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 Le mariage de l'Enfer
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Moka Charlotte

♦ Localisation : North Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 1852
Popularité: -63
Intégrité: -58

Lun 15 Mai 2017 - 13:49

Les quais de Manshon, avec son nombre incalculable de bateaux de commerces stationnés, ses petits bureaux d’assurance devant lesquels les capitaines faisaient la queue en vociférant, et son odeur de poisson pas frais…Moka reniflait l’air, maussade, Vasco et Nikolas sur ses talons, l’un de marbre, et l’autre se perdant en imprécations sur les lieux.

- Cet endroit de merde quoi…Pourquoi nous avoir amené ici, dans ce repère à truands ? questionna Vasco, qui avait toujours la langue bien pendue, trop pendue pour un larbin.

- Mon cher Vasco, tu ne sais pas apprécier la beauté rustique de Manshon à sa juste valeur, répliqua Nikolas en le devançant pour se retrouver à la hauteur de Moka. Pas vrai Capitaine ?

Tout autour d’eux, les mafieux, assis en terrasse de café, affairés à négocier avec des marchands, ou simplement stationnés en qualité de guet, les scrutaient, comme si la rumeur du retour du prince déchu avait atteint les sept familles aussitôt son navire amarré au port. Moka n’aimait pas être observé, aussi accéléra-t-il le pas, sans dire un mot. Ses compagnons de routes suivirent la cadence et le groupe s’engagea dans une étroite ruelle, mais ils n’étaient plus seuls.

- Euh…Moka ? Je crois bien qu’on est suivi, souffla Vasco, la main portée au pommeau de son épée.

Sans répondre, Moka quitta la ruelle où il se trouvait, obliqua sur sa droite, traversa les ruines d’une vieille auberge, et gagna un passage plus fréquenté, dans le très fameux Quartier des Plaisirs de Manshon. Ici se trouvait Séréna, Moka le savait depuis qu’il avait entendu deux marins ivres vanter le nouveau cabaret tenue par une ancienne courtisane tombée sur un trésor : le New Morning. A la pensée de Séréna, de ses beaux cheveux sombres, sa démarche à la fois féline et chaloupée, ses hanches affriolantes, Moka esquissa un sourire…qui s’effaça aussitôt à la pensée de la fille qu’il avait eu avec elle.

- Pas un endroit pour élever une enfant, marmonna Moka.

Le pirate reconnut directement le cabaret, avec son enseigne bien en évidence représentant un soleil rougissant, sa façade imitant le style antique, ses hautes fenêtres aux rideaux pourpres : c’était bien le style de Séréna, sulfureux et pompeux à souhait. Avant d’entrer, Moka se tourna vers Nikolas et Vasco, ce dernier semblant d’ailleurs enchanté à l’idée de pénétrer dans les lieux.

- Vasco, Nikolas, restez ici, histoire que personne ne me dérange…J’ai une famille à revoir.

- Bien, tu peux compter sur nous, répondit Nikolas, tandis que Vasco, l’air dépité, s’assit sur le perron de l’établissement.

L’intérieur du cabaret était plutôt luxueux, avec une grande salle principale, à l’éclairage tamisé, et au bout de laquelle une immense estrade destinée aux spectacles dominait une vingtaine de tables. Sur sa droite, un bar, derrière lequel officiait une serveuse au visage angélique qui jurait avec son corps élancé et leste, attira son attention : après tant de jours passés en mer, Moka avait besoin d’un petit remontant. S’installant sur l’un des tabourets placés devant le comptoir, il fixa la belle d’un regard faussement intéressé, et celle-ci, avec un sourire enjoliveur, vint prendre sa commande.

- Alors mon beau, qu’est-ce que je te sers ?

- Hmm…ce que tu jugeras bon de me préparer. J’ai fait une longue traversée en mer qui m’a épuisé, dit Moka.

- Ça sera un Blue Lagoon alors, c’est corsé tu verras, répondit la serveuse en se retournant pour préparer le précieux breuvage.

En attendant, Moka jeta un coup d’œil sur le reste de l’assistance, peu nombreuse à cette heure de la journée. Au niveau de l’une des alcôves privées jouxtant l’entrée, un homme, les cheveux de jais coiffés en arrière, un costume trois-pièces d’anthracite, et une cigarette à la bouche, l’observait avec assistance. Le contact visuel dura plus longtemps que Moka ne le voulait et celui-ci, gêné, reporta son attention sur la belle serveuse qui lui posa justement son verre devant lui.

- Et voilà beau gosse, lui dit-elle en lui caressant la joue, avant de partir servir un autre client, bien moins avenant.

- Merci, lâcha Moka, sans pourtant oser siroter la boisson, le regard de l’homme derrière lui pesant toujours plus intensément.

Tout d’un coup, Moka se leva, son verre à la main, se dirigea vers l’alcôve où se trouvait l’homme et s’installa juste en face de lui, sur l’un des sofas du renfoncement. Ils restèrent un moment silencieux, jusqu’à ce que l’homme en costume écrase son mégot de cigarette dans un cendrier, soupirant de dépit.

- Alors, c’est vous le fameux Moka ? demanda-t-il, avec cette pointe méprisante dans la voix qui disait à l’intéressé tout le « bien » qu’il pensait de lui.

- Oui, et vous ? Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas aussi « fameux » que moi si je ne vous connais pas, répliqua Moka sur le même ton.

- Moka, il s’agit de mon grand frère Francesco…un caractère de cochon, mais tu t’y feras, lui répondit une voix, suave comme un baiser, qu’il reconnut aussitôt.

Appuyée contre le mur dans une pose très suggestive, ses habits n’en étaient pas moins d’une sobriété qui contrastait avec son passé. Ses longs cheveux noirs, d’habitude laissés au naturel, étaient coiffés avec un chignon sophistiqué, et une robe noire rehaussée de motifs en fil d’argent dessinait à merveille sa silhouette svelte. Autour de son coup, une croix d’or, qui rappela à Moka le coup qu’ils avaient effectué ensemble, le bon vieux temps. Sans attendre plus longtemps, le prince se leva, et prit dans ses bras la femme qu’il aimait.

- Tu m’as manqué Séréna, lui souffla-t-il à l’oreille.

- Toi aussi Moka…

- Bon, les amoureux, je vous dérange ? intervint Francesco, qui s’était lui aussi levé.

- Roh, t’es chiant ! Viens, Moka, il faut que je te montre la petite, dit-elle en lui prenant la main.

Un sourire goguenard aux lèvres à l’adresse de Francesco, il le planta là, et suivit Séréna à l’étage du cabaret, dans ses appartement…il était temps de rencontrer la petite Olivia.
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Daemon Wall

♦ Localisation : Manshon
♦ Équipage : N/A

Feuille de personnage
Dorikis: 4166
Popularité: -377
Intégrité: -346

Lun 15 Mai 2017 - 14:56

Aujourd’hui je suis plus tendu que jamais, putain de journée de merde, pas plus tard que ce matin, nous avons dû de nouveau changer de planque à cause de la Marine qui nous est tombée dessus, il y a un affrontement assez court mais dans lequel j’y ai laissé des hommes, ça me fait chier, j’ai décidé, accompagné d’Arhye, Matt et Léonardo d’aller nous détendre dans un bâtiment qui m’est arrivé de côtoyer déguisé en civil.

Cette fois-ci, je m’y rends sous ma véritable identité, de toute façon je vais bientôt gagner Grand Line, nous vivons sur cette île nos derniers jours avant de s’éclipser de ces mers pour de bon.

Garrot en bouche, je tire une grosse latte dessus, le moral dans les chaussettes, je n’ai que ça pour me réconforter avec la bibine.

Après avoir traversé une ruelle ainsi que quelques bâtiments en ruines, nous arrivons dans le quartier hot de la ville, le quartier où tous les plaisirs liés aux femmes peuvent s’accomplir selon la grosseur du portefeuille. Arhye me lance un regard plutôt gêné, ces yeux qui disent « C’est la première fois que je vais dans ce genre de quartier ». Quant à Matt, lui reste indifférent, Léonardo par contre est excité comme un puce, ça semble le rendre heureux, voilà au moins un qui est content.

- Tu sais le cyclope, les femmes, ce n’est pas mon orientation sexuelle, connard… .

Je souffle, les mains dans les poches, vagabondant dans cette rue, le regard dans le vide, mon cerveau se dirige instinctivement dans le cabaret où je m’étais rendus dans le passé. Les insultes qui viennent d’Arhye ou de Matt, pour cette journée je n’en ai rien à foutre, je suis tellement dépité qu’il en faut plus que ça pour me toucher.

Je pousse la porte, passant devant deux hommes restant à l’entrée, je suis suivi des gars. Je me déporte à la première table venue, les personnes m’apercevant à l’intérieur commencent à se taire, chacun chuchotent dans leurs coins, plongeant peu à peu le cabaret dans le silence, les filles sur leurs estrades dansent avec moins d’engouement et de plaisir en nous apercevant. Léonardo se met à grommeler, souffler.

- Ne faîtes pas attention à lui ! Danser comme avant ! Je veux du spectacle !

