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Quand ça n'augure rien de bon

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Dorian Silverbreath

♦ Localisation : Rokade

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Dim 10 Sep 2017 - 22:41

- J'quitte un moinillon pour retomber sur d'autres andouilles en robe... Si l'Destin est une personne, il doit avoir vach'ment d'humour. Et une longue queue.

    Ça m'apprendra à accepter les boulots d'extérieur... J'aurais dû me contenter de mon foutu caillou et de ses foutus péquenauds ! Au moins sur Rokade, c'est le bazar chaque jour ! Et si bazar il y a, travail pour moi il doit y avoir également ! Sans parler de mon bordel récemment acquis.
    Ah les femmes... La meilleure invention du Créateur. Si tant est que ce trou du cul existe. Seul bémol à mon sens : le partage des affaires avec Sunbae, un type étrange, sorti d'un monastère d'après ses dires. Qu'il soit associé ne me dérange pas plus que ça, mais son idée de syndicat pour la protection des droits des putes me gêne. Je dirai même que ça m'emmerde... Il ne sait pas où ce genre d'étrangetés risque de le conduire. Mais ce n'est pas le problème pour l'instant.

    Je me retrouve sur Inari, lieu saint parmi les lieux saints, réputé dans le monde entier pour accueillir tous les cultes de l'histoire, plus saugrenus les uns que les autres ! Personnellement, je ne crois qu'en une seule chose : la Naïveté. Des autres j'entends. Et par extension ce que je peux en faire...
    Mon client est un habitant du coin. Il s'est fait mettre à tabac avant de se retrouver comme cargaison d'un navire de contrebandiers à destination de Rokade. Là-bas, il a passé son temps à se lamenter sur son sort. Résultat : un deuxième passage à tabac. Heureusement, son appel à l'aide est parvenu à mon oreille et j'ai ramené son corps martelé chez moi afin qu'il me parle de ses problèmes. Ce n'est qu'ensuite que je lui parlai de mon travail... Faudra que je pense à mettre un vrai nom dessus d'ailleurs. "Auto-entrepreneur", ça sonne bien mais c'est vague. Tout le monde me prend soit pour un mercenaire, soit pour un détective privé.
    Je suis bien plus que cela.

    Son problème ? Avoir fait partie de la Cabale. Qu'est-ce que la Cabale ? La seule secte qui soit considérée comme impie et déraisonnable sur ce nid d'illuminés, en raison de sa principale activité religieuse : l'assassinat. Il aurait quitté la bande il y a quelques temps et, selon ses suppositions, quelqu'un n'aurait pas apprécié la chose. Ce qui expliquerait la situation dans laquelle il se serait trouvé par la suite... Ses lèvres enflées et fendues, ses paumes de main lacérées et son torse endolori témoignent pour lui.

- T'es certain que ce sont tes anciens p'tits copains qui ont fait ça ?

     Je regarde mon client, Teddy Useless. Un jeune homme, gamin de visage selon moi, avec des petits yeux d'herbivore apeuré et des petites mains fragiles... Pas du tout le profil d'un tueur sectaire à mon sens.

- Je pense que...
- J'te demande pas si tu penses, j'te demande si t'es sûr.
- Oui. Ce serait bien leur genre... "On ne tue pas un membre de la Cabale. On ne fait que le punir..." C'est ce que raconte sans arrêt l'un des anciens.
- Bon. Bah si tu l'dis... J'espère vraiment que ça vaut le coup.
- Un million de berrys quand même...
- ET tes bons de réduction valables dans toutes les friperies Warboyz des Blues ! J'me déplace pas à l'étranger pour rien !
- Oui oui, bien sûr...

    Je n'y vais pas spécialement souvent, mais avec des réductions il y a toujours moyen de changer ses habitudes vestimentaires. Et leurs débardeurs sont fichtrement confortables.

    Nous avançons dans les rues de la ville, passant devant plusieurs stands sans nom, n'ayant pour distinctions que l'emblème de leur culte, proposant pour la plupart divers pendentifs et grigris aux propriétés mystiques... Une montagne d'immondices et de farces à mes yeux. Une montagne de merde capable de susciter le désir et l'envie chez les moutons que sont les croyants.
    Le jour où je serai roi, j'ouvrirai un maximum de ces stands sur Suna Land, au milieu des boutiques de souvenirs. Peut-être devrais-je faire venir "poliment" l'un de ces cultes, afin de prêcher la bonne parole. A savoir la mienne.

    Nous approchons du centre-ville quand se forme devant nous un bouchon. Les piétons ne piétinent plus et je tend le cou en fronçant les sourcils.

- Dis-moi Billy...
- Moi c'est Teddy.
- Y aurait pas une procession aujourd'hui ?
- Euh non, pas à ma connaissance...
- Tant mieux. Mais ça explique pas pourquoi ça bouchonne.

    Perdant vite patience, je commence à bousculer tout le monde pour avancer. Mon client me suit, s'excusant à ma place auprès des passants, lesquels me fusillent du regard. Mais qu'en ai-je à foutre ? J'avance jusqu'à atteindre une petite place, laquelle est bouclée par une patrouille de la Marine. Au milieu se tient une beauté en uniforme, de dos, avec de longs cheveux blonds, presque blancs. Elle se penche vers un type étalé par terre, totalement ensanglanté. Ses lèvres sont enflées et fendues, les paumes de ses mains lacérées et son torse, mis à nu, est recouvert de bleus et d'estafilades.
    Je tend l'oreille. Au milieu des chuchotements de l'assistance, je parviens à entendre :

- Qui t'as fait ça ?
- ... Sais pas... Cabale... Je... Désolé...

    La beauté se redresse puis fait signe aux soldats de la suivre en demandant à ce que l'on vienne en aide au pauvre bougre. Je les regarde s'éloigner, songeur.

- Eh ben... Billy ?
- C'est Teddy...
- M'est avis que t'es pas l'seul clampin concerné par cette affaire. Tu l'connais ce gus ?
- Non, il ne me dit rien.
- Dans ce cas, tu paies l'hôtel et la bouffe.
- Que... QUOI ?!
- J'sens que j'vais avoir plus de taff que prévu, et j'ai pas prévu d'dépenser toutes mes économies dans l'tourisme de toute manière. Et qui dit complication dans l'travail dit rémunération vue à la hausse. Ah ! Une question comme ça...
- Laquelle ?
- C'était qui cette nana aux cheveux longs ?
- C'était le commandant Yoshi Baresta, principal officier de la 74e division, en poste sur Inari.
- ...
- ...
- C'EST UN MEC ?!

    Dieu que ce monde est cruel !


Dernière édition par Dorian Silverbreath le Lun 11 Sep 2017 - 17:47, édité 1 fois
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Annabella Sweetsong
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Lun 11 Sep 2017 - 3:12


A la manière d'un enfant, la jeune femme conservait le visage dissimulé derrière le menu qu'elle tenait entre ses mains. Bien décidée à faire son choix, Anna essayait toutefois de ne pas prêter garde au tintamarre provoqué dans son dos par la foule tonitruante qui se pressait dans la rue. Un mal bien vain lorsqu'une main incertaine s'empressa de saisir le livret en carton pour dégager la vue du spectacle.

« - J'essaye de savoir ce qu'il se passe, vous ne pouvez pas baisser votre carte un chouïa ?!

