupçonneusement. Et quand tu trouveras quelque chose, tu m'en aviseras ?

- Sans faute, fit Loth tout souriant en se levant. Ce fut un plaisir, je vais aller vaquer à d'autres occupations. Inutile de m'accompagner, des pistes broutilles, je vous ferai appel si c'est vraiment important.

- Loth ?

- Oui ?

- Tu prépares un mauvais coup ?

- Naturellement, répondit-il en relevant ses lunettes.


8.
Il était trop tard pour prendre de nouveau rendez-vous avez les instances du port. Loth regagna donc le cimetière de Brinborian où il passa sa soirée à étudier le rapport sur l'incident Castillo comme ça avait été nommé à l'époque. Il le trouva extrêmement instructif et pensa même qu'il serait passé à côté d'une piste importante s'il avait refusé d'accompagner Midnight. Le drame des Castillo lui donna matière à réfléchir et à se questionner sur les origines de Zéro. Où diable avait-elle connu Samir Castillo ? Était-il, à l'instar de Don Viera ou d'Helen Urée, un simple pion stratégiquement placé dans une institution importante en cas de cas ? Où étaient-ils plus proches que ça ? Zéro était-elle originaire des clans des fleuves gelés ? Était-elle un Castillo ?
Nombreuses étaient les questions qui le martelèrent cette nuit-là. Il s'en alla se coucher, la tête pleine d'hypothèses, sans aucune nouvelle de Dena' ou d’Émeline.

Le lendemain matin, il se présenta à la capitainerie de Lavallière avec son mandat royal sous les yeux écarquillés de la secrétaire qui le fit entrer sans délai chez la directrice financière. Quelques instants plus tard, la chef comptable entra dans le bureau et prit place à côté de sa directrice. Loth avait demandé à les voir toutes les deux. Elles étaient en face de lui, de l'autre côté d'un large bureau vernis. De ses yeux, il les scruta pendant une dizaine de minutes, laissant une fausse tension s'installer.

D'emblée, il sut que la directrice financière, Vicky Carter, n'était pas celle qu'il cherchait. Trop vieille, de la génération de Lavoisier lui-même. Soixante-dix, soixante-quinze ans. Ses cheveux étaient ligotés en un chignon transpercé d'une aiguille au milieu de son crâne. Son air était sévère, le genre de femme autoritaire qui ne supportait pas la contradiction. D'ailleurs, remarqua-t-il, la chef comptable avait posé sa chaise à une respectable distance d'elle. Dans son bureau, les murs étaient constellés de photos d'elle et des grands de Boréa et des Blues. Maximilian et d'autres rois. C'était définitivement une femme de pouvoir et de poigne qui aimait démontrer son rayon d'action. Une tigresse. Ce que Loth cherchait, c'était plus une... Il ne savait pas.

La chef comptable, Eleanor Grims par contre monopolisa son attention. Elle était dans la bonne tranche d'âge. Trente-cinq à quarante ans. Des cheveux tintés en rose, svelte, des lunettes rondes sur le nez. Il lui arriva de sourire de crispation et faire découvrir ses énormes incisives qui lui donnaient un air de femme-lapine. Par deux fois, elle toussota violemment et s'excusa en sortant de la pièce, un mouchoir contre les lèvres. Son départ fut auréolé par le regard dédaigneux et méprisant de sa directrice.

- Elle est souffrante ?

- Depuis des années, dit Vicky comme si elle lui reprochait d'être tombée malade sans son accord. Mais c'est sans importance.

- C'est faux. Vous mentez.

- Pardon ?

- Vos expressions vous trahissent. Vous tenez à elle bien plus que vous ne le croyez vous-même. Enfin, professionnellement, je parle. Vous êtes peut-être un tyran mais vous n'êtes pas bouchée, vous savez reconnaître de la valeur et Eleanor en a. Énormément. Vous la tolérez même dans votre aire d'aisance. Je suis sûr que si c'était un autre employé qui avait daigné s’asseoir à côté de vous, vous l'aurez rabroué avec une telle violence qu'il aurait donné sa démission sur-le-champ. Vous êtes une tigresse qui n'accepte pas qu'on marche sur son territoire et si vous tolérez une autre femme, c'est sans doute parce qu'elle vous est soumise. Ce qu’est Eleanor. Brillante, intelligente, visionnaire mais pas ambitieuse. Elle ne vise pas votre place, aussi, vous la tolérez.
Ne soyez pas étonnée, c'est juste de l'étude comportementale basique.


Loth agrémenta son discours d'un petit sourire narquois sous les airs hébétés de Vicky Carter. Eleanor choisit ce moment pour revenir d'une démarche hésitante, s'assit les mains jointes entre les jambes. Elle dévisageait Loth avec curiosité et intérêt. Elle força ce dernier à réviser la déclaration faite à Dena'. Si cette femme était Zéro, il ne saurait l'affirmer.

- Depuis combien de temps travaillez-vous ici, Miss Eleanor ?

- *tousse* Dix ans. Sa voix était maladive.

- Où avez-vous étudié ?

- Je ne vois pas le propos de tout ceci, fit sèchement Vicky. Quel est l'objet de votre visite ?

- J'enquête sur les ramifications du scandale de C&C au début d'année. Le roi m'a chargé d'une sorte... d'audit. Pour savoir comment vos services ont pu échouer à déceler cette faille vu que l'audit des sociétés portuaires dépend de la capitainerie. Donc on peut dire que je suis l'auditeur de l'auditeur. Et pour l'instant, j'enquête sur les personnalités des têtes pensantes de la capitainerie. On viendra aux chiffres plus tard, quand mon équipe sera au point. Donc, ayez l'obligeance de répondre à mes questions, mesdames.

Elles tressaillirent toutes les deux. Craig & Croupton, une sale affaire qui avait mit Maximilian hors de lui. Il avait, à l'occasion, démis le directeur général de la capitainerie de son poste et Vicky Carter était passée à un cheveu de perdre le sien. Remuer cette vieille blessure était ce que Loth pouvait faire de mieux pour avoir leur coopération. Qui plus est, elle ne saurait ébruiter qu'une enquête royale était de nouveau en cours, ça entacherait leur renommée.

- A l'académie de Jalabert, répondit-elle d'une voix plus assurée.  Filière *tousse* de mathématiques financières.

- Quelle promotion ?

- 1599-1604. J'ai été première de ma promo'.

Était-elle Zéro ou pas ? La certitude jouait à cache-cache avec lui. Elle correspondait au profil en tout point sauf celui de l’inachèvement des études. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, Loth se rendit compte avec une violence inouïe que ses atermoiements n'avaient pas lieu d'être. Comment avait-il pu oublier cet indice crucial ? Il jura intérieurement sa propre stupidité et maudit sa mémoire eidétique surchargée qui lui jouait parfois de sales tours.
Il avait un moyen infaillible de reconnaitre Zéro.
Et le souvenir de ce moyen lui indiquait qu'Eleanor n'était pas celle qu'il recherchait avidement. Mais il avait besoin d'un échantillon pour vérification. Aussitôt, il plongea une main dans son manteau et agrippa un objet au même moment où on toqua à la porte. Vicky aboya de ne pas les déranger mais la personne insista et Eleanor partit ouvrir.

- Oui ?

- Désolé, vraiment désolé de vous déranger mais nous avons besoin de vous pour nous orienter sur les procédures Beta 24-5D. C'est que les conteneurs de charbons sont déjà chargés sur le transocéanien et doivent appareiller dans une heure, bafouilla une petite voie apeurée. Et nous n'en avons pas encore fini avec les procédures.

- Quoi ?!!! explosa Vicky. Mais c'est d'une extrême importance ! Ça devait être fait depuis avant-hier ! Qu'est-ce que vous fichiez ?

- Nous ne comprenons pas les nouvelles procédures.

- Je croyais que Madoff les avait formés ?

- *tousse* *tousse* Plutôt trois fois qu'une, répondit Eleanor d'une voix blasée entre deux quintes de toux. Mais il semblerait *tousse* que ce soit trop compliqué pour eux. Je vais aller résoudre *tousse* tout ça. Mr Reich, vraiment désolé *tousse* mais ce bateau doit partir, autrement, vous devriez *tousse* enquêter sur un scandale encore plus grand. Pouvons-nous *tousse* *tousse* reporter cette entrevue ?

- A votre aise. Vaquez à vos occupations, fit-il souriant. Il avait déjà ce qu'il voulait et il retira la main de sa poche. Le département comptabilité, comment est-il organisé ? demanda-t-il après le départ de Grims.
 
- Eleanor Grims chapeaute cinquante comptables de différents niveaux, organisés en 5 services.

- Et ben ! C'est une armée que vous avez là. Pourrais-je avoir un listing de tous les employés de votre direction, le département comptabilité inclus, bien sûr.

- Les ressources humaines devraient pouvoir vous fournir ça. Elle décrocha un escargophone, contacta immédiatement ladite direction et vociféra un ordre. Ils apporteront une copie dans la minute. Y-a-t-il autre chose que je puisse faire pour contenter le roi ? Enfin, vous contenter ?

- Oui, j'aimerais voir vos locaux. Là où votre armée de comptables travaille. Non, non, restez assise, vous avez surement mieux à faire, chargez juste votre secrétaire de me guider. Ah voici les ressources humaines, je suppose ! Ma liste, merci, merci pour tout.

- J'espère que nous vous avons fait bonne impression et que vous en tiendrez compte dans votre rapport au roi.

- Nickel, assura-t-il. Je vous tiens au jus.

La secrétaire l'aiguilla vers le troisième étage de l'immeuble, dans un espace vaste de plus de mille mètres carrés. Un "open-space", un aménagement en plateau ouvert divisé en bloc séparés par de la verrerie. A l'intérieur, les comptables travaillaient, penchés au-dessus de leurs états financiers, gribouillant furieusement sur du papier. Le bureau était plutôt bruyant et l'arrivée de Loth n'attira presque aucun regard. Des gens rentraient et sortaient. Il libéra la secrétaire et resta un moment près de la porte à scruter l'intérieur. C'était un environnement majoritairement masculin. De femmes, il n'en dénombra que neuf. Presque toutes des soixantenaires aux airs aigris. Eleanor n'y était pas et plusieurs box étaient vides. Certains étaient sans doute occupés ailleurs et Zéro aussi, sûrement. Il eut l'envie de fureter à travers les box vides dans l'espoir de trouver un truc, une quelconque babiole pouvant lui rappeler quelque chose, mais y renonça et s'en alla. Il en avait largement assez pour travailler.

En sortant de la capitainerie, il eut une vague chair de poule, celle qu'il avait généralement quand un regard puissant et pénétrant était braqué sur lui. Il regarda aux alentours et bien qu'il y eût du monde, personne ne semblait s'intéresser à lui. Vivement, il se retourna vers l'édifice de la capitainerie et pendant un bref instant qui aurait pu ressembler à un rêve, il crut voir sur la façade vitrée du troisième étage, une longue silhouette et des lunettes s'illuminer par l'effet du soleil d'hiver. Aussitôt, l'apparition s'évanouit, lui donnant un fort sentiment de contentement. Son passage n'était pas passé inaperçu.

Elle savait.


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Dim 17 Jan 2016 - 2:04


9.
Le fait que Zéro sache qu'il se rapprochait d'elle n'inquiéta nullement Loth. Il était certain qu'elle n'était pas du genre à fuir devant un adversaire. En fait, il était sûr qu'au moment venu, quand il l'aura battu à plate couture, démêlé tous les pièges et ruses qu'elle avait émietté sur le chemin les séparant, elle viendrait d'elle-même à lui.

En retournant à Brinborian, sa première tâche fut de confirmer qu'Eleanor Grims n'était pas Zéro. Et pour cela, il sortit la preuve "infaillible" dont il disposait et qui se matérialisait par deux coquillages. Dans l'un, il avait enregistré la voix qui avait ordonné à Don Viera de signer un ordre de transfert des six cents millions vers Boréa, de l'autre la voix sûre de Grims qu'il avait enregistré dans le bureau. Tour à tour, puis simultanément, il écouta les deux enregistrements.

Eleanor :

Citation :
- Eleanor Grims : Oui ?

- Employée : Désolé, vraiment désolé de vous déranger mais nous avons besoin de vous pour nous orienter sur les procédures Beta 24-5D. C'est que les conteneurs de charbons sont déjà chargés sur le transocéanien et doivent appareiller dans une heure, et nous n'en avons pas encore fini avec les procédures.

- Vicky Carter : Quoi ?!!! Mais c'est d'une extrême importance ! Ça devait être fait depuis avant-hier ! Qu'est-ce que vous fichiez ?

- Employée : Nous ne comprenons pas les nouvelles procédures.  

- Vicky Carter : Je croyais que Madoff les avait formés ?

