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Séduction

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Alheïri S. Fenyang
Modérateur
••• Vice Amiral •••

♦ Localisation : Un peu partout.
♦ Équipage : Jaegers.

Feuille de personnage
Dorikis: 11204
Popularité: +1200
Intégrité: 1160

Sam 12 Aoû 2017 - 1:17


- « C’est ici que tu vas moisir enfoiré ! Allez descends ! »

Grosse taloche au cul. Chute inévitable. Face contre terre. Il n’y avait pas plus efficace pour le garde qui m’avait adressé la parole et qui m’avait éjecté du char branlant d’un bon kick des familles. Le truc… Qui fait pas mal du tout et que j’aurai pu aisément éviter. Je me retins même de rire, mais je me gardai aussi de gémir. Un type qui a vaincu un seigneur de guerre ne serait pas crédible en pleurant pour un simple coup de pied dans le derche. Le même garde qui m’avait frappé aux fesses descendit du véhicule et vint agripper fermement ma chevelure pour me redresser avec toute sa force. La pression qu’il exerçait sur mon cuir chevelu aurait pu me faire grincer des dents, mais non. Je ressentais rien ou presque. Juste quelques picotements, sans plus. Il était bien pratique le retour à la vie. Sans lui, je n’aurai certainement pas pu venir ici. Avec une barbe postiche et une perruque, j’aurai certainement été grillé depuis 500000 ans. Une aubaine. J’eus un sourire qui s’effaça après un gros éternuement. Pas glamour on s’entend. Mais j’avais mordu la poussière au sens propre comme au sens figuré. Faut croire qu’ils ne connaissaient pas la tendresse dans ce pays, même si j’étais pas bien placé pour en parler vu ce que j’avais fait à l’un de leurs fameux seigneurs de guerre… Enfin. C’était pour la bonne cause. Ou plutôt pour ma cause. Mes intérêts personnels quoi...

- « BOUGE PUTAIN ! »

La hampe de la lance du garde heurta de plein fouet l’une de mes côtes, avant qu’il n’use carrément du bout de cette même arme pour me l’enfoncer dans le dos pour m’inciter à avancer. Je finis par marcher péniblement ou plutôt à simuler cette difficulté, avant de regarder devant moi et de voir enfin le gigantesque édifice qui se tenait droit devant. Je me fis la réflexion qu’ils devaient avoir un problème de mesure ici. Entre le palais de la shogun, le château du daimyo, la porte des héros et cette prison, il y avait de quoi se poser des questions. Le pic de fer hein… Cette prison portait bien son nom. Couleur acier et imposante de par sa taille, elle semblait terne et austère. Normal pour un centre de détention, hé. J’avais même l’impression qu’on jouait presque dans la même ligue qu’Impel Down dans son temps, bien avant qu’elle ne soit détruite par des combats entre un amiral et toute une ligue de pirates. Pirates dont le souvenir me fit grincer des dents. On parlait de gros calibres qui furent des marines pendant un temps avant de virer dans le côté obscur. Et dire que j’allais faire la taule comme eux… Risible. Le vieux s’il voyait tous les risques que je prenais pour foutre le bordel sur cette île et appâter Kiyori, m’aurait certainement interdit une telle initiative. D’ailleurs, je me demandais comme il allait. Presque trois mois que j’étais sur ces terres pourries…

- « Qu’est-ce que t’as ? T’as peur ?! AVANCE PLUS VITE !!! »