L’ambiance à l’intérieur de l’établissement se fait pèse sur les autres, n’osant plus bouger le moindre petit doigt en ma présence. Je tire de nouveau sur ma clope, nous attendons plusieurs minutes, aucune serveuse n’est venue nous servir.

Le moral bien entamé par ma journée voilà qu’ils ne bougent pas leurs culs !
Je commence à beugler comme un putois.

- BORDEL ! NOS VERRES C’EST POUR AUJOURD’HUI OU DEMAIN ?!

Une serveuse vient en s’excusant et prend notre commande.

- Bon…bon…bonjour ! Que souhaitez-vous ?

Sur un ton directif et sec je lui réponds.

- Enfin, p’tain c’pas trop tôt ! BONJOUR ! Pour moi ça s’ra un double scotch sans glaçon. Prenez leurs commandes, c’moi qui paie.

Le personnel est tout de suite moins accueillant quand ils savent la vraie identité des personnes.

J’écoute la commande de mes amis, Léonardo commande une vodka, Matt une bière et Arhye un sirop. Soudainement j’éclate de rire, tapant du poing sur la table, ce con m’a refait ma journée. Je lui décolle une tape dans le dos qui selon sa tête lui a décollé un poumon, je finis par lui dire.

- Arhye… merde ! On est là pour picoler ! On n’est pas là pour rester sobre comme des lopettes !

Râlant le gamin a pris  un Gin Tonic.

- T’en as pas marre ?! Faut toujours que tu te fasses remarquer !

Je m’affale de nouveau dans ma chaise, reprenant peu à peu mon air de déterré.

- C’pas ma faute, j’suis recherché pour 94 Millions de berrys ! Regardes, toi aussi tu es recherché ! Alors ne fais pas chier !

Quelques minutes plus tard nos verres sont arrivés, l’ambiance dans le cabaret pendant ce laps de temps avait repris un peu de son activité, comme si nous n’étions pas là. Jusqu’à que la serveuse par faute de trébucher me renverse le plateau sur la gueule, faisant bien sûr pouffer mes cons de camarades ! Bouillonnant, ma main agrippe le cou de la serveuse grande et fragile. Son regard apeuré vient se loger dans le mien remplit de fureur.

L’atmosphère du bar est redevenue subitement silencieuse et tendue.

Arhye, Matt et Léonardo m’ordonnant de lâcher cette jeune serveuse, ce que j’ai fait par la suite, je repris mon air boudeur tout en me rasseyant.

La serveuse cherchant son souffle après être lâchée, Arhye se jetant à son secours. Je lève les yeux en l’air, soûlé par cette comédie que tout le monde s’évertue à jouer. Je sais bien que je ne suis pas le bienvenue dans ce bâtiment à cause de mes altercations avec les mafieux. Léonardo commence à me faire la leçon, il croit que je l’écoute alors qu’en réalité, je suis en train de repenser à nos mésaventures auparavant.

Pourquoi être autant déprimé ? Parce que les gars ce matin au combat étaient des gars qui me suivaient depuis le début que j’avais un équipage !

- Il ne faut pas lui en vouloir, il traverse une très mauvaise passe. Dit Léonardo à la serveuse encore apeuré avant de tourner sa tête vers Arhye. Va falloir trouver un truc pour lui faire oublier la baston avec la Marine ce matin, c’est bien la première depuis que je suis avec lui qu’il est autant à cran.
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Arhye Frost
Modérateur à l'essai

♦ Localisation : Manshon, North Blue
♦ Équipage : Non

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Dorikis: 2745
Popularité: -136
Intégrité: -129

Mar 16 Mai 2017 - 23:21

- Ça va, plus de peur que de mal...

   J'étais revenu vers Daemon et le reste du groupe, laissant déguerpir une employée larmoyante. Autour de nous, tous marmonnaient des propos incompréhensibles, mais nous connaissions le fond de leur pensée commune : nous n'étions pas les bienvenus par ici.
   Mais pour l'instant, notre attention était tournée vers le borgne qui bouillonnait. Matt n'osait rien dire, de peur de se faire rembarrer une nouvelle fois. J'étais dans le même cas, pourtant on m'avait confié la lourde tâche de me charger de lui... A la bonne heure. Je m'approchai encore, toussotai pour attirer son attention, sans succès. Je recommençai. Rien. L'autre restait froid, les yeux rivés sur son verre vide. Je soupirai et sans plus attendre je me dirigeai vers le bar sur lequel je récupérai une bouteille de whisky sous les yeux d'une jeune et jolie barmaid, légèrement offusquée :

- Je reviendrai payer après.

   Charmeur, je la gratifiai d'un clin d’œil complice. Son sourire naissant signala son accord et ma récompense. Oubliant déjà ma dette, je rejoignis de nouveau notre table, ouvrit la bouteille et prit d'un geste vif le verre de Daemon, dont le regard s'éveilla soudain. Je crus qu'il allait m'en mettre une lorsqu'il vit la liqueur dorée jaillir de son contenant. Lorsque le verre fut remplit, il se calma. Un peu.
   Nous nous dévisageâmes enfin :

- Qu'est-ce qu'il y a ? T'veux me rendre saoul et t'barrer à nouveau ? Y en faudra plus que ça pour y arriver, gamin...
- C'est bien la seule chose chez toi qui te fasse ressembler un tant soit peu à un pirate.
- ... Pardon ?

   Oui, c'est à peu près ce que j'avais envie de dire après avoir entendu les mots sortir de ma bouche. Élan de courage ou pure folie ? Je n'en avais aucune idée. Cependant je n'allais pas me défiler maintenant que j'avais commencé. Sanguin comme il l'était, c'était bien la seule manière que j'avais trouvé pour le faire réagir. Nous n'étions pas ensemble depuis si longtemps, mais je commençai à comprendre sa façon d'être :

- Tu m'as bien entendu. Pour boire tu es fort, très fort même ! Aucun doute là-dessus. Mais pour le reste, tu n'en es que la pâle imitation.
- Attend... Qu'est-ce que t'essaie de faire là ?
- J'essaie de t'ouvrir les yeux ! T'es là ! Assis sur ta chaise à te morfondre comme une veuve sans le sou, et tu te bourres la gueule pour oublier tes problèmes ! T'assumes pas tes choix ? T'assumes pas ton mode de vie ?
- Petit... Ferme-la. Maintenant.
- Il a raison, Arhye : tu vas un peu loin là...
- Oh non je ne m'arrête pas là, non ! T'es pas un pirate, t'es un sale ivrogne !
- Tais-toi !
- Un ivrogne qui tranche tout ceux qui ne lui plaisent pas et qui chouine quand ses hommes crèvent alors qu'il en avait la charge !
- Arhye, t'es malade ! Arrête !
- Et tu viens me faire la morale, à moi ? Tu nous prends en otage, Matt et moi, tu nous obliges à participer à un massacre, tu nous fais piller pour toi, tu nous casses la figure pour nous remettre à notre place, espérant nous faire comprendre que c'est ça la piraterie ?! Et toi, à la moindre petite contrariété, tu t'assieds et tu chiales ?! BEL EXEMPLE !

   C'était la goutte de trop. Son poing était venu m'atteindre en pleine mâchoire et je partis voler contre la table du voisin qui éclata sous la force de l'impact. Je me retrouvais étalé par terre au milieu  de clients interloqués, face à un Daemon Wall plus furieux que jamais. Dans son regard, je voyais clairement ses intentions. Il ne pensait pas à me tuer, non : juste à me faire mal. Le plus possible. Il voulait faire disparaître toute la frustration emmagasinée jusqu'à présent et j'allais servir de réceptacle.
   C'était en partie ce à quoi je m'attendais. Le borgne n'était pas seulement triste d'avoir perdu des hommes ce matin, c'était un tout. Beaucoup d'événements s'étaient produits, et je ne doutais pas qu'avant de me rencontrer il avait eu son lot de mésaventures... Je n'avais d'ailleurs jamais su ce qu'il était arrivé à son œil. Mais nous connaissions tous les deux les risques : la piraterie, ce n'était pas juste la liberté, la gloire, l'argent et les femmes. C'était aussi la fuite, la peur du lendemain sur une mer agitée, la traque incessante du gouvernement, la mort... Des liens se tissaient, aussitôt tranchés par la dure réalité de notre existence. Tant que nous vivions, nous marchions sur un fil tendu au dessus d'un précipice ténébreux.

  Le pied du pirate en kimono me souleva du sol et je fis un autre bond pour atterrir sur les fesses contre le parquet devant le bar. Du sang coulait de ma lèvre fendue et je toussai. Reprenant mes esprits je me redressai et le fixait intensément :

- Tu fuis tes responsabilités, Daemon...
- Ferme ta gueule !

  Cette fois, j'esquivai son coup de poing en bougeant la tête sur la droite et ripostai en lui envoyant le mien dans la tempe. Sonné, il recula, trébuchant presque sur le pied d'une chaise renversée. Je l'y aidai d'une balayette bien placée et m'assis sur lui, essayant de le maintenir au sol du mieux que je pus :

- Gnn... Tu vois... La colère gnn... te rend prévisible...
- T'es à des années-lumière de me rattraper, en terme de force brute !
- Une brute, oui ! Mais un pirate... Non !
- OH PUTAIN J'VAIS M'LE FAIRE !

