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Casus Belli

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Loth Reich
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Moine Hérétique

♦ Localisation : Blues
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Ven 21 Oct 2016 - 3:15

One Shoot à lire avant : Prélude

________________________________________

Dans les eaux territoriales de Suna Land...  

- Baissez vos armes !  
- Ouais, baissez les, vous voulez pas qu'il se prenne un courant d'air dans le crâne non ?
- T'en as d'grosses pour monter sur mon navire et prendre en otage un d'mes gars, dit le capitaine.
- B...boss ! C'est Bobcat !
- Avada Kédavra, hein ?
- C'est l’fameux tueur en série d'North !
- Parait qu'elle est primée à 50 briques ! lance un autre.
- Elle ? C'est pas un mec ?  
- Un androgyne !
- La ferme ! Allez dégage toi, dit la tueuse en libérant l'otage.
- Ho, ho ! Un bout d'bois hein ? dit le capitaine en constatant que "l'arme" tenait en respect son subordonné était factice.
- Quand je dégaine, je tue.
- Ho, ça s'veut une vraie pro' hein ? Mais qu'est-c'qui motive ton suicide ? Débarquer sur l'pont d'un navire pirate, prendre un otage avec un bout d'bois et l'libérer ensuite ?  
- Un suicide ? Tout de suite les grands mots. Trêve de bavardages, Dieudo, je ne suis pas là pour toi. Je cherche...

Son Observation l'ayant alertée, "Bobcat" se décale d'un petit centimètre juste avant qu'une forme lancéolée ne fuse de sous le pont et ne l'embroche. Ce n'est pas un javelot mais la cible que cherchait la tueuse. Propulsée au dessus de l'androgyne par son faramineux bond, elle retombe aussi vite qu'elle est montée, épée au clair. Avada ne bouge pas, sourit même alors que la lame d'une intense couleur écarlate cingle ostensiblement vers son cou. « Aie, ça fait mal ton truc ! » satirise-t-elle après que l'épée se soit immobilisée à moins d'un cheveu de sa jugulaire. « Tu veux quoi à cette fille ?! » réplique l'assaillante d'une voix aussi acérée que sa claymore. Elle est puissante, autant que les rumeurs le laissaient présager, pense Avada. Des alliés de poids, qu'ils seront tous. « Le Pachyderme Écarlate, c'est pour ça que vous êtes tous là non ? » demande Bobcat en sortant le journal du matin de son manteau. A la une, la série d'explosions à Suna Land et le Pachyderme Écarlate.

- Comment tu sais ça ?!
- C'était moi sous ce costume, c'est ma façon de t'appâter. Selon mes informations, vous zoniez dans le coin alors j'espérais bien que tu viennes pour élucider cette histoire de Pachyderme Écarlate.
- Cette fille ne sait pas ce que ça veut dire, marmonne-t-elle en éloignant son épée du cou de Bobcat. Tout ce qu’elle sait c'est que ça la hante. Le Pachyderme Écarlate, depuis douze ans, celle-ci est obsédée par ces deux mots sans savoir ce que ça signifie, sans que personne sache.  
- On a cherché avec elle, sur les quatre mers, on a enquêté. Nada. Puis c'matin, à notre surprise, l'journal parle d'un héros qui s'fait app'ler l'Pachyderme Écarlate. On a rappliqué à la quatrième vitesse même si on s'est dit que ça pouvait être un piège. On a interrogé tell'ment d'monde que quelqu'un aurait pu nous piéger comme ça. renchérit Dieudo, son capitaine.
- T'étais pas dans le faux. Mais je veux tout sauf votre mal. T'as perdu la mémoire, Wilhelmina ? Ça expliquerait bien des choses.
- Cette fille sait juste qu’elle s’appelle Wilhelmina et que le Pachyderme Écarlate est très important pour elle. Pour son passé. Alors quoi, t'as été engagée par la famille de celle-ci ou un truc du genre ? demande-t-elle.

Dans sa voix, un mélange d'espoir et d'appréhension. Toute velléité de combat s'est évaporée. C’est vraiment la bonne personne, constate Avada. Mina' parle d’elle à la troisième personne, tout comme les Corvéables de Carci. La tueuse à gage s'éloigne du trou créé dans le parquet et s'assied sur le bastingage. Par où commencer ? Le début surement, pour que tout lui soit clair et décanté. Alors elle raconte tout : l'histoire de Loth Reich parti sauver son amie capturée par le clan Burn, un des cinq clans majeurs de Carcinomia. Le nom de l'ile déclenche chez la Baronne Rouge une violente migraine ; comme si à son corps défendant, son esprit essaie de s'en rappeler. Carci', une ile sous-marine où Loth découvrit la banalisation de l'esclavage. Il y rencontra les Corvéables, un clan d'esclaves Longs-bras exclusivement, endoctrinés de génération en génération, élevés et gérés comme des brebis de prairie. Leurs bergers ? Le clan Wave, un autre clan majeur. C'est à Palafitte, chez ces derniers, que Loth trouva son amie Émeline, vendue à Adalbert Blue par le clan Burn et promise à un mariage forcé qui aura lieu dans quatre jours.

Adalbert Blue... L'essence de la perversion. Comme Bobcat s'y attend, Wilhelmina s'effondre, la tête entre ses mains. Elle tremble et sue abondamment. Son capitaine se précipite à son chevet et enjoint la raconteuse de s'arrêter là. Mais Mina' veut en savoir plus, elle est plus que jamais avide, d'autant plus qu'elle ressent le récit dans sa chair à présent, dans les cicatrices de brulures qui constellent son corps. Intuitivement, elle pressent que cet Adalbert y est pour beaucoup dans ses stigmates, ce que confirme Avada. Il est en outre directement responsable de l'amnésie qui empêche la Long-bras de retrouver son passé. Mais avant d'en arriver là, il lui faut parler du Pachyderme Écarlate.

Drapé dans la combinaison qui lui donna son nom, ce héros populaire apparut en 1606 à Carcinomia et entreprit quelque chose d'inédit jusque lors en s'attaquant à un esclavagiste et plus précisément au père d'Adalbert. Pour comprendre la portée de son acte, de son "blasphème", il est primordial d'avoir tutoyé l'esclavage institutionnalisé du clan Wave, où tous les asservis sont convaincus de valoir moins que de la vermine. L'endoctrinement est poussé à une telle extrémité que pour leur enlever toute identité, aucun des esclaves de ce clan n'a droit à un nom propre. Ils se nomment Puce, Morpion, Criquet noire, Ver de vase, Tenia, etc... Des noms pour leur rappeler ce qu'ils sont censés être. De la vermine.

- Bref, ce jour-là, le Pachyderme fit quinze morts dont le Comte Blue. A partir de là, au moins une fois par mois, le héros apparaissait, perpétrait un attentat contre les intérêts des esclavagistes et disparaissait. Pendant neuf ans, il fut inarrêtable, causant une centaine de morts. Puis il disparut de la circulation, un jour de 1615.  
- 1615... ? Mais c'est l'année où...
- Tu t'es retrouvée flottant en mer avec ces vilaines brulures et sans souvenirs... Attends, nooon, c'est elle qu'a été le Pachyderme ? s'enquiert Dieudo, comprenant enfin.  C'est pour ça que c'était aussi important pour elle ?
- Oui, elle a été le Pachyderme depuis qu'elle avait dix ans. Elle a grandi avec, c'était ça, sa véritable identité.
- Comment ils ont démasqué celle-ci ?
- T'étais une esclave en pleine floraison, belle comme pas deux à Carci. C'est là qu'entre en scène Adalbert dont j'ai parlé plutôt. Il voulait te posséder et t'as résisté.  
- Quelle horreur...
- T'avais un amoureux, Adalbert l'a su et dans sa jalousie meurtrière, il a lâché ses chiens de chasse sur ton copain. Il a connu une fin abominable et t'as voulu le venger. De nos jours, Adalbert porte la barbe intégrale pour cacher la balafre que tu lui as faite. Mais il était trop bien protégé et t'as pas pu l'achever. La suite, c'est que t'as été pourchassée jusqu'au port de Palafitte où t'as disparu dans un incendie. Comment tu t'es retrouvée à flotter à la surface, je sais pas.

Dieudo enlace sa seconde sanglotante et toujours tremblante. Les souvenirs ne lui sont pas revenus mais entendre raconter la tragédie qui fut la sienne secouerait n'importe qui à sa place. « Fourmi Jaune, ton copain s'appelait Fourmi Jaune » complète Avada avec le sentiment s'enfoncer le clou. Les cheveux si noirs qu'ils en brillent de Mina cascadent sur son épaule comme un ruisseau dévalant une pente, ses bras à double articulation se perdent dans les plis du kimono de son capitaine qu'elle enserre en pleurant. A la voir aussi fragile, nul ne parierait que c'est elle qu'on surnomme "Carmine Baroness" tellement elle a répandu le sang depuis le début de sa carrière de pirate, douze ans plus tôt. De sa poche, Bobcat sort une photographie qu'elle remet à Mina. Immortalisée dessus, une vieille femme naine, à peine un mètre de haut. Ses cheveux blanchis sont attachés en gros chignon et à ses côtés pose un autre Long-bras, richement habillé, le regard intelligent dissimulé derrière ses lunettes fumées.

- Lui c'est Reich, sa renommée n'est plus à faire. Elle, c'est qui ?
- Mamouchka... marmonne Wilhelmina, une main sur la bouche.
- A Palafitte, tout le monde l'appelle Vieille Nan mais pour toi, c'est Mamouchka.
- C'est la mère de celle-ci. Ma maman... mamouchka... répète-t-elle en boucle.  Elle est avec Reich ?
- Euh... non. Elle est toujours à Carcinomia, toujours esclave.
- C'est intolérable ! Celle-là va la libérer de ce pas ! Carci' c'est sur North Blue, non ? Hey vous autres, hissez les voiles !   
- Wow ! Calmos Mina ! J'ai pas fini mon histoire. Ta mère est avec Émeline, elle est sa servante attitrée qui la prépare pour le mariage. Loth a promis à Émeline de te retrouver et de te ramener à Carcinomia.
- C'est fait. On y va !
- Où est Reich ? s'interroge Dieudo.
- Bonne question. Il se trouve qu'il a été lui-même fait esclave dernièrement. 'fin, depuis ces dix-huit dernières heures.
- QUOI ? Comment ? Par qui ?  
- Le Conclave. Loth a déjà été leur esclave, de 1608 à 1614. A cause de Lavoisier -un de ses pires ennemis- il est maintenant prisonnier de ces anciens geôliers. Ils sont déjà sûrement à Rhétalia.
- Nooon ! Pas ce pays !
- Rhétalia est un genre de Carcinomia puissance 1000. Les techniques d'endoctrinement qui asservissent les esclaves de Carci ont été divulguées par des "dresseurs" venus de Rhétalia. Voici la proposition que je vais te faire Mina. Tu m'aides à secourir Loth et on retourne ensemble libérer Carci du joug des esclavagistes. 'fin, on a besoin du nombre et de la puissance ; l'équipage des Twins Bones regroupe les deux.  
- Capitaine ?  
- Hoho, se lancer dans une guerre ?
- C'est le jour dont cette fille parlait, Capichef. Un jour, quand celle-ci retrouvera trace de son foyer, elle partira.  
- Quand tu zieutes mon équipage, tu vois quoi, Bobcat ?
- Des longs-bras, des longues-Jambes, des hommes-poissons et un géant.
- Des déracinés. On est tous sans repère. On est tous notre famille.
- Tout à fait. Tous ceux qui sont ici n'possèdent rien d'autre que l'compagnon à leurs côtés. Quand on voit Reich, héros d'Boréa, on peut pas s'douter qu'il a vécu ces horreurs. Bah ici, c'est la même chose. On a tous nos merdes du passé, discriminés, chassés, torturés parce qu'on était pas humains. Mais on n'est humain ! Juste différents ! Si on doit s'battre pour cette différence, si on doit s'battre pour une des nôtres, ce s'ra avec plaisir qu'on répandra notre sang ! affirme-t-il.

Son équipage l’appuie avec une clameur qui fait trembler le pont. Mais ils constatent rapidement que le boucan n'y est pour rien, c'est plutôt le boulet de canon qui vient d'exploser près du navire. Un croiseur de la Marine en manœuvre de combat les prend pour cible. C'était à prévoir. Moins d'une heure auparavant, alors qu'elle recherchait désespérément une trace du Pachyderme, Mina' s'était déchainée en ville en interrogeant tout le monde puis finit par saccager le bureau de presse, folle de rage face au manque d'informations. Les Twins Bones Pirates se mettent en branle-bas de combat. Cet petit encas de Marines constitueraient un bon échauffement, si le Transporteur vient à échouer dans sa mission, se dit Bobcat. Mais elle espère que le Gila et Abigail rallieront leurs cibles aussi rapidement qu'elle. « Hey Mina', tu me montres ce que tu sais faire ? Parce que ton attaque de tout à l'heure était plutôt faiblarde. Je ne vais pas m'encombrer de boulets, tu sais ? » lance-t-elle au Pachyderme.

- Avec plaisir.

"Carmine Baroness" Wilhelmina
Prime : 40 000 000 B
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Sam 25 Fév 2017 - 1:00

Portgentil, Bliss

Le palais des Grantz tient plus de la forêt que de la demeure royale. Abigail ignore si c'est en respect de l'arbre qui blasonne leurs armoiries et de leur devise d'être les "racines de cet arbre appelé Gouvernement Mondial" qu'il y a autant de végétaux ici. Et des gros. La demande d'audience fut rapidement traitée lorsqu'ils virent le patronyme "Reich" dessus. Après avoir serpenté dans les dédales boisés de la demeure médiévale sise sur la plus haute colline de Portgentil, elle est introduite dans la salle du trône, une pièce rectangulaire au plafond si haut qu'un géant y tiendrait volontiers. D'ailleurs, il semblerait qu'elle ait été construite pour et par des géants. Les tableaux qui ornent les murs drapés de tapisseries vertes le prouvent, les Grantz se métissèrent avec des géants. L'actuel souverain se tient à l'autre bout de la salle. Elle avance, ses pas étouffés par le tapis sous ses pieds. Son regard s'attarde sur les murs, à la recherche d'un roi en particulier qu'elle finit par trouver, accroché sur un pilier porteur. Il est là, peint épée à la main, sur le pont d'un navire dont les canons font feu sur une galère: Moshe Grantz alias l'Impulsif.

- Mes respects, votre majesté. Je me nomme Abigail Summers et je suis le médecin personnel de Loth Reich.
- Relevez-vous, vous n'êtes pas un de mes sujets, dit le roi, assis dans son trône d'un blanc laiteux. De l'ivoire... La demande n'était pas explicite. C'est en rapport avec les événements tragique de Boréa ? Selon les derniers échos, Loth serait prisonnier de Lavoisier.  
- Oui, c'est ça. En fait, Lavoisier a été aidé par le Conclave. Il a troqué leur aide contre la promesse de leur ramener Loth. Maintenant, ils sont à Rhétalia. Ou en route vers.

Le nom de Rhétalia fait bondir le roi. De rage. Tout comme Abigail une minute plus tôt, il regarde machinalement le portrait de son ancêtre Moshe qui vécut quelque trois ans cent auparavant. Ce fut lui le roi qui arrêta à coups de canon les razzias esclavagistes de Rhétalia sur South, surtout quand ils portèrent l'audace jusqu'à s'attaquer à Endaur. En l'an 1360 de cet ère débuta ce que l'histoire nomma "la Guerre Impulsive". Sept ans d'affrontement et de blocus de Rhétalia par la flotte Blissoise coalisée à celle de la Marine pour qu'un accord cadre se dessine. Mais Moshe Grantz ne signa jamais ce qu'il considéra jusqu'à sa mort comme une corruption généralisée. En effet, en échange de grandes concessions minières, l'Archigouverneur qui chapeautait South Blue à l'époque conclut la paix entre Rhétalia et le Gouvernement Mondial sur la base de deux principes dits "Fondateurs".

  • Aucune ingérence du GM ne sera tolérée, le mode de vie fondée sur l'esclavage à Rhétalia sera maintenu et respecté.
  • Aucun citoyen du GM ne saurait être enlevé à son pays et maintenu en esclavage à Rhétalia.

Violer ces Principes Fondateurs équivaudrait à une déclaration de guerre à l'une ou l'autre partie.

- Vous avez des preuves que Loth est vraiment à Rhétalia ? En plus, selon la presse, il y aurait Lady Ombeline, une Commandante d’Élite prisonnière avec lui. Bien que célèbre, Loth Reich n'est qu'un citoyen "normal" avec quelques amis bien placés, donc le culot des Rhétaliens du Conclave peut se comprendre. Mais asservir une Commandante d’Élite, ça c'est de la pure folie.    
- J'ai mieux majesté, répond-elle en sortant de son sac une feuille blanche. C'est la vivre card de Loth et comme vous pouvez le voir, elle se consume lentement. Il est torturé, sa vie est en grand danger. Je vous en supplie, tirez-le de ce mauvais pas ! joute-t-elle au bord des larmes.
- Hey, Jay, t'as lu le journal de North Blue ?! Y a le Binocle qui... Oh ! Pardon, je savais pas que tu étais en entretien...
- Mlle Summers, je vous présente ma jeune sœur. Davina.  
- Enchantée, princesse.
- Je vous ai déjà vu avec le binoclard.
- Apparemment, il serait détenu et torturé par une organisation originaire de Rhétalia. Elle demande notre aide. Tu en penses quoi ?   
- Que t'as pas besoin de réfléchir ! Le binocle est un ami du Royaume et père est mort en lui sauvant la vie. En nous sauvant tous durant cette immonde bataille du Havre. Père exécrait l'esclavage. Puis on doit bien ça au Binocle. Qu'est-ce que tu attends ?
- Je suis roi depuis deux mois. Si c'est avéré qu'il est à Rhétalia, c'est une violation des Principes Fondateurs. Si on déclare la guerre à Rhétalia, j'ouvrirai une période d'incertitude et de souffrance à Bliss.   
- Et alors ? T'as peur ? Ou cette perspective t'excite tellement que ton sang boue ? s'enquiert-elle avec un brin de folie dans la voix.  
- Convoque le Comité Taipan ainsi que les commandants de la 19e et 54e Division. Et que la flotte royale soit en branle-bas de combat. Officiellement, des exercices à l'improviste.   
- Ouais, ça va saigner ! rugit la jeune femme aux cheveux blancs nacrés, les deux poings levés vers le ciel.

