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 [Présent #2 1627][Quête] Sauvetage de moutons. [Kan / Mana / Ylda]
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Ylda Freydja
•• Lieutenante ••

♦ Localisation : North Blue
♦ Équipage : /

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Dorikis: 1030
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Dim 2 Juil - 14:38

Il faisait froid, comme toujours sur l'île de Boréa, la nuit s'était mal passée pour la rouquine, elle était pensive, elle devait organiser dans la journée l'organisation de l'expédition. Les mots de Salem avaient apaisé ses maux. Un supernova, en y pensant ce n'était que deux zéro de plus devant le « un » de la prime. C'était jouable et lorsque ce jour arrivera, Salem serait bien contraint de reconnaître sa force même si elle gardait un amer souvenir de sa défaite. On avait soigné ses plaies, médicaments, bandages, onguents et tout le tralala. À ce moment la Lieutenant se faisait le serment de ne plus jamais faillir de la sorte, de ne plus sous-estimer ainsi ses adversaires. Avec le message qu'elle avait retrouvé, elle se doutait que des adversaires plus puissants encore sévissaient dans North Blue.

C'était avec les yeux fatigué qu'elle se leva bien assez tôt. Les coudes sur les cuisses, le regard sur ses pieds gelés par le parquet elle réfléchissait. Aujourd'hui elle devait composer son équipage, elle n'aurait sûrement pas le droit à plus qu'une  caravelle de prêt, mais le jour viendra où elle aura son propre navire. Elle finit par se lever, prit ses affaires pour partir se doucher. L'eau bouillante lui fit du bien, détendre les muscles, apaiser la douleur des plaies. Il y avait quelques jours de navigation jusqu'à Tanuki, ils devaient se dépêcher, si on en jugeait le mot récupéré, ils auraient le temps d'arriver et d’interpeller les criminels présents. Lorsqu'elle fut propre elle s'habilla, parti déjeuner et revint se coiffer et se brosser les dents. En s'équipant de son armure, son plastron et son manteau de Lieutenant elle partit à la rechercher de Kan Kagami, elle ne l'avait pas pris pour la première expédition car il n'était pas disponible, mais là elle voulait sa force et surtout : il venait de Tanuki. Elle le trouva dans sa chambre, elle toqua et entra lorsqu'on lui donna l'accord, elle le trouve à s'entraîner et eu un petit sourire satisfait.

-Bonjour Kan, prépare tes affaires, demain on part pour Tanuki, j'aurai besoin de ta connaissance de l'île. Pour les détails... Demain. Mais pour faire court je suspecte qu'une bande organisée de pirates vole les précieux moutons angora de ton île, ne soit pas courbaturé sinon je vais t'étirer en conséquence et crois moi, ça ne sera pas agréable.

Avec un sourire elle ferma la porte avant de partir à la recherche de Mana, cette jeune Marine avait du potentiel malgré son grade qui était non représentatif de sa puissance, elle l'avait détecté, cette étincelle de progression, cet éclat qui sommeillait au fond des gens promis à de grandes choses. Elle la trouva dans les quartiers des matelots de première classe. Lorsqu'elle entra tous les matelots se mirent au garde-à-vous.

-Repos ! Mana ! Cria-t-elle jusqu'à ce qu'elle apparaisse. Demain tu embarques avec moi pour Tanuki, j'te veux dans le groupe que je dirigerai. Les questions ça sera pour demain alors prépare tes affaires pour une grosse semaine.

Elle ressortit de la chambre pour aller voir le Colonel Grey, elle avait obtenu l'accord de diriger la mission, mais pressée par les soins qu'elle devait recevoir, elle avait légèrement bâclé son rapport, elle ne savait pas comment elle allait s'y pendre, mais elle y arriverait. On lui accorda une entrevue rapide avec le Colonel, lorsqu'elle arriva devant lui, elle se mit au garde-à-vous.

-Bonjour mon Colonel !

-Repos Lieutenant Freydja. Que puis-je pour vous ?

-Je souhaiterais me voir affecter au commandement d'une Caravelle pour partir dès demain à Tanuki pour poursuivre l'organisation qui fait dans le braconnage. Comme avec les Phacochères des Glaces ici à Boréa, un autre groupe de cette organisation serait à Tanuki et nous savons l'île réputée pour ses moutons Angora, puisqu'ils ne se trouvent que sur cette île ils doivent avoir une valeur commerciale importante, surtout sur le marcher noir. Je pense qu'une caravelle sera adaptée à la situation, un navire rapide et avec des hommes suffisamment entraînés à son bord, nous devrions réussir à arrêter les truands qui opèrent là-bas.

-De ce que vous me dites, cela pourrait dépasser vos compétences contrairement à ce que vous aviez rapidement expliqué hier à votre retour. Je devrais sûrement faire appel à un commandant pour des événements de telle envergure.

-Mon Colonel je suis parfaitement capable d'y arriver avec une sélection d'hommes adaptés !

-Lieutenant Freydja, vous êtes blessées et je ne pense pas que cela soit à votre portée.

-Mon Colonel, dit-elle avec un regard noir alors qu'elle gardait difficilement le contrôle de ses mots. Hier je me suis entretenu par escargophone avec le Vice-amiral Alheïri Salem Fenyang en personne, l'historique de mes appels pourra en témoigner, lui-même a affirmé que j'étais parfaitement capable d'assurer cette mission. Pensez-vous que le vice-amiral dispose d'un mauvais jugement?.

Elle ne bluffait pas, s'il affirmait qu'elle pouvait un jour ramener un supernova c'est qu'elle pouvait régler ce problème sur les blues. En réussissant cet exploit, elle gagnerait plusieurs échelons et elle pourrait même avoir accès à son navire personnel et son équipage. Grey semblait hésiter, ce n'était pas du genre d'Ylda de mentir, c'était une femme droite et honnête. Il secoua la tête avec un long soupire.

-Si vous échouez vous connaissez les conséquences n'est ce pas ?

-Oui mon Colonel !

Elle se mit au garde-à-vous avant de partir, demain elle savait qu'elle aurait sa Caravelle prête à partir, ses pas l'amenèrent aux bureaux administratifs, on lui indiqua le quais et elle patienta le temps qu'on lui fournisse sa liste d'hommes en précisant qu'elle voulait absolument Kan Kagami, Mana. Elle laissez les caporals qu'elle avait réquisitionné hier se reposer, ils n'étaient pas prêts pour ce qui arrivait.

