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Escale à Thor.

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Serpiente

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Jeu 4 Jan 2018 - 17:23

L’ennui n’était, en général, pas vraiment une compagne bien avisée. Elle avait pour vocation de pousser certains hommes à des gestes inconsidérés, futiles, parfois dangereux. Dans le cas de Joseph Snake, elle avait mis un certain temps à le travailler, à le remodeler. Au final, elle n’avait sans doute pas pu en faire ce qu’elle en avait espéré, n’arrivant pas à supplanter dans son esprit la place que la paranoïa avait acquis. Il faut dire que lorsque l’on se croit pourchassé, et qu’on n’en a pas l’habitude, on a tendance à faire les mauvais choix. A les enchaîne. En cascade. Sauf en étant très prudent, ce que le Serpent était. De ce fait, l’ennui n’avait que peu d’emprise sur le déserteur. Parfois, lors de certaines escales de son infinie fuite en avant, elle arrivait à le pousser à boire un verre dans certains bars peu recommandables. D’autres fois, elle le forçait à tendre l’oreille et écouter les rumeurs dans ces dits bars. Fâcheusement, ces racontars avaient tendance à l’ennuyer d’avantage. Qu’avait-il à faire des coucheries du boucher ou des manipulations du policier ? Peu, pour être honnête… Mais certaines fois, l’ennui arrivait à ses fins, et poussait l’ancien sous-officier à trahir sa couverture, ou presque, en le faisant boire plus que de raison, et en déliant sa langue. C’était lors de ce genre de soirées qu’il était le plus en danger.

« La Marine, tu dis ? » Marmonnait le faux-borgne, prostré sur un tabouret sale et branlant. « J’t’en donnerai moi d’la Marine. Un beau ramassis de. » Continua-t-il lentement avant de s’arrêter, voyant l’air médusé de son interlocuteur. Il s’agissait d’un pauvre garçon, qui devait tout juste être majeur, et qui l’avait hélé alors qu’il venait de s’assoir. Sur un tabouret sale et branlant donc. A une paillotte de plage. Oui, parce qu’on n’avait pas toujours le loisir de trouver des bars peu recommandables, n’est-ce pas ?

L’adolescent – car il était plus proche des farces et des gamineries que des combats sanglants sur l’océan – avait cru reconnaître en l’arme qu’il portait à la ceinture, un sabre de marin. Et forcément, il lui avait demandé s’il en avait fait partie. Suprême insulte que celle-ci aux oreilles de l’ancien Lieutenant-Colonel, mais à cet instant, les quelques litres d’alcool qu’il avait pu ingurgiter dans les autres paillottes n’avaient pas forcément fait entièrement effet. Car oui, vous vous doutez bien qu’il ne s’était pas contenté d’une chopine, comme un déserteur bien éduqué. Oh non. Il avait enchaîné les bouis-bouis, n’ayant pour seule compagne que cet ennui si motivant. Le Serpent réajusta son cache-œil factice et posa l’index sur son verre, le repoussant vers le barman tout en posant une piécette pour régler sa choppe. « J’crois qu’il faut qu’j’arrête là, mon vieux. » Prenant appui sur le bar, aussi sale et branlant que son tabouret, il s’éloigna de ce dernier, et décida qu’il était temps de prendre l’air.

Il était tout au plus dix-huit heures, et la nuit allait surement être longue. Poussant la porte typée saloon du rade, il marcha quelques pas, avant de manquer de s’étaler. Quelqu’un venait de le frapper dans le dos. Qui pouvait bien s’en prendre à un type ivre sans vergogne de la sorte ? Le Serpent se retourna, bien décidé à en découdre, et … personne. Il ne le saurait sans doute jamais, mais il s’agissait de la porte qui, poussée avec fureur, lui avait fracassé l’arrière-train, bien peu glorieusement. Maugréant, le Serpent, s’assit sur les marches du porche du bâtiment, et, posant son dos sur une colonne en bois, décida de regarder les passant. Peut-être que quelques minutes de répit pourraient calmer son mal de postérieur.