A croire qu'elle cherchait juste une occasion de se battre.

[...]

Principauté de Raedhan, South Blue

C'est dans un de ces vieux manoirs au style gothique qu'est reçu le Gila par son hôte. La dernière fois que le Reptile était venu là, l'endroit appartenait encore au Comte Malthus de Bézyères. Aujourd'hui, c'est la propriété d'Achille Ykon Karnei, l’invraisemblable parrain de la mafia de South Blue. Un titre un peu trop pompeux pour le Monstre qui signifie juste que le réseau criminel de Karnei demeure le plus étendu et le plus puissant de cette mer. Mais c'est encore très loin de la cohésion pyramidale des Triades d'East Blue, du syndicalisme des Familles de North Blue ou de l'organisation des Cartels de West Blue. Des quatre océans mineurs, South a toujours été la brebis galeuse, incapable de fédérer en une entité, ses multiples organisations et guildes criminelles. Jadis, le Gila lui-même échoua à cette tâche, malgré sa mainmise sur la pègre de Saint-Uréa et les réseaux mafieux de la zone occidentale de South. Il est reçu par le parrain au corps recouvert de bandages. Le Monstre s'assoie face à la Momie, une table basse les sépare.


- Gila, Gila, Gila... Pourquoi un monstre sacré comme toi vient hanter mon manoir ?
- Un monstre, faut bien que ça hante quelque part non ?  
- J'aurais préféré loin de chez moi. Parait que t’apportes que des problèmes à tes hôtes ces derniers temps. Tu sais, l'a juste fallu que tu te pointes à Manshon pour apporter guerre et désolation.
- Autant me nommer Cavalier de l'apocalypse pendant qu'on y est. La Guerre, ça m'irait bien non ?
- Qu'est-ce que tu me veux ? Je tiens pas à me prendre un mini Buster Call sur la gueule.
- Je requiers ton aide. Celle de ta flotte plus précisément. On raconte que t'aurais plus de trente vaisseaux et près de 4000 hommes.    
- Pourquoi faire ?
- J'ai un petit gars qui est prisonnier de Rhétalia en ce moment et j'ai besoin de renforts pour le sortir de ce mauvais pas. En échange, je t'offre la technologie de faux-monnayage de la Triade des Quatre Bambous.  
- Mais encore ?  
- South Blue ne dispose d'aucune expertise en ce domaine et tu as maintes fois tenté de te lancer sur ce marché mais tu t'es cassé la gueule. Selon les entrées que j'ai au CP2, la "pureté" de tes billets ne serait que de 25%. De la camelote en gros comparée à celle de la Triade qui est de 86%. Tu gagnerais énormément à disposer de leur technologie. Là, plus loin dans la baie, j'ai 2000 hommes dont la moitié appartient à la Branche Faux-monnayage de la Triade. Leur chef, Jerry Hargreaves -un de mes anciens élèves au même titre que le prisonnier que je veux délivrer- a été tué il y a quelques heures. Ils m’obéissent tous, t'auras tes experts en papeterie, en encre, en filigrane. Contre un apport de feu.
- Y a une chose que je comprends pas. Si t'as le contrôle sur la Branche Contrefaçon de monnaie, c'est que t'es en bon terme avec les reste des Branches de la Triade non ? Je sais qu'il a les Branches contrefaçon de : médocs, alcool, vêtements de luxe, horlogerie, produits alimentaires, brevets et ingénierie, documents et fausses identités et cetera. La Triade des Quatre Bambous a sacrément plus d'hommes que moi à ce qui se raconte. Et comme si ça suffisait pas, personne n'oublie que ce sont les envoyés de l'Impératrice Pirate Kiyori qui t'ont sauvé à Manshon. Parait que c'est ta nièce. En voilà de la puissance de feu ! Tu t'es peut-être retiré des affaires à South Blue mais tu gardes une influence qui s'étend sur les quatre océans et même jusque dans le Nouveau Monde via ta nièce Yonkou ! Pourquoi tu viens donc mendier à ma porte ?
- Négociation n'est pas mendicité. Le reste des composantes de la Triade des Quatre Bambous est sur East Blue et Shoti Shota est loin sur Grand Line. J'ai besoin d'hommes ici et maintenant, pas dans une semaine. Fantasmer sur mes liens avec une Déesse du Nouveau Monde ne fera pas libérer mon élève. Alors, t'acceptes le deal ou dois-je aller voir tes rivaux ?
- Ou je peux aussi te capturer maintenant, te vendre à un chasseur de prime ripou puis m'occuper de tes hommes en mer ? Je ferai d'une pierre trois coups ? renchérit la Momie en se penchant en avant.
- Tu vas essayer. Et tu vas revenir à ma proposition. Parce que tout le monde a un prix, suffit de le payer, assure le Monstre en expulsant un nuage de fumée de forme serpentine.
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Mar 28 Fév 2017 - 1:10

Valoonia, Réthalia

A n'en pas douter, il a connu des jours meilleurs. Recroquevillé en position fœtale sur le sol dur, Loth grelotte, claque des dents. Simultanément, il a froid et sue à grosses gouttes. Ses pensées sont floues, aussi instables que le vertige qui le secoue quand il essaie de se relever. Sa peau martyrisée lui envoie des signaux de douleurs insupportables. C'est le retour de l'enfer, le même qu'il a embrassé pendant cinq ans, entre les griffes de ces mêmes gens. Et pourtant... Cachés dans un coin sombre de son esprit, derrière un rideau où il s'aventure rarement, deux êtres. Ils sont assis face à face. Celui de droite est grand, le visage dissimulé derrière une forêt de cheveux blonds anarchiques. Un mauvais rictus s'entrevoit sous ses mèches. Son maintien est arrogant, comme si l'univers lui appartient. A gauche, une petite chose toute fripée, habillée de haillons. De ses bras rachitiques, il enserre ses jambes pliées et ramenées contre son torse. Sa peau autrefois blanche est brune de saleté et ambrée par endroit, séquelle d'une jaunisse passée. Ses yeux jadis bleus ont perdu de leur brillance et ne sont désormais que deux petits points enfoncés dans leurs orbites.

Les deux êtres ne semblent pas doués de paroles mais juste d'instinct et d'émotion. Ce qui prédomine chez celui de droite, c'est la quintessence de la rage, la violence dans un état de pureté insoupçonné. Plusieurs fois au cours de l'année écoulée, il a surgi, prenant le contrôle de leur enveloppe charnel. Il a même un nom : Shawn. L'autre est aux antipodes de Shawn, c'est un mélange de peur, de souffrance et de famine. Deux Loth, deux versions à quelques années d'intervalles. Et surtout, une version née de l'autre. La rage engendrée par la souffrance. Si ces deux "lui" se terrent derrière ce voile, dans ce recoin obscure de son esprit, c'est parce qu'il existe un troisième "lui", celui de tous les jours. Le Loth conciliant, calculateur, méthodique, amical mais solitaire. Mais à quoi rime cette intériorisation à ce moment où sa vie ne tient qu'à un fil ? N'est-il qu'en train de délirer ? se demande une infime voix lucide au fond de son âme. S'il retourne derrière ce rideau observer ces deux figures, n'est-ce pas parce qu'il se demande où il en est ? Est-il toujours cette créature rachitique et faiblarde que ces gens ont tant suppliciée ? Ou est-il devenu cet agglomérat de violence qui fantasme sur des massacres et se nourrit d'hécatombe ? Ne sera-t-il toujours qu'une victime ?

Dégage ! Laisse-moi passer. Je les annihilerai tous !

La voix est cinglante, froide. C'est celle de Shawn. Il désire émerger, massacrer tout ce qui bouge et répandre la mort. Malgré la douleur qui le tiraille, le délire induit par sa forte fièvre, Loth a assez de jugeote pour s'opposer aux pulsions de son "moi" de violence. Shawn ne ferait qu'aggraver les choses, Shawn tue. Et un massacre n'est sans doute pas la solution à leur problème immédiat. Toutes ces réflexions ajoutent à son tournis ; en un rot, Loth déverse le maigre contenu de son estomac en sus d'une généreuse quantité de secrétions biliaires par terre. Il est secoué de haut-le-cœur puis s'effondre... dans son vomi. Décidément, il a connu mieux...
Tombant comme un couperet, une voix autre que celle de Shawn le harangue, l'encourage à tenir bon. « T'as pas intérêt à mourir enfoiré ! » disait-elle. « La seule qui doit te faire la peau, c'est moi ! Réveille-toi, saleté de binoclard pleurnichard ! » Une voix pleine d'entrain donc, qui lui donne des coups de pied dans l'omoplate... Une voix bien entreprenante... « Qu'est-ce que... » marmonne Loth en essayant de se redresser, non sans s'infliger une violente migraine, comme un coup de pioche dans le front.

- Dieu que tu es dégoutant mec ! T'approches pas de moi avec ce vomi !
- Ombeline ? susurre-t-il en reconnaissant la voix de la Commandante d’Élite.
- Non, la mère Noëlle très cochonne. Bien sûr que c'est moi, qui d'autre t'a accompagné dans ce merdier ?!
- Vois... le bon côté... des choses... On... aura vécu le pire... ensemble...
- Le pire doit rester à venir. Ils n'ont surement pas fini avec toi.
- Sympa... Ils t'ont pas... torturé hein ?
- Non, je suis pépère. Juste plongée dans une baignoire...

Il faut un certain temps à Loth pour comprendre ses paroles. Malgré ses lunettes, il a du mal à faire le point. A ses côtés, Ombeline est immergée jusqu'au cou dans un bocal en céramique blanc nacré. De l'eau de mer, peut-être. Demandant un effort surhumain à son cerveau macérant dans un jus de douleur, le Moine Hérétique se remémore alors qu'elle est censée être une utilisatrice de fruits du démon. Lui-même est entravé aux poignets et aux chevilles. Du granit marin, apparemment. Mais ils n'en ont pas assez pour ferrer l’Épée du Matin, d'où la solution baignade. Affalé, Loth ne peut apercevoir que sa tête qui dépasse grossièrement de la baignoire. Une vision étrange qui lui donne une éphémère envie de rigoler. « Si tu as le temps de te payer ma poire, cherche une solution pour nous sortir de là ! Quand t'étais dans les pommes, on nous a débarqués du bateau, Lavoisier et l'autre nobliau se sont tirés. Ils nous ont laissés au pardon de monsieur muscle ! »

- Musc..le?
- Le gars qui t'a amoché, pardi !
- Peto, j'suppose qu'elle cause d'moi, grogne une voix.

Riguel

Libère-moi ! Laisse-moi me déchainer !
La rage primaire qui le submerge à la vue cette crinière hirsute bleu-délavé menace de le faire céder. Elle fait aussi mal que la douleur qui le tiraille à cette différence qu'elle provient de ses entrailles, des tréfonds de son âme. Comme si un monstre informe et plein d'écailles essaie de sortir de ses viscères. Ça doit être comme ça, de donner naissance, se dit Loth en position fœtale, secoué de spasmes, luttant contre son Berseker. S'il retient Shawn avec tant d'ardeur, c'est parce qu'il est autodestructeur. Rien n'arrête cette entité, sauf la mort et dans son état, lui céder ce corps reviendrait à signer son propre acte de décès. Soudainement, Loth irradie d'un halo de lumière violet qui accompagne le réveil de Shawn puis l'auréole se dissipe lentement, laissant le Moine Hérétique haletant et vomissant sur le sol. Décidément...

- Peto, c'était quoi ça, Reich ? Cette lumière, cet aura meurtrier, wow ! C'était quoi hein ?! demande le barbu, surexcité. Ooooh, j'sens qu'on va tous bien s'marrer ! Peto peto petoooooooo ! T'as en toi un truc qui veut s'déchainer hein ? Tu vas avoir cet occasion, vous deux allez l'avoir ! Petoooooo !
- Arrête de ricaner bêtement ! Il fait un épisode fiévreux et des délires par moment, faut le soigner, si tu veux le garder en vie !
- Lady Ombeline, "L'épée du Matin", hein ? Peto ? Ta réputation de Marine sanguinaire te précède. T'es l'une des plus belles pièces de collection qu’on n’aura jamais vue à la W.W.E !
- C'est quoi ?
- Peto mais c'est mon bébé ! Mon entreprise, la plus grande corporation d'divertiss'ment de Rhétalia ! Combat de gladiateurs, courses d'chars, corrida... L'sang, c'est mon business ! Dans mon arène, vous deux vous allez combattre d'autres gladiateurs dans un combat à mort ! Petotototoo !
- Tu sais que réduire en esclavage des citoyens du Gouvernement sera considéré comme une déclaration de guerre ?
- Petotototo ! Des menaces, toujours des mots, jamais d'l'action. Tu sais d'puis combien d'temps j'ai dans mes geôles des r'ssortissants d'votre fédération mondiale ? Ils sont légion, boulets aux pieds, glaives à la main, s'battent et crèvent pour moi ! Tu penses que vos notables dont les culs sont graissés par nos mines d'or vont risquer leurs mannes pour deux brindilles ou d'autres va-nu-pieds dans votre genre ?! On dirait que vous avez encore rien compris à la ploutocratie d'votre soit disant Gouvern'ment ! Petopetopeto ! Ne t'fais pas d'illusion Épée du Matin. Vous êtes tous seuls !

Deux rires gutturaux résonnent accompagnés du claquement de semelles sur le carreau. Les pires ennemis du Moine Hérétique viennent se planter devant lui. Le premier, il ne le connaissait pas quelque vingt-quatre heures plus tôt. Il est sorti de son passé, a collaboré avec son pire ennemi du présent. Ensemble, ils ont accouché de cette situation dont ils s’amusent. Le célèbre limier, de nouveau enchainé. Comme des années auparavant, entre les murs du Conclave. Le chef de ceux qui l'ont réduit en esclavage durant son enfance se tient à moins d'un mètre. C’est lui le responsable de la naissance de Shawn. L'entité dans les tréfonds de son âme brûle plus que jamais de l'argent désir d'émerger, de concocter de la bouillie d'esclavagiste avec leurs cadavres. Loth le sait, s'il laisse jaillir Shawn, c'est sa vie qu'il scellera. Alors il accuse encore le coup, ressent de puissants élancements à la poitrine, comme si des milliers de tisons le brulent en même temps. Sn corps est secoué de convulsions, ce qui rend hilares ses ennemis. Ils se gaussent de cette pitoyable vision. Ombeline les invective.

- Je ne crois pas que nous nous soyons présentés Reich. Tu étais trop occupé à être dans les vapes, Riguel trop occupé à t'amocher. Sur mes ordres, naturellement. Ici, on me connait sous le nom de Vespasiano Borgia.

Vespasiano Borgia

Ses yeux sont injectés de sang et son regard fou dénote de la folie qui est la sienne, convaincu de la supériorité des "normaux" sur les "difformes". Les gens comme Loth, long-bras, donc difforme, sont ce qu'il abhorre le plus au monde. L'ile d'Abovhe où il fut prisonnier pendant cinq ans en vit mourir des dizaines. Parfois moins jeune que lui, parfois bien plus vieux. L’âge n'est pas un facteur de pitié chez ces gens-là, la barbarie est la seule voie qu'ils chérissent. « Lavoisier a fait du bon boulot décidément. Quand il m'a demandé audience pour m'exposer son plan pour te capturer, j'avoue, j'étais sceptique. Trois cent millions pour le mettre œuvre. Un bout de pain, si on considère le résultat. Le Reich ! Mon plus célèbre supplicié ! De tous ceux qui ont réchappé à Abovhe grâce à l'action de ce maudit commodore Lin Colt, tu es bien sûr le plus célèbre, le plus... » Loth crache sur ses chaussures trop bien cirées. Le visage du Lord se déforme de colère et il le roue de coup de pied au visage si bien que quand il en finit avec lui, le pauvre est constellé de boursoufflures toutes bleues. Il souffle, le maudit, lui le difforme ayant osé le salir. Cet acte de défi lui est insupportable. Loth tousse, éructe du sang puis sourit rouge. Il lui manque des dents. « Énoch Ravencroft... » qu'il marmonne. Presque machinalement, les poings du noble se contractent de rage. Son supplicié veut lui faire comprendre qu'il se trompe, qu’il n'est pas le plus célèbre de ses souffre-douleurs. Un autre fait les quatre cents coups sur Grand Line. L'as de la Révolution, Énoch Ravencroft, ancien compagnon de cellule du Moine Hérétique.

- On verra bien si tu fais encore le malin dans quelques heures !
- Quoi, y a l'apéro dans quelques heures ? demande Ombeline.
- En effet, y aura l'apéro, l'entrée et vous deux serez le plat de résistance, s’égaie-t-il.
- Franchement, je suis plutôt dessert moi. Salade de fruits, gâteau aux crabes...
- Tu risques de rire jaune Épée du Matin, quand tous les membres du Conclave se rassembleront pour fêter la mise à mort publique de Loth Reich ! Ensuite, tu suivras !
- Ça doit forcément être publique ? Gol D Roger like ?
- Tu veux y passer maintenant hein ? grogne Riguel qui la saisit par les cheveux et maintient sa tête sous l'eau.
- Ha ! Ha ! Non... en public... Kof ! Kof ! Kof !... j'adore ! Kof ! Kof ! Ha ! toussaille et halète-t-elle après plusieurs minutes immergée.
- Prépare les, fait soigner Reich, qu'il puisse tenir debout pour affronter sa mort. Lavoisier, mon cher nouvel ami, suivez-moi par ici. Je serai votre guide, découvrons ensemble les plaisirs exquis de Rhétalia.
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Dim 28 Mai 2017 - 1:45

G4 QG de la Marine, South Blue

- Vous dépassez les bornes, Lieutenante !  

La voix est sèche et tonne comme une canonnade. Brusquement, Thémis bondit de son canapé tant elle a horreur de l'insubordination. En face d'elle, toute aussi furieuse, la lieutenante Darlessa Simons n'en démord pas. Elle fixe sans ciller les intenses yeux jaunes de reptile de son supérieur hiérarchique. Sa poitrine se soulève et s'abaisse au gré de sa respiration haletante. Difficile de dire qui des deux femmes éprouve la plus grande répulsion pour l'autre en ce moment. Deux hommes suivent la scène. Bien qu'aussi énervé que sa collègue, l'Ingénieur de la Brigade Scientifique Aemon Roose n'en est pas encore à insulter ses supérieurs et à traiter leur inaction de lâcheté. De l'autre côté, assis derrière un massif bureau, le principal occupant de la pièce se lève à son tour. Il tente de calmer les deux femmes et fait rassoir Thémis en donnant l'impression désinvolte de mettre fin à une bagarre de cour de récrée. Il en impose, le Sous-amiral Sierra, de ses presque deux mètres de haut. Sa tête ornée de deux cornes de béliers recourbées ajoutent à son air singulier. Il redresse le bandeau qui cache ses yeux et furtivement, Darlessa se rappelle avec douleur que Lady Ombeline apprécie le cornu.