Encore un coup dans les côtes. Et cette fois-ci, je tombai sur un genou non sans feindre un gémissement. C’est peut-être ce qu’il voulait entendre finalement… Et comme si j’en avais eu l’intuition, il se mit à ricaner, fier de sa grosse connerie. L’autre garde se mit néanmoins à réprimander son collègue. Non pas parce qu’il voulait me défendre, mais bien parce qu’il voulait se tailler ici, quitte à bien me traiter jusqu’aux grandes portes de la prison qui se trouvait à même pas 500 mètres devant nous. Je me redressai lentement avant de recommencer à marcher. L’endroit était à la fois rocailleux et boueux du fait de la proximité d’une rivière qui prenait sa source dans la chaine montagneuse qui se situait non loin de la prison. Une porte pour les barbares de l’ouest, non… ? Enfin, peu m’importait. Ce qui était urgent, c’est que je faisais maintenant face à mon destin. J’allais entrer dans un trou où je n’étais plus sensé en sortir. Les remises de peine n’existaient pas ici. Cependant, des rumeurs sur des acquittements existaient, bien que personne ne pouvait confirmer. Je jouais vraiment à la loterie pour le coup, même si mon petit doigt me disait que j’étais sur la bonne voie pour faire évoluer mon plan et saisir le bon moment pour tout chambouler sur Tetsu. Il le fallait… Trainer trop longtemps ici me ferait perdre la boule… Ou alors, je commettrais une erreur fatale...

Après tout, je n’étais ni un acteur parfait, ni un agent du CP…

Sans compter que je n’avais prévenu personne du côté des hautes strates… Galère…

Le garde le plus pondéré fut celui qui frappa aux portes de la prison en s’annonçant et en rappelant que mon arrivée était prévue. Alors que je venais à peine d’être jugé et que nous avions immédiatement fait route vers ces lieux ? De quoi m’arracher un air étonné ponctué par un sourcil haussé, ce qu’aucun des gardes qui me surveillaient ne vit heureusement. Ceci dit, la surprise s’envola vite fait. Vu le caractère rustique et traditionnel du pays, il était fort probable qu’un valet de la cour du daimyo ait utilisé un pigeon voyageur sous l’ordre d’un juge spécialisé. Ou alors il existait des escargophones ici… Pour les plus hautes instances. Ce qui n’était pas du tout con quand j’y pensais… La shogun de l’île devait l’utiliser pour être en contact permanent avec Kiyori. Cette supposition selon laquelle les plus hauts gradés où les points stratégiques bénéficieraient de ces gadgets n’était pas du tout farfelue ; ce qui expliquerait le fait que les gardes du coin aient été prévenus. D’ailleurs, ces derniers finirent par m’extirper de mes pensées puisqu’un judas archaïque s’ouvrit dans un raclement métallique à vous déchirer les tympans. Nous pûmes voir un regard intriguant qui nous détailla pendant un court moment, avant que l’ouverture dans la porte ne se referme. Puis ladite porte s’ouvrit non sans grincer ! Supplice pour l’ouïe qui indiquait ce qui m’attendait à l’intérieur…

- « Alors c’est le nouveau pensionnaire ? Vous ne l’avez pas raté en tout cas… »

Un homme se présenta à nous. Et contrairement à tous les bras armés de Tetsu que j’avais pu voir -Si l’on omettait le daimyo-, il était plus que beau. Malgré ses nombreuses cicatrices qui lui donnaient l’air de Scar, un vice-amiral particulièrement efficace, ce type était magnifique : 2m de taille, cheveux roux, yeux clairs, beau sourire… Bref, un vrai tombeur quoi ! Sauf qu’il avait un regard un peu louche… Comme si j’avais affaire à un okama. Soudain, je me mis à frissonner de dégout, mais je gardai mon air stoïque. Cette parodie du professeur, je la jouais toujours mais à un degré moindre maintenant. Vu que j’allais entrer dans un univers assez différent de ce que j’ai connu jusqu’à présent, j’avais besoin de mes tous sens aiguisés. On parlait quand même d’une prison nationale ! Une expérience assez inédite pour moi, tiens. Il y aura donc une part du vice-amiral Fenyang sous couvert du professeur Bith. Le changement de décor impliquait intrinsèquement un changement de façon de faire. Et puis, si je n’arrivais pas à trouver de solution, je serai bien obligé de faire un carnage avant d’inciter les détenus à me suivre jusqu’à la capitale pour initier un semblant de siège qui me permettra de titiller Leona et de choper sa tête. Je voyais haut, mais je n’avais pas le choix. Il me fallait rester un tant soit peu optimiste pour ne pas sombrer dans la démence et le désespoir.

