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Revendications sociales et proxénétisme

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Sunbae Roona

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Mar 1 Aoû 2017 - 1:01

_ Alors c'est lui?
_ Tout à fait Boss.


Assis sur une chaise à laquelle il était littéralement attaché, Sunbae regardait avec un air perplexe les trois hommes en face de lui. Un petit homme à l'air de fouine et deux gorilles bodybuildés. Le Roona pensa que le monde criminel était décidément rempli de clichés.

Comment en était-il arriver à cette situation? Disons que les proxénètes ont leur façon de travailler et n'aiment pas vraiment qu'on vienne chambouler tout ça.

*
***
*

Trois jours plus tôt, c'est avec la sensation de draps propres et soyeux couvrant son corps que l'homme aux cheveux gris se réveillait. Une douce odeur de café lui parvenait aux narines alors qu'il essayait de se rappeler de l'endroit où il était. La mémoire lui revint alors que la porte de la chambre s'ouvrait. Clara, une jolie jeune femme, accessoirement prostituée, rencontré par Sunbae à son arrivée sur Rokade entra dans la chambre, une tasse de café à la main.

_ J'ai pensé que ça te ferait du bien après hier soir, dit-elle en lui tendant le breuvage encore chaud.

Il rougit à l'évocation de "hier soir". Après le succès de son travail en coopération avec un psychopathe du nom de Dorian Silverbreath, le Roona avait passé la soirée entre la joie d'avoir gagné plus d'argent qu'il n'en avait jamais eu et la paranoïa causé par l'obligation de rester discret sur l'obtention dudit pactole. Il apprenait sur le tas les inconvénients de la vie de criminel, notamment ne pas pouvoir se laisser aller à une orgie de débauche et de luxe après une opération réussi, les autorités locales ayant tendance à se méfier des pauvres devenus riches en une nuit.

La soirée et les célébrations se résumèrent à quelques verres chez Dorian avant de se faire chasser par l'intéressé à l'alcool mauvais. Dépité et seule dans un lieu inconnu aux alentours de trois heures du matin, il retourna à la seule maison dont il connaissait encore l'emplacement. Il était arrivé chez Clara après plusieurs minutes de marche et avait tambouriné à la porte de la belle jusqu'à ce qu'elle vienne lui ouvrir, exaspérée par le bruit.
A peine eut-elle ouvert la porte que Sunbae s'engouffra dans la maison, sans lui laissait le temps de lui mettre le coup sur la tête qu'il aurait mérité pour réveiller les braves gens, et en lui lançant quelques billets avec un air dédaigneux.
La suite était plus confuse mais il se rappeler avoir accusé la jeune femme de lui avoir menti sur la nature de son travail avant de se vanter de ses gains puis de s'annoncer comme le Macro Prolo : protecteur des putes et futur homme très riche.

Après c'était le trou noir.

L'attitude de Clara avait cependant tendance à le rassurer, peut être ne s'était-il pas tant comporté comme un trou du cul que ses souvenirs ne le laissaient entendre. Puis elle reprit la parole.

_ Par rapport à hier soir, je suis prête à passer l'éponge car ton projet me plaît bien, et que tu m'as filé un sacré paquet de pognon, mais revient foutre le bordel chez moi complètement bourré en pleine nuit et je t'assure que tu le regretteras. Compris?
_ Mon projet?
_ Ton syndicat des putes, je crois que t'as appelé ça : Le Sein Ducat. J't'ai même noté les adresses de quelques bordels que tu pourrais allez voir. J'te conseille d'ailleurs de te dépêcher si tu veux faire tout ce dont tu m'a parlé hier.


Tout ceci avait été dit de manière très professionnelle, comme si sa secrétaire était venu lui rendre compte des chiffres de la veille. Il ferma les yeux, prit une gorgée de café et se mit à penser que cette impression, même fugace, de diriger une entreprise était diablement agréable. Même s'il ignorait ce qu'il était censé faire maintenant malgré ce que venait de dire Clara.
Il devait l'interroger et ouvrit donc les yeux avant de prendre la parole mais fut interrompu par ce qui lui faisait face. Il avait remarqué que son hôte portait un tablier sans y faire attention mais, maintenant qu'elle lui tournait le dos pour sortir, il fut surpris par son apparente nudité. Il appréciait encore le gigotement notable de certaines zones charnues que la porte se refermait sans qu'il ne put faire autre chose que rougir, s'étrangler avec son café, tousser en renversant le liquide brulant sur sa poitrine et étouffer un cri de douleur.

