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 Gazole
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Derrick Oletto
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Dim 16 Avr 2017 - 13:12

- Rien à faire Merco, j'peux pas bouffer. J'aurais jamais pensé utiliser un jour c'quatre mots dans cet ordr' là, mais j'maintiens : "j'peux pas bouffer".

Paie ton affectation en papier mâché. "Tu verras Oletto, au sultanat des Pétales, les filles sont jolies, le paysage est radieux, et les mets qu'on te confectionne ont des saveurs inconnues du monde entier". C'est en tout cas ce qu'on m'a dit quand j'étais dans le bateau en partance pour cette chiure d'île. Ah ça, la saveur des plats, j'y ai pas goûté que je l'ai déjà sur la langue. On l'a tous sur la langue d'ailleurs.

Février 1624, vizirat d'Essence. Après des années de négociation, le G.M est enfin autorisé à envoyer une délégation sur le sultanat. Et quelle délégation, quasiment que des militaires. Paraît qu'on vient apporter "une expertise".  Si on envoie deux divisions de l'élite et une de la scientifique, j'ai bien une idée précise du genre d'expertise qu'on vient fournir. Du genre qui sent un peu la poudre. La poudre, la douce odeur de la poudre putain. D'habitude ça m'esquinte les sinus, mais aujourd'hui, j'en reniflerais pendant des heures. Parce qu'aujourd'hui, ça pue le parfum partout.
Et je parle pas de flagrances subtiles disséminées ici et là partout dans le vizirat. Nan, nan, nan. Je parle d'un putain de mélange chimique qui nous oblige tous à foutre un mouchoir sous le nez si on veut pas tourner de l'œil.
Parce que ce qui a aidé le Sultan à se décider à laisser le G.M entrer avec ses gros sabots par chez lui, c'est l'explosion successive de trois containers dans une parfumerie du vizirat d'Essence. Allez savoir pourquoi, le conseil cinq étoiles s'est imaginé qu'on s'amusait ici à faire des armes chimiques en douce. D'où la brigade scientifique pour faire un rapport et l'élite en escorte.

Partout dans ce merdier de vizirat, c'est brumeux, opaque, ça attaque la gorge, et pire encore, ça pourrit le goût de la bouffe. On est partis pour rester une bonne semaine à carburer juste à l'eau plate et aux rations de survie. Hourra.

- Agad' moi ça Merco ! Y'a pas une gonzesse dehors. Toi qui jurais qu'par ça pendant toute la traversée. J'te r'tiens toi. Y'a personne. Y'a juste nous : trois cohortes de mâles surarmés.
Juste entr' hommes, c'est pu le Sultanat de Pétales, c'est l'Sultanat des pé...


- Sergent Oletto !

Alors que je suis occupé à tousser - parce qu'on tousse comme un beau diable chaque fois qu'on l'ouvre avec ce foutu gaz qui nous égratigne la gorge - le lieutenant enchaîne vite fait avant d'écoper de la même toux.

- Vous trouvez cinq hommes et vous me fouillez toute la ville s'il reste des planqués. On a ordre de faire évacuer tous les civils le temps de l'inspection.

Cinq hommes ? Je me tourne vers mes petits camarades. Entre ceux qui font semblant de bosser, ceux qui sont à l'infirmerie à force de respirer cette merde de parfums mélangés qui pique même les yeux, ceux que le lieutenant a dépêché pour désinfecter avec l'aide de la scientifique, j'aurais plus vite fait d'y aller tout seul que de trouver des volontaires.

- J'trouv'rais pas l'compte lieut'nant.

- Eh bien piochez dans l'autre division. Oubliez pas, si y'a des récalcitrants, n'utilisez la force qu'en cas d'absolue nécessité. L'État Major a été clair : pas d'incident diplomatique, on est tout juste tolérés ici.

C'est bien connu, chez l'élite, on marche sur des œufs sans les casser. Bon, je demande au première classe Merco si l'est volontaire, y me hausse les épaules en me regardant avec sa gueule de déterré. Tant de zèle, tant de dévouement, bordel ça met du baume au cœur. M'enfin je vais pas l'accabler non plus. Avec tout ce merdier chimique on n'a pas le droit de fumer ou de boire autre chose que les rations. Et mon bon Merco, sans sa tite clope et son cawa, bah il est vite soupe au lait.
Plus que trois donc. Et faut copiner avec l'autre division si je veux qu'y ait le compte. Je suis un gars vachement sociable, ça tombe bien, mais bon, y'a toujours des casse couilles pour jouer la rivalité entre division et cultiver le sectarisme des bonobos en uniforme. À aller leur demander des hommes, je sens que je vais me faire envoyer chier proprement.

- Dites voir là ! Y'en a qui veulent se soustraire au boulot d'homme et glander en ville voir si y'a du resquilleur ?

Savoir donner envie, c'est aussi savoir formuler. Le lieutenant relève même pas, l'a trop de boulot et je sens bien que lui aussi est pressé de rentrer. J'y aurais pas cru, mais dans toute la petite foule à laquelle je me suis adressé, y'a une paluche qui s'est dressée.

- Y'en a.
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Alric Rinwald
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Lun 17 Avr 2017 - 11:51


J’sais que j’ai enfreint un tas de règles de base de Marines. Mais j’peux pas laisser l’autre division aller foutre ses grosses paluches partout sans me laisser regarder quoi que ce soit, ou orienter légèrement les recherches. Règle numéro une, ne jamais se porter volontaire. Règle numéro deux, ne jamais collaborer avec les autres gradés. Règle numéro trois, ne pas sortir du lot de quelque façon que ce soit.

Autant y aller à fond. J’inspire une grande bouffée d’air à travers le col de mon uniforme.
« C’est pas tout de rouler des mécaniques sur le bateau pendant le trajet, faut encore avoir les couilles de faire le boulot, nan ? »
Mon adresse à la cantonnade manque de passer inaperçu au milieu des quintes de toux, mais quelques gars relèvent. Ils vont direct à la sanction physique quand le chef de la bande, un type qui se fait appeler Turbo, les arrête d’une main sur l’épaule.
« Tu veux faire le malin jusqu’au bout, hein, Angus ? Ca t’a pas suffi pendant le trajet ? On verra bien bien qui tient la route. »
Et là, il s’porte volontaire. J’sais pas si j’suis vraiment jouasse, on est un peu en froid et j’sens qu’il va me coller au cul toute la mission. C’est qu’il doit défendre sa position de mâle alpha sans savoir que dès qu’on termine ici, j’disparais, pouf, comme un nuage de fumée. Deux sbires à lui s’manifestent aussi pour participer au concours de qui a la plus grosse.

Le sergent, il a la plus grosse panse, et j’sais pas si ses p’tits yeux porcins ont capté quoi que ce soit de l’échange, mais il a l’air satisfait d’avoir ses hommes, même si c’est pas vraiment les siens, à part le croque-mort qu’a été le premier nominé. Il lui suffira d’y aller au grade, et vu le nuage brumeux qu’on s’coltine, j’aurai aucun mal à m’absenter quelques instants si nécessaire.

J’retiens un ricanement. Si Pétales savait que c’était un espion du Gouvernement Mondial qui avait fait exploser les containers juste pour nous faire venir, ils tireraient salement la tronche. En l’état, difficile de pas passer pour de dangereux psychopathes vis-à-vis de l’hégémonie. Soit la Marine vient faire un tour pseudo-diplomatique, soit on organise une visite vachement moins pédagogique.