« J’aurais mieux fait de rester à bord. » Siffla-t-il en sortant une cigarette de sa poche. Il avait payé un passage en bateau avec quelques sous pour rejoindre Manshon. L’escale à Luvnel n’était pas vraiment prévue. Et s’il ne faisait pas un peu attention, elle risquait de devenir son terminus.
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Ethan R. Levi
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Ven 5 Jan 2018 - 12:16



Luvneel… C’est bien l’un des seuls lieux sur cette mer bleue où je ne voulais pas aller. J’y suis en tant qu’infiltré déjà, seulement accompagné de Daniel, c’est pour dire la connerie du truc. Ils n’ont rien trouvé d’autre à faire que d’envoyer un commodore faire ce genre de besognes pour enfant. Sous prétexte que je suis le plus qualifié, à proximité, pour réaliser cette tâche. Je peux vous assurer qu’un membre de l’amirauté aurait été davantage respecté et n’aurait pas été obligé de le faire. Vivement ma promotion.

On a voyagé sur un navire commercial, dans lequel on a heureusement rien eu à faire, et ce grâce à une importante somme lâchée pour être peinard. Daniel et moi, comme habituellement, sommes vêtus de nos costumes gris assez élégant et neutre à la fois. Notre couverture sera probablement de se faire passer pour des hommes d’affaire. On en a légèrement rien à foutre, donc bon. Là, on traine non loin du port où nous a laissé, comme deux abrutis qui fument leur cigare.

« - Est-ce qu’on irait pas se prendre une bonne mousse ? demandé-je avec un léger sourire.
- Aurais-tu dore et déjà oublié la mission ? rétorque-t-il en tournant doucement ses yeux vers moi.
- Honnêtement ? Je n’en ai strictement rien à foutre.
- Hum ?
- Je respecte toutes les règles, j’accomplis chaque mission que l’on me donne sans broncher… En guise de remerciement, on m’envoie dans un trou de merde, apparemment le plus grand royaume des mers blues et j’en ai rien à foutre. Personne pour surveiller ce que je fais. Mon rapport sera naturellement falsifié.
- Le voici maintenant en pleine crise d’adolescence. marmonne Daniel, fumant son cigare et pointant son regard vers le ciel.
- On n’a aucune chance d’obtenir des informations. La marine n’est pas la bienvenue ici, on doit trouver un moyen d’entrer dans la révolution, et rien que cette phrase prend énormément de temps. Daniel, franchement, c’est pas pour moi.
- Et que fait-on ?
- On se la coule douce et on retourne rejoindre les autres, on dira qu’on a absolument rien vu d’anormal. Soit la révo est absente, soit elle est extrêmement prudente, à tel point que nous n’ayons rien aperçu.
- Et tu penses avoir ta promotion avec ça ?
- On se tire sur Grand Line d’ici peu, alors bon. »

J’entends bien les doutes de Daniel, mais je suis sûr de ce que je fais sur ce coup. Le gouvernement n’a quasiment aucun pouvoir ici, ils m’envoient ici dans l’espoir de débusquer quelque chose, sauf qu’ils savent pertinemment que je ne trouverais probablement rien. L’amirale en chef elle-même, après sa récente discussion avec Salem, sait que je ne suis pas le genre à me faire avoir aussi facilement. Alors je passerais simplement du bon temps ici.

« Tiens, ce bar peu accueillant semble cacher un fort potentiel. dis-je en pointant du doigt cet établissement. »

Toujours aussi stoïque, Daniel me suit sans dire le moindre mot. J’aimerais qu’il me dise le fond de sa pensée plus souvent. Son cerveau, c’est une mine d’or. Il est certainement… Non. Il est bien plus performant que le mien. Il doit être aux alentours de dix-huit heures, l’heure où tous les ivrognes se donnent rendez-vous. Sur les marches menant aux portes de l’établissement, se tient un homme tranquillement assis.

« Bien le bonsoir, monsieur. d’une voix dynamique, le cigare à la main. Cette taverne offre-t-elle des bières d’exceptions ? C’est-à-dire que nous avons longtemps voyagé et que nous aimerions profiter. »

Le début de ma soirée dépend probablement de ce type.