- On va essayer de calmer nos esprits, ça sert à rien que ça parte en vrille, annonce-t-il. Lieutenante, si je t'entends encore qualifier quelqu'un de lâche, même un subordonné, crois-moi, tu recevras pire qu'un blâme, ajoute-t-il sévèrement. Pour moi, y a pas pire insulte à un marine. On sert la Justice et le Peuple, si on est lâche, qui les protégera ?  
- C'est bien les belles paroles, monsieur ! réplique Darlessa en mettant l'emphase sur le dernier mot. Mais permettez-moi de vous rappeler qu'on est là à bavasser alors qu'Ombeline subit les dieux savent quelle torture !
- La Commandante d’Élite Ombeline Santana, rectifie Thémis, les dents serrées.
- Heureusement, elle n'est pas aussi procédurière que vous ! On peut l'appeler "Hey" si on veut !
- C'est exactement ce manque de discernement qui rend votre équipage si problématique ! Vous n'avez rien à faire sur South Blue, retournez sur North ou East où vos commandants passent sous silence vos actions anarchiques ! Ici, c'est moi qui commande toutes les forces d’Élites et je ne tolère ni le désordre, ni l'insolence !  
- Va-t-on sauver Ombeline ou non ? intervient Aemon Roose alors que la lieutenante ouvre la bouche pour lancer une réplique cinglante.
- Bien sûr qu'on va la sauver, répond le cornu. Mais ce que vous demandez, c'est une attaque en règle, pas une mission de sauvetage.
- Comme on vous l'a dit, depuis Boréa, on a pu remontrer l'itinéraire du navire sur lequel elle est prisonnière. On les a perdu à cause d'une tempête donc on s'est scindé. Le Lt-Col a retrouvé la piste, le bateau a accosté dans le port de Valoonia. A Rhétalia. C'est une violation manifeste du deuxième Principe Fondateur qui stipule que…
- Je sais ce qu'il stipule, coupe Sierra avec un brin d'agacement. C'est vous qui ne comprenez pas ce qu'il veut dire. "Aucun citoyen du GM ne saurait être enlevé à son pays et maintenu en esclavage à Rhétalia". Vous mesurez la profondeur de cet énoncé ?
- C'est simple comme bonjour ! Dès qu'un citoyen du Gouvernement est esclavagisé, c'est une déclaration de guerre !
- Que dalle ! C'est à cause de ce manque flagrant de subtilité que vous engendrez autant de dommages collatéraux dans votre sillage ! s'empourpre Thémis qui cherche dans chacune de leurs phrases, une occasion d'indexer le manque d'auto-modération des Bêtes de l'Ombre qu'elle abhorre par-dessus tout. "Aucun citoyen du GM ne saurait être enlevé à son pays et maintenu en esclavage à Rhétalia", ça ne signifie pas que le Gouvernement partira en guerre pour n'importe quel olibrius ! Ça veut dire qu'il faut d'abord prouver que ledit citoyen est détenu contre son gré, forcé à des travaux, sans qu'aucun jugement ou charge ne soit prononcé/retenue contre lui. Ensuite, et plus important, il faut prouver que les autorités suprêmes Rhétalienne sont complices ou font partie intégrante de l'asservissement du citoyen. C'est uniquement quand l'implication des représentants de l'autorité suprême est avérée qu'on peut parler d'un Casus Belli.

En clair, le Gouvernement ne lèvera jamais le petit doigt pour sauver un de ses citoyens enchainé à Rhétalia. C'est ce que comprennent Darlessa et Aemon, submergés par une vague d'indignation qui confine à la nausée. Ils soupçonnaient ce fait, le Colonel Euron Bear les avait prévenus mais l'entendre de la bouche de la commandante de toutes les flottes de l’Élite sur South est un aveu horripilant de la bureaucratie et de la corruption qui cancérise la Fédération Mondiale. "Prouver que les autorités suprêmes Rhétaliennes sont complices ?" Fadaises et foutage de gueule que tout cela, comprennent-ils. Comment diable le prouver ? Aemon Roose se dit que l'existence même de cet alinéa n'est justifiée que par la volonté de ceux qui ont rédigé les Principes Fondateurs de ne jamais arriver à un cas de guerre. A l'instar des agents secrets pris sur le fait dans des pays ennemis, il suffira au gouvernement Rhétalien de dire très pompeusement : "Nous condamnons avec la dernière vigueur cet acte d'esclavagisme qui jette le trouble et l'opprobre sur les saines relations que nous entretenons avec le Gouvernement Mondial. Toute affaire cessante, nous avons procédé à l'arrestation des tenants de cet acte odieux et les mettons à disposition des autorités judiciaires du Gouvernement".
Et s'en sera clos de ce chapitre.

Malgré les preuves de la puante vérité, une partie de Darlessa refuse de se laisser désillusionner. C'est impossible, tente-t-elle de se convaincre, que la Justice qu'elle a servi avec tant d'ardeur puisse laisser en plan quelqu'un qu'elle est censée protéger. Tous les citoyens ne sont pas égaux, ça c'est écrit noir sur blanc. Et si c'est vrai, alors Ombeline n'est pas une citoyenne normale. Commandante d’Élite, bardée de médailles, elle a littéralement sué du sang au service de la Marine. Ils ne peuvent la laisser tomber comme cela, se martèle-t-elle. Alors, elle pose la question et quand la réponse de Sierra tombe, la sniper des Bêtes à l'impression de tomber dans un puits sans fond. « Bien sûr qu'Ombeline n'est pas un lambda. Mais ça n'excuse pas l'impulsion. Si on agit sans réfléchir, on risque de déclencher une guerre totale sur des a priori et je refuse que l'histoire me compare à un Moshe Grant bis et me reconnaisse comme celui qui a enclenché la Deuxième Guerre Impulsive. » a répondu le cornu. Darlessa et Aemon n'ignorent pas que c'est un carriériste absolu mais là... « En plus, selon les derniers rapports que nous a fourni le QG de North Blue, ceux qui ont enlevé Reich et Santana appartiennent au Réseau Ashura de contrebande de Dance Powder. Donc la logique voudrait qu'ils se soient rendus à Rhétalia, sans doute dans l'espoir de les vendre à des esclavagistes, en toute mépris de la loi. »

- C'est un pléonasme mon cher. S'ils respectaient la loi, on les appellerait pas criminels. On a juste affaire à un cas de rapt par une organisation mafieuse. Qu'ils aient décidé d'accoster à Rhétalia ne rend responsable en rien le gouvernement de ce pays et on ne peut pas déclencher une guerre à cause de ça, c'est totalement absurde ! s'agace la commandante Thémis.
- On fait quoi alors ? demande posément Darlessa Simons, au bord de la rupture.
- On envoie une requête d'assistance à Rhétalia. Nos forces ne sont pas censées poser un pied là-bas. On leur explique la situation et on leur demande d’enquêter urgemment car la vie d'une de nos commandantes est en jeu. Vous devez rappeler Euron Bear, qu'il ne commette pas l'imprudence de fouler le sol Rhétalien. Au besoin, les autorités lui feront appel pour assistance. Remettre l'affaire et la suite de l'enquête aux Rhétaliens, c'est tout ce qu'on peut faire.    
- Officiellement. Mais officieusement ? demande-t-elle, ayant l'habitude de deux ordres contraires au cas où ça dégénérerait. Il doit forcément y avoir un ordre en sous-marin, Thémis va forcément autoriser une opération d'infiltration et d'exfiltration avec de gros moyens... se dit-elle dans son déni.  
Alors ?  
- Y a pas de double ordre qui tienne, assène le Cornu comme s'il a lu ses pensées. Rhétalia est une bombe, une puissance alliée qu'il ne faut pas prendre à la légère. On ne peut rien faire pour Ombeline à part nous en remettre aux Rhétaliens. Ils sont efficaces, ils la sortiront de là, j'en suis convaincu. Vous autres, resterez gentiment ici que ça se tasse. Je sais que le Lieutenant-colonel Euron Bear un homme prudent qui tranche avec les têtes brulées que vous êtes dans cet équipage mais je vais le joindre pour lui rappeler la marche à suivre et lui intimer de ne rien faire qui puisse mettre le Gouvernement ou la Marine dans une position douloureuse.

C'est la goutte qui fait déborder le lac, la pression de trop qui fait exploser le volcan. Toute la colère que Darlessa a intériorisée jaillit tel un geyser.
Ils ne vont vraiment rien faire pour elle. Après tout ce qu'elle a donné pour la Marine.
Pour la première fois dans l'histoire des Bêtes de l'Ombre, un de ses membres s'adonne à la violence verbale. Elle crache son fiel, traite ses supérieurs de tous les noms d'oiseaux, les couvres de quolibets. Pendant un temps indéfinissable, elle hurle ainsi à épuiser le dictionnaire des injures les plus salissants pour des hommes de rang.


[...]
Valoonia, Rhétalia

Valoonia est une ville très animée, fourmillant d'activité. Ce n'est pas pour rien que c'est la principale vitrine commerciale du Pays aux milles pyramides. Il y a des gens partout, tellement que le Lieutenant-colonel Euron Bear s'interroge sur la densité au kilomètre carré de cette termitière. A trot régulier, son canasson avance. Il l'a loué à son arrivée au port après son enregistrement auprès des autorités militaires douanières, sous la couverture de Hilal Ibn Farouk, un marchand d'animaux originaire de Mélania, un micro état esclavagiste de West Blue. Les sabots de son destrier ne sont pas les seuls à battre la grande voie pavée qui mène au cœur de la cité portuaire. Des carrosses tirés par des chameaux, de drôles d'oiseaux ressemblant à des autruches versions XXL harnachés pouvant transporter une famille entière et même des éléphants essaiment la voie passante. A Rhétalia, la loi exige que les Hommes Libres se déplacent sur des montures. Fouler le sol de ses pieds est l'apanage des esclaves. Ils ne sont pas bien loin d'ailleurs les asservis, ils composent la majeure partie de la grouillante population, facilement reconnaissables au tatouage qui orne leur visage, signe indicatif de leur caste de métier. Quelques minutes auparavant, avec écœurement, Euron assista au débarquement d'une centaine d'esclaves, ferrés aux poignets et aux chevilles, la taille garnie d'une ceinture explosive. Des hommes, des femmes, des enfants, arrachés à leur chère liberté, venant grossir les rangs des millions d'esclaves qui constituent le socle économique de ce pays.

Ils seront brisés, formatés, lavés de toute velléité de rébellion, après quoi, ils seront aptes soit à servir de nouveaux maitres à Rhétalia, soit exportés vers d'autres nations friandes d'esclaves bien dressés.
C'est ce qui risque d'arriver à Ombeline, s'est-il dit sur le coup, emporté par un sursaut de colère, lui qui pourtant est si taciturne d'habitude. C'est aussi ce qu'il se dit maintenant en regardant Oberyn, son énorme berger polaire de la taille d'un ours aux poils noir-noisettes hirsutes renifler le sol. Il aurait pu le chevaucher mais aurait attiré l'attention plus que de raison. Sa plus grand crainte, que "Les Dresseurs", les services secrets Rhétaliens, découvrent son identité avant qu'il ait pu mener à bien sa mission. Où est Ombeline ? Quelle atrocité ses ravisseurs lui font-ils subir en ce moment ? Quel est leur projet ? La réduire simplement en esclavage ? Ce serait trop simple. La tuer ? Possible. Est-ce possible qu'elle soit déjà morte ? Probablement. La piste olfactive qu'ils suivent depuis des dizaines de minutes n'est pas un gage de vitalité. Pourtant Euron est confiant et son inquiétude, marginale. Ombeline a expérimenté pire, en tant que marine mais surtout bien avant, livrée à la solitude dans son pays natal en perpétuelle guerre civile. Elle fut réduite à manger des cadavres pour survivre, leur raconta-t-elle un jour. Elle vit la personnification de l'Horreur. Elle est blindée et cuirassée, se rassure le Fauve. Son escargophone le ramène à la réalité ; il tire sur la bride de son cheval et s'arrête en bordure de route pour décrocher. Grace au casque audio, sa conversation restera privée.

- Allô, Darlessa ?  
- Non. C'est le sous-amiral Sierra.  
- Oh bonjour monsieur. Ravi de vous entendre. Pourquoi vous avez l'escargophone du lieutenant Simons ?
- Où êtes-vous ?
- A Valoonia.
- Vous.n'avez.pas.débarqué ?! hache l'amiral, indigné.
- Il fallait bien. Je suis la pis...
- MAIS QU'EST-CE QUI TOURNE PAS ROND CHEZ VOUS DANS CET ÉQUIPAGE ?
- Mmmmm... Donc je suppose que vous ne m'appelez pas pour m'informer que vous allez dépêcher une armée ? demande-t-il lentement, avec la sensation d'indexer l'évidence.
- Et puis quoi encore ?! On a informé les autorités Rhétaliennes de la situation, elles s'en occupent ! Toute intervention unilatérale de la Marine pourrait être interprétée comme un acte d'agression ! Je vous ordonne de revenir au QG immédiatement !  
- L'enlèvement d'une commandante d’Élite aussi capée que Lady Ombeline, ça compte pour du détail ?  
- Même si c'est un citoyen de Rhétalia qui l'a enlevé, ça veut pas dire que leurs dirigeants sont impliqués ou cautionnent ! Qu'est-ce que vous comprenez pas à ça ? Je l'ai expliqué à vos subordonnés !  
- Où sont-ils d'ailleurs, monsieur ?
- Ils m'ont fait perdre patience et ont franchi la ligne rouge. Ils sont tous aux arrêts. Ils passeront en cour martiale pour désobéissance aggravée et menaces contre deux supérieurs. Ils ont de la chance que je veuille pas entacher mon CV sinon, je les aurais exécutés sur-le-champ !
- Trop aimable de votre part.
- Votre cas n'est pas encore aussi grave. Faites demi-tour colonel.  
- Donc des Bêtes de l'Ombre, il ne reste que moi en liberté. Moi seul qui puisse sauver Ombeline ? Si c'est la preuve de l'implication des autorités Rhétaliennes que vous voulez, je vais vous l'apporter. Et même à défaut de ça, je ne pourrais jamais laisser ma supérieure à la merci de ces criminels.  
- C'est au Gouvernement et à la Marine que vous devez votre loyauté, pas à Ombeline ! Vos actes seront considérés comme de la haute trahison !
- Alea jacta est. Je préfère encore tout perdre et être vu comme un criminel, plutôt que de me pavaner avec ma cape de colonel en sachant que j'ai abandonné ma commandante. Vous avez choisi de ne pas l'aider, j'ai fait le choix contraire. On est à la croisée des chemins.  
- Colonel ! Je vous somme d....
- Gardez l'escargophone près de vous, c'est un modèle vidéo. Vous aurez bientôt de mes nouvelles.  

Le Fauve raccroche, un nœud au ventre. Ce n'est pas du tout surprise, il a même exactement prédit cette réaction. Il regrette d'avoir vu juste. Ils sont seuls dans cette entreprise désormais. Malgré cette déconvenue, il ébauche un sourire fugitif. Sierra et Thémis se rendront compte trop tard qu'enfermer une Bête en cage n'est pas la meilleure des idées...
Après cette mission, ils seront surement désavoués par la Marine et finiront criminels. Les trois cent membres de l'équipage le savent, tout fut dit avant la séparation. Et à l'unanimité, tous se portèrent volontaires pour sauver Ombeline en mettant leurs vies en jeu. Leur loyauté ne va pas à des politiciens corrompus ou à des supérieurs uniquement désireux de ne pas souiller leur CV mais à ceux et celles qui, sans cure du danger, risqueront tout et tout pour les délivrer s'ils étaient dans la même situation.
Ombeline et toutes les Bêtes de l'Ombre sont de ceux-là.
Avec hargne, il suit son berger sur un petit sentier herbeux quittant la grande voie pavée. Oberyn a flairé quelque chose, il est excité comme une puce. La piste olfactive de L'épée du Matin est plus intense, elle est passée ici. Sur le sol argileux, il y a deux traces parallèles, comme celles que laisseraient les roues d'un carrosse. Le Fauve enfonce ses talons dans les flancs de son coursier qui galope à la suite du berger polaire qui a accéléré, la bave aux lèvres.
Ombeline est proche.


[...]

Dans une autre partie de la Valoonia, une minuscule créature saute d'individus en individus. Pour infiltrer le Pays aux milles pyramides, Dimas Le Transporteur a choisi une autre forme de discrétion aidé du pouvoir du Fruit de la Taille. Il n'est pas plus grand qu'un colibri et se sert des hommes et des animaux pour avancer. De son point de vue, tout est colossal. Dans sa minuscule main, il tient une feuille qui avance par à coup. Pister quelqu'un grâce à une vivre card n'est pas une mince affaire. La feuille vitale n'indique qu'une vague direction que le pisteur doit suivre et régulièrement vérifier. On revient sur ses pas quand on est allé trop loin vers le nord, on regarde si elle indique bien le sud et non le sud-est... Le pire c'est quand la cible elle-même se déplace. Depuis qu'il a débarqué à Valoonia, le livreur de la pègre n'a pas remarqué de changement radical dans la direction indiquée par la feuille. Une bonne nouvelle parce la taille de la card n'a pas cessé de rétrécir, se consumant petit à petit. Elle reflète la vitalité de son maître, ce qui signifie que Loth est au plus mal. Dimas bondit du chapeau sur lequel il est perché et atterrit dans les feuillages d'un saule. La card pointe vers l'est. Ce côté-ci de la ville est majoritairement occupé par une vieille forêt. Une planque idéale pour des esclavagistes. Pour accélérer la cadence, Le Transporteur reprend sa forme humaine puis entame un sprint à grande foulée. Il le sait.
Loth est proche.
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Dim 28 Mai 2017 - 3:25

G4 QG de la Marine, South Blue

- Fumier !  

