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Le Retour du Roi

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Minos
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Sam 27 Jan 2018 - 19:32

Et voilà, Six est cuit. Ah ouais, qui est Six ? Dis donc, t'es un inconditionnel de mes aventures toi, ça fait plaisir. Dans l'épisode précédent, je me réveille dans un genre de cave de pédophile. Sauf qu'il n'y a pas de pédophile. Et que c'est pas une cave. Mais j'aurais limité préféré, parce qu'il y avait juste un molosse incestoïde à six pattes que j'ai astucieusement baptisé Six Feet Under. Celui dont je j'aspire la pince là. On devrait pas nommer ses animaux de compagnie dès l'adoption, ça fait toujours un pincement quand ils partent trop tôt. Un pincement, ha ha ha, t'as pigé Six ? Ah si seulement t'avais ri à mes blagues. Ton goût me rappelle un peu les gambas. Mais en plus faisandé, y a un retour violent. J'imagine pas ce que tu dois être infect cru. D'ailleurs, je vais pas tout finir. On va se contenter des pattes et d'un peu de chair du dos pour faire passer.

Fait toujours quasi noir dans cette grande cellule éclairée au cocon mystère. C'est de là qu'on vient avec Six, mais y a pas que nous. La plupart des compartiments sont vides, ou plutôt occupés par un liquide qui pue. Et dans ceux qui ont un hôte, ben quelques humains, pour la plupart. Ou des humanoïdes en tout cas. On dirait un musée de la résine, un genre d'hôtel de la momification parfaite. Je me demande d'ailleurs si les clients ne sont pas des richards qui se sont fossilisés pour échapper à la mort. Peut-être le temps qu'on trouve un remède à leur maladie ? J'étais malade à mon arrivée. C'est un des trucs dont je me rappelle. J'ai l'air retapé maintenant et c'est tant mieux, parce qu'on a du pain de viande sur la planche. Je glande pas là, je reprends des forces. Soigné sommairement où j'étais entaillé, débarrassé un max de la matière de conservation, j'ai découvert que les grosses branches d'arbre qui font le décor du sol au plafond ne sont pas toutes pareilles. Certaines sont plus légères, d'autres brûlantes. Six a eu droit à une cuisson sur poêlon improvisé. Sort qui m'attend aussi si je macère quelques heures ici, parce qu'il fait de plus en plus chaud.

Le repas terminé, je repars déterminé. J'avais fait le tour de la zone en fouillant les murs, mais la sortie vient peut-être d'en haut. A nouveau, je tripote les racines en faisant gaffe d'éviter celles qui brûlent. Suffirait d'un appel d'air pour je fore. Un temps que je ne veux pas mesurer continue de passer. Je suis trempé de ma propre eau et n'arrête de fouiner que pour éviter que le sel ne me pique la rétine. C'est là qu'un tissu aurait été pratique, parce que faire tout ça à poil avec juste de la chitine d'insecte et des pitons improvisés avec ses mimines, c'est franchement pas le salon des matières absorbantes.

Ah! Appel d'air. Cette fois, on y va. Je plante les faucheuses de Six dans le décor qui se déchiquette en quelques coups. Le temps de quelques débris et je vois Le ciel. Un ciel d'étoiles régulières. Ça me suffira. Je continue le boulot de taupe en épargnant les machins qui pourraient me cuire et m'accroche aux racines pour escalader ce qui me sépare de la liberté. En quelques impulsions et jurons, je me rends compte que le ciel n'est en fait qu'une plaque d'un genre de métal. Quand je veux la pousser, je me prends une décharge qui me fait lâcher prise. Saloperie. Tu veux la manière forte ? Ok, tu vas l'avoir.


Je vais choper la carcasse de Six, reprends de la hauteur et me sert de sa tête comme d'un bélier. Y a des arcs électriques et une vive odeur de brûlé, mais rien à foutre. Je pilonne encore le plafond pour me rendre compte qu'il cède. Et que quand il cède, y a de la lumière aussi vive qu'artificielle qui perce les flancs de la plaque que je suis en train de défoncer. Un coup supplémentaire et elle saute comme un bouchon sous pression. Et devine qui fait les bulles ?

