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Le moteur se met en marche (oui, le titre est très inspiré)

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Keiran Valerius

♦ Localisation : Cocoyashi

Feuille de personnage
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Jeu 8 Juin 2017 - 14:34

Une journée comme les autres s'était installée à Shell Town. Du point de vue météorologique, le ciel était gris-blanc, dû aux très nombreux nuages présentant une teinte similaire, un vent froid profitant de son passage pour caresser les feuilles des arbres et les joues des passants. La pluie n'avait pas été prédite par le bulletin et, au vu de ce que l'on pouvait observer, il avait raison.

Du côté biologie, les habitants s'étaient réveillés, les travailleurs étaient partis à la tâche, les enfants étaient allés apprendre, les badauds errèrent dans l'attente d'un événement à observer et commenter.

Une journée comme les autres s'était installée à Shell Town. Keiran, mal rasé, s'était levé trop tard pour avoir le loisir de prendre tout son temps pour se rendre au travail. Il courait.

** Pourquoi est-ce que je me lève en retard juste pour le dernier jour de travail ?! Quel abruti... **

L'abruti, comme il se qualifiait mentalement, doubla trois personnes trop lentes à son goût et manqua d'en renverser une quatrième, venant en sens inverse. Il heurta le bras de la personne, faisant ainsi tomber son sac. Raté pour être à l'heure quand même.

Keiran posa le pied en avant pour s'arrêter dans le but de pouvoir pivoter sur son appui, récupérer le sac, le rendre et reprendre sa route sans perdre de temps. Son pied se posa effectivement en avant mais ne lui assura pas le soutien désiré. En effet, lorsqu'il tenta de tourner, Keiran glissa et s'étala sur le ventre. Son menton vint heurter les pavés quelques brefs instants après le reste de son corps. Le choc se répercuta dans tous les os du mécanicien.

Le trio de marcheurs, composé de deux hommes d'âge mûr et d'une femme encore plus âgée, jeta un regard dédaigneux à l'homme allongé au sol avant de poursuivre sa route. Des gens adorables, pensa le mécano.

La personne qui avait été bousculée ramassa son sac et tendit une main vers le coupable de sa chute. Un sourire gêné s'affichait sur le visage de la personne, venant accentuer l'émotion peinée perceptible dans ses yeux bleus. Keiran ouvrit les yeux, vit la main tendue puis la femme aux cheveux bruns attachés qui était à l'autre bout et son expression. Il se sentit extrêmement mal à l'aise. Au final, c'était la personne qu'il avait renversé qui venait le relever.

- Vous allez bien ? Vous avez heurté le sol vraiment fort...

- Oh... Euh... Oui. Merci...

Keiran attrapa la main et, avec son aide, se remit sur ses jambes. Il découvrit que la femme était plus grande que lui mais devait être plus jeune, vu son grain de peau fin et lisse. Ses cheveux bruns, comme observé plus haut, étaient attachés en une forme complexe de chignon.

- Je suis vraiment désolé... Doublement désolé même car j'aimerai me faire pardonner mais je suis presque en retard pour mon travail... Est-ce que vous avez du temps vers quatorze heures ? Je devrais avoir terminé tout ce que j'ai à faire d'ici là et...

Keiran remarqua à la nouvelle expression de la jeune fille qu'elle pensait se faire draguer, et cela ne devait pas lui plaire. Il voulut apporter immédiatement une correction à ses propos, sa voix trahissant ouvertement et sans compassion sa gêne intense.

- Ah... Non ! Non ! Je ne... Je ne vous drague pas. Je voudrai juste... Enfin, vous offrir quelque chose à boire ou autre chose pour me faire pardonner d'avoir fait tomber votre sac.

Ça n'avait pas l'air d'avoir rassuré la demoiselle. Ses sourcils se fronçaient de plus en plus. Elle ouvrit la bouche mais sans avoir l'occasion de parler.

- Je m'arrange pas... On va faire plus simple : si vos affaires sont cassées venez me le dire au dock 12, c'est là que je travaille. Demandez Keiran Valerius, c'est moi. Et donc, si j'ai brisé des choses je vous les paierai... Promis. Et aussi...

Keiran plongea la main dans sa poche et en sortit un porte-monnaie. Il en tira un billet indiquant "1'000" et le tendit à la demoiselle.

