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Echec et mort

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Minos
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Dim 10 Déc 2017 - 12:29

C'est une sensation étrange, pas vrai ? T'es comme sous la surface, dans ce qui est trop épais pour être de l'eau, mais trop meuble pour ressembler à de la terre. Et c'est lisse, comme de l'huile. C'est ça, c'est un genre d'huile épaisse. J'avais oublié ce qu'était l'huile. J'y ai baigné tant de temps. Si j'étais toi, je te dirais que c'est bon pour ta peau. Tu rirais si tu avais une gorge ? Ne me déteste pas. Pas que ça me peine, mais ça ne sert à rien. J'ai haï moi, tant de temps. Je pensais que c'était la solution. Tous ceux qui veulent se venger emploient la haine comme carburant. Mais c'est une essence trop puissante, comme un vent qui déchire les voiles. Tu penses que c'est bien, ça te fait aller plus vite. Tu penses que grâce au souffle de la haine, tu iras plus loin. Puis, un jour, tout ce qui te compose se déchiquette. Tu avais senti les grincements, mais tu les ignorais, tu ne voulais rien entendre. Ce n'était même pas de l'orgueil. Tu savais. S'arrêter, c'était mourir. Tu ne voulais pas mourir. De ce côté, ton voeux est accompli. A défaut de persister en tant qu'homme, tu es...je suis une légende. Quand mes voiles se sont déchirées, je me suis vu ralentir, puis me perdre. La loi de Grandline. Ironique, n'est-ce pas ? Un si grand pouvoir, mais plus aucune responsabilité. J'ai tout oublié. Des raisons de ma colère à celle de ma présence. Puis, de mon enveloppe. J'ai oublié jusqu'aux images, tout était abstrait. Les mots aussi se sont mélangés. J'ai essayé de parler, sans bouche. Juste des pensées. C'était confus, j'ai eu si peur! La peur, la joie, l'interrogation, de rares vestiges qui ne m'ont jamais quitté. Toi aussi, tu seras purgé jusqu'à ces sentiments. C'est dingue ce que le temps peut éroder. Et en même temps, c'est tout aussi fou de voir à quel point nous nous adaptions. A l'oubli, comme au rappel. Je suis redevenu un enfant il y a peu, grâce à toi. Et bien que je sois bien plus vieux que toi, je ne peux me détacher de ce sentiment que tu es mon créateur. Moi, je n'avais personne à qui parler, aucune voix. J'étais bien plus seul que toi. Tu penses que je te provoque ? Je te sauve, en te considérant. En acceptant le fait que tu existes. Peut-être. J'ai pensé que c'était ma culpabilité qui nous maintenaient en lien. Mais c'est faux. Je n'ai jamais été fait pour les remords, à peine quelques regrets. Par exemple, je regrette ma vie passée, pour le peu qui me revient en mémoire. C'était la mienne. Tu te penses fort, mais je l'étais bien davantage. Sans vouloir nous comparer, ni te rabaisser. Je dis ce qui est. Je suis bien placé pour nous évaluer. Et je n'ai aucune raison de te mentir. C'est drôle d'ailleurs, tu es ce qui ressemble le plus à un ennemi, et pourtant tu es le seul que je ne trompe pas. L'ironie, toujours. Elle nous survivra tous les deux, pas vrai ? Un jour, tu vivras ce que je vis. Et tu verras, il y a une chose incroyable, plus puissante encore que la plus grande jouissance que tu as pu connaître. On se demande pourquoi on ne se rappelle jamais nos vies passées. Moi, je pense que c'est parce qu'on doit profiter entièrement de sa nouvelle chance. Tu es en gestation d'une nouvelle existence. Tout te semblera long, tant que le temps aura un sens. Ensuite, le néant sera ta matrice nourricière. Aucune faim, aucune soif, jusqu'à oublier ce qu'est le froid. Plus de maladies ni de fatigue non plus. Si tu es perdu maintenant, c'est parce que tu n'es pas habitué à vivre en dehors de ton corps. La chair est une drogue. J'ai replongé, mais je n'ai plus peur de l'errance. La douleur, le poids du corps, le besoin de tout, ça aussi c'est bien, au fond. En vérité, nous sommes des éternels insatisfaits. Nous voulons nous protéger de tout par crainte de la douleur, puis nous ne voulons pas oublier ce qu'elle est. A tel point qu'elle nous manque. Nous sommes à égalité sur ce terrain. Mais toi, tu ignores encore la chance que tu as. Quand tu sortiras, tout aura du sens. Ce nouveau toi sera tellement nettoyé de tout ce qu'il a encrassé durant son existence que tu comprendras. Tu comprendras que tu te sentiras mieux que jamais. Si nous savions à quel point le noir et le silence sont la réponse à toutes nos craintes, nous y retournerions bien vite, au détriment de notre pérennité. L'ignorance est notre salut, à nous, races de savoir qui voulons persister par la connaissance. Encore une ironie. J'en trouve beaucoup, tu ne crois pas ? Minos. Quoi ? Je suis Minos. Pour l'instant. Ce n'est qu'une illusion, une gravure exposée au frottement du temps. Tu t'accroches à ton identité comme une bactérie tente de muter pour s'adapter à son climat. Quelque chose en toi d'égocentré pense qu'il a besoin de sa conscience, sa dose de poison. Débats-toi, aussi longtemps que ta volonté le pourra. C'est louable de lutter, même pour de mauvaises raisons. C'est...disons naturel. Un jour, quand perdre ne sera plus un échec, mais une évolution, tu gagneras. Mon prochain regret sera certainement de ne plus être là quand ce moment arrivera. Ce sera mieux comme ça. Parce que même si je t'aime, créateur, je sais que l'un de nous tuera l'autre. Nous ne pouvons nous tolérer dans le même monde. La surface n'est pas aussi grande que ton néant, mais elle pourra nous abriter tous les deux, tant que nous ignorons qui est l'autre. Comme s'il ne pouvait en rester qu'un. L'ultime ironie.