- « C’est normal Matsushima ! Il a quand même agressé le seigneur Kaname ! » Déclara le plus agité de mes surveillants.

- « Le seigneur Kaname hein… »

Le dénommé Matsushima en m’observant avec instance, resta songeur un tout petit instant avant de l’ouvrir.

- « Peu importe maintenant ! Il est des nôtres, hihihihi ! »

Ce rire aigu ne me dit rien qui vaille. Pareil pour les gardes qui m’avaient escorté. Ils avaient une drôle de tronche…

- « Bon… » Intervint le deuxième garde et le plus pondéré. « On te le laisse Matsushima, on repart sur Arma’Lo. »

Il balança la clé de mes chaines qui ceignaient mes poignets au roux et tous les deux finirent par rebrousser chemin, bien content de se tirer de là.

Quand à mon nouveau bourreau…

- « Bienvenue Bith… Ici tu n’es plus un professeur… Mais rien qu’un chien parmi tant d’autres ! Et tu vas bien le comprendre, huhuhu... » Qu’il dit en se pourléchant les babines.

Génial.

Première rencontre et premier détraqué. Mon séjour ici promet…

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Sam 12 Aoû 2017 - 16:10


- « Ne t’inquiète pas. Tu te feras plein de petits copains ici, hihihihi… »

Non vraiment, ce Matsushima ne me disait rien qui vaille. Et pourquoi il tortillait son cul devant moi comme ça déjà ?! J’étais prêt à parier que j’avais affaire à un gros dégueulasse. Mais je n’eus pas trop le temps d’y penser. Le décor qui nous entourait et qui ne m’était pas encore familier m’absorba vite fait. Alors qu’il marchait devant moi tout en tirant sur ma chaine comme si j’étais effectivement son chien, mes yeux eux scrutaient tout. Les murs, les rares fenêtres visibles, les portes, avant que je ne fasse un constat saisissant : L’absence notable de gardes dans le périmètre qui devait être consacré aux rondes autour de l’infrastructure. Ce n’est que lorsque nous débouchâmes dans la « cour d’entrée » que je vis enfin les fameux surveillants pénitenciers. Leurs armures et armes ne faisaient place à aucun doute : Ils étaient issus de l’armée nationale de Tetsu. Mais pour une raison qui m’échappait, je les sentais assez détendus. Comme s’ils ne foutaient rien de leurs journées. D’ailleurs, ils ne m’accordèrent que de brefs regards avant de vaquer à leurs diverses occupations. Constatation qui me frappa au point que je ne cachai même pas mon air plus que surpris. Mine stupéfaite qui n’échappa au regard de celui qui me tenait en laisse. Il eut un rire un peu maniéré et finit par me répondre, comme s’il lisait dans mes pensées ce qui était impossible.

- « Mis à part l’ouest, il n’y a que des surfaces planes partout… Un évadé se ferait rapidement repérer et serait vite rattrapé même de nuit. Par contre, il est plus aisé de se cacher et de fuir dans les chaines montagneuses que tu as dû voir… Mais je suppose que tu sais qui sont ceux peuplent ces régions. On a l’habitude de ramasser des cadavres d’évadés dans cette zone, hihihihi ! »

Les barbares de l’ouest… Ouais… Le message était clair. Fuir relevait de l’impossible. Le pic de fer avait une position stratégique. Au sud, au nord et à l’est, aucune cachette possible. La zone en plus d’être boueuse et peu abrupte ne possédait pas vraiment de végétation. Un intrus ou un fugitif était repérable à des kilomètres à la ronde. A l’ouest, c’était la mort assurée. Prisonniers ou pas, les sauvages de cette zone semblaient ne pas faire de différence et massacraient tout le monde. Plutôt ingénieux… La décontraction des gardes de cette prison s’expliquait. Les évasions devaient être rares. D’où le fait « qu’on ne revenait jamais vivant du pic de fer ». Soit on crève ici pour une quelconque raison (Maladie, vieillesse…) soit on s’échappe et on se fait liquider par des barbares assoiffés de sang. Super ! Je baissai alors la tête comme si j’étais complètement découragé ce qui suscita le caquètement du garde qui me promenait toujours. Sauf que j’étais plutôt dépité. Quitter cet endroit serait plus facile que prévu, si jamais je ne tenais plus. Mais comme je n’étais pas encore réduit à cette extrémité, je préférai chasser l’idée de mon esprit. Ma limite serait d’un mois et pas plus. Après un mois, je n’aurai plus d’autres choix que de bouger par la force pure. Du reste, nous arrivâmes une minute plus tard vers un local où il me fit rentrer. Un endroit plutôt spacieux…