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Serpiente

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Ven 5 Jan 2018 - 15:00

Posant l’arrière de sa tête sur la colonne en bois à laquelle il était adossé, le Serpent réfléchissait. Légèrement éméché – ou peut-être un peu plus, admettons – il scrutait le chemin en sable qui logeait la plage. Si cette dernière s’étendait à perte de vue, ou presque, le chemin lui, se perdait assez rapidement entre deux maisons. L’ancien marin ferma les yeux quelques secondes, et, alors qu’il manquait de peu de s’assoupir, fut tiré de sa torpeur éthylique par une voix. Ils étaient deux, et il ne les avait pas entendu arriver.

C’était d’ailleurs assez rare. En général, il avait tendance à vouloir tout contrôler, mais l’alcool l’avait déstabilisé. De fait, ces deux hommes d’affaires en apparence semblaient être sortis de nulle part. Ce n’était évidemment pas le cas. Le Serpent réalisait qu’il avait dû perdre la notion du temps et qu’il avait raté leur arrivée via le petit chemin. Un rapide coup d’œil à leurs chaussures suffit à confirmer cette théorie, puisqu’elles étaient recouvertes d’une légère couche de poussière. L’odeur du cigare vint à ses narines avant même qu’il ne s’attèle à répondre. En réaction, il sortit doucement de la poche interne de sa veste un paquet de cigarettes de mauvaise qualité, et s’en alluma une à l’aide d’une allumette, qu’il souffla et lança au loin.

« Des bières d’exception. » Se contenta-t-il de répéter, avant de tirer une longue latte de sa cigarette. « Non, pas vraiment. » Répondit-il, avant de lancer un coup d’œil au duo. Jusqu’alors il s’était contenté de fixer leurs chaussures. Quelque chose le gênait, mais il n’avait pas la moindre idée de quoi. Le jeune était … plutôt jeune. Selon l’analyse du déserteur, il ne devait pas arriver à la trentaine. S’il avait réussi dans les affaires, c’était soit un mec plutôt doué, soit un héritier. Dans tous les cas, il portait plutôt bien le costume. Joseph n’arrivait cependant pas à avoir une bonne vision du deuxième. Il était resté dans l’ombre d’un peuplier qui était proche du rade, et les derniers rayons de soleil n’étaient de toutes façons pas suffisants pour qu’il ne se fasse une claire idée de son fasciés. Il semblait plus âgé, cependant.

« Du moins rien qui ne puisse aller à deux … hum … » S’arrêta-t-il en cherchant ses mots. Ne trouvant pas une manière correcte de les dépeindre, il s’en passa tout simplement, retournant par la même occasion à la conversation.

« A moins que vous ne cherchiez à vous encanailler, je vous déconseille ce rade. C’est tout juste si leur whisky est buvable. Quant à la bière, vous devriez aller boire directement de la mer. » Ajouta-t-il en pointant cette dernière du doigt. « L’eau en a le même goût et me semble plus agréable au palais. » Si le ton était péremptoire c’était principalement parce que c’était son estomac qui s’exprimait. Ce dernier semblait tout au plus tolérer les litres du liquide ambré qu’il avait ingurgité ces dernières heures. « Par contre il me semble qu’il existe un boui-boui pas trop dégueulasse dans le coin. Où est-ce que c’était déjà ? »

La veille il avait pris un verre de gnole plutôt acceptable à un jet de pierre de là où ils se trouvaient. Mais il avait un peu de mal à se souvenir du lieu en question. Le symbole de la taverne était une pieuvre a trois yeux, dans ses souvenirs, mais le nom lui échappait autant que l’adresse exacte. Etait-ce dans la rue d’à côté ? Dans la suivante ?
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Ethan R. Levi
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Sam 6 Jan 2018 - 12:18



Des questions pourtant simples, ce type met un temps considérable à nous répondre. Et au-delà du fait qu’il soit peut-être légèrement alcoolisé, je pense plutôt qu’il nous analyse de la tête aux pieds. Nous ne sommes pas tombés sur le dernier des abrutis, j’en suis maintenant persuadé. Et comme inspiré par Daniel et moi, ce dernier allume un cigare qu’il fume - et que je n’aurais probablement jamais fumé - avant de nous répondre.

