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L'escarcelle

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Rik Achilia
The Gambler

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Dim 13 Aoû 2017 - 22:24

Aye. Mal de crâne. Gueule de bois puissance douze. Muscles courbaturés et tripes nauséeuses. Je connais mon métier, je tombe pas comme une feuille après trois verres piteusement remplis. Pourquoi j'ai la tête comme un pot ? Merde. Ils m'ont drogué, les p'tis malins.Trop concentré que j'étais à surveiller la donzelle. Tu t'es fait rouler comme un bleu, Rik. Pourquoi tu n'as jamais su refuser un verre gracieusement offert par le premier alcoolo du coin ? On m'y reprendra à m'occuper d'autres miches que les miennes. Espèce d'altruiste contrarié. Ça t'a jamais réussi d'aider ton prochain. Et ça a rarement profité à ton prochain. Alors pourquoi tu continues ? Vieux con. Et avant de plonger dans un vain débat sur la moralité entre l'ange et le diablotin... t'es où d'abord ?

C'est sombre. Ça caille. Ça suinte l'humidité et la pierre froide. On peut deviner le sol ridé par les intempéries. Le bois miteux, les courants d'air qui s'insinuent discrètement, presque imperceptibles. C'est une cave, ou quelque chose du genre. Ça pourrait même être le sous-sol du rade où tu avais pris tes aises. L'escarcelle. Tss... Mais qu'est-ce que tu fous là ?

Encore à t'occuper des histoires des autres parce que tu n'en veux pas à toi. Incorrigible carcasse fatiguée. Oiseau de nuit rouillé. T'as pas été long à convaincre quand on t'a vendu l'affaire comme on essaye de te refiler un élixir miraculeux qui soigne les vergetures et autres saloperies. T'attendais que ça. Tout ça pour ? Te v'là saucissonné comme une victime en devenir. Toi, le mec qui a sillonné Grand Line, défié les plus grands aux cartes et même joué son modeste rôle dans l'insatiable histoire de ce monde. C'est à croire que tu n'inspires aucune crainte. Pas même un tressaillement. Tu es une anti-aura totale. Le grand zéro. 'chiottes, ils t'ont même chouré ton blazer. Et le froid commence à te mordiller les avant-bras, t'as perdu l'habitude de te trimballer manches remontées. Y'a des gestes impardonnables, même vis à vis des gens comme toi.

Au diable tout ça. Y'avait un but à ta présence, s'agirait pas de l'oublier. Des victimes, des criminels. Une cagnotte à la clef. Mais de quelle nature ? Aura t-elle la chance de te plaire, toi qui te fous de tout ? Toujours à rechercher l'ombre parce qu'elle est la seule à te supporter, à accepter tes caprices. Faut se relever pour le découvrir. Même tapi dans les bras de la nuit, quand tu aspires aux songes lourds et aux verres silencieux, tu déniches toujours une partie à rejoindre. C'est plus fort que toi. Pour tuer le temps, l'ennui, peut-être. Par bonté refoulée, éventuellement. Faudra en débattre un soir. Ça a jamais été ton fort, l'introspection. N'en reste pas moins que tu as un rôle à jouer jusqu'au bout, et que ton absence fait tâche dans la manche qui bat sûrement son plein quelque part pas loin d'ici. Lève-toi, vieux machin imbibé, tu as pas moins de vingt et un verres de rhum à tuer avant de t'écrouler ce soir et j'admettrai pas que tu flanches avant. Faut sortir d'ici.

Les mains pianotent le long des pierres rondes ou anguleuses. En quête d'un angle saillant. Flotch. Je viens de plonger les grolles dans une flaque embusquée. Mes chaussettes sont trempées. Double merde. Mais mon majeur flirte avec un tranchant qui m'aguiche suffisamment pour tenter ma chance en m'y frottant. Du nerf, vieille carne. Fléchis les genoux. Et remonte. Fais jouer la corde contre le caillou.