   Nouveau vol plané. Je n'avais pas du tout compris ce qui venait de se passer, mais le fait était que j'écrasai une nouvelle table, sous les huées de la foule et les cris de protestation de l'équipage. Léonardo était scandalisé, Matt paniqué et ne sachant que faire. Mais c'était mon problème, bien que je commençai à douter de l'efficacité de mon plan. En fait, je ne me rappelai plus vraiment de ce que j'avais prévu, concentré sur le cyclope qui su ruait sur moi, les veines sur son cou palpitant à toute vitesse.
   Nous échangeâmes quelques coups. Du moins j'en encaissai la plupart, en bloquai d'autres plus par chance que par talent et mon corps souffrait de plus en plus. Je trouvai pourtant encore la force de lui cracher ses quatre vérités à la figure :

- T'es lâche Daemon... Tout juste capable de t'en prendre à un gosse pour te sentir puissant. Vas-y défoule-toi, je t'en prie...

   Sitôt dit, sitôt fait : d'un coup de genou, le borgne m'expédia droit dans un cadre situé en hauteur sur le mur de la salle et je chutai, entouré de bris de verre et de petits copeaux de bois. Mauvaise idée d'utiliser du chêne... J'avais envie de vomir, tant mon estomac s'était retourné depuis le début des hostilités.
   Daemon m'agrippa par les cheveux et me souleva. Il s'apprêtait à m'en coller une autre lorsque, dans un ultime effort, j'approchai suffisamment la tête pour lui mordre l'avant-bras à pleines dents. Il grimaça, plus sensible à sa propre rage qu'à la douleur. Il tenta de contracter ses muscles, afin de faire tension sur ma mâchoire, au risque de me la déboîter. Mais je tenais bon.

- Lâche-moi !
- Ba an gue u f'ras e gon !
- Quoi ?
- BA AN GUE U F'RAS E GON !

   Il me frappa au visage. Une fois. Puis une deuxième. Ma tête tournait mais mes dents restaient enfoncés dans sa chair. Il entreprit de me claquer contre le mur. A de multiples reprises. Nous fatiguions tous les deux. Lui à cause de son élan de rage, moi à cause des gnons. Au bout de presque trente secondes d'allers-retours contre la surface de bois, légèrement craquelée et enfoncée, je finis par lâcher. Je mastiquais dans le vide afin de retrouver la maîtrise de mes sens, la bouche toute engourdie :

- Bon... Qu'est-ce que t'as dit ?
- Ah... Pas tant que... Ah... Tu feras le con.
- Ose le répéter.

  Cette fois, Daemon avait sorti son pistolet. Il ne jouait plus. Il en avait assez. Sa main tremblait un peu. Mais j'étais allé bien trop loin pour faire machine arrière. Ou bien trop faible pour me soucier de la suite des événements.

- Connard de cyclope... Tu crois vraiment que tes hommes seraient fiers de toi en te voyant dans cet état ?
- MAIS PUTAIN DE MERDE ! QUI T'ES POUR ME PARLER DE MES GARS !
- T'as raison, j'suis rien pour toi... Désolé d'avoir pensé l'inverse au moins l'espace d'un instant... Mais je sais une chose : ta réaction, ton attitude... c'est pas ce que tu m'as appris jusque là. C'est pas ça la piraterie dont tu me parlais avec tant de ferveur. Vous avez pourtant failli me convaincre, toi et ton équipage, avec vos cris de joie lorsque nous avons réussi à repousser les Tempiesta, vos éclats de rire lorsque nous avons fêté notre victoire au casino, notre fête lorsque nous nous sommes emparés du butin de Don Carbopizza à l'Eglise de la Manée... Ce sont ces choses que je veux retenir dans tout ce que nous avons fait. Et je suis sûr que c'est ce que souhaitaient ceux qu'on a perdu aujourd'hui. Pourquoi devrions-nous les pleurer ? Pourquoi ne pouvons-nous pas les enterrer décemment en trinquons à leur santé comme il se doit ? Sont-ils morts pour rien ?! Est-ce que tu vas nous dire que tu arrêtes la piraterie à cause de ça ?
- Bien sûr que non ! Tu n'comprends pas...
- Non je n'comprend pas ! Evidemment ! C'est pas normal d'être aussi rigide et froid qu'eux à l'heure actuelle !
- Hé !
- On doit leur faire honneur. Autrement ils n'auront pas la paix. Daemon : ressaisis-toi et prouve-moi que j'ai bien fait en acceptant la première fois de te suivre.

   Le borgne me dévisagea ainsi longtemps. Trop longtemps à mon goût. D'abord bouche bée, il se pinça les lèvres, pour l'entrouvrir à nouveau, les sourcils froncés, ne sachant que répondre. Puis son visage s'éclaira enfin et je crus avoir atteint mon objectif lorsqu'il me balança :

- Tu veux dire : la première fois où tu t'es foutu de ma gueule ?

   Aïe...
   Heureusement, Léonardo crut bon d'intervenir avant que son capitaine ne fasse un nouveau scandale. Autour de nous, la pression était à son paroxysme et les serveuses ne savaient que faire pour régler cette histoire. Aucune n'osait s'approcher pour nous demander de partir. Il le tira vers lui et Matt vint me chercher pour m'aider à me relever.

- L'a pas tord le gamin. On est tous tristes pour nos compagnons. Mais le mieux qu'on ait à faire maintenant, c'est de nous remettre en selle ! Prouver que ça ne nous a pas dévasté. Au contraire : nous restons opérationnels et prêts à en découdre ! C'est ce qu'auraient voulu les autres...

   Et après un long moment, sans doute influencé par le tumulte de l'assistance, le pirate en kimono eut un éclair de lucidité, comme frappé par la grâce divine et, sur ses lèvres, un sourire serein apparut. Il allait faire le deuil de ses hommes. Et les funérailles dans la flibuste se faisaient au milieu de fêtes, de beuveries, de sang et d'or...
   Restait le problème de la clientèle autour de nous. Je déglutissais avec peine en imaginant devoir me battre après avoir autant encaissé.

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Spoiler:
 


Thème d'Arhye Frost :
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Moka Charlotte

♦ Localisation : North Blue

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Dorikis: 1852
Popularité: -63
Intégrité: -58

Mer 24 Mai 2017 - 19:24

Elle avait les cheveux de sa mère cette petite qui, de sa petite main, lui serrait fébrilement l’index. Un pincement au cœur, les yeux embués de larmes, et ce calme, que ne perçait que la petite Olivia de ses rires de bébé : c’était donc ça, être père ? Moka n’aimait pas ouvrir son cœur de la sorte, mais bercer sa fille dans ses bras, sous le regard attendri de Séréna, lui avait offert des perspectives nouvelles sur la vie. Il se souvenait de son enfance à Totland, entouré de ses frères, de l’amour de sa mère, et enrichi chaque jour de nouvelles leçons de vie. Pour Olivia, Moka ne devait pas repartir…

- Elle est belle, pas vrai ? dit Séréna, brisant le silence et s’essayant sur l’un des accoudoirs du fauteuil sur lequel était installé le prince.

- Oui…comme sa mère, lâcha Moka, avec l’esquisse d’un sourire.

- Hmm, tu penses à quelques choses ?

L’emmener en mer avec lui ? Pourquoi pas après tout…

- Olivia a besoin de toi, mais elle a aussi besoin d’un père qui sera toujours là pour la protéger…Vous pourriez venir avec moi ? Ou alors, je resterais avec vous et…

- Tais-toi, dit-elle en lui plaçant un doigt sur les lèvres. Je sais que tu dois à tout prix retourner chez toi, récupérer le trône qui te revient de droit et un tas d’autres conneries…

- Mais…

- Tu me laisses parler oui ?!

Une dernière caresse à la joue de leur fille, et la belle se leva, avec un emportement tout calculé, et vint se poser à la fenêtre de la chambre, les bras croisés. Moka n’était pas d’humeur à être sermonné, mais bon, avec Séréna, il fallait s’attendre à subir la tempête d’un caractère ombrageux.

- Moka, tes rêves se trouvent ailleurs, commença-t-elle, avec une certaine mélancolie qui ne lui ressemblait guère. Tu as une fille ici, et moi, mais ça ne doit jamais te freiner dans ton ambition.

- Si je pars, vous serez à la merci des Tempiesta,…s’ils apprennent que j’ai eu une fille avec toi…ils vous tueront.

-  Me tuer ? Moi ? Tu rigoles j’espère ? ricana Séréna, son assurance retrouvée dans le regard taquin qu’elle lui décocha à cet instant.

- Tu es invincible, je l’avais oublié, répliqua Moka, le ton moqueur.

- Qu’est-ce que tu peux être bête parfois ! Je suis tout simplement sous la protection d’un Grand de Manshon.

- Un Grand ?

- Oui, Victor Aleopoldo Grante, le parrain de la maison Grante, tu connais ?