Deux scientifiques se séparent de leur bande à eux et, coup d’bol, on a tiré les nanas. V’là que les autres Marines regrettent de pas s’être portés volontaires, et vu les morceaux, c’est bien fait pour leur gueule. On est coupé de notre observation totalement innocente par le gros.
« Féloches, les volontaires. Maint’nant, l’est temps d’partir en b’lade et trouver si des p’tains d’cons d’civils sont encore là. Plus vite ce s’ra fait, plus vite on s’barr’ra d’ici. »

Son Lieutenant ressort de la brume avec une armoire à glace en armure lourde. Le genre totalement passé de mode, mais quand même intimidant, avec les petites plantes dessus. Doit pas être pratique pour les câlins.
« Sergent Oletto, voilà le Garde des Ronces Allone. Il vous guidera et s’assurera que nous ne commettons pas d’impair par… accident.
- Super, une nounou. J’ai t’jours rêvé d’avoir une nounou ‘vec des grosses lo…
- Sergent !
- P’don Lieut’nant. »

Hop, un autre surveillant, comme si l’autre connard me suffisait pas. J’porte la main à ma poche de poitrine pour sortir une clope, avant de me souvenir qu’on peut pas. T’façon, j’suis sûr que le parfum ambiant gâcherait le goût.

« Allez les volontaires, vu vot’ entrain, vous d’vez vouloir courir là-bas. Mais on va marcher quand même. C’par où, Ronces ?
- Avant d’aller en ville, rappelez-vous que le moindre écart de comportement provoquerait un accident diplomatique grave et que je ne pourrais dès lors plus assurer votre sécurité. »
Il a pas l’air tellement dérangé par le gaz, lui. Ils doivent avoir un truc sous le casque, ou ils ont muté, j’sais pas. Notre sergent s’en laisse pas compter, en tout cas.
« T’inquiète, Pot d’fleur, on t’suivra à la trace. Tout pour s’tirer au plus vite de c’trou horrib’. »
Le chevalier se pause quelques instants, et fixe son absence de regard sur Oletto, avant de se retourner et partir à grands pas. J’suppose qu’il va nous amener là où on doit aller, donc on tombe tous dans le rang. Merco colle aux foulées de son chef, Turbo et ses larbins collent aux scientifiques et j’marche à l’arrière, ravi de me faire un peu oublier.

Du brouillard émerge finalement un ensemble de gravats et de morceaux un peu plus gros, que du fracassé. Les collègues des bureaux y sont pas allés de main morte. Plus qu'à trouver ce qui me faut et gentiment guider mes petits camarades dans la bonne direction. On y voit pas à dix mètres, on aura qu’à suivre un fantoche ou quoi.
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Derrick Oletto
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Mar 18 Avr 2017 - 11:08

Alors, sans entrer dans les mathématiques appliquées : moi, plus Merco, plus l'autre Angus, plus le Turbo et ses deux larbins, plus les deux greluches à lunettes, ajouté à ça le sémillant et discret chevalier des sconces, on n'est pas cinq là.
Mieux vaut trop que pas assez y paraît. Seulement, entre l'autre connard de milicien en armure et les brêles de l'autre division qui se gueulent dessus comme des putois, si y'a des tireurs embusqués qui sont restés, on va plus ou moins leur faciliter le travail. Si j'avais voulu bosser avec des gens-foutres j'aurais pointé à la régulière putain.

- Bon, vu que j'me r'trouve avec toute une troupe, on va établir un plan d'marche.

- Généralement, le plan c'est de mettre un pied devant l'autre non ?

Ooooh ! Une impertinente de la scientifique. Ça a des mèches grisonnantes, une gueule aigrie et le tout planqué derrière une paire de lunettes. Elle aurait marqué "je suis imbaisable" sur son uniforme que ça aurait pas été plus clair. Sa collègue est guère mieux. Une basanée aux lèvres gercées et au regard mort. Au moins elle, elle la ferme. J'en attends pas moins de cette engeance là.

- Angus ouvrira l'marche. Le première classe Merco et moi-même on s'ra juste derrière. Ensuite, ces dames rest'ront côte à côte, un troufion sur leur flanc droit, un sur leur flanc gauche pour les encadrer en cas d'attaque, pis le sieur Turbo clôtur'ra la marche. On est bons ?

- Et pourquoi c'est moi qu'ouvre la marche ?

De Dieu. Même pas cinq minutes qu'on m'a mis tout ce beau monde dans les pattes que je sais pas lequel d'entre eux j'ai le plus envie d'esquinter à coup de gnon. On n'a pas commencé la ballade qu'on discute déjà mes ordres. Comme si ça suffisait pas, y'a l'autre chieuse de tout à l'heure qui commence à se montrer hystérique, à me demander pourquoi y faut qu'elles soient encadrées par des gars de l'élite toutes les deux. Au milieu des doléances, je demande à l'oreille de Merco si y s'y connaît en procédure disciplinaire au cas où je buterais un officier de la scientifique. Y me fait non de la tête. Dommage.

- Parc'que Angus, on n'aime pas trop les mouettes à flagrance-city, ni où que ce soit d'autre sur cette île d'ailleurs. D'ce fait, l'est pas total'ment exclu qu'on nous ait pas laissé une ou deux petite mines anti-personnelle en guise de cadeau de bienv'nu. Et si ça pète, je préfère que ce soit quelqu'un d'autre que moi qui prenne.
Ce quelqu'un d'autre, c'est vous.


Qu'est-ce qui voulait que je lui réponde ? Qu'il avait l'air d'avoir de bons yeux et que c'était plus judicieux qui soit en première ligne pour scruter le terrain ? Faut un type devant, y se trouve que c'est un type, donc je le mets devant. On bosse dans l'élite bordel, on va pas s'embarrasser de calculs compliqués.
Y me tire une moue pas bien satisfaite. Ça a l'air de l'emmerder que je le foute en tête de peloton. Enfin, y conteste pas plus, c'est tout ce que je demande. On va enfin pouvoir se mettre en ma...

- Et où suis-je censé me placer au juste ?

Ah merde, la boîte de sardine piquante. Je l'avais oublié celui-là.

- Toi tu t'démerdes.

Voilà un ordre comme j'aime en donner : simple, intelligible et fonctionnel. Franchement, on me fout un commissaire politique sur le dos et faudrait en plus que je lui dise quelle position choisir pour mieux nous fliquer ?

C'est le nez collé à mon mouchoir que je fais signe à Angus de décoller. Y pue ce putain de mouchoir, lui aussi l'est imprégné de toutes ces chiasseries d'effluves. On tousse tous comme des damnés en nous traînant dans les rues vides du vizirat. Heureusement qu'on tousse d'ailleurs, sinon j'en chierais comme un rat mort pour suivre notre éclaireur à la trace.
Qu'est-ce qu'il a à marcher aussi vite ? On a bien failli le perdre de vue au moins trois fois depuis qu'on est partis.

- Oh Angus ! Ralentis !

- J'ouvre la marche, j'instaure le rythme. Comme ça que ça marche et pas autrement.

C'est qui m'enverrait presque paître ce con. Et là-dessus y'a le pisseux en armure qui vient me suriner. "Si on le perd de vue, vous devrez en assumer la responsabilité". Et le pire, c'est qu'y me sort ça comme si ça m'impressionnait ou que j'en avais quelque chose à carrer. Le père Angus on pourrait le paumer dans le brouillard chimique que j'en aurais rien à secouer. On lui trouvera de la place sur une stèle dans son bled natal pour y inscrire "disparu en mission" et c'est marre.
Seulement, y paraîtrait, d'après monsieur le chevalier, que ce serait un grave incident diplomatique si un seul d'entre nous échappait au contrôle des autorités du sultanat. Ouais, ouais, il a bien dit "Incident diplomatique". Les types font péter quatre containers de produits chimiques, y montrent des signes de tensions belliciste à l'égard du G.M tous les mois, mais si on paume un pelé dans leur patelin, c'est nous qui commettons un impair. Heureusement qu'y a des piques sur son armure, sinon ça ferait une paie que je l'aurais cabossée.

- SULTANAT INDÉPENDANT !!!

