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 L'infortune comme compagne
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Benjamin Landstorm
Donneur de Récompense

♦ Localisation : Kikai No Shima

Feuille de personnage
Dorikis: 2050
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Dim 5 Mar 2017 - 10:38

Non loin de la plage de Kikai no Shima, sur la mer, un tonneau de rhum flotte avec tranquillité. Etant maintenant proche du rivage, le récipient d’alcool ne se déplace plus vraiment. Il faut dire que le courant n’est plus très fort et qu’il contient une cargaison très lourde qui nécessite un minimum de vagues. Cette cargaison n’est autre que Le Landstorm, le vieux frère de la côte somnole, imperturbable, dans un tonneau qui peine pourtant à soutenir son poids. L’équilibre y est pourtant impeccable, il faut dire que ce marin né semble en mesure de maintenir à flot n’importe quel esquif  et ce même s’il est complètement endormi.

Le marin finit pourtant par se réveiller. Mollement ses larges narines s’emplissent davantage de l’air marin. Cette sensation suscite aussitôt une joie parfaitement traduisible par un sourire qui se dessine sur son large visage. Il finit par ouvrir un œil pour regarder autour de lui avant de le refermer ; souhaitant terminer paisiblement sa nuit. Cependant, ce qu’il vient de voir le travail. Ne venait-il pas de se voir sur la mer alors qu’il était sensé se réveiller non loin des héritiers, dans une taverne de Rokade où l’alcool y était mauvais mais puissant ? Il ouvrit de nouveaux les yeux qu’il écarquilla finalement.

- MORDIOU !


Bien qu’il ait passé la majeure partie de sa vie sur les Blues, il ne connaissait pas cette île qui s’érigeait devant lui. Ce vent lui semblait tourner différemment également. Et à y regarder avec davantage d’attention, les vagues elles-mêmes semblaient se comporter avec nouveauté. Enfin, comble de l'improbable, il siégeait dans un tonneau en pleine mer !

- CAP DE DIOU ! Cette cuite m’a tout l’air de m’avoir bien cogné la tête. Sang-dieu, je ne reconnais même plus cette Blues ! Et qu'est-ce-que je fous ici !?

Landstorm se jeta finalement à l’eau et fut sur la plage en quelques instants. Ce nageur expérimenté avait prit le soin de ramener avec lui le tonneau de rhum car un marin n’abandonne jamais son embarcation à la mer si aisément. Arrivé sur la plage, il comprit vite que ce n’était pas une île des Blues et surtout pas Rokade.

- Je n’ai jamais vu cette île ! Qu’est-ce que c’est que cette sorcellerie !

Tout en s’exclamant, Benjamin mit la main à la poche de sa veste pour y chercher machinalement sa pipe. En lieu et place il y trouva un parchemin à l’écriture bien reconnaissable.

- Un coup de cet infâme Brixius ! Le mystère s’éclaircit ! AH LE COQUIN !



Baron Balthazar B. Brixius a écrit:
ALORS, VIEILLE ÉPAVE, TU T'ES ÉCHOUÉ LOIN DE TES RÊVES ?
COMME TON FUMET DE SQUALE SÉNILE M'HORRIPILAIT AU-DELA DE TOUTE RAISON, j'ai profité durant notre fête de ta ridicule ivresse pour distiller de la PARESSE dans le répugnant breuvage alcoolisé dont tu gorgeais tes organes.
Après m'être assuré que Morphée t'avait convenablement happé, j'ai enfoncé ta carcasse maladroite dans ce toneau, ce qui ne fut pas de tout repos compte tenu de ta proéminente masse corporelle. J'en retire un ATROCE LUMBAGO que je m'appliquerai à te faire rembourser de ton âme si tu venais à revenir souiller mon épopée de ta présence.

POST-SCRIPTUM : JE SAIS QUE TONNNEAU SE SCRIBOUILLE AVEC DEUX N, J'AI VOLONTAIREMENT FAUTÉ POUR ME GAUSSER DES ÉVIDENTES LACUNES EN ORTOGRAPHE PROPRES A LA BASSE CASTE TEL QUE MAMAN ME L'A CONSEILLÉ.
POST-SCRIPTUM DEUX : J'ai piégé ce message en fourrant son papier du raffiné péché de la LUXURE. ENJAILLES-TOI BIEN.

Cordialement, dans l'expression de mes sentiments les plus sincères,
Baron Balthazar B. Brixius.
j'eSPERE QUE TU NE LIRAS JAMAIS CE MESSAGE ET QUE TA CHAIR AVINÉE EST AUJOURD'HUI SERVIE EN GRAS BANQUET AUX ABYSSES HURLANTES

Cordialement, dans l'expression de mes sentiments les plus sincères,
Baron Balthazar B. Brixius.


A mesure que Landstorm lisait la missive, sa bouche commençait à former une moue de dégoût qui en disait long. Lorsqu’il arriva au passage sur la luxure, il jeta la lettre au sol.

- PALSAMBLEU ! AH LE TRAINE-POTENCE ! TCHOUK-TCHOUK-NOUGAT !

L’agacement était totalement compréhensible, le marin connaissait bien le fruit du démon qu’avait ingéré l’infâme Baron Brixius. Avec celui-ci, le fieffé coquin était en mesure d’insuffler des vices au plus honnête marin qui soit. Le choix c’était manifestement porté sur la luxure, ce qui ne présageait rien de bon. Et effectivement, l’effet fut quasi-instantané. Benjamin posa son regard sur le tonneau de rhum qu’il venait de quitter. Il lui trouva une nouvelle forme d’attirance, ces courbes généreuses, ce bois si habilement travaillé, cette odeur de rhum mêlée de sel marin.

- Mordiou, le beau tonnelet que voilà.


Il s’en approcha, caressant avec douceur les aspérités du bois.

- La mer est mon premier amour mais foutre dieu ! Je me damnerai bien quelques heures avec toi !

La scène devint réellement gênante lorsque le massif Benjamin décida de littéralement besogner le tonneau. Le pantalon au niveau des genoux, torse tourné vers la mer, il semblait assouvir un pêché de luxure particulièrement virulent.

Malheureusement, au même moment une patrouille de la marine venait d’arriver sur la plage. Les soldats complètement désabusés arrivèrent sur Benjamin avec une célérité rare. Les fusils se levèrent et les canons luisirent.

- Holà le pervers ! Remontez moi ce pantalon !

Le charme se dissipa à ce moment précis et Benjamin se rhabilla avec force jurons. Il posa enfin son regard sur le premier marine venu.

- Bon, on va pas en faire toute une histoire ! J’étais ensorcelé, foi de Landstorm !
- On veut pas de ça sur Kikai No Shima !
- Sur quoi ?
- Kikai no Shima ! Bon sang, on a encore ramassé un ivrogne qui a tout perdu au casino.
- C’est sur quelle blues ça ?
- Sur quelle Blues ?! On est sur la quatrième voie de Grand Line, on se réveille !
- Sur Grand Line !? Vous délirez, j’étais à Rokade pas plus tard qu’hier !? Et j’aurai descendu Grand Line en tonneau en une nuit ?
- Bon, il est ivre mort, embarquez le !

Le surnombre était conséquent et Benjamin n’avait pas l’intention de mourir sur une île qu’il ne connaissait guère. Il se laissa donc emmener sans opposer de résistance.  

- Foutu Brixius...

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Dernière édition par Benjamin Landstorm le Mer 7 Juin 2017 - 14:23, édité 1 fois
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Baron Brixius

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Lun 6 Mar 2017 - 22:20

Kikai ! Casinos ! Temples où les escrocs affluent pour vénérer leurs dieux dorés ! Accueillent une volière de pigeons qui ressortent dépouillés de toute fortunes et dignités ! Des parures de soies et des pierres précieuses habillent chaque mur de la structure, mais eux n'entourent qu'un ramassis exécrable de misérables et de voleurs.

Casinos ! Ces lieux saints où l'on nous propose d'acheter notre propre déchéance !

Balty ! Fripouille ! Âne gauche et boiteux dont j'aurais été bien avisée de me débarrasser dès que ses oreilles sont apparues dans mon bas ventre ! S'estime génie diabolique après avoir ravagé la seule famille qui a bien voulu de lui, les mal nommés Héritiers, boucaniers fébriles et malodorants, pour finalement échouer entre les griffes argentées des pirates les mieux habillés du globe : les croupiers !

Recouvert d'un ridicule capuchon en toile déniché dans la poubelle du casino, censé protéger ta honteuse identité, tu captes en fait l'attention de tout ton auditoire, surtout que c'est à ta table que l'on hurle le plus.


Aucune chance les gars ! Vous avez aucune chance !
J'vais m'refaire... J'suis le meilleur joueur de Grand Line...
Héhéhé... C'est qu'une mauvaise passade...

Ainsi, tu as imbibé chaque carte qui passait sous ta maudite main du péché de l'orgueil. Rapidement, les trois gueux se sont retrouvés complètement bouffis de fierté. Surestimant absurdement leurs jeux et passant plus de temps à entrechoquer leurs egos qu'à méditer leurs stratégies, ils se sont lentement laissés grignoter par leurs propres fautes et ne sont plus maintenant que des oies déplumées qui attendent qu'on les égorge. Ironique quand on connaît ton aversion presque maladive pour les cartes et par extension tout ces jeux prolétaires ridicules, que notre noblesse a toujours associée à rien de moins que des hochets que l'essaim décérébré de plébéins agitaient en s'amusant niaisement. Des jeux qui distraient les enfants, qui laissent ainsi les parents vaquer à leurs occupations lucratives en paix.

Ton besoin d'argent rapide t'a forcé à t'adonner à ces simagrées. Ton ego te martèle la tête sans arrêt. Tu bous, épris d'une envie d'exposer ton mépris à cette masse de coquins, mais cette brûlure narcissique ne saurait refroidir pour l'instant : tes compagnons de jeu sont très, trop attachés à toi et à tes "talents" pour te laisser t'en aller sans créer de scandales dans tout le casino.