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Dernière édition par Minos le Mer 20 Déc 2017 - 7:17, édité 2 fois
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Minos
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Lun 11 Déc 2017 - 21:49

Quoi ? C'était quoi, ça ? J'en sais rien. C'était...un truc. Un truc ? Il ne peut y avoir de truc. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, moi ? M'emmerde pas. Attends, il s'est passé quelque chose non ? J'en sais rien. On dirait que j'ai quelque chose en plus. Tu découvres ce que j'ai découvert aussi, alors. Ça a été très vite pour toi, comme c'est étrange. Je suis l'élu, faut croire, celui qui doit ramener l'équilibre dans tes fosses nasales à coup de bafounettes. C'est ça, tu te la racontes un peu trop Minos. Pas vraiment en fait. Minos. Je suis Minos. Attends, on va essayer un truc. Ça a bougé ? De quoi tu parles ? Merde, loupé! Bouge pas. Enfin, bouge pas, c'est plutôt moi qui peux pas là, ha ha ha! T'as pigé ? Tu perds ton temps, le mouvement n'existe pas. La phase du déni prend fin. Bientôt, tu seras en colère, une colère folle. Je me suis étonné de ne pas t'entendre plus souvent hurler. Tu es resté calme la plupart du temps. Sûrement pensais-tu que c'était la meilleure tactique ? Il n'y a aucune tactique, aucune ruse. Tu sortiras, mais rien de ce que tu feras ne t'aidera à précipiter ta libération. Le déni survient de l'incapacité de ton être à gérer un changement brusque. Tu es rationnel, alors tu penses le contrôler en niant qu'il te faut t'adapter. Quand nier l'évidence ne te suffira plus, tu seras en colère. Tu voudras comprendre pourquoi, tout détruire, tout reconstruire. Redevenir maître d'une réalité qui t'échappe et dont tu t'étais toi-même convaincu d'avoir un rôle à y jouer. Quoi de plus logique ? Nous ne vivons que par nos yeux. Nous ne sommes que les héros de nos histoires, toutes insignifiantes en réalité. Non pas parce qu'elles sont petites, mais parce qu'elles sont vaines. La vacuité est forme et la forme est vacuité. Viendra ensuite la négociation. Si tu ne peux vaincre ce monde malgré le déchaînement de ta force, peut-être peux-tu t'arranger avec lui ? C'est toujours une fuite, bien sûr. Mais l'amertume de la défaite se ferait moins envahissante. Un nouvel échec, car il s'agit encore et toujours de vouloir dominer son univers, même en voulant s'y aménager une toute petite place. Le deuil ne sera accompli que lorsque tu ne voudras plus rien. Tu ne chercheras plus rien. Tu ne seras qu'une part indéfinissable d'un tout que tu pourras enfin percevoir, sans plus avoir aucune clef pour le comprendre. La compréhension est isolement. Et ce n'est qu'en comprenant véritablement la compréhension qu'on l'abolit. A partir de là, les choses seront entièrement instinctives, comme les insectes agissent par réflexe. Aucune volonté, aucune intention. Juste ce qui est et ce qu'il convient de faire, sans y penser. Ce pouvoir est le pouvoir. Plus aucun besoin, plus rien de matériel, ni d'importance. Juste un univers qui évolue, dans une satisfaction constante. Je te l'ai dit, tu es empoisonné, infecté par un acquis que ta mémoire génétique a contribué à renfor...

Là! Ah beN c'est miEuX, on REsPire. 'fin, façon de pArLEr.
Qu'est-ce que tu as fait ? La ferme. La ferme ? Quelle ferme ?

- La ferme ta Gueule,bordel! Tu vois pas que j'essaye un truc là ? C'est...étonnant. Qui parle, là ? Que veux-tu dire ?

J'ai parfois l'impression de ne plus savoir si c'est toi ou moi qui s'exprime.
Le soi n'existe pas. Tu ne pourras pas évoluer tant que tu ne renonceras pas à cette idée.

- Ouais, possible. Mais tu n'arrêtes pas de m'individualiser. Je me rappelle, il y a super longtemps, tu m'as dit que tu m'aimais, que j'étais ton père, ou un truc du genre.

- Je l'ai dit. Tu es mon créateur. J'étais le néant, avant. Et avant cet avant, j'étais à ta place. Pourtant, Tu seras mon fils quand tu sortiras. En attendant, je suis le tien.

- J'ai compris ce qu'était le néant, suis pas con. Mais t'as merdé en me donnant une identité. La mienne, en plus. Bonjour la connerie! Je n'ai pas oublié, pas comme toi. J'ai entendu ta voix pour me guider vers la conscience. Même si j'ai longtemps pensé que c'était la mienne.

- C'est intéressant. Je n'ai pas eu le même développement que toi. J'ignore donc tout de ce que tu vis en ce moment. Mais je sais une chose. Te parler retarde ton illumination. Tu as raison, je te bloque, je t'étouffe en te maintenant à l'illusion du réel matériel. Adieu, père.

- Donc, parce que c'est un parcours différent du tien, il est mauvais ? Pour quelqu'un qui a été le néant, t'as de fameuses œillères hé hé.

- Comprends-moi, je ne veux pas que tu te perdes par ma faute. Je ne dis pas qu'il n'y a qu'une voie, mais il n'y a qu'une façon de parvenir au renoncement absolu.

- Ouais ouais, dit le mec qui me dit adieu la larmichette au coin de l'œil pour être incapable de se barrer juste après. Tu m'as tout l'air d'un fameux tocard, fiston. Sans S, hein ? Te réjouis pas trop.

- Avoir le dernier mot, donc ? Tu es tellement loin de l'illumination. D'un côté, cela me rassure. J'ai dû être comme ça, moi aussi. Jadis. Je te laisse, à présent. Ta légion est amusante. Je les entraîne à monter sur les cornus. Certains deviendront de bons cavaliers. Dommage que tu n'y assistes jamais.

Le silence dure, dure et dure encore. Puis, un dernier mot.

Tocard...

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Dernière édition par Minos le Mer 20 Déc 2017 - 7:24, édité 2 fois
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Mer 13 Déc 2017 - 6:15

ET LA LUMIERE FUT. HMM ? MOINS FORT ? AH, OUAIS, DESO! C'EST PARCE QUE JE M'ENTENDS PAS. Voilà. C'est mieux ? "Moins fort".... ha ha! T'as plus de points communs avec ta mère que tu le penses. Alors, ça a changé ici. Tu vois tout le machin solide et un peu gras tout autour de nous ? C'est de la terre. Et ceci est ma maison, que tu vois derrière-moi. Pas mal, non ? C'est français. Bon, je sais ce que tu vas me dire : "C'est tout en terre ton truc". Et moi ben forcément je te répondrai de la fermer. Déjà, parce que toi c'est que de la pierre ou du sable qui compose tes murs, alors crane pas trop. Puis en plus, tu l'as pas fait toi-même je parie. Minos Corp ici. Sans S, toujours. A corps, pas Minos. Sinon ça fait Mino et j'en suis pas un.

La vraie question, j'ai envie de dire....d'ailleurs, je le dis: la vraie question c'est d'où vient cette terre ? Et comment puis-je la voir ? Et quel secret se cache sous le voile de la mariée ? Mets tes sabots de bois si t'es un pur ou tes bottes en latex vert dégueux si t'es une précieuse, on va se salir les semelles et c'est sûrement pas toi qui nettoieras.