- Non, hors de question. J'ai autre chose à faire que de m'intéresser aux mœurs de la populace de ce pays plus qu'étrange. »

On ne pouvait pas dire qu'Anna était très croyante. A vrai dire, elle partageait même, avec l'un de ses anciens coéquipiers, une aversion immense pour les religions et leurs adorateurs. Ainsi qu'une pincée d'intérêt pour les méthodes qu'ils employaient, sans toutefois l'évoquer publiquement. Elle apprenait de ses ennemis, des médecins comme des prêtres. Mais si on lui demandait de bricoler un scalpel ou un crucifix, elle ne saurait s'en servir autrement que pour poignarder son prestataire.

« - Moi ça m'intrigue, nous devrions aller voir ce qu'il en est. N'êtes-vous pas censée être une enquêtrice ? C'est ce genre de situations qui ont bâti votre renommée. »

L'albinos ne put s'empêcher de gratter spontanément le dessous de son œil gauche, recouvert par un patch noir symptomatique de sa couverture. Ce-dernier était composé d'un tissu très fin qui lui permettait de voir à travers ; une lentille blanche située sur la rétine venait parfaire le maquillage, au cas où elle devait être amenée à retirer son bandeau. Ce qu'elle n'avait jamais eu à faire jusqu'à présent.

« - J'emmerde ma renommée, je suis en vacances et ce repas promet d'être succulent. » gronda la blonde tout en relevant sa carte pour enfin faire son choix. C'était toutefois sans compter sur la tumulte qui traversa la foule, alors qu'une dizaine de personnes se faisait bousculer par un intriguant. « Non mais c'est pas possible cette cacophonie, rappelez-moi pourquoi nous avons choisi ce restaurant ?

- Vous vouliez des falafels. C'est le seul qui fait des falafels. »

Et malgré cela, le doigt de la jeune femme parcourait actuellement la liste des pizzas disponibles. Une véritable perte de temps, elle n'avait même plus faim désormais. D'autant plus que le regard de sa subalterne se faisait insistant...

« - Très bien, allons-voir, mais ne vous posez pas de question si je suis de mauvais humeur car je n'aurai pas mangé.

- Oui, c'est sûr que ça va changer de l'ordinaire. » ironisa l'intellectuelle tout en saisissant le livre qu'elle avait temporairement posé sur la table le temps de faire son choix. Approprié au contexte, son titre renseignait « les Mille Religions d'Inari » avec, dessous, en plus petit, « même si la plupart n’ont pas plus de dix fidèles ».

Lasse et ennuyée, l’enquêtrice termina alors son verre de vin, réglé sur l’ardoise de la Marine locale, en prévision, et se leva difficilement pour partir en direction du bouchon humain qui bloquait la rue, plus loin.

Si Inari était une île religieuse, elle n’était absolument pas une île d’architectes : la plupart des rues ici étaient sujettes à ce genre de débordements puisqu’il s’agissait, en réalité, de ruelles mal taillées et sinueuses. Ici, il n’y avait pas besoin de plus de deux personnes pour  créer un bouchon, la faute aux nombreuses boutiques débordant sur les allées et aux étals. Ou bien aux murs des bâtisses préférant, dans une logique étrange, s’agrandir aussi bien en largeur qu’en hauteur. Des contreforts des cathédrales aux arches des mosquées.

« - Bougez-vous, laissez-passer. »

Anna n’avait pas besoin de violenter la foule pour se frayer un chemin. Celle-ci diminuait désormais, de toute manière, tandis que les soldats pressaient les manants de dégager la voie. L’un d’entre eux s’essaya auprès de la détective avant de se voir coller sur le nez une carte qu’il ne put s’empêcher de lire à voix haute. Il était jeune, un blanc bec. Et il était probablement con aussi.

« - Elizabeth… Butterfly… détective… » commença-t-il avant de se voir retirer le carton des mains par la concernée. Il lui fallut plusieurs secondes supplémentaires pour savoir à qui il avait à faire, lorsqu’une lueur d’intelligence resplendit soudainement dans son regard.

« - Rendez-moi ça maintenant, on n’a pas toute la nuit. Votre supérieur est encore ici ?

- Mes excuses madame, je ne vous avais pas reconnue. Le commandant Baresta vient de partir, toutefois le sergent-chef Wolholaud est encore ici.

- Bien, alors menez-nous à lui. »

Elizabeth Butterfly avait beau ne pas faire partie de la Marine, elle possédait toutefois une réputation qui lui permettait de gagner le respect des soldats de bas étage dans les Blues. Si Amanda Holmes ne permettait désormais plus à Anna de jouir efficacement de son statut de commodore, elle conservait toutefois cette autorité en la personne de Butterfly. C’était à partir des officiers supérieurs que ça se corsait, généralement. Ceux qui n’acceptaient pas qu’elle vînt mettre son nez dans les affaires qui ne la regardaient pas, mais finissaient systématiquement par l’inclure d’une façon ou d’une autre.

Donc les connaisseurs abandonnaient bien vite leur résistance futile et parlaient enfin de choses utiles.

« - Bordel, Levis, je t’ai dit d’écarter les civils, pas d’en ramener sur les lieux du crime.

- Désolé sergent, mais cette jeune femme a insisté pour vous voir. Elle dit qu’elle s’appelle…

- Elizabeth Butterfly, directrice de la CIA. C’est vous le responsable, ici ? » commença la blonde tout en dardant un regard curieux sur la scène. Chargée sur un brancard, la victime prouvait son existence par une série continue de « ouille, ouille, ouille » tandis que la police locale dessinait un périmètre de sécurité.

Prêtée au jeu, Angelica commençait déjà à analyser l’endroit avec sa loupe. Très cliché, certes.

« - Butterfly ? Merde alors, ça semblait déjà être une journée de merde avant…

- Faites attention à comment vous vous adressez à ma sup- à mon employeur. Elle possède des contacts capables de vous retirer tout ce que vous possédez et vous envoyer au trou ci-sec. » réagit la brunette, quelque peu balbutiante mais correcte dans son rôle, surtout vers la fin. Si celle-ci semblait s’être improvisée agente de la CIA, Anna n’était toutefois pas convaincue au point de commencer à lui verser un salaire.

De toute manière, il semblait n’y avoir pas grand-chose d’intéressant dans le coin. Les principaux indices ne pouvaient venir que de la victime qui avait la chance d’être encore en vie, pour le moment. Peut-être avait-elle déjà dévoilé des informations au sujet de ses attaquants.

« - Je ne sais rien sur le sujet, veuillez voir ça avec mon supérieur. » s’empressa de mentir le sergent-chef, visiblement pas assez intimidé par la prestation de celle qui avait eu la gentillesse de le mettre en garde.

« - Très bien, sergent-chef Wolholaud c’est ça ? » commença la jeune femme tout en saisissant un carnet dans l’une des nombreuses poches de son épais manteau rouge avant de griffonner à l’intérieur. « Profitez-en. Si vous ne savez rien, alors nous n’avons plus rien à faire ici.

- Mais… mais… » termina le soldat tandis que les talons des bottines de l’agente faisaient brusquement demi-tour en crissant sur le sol légèrement recouvert d’une couche de poussière humide et caillouteuse.

Remise dans son rôle d’enquêtrice, la directrice faisait à présent de grandes enjambées vers un objectif que sa subalterne se sentit obligée de dévoiler.

« - Direction la base de la Marine donc ?