Comme ils sont harassants à piailler sans arrêt qu'ils sont sur le point de remonter la pente, fourbus de trois ou quatre misérables jetons ! Comme ils sont fatiguants à te menacer de t'ouvrir le ventre si tu te lèves de leur table pour partir réclamer tes gains !

ILS SONT DEVENUS SOURDS AUX ORDRES DE LEUR SEIGNEUR, CES FRELUQUETS !
Toi, tu rives bien ton cul sur ton fauteuil et tu continues à miser !
C'est sûr que tu gruges, j'm'arrêterai pas avant de connaître ton truc !

Cesse de faire vibrer tes cordes vocales comme une infernale harpe. Que tu cries, que tu les saignes, que tu fuis, que tu te contentes d'être le purulent rat que tu es, tu finiras forcément par braquer de nombreux yeux et canons sur ton horrible carcasse. La seule question qui devrait subsister dans ta cervelle asséchée par l'inquiétude, c'est "comment m'en sortir sans laisser derrière moi trop de sang ?".

Sans compter cette grosse barrique à vin qui peut surgir à tout moment !


Landstorm ? Impossible ! Il doit se faire becqueter par un roi des mers à l'heure qu'il est ! Et plonger l'affreuse bête dans un TERRIBLE COMA ÉTHYLIQUE ! DEUX PARASITES ÉVACUÉS EN UNE SEULE MANOEUVRE !

Tais-toi.
Maxwell ?

Tu as vu, Maman... Saigné dans l'allégresse...
Tu causes à qui à voix basse, abruti ?
Il triche ouais, il triche c'est sûr...


Tu as bâclé le travail. Tu transpirais d'adrénaline au moment du meurtre. Tu l'as laissé se vider son sang sans l'achever. Tu l'as quitté alors qu'il était encore en vie.
Cela signifie qu'il existe un risque qu'il vive encore, bien portant et strié de souvenirs de ta traîtrise.


On ne survit pas à mes...

FERMES TA GUEULE ET MISES !
MISES ! MISES PLUS ENCORE ! J'MISERAI ENCORE PLUS !
SUIS-JE FATIGUÉ DE LEURS SOTTISES AU POINT DE M'IMAGINER QU'ILS M'ADRESSENT DES ORDRES, CES REJETONS INCESTUEUX DE VAUTOUR ?!

Tu vois le grand monsieur qui aborde votre table ? Il approchait déjà derrière ton dos avant que tu ne te mettes à déchiqueter ta couverture.

Un problème ici ?
Il triche !
Regardez tout les jetons qu'il a !
ADMETTEZ SIMPLEMENT VOTRE INCAPACITÉ A REJOINDRE MON CÉLESTE NIVEAU AU BRIDGE !
Bridge ?
C'est du poker !
DEVRAIS-JE ENCOMBRER MA PRÉCIEUSE MÉMOIRE DES JEUX STUPIDES SUR LESQUELS LES GUEUX PERDENT LEUR TEMPS ?!

Tu...

Monsieur, n'y voyez pas d'offense, nous allons procéder à un petit contrôle d'identité pour nous assurer que tout est en ordre.

Balty...
Tu te lèves et explose.

Je suis le BARON BALTHAZAR B. BRIXIUS ! J'ESCORTE LES ÂMES IMPUDENTES COMME LA TIENNE VERS D'INFERNALES ET INTERMINABLES ÉTERNITÉS !

Ta couverture réduite en cendres.

Il sort un den den. Balty, mon ignoble petit farfadet ! Je perçois sur ta grise mine en décomposition que le glas envahit enfin ta cervelle ! Tu t'es condamné avant l'heure !

Demande renforts à la table 77. On a un original armé qui se fait menaçant. Magnez vous !
http://www.onepiece-requiem.net/t11172-le-baron-balthazar-b-brixius-et-sa-maman http://www.onepiece-requiem.net/t11506-fiche-du-baron
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Benjamin Landstorm
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♦ Localisation : Kikai No Shima

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Mar 7 Mar 2017 - 10:49

Benjamin avait donc été conduit en prison. Jugé de manière expéditionnaire pour exhibitionnisme il avait écopé d’une condamnation rondelette de trois mois de cabane. Il fut donc incarcéré dans la prison de Kikai no shima. La spécificité de l’île étant d’accueillir des individus aux poches bien remplies, les conditions de détention étaient somme toute raisonnables. La prison était une sorte de grand cube de béton d’un classicisme à toute épreuve. L’environnement était propret et les gardes assez souples. Mais les prisonniers étaient maintenus en cellule la majorité du temps. Les cellules étaient exiguës, accueillaient en moyenne cinq individus et comble de l’horreur : elles n’avaient pas vue mer.

Benjamin avait déjà tiré un mois de sa peine et commençait à montrer des signes de fébrilité. Ces compagnons de cellules étaient au nombre de trois.

Il y avait Alexandre, un bourgeois graisseux qui suintait l’or par tous les pores. Il venait d’arriver et manifestement n’avait jamais tâté de l’emprisonnement. Il restait la majeure partie du temps dans un coin de cellule et évitait soigneusement le regard de ses codétenus. Sa condamnation était de 2 mois pour atteinte à l’autorité mais il affirme avoir simplement refusé de graisser la patte de plusieurs soldats.

Le second détenu se prénommait « Hm », c’était la seule onomatopée qu’il proférait. Hm était un large homme chauve et musculeux. Le genre d’homme qu’on ne cherche pas à emmerder mais qui a la grande sympathie de vous rendre cette politesse. Hm n’embête personne, ne parle à personne, mange et dort avec régularité et semble imperméable aux conditions de détention. Il se ballade majoritairement torse nu comme pour rappeler à tous qu’ici c’est lui qui a la meilleure plastique.

Reste enfin Queroch, un trentenaire à l’œil louche, aux dents jaunes et au rire strident. Le genre de gaillard que l’on n'aimerait pas croiser dans une ruelle sombre. Benjamin s’en méfie comme de la peste car il semble imprévisible. Condamné pour plusieurs attaques violentes aux abords de casinos, il est là pour deux années. Il en a déjà tiré une et semble au fait de tout ce qui se passe dans l’endroit. Il a les ongles taillés en pointe comme s’il voulait s’en servir comme d’armes, il les garde particulièrement crasseux pour d’obscures raisons. Son activité favorite est de dévisager les gens en entonnant son rire de dément. Cette dernière activité fait qu’Alexandre s’enfonce encore plus dans son coin tandis qu’Hm renâcle avec dangerosité.

Cette fois-ci pourtant, le regard lourd pesait sur Benjamin.

- CAP DE DIOU ! Vas-tu détourner cet infâme regard !

Le Landstorm tâchait d’avoir l’air dangereux mais il n’en menait pas large. Son adversaire le répugnait au plus haut point. De surcroit, il n’avait pas d’armes pour se défendre efficacement et par dessus tout : il ne souhaitait aucunement mourir dans une geôle, loin de la mer. Benjamin allait reprendre mais il fut interrompu par l’arrivée d’un garde qui donna de la matraque sur les barreaux de la porte de la cellule.

- Place ! Voilà un nouveau compagnon de cellule pour vous autres !

Il allait ouvrir la porte mais finalement s’élança dans le couloir en grognant de telle sorte que les prisonniers le perdirent de vue. On entendait des hurlements à n’en plus finir, à n’en pas douter le nouveau donnait déjà du fil à retordre à l’administration carcérale. Benjamin leva une oreille, intrigué ; Alexandre s’enfonça tellement la tête entre les épaules qu’il ressemblait maintenant davantage à une grosse boule flasque ; Hm se contenta d’un cinglant « Hm, Hm… » ; Queroch s’était approché de la porte pour tenter de voir cette nouvelle distraction.

- IMPUDENTS FAQUINS ! CESSEZ DONC DE POSER VOS MAINS SUR MON ILLUSTRE PERSONNE !

Ces paroles éveillèrent en Benjamin quelque chose d’indescriptible. Sa mâchoire se referma et il sauta sur ses jambes avec une agilité qui étonnèrent Hm et Queroch. Proche de la porte, il pouvait voir que l’homme que l’on amenait se démenait comme un beau diable. Il ne parvenait pas à discerner son visage, pourtant ses paroles, ce style, le faisaient penser à quelqu'un qu'il haïssait. Landstorm doutait évidemment, ce Baron hantait ses journées depuis trop longtemps, peut-être hallucinait-il simplement... Mais les gardes vinrent à bout du récalcitrant et ils l’introduisirent dans la cellule avant de refermer la porte dans un grand fracas.

- BIEN ! FUYEZ DONC ! RETOURNEZ DANS CETTE FANGE QUI VOUS A VUE NAITRE ET QUE VOUS AIMEZ TANT ! PORCS INDIGNES DE CET AIR QUE JE RESPIRE !

Sans nul doute, cet homme qui hurlait, c’était Balthazar B Brixius. Le démon a qui Benjamin devait cet enfer. Le marin n’en croyait pas ses yeux, il parvint tout de même à éructer une sentence dont il a le secret.

- SANG-DIEU ! AH LA VILAINE BÊTE QUE VOILA ! EST-CE LA PROVIDENCE QUI T’AMENE POUR QUE JE T’OUVRE LE VENTRE !? SIMILI-MARIN A LA GRAISSE DE CABESTAN ! SOUS-PRODUIT D’ECTOPLASME ! IMMONDE JUS DE POUBELLE !

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Dernière édition par Benjamin Landstorm le Mer 7 Juin 2017 - 14:27, édité 1 fois
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Baron Brixius

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Mar 7 Mar 2017 - 18:48

Cet encombrant passé accroché à ton futur comme une gourmande gangrène t'a bien accablé au procès. La découverte de ton passif de chasseur sanguinaire et du ravageur excès de colère qui t'a conduit à désintégrer la miteuse cité de Bull Town a complètement désorienté l'assistance. Ils ne jugent pas tout les jours des coupables de destruction massive ! Si bien que leur législation inadaptée t'a gratifiée de leur peine maximale : cinq ans. Fort misérable comparé à ce que la Marine aurait pu te réserver, ils en avaient conscience et ont très longuement hésité à t'offrir en pâture aux pauvres mouettes ! Je conçois effectivement que l'idée de porter en leur prison un cafard dégénéré tel que toi pendant cinq ans, soixante mois entiers, ne leur était guère amicale.