- Pour me faire pardonner en avance. Désolé encore !

La fille tendit légèrement le bras devant elle, probablement dans le but de refuser. Keiran ne s'arrêta pas à ce dernier élément et lança presque le billet dans la main de la jeune femme avant de tourner les talons en courant.

- Keiran ! Keiran Valerius ! Dock 12 ! Si jamais !

Il cria ces mots de rappel en courant, sans avoir vu que la jeune femme n'avait pas attrapé le billet.

Cette courte entrevue, plutôt injuste au niveau égalité du temps de parole, ne laissa qu'un vague souvenir à Keiran une fois à son travail. Il faut dire que décharger du matériel, vérifier avec une liste que tout soit bien correctement sorti et trié ça occupe l'esprit, mais si en plus il faut faire un check-up du moteur du bateau, premier bâtiment équipé de matériel mécanique depuis trois semaines, l'esprit se retrouve vite chargé.

Comme c'était son dernier jour, Keiran subit les blagues et au revoir de ses collègues. Que cela soit par l'ajout de blagues privées sur les listes ou le mauvais placement volontaire d'une caisse, les dockers avaient chacun une façon de témoigner son affection au futur ex-collègue.

Lars vint donner une tape sur l'épaule du mécanicien vers midi moins dix, alors que ce dernier vérifiait un assemblage de conteneurs débarqués fraîchement. Il s'agissait d'un homme de petite taille, presque aussi large que les caisses qu'il déchargeait, le crâne recouvert d'une toison hirsute dont la couleur oscillait entre plusieurs nuances de brun. Son débardeur blanc faisait contraste avec le teint de sa peau plutôt sombre, résultat d'heures passées à travailler en plein soleil. Lars travaillait avec Keiran depuis une demi-année environ. Les deux hommes s'étaient relativement bien entendus malgré des personnalités à l'opposé.

Lorsque Keiran reconnut son camarade, il sourit. Il savait que Lars n'avait fait aucune blague, ce n'était pas son genre, mais il comptait bien soulager le tavernier local d'une quantité considérable de bières.

- Tu finis à midi ?

** Ce ton bourru et cette voix caverneuse renforcent vraiment le côté "personnage secondaire mal préparé." **

Malgré ce détail, Keiran aimait bien Lars. Il parlait beaucoup, buvait beaucoup et fumait beaucoup. Mais plus que ces défauts, le gaillard était un compagnon qui savait écouter, remonter le moral et était généreux.

- Ouais. Ou dès que j'ai fini cette liste.

Le mécanicien indiqua le document en le levant au moment où il en parla. Il replongea les yeux dessus, vérifia un nom sur une caisse avant son contenu, inscrivit un vu sur le dernier élément de la liste. Il visa et data le papier avant de se diriger vers un homme situé plus loin.

Grand, massif, chauve, portant des vêtements propres mais abîmés, Monsieur Green, le chef de l'entreprise de dockers pour laquelle travaillait Keiran, n'arborait qu'un seul élément soigné : sa moustache. Le fier ornement velu qu'il portait entre le nez et la bouche dissimulait partiellement ces deux traits de son anatomie tant il était imposant. D'un beige clair presque brillant, le poil dru était extrêmement bien peigné et bougeait au rythme des paroles du personnage. Il était en train de superviser l'évacuation d'un autre chargement lorsque le noiraud vint à lui.

- Patron ! C'est tout bon pour la cargaison B-805. Voici la liste.

Le patron lança une dernière consigne, qui ressemblait plus à un ordre crié, aux deux dockers en train de charger les cageots dans un véhicule rudimentaire. Il se tourna, attrapa la liste et caressa sa moustache. Keiran avait appris à ne pas sourire de la situation, Monsieur Green éprouvait une fierté sans pareille dans le port de la moustache, plus encore depuis son divorce survenu l'an dernier.

Après une relecture du document, le moustachu leva la tête vers le chevelu, ou plutôt il déplaça son regard de quelques centimètres. En effet, Monsieur Green mesurait bien deux têtes de plus que le docker en fin de service.

- Bien ! Mon cher Keiran, vous êtes libre de vos obligations ! Je ferai parvenir votre dernière paie à votre domicile demain matin par mon fils, Ernest.

Le fils du patron était un homme un peu niais, chétif, mais pas méchant, il voulait rendre service à son père et le faisait plutôt bien. Ce qui était d'ailleurs une bonne chose puisqu'on n'en attendait pas plus de lui.