Pour le reste de la journée, elle fit les préparatifs, nourriture, équipements, cordages éventuel, il y avait quelques éclaireurs, donc elle prit le soin de faire monter quelques chevaux et l'équipement qui en découlait. Pour le reste, le moins important, elle laissait ça à l'administration. Elle fit le choix de ne pas s'entraîner aujourd'hui, mais de bien faire cicatriser ses plaies, s'ils venaient à combattre elle ne voulait pas être trop handicapée, elle regrettait l'absence de Moïra. Elle n'aimait pas passer par la case soin, mais il le fallait, changer les bandages, appliquer de nouvelles crèmes, avaler d'autres cachets, ça l'agaçait au plus haut point, heureusement c'était des femmes, elle éprouvait un peu de gêne à se mettre en petite tenue devant des hommes.

Lorsqu'elle fut libérée elle partit lustrer ses boucliers, ce sont de bien lourdes épreuves qui allaient arriver, ils devaient briller dans l'obscurité et guider ses hommes vers la victoire. Assurer la protection des gens étaient le plus important. Après de longs gestes doux et délicats assurés par une main experte, Ylda parti manger, seule, où elle réfléchissait à différentes formations, elle ne connaissait rien du terrain de Tanuki, mais pour être une île d'élevage, il y avait sûrement bien plus de plaines verdoyantes qu'autre chose.

Elle partit dormir, troublée par la peur d'échouer, la peur de décevoir le Colonel Grey et surtout Salem, pourquoi ça l'inquiétait autant ? Ce n'était qu'un pervers profiteur, mais il avait peur de son regard à la suite de son échec, de décevoir les espoirs qu'il plaçait en elle. C'est avec une volonté mal assurée qu'elle se prépara rapidement pour partir avec ses affaires sur le quais de Lavaillière. Elle fit monter l'équipage qui avait pour ordre de se rassembler sur le pont avant le départ après avoir rangé leurs affaires dans les « quartiers » prévus. Lorsque tout le monde fut en place elle les observa depuis la barre du navire, cinquante hommes et femmes sous son commandement au garde à vous.

-Repos ! Elle fit le silence d'un geste du bras sec. Je suis votre Lieutenant Ylda Freydja ! Ensemble nous allons naviguer jusqu'à l'île de Tanuki. Hier, je suis revenue de mission avec un groupe d'intervention pour neutraliser un groupe de voleurs de Phacochères de glaces. Ce groupe, il se trouve qu'il fait parti d'une bande organisée de braconniers. Sur les deux pirates primés que nous avons arrêté, sachez que nous avons retrouvé un ordre ordonnant aux voleurs de Boréa de rejoindre Tanuki, c'est pour cela que nous partons si vite. Notre mission est d'arrêter ces braconniers, les capturer et non les tuer, relâcher les moutons angora célèbre à travers le monde entier et chercher à remonter la piste vers la tête pensante de cette organisation. Je ne tolérerai aucun manquement de discipline dans les ordres que je donnerai qui viseront toujours à protéger les populations et les animaux. Maintenant rompez et à vos postes !

Elle tourna les talons pour descendre sur le pont et elle même se joignit aux manœuvres, ce qui surprit les matelots et les rares gradés présents, laissant aux pilotes le soin de diriger le navire. Elle croisa alors Kan et Mana.

-Kan Kagami, Mana ! Venez m'aidez à hisser la grande voile ! On a pas toute la journée !
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Kan Kagami
• Caporal •

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Dim 2 Juil - 17:05

Encore une journée banale dans la garnison de Boréa. Cela faisait une petite heure que le soleil s’était montré alors que j’étais encore tranquillement emmitouflé dans les draps. Malgré les rayons du soleil qui me chatouillaient le visage, je refusai de sortir de mon lit. Je regardai juste à travers la fenêtre qui me surplombait le paysage froid, mais pourtant chaleureux de Lavalliere. C’était mon petit rituel du matin. Je n’avais pas grand-chose à faire de toute façon, malgré les rondes obligatoires inhérentes à mon grade peu élevé dans la Marine. Heureusement, je m’entendais plutôt bien avec ma petite escouade, ce qui rendait les journées un peu moins ennuyeuses qu’à l’accoutumer. J'avais tout de même hâte d'une mission digne de ce nom tout de même, j’avais l’impression de rouiller sur place.

En parlant d’être rouillé, pour ne pas l’être, l’entraînement était une bonne solution. Je décidai alors de me tirer hors du lit malgré son hospitalité, je l’entendais presque se plaindre lorsque je me levais, celui-ci grinçant très légèrement. Je pouffai un petit rire et ne pus m’empêcher une petite réplique :

« T’inquiètes pas va, on se retrouvera ce soir »

Avant de rire de plus belle. J’avais un grain. Je m’étirai ensuite de tout mon long, fis craquer mes épaules et mon cou dans un geste prompt et me dirigea vers mon armoire tout en m’ébouriffant les cheveux. Une fois devant, je m’observai quelques secondes tout en baillant. Je n’étais habillé que d’un sous-vêtement noir, mes cheveux devaient avoir leur propre existence tellement ils avaient pris une forme indescriptible et j’avais encore les yeux dans le vague. Je me grattai un peu le menton tout en soupirant légèrement. D’un geste mou, j’ouvris le premier placard et sortis une tenue sombre assez lâche que j’enfilai tout en baillant. Les matins, ce n’était pas vraiment mon truc. Une fois préparé, je soufflai un bon coup et je commençai ma petite séance d’entraînement matinale. Je n’y allais pas trop fort étant donné que je n’avais encore rien bu ni manger, mais il me fallait cette petite demi-heure histoire de bien démarrer la journée. Une sorte de rituel en somme.

Seulement, ma séance fut perturbée par une personne qui toqua à ma porte. Qu’est-ce qu’on me voulait de si bon matin ? Je soupirai bruyamment avant d’inviter la personne à entrer. J’avais prévu d’ignorer celle-ci à moitié pendant que je faisais mes exercices, mais lorsque je reconnus Ylda, ma supérieure, je me stoppai dans mes exercices et lui accordai toute mon attention. Ça devait être important pour venir me chercher aussi tôt le matin.

Et, pour être important, ça l’était !

Une bande d’odieux pirates s’attaquaient aux célèbres troupeaux d’ovin Angora sur ma terre natale ! Mes yeux s’ouvrirent en grand, comme ma bouche. Je me redressai droit comme un clou et j’opinai du chef en criant un :

« Comptez sur moi ! »

Avant de voir ma supérieure disparaître dans les couloirs de la garnison. Le retour au pays n’allait pas du tout être de tout repos… Tant mieux, je dirais, cela me donnait une excuse pour donner des nouvelles à ma famille, vu que je ne m’étais toujours pas résolu à leur envoyer une lettre. Je leur en parlerai une fois en tête-à-tête.