Heureusement, pour toi du moins, un obscur politicien local avait un point de vue fort différent sur ta situation : avoir capturé un marouflard de ton acabit allait offrir une savoureuse publicité à la sécurité de l'île, et il aurait été criminel de te léguer au gouvernement alors que ta tête est un si joli trophée à exposer aux touristes.

Hinhin.

Ils t'ont proposé ça dans l'enrobage d'une chance unique, une chance de croupir cinq ans, soixante mois entiers, dans la fraîcheur agréable d'une prison laxiste qui ne connaît quasiment pas la violence, si ce n'est celle de quelques gardiens excentriques. Alors bien sûr, avec l'hiver approchant la température risquait de dégringoler dans les geôles, mais devinez quoi, t'ont-ils dit ? Il y a même le chauffage central là-bas qui se charge de maintenir le thermomètre au-dessus de 0 ! Si tu t'y tenais à carreaux, cette peine ressemblerait presque à des vacances payées par le contribuable comparé à ce que tu as vécu cette dernière décennie.

Mais cinq ans, soixante mois entiers, c'est trop, toujours bien trop pour une boule de haine aussi agitée que toi.

Cette inattendue compagnie risque de rendre le temps encore plus long.


COMMENT OSES-TU REVENIR ME DRAINER MA BONNE HUMEUR, VIEUX TÉNIA ?
POURQUOI N'ES-TU PAS EN TRAIN DE TE DÉCOLLER LE CUIR DANS LE BAIN GASTRIQUE D'UN ROI DES MERS ?

Une rancoeur brûlante illumine les pupilles desséchées de ce désagréable porc. Sa rage semble le faire hésiter entre un bombardement de jurons ou de violence, sachant qu'il est tout à fait prêt à céder aux deux à la fois. Tout à fait toi, Balty ! Ta négligence t'a rattrapé ! Ça cherchait le mot d'esprit et l'ironie tragique en envoyant ce croûton délabré aux fonds marins, ça ne trouve qu'un retour en force plus furieux que jamais !

GHINHINHIN ! IL N'Y TROUVE RIEN A REDI...

Tes chicots volent en éclat sous le poing crasseux du babouin. Tu décolles du sol et lévite sur un ou deux mètres, avant qu'un mur ne t'empêche de visiter l'horizon.

Ecornifleur d'eau douce, crème d'emplâtre à la graisse de baleine, BOUGRE D'ESCOGRIFFE INVERTÉBRÉ !

Il n'en a pas fini avec toi ! Te bondit dessus, te serre par le col et fait rebondir une dizaine de fois ton crâne mou sur le rieur pavé de la prison.

Oh, mais vous n'êtes pas seuls ici, dis moi ! Trois petits cochons vous épient ! Un gros, un grand, un musclé ! M'est avis que cela fait trop de nouveaux amis et de chaleureuses retrouvailles pour un seul jour, Balty !

Tu fiches du sang partout !


VAS-AIE ! TU BIEN AIE ! DÉCOLLER TES SALES AIE ! PATTES DE MA AIE ! DÉLICATE AIE ! GORGE ! AIE !

Alors fuses un serpent blanc à quelques centimètres des joues rondelettes de Landstorm, qui provoque une surprise générale dans la conviviale assemblée ! L'affreux petit porcin pousse un gémissement semblable à celui d'un bambin que l'on s'apprête à étrangler ! Et le grand tas de pectoraux laisse s'échapper un "Hm" qui me rappelle l'amer souvenir de Fallanster.

Fruit du péché ! Le même qui a dû conduire notre hôte dans cette cellule ? La libido déréglée du boucanier d'opérette a du mécontenter les gardiens de la paix et de la décence ?

Peut-être a-t-il tenté de copuler avec le tonneau dans lequel tu l'as séquestré ? Non, ce serait trop burlesque...

Lui-même bien étonné, Landstorm bondit en arrière et t'offre une pincée de secondes pour te hisser à nouveau sur tes échasses grelottantes.


Ce damné pouvoir de malheur ! Ils te l'ont pas confisqué ?

Tu as heureusement pu conserver un atout au milieu de tout ce jeu bien maladroit. Ils t'ont retiré tes répugnantes dagues et ces vieilles fripes nobles qui se décomposent sur ton cuir depuis dix ans. Ils t'ont aussi extrait ta dignité en procédant à une fouille au corps aussi douloureuse qu'approfondie ! Mais sur mes conseils, tu as pu conserver ce qui pourrait bien devenir ton passeport pour le dehors !

Mires-moi en entier de tes yeux globuleux, crapaud décrépit ! Pas la MOINDRE ONCE de granit marin à la surface de ce CORPS SCULPTÉ PAR LES DIEUX !
Ces corniauds t'ont laissé ton fruit ?
ILS NE SAVENT MÊME PAS QUE J'EN AI UN, LES SOTS ! J'AI MOBILISÉ LES PLUS PROFONDES ARCANES DE MANIPULATION POUR ENTOURLOUPER LA SOLDATESQUE ! GHINHINHIN...


Ces phalanges reviennent de nouveau à la rencontre de ta joue dans un craquement lassant.
Ainsi tu retournes embrasser la glaciale pierre de tes lèvres rouges.


En sourdine, crédiou de rat ! Si les geôliers t'entendent...

En dehors de Landstorm, l'intérêt que te porte les trois autres maroufles est lui aussi grandissant, oscille entre terreur concernant le sac à viande en redingote et... curiosité ? Appétit ? Plaisir sadique ? Difficile de traduire le regard reptilien du grand crétin. On dirait qu'il veut te dévorer. Mais personne de sensé ne voudrait mordre dans une mégalopole de bacilles telle que toi, Balty. Que c'est effrayant !

Et Maxwell ?

Voici la question qui va faire polémique ! Je l'attendais avec impatience. Comment crois-tu qu'il réagira, ce morse pataud ? Va-t-il se jeter sur toi en beuglant ? Verser une larmichette ? Ne pas boire une seule goutte du venin que tu baves ? Oh, certainement pas ! Il te croira. Tu es de la race des rats sincères, Balty, celle qui assume pleinement sa félonie, qui s'en glorifie même à l'occasion.

Avant de répondre, tu prends tout de même soin de te relever ! En ricanant, évidement.

Hinhinhin.
Je l'ai TUÉ, le doux rêveur, il a eu TOUT LE TEMPS de contempler ses entrailles FLÉTRIR AVANT QUE JE NE L'AUTORISE A OUVRIR LES PORTES DE L'OUTREMONDE !

Écarquillement fugace de ses paupières, puis le néant. Notre gros Benjamin est à peine piqué par ta révélation.

...
...

C'est assez gênant.

TON CAPITAINE N'EST PLUS QU'UNE SUCRERIE DE VAUTOUR ! Dois-je t'enfoncer la vérité dans les tympans à coup de DAGUES pour que tu daignes l'entendre ?

Tu n'as plus de dagues.

Ah oui...
Si tu l'as tué avec la même clairvoyance que tu m'as évincé moi, j'me fais pas d'souci pour mon ami !
Tu INSINUES QUE j'aie été INCAPABLE de crever ses si FRAGILES RÊVES PAR LE FER D...
Cap de diou, oui j'te l'insinue ! T'fais rien de bon, pauvre diable, et même dans le Mal, tu es mauvais ! Aucune chance que Maxwell soit tombé dans un d'tes pièges !
Il te connaissait beaucoup trop bien pour ça !


Je reconnais sans mal à Maxwell qu'il était doté d'un don particulier à savoir bien lire les créatures humaines. Il est évident qu'il savait qu'un jour ou l'autre, tu commettrais un irréparable, et tout ses efforts se concentraient sur le recul de cette échéance. Balty, on peut te flatter, on peut te nourrir et caresser ton pelage poisseux, mais jamais, ô grand jamais, on ne peut te museler. J'en ai fais l'amère expérience, mon sanguinaire bourricot.

Par les saintes fèces des dragons célestes ! Et si je t'envoyais promptement folâtrer avec ton capitaine dans l'outremonde pour que tu constates par toi-même mon IMPLACABLE OEUVRE ?
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Benjamin Landstorm
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Mar 7 Mar 2017 - 20:21

Le retour du Baron Brixius dans la vie de Benjamin ne pouvait être qu’annonciateur de malheur. Et effectivement, il ne fallut pas longtemps à l’importun pour qu’il s’emporte et fasse de nouveau des siennes. La première journée était passée dans l’inconfort d’une retrouvaille douloureuse. La seconde journée fut diamétralement différente. A peine levé, Queroch gratifia Brixius d’un classique regard sournois. Quelques secondes plus tard le Baron lui enfonçait ses propres doigts dans les yeux en vociférant comme un beau diable.

- LA FAUNE SOUS TES ONGLES REPUGNANTS EST PLUS CIVILISÉE QUE TOI, INDELICAT VOYEUR !

- MORDIOU BRIXIUS !

Benjamin s’était déjà jeté sur l’insupportable mais le mal était fait, Queroch ne se relèverait pas de ce dernier regard… La garde vint donc cueillir Brixius et Benjamin : les deux hommes couverts de sang dans la cellule. Les deux gaillards se retrouvèrent dans ce qui s’apparente communément à une salle de torture. Il y avait tout le nécessaire du petit tortionnaire, chaines, instruments de toutes sortes. Les deux hommes furent dénudés et enchainés, bras en l’air, collés à un mur crasseux. La fesse poilue de Benjamin accostant celle livide de Brixius.