Ainsi, Séréna s’était placée sous l’autorité de l’un des sept leaders de la pègre de l’île, un homme dont la réputation allait par-delà les mers, connu pour son amour des arts, de la musique, et des vices du monde de la nuit. Moka n’aimait pas la mafia, mais il devait l’avouer, se placer sous la protection de l’une des sept familles permettait de vivre assez longtemps, et encore plus lorsque celle-ci était affiliée de près ou de loin aux Tempiesta.

- Je connais ce type, oui.

- Tu ne m’as pas l’air très emballé, explique toi.

- Ton nouvel ami, cet Aleopoldo Grante, est un allié des Tempiesta. Ne lui fais jamais confiance…tu as vu de quoi étaient capables ces salauds à la solde de Manuel.

- Tu te tortures l’esprit pour rien, j’ai juste signé un contrat de protection avec lui : en échange d’une partie des revenus de l’établissement, il me protège et je peux organiser de superbes événements festifs en invitant des stars ayant signé dans ses maisons de disque. Où est la menace là-dedans, je te le demande ?

Avant même que Moka n’ait eu le temps de formuler un début de protestation, l’on toqua à la porte, avec force. Séréna, dans un réflex maternel protecteur, pris Olivia dans ses bras et recula de quelques pas, jusqu’au berceau, incitant Moka à ouvrir d’un vif geste de la tête.

- Oui ?! héla Moka sans bouger de son fauteuil.

- Des clients sont en train de se battre en-dessous, il faut faire quelques choses ! lui répondit une voix fluette, tenue par la peur, sans doute celle d’une serveuse violentée par quelque ivrogne.

- J’arrive.

Le fourreau de son sabre en main, Moka sortit de la chambre en ouvrant brusquement la porte, au grand dam de la fille de service qui sursauta et faillit tomber, les yeux tout écarquillés de surprise. Sans prêter attention à celle-ci, Moka parcourut à grandes enjambées le long couloir tapissé de velours rouge, puis dévala les escaliers. A mesure qu’il s’approchait du rez-de-chaussée, sa démarche devint moins précipitée, les bruits de luttes, les vociférations s’intensifiaient en bas…

- Encore des pirates, cracha Moka en voyant un ivrogne borgne attablé avec son groupe, au milieu des chaises brisées, des tables renversées, et des pichets cassées.

S’avançant au milieu du carnage, il se dirigea vers le groupe et remarqua que l’un des compagnons du borgne, un jeune jouvenceau à l’air revêche, avait le visage amoché, sans doute suite à une altercation avec son « ami ». Les trois compagnons du pirate à un œil semblèrent l’avoir remarqué puisqu’ils levèrent tous les yeux presque simultanément, dans sa direction, alors qu’il prenait une chaise dans le but de s’installer avec les fauteurs de troubles.

- Souviens-toi, le dialogue, ne pas user de la violence, agir en prince, marmonna Moka.

Un sourire amène, le visage avenant, il prit place en face des trois pirates, bien décidé à savoir ce qui c’était passé, mais aussi pour éviter que la situation ne dégénère à nouveau.

- Bien le bonjour messieurs, j’espère que je ne vous dérange pas ? commença-t-il en se servant un verre de bière, bien qu’il détestât les boissons alcoolisées.

Devant le silence, qui virait progressivement au malaise, Moka continua comme si de rien n’était.

- Je vous ai entendu d’en haut…une vraie bagarre de forbans, vous êtes assurément des pirates, n’est-ce pas ?

Son regard s’attarda un moment sur le leader su groupe, et il le reconnut.
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Daemon Wall

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Mar 30 Mai 2017 - 14:52

Mon regard plonge dans celui de notre interlocuteur, qui par aspect semble être un jeune bourgeois vu comment il s’habille.

Je tire une taffe sur ma clope,  bougeant d’un seul doigt pour prendre mon verre et en boire le contenu. Tout en même temps j’écoute notre nouvel ami qui une fois sa phrase terminée m’a fait recraché mon verre sur tout le monde à la tablée, évitant de m’étouffer, j’explose de rire.

- AHAHAHAHAH ! Oh putain ! T’es fort petit gars. Oui nous sommes « assurément » des pirates mon jeune ami. Excusé-nous d’avoir fait bouger vos fesses de votre coussin de velours pour venir jusqu’à nous, cette partie délabrée de ce bâtiment n’est pas un endroit digne de votre prestance très chère.

Dis sur un ton totalement ironique.

Je reprends mon sérieux, alors que tout le monde s’essuient, je m’accoude sur la table, approchant mon visage de celui qui a osé venir nous parler.

- Qu’est-ce que tu nous veux le morpion ? Tu viens voir l’équipage du grand DAEMON WALL !!! Ceux qui ont botté le cul des Tempiestas ! Oui amigo, c’est nous qui avons pillé leur casino y’a de ça quelques jours.

Il continue de me regarder mais cette fois-ci, il semble que j’ai attiré son attention, qu’est-ce que ça pouvait bien être ?

Le petit prince reste de marbre, je ne l’impressionne pas d’après la mine qui tire, ai-je perdu tout mon charisme ? Non, non. C’est juste qu’ils sont tous naïfs.

Le gamin prend la parole, de nouveau avec son air mondain. Qu’est-ce que ça a le don de m’agacer.

- Oh… je vois. Vous êtes alors Daemon Wall ?

Je grimace en l’écoutant, j’ai presque envie de le frapper. En plus de ça il reprend la parole avec le même ton, je commence à grincer des dents.

- Comment –vont les Tempiestas ?

Je souffle, irrité.

- Ils s’affaiblissent, c’est de pire en pire pour eux. En plus de ça leurs alliés commencent à craindre une possible chute du Parrain des Tempiestas. Mis à part ça, tu vas me faire chier longtemps encore ? Si tu cherches la discussion, y’a des meilleurs partenaires.

Il prend un air songeur, jusqu’à que son visage s’illumine, on peut limite apercevoir l’ampoule qui s’illumine au-dessus de son crâne.

- Je viens d’avoir une idée brillante ! Venez avec moi.
- Non.
- J’ai un job à vous proposer ! Ca peut bien payer.
- Bon d’accord, j’suis votre homme. Mais avant ça, qui es-tu ? Quel métier tu fais ? Et est-ce que tu es de la haute société ? Tu comprends, un pirate comme moi ne peut pas accorder sa confiance au premier venu. Et surtout, avance et n'essaie rien.

Flingue contre sa nuque, je le suis de très près là où il nous emmène. Pourquoi lui ai-je posé ces questions ? Car j'aime bien savoir à qui je m'adresse, ensuite si c'est un gars honnête autant l'abattre de suite et si c'est un gars de la haute... j'aime pas les gars de l'univers mondain, ils me donnent la gerbe.

Je soupire légèrement, notre voyage sur Grand Line ne sera pas pour aujourd’hui. Mais bon, du moment qu’il y a du fric, on peut le retarder légèrement.


Dernière édition par Daemon Wall le Ven 2 Juin 2017 - 16:37, édité 1 fois
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Arhye Frost
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Jeu 1 Juin 2017 - 22:56

- Attend... Sérieusement ?
- Tu crois vraiment que c'est le moment de la ramener ?

   Matt me regardait d'un œil soucieux. J'étais affaibli, mal en point et dans l'incertitude : avais-je réussi à raisonner Daemon ? L'arrivée de cet individu n'avait-elle pas ruiné mes efforts ? Sans doute pas si le borgne conservait son désir de s'enrichir... Mais autre chose me tracassait : pourquoi devrions-nous suivre ce type que nous ne connaissons ni d’Ève ni d'Adam ?
   Parlons-en d'ailleurs : il était plutôt bien habillé par rapport aux gens du coin. Un uniforme qui ne me disait rien et une épée fine dans son fourreau rutilant. Et cette aura... Elle me rappelait celle de Daemon en un sens, lors de notre première rencontre. Moins violente cependant. De lui émanait un charisme mystérieux qui me faisait rester sur mes gardes.
   Mon voleur de compagnon reporta son attention sur le groupe de tête alors que nous quittions l'établissement sous le regard pesant de l'assemblée. Finalement j'étais heureux de partir ! Un peu plus et nous provoquions une mêlée générale ! Le brun, mis en joue par notre capitaine en kimono, ne répondit pas à ses interrogations, ce qui fit accroître notre méfiance à son égard.

- Il est plutôt pas mal, celui-là.
- Que... Quoi ?!
- Quoi "quoi" ?
- J'ai bien entendu ?!
- Entendu quoi ? Je disais juste qu'il est mignon comme tout ! Et bien vêtu aussi... Quoi que ce n'est pas vraiment ce qui m'intéresse ! Tu penses qu'il est bâti comment là-dessous ? Moi je penche pour une musculature d'athlè...
- Rhaa ! Tais-toi donc !
- Oh ! Le petit est jaloux !
- Du tout ! T'en serais heureux, tiens...
- T'en fais pas : toi aussi tu es mignon quand tu t'énerves. C'est bien pour ça que j'aime t'embêter.
- Mais tu vas la fermer oui ?!
- Je me verrais bien l'embrasser à pleine bouche, une main sur le dos, descendant tout du long jusqu'à son...
- Pourquoi je t'ai embauché, bordel...