La colère qui anime le sous-amiral atteint de nouveaux sommets. La commandante d’Élite Thémis n'est pas en reste. Un officier supérieur de la Marine sur les terres de Rhétalia ! S'il se fait attraper, c'est la crise assurée. Comble des circonstances défavorables, il vient juste d'informer les Rhétaliens de la possible séquestration d'une commandante d’Élite sur leur sol. S'ils en viennent à capturer Euron Bear, n'accuseront-ils pas la Marine de double jeu ? A coup sûr, l'incident diplomatique éclatera, les politiques s'en mêleront, tous les notables et Gouverneurs ayant un quelconque intérêt dans cette maudite ile également. Rhétalia est connue pour faire tout un plat de la moindre incartade aux Principes Fondateurs. Ils feront remonter la violation jusqu'au plus haut point possible dans la hiérarchie politique de la Fédération, saisiront la plus haute autorité en ce sens sur les Blues : l'Archigouverneur. A cette pensée, Sierra est pris d'une vague de nausées. Quelle salissure serait-ce sur son parcours de le voir recevoir un blâme de la part d'une si haute personnalité ? Bien qu'appartenant à la branche politique, un Archigouveneur représente le Conseil des Cinq Étoiles sur un air géographique défini, a la charge d'administrer les iles sous drapeau Fédéral, de veiller l'expansion du Gouvernement et au maintien des relations commerciales avec les nations non fédérées.

- Vous paranoïez, trancha la commandante.
- Ah bon ?! Moi je trouve que vous n'avez pas encore idée des retombées possibles de cette bombe ! Vous devriez plus vous en faire, moi on m'accusera juste de ne pas avoir su exercer mon autorité, étant au courant des intentions de cet équipage. Mais ce sont des Élites, sous votre responsabilité, donc ! C'est sur vous que tombera la plus grosse merde !  
- Si merde, il y a. On peut envisager d'autres scénarios. Qu'Euron trouve Lady, la délivre sans se faire attraper. Tout n'est pas obligé d'aller de travers.
- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! fit le sous-amiral cornu dans un rire hystérique. Allons ma chère, mettez-y plus de conviction et je vous promets que j'y croirais ! On a tous lus les états de services de cet équipage. Citez-moi une seule de leur mission qui se soit déroulée sans accrocs ? Même les plus simples, ils trouvent le moyen de les rendre hors de contrôle ! Ils sont sacrément efficaces en fin de compte, oui, je le reconnais volontiers. Mais ce sont des fléaux ! Seul ou en bande ! La seule fois où ils ont été dans cette posture, obligés de libérer un des leurs, c'était l'an passé, dans la principauté de Brénannie quand le même Euron Bear fut capturé par les Révolutionnaires de la cellule Seagul Blood. Résultat ? La capitale totalement ravagée, quatre cent cinquante morts dans les combats qu'ils ont engagés de front avec la Cellule.
- Euron est seul, dit Thémis, peinant à cacher l'anxiété dans sa voix.
- C'est justement ça qui m'inquiète. Il est seul. Il va s'adonner à des actions plus désespérées que ce à quoi ils sont habitués.
- Qu'est-ce qui pourrait arriver de pire ? On aura qu'à....

A ce moment, un sous-officier entre en trombe dans la pièce. Il halète, une main sur un point de côté qui lui fulgure les côtes. Il s'excuse auprès des officiers avant d'annoncer une nouvelle qui fait défaillir Sierra. Même dans ses scénarios les plus pessimistes, il n'aurait pas pu deviner ça. Quant à Thémis, elle est aussi blême qu'un exsangue. Sans attendre la fin du rapport, tous deux se ruent hors du bureau puis dans la rade du QG où ils embarquent sur un petit croiseur taillé pour la vitesse. Même approchant les vingt nœuds, la fusée est trop lente pour le Cornu qui s'impatiente, les mains crispées et croisées, un pied sur la figure de proue. « Plus vite... Plus vite ! » marmonne-t-il en recevant les embruns salés au visage. Une demi-heure plus tard, le navire atteint sa destination. Aucune trace d'une quelconque flotte, se dit Thémis qui scrute la mer à 360°. Selon leurs informations, ils devraient passer par là. A moins qu'ils les aient déjà ratés ? Impossible, pas avec cette vitesse-là. A peine Sierra y a-t-il pensé que son cœur s'emballe. Venant du septentrion, des silhouettes brisent la ligne d'horizon. De stupéfaction, sa bouche forme un "O" tant la scène lui parait surréaliste. Les minutes s'égrainent lentement, la flotte s'approche du croiseur rapide avant de s'immobiliser tout près. Après un échange escargophonique, l'amiral et la commandante rejoignent en canot le navire amiral de la flotte, un énorme galion verdâtre arborant un arbre en figure de proue.

- Roi Gaiden Grantz II ! Que faites-vous ? demande l'amiral sans préambule.
- Non. Vous, que faites-vous ?
- Je vous empêche de commettre un acte de démence qui aurait des conséquences sur le Gouvernement dans son ensemble ! On m'a informé que vous avez levé la flotte royale de Bliss et celle de la 19e Division ! C'est pas dans vos attributions !  
- Relisez le traité d'établissement des deux divisions Blissoises, amiral. Contre la prise en charge intégrale des charges, en homme et en matériels des deux garnisons, le roi de Bliss a le pouvoir de prendre le commandement desdits garnisons.
- Uniquement quand l'intégrité territoriale de Bliss est directement menacée ! rétorque le Cornu.
- Uniquement quand les intérêts de Bliss sont menacés ! rectifie le roi calmement, adossé à un mat.
- Soit. Qu'est-ce qui vous menace en cet instant ? Vous êtes dans les eaux internationales, avec une flotte de quoi... quarante, voir cinquante navires ?  
- Les intérêts de Bliss vont de pairs avec ceux de Loth Reich qui est un citoyen honorifique de mon royaume depuis qu'il nous a débarrassé d'Ashura et du Réseau Prometheus. Quand un seul Blissois est détenu contre son gré quelque part, je pars en guerre.
- Mon seigneur, s'avance Thémis en s'inclinant légèrement, on est au courant de la situation globale, on a reçu une requête de l'équipage de Lady Ombeline dans ce sens.  
- Mais vous ne faites rien ?  
- Mais tout le monde joue à "qui est le plus bouché" aujourd'hui ou quoi ?! On ne peut pas partir en guerre sur des soupçons, c'est de la démence ! Roi Grantz, vous êtes prêt à mettre la stabilité et la prospérité de votre royaume en jeu pour un seul citoyen ?! D'honneur en plus ?
- Regardez cette vivre card Sierra, elle appartient à Reich. Regardez comme elle se consume. Il se meurt. Peut-être votre commandante aussi. Regardez bien la direction dans laquelle elle pointe et dites-moi ce qu'il y a dans ce secteur de South Blue. Rhétalia. Si j'avais les preuves de leur implication directe dans ce rapt, ma réaction aurait été ferme et totale. Mais actuellement, je n'ai pas l'intention d'attaquer le royaume.
- Sérieusement ?! C'est quoi votre plan génial ?  
- Les menacer. Quand j'ai appris que vous leur aviez envoyé un câble diplomatique signalant la possible séquestration d'Ombeline Santana sur leur terre, j'ai fait amender votre missive en y insérant Loth Reich, tout en leur signifiant son statut de citoyen Blissois. Ce que je fais maintenant, c'est leur montrer que je suis prêt à tout pour le retrouver. Et qu'il a intérêt à être sain et sauf. J’immobiliserai ma flotte dans les eaux territoriales Rhétalienne pour qu'ils comprennent bien que c'est pas du bluff.    
- Donc vous avez sérieusement l'intention de... Je ne vous laisserai pas faire ! tonne le Cornu.
- On peut se calmer ?  
- Qu'allez-vous faire donc, sous-amiral ? répondit Jay en avançant vers lui. M'empêcher de protéger mes citoyens ? Si je laisse un seul d'entre eux se faire martyriser, alors ce sera la foire à la banane, on s'en prendra aux Blissois partout où ils sont. Vous voulez m'en empêcher ? Essayez donc.

Sur le pont, la tension est électrique et palpable. A moins d'un centimètre l'un de l'autre, les deux hommes se toisent avec la plus grande révulsion. Le cornu fait plus de deux mètres, idem pour le jeune roi dont le sang est métissé avec celui des premiers géants s'étant établis sur South Blue. Il n'est en rien impressionné par la prestance de l'amiral, les Grantz sont des rois guerriers. Mais plus que tout, ce que teste Jay-jay, c'est la détermination de Sierra. Après une minute à se jauger, il esquisse un sourire de satisfaction. Il ne fera rien. Sierra est trop carriériste, trop effrayé à l'idée de voir figurer sur son joli CV la mention de l'agression du plus puissant souverain de South Blue. Les Grantz ont un tel poids dans l'appareil politique Gouvernemental que s'en serait fini de sa chère carrière. Malgré tout, Jay-jay sent en lui le violent dilemme qui l'anime. S'il ne fait rien pour empêcher la flotte Blissoisse de s'établir dans les eaux Rhétaliennes, il sera accusé de laxisme ayant possiblement engendrée une guerre totale, le Gouvernement étant obligé de soutenir Bliss en cas d’agression. S'il empêche le jeune souverain, Bliss fera tout pour nuire à sa progression hiérarchique. Les deux voies semblent sans issus, tant que le Cornu met en priorité sa carrière. Comme pour le dédouaner et le soulager du poids des responsabilités, Jay-jay déclare :

« Ne soyez pas trop dur avec vous-même, Sierra. Même si c'était le pire démon qu'ait jamais connu le monde, Gol D Roger avait vu juste en disant qu'on peut tuer un homme mais pas ses idées. La décision de réagir fermement face à Rhétalia ne vient pas uniquement de moi mais du conseil de sécurité interne de Bliss que j'ai réuni juste après avoir appris la nouvelle. Je ne suis qu'un homme et même si vous parveniez à me maitriser, vous ne saurez vous débarrasser des centaines d'hommes composant cette flotte qui demeureront fidèles aux Grantz. Vous n'êtes que deux en plus de quelques matelots. Vous voyez l'ironie dans l'histoire ? Vous voulez éviter une deuxième Guerre Impulsive et vous étiez si pressé de me couper la route que vous ne vous êtes pas demandé comment vous y parviendrez sans votre propre flotte. Vous avez agi impulsivement. Comme mon ancêtre Moshe Grant. Moi, je calcule et ai appris quelques tours en côtoyant Reich. Par exemple, en connaissant son adversaire, en mettant le doigt sur ses faiblesses, on peut l'entrainer dans un scénario contrôlé... »
Alors qu'il termine ce monologue extraordinaire pour quelqu'un d'aussi taiseux que lui, le vent se lève brusquement et la moiteur de l'air s'assèche. Sous les yeux horrifiés des deux officiers supérieurs, les navires composants la flotte Blissoise disparaissent. S'évanouissant dans l'air comme s'ils ne sont faits que brume...

- Mon seigneur... Que ?! bégaye Thémis. Il n'y a que dix bateaux !  
- Mirage sur commande ! Fantastique n'est-ce pas ? L'humidité naturellement présente dans cette mer a bien aidé mon escouade spécialement formée au Climat Tact. Je savais que je ne pourrais lever la flotte de Bliss sans que la rumeur vous parvienne et au cas où vous vous seriez interposé avec la flotte du QG, j'ai imaginé ce petit bluff visuel. Dans tous les cas, Sierra, Thémis, vous n'auriez rien pu faire. La flotte royale de Bliss doit déjà être en vue des eaux Rhétaliennes.
- Vous... ! que beugle le sous-amiral, semblant vouloir se jeter sur lui.
- Mon héritière et sœur cadette Davina la commande. Elle fera ce qu'il faut. Sur ce, j'y vais à mon tour, ma diversion est réussie. Aucun bureaucrate, aucun lobby ne m’empêchera de protéger mes concitoyens Sierra, passez le mot. Depuis la signature de ce honteux accord de paix en 1367, Rhétalia se joue et se gausse de nous. Aujourd'hui, ils ont asservis le citoyen de trop. S'ils veulent la guerre, ils auront la guerre !

Après avoir débarqué l'amiral et la commandante hébétés par la tournure des événements, la dizaine de navires battant pavillon Blissois s'éloigne vers l'occident. Comment les choses ont-ils pu dégénérer à ce point ? s'interroge une partie totalement hystérique de l'amiral. Loth Reich et Ombeline Santana. A deux, ils vont déclencher une guerre totale qui risque d'ébranler la paix de South Blue. Et ça, le Cornu n'entend pas rester de marbre et regarder les événements s'empirer. Les Bêtes de l'Ombre, il s'en est occupé, ne restent maintenant plus que les Blissois. Pour arrêter Jay-jay Grantz, voir le contraindre physiquement, il lui faut une décision provenant de très haut. Quelqu’un doit donner cet ordre qui le blanchirait et qui rendrait caduque toute tentative de nuisance des Grantz à sa carrière. Aussi, contacte-t-il fébrilement le bureau de l’Archigouverneur pour lui faire un rapport minutieux de la guerre qui s’annonce. « M’en fiche qu’il joue au golf avec dieu lui-même ! Dérangez-le, c’est grave ce qui se passe ! » hurle-t-il à la secrétaire de l’Excellence avant de raccrocher.  Avec l’amirauté, il a plus de chance et tombe directement sur le vice-amiral Mont-Victoire Eustache "Barbe d'acier", commandant suprême de toutes les forces Marines sur les quatre Blues. Le vieil homme partage la crainte de la guerre totale et se désole que la situation se soit ainsi dégradée en quelques heures seulement.

- C’est avant tout un problème politique, dit-il à l’escargophone de sa voix cassée. J’ai vu grandir Jay-jay, son père était l’un de mes meilleurs amis. Je l’appellerai pour le tempérer mais je sais déjà que les Grantz, tous sans exception, quand ils mordent dans une proie, il est difficile de les en déloger. C’est grâce à cette ténacité qu’ils ont su implanter le Gouvernement Mondial sur South.
- Oui mais… baragouine Sierra, peu concerné par le passé.
- Je te parle de ça pour que tu comprennes l’institution qu’ils représentent sur les Blues ! assène Mont-Victoire. C’est le plus puissant royaume du Gouvernement ici. Plus de la moitié des Archigouverneurs de South depuis la création de ce poste sont issus de cette famille. S’ils rentrent en guerre avec Rhétalia, on sera obligé de s'en mêler, à leur côté.
- C’est pour ça qu’il est impératif d’arrêter le jeu roi, monsieur, minauda le Cornu avec la sensation de tourner en rond ; pourquoi donc le vieux fou ne lui donne pas l’ordre de mettre Gaiden Grantz II au fer ?
- Si tu brutalises Grantz, même au nom du Gouvernement, tu déclencheras une machinerie infernale dont on ne pourra pas sortir. On n’a pas les moyens de se mettre les Grantz à dos ou de les pousser hors du Gouvernement.
- Je n’ai jamais souhaité ça…
- Il faut les connaitre pour savoir à quel point ils sont entêtés et réactifs à outrance. Ça coule dans leurs veines. La Révolution ne manquera pas une seule occasion de s’engouffrer dans cette brèche si jamais une crise majeure venait à naitre entre Marijoa et Portgentil. Bref, tu oublies l’idée de le contraindre physiquement. Je t'interdis de poser un seul ongle sur lui, je préfère encore attaquer Rhétalia à ses côtés.
- A vos ordres, monsieur.
- Par contre, tu peux bluffer. Si Jay a l’intention d’avoir des preuves avant d’entreprendre une action militaire, on peut surfer sur ce temps pour faire bouger les choses. Ordonne à la flotte du G-4 de lever l’ancre vers Rhétalia. Si elle arrive avant le début des hostilités, qu’elle s’interpose entre l’armada Blissoise et les Rhétaliens. L’objectif étant de gagner le plus de temps possible.
- Mais comment on résout la crise ? s’enquit le Cornu.
- Ça c’est une bonne question. Comme dit, c’est politique d’abord, pas militaire. Rhétalia doit savoir qu’elle payera forcément les pots cassés, si une quelconque organisation s’amuse à kidnapper et à asservir une commandante d’Elite sur son sol. Ils doivent tout faire pour que Lady Ombeline soit libérée. Loth Reich aussi, bien sûr. La pression doit venir des politiques, mais malheureusement, Jay-jay nous a pris de court. En soi c’est pas mauvais, on va exercer deux fois plus de pressions, histoire que les Rhétaliens prennent conscience qu'on ne plaisante pas. Donc, laisse l’Archigouverneur régler ça. Thémis et toi, collez juste aux basques de Jay comme deux cataplasmes sur une verrue.
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Mer 31 Mai 2017 - 1:16

Quelque part en mer, South Blue

Le soleil progresse dans sa course vers le zénith. Dans une portion calme de South Blue, se sont agglutinés cinquante navires et un submersible. Les étendards arborent cinq différentes armoiries. Les plus représentés sont ceux blasonnés d'un crane enroulé de bandes blanches sur fond gris : les armes de la Guilde d'Achille Ykon Karnei, le plus puissant mafieux de South Blue. En seconde position, il y a les pavillons aux quatre tiges de bambous formant un parfait carré de la Triade des Quatre Bambous. Le centre du carré est occupé par une pièce de monnaie dorée, symbolisant la Branche Faux Monnayage de la Triade. Ensuite, à part égales, on repère les bannières de Shadow Law zébrés d'éclairs derrière un crane aux lunettes sur fond noir et les pavillons pirates arborant une main squelettique écarlate faisant un doigt d'honneur. A la Marine peut-être, aux esclavagistes de tout bord, sûrement, pour celui qui connait l'histoire de l'équipage des Twins Bones. Solitaire, une nef arbore un drapeau armorié d'une grenouille verte et borgne sur champ cendré, le symbole du plus dangereux marchand d'armes de North Blue. La Grenouille n'est pas ici mais il a mandé son livreur attitré Dimas de les épauler. En ce moment, même, Le Transporteur représente la plus sérieuse chance de survie du Moine Hérétique.