- Merci à vous, Monsieur Green. Je vous remercie de m'avoir engagé pendant ces années.

- Bah ! Bah ! Allez fêter votre départ. N'allez pas me faire croire que vous regrettez de partir. Fêtez bien !

Keiran remercia l'homme et, après lui avoir serré la main, s'en alla. Il rejoignit Lars au bout du dock et partirent manger et boire.

Ils se rendirent d'abord dans un restaurant, l'Eucalyptus. Le restaurant ne servait pas de la nourriture extraordinaire mais avait le mérite de ne pas être cher. Le repas fut rythmé essentiellement par la discussion des deux hommes, portant sur des sujets divers comme les souvenirs de boulot, l'état de la politique, les solutions à apporter pour améliorer la situation à petite échelle et immanquablement finit par atteindre les phrases commençant par "Bah, tu vois, si moi j'étais au pouvoir je ferai..."

Discuter, rire et réfléchir en compagnie de Lars fit du bien à Keiran. Celui-ci ne savait comment allait se passer sa dernière journée de travail et espérait que son camarade soit inspiré. Et heureusement qu'il le fût ! Autrement, l'ex-docker aurait bien été parti pour ressasser la perte de ses parents et sa bourde du matin.

-Merde ! La fille !

Keiran ne s'en était pas rendu compte, car il était plongé dans ses pensées, mais il venait d'interrompre Lars dans sa blague salace sur les amiraux de la marine. Ce dernier lui jeta un regard unissant le reproche et l'interrogation.

- Quelle fille ?

- Ce matin, j'ai bousculé une nana. Je lui ai dit de venir me demander au dock si j'avais cassé un de ses trucs. J'ai oublié que je lui avais dit de passer... Et range ton regard, y a rien de spécial avec elle.

Cette dernière phrase avait été ajoutée suite au regard devenu plein de sous-entendus de Lars. Keiran regarda l'horloge accrochée au mur : quinze heures ! Il n'en revenait pas, le temps était passé si vite...

Il se leva, sortit son porte-monnaie, posa sur la table ce dont il se rappelait devoir comme montant.

- Désolé, Lars ! On reprend cette discussion tout à l'heure, ça te va ?

Sans attendre, Keiran s'élança hors du restaurant. Il était à mi-parcours des docks qu'il ralentit, percuté par une réalisation soudaine : Il réagissait bien trop fort par rapport aux événements. Pourquoi se sentait-il si coupable d'avoir bousculé cette fille ? Si ça se trouve, ses affaires n'avaient rien.

Mais dans ce cas, pourquoi réagissait-il ainsi ?! Il marcha, le regard dans le vide, pensif. Son esprit se promena au gré des idées qui lui venaient pour répondre à cette question. Ses parents étaient à présent décédés, il s'était fait à cette idée avec le temps. Il avait démissionné afin de pouvoir partir découvrir des éléments nouveaux du monde, sans vraiment se fixer de but. Mais pourquoi réagir comme ça ?

C'est alors qu'il réalisa. Depuis son retour du premier voyage en mer, Keiran avait aidé ses parents, avait tout fait pour qu'ils soient satisfaits et n'aient besoin de rien. Il avait vécu pour eux. Il avait placé leur vie et leur satisfaction au centre de sa vie.

Ce fut un choc de le réaliser. Encore plus lorsqu'il s'aperçut que son expédition mentale avait durer des heures. Il était à présent affalé sur un banc dans la rue, près du bord de mer touristique. Le mécano ne savait combien de temps exactement s'était écoulé mais il avait pu remarquer que la luminosité avait changé depuis le début de sa réflexion. Il se leva et se dirigea, en marchant, vers le dock 12. Il espérait que Monsieur Green soit toujours présent, ou au moins un de ses collègues... Non, anciens collègues. L'homme se demanda si la fille était passée au dock. Il eut la réponse lorsque, arrivé à son ancien lieu de travail, on lui annonça que personne n'était passé demander après lui.