S'il avait été moins surpris, il aurait surement remarqué le sourire impertinent et le clin d'œil de la prostituée et aurait pu déduire les évènements de la veille plutôt que de passer, vainement, les minutes qui suivirent à chercher la signification de ce "dos nu".

*
***
*

Quelques heures plus tard, c'est dans un tout autre environnement que se trouvait Sunbae. A l'intérieur de "La Grive Oisive", bordel doté d'une solide réputation et à la fréquentation élevée, il attendait quelqu'un. Première des adresses marquées par Clara, elle l'avait noté d'une étoile qui avait intrigué le jeune homme qui compris une fois sur place.

Julia Carmin.

Employée de la Rainbow House, futur co-possession du Roona si tout se passait comme prévue, elle était également l'une des rares personnes au courant de ses projets. Privé de ses revenus pour quelques temps, elle n'avait pas tardé à trouver un moyen de compenser ses pertes pensa-t-il.
Bref, il avait vu sa photo et avait tout de suite compris une chose : bourré ou pas, il conserver le même mode de raisonnement. S'il souhaitait créer une organisation protégeant les intérêts des prostituées au sein d'un environnement tel que celui de Rokade, il lui fallait attaquer par le bas de la pyramide. Qui, dans son bon droit, offrirait naturellement des avantages à ses employés s'il n'y était pas obligé?

Les moines d'où il avait grandi, aimaient dire que l'on pouvait juger de la valeur d'un homme à sa façon de traiter ceux lui étant inférieurs. Sun' doutait que les proxénètes du coin aient une telle grandeur d'âme, il fallait donc leur forcer la main. Prendre les rênes de Rokade étant un objectif inatteignable, il ne pourrait les amener à faire ce choix qu'avec beaucoup de négociations et le poids du nombre.
La solution était donc évidente : il devrait créer son organisation dans le secret et rassembler des partisans avant de pouvoir passer à la suite.

Et la personne qui lui semblait le plus à même de l'aider dans cette tâche n'était autre que Julia Carmin. Elle semblait avoir une certaine réputation dans le milieu et leurs précédentes entrevues lui avait laissait l'impression d'une femme tout à la fois capable et intelligente, bien qu'elle l'effrayait un peu. Il était sûr qu'elle saurait lui indiquer les personnes à voir et peut être même faire du lobbysme pour son compte.

C'est donc avec un grand sourire qu'il accueillit l'arrivée de la pulpeuse et séduisante rouquine.

*
***
*

_ ... et c'est pour ça que j'ai besoin de ton aide.

Sunbae venait de finir son exposé sur son projet et ses réflexions sr la manière de le mener à bien. Il attendait maintenant la réponse de Julia.

Celle-ci l'avait écouté attentivement, l'homme l'intriguait depuis qu'elle avait fait sa rencontre quelques jours plus tôt et il continuait de la surprendre. Elle pensait qu'il aurait mit plus de temps avant de se lancer et pas avec quelque chose de déjà défini. Il semblait clair sur ses intentions et ses idées mais paraissait également un peu trop confiant.

_ Et si les grands patrons se rendent compte de ce qu'il se passe?
_ Ce sera pas bon, c'est certains mais si c'est pour les filles que tu t'inquiètes je pense pas qu'elles craignent grand chose. Comme je l'ai dit plus tôt, la main d'œuvre ça coute cher et c'est chiant à remplacer. On est jamais à l'abri d'un massacre en règles mais ça me semble peu probable. Je pense que c'est moi qui prendrait, histoire de faire un exemple et éviter que des idées de droits sociaux reviennent à la mode.
_ Eux peuvent se permettre de s'attaquer directement à la tête sans s'occuper de la masse.
_ Ca reste généralement la meilleure solution. C'est ce que je ferais si j'étais eux en tout cas, pourquoi punir des dizaines d'individus si en tuer une seule calme les autres?


Julia plissa les yeux. Il lui semblait étrange que ce nouveau venu sur Rokade, de ce qu'elle savait un honnête citoyen, se soit habitué si vite à la façon de pensée des locaux. D'une certaine manière, elle trouvait cela plus effrayant que bien des choses horribles qu'elle avait pu voir par le passé.
D'un autre côté, son plan pouvait marcher. Mettre la pression sur les patrons et les forcer à céder devant de possibles revenus alternatifs. Trouver un système qui conviendrait à tout le monde serait compliqué mais pas totalement impossible.