Avec la chitine qui me sert de bouclier anti-décharges, j'élargis l'issue de secours, puis traverse l'ouverture pour débouler dans un couloir poussiéreux, mais bien éclairé. Construction humaine ça, aucun doute. Ça fait très prison. Six est rendu aux abîmes. A jamais, immonde saloperie. En quelques pas, j'arrive devant une porte où un bouton unique se présente. J'appuie. Les portes en métal poli s'ouvrent pour m'amener dans une petite pièce avec une rambarde, des miroirs et encore des boutons. J'en presse un. J'ai une sale gueule. Les portes se ferment et je me sens glisser doucement vers le bas. Un monte-repas ? Quand les portes s'ouvrent à nouveau, j'ai changé d'étage. Je me retrouve dans une pièce sombre, où il fait chaud, à nouveau éclairée de cocons. Et à nouveau jonchée du cadavre de Six. Hein ? Rho merde, me dis pas que...

Ha ha ha! Ok, en fait je suis revenu dans la pièce de base. Sauf que là j'y suis entré par la vraie sortie. En tâtant, j'ai pas capté qu'en fait une part des racines sur le mur étaient un trompe l'oeil très bien ouvragé et qui suis les portes de l'ascenseur quand elles s'ouvrent. Beau boulot, y a pas à dire. J'aurais juste aimé qu'on signale cette sortie par un truc tout con. Je sais pas moi, comme le voyant rouge, là. Ah oui, y a un voyant rouge. Bonjour l'échec critique en perception. Non, mais il n'était pas là tout à l'heure. Sûrement qu je l'ai réparé en pétant des trucs pour filer à la glaise. Ouais, c'est comme ça que ça s'est passé.

Du coup, je repars par là. Autre bouton cette fois, on monte. J'entends sous mes pieds un bruit de pression, un machin hydraulique à priori. Ça sent le complexe scientifique c'te zone. Ce qui fait de moi un cobaye. En fuite ? Ça, je sais pas. Aucun gardien, aucune entrave. Les couloirs suivants sont vides et encrassés par le temps. Mais toujours lumineux, toujours dotés d'ascenseurs qui m'amènent toujours plus haut. Je fais pas le coup du "hé oh y a quelqu'un ?" mais je prends quand même le temps de zieuter un peu l'installation. D'autres salles sont pleines de cocons. Des salles dont la taille est adaptée aux spécimens. J'avais une des suites les plus vides, mais c'est normal. Y a peu d'humains de mon format. Celui qui me ressemblait le plus c'était un vieux guerrier avec de longues moustaches. Enfin, surtout une. Ici, c'est le musée de cire des bébés éprouvettes. J'entre pas, je tiendrais pas debout dans ces alcôves. Et si tous ceux que je sors de leur cocon essayent de me refroidir, je vais passer ma vie à génocider des pensionnaires. Je retiens mon idée des maladies. Les gens ici sont là pour être soignés de quelque chose. Pas d'ingérence dans ce machin auquel je pige pas grand chose, mais à qui je dois probablement ma survie. J'ai déjà tué le père, je vais pas tuer la mère aujourd'hui. Au final, j'étais plus un patient. Terme parfait vu le temps que doivent attendre ceux qui sont toujours dans leur blister.

Tout en veillant à monter les étages, je poursuis ma visite. J'ai remarqué un truc, les couloirs ne sont pas toujours éclairés. En fait, la plupart sont dans le noir total. Je m'aventure parfois dans une zone d'ombre pour me rendre compte que les ascenseurs n'y sont pas alimentés, ou que ça mène à  des endroits où ma taille ne permet pas le déplacement. J'en conclus que mon parcours est fléché. Le zig qui pousse les boutons de sa salle de contrôle a tout bien classifié et s'éclate à me guider vers la sortie. Du moins, j'espère que c'est vers la sortie. Mais je ne vois pas pour quelle autre raison il me baladerait. Après plusieurs poussées hydrauliques, je déboule dans ce qu'il conviendrait d'appeler un sousmarin. Enfin, comprends couloir étroit, plutôt arrondi et avec des échelons dans un tube d'acier qui mènent à j'ignore quoi. Et nettoyé, sans poussière. Pas d'autre indication, c'est visiblement mon billet de retour à la surface. Alors je monte.