- Eleanor Grims : *tousse* *tousse* Plutôt trois fois qu'une, mais il semblerait *tousse* que ce soit trop compliqué pour eux. Je vais aller résoudre *tousse* tout ça. Mr Reich, vraiment désolé *tousse* mais ce bateau doit partir, autrement, vous devriez *tousse* enquêter sur un scandale encore plus grand. Pouvons-nous *tousse* *tousse* reporter cette entrevue ?

Zéro :  

Citation :
- Don Viera : Allô ? C'est vous ?  

- Zéro : C'est fini pour la Goliath, on ne peut plus rien pour elle. Ils ont réussi leur coup.

- Don Viera : C'est parce qu'ils ont perquisitionné chez Asmara, si...

- Zéro : Ce qui est fait est fait. Nous avons totalement perdu, il faut rapatrier les fonds.

- Don Viera : Les rapatrier ?

- Zéro : A Boréa. C'est ce que Loth veut que nous fassions et c'est que nous allons faire.

- Don Viera : On va se jeter dans un piège, intentionnellement ?

- Zéro : Non, justement. Il s'attend à ce que ce soit vous qui allez retirer l'argent et venir avec à Boréa. Vous restez en place, vous n'en ferez rien. J'ai envoyé The Shield. Tout ce que vous aurez à faire, c'est de signer un ordre de transfert vers le compte N°008259 sis à la BRB. The Shield s'occupera du reste. Vous ne serez pas mouillé.

- Don Viera : Que devrais-je faire ensuite ?

- Zéro : Rien. Loth Reich et Arsène Dickson sont allés au-delà de toutes mes prévisions. Surtout Loth qui a même réussi à se débarrasser de Dickson qui ne cautionne surement pas la méthode. Soit, c'est son dernier coup d'archet. La Portclays est beaucoup trop solide pour être victime du même stratagème qu'il a employé avec la Goliath. C'était une erreur personnelle que de confier l'argent à ce fond d'investissement pour le faire fructifier. Après qu'on aura tout retiré, nous ne devrons plus avoir de contact. Pendant très longtemps. Vous avez une société prospère qui fonctionne avec ou sans Ashura. Continuez ainsi, nos avoirs à la Portclays y demeureront pendant longtemps, que passe cet ouragan. Je compte sur vous pour rester dans les bonnes grâces de Grantz Ier. Aujourd'hui plus que jamais, vous devez vous rendre intouchable. Continuez à aimer sa fille comme si rien de plus ne comptait dans l'univers. Que cette idiote continue de croire qu'elle est le centre de votre vie.

- Don Viera : C'est ce que je fais depuis sept ans. Soyez rassurée.

- Zéro : Le Shield sera à Portgentil demain. Demain, la Goliath s'effondrera définitivement. A nous revoir dans quelques années, Don.

- Don Viera : Au revoir.

Aucun doute n'était permis. Eleanor Grims n'était pas Zéro. La personne qui avait donné ses ordres à Don Viera avait une voix autoritaire, sèche, qui ne souffrait d'aucun refus. Son parler était fluide et il y avait aussi ce timbre presque mélodieux de sa voix. Un timbre qui contrastait magnifiquement avec son côté sec.

Eleanor, elle, avait une voix de baryton quoique maladive, plus pesante, quasi masculine. Loth était certain qu'elle n'avait pas une grande force de caractère, ce qui se traduisait par des réponses un peu molles quand elle était stressée. Durant leur entrevue par exemple. Mais Loth ne douta pas un instant que s'il eût attaqué des questions de comptabilité, elle aurait été concise et brève.  

Mais au-delà de toutes ces analyses, une chose attirait irrémédiablement l'attention dans les enregistrements. Les toux. Eleanor ne faisait aucune phrase sans tousser. Durant l'entretien, elle était sortie, un mouchoir collé aux lèvres, sûrement pour aller expectorer des glaviots. Et selon sa directrice, elle souffrait depuis des années. De quoi ? Sa curiosité voulait le découvrir mais il se demanda si cela était vraiment pertinent et avait quelque chose à voir dans son enquête.


10.
Délaissant cette idée, il se concentra sur les différentes listes qu'il possédait. D'abord celle de Dena'. Il chercha en priorité à savoir si une de ces surdouées avait "Castillo" comme nom. Il n'en trouva aucune et modéra un chouia son hypothèse de lien familial entre Samir Castillo et Zéro. Cette dernière était peut-être d'une autre famille du clan Primus qui n'en avait que cure de ce drame de jadis. Peut-être...

Ensuite, il repéra rapidement le nom d'Eleanor Grims. Première de la promotion de maths fi' en 1604, avec une moyenne 30/20. Comment pouvait-on obtenir plus que la totalité possible ? En répondant aux questions bonus, en complétant tous les modules, pensa Loth sans réellement en être certain. Il n'avait jamais été dans une salle classe, tout ce qu'il savait, il l'avait appris sur le tas. Tout d'abord au Cimetière d’Épave puis chez les Moines Servites. Fugacement, il se demanda s'il aurait eu la patience de s’asseoir dans une classe... Non, sûrement pas, pas avec ce monde plein d'aventures et d'affaires.

Il se concentra ensuite sur la liste des cinquante comptables de la capitainerie en plus de la trentaine d'employés supplémentaire du département de finance dans sa globalité. La mémoire eidétique constituait toujours un avantage dans les cas de rapprochement parce qu'il n'avait nullement besoin de tenir les deux listes côte à côte. Ayant "flashé", donc mémorisé instantanément le premier listing de surdouées, il se contenta de chercher les noms dans l'inventaire des comptables. Aucune correspondance. Aucune des surdouées ne travaillait à la direction comptable et financière de la capitainerie. Sauf Eleanor Grims, bien entendu.

Loth expira lentement de surprise. Où était l'erreur ? Zéro avait forcément dû fréquenter l'académie où elle aurait rencontré Amanda Keen. Même si, grâce à Émeline, ils étaient certains qu'elle n'avait pas suivi les cours de mathématiques avancées C666, elle avait indubitablement suivi d'autres cours. Mathématiques simples, finances, maths financière ou économie générale. Peu importait puisque les quinze noms ramenés par Dena' regroupaient toutes les surdouées, qu'elles eussent achevé ou non leur cursus entre 1600 et 1608. Donc, normalement, Zéro aurait dû s'y trouver...
Si elle était une surdouée... Mais la question ne se posait même pour Loth. C'était d'une violence évidence que la personne qui avait su monter Prometheus, le Chaudron et structuré Ashura toute entière devait relever de l'extraordinaire.

Le Moine Hérétique se leva et arpenta le grand salon de long en large en remontant frénétiquement ses lunettes, tic qu'il avait quand il réfléchissait rapidement. Peut-être le problème venait-il de l'autre listing ? Celui de la direction financière ? Peut-être Zéro était-elle bien sur la liste de Dena mais ne travaillait pas à la capitainerie ? Avait-il seulement la preuve qu'elle eût travaillée là ? Ce n'était après tout qu'une hypothèse parmi trois autres. Elle aurait pu seconder la Lune à la couleur non définie à la mine, elle aurait pu être dans le système bancaire... Fallait-il tout rependre depuis le début ? S'était-il trompé à ce point ?

- Non, non, non, marmonna-t-il tout seul en tapant d'un poing dans une paume. La capitainerie est le seul endroit valable et pertinent. Celui qui lui permet un plus large rayon d'action et une intense manne financière. Qui plus est, avec Marie-Curie, la Dance était exportée à partir du port, grâce à C&C. Il fallait quelqu'un à l'intérieur pour couvrir toutes ses fraudes... Elle est forcément là ! éructa-t-il avec conviction en se souvenant de la silhouette qui l'avait observée à sa sortie. Oui, elle est là, et je vais la trouver !

Et la solution était plutôt simple en fait. Il aurait dû commencer par là. Il décrocha son escargophone et contacta Phrâne Thompson, le héraut personnel du roi.

- Allô ? Phrâne

- Oui, Loth ?

- J'aurais besoin d'un service très rapidement. Pouvez-vous m'obtenir la liste de tous les employés de la capitainerie ? Qu'ils travaillent dans les bureaux ou sur les docks.

- La liste de tous les employés de la capitainerie ?

- Oui, c'est cela. En fait, j'ai juste besoin de la liste des femmes qu'ils emploient mais s'il n'y a pas un inventaire par sexe, je me contenterais du listing intégral. Rapidement, s'il vous plait, et en toute discrétion, ce serait bien de ne pas trop éveiller les attentions de nos adversaires.

- Je m'y mets immédiatement.

- Merci. Quand vous l'aurez, passez la déposer sur la table à manger de la chapelle, même si je ne suis pas là. Je la verrai en rentrant. Merci encore.

Il pensait avoir des nouvelles de Dena' ou d’Émeline mais aucun ne se manifesta. Il passa cet après-midi à se tourner les pouces et à réfléchir à l'affaire. Il était, comme bien souvent, bloqué, dépendant totalement des autres pour réussir. Nul en ce monde ne se suffisait et l'empire qu'avait battit Zéro autour de son mystère, de Prometheus et d'Ashura était composé de milliers de fils solidement noués. Il ne pouvait démêler seul cette affaire et c'était bien, pensa-t-il, d'avoir des gens fiables sur lesquels compter.
Il pensa même à Midnight durant cette pause de réflexion. Sûrement, de son côté, menait-elle ses propres investigations pour retrouver la piste de l'argent et de Castillo. Sa vie de Marine d’Élite, elle l'avait passée en infiltration la plupart du temps, donc des contacts dans l'underground, elle devait en avoir, autant que Dena', peut-être.

Mais sur un plan plus personnel, se dit Loth, il fallait mieux qu'il lui trouve un truc à manger et vite. Midnight était une chienne, dans le sens "requin" du terme, un gros bulldog débordant de dents et si ses pistes venaient à tomber sur des culs de sacs, elle viendrait s'intéresser de près à ce que faisait Loth. Était-il suivi, espionné par un homme ou une femme de main de Bee ? Une de ses fidèles Harpies peut-être ? Durant la simulation de sa mort par Loth, une immense fumisterie qui avait vu la capture du N°4 d'Ashura, Bee avait ordonné à sa sœur de suivre le binoclard et il en avait résulté des couacs qui faillirent bien tout faire capoter. Depuis cet incident, Loth se plaisait à penser que l'Abeille éviterait désormais de l'espionner. Du moins, l'espérait-il, tout en restant sur ses gardes.
Mais cela ne changeait rien à ses préoccupations, il fallait donner au Dard un os à croquer. Un bon et un gros. Il n'avait pas besoin d'elle dans son enquête sur Zéro parce qu'il avait eu le temps d'y réfléchir. Cette femme, Zéro, il la voulait. Dans l'organisation qu'il érigerait sur les cendres d'Ashura. Dans Shadow Law.


11.
Phrâne arriva au petit soir. Loth était affairé à cuisiner. Refusant l'invitation à rester dîner, elle déposa la liste tant attendue et s'éclipsa aussitôt. Sans se précipiter, il finit de cuisiner, d'installer la table avant de jeter un œil à ce répertoire épuré de tout nom masculin. Phrâne avait fait du bon boulot. Minutieusement, il lut un à un les patronymes des trente-neuf femmes employées par la capitainerie et ses démembrements.

Chou blanc.

Aucune des surdouées de la liste de Dena' ne figurait parmi elles. Sans vraiment y croire, Loth s'allongea dans le divan et ferma les yeux. Visiblement, son profil était biaisé. Mais où était la bévue ?
Si Zéro travaillait effectivement à la capitainerie, alors, c'était l'inventaire de Dena' qui était faux. Et s'il était faux, alors qu'est-ce que cela impliquait ?
Que Zéro n'était pas une surdouée de l'académie ? Une simple élève lambda ? Ça semblait impossible. Mais d'un autre côté, s'ils devaient embrasser cette nouvelle hypothèse, il leur serait tout aussi quasi-impossible d'obtenir la liste de tous les étudiants ayant fréquenté l'académie entre 1600 et 1608. Ce serait une tâche herculéenne.  

Ou cela impliquait-il tout simplement qu'Amanda Keen n'avait pas rencontré Zéro sur le campus ? Le fait que la Diva eût passé huit ans en étude à Jalabert n'était-il qu'une coïncidence ? Zéro n'aurait-elle jamais fréquenté l'académie ? Alors où se serait-elles rencontrées jusqu'à devenir les meilleures amies ?
Loth se rappela que Keen avait étudié la biologie marine. Pas vraiment la classe contiguë à celle des mathématiques ou de l'économie... De la biologie marine à l'économie ou à la finance, ces branches semblaient aux antipodes l'une de l'autre. Mais où s'étaient-elles rencontrées enfin ? Amanda Keen aurait-elle été recrutée par Lavoisier lui-même puis ensuite fait la connaissance de Zéro ? Était-ce comme cela qu'elles avaient partagé leurs atomes crochus ?  