Personne a jamais dit le contraire. Pis c'est qui le con qui a gueulé ça ? Je me retourne, et là, ma formation a été brisée. Pas qu'un peu. Faut dire qu'avec tous les coups de feu qui viennent de pleuvoir d'un coup, on a des circonstances atténuantes. Le Turbo, il est zoqué. Une balle dans le dos, et ça a fait son affaire. Ses deux hommes y tirent un peu partout, mais en fait y savent pas ce qui visent.
Ces putains de vapeurs de parfum sont tellement opaques qu'on y voit pas à cinq mètres devant nous. Et comme de bien entendu, les greluches de la scientifique sont à terre les mains sur la tête. Nan mais sérieusement, pourquoi on m'a refilé ces boulets ?

- Merco ! Faut s'foutre à l'abri ! Trouve un bâtiment, j'te couvre. T'es avec moi ?

Ah bah non. Là Merco il est plus trop avec moi. Serait plutôt avec le bon Dieu à l'heure actuelle. Lui aussi, flingué dans le dos. Ça veut dire qu'on est encerclés. Au point où on en est, un impair de plus ou de moins...
Pendant que les deux matelots vident toutes les cartouches dans le vide.. Ah non, rectification, tandis que l'unique matelot qu'y me reste tire à l'aveuglette, je traîne les deux binoclardes jusqu'au porche de ce qui doit être une épicerie. Un bon coup d'épaule et on s'engonce là-dedans. Y'a même ce fumier de chevalier aux ronces qui nous emboîte le pas. Y'a pas à dire, c'est toujours les meilleurs qui partent en premier, lui je sens qu'y va nous rester sur les bras encore longtemps.

- Vite ! Vite !

Qu'elles crient les deux morues de la scientifique. Elles pensent qu'en disant ça, le matelot qu'est resté pour nous couvrir sera plus rapide pour nous rejoindre. Pas plus rapide qu'une balle en tout cas. Tout du moins, pas plus rapide que celle qui lui a perforé le crâne avant que les coups de feu s'arrêtent.
Dans ce Fog multicolore dont les émanations foutent la gerbe à chaque respiration, y'a des ombres qui ondulent. J'entends des bruits de pas rapprochés, des murmures. Y courent dans tous les sens. Doivent chercher à cerner l'épicerie, c'est ce que je ferais si j'étais eux.

- Quelqu'un a vu si Angus s'est fait buter ou non ?
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Alric Rinwald
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Dim 23 Avr 2017 - 12:15


Dès le début des coups de feu, j’me jette au sol avec le Tekkai, des fois que ça fasse la différence. La première salve vole au-dessus de moi et j’perds vite le fil de ce qui arrive aux autres. Dans cette saloperie de brouillard, faut croire que les locaux non plus n’arrivent pas forcément à bien viser. On remercie les Dragons célestes pour leurs menues faveurs et on s’attache à sortir de cette merde.

Digne d’un entrainement au BAN, je rampe au sol dans la direction approximative des tirs. J’espère que les autres vont survivre, sinon ça va être dur de leur faire visiter le Sultanat. J’me colle à un tas de gravats, juste une forme sombre parmi les autres, quand j’vois du mouvement. Un type avec un fusil passe à quelques pas de moi, un de ses collègues un peu plus loin, indistinct. Vu comme ils tiennent leurs armes, toujours en joue, ç’a pas l’air fini.

J’me redresse doucement, et j’les suis, plié en deux. Dur d’être silencieux sur un sol inégal qu’on voit à peine, mais toute leur attention est dirigée vers l’avant. Ils décrochent pas un mot, mais quelques idées me viennent. Ma main se plaque sur la bouche de celui qu’est le plus en retrait, et mon couteau se glisse entre ses côtes pour taper direct le palpitant. J’laisse le surin pour attraper le canon du fusil et éviter qu’il tombe au sol.

Après quelques spasmes, son corps se détend et j’le laisse doucement glisser au sol avant de récupérer mon arme. J’garde la sienne, au cas où. Le mec devant fait un signe de la main, auquel j’réponds d’un air assuré. Il doit même pas voir que j’suis en bel uniforme Marine, de là où il est. Dès qu’il se retourne, j’accélère. Alerté par un bruit ou quoi, il tourne la tête et j’vois son regard surpris et sa bouche ouverte quand ma lame s’enfonce sous son bras et que j’l’étreins.

J’me laisse tomber au sol avec lui, puis j’le laisse finir de se vider de son sang en avançant dans la même direction. J’espère qu’il m’a bien indiqué, sinon j’risque pas de retrouver les autres. Mais mes inquiétudes sont vaines, et les autres assaillants se dessinent bientôt de loin. Ils sont tapis derrière des débris, leurs armes à feu pointées vers un petit bâtiment qui paye pas d’mine et dans lequel mon groupe a dû se réfugier.

Va p’tet être un peu dur de tous les dézinguer et planquer leurs corps, en fait, surtout qu’ils tirent régulièrement dans la direction de mes p’tits camarades.

« Ah, te voilà, t’as pas vu… »
J’me retourne en sursaut pour voir un combattant de Pétales beaucoup de près de moi. Dans le brouillard et le chaos, j’l’ai pas entendu arriver. Il doit m’prendre pour…
« Hé mais, t’es pas… ALERTE ! ALEEEEER… »
J’me jette sur lui dans un furieux corps-à-corps. Il esquive le premier coup de surin en se jetant en arrière, pare le second avec son fusil. Bien ma veine, de tomber contre un type qu’a des réflexes et qui gueule comme un putois. Ses petits copains se tournent vers moi et essaient de viser, mais ils ont pas moyen d’avoir une ligne de tir potable, dans le brouillard, et vu comme on gigote.

J’essaie de le maintenir entre eux et moi, mais il est pas très coopératif. Des coups de feu continuent de retentir régulièrement pour empêcher ma joyeuse troupe de sortir de la cabane où ils sont réfugiés, pendant qu’un mec se rapproche de mon furieux duel. Deux bang retentissent tout d’un coup plus loin, mais j’suis trop occupé pour regarder.

J’ai enfin réussi à égratigner la cuisse de mon bonhomme, en loupant la fémorale malheureusement. Il boitille salement, et ça m’suffit pour lui coller au train. J’lui choppe le poignet et j’le fous devant moi juste à temps pour qu’il bouffe la balle de fusil qui m’était destinée. Le tireur, à trois mètres de là, jure et recharge.

J’jette le cadavre au sol et j’me jette moi-même sur l’indépendantiste. Son fusil tire au sol, complètement à côté, dans la panique. Il a une tête de gamin pleins d’idéaux. Dommage pour lui, mais les idéaux, c’est pas top comme armure. Comme j’me suis retourné, j’vois derrière le gros sergent qui s’bat avec les types qui le coinçaient dans la maison. Il est aidé par le chevalier aux fleurs, qui agite une grosse épée façon espadon. Avec son armure, les balles ricochent p’tet, remarque.

J’finis mon bonhomme en même temps qu’Oletto, et tout d’un coup, il en reste plus qu’deux, aux prises avec les deux patrons. Vu que le sergent a pas tué le sien, il doit vouloir le garder en vie. Notre nounou se pose pas ce genre de questions, vu les endroits où il vise avec son bout de fer. J’ramasse un fusil par terre, le plus proche, et j’le recharge rapidement en suivant l’évolution des combats.

Celui contre le chevalier a de plus en plus de mal, commence à paniquer, on dirait. J’mets en joue et j’vise soigneusement l’adversaire d’Oletto. Au moment où, dans une botte élégante, Ronces décapite son bonhomme, j’fais feu. La balle transperce son poumon, et il tombe quand en même temps la grosse paluche de Derrick le claque.