La journée défila en un éclair, malgré une boule au ventre de plus en plus grosse. J’angoissai et ça se ressentait durant mes mouvements. Je m’agaçais, je me précipitais, je m’énervais même. Depuis mon enrôlement dans la marine, je n’avais effectué aucune mission qui demandait une telle préparation. J’étais principalement affecté aux rondes dans la ville avec ma petite troupe et, malgré les évènements récents que j’ai dû affronter, je ne me sentais pas encore prêt. Heureusement que mes gars étaient là. Ils l’avaient directement remarqué ce qu’il n’y allait pas et me firent sortir les vers du nez. Après plusieurs heures de discussion, de rigolade et de franche camaraderie, je me sentais beaucoup mieux, prêt à affronter les évènements futurs. Alors qu’ils me proposèrent de m’accompagner, je refusai leur demande. Je ne voulais pas les emmener, peur que ça puisse tourner au drame. Le reste de la journée se déroula sans trop de soucis, je réussis même à dormir malgré la pression que je ressentais.

Le lendemain, j’étais frais comme un gardon, prêt aux aurores. L’uniforme de marine, les deux sabres bien accrochés au niveau de la ceinture, j’étais même prêt avant tout le monde. Le soleil montrait à peine le bout de ses rayons que j’étais déjà en train de ranger mes affaires dans le bateau qui avait été préparé pendant la nuit. Je voyais tous les matelots arriver, ainsi qu’Ylda alors que j’étais déjà sur le pont du navire. Ils y avaient du monde, une bonne cinquantaine de personnes composaient l’équipage. S’en suivit alors un discours de notre commandante sur la mission et ses détails. Celui-ci fut bref, mais intense. Je pouvais bien ressentir tout le désir de la rousse à faire de cette mission une réussite, ainsi que toute sa détermination à ne faire aucune victime. Je souris à ces mots tout en posant mes mains sur les pommeaux de mes armes. De toute façon, je ne pouvais tuer, c’était la règle.

Après ce discours, tout le monde se dispersèrent et s’activèrent afin de prendre le large. Personnellement, j’avais comme objectif de me la couler douce dans un coin du vaisseau pendant que tout le monde s’activait. Ce n’était pas que je ne voulais pas… Mais j’avais quand même une certaine peur de faire des manœuvres maritimes alors que j’étais une enclume une fois à la mer. J’avais imaginé plusieurs scénarios possibles : me faire décrocher par une forte bourrasque des cordages en ferlant les voiles, me faire emporter par une grosse vague, tout était passé.

Cependant, alors que je me préparais à tirer au flanc, le Lieutenante me repéra et me hurla de l’aider à hisser la grand-voile, avec l’aide d’un autre matelot. Je me stoppai net comme un robot auquel on avait retiré les piles et je tournai mécaniquement la tête vers elle tout en affichant un air placide. J’avais envie de lui faire un signe négatif et de me barrer en vitesse dans le fond de la cale, mais je me rappelais que j’allais passer plusieurs jours avec elle. Alors je ne cachais pas mon ennui en soufflant longuement puis je m’activai pour l’aider. L’opération ne fut pas difficile, mais à chaque fois que je regardai l’océan, mon degré de panique augmentait lentement. Je n’étais vraiment pas serein et ça se voyait.

Lorsque la manœuvre fut terminée et que le bateau prit le large, je regardai Ylda tout en reprenant difficilement ma respiration, les deux mains posées sur mes cuisses. Ce n’était vraiment pas pour moi ce genre de chose. Je lui fis tout de même un pouce en l’air pour dire que tout allait bien.

« Ne vous inquiétez pas… C’est juste que… Je pense que toutes ces manœuvres… Ce n’est pas fait pour moi… Si vous voyez ce que je veux dire. » Finis-je par dire. « Je vais aller me réfugier là où je ne manque pas de tomber à l’eau. »

Je lui fis un signe de tête avant de prendre congé dans les quartiers de l’équipage. C’était juste une grande salle avec de nombreux hamacs accrochés qui servaient de couchette. Au moins là, je ne pouvais pas prendre l’eau, à moins d’un problème généralisé du type trou béant dans la coque. Je m’assis sur le sol, adossé contre un mur et regardai le plafond tout en soupirant et reprenant lentement ma respiration. Un fruit du démon, c’était bien… Mais ça engageait pas mal de soucis en étant marin. Pour me déstresser, rien de mieux qu’une bonne séance d’entraînement ! Je me levai alors, décrochai mes deux sabres et fis plusieurs mouvements dans le vide, histoire de le faire dans ma tête. Tout allait bien se passer, il n’allait avoir aucun accident pendant la traversée, pas de rencontre malencontreuse qui pouvait amener à la perte de l’intégrité du bâtiment.
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Mana
Matelot 1ere Classe


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Mer 5 Juil - 0:02

Perplexe...

Trainée... Confuse... Fatiguée... La bonne volonté et la motivation dans ton devoir n'étaient pas des choses qu'il te manquait, néanmoins, tu n'étais pas faite de la même matière que ces soldats à la vigueur semblable à celle de machine. Comment faisaient-ils ? Cela dit... Tu n'étais pas vraiment logée à la même enseigne... Tu étais celle qui était plongée perpétuellement dans des corvées sans fin. Tu étais la préposée au travail ingrat et le pire, c'était que tu n'osais même pas lever le petit doigt pour te sortir de ce genre de situation.

Trop timide, trop maladroite... Tu étais la cible idéale, fragile à l'extérieur comme à l'intérieur. On ne pouvait pas culpabiliser d'abuser de ta gentillesse lorsque tu t'excusais à tout bout de champ. Persuader que tu étais plus un boulet pour le reste de la garnison. Après tout, même le zéro absolu se retrouvait bien faible pour désigner la confiance que tu portais en tes capacités.

On t'avait forgé ainsi, et ces mois au service de la justice ne t'avait pas changé d'un cran. Quand bien même tu avais fait des rencontres intéressantes, tu étais restée bloquer dans ce moule d'infériorité relative à toutes les autres créatures de chair de ce monde...

A peine avais-tu posé tes fesses dans ce qui te servait de quartier que tu partageais avec le reste de la garnison de premier rang, alors que tu reprenais ton souffle après des heures de récurage de latrines.  La seconde d'après, une gradée frappa à ta porte avant d'entrer en trombe pour t'indiquer qu'elle te voulait dans son groupe partant le lendemain vers Tanuki. Prise par surprise, tu tentas tant bien que mal de prendre la posture militaire, tandis que tout les autres avaient réagit bien plus rapidement que toi.