« Je comprends. T’es fauché et tu détruis le crâne, le cerveau et le foie dans un taudis où on te sert de la merde. dis-je en levant la tête, essayant de comprendre le nom illisible de la taverne. »

Alors que j’inhale sans le vouloir la fumée, l’odeur, qui s’échappe de son cigare, mes doutes se confirment concernant la qualité de celui-ci. Sans pour autant juger ou critique les moyens des uns et des autres, je réalise malgré tout que j’ai beaucoup de chance d’avoir les moyens que j’ai actuellement. J’ai au moins le mérite de boire et fumer des produits de qualité. Enfin. C’est pas tout, mais il me faut chercher une solution. Un passant, totalement banal passe naturellement devant nous, c’est alors que je le saisis par le col.

« - Pardonnez mes manières, je suis assez pressé. Pouvez-vous simplement m’indiquer la direction à prendre pour se rendre au bar proposant les meilleurs breuvages ?
- Euh !… dit-il étonné en s’apercevant de mon regard froid complètement contradictoire avec ma voix cordiale. B-Bien sûr ! Cinq-cent mètres plus loin, le long du port, vous tomberez sur un bar qui se nomme « Chupitos ». On y boit essentiellement des shots, car leurs prix sont avantages en plus d’être les meilleurs en terme de qualité. Mais si vous le souhaitez, ils servent également des verres tout à fait normaux et de biens meilleurs goûts que les autres.
- Le peuple vous remercie. rétorqué-je en lâchant son col. »

Je reviens vers Daniel et notre bel inconnu. Je leur fais signe, à tous les deux, de me suivre. Je pense que notre bel inconnu doit être surpris, mais étant donné son état, probablement une situation financière pas exceptionnelle, je préfère me dire que je suis un cadeau divin pour ce dernier. Autant se le dire, je suis là pour passer du bon temps un petit moment, puis je me tire de ce trou pourri. Un trou qui n’est autre que le plus grand royaume des blues.

Chupitos.

Je crois que nous y sommes. Et c’est lisible cette fois-ci. Nul besoin d’attendre davantage et regarder la porte de celle-ci pendant des heures. C’est d’ailleurs sans un mot que, Daniel et son physique relativement impressionnant, entre le premier en me doublant le plus naturellement possible, son fusil à la main. Par politesse, je fais signe à notre invité d’entrer également, pis je ferme la file.

L’ambiance est de suite plus festive, des types un peu plus chics et les âges varient totalement. Jeunes, travailleurs, retraités, femmes, mères, on a de tout. Ça picole à fond. Daniel est déjà installé au comptoir, une lignée de shots en face de lui, c’est alors qu’il nous invite à nous asseoir à côté de lui. Aussi vite qu’un gosse assoiffé, je m’installe sur le tabouret à côté, faisant signe à notre nouvel acolyte de nous rejoindre.

« Assieds-toi et prends-toi un shot, le premier d’une longue série. Et avant de trinquer, présente-toi, camarade ! dis-je le sourire aux lèvres, assez jovial.  »

Daniel me dévisage, toujours silencieusement. Je ne sais pas ce qu’il me prend. Probablement que je suis sous tension ces derniers et que le besoin de me lâcher s’impose.


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Serpiente

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Lun 8 Jan 2018 - 11:42

Lorsque que le plus jeune de ses deux interlocuteurs attrapa un passant par le col, le Serpent plissa les yeux, dubitatif. Pour un homme d’affaire, il avait des drôles de manières. Le deuxième gars, lui, ne semblait pas lui en tenir rigueur. De son attitude – et de sa carrure – l’ancien marin supposa qu’il devait jouer le rôle de gros bras, ou de garde du corps, malgré son impeccable costume. Il ne pouvait pas mettre sa main à couper, mais il se doutait qu’il y avait une sorte de relation hiérarchique entre les deux hères, le jeune payant sans doute le plus vieux pour être à ses ordres, ou quelque chose comme ça. Dans tous les cas, ce dernier n’esquissa pas le moindre geste lorsque le premier secoua un pauvre passant comme un prunier. C’était une manière peu orthodoxe d’obtenir des informations, mais ô combien efficace. Lui-même avait tendance à utiliser ce genre de méthodes lorsqu’il s’y sentait obligé. Même si, entre nous, il ne l’avait jamais employée pour trouver un rade. Mais il y avait un début à tout après tout !