Puis j’m’approche en courant, l’image-même du Marine fier de lui.
« P’tain, soldat, j’voulais l’interroger !
- Hein, quoi ? Pardon, Sergent, j’pensais que vous étiez en danger…
- Maint’nant, pas moyen d’savoir c’qu’ils foutaient là.
- Il s’agissait de rebelles, intervient Pot-d’fleurs.
- Z’étaient p’tet liés à l’explosion.
- Nous ne le saurons jamais, je présume. Je vais faire diligenter une enquête dès que possible, nous rassure le chevalier.
- S’per, à tous les coups ça va bien nous avancer. »

Le gros fulmine. L’est temps que mes efforts portent leurs fruits.
« On devait évacuer les civils, sergent, mais j’ai entendu un des rebelles parler d’un coin qui s’appelle Verminia, qu’ils devaient y retourner ensuite ou j’sais-pas-quoi. Ça vaut p’tet le coup de… ? »

La tête du chevalier se tourne brusquement vers moi. Doit pas être jouasse sous son casque. Les yeux d’Oletto, eux, brillent d’une lueur mauvaise.
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Derrick Oletto
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Jeu 27 Avr 2017 - 15:05

L'escargophone est raccroché. Faudrait que je tire une gueule un peu plus réjouissante, mais franchement là, c'est pas la joie.

- Alors qu'est-ce qui se dit ?

Y se dit que ça chie dans son froc au campement. Les tauliers qui nous ont envoyé s'étaient attendus à un ou deux tireurs isolés, pas à une milice organisée. Putain d'ingrats, on vient pour pour les aider avec leurs problèmes de parfumerie en plus. Fais du bien au Sultan il te chiera dans les dents. Bien sûr, le brave Sultan y nie toute implication. "C'est des actes isolés, blablabla." Des actes isolés avec des formations militaires et des fusils neufs. Prends-moi pour un con tiens.
Mais paraît qu'en hauts lieux ça veut pas provoquer d'incident diplomatique. Donc après que quatre des nôtres se soient fait gentiment zoquer, y nous reste plus qu'à nous pencher en avant, nous la faire mettre bien profond et dire merci en bout de course. J'appelle ça se faire enculer, à l'état major y z'appellent ça la "politique".

- Y veulent qu'on rentre. Sont encore en plein préparatifs d'inspection.

La teigneuse et sa copine la bronzée poussent un "ouf" de soulagement. Pas des vaillantes celles-là. Et dire que quatre de l'élite se sont pris des bastos pour que ces pétasses puissent continuer à palper le fric du G.M à ne rien foutre. À part inscrit sur les manteaux des hauts-gradés de la marine, y'a pas de Justice en ce bas monde.

- Dooooonc....?

L'a l'air d'y tenir le père Angus à sa piste de Verminia. Si t'avais tes galons comme tous les gens raisonnables, tu pourrais donner des ordre. Mais t'es juste un troufion mon gars. Donc comme le veut le théorème de la hiérarchie militaire, si t'es pas content tu peux aller te faire politiquer.

- Donc on les z'emmerde.

Je me doutais bien que j'allais surprendre. Notre beau chevalier décroise les bras et se redresse vivement du banc sur lequel y s'était posé. Quant aux deux pisseuses, elles couinent, elles chouinent, bref, elles me les brisent déjà. Pas de surprise de ce côté là.

- Ho... Hors de question ! On suit les ordres et on rentre au campement ! Des types comme tout à l'heure, il doit en rester plein ! On rentre, on rentre, on rentre !

Putain d'hystéro. Quand on est armé, on chiale pas sur son sort et on fait pas sa mijaurée. Nan, on sort son arme et on se prépare à tirer. Où qu'elles ont été formées celle-là ? Leur plus belle perspective d'avenir dans le cadre militaire c'est de servir de cible mouvante. Pas parce qu'on est à la scientifique qu'y faut pas avoir de couilles.

- T'veux rentrer ?

Que j'lui dis pépère avant de lui montrer la direction d'où on est venus du doigt.

- Bah t'as juste à suivre la route. On t'retient pas.

Ah ! Bizarre ! Elle part pas ! Non, elle baisse la tête et elle chiale. Tant mieux, elle pissera moins, on n'aura pas à s'arrêter en chemin comme ça. Courageuses comme elles sont nos donzelles, elles doivent se résigner à nous suivre.

- Pleure pas Larmina, on va s'en sortir.

Sa copine a l'air moins conne. M'enfin elle devrait pas non plus lui faire des promesses qu'on peut pas tenir. Parce que si j'ai décidé de me torcher avec les ordres, c'est pas parce que je suis un rebelle, mais plutôt parce qu'on peut plus rentrer. Je me doute bien qu'on nous a coupé la retraite. On fait demi-tour : on est morts. Le gros de la milice nous attend sûrement derrière nous, nous reste qu'à aller de l'avant dans la fournaise. Verminia donc.

- Sergent Oletto, vous mesurez pas les conséquences de vos actes. Votre boulot c'était juste d'inspecter les environs. C'est fait, on rentre. Prendre des libertés comme ça, ça va juste créer un incident diplo.... *BONK*

"BONK" que ça fait quand on met un coup de poing dans un heaume. Comme quoi on en apprend tous les jours. Putain que ça fait mal. Faut pas que je laisse transparaître la douleur sinon je vais bien avoir l'air con. Mais j'en pouvais plus. Depuis qu'on est ici j'ai développé une forme d'allergie aux mots "incidents diplomatiques". On peut plus larguer une caisse sans avoir au préalable signé un traité entre le G.M et cette chiure de sultanat. À la longue, ça use les nerfs. Et qu'on me parle de politique à moi, un militaire, c'est le pompon. Quand on sait utiliser la poudre à bon escient, on n'a pas besoin d'apprendre la diplomatie.

- Nom de... Vous savez ce que vous venez de faire ?! Vous vous en êtes pris à un soldat du sultanat. Il en faut pas plus pour débuter une guerre !

Y sort les tambours de guerre mais y dégaine pas son épée l'autre grand con. Faut croire que son armure pare pas les balles et qu'il a bien compris que je suis aussi bon tireur qu'il est casse-couilles.

- Dites sergent, vous avez bien écrit dans vot' rapport qu'on avait subit cinq pertes non ?

Angus à la rescousse. Y joue du surin en faisant filer sa lame entre les doigts. Vu comment y regarde notre bon ami le chevalier, je suppose qu'on est sur la même longueur d'onde. L'a un bon fond finalement celui-là. C'est rassurant de se dire que je suis pas entouré que de connards.

- Vous n'y pensez pas...

Qu'y dit tout timide.

- J'dois admettre que j'y songe un peu plus à chaque fois qu'vous l'ouvrez. P'têt' que vous d'vriez la foutre en veilleuse. Juste pour voir si ça vous sauve la vie. Enfin j'dis ça...
c'est pour vous hein.


Si ce n'est le bruit métallique de la boîte de sardine dans laquelle il est enfermé, notre glorieux chevalier courbe l'échine et la met en sourdine. Comme quoi suffisait de demander.
Son armure par contre, avec le boucan qu'elle fait, je m'étonnerais pas qu'on se fasse aligner à cause de lui.

- Donc tout le monde est d'accord pour aller à Verminia. Ça fait plaisir.

Ça fait surtout plaisir à Angus j'ai l'impression. Je dis ça parce que j'ai vu un petit sourire satisfait. Furtif le sourire, mais sourire quand même. Un drôle de gus ce mec. Bon, le sultanat de Verminia est connexe à celui où on se trouve. Y'en a pour quinze bon kilomètres avant qu'on y débarque. En route joyeuse troupe, on est partis.
Me demande si ça pue autant le parfum là-bas. Parce que vraiment, on se fait pas à l'odeur.
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Jeu 18 Mai 2017 - 21:25

Il nous faut pas long pour nous approcher de Verminia. Le nom est pas très engageant, mais j’suppose que c’est voulu pour un coin expérimental. Si j’devais me baser sur des clichés, les types qui bossent là-bas doivent mourir à quarante piges en crachant le dernier bout de poumon qu’il leur reste, et qui ressort bien noir. Ou arc-en-ciel, vu les trucs bizarres.