Non sans entendre quelques gloussements à ton encontre, cette Ylda partit aussi vite qu'elle était venue, grâce à elle, tu avais attiré toute l'attention au milieu de ce quartier bondé de prédateur. Tu étais en bas de la chaine alimentaire. Ils se faisaient sermonner par leurs supérieurs et pour se défouler, finissaient par s'en prendre à toi. Toi ? Tu te contentais de sourire et de répandre ta gentillesse naïve.

La journée fut compliquée, traquée par tes camarades qui ne l'étaient pas tant que ça, tu n'eus pas beaucoup de moment pour considérer ce qui allait se passer le lendemain. D'ailleurs, avant même que tu t'en rendes compte, tu te retrouvais être durant ce fameux jour à attendre sur le pont. Tu écoutais attentivement le discours de la lieutenante, bien que ton esprit limité t'empêchait d'emmagasiner toutes les informations nécessaires.

- Ex ... Excusez moi ? J'aurais des qu...

Tandis que tu levais la main fébrilement pour poser quelques questions, soucieuse de bien faire tous venaient de partir à leurs occupations. Tu n'avais même pas gratté ne serait-ce qu'une seconde d'attention. Prise dans une confusion totale, tu te morfondais intérieurement, en ayant une peur viscérale d'encore illustré ton titre d'Incapable de bien des manières.

Plongée dans une crise existentielle, tu fus extirpée par la lieutenante en question te demandant de hisser les voiles. Toi ? Hisser les voiles. Tu étais à la fois heureuse de ne pas devoir nettoyer le pont mais terriblement angoissé à l'idée de faire une bêtise. La maladresse était à un stade chez toi tellement prononcé qu'elle te poursuivait en chaque instant.

- Bi... Bien !


Tu connaissais la théorie, tes instructeurs te l'avaient tellement répétée que tu avais passé des journées inlassablement à apprendre tout ça encore et encore. La manœuvre n'était pas compliquée, mais pour une poisseuse comme toi, cela révélait d'un véritable miracle d'en sortir sans égratignure.

Te contentant de suivre les mouvements des deux autres, tu tachais de répéter la manœuvre dans ta tête afin de la faire le mieux possible dans la pratique. Pour une fois, rien de terrible ne s'était passée, mais tu te rappelais cette fois où tu avais mal fait les nœuds et que la voile s'était envolée en plein trajet. Tu t'étais retrouvée de punition pendant un bon mois avant qu'on ne veuille te pardonner. Tu ne voulais certainement pas que cela se reproduise !

Ylda, la lieutenante semblait étrangement t'appréciait ou avoir une pensée vis à vis de toi. Ce qui n'était pas le cas de tout tes autres supérieurs. Au moins, cela t'avais permit de glaner un peu de sommeil durant le voyage tandis qu'après ces trois jours, tu pouvais apercevoir l'ile en question.

Tu avais tenté d'aller voir certains des autres matelots afin qu'ils te réexpliquent la mission dans son ensemble en vain. On te fuyait comme une pestiférée, apportant le malheur autour d'elle mais surtout sur elle même.

Tu espérais que cela allait bien se passer... Tandis que vous commenciez à embarquer et à mettre un pied sur terre.
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Ylda Freydja
•• Lieutenante ••

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Jeu 6 Juil - 11:57

Elle n'avait prit le soin de ne répondre à aucune question car à son sens il n'y avait pas besoin de questions à l'heure actuelle. Se dire que plusieurs de ses hommes allaient mourir, c'était une idée qui la rendait malade. Elle donnerait l'ordre de neutraliser, mais combien tueraient aussi dans la peur de mourir ? C'était des matelots et quelques caporals, elle était seule officier « qualifiée » et expérimentée de trois années de Marine. Si tout se passait bien, c'était le titre de commandant qui arriverait jusqu'à elle et une promotion la rapprocherait de Salem, vaincre sur cette île l'équipe D, était la preuve même qu'elle avait progressé depuis son séjour à Goa et ce combat contre Salem, elle n'aurait sûrement pas assez d'une vie pour le vaincre, mais qu'importe, tant qu'un jour il reconnaissait sa capacité à protéger les hommes et les femmes du monde entier, ça lui allait.

Les voiles étaient hissées, Kan s'était défilé avant même qu'elle ne puisse répondre, saleté, il avait mangé son fruit, mais à présent il fallait assumer son entrée dans la Marine! Il voulait naviguer et ne voulait pas s'approcher de l'eau, quel comportement étrange soupira-t-elle. Face au regard effrayé de Mana, la Lieutenant posa sa main sur l'épaule de la matelot et lui sourit.

-Bien joué. Soit confiante, je sens en toi du potentiel que beaucoup pourraient jalouser, tu peux même aisément prétendre à plusieurs promotions.

Elle tourna les talons faisant voler sa cape de Lieutenant et passa dans les rangs de ses hommes, elle aida longuement le transport de quelques tonneaux qui avaient glissé, elle réconforta les recrues qui partaient pour la première fois. Elle organisa les groupes, chaque caporal avait avec lui dix hommes, sauf qu'il manquait hélas un caporal et Ylda aimait les chiffres ronds, tout ce qui se divise aisément. A la fin de la journée elle passa voir chaque caporal en leur distribuant une lite. Lorsqu'elle arriva à Kan elle lui sourit.

-Voilà la liste de dix hommes que tu auras sous ton commandement. Bien que caporal je sais, j'ai à cœur de donner de l'expérience à ceux et celles qui veulent, comme moi, prendre du grade. Ne te déçois pas et sois sûr de tes choix. Va à la rencontre de tes hommes.

Elle le laissa avec une familière tape sur l'épaule qui était bien lourde avant de se diriger vers Mana qu'elle trouva seule, en arrivant prêt d'elle, la rousse demandant d'une douce voix.

-Je peux prendre place ? Je ne te dérange pas au moins ?

Elle prit place et lui tendit une liste.

-C'est la liste des dix hommes que tu auras à guider si jamais je suis absente, elle observa son regard en plongeant ses yeux dans les siens avant de dériver sur sa balafre. Je crois réellement en toi et c'est ton occasion de briller, ton occasion de montrer à la terre entière que Mana va devenir une légende de la Marine. Va à la rencontre de tes hommes pendant le voyage.

