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On the road again, again...

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Trinita


Feuille de personnage
Dorikis: 4358
Popularité: 148
Intégrité: 106

Jeu 6 Oct 2016 - 16:53

Dur. Méchant. Être dur. Être méchant. Puissance. Courage, détermination, rigueur. Mais surtout: être méchant.

Orage sous le capot. Une vague, une déferlante. Torrent furieux, éclaboussures chargées d'un trop plein sans nom. Bouillon gonflé d'ingrédients confus. La Joie, la Colère. Le réveil. L'agonie. Indissociables. Myriade de sensations complexes, noyau uniforme. Les tripes en transe. Nouées, turbulentes, glacées et bouillantes. Une éruption. Incontrôlable. La rage, la haine, l'envie. Pas l'amour. Inutile. La chair de poule, partout, l'acier à la pointe des phalanges. Absence de douleur physique ou morale. Il y a un problème. Trouver. Des murs à abattre. Des montagnes à protéger sous des torrents d'hémoglobine. Des carcasses à empiler. Charnier joyeux, odeur de souffre, mauvaise bidoche. Narines embrasées, sourire au lèvre. Vision enchanteresse d'un tableau démoniaque. Des perles de carmin morbide sur fond gris gerbiatoire. T'achètes.

Un battement de cils. Un battement de cœur. La circulation reprend. Les systèmes s'enclenchent. Et là; c'est l'extase. Ça mériterait une larme. Tu la lâches pas, le mérite, c'est bon pour les anonymes coincés dans de pâles quotidiens indistincts et insignifiants. Toi, tu as plus. Tu es habité. Protégé, maudit. Touché par la grâce. Tu apprécies le trip ? Les nimbes imbibées de drainées de cendre. C'est l'ecstasy. Au cœur du chaos, une bouffée d'air trente fois trop pur pour les poumons. Une montagne russe dans les artères. Un putain d'orgasme.

Des fibres inconnues s'agitent. Frétillent. D'autres ankylosées frémiraient de se réveiller si elles le pouvaient. Comme de foutus homards qui décongèlent. Cette sensation. Qu'est-ce ? De la vie revient; une éclosion mentale. Le renouveau après les rudes hivers ? C'est trop poétique. C'est mou. L'épiphanie ? La bénédiction d'une nouvelle vie accordée ? Non. Qu'elles aillent se faire foutre. C'est juste un retour à la normale. L'imperturbable, l'indélébile. L'incontournable labeur. Méthodique, mécanique, froid et inusable. Vilain comme le chiendent. On ne l'éradique pas.

Rien ne t'éradiquera.

La Normale. L'instinct, le flair, le radar en surrégime. Quel pied. Tu revis pour de vrai. Tu comprends rien. C'est un prisme de couleurs trop agressives prisonnières du plus complet trou noir. C'est le froid, le chaud, la soif et la nausée. C'est la joie et la Colère. La matrice galère. Rien ne te submerge jamais mais là, t'accuses presque le coup de tout manger en pleine tronche. Et toi, t'aimes pas en manger plein la tronche. Ça te chiffonne. Tu te braques. La tension monte. Oh ouais, ça revient. Tout s'ordonne. Les poings qui ont faim. Les crocs qui réclament chair. L'envie est là. Broyer. Déchiqueter. Pitance fraîche, vite. Tu es bien là. Et t'as pas changé. Elvis soit loué. Quelque chose de colossal doit naître de tout ça. Un génocide. Une bombe atomique. La fin de ce monde. Nettoyer la crasse, les larves, les punaises et les bonimenteurs sans couille.

Comment faire ? Tu n'as pas oublié. Retrouve les peintures de guerre. Prix du sang. Sacrifice humain, sacrifice intime, don de soi pour laver l'affront. Tu as courbé l'échine. On t'a passé une laisse. À toi. Tu as laissé faire ça ? Misérable faible. Que t'est-il arrivé ? Réveille-toi, nature profonde. Sors la pierre à aiguiser et affute-moi ces ambitions flageolantes. Ces traits fatigués et cet œil trop longtemps éteint. L'entrave, elle gicle. Tu la bouffes. Tu la digères. Reviens aux bases. Gauche droite. Dix fois. Cent fois. Mille milliards de putain de fois. Jusqu'à en avoir des moignons à la place des pognes. L'étau retrouve son emprise sur le monde. Ne lâche plus jamais rien. enserre, écrase, étouffe. Aspire, draine, assèche. Casse. Brise. Réduit. Au néant. À la poudre de désespoir et de vide. C'est ton destin. C'est ta saloperie de destin à toi, et ton sourire qui remonte aux oreilles le reconnait maintenant. Repars à l'assaut. Reprends ce sentier. Unique. Sombre. Bouché. Répugnant, nauséabond et gonflé de miasmes. C'est le tien. Celui de personne d'autre. Laisse les machettes aux végétariens. Tu débroussailles à coup de poings. Plus de sensations. Plus de franchise dans le geste. Plus intimiste.


Beeuarhg' !

Une bile noire te ressort par le battoir et les narines. Le vilain angelot est chassé. Te voilà libéré de son emprise. Adieu léthargie. Tu revis, mirador. Plaisir de voir que t'as encore la dalle. Agite-toi. Regagne la surface. Respire. Hume, trouve une trace. Et ne la lâche plus jamais. Implacable. Unique. Prêt à défier les hommes et l'histoire. À tout emporter. Parce que personne d'autre n'aura jamais cette même détermination. Tu es le seul. L'incorruptible. L'inchangeable. Tu étais, tu es, tu seras. Jusqu'à la fin des temps. Et même elle n'est pas pressée de te voir arriver.