Keiran s'en alla, songeur. La fille n'était pas venue. Soit il n'avait rien cassé, soit elle ne souhaitait pas être remboursée. Le sentiment laissé dans la poitrine de l'homme était inconnu. Il n'avait pas à s'occuper de quelqu'un, de quelque chose d'autre. Ce sentiment inconnu ne l'était pas tant, il avait simplement été tenu à l'écart par les obligations du mécano pendant des années. Ce sentiment était la liberté, la liberté de faire ce qu'il voulait. Enfin ! Après plus de trente ans, il pouvait enfin être libre d'être lui-même, de vivre pour lui-même. De chercher à amener sa curiosité où elle le voulait. Il avait été emprisonné du schéma d'assistant des autres avec ses parents et ne réalisait que maintenant que tout cela était terminé. La vie s'ouvrait à lui.

Il rentra chez lui, se lava et après s'être habillé sorti boire un verre à la santé de la liberté qui s'offrait à lui. Il boirait seul, car enfin il pouvait l'être. Il but un deuxième verre, pour un troisième. Il s'arrêta avant d'atteindre le dixième, enfin en était-il persuadé. Ses sens étaient quelque peu bouleversés. Keiran rentra chez lui, et alla s'affaler tout vêtu sur son lit. Il dormit d'un sommeil de plomb, sans rêve.

Au matin, des coups de marteau dans sa tête tirèrent le nouveau libre des bras de Morphée. Il ne savait ce que c'était, mais c'était douloureux. Les chocs continuèrent. Lentement, il se rendit compte de la situation : il avait dormi habillé, ses vêtements étaient froissés, il sentait l'alcool et n'avait aucune idée du nombre de verres consommés la veille, de l'heure à laquelle il était rentré ni celle qu'il était actuellement. Keiran ne savait qu'une chose : la douleur de son crâne était causée en par l'alcool, en partie par les coups donnés contre sa porte.

Il se traîna jusqu'à l'entrée de son domicile, sans se changer, déverrouilla l'accès à sa demeure et ouvrit la porte. Cette dernière action révéla un homme mince, presque maigre, sans muscle, à la touffe de cheveux en bataille. Ils étaient partiellement teintés de bleu, au niveau des pointes, mais étaient essentiellement d'un châtain léger. De la même taille que Keiran, à peu de choses près, l'homme qui se tenait là affichait un air gêné. Il sourit timidement lorsque le locataire lui parla.

- Oui ?

- B... Bonjour. Je suis Ernest Green, le fils de Bastien. Vous êtes bien Monsieur Keiran Valerius ?

- Oui, c'est moi. Qu'est-ce que tu veux le figurant ?

La réplique avait échappé à Keiran, il faisait souvent l'effort de retenir ce genre de répliques, sachant qu'elles pouvaient blesser ceux qui en étaient les cibles. Le ton las utilisé ne fit rien pour arranger. Ernest sursauta et se recroquevilla sur lui-même. Comment ce garçon pouvait-il être le fils du robuste Bastien Green ? Et que pouvait-il bien faire ici ?

- Je viens de la part de mon père. Il veut que je vous donne ceci.

Il tendit de la main droite une enveloppe avec "Keiran Valerius" marqué dessus. Le destinataire fut surpris de ne pas voir le bras du garçon trembler, il n'était peut-être pas si irrécupérable finalement ?

Keiran saisit la lettre et remercia Ernest. Il n'eut pas le temps de dire autre chose que le garçon prit congé. Le mécano le salua et referma la porte avant d'ouvrir l'enveloppe. Il y avait là son salaire pour le mois dernier. Il sourit, réalisant soudainement que cet argent lui servirait entièrement pour sa nouvelle vie, posa l'enveloppe sur la table et alla se recoucher.

Quelques heures plus tard, l'homme se réveilla naturellement. Il ignorait l'heure et ne se préoccupa pas de changer ce fait. Il prépara ses affaires.

- Aujourd'hui, le héros de l'histoire va débuter son aventure !

Mais pour aller où ? Ça, il avait une idée. Il avait envie de suivre son cœur et ses envies. L'idée d'embarquer sur un bateau à moteur et d'en être le mécano le tentait bien. Mais où trouver de tels bateaux ? Sur Shell Town ? Bof, il en était passé deux en moins d'un an, certes, mais c'était exceptionnel. Il avait entendu parler d'un lieu sur Grand Line, une île où les bateaux étaient carrément construits par des experts. Sans doute que là-bas, il trouverait du boulot ! Que ce soit pour aider à monter lesdits bateaux pour peu qu'ils aient un moteur ou pour assurer l'entretien du moteur d'un bâtiment déjà équipé. Il fallait juste retrouver le nom de l'endroit à présent...