Elle se leva ensuite tranquillement avant de rejoindre ses quartiers, elle avait une petite pièce avec elle, un lit, une table, une carte, la liste des effectifs, liste des équipements etc etc. Elle s'endormit rapidement. Pendant le second jour Ylda participa comme toujours aux manœuvres et aida même à l'entretien du navire, elle prit le soin de parler un peu avec chaque homme, ils n'étaient que cinquante, elle pouvait se le permettre, mais le jour où ils seraient des centaines, voir des milliers elle n'aurait peut-être pas ce privilège. Le troisième se déroula sans encombres et ils arrivèrent au seul et unique port de la seule ville portuaire de l'île. La Lieutenant descendit sur le pont en lâchant de sa puissante voix les ordres de descente, elle descendit ensuite la première devant quelques habitants qui s'étaient réunis inquiets.

-Que diable font des Marines ici ?!

Lança une femme bientôt rejointe par d'autres personnes, rapidement un brouhaha commença à envahir le port comme une nuée de bourdons Rapidement exaspérée, Ylda serra les poings.

-Silence non de Dieu! Ses propos et sa voix puissante et autoritaire mirent fin à ce brouhaha. Bien, que l'on m'amène à la garnison. Les équipes une, deux et trois vous déchargez le matériel. Elle observa Kan. Ton équipe, vous allez faire un tour en ville, chercher quelques infos sur les arrivées de navires, j'vais voir ce que je trouve de mon côté comme infos à la garnison. Elle se tourna vers Mana. Toi, surtout reste naturelle et part à la pêche aux infos dans la ville avec tes hommes. Elle fit à l'ensemble des chefs d'équipe. Au crépuscule je veux tout le monde devant la garnison de Tanuki, que le bateau soit vidé aussi. Rompez !

Puisque tous ses hommes avaient des occupations de terrains, elle allait gérer ce qui l'attendait plus tard : la diplomatie et l'administratif. Elle espérait trouver une bonne personne comme le Colonel Grey, mais les rumeurs sur la garnison de Tanuki courraient, entre les laxistes et les branleurs, en même temps la vie n'était pas trépidante ici, mais le manquement à ses devoirs était insupportables. Elle ne dit rien aux populations préférant les ignorer pour ne pas affoler les foules, une île si tranquille paniquerait d'un coup.

Elle passa à travers les maisons et trouva quelques Marines à jouer aux cartes, sans armes et débraillés, elle comprima les poings, leur grade était inférieur à celui de la rousse, des soldats qui ne semblaient pas pratiquer beaucoup d'exercices.

-Que l'on me mène au Colonel en fonction ! Troublé d'être ainsi interrompus ainsi ils se relevèrent paniqué avant de l'observer, Ylda ragea et haussa le ton. Et le garde à vous c'est pour les chiens ?! Je suis votre supérieur hiérarchique, il est ou le respect ? Puis regardez moi ça, rhabillez vous ! Où sont vos armes, êtes-vous seulement prêt à vous défendre ?

-Mais du calmeuh, ma Lieutenant, tu vois bien qu'il n'y a aucu...

C'est une gifle qui fit s'écrouler celui qui venait de partir au sol, la très grande femme du haut de ses deux mètres s'imposa alors au second qui déglutit difficilement, celui-ci prit un garde-à-vous mal assuré.

-Je.. Mon Lieutenant, je vous mène au Colonel, excuse..sez-nous pour ce manquement.

Ylda suivit ce matelot qui se rhabilla en marchant d'un pas pressé, il avait peur de finir claqué contre un mur comme son collègue, dans la garnison elle ne croisa que des paresseux, aucun homme ne semblait affecté à ses devoirs, les couloirs étaient poussiéreux, les poignets de portes ternes, les ouvertures grinçaient, un manquement incroyable à l'entretient du bâtiment. Dans ce lieu qui ressemblait à celui de Boréa, on ne voyait que les différences ménagères et de propreté. Lorsqu'on m'amena à la porte du bureau du Colonel, Ylda repoussa le Matelot avec un geste de la main et le remercia brièvement et entra avec fracas en découvrant un Colonel à la hauteur de ses hommes, avachit son bureau gras de nourriture

-Bonchou Lieuchnant quech che qui me vaut le plaichir de votre venu ! Prendez plache !

-Je vais rester debout, j'aurai peur d'être ainsi la chance de ne pas être salit par la graisse et la poussière. Son regard dur l'observait alors qu'elle sortait son papier d'accréditation. Je suis la Lieutenant Ylda Freydja nommé par le Colonel Grey de Boréa pour enquêter sur une organisation criminelle et sûrement pirate de braconnage massif sur plusieurs îles. Nous avons il y a quatre jours arrêtés à Boréa un navire et des pirates primés qui volaient des Phaochères des glaces, ils avaient un papier de leur « boss » les invitant à rejoindre Tanuki rapidement pour aider l'équipe déjà sur place depuis plusieurs jours à poursuivre le vol des moutons.

Le gros Colonel se redressa difficilement et passa de « très avachit » à juste « avachit » sur son bureau, son regard surprit et choqué, il siffla.

-Vous vous pressez dis donc.. Pas besoin.. l'île n'a aucun problème...

-Vous prétendez que je mens ainsi que votre égal de Boréa ? Égal qui lui au moins à un établissement propre, des membres armés qui surveillent activement et qui ne jouent pas aux cartes ! Je vois à vos réactions que vous méritez même pas de protéger cette île ! Maintenant protégez seulement mon navire, si jamais il lui arrive quoi que ce soit, j'espère que vous aurez les moyens de le réparer à vos frais. Si vos hommes nous gênent dans l'avancement de l'enquête ou de nos interventions, que je juge prendre de plein grès compte tenu de votre incompétence, je les mettrais au bagne. Je n'ai pas besoin d'incapables laxistes qui profitent de leur paie sans même lever le petit doigt !

-Vo.. Vous savez que je suis Colonel !

-Levez vous et on se tire l'oreille ? J'me fou des répercutions, mais je ne laisserais pas des hommes, des femmes ou tout être vivants souffrir au profit de sombres desseins ! C'est du devoir de la Marine d'intervenir pour le bien de la population ! Alors vous me collerait un rapport si ça vous fait plaisir! Moi j'ai une mission de protection et de sauvetage à effectuer et rien ne m'en empêchera!