Au pied du mur, oubliant de dîner, Loth s'endormit, plus perplexe que jamais. Le cerveau rempli d'échos sonores qui lui murmuraient ces deux syllabes qui le hantaient tant : Zé-ro.



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12.
Le lendemain, Loth se réveilla avec une migraine, ce qui lui arrivait rarement. Il avait trop cogité dans son sommeil, il s'était heurté à un mur : Zéro. Malgré les résultats nuls que donnaient ses pistes, il prit la résolution de continuer dans cette voie. Pas parce qu'il était buté mais qu'il savait, inexplicablement, qu'il était sur la bonne voie. Un limier n'était rien sans ses convictions, celles qui lui dictaient parfois, contre toutes les évidences, qu'il y avait anguille sous roche. Et toujours, il avait préféré sa foi au détriment des preuves. Les preuves, il les plierait à sa logique et pas l'inverse. Zéro était une bonne illusionniste, mais justement, Loth prit ses échecs pour une preuve de réussite. Parce qu'il était sur la bonne voie qu'il butait contre un mur invisible.

Après moult réflexions, il choisit de s'intéresser à ce qui ressemblait encore à une piste. Eleanor Grims. Pour sûr, elle n'était pas Zéro mais Loth avait l'étrange sensation qu'elle pourrait lui en apprendre pas mal sur la N°2 d'Ashura. Ce qui l'intriguait surtout en Grims, c'était qu'elle était aussi douée que pouvait l'être Zéro. Une surdouée pure souche qui, depuis dix ans, travaillait à la capitainerie. Certes, le poste de chef-comptable équivalait à celui de N°2 de la direction financière mais avec son talent et son intelligence, Loth pensait raisonnablement qu'elle aurait dû évincer cette vieille peau de Vicky Carter depuis longtemps. Dix années, elle aurait pu être à la tête de la capitainerie en fait.
Qui plus est, "génie" allait rarement de pair avec "modestie". Mais Grims, elle n'était que ça. Modestie, humilité et soumission. Pourquoi n'était-elle pas plus ambitieuse avec le génie qui était le sien ?

Il n'en suffit pas plus pour que Loth se lançât dans une récolte massive d'informations sur elle. Dans ce cas-ci, Dena' n'était pas approprié, aussi fit-il une nouvelle fois appel à Phrâne Thompson. Depuis l'affaire du Réplicateur de Jalabert, il savait que les Hérauts de l'Aurore faisaient beaucoup plus que de "guider", "accueillir", et d'"aiguiller" les étrangers à Boréa. En fait, depuis que le Maximilian avait décidé de reprendre le pouvoir aux Lunes, l'une de ses premières démarches fut de transformer les Hérauts en une sorte de service de renseignement secret. Grâce à leur proximité avec les habitants, ils récoltaient toutes sortes d'informations, les empaquetant, les classant. Loth s'était déjà servi de cette base de données à Jalabert et il n'hésita pas à lui faire appel une seconde fois.

Le héraut débarqua le lendemain, les mains chargées d'une série de documents et de photographies. Aux questions silencieuses de Loth, elle répondit qu'en tant que chef-comptable de la capitainerie, Eleanor Grims avait été surveillée pour recueillir des données sur sa personne, pour les tests de fiabilité et de déontologie (parce qu'elle occupait un poste sensible). Après le scandale de C&C, elle fut également épiée pour un temps. En outre, elle lui précisa que Grims était depuis longtemps dans le collimateur des services de Maximilian. Forte de ses brillantes études, on lui avait proposé le poste de sous-secrétariat royal à l'économie -la version Boréaline de premier adjoint au ministre de l'économie- qu'elle avait respectueusement décliné, préférant sa position à la capitainerie.
Double bol pour Loth. Son intérêt pour Grims ne fit que décupler. En plus, il y avait sur elle, des tonnes de renseignements.

Selon les dossiers, elle était originaire d'une famille de classe moyenne de Lavallière. Père et mère ostréiculteurs, fille unique, ayant reçu une bourse pour l'académie de Jalabert. Études expéditives, docteur es mathématiques appliquées à la finance en cinq ans seulement, ça il le savait déjà... Après ses études en 1604, elle se maria à un de ses anciens camarades, un certain Guillaume Del Toro qui lui avait suivi des études de navigation à l'académie. Il fut pris comme pilote et on lui confia un des transocéaniens faisant la liaison entre East et West Blue. Pour rester proche de son mari, elle décrocha un poste de comptable dans la même société puis ils partirent s'installer à Logue Town.

- Après dix ans de mariage semblant heureux, le drame, commenta Phrâne. Le transocéanien que pilotait son mari fut attaqué par les Pirates de la Croix de Fer. Un effroyable bain de sang, plus de cent morts, dont Del Toro. Naturellement, Eleanor fut ébranlée, secouée au maximum. Je pense qu'elle a voulu fuir la réalité, s'échapper à tout prix. Donc, elle revenue à Boréa en 1614 après dix ans loin de sa terre natale.

- Le mythique retour de la fille prodigue...

- Pas tant que ça. Ses parents étant décédés durant son cursus, elle n'avait plus de famille ici. Déracinée dans son propre pays. La même année, on lui diagnostiqua deux symptômes. Un cancer des poumons et une grossesse de triplés.

- Un message porteur de mort et de vie. Dieu a un étrange sens de l'humour...

- Elle a été victime d'une terrible dépression nerveuse. Qui ne l'aurait pas été ? Entre sa maladie qui s'était déclarée et sa grossesse qui se passait mal -elle a refusé d'avorter, sans doute qu'elle voyait en ses enfants à naître le seul héritage de son défunt mari-, elle a dilapidé toutes ses économies. Pour ses enfants, elle a remonté la pente, leur a donné naissance, puis a commencé à chercher du travail.

- Avec son pédigrée, ça n'a pas été compliqué.

- Non, elle a d'abord entretenu la comptabilité du plus grand bijoutier du pays puis en 1616, elle a été embauchée à la comptabilité de la capitainerie. Simple comptable la première année, chef de service l'année suivante. Depuis, sa vie, c'est ses triplets (deux garçons, une fille), son boulot et son traitement contre la maladie. Elle a bénéficié de formidables avancées faite par l'académie de médecine.

- Elle a de quoi écrire une excellente biographie.

- Vous la soupçonnez vraiment d'être en lien avec Ashura ? demanda Phrâne d'une voix peinée.

- En tant que femme, vous admirez son abnégation et pour tout vous dire, moi aussi. C'est sans aucun doute une battante que la vie n'a pas épargné. Et c'est pour ça que son parcours professionnel est totalement contradictoire avec son histoire.

- Comment ça ?

- Elle est plutôt condamnée, nous sommes d'accord ? Sans famille. Si elle venait à mourir demain, ses enfants, onze ans, seront orphelins. Elle le sait et dans ces cas-là, la réaction normale selon moi serait de laisser quelque chose aux enfants.

- Ce qu'elle a fait. Regardez ses relevés de comptes. Elle a emprunté pour leur construire une maison, elle n'a jamais cessé de travailler pour le bijoutier dont je vous ai parlé. Elle cumule ces deux boulots et en plus, elle donne des cours de comptabilité chaque soir ici pour les fonctionnaires. Elle est au four et au moulin.

- Oui, et c'est justement pour ça que son refus du poste de sous-secrétaire est anormal. Elle a avancé l'argument que ce travail serait trop fatiguant et trop chronophage pour elle sans égard pour les considérations financières avantageuses qui pouvaient en découler. Moi je me demande si ce n'est pas parce qu'elle a trouvé mieux ailleurs. Dans le genre, un bon paquet de millions à l'abri pour assurer l'avenir de ses enfants.

- Si vous avez raison. Quel poste occuperait-elle dans l'organisation ? Vous ne cherchiez pas Zéro ?

- Oui, elle va me mener à elle. Je n'ai franchement aucune idée de ce à quoi peut bien servir Grims mais c'est totalement du Zéro de venir à l'aide à une personne en difficulté, l'aider, pour mieux la séduire. Elle n'a fait que ça à Bliss. Je vais mettre la résidence de Grims sur écoute, ça a marché pour Viera.

Mais pas pour Grims. Pendant trois longues et harassantes journées, il fit une nouvelle fois chou blanc. Son dispositif d'escargophone espion fut placé en toute discrétion dans la maison à étage qu'elle occupait dans un quartier plutôt chic de Lavallière. Loth intercepta beaucoup d'appels, énormément à cause de ses différents boulots mais rien qui sortait de l'ordinaire. Peut-être Zéro avait-elle appris la leçon avec Viera, peut-être ne communiquaient-elles pas. Et puis, se demanda Loth en injuriant sa propre stupidité, pourquoi Zéro l'aurait-elle appelée si elles pouvaient se parler le plus normalement du monde à la capitainerie ?

A défaut de quoi, il la suivit, la prit en filature pendant trois autres nuits. Sans résultat potable. Fallait-il faire pression sur elle pour qu'elle avoue faire partie d'Ashura ? Son point faible évident, c'étaient ses enfants. En kidnapper un lui permettrait de vite obtenir la coopération de la mère...
Non ! Se dit-il avec véhémence. Pas touche aux enfants, jamais. Dickson le mettrait en charpie s'il pouvait savoir qu'il ne faisait qu'envisager une telle possibilité. Même si Zéro devait lui échapper, jamais il ne servirait d'enfants pour parvenir à ses fins. Il serait un bien piètre limier dans ces cas-là, réduit à une extrémité aussi dégueulasse.

- S'il doit y avoir la guerre, qu'elle ait lieu de mon temps, afin que mes enfants puissent connaitre la paix, marmonna-t-il en récitant un célèbre dicton d'un As de l'Armée Révolutionnaire.

________________________________________


Miné, déçu et migraineux, il échoua dans le canapé de la chapelle en maudissant Zéro qui paraissait bien loin de sa portée. Qu'aurait fait ou dit Arsène Dickson dans une telle situation ?

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!!!
Pendant un moment éphémère, il pensa que La Truffe le contactait. Mais non, c'était Émeline

- Et ben, ça fait un moment. J'espère que tu en as une bonne parce que moi, je ne fais que rentrer dans des murs.

- C'était périlleux de récolter des infos sans tomber dans la toile tissée par Lavoisier. Il est vraiment très puissant dans l'académie, il a des mouchards partout. L'ambiance ici est très malsaine.

- C'est un dictateur. Il installe la méfiance et tout le monde surveille du coin de l’œil son voisin. Mais tu as pu trouver les noms des profs qui ont enseigné en Maths C666 entre 1600 et 1608 ?  

- Oui, j'ai pu soudoyer un jeune employé de la bibliothèque. J'ai obtenu quatre noms et seuls trois sont encore en vie. Il s'agit des professeurs Hellin, Shawn et Pillard.

- Hellin, Shawn et Pillard ? Il n'y a aucun patronyme de ce genre dans la liste des surdouées. Mais il y a un Hellin à la capitainerie. Agent comptable, dit Loth en se remémorant les listings.

- Le professeur Shawn est en fait Rebecca Shawn. Si elle a une fille, je suppose qu'elle porterait le nom de son mari, donc on ne pourrait la retrouver dans notre liste sans connaître le nom dudit mari. Eh oh, Zéro pourrait être sa nièce, sa fille adoptive ou une demi-sœur bien plus jeune qu'elle. Si on continue toujours avec l'hypothèse de la parentèle qui aurait permis à notre N°2 d'apprendre les arcanes des Maths C666, je veux dire.  

- On continue toujours dans ce sens, oui. C'est la seule hypothèse encore vraisemblable.

- Dans ce cas, tu seras content d'apprendre que j'ai obtenu les dernières adresses connues de nos chers professeurs. Ils sont tous retraités de nos jours et se sont retirés dans leurs villages respectifs. Dans la Toundra.

- Bien entendu... Ils ne pouvaient pas rester dans une grande ville facilement localisable...

- Relativisons, ça aurait pu être pire, ils auraient pu être sur Grand Line. Ça devrait me prendre quatre ou cinq jours pour les retrouver, ils sont un peu éparpillés.

- Fais donc ça. Et ne manque pas de rester prudente. L'un de ces professeurs est un parent de Zéro. Ça peut être dangereux.

- Je ferai attention.

________________________________________


Un quart d'heure plus tard, alors que Loth lambinait encore dans son fauteuil à repasser au crible ce qu'il avait pu rater, ce qu'il avait mal jaugé, l'escargophone brailla à nouveau. Cette fois-ci, c'était Dena. Décidément, ils avaient tous disparu pour réapparaître le même jour.

- Donne moi un truc.

- Cent millions d'Berry d'explosifs viennent d'être commandés et chargés. L'bateau s'ra en approche d'Boréa d'main sous les coups d'dix heures.

- Enfin...

Au diable les enquêtes de limiers, enfin, de l'action, la vraie !


13.
- Un bateau chargé de cent millions de Berry d'explosifs ? répéta Midnight dubitative. Et cette cargaison miracle, elle provient d'où ?