Il est satisfait, le Gila, d'avoir pu rassembler une telle armada en quelques heures seulement. Il tire lentement sur son cigare puis souhaite la bienvenue à ses nouveaux alliés. Sur le pont battu par le vent, les chefs de fil de cette réunion s'apprêtent à décider du plan de bataille. « Achille, eux ce sont les Twins Bones Pirates. Le capitaine, Dieudo primé à 30 millions et sa seconde, Wilhelmina, 40 millions. » dit le Reptile en faisant les présentations. « Lui, elle, enfin peu importe. C'est Avada Kédavra, 50 millions de Berry. » continue-t-il en montrant de l'index le sniper perché sur un bastingage. « Lui, c'est Achille Ykon Karnei, son réseau criminel est le plus étendu de cette mer, ce qui lui a valu une prime : 45 millions. Moi, je suis l'instigateur de cette rencontre. Gila, ça suffira. Merci d'avoir accepté cette invitation. » Silence. Deux corbeaux volent à tire d'aile au-dessus d'eux et croassent. « Héhé, 'spèce de snobinard. Tu fais genre, tu donnes pas ta prime alors qu'elle plafonne à 85 millions ! La fausse modestie, ça prend pas avec moi ! » éructe la Momie avec un semblant de rancœur dans la voix.

- Sommes-nous là pour discuter de comment délivrer Loth Reich ou pour nous mousser sur nos faits d'armes respectifs ? tranche la Baronne Sanglante.
- Héhéhé, directe la p'tite dame. J'aime les femmes qui savent ce qu'elle veulent.
- C'est toi qui nous distrait, connard. Alors la ferme avant que celle-ci ne le fasse !
- Comment t'as menacé mon Boss sucré hein ?! tonne alors une espèce de nain en costume de clown. Dans sa main, une géante sucette en spirale qu'il brandit comme une arme vers Wilhelmina.
Redis-le, que j'te transforme en confiserie !
- Candy Jack, l'kidnappeur de gosses, reconnait le capitaine des Twins. T'es qu'un salopard qui t'frotte à des bambins incapables de s'défendre. Les vingt millions sur ta tête sont surfaits. Pourquoi tu viens pas te frotter à plus couillu ?

Le nain bondit puis s'arme d'une dragée qu'il balance d'une pichenette. Le bonbon file telle une balle et pourtant, Dieudo l'évite aisément en pirouettant sur ses jambes. Avec une vitesse qui surprend le clown,  sa dauphine s'interpose; la beigne qu'elle destine à Candy Jack se noie sous une tourbillon de bandes qui la force à reculer de quelque pas. Sur le corps d'Achille, les bandelettes se meuvent telles des asticots, comme s'ils sont vivants. Pour la première fois, Wilhelmina le regarde de plus près, de très près. Les bandes n'en sont pas finalement, on dirait plutôt des cordes de tissus. « Tu protèges ton capitaine, je protège mon gars » lance la Momie. « Dieudo, t'as pas envie que cette chaleureuse rencontre vire aux rouges hein ? » Les matelots, les équipages de tout un chacun prennent les armes d'un coup et se mettent en joue. Seuls Avada et le Gila demeurent impassibles. Avec sa nonchalance caractéristique, le Reptile expulse des filins de fumées avant de prendre la parole d'une voix trainante mais acérée. « Vous pensez faire quoi là ? Cracher sur la mémoire de mon petit ? Aucun de vous n'est là par bonté de cœur, alors au nom des avantages que vous tireriez en sortant Loth de cette mouise, arrêtez cette pitrerie ! » C'était un ordre, rien de moins. Tous le prennent comme tel et quand ils se retournent vers le Monstre assis, ils perçoivent une aura noir qui l'enveloppe. Derrière le dossier de son fauteuil, une grande silhouette encapuchonnée le protège, faite d'ombre, faux dans une main squelettique. La Mort.

- Rasseyez-vous qu'on discute du plan. Dégagez, si vous n'en êtes pas. Mourrez si vous me faites encore perdre mon temps.

[...]
G4 QG de la Marine, South Blue

- Ça va ? demande avec insistance Aemon Roose.
- J'ai... connu mieux, parvient à articuler le lieutenant Darlessa Simons.
- Ne te relève pas ! s'inquiète le "prêtre" en la soutenant alors qu'elle vacillait dangereusement. Tu dois avoir au moins quatre côtes cassées. Il a été très violent. T'as de la chance qu'il t'ait pas tué.  
- Ouais, quelle chance...
- Le plan c'était de les pousser à nous enfermer mais pas au point qu'ils veuillent nous éliminer. T'as été trop loin.
- Ça va, me gonfle pas toi aussi ! Ça t'as pas énervé de voir ce merdeux de cornu parler d'Ombeline comme si c'était qu'un détritus ?! Plus concerné par sa maudite qu'arrière que par la vie d'une Commandante d’Élite ? Hein ? aboie-t-elle, ce qui lui déclenche d'immenses douleurs au thorax.
- Oui, mais ça aurait servi à quoi s'ils nous avaient éliminés ? Tu contrôles pas tes nerfs, t'as failli nous faire tuer, ce qui aurait réduit à néant les chances de sauver Ombeline. Reconnais que t'as merdé !

Les sermons de l'Ingénieur Général tombent dans les oreilles d'une sourde. Machinalement, Darlessa se détourne et marmonne des malédictions dans sa barbe. Une discrète lumière diffuse éclaire les impressionnantes meurtrissures qui tachent le côté droit de son visage. Là où Sierra l'a cueillie avec un coup de pied. Une main sur son côté droit, chaque respiration est une torture. "Priest" Aemon Roose s'en est mieux sorti, ayant déposé les armes dès que sa comparse fut maitrisée. Ce n'était ni dans les plans d'affronter un sous-amiral, ni de se faire tuer en essayant. Tranquillement, il arpente de long en large sa cellule creusée dans la colline sur laquelle est bâtie le QG. La pierre est glaciale au toucher, mouillée également. Au loin, il entend les échos d'un écoulement régulier d'eau. « Kof ! Kof ! Kof ! Kof ! » tousse quelqu'un. Ça provient de la cellule adjacente. Après la capture de l'Ingénieur et de la Lieutenante, c'est tout l'équipage des Bêtes de l'ombre attendant patiemment sur leurs bâtiments de combat Styx et Achéron qui fut écroué. S'ils s'étaient trop facilement laissés prendre, un soupçon aurait germé dans l'esprit de Sierra et de Thémis alors les têtes les plus brûlées montrèrent de la résistance. Comme l'auraient fait de vraies Bêtes de l'Ombre. La bagarre dura six minutes au maximum à l'issue desquelles, l'équipage d'Ombeline fut noyé sous les centaines de marins qui investirent leurs navires tandis que des cuirassés du QG leur bloquaient toute retraite. On déplora plusieurs blessés et un mort. Une Bête de l'Ombre abattue d'une balle perdue dans le cou.

La mission "il faut sauver la soldate Ombeline Santana" a ainsi décompté son premier martyr. Aemon est décidé à ne pas en laisser un autre donner ainsi sa vie, pas contre ses propres collègues. Ils verseront leur sang, mais à Rhétalia, en luttant pour la libération de leur cheffesse. Il s'agenouille puis récite une prière à la Mère, la divinité qu'il sanctifie. Une déesse qui prône la violence... Après quoi, il tambourine le sol. Un coup de poing de poing sur le granit froid, puis un autre, espacé de trois secondes. Le gong se répercute en écho puis se meurt rapidement. Les geôliers sont loin au dessus d'eux, convaincus que les barreaux forgés dans la même matière métallique indestructible utilisée par la Marine pour contenir Barbe Blanche lui-même cent ans auparavant saurait les retenir. Ils n'ont pas tort, ce métal doit être de la fibre de granit marin, suppose Aemon. Ou du moins, une saloperie s'en approchant. Cette innovation et renforcement technologique des prisons du QG est inhérente à l'assaut du QG par des pirates en 1623. Leurs condisciples ont raison, peu de moyen de sortir de là. Bousiller le granit prendrait du temps, et ferait du boucan. Mais c'est exactement ce qu'ils comptent faire. A quelques amendements prêts. L'entreprise aurait été plus périlleuse sur North Blue leur océan de tutelle. Même là-bas, à cause de la forte mortalité dans leur rang, le QG n'a aucune idée du nombre précis de marins sous la charge d'Ombeline. La paperasse n'étant pas son fort, les rapports n'étant envoyés que par saisons.

D'ailleurs, se rappelle l'Ingénieur en chef avec amusement, dès que leur dernier rapport en date arriva sur la table de Mephis Toffel, commandant des Élites de North, il s'empressa de le titrer : "Pourquoi les Bêtes doivent encore recruter ? Saison 12". Au moins au G-6, ils traitent avec humour même les situations les plus critiques, se dit-il. Marre de South Blue, de son G-4 et de ses officiers. Ces arrivistes ne se doutent pas qu'une Bête manque à l'appel. Et c'est ce qui va assurer la victoire de leur plan. Quand ils découvriront le pot aux roses, il sera déjà trop tard. Un franc sourire fend le visage barbu du Priest. Il imagine l'épouvante de Sierra quand il en sera informé. Ce sera une grosse bouse sur son précieux curriculum. Toujours à intervalle régulier, il continue à frapper le sol. Dans ces oubliettes presque intégralement remplies de Bêtes, le silence s'est fait. Le doux martèlement raisonne comme une ode à leur fuite prochaine. « Patiente, Ombeline, tiens bon ! » se répètent-t-il en chœur. Le silencieux refrain fait son chemin, même au plus profond des entrailles des falaises du G-4. A grand coup de griffes, il progresse avidement. Nouvelle recrue, il à peine à croire que la survie non seulement de sa commandante mais aussi de l'équipage tout entier repose entre ses mains boudinées et griffues. Presque aveugle, les autres sens exacerbés par les pouvoirs de son zoan, il s’aiguille en suivant le gong régulier qui se propage en vibration dans le granit. Il y va aussi de son refrain. « Tiens bon, Capichef, pour toi, on va bientôt se déchainer ! »

[...]
Édénia, Rhétalia

Pour beaucoup, c'est l'homme le plus puissant de Rhétalia. Pour "Juicy Juicy" par contre, c'est juste l'homme qui couine et caquète quand elle l'attache au lit et qu'ils se livrent à certaines pratiques qu'il serait pas bon d'étaler en public. Ce jour-là n'est pas si différent des autres, le lit tremble et grince, les gémissements se font entendre en sus d'autres bruits de claquements secs suggérant l'emploi de fouet. En faction derrière la double porte qui donne sur le patio, les gardes du corps demeurent droits comme des "i", prétendant ne rien entendre des ébats de Sa Sainteté. « Quoi, ils ont pas encore fini ? Ça fait trois heures qu'il la tringle putain ! » éructe un homme si mince qu'on le confondrait avec une une brindille. Les gardes secouent la tête, de lassitude ou d'admiration, impossible à dire. La Brindille fait les cent pas devant eux, les bras croisés derrière le dos. La situation est des plus graves et le plus haut décisionnaire du pays est en train de prendre du bon temps ! Bien qu'il connaisse d'avance la réponse, la Brindille propose aux gorilles d'aller interrompre leur maitre. Le dernier assez zélé et fou à avoir essayé cherche toujours ses testicules. On n'en a que deux et aucun d'entre eux ne désire les perdre, alors ils ignorent le famélique qui continue à tourner en rond, de guerre lasse. Un quart d'heure plus tard, enfin, le Pape émerge des appartements, frais et dispo.

Alexander Pope "Le Pape"

- Quoi encore ?! qu'aboie-t-il, de mauvaise humeur. J'ai senti des ondes négatives qui m'ont empêché de m'éclater comme il le fallait. T'es plus difficile à éviter que la peste, Rupert ! Quoi, quoi, y a quoi ? Le Gouvernement nous attaque ? Le ciel nous tombe sur la tête ? Y a quoi de si urgent que tu peux me laisser besogner quatre heures de mon temps ? Hein ?
- Oui, le Gouvernement nous attaque, votre Sainteté, répond la Brindille prosternée à genou malgré son statut d'Homme-Libre.
- Quoi ?! Comment ça ?
- Soixante vaisseaux de guerre battant pavillon du royaume de Bliss et de la 19e division de la Marine sont entrés dans nos eaux territoriales il y a une heure, à 11h26 exactement. Juste avant, on a reçu une requête du G-4 sollicitant nos forces de police pour retrouver Ombeline Santana, une commandante d’Élite et Loth Reich, le célèbre détective. Ils auraient été kidnappés à Boréa puis emmenés dans nos terres.
- Je vois toujours pas le propos de la menace de Bliss, dit-il, perplexe.
- Ils montrent leurs muscles, sous prétexte que Reich est un citoyen Blissois asservi chez nous.
- Aaaaah, le second Principe Fondateur, baille-t-il en comprenant enfin. Mouais, bon. Vous les avez retrouvés ? Ils sont vraiment ici ?
- Non, d'après le dernier rapport de la police.
- Ils racontent quoi les Blissois du coup ? Vous leur avez pas transmis le papier ?
- Ils ont une vivre-card de Reich qui pointe vers le pays, votre Sainteté. Ils exigent de débarquer et de partir à sa recherche.
- Hors de question.
- C'est la réponse du gouverneur.
- Qui commande la flotte Blissoise ?
- Davina Grantz, la cadette du roi.
- Gaiden Grantz II lui-même n'est pas à la charge ?
- Il serait en route, apparemment.
- Pas d'escarmouche hein ? demande le saint homme d'une voix désinvolte.
- Non pas encore. Les Bâtards leur bloquent la voie. Les deux flottes se font face. Ça peut dégénérer à tout moment !
- Calme-toi, calme-toi, dit-il en tapotant sur la tête de la Brindille comme il l'aurait fait avec son chien. Les Grantz sont des impulsifs, c'est la seule donne inconnue de cette histoire. Ils peuvent à tout moment déclencher l'irréparable. Nous devons rester maitres de nos sentiments où ça va partir en vrille. Les deux olibrius sont au courant de la situation ?
- Plait-il ? qu'il bégaye tout en sachant pertinemment de qui veut parler son Pape. Mais y répondre équivaudrait à traiter à son tour les concernés de ce terme. Beaucoup de gens sont morts pour moins que ça.
- Haut Rougemont De Wittelsbach et Haut Booba Mah, ils sont au courant ?
- Oui, leurs Hauts sont informés. En fait, tout le pays doit avoir entendu la rumeur maintenant. Valoonia est très agitée, la tension est palpable, on craint la guerre ! énonce-t-il d'un ton angoissé. Le commandant des Bâtards attend une consigne des Orys, les Dresseurs également, le Gouverneur de Valoonia aussi... Enfin, tout le pays vous attend. Les gens sont effrayés !  
- Toi le premier. Rien n'a fermé à Valoonia hein ? Très bien la vie doit suivre son cours normal, le commerce aussi. Que personne ne tire une balle ou un boulet sans mon autorisation expresse.
- Même pas en cas de...
- Surtout pas en cas de légitime défense ! aboie-t-il. Les Grantz n'attendent qu'une raison de nous envahir. Je n'entends pas leur prêter le flanc ! T'as mes ordres. Ensuite, je veux parler aux deux olibrius en conférence escargophonique. Où est mon dirigeable ?
- Sur la pelouse, votre sainteté, répond un gorille.
- En route alors, je me rends fissa à Valoonia. Faites le savoir sur les ondes radios, le Pape est à Valoonia. Tout est calme, la situation est sous-contrôle.
- A vos ordres.
- Toi, mets-moi en contact avec Lobotomie, intime-t-il à un garde, avec une voix coléreuse cette-fois ci. Si quelqu'un a commis la folie de capturer une commandante et un limier dont moi-même j'ai entendu parler -et les dieux savent que j'en ai rien à foutre de ces trucs là-, je veux le décapiter personnellement. On n'a pas idée d'être si inconscient !
- A demain donc ? lance la plantureuse beauté dans le chambranle ; sur son front est tatoué un symbole phallique, soulignant son statut d'esclave de lit.
- A demain Juicy.

[...]
"La Fosse", QG de la Révolution, Libertalia, Rhétalia

« Vénérables Gorosei, reines et souverains, amiraux et gouverneurs, mesdames, messieurs, tous à vos grades et honneurs respectifs, bonjour. Le poète Wystan Hugh Auden a écrit un jour : "Le mal n’est jamais spectaculaire. Il a toujours forme humaine, il partage notre lit et mange à notre table."
... La Révolution nous empoisonne depuis des siècles. Depuis la mort de Monkey D. Dragon et la venue de Freeman, nous avons purgé grand nombre de ses partisans, mais le reste demeure d'autant plus insidieux. Ils sont tel l'acide, un mal qui ronge nos royaumes. Digne fille de feu son père si besoin est de le préciser, la princesse Davina Grantz incarne ce don de soi, cette abnégation dont chacun d'entre nous doit être capable face à l'horreur et l'adversité. Elle a combattu à mes côtés, aux côtés de chaque Marine survivant du Havre, au côté de ceux qui malheureusement sont tombés sur le champ d'honneur.
... Je ne saurais terminer ce discours sans rendre hommage aux victimes et en particulier au roi Grantz.
... Il m'a montré qu'on peut toujours faire mieux.
... Je le remercie de sa prévoyance, de la sagesse et de l'expérience qu'il a su m'inculquer durant nos échanges. Puisse la terre leur être légère à tous.  »
Dans la petite pièce, un escargo projette sur le mur le discours filmé de Loth durant les funérailles de Gaiden Grantz I après la bataille du Havre.