Elle ne pensait pas tomber sur ça.. elle était déçue, si elle réussissait sa mission, elle se débrouillerait pour faire changer les choses à Tanuki, car c'était inadmissible que des Marines agissent de la sorte. Elle sortit en fermant la porte la porte brutalement derrière elle, ils ne pouvaient pas les aider, ils étaient inutiles, incapable d'être propre sur eux-même, la risée de la Marine à seulement trois jours de Boréa, quelle histoire ! Elle rageait, sa rencontre n'avait amené rien de bon pour eux, l'organisation qu'ils pourchassaient avaient champ libre ici pour remplir encore et encore leurs cargaisons, ils devaient avoir un ou plusieurs navires.

La rousse revint au bateau et redemanda à faire charger le navire, elle ne voulait que rien ne soit sur l'île, ces marins n'auraient qu'à protéger le navire et tout irait bien. Elle tempêta en silence, vidant sa colère en transportant les lourdes caisses de vivres. Au soir elle observa les autres équipes rentrer et prit Kan et Mana à part.

-Alors ? Des infos intéressantes ? Vous avez pensé à voir les bergers proches de la ville ? De mon côté, rien, la Marine d'ici n'est qu'un ramassis de branleurs débrailler laxistes qui ne foutent rien. Nous allons devoir nous démerder seuls... et j'me suis légèrement mit à dos le Colonel de l'île.. mais bon, nous n'avons rien à craindre, en menant à bien la mission nous pourrons renouveler la garde Marine de Tanuki et ses équipements je l'espère. On va également préparer les escapades nocturnes. Kan et Mana à la nuit tombez on part ensemble avec les éclaireurs et les chevaux, on va voir s'ils opèrent de nuit comme à Boréa. Des questions ?
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Kan Kagami
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Sam 8 Juil - 22:30

La traversée se fut heureusement sans encombre et les trois jours se déroulaient dans un calme que je qualifierais de « calme avant la tempête », tellement ils étaient plats. Tout de même, ce calme m’avait permis de mieux connaître cette dizaine d’hommes qui s’étaient retrouvés sous mon commandement, ordre de la supérieure. Prendre de l’expérience dans ce domaine ne m’intéressait pas, je ne me sentais pas vraiment à l’aise pour diriger les autres, mais les ordres étaient les ordres et je ne pouvais m'y soustraire sous peine de me faire botter les fesses par la grande rousse. Je ne voulais pas goutter à ses pieds. Le premier contact avait été assez dur, j’étais stressé, je cherchais mes mots, je me grattais nerveusement l’arrière de la tête toutes les dix secondes et je riais nerveusement, mais ils avaient tout de même réussi à me mettre en confiance. Soit ils étaient très sympathiques, soit ils avaient peur de la Lieutenante et ne voulaient donc pas l’énerver, au choix. Au final, je m’étais habitué à eux et on s’entendait plutôt bien, ce qui allait être bénéfique pour notre mission.

Le matin du quatrième jour, le bateau finit par s’arrimer au petit village de Tanuki, ma terre natale. Pendant toute l’approche, j’étais resté accoudé sur le rebord au niveau de la proue, songeur, alors que tout le monde s’activait derrière moi pour préparer la descente. Je soufflai longuement tout en observant le village que je retrouvais après moins d’une année d’aventure… Si je pouvais appeler ça une aventure. Je n’avais pas beaucoup envie d’y retourner, mais il le fallait bien. Je finis par prendre part aux manœuvres après une longue minute d’observation, rapidement rejoints par tous mes hommes. Après quelques petites minutes, tout le monde descendit sur terre sous les yeux surpris et un peu inquiets de certains villageois qui se demandaient pourquoi un tel dispositif avait été déployé sur cette île pourtant si paisible. Ils commencèrent à poser d’innombrables questions en même temps, ce qui provoqua un capharnaüm, mais ce n’était sans compter l’autorité de fer de la Lieutenante au bouclier et sa voix bien portante… Ce qui me déplut légèrement. Tout le monde se tut et la regarda d’un air interloqué alors que je le lui lançai un regard noir, les sourcils froncés. C’est normal ce brouhaha ! Ils n’étaient pas habitués à voir autant de soldat débarquer d’un coup, ils désiraient des réponses et elle n’en donna aucune. Ce n’était pas comme ça qu’elle allait se faire respecter dans le village, mais j’avais l’impression qu’elle s’en fichait. La rousse donna seulement ses ordres comme la supérieure qu’elle était et s’en alla juste après, toute seule.

Cette manière d’agir m’arracha un grincement de dent peu discret qui interpela plusieurs marins autour de moi. Cependant, alors que j’aurais dû être gêné par le fait d’avoir été découvert, je n’en avais rien à faire, appelant juste mon équipe pour partir à la pêche aux informations, tels étaient les ordres. Ça n’allait pas être difficile vu que chaque chose qui sortait même un peu de l’ordinaire surprenait tout le monde dans le village, tellement il ne s’y passait rien. Le seul moyen que les braconniers possédaient afin de passer inaperçu était de ne pas accoster au niveau du port ou de se faire passer pour des marchands. Cependant, aucun gros navire ne mouillait au port à part celui dans lequel nous étions arrivés. Deux solutions s’offraient alors à moi : ils avaient déjà pris la fuite ou ils se trouvaient autour de l’île. La première était assez facile à vérifier, étant donné que rien ne passait inaperçu.

« J’vais voir la capitainerie seul.» Lançai-je tout en soupirant, mon équipe se trouvant autour de moi. « Le pauvre vieux risquerait d’avoir une attaque s’il nous voyait débarquer dans sa petite bicoque. Profitez-en pour discuter un peu avec les villageois, mais ménagez les, ok ? Ils ne sont pas habitués à voir autant de monde. Faites pas comme Ylda, vous risquerez de les froisser. »

Je me grattai nerveusement l’arrière de la tête tout en levant les yeux au ciel et me dirigeai vers une petite cabane se trouvant juste à l’entrée du port. Elle n’avait pas belle mine, un peu délabrée comme la personne à l’intérieur. En parlant de celle-ci, c’était un vieil homme nommé Léon. La soixantaine, pratiquement plus de cheveux sur le caillou, mais encore toutes ses dents, mais pas la raison. Je le connaissais bien vu que je traînais pas mal avec les dockers. Il passait le plus clair de sa journée à observer le port, les arrivés et départ des bateaux et à les noter minutieusement dans son registre. Lorsque je m’approchai de lui, je remarquai qu’il était plongé dans celui-ci, sans doute en train de noter notre arrivée. Il paraissait un peu nerveux et c’était bien normal, il ne m’avait même pas remarqué alors que j’étais juste devant sa bicoque. Je l’observai pendant un petit instant, le sourire nostalgique aux lèvres et je m’éclaircis un peu la voix pour qu’il me remarque enfin. Le pauvre vieux sauta pratiquement de sa chaise et me regarda les yeux grands ouverts, ses lunettes rebondissant sur son nez.