- COMMENT OSEZ-VOUS DENUDER UN ÊTRE QUI VOUS EST SI SUPERIEUR !?
- Veux tu bien te taire à la fin !? Crédiou cette séance ne va pas être de tout repos, économise tes forces…

Effectivement de la force il en fallait car les deux comparses furent copieusement fouettés pendant la majeure partie de la journée. Brixius continuait pourtant de gesticuler, il était parvenu à insuffler de la paresse dans les geôliers ce qui leurs donnèrent un temps de répit. Les gardes fumaient une cigarette à côté des deux victimes comme si de rien n'était.

- Finalement tu sers à quelque chose. Même si je ne serai pas là sans tes accès de rage !
- Que m’importe ton exécrable avis !

S’emportant quelque peu, Brixius délivra des rayons emplis de colère qui vinrent s’entrechoquer sur les geôliers.

- CREVINDIOU ! C’est une plaisanterie !

Et ce fut l’avalanche de coups, les hommes semblaient galvanisés par les lambeaux de peau qui volaient en tous sens. Benjamin se mordait les lèvres de dépit et de rage. La douleur était intense mais en tournant la tête, il pouvait voir à quel point Brixius souffrait également, ce qui curieusement le satisfaisait par delà la douleur.

Un interrogateur vint finalement rompre la monotonie de la journée. Il s’installa sur une table de bois et s’affubla de lunettes minuscules.

- Je ferai office de juge pour cette nouvelle accusation à votre égard. Vous êtes accusés d’avoir tué un détenu au sein de votre cellule. Que plaidez-vous ?
- CAP DE DIOU ! SIMULACRE DE JUSTICE ! ON NOUS FOUETTE EN NOUS JUGEANT !?
- Calmez moi celui-là.

Le geôlier devenu bourreau administra une bonne trentaine de coups à Benjamin sous les rires goguenards de Brixius.

- Flattez donc aussi le dos de celui-ci qui semble un peu trop heureux d’être ici.

Ce fut le tour de Benjamin de s’esclaffer à gorge déployée. Le juge déposa ses lunettes sur la table en montrant une impatience bien réelle.

- Très bien, délivrez moi vingt coups supplémentaires à celui-là !

Plus personne ne riait maintenant et le silence s’imposa bien naturellement.

- Qui est le dénommé Brixius ?
- IMMONDE FAQUIN ! CONTINUE DONC À T’ADRESSER À MON SÉANT !
- Vingt coups…

Le fouet s’abattait avec une répétition telle que le bourreau commençait à s'ankyloser l'épaule.

- Ouais, c’est lui ! On va pas y passer la journée...

Le juge se tourna vers Benjamin.

- Vous semblez plus coopératif Monsieur Landstorm. Une vérité clamée de votre part pourra vous épargnez bien des souffrances et être considérée dans le verdict.
- Mordiou ! Je vous écoute avec attention alors !
- Brixius a-t-il tué le dénommé Queroch ?
- Hm…
- Vingt coups geôlier je vous prie, j’ai une journée chargée.
- AH OUAIS !? LA NOTRE AUSSI A ÉTÉ PASSABLEMENT CHARGÉE ! LISEZ DONC LE RÉSUMÉ SUR NOS DOS !
- Disons cinquante, histoire de faire bonne figure.
- ECONOMISE TES FORCES ! HINHINHIN ! CET IMBECILE NOUS PREND POUR DES TENDRES !
- CREDIEU ! ON LE DIRAIT BIEN ! HAHAHAHA !

Les deux comparses riaient à gorges déployées, la journée avait été éprouvante et les nerfs venaient tout simplement de lâcher. Le juge n’en croyait pas ses oreilles et brisa tout bonnement ses lunettes. Devant lui, les deux gaillards nus s'esclaffaient de plus belle, convaincus qu'ils ne plieraient pas si aisément.

Ce qui suivit rentra dans les annales de Kikai no Shima comme la plus longue distribution de coups de fouet de l’histoire. Plusieurs geôliers durent se relayer pour parvenir à distribuer une quantité astronomique de coups. On changea même les fouets à mi-parcours pour plus de sécurité. Finalement les deux hommes n’étaient maintenant plus que deux lambeaux pendant à une chaîne.

- Monsieur LANDSTORM ! Je repose ma question. Brixius a-t-il assassiné Queroch ?

Landstorm ne tenait même plus sur ses jambes et n’avait plus vraiment la force de faire grand chose. Mais devant cet infâme juge, il n’était pas tout à fait résolu à vendre Brixius.

- Le crever, comme ça, de sang froid, sans être tout à fait de l’assassinat, y’aurait quand même comme un cousinage…

Le juge avait perdu toute patience devant une réponse si inconsistante, il hésita bien à relancer une nouvelle salve de fouets mais les gardes semblaient exténués et les détenus risquaient de s’évanouir ce qui conduirait à renouveler le même théâtre la journée suivante.

- BIEN ! CINQ ANNÉES SUPPLÉMENTAIRES POUR LES DEUX ! POUR ASSASSINAT ET COMPLICITE D’ASSASSINAT !

Habituellement les deux hommes se seraient copieusement insultés mais le cœur n’y était plus. Ils venaient de voir leurs peines prorogées et le juge leur avait promis ce genre de sévices jusqu’à la fin de leur peine. Ils furent non pas emmenés mais trainés jusqu’à leurs cellules et jetés là.

Les deux hommes se regardèrent, leurs yeux jetaient des éclairs. Mais nuls ne sut s’il s’agissait là d’une haine dirigée l’un envers l’autre ou dirigée communément vers ce juge et ses bourreaux…

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Dernière édition par Benjamin Landstorm le Mer 7 Juin 2017 - 14:35, édité 1 fois
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Mer 8 Mar 2017 - 17:39

Ton premier réflexe lors de ton retour en cellule fut de fracasser un pied de ton lit, de ramasser les éclats. Chaque parcelle de ton esprit suppurant d'une rage terrible qui n'avait pas atteint cette apogée depuis des années.  

TA CEINTURE, MAROUFLE !

Le petit bourgeois boudiné prend lentement conscience, durant une ou deux secondes, que c'est à lui qu'est destinée ton impétueuse requête. Lorsqu'il se rend enfin pleinement compte que sa minable existence se dandine au bord d'un précipice, il se hâte de défaire sa ridicule bouclette représentant ironiquement un serpent se mordant la queue. N'est-ce pas tout à fait ce que tu es, Balty ? Ton insatiable appétit de gloire t'a conduit à collectionner en une seule journée au moins la moitié des coups de martinets que j'ai pu t'administrer lors de ta piteuse enfance.

Ils ne savent pas, tes bourreaux, oh non ! Ils n'ont pas conscience, tes bourreaux, que ta fierté est un gaz hautement volatil et explosif ! Ils ont joué avec le feu !
Et t'acculant dans les recoins de ta démence, ils ont allumé en toi une étincelle terriblement sauvage ! Tu n'es qu'un pâté difforme de sang, de sueur et de bave mêlées, s'esclaffant du même désespoir ivre que celui d'un damné lors de son entrée au purgatoire, animé d'intentions dont la perversité s'étend bien au-delà des frontières que les mots nous permettent de décrire !

Tu vas leur faire payer, ah ! Balty ! Tu veux leur faire rembourser cet ego stratosphérique qu'ils t'ont fracassé ! Et dans cette entreprise, jeune et triste âne, tu es prêt sans hésitation à troquer ta stupide vie contre une vengeance bien sentie ! Quel ahuri tu fais ! Toi qui a encore tant d'horreurs à accomplir en Notre Nom !

Tu fracasses la ceinture par terre, en récolte soigneusement les fragments dorés les plus tranchants. Un à un, tu les enfonces dans ta paume pour en éprouver le mordant. Quand dans ta main lépreuse se dessinent des stries saignantes, tu es heureux, affiche un sourire d'enfant satisfait de ses bêtises.
Sous le regard hagard du petit bourgeois, tu bricoles un vrai petit instrument de mort artisanal.

Tu en as l'expérience ! C'est le propre de la vermine difficile à exterminer : elle est inventive et confectionne elle-même les armes qui la protègent du monde extérieur.

Digne successeur de mes dagues !

Une couronne d'or présentée comme des griffes, fixé au sommet d'un manche de bois au moyen d'une grotesque boucle de cuir. Un surin malformé mais que tu devines complètement capable de s'inviter sous la viande des gueux qui t'ont relâché ici avec un dos si écorché qu'il ressemble à une toile monochrome !

Animé d'une unique flamme qui incendie tout ton être, V e n g e a n c e  !

LANDSTORM !
MASSACRONS-LA, CETTE FARANDOLE DE GUEUX ÉPRISE DE JUSTICE SAIGNANTE !
JE FERAI SAUTER LEURS CABOCHES COMME DES BOUCHONS ET ME GORGERAI DE LEUR BREUVAGE VITAL DE LA MÊME MANIERE QU'ILS ONT OSÉ GOÛTÉ AU MIEN !


Le silence qui te répond est plutôt explicite.

LANDSTORM, GROS MORSE VEULE !

Le bourgeois pataud aimerait devenir plus petit que sa redingote pour pouvoir échapper à ton regard enflammé !

Poses ça, Brixius, t'auras perdu c'qui t'reste de peau avant qu'les gardes déboulent en paquets de dix !
Tu suggères de nous affaler sur les paillasses et de nous offrir un PETIT SOMME BIEN MÉRITÉ, JEAN-FOUTRE ?
Ouais, c'est l'idée.
J'IRONISAIS !
En temps voulu nous sortirons d'cette crédiou de prison et leur rendrons au centuple chaque coup d'cravache auxquels ils ont cru bon d'nous convier, camarade. Pour l'moment, on a des plaies à panser.


"Camarade" ! Voilà une familiarité sérieusement mal dosée ! Croit-il que crier à l'unisson vous a rapproché au point de vous faire basculer dans la "camaraderie" ? Grossier scélérat dont la douleur a fait oublier la place !

Hm, hm...

Je l'avais oublié, ce cabotin-là ! A-t-il un commentaire à faire où cherche-t-il à apprendre d'autres consonnes ?

Hm...