   A ce moment-là, deux hommes nous barrèrent la route. L'un aux airs de rustre et l'autre plus calme, presque trop, semblant regarder dans le vide et portant un arc. Celui qui nous emmenait avec lui les rassura et nous les présenta comme ses équipiers. Léonardo haussa les épaules et Matt ne pipa mot, n'ayant d'yeux que pour ce beau brun. Le borgne par contre semblait réfléchir à la situation. Enfin un de sensé !
   Nous continuâmes ainsi accompagnés jusqu'aux quais. L'heure avançait et plusieurs personnes quittaient les bars et les tords-boyaux du coin, leurs affaires terminées et leurs gosiers remplis. Un chat noir traversa la route. Un mauvais présage. Je n'étais pas du genre superstitieux mais...

   PAF !
   Daemon Wall se débarrassa de l'être aux yeux luisants d'un coup de pied, l'envoyant voler derrière une ruelle. Tout le monde le regarda d'un air étonné, sauf l'homme à l'arc :

- Quoi ?! Il était sur ma route !

   J'étais presque content de le savoir encore un minimum à cran.
   Dans tous les cas nous finissions par nous arrêter près d'une caravelle laissée sans surveillance. Ce qui me surprit jusqu'à ce que le trio nous annonce que l'équipage était parti en "vacances prolongées".
   Daemon le premier, nous nous installions sur le pont. L'épéiste ouvrit de nouveau la parole :

- Je vais maintenant me présenter : je suis Moka, de la famille Charlotte.
- Ça me dit quelque chose...
- Moi aussi.
- Pour être plus précis, je suis prince.
- Ah !
- Ah !
- Ohoh...
- Mais tel que vous me voyez, je suis un pirate. Tout comme vous. Mes compagnons se nomment Vasco et Nikolas... N'essayez pas de croiser son regard, il est aveugle.
- Et comment il fait pour tirer à l'arc s'il n'y voit rien ? Sérieux...
- J'ai pas besoin de te voir si je peux t'entendre.
- Et merde.
- Je vais aller droit au but : si je vous ai demandé de me suivre, c'est parce que l'endroit où nous nous trouvions était truffé d'ennemis. Vos ennemis : des hommes de la famille Grante.
- Nous sommes en conflit avec les Tempiesta, pas les Grante.
- Les Sept Familles sont les plus puissantes parce qu'elles ont su se procurer des alliés de bonne facture. En l’occurrence, ces deux-là sont en accord l'une avec l'autre. Ce qui signifie que s'ils savent qui vous êtes, tout comme je vous ai reconnu par la suite, il y a de fortes chances pour que vous soyez leurs cibles. Votre mort améliorerait encore leurs relations.
- Mais si tu nous as demandé de te suivre...
- Tu as bien fait de me mettre en joue, Daemon Wall : de ce fait tout le monde à l'intérieur croira que je suis victime de votre groupe. Mais ce n'est pas le sujet principal. Ce qui importe, c'est ce que je m'apprête à faire. Et ce que vous ferez pour m'y aider.

   Nous nous regardons tous, hébétés puis inquiets. Comment allait réagir le borgne en se sachant utiliser par un bellâtre ? J'espérais sincèrement ne pas avoir à l'arrêter une nouvelle fois, vu l'état dans lequel je me trouvais. D'un autre côté, nous étions en supériorité numérique. Ce Moka face à nous risquait beaucoup en nous emmenant ainsi à l'écart, sans réel moyen de pression.
   Il y avait cependant des regards qui ne trompaient pas : Daemon s'approcha du prince lentement, le regard impénétrable, il tira une latte de sa cigarette et souffla sur le visage de son interlocuteur, offusquant le dénommé Vasco. Moka le stoppa d'une main. Soudain, le corps de notre pirate au bandeau frémit d'excitation :

- J'espère sincèrement pour toi que ça en vaut la peine.

  Une fois de plus, l'appât du gain était le plus fort. Ca ne m'empêchait pas de rester un poil tendu. Matt me tapota alors l'épaule, beaucoup moins crispé, et ouvrit son paquet de clopes :

- Cigarette ?

   Oh que oui. Volontiers...

_________________
Spoiler:
 


Thème d'Arhye Frost :
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Moka Charlotte

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Mer 7 Juin 2017 - 4:07

Ce Daemon Wall était bien fidèle à sa réputation de forban sans pitié et violent, Moka devait être convaincant s’il voulait qu’il se joigne à lui. Revoir Séréna, serrer dans ses bras la petite Olivia l’avait convaincu d’une chose : il devait protéger sa famille, et compter sur un homme aussi inconstant que le fameux Aleopoldo Grante pourrait signer l’arrêt de mort des êtres chers à son cœur. En voyant ce pirate pesant plus de 100 millions de Berries, mais aussi ses compagnons, qui paraissaient tout aussi dangereux que lui, Moka savait qu’il aurait une force de frappe conséquente pour protéger définitivement sa belle…et lui donner un empire en cadeau.

- Daemon Wall, je vous connais bien, vos exploits sanglants relatés dans les journaux ne se comptent plus, et témoignent d’un véritable attrait pour l’argent, je me trompe ?

- Accouche, tu voulais nous faire une proposition.

- J’y arrive, j’y arrive…Comme vous le savez, cette île regorge de richesse, tant d’objets précieux, d’activités lucratives, et de potentiel humain…entre les mains de sept familles. Vous imaginez ? Sept familles, unies par des liens d’alliances directes ou plus informelles, mais mues par un seul désir : faire de l’argent. Comme vous, je hais les Tempiesta et, alors que mon regard se posait sur vous pour la première fois, un éclair de génie me vint, éclair avec lequel nous allons foudroyer les Tempiesta et leurs alliés.


- Il est poète en plus notre nobliau, s’esclaffa Daemon, en entourant les épaules de Moka de son bras musculeux. Ensuite ? L’éclair, c’est quoi ?

- Un mariage ! s’exclama théâtralement Moka en repoussant le bras d’un Darmon interloqué comme le reste de l’assistance.

- Il a perdu la tête, ça y est…souffla derrière Vasco, dépité.

- Oui ! Un mariage ! Une grande cérémonie au cours de laquelle je m’unirai à ma chère et tendre Séréna, continua Moka en se jetant dans les bras du blondinet et de son ami qui échangèrent un regard gêné. Un mariage avec tout ce qu’il faut pour s’amuser : des musiciens, une mise en scène grandiose, des artistes de premier plan !

- Moka, tu es sérieux ou ? questionna Nikolas, le ton moqueur.

- Très sérieux ! Tu imagines la scène ? Le prêtre, les invités…Parlons des invités d’ailleurs ! Il faut à tout prix que le protecteur de ma chère et tendre Séréna vienne. Ce mariage nez saurait être réussi sans la présence d’Aleopoldo Grante et de sa suite…

Daemon fulminait : il commençait à perdre patience et le délire grandiloquent de Moka semblait le fatiguer, si bien qu’il attira le jeune prince à lui, posa les mains sur ses épaules, et le secoua vivement.

- Bon ! T’as fini ton cinéma là ?! Si tu me dis pas où tu veux en venir tout de suite, je te cogne. Compris ?

- Vous m’avez coupé dans mon élan…Enfin, vous savez dans quel domaine est spécialisé notre cher Grante ?

Le silence poussa Moka à poursuivre, il se reconstitua un air digne.

- Grante est spécialisé dans les arts, la musique, le monde de la nuit, et c’est pourquoi le cabaret de Séréna est sous sa protection. L’enjeu est d’inviter Grante au mariage que je vais organiser, puis le trucider lui et ses hommes, lorsqu’ils s’y attendront le moins, juste après le baiser des mariés. Une fois Grante éliminé, nous pourrons mettre la main sur son territoire, et un sacré paquet de berries.

A l’évocation d’un possible gain d’argent, l’unique œil de Daemon s’enflamma de cupidité, tandis que ses camarades semblaient plus sceptiques. Le plus jeune, visiblement peu emballé par la perspective d’un mariage sanglant, aborda Moka avec défiance.

- Votre plan semble un peu farfelu à première vue, et qui dit que nous allons effectivement gagner un « paquet de berries » comme vous dites ?

Moka accueilli cette question avec un sourire assuré, il s’y était préparé et comptait bien gagner le jeune homme à sa cause.

- Vous avez raison de poser cette question, et c’est une marque d’intelligence que d’évaluer les risques et les gains d’une entreprise avant de s’y lancer. Comment vous appelez-vous ?

- Arhye…

- Et bien, Arhye, dans la vie, il faut savoir être audacieux…et encore plus lorsque quelqu’un comme moi et à vos côtés. J’ai tout prévu.

- Faites-lui confiance, notre petit prince a toujours un plan, crut bon d’intervenir Vasco qui se tut immédiatement après un regard assassin de son chef.

- Donc, je disais que j’avais tout prévu ! Le plan se déroulera en plusieurs étapes et chacun de nous aura un rôle précis, à commencer par vous Arhye.