Ça marche. Une tresse saute. Une autre. Plus qu'une dernière. Mes articulations sont dépassées. Si ça foire, on va me retrouver en pièces détachées. C'est ça, quarante-cinq ans ? Merde, j'ai pas hâte d'atteindre les cinquante. Han. Victoire. La corde cède. Se trémousser un coup, un tour de hanche chaloupé digne d'une métis qui sent bon la vanille et le sel marin. Mais j'ai pas de collier de fleurs. Arf, soif. Rhum.

Je suis libre.

Du bruit, au dessus. Du chahut. Un foutu ramdam même.

Pas le temps de remettre à sa place tout ce qui devrait y retourner. J'ai une épaule qui boite et trois chevilles qui grincent. Bordel. Trouver la porte. Trouver mon blazer. Et tant que j'y suis... trouver un sens à toute cette histoire.
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Rik Achilia
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Mar 10 Oct 2017 - 16:39

La porte était sur la poignée. Y'a eu huit marches à escalader avant et je m'y suis vautré pas moins de trois fois. J'ai les paluches et la moitié de la tronche enduites de ce que j'espère n'être que de la boue. La porte s'ouvre pas alors je me défonce l'épaule gauche dessus avant de l'envoyer valdinguer d'un monumental front-kick qui me voit déraper une quatrième fois dans l'escalier. Ça s'ouvre en grand sur un halo d'obscurité moins marqué que celui où je croupissais. Personne ne vient pointer son museau. Je regagne le niveau supérieur à quatre pattes histoire de pas me faire baiser par la sournoise gravité une cinquième fois. J'ai l'air d'un foutu mineur qui s'extirpe d'une bouche où il était enseveli depuis quatre-vingt heures ainsi, la crasse au corps, le blême au teint. J'ai la gerbe qui me revient et je déglutis un monumental pâté sur le plancher avant même de me relever. Je roule sur le côté intact, m'échine comme un mourant pour me hisser sur mes pataugas. V'là, je suis debout. C'était facile.

L'intensité du raffut est montée d'un ton. L'épicentre se trouve de l'autre côté du mur, face à moi. Je connais la source du capharnaüm. Une baston générale. Y'a des éclats de verre entrecoupés d'insultes, du bois qui craque et des corps qui s'écrasent contre les murs. Je suis toujours à l'Escarcelle. J'ai la fraîcheur physique d'un centenaire sous perfusion mais il demeure diablement tentant d'aller se ruer dans la mêlée. La force de l'habitude. Bien sûr, dans mon état, la logique voudrait qu'on me zigouille soigneusement et les vilains lardons qui m'ont enfermé ici n'auraient alors plus qu'à me renvoyer à ma cellule improvisée. Mais je ne suis pas homme à agir selon le bâton, plus en fonction de la carotte. Et une joyeuse empoignade entre marlous me requinquerait plus vite qu'une semaine de repos forcé. Ça réveille, de se faire avoiner le citron, quand ça ne tue pas. Et quand ça tue, on reprend ses esprits dans une ruelle anonyme, tuméfié, courbaturé, et diablement assoiffé. Moi, je suis déjà mort deux fois cette semaine.

Mes guiboles me trimballent à droite à gauche dans la pénombre jusqu'à tomber nez à nez avec un goulot que j'embrasse sans préliminaires. Rhum. Brun. Mauvais et presque chaud. Tout c'que j'aime. Je siphonne la moitié du contenu tandis que la deuxième me sert à mes ablutions. Là. Je suis un peu collant, mais moins crade. Et je dégage de délicieuses fragrances sucrées. Malgré des recherches approfondies d'au moins trente secondes, je ne trouve pas mon blazer. Je tombe sur une table, des chaises, un escalier et même une armoire. Mais pas de blazer. Tant pis. Sans doute un des gougnafiers occupé à se crêper le scalp à côté aura t-il jugé bon de s'en affubler. Faites qu'il soit sain et sauf. Je me lèche le bout des doigts pour retrouver le goût du rhum et l'allant naturel qu'il prodigue à aller embrasser son destin et faire des conneries. Miam.

Le pas altier, il me semble, je m'oriente vers le point de lumière vive qui perce par la serrure. Hardi, matelot, la liberté n'attend pas.


Hu-hum.
Hm ?