- J’aurais voulu faire autrement, les commandants sont retords et il est difficile de leur tirer les vers du nez mais on n’a pas le ch-

- Vous avez le choix, je peux vous y aider. » tonna soudain une voix venue de l’un des badauds qui encerclaient jadis la scène du crime et venaient d’en être éloigné. Comme d’un bloc, les deux femmes se retournèrent pour dévisager l’inconnu au physique pour le moins atypique mais certainement pas gracieux. Et ce fut tout naturellement qu’Anna s’offusqua de voir la main du malotru posée sur son épaule, qu’elle dégagea rapidement d’un mouvement de la rotule.

« - Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle en se retournant vers le drôle, avant de récupérer son sang-froid et son sens de la logique. « Et comment pourriez-vous nous aider ? »

Et puis en échange de quoi ?
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Dorian Silverbreath

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Lun 11 Sep 2017 - 19:05

- Tséhéhé... Dorian Silverbreath, ma jolie. Travailleur libre et enquêteur civil... La plupart du temps. Il s'trouve que mon client actuel, Billy Business...
- Teddy Useless ! Bon sang !
- ... Ici présent a subi les mêmes sévices quelques jours auparavant... Sauf qu'il s'est retrouvé à bord d'un navire. Si ça s'trouve, d'autres personnes après lui ont eu droit au même traitement. Qu'est-ce qu'vous en pensez ?
- ...
- J'ai bien vu avec quel sérieux la Marine vous r'gardait. Z'êtes pas n'importe qui hein...
- Montrez davantage de respect, je vous prie ! Vous êtes devant Elizabeth Butterfly !

    Je toise un instant la miss à côté de l'enquêtrice de renom. Une du genre farouche, et peu encline à partager sa muse semble-t-il. Je hausse les épaules et reporte mon attention sur la femme à la peau pâle.
    Evidemment que je connais Elizabeth Butterfly : je serai bien niais si, dans ma recherche perpétuelle d'informations et de méthodes de travail, je n'avais pas entendu parler de ce détective. On ne parle pas d'un Tao "Sait-tout" là, on parle d'une pointure internationale. Et je dois dire que l'image que j'en ai surpasse mes espérances : elle est canon ! Une perle rare, à l'odeur délicate et aux traits fins. Et ce regard, perçant et froid... Un délice. Une statue de marbre que je me verrai bien remanier... Mais ce n'est là que pure fantasme : ses yeux sont ceux d'une personne qui a suffisamment côtoyé la tromperie pour n'être plus dupe.
   Pourtant, depuis qu'elle me fixe, une sensation désagréable s'insinue en moi. Très vite, un frisson vient me parcourir l'échine : plus je reste à proximité d'elle, plus j'ai le sentiment d'être en danger.
    J'ai l'habitude d'être toujours sur mes gardes, alors sans doute n'est-ce là que mon imagination ? Je vais finir par être vraiment paranoïaque si ça continue :

- J'sais qui elle est. C'que j'veux dire, c'est que j'ai été engagé par Billy...
- Putain de...
- ... Pour trouver le coupable. C'est mon gagne-pain, v'pouvez bien l'entendre, non ?
- Je l'entend.
- Mais j'ai bien vu qu'cette histoire vous intéressait... Alors c'que j'vous propose, c'est d'se partager l'affaire !
- Que... Mais je ne tiens pas à engager quelqu'un d'aut...

    D'un geste vif, j'attrape Teddy par le col et l'attire un peu à l'écart. Cet idiot risquait de me compliquer la tâche ! Et je tiens à conserver ma paie intacte : pas question de partager avec qui que ce soit !

- Écoute, y a pas besoin de l'engager : elle travaille à son compte ! Mais si ça peut faciliter mes recherches, tant mieux ! Ça nous ferait gagner du temps pour l'un et des berrys pour l'autre. T'vois c'que j'veux dire ?
- Oh... D'accord, désolé.

    Crétin.
    Nous revenons vers le duo féminin qui nous toise comme si nous étions des bêtes de foire. Qu'elles me considèrent comme un intrigant n'est peut-être pas si mal : si elles ne me prennent pas totalement au sérieux, j'aurais plus de facilité à les convaincre de travailler main dans la main.

- Alors, miss Butterfly ? Ça vous tente d'coopérer ?
- ...
- J'suis même prêt à partager avec vous c'que j'sais déjà. Mais pour ça, faut qu'on parvienne à s'mettre d'accord.
- Mais... Vous oseriez entraver notre enquête en cas de refus ?!
- Hé oh, tout doux ! J'ai juste laissé entendre que j'partag'rais pas. J'ai pas dit que j'allai vous mettre des bâtons dans les roues... Mais j'ai une piste à suivre et différentes manœuvres à effectuer. Vous n'avez rien pour l'instant. A dire vrai, j'suis pressé d'retourner chez moi, alors si on pouvait en finir avec cette merde au plus vite...

     Je me tais un instant et observe leur réaction en me grattant l'oreille d'un air nonchalant. Les deux femmes se regardent, pesant le pour et le contre. Si l'une est davantage là pour montrer les crocs qu'autre chose, l'albinos semble dégager quelque chose. Un je-ne-sais-quoi de souverain. Plus jeune, je l'aurais peut-être imaginée vêtue de cuir, me dominant de tout son long et me passant les menottes... Mais là encore, rien d'autre qu'un fantasme. Ce qui me donne du plaisir maintenant, c'est de savoir quelles personnes de pouvoir je pourrai soumettre, de quelque manière que ce soit.
    Leur réflexion n'est pas longue et je tend la main vers Elizabeth Butterfly, souriant de toutes mes dents :

- Associés ?
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Annabella Sweetsong
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Mar 12 Sep 2017 - 0:55

Une main tendue qu’Anna inspecta longuement, avant de dévier à nouveau son regard vers le visage du nouveau venu.

« - Obligés. » estima-t-elle tout en conservant ses mains bien ancrées dans ses poches. « Je possède déjà assez d’associés, mais de toute manière si je fais ça c’est par simple divertissement. Cette île est ennuyante à mourir. »

Snobinarde, la blonde savait manœuvrer sa couverture comme on pilotait un bateau. Elle tenait bon la barre et le gouvernail qui lui faisait esquisser des mimiques en conséquence ; là elle souriait, malicieuse. Elle répondait à l’invitation dans une semi-négativité qui, au final, s’avérait positive.  Accepter un marché, de plus en sa défaveur, était déjà un signe de faiblesse pour l’enquêtrice, qui trouverait bien assez tôt un moyen de regagner sa mise.

Si elle se fichait de l’argent, c’étaient bien les noms des gusses avec qui elle s’acoquinait qui importaient. Entre les mains de ce dénommé Dorian se trouvait une partie de la crédibilité d’Elizabeth. Et depuis la perte de la Commodore, Anna était bien plus précautionneuse vis-à-vis de ses couvertures, qu’elle ne souhaitait pas griller par volées de dix en l’espace de quelques mois.

Mais il n’était rien de tel ici, si le « travailleur libre » s’écartait trop du droit chemin, comprendre celui choisi par l’albinos, elle pouvait aisément le supprimer sans trop faire de vagues.