Cavale, soldat. T'as une croisade à relancer.
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Trinita


Feuille de personnage
Dorikis: 4358
Popularité: 148
Intégrité: 106

Mer 26 Oct 2016 - 21:13

T'es planté à deux centimètres de la table. À cette table, trois fieffés crétins qui n'ont d'autre crime au tableau de chasse que leur connerie. À ce que t'en sache. Ils sont affalés sur des tabourets rongés et fatigués de soutenir silencieusement de sales culs crasseux depuis un demi-siècle. Au centre de la table, une pinte grosse comme la loche droite d'une paysanne qui pourrait faire don des trois-quart de ses courbes à la science sans se retrouver maigrichonne. Autour, le brouhaha tailladant d'une atmosphère trop fêtarde entrecoupé de mille relents d'alcool frelaté. Un trou à rats.

Les zigotos te toisent un peu niaisement. L'un a cru te reconnaître mais en fait, t'es pas le cousin Garry. Pourtant, t'lui ressemblait. Mais au final, t'es juste quelqu'un. Donc t'es personne. Ils comprennent pas ce que tu fous là. Ils pigent pas ce que tu fous. Tu grognes et tousses comme un vilain clébard pelé qui aurait un os de poulet coincé en travers des tuyaux. La belle affaire. Ils se lancent des oeillades remplies d'incompréhension. Ils doivent se moquer ou s'inquiéter ? Te demander si tout va bien ou appeler la garde ? Vrai que tu nous sers un curieux numéro. Réagis, lascar, v'là que t'attires l'attention de tout le monde.

T'aimerais y aller franco. Un frontal brut et froid. Mais rien ne vient. Y'a des intentions jusqu'à plus soif et aucune structure pour les soutenir. Elles font trois pas et se cassent la gueule avant d'offrir le moindre mouvement lisible. Merde, que c'est confus. On croirait un poivrot comateux qui essaye de retrouver le chemin de son perron.

Brouillon, nébuleux. Vagues souvenirs d'antan. Le déclic ne vient pas. Les secouer d'abord. Les avoiner ensuite. Poser les questions après. C'est ça ton coup fétiche. C'est ça, hein ? T'es plus vraiment sûr. T'en sais rien, en fait. Tu te couvres de ridicule, mon pauvre. Bordel, comment ça marche déjà ?

La bière dorée transite vers les godets. Ils ont pris le parti de t'ignorer. Ostensiblement. Z'en ont déduit que t'étais un peu léger du bocal. Les lésés du ciboulot, ça fout mal à l'aise. Et ça emmerde. On peut pas se payer ouvertement leur gueule sous peine de passer pour une raclure. Et le fait qu'on en soit une n'y change rien, on préfère se taire hypocritement et passer les moqueries sous silence. Ces ploucs sont donc rien moins que d'authentiques connards doublés de faux-jetons.

Tiens, c'est toi qui as pensé ça ? Pas trop tôt champion. Je commençais sérieusement à douter. Faut les faire payer. Action.

...

Merde. T'es désespérant. Dix minutes que t'es planté au milieu des grouillots comme un réverbère qui attend de se faire arroser. Ça va durer longtemps ces simagrées ? Dégrippe-toi mon vieux. Sers-nous ta spéciale. Quelque chose. Qu'est-ce que tu nous sers, hein ?


Alors, qu'est-ce que je te sers à la fin ?
N'eeuh... ?
Dis donc mon bonhomme, t'as fini de me faire perdre mon temps ?


Le tenancier. Un bedonnant à barbe modèle balai brosse. Sûr que c'est à toi qu'il parle. Y'a ta paluche dressée bien haut au dessus de tes épaules sans bouger depuis deux minutes. On dirait que t'as tenté d'en armer une mais le système a planté avant que la livraison n'arrive à son destinataire. Au moins, t'as arrêté de grogner.

Papy bourru apprécie pas que tu lui fasses perdre son temps. Il te relance. Qu'est-ce que tu bois, alors ? Dis quelque chose bordel, je vais finir par me barrer.


Je...
Qu'est-ce que tu marmonnes mon canard ? Sois pas timide, j'ai pas que toi à servir si t'avais pas remarqué.
C'est...
Mettez une bière à mon ami.


Qui c'est c'lui-là ? Un espèce de clown à redingote sombre. Tapis dans un coin reculé. Probablement le seul du rade. Oeil sournois, t'as remarqué ? Il s'incruste en loucedé dans votre poignante conversation. Mais le patron prend la balle au bond. Comme un gars qu'on tirerait d'un guet-apens. Ce s'ra deux bières alors ? Et deux whiskys, s'il vous plait. L'affaire est dans le sac.

Le gérant court se réfugier derrière ses futs. L'inconnu pousse une chaise du talon. On dirait qu'il t'invite à un rencard. Et toi, tu bouges pas d'un poil. Bordel, pose ton cul de suite ou je te plante là et c'est terminé.

Pof.

Ah bah quand même. Merci. Allez, écoute toujours ce qu'il a à te vendre, ce genre de matou est pas avare en propositions glauques d'habitude.


Tout va comme tu veux, l'ami ?
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