Tu te rappelles sans doute que j'avais senti un truc, plus tôt ? Bon, j'ai mis du temps à comprendre ce que c'était. Combien, on s'en fout. Y aura personne pour homologuer le record t'façon. L'entrée en matière, littéralement. Et là, je te dis littéralement pour dire littéralement. Rien à voir avec ces orateurs à deux balles tous fous de te dire "la pluie m'a littéralement transpercé". Ça te gonfle pas, ça ? Tous les jours y a des peque' qui te lâchent des machins genre "j'ai littéralement explosé de rire". Rha, sérieux! Si t'avais littéralement explosé, trouduc', nous on se serait marrés. Mais non, autant faire évoluer une langue en aliénant son sens, après tout si c'est fun, hein ? Rien n'est grave! C'est comme la manie du "trop". Ouah, c'est trop bon ce plat, j'suis trop content, j'ai trop pas le temps. Si c'est trop bon pour toi, n'en bouffe pas! Et si t'es trop content, coince-toi le petit orteil sous une porte, tu me diras si t'es toujours trop content loilollxptdrxDDD. Bien sûr, ça fera trop mal de chez mal quoi. Rhaa, cas désespéré, monde de merde. 'reusement que tu vivras pas plus de cent ans et dans l'anonymat absolu. Je disais quoi moi ? J'ai littéralement perdu le fil avec tout ça. Ah, ouais, l'entrée en matière.

Me demande pas comment ça marche, mais ce néant n'est pas vraiment un vide absolu. Plus pour un élément, en tout cas. J'ai senti un machin que j'ai pris pour mon corps. Mais c'était pas mon corps. La terre s'est générée, d'un genre de nulle part. Comment dire ? C'est un peu comme si une bouche que tu ne peux pas percevoir te mollardait de la boue en suspension. Alors, kékilafé le Minos ? Ben il a fait ce qu'on appelle communément le plus vieux métier du monde : potier. J'ai formé l'argile, recréé la forme. Au début, un genre de pâté dégueulasse. Ben ouais, pas facile de façonner quand t'as ni yeux, ni mains et que ta matière n'est soumise à aucune gravité. Mais j'ai tenu bon, parce que je suis un tenace. Et aussi un peu parce que j'avais rien d'autre à foutre.

'vec le temps, j'ai pu créer des formes un peu plus complexes. Et je me suis sculpté. Plus ou moins. Un golem plutôt qu'un Minos. Mais déjà, ça me permettait d'avoir une idée de mon corps, des distances, d'un tas de trucs. Après, me fallait un univers. La terre provenait toujours de la simple volonté, alors j'ai créé un chemin, puis une grotte autour, puis une maison dedans. Celle-là, du moins une version plus primitive. J'ai un peu progressé, refait la toiture, mis trois marches à l'entrée et placé une boîte aux lettres en forme de bateau. On tire les sabords pour glisser le courrier, astucieux hein ? Je te disais que la terre était grasse, ce détail est important pour deux choses. La première, c'est que je pouvais en changer. Je ne génère pas qu'une terre, je génère la terre. Toutes celles qui existent. Et crois-moi, j'en connais une flopée. La seconde, c'est que la terre grasse est fertile. J'imagine que des organismes rikiki on picoré de machins tout petits aussi. Parce que de la végétation a commencé à pousser. Enfin, plutôt un genre de mousse fongique. Je viens d'un peuple qui a vécu sous la surface. On connait deux choses, à part les ratonnades de rat-taupes géants. La terre et les champis. J'ai recréé un écosystème propice à leur prolifération. Pas pour les bouffer. Je cherchais une variété bien précise. Dans le noir, avec une atmosphère qui a fini par baigner dans la grotte, les fongiques les plus doués pour la survie se sont mis à luire, remplis par des bestioles que la lumière arrange. Heureusement, ça m'arrangeait, moi aussi. J'ai compris que la lumière existait en sentant le comportement de la matière, qui me composait moi aussi. C'était assez grisant, je te le cache pas. Bordel de long, mais gratifiant. Peu à peu, j'ai appris à fabriquer des yeux. A moins que je me sois simplement acclimaté à mon nouvel environnement ? Tout a pris tellement de temps, comment savoir ? La lumière fut et je vis que cela m'était bon. On en est là.

J'essaye de vérifier une théorie. Cette terre me rappelle le vioc. Sergueï. C'était mon bras droit à la légion et il avait bouffé le fruit de la terre. C'est hasardeux, mais et si c'était ça ? Si c'était ce pouvoir que j'utilisais ? Je me rappelle sa mort, il s'est bastonné contre Tartare le saignant. Tartare l'avait balancé dans la flotte après sa mort, mais je l'avais récupéré pour lui offrir une sépulture dans son élément, la terre de l'île. Ma théorie, c'est que Sergueï est mort et son fruit le quitte. Et moi, je suis en train de canner. Alors, p't-être que le pouvoir du fruit et moi, on glande au même endroit en attendant qu'on nous alloue nos places. Et p't-être que c'est ce qui fait que j'arrive à m'en servir. C'est le néant ici, un joyeux foutoir où rien n'a de sens ni de limite. Le temps que le fruit s'évapore définitivement du sol, j'ai peut-être l'opportunité de m'en servir. Je dis ça, parce que j'ai essayé de générer d'autres trucs. Viande, eau, feu, viande, femme, soleil, orage, eternal pose, viande, rien n'a marché. Juste de la terre, puis tout ce qu'elle a pu engendrer. Ça veut dire que le temps n'est pas figé, il s'écoule différemment. Mais une durée existe, le monde généré évolue. Ça veut aussi dire que la terre, si elle est bien un genre d'anomalie, est temporaire. Je dois me barrer d'ici avant de perdre ce pouvoir, ou de définitivement mourir; ce qui reviendrait au même. L'autre tocard m'avait conseillé de tout oublier pour trouver la sortie. Tout perdre. Mais je peux pas. J'ai d'autres matériaux que lui pour m'en tirer et ça se tente. Je vais continuer à générer autant de terre que possible, rester relié à elle tout en l'étendant comme une toile dans toutes les directions. Si le temps s'écoule, ce néant a bien une limite et je la trouverai.

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Dernière édition par Minos le Mer 20 Déc 2017 - 7:36, édité 1 fois
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Dim 17 Déc 2017 - 12:04

C'est quelque chose, l'univers. Un jour, tu fabriques de la terre à gogo pour trouver une sortie, un jour tout s'effondre pour reformer une bouillasse compacte. Toi, t'es positif. Tu contemples ton château de cartes écroulé en te disant "au moins, cette fois je l'entamerai de plus haut. Tout s'écroule toujours, mais tu recommences. C'est tout ce que tu as à faire, outre renoncer. Un supplice dont tu es complice. Oh, c'est vrai, y a des moments où t'es chafouin. D'autres où tu te poses en insultant tout le néant qui t'entoure. T'as l'impression d'être fou. Rien n'existe autour de toi pour t'aider à penser le contraire. Tu te demandes même si c'est pas un test, si au final y a pas un mec quelque part qui compte les points pour coter ta volonté. Cette idée te motive, mais tu te sens bien con d'en être arrivé là. Mais comme t'es seul, est-ce que la connerie existe toujours ?