- C't'un excellent orateur.
- Un escroc et un arriviste ouais ! réplique une autre voix.
- D'aucuns prétendent qu'il trempe dans des affaires pas claires.
- C'est ça l'soucis. Ils prétendent. Personne n'a rien prouvé. Normal, l'est assez malin pour pas s'faire coincer le salopard, déclare un chauve adossé à un pilier.
- En deux ans, il a atteint l'sommet. Ou presque, il a une popularité de ouf. Tout l'monde sait qu'il a fait quelques années avec le Gila, il l'a dit publiquement d'ailleurs. Mais n'a jamais regretté parce que ça a fait d'lui l'homme qu'il est et tout l'blabla. J'm'étonne que la Marine le flique pas plus que ça, quand on sait c'que deviennent les élèves du Gila.
- Tu parles de Kiyori l'Impératrice Pirate. Sacré morceau. Reich est l'empereur des limiers sur les Blues. Des emmerdeurs et des fouineurs aussi, dit une femme-poisson empotée dans l'ombre.  En tout cas, c'sûr, c't'un ennemi ! Pourquoi on regarde ça, Don Marshello ? ajoute-t-elle à l'attention d'un grand vieillard Longue-jambe couché en chien de fusil dans le lit à baldaquin.
- ... Sois proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis... répond le vieil homme d'une voix trainante et incroyablement lente.
- On a l'choix hein, Don. L'épée du Matin, le Moine Hérétique. C'sont tous des ennemis, vu et connu.
- J'conteste, renchérit un Longue-jambe assis tout près du vieux, sur le bras du canapé. Techniqu'ment, ni Ombeline, ni Reich n'ont déjà agi contre nos intérêts.
- Quoi, tu plaisantes Pineapple ? Ombeline est une tueuse d'Révolutionnaires ! On cause d'la Cellule Seagul Blood que son équipage et elles ont méthodiqu'ment dératisé ? Reich s'est opposé à Baba Giant, à Bliss, tout près d'ici ! réplique la femme.  
- Là tu cites l'Armée Révolutionnaire d'Freeman que Baba Giant a d'ailleurs quitté pour rejoindre une autre dissidence, précise le surnommé Pineapple. On n'est pas des gars de Freeman, l'oublie jamais.
- La Révolution... à notre manière... approuve l’aïeul.
- La Révolution à notre manière ! reprend à l'unisson l'ensemble du groupe.
- Bon, d'accord, d'accord, marmonne la femme. En tout cas, moi j'invit'rai pas ces deux-là à déjeuner. C'est quoi l'plan maint'nant ? On va faire quoi si Bliss attaque ?
- Qu'en dit Watermelon ? s'enquiert le vieux.
- Il m'a contacté à son arrivée à Valoonia, grand père. Il dit que les Orys vont s'réunir mais que l'Pape n'parait pas inquiet.
- Et lui-même ? Inquiet ou pas ?
- Bon... hésite le petit-fils, on va dire qu'il appréhende un peu la guerre. Comme tout l'monde quoi. Ça risque d'réduire à néant tous nos efforts.
- Pas forc'ment ! rétorque la femme-poisson, décidée à donner son point de vue. Moi j'dis qu'il faut en profiter ! Si ça barde, on peut jouer nos cartes, nous débarrasser des Dresseurs et...
- Dis pas d'bêtises ! s'offusque Pineapple en dressant de toute la longueur de ses jambes effilées. Tu penses qu'on est en mesure d'leur faire face ? Aux Dresseurs ? A tous nos frères endoctrinés qui nous tueront sans hésiter ?! L'Gouvern'ment, n'est pas mieux ! La ligne d'vrait être l'statut-quo, c'est la seule façon pour nous d'gagner. Que rien n'change, qu'on continue à agir dans l'ombre !
- Reich et Santana sont réellement là ? demande l'ancêtre.
- On sait pas, grand père. C'est très possible mais où ? Ils sont nombreux les tarés à être assez fous pour entreprendre ça. Watermelon est sûr lui qu'ils sont là et que Bliss ne bluff pas. Il a mis Plantain et Eggplant sur l'coup pour les r'trouver.
- Tant mieux... On attend de voir. Aucune initiative unilatérale... Le problème, ce sont les autres. Les gars de Freeman. Eux, ils n'ont rien à perdre et tout à gagner d'une confrontation qui détruirait tout. Qu'en dit Orgogov ?
- Rien, il suivra nos ordres d'après lui. La Révolution d'Freeman n'lui a donné aucune consigne. Apparemment, répond Pineapple, pas du tout convaincu.
- On a accepté leur coup de main dans certains domaines mais nous seuls décidont. Orgogov doit faire passer le mot à ses petits camarades. Je sais qu'ils en ont envoyé d'autres en couverture ici, sans nous le dire, susurre le vieux. S'ils entreprennent quelque chose sans nous aviser, on rompt toute relation et on les compte parmi nos ennemis. Dites le clairement à Orgogov.
- Ce s'ra fait, grand père.
- Mets trois éléments à ses trousses quand même.
- Déjà fait. Watermelon m'a donné l'même ordre.
- Son escargophone ?
- Sur écoute.
- Parfait. Laisse Watermelon gérer tout ça. Réveillez-moi uniquement si ça empire.

En quittant La Fosse pour retourner à leurs occupations d'esclaves modèles, les ressentis sont partagés. Il y a ceux qui, à l'instar de la femme-poisson, estiment qu'il est tant d'agir. Tel des soldats entrainés toute leur vie dans l'expectative de la guerre, ils attendent que s'allume la flammèche qui donnera un but à leurs vies. Ils sont lassés des complots, de la lenteur d'escargot de leur "Révolution". Pourtant, ils ont la mémoire courte. Tous ceux qui ne s'adonnent pas à l'amnésie partielle volontaire savent que ce sont ces petits efforts, au jour le jour, patiemment, qui a fait d'eux ce qu'ils sont. Des hommes libres, déprogrammés de l'emprise de cette maudite religion qui dresse les autres espèces humaines en abomination. Comment croire qu'ils sont des erreurs de la nature ?! Ils l'ont cru à un moment de leur vie. Une Révolution a besoin de temps et si le grand leader Don Marshello pense qu'ils ne sont pas prêts alors, c'est que c'est vrai. En plus, ils ont Watermelon, cet agent placé dans la plus haute strate possible du pays. Quand ce sera le moment opportun, alors ils agiront. La révolution, ils la feront à leur manière.

[...]
Valoonia, Rhétalia

Loin des insurgés, perché sur un éléphant, un certain agent dormant aux affiliations floues n'a pas l'intention de laisser les événements suivre leur cours "naturel". Si tant est que cours naturelle, il y ait. La situation est une aubaine pour les deux organisations qu'elle sert de son mieux. Est-elle du Cipher Pol ou de la Révolution de Freeman ? Est-elle l'agent Lance ou le Plombier ? Les ordres le diront. Pour l'instant, elle est juste "Plume Vagabonde" la plus célèbre journaliste d'investigation des Blues venue à Rhétalia pour enquêter sur le lobby du diamant et les diamants du sang. indifférente au climat qui s'est crispé dans la ville portuaire, elle saisit une plume de paon, la trempe dans une bouteille d'encre et griffonne comme à son habitude.

Citation :
Cher Géomètre,

Il s'en passe des choses, dès que je suis dans le même environnement que Loth Reich, ne trouves-tu pas ? Je me rappelle au bon temps de sa seconde enquête à Boréa, quand je l'ai manipulé et dirigé tout droit vers une génocidaire dont il ne soupçonnait pas l'existence. C'était drôle quand il a su que j'avais fait de lui ma marionnette ! Sans froid aux yeux, il est venu me confondre et m'interroger. C'était il y a un an déjà et le petit détective est devenu un monstre sacré de l'investigation.
Pour être tout à fait franche, jamais je n'aurais cru qu'il aurait progressé si vite ! C'est tout bonnement époustouflant ! Il a résolu des intrigues plus alambiquées les unes que les autres, toujours avec ce flair ! Délicieux !

Malheureusement, il a encore des progrès à faire. Je me flatte en affirmant que je n'aurais jamais laissé ce parvenu de Lavoisier me capturer de la sorte ! Mais je reconnais tout de même que Lavoisier a finement joué son coup. Un bateau en zérométal qu'il a fait passer pour un amphithéâtre...
Joli coup ! Et que dire de Lady Ombeline ? J'ai enquêté deux fois avec elle et ses progrès sont fascinant également ! Moins fine que Loth cela dit, mais diablement efficace à sa façon ! Aujourd'hui, ils sont réunis dans la souffrance.

J'aurais aimé observer tout cela de loin puis écrire une chronique à propos. Mais je ne le puis. Cette crise est un bâton providentiel qui nous est tendu. Ce n'est qu'une question de temps avant que les deux camps ne soient à cran. On sera au bord de l'abime, de la plus grande menace de guerre majeure depuis trois siècles. N'oublions aussi pas le risque très réel aussi que des nations fédérées au Gouvernement Mondial se retournent contre Bliss. Les intérêts en jeu sont colossaux et les lobbys, impitoyables. Le vent est en train de tourner, de souffler dans notre direction. Le sens-tu, agent Géomètre ? Nous l'avons en poupe.

Faisons un peu de Révolution.

 
Cordialement,
Ton cher Plombier.

Dès qu'elle met le point final à sa missive, elle sait exactement quel costume elle revêtira aujourd'hui.
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Jeu 1 Juin 2017 - 2:08

Résidence d'été des Von Vaughn, Médicis, South Blue


Pour la première fois depuis le début de l'année, Son Excellence a troqué son costume officiel contre un polo en cachemire, un pantalon de coton et une casquette. Il se sent étrangement léger dans cet accoutrement, comme si le poids de la responsabilité qui lui incombe s'est envolé avec sa tenue militaire bardée de médailles dont certaines créées de toute pièce pour le récompenser. A sa décharge, jamais en vingt ans de service en tant qu'archigouverneur, il ne fut à l'initiative d'une telle pitrerie. Il abhorre l'auto-récompense et préfère laisser le soin aux autres de flatter son égo. Un vent léger et agréable souffle le green. Les mains serrées sur le manche de son putter, son regard est fixé sur la petite balle et la ligne imaginaire qu'elle suivra jusqu'au trou. Au moment opportun, il frappe et donne un effet à la balle qui décrit un arc de cercle avant de finir dans le trou. Des applaudissements retentissent, il vient de finir le parcours avec six coups sous le par. Le record établi sur ce même terrain par Panther Hoods est de dix-huit coups sous le par. C'était il y a quelques années déjà et depuis, Lars n'a cessé de s'améliorer, avec l'objectif de battre le record homologué du meilleur joueur au monde. S'il s'adonnait à l’auto-flatterie, il dirait que sa marge de progression est impressionnante, sachant qu'il n'y consacre que quelques jours par an. Mais voilà, Lars Von Vaughn est un éternel insatisfait qui ne s’embarrasse jamais d'excuses.

- Oh sapristi ! J'ai encore perdu ! s'exclame de dépit le voïvode de Terre-Vieille.
- Onze coups au-dessus du par ? C'est un euphémisme, commente l'Excellence d'une voix moqueuse. C'est à vous, reine Ekaterina.

La souveraine n'a pas le temps de putter qu'arrive à bride abattue le chef de cabinet du Gouvernorat Général de South Blue. En l'absence de l'archigouverneur (pour jouer au golf entre autre), c'est lui qui gère les affaires courantes. Rare est de le voir aussi tendu et échevelé. Von Vaughn hausse un sourcil d’incompréhension puis autorise son subordonnée à parler en présence des invités. Ordre qu'il regrette immédiatement tant la teneur du message est alarmante. Bliss part en guerre contre Rhétalia. « Quoi ? Il a fumé quoi, Gaiden Grantz putain !!! Qu'est-ce qu'il va nous faire comme coup fourré ?! Merde, j'ai toujours haï ces Grantz et leur amour de la confrontation ! Rhétalia vient juste de faire concession d'une mine de diamant à Terre-Vieille ! » que crache le voïvode, indigné et estomaqué. La reine Ekaterina est quant à elle mortifiée, plus que des liens commerciaux, c’est la survie du royaume d'Ekaterinbourg que détient le Pays aux milles pyramides.  « Lars, il y a cent experts Rhétaliens en gaz et forage actuellement à pied d’œuvre dans mon royaume ! Vous avez personnellement chapeauté la signature de cet accord de transfert de technologie ! Ils sont les seuls au monde à savoir extraire le gaz de schiste sans le faire exploser ! Vous avez de la chance ici sur South Blue, d'avoir du soleil toute l'année ! Le soleil, nous ignorons ce que c'est nous, dans le Nouveau Monde, près du cercle de l’Éternel Hiver ! Pour réchauffer Ekaterinbourg, nous devons apprendre à exploiter ce gaz dont regorge son sous-sol, nos mines de charbon sont épuisées ! Si ce blanc-bec de Grantz contrarie Rhétalia et que leurs scientifiques se retirent, mon peuple mourra de froid !  Lars, c'est votre devoir de l'en empêcher ! » se lamente-t-elle.

Lars Von Vaughn

L’habit fait le moine. Et en ces temps troubles où South Blue est au bord du gouffre, Lars Von Vaughn prend quelques minutes de répit pour s’habiller, comme s’il revêt une cuirasse à l’épreuve de l’immense responsabilité qui est la sienne. Le tourment de la reine Ekaterina est représente à peine le dixième de la partie émergée de l'iceberg que Bliss s'apprête à faire fondre, pense-t-il sombrement. Un sourire fugace étire ses lèvres. Aux Rhétaliens, il reconnait une fantastique habileté de parasitage. En trois cent ans, ils ont su développer et tisser de précieuses relations inextricables avec différentes composantes du Gouvernement. En se rendant utiles, indispensables même dans certains secteurs, ils se sont assurés d’être intouchables. Du moins, pour quiconque raisonne de manière sensée. Ce qui n'est pas le cas des Grantz de Bliss. Déclarer la guerre pour un seul citoyen ? Voir éventuellement deux ? Risible, considère gravement l’archigouverneur. La politique du Gouvernement a toujours été de sacrifier un pour en sauver un million.

Moins de cinq minutes après qu'il fût informé de la situation -et eût congédié ses hôtes scandalisés tenant à défendre leurs bouts de pains- les escargophones se mettent à sonner en désordre. Tout le monde veut parler au décideur, plaider sa cause, invectiver la folie de Bliss et proférer des menaces à peine voilée. La bureaucratie de la fédération mondiale dans toute sa splendeur. « Votre Éminence, ça dégénère ! La principauté de Taorminavie menace de soutenir Rhétalia en cas de guerre ! » s'alarme un des conseillers. Taorminavie n'est qu'un rocher qui n'a même pas de galère de combat mais la perspective qu'une nation du Gouvernement prenne fait et cause pour Rhétalia contre Bliss est une alerte qui va bien au-delà des scénarios les plus pessimistes. Il faut à tout prix éviter la division au grand jour. La Révolution n'attend surement que ça, tapie dans l'ombre. Elle a déjà essayé par le passé de renverser Rhétalia. Ce que craint l’Éminence, c'est qu'elle instrumentalise la situation, alimente les rancœurs et active le feu. Froidement, l'archigouverneur donne ses instructions.

- Vance, contactez immédiatement Scorpio. Dites-lui de réactiver la Cellule dormante du CP5 en Taorminavie. La santé du prince Achille Taor va beaucoup mieux depuis un an. Je n'aime pas ça. Qu'il fasse une rechute qui l'empêche de se soucier du problème Rhétalien. Du boulot propre, je veux. Quant à vous Léon, contactez le Conseil Orys, je dois converser en priorité à Rhétalia. Priorité absolue, Escargophone Rouge. Ensuite, vous me passerez ce gamin de Gaiden Grantz.

[...]
Rhétalia

- Je suis en route pour Valoonia, annonce le Pape en ajustant la calotte sur sa tonture tandis que son dirigeable survole un profond canyon.  
- J'y suis déjà, déclare sur l'écran de droite un géant à la peau noire.
- Tant mieux. Prenez le contrôle Mah, que le gouverneur ne cède à aucune panique. Je le sais émotif. Et vous, Rougemont ?
- Je suis où j'ai envie d'être, répond-elle sèchement sur l'écran de gauche. Seule sa voix est audible, la chaise en face de l'escargophone vidéo est vide.
- Sérieux ? Vous allez faire des siennes même dans une crise comme celle-ci ? cingle Pope qui sent la moutarde lui monter au nez. Une veine bat furieusement sur sa tempe.
Depuis deux ans, vous -tous les deux- ne cessez de ralentir ce Conseil, le plus inutile de l'histoire du pays ! Les citoyens vous ont certainement pas élus pour paralyser leurs vies !
- S'ils voulaient des avancées, ils n'avaient pas qu'à choisir un Ferré.
- Que sa Haute 'ou'emont me pa'donne mais je suis ancien fe''é, lib'e depuis dix ans, corrige Booba Mah, avec cette humilité que les esclaves affranchis desservent toujours aux Hommes-libres et en particulier aux familles fondatrices du pays ; son affectation particulière de l'élocution qui ne lui fait prononcer les "r".
Deux Hommes-lib'es su' t'ois ont voté pou' moi ! ajoute-t-il du même ton en sus d'un brin de sournoiserie.
- Ça suffit ! Vous m'ennuyez tous les deux ! hurle le Pape avant que la femme ne réplique.
Je me fiche que vous freiniez vos propositions de loi respectives, que vous rendiez les Orys aussi inutiles que l'Assemblée des Nations du Gouvernement Mondial. Mais je vous laisserez pas menacer Rhétalia en affichant publiquement votre désunion dans un moment comme celui-ci ! Le Oups Act, vous connaissez ?