Arrivé en haut des échelons, je distingue mieux le couvre-chef de la pièce. Une bonne grosse écoutille avec sa valve piquée au centre. Elle résiste un peu, mais n'est ni rouillée, ni verrouillée. Ça tourne de plus en plus facilement, à tel point que la porte manque de peu de m'empaler la main sur le mur quand elle s'ouvre de mon côté. De l'autre, y a un plafond de terre. Ça pourrait angoisser de se découvrir enterré vivant, mais moi je chope un sourire de gosse. De la terre, de la vraie! Je plonge la main dedans et y agite les doigts. C'est celle de l'île des animaux, grasse et sombre. Je la racle et la retape en contrebas. Tout en creusant, je me remémore mon rêve, qui me donne un peu l'impression d'arracher mon propre corps. Je pense aussi à Sergueï. Jamais là quand on en a besoin lui. Il suffirait d'un "hey, le vieux, ouvre un passage" et ça serait réglé. Mais non, il n'est plus là. Shinji, Alucard, Kana, Sergueï, tous ceux que j'ai croisé étaient des ambitieux qui ont échoué. Certains dès l'entrée sur la route des périls. Si ça se trouve, même Tahar est mort aujourd'hui. Même la légion en poste sur l'île. Tout en remontant vers la liberté, je me rends bien compte que ce que je peux y trouver me forcera à tout reprendre. J'imagine que Union John aura tenu, vu l'armée sur place. Mais les cent gars laissés ici, sous l'égide de l'usurpateur, aucune idée. J'espère juste qu'il n'a pas filé avec le bateau. Mais même si c'est le cas, la planète est ronde. Y a aucun coin où se cacher.

Je sens des vibrations. Et j'entends du bruit. Très sourd, mais y a de l'activité au-dessus. Prudent, mais revigoré, j'y vais à coups de poings pour défoncer ce qui me sépare de l'air libre. C'est la deuxième fois que je fais exactement ce même travail de revenant, mais la première c'était pour ne plus être enterré. Cette fois, y a la volonté de rejoindre la surface. Le poing aboutit sur du vide. Le vent glisse entre les grumeaux qui dérapent entre mes doigts. J'empoigne le sol et pousse sur les jambes pour passer de l'autre côté. Ma tête apparait, suivie du corps. Je m'arrête un instant quand ça m'arrive à la taille pour constater que je suis entouré. Des cornus, ces créatures de l'île qu'on chassait. Ils ne sont pas hostiles, ils ont la pétoche. Ça me ferait quelque chose aussi de voir surgir de terre un prédateur, surtout s'ils connaissent ma copie qui doit sévir ailleurs. Un second Minos, c'est pas une bonne nouvelle pour eux. Pourtant, je ne compte pas les attaquer.

L'effet de surprise passé, je finis de sortir de mon cercueil pour souffler un peu. On est dans une grotte, visiblement une piaule commune des cornus. La lumière du jour suffit à en éclairer le fond où nous sommes. C'est l'un d'eux qui prend la parole en premier, pour dire un truc auquel je ne vois pas trop quoi répondre.

"Lorsqu'Il annonça le retour d'un Roi en ce lieu, jamais nous ne pensâmes qu'il s'agirait d'un Roi humain."

J'acquiesce, faute de mieux. Malgré leur présence et mon plaisir de trouver des trucs vivants qui n'essayent pas de me tuer, je me sens détaché de tout, comme si une partie de moi était encore enfouie bien loin sous le sol. En fait, je me sens étranger à ce monde qui est pourtant le mien. J'y reste calme parce que je le connais, mais il ne m'est pas encore permis de m'y sentir chez moi. De leur côté, la peur des cornus s'apaise vite. Ils voient bien que je ne compte pas me battre. Y a même une forme de respect qui s'installe. L'un d'eux tire des dents une grande coquille d'un fruit exotique reconvertie en gamelle de flotte pour l'amener près de moi. Je remercie d'un hochement de tête et soulève le bol naturel pour y boire quelques gorgées. Je repose ensuite l'offrande et jette un oeil au trou d'où je viens, et dont une de mes jambes balance encore par dessus le long tube à présent éteint. Les mots reprennent leur place dans mon esprit. Je regarde celui qui avait pris la parole pour lui répondre, de mon ton le plus humble.