- « Shinzo. Voilà le nouveau venu. Tu peux remplir le registre à présent. Donne-lui un uniforme… »

Le dénommé Shinzo était un vioque qui se demandait sans aucun doute ce qu’il faisait là. Il était assis derrière une sorte de comptoir et leva paresseusement les yeux vers moi. Je crus déceler dans son regard une sorte de pitié avant qu’il ne rabaisse ses mirettes vers un gros registre noir dans lequel il se mit machinalement à écrire sans même me demander quoique ce soit. Ni nom, ni prénom, ni âge… Rien. Ce n’est que lorsqu’il finit de gribouiller je ne sais quoi qu’il se leva pour contourner un mur, avant de revenir des dizaines de secondes plus tard chargé d’un uniforme bleu sombre et de petites sandales de même couleur. Le roux qui m’avait promené jusqu’ici vint glisser la clé dans le cadenas de mes chaines pour me délivrer. Suite à cette « liberté », j’eus un soupir avant de masser mes poignets ; mais pas pour bien longtemps cependant, puisque l’homme m’enjoignit de me changer sur place et sans attendre. Son ordre et sa gueule salace me révulsèrent sur l’instant, mais je ne discutai pas et m’évertuai à obéir sagement. Si ma gueule était salement amochée, ma musculature malgré mes bleus, plaies et autres cicatrices était parfaite. Matsushima eut un gros sifflet d’admiration que j’essayai d’ignorer tout en me foutant à poil. Néanmoins, je m’affublai rapidement de mes nouveaux vêtements avant que le vieil homme ne passe un badge immatriculé 6969 au roux qui vint me l’épingler sur l’uniforme, au niveau de la poitrine, le tout sous un gros sourire presque baveux.

- « Désormais, ton nouveau nom, c’est 6969 ! Je suppose que tu n’aurais aucun problème pour le retenir hihihi ! Allez, suis-moi ! »

6969. Paye ton matricule ! A croire qu’on était vraiment des toutous, vu qu’on n’avait même pas le droit de porter nos noms. Affreux. Et dire que j’étais sensé passer le restant de mes jours ici. Risible. Je me retins de rire alors que le roux revint me menotter pour la forme avant de tirer sur la chaine pour que je le suive. Je portai un dernier regard au vieillard qui remua sa tête de gauche à droite, puis je me laissai conduire à travers le dédale de couloirs internes du bâtiment. On montait, on descendait, on passait à gauche, puis à droite, non sans croiser quelques gardes sur le chemin. Après deux minutes de marche, nous arrivâmes enfin au corridor principal de prison. Plus qu’un corridor, c’était un espace gigantesque qui pouvait office de cour interne. Pleins de prisonniers y pullulaient. Certains jouaient, d’autres papotaient ou se battaient… Bref, c’était la jungle sans en être vraiment une, puisque personne n’agressait les gardes ou ne tentait de s’évader à première vue. De chaque côté du corridor, il y avait des façades géantes composées d’innombrables cellules. Chaque bâtiment avait au moins six étages. Toute la population carcérale devait être parquée en ces lieux. Sordide ! Vivre ici 30 jours… Qu’est-ce qui ne fallait pas faire pour avoir la tête d’un empereur ?! Cette réflexion m’arracha un rire nerveux. Presque hystérique. De quoi amuser le roux.

- « Oh ? Tu craques déjà ? Il ne faut pas, petit chiot. Tu vas pourtant bien t’amuser, tu vas voir ! »

Et ça… J’en doutais pas une seule seconde !

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