Un raclement de gorge. Dans mon dos. Voilà qui est étra...Boom.

Arf. Triple merde.
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Rik Achilia
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Mer 11 Oct 2017 - 1:05

Ma caboche usée est trop fatiguée pour tomber dans les pommes. Qui eut crû que c'était si compliqué de se livrer au black-out. Au lieu de ça, je me laisse trainer par le col de la chemise, vaguement groggy voire un peu plus, et je mire mes grolles qui reculent avec moi. Dociles. Le margoulin qui me tire doit pas être une montagne de muscles, il peine à me héler jusqu'à ma piaule. Je me laisse faire. J'aime bien. C'est presque confortable. Le frottement de mon corps fourbu contre le bois griffé a son charme. Le chant du parquet contre mon cul a quelque chose de langoureux et la sensation d'engourdissement me plait. Elle me berce. J'envisage sérieusement de piquer un roupillon en parfaite larve jusqu'à ce qu'une vilaine écharde vienne me poignarder l'arrière-train. Plus sale que le pire vaccin administré par la pire infirmière à barbe.

Oaayah !

Le système nerveux violemment tiré de sa léthargie fait bondir mon corps tout entier sans crier gare, comme un coucou pernicieux surgirait des entrailles d'une horloge. La main qui m'agrippait me relâche subitement, je manque d'aller m'empaler correctement au plafond mais par chance, j'ai plus les ressorts de mes vingt berges pour ça.

Je n'ai même pas atterri que mon mystérieux ravisseur opte pour un repli stratégique qui a déjà fait ses preuves : la fuite éperdue. La porte qui donne sur la salle de bar s'ouvre nerveusement et je vois un petit corps malingre passer sous une bouteille lancée vers nous sans même se baisser puis aller se perdre dans la marée humaine. C'est un rase-mottes l'enfoiré. Il doit pas dépasser le mètre cinquante, à vue de pif. Je chope le projectile au vol et procède aux formalités d'identifications en retombant sur mes panards. Gloup gloup. L'inconnu appréhendé est un mauvais bourbon. Je prends.

Trois gorgées plus loin, je suis dans l'encadrement de la porte, mon suspect distillé bien en main. Un joyeux spectacle s'offre à mes lampions totalement dépassés par tant de lumière. Des tabourets qui cognent des crânes, d'autres crânes qui défoncent des tables et d'honnêtes pastissons qui fusent à tout bout de champ contre les toujours fragiles maxillaires. De quoi réconcilier tout être raisonnable avec l'humanité. Et tout ça se joue au ralenti devant moi qui retiens le chambranle des fois que l'envie lui prenne de se casser la gueule, sur un petit air d'opéra jazzy du meilleur effet. Dans l'horizon bouché de cette fresque anarchique, aucune note bleu nuit, à mon grand regret. Point de blazer ici, et c'est un petit déchirement qui accueille ce constat. De déception, j'assomme une calvitie fripée qui traine par là du cul de mon bourbon. Qu'est-ce que j'y peux, je suis un sentimental.

Et puis soudain, de ce dément carnage émerge un fluet énergumène qui filoche vers la nuit noire. Mon petit serpent. Seule pièce nette dans ce décor nébuleux, ce prisme torturé. J'imagine que les effets secondaires de la petite droguerie ingurgitée incluent les hallucinations. À moins que ce ne soit l'œuvre de la matraque de tantôt. Je me vois déjà volant au dessus de la mêlée, fier espadon des airs fondant sur sa proie, implacable, imperturbable. Mais quelque chose vient briser mon élan alors que je m'apprête à décoller. Quelque chose qui sonne un peu trop réel pour ne pas troubler la douce splendeur de mon trip. Ça ressemble à des cris de détresse et ça vient d'en haut.

J'hésite. L'extérieur ou l'étage ? Je sonde ma bouteille.


Où que j'devrais aller, hein ?

Pas le temps d'écouter sa réponse. Un poivrot vient me découper soigneusement eu deux d'un plaquage maladroit à hauteur de taille qui nous renvoie lui et moi dans l'antichambre. J'arrête l'escalier dans mon dos d'un coup de coccyx, le balourd s'assomme contre la rampe et s'affale, totalement éteint, sur mon entrejambe dans une pose un peu trop tendancieuse pour mon esprit vicelard.