J'ai quelques questions au sujet de cet endroit.


Dernière édition par Minos le Lun 12 Fév 2018 - 6:43, édité 1 fois
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Jeu 8 Fév 2018 - 11:43

Chavert dépose les herbes baignant dans la sève du bouleau local sur le rebord de mes thermes. Je le remercie en y plongeant déjà les mains, frictionne les doigts les unes contre les autres, puis plaque la mixture dans mes cheveux et ma barbe. Je frotte en traquant chaque reste de terre, de sève d'abîmes et de tout ce qui a pu me donner cette apparence de bête. J'en profite aussi pour rincer mes plaies et voir que ça ne saigne plus. Le métabolisme fait son oeuvre, mais je ne doute pas que ça s'ouvrira à nouveau vu ce qui m'attend. Le reste du temps, c'est de la détente. J'ai beau avoir dormi un sacré bail, je suis claqué. Le soleil est à la fois chaud et assommant. Je voudrais presque être un nénuphar, pour m'étaler de tout mon long et ne plus rien foutre. Dormir jusqu'à retrouver la vigueur d'avant. Comme par autohypnose, je m'assoupis. Une minute, cinq. Quand j'ouvre les yeux, le soleil s'est décalé derrière la branche d'un des arbres à feuilles larges. J'ai compris, c'est l'adrénaline qui m'a mis une claque. Le corps a été éprouvé, j'ai plus l'habitude de l'agiter comme ça. C'est bien de renaître, mais je dois courir avant d'apprendre à me tenir droit. Il faudrait être patient, bien sûr. Mais je veux en finir. Fini le chant du leurre, le Roi usurpateur a volé la galette et s'en goinfre. Pas de bol, j'apporte la fève. Et elle va lui faire sauter les dents.

Les cornus m'ont emmené ici pour que je sois plus présentable. J'ai compris quelques trucs sur eux. Ils vénèrent un dieu qui s'avère être le zig qui m'a sauvé la vie. Un genre de super toubib pour qui le cancer est classé dans les petits désagréments saisonniers. Les dévots ici disent même qu'il soigne de la mort. Bon, faut peut-être pas déconner non plus. Mais de ce que j'ai pu voir et expérimenter avec ce type, il touche à des trucs qu'on ne peut pas tellement comprendre sans être du métier. Je sais juste qu'il m'a soigné d'un truc qui allait me tuer, m'a couvé et libéré. C'est suffisant pour respecter le bonhomme et les croyances de ces bestioles.

Je voulais lancer ma traque du faux Roi, mais on m'a convié à me laver et me restaurer. Comme ils sont herbivores, j'ai fait l'impasse sur le repas. Par contre, j'ai accepté la baignade. C'est le truc pratique des geysers autour de l'île, t'as de l'eau chaude un peu partout. Et filtrée au bouillon. D'habitude, c'est leur Roi qui vient ici. Mais de ce que j'ai compris, il est mort. Et le peuple cornu attend que leur dieu leur envoie un nouveau Roi. Si c'est moi, j'ai bien peur de les décevoir. Je ne compte pas rester, malgré l'accueil. Puis, j'ai déjà un peuple à moi. Et vu que je ne compte pas conquérir la zone, les cornus ne seront jamais mes sujets Bref, c'est pas eux, c'est moi. Ça ne peut pas marche rentre nous. Je préfère qu'on reste amis quoi.

