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 L'Arlequin flottant
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Raïs Al-Khizir

♦ Localisation : South Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 1139
Popularité: 1
Intégrité: -1

Sam 3 Juin 2017 - 0:37

South Blue, la mer du sud pour certains. Une surface bleuâtre qui s'étend à perte de vue, une dimension azurée sur laquelle des dizaines de petites vaguelettes apparaissent et disparaissent à un rythme soutenu. Tout à coup, un spectacle cauchemardesque vient souiller ce paysage idyllique. Sur l'océan, des dizaines de bateaux de guerre se mitraillent de boules de plomb tandis que les hurlements des marins retentissent à travers l'horizon. Des litres de sang se diluent dans une mer jonchée de cadavres déchiquetés et de bouts de coque. Je contemple ce massacre en étant bien planqué, depuis un hublot dans la cale du bateau.

Soudain, je me rends compte que le navire sur lequel j'me trouve est bien proche de cette scène de guerre, en plein milieu de l'action même, ce qui est étrange vu qu'aucun choc n'est venu secouer l'embarcation. Intrigué, je monte les escaliers menant au pont du bateau avant d'ouvrir la grande porte séparant l'intérieur du navire et son extérieur. En tirant la poignée, je me fais canarder le visage par des rayons de soleils incidents. L'obscurité ambiante de la pièce fait en sorte que la lumière solaire m'aveugle intensément l'espace de quelques instants. Je marche à tatons sur le pont avec le bras sur le front, petit à petit ma vue se défloute alors que les vagues marines clapotent sur la coque.

La première chose que je vois après avoir retrouvé la vue est un ciel orangé et brasillant, parsemé ici-et-là d'énormes nuages noirs. Mon premier réflexe est d'appeler le capitaine du bateau, le voilà, au milieu de tout le monde. Des dizaines de corps nus sont empilés les uns sur les autres, les cadavres de tous les membres d'équipage, ils sont tous là. Complètement abasourdi et choqué par cette vision d'horreur, je m'approche doucement du charnier avant de remarquer un homme qui se tient debout, le dos tourné au tas de macchabées. L'ambiance pesante et macabre, la boule de morts posée à quelques mètres et son air dangereux me fait légèrement trembler, une petite partie de moi-même veut plonger dans l'eau et prendre la poudre d'escampette au plus vite. Mais le reste de ma personne n'a qu'une seule envie, péter la gueule à cet enfoiré de merde et le traîner en justice le plus rapidement possible. Je fais un premier pas vers lui avec une étrange sensation de malaise, j'engage le second avec la boule au ventre, et c'est comme ça à chaque mètre, des douleurs apparaissent soudainement sur tout mon corps. Chaque pas est un véritable supplice mais je me sens comme attiré par cette personne, je dois absolument la confronter. J'arrive à sa portée, le corps à moitié paralysé par la douleur, ma main tremblotante lui tire légèrement sa chemise.

- Urgh...Q...Qui...Qui es-tu ?

Il se retourne vers moi avec un sourire pernicieux qui lui va jusqu'aux oreilles et m'attrape la tête avec ses deux énormes mains.

- Mais enfin, Raïs, c'est moi.

Mon propre cri de détresse me fait sortir de cet horrible cauchemar. Les ballottements du bateau couplés à mon sursaut de terreur me font tomber de ma chaise en même temps qu'une quantité non-négligeable de poudre à canon. J'essaye de calmer ma respiration affolée alors que je suis toujours par terre, la joue contre le sol. J'me relève doucement tout en frottant ma tignasse poudreuse, j'crois que je me suis endormi sur mon poste de travail. J'ai passé la nuit à confectionner de gros pétards et des bombes fumigènes dans un petit dortoir individuel et modestement meublé, j'ai dû m'assoupir quelques secondes sans faire gaffe. Oh putain, la tête de cet homme, c'était horrible. C'était la tête d'Andoria, mon frère d'enfance, complètement fondue comme de la cire à bougie. Mon dernier cauchemar de lui remonte à plusieurs années, avant même mon adoption, j'ai oublié à quel point ces mauvais rêves peuvent être malsains. Peut-être que c'est parce que je commence ma recherche d'Akouel que ces merdes refont surface ? Par rapport au manque d'un être cher et tout le tralala. Qui sait, mais en tout cas j'espère que ça ne va pas redevenir une habitude. Alors que je tapote mes vêtements empoussiérés, mon regard se pose sur trois fumigènes et deux pétards posés sur la table, juste à côté d'un bordel sans nom constitué de mèches d'allumage usagées, d'argile d'enfermement, de papiers roulés et d'encore plus de POUDRE ! Si on ajoute à cela l'abjecte odeur de renfermé environnante, ce dortoir est une honteuse copie-carbone de ma chambre. En me saisissant d'un balai et d'une poubelle situés pas loin, je nettoie cette déchetterie potentiellement explosive, avant de chopper mes petites créations et d'ouvrir la porte de la cale pour aller sur le pont.


Un tapage tintamarresque émane de ce dernier. Le soleil m'éblouit si fortement que je n'arrive plus à voir à deux mètres, je tâtonne doucement sur le pont avec la main sur les sourcils et les yeux plissés en attendant de pouvoir réutiliser ces derniers. C'est marrant, c'est quasiment la même situation que dans mon rêve de ce matin, j'espère que ce n'est pas une connerie de "prédiction fumeuse" ou une bêtise du genre. Autour de moi je sens que ça se bouscule, ça se presse, ça court et ça crie sur le pont. Les membres d'équipages s'activent énergiquement un peu partout sur le navire. Certains grimpent sur le mât avec entrain, d'autres tirent les cordages vigoureusement et quelques uns nettoient le sol aussi nonchalamment que possible. La plupart d'entre eux continue leurs activités laborieuses sans trop me remarquer. Faudrait que je trouve le capitaine, en partant de Bliss j'ai oublié de lui demander s'il compte faire des escales durant le voyage. C'est pas que j'aime pas les balades en mer, mais j'aimerai bien ne pas trop traîner avant d'arriver au QG de la Marine. Histoire d'avoir une petite mise au clair sur les enfoirés qui ont enlevés Akouel et de savoir à peu près contre quoi je m'apprête à me battre le plus vite possible.

Je progresse vers l'avant du navire tout en passant à côté des matelots qui se tuent durement à la tâche. Je zieute graduellement tous les coins du bateau qui me sont à portée de vue, pour me familiariser un peu plus avec l'endroit, c'est que je suis bon pour au moins une semaine de trajet et faire le tour du proprio serait plus agréable pour les prochains jours. Le vaisseau en lui même est un genre de Brigantin de commerce assez long et large, avec ses deux énormes mâts s'élevant sur l'embarcation, un au milieu qui est plus haut et massif que le second situé en arrière. Les voiles sont à moitié déployées et le navire avance assez lentement sur les flots. Sur chaque flanc du bateau, quatre canons à roues sont attachés à la rambarde en bois, ils ont l'air d'être d'assez vieux modèles d'ailleurs. Des mousses les décrassent alors que je continue ma progression sur le pont. J'aperçois le capitaine à la barre qui semble discuter avec le navigateur. Le chef de bord est un homme à la pilosité grisonnante et est plutôt court sur pattes, il est habillé assez modestement pour un commerçant de cette envergure, avec un pantalon de docker, une simple chemise blanche et entrouverte surmontée d'un petit manteau en tissu. Je m'approche de lui d'un pas léger et discret.
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