Désolé l'ami mais je mange pas de c'pain-là.

Je dégage l'impudent et me jette une rasade en m'asseyant un peu plus à mon aise. Au dessus, je m'imagine encore des cris et du mouvement. Je lorgne sur ma boisson qui s'agite, en bonne conscience.

Ok, t'as gagné. On va voir.
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Rik Achilia
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Ven 17 Nov 2017 - 15:47

Elles sont longues ces marches. À chacune que je gravis, je sens revenir un peu plus nettement la gueule de bois. Comme un boomerang. Ça commence par du " tiens, il m'arrive quoi là ? ", on embraye avec " mais, je serais ivre ? " pour enchainer d'un " non, je suis serein et je vais en convaincre mon corps " pour finir sur un royal croque-enjambe de l'escalier piteusement rattrapé avec l'aide de la rampe et l'obscurité pour camoufler la chorégraphie.

Viennent alors tout un tas de vilaines bonnes résolutions qui s'assimilent à une réaction spontanée de l'organisme en pleine détresse sur laquelle le cerveau n'a aucun contrôle. Bois de l'eau, respire, fais ressortir toutes ces liqueurs coûte que coûte. Heureusement, dans la seconde suivante, le bulbe noyé d'un peu tout ce qui comporte de l'alcool reprend les commandes et me rappelle que je me fous pas mal d'être beurré depuis bientôt trente ans et que se sentir minable, c'est le prix à payer comme on peut en donner à tout un tas de trucs. Tu veux un café ? Tu claques 30 Berrys. Tu veux te réchauffer ? Tu crames deux bûches. Tu veux t'envoyer en l'air ? Tu claques 500 Berrys ou une ardoise exorbitante au resto selon que tu t'adresses à une professionnelle ou une amatrice. Tu veux te bourrer la tronche ? Tu payes ton foie. C'est la procédure.

Ça a quelque chose de rassurant, de se dire que tout va bien même si l'organisme patauge sévèrement. Ça apaise même les maux. Le plus dur, c'est jamais de se prendre une cuite. C'est de l'accepter quand elle nous rattrape. C'est d'embrasser cette planète bien ronde, cette gravité à taux variable, cette vision à vitesse et résolution alternatives. Quand la cuite arrive, moi, je lui roule carrément une pelle.

Et ainsi, j'atteins le palier le souffle court, claudiquant, ballonné. En paix avec moi-même.

J'estime à encore trois quart d'heure ma batterie de soirée avant d'être finalement rattrapé par l'implacable sommeil du sage qui t'arrache à tout ce que tu peux bien faire à ce moment-là et t'ordonne de dormir, ici, maintenant, parce que. Je dois donc faire vite. Je ne sais plus vraiment ce que je fais Ici, qui se trouve Ici ni où se trouve Ici. Mais j'y suis et c'est une honnête base de départ. Tout ce qu'il me faut maintenant, ce sont des réponses à mes questions, à commencer par, où se cachent les réserves d'alcool luxueux ?


" À moi, ici ! "

Tiens. C'est bien la première fois qu'une bouteille me répond si diligemment. Ici serait donc Là-bas ? Mais alors, où suis-je en ce moment ? À moins que je sois Ici. Hm. J'ai mal au crâne. Je m'oriente vers la voix. Me présente devant une porte muette. Elle est fermée à clef. Je la bouscule une fois. Elle ne bronche pas. Les cris recommencent. On se laisse désirer, hein ? Ce coup-ci, j'enfonce toute mon épaule dans le frêle corps de bois qui abandonne la lutte et me laisse, guidé par mon élan, traverser toute la pièce où je fais irruption et aller m'emplâtrer dans le  mur qui me rattrape sèchement. Je ronchonne.

En voilà des manières.
Aidez-moi !