Campant toujours l'excès, Balty, tu te désintéresses aussitôt de Landstorm pour partir vomir une salade de fiel au visage de l'armoire à glace.

CROIS-TU QUE LA JOVIALE SÉANCE DE BADINAGE DONT JE RESSORS ME DISSUADERA DE T'ÉPLUCHER LA LANGUE SI TU CONTINUES A M'IMPORTUNER AVEC TES GÉMISSEMENTS ?
Balthazar, bougre d'âne !


Hm ouvre grand la bouche et dévoile un dérangeant creux. Un palais aride de toute chair charnue à tronquer, Balty !

... On t'a coupé la langue ?
Hm.


Son énorme tête pivote de haut en bas sur son cou monté sur pistons.

C'est quand même pas c'juge fantoche qui t'a fait ça ?
Hm.
CAP DE DIOU ! PRISON D'BOURGEOIS, QU'ILS DISAIENT !
J-J...

Allons bon ! En voici un autre qu'on n'imaginait pas capable de communiquer ! Le petit tas de tissus hors-de-prix décide lui aussi de prendre part au sympathique débat.

J-J'ai moi-même été leur victime.
PLUS EXPLICITE, TOQUARD DES BOULEVARDS ! SOIS PLUS EXPLICITE !
Kikai, c'est... c'est luxueux, c'est civilisé, c'est propre, en apparence...
seulement en apparence...
C'est une minutieuse et lucrative horlogerie qu'ils préservent des scandales par tout les moyens, y compris par... par...

Ah les brigandaux à la graisse de moine ! Ils croient qu'le fouet et les lames sont un remède à leur folie !
Ils ont dit qu'ils m'isoleraient de leur monde ici pendant deux mois. C'était surtout pour que je puisse apprendre à...

Il déglutit et contemple le culturiste muet.

... tenir ma langue.
Tenez vous aussi tranquille que moi et... tout ira bien, pour tout le monde, d'accord ... ?


Son gentillet argumentaire se heurte à une série de regards tranchants comme ton surin, Balty ! La Noblesse connaît par coeur le profil de cette race d'arriviste embourgeoisé dont la plus grande hantise est de se retrouver face à un problème plus large que leur gras bedon ! Prêt à tout pour vous convaincre de ne rien tenter qui compromettrait sa langoureuse tranquillité, ils fonctionnent par opportunisme, non par ambition !

Hilarant car cette fourberie déguisée en inconditionnelle courtoisie est l'exacte antagoniste de ta sournoiserie à toi, Balty !


Je vais DÉPECER ce gros ventre DODU et vérifier la teneur de TES ENTRAILLES, MINABLE PETIT FARFADET, VÉRIFIER A QUEL POINT ELLES DOIVENT ÊTRE MAIGRES ET RIDICULES !
AAAAAH !
Alexandre, c'est ça ? Tu m'as tout l'air d'être un bon gros pied tendre, j'te conseille de retourner dans ta bulle et d'plus en ressortir avant qu'un camarade et moi on t'y invite.
Oui. Oui.
Car que ça t'plaise ou pas, on va déguerpir d'ce maudit aquarium.
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Mer 7 Juin 2017 - 15:12

Malgré la résolution chevillée au corps, Benjamin et Balthazar ne parvinrent pas à s’évader. Les journées défilaient à une vitesse ahurissante et ils avaient, peu ou prou, perdu toute notion du temps. Landstorm, qui n’avait plus vu la mer depuis bien trop longtemps, était devenu une sorte de bête farouche. S’enfermant de plus en plus dans son mutisme, il devenait presque aussi silencieux que son muet compagnon de cellule. Pour parachever cette situation, comme promis par le juge, les deux condamnés étaient régulièrement « visités » par des geôliers en mal de torture.

Balthazar éructait toujours autant de rage, celle-ci décuplée par l’affaissement progressif de son comparse. C’est ainsi que les semaines, puis les mois, s’engrangèrent sans que leur quotidien ne soit réellement changé. Ils mangeaient toujours une nourriture peu abondante et de très mauvaise qualité. Ils dormaient mal tant leurs corps meurtris ne semblaient pouvoir connaître le repos. Et ils rêvaient toujours autant de liberté, voire de vengeance…

Finalement, le salut mental de Benjamin vint avec un petit carnet sale qui lui fut offert par Hm. Nul ne sait où le massif muet avait conservé cet objet. L’odeur nauséabonde indiquait à Landstorm qu’il valait mieux ne pas savoir. Toutefois, muni d’un petit bout de graphite, il commença à tenir une forme de journal, pour tenter de maintenir ses idées à flot.


Je pense pas qu’on puisse sortir de cette geôle, j’ai pas assez de force. Balthazar m’épuise. Les tortures semblent de plus en plus régulières. Inventent toujours un nouveau truc. Préfère la simulation de noyade, me fait penser à la mer au moins. On sortira jamais d’ici. Je tiendrai pas cinq ans sans voir l’océan. J’peux pas mourir sur terre, c’est trop cruel. Je dois partir. Balthazar. Crétin. Crétin. Doit économiser le papier. Si je meurs, donner à un frère de la côte, me venger de ce juge et de ses bourreaux. Commence à délirer, l'impression de sentir les embruns. Dois sortir. Crétin. Mer.

La lecture de ces gribouillages était complexe. Benjamin écrivait pour lui et cela semblait lui donner une forme de réconfort. Souvent le Baron regardait par dessus son épaule ce qu'il écrivait. Parfois même s'emparait-il du carnet. Finalement le carnet était devenu un exutoire pour les deux hommes. Un moyen de garder l'esprit mais aussi un moyen de se souvenir de tout pour pouvoir plus tard, peut-être, payer ses dettes.

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Dernière édition par Benjamin Landstorm le Ven 16 Juin 2017 - 9:35, édité 1 fois
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Ven 16 Juin 2017 - 7:54

C'est une nécessité de faible d'esprit de devoir conter sur papier les tourments qui assèchent ta caboche, jour après jour, qui simplifient tes pensées jusqu'à en faire des fractions irréductibles, de simples pulsions dont la somme est Vengeance. Ta prose sue d'une rancoeur acide qui troue le papier. Ah littéralement, tu appuies comme un sagouin sur ta plume, rêves-tu d'empaler tes tortionnaires ou simplement cet innocent carnet ? Tu perds un temps qui te manquera un jour ou l'autre, Balty.

Citation :
Liste des rats à éplucher à mains nues
JE SERAI JUGE ET BOURREAU DES ÂMES ÉGARÉES SUIVANTES
LE JUGE GRAS DE BEDON : QU'ON LUI FASSE GRIGNOTER SA PROPRE BIDOCHE
LES TORTIONNAIRES TAQUINS : INVERSONS LES RÔLES EN CHOEUR
LES GARDIENS LÉTHARGIQUES : RÉVEILLONS LES AU SURIN

Les ambitions que tu nourris gravitent uniquement autour de la vengeance désormais.

Ce n'est pas le cas du vieux hibou, que votre petite sauterie semble avoir particulièrement affaibli. Le fier navire n'est qu'une épave rongée par l'écume des jours qui s'entassent et se ressemblent !


Citation :
LES POUPÉES DE CHAIR AVEC QUI NOUS PARTAGEONS CE SINISTRE LOGIS :
ÉPONGES A COLERE

Et voilà. A appuyer sur ta plume comme un sagouin, tu as transformé toute une page en mare d'encre bouillante.

Brixius, ce carnet... On le partage... J'aimerais éviter de le retrouver en charpies.

Quel mollusque. Il n'a déjà même plus la force de t'insulter et de venir t'arracher son confident des mains. Je crois que plus encore que les sévices récréatifs de vos bourreaux, c'est l'éloignement de la mer qui scie son moral de vieux chêne. Te souviens-tu de nos prisonniers, Balty, du temps où j'étais encore en chair pour me régaler pleinement des douleurs de mes semblables ? C'était les marins les plus fragiles, ancrés à la terre ferme : ils se laissent mourir.

Devrais-je t'éventrer et te secouer tes tripes devant les yeux pour que tu te souviennes que tu en as, vieux cachalot ? Nous avons d'INFERNALES REPRÉSAILLES à SATISFAIRE !

Le silence comme seule réponse ! Bah ! Ne t'occupe pas de ce cadavre, il a pourri avant même de mourir. Il devient urgent de quitter ce lugubre palace. J'observe ta santé mentale, mon vénal chacal, dégringoler à son niveau le plus bas jamais atteint depuis des années. Ces yeux hagards, cette peau rougeoyante, cette salive qui déborde par cascades de ta bouche remplie de venin, ce démon qui se débat en toi ne se contentera pas d'une maigre évasion !

... Il le devra pourtant, à moins que tu ne veuilles enchaîner les allers-retours en salles de torture.


Maman, cette HAINE qu'ils ont cultivé en moi DEMANDE UN ABONDANT ARROSAGE DE SANG !
Hm.

Hm. C'est Hm qui te contemple, assis dans son coin de la cellule d'un air mi-curieux mi-compatissant. Hm. Tu dois regretter de ne pas pouvoir trouver de langue à arracher en sa personne, Balty ?

DÉTOURNE LE REGARD LORSQUE JE PSALMODIE, MARAUD !
Hm, Hm.

De son grand index boudiné il t'invite à visiter son coin. Quelle arrogance ! Toujours assis, il t'attend. Et toi, tu accours, en bon caniche.

J'espère que tu ne me FAIS PAS DÉPLACER MA SOUFFRANTE CHAIR pour RIEN, sa...
Hm.

Grand index boudiné devant ses lèvres, il t'invite maintenant à souder ton clapet. Il est vrai que ça rend subitement cette cellule beaucoup plus supportable !