Booba Mah s'agite nerveusement sur son siège. Rougemont hors cadre renifle bruyamment d'agacement ou de dépit. La question du religieux est pure rhétorique, tous les citoyens de cette nation connaissent cet acte majeur qui donne le pouvoir au chef de l'église d'origine -seul membre à vie et non élu du Conseil- de destituer les deux autres et de convoquer des élections anticipées. Prévu à l'origine pour sanctionner des actes de haute trahison ou de corruption, l'acte fut utilisé plusieurs fois dans l'histoire de Rhétalia selon les humeurs du Pape au pouvoir. Il prit le surnom de "Oups" Act parce qu'un jour de l'an 1422, le Pape Franciscus IV "Ivre-idiot" acta la dissolution du Conseil parce qu'il avait trop bu. Tout ce qu'il trouva à dire le lendemain fut "Oups". C'est cet arrêté qui institut réellement du Pape en tant que dirigeant du Conseil Orys. Alexander Pope reprend : « J'attends de vous l'Union Sacrée. De façade, je m'en fous, mais union tout de même. Dès que j'atterris à l'astroport, on va se retrouver pour afficher notre solidité face à l'adversité. Avec presse, photographes, tout le tintouin. Le peuple doit être rassuré, l'ennemi informé. »

- Désolé, Vot'e Sainteté, comme vous voud'ez.
- De quelle épreuve parlez-vous donc ? éructe Rougemont, faisant mine de n'avoir rien entendu des menaces non voilées. En face, il y a juste un roi inexpérimenté qui gesticule dans nos eaux.
- Dans ce cas, il gesticule avec soixante navires armés jusqu'aux dents, répond Pope. Le peuple est inquiet, ça peut dégénérer.
- Il bluffe ! continue-t-elle. Pour moi, il n'y a pas de crise.
- Je l'ai pensé, admet le saint homme avec un hochement de tête. J'ai aussi envisagé que l'action unilatérale de Grantz II soit punie par les autres. Il est même possible qu'on ait pas à s'emmêler, que les autres nations fédérées se chargent de Bliss à notre place. Mais on peut pas juste compter sur ça, il nous faut un plan B, voir C.
- Si je puis me pe'mett'e, intervient Mah, les "aut'es" dont vous pa'lez ne sont pas là. Les G'antz ont le sang chaud et n'ont cu'e de l'avis des aut'es. Imaginons qu'ils ti'ent les p'emie's ? Ce n'est ce'tainement pas la bu'eauc'atie qui les en empêche'a ! Il faut tempé'e' la situation de not'e côté.  
- Que proposez-vous ? demande le Pape.
- De 'épond'e favo'ablement à leu' 'equête.
- Hors de question.
- Par Origine Booba Mah, mais vous crevez le plafond de la bêtise ! Autoriser le GM à fouler nos terres ? Nos saintes terres ! crache Rougemont, d'une voix hystérique et aiguë.
- Leu' demande est simple pou'tant : piste' g'âce à une viv'e ca'd. Auto'isons un ou deux 'ep'ésentants à déba'que'. Not'e police les suiv'a, bien entendu. Ça nous pe'mett'a de mont'e' not'e bonne volonté mais aussi de découv'i' nos concitoyens 'esponsables de cette c'ise.
- Si on autorise un débarquement, ce serait perdre la face, comme si l'armada déployé nous effrayait.
- Je vous en conju'e de ne pas p'end'e les choses autant à cœu' votre Sainteté ! Bliss nous accuse ca''ément de p'otége' les kidnappeu's. Il est dans not'e inté'êt de tend'e la main.
- Notre... INTÉRÊT ? QUOI ? vocifère la folle excédée par la faiblesse du géant noiraud ; elle vient se carrer dans son fauteuil, les yeux balançant des éclairs inquiétants ; depuis trois ans, c'est la première fois qu'elle accepte de "voir" le géant, physiquement ou par les ondes.
- Oui not'e inté'êt ! n'en démord-t-il pas. La de'niè'e gue''e a du'é sept ans et nous a autant couté qu'à eux. Pe'sonne ne peut gagne' dès les p'emiè'es heu'es. Ça va s'enlise', du'e' des mois, des années et 'uine' not'e économie. Ensuite seulement, on pense'a à la négociation. Pou'quoi ne pas y pense' maintenant ? On gagne'a du temps, on épa'gne'a des vies, on économise'a beaucoup d'a'gent.
- Vous... n'avez rien compris à la ligne dure contre le GM défendue par les Premiers-Sangs ! Rien du tout, sale enchainé ! Ce qui compte, c'est l'honneur avant tout ! Ne jamais céder ! Même si ça doit couter un million de vies !
- C'est sû' qu'enfe'més à Édénia, au milieu des te''es, dans vos cocons de ve''e, les P'emiers-Sangs font face à tout le dange' ! ironise Booba, toute humilité oubliée.  
- Nous étions prêts à nous suicider pour ne pas connaitre le déshonneur de tomber entre les mains de l'ennemi durant la dernière guerre ! beugle-t-elle en se rapprochant tellement de l'écran que sa glotte est visible en gros plan.
C'est ça, être patriote !
- Incontestablement, le geste était beau. Mais pa'donnez-moi si je p'éfè'e 'este' en vie pou' défend'e 'hétalia. Loth 'eich a dit un jou' : le suicide, c'est pou' les loose's.
- LES LOOSERS ?!
- Assez ! intervient le Pape. Comme d'hab', le consensus est impossible alors je vais prendre une décision au nom du groupe. Je comprends vos inquiétudes Mah, mais Rougemont a raison, on a une ligne idéologique à défendre et c'est plus important que des vies. Oui ! Prenez exemple sur Gaiden Grantz, il se dit que s'il laisse un seul de ses sujets être asservi, des gens y verront sa faiblesse. Qu'il mettra en danger d'autres Blissois. De notre côté, si on le laisse fouler nos terres parce qu'il a rameuté une armada, alors c'est Rhétalia qui perdra la face. Elle ne sera plus synonyme de crainte, de puissante nation indépendante. Donc, c'est toujours hors de question.
- J'approuve ! tonne Rougemont.
- Par contre, on peut couper la poire en deux.
- Quelle poire ?!
- On peut leur demander de nous remettre la vivre card, qu'on procède nous-même au pistage, dit le pontife.
- Vous plaisantez ?! Cette card, elle est surement daubée ! Ce n'est qu'un prétexte fallacieux pour nous envahir ou nous affaiblir !
- Dans tous les cas, on y verra clair, Rougemont. Si des rhétaliens sont effectivement coupables, ils seront châtiés. Si c'est une manipulation du GM, on réagira de manière appropriée.
- Vous cédez à leur jeu ! dit-elle avec un rire hystérique.
- La diplomatie a toujours été un jeu ma chère. Alors on va jouer et plier les règles à notre volonté.

Rupert la Brindille émerge de sous un rideau et salue le Conseil avec une courbette. Il est porteur d'un escargophone rouge, lien direct des Orys avec la plus haute représentation politique du Gouvernement Mondial sur South Blue : le Gouvernorat Général. Alexander Pope souffle, sourit puis regarde sévèrement ses collègues sur l'écran. Comme pour leur dire "gare à la division !". Rupert lui glisse également six feuilles ; ce sont des déclarations officielles marquées du sceau de certaines monarchies et nations de la Blue apportant publiquement leur soutien à Rhétalia. Parfait. Grâce aux fax-escargos, Booba Mah et Rougemont De Wittelsbach prennent simultanément connaissance des documents. Le Pape sourit de plus belle et lève un sourcil plein de sous-entendus au géant. La voilà, la grande Bureaucratie du GM qui se met en place ! Celle qui paralyse même les armées ! Finalement, se dit-il, c'est sa première prédiction qui se réalise. Rhétalia n'aura pas à bouger un doigt, la désunion des unions se chargera d'étouffer Bliss. Et encore, les lobbys ne sont pas entrés en jeu ! Avec une délectation sauvage, le souverain pontife décroche. L'image de Lars Von Vaughn s'affiche sur l'écran.

- Ô Archigouverneur !
- Ô Conseil !
- On devrait s'appeler plus souvent pour parler de golf et pas seulement quand il y a menace de mort d'hommes, dit Pope.
- Je ne peux qu'approuver.
- Les Orys vous écoutent. Pourquoi Bliss menace nos paisibles contrées ?
- Vous savez pourquoi.
- Ni Reich, ni Santana ne sont ici. Mais les recherches continuent.
- La situation prête à confusion.
- Il n'y a aucune confusion qui tienne, reprend Pope. Vous nous menacez sans preuve. Pardon, Bliss nous menace. Vous cautionnez ? ajoute-t-il en mettant l'emphase sur le verbe.
- Là n'est pas la question, répond Von Vaughn distraitement ; intérieurement, le Pape jubile, l'archigouverneur a sans doute essayé par tous les moyens de faire taire les dissensions, sans succès.
- N'éludez pas la question, Vaughn. Elle est cruciale parce que je dois la vérité à mon peuple. Le GM désavoue-t-il ou cautionne-t-il l’agression Blissoise ?
- Bien sûr, le GM est solidaire de Bliss, assène-t-il sans un doute.
- « Victoire ! Continue donc à creuser la désunion des unions ! » hurle intérieurement Pope.
- Le fait est là, une illustre commandante a disparu sans oublier un porte-voix de la Justice. La vivre card ne peut mentir et si Rhétalia continue à s'opposer à une enquête conjointe, c'est qu'elle soutient les ravisseurs. Vous vouliez ma position, vous l'avez. La balle est dans votre camp.
- « Sale rat, t’espères me forcer la main avec cette menace alors qu'il y a des défections en veux-tu en voilà dans ton camp ? » pense Pope.
Une enquête conjointe viole le traité de non présence armée du GM dans le pays, reprend-il plus intelligiblement.
- Nos enquêteurs ne seront pas armés. Ils ne seront pas autorisés à procéder à une quelconque arrestation. Leur rôle sera de pister et d'observer. Quand les coupables seront identifiés, votre police agira. Ils seront juste observateurs.
- « Enfoiré ! »
Nous pourrions récupérer la card et enquêter nous-même. Notre police est compétente et n'a pas besoin de babysitteurs.
- Il ne s'agit pas de babysitter mais de seconder et "de voir de nos propres yeux". Vous comprenez qu'on ait plus confiance en les nôtres qu'en les vôtres.
- Navré, Von Vaughn.
- Soyez compréhensif, je vous en prie ! C'est le seul moyen de désamorcer la crise. Le plus simple, le plus rapide. Pour éviter l'irréparable !
- « L'irréparable, c'est la désunion des unions ! Plus on tardera et plus les voix discordantes fuseront. Beaucoup de nations fédérées ont plus d'intérêts ici que dans le GM. C'est peut-être l'aube d'une nouvelle Union qui nait... La Fédération Rhétalienne... On va continuer de jouer, Von Vaughn, voyons ce qui naitra de cette crise ! »
Si vous ne voulez pas d'une guerre, tempérez les vôtres et laissez-nous enquêter comme nous l'entendons. Nos terres, nos lois. On ne cèdera rien.
- « Fumier ! Vous vous régalez, n'est-ce pas ?! » pense avec agacement l'archi.
Nous sommes dans une impasse, déclare-t-il alors. Je le regrette profondément. Votre manque de flexibilité sera responsable d'une catastrophe.
- C'est une déclaration officielle de guerre ?
- Une mise en garde. Prenez-le comme tel. Le GM est et sera toujours solidaire des actions de Bliss.

Gatchan !

- Houhou ! exulte le souverain pontife quand l'archigourneur eut raccroché.
- A quoi jouez-vous, vot'e Sainteté ? s'alarme Mah.
- Je les pousse à bout. Vous ne comprenez donc pas qu'il est en plein tourment ? J'ai connu Lars Von Vaughn plus sûr de lui. Il est obligé d'apporter son soutien à Bliss, il ne peut pas désavouez le plus ancien royaume fédéré de South Blue. Mais en se faisant, il désavoue forcément les leurs qui nous soutiennent. La désunion du GM renforcera notre position.
- Pa' pitié ! Ces 'oyaumes f'ondeu's nous soutiennent pa' des mots ! Aucun n'enve''a de t'oupes s'il y a gue''e ! Vous jouez à un jeu dange'eux !
- L'avenir nous le dira. Mais pour l'instant, je m'en tiens juste à nos principes ; mais je peux dans le même temps créer de l'agitation dans la fédération mondiale, tant mieux. Rupert, annulez mon précédent ordre d'inaction. Que les Bâtards répliquent de la même intensité si le GM ouvre le feu. Puis, je veux parler à Lobotomie. Si quelqu'un a commis la folie de capturer une commandante et un limier dont moi-même j'ai entendu parler -et les dieux savent que j'en ai rien à foutre de ces trucs là-, je veux le décapiter personnellement. On n'a pas idée d'être si inconscient !  
- Tssssss ! Ces intrigues politiques me fatiguent, dit Rougemont. J'y vais.
- Rendez-vous à l'astroport pour les photos officielles, rappelle Pope.
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Lun 5 Juin 2017 - 16:29

Valoonia, Réthalia

- Sors-moi de cette eau et je t'en montrerai, de l'action ! éructe Ombeline, irritée par les moqueries de Riguel.
- Aaaaah, l'impuissance hein ? Privée de tes moyens, t'as plus que des mots, petotototo ! Mais vas-y, montre-moi ce dont est capable une Commandante d’Élite !  

D'un coup de pied, le barbu explose la baignoire dans un bruit mat. L'eau de mer se répand. Moins d'un battement de cœur après, le pied d'Ombeline se fige à un millimètre de la face ricanant de leur geôlier. Étendu sur une civière à l'autre extrémité de la salle, Loth -toujours menotté de granit- est perfusé et soigné par un médecin. Stupéfait, il écarquille les yeux en voyant sa Némésis dans cette posture. D'après son expression, elle-même ne comprend pas ce qui lui arrive. Sa jambe toujours en l'air, elle semble paralysée dans cette position incongrue, luttant contre la force invisible qui la retient. Le coup de paume du colosse s'écrase sur le plexus de la Commandante qu'il envoie bouler. Elle s'esquinte contre le mur puis finit vautrée en bas. Sans perdre une seconde, elle attaque derechef. Plus un combat est difficile, plus cette folle y prend du plaisir, accueillant chaque cicatrice, chaque mutilation comme une ode, un glorieux sacrifice sur l'autel du combat, sa seule raison de vivre. Depuis leur première rencontre il y a huit ans de cela, Loth a eu le temps de faire son profil. Sauf que cette fois, elle parait s'attaquer à un adversaire bien singulier. Par quatre fois, la puissance mystérieuse qui la pétrifie se joue d'elle et donne au barbu toute l'ouverture nécessaire pour contrattaquer. Il aurait pu se battre avec un sac de frappe que le résultat n'aurait pas été différent, se dit le Moine en regardant Ombeline valser une énième fois.

- Arrête... C'est inutile, baragouine-t-il. Il a un pou...voir.
- Super sens de l'observation ! Je n'avais pas remarqué ! aboie-t-elle en se relevant, du sang dégoulinant de son front. Ton fruit des barrières ou du bouclier à la noix, je vais le péter !  
- Stop ! Tu dois pas me frapper, je suis ton maitre ! ordonne Riguel.

Et elle s'immobilise encore, le poing dardé vers le nez du barbu qui s'en gausse. « Petototototo ! Y a aucun bouclier qui tienne, Épée du Matin ! J'te contrôle, c'est ça mon pouvoir ! Tu sais, dans c'pays, les gens s'donnent tellement mais tellement d'mal pour détruire la personnalité, endoctriner les esclaves que c'en est pathétique ! Animaux, humains, paramecia, zoan, logia, grâce au Peto peto no mi, je possède l'pouvoir d'réduire tout c'beau monde en esclavage grâce à mes précieux colliers ! Ils sont aussi légers que le vent, c'pour ça que tu l'avais pas remarqué mais r'garde à ton cou, Ombeline !  »
Telle une fraise, un anneau de cristal vert ceint la gorge de l’Épée du Matin. Elle y porte la main, lui assène des coups, sans succès. Un ornement semblable orne aussi le cou de Loth. Rageuse, Lady essaie contre vents et marrées d'atteindre le barbu qui se moque de ses efforts désespérés. Il semblerait au grand dam des deux prisonniers que rien ne puisse l'atteindre tant qu'ils auront ces laisses au cou. « Un mot, une pensée, un geste d'ma part et vous obéirez, c'simple ! Contrôle total ! C'est ça mon pouvoir ! Petotototo ! » se rit-il en tournant autour de la malheureuse, statufiée encore une fois. Il ordonne à Ombeline de "caqueter comme un chien", "d'aboyer comme un poulet" ou encore d'enlever ses vêtements. A chaque ordre donné, malgré sa résistance, son corps finit par ployer, sans cure de sa volonté.

« Le meilleur marionnettiste et dresseur au monde, c'moi, Riguel, directeur de la W.W.E ! A partir d'aujourd'hui, vous êtes mes petits chien-chiens domestiques, ret'nez-le bien ! » Ricanant toujours, il arrête Ombeline dans son humiliation alors qu'elle vient de retirer son soutien-gorge. « M'regarde pas avec ces yeux-là, tout l'monde a déjà vu une paire d'nibards ! Allez, assis, j'ai des questions ! » Machinalement, Ombeline s’assoie tel un enfant mis au coin. Les yeux de Lady fixent Riguel, ses dents se crispent de rage. Il émane d'elle une pure aura meurtrière que seul Shawn saurait dégager. Loth les regarde alternativement, puis esquisse un douloureux rictus. Autour de lui, son toubib s'affaire.
« Tu viens d'penser quoi, Reich ? » s'enquiert Riguel. Mécaniquement, sa bouche s'ouvre toute seule et répond : « Je me suis juste dit qu'à ta place, je fuirai à toute jambe si Ombeline venait à me regarder avec cette haine-là. J'ai eu l'occasion de les voir à l’œuvre, son équipage et elle, et tu ne mesures pas la dangerosité des ennemis que tu viens de te faire. » L'esclavagiste pétarade de son "petototototo" pendant que Loth surpris de s'être entendu trahir ses propres pensées se sent tout à coup violé. Étrange sentiment de n'être que passager de sa propre chair, sans aucune rébellion possible. Le pouvoir de ce Fruit est une plaie, pense-t-il.

- Petotototo ! C'vous qui n'savez pas la puissance d'ceux qui vous tiennent ! L'Conclave a des relations au plus sommet du pouvoir ! On est cuirassé, surprotégé ! Puis, grâce à mon pouvoir, j'peux connaitre tous vos p'tits secrets et manigances, déclare-t-il en tirant une chaise vers eux ; il s'assied.
Vous allez tout me dire, tous les plans foireux que vous avez en back-up.  
- Tu peux toujours te brosser ! riposte Lady.
- On va commencer par toi. Ton pouvoir du démon, c'est lequel ?  
- Euh...
- Alors ? Inutile d'résister, dis-moi tout !
- Euh... Je l'ignore ! répond-elle abruptement.
- Vraiment ? Petotototo ! Bon, on va essayer un autre truc. Utilise ton pouvoir du démon alors !

...

- Que dalle ? Ça c'très étonnant ! D'habitude, j'suis capable d'faire utiliser leurs capacités aux autres maudits que j'contrôle. Ton pouvoir m'intrigue, il n'est pas sur'ment pas normal si tu sais pas c'que c'est, que tu l'as pas encore éveillé ou que je peux pas t'le faire éveiller. Depuis combien d'temps t'as mangé c'fruit ?
- Six ans.
- Sans déc' ?!! Putain ! Si ça s'trouve, c'est l'fruit d'l'humain donc, aucun effet sur toi, pettototo ! Ça peut pas être un fruit offensif d'toute façon vu qu'il s'manifeste pas. Causons maintenant d'ton équipage, les Bêtes de l'Ombre. Où sont-ils ?
- Gnnnn... A... gnnnnn.... Boréa !  
- Inutile d'résister ma vieille. Quels moyens ils ont pour t'retrouver si t'es perdue ?
- Gnnnn.... chiens... Euron a des chiens... gnnnnn ! finit-elle par avouer après avoir vainement tenté de serrer des dents et de se mordre la langue.
- Hmmm, c'pas bon ça. Mais les odeurs, ça s'efface, Lady. C'est tout ? Pas d'autres gadgets tordus d'la Marine ?  
- Non.
- Bon à toi, Reich. T'as quoi comme plan ?
- Mes hommes ont ma vivre card, répond-il sur le ton de la conversation, l'élocution plus fluide qu'avant grâce aux soins.
- Mais résiste un peu toi aussi, connard !
- Il a compris que c'était inutile, petoto ! Donc vivre card pour toi. C'est tout, peto ?
- Oui. J'ai donné la card à mes hommes pour des moments comme celui-ci.  