Elle réfléchit encore un moment face à son interlocuteur, silencieux, en attente de sa réponse.

"C'est décidé", pensa-t-elle en se levant.

_ Allez, c'est parti tu m'as motivé!
_ Et on va où
, parvint à demander Sunbae alors que Julia l'entrainer à sa suite.
_ Voir une vieille amie. Exactement la personne qu'il te faut.
_ Et tu peux te barrer, comme ça? C'est pas genre, ton nouveau job?
_ Sauf que j'ai une réputation moi, Monsieur. N'importe quelle propriétaire de bordel du coin est prêt à m'accueillir avec d'excellentes conditions. Mon nom à l'entrée suffit à faire venir des clients.
_ T'as déjà la belle vie quoi...
_ Exactement!


Ils sortirent ensemble de l'établissement et Sunbae ne put s'empêcher de ressentir un frisson lui parcourir l'échine alors que nombre de regards jaloux le cerner...


*
***
*

Cela peut paraître étrange mais même les îles criminelles aussi ont une échelle sociale des quartiers. Mais si on réfléchit, les voleurs et autres escrocs aiment autant le luxe que n'importe qui. Quoiqu'il en soit, le duo se trouvait maintenant dans les "quartier huppés".
Devant eux se dressait une maison que Sunbae se surprit à qualifier de "coquette". Julia lui expliqua brièvement la situation.
Cette bâtisse appartenait à Mama Pipeau, ancienne maquerelle ayant gravit les échelons de la prostitutions avant de prendre sa retraite, forte d'une richesse tranquillement amassée aux fils des ans. Elle avait possédé plusieurs maisons closes et était encore bien implantée dans le milieu. De nombreux propriétaires de bordels venaient encore chercher ses conseils ou même lui envoyer des filles pour les former. D'après la rousse, se mettre cette femme de leur côté c'était déjà s'offrir une crédibilité, que ce soit pour approcher les filles ou les macs.

Une fois les explications faites, ils frappèrent à la porte.

Un homme de grande taille au visage fermé vint leur ouvrir. Malgré ses allures de maitre d'hôtel, tout dans sa posture comme dans sa voix faisait penser à un militaire. Sunbae s'attendait presque à voir un homme en uniforme venir le saluer en l'appelant "Commandant".

_ Madame Julia, que nous veut le plaisir? Demanda-t-il sans que le ton de sa voix ne reflète ses mots.
_ Bonjour James, je viens présenter cet homme à Mama, il pourrait l'intéresser.

Le dénommé James observa le jeune homme de la tête aux pieds, avant d'acquiescer et de les inviter à rentrer.

Si notre héros avait qualifier l'extérieur de "coquet", nul autre description que "luxueuse" ne lui vint une fois à l'intérieur. Tout n'était qu'apparat et démonstration de richesse. Les murs étaient recouvert de peintures d'artistes célèbres et de draperies de soie brodés d'or, le sol de tapis richement décorés et même le plus petit des couloirs bénéficiait d'au moins un objet décoratif démontrant la richesse de son propriétaire.
Malgré cela, et même si un spécialiste définirait la décoration de "surchargé", le tout donnait une impression d'harmonie. Si certains objets pouvaient paraître superflus, aucun ne semblait "déplacé".
Quoiqu'il en soit, si le but de la décoration était d'impressionner le tout venant alors c'était réussi et le Roona était plus que curieux de rencontrer cette fameuse Mama.

Dans ce qui semblait être un salon, James les invita à s'asseoir et à attendre l'arrivée de leur hôte.
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Sunbae Roona

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Mer 2 Aoû 2017 - 6:56

Dans un salon richement décoré que n'aurait renié aucune ambassade, Sunbae et Julia attendait depuis de longues secondes l'arrivée de la fameuse Mama Pipeau. Des bruits de pas se firent entendre avant que James, le majordome, apparaissait dans l'encadrement d'une double porte jusque là fermée. Il se décala et laissa passer la personne qui se trouvait derrière lui.

Mama entra dans le salon.

De petite taille, elle ne dépassait pas la ceinture de son employé, et d'un âge avancé elle apparaissait comme un vieux pruneaux avec des jambes et des cheveux aux yeux du Roona. Celui-ci était persuadé de n'avoir jamais rencontré quelqu'un semblant aussi vieux. A l'inverse de la décoration la dame était habillé très sobrement d'un simple yukata, un kimono pour femme, dont on soupçonnait cependant la qualité. Ses cheveux, blanchis par le temps, étaient rassemblaient en une queue de cheval et une canne en bois l'aidait à se déplaçait alors que son équilibre paraissait bien précaire.