Ce n'est pas le mur qui parle. Je pivote. Il y a une gosse de quinze berges et un loustic pas beaucoup plus âgé. Elle est ligotée, recroquevillée, en pleurs, Lui est libre de ses mouvements et mécontent. Je fronce un sourcil d'incompréhension éthylique.

Beh où qu'elle est la bouteille ?
Je vous en prie, aidez-moi, répète la jeune.
Bordel, qu'est-ce que tu fais là, toi ? Qui t'a laissé monter ? mord le mecton.

Beaucoup de questions. Je pourrais répondre mais il ne me reste plus que quarante-trois minutes et je ne vois pas le mini-bar. Une course contre la montre s'est engagée et je suis en train de prendre du retard. Court silence. Je lâche un renvoi mal contrôlé. Les deux gosses me fixent. Ils semblent attendre une réaction de ma part. Long soupir bancal. Soit, je n'y couperai pas.

Qu'est-ce qu'il se passe, Ici ? Lequel de vous est Ici, d'abord ?
Je vous en supplie, il m'a kidnappé ! gémit la petite brune sans répondre à ma deuxième question, pourtant la plus brûlante.

Je reporte mon attention sur le grand blond qui se défend vivement, non sans éloquence :

C'est faux !
Tu as des preuves ?
C'est que...
Mais, non, pas toi. Toi ! je fais en désignant la môme.

Elle n'a pas l'air de comprendre.

Des preuves ?
Des preuves, oui. On accuse pas les gens comme ça, sans preuves. C'est malpoli. On n'vous apprend donc plus rien, la jeunesse ?
Mais... regardez, il... il m'a attachée, je suis enfermée ici !

Hm. Elle marque un point. À moins qu'il s'agisse d'un piège. Les femmes sont douées pour mentir.

Tu pourrais très bien t'être ligotée toute seule pour accabler ce malheureux et...
Attention !
Meh ?

Le malheureux a sorti une matraque de Dieu sait où et si ma première supposition est la bonne, j'ai vraiment pas envie d'entrer en contact avec ce machin répugnant.

Écoute le débile, qu'il bave, t'aurais mieux fait de continuer sagement ta sieste à la cave.

Et là, il se jette sur moi en agitant son ignoble arme. D'un pas de côté et sans tanguer plus que ça, j'esquive l'assaut. Et soudain, je réalise. Louée soit ma perspicacité.

Mais oui, tout devient clair à présent ! ... C'est un kidnapping ! Dites, vous n'auriez pas mangé le fruit de l'homme élastique par hasard ? Parce que pour vous sortir une matraque du c...
Yaaarh !

Tant pis pour la réponse. La raclure repart à la charge et ce coup-ci, j'arme un magnifique poing "massue" qui vient s'écraser sur la caboche de l'homme aux mœurs douteuses. Vlan. Le voilà calmé. Dix secondes passent. Le KO est validé.

La gosse tremblotte toujours, sans détacher ses yeux du corps étalé devant ses pieds. Je l'attrape par ses entraves pour la relever. Elle a peur. Je cale mes loupiotes droit dans les siennes et articule non sans un léger engourdissement des maxillaires :


T'inquiète, je te libère. Mais d'abord, tu me réponds. Il se passe quoi Ici ? C'est où, Ici ? Et surtout : où est le mini-bar !
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Rik Achilia
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Jeu 14 Déc 2017 - 19:36

Elle s'appelle Léa. Elle a seize ans et elle a peur. Son ravisseur est une mauvaise herbe accoquinée à La Voile Noire, organisation composée d'authentiques malfrats qui a vu dans l'esclavage une source de profit toute trouvée. Léa explique. L'escarcelle compte parmi leurs lieux de rafle les plus prisés. Une fréquentation assez jeune et facilement ivre, et donc aisément saisissable. En plus, personne ne veille vraiment sur les ados qui rôdent déjà dans les pires échoppes de l'île à leur âge. Ce sont des orphelins, ou des âmes sans foyer. Elle parle vite. Tremble un peu. D'autres pourraient arriver. Un navire quitte le port avant l'aube, la cale gavée des infortunés otages. Son récit me semble vaguement familier. J'ai déjà entendu cette vilaine légende urbaine. Un flash me rattrape. Le début de soirée.