Quand le soleil a fini de traverser la feuille et que j'en reçois les premiers rayons direct dans la gueule, je me rassois en attendant que l'ombre de la jungle se distille pour me rendre la vraie luminosité des lieux. Dire que je ne supportais pas le soleil en sortant de terre, il me brulait. Il le fait toujours, mais j'ai appris à le laisser tanner ma peau et acclimater mes yeux. J'aurai jamais une vision d'aigle, ne serai jamais un pistolero. Mais je parviens à voir aussi bien que dans les galeries souterraines maintenant. Je suis devenu un surfacien. C'est sans doute ce que j'ai toujours voulu, quelque part. La vie des abîmes était un enfer constant. Il m'a fait fort, mais je ne l'ai jamais révéré. Je pense que tout le monde aspire à un peu de quiétude. Est-ce que je deviens faible parce que moi aussi j'apprends à apprécier les pauses ? Est-ce que le Minos du Nouveau Monde était plus fort que je ne le suis aujourd'hui ? Je mets du temps à sortir de l'eau et je m'en rends compte. Ça ne dure qu'un court instant, mais j'ai un truc que je ne semble jamais avoir vécu. La peur ? C'est ça avoir peur ?

Dans l'eau chaude, la vapeur trouble mon reflet. Je regarde cette silhouette détourée par un soleil et sais que la tuer sera une épreuve. Un mec sage m'a dit un jour "si tu croises un de tes dieux, tue-le. Si tu croises les patriarches, tue-les." Je pensais qu'il me disait de devenir le plus fort en les réduisant à néant à l'époque. Maintenant que j'ai vu le néant, que j'ai été le vide, je comprends enfin. Patriarches, dieux, puissances, dorikis, ce ne sont que des faiblesses. Parce qu'ils possèdent un nom, une délimitation, parfois même une obsolescence. La vacuité est forme et la forme est vacuité. Je comprends que ce qui est faible et que seul l'esprit débarrassé de son instinct ne peut être défait. Même si son corps est coupé en deux. C'est sûrement ça que les gens appellent le haki. Je le comprends. J'en ai saisi toute la puissance ici. Est-ce que je compte l'utiliser pour autant ? Malheureusement, non. Mon corps a un prix, il est mon arme. Je veux voir jusqu'où un humain sans emploi du haki peut aller. Je veux bousiller des logias et d'autres mutants en restant un simple homme. Parce que c'est ce que je suis. Je ne veux pas accomplir quelque chose en me demandant si j'aurais pu le faire sans le pouvoir d'un fruit, ou survivre à un danger en utilisant un pouvoir qui ne vient pas de mon corps et de ses capacités pures. Ma seule sagesse, c'est de refuser à mon esprit de me rendre plus fort. Je suis un corps, une machine. Une simple machine.

Le soleil prend un bain à l'horizon des arbres quand je rejoins la tribut. Ils sont plus nombreux qu'avant et moins méfiants. Je dois avoir meilleure odeur. Les singes font la tournée des masques pour colorer les différents visages du zoo via des traits et symboles à l'ocre, oscillant du jaune pisse au marron chiasse. Mais c'est joli. A ma petite surprise, ils s'arrêtent devant moi et me propose un atelier maquillage. Avec un certain plaisir, j'accepte. En fond sonore, des castors entament des percussions sourdes dur une série de tambours de guerre. Ou de fête, on ne sait plus bien. Au milieu des babioles tribales, je reconnais des objets de facture humaine. Une grande-vue, un éventail en nacre, une gourde métallique avec une carapace d'escargophone gravée dessus, tous des trucs brillants qui ont dû attirer l'oeil primaire des voleurs de la bande. Pendant que je détaille les breloques, Chav la chèvre cornue plie les pattes à côté de moi.

A quoi penses-tu, Roi des hommes
?
-A mon combat de demain.
-Dois-tu absolument te battre ?
-Ha ha, t'aimerais pas que je renonce. Si l'autre est vraiment comme moi, il fera une rafle pour assurer les vivres le temps du voyage et vous serez tous des dates de calendrier dans la réserve de bouffe.
- Si tu dis vrai, nous devons également craindre le jour de ton départ.
- Non. J'ai évolué pendant ma méditation. J'ai changé.
- Alors, il le peut aussi.
- Ce n'est pas si simple. Je dois ma présence à mon envie, mon besoin de le tuer. C'est un devoir. Nous ne sommes pas amis vous et moi, je ne fais que profiter de vous pour mon objectif. Quand il sera accompli, je repartirai en vous laissant tranquilles parce que je ne trahis pas mes alliés. Mais lui n'a aucune obligation envers vous. Vous n'êtes que des viandes crues qui parlent. Les deux problèmes se règlent aux langues de feu.
-Quel dommage.