L'ancienne maquerelle s'approcha lentement, très lentement, du duo assis sur un canapé face à elle. Une fois à leur hauteur, elle tourna son attention sur Julia, puis sur Sunbae avant de prendre le visage de la jeune femme entre ses mains. Comme une grand-mère l'aurait fait avec ses petits enfants.

_ Ma petite Julia, commença-t-elle avec un ton maternelle. Je crois que tu peux faire mieux que ce maigrichon.
_ Hahaha! Mama, il y'a méprise.
_ James m'a pourtant dit que tu venais me présenter un homme.
_ Oui, mais pas pour moi....pour affaire.


Julia Carmin avait fait une emphase sur ses derniers mots tout en prenant une moue mystérieuse, et Sunbae était persuadé qu'un paquet d'hommes avaient probablement dépensé plus que voulu à cause d'expressions de ce genre. Cependant, si Mama Pipeau avait levé un sourcil, elle ne semblait pas plus intriguée que ça. Elle recula et son visage déjà rabougri semblait s'être encore un peu plus ratatiné, signe de suspicion chez elle. Elle alla s'asseoir dans un fauteuil face à eux.

Lorsqu'elle parla, sa voix n'avait plus rien de celle d'une grand-mère sympathique.

_ Julia...et moi qui était si contente que tu passe me voir. Tu sais bien que je ne suis plus là dedans depuis longtemps. Surtout si c'est pour un inconnu.
_ Je sais Mama mais écoutes le, je suis sûr qu'il saura titillé ta curiosité.
_ Je ne me fais plus d'illusions sur les hommes depuis longtemps ma petite Julia mais soit. Je suis prêt à l'écouter car tu semble bien sûr de toi mais je te rappelle que je n'aime que l'on me fasse perdre mon temps.


Notre héros, discret jusque là, senti que l'attention se tournait vers lui et accusa un instant d'hésitation avant de réagir. Il se leva, se présenter et commença à résumer son projet de syndicat des putes. Il en expliqua les principes ainsi que ses ambitions pour le projet et ses idées pour réaliser le tout.



Projet de Syndicat des putes par Sunbae Roona a écrit:
A terme l'idée est de développer, au sein des maisons closes et de la profession, de meilleures conditions de travail, une meilleure image ainsi qu'un réseau d'entraide à l'avantage des patrons comme des employé-e-s.

Dans cette optique, le syndicat aimerait proposer divers services:

_ La protection sociale des prostituées : caisse de retraite, maladie et autres.
_ Le développement des "libérales" au travers d'aide financière en échange d'un système de "garde" au service des maisons closes permettant le remplacement rapide en cas d'absences d'employées.
_ La création d'une "charte qualité" assurant une meilleure répartitions des revenus, une plus grande égalité dans la concurrence ou encore l'abolition de l'esclavage au sein de la profession.
_ La création d'un sigle, symbole pour les clients de l'appartenance des bordels au syndicat.

Pour fonctionner, le syndicat aurait besoin d'une participation financière de ses membres, individus comme entreprise.
Ceci se fera en assignant une part de chaque passe au syndicat et, dans le cadre de la meilleure répartitions des bénéfices, une réforme du système des passes avec la définition d'un prix moyen dans lequel sera définit les parts de chacun. La part du syndicat sera fixe même en cas d'augmentation des prix. Les pratiques alternatives amènerait une augmentation de la part des employés au prorata de la pénibilité de la tache et/ou de celle de l'employeur en fonction des investissements nécessaires pour accomplir celle-ci, que ce soit des accessoires, vêtements spécifiques ou mesures d'hygiène particulières.

Pour ce qui est de la création du syndicat à proprement parler, le plan est simplement de se vendre auprès des prostituées et ainsi se constituer une "masse" de suiveur. Ensuite il serait possible commencer à négocier avec de petits bordels, plus enclin à un changement de fonctionnement si la possibilité d'une augmentation de revenus est possible. Si certains nous soutiennent la création du syndicat pourra officiellement commencer et l'on pourra lancer des négociations avec de plus grandes maisons closes.
Rallier tout le monde à l'organisation pourrait prendre du temps mais faire fonctionner le syndicat ne nécessitera que quelques bordels soutenant l'action.