- De Zaun.

- J'ai des informateurs dans les usuriers de Zaun, nul ne m'a informé d'une telle commande.

- Sûrement ne méritent-ils pas leurs rémunérations alors ? Vous ferez mieux de me payer à leur place, rigola-t-il.

A vrai dire, la cargaison provenait de Carcinomia, une île située au cœur d'un rocher méconnu des Marines. Et pourtant, elle était la plaque tournante de nombres de trafics d'armes sur North Blue. Loth en avait pour la première fois entendu parler après l'opération qui vit la destruction de la flotte d'Ashura. A cette occasion, un certain Jack Black fut capturé par Red. Étrangement, c'était de la bouche du même Black qu'il avait appris le nom de la Lune Phineas Holle opérant dans les mines. Mais ça, c'était une autre histoire...
Bref, les armes arrivant à Boréa provenait de Carcinomia mais comme toujours, pour protéger le secret entourant leur île, les armes avaient d'abord atteint Zaun, puis chargées sur un bateau dont l'équipage faisait métier de transporter des produits illégaux. Sans demander leur provenance, uniquement leur destination. Ainsi, même après mille tortures, la couverture restait sauve.

- Nous sommes allés voir Jethro il y a une semaine. Qu'est-ce que tu as traficoté pendant tout ce temps ? J'ai eu des échos de toi à la capitainerie.

- Des échos ou vous me faites encore suivre ? Je suivais des pistes, non concluantes. Et l'une d'elle m'a informé de cette cargaison. Elle sera dans les eaux de Boréa dans une heure. Vous voulez vraiment rester là à papoter ?

- Tu as son cap ?

- Sud-sud-ouest. Le bateau devrait longer la côte, contourner la forêt des glaçons et accoster dans la baie de cristal. De là, je n'en sais pas plus.

- Tu en sais déjà beaucoup. On reparlera de ton informateur après.

- Dans vos rêves.

Se lançant des piques comme un vieux couple cinquantenaire, ils embarquèrent à bord d'un cuirassé suivi de quatre croiseurs légers. Une flotte conséquente uniquement dans le but d’arraisonner ce qui ne devait être qu'une nef au mieux. Mais cent millions en explosif, c'était vraiment beaucoup en potentiel nuisible. Aussi la menace ne fut-elle pas prise à légère.
La flotte arriva dans "la forêt des glaçons", un champ d'iceberg sur la côte sud-ouest une dizaine de minutes avant l'Heure H. Tous les navires de la flotte stationnée à Boréa étant renforcées façon brise-glace, la traversée ne fut pas pénible. En temps normal, les lignes commerciales évitaient cette zone maritime. Ils s'immobilisèrent à quelques miles du littoral et se déployèrent de sorte à couvrir les 360° même si la plupart des longues-vues étaient braquées vers le sud.
Sur le pont du cuirassé, Loth flânait, jetant de temps à autre un regard furtif à une Midnight impatiente, les bras croisés, donnant du rythme en tapotant de son pied. Après toutes ses déconvenues de la semaine passée, tous ses échecs, Zéro allait-elle encore le lui mettre à l'envers ?

- Allez, apparais, satané bateau ! vint-il à penser avec hargne.

Comme s'il venait de faire une invocation, une masse brisa la ligne d'horizon du midi et aussitôt, on sonna le branle-bas de combat. Non pas qu'il fallût le canarder, mais l’immobiliser sans un seul coup de feu. On ne tirait pas sur la bombe... Les roues à aubes furent de sortie, les croiseurs se mirent en branle pour encercler la nef qui rebroussait déjà chemin à la vue du dispositif d'accueil. Impatiente, Midnight se transforma en hybride et choppa Loth par les aisselles sans son accord. Elle le trimballa dans le froid mordant et le lâcha au-dessus du pont de la caraque alors que ses occupants tentaient de les cribler de balles.  

- Gruidae, Tourbillon de griffes.

En chute libre, Loth décida d'invoquer la grue dans son répertoire d’imitations animales. Ses pieds étaient ses griffes. Agiles et lestes, il cisailla l'air, les multipliant, les transformant en une rafale qui s'abattit sur les tireurs du pont. Du coin de l’œil, il vit Midnight trancher le mat de la nef pour l'immobiliser. Le veilleur dans le nid-de-pie tomba à la mer avec un hurlement de détresse. Pauvre homme, l'eau était en dessous de zéro degré. Le pont grouilla vite de gros bras en armes. Loth, lui, s'avachit en première intention puis se jucha sur le bout de ses mains et la pointe de ses pieds. Son ventre rasait le sol. De sa langue dardée, il goûta l'air.

- De tous les animaux, tu seras maudit.
Tu marcheras sur ton ventre.
Et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.

Reptile, Poigne du serpent spectral.




Dernière édition par Loth Reich le Dim 14 Fév 2016 - 23:33, édité 1 fois
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Dim 17 Jan 2016 - 2:10


14.
La prise de la nef et de ses dix membres d'équipages fut facile. Ils procédèrent ensuite à la fouille de la caraque. Sous le pont, sans surprise ils trouvèrent des explosifs, essentiellement des bâtons de dynamite entreposés dans des caisses en bois. Ils y trouvèrent aussi de la poudre à canon. Immédiatement, ils sentirent que quelque chose n'allait pas, ce que confirma un moment après, l'artificier de l’Élite.

- Alors, Sergent ?

- J'estime cette cargaison à dix-onze millions de Berry, madame.

- Vous en êtes en sûr ?

- Ma tête à couper, ma Commandante.

- Merci. Rompez.
Où est-ce que ça merde, Loth ?
dit-elle en se retournant vers lui.

- Que voulez-vous que j'en sache moi ? On m'a dit que cent millions d'armes viendraient, je vous ai répété la même chose. Pourquoi il y en a que pour onze millions, je n'en sais rien, inutile de me regarder avec ces yeux-là. Je suis aussi décontenancé que vous. Faites ce que vous savez faire de mieux.

- C'est à dire ?

- Demandez-leur où est passé le reste de la marchandise, dit-il en indexant l'équipage ligoté.

Ils passèrent un mauvais quart d'heure entre les griffes de l’Élite et à vrai dire, ils ne se firent pas prier pour tout avouer. Le capitaine, principalement. Et il déblatéra ce que savait déjà Loth. A savoir qu'un mystérieux client l'avait chargé de transporter les armes dans la baie de cristal, à Boréa, où l'attendrait un tiers qui en prendrait réception. Quant à savoir d'où provenaient les armes et l'identité de son client, le capitaine l'ignorait. La loi du métier. Loth s'abstint de dire à Midnight que les armes provenaient de Carcinomia, le risque était trop grand de voir un buster call s’abattre sur ce temple de l'underground. Il comptait bien s'y rendre un jour et pas question d'y attirer la Marine, même si ça pouvait aider à capturer Zéro.

- Ils nous ont eu. Ils savaient qu'on mettrait nos antennes en alerte, ils ont fait sciemment circuler la rumeur de l'achat, ce qui était sans doute vrai, mais ensuite, ils ont semé une fausse piste. Le vrai bateau a peut-être déjà accosté.

- Surement, marmonna Midnight, l'index droit coincé entre ses incisives.

- Là c'est ennuyeux, cette cargaison peut se trouver n'importe où dans le pays.

- Pas n'importe où ! Il est là, quelque part dans la steppe sauvage. On sait ce que veut faire le Conseil : armer les bandits de grands chemins. Ces caisses d'armes leur sont destinées.

- Oui mais les "steppes", c'est grand et les bandits sont dispersés en de nombreux groupes indépendants. Cela dit, Maximilian m'a informé que vous aviez probablement des espions dans leurs rangs.

- Des espions dans quatre de ces groupuscules, oui, mais rien ne dit que c'est ceux-là que les Lunes décideront d'armer.

- Certes, mais si d'aventure vos infiltrés se trouvaient être dans les bons groupes, quand les armes arriveront, on le saura, n'est-ce pas ?

- Oui, mais ce serait guérir alors que notre mission, c'est de prévenir. Quand ils entreront en possession des armes, on devra les affronter pour les leur reprendre. A nos risques et périls. Je préférerai éviter une confrontation armée, ce serait le pied pour tout le monde.

- Je suis d'accord. Imaginons que les armes soient en ce moment en train d'être convoyées à l'intérieur des terres. Les livreurs, qui qu'ils soient, ne vont sûrement pas aller voir les bandits directement. A l'image de ceux que nous avons capturés, leur rôle se limitera à la livraison.

- Bah ils vont aller voir celui qui a commandé les armes. Donc Zéro.

- C'est ce qu'on suppose mais jusqu'à preuve du contraire et aux dernières nouvelles, celui qui avait le pactole, c'est Samir Castillo.

- Tu penses qu'il n'aurait pas transmis les sommes à Zéro ?

- Je pense surtout que maintenant qu'il a révélé sa vraie nature et grillé sa carrière à la lumière, ce n'est sûrement pas pour des clopinettes. Il a un rôle à jouer et je pense que c'est à lui que Zéro a confié la mission d'armer directement les bandits.

- Ça ne nous avance pas plus là. Nous n'avons rien appris sur lui.

- Si, si, laissez-moi ordonner mes pensées. J'ai eu le temps d'y réfléchir la semaine passée alors que j'échouais encore et encore à trouver des pistes. Vous avez une carte détaillée de Boréa sur le cuirassé non ? Remontons, je vais vous faire part de mes déductions.

________________________________________

- Hé, décrochez cette carte, étalez-la ici !

- J'ai essayé de travailler sur la psychologie de Samir Castillo, analysé ses faits et gestes connus et en suis arrivé à la conclusion qu'il désire se venger.

- Se venger ? De qui ?

- De son clan qui a expulsé sa famille. De ce pays qui a laissé faire. Il était un peu jeune pour avoir directement subi ce choc, mais ensuite, il a dû vivre l'exclusion de ses parents, la misère, peut-être la mendicité. Adulte, il est devenu gardien de prison, puis chef de section. Un poste où la violence est souhaitée, ce qui démontre bien une certaine propension à la rage et/ou la cruauté. Plus tard, je pense qu'il a intégré le Shield sur demande de Zéro, pré-placé en attendant le moment idyllique de servir. Il attend depuis longtemps le moment de se venger de ce pays. Quand nous le capturerons, nous en saurons plus sur ce que sa famille a vécu après leur mise au ban de la société.
Regardez, la baie de cristal est ici,
fit-il en désignant un point sur la côte ouest. Vous souvenez-vous du nom que le chef Jethro a donné à l'endroit où s'est déroulé le massacre qui a conduit à l'exclusion des Castillo du clan Primus ?

- Euh... Les Nid-de-poule, non ?

- Tout à fait. Les Nid-de-poule, répéta Loth en pointant une zone de la carte. Cette région est appelée ainsi à cause de la massive concentration d'étangs et de petites cuvettes. C'est d'ailleurs dans un de ces étangs qu'est tombé Samir. Regardez, les Nids sont à vingt kilomètres à l'est de la baie, quasiment en ligne droite.

- C'est intéressant, mais ça pourrait être une coïncidence.

- Je suis sûr que non. Cet endroit revêt un sens bien douloureux pour Samir. C'est là qu'il a failli mourir et c'est à cause de ça que sa famille est devenue paria. Dans un sens, c'est le dernier endroit où on penserait le chercher. Si on se place de l'autre côté de sa psychologie, on pourrait dire qu'il voit cet endroit qui l'a détruit comme le point de départ idéal pour détruire ce pays à son tour. Ce pays qui n'a rien fait pour lui.

- La Marine les a exfiltrés d'une prise d'otage !

- Oui mais et après ? Vous ne savez pas ce qu'ils sont devenus. Ces gens ne savaient faire qu'une chose : veiller sur les taupiers. Je n'imagine même pas leur déracinement, jetés dans la jungle urbaine de Lavallière. Soit, on n'est pas là pour débattre de ce cas social. On a de grandes chances de le trouver là.

- Mais c'est une zone de dépression. C'est plat et creux. Tu ne penses pas qu'il aurait construit une cabane en plein milieu de ce désert ?

- Bah, on verra sur place. Dire que je vais encore devoir prendre un vol Air Midnight...

- Estime-toi heureux que je ne te balance pas dans South Blue.


15.
- Ça revient à chercher une aiguille dans meule de foin ! beugla Loth.

Suspendu aux pattes de Midnight, ils sillonnaient les airs depuis plus d'une heure. Son double manteau en peau de carcajou commençait à défaillir face à la violence de la bise Boréaline. Le froid avait déjà attaqué ses extrémités et s'ils ne se posaient pas sous peu, il risquait vraiment de choper de vilaines engelures.
Sous eux, défilaient les Nid-de-poule. Une région vaste, constellée de cratères comme ils s'y étaient attendus. Dans ce désert, nul trace d'une quelconque habitation, d'un quelconque relief où un humain aurait pu trouver abri.