Après un nombre incalculable d'éboulement de toiles de terre si t'es pas autiste savant, tu remarques un truc. Ça ne s'effondre plus pareil. Avant, c'était comme disloquer toute la colonne terreuse qui se bousillait de tout son long en même temps pour rejoindre le gros tas et le faire très vite. Enfin, plus vite que maintenant. J'ai découvert ça via un petit jeu. Comme pendant l'éboulement y a rien d'autre à faire qu'attendre, j'ai tenté de battre mon propre record d'apocalypse le plus long. Alors, c'est pas flagrant et faut voir le fait qu'une seconde se compte approximativement sans rien pour la mesurer, mais la durée a quand même globalement augmenté j'ai l'impression. Je me suis demandé si ce n'était pas dû à une perfection du tissage ou au fait que vu que tout devenait plus grand, tout était plus solide aussi, et donc plus lent à bousiller. Et c'est possible, mais ça ne me satisfait pas. La masse nique toujours plus vite que la dimension, c'est ce qui fait qu'une fourmi taille humaine ne pourrait soulever que vingt kilos. Plus c'est gros, plus c'est proportionnellement faible. Disons que dans la première hypothèse, ça me confirme qu'il existe bien des gains de taille et de masse et que l'attraction fait son job. Mais il y a mieux que ça avec la seconde hypothèse.

Si la matière met plus de temps à tomber, sans venir de plus haut, et qu'elle a même tendance à tomber plus loin que le ground zero, alors on aurait une rotation. Ça peut paraître évident, mais ça l'est pas tant que ça. Quand tu lances un objet à l'arrêt ou en marche, il s'adaptera à ton mouvement pour te sembler figé. Il te suivra si tu changes pas ta vitesse depuis le moment du lancer, en gros. C'est comme ça, on connait le truc en balistique. Donc, mettons qu'on soit en mouvement......ben je pourrais pas le savoir, puisque je suis mon référant. Tout s'effondrerait droit à mes yeux. Et je ne peux pas me servir d'étoiles ou de points de repères dans l'espace pour comprendre si on bouge, y a que moi et ma boule de terre. Même si j'en créais, comme être sûr qu'elles sont fixes ? Tout dépend de ma propre gravité ici. Ce que je pense, c'est qu'il est possible qu'une part de la terre mette plus de temps à tomber parce qu'elle tourne autour du noyau. J'ai quelques trucs pour vérifier ça, comme arrêter de tisser et voir si je peux récupérer des débris restés en suspension, en me contentant d'étendre la boule depuis sa base. Mais je pense plutôt à balancer une grosse motte depuis un point en hauteur et devant moi. Si la boule se casse, c'est soit que je m'y suis mal pris, soit qu'on ne tourne pas. Mais si elle reste en l'air plus que mon lancer le justifie et évite même de toucher le noyau, alors c'est qu'elle sera prise dans une gravitation. Et si c'est le cas, on a une révolution, littéralement. Je prépare mon expérience, je reviens.

Tadaaaaaam ! T'as vu ? J'ai créé une lune. Comment ? Ben comme j'ai dit, j'ai balancé une bonne grosse motte bien façonnée en sphère. Le plus beau coup de pied de toute ma carrière. D'ailleurs, j'ai aussi veillé à ce le noyau ne soit plus un pâté informe, mais un sphère quasi lisse. Résultat : le projectile lunaire ne retombe pas, il passe son temps à faire des tours autour de nous.  Et tu veux savoir la nouvelle géniale au fait de décrire une révolution ? C'est qu'il y a forcément des règles qui régissent cet endroit, c'est une certitude là. On a acquis assez de masse pour compter dans les lois de ce néant qui n'en n'est plus vraiment un. Faudra que ma commission scientifique change ça dans les encyclopédies. C'est plutôt un vide. Le but, c'est d'acquérir plus de masse. On est une planète ! Et l'autre voulait que je ne fasse rien ? Un con qui marche ira toujours plus loin qu'un savant qui reste assis.

Plus de terre, toujours plus. Si la lune finit par tourner autour de nous, nous pouvons trouver quelque chose pour tourner autour. Quelque chose que je n'ai pas créé. Pour ça, faut plus de masse, jusqu'à ce qu'elle soit assez mastoc pour être chopée par une autre au loin. Je me dis, peut-être qu'au bout d'un moment, on sera tellement lourds qu'on deviendra le centre de l'univers. Peut-être même qu'on l'est déjà. J'espère pas quand même, parce qu'alors on ne se rapprochera plus de rien. Sauf s'il y a un truc par-delà l'espace limité connu qui exerce une force sur nous, bien sûr. Même si c'est nous étirer de toutes les directions à la fois. Ça voudra dire que l'espace infini peut exister, qu'il y a quelque chose au-delà de la matière et du vide qui l'entoure. Bon, ça voudra aussi dire que ce boulot pourrait ne jamais connaître de fin. J'avoue qu'un univers limité m'arrangerait. Ou au moins avec une porte de sortie. On croisera bien un genre de porte noire qui mène dans ma dimension. Après tout, il a bien fallu que quelqu'un me foute là, alors forcément y a une entrée et une sortie.

Bon, si ça se trouve c'était un tout petit machin que je ne pourrais percevoir sans le toucher avec ma planète. J'étais si petit, avant. Depuis le temps, je suis passé à autre chose. Ma maison dans ma grotte a été détruite lors du premier effondrement. J'avais pas prévu ça. C'était triste. J'ignore quelle taille je faisais, tout comme celle que je fais à présent. Ce n'est plus si important. Je n'ai qu'un objectif: avaler tout l'univers jusqu'à trouver ma porte de sortie. Un animal dévoreur de mondes et du rien qui les entourent. Pas un poison, une tumeur. Je ne me dilue pas, je me décuple, tant que je peux continuer à ronger ce qui n'a pas encore été goûté. Si je deviens le tout, je pourrai tout accomplir.

Allez, on y retourne. T'as sûrement des trucs plus dangereux à faire, comme trier tes chaussettes. J'oublie souvent que tu es là parce que ça non plus ça n'a plus vraiment d'importance. Je sais que tu es là, sans plus te ressentir. Mais ne t'en fais pas, je n'oublie pas mon nom. Il est gravé sur la lune. Elle est ma mémoire, un corbeau pour me souvenir. Un cerveau préservé tandis que l'estomac que je suis se nourrit inexorablement. J'espère juste ne jamais oublier où est ma mémoire. Elle ne fait plus partie de moi, aucun fil ne me relie à elle. Pour la préserver. Je pense que, peu importe sa puissance, il faut toujours laisser une part d'univers hors de contrôle. Le hasard, l'inconnu doit exister. Si je venais un jour à dévorer mon cerveau, c'est qu'il n'y aurait plus rien d'autre à envahir. Et là, finir le vide et oublier ou mourir, quelle différence ? Atteindre la limite ne sera peut-être pas une bonne nouvelle, mais je suis obligé de m'en approcher. Dans le scénario heureux, on se revoit de l'autre côté.