Mama Pipeau, en femme d'affaire avisée, écouta calmement le discours du jeune homme notant mentalement, presque par réflexes, points forts et faibles du projet. Lorsqu'il eu fini, elle était déjà prête à l'harceler de questions et de demande de détails.

_ Hum...tout ceci est effectivement très intéressant mais vous manquez de fondations. Votre idées de mettre les filles de votre côté et plutôt bien vue, je suppose que ma petite Julia est d'ailleurs là pour ça, mais vous êtes bien optimiste.
_ Vous trouvez?
Demanda Sunbae, curieux des avis de la vieille dame.
_ Et bien, vous êtes certainement pragmatique mais vous voyez le monde un peu trop beau. Rokade est une terre où nombre de désespères vivent, la prostitution est généralement l'un de leur recours et, même si la situation sur l'île c'est quelque peu amélioré depuis quelques années, ils sont encore nombreux. Faire disparaître des filles devenues gênantes n'est pas forcément un problème. De la même manière, même si nombre d'entre elles seraient surement intéressée par ce que vous proposez, je ne pense pas qu'elles vous accueilleront à bras ouverts. La peur est une arme que les grands de cette île maîtrisent depuis longtemps.

La vieille femme stoppa son monologue, pour réfléchir comme pour respirer. Depuis qu'elle avait prit sa retraite, elle s'était contenter de conseiller les jeunes dans le business et d'aider quelques filles. Si l'idée du jeune homme aux cheveux cendrés lui paraissait quelque peu absurde, elle ne pouvait s'empêcher de rire intérieurement. Quelles têtes pourraient bien tirer ces merdeux, qui avaient récupérés les restes de son empire, lorsqu'il verraient leur filles refusaient de travailler?
Toute cette histoire pourrait bien s'avérer incroyablement divertissant et, si elle y mettait son nez, peut être pourrait elle réduire les risques pour les prostitués. Elle n'en était plus une depuis longtemps mais l'idée de les aider un peu n'avait jamais réellement quitté son esprit. S'impliquer rester tout de même risqué et, même si elle avait bien vécu, elle était loin de vouloir s'arrêter. Quelle intérêt d'être riche si ce n'est pour vieillir longtemps dans le luxe comme un bon vin confortablement installé dans son tonneau.

_ J'aimerais quelques précisions sur certaines point, si vous le permettez bien entendue, dit elle finalement.
_ Bien...bien sur, hésita Sunbae.
_ Pour commencer qu'est-ce que vous savez du proxénétisme?
_ Absolument rien.
_ Hmm, et en terme de revendications sociales?
_ Rien non plus.
_ Pas étonnant que Julia ait voulu qu'on se rencontre
, soupira la vieille femme. Et ça te va Julia? Laisser l'avenir des filles entre les mains de quelqu'un qui ne connait rien à notre monde.
_ Ce n'est pas toi qui dit toujours qu'entreprendre ne nécessite qu'un peu de bon sens? Ses idées en ont
, lui répondit Julia avec impertinence.
_ Effectivement, mais réussir demande bien plus...tout dépendra de votre capacité à négocier avec les propriétaires car si j'ai bien compris, si aucun bordel ne vous soutient alors le syndicat devra demander aux prostitués de payer pour pouvoir fonctionner. Ce sera d'ailleurs le cas si une fille ne travail pas dans un bordel affilié, c'est ça.
_ Tout à fait mais si on nous soutient alors ces filles là assurerons notre succès
, répondit Sunbae en souriant.
_ Vous faites référence à votre désir de...comment avez-vous dis déjà? Développer les libérales?
_ Vous avez remarqué?
_ Je ne suis pas né de la dernière pluie. Vous aidez les filles travaillant dans des bordels non-affiliés à se lancer en solo, ainsi elles intégreront votre système de "remplaçantes" au service des bordels qui eux seront affiliés à votre syndicat. Vous videz les premiers en offrant des services aux seconds. Je ne vous croyez pas sérieux quand vous disiez pouvoir attirer des bordels avec votre promesse d'augmentation de revenus mais ça pourrait être possible. Pour les bordels vous suivant en tout cas, ceux laissés sur le bord de la route s'effondreront économiquement. Et je vous pensais naïf.
_  Le système capitaliste est sans pitié.
_ Je retire ce que j'ai dis Julia. Je l'aime bien celui-là.
_ Je savais qu'il t'intéresserait.