« - Maintenant il faut me dire ce que vous savez. Vous pouvez nous raccompagner jusqu’à la base de la Marine où des affaires m’attendent. Nous attendent. »

La rue s’était désormais considérablement vidée et il était à nouveau possible de parcourir la voie, uniquement piétonne, comme si celle-ci n’avait jamais vécu le moindre drame. Peut-être quelques gouttes de sang sur les pavés et quelques soldats encore en poste, dont le pauvre sergent-chef qui mouillait désormais ses chausses en regardant d’un air misérable la directrice lui repasser devant le nez.

Dorian évoquait à Anna les prémices de son enquête en détails et celle-ci, considérablement plus silencieuse, étudiait l’information en n’effectuant que de simples hochements de tête à chaque ponctuation. Derrière, la brunette suivait la marche, un livre à la main, tandis que le pauvre Billy se voyait ramené au stade de canidé, contraint de suivre les ordres strictement délimités par son maître.

A plusieurs reprises, Anna fut confrontée à un vocabulaire nouveau qui, systématiquement, requérait la consultation de son adjudante. Précise et minutieuse dans les détails de ses définitions, celle-ci répondait avec une exactitude consternante aux questions de sa supérieure. Et ce sans forcément avoir un livre sous la main.

Du coin de l’œil, Anna pouvait estimer le regard avec lequel Dorian dévisageait Angelica : si auparavant il doutait, l’utilité de la jeune femme lui était désormais toute prouvée.

« - C’est une secte locale de fous furieux particulièrement réputée pour ses offres de service en matière d’assassinat. Ils justifient leurs meurtres avec leur religion, mais ça ne les prive pas de toucher une prime en retour pour autant. »

- Encore des décérébrés. Et vous me dites que Machin, lui là, il en est un ? » jaugea l’agente tout en dardant ses deux prunelles noires de dédain vers l’homme qui évoluait derrière le groupe, pratiquement tenu hors de la conversation. Celui-ci redressa aussitôt la tête et ne put se retenir de lâcher un « hein ? » naïvement singulier.

« - Était. Maintenant il est mon débiteur. » sourit machiavéliquement l’enquêteur, qui ne comptait visiblement pas se défaire de sa proie de sitôt. Dans le vaste panel des détectives privés se trouvaient pas mal de sangsues avides d’argent ou de pouvoir et le fameux Dorian semblait rentrer dans cette catégorie. S’il n’en avait pas encore fait montre, Anna pouvait le lire dans sa nature grâce à son haki, qu’elle veillait à ne pas trop utiliser plus que de raison.

- Et nous y voilà. »

La base de la Marine locale, similaire à celles que l’on pouvait voir partout ailleurs sur les Blues. Contrairement à Angelica, Anna ne vit pas la nécessité de la dévorer plus longuement du regard et s’attarda davantage sur le personnel gardant l’entrée. A peine quelques mètres parcourus et la jeune femme trouva rapidement une main pour stopper sa progression. Des deux gardes postés devant l’entrée, le plus jeune fut le plus prompt à réagir.

« - Halte là ! On n’entre pas dans la base sans permission, ma p’tite dame.

- Alors de une, je ne suis pas votre p’tite dame et de deux voici ma permission. » rétorqua l’albinos en présentant, comme à son habitude, sa carte de visite. En plus de ses qualités de directrice de la CIA, celle-ci renseignait aussi son affiliation au Gouvernement Mondial.

Les passe-droits d’Elizabeth venaient la plupart du temps de la mention « aux services du Gouvernement Mondial » qu’elle brandissait systématiquement où qu’elle allât. Plus que sa popularité, qui n’était qu’un moyen d’asseoir sa légitimité, c’était cette rare appréciation officialisée par le GM qui permettait aux civils de se balader dans les infrastructures de la Marine. D’autant plus rare qu’elle n’était secrètement délivrée qu’aux agents du Cipher Pol.

« - Excusez-moi madame, vous pouvez entrer. »

Le plus facile venait d’être fait. Et ce fut tout en jetant un regard amusé à ses trois accompagnateurs que la jeune femme s’engouffra à l’intérieur du bâtiment. Où elle espérait rapidement retrouver l’infirmerie et, si possible, sans commandant à l’intérieur.
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Dorian Silverbreath

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Ven 15 Sep 2017 - 0:23

Eh ben. Si un jour on m'avait dit que j'allais rentrer comme ça dans une base de la Marine... J'aurais ri au nez de la personne avant de lui cracher dessus. La dernière fois que je m'étais retrouvé là-dedans, c'était sur Suna Land, et je ne faisais pas partie des invités de marque !

    Nous franchissons la porte et traversons la cour d'entrée. Celle-ci sert également de terrain d'entraînement : un chemin de course est dessiné sur le sol, faisant le tour de la zone, plutôt petite. Du fait de sa position, la base s'étend davantage en hauteur qu'en largeur, le bâtiment principal comportant six étages. Sur la gauche, un entrepôt. Sur la droite, la cuisine et le réfectoire. De petites volutes de fumée s'échappent de la cheminée, laissant penser que les cuisiniers de la base sont en plein travail.
   Nous pénétrons dans le hall du bâtiment principal et y sommes accueillis par des réceptionnistes peu avenants :

- Pourraient sourire au moins...

   Miss Butterfly sort son passe-partout et demande à se rendre à l'infirmerie :

- Mais... C'est que le commandant...
- Le commandant a ses préoccupations, j'ai les miennes. Alors faîtes votre travail et permettez-moi de faire le mien, soldat. J'ai une personne à interroger.
- Bon... Comme vous voudrez. Mais par sécurité : vous irez seule. Vos trois collègues attendront ici.

   "Vos collègues" ? Je manque d'éclater de rire, très vite dissuadé par le regard noir de l'enquêtrice. Elle doit sans doute me porter responsable de cette requête. Il est vrai que je n'ai pas tout à fait la gueule de l'emploi. Quel militaire laisserait entrer un grand gaillard aux pupilles dilatées et au sourire dérangeant dans une infirmerie sécurisée remplie d'individus sans défense ?
   L'autre donzelle, dont je ne soupçonnais pas les qualités il y a encore cinq minutes, proteste :

- En tant qu'assistante d'Elizabeth Butterfly, je me dois d'être à ses côtés ! Vous ne pouvez pas...
- Je suis désolé, mais je ne reviendrai pas là-dessus. Comprenez ma position je vous prie.

    C'est qu'il se prendrait presque pour un bureaucrate important, le troufion ! Cela mis à part, le simple fait d'être en ces lieux commence à me pomper l'air et je tape du pied nerveusement, les bras croisés. Ce qui ne semble pas rassurer davantage notre interlocuteur, ni ses compagnons, plus en retrait près des escaliers et des portes d'accès aux couloirs.
    Finissant par perdre patience, je soupire bruyamment, interrompant les jérémiades de l'assistante :

- Bon ! Bah c'est pas grave ! On va y aller et puis c'est tout !
- Ah bon ? Mais on n'interroge pas le blessé d'abord ?
- Pourquoi ? T'le connais pas il m'semble.
- Bah non, mais vu que lui aussi a été...
- Attaqué par les mêmes personnes que toi ? Et t'éprouves de la sympathie ? Ha ! Oublie ça, l'ami. Et puis c'est pas grave, puisque mad'moiselle Butterfly ici présente va pouvoir y aller... Nous n'avons qu'à nous rendre là où tu sais, histoire d'faciliter l'avancée du schmilblik !