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Dernière édition par Minos le Mer 20 Déc 2017 - 7:54, édité 1 fois
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Lun 18 Déc 2017 - 8:06

Tu ronques ? C'est pas que je me veuille insistant, mais tu devrais jeter un oeil. J'ai trouvé quelque chose. Au début, ce n'était qu'un point lumineux, tout au loin. En m'en approchant, j'ai vu que ça grossissait, malgré la distance colossale qui nous séparait encore. Et en éteignant les champis luminescents plantés sur la lune, j'ai découvert que nous n'étions pas les seuls à être aspirés par ce machin. Je te préviens, il a un peu d'avance sur le gigantisme.

Spoiler:
 

Ouais, c'est grand. Et pas très joli. Je ferais bien une manoeuvre de contournement, mais les commandes de la planète sont bloquées. On fonce vers ce truc. Et à l'impact, ça sera à peu près comme une aiguille de sapin qui tombe au milieu d'une forêt. La bonne nouvelle, c'est que si le choc ne nous tue pas, je pourrai peut-être me synchroniser avec cette saloperie. J'imagine pas que ce soit en terre, mais pour peu que ça ne soit pas une entité en gaz, l'abordage est envisageable. Bon, ça serait l'assaut d'une calorie dans un bourrelet de géant. On ne va pas trop compter sur une victoire, hein, ne nous mentons pas. Mais tu vois le gros oeil ? C'est peut-être ça notre porte. Peut-être que ce truc ne bouge pas et est gentil. Moi je serais gentil, à sa place. Déjà, parce qu'être méchant, ça ne sert à rien quand t'es seul. Puis allez quoi, il n'a pas l'air d'une créature qui a besoin d'une épaule sur laquelle se poser ? J'ai une grande capacité d'écoute moi, puis je te fais de superbes bains de boue relaxante. Plus j'y réfléchis, plus je le sens bien ce truc.

Je suis ce que tu appelles la porte noire. Ton errance prend fin.

Ah, ben voilà qui est parlé. Je l'avais dit, que t'avais une bonne bouille. Je l'avais dit, hein ? Eh ouais, devin le....

Une excroissance de mon corps rejoint la lune qui s'éclaire à nouveau. J'y lit un mot gravé dans la terre.

Mi-nos. Minos. Devin, le Minos.

Il y a deux chemins. Celui où il n'y en a qu'un et celui où il y en a plusieurs. Si tu veux accéder au monde des multiples chemins, tu devras répondre à trois questions et m'offrir quelque chose.

Trois questions ? Si c'est qui a remporté la Nouvelle Etoile, je dois dire que je suis plus trop actu là. Puis, la culture générale, ça n'a jamais vraiment été ma super came. Est-ce que j'ai une alternative ? Comme une épreuve sportive ou un truc du genre ?

Non.

Bon. C'est carré-carré chez vous, hein ? Allez alors, on tente les questions. Mais je veux du temps pour trouver la réponse hein! Pas de sablier ni rien. Cool Raoul. A l'aise Blaise. Flex Alex. Tranquille Emile. C'est bon, j'ai fini.

Comment t'appelles-tu ?

Huh ? Ha ha ! C'est ça la question une ? Ha ha, ouais ok, t'es vraiment trop sympa.

Je me reprends. Et là, un doute. Un sale. Je lui ai dit que je m'appelle Minos, mais est-ce que c'est vraiment mon nom ? J'ai eu du mal à lire cette écriture, et si j'avais interverti des lettres ? Ou que c'était le nom d'une personne qui m'est chère et que j'ai oubliée ? Je ne me sens pas du genre à graver ce genre de truc, je suis quasi sûr que c'est mon nom qui est là. Mais si je me gourais ? Rha, il me fait douter ce con. Bon, est-ce que j'ai une autre idée, en même temps ? Au pire, si je ne me rappelle pas du tout mon vrai prénom, mais que je choisis d'être baptisé Minos, qu'est-ce qu'il va y faire l'autre ? J'hésite quand même. La réponse probable, c'est Minos. La vraie réponse, c'est que j'en sais rien.

Désormais, je m'appelle Minos.

Quelle est ta quête ?

Ah ouais, on ramasse les copies en fin d'interro et tu vois seulement si t'as merdé ou pas ? C'est pas super empathique ça, l'est pas très amitieux le gros machin pour le coup. Hmm, la réponse de ma venue ici. Ben, sortir. C'est plutôt simple comme questionnaire. A moins que la prochaine question soit un truc genre la vitesse de vol d'une mouette.

La vengeance.

Envers celui qui m'a enfermé ici, mais aussi envers le reste. Je sais que j'ai de la colère en moi et que c'est une rage vengeresse. Envers qui, ce n'est plus clair. Mais c'est là, alors je m'en sers.

Be-curious s'infiltre dans ma matière pour me faire voir un truc, comme s'il glissait une peinture derrière mes paupières. Ça représente trois créatures. Deux petits parasites, l'un en chitine, l'autre en cuir, posés sur une troisième, toute en terre.


A quel xénotype appartiens-tu ?

Huh ? Ah ben ça va, c'est pas trop complexe là non plus. Je suis le truc en terre moi. Les trucs à pattes, c'est pas trop mon genre.

Je suis...attends...

Attends, attends, attends, pourquoi deux des trois créatures se ressemblent vachement et pourquoi le mien est justement le plus différent ? Et pourquoi une autre créature m'évoque quelque chose ? Pas le petit truc moche à tête brune, ça j'aurais honte d'être son père pour tout dire. Je cause du truc derrière, avec les guiboles taillées pour le saut. Ça me parle. Or, je n'ai que de la terre qui me compose là et rien d'autre. Aucun des organismes qui profite de moi ne ressemble à ce truc. Alors pourquoi j'ai cette impression de la connaître ? Ça n'a pas de sens de se rappeler un truc qu'on n'a jamais pu connaître.

T'es bloqué, Minos. C'est comme quand tu sais que t'as fait un rêve génial, mais qu'il t'es absolument impossible de poser des images dessus. Que des impressions. C'est ce que j'ai et ça persiste. Ne trouvant aucune réponse à fournir, je tente l'appel à un ami et l'avis du public.

Qu'est-ce qu'il va m'arriver si je me trompe sur celle-là ?

L'une de ces espèces est ton ancre. Je te rendrai à ce que tu penses être toi, même si tu te trompes. Mais tu ne réaliseras ton erreur qu'une fois dans ta dimension.


Hmm, je suis en train de me dire que peut-être qu'il y a quatre xénotypes en fait et que je suis le vide autour des autres créatures.