Etrangement, Mama Pipeau semblait avoir rajeunit au cours de la conversation. Son esprit s'était amusé à suivre le raisonnement de Sunbae, elle ne comprenait pas les raisons du jeune homme mais aimait sa façon de penser. Elle pensa que l'homme était probablement un joueur alors qu'elle acceptait de participer à ce projet un peu fou.

*
***
*

Une fois quelques détails réglés et informations partagées, Julia et Sunbae décidèrent de partir, ils avaient encore beaucoup à faire. Et de concert, ils lâchèrent un soupir de soulagement.

_ Je pensais pas que rencontrer une grand-mère pouvait être aussi stressant, finit par lâcher le Roona.
_ Mama est douée pour mettre la pression. Dans le milieu tout le monde la respecte et la craint. Elle aurait des dossiers sur tout le monde d'après les rumeurs.
_ Elle sera surement utile, merci pour le coup de main.
_ "Merci"? Commence pas, t'as pas fini, il nous reste beaucoup à faire.
_ Nous?
_ Je te l'ai dis non? Ton idée me tente, je t'aurais pas aidé avec la Rainbow House sinon. Et si tu crois pouvoir convaincre des prostitués de te suivre c'est que tu surestime ton charme. T'es doué pour présenter logiquement les choses mais tout le monde ne réagit pas forcément bien à la logique. En clair t'auras besoin de mon aide pour discuter avec elles.
_ Peut être mais les proprios seront pas forcément ravi de voir un type débarqué chez avec sa propre pute aux bras. Puis ça risque d'attirer l'attention.
_ Peut être mais elle seront plus enclin à garder cette histoire entre nous si une "consœur" est présente.
_ L'inverse serait en effet ennuyeux...


Après l'élaboration d'une histoire vraisemblable, le duo se lança à la chasse aux soutiens dans les bordels de Rokade.
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Sunbae Roona

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Ven 4 Aoû 2017 - 1:56

Lorsque l'on passe deux jours entiers, et en partie autant de nuits, à arpenter de nombreux bordels et à rencontrer plusieurs prostituées dans chacun d'entre eux, on a tendance à se réveiller au troisième avec un sourire satisfait.

Pas Sunbae.

Pas à cause des maisons closes ou des prostituées. A cause de Julia et Mama Pipeau qui lui avaient conseillé d'éviter de faire quoi que ce soit avec les filles. D'après elles, cela permettrait de le démarquer des patrons et de faciliter la communication. Il ne venait pas pour les posséder mais pour les aider.
Il avait accepté, légèrement à contrecœur, et devait avouer qu'elles avaient eu raison. Cela avait permis de lui donner une image presque asexué et, en duo avec Julia, ils avaient convaincu presque l'intégralité des catins rencontrés de se joindre à leur cause. Mais il en découlait, en plus d'une certaine impression de faire du porte à porte, une grande frustration pour le jeune homme alors qu'une troisième journée de recherche de soutiens était en cours.

Fort de cette mauvaise humeur, le Roona avait fait foirer les deux dernières rencontres et se trouvait désormais face à l'ire de Julia Carmin.

_ Hey! Si t'as décidé de tout foiré t'aurait pu faire ça dès le premier jour, ça m'aurait évité de perdre mon temps. Si je voulais m'occuper de mollusques, j'irais bosser.
_ Ça fait deux jours que je rencontre des dizaines de femmes dont la masse totale des vêtements portés est inférieure à celui de ma chemise, pardon si mon cerveau est pas parfaitement irrigué!
_ Ben tu fais comme tout le monde et tu penses à ta grand mère! Puis tu vis avec Clara, non?
_ Je vois pas le rapport.
_ Clara, qui depuis trois jours t'apporte le café dans un tablier sous lequel, comme par hasard, elle ne porte rien. Tu comprend toujours pas?
_ Elle aime vivre nue chez elle?
_ T'es sérieux?
_ Elle est chez elle, elle fait bien comme elle veut.


La jeune femme poussa un long soupir tout en ayant une pensée pour la pauvre Clara. Elle préférait s'arrêter sur le sujet avant de commencer à s'énerver.