   Devant son air ahuri, je décoche un clin d’œil accompagné d'un sourire sournois. Finalement son visage pâlit et je l'entends balbutier des petits "Oh putain..." d'un air pas du tout enjoué.
   Les deux autres nous observent sans trop comprendre, je m'explique :

- Z'avez pas besoin d'nous ici apparemment. Je m'en vais raccompagner mon client chez lui. De mon côté, j'compte inspecter les alentours du lieu d'culte des illuminés dont on parlait tout à l'heure. Après nous pourrons nous r'trouver dans un coin, histoire d'recouper nos trouvailles de la journ...
- Une minute ! Si l'on fait bande à part : qu'est-ce qui nous oblige à collaborer avec vous ? Vous nous avez déjà dit ce que vous saviez et nous nous apprêtons à interroger une autre victime, si ce n'est plus ! Avec un peu de chance, nous pourrions même obtenir l'aide du commandant !
- Alors premièr'ment, Miss Teigne : vous allez peut-être interroger d'autres victimes incapables d'vous dire quoi qu'ce soit d'plus. Deuxièm'ment : vu l'envie qu'avait l'autre officier d'vous aider, m'étonnerait qu'le commandant soit plus enclin... Troisièm'ment : même si vous obtenez une nouvelle piste, l'est possible que j'parvienne à obtenir la même suite à mes recherches. Ou mieux : une autre piste, potentiellement intéressante. Dans tous les cas, travailler ensemble nous permettra d'agir mieux et plus vite. Miss Butterfly, z'êtes loin d'être stupide : si y a eu deux victimes, il peut y en avoir eu plusieurs autres, et d'nouvelles dans pas si longtemps qu'ça...

    L'adjudante Pimbêche peut bien faire office d'encyclopédie ambulante si elle le souhaite, mais me prendre pour un con, hors de question. J'ai beau ne ressembler qu'à une brute, je connais mes capacités, ainsi que mes faiblesses. Par chance l'intelligence n'en fait pas partie, et je compte bien le leur prouver.
   Prenez-moi au sérieux que diable, que nous puissions nous entendre... Avoir le sang chaud ne m'empêche pas de faire preuve de professionnalisme.
   Et cet endroit qui m'insupporte de plus en plus !

[...]

- Du coup, j'compte sur toi pour ne pas bouger. Tant que t'es là, t'es en sécurité.
- Mais... Tu ne crois pas que c'est dangereux d'infiltrer le repère de la Cabale sans aide ?
- Tu veux p'tet m'aider ?
- Du tout !
- Dans ce cas, contente-toi d'rester ici. J'serai d'retour au mieux en fin de soirée, au pire à la nuit tombée. Et au pire du pire bah... T'auras économisé tes sous.

   Je ris. Que je suis drôle quand je veux ! Teddy, lui, ne semble pas partager mon humour :

- T'en fais pas va : t'voulais une vengeance ? Vengeance tu auras. Foi d'moi.
- Et pour Miss Butterfly ?
- Ah la jolie poupée... On verra bien. Je leur ai dit où nous retrouver ce soir. Si je n'suis pas rev'nu dans les temps, vas-y sans moi.
- Au Café du Rebouteux ?
- Au café du Rebouteux.
- C'est loin...
- La base de la Marine est à côté, c'est c'qui est l'moins dangereux pour toi, si tes agresseurs te reconnaissent au détour d'une rue. J'pas envie qu'il t'arrive une merde quand j'ai l'dos tourné !

   Le visage de mon client s'illumine. C'est la première fois qu'il m'entend le traiter avec sympathie... Qu'il en profite bien. Je n'ai pas été très correct avec lui, et à vrai dire je m'en cogne le poireau contre un plan de travail. Mais amadouer son employeur de temps à autre permet de garder le moral à son beau fixe. Et surtout de s'assurer d'avoir la récompense à la fin ! Parce que s'il est déçu, il me retire le million. S'il meurt, je perds le million.
   Je le laisse là, dans sa petite maison. La porte se referme et je me fond dans la masse des touristes et des pèlerins qui abondent en ce milieu d'après-midi. Suivant les indications précises de Teddy, je pars en direction du repaire de la Cabale...
   Pourvu que les deux donzelles viennent au rendez-vous de ce soir : ce n'est pas tous les jours qu'on peut causer boulot autour d'un verre en charmante compagnie.
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Annabella Sweetsong
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Dim 17 Sep 2017 - 2:42

« - Merci, je sais ce qu’est une aiguille.

- Non, pas l’aiguille… Je veux dire par là que le patient est anesthésié, même si vous aviez la permission du commandant je ne peux pas le rév…

- Ne vous en faites pas, je connais des méthodes radicales pour réveiller les gens qui font semblant d’être morts.

- Mais puisque je vous dis que le patient est endor-

- Miss Dolfinger, cela suffit, vous n’arriverez pas à raisonner cette femme, croyez-moi. »

Suite au départ de Silverbreath et de son client, les deux agentes s’étaient retrouvées à la réception avec un laisser-passer pour une seule personne. Cependant, à force de pression et grâce à l’absence du gaillard à la bobine inquiétante, les deux jeunes femmes avaient finalement pu passer les dernières douanes pour naviguer à travers le bâtiment.

Singulièrement petit avec des couloirs étroits, bas de plafond et mal illuminés, l’endroit donnait l’impression d’avoir été construit par des nains ; pourtant les infirmières qui y évoluaient étaient de drôles de spécimens relativement filiformes et de grandeur supérieure à la moyenne. Comme quoi, les opposés s’attiraient pour de vrai.

C’était alors au détour d’un couloir que le duo s’était vu stoppé dans sa progression, une fois de plus, par un olibrius un peu plus corpulent que les autres. Un olibrius, oui, car il fallut plusieurs longues secondes à Anna pour se rendre compte qu’il ne s’agissait pas d’une femme en réalité.

« - Bordel de merde ! »

Et pour ce cas là… comme pour tous les autres en fait, à y regarder une seconde fois.  Si les infirmières donnaient l’impression d’être grandes et fines, c’était car il s’agissait en réalité de véritables travestis. Des hommes en collants et jarretelles, épilés au cutter et maquillés à la brosse. De loin, l’illusion était parfaite, mais de près…

« - Excusez-moi ? » tonna une voix beaucoup trop grave pour être celle d’un okama. Et pourtant.

Avec son charisme naturel, Angelica essaya tant bien que mal de sauver les meubles avant d’être rapidement interrompue dans son élan :

« - Elle veut dire :

- C’est la première fois que j’en vois une aussi réussie. Vous utilisez quel mascara ? »

Contrairement à ses collègues, la bonne femme, qui bloquait ce qui semblait être l’accès à la pièce où se trouvaient les patients, était donc à la fois trapue et vêtue de vêtements incroyablement moulants mettant les formes de son corps en valeur. Toutes les formes de son corps.

Dardant, de son côté, un regard sombre vers la blondinette au cache-œil qui la fixait sans la moindre discrétion, l’intendante s’était finalement enquise de la raison de leur venue. Une fois la réponse donnée et sa curiosité satisfaite, elle avait alors ultimement dévoilé la raison pour laquelle les deux vraies femmes n’auraient pas accès à la salle de repos, en aucun cas. La conversation avait ainsi évoluée jusqu’à en venir aux mains… avant qu’une voix ne grondât subitement pour remettre à l’ordre la grosse femme qui brandissait désormais une grosse seringue comme s’il eut agi d’un imposant sabre circulaire.