J'ai fait irruption ici dans une bourrasque, tenaillé par grand soif. Et par le froid. Deux symptômes, un même remède. Boire. J'ai bu. Et puis, quand j'ai levé le pif de mon verre, j'ai vu. Il y avait cette donzelle dans un coin sombre que j'aurais volontiers raccompagnée à sa couche. Une beauté naturelle embusquée derrière un drôle d'accoutrement qui ne la mettait pas en valeur. Qui la camouflait. Je suis allé lui faire du rentre-dedans en lui déballant mes fables les plus clinquantes. Rik le joueur hors pair. Rik l'aventurier. Ça ne l'a guère ému. Mais quand j'en suis arrivé au chapitre de Rik le redresseur de torts, le sauveur de ses dames, elle a eu l'air curieusement plus intéressée. Elle m'a promis une bouteille de rhum contre un service dans un de ces sourires féminins irrésistibles. J'ai dit oui avant d'en apprendre plus. Je sais d'expérience qu'il faut toujours dire oui à une jolie femme avant d'avoir obtenu ce qu'on lui réclamait.

Le reste, j'ai oublié. Mais c'est déjà prometteur. La voix de Léa me tire de ma chasse aux souvenirs.


Vous me détachez, maintenant ?

Je la détache. La liberté lui redonne quelques couleurs et une goutte d'aplomb. Elle flanque un joli fouetté dans les côtes de l'étourdi, pleine de hargne. Et elle balance :

Vous devez m'aider.
T'aider ? À quoi faire ?
À libérer les autres avant que le navire ne quitte l'île. Il pourrait prendre le large d'une minute à l'autre.

Moi, je n'ai plus que trente-cinq minutes d'autonomie avant la mise en veille totale. Sa requête ne me parle pas plus que ça. En plus, dehors, c'est la tornade.

Pourquoi je ferais ça ? Un peu plus tôt, on m'a promis une bouteille de rhum si je venais fouiner en arrière-boutique. Si je te ramène avec moi, ça fera de moi un sauveur. Un héros. J'en serai même pour un tonneau entier. Ça me suffit largement pour trois jours.
Je vous en donnerai deux.
Deux tonneaux ?! Pour vrai ?
Oui.

Rapide calcul. Si un tonneau, ça me tient trois jours, deux tonneaux... ça me dure plus longtemps. Mais, même ivre comme un polak, je reste dur en affaire.

Oui, mais attends, ils sont comment, tes tonneaux, hein, gamine ?
Ils sont gros.
Ça fait donc... deux gros tonneaux ?
Voilà.
Marché conclu !

Le boost au moral vient de me redonner treize minutes d'éveil. Quelque part sous les replis usés et incapables de mes méninges, je jurerais qu'une petite voix soupire. Dépitée de me voir tombé si bas, ou quelque chose du genre. Le Vrai Rik.

Rho, toi, fiche-moi la paix !
Pardon ?
Mais, non, pas toi. L'autre.
Mais... nous sommes seuls.
Hm, laisse tomber. Bon, on y va ? j'demande en m'orientant vers la porte.
Vous voulez vraiment redescendre par l'escalier ? Ils vont nous tomber dessus.
T'as une autre solution ?
La fenêtre.

Qu'elle désigne du doigt. En fait, c'est à peine une lucarne. S'agit de pas être trop gros pour s'y faufiler. Je l'ouvre, l'inspecte. Ça me semble bien difficile. J'ai pas bien envie de gigoter comme un vermisseau. J'avise le sol, en contrebas. C'est sale, et c'est vraiment bas. Au moins, quatre mètres et demi. Hors de question de m'aventurer dans cette entreprise assassine. J'ai encore une tête de jeune premier mais j'ai plus mes vingt-cinq berges. Ceci dit, passer pour un manche n'est pas une option. Je referme la fenêtre.

Ma petite Léa, tu ne me sembles pas réaliser qui je suis.
Ah non ?
Fillette, je suis le Caporal Achilia.

Court silence. Trois secondes de gloire. Elle semble plus surprise que conquise.