Arrivé à son niveau, tu le poignardes du regard en t'impatientant.
Lui se contente de se lever. Et se faisant, il libère une bouche d'aération qui exhale un souffle frais. Eh bien ! Un paysage d'opportunités se dessine à vous, Balty.
Le ciment calleux qui encercle cette grille est bouffi d'humidité. Quelques outils adaptés associées à quelques semaines de travail suffiront probablement à libérer cette voie de secours, aidant à relâcher les chiens dans la nature. Qu'en penses-tu, Balty ? Un peu de travail manuel ? Cela fait trop longtemps que tu n'as pas eu à user de tes obscènes paluches pour autre activité que le meurtre sanglant.

Hm.
METTONS NOUS DE SUITE A L'OEUVRE ! DÉMONTONS LES LITS ET...
Hm !

Hm se précipite sur ta bouche, te la couvre d'une main émanant d'étranges relents organiques.
Un gardien fait tinter vos barreaux de son sabre.

Qu'est-ce que vous manigancez ?

Balty...

Hm.
Veux-tu m'empêcher de DISSÉQUER ces lits miteux pour me CONSTRUIRE UN EUPHORISANT LIT A BALUSTRE MIEUX ADAPTÉ A MON RANG, chapon-maubec ?
Touche pas au matériel ou on se retrouvera là-où-tu-sais, chapon-maubec.


Puis il s'éloigne en ricanant. Une tentative d'esprit pitoyable mais peu surprenante de la part d'un molosse nourri pour surveiller d'autres molosses.

Hm...

Blague à part, Balty, tu veux donc commencer à déconstruire cette prison avant même d'avoir établi un plan solide ? Tu ne sais même pas où conduisent ces canalisations.

Hm.

Hm souligne à raison un autre problème. Malgré les apparences, il n'est pas la moitié d'un idiot, lui arracher la parole a du l'aider à développer sa pensée.
Il pointe le petit bourgeois du doigt. Si discret, mais si dangereux.

Q-Que...

Je suis persuadée qu'il vous dénoncera en échange de quelques privilèges ou remises de peine.
Un vautour bien habillé !

J-J'ai rien vu ! J'ai rien vu !
Si je t'incite à MÂCHER tes globes occulaires, je pourrai en avoir la CERTITUDE !
Oh non, oh non, non non non...


Le petit obèse aimerait se carapater mais ! Je crois bien qu'il manque d'issues !

Je sors b-bientôt ! J'ai bientôt purgé ma peine ! J'ai aucune raison de vous balancer !
Justement, une fois dehors, LOIN de ma JUSTICE VINDICATIVE, qu'est-ce qui t'EMPÊCHERA de POIGNARDER NOS ESPOIRS, GROTESQUE PETIT PHOQUE ?

Je le surveillerai, Brixius. Laisse ce pauvre bougre tranquille.

Landstorm ! Qui braille depuis les abysses dans lesquelles son esprit s'est perdu !

Retourne dans ta catatonie, vi...
Si nous le tuons, nous sommes bons pour la potence. Mourir est une forme d'évasion, mais j'créverai pas sur la terre ferme. Pas sur la... terre...

Un plan de cette envergure requiert de la lucidité. Sais-tu ce qu'est la lucidité, Balty ?
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Ven 16 Juin 2017 - 20:39

Le beau navire Landstorm s’était échoué sur la plage depuis bien trop longtemps. Et comme tout navire qui reste trop longtemps en cale sèche, il perd une partie de son âme. Sa coque semble se morceler, les cales se vident petit-à-petit puisqu’elles n’ont plus d’utilité, aucun marin ne reste à bord ; bref, la vie quitte le navire. Pour Benjamin cette captivité était passée de contraignante à difficile, de difficile à insupportable. Il était dorénavant dans une situation de morne résolution où il accueillait toutes les nouvelles avec une platitude sans borne.

La découverte de cette pseudo-échappatoire était restée anecdotique. Landstorm se doutait bien que Hm n’était pas resté sur un tel trésor sans avoir tenté quelque chose. Non, sans nul doute cette grille était bien scellée, ce conduit menait directement à la salle de torture ou était-ce une idée de ce juge machiavélique qui n’attendait qu’une nouvelle incartade pour procéder à des allongements de peine.

A l’inverse, Brixius semblait revigoré par cette découverte. Du reste il était resté plein de vie depuis le début. Mais pour Benjamin, la raison était simple, ce Brixius de malheur au sang noir et à la peau livide n’était déjà plus humain, c’était un être débilitant présent sur cette terre que pour le tourmenter et le voir souffrir. Et soudain, la fatigue et un début de folie s’emparèrent de Benjamin.

- LE JONAH !*

« Le Jonah », le grand mot était lancé. Cette superstition réputée chez les marins qui veut qu’un homme porte en lui une malédiction qui les condamne tous. Brixius était incontestablement cet homme voué à la perdition. Benjamin, le solide marin, à la recherche d’un destin légendaire et d’une mer infinie venait de tomber sur l’une des plus grande malédiction de son temps. Mais plutôt que de s’affaisser, cette nouvelle réalité lui provoqua quelques soubresauts de courage et d’énergie. Il se leva comme une grand voile prise par un fort vent en poupe. En deux enjambées il fut sur Brixius qu’il commença à étrangler. Il le secouait en tous sens mais le bougre se débattait avec une énergie surprenante.

- ALLONS BON ! GROTESQUE BARRIQUE QUI NE SE MEUT QUE POUR TUER SON ESPOIR !

Mais il eut été bien vain de se débattre, le marin savait encore tenir un poisson visqueux pour qu’il ne s’échappe pas. L’infortuné Baron ne tint sa survie qu’à l’intervention du massif Hm qui avait reconnu en cette perte de raison un mal de prison bien commun. Il empoigna Benjamin par les côtes et le souleva à son tour, le comprimant avec suffisamment de force pour le faire lâcher prise. Brixius glissa comme une anguille sur le sol et, tout en se tenant fermement la gorge, jetait des œillades terribles à destination de Benjamin.

- QUE NE T’AI-JE EXPÉDIÉ LORS DE NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE ?! INFÂME CACHALOT !

Et Brixius envoya un serpent en forme de paresse de tout premier choix qui fit s’affaisser Benjamin. Le solide marin décida aussitôt d’ignorer toute la salle pour faire une sieste qu’il jugeait alors d’impérieuse nécessité. Le sort fut tellement puissant qu’il dura plusieurs jours, favorisé par un Landstorm très affaibli et donc très vulnérable au fruit de Brixius. Tant est si bien que Benjamin offrit à la cellule quelques anecdotes premier choix.

Lorsque les gardes passèrent pour une nouvelle séance de torture, Benjamin commença par décliner poliment, prétextant une luxation du dos qui avait un peu de mal à guérir. Cela lui valut une double ration de fouet qu’il accepta avec une forme de morne impatience. Et lorsqu’il fut raccompagné à sa cellule, il ne manqua pas de faire remarquer aux geôliers que la séance fut probablement la plus ennuyeuse qu’il ait eu jusqu’alors.

Lorsque on lui apportait sa nourriture, Benjamin refusait avec ennui, faisant remarquer qu’une nourriture non apportée jusqu’à sa bouche était une mauvaise nourriture. Il fit par là de nombreux heureux chez ses codétenus qui se partagèrent son plateau. Entendons par là que Brixius emporta la majorité du plateau, le gros marchand d’Alexandre craignant trop des représailles et Hm souhaitant avant tout manger le dessert qui lui fut céder par Brixius dans une remarque acerbe.

- Mange donc ce sucre qui va te pourrir les dents, grand imbécile ! Tu perdras le peu qu’il te reste d’utile dans cette vilaine bouche !

Et finalement, lorsque le juge passa non loin de leurs cellules, il vint se rendre compte de l’état de ses petits « préférés ». Brixius le couvrit d’injures ce qui était bon signe mais il fut plus intrigué par Benjamin qui paraissait adossé au mur. Le juge connaissait bien l’impact de la mer sur le marin et fut surpris de ne pas le voir plus décomposé que cela, il l’interrogea donc.

- Comment va ce petit séjour Monsieur Landstorm ?
- Boarf…
- La mer ne vous manque-t-elle pas ? Questionna le juge dans une expression de terrible jubilation.
- BARF ! La mer est loin… J’aime bien mieux cette cellule où l’on ne bouge pas trop trop…

Le juge aurait bien pu croire à un mensonge mais il savait le marin homme de parole. Il fut donc particulièrement agacé par une telle nonchalance.

- Si vous vous sentez trop bien dans cette cellule je peux toujours vous organisez des séances de fouets supplémentaires.

Brixius lançait des éclairs terribles à destination de Benjamin, s’imaginant déjà copieusement fouetté pour les inepties de son compagnon de cellule.

- Ma foi, si vous voulez. Tant que ça ne dure pas trop longtemps. J’aime bien rester à ne rien faire ici. C’est reposant. Et on est jamais vraiment ennuyés vous voyez ? Une petite séance de fouet et retour à la cellule. Un traitement de princes.
- DE PRINCES !?
- Pour sûr votre excellence m’sieur le juge. C'est que même en torture, c'est plutôt le geôlier qui se fatigue.
- AAAH ET BIEN NOUS ALLONS VOIR ! LE SYSTÈME CARCÉRAL VA VOUS REMETTRE SUR LE DROIT CHEMIN, IL Y A DU TRAVAIL FORCÉ DANS L'AIR.

Benjamin afficha une peur panique bien réelle toujours tirée du sort de paresse de Brixius.

- AH NON ! Pitié ! M’sieur le juge ! Fouettez moi autant que vous le voulez, moi bien tranquillement attaché. Noyez moi tout votre saoul ! MAIS PAS QUESTION DE TRAVAILLER ! QUEL NON SENS !

Le juge, habitué à déceler le vrai du faux, vit que le Landstorm parlait à cœur ouvert, il n’en jubila que plus encore.

- VOUS SEREZ AU TRAVAIL DÈS DEMAIN !

Brixius qui comprenait avec intelligence ce qui était en train de se tramer ne put réprimer un rire rauque et mauvais à destination de Benjamin. Le juge le remarqua et, toujours échaudé, ne s’y fit pas reprendre une seconde fois.