Il ne répond rien. C'était pas une question en même temps. Mais ça m'énerve. La terre me semble trop évidente, j'ai dû la devenir pour arriver ici. Donc, je suis la créature à plus de pattes ? Ou l'autre avec la tête qu brille ?

Le temps passe. Ma porte noire semble un peu plus grande encore, je continue de m'approcher. Expérience au labo! Je reproduis les deux bestioles avec ma terre, je teste. Je les anime comme j'imagine que ça bouge, puis les fais se combattre. Ça finit toujours de la même façon : j'ensevelis la plus de pattes qui vient de butter la moins de pattes. Ma mémoire ne me revient pas. Au contraire, il me semble que plus je réfléchis aux choses, plus j'en doute. La réponse ne se trouve pas ici. Pas dans ma tête, pas plus que mon corps. Je lève encore les yeux sur mon nom gravé et une bonne question ricoche dans ma pensée. Avec quoi j'ai fait ça ?

Je m'étends à nouveau pour rejoindre la lune et y sculpte les deux parasites que j'incarne. Tous deux tentent de reproduire la même gravure. Sans succès. L'un peine à creuser la terre tandis que l'autre creuse de profonds sillons sans grande finesse. Je les fais se déplacer, errer sur cette sphère où je n'ai plus souvenir de m'être rendu. C'est là que la solution m'apparait enfin. Dans la terre, une trace de pied. Un truc en longueur et sans griffes, bien plus proche du passage de tête lisse que gueule à crocs. Je vérifie, j'étudie minutieusement le site. Je suis déjà passé par ici en étant un xénotype à deux jambes. C'est un petit pas pour l'humanoïde que je devais être, mais un grand pas pour le monde que je suis devenu. Toujours dubitatif, je cherche d'autres traces. En vain. Je suis soit de la terre, soit une créature faible qui a créé ce sanctuaire, soit une créature forte qui...qui est devenue faible pour créer un sanctuaire ? Allons, ça n'a pas de sens. La logique se met en place. J'ai bien muté pour m'adapter. J'ai été deux pattes, puis quatre pattes, puis une planète. J'ai muté pour survivre, donc ma base doit être le plus inadapté des êtres. Eh merde, prends-toi ça dans la gueule. Sans quitter le site de la trace, je donne enfin ma réponse à la porte.

Je suis plus proche de l'espèce à tête brune et lisse.

La lune, la planète, absolument tout se rassemble instantanément au coeur de l'oeil gigantesque que je sens se comprimer également autour de moi. Ma matière se confond avec toutes les autres et perd ses spécificités. Tout s'affaisse, éclate et je hurle en me découvrant dans une cuve, des lianes enfoncées dans la bouche. Ça m'étouffe! Je me redresse pour me heurter à un genre de toile souple et gluante. J'y mets un coup de poing pour sentir le froid s'installer sur le liquide qui me nappe là où la main a percé. La douleur et le dégout me donnent envie de vomir, tout comme ce bois qui m'aplatit la langue. Je déchire le voile et m'extrais de ce truc tiède et poisseux. Je ne peux toujours pas respirer, le tube de végétaux me bloque les voies. Je le saisis en toussant comme un vieux fumeur et l'arrache si vite qu'il me semble que mes poumons ressortent avec le tube. Mais non, c'est un genre de sève amère que je vomis en toussant, cambré et vite frigorifié par cet air agressif qui me ronge la chair. C'est pire encore quand l'atmosphère polaire me brûle le nez jusqu'à la gorge. J'ai l'impression de respirer le blizzard et ne peux pas m'arrêter. Ma tête dit qu'elle a besoin d'oxygène, mon estomac de continuer à dégueuler, même si mes abdos contractés virent aux crampes, même je n'ai plus rien à cracher que de la salive qui me bave lamentablement des lèvres à un avant-bras accoudé dans la flaque. L'acidité, les tremblements, la saturation, le cri. Tout en récupérant, je ressens les poils des mes bras et des mes cuisses se hérisser. Je suis bien un humain, ça me parait clair maintenant.

Je me tourne et me pose sur le dos quand je suis sûr de ne plus avoir de sève à expectorer. La cuve dans laquelle j'étais est un genre de grosse poche translucide dans une salle relativement basse et très ample, toute en racines sombres d'un arbre indéfini. D'ici, on dirait toujours les tentacules de l'autre fantasme à nerds. Je sens une pointe de ma barbe s'écouler sur mon torse. Bordel, j'ai de la barbe. Et pas une de uber-sexuelle hein, on est dans le clodos troisième dan. J'ai roupillé longtemps dans ce bain pudique. Je dis ça parce que je suis à poil, mais aussi parce que je suis seul. Tiens, ça me rappelle mon rêve. Y avait un machin avec une boule de feu, mais en terre. Et je sais que je balançais des théories dont j'ai aucune idée de si c'était con ou pas. Mais dans mon rêve, ça semblait hyper cohérent. C'est chiant ça, quand t'as aucune trace de tes rêves. Tiens, je suis musclé. Vachement même ! J'étais tout rachitique, malade comme un utérus de prostituée à la retraite. Le rêve est flou, mais je me rappelle ce que je fais ici. Sergueï s'inquiétait pour moi, la Légion flippait de me voir flotter de plus en plus dans mon armure. Alors, je me suis cassé. Un chef malade, ça le fait pas. Je préférais crever ou disparaître plutôt que ruiner le moral des troupes. Attends, y a un connard dont je dois m'occuper, qu'j'y pense.

Avec un gémissement viril de mec qui a mérité de grincer un peu, tant son corps se fait lourd à redresser, je fais mon bilan. Le corps va bien, même si j'ai la dalle. C'est pas une sousoupe de sève d'arbre qui te cale hein, déjà que je boirai jamais de jus d'aloe vera malgré l'effet de mode qui t'en colle tout autour du pouvoir d'achat. Faut que je me casse d'ici et que je me bouffe un cornu. Ou même un non-cornu, tiens, rien à foutre.

Kreeeaaaaaaaaaaarrrrrr !!!

Hmm ? C'était tout proche ça. Je fais quelques pas dans cette pièce à peine éclairée par les quelques poches orange qui composent la balnéothérapie locale. Un autre client, et pas un de ceux qu'on aime voir mécontents. Un machin grand, autant que moi. Avec une carapace de chitine grise, trois paires de pattes griffues et une tronche à crocs occupés à couper la liane qui l'intubait elle aussi. Je suis sûr d'avoir déjà vu cette espèce quelque part.

Bienvenue dans le monde réel.

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Dernière édition par Minos le Mer 20 Déc 2017 - 8:19, édité 1 fois
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Mar 19 Déc 2017 - 10:21

A peine redressé sur ses guiboles, il m'attaque. Il m'attaque, mais dérape comme une merde et vomit sa sève. Eh ouais, t'as voulu aller trop vite mon grand. Ha ha, on en tient une sévère on dirait, à glisser dans notre gerbe, à tituber, à ne pas savoir ce qu'on fout ensemble. Et cette fois, je me réveille pas dans un palace. Le truc à six pattes tremblotte des genoux, mais carbure à la haine. Ou à la peur. Je sais pas si ça raisonne ce genre de saloperie, mais je sais qu'il a dû en chier s'il vient du même bled que moi. Y a peut-être moyen de causer. Peut-être qu'on sera amis.