Vous êtes un marine ? Vous ?
J'étais. Mais c'est du détail tout ça. Ce qu'il faut savoir, c'est que je suis sans doute l'homme le plus fort de cette île et que la fuite n'est pas une hips... 'ption. Nous allons donc emprunter, comme deux hardis citoyens cet escalier puis, renverser quiconque aura l'impudence de se mettre en travers de notre chemin. De là, nous prendrons d'assaut le maudit rafiot et libèrerons tes amis en un tour de main. Et tu me donneras...
... deux tonneaux.
Deux... ?
Deux gros tonneaux.
Bien. Maintenant que le plan est établi, allons-y.

Quelle classe. Le pas ferme, le regard haut, on s'élance. Je flanque un coup de pied dans la porte éventrée.

Mhh ?

Il y a un bonhomme. Très large. Sale gueule. Marcel sale. Gros biscotos. Il dit rien. Derrière, du bruit. Dans l'escalier. J'y vois flou mais ils sont entre six et douze à escalader les marches quatre à quatre, tout en arme. Ça sent le pâté. Je pivote.

Alors, qu'est-ce qu'on attend ?
Petite...

Je me retourne et envoie un fulgurant coup de boule s'écraser sur le pif du margoulin ! Il part se vautrer contre le mur dans son dos. Je plonge mon regard dans celui de la jeune. J'ai un peu perdu de ma superbe mais je tâche de rester digne et gueule en cavalant déjà :

À la fenêtre, vite !
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Judith Zola


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Mar 9 Jan 2018 - 3:42

"Bordel. Vous pouvez attendre deux secondes que je me l-"

Trop de mots. Excuse ton foie, mais tu n'es pas dans cet état ou tu peux formuler des pensées complexe.


"lib-... Zola lâcha un rot bien trop puissant pour ne pas être audible. Merde. Que je me libère."

Oui, c'était moi, dans le coin. Assise. L'idée c'était de sauver Rik Achilia, avait dit l'autre gars, qui était sensé être mon supérieur hiérarchique... Bon. D'une, je ne savais pas forcément qu'il était dans ce bar plus qu'un autre, et de deux, cinq verres c'était juste assez pour méditer sur mon passé, mais pas assez pour me rendre compte que mon uniforme n'était pas le bienvenu ou encore que rester sobre aurait été une bonne idée pour m'occuper de ces bandits.


"Bon, c'est qui.... vous ?" Ai-je tenté d'interroger dans mon piteux état.

Piteux état, c'était le cas de le dire. Ni trop équilibré, ni trop sobre. Est-ce féminin de roter ? ai-je pensé, mes pensées parasités par une trop grand préoccupation qu'était le devoir de ne point régurgiter son brunch. Pourquoi ai-je bu, ai-je commencé, tandis que je pensais à ce qui c'était passé. J'étais dans le bar. Le quatrième verre, un peu trop pour moi, m'étais-je dit avant de réaliser que mon voisin et concurrent était sur son cinquième... Ou était-ce son quinzième ? Le rhum avait une facheuse tendance à faire oublier à l'homme les notions complexes telles que les multiples de 10.


"EH ! Je vous PARLE, bordel," ai-je rageusement éructé. Enfin, rageusement. Frustrée, plutôt, que toutes mes augmentations ne veuillent pas répondre à mon cerveau. J'ai supposé que l'alcoolisme diminuait le taux de réponse de ce bousin. Enfin j'en sais rien, et ça me fait chier, mes machines marchaient pas, et ça me casse mes -ô combien métaphoriques- couilles. Et c'est alors que je me suis rappelé pourquoi l'on m'avait kidnappé.

"Y'a 3 heures j'ai dit que t'étais un chien fantôme. Vu comment les couillons nous ont assommé, je suppose que c'était pas un quipro...."

Trop de mots. Excuse ton foie, chérie.

Et un petit rot pour marquer le coup.
"Quo ?"


HRP : si t'es ok, je laisse, sinon bien sûr, j'enlève le post.
http://www.onepiece-requiem.net/t20016-judith-zolahttp://www.onepiece-requiem.net/t20085-judith-zola
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