_ Quoiqu'il en soit, on a encore du monde à voir alors tu me feras le plaisir de te reprendre un peu. On commence à avoir de nombreuses putes de notre côté et, d'après ton plan, ça veut dire qu'on attirera bientôt l'attention. Je préférerais donc que tu sois bien irrigué.
_ Je lui plais c'est ça?
_ Quoi?
_ C'est pour ça le tablier!
_ J'ai toujours un doute...
_ Sur Clara?
_ Non, non...sur le fait que ton plan soit bien pensé. Ça me semblait bien mais plus je passe du temps avec toi plus je me demande si c'est pas complètement con en fait...


S'en suivit une petite dispute, perdu par Sunbae, puis le duo reprit sa tâche et son chemin.

*
***
*

Ils marchèrent plusieurs minutes jusqu'à arriver dans un quartier de Rokade inconnu du balafré. Étrangement, les bars et commerces du coin dégageaient une impression différente de ceux des autres quartiers de l'île, pas moins inquiétants, comme les gens les peuplant, mais définitivement différents. D'une manière sur laquelle il ne parvenait pas à placer de nom.

Il comprit une fois arrivé devant la maison close. Nul photos de jolies jeunes filles mais celles d'hommes et de femmes qui, de toutes évidences, n'en étaient pas.

_ Je pensais pas trouver ça sur Rokade, dit-il plus pour lui que pour Julia.
_ On trouve de tout dans tous les milieux.
_ Lorsqu'à la Rainbow House on m'a proposé de me travestir, je pensais que ça voulait dire que ce genre de service n'était pas disponibles.
_ Venir ici veut dire que tout Rokade saura ce que vous faites de votre temps libre, beaucoup tiennent à leur vie privée.
_ Ça veut dire que tout le monde sur l'île va penser que je suis de ce bord là?
_ Personne sur l’île te connait et les rares qui t'ont rencontré t'on vu en tenue de soubrette au milieu d'un groupe de prostitués.
_  Présenté comme ça...
_ Heureuse que ça ne te dérange pas. Sur ce, je te laisse.
_ Quoi?
_ Notre plan du gars un peu blindé qui s'est offert ma présence et veut rigoler avec d'autres filles en plus marchera pas ici. Je ne ferais qu'attirer les soupçons.
_ Et le plan du mec qui s'est offert ta présence mais aimerait aussi batifoler avec un homme en même temps marcherait pas?
_ On choisi pas  monde dans lequel on vit...


Elle s'enfuit sur ces paroles et laissa Sunbae seul face à la maison close "Pour des Hommes, par des Hommes".

*
***
*

_ Alors c'est lui?
_ Tout à fait Boss.


Timide, embarrassé et parfaitement mal à l'aise il s'était retrouvé à s'offrir, sans trop savoir comment, le pack "Donjon et Serpents" ne laissant aucun doute sur a nature des "serpents".

Attaché sur sa chaise il avait vu les deux gorilles, tout de cuir vêtus dans tes tenues révélatrices, le menacer de nombreux sévices sexuels avant d'en démontrer certains l'un sur l'autre. Sunbae était persuadé que ces images seraient à jamais graver dans sa mémoire alors que, désormais face au "Boss", des images rémanentes parasitaient encore son champ de vision.
Boss qui, malgré son apparence, était apparemment un employé bien côté du bordel. Il était vêtu d'un costume et essayait de se donner une allure de chef mafieux qui aurait pu marcher si son pantalon de costume n'avait pas été des jambières. Et si elles n'avaient pas laissé apparaître l'entrejambe du monsieur qui, bien que couverte par ce qui semblait être un string de cuir, exposait un "paquet" que le Roona jugea comme impressionnant. Il se demanda si cela avait un rapport avec la popularité du gigolo.

Il fut sortit de ses réflexions par le bruit d'un claquement et put voir qu'un martinet était apparu dans les mains du Boss alors que les gorilles s'approchaient de lui. Il aurait aimé pouvoir protester mais un bâillon l'en empêchait.

Une fois de chaque côtés de la chaise, les deux montagnes de muscles se saisirent de son t-shirt qui disparut, déchiré par la démonstration de virilité des deux hommes. Le Boss se plaça tout près du trio, un sourire sadique aux lèvres.

La peur s'insinua dans notre héros.

_ Avant que nous ne commencions, les règles du Bordel m'oblige à briser le Role-Play une seconde pour vous rappeler que si vous souhaitez arrêter il vous suffit de dire "Red". Pas "Stop", pas "Arrêter s'il vous plaît" ou "j'vous en supplie" mais "Red". Nous continuerons tant que nous n'aurait pas entend "Red", est-ce que c'est clair?