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!

- Milord ?
- Riguel, j'ai eu des nouvelles, directement de Haute Rougemont elle-même. Les Blissois ont une card de Reich et exigent d'avoir accès au territoire, déclare Vespasiano Borgia à l'autre bout du fil.
- J'viens d'questionner Reich, il m'a tout avoué à propos d'la card. Les Orys n'vont quand même pas les laisser débarquer ?
- Apparemment non, mais le Pape ambitionne de récupérer la card pour que les Dresseurs le recherchent. Il veut châtier ceux qui sont responsable de la situation.  
- Fait chier ! Trop faible c'lui là, toujours à chercher la p'tite bête !
- Fais ce qu'il faut puis change immédiatement de planque. Emmène-les directement à l'arène. Notre petite sauterie aura bien lieu et Haute Rougemont nous fera l'honneur de sa présence.
- Super !

Gatchan !

- Il fait chier c'Pape d'mes deux ! Il suce trop la bite du GM ! "Pas touche aux citoyens du GM" par-ci, "Pas touche aux Blissois" par-là ! Il m'gonfle ! J'vais lui mettre un collier un d'ces quatre ! rage Riguel.  
- Haha ! De quelle situation a parlé l'émacié ? demande avec joie Ombeline. Bliss est à vos portes ?
- Ouais, avec une flotte appar'ment, répond-t-il avec indifférence. Ils sont là pour Reich, pas pour toi.
- Ça m'attriste, personne ne se soucie de moi. Snif.
- Je suis content d'avoir accepté la citoyenneté Blissoise, dit Loth.
- Content surtout de cristalliser toutes les attentions ouais ! renchérit Lady. Cela dit, Riguel, t'étais sûr que le GM n'enverrait personne pour aucun de nous ! T'es baisé, hein ? Du coup, tu vas faire quoi maintenant ? Une vivre card, c'est pas une odeur dont tu peux effacer la piste !
- Tu n'as que deux options, ajoute Loth. Soit tu me libères, soit tu me tues.  
- Y a en une troisième les enfants, petoo ! Suffit d'tuer la vivre card ! Petototo !

[...]
Dans les eaux territoriales de Rhétalia

Assise en tailleur sur la proue de "Marijoa" son navire amiral, la princesse Davina Grantz sourit toutes dents à découvert en direction des Réthaliens positionnés à deux miles. Les deux flottes se font face depuis plus de deux heures, se tenant à portée de tir l'une de l'autre. Les navires Blissois sont groupés par flottille de dix, pelotonnés en trois rangées de trois avec un cuirassé de la Marine en tête. En face, les nefs des Bâtards forment un long cordon horizontal, filiforme et droite comme une règle. Une seconde puis une troisième rangée protègent la baie de Valoonia. L'étendard de Rhétalia blasonné d'une harpie flotte haut sur les mats. L'activité portuaire est interrompue et loin sur les quais, les Blissois peuvent apercevoir des badauds de la taille de fourmis se masser sur la côte pour voir de leurs propres yeux l'armada Blissoise. Sûr qu'ils s'interrogent sur leur devenir en cas de guerre. Debout derrière la princesse, Abigail Summers ne cesse de jeter des coups d’œil au morceau de feuille dans sa main tremblante d'anxiété. Depuis une heure, le papier vital ne se consume plus, une bonne nouvelle relative.

Mais, comment sortir Loth de là, surtout quand une telle escadre leur barre le chemin ? En tant que son médecin personnel, elle devrait être à ses côtés, le soigner... Son regard se perd sur la forme indistincte de Rhétalia dont les pyramides si caractéristiques de son architecture se détachent sur l'horizon tels des doigts d'honneur aux étrangers. Abi se souvient de son passé de bactériologiste recherchée, quand elle était surnommée "La Tueuse de Monde". C'était une autre elle, un autre visage, une autre motivation. Malgré tout, elle se promet alors d'éradiquer chaque habitant de ce pays si jamais les choses tournent au vinaigre et que Loth ne s'en sort pas.
Quand elle revient à elle, le navire jumeau du Marijoa, le "Racine" jette l'ancre près de son frère. Une passerelle reliant les ponts des deux galions est déployée et Jay-jay, sérieusement flanqué de Sierra et de Thémis, l'emprunte pour passer sur le Marijoa. « Oh, grand frère. Tu as de nouveaux gardes du corps à ce que je vois ?! » rigole la princesse. Les Marines lui jettent un regard noir.

- Comment ça se passe ? renchérit-elle.
- Oh, des voix discordantes ici et là. Anacréon, Smyrno, Bubastis, Ekaterinbourg, Terre-Vieille et même Dakaara ont pompeusement assuré Rhétalia de leur "soutien contre la honteuse agression Blissoise", répond le jeune souverain avec des manières. Et on me fait savoir que les terribles lobbys de l'or, du diamant et du gaz ne sont même pas encore entrés scènes.
- Ouuuuh ! On tremble de peur tout à coup, satirise Davina.
- Vous devriez, marmonne le sous-amiral.
- Que dit Von Vaughn ? ajoute la princesse comme si personne ne l'avait interrompu.
- Bah il est médiateur, comme toujours. Après avoir discuté avec les Orys, il m'a rapporté que le Pape propose qu'on leur remette la vivre card pour qu'ils nous les ramènent. Vous en pensez quoi les filles ?
- Vous devriez accepter ! dit aussitôt Sierra à cran.
- Pour qu'ils nous la fassent à l'envers ? Pour qu'ils retrouvent Loth et l'envoient sur je ne sais quelle ile pour dire ensuite qu'ils ne l'ont pas trouvé chez eux ? demande Davina.
- Au moins, ils le retrouveront ! C'est quoi votre priorité ? Faire la guerre ou le retrouver vivant ? enchaine le cornu. Vous oubliez trop vite qu'il est aux mains d'ennemis. Au risque de souligner l'évidence, votre arrivée en grand pompe a peu de chance de passer inaperçue ! Imaginez, juste, imaginez une seule seconde -comme je le prône depuis de le début de cette folie- que les Orys ne soient pas complices. Vous pensez qu'ils vont faire quoi les ravisseurs de votre héros long-bras ?
- A leur place, je m'en débarrasserai vite fait, répond la commandante Thémis. En plus, ces gens risquent d'avoir leurs propres autorités sur le dos. On a tout à gagner en leur donnant la vivre card. En plus vous en avez deux ! dit-elle montrant tour à tour celle que possède Grantz et Abigail.
- Mon seigneur, je pense qu'on devrait faire ça, déclare la doctoresse.
- Ah ouf ! Enfin quelqu'un de sensé ! clame Sierra ; intérieurement, il veut juste gagner plus de temps pour que la flotte du QG arrive sur zone et lui donne les arguments nécessaires pour enfin s'opposer à ces Blissois complètement cinglés. Malheureusement, il a toujours interdiction de porter un doigt sur eux...
- Vous êtes sûrs, Summers ?
- Oui votre majesté. Même s'ils le trouvent et l'exfiltrent de l'ile pour se dédouaner, au moins Loth sera vivant. Puis, s'il se déplace, on le saura immédiatement de toute façon.
- Bien. Contactons l'archigouverneur.
- Grand frère, regarde leur troisième ligne !

Sous le regard curieux de leurs ennemis, la dernière rangée des croiseurs de Rhétalia déploie ses voiles puis fait cap vers l'est à la queue-leu-leu. Pensant d'abord à une tactique d'encerclement, Jay-jay voit la trentaine de navires s'éloigner jusqu'à disparaitre en suivant la courbure de la côte. Avant que quiconque n'ait pu s'interroger à haute voix sur l'objectif de la manœuvre, l'escargophone de Sierra se met à brailler. La nouvelle qu'un sergent terrorisé lui débite rend le sous-amiral exsangue et blanc. Abigail n'a jamais vu de vampire de sa vie mais se dit sur le coup que si ces créatures légendaires existent vraiment, elles devraient ressembler à Sierra en ce moment. « Q...QUOI ? COMMENT ÇA LES BÊTES DE L'OMBRE ONT VOLÉ MA FLOTTE ?! COMMENT ON PEUT VOLER UNE FLOTTE ?! » vocifère-t-il, les mains crispées sur le combiné. Tout le monde est tout ouïe, Rhétalia, Loth et Ombeline oubliés durant un court instant. Fascinés pour certains (Blissois), épouvantés pour d'autres (Marines), tous entendent l'histoire de l'équipage de Lady Ombeline qui s'échappa des catacombes du QG où il était emprisonné. Fuite rendue possible -ils ne l'ont découvert que plus tard- grâce à un réseau de tunnels surement creusés par un utilisateur de Fruit. Ledit réseau, rapporte le marine, avait des débouchées un peu partout dans la base, ce qui permit aux Bêtes d'émerger en différents lieux stratégiques comme la ville, l'armurerie et la baie. Elles firent diversion en allumant des incendies à plusieurs points de la ville tout en faisant courir la rumeur de pirates venus en submersibles.

La plupart des Marine fut attiré sur l'autre versent de la côté, à aider pour éteindre les incendies ou pour chasser des pirates fantômes. Simultanément, raconte le sergent, les Bêtes lancèrent sur le port un assaut amphibie grâce à leur escouade d'hommes-poissons. La sécurité y était faible et avant qu'une réaction approprié ne fût coordonnée, les principaux cuirassés et croiseurs qui y mouillaient furent investis et désancrés. Pour éviter toute poursuite, ils enflammèrent la mer. « QUOI ?! » beugle Sierra au bord de l'apoplexie. Le pauvre sergent balbutie alors qu'un produit hautement inflammable de consistance  huileuse fut répandue en mer, autour du QG par les Bêtes qui y mirent le feu après leur départ. De la graisse animale, voire même humaine... Avec une petite voix, le sous-officier précise qu'actuellement, le G-4 est donc prisonnier d'une ceinture de feu et que l'équipage d'Ombeline est reparti avec une quarantaine de navires, tous les cuirassés disponibles inclus. Jay-jay hurle à gorge déployée, Davina se roule carrément sur le parquet en tapotant des poings. Les larmes aux yeux, le roi commente ce qui leur parait désormais évident à tous : c'est une opération minutieusement préméditée et préparée. « Loth m'a loué l'esprit tactique et le flair d'Ombeline Santana mais il a oublié de me dire qu'elle et les siens avaient autant de style ! Franchement, j'adore ! »
 
- Vous... Vous êtes avec eux, fils de pute ! hurle Sierra en se jetant au col du roi. Si j'étais resté au QG... C'est à cause de vous que je suis parti !
- Attention à ce que vous faites, mon vieux, répond paisiblement Jay, nullement impressionné. C'est la deuxième fois de la journée que vous vous faites avoir, ça ne doit pas déjà pas être très reluisant sur un CV. N'ajoutez pas l’agression d'un roi par-dessus.
- Vous êtes de connivence avec eux, connard condescendant ! Vous n'êtes plus qu'un traitre allié à des marines félons ! Vous ne méritez aucune pitié !
- Prouvez-le. Nooon Davina ! Non, général Hott ! Ne faites rien ! intime-t-il aux siens. Il serait trop heureux si on attaquait les premiers. Laissons-le faire ce dont il envie. Rouez-moi donc de coups Sierra, défoulez-vous.  
- Sous-amiral, s'il vous plait ! intervient Thémis en s'interposant pour séparer les deux hommes. Réfléchissez, l'Excellence a apporté son soutien inconditionnel et celui du GM à Bliss. Ce serait une trahison de...
- C'est lui le traitre ! réplique-t-il, fou de rage, refusant de lâcher Grantz.
- On n'a d'autres problèmes plus urgents ! C'est peut-être les Bêtes de l'Ombre que les Rhétaliens sont partis intercepter de l'autre côté ! dit Thémis qui hausse à son tour le ton puis parvient à faire reculer le cornu. Comme on n'a pas rendu publique leur précédente arrestation, il faut immédiatement les désavouer pour que Rhétalia ne prenne pas leur attaque unilatérale pour une action de la Marine !

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!

- Qu'est-ce qui se passe avec les Bêtes de l'Ombre ? demande d'emblée l'archigouverneur.
- Ah vous êtes au courant, dit Jay-jay.
- Le vice-amiral Mont-Victoire Eustache "Barbe d'acier" vient de me communiquer la nouvelle depuis West Blue. Alors, sous-amiral Sierra ? Quelle est cette folie ?!
- J'avais fait enfermer l'équipage mais ils se sont échappés. Avec la flotte du QG, répond-il, contrit.
- Il faut les déclarer criminels et traitres à la Marine avant qu'ils ne déclenchent une guerre en notre nom ! insiste Thémis.
- Sans blague ! ironise Von Vaughn qui montre pour la première fois des signes d'irritation.  
- Sinon, nous on est prêt à leur filer une des card, glisse Jay.
- En tout cas, c'est étrange, relève Davina, que ceux d'en face n'aient esquissé aucun geste belliqueux contre nous. Si c'est vraiment les Bêtes de l'Ombre que le tiers de leur armada est partie intercepter, ils ne devraient pas déjà nous pilonner ? Et puis, il y a quoi à l'est à part des pourtours côtiers montagneux ?

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!

Les escargophones de Thémis et de Sierra sonnent à l'unisson et interrompent la conversation. Forcément, ça augure de mauvaises nouvelles et tous se demandent ce qui peut être pire qu'une flotte dérobée. Les rapports faits aux officiers proviennent de différentes sources mais comportent le même message. Une flotte -encore une !- aurait été aperçue à l'est des côtes Rhétaliennes. Le lieutenant d’Élite qui rapporte l'information à Thémis répond à l'interrogation posée par la princesse Grantz. A trente kilomètres environ de Valoonia se trouve la Baie aux Chagrins où a été construite la plus grande rade des Blues. Un port gargantuesque, démesuré, capable selon les dires d'abriter tout les ports des nations fédérées de South Blue. Construite pour abriter la totalité des milliers de navires de l'Empire Rhodésien -les plus puissants alliés de Rhétalia- la rade est vide la plupart du temps. En entendant le nom de Rhodésie, Lars Von Vaughn hoquète d'horreur. Il n'oublie pas que seule l'intervention de cette puissante nation nomade du Nouveau Monde a permis à Rhétalia de ne pas succomber aux forces du GM durant la Guerre Impulsive de Moshe Grant. Les rapporteurs démentent cependant, il ne s'agit pas de bâtiments Rhodésien mais d'un Un meltingpot de navires battant différents pavillons : les pirates de Shadow Law et des Twins Bones, les mafieux d'Achille Ykon Karnei, la Triade des Quatre Bambous et les marchands d'armes de la Grenouille. Selon les espions, ils transporteraient des milliers d'hommes.

- C'est une invasion en règle ! Ils profitent de la situation pour faire du pillage ? s'interroge le roi.
- Les mines d'or et de diamant du pays attirent ça c'est sûr. Mais c'est une association assez hétéroclite. Shadow Law, ce sont pas des pirates esclavagistes de North Blue ? On les soupçonne aussi d'avoir repris la niche du trafic de Dance Powder laissée vacante depuis le démantèlement du Réseau Ashura, explose Thémis.
- Et qui a démantelé Ashura ? Ce cher Reich ! Peut-être que tous ces gens sont ses petits amis venus le sauver ? Non ?
- Allons, vous devenez pitoyables Sierra ! intervient Jay-jay. Rendez-vous utile autrement au lieu de diffamer à tout va ! Vous m'avez accusez de collusion avec les Bêtes et maintenant Loth Reich.  
- La coïncidence est troublante. Vous en voulez une autre ? Deux des principaux dirigeants de la Triade des Quatre Bambous furent des sbires du Gila, le même qui fut le mentor de votre précieux Reich !
- Bien sûr. Et l'équipage des Twins Bones est composée à majorité de Long-bras et tout le monde sait que tous les Long-bras sont liés et se sauvent les uns les autres ! satirise Davina. On doit s'attendre à voir Hungeria se rameuter !
- Il suffit ! assène sèchement l'archigouverneur. Cette flotte coalisée n'est pas notre problème !
Mes assistants ont transmis votre réponse au Pape. Il nous informe en retour qu'une flotte a débarqué des criminels dans la rade de Nova Rhodésia.
- Quel scoop !
- Par câble diplomatique, il notifie formellement qu'il n'accepte pas ce qu'il appelle la "prétendue désertion des Bêtes de l'Ombre" et fait publiquement savoir que la moindre attaque de cet équipage sera considérée comme une déclaration formelle de guerre du Gouvernement.
- Quoi ?! vocifère Sierra.
- Il pense qu'il s'agit là d'une manœuvre destinée à nous cacher derrière les Bêtes. C'est pas vrai ! Comment peut-on les empêcher de commettre une action de guerre ?!
- C'est plutôt évident... marmonne Jay.
- Votre flotte est la seule en taille et déjà prête pour cela, Grantz. Vous devez les intercepter dès que vous les verrez en approche.
- Rêvez toujours ! Il n'est pas question que j'engage le combat contre ces types qui veulent juste sauver leur commandante. J'admire même leur abnégation. Et arrêtez avec ce ton paternel autoritaire Von Vaughn, je ne suis ni votre fils, ni à votre !
- Vous oubliez à qui vous parlez ! tonne Sierra.
- Je croyais que je parlais au gouverneur suprême de tous les gouvernorats et protectorats du Gouvernement sur South Blue ? rétorque Jay-jay. Bliss n'a rien de la piétaille incapable de se défendre que vous colonisez avec vos divisions Marines et vos bureaucrates à la noix. Chez nous, les deux divisions, on les nourrit, les vêtit et les loge ! Et on a notre propre armée. Alors un peu moins de condescendance ! C'est pas moi qui me suit fait voler ma flotte alors, ne comptez surtout pas sur moi pour réparer vos conneries ! Quand attaqueront les Bêtes de l'Ombre, je me tiendrais juste là et me délecterai du spectacle !  

[UC...]
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