Keiran réfléchit à la question tout en préparant ses affaires. Au bout des préparatifs, il ne savait toujours pas le nom de cette île, mais qu'importe ! Après tout, il avait tout le voyage de Shell Town à Grand Line pour trouver cette information. Il ne restait plus qu'à trouver un moyen d'entrer sur Grand Line. Il faudrait qu'il trouve une embarcation qui s'y rende. Donc ! Direction le port.
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Keiran Valerius

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Mer 14 Juin 2017 - 12:01

Le mécanicien atteignit le port avec son bagage. Nouvel objectif : trouver un accès à Grand Line, vers Shell Town. Pour cela, il y avait la Translinéenne, un réseau de bateaux amenant des passagers des Blues à Grand Line et dans l'autre sens. La publicité pour ce produit traînait partout, difficile de le louper l'information. D'autant plus que le travail au port de Keiran ces dernières années l'avait conduit à ouïr quelques bribes de données sur ces transports. Ils étaient fiables et pas trop coûteux. Le seul détail était que toutes les îles des Blues n'étaient pas desservies, il fallait se rendre jusqu'à Logue Town sur East Blue pour avoir accès au transport.

Il ne restait à présent au mécano qu'à trouver un transport jusqu'à Logue Town. Pour cela, plusieurs méthodes s'offraient à lui : payer le trajet, se faire passager clandestin ou offrir ses services et espérer être engagé sur un navire y allant. La première option fut écartée après un coup d’œil à son porte-monnaie, il ignorait combien coûterait le trajet jusqu'à Grand Line mais il fallait garder un maximum de provisions. La deuxième option était tentante mais trop risquée. La dernière option semblait la plus accessible.

** On va garder l'idée du clandestin au cas où l'autre ne marcherait pas. **

Keiran se plaça vers les docks à un endroit stratégique. Si des bateaux devaient arriver ce jour, il les verrait tous et pourrait aller parler au capitaine ou à l'intendant pour tenter de négocier un engagement à bord.

La journée était déjà bien entamée, il avait sûrement manqué plusieurs navires, mais il y en aurait sûrement plein d'autres. Cette prédiction s'avéra à peu près juste ; de nombreux navires vinrent accoster à Shell Town. De nombreuses cibles potentielles pour de la négociation !

Le premier capitaine interrogé avait pour destination Fuschia, donc totalement à l'opposé de Logue Town. Le deuxième n'avait pas envie de prendre une personne inconnue dans son équipage. Le troisième ne désirait que des employés expérimentés. Et ainsi s'enchaînèrent les refus, les excuses et autres paroles. Keiran ne se laissait pas abattre cependant, il restait optimiste. Il savait que ce ne serait pas aisé.

Les heures passèrent, les navires aussi. Toujours rien. La faim commença à se faire sentir. Il décida, après avoir repoussé jusqu'aux limites du soutenable, de faire une pause pour manger.

** Encore de l'argent dépensé... Dis donc, l'auteur ! T'as intérêt à ne pas me faire tout dépenser ... **

Il se rendit dans un fast food à proximité des docks où il était venu manger parfois du temps de son ancien travail. L'affamé commanda un menu copieux, paya et s'installa à une table vers la vitrine, il souhaitait voir tous les navires faisant escale pour pouvoir aller démarcher son voyage une fois rassasié. La nourriture arriva relativement rapidement.

** Ça se déroule mieux qu'au Grumpy Willy... Heureusement ! **

Ce souvenir en ramena d'autres. Le ventre et la tête du futur voyageur se remplirent au même rythme, jusqu'à saturation. Une fois rempli, Keiran se leva et retourna à la tâche. La première activité fut de chercher les trois capitaines ayant débarqué durant son repas. Le premier était à bord de son bâtiment mais ne comptait pas partir avant un mois au moins. Le deuxième revenait au quai au moment où Keiran sortait de son entretien avec le premier.

- Excusez-moi ! Vous êtes le capitaine de ce navire ?

L'homme s'arrêta dès l'instant où il réalisa qu'il était interpellé. Keiran couru jusqu'à lui. Le capitaine présumé était un homme grand, parfaitement rasé, bien habillé. Une casquette grise écrasait ses cheveux blonds, dont aucune mèche ne sortait à l'avant du couvre-chef. Son pull bleu collait son corps de très près, trop à l'avis de Keiran. Les yeux gris du bonhomme se posèrent sur l'homme qui l'avait appelé.