Le Chevalier marche devant nous en jetant fréquemment un regard en arrière. Il doit avoir peur de prendre un coup de couteau ou de tatane à l’improviste quand on n’aura plus besoin de lui. J’jette un coup d’œil vers le gros pour voir si c’est à ça qu’il pense. On dirait pas, mais c’dur à dire dans le brouillard dégueulasse qu’on s’coltine.

D’ailleurs, notre babysitter pourrait nous emmener où il veut, au final, on n’en saurait rien. C’est sur cette pensée peu rassurante que les constructions dégueulasses de Verminia sortent petit à petit de la brume et déclenchent un soupir collectif. Les deux scientos continuent de trembloter avec nous. J’regrette un peu qu’elles nous aient suivis, on va devoir continuer à se les coltiner. On irait plus vite avec juste le sergent pour bourrer et moi pour lui dire où aller.

M’enfin, vu comme elles font potiches jusque-là…

De près, Verminia est vraiment moche. Ce sont d’immenses containers empilés les uns sur les autres. Les étages les plus hauts se perdent dans les nuages bas qui rôdent. J’me rends compte qu’on risque de croiser des vrais gens pour de vrai, ce qu’on avait plus ou moins esquivé jusqu’à présent. Et qu’avec nos sapes du Gouvernement Mondial, on serait pas forcément bien vu. Oletto s’dit la même chose, il claque des doigts.

« Vire ton haut, matelot.
- Euh, c’est vraiment le moment ? Demande une des scientifiques. »
J’m’exécute avec la bonhommie naturelle du Marine un peu concon qu’obéit à n’importe quel ordre. Puis j’me retrouve en marcel, comme mon supérieur hiérarchique direct. Il choppe mon haut d’uniforme, le balance dans le bas-côté, et m’scrute d’un regard critique.
« Mouais, ç’passera. Pareil pour vous, les scientos.
- Quoi ? Mais c’est hors de question que nous…
- V’préférez v’balader seules déguisées en Marines en territoire ennemi ? Moi j’vous trimballe pas, v’démerdez sinon. »

Elles s’regardent, puis en arrivent rapidement à la seule conclusion possible. Tout ce temps, le Chevalier des Fleurs nous mate de derrière son heaume, en tapotant la garde de son imposante épée. Quand il voit qu’on est près à reprendre notre route, il se retourne sans un mot et commence à marcher. J’me rapproche du sergent pour chuchoter.
« Dites, Sergent, vous pensez pas qu’il pourrait nous emmener dans un traquenard ?
- ‘Videmment, soldat. Sauf qu’on n’y peut p... »
Il s’interrompt, me jette un regard calculateur avant de mesurer l’autre.
« On pourrait p’tet, euh… Le remplacer. Il nous a amenés ici, mais…
- Si on veut aller dans les coins qu’on veut, il nous amèn’ra pas, heh ? »

Sûrement distrait par nos bavardages, notre garde diplomatique commence à s’retourner quand la grosse pogne d’Oletto le choppe par le cou et le traîne sur le côté. Il essaie de dégainer sa lame, mais le Sergent lui fait une clé de bras en récompense de ses efforts. Une fois au sol dans une ruelle, avec l’obèse assis sur son dos, il tempête.
« Je vous somme de me relâcher tout de suite ! Votre comportement en tant qu’envoyés diplomatiques est inacceptable, et soyez certains que le Sultan, ainsi que le Gouvernement Mondial, seront mis au courant dès que…
- Ta gueule. »

J’dévisse le casque pour dévoiler le visage de notre gentil camarade. Les ronces m’ont foutu des épines pleins les doigts, et j’saigne un peu quand j’applique ma main sur sa bouche pour l’empêcher de gueuler au monde entier.
« Faut tout faire soi-même, grommelle Derrick. »
Il lâche le bras du Chevalier puis, bien plus rapidement qu’on pourrait s’y attendre d’un homme de sa corpulence, enserre sa nuque et donne un coup sec. Dans un craquement tout à fait satisfaisant, celle-ci se brise et le gardien arrête de se débattre aussitôt.

« Angus, tu mets l’armure. »
L’est plus balaise que moi, que j’veux ergoter, mais c’est ni les scientifiques, ni, évidemment, Oletto, qui vont pouvoir rentrer dedans. On s’y affaire une bonne demi-heure, à s’débattre avec les attaches, et tout ce qui permet d’équiper une armure intégrale. Dedans, j’ai une sensation bizarrement hybride. D’un côté, j’flotte manifestement dans l’équipement. De l’autre, j’me sens hyper restreint. Ça s’entrechoque, aussi, dès que j’bouge. Au moindre pas, l’épée s’fout dans mes pattes.

Enfin, j’ose espérer que les Chevaliers des Ronces ont le droit de se balader partout à Verminia. Ça serait dommage que j’cliquète comme ça pour un rien. J’marche de paire avec le Gros. On va bien trouver un coin classé secret défense interdit zone militaire scientifique recherche. Un truc avec des très gros panneaux.

J’vois queud’ à travers le heaume.
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Ven 19 Mai 2017 - 15:47

Ayons l'air naturel. C'est un vœu pieu plus qu'une directive, mais ayons l'air naturel. Ce sera moins compliqué qu'on le croit. On fait tâche c'est vrai, mais bon, une tâche sur une trace de merde ça se repère pas vraiment.
Ouais ouais, "de merde", parfaitement. Merdique ce sultanat ? Pas qu'un peu. Déjà, premièrement, pour commencer : c'est moche. Alors c'est sûr, je suis pas un critique d'art tout désigné, l'architecture j'y bitte rien, maiiiiis, je m'y connais en foutage de gueule. Et des containers empilés les uns sur les autres, c'est pas des bâtiments, faut pas essayer de me faire prendre des vessies pour des lanternes.

Tiens en parlant de lanternes... on est en plein jour et y'en a une chiée d'allumées. C'est pas juste le brouillard là, y'a autre chose. Depuis qu'on est partis, ce putain de ciel a viré du grisâtre au noir corbeau. Je sais pas ce qui sort de leurs usines mais quelque chose me dit que c'est pas à base de tulipe.

- Tu t'en sors grand ?

Que je demande pour être poli. C'est que depuis qu'il a enfilé ce tas de tôle, le père Angus je l'entends se cogner et maugréer en cadence. Un coup "putain" un autre "fait chier", ça va on n'a pas l'air suspect du tout. La fine équipe qu'on fait je te jure...

- Je maîtrise, je maîtrise.

- Ouais ouais, ça s'voit, ça s'entend même.

Qu'est-ce que ce serait si y maîtrisait pas. Parce que bon, qu'y se fasse mal, j'ai envie de dire, c'est son problème. Par contre, qu'on entende un "gong" chaque fois qu'y s'esquinte les rotules contre les jointures, là ça va moins bien aller. C'est que j'en regretterai presque l'autre chevalier. Presque.
La Larmina et sa copine se sont occupées de planquer son cadavre. Les larmes aux yeux qu'elles avaient. C'est bien, c'est le métier qui rentre. Au moins quand elles dépriment elles le font en silence.

- C'est pas la même odeur qu'à Essence.