« - Commandant, excusez-moi, mais ces civils n’ont rien à faire ici et…

- J’imagine bien, ce n’est pas une raison pour les brusquer. Dois-je vous rappeler pourquoi nous vous avons promue infirmière générale, Taylor ?

- Non, cela suffira mon Commandant… » termina la drôlesse, penaude, avant de se retirer dans ses quartiers. Non sans évacuer une chaude larme de tristesse probablement issue d’un amour perdu et d’un égo froissé, qui n’échappa pas à l’agente.

« - Enfin quelqu’un de compétent dans cette base et… » commença alors la directrice tout en se retournant pour admirer son sauveur, avant de remarquer son faciès et ses longs cheveux blonds. Si sa voix trahissait efficacement celle d’un homme, le commandant qui se tenait devant les deux agentes ressemblait en tous points à une femme. Une fois de plus, même si cette fois-ci c’était mieux fait et probablement pas volontaire.

Devant le spectacle de sa supérieure décontenancée une fois de plus, Angelica ne put s’empêcher de mettre la charrette avant les bœufs.

« - Abstenez-vous de tout commentaire, je vous en prie… »

Ce que l’albinos fit, enfouissant ses pensées jusque dans les tréfonds de son corps dénué d’âme. Tout sourire, elle outrepassa finalement son aversion pour ce qui sortait de l’ordinaire et osa brandir une main en direction de l’officier :

« - Ah, Commandant Baresta, un plaisir de vous rencontrer. Je suis l’enquêtrice Elizabeth Butterfly, vous avez probablement déjà entendu parler de moi et…

- C’est pas vrai, vous êtes la véritable Elizabeth Butterfly ? Bon sang, j’ai suivi toutes vos affaires et je dois dire que je suis fan. Que dire de vos actions à Las Camp ou encore celles de Logue Town. Des multiples affaires sur lesquelles vous avez enquêté là-bas, je dois avouer que celle du mangeur d’hommes m’a particulièrement tenu en haleine… »

En règle générale, les officiers n’appréciaient pas trop la présence de la blondinette qui était souvent signe de bâtons dans les roues. Mais cette fois-ci, devant la mâchoire décrochée de la directrice de la CIA, la situation était toute autre : le Commandant efféminé était un fan invétéré. Si bien qu’elle ne put placer un mot pendant deux bonnes minutes, le temps que celui-ci lui refît son CV. Embarrassée, l’agente ne put finalement placer un mot et s’en remit à sa subalterne qui, une fois de plus, fit le rapport de la raison de leur visite.

« - Interroger la victime de la Cabale ? Pour quoi faire ? Ce pauvre jeune homme a donné le nom de ceux qui lui ont fait ça. Et nous comptons bien résoudre cela ce soir et nous débarrasser une fois pour toute de cette secte malfaisante par la même occasion. Malgré cela, si vous voulez lui parler, vous pouvez entrer. »

Perplexe, l’agente pénétra donc dans la vaste pièce, sa compagne et son adorateur à ses côtés. Au bout de quatre lits dépassés, celui-ci pointa finalement le concerné qui, comme l’infirmière l’avait affirmé quelques instants plus tôt, était profondément endormi. Il s’agissait d’un homme relativement jeune aux cheveux coupés si courts qu’il semblait pratiquement chauve. C’était plus ou moins la mode à Inari.

« - Il semblerait qu’il soit en train de récupérer, peut-être vaut-il mieux passer plus ta-

Slap ! Slap ! Slap !

- Allez hop ! On se reveille ! J’ai une enquête à mener moi ! » asséna la blonde en même temps qu’elle martelait le visage du patient de claques dantesques, sous les regards stupéfaits de son interlocuteur et de son acolyte.

« - Mais… mais… cet homme est grièvement blessé et…

Slap ! Slap !

- Ne vous en faites pas, elle sait parfaitement ce qu’elle fait. Elizabeth ?

Blom !

- AAAIIIEUUUUHHH !!

- Ah voilà, les claques ça suffit pas, il faut toujours un bon coup de poing.

- Oh non vous l’avez encore plus amoché !

- Peut-être mais il est réveillé désormais.

- Ma tête… aaiie… Qui êtes-vous, que me voulez-vous ? »

La main posée sur le crâne, probablement frappé d’une magnifique bosse à présent, l’infirme présentait désormais des joues rougies sous les bandelettes qui lui faisaient le tour de la tête. Il n’avait vraisemblablement pas l’air de savoir où il se trouvait, d’ailleurs.

« - Je suis Elizabeth Butterfly et voici Ambroise Carmin, nous sommes des enquêteurs venus pour essayer de comprendre ce qui vous est arrivé. Accepteriez-vous de nous livrer votre témoignage. Tout votre témoignage, j’entends. »

Et pour ce faire, le Commandant Baresta devait partir.


Dernière édition par Annabella Sweetsong le Lun 18 Sep 2017 - 17:09, édité 1 fois
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Lun 18 Sep 2017 - 17:05

Les informations de Teddy Useless se sont montrées utiles : en passant devant le Temple de la Floraison, j'ai tourné du côté du jardin botanique, zone consacrée au fleurs jaunes, j'ai continué sur l'Avenue du Grand Manitou et franchi l'Impasse de l'Astre Vivant en passant par un conduit souterrain. Ce conduit est caché sous un caisson creux, entre deux vases de pierre blanche.

   L'intérieur est sombre, sent la vieille et est tellement humide que chacun de mes pas produit un "Scrouich !" assez dérangeant. Pas très discret en plus de ça. Mais j'avance tout de même à tâtons, à la recherche de la moindre source de lumière. J'entends différents bruits en plus de mes chaussures : un écoulement d'eau au loin, laissant deviner la présence d'un réseau d'égouts ; le couinement des rongeurs ainsi que le grattement incessant de leurs pattes dans la roche ; les quelques conversations animées de la populace au dessus de ma tête.
    C'est en partie à cause de ça que je manque de me faire repérer.

    Sur ma droite, dans un virage, une lueur vacillante se rapproche et je recule rapidement pour rester hors de vue, derrière un coin de mur dégueulasse. Je retiens mon souffle un instant, juste le temps que la lueur se rapproche et que le chuchotement de deux individus se fassent entendre.
   Je dégaine Argument, mon bâton, et attend.

- T'es sûr que c'est une bonne idée de faire ça ?
- Quoi donc ?
- Bah : d'après "le Guide", les astres lui auraient montré le visage de la prochaine personne...

    "La prochaine" hein... Je ne dis rien, tandis que le crépitement d'une torche vient s'ajouter aux sons du décor. Eux ne sont plus qu'à trois mètres de ma position.

- C'est quand même pas n'importe qui cette fois !
- Tu t'en fais trop. "Le Guide" sait ce qu'il fait, et nous devons faire ce qu'il dit.
- Oui mais...
- Mais si j'décidais d'mettre mon grain d'sel ?

    Aussitôt la torche en vue, je fais un pas sur le côté et assène un coup sur le crâne du premier des marcheurs. Lui n'aura vu qu'un éclair argenté avant de s'écrouler, sonné. Le deuxième, encapuchonné, sort  aussitôt une dague et tente de me la planter dans le ventre. Je recule et agite à nouveau mon arme. Il esquive. J'enchaîne sur sa droite, puis sa gauche. Il évite sans trop de peine. Plutôt agile ce con. Mais les hommes de la Cabale étant des assassins, je ne m'en étonne guère. Il réplique avec une vivacité assez déconcertante, m'obligeant à reculer de nouveau. Je tente une contre-attaque et... Il esquive encore. Une veine sur ma temps apparaît et ma paupière tressaute une fois.
   J'attends qu'il revienne à la charge pour lui balancer mon pied dans l'estomac. Pris au dépourvu cette fois, il se retrouve plié en deux. J'en profite pour le désarmer et le plaquer contre la paroi rocheuse, l'étranglant d'une seule main.