- Bonjour, Monsieur. Je suis effectivement le capitaine Bronson, du "Ayatollah" ici présent. Que puis-je pour vous ?

L'homme parlait d'un ton calme, sa voix était plus légère et aigüe que Keiran ne s'y attendait.

- Je me présente, Keiran Valerius, mécanicien de formation. Je cherche un transport jusqu'à Logue Town. Je ne dispose pas d'argent mais je suis prêt à travailler.

Le capitaine se redressa, leva un sourcil tout en regardant le bonhomme de haut en bas. Il devait le jauger.

- Je pourrai effectivement vous prendre à mon bord. Logue Town est une des escales prévues. Mais il vous faut savoir que ce n'est pas ma première destination. Vous n'y serez pas avant quelques semaines. Êtes-vous prêt à travailler jusqu'à Logue Town malgré tout ?

Keiran pesa les pour et contre dans sa tête. Il y aurait sûrement une autre opportunité par la suite, qui l'emmènerait directement à Logue Town. Mais quelle certitude avait-il ? Aucune ! L'Ayatollah était le navire sur lequel il embarquerait !

- Je comprends, mais ça ne me dérange pas !

Le capitaine sembla pressentir l'intention de Keiran, il l'arrêta en reprenant la parole.

- Nous ne lèverons l'ancre que dans trois jours. D'ici là, vous pouvez faire connaissance avec l'équipage. Venez, je vais vous inscrire dans le registre de l'équipage et vous présenter à mon intendant. Si vous avez un logement sur la terre ferme, séjournez-y, c'est plus confortable qu'à bord d'un bâtiment, croyez-moi.

Keiran passa le reste de la journée à parler avec l'équipage, visiter le bâtiment, suivre les procédures administratives concernant son inscription dans l'équipage du capitaine Bronson. Les tâches qu'il aurait à faire seront essentiellement physiques : nettoyage, manutention, aides diverses. Cela ne le dérangeait pas, il avait l'habitude d'être aux ordres d'autres et des travaux exigeants physiquement.

L'Ayatollah était un brick de bonne facture mais qui semblait avoir vu plus d'un voyage et, au vu de certaines marques sur la coque, des récifs de très près. Ses voiles étaient d'un blanc cassé classique et arborait un pavillon indiquant son appartenance aux navires de charge. L'équipage était plus ou moins du même acabit que le navire : une bande de bons gars dans l'ensemble mais certains étaient peu sympathiques et d'autres accusaient les voyages, les rides gagnant du terrain sur leur visage.

Le mécano profita de ses trois derniers jours sur Shell Town pour faire plus ample connaissance avec les membres de l'équipage, le capitaine, revoir ses camarades une ultime fois, vérifier trois fois ses affaires et boire en l'honneur de tant de raisons qu'il finit par boire sans raison durant deux soirs.

Enfin ! Le voilà venir ! Le jour du départ. Keiran s'était préparé et se présenta deux heures en avance sur l'Ayatollah. On lui présenta sa couchette, les cuisines, le local à balais et le stock. On lui expliqua les procédures à bord et on lui conseilla de se préparer à nettoyer l'intégralité du pont.

L'Ayatollah, après quelques heures de préparation, mit les voiles et s'éloigna lentement de Shell Town. La direction était inconnue pour Keiran, mais tant qu'il arrivait à Logue Town, il s'en moquait. Il fit une pause dans sa tâche lorsqu'il réalisa que l'île était devenue beaucoup plus petite, loin à l'horizon. Après avoir contemplé l'île rétrécir de plus en plus, le nouveau mousse fut tiré de sa rêverie par le capitaine Bronson.

- Bah alors ? On rêvasse ?!

- Désolé, capitaine. C'est la première fois depuis bien longtemps que je prends la mer.

- T'attardes pas trop pour reprendre la tâche.

Le capitaine semblait être compréhensif vis-à-vis des émotions, sans pour autant être laxiste. Keiran allait devoir se remettre au travail, et il le savait. Il regarda encore quelques instants le petit point éloigné qu'était Shell Town avant de reprendre sa serpillière et de nettoyer le pont.
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