Chupitos donc. Pour boire des shots. Serpiente était tiraillé. D’un côté, il n’avait pas la moindre envie de suivre ce duo, il ne les connaissait pas, et il n’aimait pas trop boire en groupe. D’un autre côté, il semblait bien qu’on venait de l’inviter. De plus, il était assez rare qu’avec ses moyens il ne puisse se permettre de boire autre chose que des tord-boyaux rendant à moitié aveugle. Ceci dit, s’il perdait la vue, son cache-œil pourrait avoir un semblant d’utilité… Haussant les épaules, et cédant – sans trop savoir pourquoi – à sa soif, il se leva lentement de son perron en bois. L’homme qui venait d’être interrogé lui, n’avait pas attendu pour déguerpir, ne s’attendant probablement pas à se faire interroger sans autre forme de procès. Grand bien lui fasse, ils avaient beau être à Luvneel, le monde restait dur et cruel pour les faibles. Il s’agissait là de l’une de ses réflexions hautement philosophiques qu’il lui arrivait d’avoir lorsqu’il dépassait les deux grammes d’alcool dans le sang.

Ils avaient marché à peine quelques mètres, en silence, que le quartier semblait s’être transformé. Les jardins et les grandes maisons avaient remplacé les vieilles bicoques qui entouraient la plage. Même les pavés de la route semblaient de meilleure facture. Joseph s’alluma une sèche, jetant l’allumette tout juste éteinte dans le caniveau, et inhala un bon souffle de fumée. Alors que le grand gaillard poussait la porte sous l’enseigne lumineuse qui annonçait à tous le nom du bar, le déserteur s’arrêta une seconde pour regarder la rue, presque déserte malgré l’heure peu avancée, puis il s’engouffra dans la taverne, s’asseyant à côté du jeune homme, sans un bruit.

Ce dernier lui proposait, comme si de rien n’était, un shot d’une couleur violacée des plus surprenante. De son œil valide, il fixa le verre, puis regarda l’homme. « Vous pouvez m’appeler Serpiente. Et vous êtes ? » Dans le tumulte du bar, il dut élever un peu la voix. Donner son vrai nom ne lui avait même pas traversé l’esprit. De toute façon, Joseph Snake était mort lors de son départ de la marine, et il ne comptait pas le ressusciter. Encore moins dans une ville et auprès de personnes qu’il ne connaissait ni d’Adam, ni d’Eve.

« Et vous êtes … ? » se permit-il de répondre, alors qu’il prenait un verre du bout des doigts et en regardait la couleur par transparence. Il était bien d’un violet improbable. Une expérience qui promettait. Et puis, il était prêt à toute éventualité, surtout si la situation dégénérait. Les combats de bar étaient l’une de ses spécialités, après tout, et tant qu’il avait son épée à sa ceinture, il ne risquait pas grand-chose. Ou du moins c’est ce que son esprit enivré lui murmurait à l’oreille, sans doute inutilement.
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Ethan R. Levi
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Sam 13 Jan 2018 - 18:05



Serpiente ? En voilà un drôle de nom. J’imagine que c’est un nom de scène ? À mon tour, j’avale l’un de ces petits verres d’une seule traite. C’est donc à notre tour de nous présenter. Nous sommes censés être en mission top-secrète, alors j’imagine que décliner mon identité n’est pas une bonne idée, d’autant plus que mon nom se répand. Pas seulement en tant que commodore de la marine, mais aussi en tant qu’héritier d’une richissime famille de pourris.

« François. François Vermillon. en regardant le dénommé Serpiente. »

Daniel se met alors à boire deux culs-sec, comme pour se retenir de rire. Il reste stoïque et ne laisse aucun signe s’échapper. François, c’était le nom d’un voisin avec lequel on jouait autrefois, tué au cours d’une mission, ou peut-être Jamal qui ne pouvait pas le blairer. Oui, Jamal, mon immonde frère jumeau. C’est probablement le pire criminel que je connaisse, et devinez pour qui il bosse… Le gouvernement.