"Hum ?" que je fais. Dans un conduit d'égout c'est pas évident d'identifier la flagrance du moindre miasme. Mais maintenant qu'y le dit, c'est vrai que ça a rien à voir avec ce qu'on respirait à Essence. Là-bas ça attaquait la gorge mais y'avait un fond de pisse aromatisé à la jacinthe ou je ne sais quelle merde qui faisait qu'on identifiait bien le parfum. Ça, c'est pas du parfum. Des passants qu'on a croisés, y'en a pas mal qu'ont un masque à oxygène sur la tête, d'ailleurs, le casque de l'Angus en était équipé à l'intérieur.
Attends une minute y'a quelque chose qui me revient... Faut que je me rappelle du briefing de la mission, y'avait un truc sur Verminia à un moment. Allez cerveau, un petit effort.
Alors... "Messieurs c'est une mission inhabituelle qui requiert beaucoup de doigté et..." blablablabla, "Nous travaillerons en collaboration avec la marine scientifique, soyez extrêmement prudent car..." rànàfout' "Parmi eux, le vizirat d'Essence où nous stationnerons et celui de Verminia où sont manufacturés de nombreux pesticides". Bingo.

- Ici ça pue pas à cause d'un accident. Y fabriquent des merdes pour zoquer les rats, les z'insectes, ce genre de trucs.

Devant mon érudition savante, Angus y fait signe de la tête comme quoi l'a pigé pis y se retient de gueuler après d'être cogné dans le heaume. Et voilà t'y pas que l'autre morue elle s'incruste dans notre conversation.

- C'est pas des pesticides.

- Qui t'a bombardé spécialiste toi ?

J'aurais bien ajouté "connasse", mais bon, je représente plus ou moins l'autorité, faut que je me comporte comme un chef. Sergent quand même, c'est pas un grade à prendre à la légère.

- Marine scientifique, vous vous souvenez ?

Ah merde, j'avais complètement oublié. C'est qu'elle et sa copine nous servent tellement de boulet que j'avais peine à croire qu'elles puissent servir à autre chose que nous ralentir entre deux fusillades. Marine scientifique... C'est un argument qui se tient.

- Eh bah quoi ? Font des parfums eux aussi ? La belle affaire.

Là-dessus notre chevalier des ronces y s'arrête net en regardant sur sa droite.

- Pas des parfums non plus.

Et là, qu'est-ce qui vient vers nous ? Une petite cohorte d'emmerdeurs en armure épineuse. Si je m'étais douté qu'on fabriquait les connards en série je me serais débarrassé du moule pour commencer. Vu la formation, y viennent pas pour nous appréhender, juste nous interroger. Se balader en marcel ça avait l'air d'être une bonne idée sur le papier.
Les voilà qu'y s'approchent tous les six. Et ça marche en cadence, et ça fait un putain de bruit à chaque fois qu'y posent le pied au sol. Enfin ça se stoppe quand y font halte devant nous.

- Aucun civil n'est admis ici. Vous ne sentez pas que l'air est saturé de pesticides ?

Comme y sont attentionnés, c'est chou. J'avais pas compris sur le coup quand Larmina et Angus dissertaient de la merde qui flottait dans l'air, mais maintenant que je vois des militaires patrouiller et s'empresser de nous éconduire, je commence à avoir une petite idée de ce qu'y se trame par ici.

- Exceptés les scientifiques.

Sur le coup, ni Angus ni moi on a réagi. Merde, la petite brune toute discrète qui nous colle aux basques depuis le début s'est décidée à porter ses couilles. C'est bien ma fille, mais si tu pouvais éviter d'avoir de l'inspiration pile quand on est en infériorité numérique face à des gars armés, ça m'irait aussi bien.

- Expliquez-vous.

Dire qu'on aurait pu s'en sortir en disant "oui monsieur" en rebroussant chemin et revenant par un autre sentier. Et après on se demande c'est quoi la différence entre seconde et première classe... Putain de brêles de la scientifique, y m'auront tout fait. Allez, faut que je trouve un truc pour nous sortir de là. Tu peux le faire Derrick, tu peux le f...

- J'ai pour ordre d'escorter ces trois scientifiques venus de Logue Town jusqu'à leur usine d'affectation.

Tu quoque mi Angus. Arrêtez d'improviser tas de cons ! Vous voyez pas qu'y z'ont des doutes ? Y se scrutent les uns les autres. Et là on va pas s'en sortir avec trois coups de feu et une cavalcade. Au moindre geste suspect on va se manger toute la garde du vizirat dans la gueule.

- Nous n'avons reçu aucune consigne du vizir à ce sujet.

Et là, y'a notre chevalier de service qui lève le bras et qui montre le ciel du doigt. Faut que t'arrêtes avec les gestes brusques Angus, je les sens bien nerveux en face. Pas qu'en face d'ailleurs, Larmina et moi on se jette des regards un peu angoissés. J'essaie de lui faire comprendre qu'il faut qu'elle reste calme, mais comment tu veux transmettre ça en un regard ? Ce qui lui faudrait à celle-là c'est une paire de claque.

- Ça vient d'au-dessus du vizir.

Culotté le gars. Plus c'est gros, plus ça passe y paraît. Si on veut faire passer ça, va nous falloir quelques hectolitres de vaseline, parce que je doute qu'y croient sur parole trois péquenots en marcel et un type qui se cogne dans son armure chaque fois qu'y bouge. Cela dit, z'ont l'air vachement dubitatifs.

- Et vous êtes qui exactement ?

Oh putain ont les a hameçonnés, va falloir la jouer file.

- Docteur Gizenne Hurtica, spécialiste en chimie organique.

- Ah... euh... Larmina Nakova... ingénieur en bactériologie.

Là tout le monde me regarde. Je me demande si ça fait très sérieux pour un scientifique d'avoir les mains dans les poches. Des scientifiques en même temps j'en connais pas des masses. Y'avait bien Végapunk dont j'ai entendu parler, mais il lui est arrivé des bricoles à celui-là, pas trop envie de m'en inspirer à cause de ça.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter comme connerie ?

- Il s'agit de monsieur Landell Falarge, chargé des installations. Étant donné vos avaries du côté d'Essence, on n'est jamais trop prudents.

Laisser mes subalternes faire mon boulot, ça prouve à quel point je suis un bon sergent. La coordination, le travail d'équipe tout ça. Y'a pas à dire je suis un chef d'équipe en or.

- Ouais, ouais, la prudencité c'est mon rayon.

Et comme ça, là, d'un coup, y'a tout le monde qui se braque. Les soldats, Angus, les deux chieuses. Z'ont l'air de croire que mon écart de langage, je l'ai fait à l'insu de mon plein gré. Je suis pas du genre orgueilleux, mais c'est vexant d'être sous estimé par la piétaille.

- Bah quoi ? On peut pu déconner chez vous ? D'ailleurs j'suis tell'ment calé niveau mesures d'précaution que j'me d'mande s'y faudrait pas que j'réfère au sultan de l'absence d'équip'ment d'sécurité pour les usagers.
On entre et on sort du vizirat comme dans z'un moulin, et y'a personne pour nous filer un masque à oxygène. Mon rapport commence bien, moi j'vous l'dis !


Mince, c'est qu'y paniqueraient presque ces cons. Après s'être confondus en excuses et avoir engueulé celui parmi eux en charge des communications, y nous disent de les suivre maintenant qu'y nous ont filé de quoi respirer convenablement.
Quand je pense aux cons qui sont à Essence à récurer des cuves à parfum. Z'ont pas l'air d'avoir bien pigé que les armes chimiques, c'est plutôt par ici que ça se trouve. Dans quelle galère je me suis encore embarqué...





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Dim 4 Juin 2017 - 18:55


J’vais pour essuyer la sueur qui m’perle dans le cou avant de me rappeler que j’vais juste rappeler à tout le monde que j’suis qu’un gros tas de casseroles mal fagotées. Et faudrait pas trop le rappeler à notre Garde des Ronces. D’ailleurs, maintenant que le gros et les nanas sont équipés, on pourrait en profiter pour se débarrasser des autres. Histoire de fouiner tranquillement.