« Mais vous êtes malades ! Vous voulez m’tuer ?! » Commença-t-il à hurler avant de s’arrêter brusquement, le regard toujours aussi interloqué.

Il plissa un peu ses yeux, retira ses lunettes pour les essuyer et les remit. Je lui offris alors un petit sourire avant de prendre la parole.

« Bonjour Léon. Comment allez-vous ? »

La vieille personne me détailla de haut en bas et me répondit d’un ton surpris :

« Mais… Kagami, c’est toi ?
« Et oui, malheureusement. »
« Qu’est ce tu fiches ici ? Tu d’vais pas faire l’tour du monde ? Et pis c’est quoi c’te t’nue ? Toi, Marine ? M’ fais pas rire, c’une blague ! »
« Et pourtant, c’est bien vrai… Mais tu t’imagines bien que ce n’est pas voulu. »
« J’parie que tu t’es encore mêlé à une histoire qui te regardait pas hein ? »
« Malheureusement… »

Visiblement contrarié, Léon se leva de sa petite chaise, attrapa sa canne qu’il laissait contre le mur et me donna un coup sur le crâne assez violent pour un vieillard. Un petit hoquet de douleur m’échappa alors que je me frottai la caboche, une petite larme à l’œil.

« Aie! T’es toujours aussi fêlé ! » Criais-je, mais tout ce que je récoltais, c’était un autre coup de canne.
« Et toi t’es toujours aussi irrespectueux… » Il se stoppa quelques secondes et reposa sa canne au sol. « Tu pourrais donner des nouvelles quand même. T’sais qu’ta mère s’inquiète pour toi, même chose pour ton p’tit frère… Enfin, t’es là maintenant, profites-en pour aller les voir. »
« Je peux pas, j’ai pas le temps… Et je ne suis pas venu ici pour que tu m’fasses la morale ! »
« Mais t’vas voir toi .. !! »
« BREF ! » Criai-je, ce qui stoppa net le vieil homme alors qu’il voulait me mettre un nouveau coup de canne. « Quand est parti le dernier navire marchand ? »
« Hier, pourquoi ? » Le vieil homme me regarda en levant un sourcil.
« Ok. Il te paraissait pas bizarre ? »
« Bah… Non. Que des marchands ordinaires. Ils ont vendu leur marchandise et ils sont partis quelques heures après. »
« J’m’en doutais » Marmonnai-je, tout en me caressant légèrement la tempe.
« C’quoi toutes ces questions Kagami ? J’dois m’inquiéter ? »
« Non non… Simple question de routine. Désolé de t’avoir dérangé Léon, bonne journée. »
« Eh, mais reviens… J’t’ai dit d’rev’nir ! Tss… Quel garnement c’lui là. »

Je rejoignis mes hommes au pas de course et, une fois à leur niveau, leur ordonna de me suivre dans le village alors qu’ils étaient en train de discuter avec les locaux afin d’aller glaner plusieurs informations sur… Des trucs « anormaux ». Cependant, la majeure partie de la journée ne fut pas bonne, à croire que vraiment rien ne se déroulait dans ce petit village, mais il me restait quand même une autre piste : les bergers. Ça devait être les premiers au courant, vu que les braconniers s’attaquaient à leur bergerie. J’effectuai alors un grand tour du village et de ses alentours pour aller à la rencontre de tous les pâturages en périphérie, histoire de voir s’il y avait eu une possible victime de raft d’ovin. Simplement, c’était assez long à pied et les premiers que j’avais visités n’avaient aucun problème. Aucun mouton ne manquait à l’appel, comme si cette menace de braconnier n’existait juste pas.

Le soleil commençait à décliner, le ciel se teignait d’une couleur rouge-orangée alors que mes trompes et moi continuèrent notre petit tour des bergeries. J’avais tenu une petite liste sur un petit carnet qui comportait tous les noms que je collectais en complétant mon tour et je les rayais un à un. Ils en restaient encore plusieurs, mais la plupart étaient trop éloignés de la ville et vu l’heure, je n’avais le temps que pour un seul passage. La dernière sur ma liste était tenue par un certain Monsieur Conord Halchard, un riche éleveur qui possédait une grande parcelle côté ouest de la ville. Celui-là, je ne le connaissais pas du tout, mais d’après ce que j’avais entendu de lui, c’était un marchand hors-pair qui se prenait pour quelqu’un d’important. Il avait réussi à acheter plusieurs pâturages autour du sien, ce qui faisait de lui l’un des plus gros éleveurs d’ovin de l’île.

Alors que j’approchais de la dernière maison, un cri fendit les airs et nous alerta tous. Je lançai un vif regard à toute l’équipe et je courrai vers l’origine du cri. Je contournai alors la bâtisse, sautai au-dessus de plusieurs barrières pour arriver au niveau d’une grange qui avait la porte grande ouverte. Sans attendre, je m’engouffrai à l’intérieur pour trouver un homme agenouillé, la tête dans ses mains, alors que plusieurs moutons angora se trouvaient à l’intérieur. Il était habillé de manière assez classieuse malgré son métier, un costume bleu nuit avec un haut-de-forme sur la tête.

« Monsieur ? Ça va ? » Demandai-je tout en regardant autour de moi.

Le pauvre homme sursauta et se retourna rapidement tout en tenant son cœur. Il allait commencer à hurler, mais lorsqu’il remarqua notre uniforme, il se ravisa et se leva.