- PARFAIT ! NOTRE DUO INFERNAL ! QU’ON METTE DONC AUSSI CE MONSIEUR BRIXIUS AU TRAVAIL, QU’IL NE PENSE PAS QUE NOUS L’AVONS OUBLIÉ.

Et sans attendre, sans écouter, le juge tourna les talons, ravi de sa nouvelle punition.
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Dim 18 Juin 2017 - 0:31

Les pechenauds vénèrent le labeur pour se fabriquer une maladroite contrefaçon de liberté. Ils ont transformé leur routine d'esclave en saine valeur, la valeur sacrée du travail ! Et si le travail est honorable, n'est-ce pas une vie d'homme juste d'en rester prisonnier toute sa vie ? Hinhinhin. Candides paysans. Touchants de stupidité, leur cervelle est une pâte à modeler dont nous autres faisions tout ce que nous voulions.

Cette époque me manque, Balty, mais te voir ainsi suer sous cet agréable zénith déterre d'hilarants souvenirs de serfs se tuant à la tâche. Accélère le rythme, ces cailloux ne vont pas se diviser en plus petits cailloux tout seuls.

Toujours plus petits, les cailloux. Plus vite !
Autour de toi des dizaines d'autres fameux camarades parmi lesquels je distingue Hm, invité lui aussi à votre petite sauterie méridienne. Pas de signe d'Alexandre, dommage ! Cela aurait été distrayant d'observer ses larmes et sa sueur bouillir sous le Soleil. Quant à Landstorm, ce boulet, ce poids mort, cette ancre qui empêche ton décollage, introuvable. Probablement a-t-il déniché un coin d'ombre où aller faire mijoter la paresse dont tu l'as bourré, affalé sur le sable frais comme un cadavre de morse échoué.

Les gardiens éparpillés aux quatre coins de la cour ne disposent pas d'un panorama complet sur votre joyeuse bande. Voici donc bien la signature d'une geôle de troisième zone peu habituée à recevoir des invités de ton mortel statut. Nous trouverons bien quelques défaillances de sécurité dans lesquelles nous engouffrer.

Gorgé d'une admirable vigueur, tu investis un grand zèle dans la tâche. Visualisant, à la place des rochers, les visages boursouflés de tes détracteurs, tu les massacres de coups de pioche, ne laissant que du gravier que tu continues à matraquer.


JE M'IMAGINER MINER L'OPULENTE MASSE DE BOURRELETS DE NOTRE BON JUGE,
A LA RECHERCHE DE SA BEAUTÉ INTÉRIEURE, GHINHINHIN ! J'imagine sa disgracieuse bedaine DÉGOULINER à mes pieds !

... Hm.

Hm, Hm, Hm ! Il s'enjaille bien moins que toi. C'est une architecture de muscles dont la toiture présente un cerveau bien agencé. Mais quel manque flagrant d'imagination ! Quel manque de créativité récréative ! Moi-même je commence à me prendre à ton petit jeu ! Oh, regarde celui-ci ! Il ressemble à s'y méprendre à la grosse tête flétrie de Landstorm.

Il capte aussitôt ton attention. Tu te détournes de ton océan de picaillons pour préparer un jouissif coup de pioche.


DISPOSES DONC D'UN FRAGMENT DE MA HAINE, VIEUX CROTALE !
CCRAC

La pioche vengeresse descend déchiqueter la caboche, elle éclate en une constellation brune.
L'un des débris, plus stratège que ses camarades, propulsé dans le masque de carnaval qui te sert de faciès, extrait de ta gorge de multiples cris de porcin.


GRAAAAAAH ! Ce damné CHACAL me porte DÉVEINE même lorsque je m'en prends à lui MÉTAPHORIQUEMENT !


Avance !
Qu'on te reprenne pas à t'assoupir dans le gravier !


Quand on parle du chacal ! Le voici qui revient enguirlandé de deux larbins clignotants de colère.

Le directeur attend de vous deux une demi-tonne de gravier par jour.
Vous les ferez, même si on doit vous faire bosser jusqu'à minuit et vous supprimer vos repas.

Pataugeant dans ta propre piscine de gravier, vestiges et témoins de la rage qui hante ta pioche comme un horla, les deux bergers d'agneaux enragés s'extasient aussitôt devant l'ampleur de la besogne que tu leur présentes.

Wow. Prends exemple sur ton collègue, il a compris, lui. Pendant que tu pionçais, il a envahi son carré de caillasse...
Qu'on me laisse RÉDUIRE LES OS de tous les CONVIVES ICI PRÉSENTS EN POUDRE, et j'inonderai CE NID DE CHAROGNARDS DE GRAVIER JUSQU'A CE QUE VOS POUMONS EN DÉBORDENT !
Putain, il met un sacré coeur à l'ouvrage. T'as vu tout ça ? Si ça se trouve il nous a déjà miné notre demi-tonne... en une matinée...
Faut en parler au boss, on en a un qui travaille trop et l'autre pas du tout. Bordel.


Oh ! Une matinée ? Elle a glissé si vite sous notre impatience. S'amuser tue le Temps. Mais le Temps, ce sauvageon, ripostera rapidement si tu ne te dépêches pas de sortir d'ici, Balty.

Prends ta pioche et bouges ton gros cul !
Bah, c'bon Balthazar en a fait plus qu'assez, et m'imaginer tout ces gestes qu'il a dû faire avec sa pioche pour en arriver là, ça m'vide. J'crois qu'il va être temps d'prendre une pause.

Hinhinhin. Il n'a pas saisi le concept de pause.

Il me gonfle. Il se bougera pas. Il préfère se laisser cogner que de bosser, tu as bien vu.
C'est reparti pour un tour, alors !


Balty, as-tu vu ? As-tu vu ce qui pendouille à la ceinture de ces gardes ?
Un sabre, une dague, un trousseau, un den den. Nous avons là tous les ingrédients pour nous concocter une savoureuse évasion.

Un sabre est dégainé, sa garde vient à la rencontre de la mâchoire de Landstorm.


HOUMF ! MOLLO ! Si c'est pour m'assommer, j'fais aussi bien de r'tourner à la sieste !

Balty ? Balty, tocard, pourquoi me regarder avec ces deux yeux de crapaud sénile ? Tu tiens là une occasion d'enrichir ton plan, il te suffit de tendre la main à sa ceinture tandis qu'il s'emploie à ouvrir le museau de Landstorm comme un robinet. Son sang bourbon jaillit à en remplir des tonneaux. Hinhin, il adore ça, les tonneaux, ce vicieux phacochère.

Prends ça ! Et ça ! Et ça !
Ça sert à rien j'te dis, tu vas juste le rendre encore plus con.

Oui, oui. Plus proche. Ne te précipite pas. Délicatement tu enroules ta paluche poussiéreuse autour du manche de sa dague.

Con, con, con, faut l'dire vite, moussaillon. J'dirais que le plus lucide c'est c'lui qui économise l'mieux ses efforts.

Maintenant, tu tires sur le manche en suivant la direction donnée par le fourreau. N'applique aucune contrainte. Fais glisser la lame. Du doigté. Mon sombre caneton, tu fais preuve d'une surprenante dextérité, toi habituellement si gauche et...

J'ai pas raison, Balthazar ?

BOUGRE D'ÂNE !
A l'annonce de ton prénom, tu as achevé ta besogne d'un coup sec et bâclé, déchirant l'arrière de la ceinture du petit soldat. Dans ta cervelle étroite, l'alerte rouge rend tes mouvements patauds et saccadés. Maladroitement, tu enfonces la dague dans ta manche, avant de frotter ton long front gluant de sueur.


Hmm ?
Quoi ?
Ma ceinture a bougé, j'ai eu l'impression de perdre quelque chose.
C'est le soleil qui t'tape sur la tronche. On va retourner à l'ombre.
Je vous suis, messieurs.
Restes-là, fumier, tu...
Garde-à-vous !

Nos deux sentinelles bien dressées, fières sous leurs uniformes bariolés de dorures, à l'entente de l'autoritaire vocalise de leur supérieur, se crispent, se figent et se plantent comme deux cactus noirs au milieu du désert.

Le juge !
Notre bon juge.
Notre gros juge.
Bouffi d'orgueil, convaincu d'avoir muselé le Baron Brixius, monstrueux eldritch vomit par les Enfers que même la Mort n'a su dompter.
Notre bon juge.
J'entends d'ici l'orage qui secoue tes nerfs, Balty. Contiens-toi, tu détiens sous ta manche l'une des clés de ta liberté. Il s'agit de ne pas la perdre prématurément.
Je n'ai cependant pas l'assurance que ton ami la baleine amorphe ne t'attirera pas plus de guigne que tu n'as déjà.


Repos, messieurs. Je passais voir comment nos deux troubadours s'acclimataient à leur nouvelle activité.
Euh, à propos de ça...
Sacré b-bonsoir !
Oui, à propos de ça...
Ils ont déjà miné tout ça ?!
C'est Brixius, euh, il était plus motivé qu'on le pensait.


TU PRATIQUERAS TA PROPRE LIPOSUCCION AVEC UNE PAILLE, VIL C...

Contiens-toi.

C'est un véritable régal de contribuer ici à l'urbanisation de votre glorieux comptoir, gni, gni.
Vous les avez bien levé à 4h ?
Oui...
En six heures, il aurait donc...
Oui, m'sieur le juge.
Sachez que je suis gorgé de la plus saine motivation à ÉGORGER VOS CERBERES- à vous fournir suffisamment de gravier pour bâtir la route qui vous mènera parmi les vôtres dans les cieux, FISTULE DE DRAGON CÉLESTE. Je vous prie cordialement de me pardonner. Gni gni.

Quel remarquable acteur tu fais.

Merci.
A qui tu dis merci ?
Tsssk. Et vous donc, Landstorm ? Besoin de motivation ?
Il se GLISSE PARMI LES CAILLOUX POUR ATTAQUER MON BRILLANT VISAGE !
Ce n'est pas à vous que je parle !
'savez, m'sieur le juge, contempler c'bon vieux Brixius déverser son fiel sur de la caillasse, c'un peu monotone, un p'tit peu déjà-vu. Alors ses hurlements, c'est d'la berceuse pour des oreilles aussi blindées qu'les miennes. Voyez là, j'ai les paupières qui tooombent...
Vous me conster...