J'attends la suite, qui ne semble pas venir. C'est quand je songe à demander la date qu'il me sabote en me coupant l'herbe sous le pied.

Dommage pour le seigneur actuel, pas pour nous. Nous sommes des herbivores cohabitant avec des carnivores. Nous connaissons notre rôle. Ils dévorent les petits des parents maladroits, les vieux et les faibles. Ils accomplissent un tri que nous n'aurions pas le coeur de faire. Chtulobah nous protège de l'extinction. Comme il protège les sans cornes, son troupeau.
- Vous voulez dire que votre dieu permet à vos ennemis de vous tuer ?
- Oui, pour nous sauver. Si les sans cornes n'existaient pas, nous ne cesserions de nous reproduire. Or, nous sommes sur une île qui ne grandit pas. Nous aurions moins de terres, moins de nourriture. Nous finirions par épuiser la terre. La présence des sans-cornes nous empêche d'être nos propres bourreaux. Sans parler du fait que ce que vous appelez ennemis -nous régulateurs- nous entraînent à la vitesse et à la défense. Nous apprenons même à ne pas redouter la mort de trop loin. Les sans-cornes sont une bénédiction. Vos hommes, par contre, tuent sans trier. Ils ne nous permettent pas de nous améliorer. Leur seule qualité est d'épargner les jeunes. L'un de votre espèce a même rempli son navire des nôtres pour nous dérober un jour. Fort heureusement, beaucoup sont morts à présent. Chtulobah les a rappelés à Lui. Mais même Son pouvoir peine à rendre à l'île sa superbe d'antan.

J'ignore si notre destin est scellé à vrai dire. Notre Roi mort, Il donna naissance au premier Roi des sans-cornes, Loui. Loui échoua lui aussi à chasser les hommes, bien plus faible qu'eux qu'il fût et ce malgré sa grande puissance. Chtulobah a pris son temps et vous a finalement choisi. Qui de mieux qu'un humain pour chasser les humains , Qui de mieux qu'un Roi pour comprendre l'importance de l'ordre ? Voilà pourquoi, si je ne suis pas votre ami, vous êtes le mien.


La vache, il m'a touché ce con. J'aurais presque l'envie de lui filer une pinte en lui gratouillant la tête. On se tait. Le soleil n'est plus qu'un souvenir dans un ciel qui allume une à une ses étoiles. Personne ne fait de feu, personne ne s'incommode de l'obscurité. Ici, on respecte les astres. Les tambours tonnent toujours ce qui ressemble à un rire rogue dans les parages. On est en hauteur, dans une zone où visiblement personne ne s'aventure jamais. C'est un havre de paix. Soudain, je remarque un truc. Les peintures sur les visages, elles gagnent en brillance. Quand les rayons de lune s'invitent, tous les ocres répondent par une luminescence à la limite du fluo. C'est là que certains se mettent à danser. Des danses d'animaux quoi, mais des danses quand même. Je me marre, devant le délire.

C'est pour quoi, ces peintures ?

Chavert n'est plus là, il brûle ses sabots de vieille canaille sur le grasspop. Et vas-y que je j'agite la tête en remuant mon petit bouc, et vas-y que je tape des pattes, et vas-y que je pogote comme un ouf contre les autres. Ah là là, ces animaux, de vrais jeunes.

C'est la coutume, répond aimablement Gibson le singe, de se parer de couleur vives pour que les autres nous voient.
- Ok, mais pourquoi ?
- Parce que vous ne pouvez plus vous voir. Mais vous voyez les autres, donc vous existez. Mais sans exister. C'est clair ou bien ?
- Euh, ouais, je vois le délire. C'est joli en tout cas.
- Merci! C'est un mélange d'argile et de champignons.
- Hmm , que je fais en m'en doutant. Un autre singe se pointe, tout en rire, et demande à Gilson s'il lui m'a dit.

Dit quoi ? que je fais.
- Ben la blague sur les humains. Tu lui as pas dit ? Je le fais alors.
- Ok.
- Pourquoi les humains ont une si grande verge au repos ?
- Euh....
- Pour pouvoir la retrouver sans enlever leurs vêtements!