- Moi ? J’ai un rôle-clé dans ce plan ? demanda Arhye, qui paraissait enchanté, sans doute parce qu’à cause de son âge, personne ne lui confiait de responsabilités.

- Oui ! Vous devrez retourner au cabaret de ma fiancée et trouver Francesco, son frère, avec lequel vous partirez à la rencontre des capi Grante Jacoppo Montebello et Charlie Pazzini dans le but de les convaincre de rejoindre notre cause en présentant nos forces, mais aussi les faiblesses grandissantes du pouvoir de leur boss. Je vous préviens, si Pazzini s’adapte très bien et pourrait accepter, il faudra « convaincre » Montebello. Vous pouvez le faire ?

- Euh…oui, je peux y arriver, je pense…et…

- Nous y allons de ce pas ! coupa l’un de ses compagnons qui l’entraîna avec lui, non sans un dernier clin d’œil à l’adresse de Moka qui toussota de gêne avant de revenir à Daemon.

- Daemon, j’ai besoin de votre force pour un premier coup d’éclat. Si vous pouvez attaquer le QG des Grante de front dans le but d’attirer Ricardo Biondo, le bras-droit de Grante, dans un guet-apens, ça nous aiderait beaucoup et…

Sans attendre la fin des explications, le pirate tourna les talons et sa cape volant au vent, Moka lui découvrit une prestance insoupçonnée.

- Hey ! Attendez ! Je n’ai pas fini…

- J’vais tuer ce type là, machin Bondi, on parlera quand je reviendrai.

- Vous avez dégoté de sacrés briscards patron, mais pour plus d’assurance, je connais aussi quelqu’un que vous pourriez contacter, dit Vasco.

- Shadow Law, n’est-ce pas ?

Avec un rictus hideux dévoilant ses dents jaunies par la crasse, Vasco hocha la tête.
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Daemon Wall

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Dim 11 Juin 2017 - 13:38

Je donnais un den den Mushi à Arhye bien que pressé de partir, je voulais tout de même être tenu au courant. Mon regard se tourne vers mon jeune mousse.
- Désolé mon p’tit gars de t’avoir cogné. En tout cas, reviens vivant, sinon je cognerai ton cadavre ! J’veux pas d’un nouveau mort dans l’équipage ! Et malgré que je sois la pire raclure de ces mers, je sais me montrer reconnaissant.
- Enfoiré de borgne… .
- Léonardo, cours jusqu’au bateau ! Dis à dix hommes de me rejoindre au Grante Coffee, qu’ils viennent en civil et qu’ils cachent des armes dans leurs vêtements. Puis bien sûr qu’ils n’entrent pas tous en même temps dans ce bar ! Sur ce, cher amis, je vais de ce pas à ma planque, je vais aller me détendre un peu avant d’aller défoncer du mafioso fufufu.

Confiant, sans perdre un instant, je vais dans la planque, décontracté, je prends une bouteille de saké, me jetant dans mon lit situé dans le coffre-fort. Je fredonne plusieurs chansons de pirates, heureux de mes futurs exploits.

J’attends le coup de den den de Léonardo pour me dire que tout est OK pour me rendre à ce bar et mettre à exécution mon plan.

Au bout d’une heure et demi environs, mon den den s’est activé, j’ai directement bondi de mon lit, éclatant la bouteille vide sur le sol en me levant si brusquement. J’attrape mon escargophone et réponds.
- Oui ?!
- Tout est prêt boss, ils sont là-bas.
- Bien, je vais les rejoindre alors.
- Dis, qu’as-tu en tête Capitaine cette fois-ci ? Et pourquoi ce bar ?

- Bien, je vais t’expliquer mon plan. Ce bar grâce à son nom on sait qu’il appartient aux Grante, ça ne fait aucun doute. Du coup je vais aller voir le barman avec une jolie somme d’argent pour lui demander où se trouve Ricardo machin chose, je lui demanderai de l’appeler car j’aurais des informations intéressantes pour sa famille et leurs survies… .

- Tu comptes trahir Moka ?! M’interromps Léonardo.
- Eheh… tu comprendras mieux lorsque j’aurai achevé mon plan.

Sans attendre une minute de plus, je raccroche et active le pas jusqu’au bar. Mon plan est bien plus futile que ça, le tout n’est pas de trahir, au contraire, il faut gagner la confiance du mafieux pour lui faire baisser sa garde et finir sur le coup de grâce.

J’y vais avec des grandes enjambées, assez rapides.

Au bout d’un petit quart d’heure je suis devant le bar, bâtisse assez modeste, en bon état. J’allume une cigarette, je tire une taffe et je finis par pousser la porte, j’entre dans le bar, j’aperçois des visages que je connais, ils font comme-ci ils me connaissent pas… PARFAIT. La musique jouée avant mon arrivée s’arrête tout de suite après que j’ai franchi la porte.

Je scrute le bar tout entier, j’attire l’attention de toutes les personnes de ce bar, étant un criminel reconnu dangereux, en plus avec mes actions faces aux Tempiestas je suis craint des mafieux et de la populace. L’atmosphère se veut pesante, un pas après l’autre, j’approche lentement du comptoir derrière lequel l’aubergiste nettoie ses verres à l’aide de son torchon. Je prends un tabouret haut et m’assois dessus. Je m’accoude sur le comptoir, en continuant de regarder les autres me dévisager, pendant ce temps le barman ne bouge pas d’un cil, il reste-là à nettoyer ses verres sans me prêter attention.
- Un scotch s’il te plaît.
Ma demande formulée, il s’arrête et commence à me servir ce que j’ai demandé, les autres me lâchent du regard, un à un, la musique reprend lentement tout comme leurs discussions.

- Voilà pour vous. C’est la maison qui offre.
- Merci… . Dis-moi, je voudrais savoir où trouver Ricard… Biandro, foutu prénom de merde ! Je n’arrive pas à m’en rappeler. Enfin bref, je voudrais le rencontrer.
- Ricardo Biondo.
- Oui ! C’est ça !
- Je ne vais pas vous apprendre qu’ici Monsieur Wall, pour une information faut payer.
- Ton prix.
- Disons 1 million de berrys.
- Quoi ?!
- Bah c’est un Capi’ des Grante et en plus je suis sous allégeance Grante alors j’adapte les prix aux risques.
- Tiens. Dis-je en lui glissant une bourse pleine de berrys sur le comptoir.
- Très bien, actuellement il n’est pas très loin d’ici. Pourquoi vous voulez savoir où il est ?
- Tu sais… pour une information faut payer.
- Combien ? Souffle-t-il, l'air légèrement désespéré.
- 1 Million.
- Quoi ?! Mais vous, vous n’encourez pas de risque !
- Non, mais la grandeur de l’information que je m’apprête à te révéler et à lui révéler vaut même plus que ça. Mais vu qu’à toi je ne te donnerai pas de précision j’opte pour un million.
- Ok, garde ta bourse alors.
Voilà, comment ne pas perdre aucune thune. Il se penche en avant, se questionnant qui peuvent bien concerner ces infos.

- J’ai des informations très importantes qui concernent la survie de la Famille Grante. Donc, si je suis là, c’est pour les divulguer à Ricardo et ainsi peut-être conclure une alliance avec les Grante, vu que tu sais, en ce moment pour moi, les alliés ça ne court pas les rues.

Il répond avec un simple hochement de tête.
- Ne bouge pas alors. Je vais voir ce que je peux faire pour toi.

Il partit dans l’arrière-boutique. Quant à moi, je peux enfin siroter mon Whisky. Quelques minutes s’écoulent avant qu’il n’apparaisse accompagné d’un homme à lunette, le visage déformé.
- Mister Wall ? C’est bien ça ?
- Oui. Ricardo Bianco ?
- En chair et en os. Enchanté. Mon fidèle associé vient de me dire que vous aviez, des informations relativement importantes au sujet de la famille ?
- Oui c’est ça.
- Suivez-moi, allons-nous mettre à une table un peu à l’écart au lieu de rester au comptoir.