Le malheureux juge interrompu par la chute de pantalon d'un de ses subordonnés.

Q-Que...
Ouaaaah !
... Soldat Jibule, pensez-vous que ce genre de frivolité soit de circonstances ici ?
Un sacré slibard que tu ornes là, matelot, bien rembourré. Il me fait penser à un oreiller.

Effet secondaire de sa coupe de ceinture. Tu vois, Balty, j'aurais trouvé ça plus drôle si tu l'avais castré dans le même mouvement.

Allez vous changer. Et vous, surveillez les deux guignols. Et ne tournez JAMAIS le dos au petit âne. C'est le plus fourbe des deux.
C-Compris, chef.
J'sais vraiment pas c'qui s'est passé pour ma ceinture chef, elle était...
La ferme ! Avec des marioles comme vous, ces deux fous vont se croire chez eux ! Il leur faudra triple ration de fouet pour qu'ils reprennent confiance en leurs tortionnaires ! Croyez-vous que j'ai que ça à faire, que de passer ma nuit à distribuer des coups de fouet, crétin ?
Non chef ! Désolé chef !
Cassez-vous !

Le voilà tête baissé, déambulant dans la cour en remontant son pantalon, le soldat Jibule, traversant un nuage de sarcasmes généreusement dispensé à la fois par les bagnards et par ses solidaires collègues. Grotesque petit singe, il ressemble à un enfant toisé par ses petits camarades pour ne pas avoir su retenir ses selles ! Comme il est doux de se moquer de lui !

Défaisant les ruines de sa ceinture devant la grille d'accès à la cour de récréation, j'aperçois notre mignon gardien capturé par un doute. Mirant sa ceinture avec inquiétude, je devine qu'il fait mentalement l'inventaire du matériel qui devrait s'y trouver.

Il manque ta dague, Jibule, attendrissante petite souris craignant de se faire dévorer par le grand chat gradé. Ne désirant pas provoquer plus de vague, tu détales sans demander ton reste, impatient de te faire oublier.

Mais Jibule.
Cela ne fera pas revenir ta dague.


Hum.
Hum.
Pardonnez mon emportement.
Rassemblez le gravier dans les sacs et chargez le sur les chariots. Cela vous fera les épaules.
Vous m'avez l'air bien mal au point, Landstorm. Un peu d'exercice vous fera le plus grand bien, héhé.


La paresse s'est bien fixée en lui, Balty, j'en aurais presque l'impression qu'elle a élue domicile dans les plus profonds recoins de son âme. Un bon indicateur de l'état de délabrement dans lequel son esprit doit être actuellement.

Existe-t-il spectacle plus hypnotisant et poétique que celui d'un trop fier cuirassé lentement dévoré par les abysses ?
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Benjamin Landstorm
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Hier à 12:40

Brixius papillonnait depuis qu’il avait l’opportunité de sortir. Cet homme goutait au plein air à nouveau. Sa jaunâtre bile semblait se vivifier et prendre une teinte plus proche de la pisse de cormoran. Il commençait également à s’agacer de voir le Landstorm si amorphe et lui injecta donc une nouvelle onde pernicieuse chargée d’avarice.

- Gros poulet paresseux ! Montre nous donc la vile avarice de ceux de ton espèce. Roule toi donc devant nous pour espérer glaner le prix d’une maigre pitance.

Landstorm, dépourvu de mer, ne pouvait pas vraiment résister à l’insolente capacité de Brixius. En quelques instants, son cœur se chargea d’une avarice lancinante. Il lui semblait devoir dérober et posséder la terre entière. Il commencerait donc par cette prison qui serait la première pierre de sa nouvelle richesse. Avec l’avarice était venue la fourberie et Benjamin feignait toujours d’être le plus paresseux des hommes.

Pendant une journée, il avait analysé avec méthode les hommes cassant des cailloux à ses côtés.

Le second jour, il prit le temps de casser quelques cailloux avec sa lenteur devenue proverbiale au sein de la prison. Il finit par persifler à l’oreille cireuse de Balthazar qui se trouvait non loin.

- Mordiou. Vil cabot, tu m’as l’air aussi pauvre que ta frêle chair le laisse à penser. Tu pourrais au moins servir à quelque chose ici !

Brixius afficha un air mauvais et dévoila l’espace d’un instant une dague à la lame luisante. Landstorm se lustra les incisives de sa large langue.

- Cap de diou ! Je m’en vais faire mes emplettes aussi, soit attentif !

Et ni une, ni deux, il s’approcha d’un groupe de prisonniers un peu à l’écart. En passant près des gardes, il affecta d’être au point culminant de sa paresse. Les hommes étaient bien trop épuisés à la rabrouer sans cesse et le laissèrent passer, convaincus qu’il faudrait donner du bras et du fouet dès que le juge passerait devant le très fatigable marin. Le groupe de prisonniers proche était constitué de trois individus, des hommes à l’air presqu’aussi sournois que Brixius. Ils étaient les individus spécialisés dans la contrebande et fournissaient aux forçats toutes sortes de choses. La monnaie locale était surtout des paquets de cigarettes, aisément dissimulables et très utiles pour tout type de troc. Et ce petit groupe était un peu le fournisseur en cigarettes ce qui faisaient de ces hommes les plus riches de la prison.

L’avare avait donc projeté de dérober ces paquets de cigarettes. Il y avait alors le risque de représailles qui l’avait jusqu’alors retenu. Mais le redoutable Brixius avait quelque peu changé la donne. Benjamin se trouva donc particulièrement confiant.

- Dégage l’marin ! T’as rien qui nous intéresse.
- Mordiou, je viens juste me mettre à l’ombre…

Et le solide marin s’installa sur le sol, la pioche à son côté. Les gardes fermaient les yeux sur le petit groupe de contrebandier, ce qui fait que Benjamin aussi se trouvait à l’abri des regards. Il faut dire que la surveillance n’était pas le point fort de cette prison. Les murs étaient hauts et épais, les sévices réguliers, de telle sorte que la perspective de fuite était mince et laissait à la soldatesque le loisir de se reposer.

Bien rapidement, les revendeurs détournèrent le regard de Benjamin qu’ils avaient trop régulièrement vu paresser de-ci, de là, indifférent aux coups de fouet qui lui tombait sur le râble. Leur inaudible conversation agaça fortement le marin qui était aussi avare en informations qu’en toutes choses. N’y tenant plus, il interpella une nouvelle fois les trois gaillards, après avoir fait un imperceptible signe au Baron de malheur.

- Hey les trois mousses ! Auriez par une cigarette pour s’bon vieux Landstorm ?
- Ta gueule ! T’as quoi a échangé pour ces cigarettes ?
- Bah faut voir, vous avez combien de cigarettes sur vous ?
- On a suffisamment de paquet pour acheter la moitié de l’île, alors parle nous plutôt de ce que toi tu as à offrir.
- Hm. Sacrévindiou ! M’avait l’air d’être trois triques bien dures ! Je veux pas échanger, je veux que vous m’donniez.

Les trois gaillards de regardèrent l’air interdit. L’un d’eux fit apparaître un petit surin qu’il fit tournoyer autour de son visage.

- On sait saigner les baleines ici, tu ferais mieux de te casser au plus vite.
- Cap de diou ! Un mort qui parle !

Les hommes ne comprirent pas cette dernière maxime. Jusqu’à ce que derrière eux, une ombre sournoise ne surgisse. C’était Brixius qui avait profité du détournement d’attention pour se faufiler derrière les trois hommes. En un éclair, il se colla au dos du porteur de surin. La lame du garde s’enfonça alors dans sa gorge dans un bruit de succion terrible. Puis plusieurs coups s’abattirent dans le corps déjà inerte du malheureux. Le sang giclait sur les deux autres vendeurs complètement déconcertés.

- Sens-tu la mort s’infiltrer par ses ouvertures béantes qui font rejaillir ce sang impur qui te sert d’essence vitale ? Maintenant chut… Meurt en silence et avec la fierté de mourir de la main d’un illustre aristocrate, d’un sang bleu si supérieur !

Et tout en parlant, Brixius vit les paupières de l’homme se clore définitivement. Aussitôt il attrapa le surin qu’il planta dans le torse de sa victime et rejeta le tout vers les deux hommes. Benjamin entra donc en scène alors que Brixius avait déjà quitté la scène et s’évertuait à éclater des rocs aussi gros que lui à l’aide de sa pioche.

- HOLA LA GARDE ! VOILA QU’ON ASSASSINE ! VOILA QU’ON TUE PENDANT MA SIESTE !

Aussitôt ce fut le branle bas de combat, les deux contrebandiers jetèrent au sol leurs nombreux paquets de cigarettes en homme qui ne veulent pas être prit pour contrebande en plus de meurtre. Benjamin, toujours allongé, s’en saisit avec rapidité, une lueur béate dans le regard. Les deux hommes rejetèrent ensuite le corps et jurèrent tous leurs saints qu’ils n’y étaient pour rien. Mais ils étaient recouverts de sang et autour d’eux il n’y avait que Benjamin, trop feignant pour une telle entreprise et Brixius, trop zélé pour se détourner de sa tâche.

On embarqua donc les deux hommes qui protestèrent un temps avant de se voir rouer de coups et de perde aussitôt l’envie d’hurler.

Ce qui laissa amplement le temps à Benjamin de contempler son butin. Il y avait là assez de paquets de cigarettes pour constituer un nouvel empire du crime. Il se pourlécha les babines mais cela ne dura qu’un temps. En effet, l’avarice qui l’animait s’échappa bien vite. Il se retrouva donc devant des paquets qui pour lui ne représentaient rien, il les jeta donc dans un grognement sous le regard ravi de Brixius.

Et quelques instants après, une main fines et jaunies emporta toutes les richesses…


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