Sunbae acquiesça vivement alors que l'angoisse le gagnait et qu'il aurait, de tout son cœur, pouvoir crier "Red".

_ Nous allons pouvoir commencé, déclara le Boss avant d'inspirer un instant pour se remettre dans son rôle. Messieurs, veuillez retirer ce vilain bâillon de la bouche de notre invité. Vous savez pourtant que les cris d nos victimes sont comme un aphrodisiaque à mes oreilles.
_RED!!!!
Cria vivement le balafré, à peine le bâillon retiré.

Tout activité dans la pièce stoppa et resta figé un instant alors que le Roona prenait conscience qu'il venait probablement de sauver ses sphincters d'une dilatation malvenue. Les trois prostitué, eux, étaient dans l'expectative. Ils savaient que bon nombre de clients prenait le pack "Donjon et Serpents" sans se rendre compte du véritable effort physique et mental qu'il demandait, d'où le petit "spectacle" de pré-séance, mais c'était bien la première fois qu'on les arrêtait alors qu'il n'avaient pas encore commencé.

_ Pardon? Demanda le Boss, plus tout à fait sûr qu'il ait bien entendu.
_ Red! J'arrête, stop, c'était cool, merci messieurs. Détachez-moi maintenant.
_ Euh...ok.

Les trois hommes le détachèrent, toujours surpris par la tournure des événements, alors que le balafré reprenait ses esprits. Une fois libéré, il se rendit compte que la stupeur habité encore les autres et décida d'en profiter. C'était le meilleur moment pour leur parler du syndicat sans qu'ils ne l'interrompent. Tout ceci serait peut être une bonne chose au finale. Il se lança.

_ Désolé messieurs, je suis sûr que tout ceci a demandé beaucoup de préparation et je m'en veux de vous coupez dans votre élan mais je ne suis pas venu pour ce genre de service mais pour vous.

Il s'arrêta un instant lorsqu'il se rendit compte que sa phrase était peut être mal tournée et se dépêcha de continuer.

_ Avec quelques associés nous cherchons à révolutionner le monde de la prostitution. Pour vous permettre d'avoir un avenir, reprit-il en mettant l'emphase sur ses "vous". Nous souhaitons créer une caisse de retraite, une protection sociale et vous offrir une plus grande part dans les revenues que fournisse votre activité. Cependant, avant de pouvoir vous aider, nous avons besoin de votre aide. Convaincre des les propriétaires de maisons-closes nous suivre sera compliqué mais ce sera surtout possible si un maximum de putes nous soutiennent. Si vous nous soutenez.

En pleine impro et en totale roue-libre, l'esprit de Sunbae était en pleine ébullition alors même qu'il discourait. Les hommes qui l'entouraient étaient des marginaux, sur bien des aspects, et s'avérèrent encore plus intéressés par ses idées que les prostitués rencontrée jusque là.

Quand il les eu acquît à sa cause, ils lui expliquèrent même que d'une certaine manière, leurs bordels étant en marge et dénigrés par les autres, ils pourraient avoir un plus grand poids face à eux. Surtout qu'au contraire des femmes, esclaves mis à part, les hommes se prostituant pour d'autres hommes étaient bien plus compliqués à remplacer. Dans un sens ils courraient peu de risques à s'engager pour le syndicat.

Un sourire naquit sur le visage du balafré. S'il arrivait à intégrer certaines maisons-closes de ce quartier au syndicat alors elles seraient un parfait terreau d'expérimentations. Il pourrait découvrir lesquelles de ses idées étaient viables ou de meilleurs moyens de les mettre en place. En plus de ce qu'il pourrait mettre en place à la Rainbow House, une fois qu'il en posséderait une partie, cela lui permettrait lorsqu'il aurait perfectionner le fonctionnement de son syndicat de présenter des résultats au autres patrons de bordels.

Résultats financier plus pression populaire. Si ces deux éléments étaient en sa possession alors son projet auraient de bonnes chances d'aboutir. Il sortit de la maison de passe torse nue mais avec la pensée qu'il serait peut être plus facile de mener à bien son expérience sociale que ce qu'il l'avait d'abord supposé.

Il avait hâte de voir quel influence pourrait avoir un syndicat des putes sur une île comme Rokade et, lorsqu'il rejoint Julia, sa mauvaise humeur s'était envolé. Il eut cependant toutes les peines du monde à faire comprendre à sa comparse les raisons de cette soudaine amélioration de son moral.
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