Sur ces pensées, je me remets un cul-sec dans le gosier, qui réchauffe toutes mes cordes vocales. Je bosse pour des criminels pour arrêter d’autres criminels. Qui est le plus gros criminel dans l’histoire ? J’en sais foutrement rien. Je ne préfère pas trop y penser pour ne pas replonger dans mes songes obscurs. D’un regard, j’insiste sur la présentation de mon fidèle ami, qui ne s’est toujours pas présenté auprès de notre invité.

« Hem… lâche-t-il embarrassé. Michael-Ange. Seulement Michael-Ange. »

Alors que j’étais en train de boire, je me vois cracher tout ce que j’avais avalé. Merde. Je me retiens d’exploser. Des larmes s’échappent de mes yeux sans que je puisse contrôler quoique ce soit, les mains devant ma bouche pour empêcher un quelconque son de sortir. Le regard droit devant moi, je n’ose pas me tourner vers Serpiente, encore moins vers Daniel avec lequel je risque de pleurer de rire.

« Pardonnez-moi… C’est plus fort que moi. Mickey !… »

Et là, ça part. Je pleurs de rire. Je rigole comme un gros connard, sous les regards impuissants de mes deux compagnons. Allez, pour me faire oublier, je paye ma tournée. C’est alors qu’un type venu de nulle part, me tapote l’épaule pour me défier à un jeu de fléchettes. Paraît-il que ce dernier cherche un adversaire digne de sa personne. Il a défié bon nombre de personnes ici, mais aucun n’a su le faire suer.

C’est alors qu’une idée me vient.

« Serpiente ! Malgré ton handicap, je suis certain que tu disposes d’une vue exceptionnelle. Détruis-moi ce type à son jeu et je te paye une tournée de ce que tu veux. La soirée ne fait que commencer et j’ai de l’argent à foutre en l’air. »

Daniel, dos à la situation, reste silencieux et continue de boire accoudé au comptoir. Il ne souhaite pas prendre parti, il esquisse simplement un sourire, amusé par la situation. Il devrait arrêter la picole. Tel que je le connais, en continuant ainsi, il risque d’atteindre un degré d’alcoolémie élevé et regrettera probablement ses actes. Il n’était pas le roi de la bringue pour rien sur Saint-Uréa.

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Hier à 17:30

Le Serpent plissa son seul œil visible, et pinça un peu les lèvres. Depuis le début, il sentait que quelque chose clochait, mais son évidente ébriété et la cocasserie de la situation ne lui permettaient pas de mettre le doigt sur quoi. Que des hommes d’affaires se retrouvent à boire des verres avec un homme de classe basse passait encore, après tout, certains hurluberlus pleins d’argent avaient pour vocation d’améliorer le présent de leurs congénères. Qu’ils choisissent un bar un peu plus guindé, de surcroit, allait de pair avec cette hypothèse. Mais il n’y avait pas que cela.

Ces petits regards complices trahissaient une situation hors du commun, et bien plus que de boire des verres avec un inconnu, aussi borgne celui-ci fusse-t-il. Mais encore une fois, l’ambiance de fête et les verres qui se succédaient (et qui s’était déjà succédé) n’aidaient pas le déserteur à réfléchir. Oh non. Au contraire. Et lorsqu’il pensait tenir quelque chose, ses pensées s’enfumaient, autant à cause de l’alcool que de la discussion qui animait le trio. Allons bon, il n’avait qu’à plus y penser. Si c’était important, alors, il comprendrait. Sinon c’est que ça n’avait pas tant d’importance. Après tout, quelles étaient les chances que ces deux bonhommes soient derrière lui ? Ou pire, qu’ils soient de la marine ? Quasiment aucune !