Visiblement, le sergent est sur la même longueur d’onde.
« Maint’nant qu’on est enfin équipé, s’rait temps pour vous d’aller patrouiller pour empêcher qu’n’importe qui s’pointe, nan ?
- C’est qu’il vaudrait peut-être mieux que nous vous guidions dans…
- V’voulez cacher des éléments à charge, c’ça ?
- Non, pas du tout, répond un Chevalier en tressaillant perceptiblement.
- Alors laissez-nous faire not’ métier et allez faire l’vôtre ! »
J’fais un geste de la main derrière lui pour dire que j’m’en charge. Ils hochent sèchement la tête.

Ils partent fissa et nous laissent entre nous. Quand on parle, ça fait un bruit bizarre. Moi, ça résonne, mais eux ont leurs respirateurs-filtreurs, là, pour éviter de chopper des saloperies. Ils ont aussi des badges visiteurs épinglés sur la poitrine. Avec ça, on devrait pouvoir entrer quasiment partout, et y’a justement un bâtiment qu’a l’air prometteur juste en face.
« Sergent, on n’aura pas beaucoup de temps.
- Ouais, ‘vont prév’nir l’grand manitou tout d’suite pour essayer d’éviter l’avalanche de merde. On s’laisse une heure et on décarre.
- Juste une heure ? Demande Larmina.
- Grand max, faudra trouver vite. »

Ils doivent tracer au pas de course pour dire au Vizir que le Sultan a commandé l’inspection surprise des lieux. Le Vizir va soit se coller à nous, soit se renseigner auprès du patron et la ruse sera éventée. P’tet que le Sultan fera croire qu’il inspecte vraiment pour le maintenir en stress. Mais il nous enverra quand même ses larbins histoire d’éclaircir la merde. Ouais, faut vraiment pas qu’on traîne.

Les Scientos commencent à fouiller tout ce qu’elles peuvent, à recueillir des échantillons à tout va. Le Sergent est aussi parti explorer les étages. Il croise sûrement des gens, mais son badge lui permet de circuler partout. Moi, j’ai écopé du rôle à la con, faire le guet à l’entrée, histoire de m’assurer que les gens sachent que le bâtiment est sous contrôle de la Garde des Ronces, qu’ils risquent rien, que c’est officiel tout ce qu’il y a de plus officiel.

J’compte tranquillement les minutes, et il leur en faut une bonne vingtaine pour finir le tour du tas de containers.
« Vous avez trouvé quelque chose, Sergent ?
- J’sais pas, les binoclardes ?
- Notez que nous allons vous reporter pour votre attitude révoltante.
- Ouais, vous gênez pas, tant que vous répondez à ma putain d’question.
- Humpf. Nous avons simplement prélevé des échantillons, il faudrait les analyser en laboratoire pour savoir s’il s’agit d’armes biochimiques.
- Ouais, donc en fait on va ramasser pleins de trucs au pif et prier pour que ce soit les bons ?
- A moins de tomber sur un cahier marqué « Secrets de toutes nos armes biochimiques top-secrètes », oui.
- Merveilleux. Allez, on avance. »

Quelques bâtiments plus tard, il nous reste un bon gros quart d’heure quand on aperçoit vaguement une autre pile de containers, avec deux vigiles à l’entrée. En voyant nos badges, mon beau costume de chevalier et les blouses de chercheurs, bizarrement, ils s’écartent pas. Le gros m’adresse un signe de tête, et j’marche d’un pas conquérant vers eux.

Ils croisent leurs hallebardes pour m’empêcher de passer.

« Dites, on va devoir passer, inspection au nom du Sultan, que j’fais.
- Vous avez les papiers ?
- On a les badges qui disent qu’on peut circuler.
- Ces badges disent que vous pouvez circuler dans les zones de niveau un à quatre. Pas niveau cinq, comme ici.
- Merde, ils se sont gourés de badge.
- Va falloir aller en chercher un nouveau.
- On peut pas faire une exception ?
- Non, il faut suivre la procédure.
- Pas d’souci, on est revenu dans dix-quinze minutes. »

On va pour se retourner tranquillement quand, avec le sergent, on s’jette en même temps sur eux. Le coup du tranchant de la main de Derrick s’enfonce dans le cou sans protection du garde, qui tombe à genoux avant de se faire briser la nuque. Quant à moi, ignorant l’épée que j’ai au côté, j’plante directement un couteau dans l’œil du bonhomme. Que j’loupe, lui égratignant le cuir chevelu, mais l’coup suivant s’enfonce sans encombre dans son palais et transperce le cerveau.

« C’est là-d’dans qu’on trouvera que’que chose ou qu’on trouv’ra queud’. Au turbin. »

On traîne les corps dans l’entrée avant de les laisser dans un coin, adossés au mur. Tant pis pour les traces de sang, on n’a pas trop de temps à perdre. Le labo est heureusement vide, pour le moment. Nos deux scientifiques de choc s’apostrophent en fouillant des documents, en regardant des tableaux marqués à la craie, et en ramassant des tubes à essai dans tous les sens.

Si elles tombent par terre, elle vont tout se renverser dessus, mais faut croire que la science est une vocation dangereuse.

« J’les ai vus entrer là-dedans ! Qu’on entend quelqu’un gueuler de dehors.
- Merde, fait Derrick. »

Merde, ouais.
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Lun 5 Juin 2017 - 14:25

- Peut-être qu'ils viennent juste pour nous dire qu'on n'a pas le droit d'être là.

Peut-être même qu'y viennent pour nous apporter le café et les croissants . Bon sang Larmina, c'est pas permis d'être aussi con. Je fais signe aux demoiselles de se planquer. Ça nous fera des vacances et ça fera toujours ça de dégâts collatéraux en moins si ça barde. Parce que ça va sûrement barder.
À entendre le bruit de ferraille et le pas cadencé, on a l'impression qu'une putain de batterie de cuisine va faire irruption. Rien qu'au bruit on sait qu'y sont trop nombreux pour nous.

- Et évid'mment, pas d'porte dérobée....

Faut pas rêver. Quand bien même on en aurait eu une qu'on aurait sûrement eu des chevaliers par là aussi. J'essaie de réfléchir à un truc. Pas évident d'improviser quand on est désarmé, bloqué dans une souricière et en infériorité numérique. M'enfin je suis comme qui dirait le seul officier. Toutes mes troupes comptent sur moi.
Toutes mes troupes c'est deux gonzesses qui se planquent et un troufion qui est en train d'en chier pour essayer d'ôter son armure. Pourquoi y cherche à enlever son armure le con là d'ailleurs ?

- Foutu pour foutu, autant se mettre à l'aise pour mieux suriner.

- Mon cul soldat. Tu r'mets ton barda, j'ai une idée.

Enfin je crois bien que j'ai une idée. Elle vaut ce qu'elle vaut, et vu que la petite troupe est pas loin de la porte, j'ai pas trop le temps de tout raconter au père Angus. De toute façon y trouverait à redire et il aurait pas entièrement tort, c'est lui qui risque le plus là dedans.
Maintenant qu'il a remis son casque, voilà le moment le moins agréable.

- Cogne-moi, faut qu'ça ait l'air crédib'

Là-dessus y me met une mandale, pis deux, pis trois... mais y va se calmer oui ?! Encaisser des gnons sans broncher c'est pas mon genre, mais faut ce qu'y faut. Par réflexe je lui quand même mets une torgnole pour marquer le coup, tout ce que j'y gagne c'est à m'abîmer la main contre ce putain de heaume. Du reflet que j'arrive à mirer dans sa carapace en acier, j'ai une sale gueule. Enfin une sale gueule en sang tout du moins.

- Ça va tu t'es fais plaisir ?! Va t'allonger 'vec les cadavres des deux aut' zigotos, grouille !