Nous nous installons à une table, au fond de la taverne, à l’abri des oreilles indiscrètes, de plus que la musique va recouvrir notre discussion.
- Alors, que ce trame-t-il ?
- Ohohoh ! Comme vous le savez, une information ça se paie.
- Ah oui, j’ai oublié cette règle. Combien ?
- Hm, j’estime le prix de cette information à 5 millions de berrys.
- Mais vous êtes fou ?!
- Fou ? Hm quoi que c’est vrai, la vie de votre parrain doit valoir 7 millions, alors disons 7 millions pour l’information.
- De quoi la vie de notre parrain ? Mister Wall ! N’êtes-vous pas sérieux ?! Si le parrain est en danger dîtes-le moi et vite !
- Bah je veux vous le dire rapidement, mais tout ça dépend de la vitesse de l’argent qui arrive dans mes poches.
- Ok, voilà !
- Bien, vous voyez quand vous le voulez !
- S’il vous plaît Mister Wall !
- Oui, bien, il va y avoir un mariage d’ici peu, un mariage avec une de votre collaboratrice. Dans ce mariage, ils prévoient d’inviter les Grante… dont le parrain. Maintenant je vous laisse imaginer la suite.
- Qui est-cette collaboratrice ? Questionne-t-il, le visage de plus en plus marqué par la peur.
- En revanche, ça je ne peux pas vous le renseigner.
- Bien… Mister Wall, merci, je vais directement en informer le parrain ! Mais j’ai une question, qu’est-ce qui me dit que je peux vous faire confiance ?
- Vous savez… depuis l’affaire avec les Tempiestas, j’ai une liste d’ennemi beaucoup plus longue que d’alliés.
Il se lève rapidement, il part au pas de course.
- Merci Mister Wall, pour l’éventuelle alliance, je vous contacte directement après !
- Attendez ! J’ai oublié ! Mais j’ai une seconde information TREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEES importante que je ne vous ai pas dévoilé encore !
Je ricane légèrement.
- Toutes les informations se paient !
- Rah ! Combien ?
- Hmm 5 millions !
- Quoi ?! Mais ça concerne encore le parrain ?
- Non quelqu’un de plus important.
-      Quelqu’un de plus important… . Bon aller je suis pressé tenez ! Dit-il, d'un air irrité.

Il me jette de nouveau une bourse sur la table.

- Le fiancé et futur marié m’a chargé de… . Je marque un court silence le temps de sortir rapidement mon flingue, le point sur Ricardo. De te tuer !
BANG ! BANG ! BANG !

Pas le temps de réalisé ce qu’il vient de se passer qu’il est déjà troué par trois balles dans le bide. Il s’écroule sur le sol, les yeux écarquillés. Je m’approche de lui, souriant, je prends les deux bourses et les glisses dans ma poche. Aujourd’hui j’ai fait une affaire.

Le barman sortit un fusil mais il n’eut pas le temps de tirer, abattu par un de mes gars. Mon plan ? Il s’est passé à la perfection. Je me penche sur Ricardo, agonisant.
- Je… dois… prévenir… parrain… .

Il bouge encore, essayant de ramper. Cela me fait beaucoup rire. Pendant ce temps mes gars tuent les derniers clients du bar.

- Eheheh merci Ricardo, je prendrai soin du parrain vu que je l’abattrai lors de ce merveilleux mariage… . Aller, foutez-moi le feu à cette bicoque ! On rentre.

En sortant du bar je contacte Moka à l’aide de mon den den Mushi.

KOTCHAAAAAAAA
- Le mouton vient d’être dévoré par le loup.
GOTCHAAAAAAAAA
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Arhye Frost
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Lun 12 Juin 2017 - 1:41

- Allez ! Cap sur le New Morning !
- Toi, quand tu repères un joli minois, rien ne t'arrête plus. Une vraie girouette.
- Dis-le encore et c'est dans ton lit que je dors.

   Oh. Je préférais ne pas répliquer. Nous continuâmes notre route en sens inverse jusqu'au cabaret du Quartier des Plaisirs. A l'intérieur se trouvait le dénommé Francesco, futur beau-frère de ce Moka Charlotte. Et comme je ne savais pas à quoi il ressemblait, le plus simple était de demander à l'une des serveuses présentes, sous le regard accusateur de quelques mafieux un brin physionomistes.
   On avait commencé à nettoyer les dégâts causés par notre venue, à Daemon et à moi. Mais nos visages étaient inscrits sur celui de la plupart des clients. Et des employées.
   Celle que nous abordions me reconnut. Et je tressaillis presque : c'était la jeune femme que le borgne avait malmené !

- Hum... Encore navré de vous déranger mais... Nous souhaiterions voir un certain Francesco. Il devrait être dans le coin.

  Elle me regardait d'un air soupçonneux. Ce qui était normal, au vu des derniers événements. Je reprenais donc, jouant au mieux de mes charmes pour l'adoucir. Je m'approche d'elle délicatement pour lui susurrer à l'oreille :

- Pour vous montrer ma bonne foi, je suis prêt à vous offrir un verre. Quand vous voudrez. Retrouvons-nous simplement ici quand vous serez libre et je serai là à vous attendre, comme votre serviteur le plus dévoué. Seul et sans artifice. Nous pourrions profiter ensemble d'un moment de paix dans ce monde de brutes... Qu'en dîtes-vous ?

   La belle réfléchissait. Elle était légèrement plus âgée que moi, mais je n'en avais cure. J'avais sincèrement besoin de me détendre après toutes ces péripéties. Elle eut d'abord quelques doutes, les yeux rivés sur mes blessures, puis elle finit par sourire et acquiescer. Elle pointa un homme du doigt, un grand brun taciturne, cheveux gominés, prêt à allumer une cigarette.
  Je la remerciai, sortit mon briquet et vint à la rencontre de l'homme en lui présentant la flamme. Il approcha ses lèvres et s'écarta aux premières volutes de fumée. J'accompagnai sa démarche, suivi de Matt.

- Qu'est-ce que vous voulez, les jeunes ? D'autres emmerdes ?
- Mmh... Pas vraiment. Nous sommes là de la part de Moka Charlotte. Il aurait besoin de votre aide pour sauver sa future femme.

  Ces derniers mots suffirent à attirer toute l'attention du brun ténébreux qui approcha son visage du nôtre, son silence rendant la proximité dérangeante. Il nous souffla à la figure et dit :

- Je vous écoute.

[...]

   Nous arrivions enfin devant le bar tenu par les Grante, celui dans lequel devaient se trouver, selon indications, les capi Charlie et Jacoppo. Un coup d'escargophone plus tard, histoire de prévenir les autres de notre progression et d'apprendre la réussite de Daemon, nous pénétrions dans le bâtiment. A l'intérieur : musique de fond, quelque peu jazzy ; lumières tamisées, chaleureuses par endroits ; décorations diverses et coloris nuancés, du rouge au bleu, avec des hommes en noir et blanc partout. Le divertissement aussi était un art, semblait-il. Je ne pus m'empêcher de siffler, épaté par la beauté des lieux. Et je le répétais : nous étions dans un bar !
   Un jeune homme s'approcha de nous. Un grand blond vénitien, au costume impeccable et au regard étrangement mâture pour son âge. Les lèvres presque rouges.

- Je vois que vous savez apprécier les belles choses. C'est un bon point !
- Merci beaucoup. Vous êtes ?
- Jacoppo Montebello, surveillant de l'affaire à mes heures perdues.
- Et beauté fatale au quotidien...
- Vous dîtes ?
- Rien ! I-il n'a rien dit, laissez tomber ! En fait... Nous voulions justement vous voir.
- Ah oui ? Et que me voulez-vous ?
- Serait-ce possible de parler avec vous en privé ?
- ...
- Pas seul avec nous bien entendu, prenez des gens de confiance si vous y tenez. Et Charlie Pazzini aussi ! S'il est là. Il doit écouter également.

   Le capo laissa passer un temps de flottement avant de nous faire signe de le suivre. Francesco et Matt me regardaient l'air de dire "Mais t'es fou de lui avoir dit ça !" mais je ne pouvais pas prendre le risque de partir sur de mauvaises bases. Evidemment qu'avoir à ses côtés des hommes armés était dangereux pour nous, mais s'il se sentait en sécurité, il serait forcément plus enclin à nous écouter et donc, peut-être, de se laisser convaincre.
   Il passa devant un autre mafioso, un brun en costume bleu à l'air plus avenant. Il lui fit signe de le suivre ainsi qu'à deux autres gaillards et nous entraîna dans une salle à l'arrière. Une sorte de salle de repos pour les employés. Nous nous assîmes les uns en face des autres et Jacoppo reprit la parole :

- Bien, voici Charlie. Et comme convenu, pas d'oreilles indiscrètes. Cela vous convient-il ?
- Je vous remercie d'avoir accepté de nous recevoir.
- Dis donc toi, t'es plutôt en sale état... Tu serais pas passé sous une charrette avant de venir ?
- Quelque chose de ce genre, mais j'ai connu pire, rassurez-vous.

  Comme si ça pouvait rassurer qui que ce soit ! Charlie ne répliqua pas.

- Pourquoi cette entrevue, donc ?
- Nous voulons vous parler du futur de la famille Grante.
- Quel genre de futur ?
- Du genre pas forcément radieux. Du moins pas pour votre patron.
- Comment ça "pas pour notre patron" ? Explique-toi. Vite.
- Nous nous apprêtons à le destituer de ses fonctions.

  Un gros silence s'installa. Un silence pesant. D'un côté, les mafieux qui restaient bouche bée face à ma déclaration et de l'autre mes compagnons d'infortune qui me dévisageaient comme le pire des détraqués mentaux. Je prévoyais même une ruade de la part de Francesco, dont les veines étaient visibles au niveau de la tempe et du cou.
  Les capi exprimaient maintenant de la colère, et le blond se leva d'un coup pour m'agripper par le col :

- Espèce de petit fumier... Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?!
- T'as intérêt à tout balancer d'un trait si tu veux pas qu'il t'éclate la tronche pendant que tes copains se font égorger.