« Ah ! Vous tombez bien ! » Cria-t-il tout en se tenant les mains devant lui.
« Vu le cri que vous avez poussé, je me doute bien. Je me présente, Caporal Kagami. Qu’est-ce qui se passe ici ? »
« C’est affreux Monsieur Kagami ! Je suis victime d’une machination ! »
« Une… Machination ? »
« Parfaitement ! Vous voyez, je suis Conord Halchard, le meilleur éleveur de mouton de l’île. » Il ôta son chapeau pour me saluer et le remis directement après. « Je détiens les meilleurs moutons angoras de tout le village. Ils possèdent une laine si pure et si soyeuse que chaque pull fabriqué avec est une œuvre d’art à lui seul ! Bien sûr, à cause de cela, j’attise pas mal de convoitises et les ôtres bas éleveurs me détestent, mais d’habitude, ils n’allaient pas aussi loin. » Il tourna la tête vers ses moutons tout en portant un mouchoir à ses yeux. « Mes pauvres petits… »
« D’accord… Au lieu de venter les mérites de vos moutons, vous pouvez me dire ce qu’il s’est passé ? »
« Ah oui ! Excusez-moi, je suis parfois dissipé ! Pour tous vous expliquer, j’effectue chaque soir et matin un inventaire de mes bêtes, histoire de m’assurer de tous les avoir. »
« Vous êtes vraiment très consciencieux… Ou parano… » Marmonnais-je tout en tournant la tête vers mes soldats qui se mirent à pouffer un petit rire.
« Quand on est le meilleur, on vérifie à le rester ! Et j’ai raison de faire ce genre de chose ! Car, voyez vous ! Sur mon élevage, il me manque mes trois meilleurs moutons ! »
« Oh. Vous êtes sûrs d’avoir bien compté ? »
« Eh oui, Monsieur ! Ça fait plus de dix ans que je fais ça et aucun mouton ne manquaient à l’appel avant aujourd’hui !»
« Hm hm… Peut-être, c’est un autre éleveur qui vous a fait une blague… ? »
« Non ! Personne n’irait aussi loin… Ils sont jaloux, mais pas au point de me priver de mes meilleures bêtes ! »
« Je vois ça. Eh bien, Monsieur Halchard, merci pour ses informations. Nous allons enquêter sur votre problème. »
« Ah, vous êtes une grande aide, Monsieur Kagami. Mille mercis ! »

Je lui fis un petit salut et repartis en direction de la garnison au pas de course, car le temps était compté, mais j’avais au moins une piste.

A peine eu-je le temps d’arriver à la garnison que la Lieutenante me prit à part avec un autre matelot du nom de Mana et nous posa plusieurs questions. Son passage sur la marine laxiste m’arracha un sourire crispé, mais j’essayais de contenir ma colère. Je soufflai longuement afin de toute évacuer et lui répondit :

« J’ai peut-être une piste : un éleveur dit avoir perdu trois de ses moutons et m’assure qu’ils étaient tous là hier soir. Il ne soupçonne pas les autres éleveurs malgré le fait qu’il soit très mal aimé, donc on peut penser que tes braconniers sont bien ici. Et j’ai quand même une bonne question… Qu’est-ce qu’il te prend de parler comme ça des gens qui vivent ici ? »

Oups, ça m’avait échappé, mais partis pour partis, autant y aller à fond.

« Il se passe quasiment rien ici, laisse les un peu souffler. Ce n’est parce qu’ils sont laxistes et débraillés qu’ils sont incompétents. Après la débâcle d’il y a quatre ans, la sécurité a été renforcée. Mais rien ne s’est passé depuis… Donc autant laisser couler, tu penses pas ? »

Je me grattai l’arrière du crâne tout en ricanant de manière gênée, une goutte de sueur coulant le long de ma tempe. J’allais me faire défoncer, mais d’une puissance.
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Mana
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Mar 18 Juil - 1:14

Épuisée...

A peine débarqué que tu te retrouvais à avoir une missive en particulier. Pourquoi ton Lieutenant t'accordait autant d'attention ? Tu n'étais qu'un grain de sable dans cet océan infini, il y avait certainement d'autres soldats qui méritaient davantage d'attention. Toi tu n'étais guère utile en vérité, malgré ce qu'elle pouvait penser de toi. Et déjà que tu n'étais pas du tout confiante dans tes capacités, tu te retrouvais avec la pression d'avoir la confiance d'une personne gradée. Tu ne voulais pas la décevoir, mais c'était inévitable, tôt ou tard, elle allait se rendre compte de ta véritable nature.

Par ailleurs, tu n'avais pas pris le temps de pleinement la juger, tu l'as connaissais à peine en vérité. Ferme et autoritaire d'apparence, elle semblait ne pas penser en mal. Tu en avais déjà croisé des gens véreux au sein même de la marine, mais dans ta très grande crédulité, tu n'avais jamais porté la faute sur eux. Tu avais l'impression de pouvoir lui faire confiance à elle... Si seulement, elle ne se méprenait pas sur ton compte.

Soupirant, tu traças ton chemin de ton coté, de manière peu confiante. Rencontrer des villageois ? Soutirer des informations ? Tu n'étais clairement pas à l'aise pour mener une conversation sur ton terrain. Tu avais tendance à te perdre dans tes propres fidélités et à t'embrouiller par toi même. Soutirer des informations à des inconnus était une tâche presque impossible. Trop timide pour véritablement être efficace dans l'exercice.

Mais bon... Tu ne pouvais pas désobéir, alors tu sillonnas le village avec plus ou moins de conviction. Les gens avaient tendance à te prendre en pitié lorsqu'ils faisaient face à ton allure... pitoyable. Une cicatrice te défigurant le visage, une posture craintive, peu assurée. Il n'en fallait pas plus pour qu'on se demande ce qui t'avait trainé dans les forces de l'ordre.

Tu n'avais aucune crédibilité dans le rôle malgré toutes tes bonnes intentions. Finalement, la fatalité de ton destin avait fini par encore frapper. Les villageois ne te prirent pas au sérieux, ils se moquèrent parfois de toi sans que tu ne comprennes leurs sous entendus moqueur. Tu étais convaincue de leurs sympathies à ton égard, comme tu étais convaincue qu'il était possible de sauver le monde entier sans faire couler une seule goutte de sang.

Petite sotte immature...

Le soir fut terrible pour toi, le moment où tu devais faire ton rapport presque inexistant de ta journée. Aucunes informations n'avaient été récupéré, le village dans tout les cas semblait tendre dans un calme plat... Enfin de ton point de vue...

- Je euh...

Perdue dans tes pensées, tu n'avais pas senti la tension qui était entrain de s'instaurer entre ce Kan et la Lieutenante. Tout les soldats se tournèrent vers toi comme si tu avais été la cerise de trop sur le gâteau. Remarquant alors que tu étais tel un cheveu sur la soupe, tu te mit à rougir comme une pivoine sur tes joues balafrées.

- Les villageois ne m'ont pas raconter grand chose. Les récoltes sont bonnes pour la plupart, le commerce de la betterave n'a jamais autant marché... Humm... Des étrangers se sont établis quelques jours dans la taverne avant de s'installer ailleurs et ah ! La petite fille du doyen du village va bientôt se marier ! Pas grand chose d’intéressant... Pardonnez moi madame...


Dans la garnison, plus un bruit... Tu avais l'impression d'être une grosse prime au milieu d'une troupe de chasseur de tête. Tu ne pouvais pas vraiment te faire toute petite en cet instant...
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