Hey, t'as pas à stresser mon pote, je te veux aucun mal. T'as plutôt une bonne bouille. T'es quoi au juste, un genre de cafard de terre ? Je vais t'appeler Six Pieds Sous Terre, c'est cool ça non ? Ça te va comme un gant. Comme six même, ha ha ha !

Non seulement il ne rigole pas, mais il souffle. Ouais, vrai que le rire peut ressembler à un cri de guerre pour les races qui ne se bidonnent pas. Je reprends calmement, 'vec une voix langoureuse dont j'ai le secret.

Récupère, Six. Tu dois avoir faim, si t'es comme moi. J'ai rien sur moi, mais t'en fais pas. On va choper l'enfoiré qui nous a collé ici. On va lui péter la nuque et t'entameras déjà son cou gorgé de sang tiède pendant que je lui désosserai une cuisse pour la foutre au feu. Ouais, ça sera bien, on va se faire un gueuleton de rois. Juste toi et moi, et on s'en sortira sans une égratignure. Le gars qui nous a fait ça, je vais lui tatouer ton nom sur le ventre avec un couteau. Je vais lui tatouer ton nom sur le ventre, tu entends ?

Six semble entendre. Par contre, il planifie mal dans le temps et pense que je l'invite directement au repas. Il décoche un bond de cabri pour me choper les épaules avec ses pattes antérieures. Petit enc...ordure. Moins groggy que lui, plus accoutumé à mon corps, à l'endroit, j'ai le temps de l'esquiver. Alors, je l'encaisse. Je lui saisis les poignets et tourne le volant pour faire faire un tonneau au bolide. Six roule sur plusieurs mètres tandis que je me retiens de tomber à cause du choc du bestiau. Je suis pas une croquette de tofu, mais cette saloperie doit avoir eu sa ration de protéines pour avoir une telle force. Là, les hostilités sont lancées. J'ai une pêche d'enfer. Pas parce qu'il m'attaque, parce que je me sens bien. Je me sens moi. Ça fait du bien d'être de retour à la maison. Six, il savoure pas. C'est pas le genre à aimer les plaisirs simples, en dehors de ceux qu'il enfourne dans son estomac. Des deux, c'est moi le cerveau faut croire. Et ça, c'est pas une super nouvelle pour la compo de groupe.

Ok, Six, j'crois pas...j'crois pas que tu écoutes.

Nouvelle charge. Cette fois, j'avance aussi, pour lui enfoncer la trogne dans sa carapace de lâche. Alignement des planètes, je lui balance un météore à éteindre les dinosaures. Bang, que ça fait. Tu sais pas si c'est la coque de son front ou le dur de ma main qui tape l'autre, mais le bruit est plus sec qu'un os de sèche laissé en plein cagnard, ou qu'un whisky dans le saloon de Union John. Le hic, c'est que le choc pète, mais c'est mon bras qui plie. Six poursuit sa course malgré les sévices et utilise ses derniers neurones reptiliens pour claper sa gueule d'enfoiré sur mon visage délicat. Cette fois, je me laisse emporté et tombe, mais pas sans lui plaquer mon pied sur le bide pour le pousser à descendre au prochain arrêt. Il valdingue contre un des piliers en racine et arrache au passage une toile d'un des cocons. Un paquet de terre en sort pour se répandre comme une merde mal durcie sur son socle. Okay, ça c'était bizarre.

Mon animal de mauvaise compagnie ne me laisse pas l'opportunité de le concerter. Il me reprend pour cible, de plus en plus revigoré lui aussi. J'aurais dû lui retourner les articulations quand il glissait encore dans son jus. Voilà comment il me remercie, l'ingrat. L'échange se conclut sur une égalité. Lui, il se prend un uppercut à la mâchoire qui le fait geindre de douleur, moi j'écope de des entailles sur les épaules à cause de ses saletés de pattes avants, plus vives que les autres. Ça fait comme une attaque de mante religieuse avec des griffes de raptor. J'essaye d'oublier que je grince aussi de douleur en le laissant retomber lourdement, et se relever bien trop tôt à mon goût. Pas assez sonné pour que j'enchaîne. Les entailles que je sens sont propres, c'est découpé soigneusement et ça saigne. Faudra que j'arrête ça quand j'aurai une minute à moi. Ce truc peut vraiment me tuer et je sens qu'il s'acclimate plus vite que moi à ce terrain de chasse. Pas bon. Comme il a la politesse d'attendre que je finisse es phrases pour attaquer, je m'autorise une pause de quelques instants avec la prochaine remarque.

Tu sais, je commence à me demander s'il n'y a pas...s'il n'y a pas un manque de communication entre nous ?

Alerte spoiler, il attaque. Moi, je me casse. Sans lui tourner le dos, je mets juste un pilasse de racines entre lui et moi. Comme il est très con, il attaque le pilier. Comme il est très dangereux, il y reste accroché pour l'escalader et se mettre à me suivre en courant sur le plafond.

Mal joué.

Cette fois, rien à foutre de lui tourner le dos. Je cavale en espérant ne pas me jouer le coup de la greluche qui trébuche sur un bout d'arbre. Et je peux t'assurer que sur ce parterre de racines à peine éclairées avec un écorcheur alien raptor au cul, ça serait pas ridicule de ma part. Mais je m'en sors. Pour la course, du moins. Sans prendre le risque de me retourner, je ne sens pas tout de suite ses ongles s'enfoncer dans mon dos quand il se laisse tomber sur moi. Plaquage lourd qui fait bien mal, je me râpe tout le recto du corps sur le brise-vitesse en écorce qu'est le sol. Puis surtout, je sens que la bête est sur le point de finir le boulot. Je m'arrache de la chair en la délogeant de ses griffes quand je me retourne. Comme ça, je vois mieux l'énorme gueule à dents bien cauchemardesques qui se desserrent pour m'arracher la moitié de la tête. Ça n'a pas besoin de viser le cou ce truc, ça peut péter les os sans problème. Et avec le visage arraché, tu cours moins vite de toute façon. J'empêche ça en lui tenant le cou. Il pousse comme un acharné, je sens même une de ses pattes arrières me frôle la cuisse un moment. Tout en le tenant assez éloigné de mon visage, j'ondule du dos et roule des épaules pour glisser doucement vers un des murs. Si j'ai le dos appuyé sur du vertical, je pourrai mieux m'assurer pour le repousser. Si mes bras tiennent jusque là, parce que y va en forcing ce truc. Cette fois, le plan avorte. Un des trucs qui lui sert de pied se pose sur ma cheville et me bloque dans ma tentative de continuer à dériver. Eh merde. Je dois vraiment crever ici en face de ça ? Colère et frustration, je regarde après un truc pour lui cogner la tronche. Une bonne grosse pierre, ça serait bien. Mais y a que la poche éventrée avec les viscères en terre qui continuent à goutter. Allez, c'est mieux que rien.