- Qui t'a permis d'esquiver ?

   Je sers de plus en plus, jusqu'à ce que de la bave sorte de sa bouche et que ses mains crispées perdent de leur force. Je presse encore davantage et le lâche à la suite d'un craquement sonore. Il ne bouge plus. Je crache sur son cadavre.
   L'autre est toujours à terre et tente de se ressaisir. Je ne lui en laisse pas le temps, le ramassant par les cheveux et jetant son arme au passage. La torche, tombée dans une flaque, n'éclaire plus le tunnel et nos deux visages se croisent dans la pénombre. Neutre, je lui demande :

- T'es de la Cabale hein... Pas la peine de mentir, j'sais de source sûre que ce passage vous appartient.
- O-oui. Qu'est-ce que v-vous voulez ?
- J'veux qu'tu m'dises ce que tu sais sur les gens qui s'font défoncer au dessus ces temps-ci. Ils ont l'air de subir une sorte d'bizutage. D'rituel même... C'est quoi ? Parle.
- Je... J'en sais rien.

   Je lui colle une gifle qui lui arrache un hoquet de surprise et de douleur :

- Te fiche pas d'moi et dis-moi c'que j'veux savoir.
- Je vous jure, je n'en sais rien !

    Deuxième gifle.

- Tout à l'heure, vous parliez d'un guide, et d'une personne à "visiter" si j'puis dire.
- C'est "le Guide", notre maître... Il lit les astres et désigne qui doit mourir. Nous ne sommes que des instruments du dest...
- Mon cul ! Personnellement, j'ai pas besoin d'être un oracle pour savoir c'qu'il va t'arriver si tu m'dis pas de suite c'que j'attend.
- C'est la vérité ! Nous tuons ceux qui doivent l'être. Et le prêtre Auréo Lais a atteint son heure.
- ... Pardon ?
- Oui je sais, c'est un nom de merde... Mais c'est vraiment comme ça qu'il s'app...
- Nan, pas ça : c'que t'a dit, avant et après ?
- Nous tuons ceux qui doivent l'être. C'est son heure...
- ...

   Ils ne font que tuer. Et ce type a l'air sincère : un mec suffisamment dérangé pour se croire être l'élu des astres et garant de la vie et de la mort d'autrui ne dirait pas clairement se sentir obligé de tuer sans le penser. Pas à mon sens.
   Je commence à douter de cette piste tout à coup... Malheureusement je n'en sais pas assez pour me faire un avis. Surtout que si j'apprends que la Cabale n'y est pour rien, je devrais tout reprendre depuis le début. Ou pire : me rabattre sur les informations recueillies par Butterfly et l'autre enquiquineuse... Et elles ne manqueront pas de me le faire remarquer.

   Vexé dans mon orgueil, je toise l'assassin sectaire et une idée me vient :

- Il est où votre guide, là ?
- Pourquoi faire ?
- Lui parler.
- Il ne voudra jamais...
- T'penses que ton heure est venue, toi ? Parce qu'on peut y remédier hein...
- ... Il est plus loin, au bout du couloir. Il y a une porte en fer gardée. Demandez-le et peut-être que...
- C'est gentil merci.

    Je prends mon couteau et lui tranche la gorge. Je le regarde alors se tenir le cou de ses deux mains, les yeux remplis de peur et d'incompréhension, le sourire aux lèvres...
    Le destin est bien cruel parfois.

    J'avance dans le couloir sombre jusqu'à atteindre la fameuse porte, laquelle est faiblement éclairée par ce qui ressemble à des champignons fluorescents. J'inspecte la chose mais ne vois aucune poignée. Fermée depuis l'intérieur. Une trappe s'ouvre à hauteur d'yeux et un visage cagoulé apparaît :

- Le mot de passe ?
- M'emmerde pas avec ces conneries et amène-moi à ton patron, faut qu'on cause...

    D'abord intrigué, le gardien finit par refermer la trappe et j'entends des verrous crisser. Au bout de quelques secondes, deux hommes m'ouvrent la porte, dague en main et me font signe de les suivre. Ce que je fais. Je ne m'attendais tout de même pas à ce que ma tentative fonctionne du premier coup...

- Vous avez même pas rechignés... Z'avez l'habitude de ce genre de visites ?
- Pas par cet endroit, mais il nous arrive de recevoir des "poussières" dans le besoin, en effet.
- Des poussières ?
- Oui. Nous ne sommes tous que poussière en ce monde. Nous l'étions et nous le redeviendrons. Nous restons là jusqu'à ce qu'une force supérieure nous contraigne à faire partie du désert infini qu'est la mort.
- Putain d'conneries...

    Ils sont sacrément perchés. Tu m'étonnes que personne ici ne tolère leurs croyances ! Pour moi, la mort n'est rien d'autre qu'un état dont je peux estimer la nécessité, selon la personne. Je n'ai pas besoin qu'une force supérieure de mes deux vienne me dire qui tuer et qui garder en vie. Je tue parce que j'en ai envie, parce que j'y vois une raison, parce que j'en éprouve le besoin pour me sentir plus fort. C'est tout.

    Les deux hommes me font rentrer dans une pièce étroite, munie d'une table et de deux chaises. Sur le bois repose une lampe à huile, allumée. Les murs sont taillés à même la roche mais ne suintent pas comme à l'extérieur... Nous devons nous trouver plus au centre de l'île, là où les égouts et les quelques bras de mer ne se rejoignent pas. Je m'approche d'une des chaises.
    A peine le temps de m'installer que je sens quelque chose de pointu et froid me caresser la carotide.

- Bonjour à toi, petite poussière...

    Je frémis.
    La voix provient d'un homme de grande taille. Une voix est grave et monotone, si bien qu'elle en paraît froide. Lui n'a aucune odeur, malgré le cuir de sa veste et son rasage impeccable. Ses yeux, mi-clos, sont noirs et perçants. Et il est là, à quelques centimètres de mon visage, à me tenir un couteau sous le nez sans même chercher à me menacer le moins du monde. Je ne l'ai pas entendu rentrer, ni s'approcher et, pourtant, je peux ressentir l'aura meurtrière qui émane de sa personne à cet instant.
    C'est la première fois, de mémoire d'homme, que j'ai peur. Et ce sentiment ne me plaît pas du tout. Le stress, l'inconfort et la sensation de faiblesse qui en découlent sont des états que je ne comprend pas et qui s'en prennent à mon ego hors norme.
    Seulement voilà, comme je viens de le dire, il est hors norme. Et très vite ma fierté reprend le dessus :

- J'ai entendu dire que tu désirais me voir.
- En effet. J'ai des questions à t'poser si ça t'ennuie pas. A moins que toi t'en aies pour moi...
- Mmh... Pas vraiment. Je sais déjà tout ce qu'il y a à savoir.