La réaction du plus menu, lorsque le grand gaillard donna son nom, le sortit de sa torpeur, ceci dit. Déjà que le premier nom ne ressemblait à rien … « Seulement Mickey L’An.. » commençait à répondre le Serpent lorsque le troisième homme éclata de rire, à sa grande surprise. Pourtant, ce n’était pas si drôle, Mickey L’Ange. Ceci dit, s’il s’agissait d’un surnom il semblait plutôt étrange. Il n’avait pas grand-chose d’un Ange, le bonhomme. A moins que les anges ne fussent des grands gaillards de la sorte. Mais d’un autre côté, peut-être que telle était la façon dont ils les voyaient sur leur île d’origine ? C’était une discussion intéressante qu’il aurait pu lancer, si un inconnu n’avait pas débarqué de nulle part. Alors qu’il entamait la discussion, le Serpent se rendit compte que machinalement il avait mis sa main sur le pommeau de son épée, trahissant par la même occasion qu’elle n’était pas là uniquement en décoration.

« Vieux réflexe. » Marmonna-t-il alors que François lui proposait … une partie de fléchettes. A un borgne. Son visage se figea d’étonnement. Décidément c’était la soirée pour les surprises. Normalement les gens qui n’avaient qu’un œil n’avaient pas de problème d’axes, mais plutôt de profondeur. « Je peux essayer, mais bon, j’suis pas sûr que … » essaya-t-il vainement de se dédouaner à l’avance. Déjà, parce que cette situation le mettait dans une situation inconfortable. Il n’était pas plus borgne que vous et moi. S’il portait ce bandeau c’était principalement parce qu’il s’agissait du seul déguisement qu’il avait trouvé de facile. De plus, il lui permettait de se fondre dans la masse plus facilement. Du coup, s’il était trop bon, ils allaient se douter de quelque chose. D’un autre côté… s’il était trop mauvais aussi !

C’était donc un Serpent tiraillé qui se présenta face à la cible, une fléchette à la main. Il lança, essayant de viser le cercle extérieur de la cible. De la sorte, il ne passait ni pour un as de la fléchette, ni pour un gros nullard. Manque de pot, l’arrière de la flèche était légèrement abimé, et ce fut en plein centre de la cible qu’elle finit sa course. « Mer… heu… super. Je crois. Je ne connais pas trop les règles. » maugréa-t-il alors que son adversaire prenait place à son tour au niveau de la ligne du sol. « Coup de bol, on dirait ! Ahah ! La chance du débutant ! » Le spécialiste lança sa fléchette, mais ne put réussir un meilleur résultat que l’ancien marin. Au tour suivant, pour ne pas le vexer, le Serpent décida de tirer plein centre. Comme les fléchettes étaient plutôt de mauvaise facture, il était probable que sa trajectoire soit déviée et que du coup … du coup rien du tout. Il avait touché de nouveau la cible en plein cœur. Son adversaire cette fois-ci fronça du sourcil. Comme il s’agissait de leur première visite des lieux, aucun membre du déluré trio ne pouvait savoir que ce joueur invétéré n’aimait pas perdre, mais alors pas du tout. Ronchon, il lança à son tour et fit mouche, puis il pointa du doigt le borgne en le défiant de faire mieux.

La dernière fléchette était arrivée, et c’était celle-ci qui allait déterminer la victoire ou la défaite. Ce dont il ne pouvait se douter, c’est qu’en périphérie de ce petit défi, certains avaient profité pour lancer quelques paris. Et pas à base de quelques piécettes non, on était dans un bar de la haute, après tout. Ça pariait en milliers de berries, comme si de rien n’était. Alors qu’il allait s’élancer, un bonhomme à l’air louche bouscula le Serpent, qui laissa tomber son projectile de la main. Son adversaire arbora un sourire narquois une seconde, le temps de se rendre compte que la fléchette venait de se planter dans son pied. Ne portant qu’une vulgaire paire de tongs, elle se figea dans la chair dans un petit bruit sourd. Ce dernier fut suivi d’un cri de pucelle, qui manqua d’arracher les tympans du faux borgne.

Ça dérapait un peu là.
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Hier à 21:41



Un élément intéressant s’est produit alors que le type aux fléchettes est venue nous interrompre. Notre borgne préféré a instantanément posé la main sur son arme, prêt à dégainer au moindre faux pas. C’est naturellement un élément qui n’a pas échappé à nos regards attentifs. Daniel, lui, a simplement tourné la tête le temps d’un instant, avant de se retourner à nouveau vers la serveuse avec laquelle il discute.