- Une meule de cinq cent kilomètres carrés !

- Belle meule !

- On fait un dernier tour vers le nord puis on rentre !

Ses multiples ailes vrombirent et les aiguillèrent vers le septentrion de la région. Ici, remarqua Loth, les cuvettes étaient plus grandes que celles qu'ils avaient vu auparavant. Elles étaient vides alors que leurs consœurs étaient remplies d'eau et couvertes par la banquise. Aucun fleuve n'était jamais arrivé jusqu'ici pour se déverser dans ses trous à ciel ouvert.  

- Oh putain, regardez-moi ça !

Son index ganté tendu, il montrait le plus gros cratère qu'il eût jamais vu à Boréa. Et de sa vie d'ailleurs. Une immense dépression de plus de deux cent mètres de diamètre et à vue d’œil, trente à quarante mètres de profondeur. Le plus intéressant, c'était que les parois à l'intérieur du cratère étaient troués et visibles depuis le ciel. Des grottes. Il ne leur en fallut pas plus pour choir lentement aux abords de la fosse.  

- On dirait un cratère issu d'un impact avec un astéroïde. Il y a d'innombrables entrées, murmura-t-il, les yeux collés contre ses jumelles. Euh, que faites-vous ?

- Silence, je me concentre pour les repérer. C'est une capacité que je ne maitrise pas encore. Le pouvoir de l'Empathie !

Du point de vue de Loth, elle n'avait d'empathie que pour les combats et sa démone de sœur. A savoir ce qu'était réellement ce pouvoir de l'empathie, il l'ignorait mais au vu de la configuration des lieux, il ne put que deviner qu'il s'agît d'une technique extrasensorielle pour localiser des gens à distance. Et il en était intrigué parce que sa source ne pouvait pas être démoniaque, Midnight possédait déjà un pouvoir du démon. Comment cela marchait-il ? Il n'en savait pas davantage. La Commandante était là, assise sur le sol transi, en position de tailleur, sembla extrêmement concentrée. La méditation dura moins de deux minutes. Quand elle ouvrit les yeux, elle marmonna :

- J'entends trente voix. Cette grotte, la deuxième, celle qui a une parfaite forme d'octogone.

- Vous entendez leurs voix ?

- A plat ventre ! Ils sortent !

Effectivement. Un groupe de personnes émergea de la grotte qu'elle indiqua plus tôt. La plupart étaient juchés sur des créatures à fourrure qui trainaient à leurs arrières des traineaux vides. Ils devinèrent que ces luges, quelques temps auparavant, avaient accueilli des conteneurs d'armes. Grâce à leurs jumelles, ils détaillèrent la composition du groupe. Certaines des têtes leur étaient familières, de petits criminels notables de North Blue primés entre cinq et dix millions de Berry. A l'arrière de la mêlée, dans la position de l'hôte qui venait reconduire ses invités devant la porte, ils reconnurent Samir Castillo. Coiffé d'un bonnet sur des cheveux noirs de jais, il avait des yeux intensément verts. Plutôt élancé, on devinait une musculature saillante sous les couches de fourrure dont il était paré. Une cicatrice en forme de croix ornait sa joue droite. Samir Castillo était exactement comme ils l'avaient vu sur sa photo d'identité.
La livraison avait été faite mais il était à parier que la marchandise était encore en stock, quelque part dans les entrailles des grottes. Et il fallait mettre la main dessus et en même temps sur Castillo.

Bee donna le signal de départ. Ni une, ni de deux, Loth se jeta sur la pente glissante du cratère qu'il dévala à grande vitesse, usant de ses pieds et de ses mains gantées comme gouvernail. Quant à Midnight, elle fonçait déjà en piquet à une vitesse hallucinante sur les trafiquants totalement éberlués par ces assaillants déboulant de nulle part. Les plus rapides évitèrent la furie insectoïde en roulant sur le sol, mais les plus malheureux -environ le tiers du groupe- furent fauchés de plein fouet. Ils valdinguèrent dans les airs et se blessèrent lourdement sur le sol givré. Castillo était dans ce lot-là. Il se releva tant bien que mal, son bras gauche formant un angle étrange d'où suintait du sang.

- Oh le pauvre, une fracture ouverte... pensa Loth qui finissait sa descente de la pente.

Clopinant, Castillo s'enfuit aussi bien qu'il put. Il disparut dans une grotte et Loth se lança à sa poursuite en écartant d'un coup de pied magistral au cou, un type qui lui barrait le chemin. Midnight se retrouva seule face à vingt-neuf types armés. En entrant dans la cavité, Loth l'entendit sourire de cette bonne humeur qui précédait généralement les périodes de folies furieuses. Et sanguinaires.


16.
Capturer Samir Castillo fut impossible pour Loth.
La grotte était un gruyère. Un monde labyrinthique composé de boyaux, de veines et d'artères se croisant, s'entremêlant. Une passoire dont Castillo semblait connaitre les moindres recoins. Il s'évanouit dans ces dédales et Loth se retrouva isolé, planté au milieu d'un passage. Il fouilla dans son sac en bandoulière et en sortit une torche à lumino-dial pour éclairer les lieux. Les parois étaient tapissées de givre et dans un coin à gauche, il vit une trace écarlate. Du sang provenant de la blessure de Castillo. Comme un chasseur pistant une proie qu'il avait préalablement blessé, Loth suivit la piste du sang. Par moment elle se perdait alors il revenait sur ses pas, s'allongeait à quatre pattes pour ausculter les lieux et finissait pas en retrouver la trace et partait de plus belle. Cette musique durant pendant un bon bout de temps et à chaque minute qui passait faisait grandir la crainte de Loth de voir Castillo tout faire sauter. Plusieurs fois déjà, il avait eu la preuve de l'extrémisme de certains membres d'Ashura. Samory Queen, Amanda Keen, Marie-Curie, ils avaient tous préféré se sacrifier plutôt que trahir le Réseau.

Le mince boyau que suivait Loth depuis une dizaine de minutes se sépara en trois embranchements. Les traces de sang partaient vers la voie du milieu, aussi Loth s'y engouffra-t-il. Mais à peine était-il rentré dans cette galerie qu'un homme émergea de celle de droite et le canarda. C'était Castillo et seuls ses halètements de douleur l'avaient trahi, permettant ainsi à Loth de réagir à temps.
En une fraction de seconde, ses mèches décuplèrent de volume. Il les planta au sol et s'en servit de support -ou de sortes d'échasses- pour se propulser en hauteur et laisser passer les balles en dessous. La nature soudaine de l'esquive ne lui octroya pas le temps d'en considérer tous les paramètres. Notamment, que le boyau culminait à trois mètres environ. Loth s'esquinta violemment contre le plafond, s'écrasa en chutant puis fut enterré sous plusieurs couches de glace que le choc avait délogé de la voûte.

Sonné pour un temps, il mit plusieurs minutes à reprendre ses esprits. Le Retour à la Vie l'aida à se dégager de la masse de neige. Plusieurs côtes l'élançaient, son dos était meurtri et plusieurs de ses muscles froissés. Il saignait de la nuque et mit du temps à retrouver son équilibre. Le choc avait été violent mais il estima qu'il avait eu de la chance que Castillo l'eût jugé foutu et enterré sous les calottes. Aurait-il pris la précaution de jeter une grenade que s'en aurait été fini de lui.
Avec peine, une main sur la paroi, Loth sortit de la galerie et tant bien que mal, repéra une nouvelle piste sanglante qu'il suivit avec plus d'appréhension et d'attention maintenant. L'indice fut pénible à suivre à cause de son état. Chemin faisant, il se mit à saigner du nez, goutte par goutte d'abord puis abondamment.

- Putain de commotion, je ne me suis pas raté...

Sa vision se troubla progressivement, sa locomotion devint titubante, son élocution bégayante. La piste qu'il suivait l'emmena à une sorte de vaste antichambre où des caissons étaient entreposés. Il dût faire un effort de concentration car sa vision était désormais bien floue. D'ailleurs, il vit là une silhouette qu'il prit pour Castillo et au moment où il se prépara à attaquer -pour quel résultat vu son état ?-, Loth s'affala lamentablement sur le sol. Derrière lui, quelqu'un l'avait assommé d'un coup bien placé à la nuque.



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Dim 17 Jan 2016 - 2:13


17.
Une agréable odeur de thé vert le réveilla. Loth découvrit qu'il reposait sous des couvertures chauffées à la bouilloire. Quelqu'un avait eu la bonne idée de mettre ses lunettes sur son nez pour que sa vision soit au point à son réveil. Un regard circulaire lui apprit qu'il était dans une chambre d’hôpital, sûrement la même qui l'avait accueillie après l'assassinat attenté contre lui à la fin du premier trimestre. A l'occasion, il avait été soigné au Centre Hospitalier Portuaire de Lavallière, un hôpital militaire relevant de la Marine. Instinctivement, il porta la main à sa tête. Il se souvenait des exactes conditions qui l'avaient emmené dans cet hôpital. La porte coulissante s'ouvrit avec un bruit de rail.

- Oh vous êtes réveillé ! s'exclama de surprise Phrâne Thompson. Elle trimbalait un vase en porcelaine où reposaient des tulipes. Et à bien observer sa chambre, Loth se rendit compte qu'elle était bourrée de fleurs dont certaines fanaient et se desséchaient déjà. Les médecins avaient dit que votre coma ne durerait pas, mais après deux semaines, vous commenciez à nous inquiéter !

- Deux semaines ? reprit-il d'une voix rauque. Je suis resté alité pendant deux semaines ?!

- Oui et pas bougé ! dit-elle en le repoussant dans le lit. Votre commotion était très sérieuse. Sans l'intervention de la Commandante Midnight, seule la Dame Blanche Givrée sait ce qui vous serait arrivé !

- Midnight... C'est elle qui m'a assommé par derrière dans la grotte !

- Et elle a bien fait. Samir Castillo, bien qu'avec une fracture ouverte était mieux loti que vous.

- Deux semaines ! fit-il, prétextant n'avoir rien entendu des dernières phrases. Mais et l'enquête ? Samir Castillo a été capturé ? L'argent ? Qu'est-ce que ça a donné ?

- Trop de question à la fois. Je vais appeler le médecin principal. Reposez-vous, ne vous prenez plus la tête pour ça. Castillo a été capturé bien entendu, les armes retrouvées. L'enquête est officiellement close.

- Hein ? Quoi ? Mais et Zéro ?

- Elle aussi a été capturée, bien entendu. Ça a fait un tel scandale dans le royaume ! Et ce n'est pas encore fini !

- Quoi ? Midnight a capturé Zéro ? répéta-t-il, sûr d'avoir mal entendu. Comment ?

- Samir Castillo. Il a tout balancé.

- Impossible... Ils ne trahissent pas comme ça.

- Et pourtant si. En plus, vous étiez sur la bonne piste.

- C'est à dire ?

- Zéro, c'est Eleanor Grims ! ajouta-elle avant de sortir de la chambre en refermant la porte.

- Non mais attendez, expliquez ! Putain !

Distraitement, Loth pensa qu'il ne saurait être aussi frustré, même s'il venait de sortir de vingt années d'emprisonnement. Il bouillonnait de curiosité et Phrâne avait osé le laisser en plan. D'ailleurs, personne n'avait semble-t-il eu la bonne idée de déposer à ses chevets un quelconque journal. A défaut de quoi, son cerveau explosa en milles interrogations. Eleanor Grims, Zéro ? Impossible, il en était certain. Que c'était-il passé en deux semaines ? De quelles preuves Midnight avait-elle goûté pour être aussi sûre d'elle ? Du point de vue de Loth, Grims n'était qu'un bouc émissaire. Mais d'un autre côté, Bee était tout sauf stupide. Si elle avait clos l'enquête en pensant que Grims était Zéro, sûrement alors y avait-il matière à le penser sérieusement.
Quelles certitudes étayaient cette affirmation alors qu'il était certain du contraire ? Était-il passé à ce point à côté de l'évidence ? Eleanor Grims aurait-elle été tellement bonne dans sa comédie qu'elle aurait réussi à le duper et à le convaincre qu'elle n'était pas ce qu'il cherchait ?
Possible... Loth n'était pas homme à se croire infaillible. Mais il avait quand même besoin de solides preuves pour admettre son erreur sur ce coup-là.

Phrâne arriva avec le médecin traitant et Loth, malgré son envie pressante de savoir, se tint tranquille. Moins il ferait d'histoire, plus vite il sera libéré, se dit-il. On le laissa partir une demi-heure après et sans remercier qui que ce fût, il fonça à la base de la 444e où il trouva Midnight à la terrasse de son bureau, attablée à déjeuner. Il était midi passé.

- Oh tiens, tu es encore de ce monde ! mâchonna-t-elle la bouche pleine de frites. Moi qui n'espérais plus jamais te revoir !