    Je prends un air étonné, ce qui le fait sourire :

- Allons, tu ne pensais tout de même pas qu'il était aussi simple de venir jusqu'ici ? Je t'y ai aidé, voilà tout. Comme ce bon vieux Teddy...
- Comment ça ?
- Un ancien membre de la Cabale et un enquêteur. Vous pensiez réellement que vous pourriez vous déplacer librement sur Inari sans que je ne vous surveille ? Avec ce qu'il se passe en ce moment, vraiment, ce serait me sous-estimer.
- ... Que se passe-t-il donc ici ?

    Celui qu'on appelle "le Guide" me fixe intensément, au point de réussir à me mettre mal à l'aise. Son visage paraît amical, mes ses yeux disent bien d'autres choses :

- Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous raconter, tous les deux.


Dernière édition par Dorian Silverbreath le Jeu 21 Sep 2017 - 22:07, édité 1 fois
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Hier à 2:18

« - Vous êtes en retard. »

De toutes les phrases qu’Anna aurait pu dire à l’arrivant qui semblait avoir passé une journée plus qu’éprouvante, c’était celle-ci qu’elle avait choisi. Son caractère n’était pas particulièrement au beau fixe, maintenant qu’elle avait appris que cette petite enquête de routine s’était transformée en course contre la montre. Un sujet qu’elle ne tarderait pas à évoquer à son interlocuteur, qui s’appliquait déjà à prendre place et… parcourir le menu.

Oui, c’était un restaurant. Et oui, l’agente n’avait pas attendu son invité pour se faire servir le dîner, qu’elle venait à peine d’entamer. Elle ne s’étonna donc pas de le voir commander, avec une vitesse déconcertante, toutes sortes de mets qu’il ne payerait probablement pas. Elle mit donc les points sur les i dès le début du repas :

« - Si vous comptez partir sans payer, attendez au moins que j’aie réglé ma note et que nous soyons dehors à vous attendre. »

Assise près d’Anna, Angelica contemplait la scène ponctuellement, lorsqu’elle n’avait pas les yeux plongés dans un bouquin traitant des rites sacrificiels de certaines sectes, avec des illustrations particulièrement… imagées. C’était même étonnant qu’elle trouvât de l’appétit. Dans un silence tout aussi marquait, le dénommé Billy siégeait sur la dernière chaise de la table pour quatre et ne cessait de darder des regards tous azimuts, concrètement en état d’alerte.

« - Vous êtes sûrs que nous sommes à l’abri ici ?

- T’occupes Billy, si jamais quelqu’un vient nous chercher des poux je saurai réagir ; je ne suis pas une pauvre créature sans défense.

- Moi c’est Teddy…»

Et ce malgré l’apparence de poupée que pouvait évoquer l’enquêtrice, qui n’échouait jamais à surprendre ses ennemis. Et les surprendre d’autant plus que sa force colossale n’était qu’une infime partie de l’étendue de ses pouvoirs.

Avec du recul, Anna se félicitait d’avoir demandé une carte des repas dans ce qui se présentait à la base comme un Café, mais constituait un mauvais choix de point de rendez-vous suite à la journée qu’ils avaient passée tous les quatre. Non, c’était définitivement d’un bon repas dont ils avaient besoin, car la tête de Silverbreath ne se redressa hors de son assiette qu’au bout d’un long moment de bruits de succion et d’aspiration frénétique. Ces spaghettis devaient être drôlement bons. Ou alors c’était juste un gros porc sans aucune tenue à table, hypothèse plus probable.

« - C’est bon, vous avez fini ? Très bien, j’ai eu les avoeux de la victime de tout à l’heure. Cela a été dur de convaincre le commandant de nous laisser en tête à tête mais… eh bien j’ai eu de la chance qu’il m’ait à la bonne sur ce coup-là. »

Elle se souvenait encore de ces deux douzaines d’autographes qu’elle avait dû signer pour le gaillard et, selon lui, certains de ses hommes. Un mal nécessaire qui s’était révélé très productif.

« - J’ai eu un nom. Par chance, sur les quatre mecs qui ont tabassé notre petit Francis, c’est son nom, il en a reconnu un. Un type de la cabale, il en est certain, un certain Frederic Grantz. Mais ce qui est étrange, c’est que les autres, soit il n’a pas reconnu leurs visages, soit ils étaient masqués… Et je n’ai jamais vu de secte qui ne lave pas son linge sale en famille. Donc mon intuition me dit que la Cabale, même si elle semble directement reliée à tout cela, n’est qu’une façade que quelqu’un utilise pour brutaliser ces pauvres gens. »

Ca y était, le pavé venait d’être lancé dans la marre. Mais malheureusement ce n’était pas tout. A cet effet, Angelica releva le nez du livre dans lequel elle s’était plongée : elle non plus n’avait pas saisi toutes les parties croustillantes de l’affaire et Anna lui en avait précieusement gardé pour le dessert. Avec ses révélations, elle avait captivé l’audience qui la dévisageait à présent. Billy affichait une expression d’incrédulité, ou de stupidité au choix. Mais Dorian, lui, avait une sorte de lueur dans l’œil qui fit comprendre à l’enquêtrice qu’ils en étaient venus au même stade. Et elle mourrait d’envie de savoir ce qu’il pouvait bien lui annoncer, ce que son investigation lui avait apporté.

« - D’autre part, là où ça se corse, c’est que notre petit Francis a tout de même balancé les positions du QG de la Cabale au Commandant Barista, en espérant se venger de cette trahison. annonça l’albinos tout en saisissant, du bout de sa fourchette,  quelques haricots et un morceau de carotte qu’elle enfourna prestement avant de poursuivre : L’attaque est programmée pour demain soir, à la nuit tombée. Donc si nous n’intervenons pas avant et ne trouvons pas les responsables et leurs motifs, il est possible qu’ils nous filent entre les doigts à tout jamais.

- Donc nous avons un peu moins de vingt-quatre heures devant nous pour résoudre l’affaire, c’est cela ?

- Tout juste, ma formidable rate de bibliothèque. » ironisa finalement l’agente tout en sauçant son assiette avec un morceau de pain  et en se rinçant le gosier avec un verre de vin aussi insipide que granuleux. Une horreur, mais elle avait connu pire et avait bien besoin d’une bonne ration d’alcool pour se préparer à ce qui allait leur tomber dessus.

Reposant finalement son verre, elle conclut ainsi :

« - Je crois qu’une nuit blanche s’impose, mais j’ai connu d’autres challenges. La situation n’est pas aussi critique qu’on pourrait le penser, nous avons déjà la piste de ce fameux Frederic… et puis il y a les informations que vous détenez, n’est-ce pas, Silverbreath ? Je vous écoute…

Elle ne savait dire si c’était à cause des deux bouteilles de vin qu’elle avait descendu à elle seule, mais elle jugea le moment opportun pour sourire. Sourire comme il lui arrivait rarement, sauf lorsqu’une enquête devenait cruellement intéressante. L’ennui était derrière désormais et ça l’excitait incroyablement, alors même que Dorian se préparait à ouvrir la bouche.

Il pouvait à présent la décevoir, ce qui lui coûterait très cher, ou prolonger son extase de prédatrice avide d’une certaine forme de justice qui lui était propre. Car au fond, beaucoup avaient oublié, y compris elle-même, qu’elle possédait encore cet éclat de folie qui n’apparaissait que dans ce genre de situations.

Et deux corps pouvaient très vite se retrouver à flotter, inanimés, à la surface de l’océan, loin d’ici.
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