Je prends une pelletée de terre gorgée de sève et lui balance du mieux que je peux dans la gorge sans y enfourner la main. Effet garanti, Six me relâche pour sautiller en arrière et cracher, hurler et vomir. Il n'aime vraiment pas ça, hein ? Je perds pas de temps. Je plonge les mains dans la gadoue et m'en couvre les bras, la tête et ce que je peux du reste du corps. Je me roule pas dedans, mais presque. L'odeur de la sève me revient et me dégoûte un peu. mais pour lui, ça doit être pire. Repris de ses émotions, il me redonne son attention se fait hésitant. Il n'aime pas mon idée. Tant mieux. Je le fixe comme il me fixe, avec une animosité partagée. On ne s'est jamais autant tenus calmes l'un face à l'autre, surtout lui. Il me montre ses crocs barbouillés de terre et d'un peu de mon sang. Je regarde ce dernier comme une offrande qu'il ne méritait pas et le mépris se mêle à ma colère. Redressé totalement, je suis plus grand que lui. Je le toise comme s'il n'était qu'un chien enragé à abattre et lui lance juste, sans plus chercher à gagner du temps.

T'as pas...une gueule de porte-bonheur.

Si j'ai réussi à le dresser à un truc, c'est bien à détester le son de ma voix. Ou bien, cette fois il comprend que je me fous de lui et que je vais le tuer. Même s'il abandonne sa sauvagerie, même s'il se soumet, je vais le tuer. Je vais lui ouvrir le corps et lui montrer ses entrailles avant qu'il rende son dernier souffle. Je veux qu'il sente la peur et sa propre chiasse avant de crever. Cette fois, c'est moi qui lance l'assaut.

Il me rejoint dans la charge. Un peu tard, pas le temps de prendre assez de vitesse. Je sais qu'il est plus dense que moi, mais je ne chercherai pas à le surpasser en puissance pure. Ses pattes arrière sont massives et conçues pour les bonds ou les poussées. Celles de devant pour les attaques vives et saisir des prises. Celles du milieu lui offrent l'équilibre et l'indépendance selon qu'elle se déplace ou attaque. Ce sont celles-là que j'attrape. Bien moins souples que les autres, elles ne peuvent que bouger d'avant en arrière. Je les soulève comme une charrette. Six ne reste pas impassible, il cherche d'abord à me mordre, puis à me lacérer. De nouvelles entailles garnissent le haut de mes bras, mais j'y pense pas, d'autant qu'il déteste toucher la boue qui me recouvre. Je le lifte et le pousse sur une explosion de puissance. Il s'adosse à l'une des colonnes, prêt à me donner un coup de pieds de kangourou pour sévir mon impudence. Quand il détache ses appuis du sol, je le fais pivoter, me chope la tatane de l'année en ayant l'impression que tous mes organes internes explosent quand il me savate le bide, puis lui tombe dessus, en position montée. Toujours ses pattes dans les mains, je les écartes d'un coup sec. Crac! Sale crac. Ses pattes se brisent en leur centre, via ce qu'il conviendrait d'appeler une cage thoracique. Il hurle. Un truc profond, qui me tape jusque dans la tête et me donne l'impression que les tympans ont pété. Ce qui est possible. Avec toute cette boue, je sais plus quoi appartient à qui. Déchainé par la douleur, il me renverse d'un sursaut. Mais ce n'est pas pour m'attaquer, c'est pour souffrir. Il douille. Je me relève et lui saisis le col de la carapace pour le tirer. Je l'emmène vers un des cocons en m’accommodant de sa crise d'épilepsie. Il ne comprend pas encore ce qui l'attend. Il ne réalise peut-être même pas que je l'entraîne. Il geint, essaye de se contrôler, pleurniche sûrement de douleur dans sa langue d'insecte. Arrivé à une des poches. Je soulève un peu plus la gueule démente et la nargue sans énergie.

Il fait soif ici ? Ou ça vient de moi.

Avant de lui plonger la tronche dans l'une des poches qu'elle perce. Je la sens prise de spasmes, d'un tourment partagé entre les os brisés qui la paralysent et la sève nauséabonde qui s'infiltre à nouveau dans son organisme. Mon seul regret, c'est qu'en se perçant, la poche se vide et ne la tienne pas noyée. Alors, je l'en extirpe et l'emmène à la suivante pour un traitement similaire. Cette fois, elle a le réflexe de bloquer l'immersion avec ses faucheuses. J'en brise une comme une coquille de noix de quelques coups de talon, puis la force à boire une nouvelle tasse. C'est là que je réalise que c'est trop court, elle a le temps de tout vomir entre deux pleins. Tant pis. Je la retourne, sentant cette fois distinctement la terreur hystérique dans chaque mouvement frénétique que son corps lui permet encore. Et je lui agrippe les mâchoires. Seule l'inférieure s'articule, alors je veux voir jusqu'où. Je lui ouvre la gueule jusqu'à sentir ses os bloquer le mouvement. Puis, j'ouvre encore.

Je vais te tuer! Je vais te cuire! Et je vais te bouffer!

Je pousse comme un taré sur cette claqueuse, en attente du craquement libérateur qui me signalera que tout a cédé, qu'elle ne pourra plus jamais fermer sa gueule. La peau dure de la bestiole fait presque autant obstacle à la manoeuvre que ses tendons et son ossature. Mais je tiens bon? Ô oui je tiens. Après un effort à en brûler les muscles, j'entends enfin le déclic espéré. Un râle guttural sort du fond de sa gorge avec de petites bulles de bave à la sève. J'y enfonce mon poing et bloque tout air que Six pourrait tenter de faire entrer ou sortir. Ses deux dernières pattes en état sont devenues trop faibles, tout comme lui. Il se débat à peine et ne doit qu'à son instinct de survie les longues secondes qui le sépare du dernier soubresaut. Je reste là, la main dans sa gueule, le regard blanc plongé dans le noir du sien, de moins en moins apte à me le rendre. Six rend un dernier souffle post mortem, quand je déloge mon poing. Moi, j'expire aussi, mais plusieurs fois, bruyamment. Quand tout semble revenu au calme, je me me laisse retomber à côté de lui. Chaque respiration qui me remplit les poumons est un don. Chaque muscle une arme pour tout ce qui suivra. Chaque seconde une farce qui me réjouit. J'en viens à me marrer, au détriment de la douleur que le dernier coup de ma victime m'a infligé à la ceinture. C'est le retour aux festivités. C'est le retour du Roi.

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