- Ouais, désolé d'être en vie. C'est quoi cette histoire de fou ? Eleanor Grims n'est pas Zéro !

- Qu'est-ce que tu en sais ?

- Vous vous souvenez de ces "pistes" infructueuses dont je vous avais parlé ? Vous vous souvenez que j'ai été à la capitainerie ? C'est parce que je la soupçonnais. Mais elle n'est pas Zéro, croyez-moi ! Sur quoi vous vous basez pour...

Silencieusement, Midnight indiqua de sa fourchette une table se trouvant à la droite de Loth, à l'autre bout de la véranda. Dessus étaient empilés des exemplaires du Boréa Herald et un rapide coup d’œil l'informa que les presses étaient classés par date. De la plus récente à la plus ancienne qui remontait au lendemain du jour de leur intervention contre Samir Castillo. Loth jeta un coup d’œil amusé à Midnight. Apparemment, elle avait prévu qu'il vienne l'ennuyer et avait chronologiquement stocké les journaux pour s'éviter des débits d'explications.  
Avide, Loth se mit à lire frénétiquement et au fil de sa progression s'horrifia de plus en plus.

La capture de Castillo fut très médiatisée, évidemment. A la une de la plus ancienne édition du Boréa Herald était affichée l'image d'une meute de journalistes flashant une Midnight au regard modeste. En arrière-plan, on soignait Castillo sur une civière et à droite, les caisses d'armes étaient débarquées par les Élites. Cent millions de Berry en armes ! La presse s'était jetée sur la nouvelle et n'avait pas manqué de superlatifs pour qualifier le succès de Bee et de Loth qui n'avait pas été oublié dans l'histoire. "Blessé alors qu'il tentait héroïquement de s'opposer à la guerre à Boréa", lut-il en grinçant des dents. Trois jours après, l'édition affichait l'image d'Eleanor Grims arrêtée en grande pompe chez elle alors qu'elle se préparait à fuir d'après les écrits. Il y était question de renseignements fournies par Castillo qui avait coopéré avec la Marine.

- "Coopéré ?" Vous lui avez fait quoi ?

- Rien de plus que l'habituel, répondit-elle en suçotant une cuisse de volaille. Passé à tabac, brulé au mégot de cigarette, noyé puis réanimé, pendu par les pieds, tordu son bras déjà cassé... Il a fini par cracher le morceau. Tout le monde a un seuil de tolérance à la douleur, Reich.

- Et il vous a dit que c'était Grims ?!

- Tu ne sais pas lire ?

- Je veux l'entendre de votre bouche !

- On a arrêté Grims alors qu'elle faisait ses valises précipitamment. Ses enfants avaient disparu et plus tard, nous obtînmes la confirmation qu'ils avaient embarqué quelques jours avant à bord d'une caravelle récemment acquise par leur mère. Malgré nos efforts, nous n'avons pas su retracer leur destination.  

- Oh non c'est pas vrai...

- Mais je tenais la mère alors au diable ses moutards de onze ans. La presse s'est emparée de l'histoire et en a rajouté davantage parce que Grims était plutôt connue, plusieurs fois pressentie pour occuper le poste du chargé royal à l'économie. C'était aussi une figure très connue dans le monde des défenseurs du droit des femmes à cause de son génie et de son combat personnel comme la maladie. Une maladie qui l'a dévorée ces deux dernières semaines.

- Quoi ? demanda-t-il d'une voix rauque. Il s'y était attendu, il le craignait...

- Eleanor Grims est morte deux jours avant ton réveil. Je ne l'ai pas touchée, ajouta-t-elle pour se défendre. Le cancer faisait le boulot à ma place, elle était incapable de tenir une minute sans crachoter un torrent de glaviots sanguinolents. Mais avant que ça n'empire et qu'elle ne soit hospitalisée, elle m'a confirmé qu'elle était Zéro. Elle m'a révélé tout ce qu'on savait déjà. Les circuits et implantations d'Ashura dans le pays, l'affaire à Bliss, les Cellules Ambulantes, mais elle a surtout parlé de ce qu’on n’avait jamais dit à la presse. Par exemple que Castillo avait tué cinq de ses camarades, qu'il faisait partie du Shield et qu'il avait disparu avec 600 millions de Berry. Le reste de l'argent, avait-elle dit, a été emporté pour assurer l'avenir de ses enfants. Elle m'a aussi parlé de Zaun où ont été commandées les armes. Bien sûr, j'ai pensé qu'il pouvait s'agir d'un bouc-émissaire mais elle avait trop d'informations et son pédigrée ne laissait aucun doute quant à ses affirmations.

- A Bliss, nous avons confondu Don Viera en le mettant sur écoute, contrattaqua-t-il, décidé à faire la lumière sur cette injustice. La voix d'Eleanor Grims est foncièrement différente de celle de la personne qui donnait les ordres à Viera.

- Une voix, ça se modifie, ça s'imite, Loth.

- Certes, mais vous n'avez pas été sans remarquer de quelle manière chacune des phrases d'Eleanor Grims était ponctuée de toux ? Pas une seule fois la personne n'a toussé durant la conversation avec Viera. Ce qui est impossible dans la phase terminale qu'était Grims.

- Est-ce que le donneur d'ordre de Viera s'est identifié en tant que Zéro ?

- Euh... Non, marmonna-t-il en y repensant. Mais ça coulait de source !

- Tu t'es trompé, crois-moi. Pendant ces dernières années, elle a détourné des sommes colossales, de la capitainerie vers les comptes d'Ashura. Nous avons trouvé chez elle des documents qui prouvent et retracent ses détournements, essentiellement via des sociétés écrans déjà bien implantées dans le secteur. A l'image de C&C. Mais si tu veux le fin mot de l'histoire, sache qu'elle m'a donné d'autres preuves en béton.

- L'identité de Lavoisier ?

- Non, elle n'a pas voulu le trahir. Évidemment... Et comme je l'ai dit, je ne pouvais pas l'y forcer et la torturer plus que ce que lui faisait subir sa phase terminale. En outre, elle était déjà en paix parce que son seul souci avait été de protéger ses enfants, de leur offrir un avenir. C'est pour ça, avait-elle dit, qu'elle était entrée au service de Lavoisier. Pour en amasser autant que possible pour eux.
Don, je disais qu'au lieu de nous aiguiller vers son maître avec qui elle semblait en désaccord, elle nous a parlé de Marie-Curie.


- Quoi encore avec cette folle ? demanda-t-il en craignant la révélation de nouveaux génocides qui seraient passés inaperçus.

- Sa Cellule, Tempest, disposait de deux entrepôts. Trois conteneurs sur les quais et une cave dans un quartier populaire de Lavallière. Grims nous en a indiqué les emplacements et on y a trouvé une tonne de Dance Powder qui reposaient là depuis la fin 1624. Une sorte de stock d'urgence en cas de pénurie. C'est bien plus que ce que Dickson et toi aviez saisi à Bliss. Et cela prouve indubitablement que Grims était Zéro.

Loth en fut ébahi. C'était la goutte d'eau scénaristique de trop. Le petit truc en plus qui faisait fondre la veuve et le limier. Des entrepôts de stockage. C'était magnifiquement joué, pensa-t-il. Mais pourquoi avait-il fallu qu'il fût dans le coma durant ces instants cruciaux ? Mais à bien y repenser, qu'aurait-il pu faire pour démolir cette théorie ?
Rien. La seule preuve audio qui soutenait que Grims n'était pas Zéro semblait bien maigre à présent.
Que pouvait-il faire maintenant ? Ce qu'il savait faire de mieux. Creuser. Il avait cherché à connaître l'exact rôle de Grims dans Ashura. Avec ces nouvelles, il pouvait aisément deviner ce qu'il en était.
Devait-il en informer Midnight ? Non, bien sûr que non, ce serait de la folie. Elle avait marché dans le plan de Zéro parce qu'elle n'avait pas la conviction de Loth. Elle était en somme, trop étrangère au dossier. Et puis, ce dénouement arrangeait magnifiquement bien les affaires du Moine. Il n'aurait plus à se cacher, à redouter Midnight sur ses talons. Loth voulait convaincre Zéro de le rejoindre, la tâche n'en serait que plus facile maintenant que tout le pays était convaincu qu'elle était morte.
Alors, il joua la comédie.

- Si vous le dites... Mais je l'ai tout de même en travers de la gorge.

- Qui s'en soucie ? Tu es passé à côté, ça nous arrive à tous. Allez, du vent !

- Quoi vous me chassez ?

- Bah, tu n'as plus rien à faire ici pour le moment. Je te rappellerai pour parler de Lavoisier et de quelle manière orienter l'enquête. Mais pour l'instant, mes équipes sont en train d'analyser toutes les pièces à conviction récupérées chez Grims et dans les entrepôts. Et surtout, je sors et je ne vais pas te laisser seul dans mon bureau. Allez dehors, oust !

- Hoy, du tact, je ne suis pas un chien. Sinon, vous allez où comme ça juste après le déjeuner ? Un rendez-vous galant ?

- Arrête tes familiarités et singeries tout de suite.

- Je vous faisais juste la conversation.

- Mouais, tais-toi, c'est mieux. J'ai un peloton d’Élites qui m'attend pour être formé au Rokushiki alors... Hey Loth ? Tu m'entends ?

- Formé au Rokushiki, dit-elle ? pensa-t-il, stupéfié.

Formé... Formé... Formé...
Le mot se répéta en boucle dans les tréfonds de son esprit. Il resta là, hagard, semblant pétrifié, les yeux vides. Midnight à côté de lui pensa qu'il faisait une sorte d'attaque. Et elle n'en était pas loin...
Formé... Putain, mais pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?

Clap !  

- Eh oh ! Aie ! Pourquoi m'avez-vous giflé ?

- Retourne à l’hôpital, ta commotion n'est pas guérie.

- Sûrement pas. Je vais aller dormir plutôt, c'était juste une petite absence de rien du tout.

- Soit. Si tu veux crever, fais-le loin de moi.

Aussi naturellement que possible, Loth sortit de son bureau et de la base. Il s'étonna d'être aussi calme alors qu'en son for intérieur tout sautait de joie. Et pour cause, grâce à une simple phrase de Midnight, un simple mot, il avait trouvé Zéro. Il en était certain.


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Dim 17 Jan 2016 - 2:18


18.
En quittant Bee, il se dirigea vers le siège du Boréa Herald pour vérifier si son illumination de génie avait des fondements solides. Pour la postérité, les presses gardaient toujours un exemplaire de leurs éditions. L'histoire qu'il cherchait devait remonter au bas mot à trente ans. Le Boréa Herald étant plus vieux, il aura couvert l'évènement, pensa-t-il. Sa recherche dans les archives du quotidien historique ne fut pas compliquée. Il en ressortit sourire aux lèvres puis fixa un rendez-vous avec Phrâne Thompson. Après s'être longuement entretenue avec elle, Loth bondit littéralement jusqu'au cimetière de Brinborian. Dans la chapelle, avec exaspération,  il trouva Dena' et Émeline jouant aux cartes. Elle courut se jeter à son cou puis le relâcha immédiatement après. L'indic, quant à lui, siffla et l'arrosa de cartes.

- 'tain, tu nous auras fait peur, mec !

- Toi tu pleurais surtout ton portefeuille ouais.

- L'argent fait l'bonheur mec. T'es mon best pourvoyeur.

- Sans déconner, vous fichez quoi encore ici ? N'y venez pas ! Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans cette phrase ? Je ne veux pas qu'on me relie à vous. Attendez... Vous n'avez pas fait la bêtise de venir me voir à l'hôpital j'espère ?

- Si. J'étais déguisé en laveur de carreau et elle en infirmière.

- Je rêve... Non mais... Rien, je vais me taire, c'est mieux où je risque de faire une attaque. Du coup, pourquoi cassez-vous la croute ici ?

- L'enquête est terminée. Zéro a été capturée donc on s'est dit qu'il n'y avait aucune raison que Bee vienne ici. Ni le roi et son héraut vu que tu étais à l'hosto.

- Hmph... Bon oublions. Dis-moi ce que tu as trouvé. La dernière fois qu'on s'était parlé, tu partais sur la trace des trois professeurs retraités et isolés dans la steppe. Tu l'as fait j'espère ?

- Si, mais bon, avec ce dénouement, ça n'a servi à rien. J'ai trouvé les professeur Hellin, Shawn et Pillard mais comme on s'y serait attendu, aucun n'a de lien avec Grims.

- Non, non. Oublie un instant que Grims est Zéro. As-tu trouvé quelque chose en rapport avec notre profil d'avant ? Est-ce que l'un d'entre eux à une fille à qui il aurait pu enseigner les matières des Maths C666 ?

- Seule la professeure Shawn a eu une fille dans sa parenté immédiate. Michaella Shawn, mais elle est médecin vétérinaire. Je l'ai même rencontrée. Attends, pourquoi tu creuses encore ?