La partie commence assez. Serpiente touche le centre de la cible, j’en profite aussitôt pour miser gros sur lui. Je savais que ce mec cachait un potentiel incroyable. J’aurais pu jouer à sa place mais il m’aurait été impossible de parier à ce moment. Là, l’occasion de se faire du fric est trop grande. Non pas que j’ai besoin d’argent, mais retirer la seule satisfaction de gagner me réchauffe le coeur. Puis je comptais filer le blé au borgne.

Mais c’est ainsi que lors d’une dernier lancé, ce dernier interpelle mes sens à l’aide d’un cri des plus efféminés. Daniel se retourne à nouveau, cette fois-ci en écarquillant un oeil au son dégagé par cet homme, avant de boire un énième shot cul-sec. Pour ma part, j’affichais fièrement les prouesses de Serpiente, mais je perds instantanément tout crédibilité à cause de ce cri de lopette. Ce n’est qu’une fléchette, merde !

« Oy !… Reprends la fléchette et termine ce trou du cul. Ce n’est quand même pas ça qui t’arrêtera. Allez, gagne-moi ça qu’on se paye des coups à boire ! dis-je accoudé au comptoir, le regard sereinement posé sur mon gagne-pain. »

Et c’est là que des types s’approchent fièrement de moi.

« - Gamin, c’est mort. La fléchette est tombée. La seule chose qu’il a visé, c’est son pied. Gwahahaah ! postillonne et rigole un homme aux traits ignobles.
- Il a raison. Un lancer c’est un lancer. La règle est la même pour tout le monde. reprend un autre plus sérieusement.
- Tirez-vous de là, gros lards. Il a été bousculé et a lâché sa flèche à ce moment. Je le sais, vous le savez. rétorqué-je froidement, le regard glacial.
- Surveille ton langage, sale gosse ! Tu n’sais pas qui on est, et crois-moi, ça vaut mieux pour toi !
- J’en ai rien à cirer de savoir qui tu es, gros lard. Si tu tentes de me la mettre à l’envers, je te plombe. Si tu m’adresses la parole de manière irrespectueuse, je te plombe également. Et si tu tentes de m’agresser, je te plombe.
- On va t’refaire ton éducation ! »

Les deux gros lards s’élancent vers moi, les poings armés vers l’arrière. Nous sommes dans ce fameux gros cliché des combats dans les bars. Ils sont si lents. Je les vois s’approcher de ma position aussi lentement qu’un escargot. Ils avancent si peu vite que j’en ai la flemme de bouger le moindre de doigts. Ma flemme s’exprime tellement que, finalement, c’est une balle frôlant le nez de l’un, qui stop leur course avant de s’écraser au centre de la cible des fléchettes.

Les gros dindons se retournent vers l’auteur de ce tir, le grand Daniel et son fusil qui fume encore.

« La prochaine fois, messieurs, ce seront vos petits nez qui feront offices de cible. affirme Daniel d’un air lassé. Maintenant, si vous le permettez, j’aimerais bien boire en approfondissant ma conversation avec cette charmante demoiselle. »

Le gros lourd… Je pensais qu’il avait fait ça pour me protéger, mais c’était seulement pour impressionner la serveuse. Ma déception est quelque peu profonde. Cependant, on ne me laisse pas le temps de panser mes plaies, puisque le joueur de fléchettes tente de s’échapper du bar. Quel espèce de lache… En voyant ses chances de succès s’éloigner encore plus vite que lui, il décide de s’échapper.

« Oy !… La partie n’est pas encore terminée. Un pas de plus et c’est avec une balle dans le fion que tu ressortiras d’ici. »

Un sursaut plus tard, le type s’arrête et revient la tête baissée. La partie peut enfin reprendre. En un instant, le bar est devenu notre. Bizarrement, personne n’est venu nous reprendre après le tir de Daniel. Soit c’est régulier et banal, soit tout le monde estimait cet acte juste, soit des choses pas très sympathiques nous attendent. En effet, il y a des types au fond du bar qui semblent occupés par des choses plus importantes. Je sens que si leurs regards se posent sur nous, on va pouvoir s’amuser.
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