D'un bond, y va s'encastrer au milieu des deux autres boîtes de sardine. Ça fait un de ces boucans quand y s'écrase. J'espère bien qu'y s'est fait mal, que je sois pas le seul à douiller dans l'affaire. Moi aussi je m'allonge d'ailleurs. C'est l'heure de la sieste, on pique tous un petit roupillon spontané. Pis là, paf ! La porte qu'y s'ouvre. Encore heureux qu'on n'ait pas cherché à la sceller de l'intérieur, ç'aurait été un peu plus chiant à justifier.

- Qu'est-ce qui s'est passé ici ?

C'est une question qui se pose quand on voit le cadavre de trois chevaliers empilés les uns sur les autre et un gros en combinaison qui pisse le sang du nez et qu'a des yeux pochés à pu rien y voir.

- Le.... Le Cipher Pol.... C... eurk eurk C'était eux....

Comme si le Cipher Pol avait que ça à foutre que de s'inviter à Pétalia pour gratter le fond de leurs cuves. Putain, je suis tellement crédible dans mon rôle de victime qu'y en a même un qui demande à un de ses copains de me chercher de l'eau. Ça fait plaisir. Ce qui me réjouis moins par contre c'est qu'y lui a aussi demandé de ramener des renforts.

- Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?

Des conneries ? Je trouve quand même que c'est un mensonge vachement crédible. J'aimerais t'y voir fumier à devoir improviser d'une seconde à l'autre. Regarde faire le maître.

- Ça fait des... des mois qu'y sont après mes collaboratrices. Les z'ont enl'vées pour les labos clandestins du G.M.... Z'ont aussi pris un carnet en fouillant après avoir buté les gardes...

Parmi la demi-douzaine de colosses en armure venus nous emmerder, y'a leur chef qui a pas l'air jouasse. Je peux pas voir sa trogne, mais rien qu'à sa gestuelle, je le sens nerveux.

- Putain, les notes...

Et Larmina qui se foutait de ma pogne tout à l'heure en disant qu'y avait pas de carnet de notes secrètes. Dans tes dents morue. Ça c'est du beau boulot Oletto. Non seulement j'ôte les suspicions qui planent sur nous, mais en plus je chope des informations. C'est que je suis si bon que je pourrais bien bosser pour le Cipher Pol tiens. La bonne blague.
Mais bon, notre diversion va pas tenir debout très longtemps.

- En voyant que les gardes n'étaient plus devant la porte, j'ai bien cru que c'était vous les espions.

Oh mais quelle idée ! Si j'étais pas si occupé à avoir l'air mourant - mon nez me fait vachement mal quand même, connard d'Angus - je ferais mine d'être vexé. C'est pas tout ça, mais y vont pas tarder à inspecter les lieux, et en trouvant les deux autres de la scientifique, ça va plus ou moins contredire la version officielle. Mieux vaut profiter qu'y sont que six pour le moment.

- J'vais y rester... je l'sais bien !

- Mais non, mais non.

- Mais si ! Si seul'ment j'avais pu voir mon fiston avant de clamser... oh le p'tit Angus, qu'est-ce que j'aim'rais qu'y soit auprès d'moi !

À faire tout un foin, je m'efforce d'attirer l'attention de tout mon auditoire, et surtout de faire passer un message "discret" au seul type qui se trouve dans leur dos pour le moment. Allez Angus, un effort de compréhension, je sais bien que t'es que première classe, mais fais un effort quand même.

- Angus, oh mon fils ! Quand te r'verrai-je ? Si seul'ment tu pouvais m'apparaîtr' là, maint'nant, ça m'ôterait bien des tourments !

Y bouge pas la carne. Me demande si y se serait pas assommé en tombant tout à l'heure. Putain ce serait le bouquet. Ah si, l'a bougé. Merde, avec cette armure y risque de faire un bruit pas possible, l'effet de surprise on pourra se le mettre au cul. Pour ça qu'il ose pas bouger. On va tenter le tout pour le tout. Attention les oreilles.

- Angus ! Angus ! Angus ! ANGUUUUUUUUUUS !! AAAAAAAAAAAAAAAANGUUUUUUUUUUUS !

La tirade est pas franchement inspirée, mais bon, je me rattrape avec l'intonation mélodramatique. À gueuler comme un sanglier qu'on égorge, je fais juste ce qui faut de bruit pour couvrir l'autre boîte de conserve qui se lève. Et on a droit à un joli lancer de couteau dans la nuque d'un de nos convives. Les autres ont même pas le temps de se rendre compte qu'y en a un deuxième qui vient de se faire fendre le crâne en deux à coup d'épée.

Pu que quatre. J'en profite pour choper la guibolle de celui qu'est le plus proche de moi, je tire un coup sec pis je l'envoie valdinguer. Si je me suis pas trop viandé, y devrait atterrir dans une de ces putains de cuves.

- YyAaaAaaRrRGHhHl ! Ça ronge mon armure ! Aidez-moi ! Aidez-moi putaaaAaaAAAAArGh !

Panier. Je sais pas trop ce qu'y avait comme produit là-dedans, mais des pesticides qui font fondre le métal, je suis pas sûr que ce soit le bon plan pour cultiver des tomates. Je réfléchirai à mon potager une autre fois, parce qu'y me reste encore trois casseroles sur le feu.
Pas le temps de réfléchir, vu qu'y en a un qui me regarde drôlement et qui sort doucement son épée : j'avise. Pas le temps de me redresser, je lui bondis dessus pour l'écraser à même le sol. L'a pas eu le temps de sortir son épée, c'est ma chance, j'en profite.
Y se débat comme un beau diable à pu pouvoir respirer sons mon triple quintal. Moi je lui ôte son casque, histoire qu'y puisse respirer, et aussi pour m'en servir pour lui écraser sa petite gueule jusqu'à ce qu'y reste que de la bouillie. Pas beau avoir. C'est à ça qu'elles vont ressembler leurs tomates s'y versent leur pesticide artisanal dessus.

Si mes comptes sont justes, devrait en rester que deux. Bingo. Angus se démerde encore bien avec son épée, m'enfin c'est pas trop ça non plus. Et puis faut dire qu'y sont deux à l'attaquer, ça lui fait des circonstances atténuantes.

- Un coup d'main sergent ! Ce s'rait sympa...

Y me donnerait presque des ordres ce petit con. Rien que pour lui montrer qui c'est le gradé je pourrais le laisser dans la merde. C'est encore ce que les sous-officiers savent faire de mieux.
Mais trop bon trop con, je me dis que je pourrais l'aider quand même. Tranquillement je soulève ma dernière victime - elle pèse son poids - je la porte jusqu'au dessus de ma tête et.... je leur balance dessus.
Ça manque de panache m'enfin, je me sens pas trop de me lancer dans un combat de cape et d'épée, y se fait tard et je suis pas payé pour être classieux.

Vu qu'y me tournent le dos, les deux gars ont pas trop compris pourquoi Angus a soudain plongé sur le côté. Z'ont dû comprendre je pense quand leur copain mort leur est tombé dessus. Avec la barbaque et l'armure qu'y se sont prise sur la gueule, z'étaient pas prêts de se relever. Le temps qu'y s'extirpent de là-dessous, Angus a été reprendre son couteau pour les achever comme y se devait.

On profite ensuite du calme qui succède au chahut. Ça fait du bien de souffler un peu. Angus enlève son armure pis y me regarde.

- On s'arrache sergent ?

- C'est une idée.

Nos deux donzelles sortent de là où elles s'étaient fourrées.

- On a tout ce qui faut pour prouver que le vizirat produit des armes chimiques.

Bon au moins elles ont pas perdu leur temps pendant qu'on en chiait. Déjà ça de pris.
C'est pas tout ça, mais maintenant va falloir trisser de là avant que les renforts n'arrivent. Quelque chose me dit que le retour au camp va être plus houleux que le départ.
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