- C't'évident non ? Il pense que Grims n'est pas Zéro.

- Merci Dena'.

- Quoi ? Non mais elle correspond point par point à notre profil. Elle figure dans notre la liste des surdouées de l'académie entre 1600-1608, est employée à la Capitainerie. Et si nous n'avons pas pu déterminer où elle avait appris les Maths C666, c'est surement parce que ça a dû se passer quand elle était sur East Blue.

- C'est justement ces raisons qui me font dire qu'elle n'est pas la personne que nous cherchons.

- Un bouc-émissaire ?

- Non, Dena'. Toute la subtilité est là. Un bouc-émissaire n'est qu'un individu envoyé en pâture. Grims n'est pas un objet jetable, c'est un parachute. Doré qui plus est. Aucun système, aucune forme d'organisation n'est éternelle. Il y a toujours la phase de naissance, de croissance, de maturité et/ou de stagnation mais invariablement, il y a le déclin. Zéro avait prévu sa chute et depuis 1616, elle s'est évertuée à se trouver un rempart. Quelqu'un ayant le même pédigrée qu'elle, quelqu'un qu'elle a initiée dans tous les coups d'Ashura, raison pour laquelle Grims pouvait donner autant de détails comme si elle était Zéro. En un sens, elle l'était mais sauf qu'à la différence de l'originale, elle avait une date d'expiration. Son cancer. Elle a au moins dit une vérité à Midnight, c'est que ses enfants étaient sa seule préoccupation. Il n'y a que comme ça que Zéro a pu la convaincre de travailler pour Ashura. C'est sans doute notre argentière qui a fait exfiltrer les triplets de Grims au moment où la mère devait jouer son rôle de parachute dorée. Que lui a-t-elle donné en retour ? Je ne peux que le supposer. Cent à deux millions par enfant, peut-être, je n'en sais rien. Mais ce qui est sûr, c'est que le sacrifice de Grims a un prix.

- T'es sûr de toi ? Grims aurait été une sorte de substitut plus vrai que nature ? De... de... clone ?

- D'avatar, je dirais. Dans la première partie de l'enquête sur le Chaudron, le laboratoire était situé sous le temple de la Matrice. J'ai découvert à l'occasion que la Matrice était une sorte de divinité suprême qui s'incarnait en six sous-divinités connues sous le nom d'Avatar. Eleanor Grims revêt à mes yeux cette impression "d'incarnation" de Zéro. Grims était un avatar. Et il nous faut maintenant trouver la "personnalité mère". La personne qui se cache derrière. La vraie Zéro.

- Mais Loth, marmonna-t-elle, à la limite du désespoir, au risque de me répéter, ton profil décrivait Zéro comme une femme, très brillante, ayant fréquenté entre 1600 et 1608 l'académie de Jalabert et qui aurait ensuite travaillé à la capitainerie. Nous avons la liste des femmes les plus surdouées de cette période, nous avons aussi la liste des employées de la capitainerie. Couplées, ces deux listes, ne nous donnent rien. Enfin, rien sauf Eleanor Grims. Tu penses que le profil est biaisé et qu'il nous fait tout reprendre ?

- Ah non, on ne va rien reprendre du tout, répondit Loth amusé en se servant un jus. J'ai déjà trouvé Zéro.

Dena' avala de travers. « Quoi ? » beugla-t-il.

- J'ai trouvé Zéro.

- Comment ? Et tu restais là à discuter ?

- Pourquoi me serais-je précipité alors que j'ai déjà touché ma cible ? Qui plus est, vous avez été avec moi de tout instant, alors je vous dois une explication détaillée.

- Et c'est quoi ? T'as fait une erreur dans l'profil ?

- Oui et non, répondit-il en relevant ses lunettes. Non dans ce sens où elle a effectivement été à l'académie de Jalabert, où elle était une surdouée de Dieu, où elle travaille de nos jours à la capitainerie. Oui, je me suis royalement fourvoyé, dans ce sens où j'ai bêtement supposé qu'elle avait été étudiante, acheva-t-il en mettant l'emphase sur le dernier mot.

- Attends, quoi ? Je ne comprends pas. Si elle n'était pas étudiante, alors, qu'est-ce qu'elle... Un prof ?!

- Tout à fait.

- Attends, ça colle pas. Tu nous avais aussi dit qu'elle d'vait avoir entre 34 et 43 piges au maxi'. Si elle était prof' entre 1600 et 1608, elle doit avoir bien plus d'nos jours. Soixante-dix ans à quatre-vingt là.

- Parce que tu vois tous les professeurs en adultes matures, Dena'. J'ai fait la même erreur. En réalité, Zéro fut la plus jeune professeure de toute l'histoire de l'académie de Jalabert. Engagée en 1604 alors qu'elle n'avait que treize ans. Aujourd'hui, elle en a trente-cinq.

- Employée à trei.. treize ans ? Tu... tu plaisantes j'espère ? bégaya-t-elle. Qu'est-ce qu'elle enseignait ?

- La gestion graduelle des ressources.

- Jamais entendu parler.

- Ça part du postulat que toutes nos ressources sont limitées. A partir de ce simple constat, elle a développé une forme de mathématiques qui permet de quantifier et d'échelonner les ressources durables sur des centaines d'années en fonction de X facteurs. Le but étant de pérenniser le plus possible les ressources pour les générations futures. Dès 1604, elle a été conseillère au secrétaire royal à l'énergie et c'est grâce à elle que le Plan 2000 a été rédigé. C'est une sorte de mémorandum signé par Maximilian qui limite l'exploitation des ressources minières de Boréa. Pour les générations futures, toujours. Et son truc peut s'appliquer dans n'importe quelle matière apparemment.  

- Là, ça tombe sous l'sens ! Amanda Keen étudiait la biologie marine. La gestion graduelle des ressources, j'suppose que c'est d'plein pied dans c'domaine, non ? Genre la gestion des ressources poissonnières, un truc comme ça. Elle a eu Grims aussi comme étudiante ?

- Ouais. Je suis passé au siège du Boréa Hérald et j'ai retrouvé l'édition de 1604 qui traitait de sa nomination. Je suis plutôt fière de ma trouvaille.  

- On était à la fois si près et si loin ! Mais comment t'es venue ce tilt ? Et tu as aussi trouvé où elle avait appris les Maths C666 ?

- Midnight m'a donné le déclic. Quand nous nous séparions, elle m'a dit qu'elle partait former des Élites au Rokushiki. Et ce mot, ce verbe "former", a déclenché en moi une série d'avalanche qui a emporté les barrières qui m'empêchaient de voir Zéro sous sa vraie nature, répondit-il en se dirigeant vers une armoire dont il sortit des documents. C'est grâce à ce déclic que j'ai compris que si je ne trouvais pas Zéro dans la liste des surdouées, c'était parce qu'elle n'avait pas été formée à l'académie. Ce serait plutôt elle qui y aurait formé des gens.
Ensuite, la vérité c'est que j'avais deux indices flagrants sur l'identité de Zéro ici, à côté de moi, sous mes yeux alors que je me lamentais et butais encore et encore à la retrouver. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a trois semaines, Bee et moi étions dans les terres du clan Primus d'où est originaire Samir Castillo.


- Tu nous as raconté l'histoire du massacre et de l'exclusion des Castillo.

- Oui et à cette occasion, je m'étais demandé si Zéro ne pouvait pas être une Castillo, ce qui lui aurait permis de connaître Samir. Après vérification, il n'y avait aucune personne de ce nom-là dans nos deux listings, mais j'ai gardé l'idée dans un coin sombre de mon esprit. Là encore, je regrette d'avoir été si étriqué dans mon analyse ! Si Zéro n'avait pas Castillo pour nom, c'était parce que son père ne l'était pas. Mais ça n'empêchait pas sa mère de l'être ! Tous les Castillo avaient été sujets à la vindicte, donc si la mère de Zéro en avait été une, elle aussi aurait essuyé les quolibets des autres membres du clan.

- Plutôt logique...

- Et si j'avais considéré cette option, j'aurais jeté un coup d’œil à cet autre document que m'avait donné Midnight. Quand la situation dégénéra, quarante "Castillo" furent retenus en otage et la Marine dut intervenir pour les libérer. Cela m'avait paru bizarre que la Marine intervienne dans un coin aussi paumé de Boréa. Enfin, c'est surtout le fait qu'elle ait pu et assez tôt, avoir vent de l'information pour agir promptement avant que ça ne tourne au drame qui m'avait titillé. Mais j'ai malheureusement classé cette interrogation sans m'y attarder plus longuement. Autrement, si j'avais fouillé plus attentivement, j'aurais vu que les rapports que m'avait donné Midnight comportaient une liste. Celle des quarante malheureux ayant été arrachés aux griffes de la foule. Et j'aurais vu que parmi eux, il y avait un certain Madoff.

- MADOFF ? s'écria Déna' en tombant à la renverse. Attends, l'même briscard ? Howard Madoff alias "La Vapeur" ?

- Lui même. Tu le connais ?

- Si j'l'connais ou pas... J'tais encore un mioche à l'époque, l'histoire m'a été contée par ma daronne. Madoff a tué mon vieux.

- Ah bon ?

- Ouais, une sale histoire. N'allez surtout pas m'plaindre, mon vieux en a découpé plus d'un dans sa vie. Lui aussi était dans l'métier, filait des coups d'mains à gauche et à droite. S'était fait un nom. Puis vint l'fameux jour où un d'ses potes lui susurra qu'il y avait du pognon à s'faire dans l'espionnage industriel et l'vol d'technologie. Et pour s'faire, ils s'infiltrèrent dans une base marine où y avait un chantier naval pour voler les plans d'un certain bateau d'la marine qu'on disait r'volutionnaire et très avancé. L'chef d'projet s'app'lait Howard Madoff, un Ingénieur Général des Armées. Ça s'passa très mal pour les deux camps. Ils réussirent à voler les plans mais mon vieux et la moitié d'la troupe furent tués par la Marine. Ses gars en fuyant firent sauter les charges qu'ils avaient placées. Toute la base s'effondra ensuite.

- Ce dont tu parles s'est passé en 1586. Haha, c'est drôle comme certains évènements se conjuguent parfois. Après l'enquête, Howard Madoff qui était aussi le responsable de la base fut jugé coupable de négligence et de failles sécuritaires très graves ayant entrainé le vol des plans d'un projet top secret et la mort de ses hommes dans la destruction de sa base. Il fut relevé de ses fonctions et dégradé. La même année, il quitta la Marine en claquant la porte et c'est là que commence l'histoire de notre Zéro. Voyez-vous, Madoff était originaire de Boréa, du clan Primus. En quittant la Marine, il retourna naturellement chez lui et prit ensuite pour femme une certaine Leila Castillo.

- Alors ce serait son père Ingénieur qui aurait appris les Maths C666 à Zéro ! Et à 13 ans, elle était si précoce qu'elle a inventé de nouvelles formes de mathématiques et un cours spécial a été créé pour qu'elle le dispense à l'académie... Je suppose que le prestige paternel aura joué aussi. Whoua, je me sens toute petite !
Donc, c'est principalement Madoff et sa famille que les Marines étaient venus exfiltrer ?


- Oui. J'ignore s'il était sous surveillance ou c'est à cause du prestige de son grade de jadis -qui équivalait tout de même à celui d'un contre-amiral-, en tout cas, la Marine intervint promptement et les sortit de là. De même que les autres otages. Plus tard cette année-là, naquit leur fille.
Maintenant, je vais vous faire entendre le second indice flagrant dont je disposais.


Loth se déplaça une nouvelle fois jusqu'à l'armoire. Dans un compartiment caché dans un faux fond, il sortit ses précieux audio dials. Il en avait cinq en tout et trois contenaient des enregistrements. Il prit la plus plus récente et appuya sur le bouton de côté pour en diffuser le contenu à ses associés.

Citation :
- Eleanor Grims : Oui ?

- Employée : Désolé, vraiment désolé de vous déranger mais nous avons besoin de vous pour nous orienter sur les procédures Beta 24-5D. C'est que les conteneurs de charbons sont déjà chargés sur le transocéanien et doivent appareiller dans une heure, et nous n'en avons pas encore fini avec les procédures.

- Vicky Carter : Quoi ?!!! Mais c'est d'une extrême importance ! Ça devait être fait depuis avant-hier ! Qu'est-ce que vous fichiez ?

- Employée : Nous ne comprenons pas les nouvelles procédures.  

- Vicky Carter : Je croyais que Madoff les avait formés ?

- Eleanor Grims : *tousse* *tousse* Plutôt trois fois qu'une, mais il semblerait *tousse* que ce soit trop compliqué pour eux. Je vais aller résoudre *tousse* tout ça. Mr Reich, vraiment désolé *tousse* mais ce bateau doit partir, autrement, vous devriez *tousse* enquêter sur un scandale encore plus grand. Pouvons-nous *tousse* *tousse* reporter cette entrevue ?