   Comme pour confirmer les dires du brun, les deux autres Grante tirèrent leur couteau et les approchèrent de la gorge de Matt et du beau-frère de Moka. Je déglutis :

- Vous vous doutez bien que vu mon état et les maigres forces à notre disposition, je n'ai qu'un rôle de messager. Je pourrai même dire que je suis remplaçable.

   Mais je n'avais aucune envie de mourir !

- Par contre vous, vous ne l'êtes pas.
- C'est quoi ce charabia ?
- Ce que je veux dire, c'est que j'ai été envoyé pour vous proposer une alliance.
- ...
- ...
- ...
- Une quoi ?
- Une alliance. Avec celui qui m'envoie.
- Qui est-il ?
- Je ne peux pas vous le dire tant qu'il n'y aura pas d'accord entre nous. Par prudence.
- Si tu ne nous le dis pas, je fais égorger le brun sur ta gauche.
- Peu m'importe.
- Le blond alors ?
- Il s'appelle Moka. Moka Charlotte.

  Je n'osais pas tourner la tête et affronter le regard haineux de Francesco. Ni la gratitude de Matt d'ailleurs.

- Ce prince devenu pirate ?
- Lui-même.
- Sa prime ne dépasse même pas les nôtres ! Et il n'est pas dit qu'un type comme lui puisse nuire au boss.
- Sauf s'il est soutenu par des personnes suffisamment importantes.
- Par exemple ?
- Daemon Wall.
- Daemon...
- Wall... LE Daemon Wall ?!
- Oui. Un soutien de marque, vous ne pensez pas ?
- Fumiers... Vous cherchez à anéantir la famille ?! Même avec son appui, vous n'y parviendrez pas !
- Nous n'anéantirons rien du tout. La seule victime sérieuse sera Victor Aleopoldo Grante.
- Le parrain ! Rien que ça ! Et ce ne sera pas la fin de la famille sans lui ?!
- Eh bien... Non puisqu'il a à disposition des hommes compétents dans votre genre, capables de le remplacer.

   L'important maintenant était de détendre l'atmosphère. Et rien de mieux pour cela que de flatter l'ego d'individus se pensant en situation de force... Même si en l'occurrence c'était le cas. Et le plus dur restait à venir :

- Ecoutez... Je saisis bien que s'entendre dire que son patron va mourir est compliqué. Mais le fait est là. C'est ce qui va se passer. Et c'est pour ça que Moka Charlotte vous fait une proposition.
- Quelle est cette proposition ?
- Vous unir à nous contre votre parrain.
- T'es qui toi ?
- Francesco Stracci. Le frère de Séréna Stracci, propriétaire du New Morning.
- Le joli cabaret du Quartier des Plaisirs...
- Exactement. Et ce que vous ne savez pas encore, c'est que non seulement Victor va mourir, mais qu'en plus ma soeur prendra le contrôle du territoire des Grante sur Manshon.
- Pardon ?! Oses le répéter ?!
- Ma sœur va prendre le contrôle de ce territoire. C'est un juste retour quand on sait que votre patron est prêt à la faire tuer pour récupérer son affaire.
- Mais quel intérêt aurait-il à...
- Ne jouez pas les idiots avec moi : vous êtes alliés aux Tempiesta ! Ils voudraient voir ma sœur morte ! Quelle conclusion en tirez-vous ?

   Alors ça, je n'étais pas au courant. Mais ça expliquait pourquoi ce Moka voulait que je l'emmène avec moi. Il apportait les compléments qu'il manquait à nos négociations et son franc-parler pouvait servir de moteur à notre réussite. Convaincre passait aussi par la domination du débat. Tant que nous maîtrisions le flot de paroles, nous gagnions.
   Alors que les mafieux réfléchissaient, j'en profitais pour enchaîner :

- Les Tempiesta sont affaiblis. Daemon et moi en sommes pour partie responsables et témoins. Ce qui signifie que les Grante perdent petit à petit de leur soutien et de leur protection. Le pouvoir de Don Carbopizza décline, et celui des Sept avec lui.
- De toute manière, votre centre d'activités est tourné en grande partie vers East Blue.
- Et puisque les choses sont claires, je réitère mes propos : Moka Charlotte souhaite vous avoir de son côté. Et quitte à ce que vous trahissiez la famille, autant que cela vous soit favorable : vous conserverez vos acquis, et plus encore. Tout ce que nous souhaitons, c'est éviter les bains de sang inutiles. Si l'on peut réduire au maximum le nombre d'ennemis, cela fera beaucoup moins de victimes à déplorer. Si vous refusez, vous survivrez peut-être, avec le regret de n'avoir pas été à la hauteur pour sauver les vôtres. Ou vous mourrez. Si vous acceptez, vous vous assurez de vivre avec beaucoup moins de proches morts sur la conscience et une place à la tête de l'empire des arts que s'est constitué Aleopoldo. Et peut-être même un partenariat profitable avec Séréna.
- Fiancée de Moka Charlotte.
- C'est bien beau tout ça mais... Vous nous demandez de trahir. Et on ne trahie pas la famille.
- On trahit sa famille quand il s'agit de la garder en vie, au détriment de ce qui la ronge. Beaucoup de héros ont pris la place du méchant, du dictateur, pour aider le peuple à s'en sortir, à réfléchir par lui-même et à se débarrasser de ses vieilles traditions pour évoluer et en sortir grandi.
- ... Je marche.
- CHARLIE ! Qu'est-ce que tu racontes ?!

   Avant que celui-ci ne réponde quoi que ce soit. Des bruits se firent entendre dans la salle principale. Puis la porte s'ouvrit en grand et tout le monde se tourna vers les individus qui surgirent. D'autres Grante, haletants. L'un d'eux aidait un homme à se mouvoir. Yeux et lunettes de travers, transpirant, trois trous au niveau de l'abdomen, le blessé nous dévisageait avec crainte.

- J'a... J'arrive à temps...
- Ri-Ricardo ! Que s'est-il passé ?!
- J'ai été attaqué par... Daemon... Wall.

   Les deux capi se tournent vers nous.

- Salauds... Vous nous avez menti ! Vous allez tous nous tuer en fin de compte !
- Un instant : a-t-il dit quelque chose avant de te tirer dessus ?
- Qu'il avait... Des informations à me... Argh ! Transmettre... Au sujet du parrain. Qu'il allait le tuer...
- Donc il est venu te mettre au courant...

   Et là, Charlie s'approcha du trio de mafieux ayant pénétré dans la pièce, sortit son sabre et l'abattit sur le mourant. Dans un dernier râle, les yeux figés dans une incompréhension totale, Ricardo Biondo mourut. Ses accompagnateurs restèrent pétrifiés, tout comme les autres mafieux présents. Surtout Jacoppo :

- Mais... Qu'est-ce que t'as fait ?!
- Il l'a dit. Daemon est venu lui apporter un message. Je suppose juste que, comme nous, il a dû choisir son camp. A sa place, j'aurais agi de la même manière et réduit le nombre de mes ennemis à la moindre occasion. Au moins maintenant... Nous sommes fixés. Soit on est avec eux. Soit on est contre eux.

   Jacoppo Montebello ne savait comment réagir. Tout était confus pour lui. Ce que je pouvais comprendre : ces derniers temps, je n'avais pas eu trop le loisir d'être maître de mon destin. Et il semblait vraiment apprécier son boss...
   Sans réfléchir, je plaçais une main sur son épaule. Il me regardait alors, moi et mes contusions, aussi pitoyable que je pouvais paraître. Et il le paraissait aussi à cet instant. Nous restâmes comme ça cinq bonnes secondes avant que je ne lui dise :

- Je ne t'imposerai rien. D'abord parce que je ne suis ni Moka, ni Daemon. Tu n'as rien à craindre de moi, surtout aujourd'hui. Si tu ne tiens pas à être mêlé à tout ça, tu peux partir. Je ne te connais pas, et pourtant je peux le dire : je ne voudrais pas avoir à t'affronter. Une victime, c'est déjà trop... Fuis tant que tu le peux.

   Le capo blond ouvrit la bouche, la referma. Il pencha la tête en arrière, les mais sur les yeux, glissant jusqu'au bas de sa chevelure. Je n'imaginais pas le nombre d'émotions qui le submergeaient à l'instant... Puis ses traits se décrispèrent et il me regarda à nouveau. Il marqua pourtant un temps avant de répondre :

- Je suis un mafioso. Un Grante. Ma vie est faîte de musique, de danse, de comédie, de bruits en tout genre... Les combats en font partie. Quand on entre dans la pègre, on ne fuit plus, peu importe la raison. On agit pour le bien de la famille... C'est amusant. Le parrain m'a dit une fois qu'il ne se voyait pas mourir de vieillesse. "Je serai assassiné, par jalousie ou par envie !" qu'il disait... Si tu dis que la famille Grante ne peut rien faire, alors qu'il en soit ainsi. Autant sauver ce qui peut l'être.
- Alors... Tu acceptes de nous aider ?!
- Jacoppo...
- A une seule condition.
- Bien sûr ! Laquelle ?
- Lorsque tout sera fini : tu te battras en duel contre moi.

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Spoiler:
 


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