- Notez le "formé" dans la phrase de Vicky Carter. C'est principalement ce passage dont je me suis rappelé quand j'ai entendu Bee parler de sa formation à dispenser. En fait, sans en être conscient, depuis mon entrevue à la capitainerie, j'avais appris le nom de Zéro et le poste qu'elle occupait.

- Oui elle a parlé d'un Madoff !

- Donc Zéro, c'est quoi son blaze ? Elle fait quel taf là-bas ?

- Notre muse si insaisissable se nomme Aella Madoff. Elle est DFSI. Comprenez "Directrice de la Formation et du Système d'Information." Ça concerne en gros toutes les procédures pour traiter tel ou tel cas, collecter, stocker, traiter et diffuser de l'information. En fait, voyez-vous, j'ai péché par mimétisme. Après Prometheus, j'ai pensé qu'elle devait forcément travailler côté finance alors que l'organisation même de cette entité, en plus de celle du Chaudron et d'Ashura plus globalement prouvent que Zéro est un maestro hors-norme qui excelle autant dans la structuration des groupes et réseaux que dans les chiffres. Mais je crois aussi qu'une partie non consciente de moi s'en doutait et ça m'a renforcé dans ma conviction que Grims était un avatar. Elle a surtout parlé de chiffres, elle n'a pas parlé d'organisation ou de distribution des tâches. C'était un excellent avatar mais incomplet.

- Du coup, qu'est-ce qu'on fait ? On va la chopper ?  

- Bien sûr que non. Aella Madoff viendra à moi.

- Comment comptes-tu t'y prendre ?

- Moi je vais tranquillement rester ici et me remettre de mon coma. Toi par contre, tu vas aller à cette adresse, fit-il en lui remettant un bout de papier griffonné. Je l'ai obtenue auprès de Phrâne Thompson. Leila Castillo, la mère de Zéro, est en vie, contrairement à son père qui a rendu l'âme en 1605, juste après les premiers pas de sa fille en tant que professeure.

- Je... je vais faire quoi chez sa mère ?

- D'abord tu passeras par le marché et achèteras le plus gros bouquet de roses noires que tu pourras trouver. Au milieu de ces roses ténébreuses, tu placeras une rose bien sanguine. Avec une carte portant cette mention :

« À Aella,
Une illusionniste hors pair, une mathématicienne de génie et le meilleur adversaire qui soit.
L, un fervent admirateur. »


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Dim 17 Jan 2016 - 2:21

 
Présent
Septembre 1626 - Boréa
19.

- Voilà, c'était long mais vous savez tout maintenant. Du début à la fin. Pour percer votre œuvre, j'ai dû tout d'abord me mettre avec Dickson puis avec le départ de ce dernier, j'ai dû finir seul. Mais à chaque étape, j'ai dû recevoir de l'aide. Vous n'avez pas à rougir.

- Je ne rougis pas, répondit-elle sèchement. Je tenais à savoir comment vous vous êtes débrouillé pour me retrouver. Et j'avoue, c'est impressionnant mais prévisible. Ashura est dans sa phase de déclin et moi, j'ai laissé des traces de mon existence. Soit en tant que professeur à l'académie, ou en tant que DFSI. Malgré l'avatar Grims, me trouver n'était qu'une question de temps.

- Ou de perception. Midnight et tout le pays croient encore que vous êtes morte. Enfin, maintenant que vous savez tout, qu'allez-vous faire ?

- Que voulez-vous que je fasse ? dit-elle en soufflant. Pour la première fois, elle brisa son cocon d'impassibilité et s'affala sur sa chaise. On aurait dit qu'elle était juste ennuyée. Game Over pour moi. Je cède ma place. Vous avez gagné.

- Et si le jeu devait se poursuivre ? Je l'ai dit durant mon récit. Je veux travailler avec vous. J'ai, certes, réussi à percer vos intrigues labyrinthiques mais j'ai encore du chemin à faire, des trucs à apprendre. Que diriez-vous de signer pour les quinze ou vingt années à venir au service de la nouvelle organisation qui naîtra des cendres d'Ashura ?

- Je suis trop vieille et trop blasée pour ces trucs-là.

- À d'autres. Notre cabale à Dickson et à moi contre vous a rompu d'un long cycle de monotonie. Vous vous êtes amusée à nous voir gesticuler et échouer. Vous vous êtes distraite en me menant en bateau, en semant de fausses pistes. Quand votre mère vous a contacté et vous a parlé du bouquet de roses, vous auriez pu fuir avec vos centaines de millions, vos milliards ? Mais vous êtes venue me voir. Parce que vous en voulez encore, parce que vous avez la dalle. Et puis vous saviez que je ne vous ferai rien parce que vous m'aviez depuis longtemps percé à jour. Vous vous doutiez que je voudrais recruter un individu aussi exceptionnel que vous. Vous avez dû y penser avant que je n'y songe moi-même. Et vous avez déjà la réponse.

Lavoisier s'est limité à Ashura. Ce que moi je vous propose, c'est de façonner et de diriger tous les réseaux que je monterai dans un futur proche. Mon objectif, c'est d'être le parrain de l'ombre de la mafia de North Blue tout d'abord, puis des Blues toutes entières. Et pour ce faire, j'ai eu un bon maître : Le Gila. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il a réussi à s'enfuir du piège que lui ont tendu les Tempiesta et la Marine. Le Reptile a soif de vengeance et bientôt, j'irai le rejoindre.
Ensuite, je compte m'exporter sur Grand Line. Ma vie, je la veux mouvementée et pas seulement m’asseoir dans un cocon de prospérité à l'instar de Lavoisier. Si vous vous ennuyez autant que je présume alors acceptez de m'accompagner. Vous avez passé les trente-cinq dernières années sur les Blues. Émergez de cette chrysalide et ensemble, allons voir ce qui se passe au-delà des mers. Ensemble, Aella, nous allons faire de grandes choses. Mais plus important que tout, nous allons nous amuser.


- Vous parlez beaucoup pour quelqu'un qui se dit apathique.

- Euh, ouais, on me le reproche souvent. Mais uniquement quand je suis inspiré.

- Inspiré ? C'était de la drague à deux balles.

- Ah bon ? Oh, mes excuses alors, je vais virer celui qui écrit mes discours.

- Enfin, soit. Inutile de dire que vous avez vu juste. Mais ce n'est pas aussi simple.

- Les autres Lunes ? Je comptais me débarrasser d'elles de toutes manières. Et d'ailleurs à propos de ça, je vous saurai gré de ne pas armer les bandits des steppes.

- C'est déjà fait. Avant même que Dickson et vous ne démanteliez le Chaudron.

- Oh merde alors. Dans ce cas, vous allez m'aider à réparer ce que vous avez causé.

- Comment ça ? Je leur ai fourni des armes parce que le reste du Conseil l'a demandé. Le Conseil veut créer un contre-pouvoir et tant pis si ça doit passer par une rébellion armée. J'ai exécuté les ordres des autres. Je ne vois pas comment je peux réparer ça, ils ont reçu près de deux cent millions de Berry en armes.

- Putain... Ça sent déjà la merde dans ce pays. Pour commencer, vous allez me donner les noms de autres Lunes.

- Oui, il est urgent de les arrêter toutes.

-  Pourquoi ?

- Parce que Lavoisier est en train de comment dire... péter les plombs. Oui, c'est la formule idéale. Il délire complètement parce que vous avez ruiné son business et que les Autres Lunes l'ont exclu du Conseil. Il a l'idée de se venger à la fois de vous et des Lunes. Qui elles aussi veulent l'éliminer avant qu'il ne soit trop tard.

- Quoi, le Conseil des Six Lunes est à couteau tiré ? Ça a l'air vachement intéressant ça. Je pourrai les laisser s'entretuer et ensuite ramasser les restes ?

- Beaucoup de restes alors. Lavoisier est dans une académie remplie d'étudiants et seuls les dieux savent ce qu'il a en tête. Vous connaissez déjà Phineas Holle. Lui, c'est la Lune Rouge et il contrôle la mine, donc une grosse partie de l'économie de Boréa.
Quand vous avez simulé votre mort et qu'une messe a eu lieu, savez-vous qui l'a présidée ? La Lune Jaune. On le surnomme "Le Cardinal", Ottoh von Bodmann de son nom complet.


- J'ai déjà entendu ce nom là. C'est le Grand Maître d'Aurora, la religion des nobles.

- Tout à fait. Et ils sont prêts à en découdre. D'un côté Lavoisier qui a encore assez d'argent pour engager ce qui reste des Autres, ensuite le Conseil qui a à sa solde près de 1500 bandits armés. Boréa va devenir le théâtre d'un affrontement qui va dépasser la Marine.

- Je me demande si c'est bon pour mon business ça. Cela dit, vous êtes où dans tout ça ? Avec le Conseil ou avec Lavoisier ?

- Avec aucun d'entre eux. Les deux camps ont trop besoins de moi pour opérer la magie des détournements sans preuve. Ils n'ont pas cherché à m'impliquer parce que le gagnant sollicitera mes services. Mais moi, je veux qu'ils me fichent la paix maintenant et la violence, ce n'est pas mon truc. Je vous ai donné leurs noms, considérez ça comme un gage de bonne foi. Débarrassez-vous d'eux et je serai libre pour travailler avec vous.

- Merci, j'apprécie le geste. Cela dit, le cadeau est incomplet. Il manque la Lune Verte.
 
- La Verte est une légende même dans le Conseil. On la surnomme "la Lune Fantôme". J'ignore qui s'est et nulle autre Lune ne l'a jamais croisée.

- Donc la place était vacante ? Comme celle de la Lune d'Argent ?
 
- Non. La Lune Verte existe bel et bien et seule la Lune d'Argent connaissait son identité mais elle a emportée son secret dans la tombe. Je suis entrée au Conseil en 1605 et jamais je ne l'ai vue physiquement. Même la Lune Jaune qui est seule rescapée de l'ancienne génération de Lunes ne l'a jamais rencontrée.

- Vous vous foutez de moi ? Vous étiez les maîtres de ce royaume et vous n'êtes pas parvenus à trouver l'un des vôtres ?
 
- Personnellement, je ne l'ai jamais cherchée, la Lune Verte. Ma curiosité a des limites. Et puis, d'habitude, chaque Lune s'occupe de son quart de pouvoir et ne se soucie de ce que font les autres que quand cela empiète sur les activités et la survie du groupe dans son ensemble. C'est pour ça qu'elles se sont liguées contre Lavoisier et Ashura. =
Par deux fois, la Lune Verte a participé à des réunions via escargophone et tour à tour, sa voix fut masculine puis féminine. Des avatars, sûrement. On pense toutefois que la Lune Verte est la seule place du Conseil qui se transmet via la descendance. On pense aussi que la toute première Lune était verte et que lassé des jeux de pouvoirs, le créateur du Conseil a disparu dans les ténèbres et qu'ensuite la place a été transmise à ses descendants qui n'ont guère à cœur de se mêler de nos histoires.


- 'tain... Et dire que je pensais que Zéro était le summum de la classe en terme de Lune. Une Lune plus mystérieuse que les autres Lunes... Super. Magnifique. Mais moi, ça rend mon travail plus compliqué.
 
- Pas du tout. Vous avez pour mission d'éliminer le Conseil. Moi, en tant que Lune Bleue, suis officiellement morte avec Grims. Ne vous reste plus qu'à capturer la Mauve, la Jaune et la Rouge. La Verte n'existe pas pour nous.

- Mais ça ne veut pas dire qu'elle ne mêle pas des affaires du pays. Et c'est cela que désire purifier Max. Les gêneurs. Mais soit, je vais exposer les choses comme telle au roi et le persuader que la Lune Verte ne représente aucun danger. Après, je m’attellerai à découvrir qui s'est. Un tel mystère, moi je ne tiens pas en place.
 
- La curiosité, il faut l'exercer avec prudence.

- Forcément. Une Lune qui se cache aux autres Lunes. Je ne saurai être que trop prudent...

- Ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne chance avant d'y aller.

- Pas si vite, Miss.

- Oui ?

- Je crois que vous me devez quatre cent millions de Berry.

- De quoi ?

- Samir Castillo avait disparu avec six cent millions. Vous en avez dépensé cent pour acheter les armes que nous avons saisies aux Nid-de-poule. Je veux quatre cent millions du reliquat. Les cent restants, vous pouvez les garder. Ce n'est pas négociable.

- Vous voulez vous tailler la part du lion. C'est beaucoup quatre cent millions.

- Je vais en faire don à la Marine, ça augmentera ma popularité. C'est un investissement.

- Hmmm... J'aime votre vision des choses. Vous les trouverez sur les docks demain. Conteneur 4589, secteur H-U 9P.
A nous revoir, Loth.


- Merci, Aella.
Aella "Zéro" Madoff
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