Gros éclat de rire, de leur côté en tout cas. Gibson se reprend vite après m'avoir vu indifférent. Son pote le remarque un bon moment plus tard.

C'est pas drôle peut-être ? C'est pas méchant hein!
- Non ok, mais en fait je suppose que c'est drôle, mais pour les singes quoi. Disons que c'est pas un humour qui fonctionne sur moi. Tu veux une blague qui me fait rire ?
- Vas-y mon ami, j'adore les blagues.
- Pourquoi les singes ne rient pas ?
- Euh....
- Ça te ferait rire d'être un singe ?

Et là je me marre. Mais pas eux. Le poteau il est même carrément un peu vexé.

- Les singes rient, qu'il se croit malin d'ajouter. Même ceux qui ne parlent pas rient.
- Et les humains savent où est leur bite, même ceux qui portent des fringues. C'est pour ça que ta vanne ne marche pas.
- Aaaaaaaaah ha ha ha ha ha! Tu es très drôle. Il est très drôle cet humain-là. Laisse-moi t'offrir un verre.
- Ah, c'est gentil, mais non merci.
- Mais c'est la fête, mon ami. C'est un grand jour pour nous, nous avons un nouveau guerrier à opposer à l'envahisseur.
- Hé hé, merci pour l'invit', mais je suis pas trop jus de coco ou ananas.
- Je te parle d'alcool. Du vrai, qui va me faire rouler sous les herbacés.
- T'as des arguments, j'en conviens. Mais j'ai un combat demain et une gueule de bois ne m'aidera pas à aider votre cause.
- Comme tu veux.

Il repart dans la petite troupe aux couleurs phosphorescentes. Et moi, je souris toujours, mais j'ai un cafard qui me rebouffe les tripes. J'ai presque l'impression d'être un animal qu'on se prépare à sacrifier, avec ma tenue d'Adam et mes peintures ridicules que je ne peux même pas voir. Je reste prostré comme une rush de bal de promo, subissant presque la liesse de gens qui me semblent soudainement lointains. Putain de trac, j'ai jamais eu ça. D'un côté je m'en veux, d'un autre je me comprends. De temps en temps, je salue de la tête un zig que je reconnais à peine. Les tam-tams me donnent l'impression d'accélérer mon rythme cardiaque. J'ai les mains moites, la bouche sèche, les orteils glacés dans la terre encore tiède. Puis, la question qui m'avait échappée ressurgit. Je me lève comme pour donner une raison à mon activité et retrouve le pote de Gibson qui ne s'est pas éloigné du service ivresse express.

Dis donc, euuuuh....
- Camille.
- Ouais, Camille. On est quel jour ?
- C'est le jour de la crevette, qu'il fait en me montrant la bassine de crevettes au self service, ah oui ça c'est sûr.
- Ok, c'est rien. Je suppose qu'on est l'année du chien aussi.
- Oh non, tu es un peu décalé mon ami. En 1627, on fête le boeuf.
- Mille six-cents vingt-sept ! On est en MDCXXVII !?
- Eh oui ha ha ha, et plus très loin de 28.
- Bordel de... Bon, finalement je le veux bien, ce verre.


Dernière édition par Minos le Ven 16 Fév 2018 - 14:39, édité 2 fois
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Ven 16 Fév 2018 - 7:51

Je file un gnon monumental à Minos qui perd casque et dignité. Ça lui apprendra à me toiser de puis mon cheval. Nob' s'ébroue, comme libéré d'un poids, puis vient près de moi frotter son museau humide dans mon cou. Ok ok, je t'en veux pas, c'est vrai qu'il est mon portrait craché l'autre. Mais si j'ai bien compté, j'ai une dent en plus et un visage symétrique, wa ha ha ha ha ha !

Je t'entends déjà te dire "ouais, c'est un rêve ton truc, on sait même pas comment t'es arrivé là." Et tu te crois malin ? Moi aussi, j'ai bien calé que c'était un rêve. Mais j'en profite. Dormir en s'amusant, c'est génial. Pas vrai Sergueï ? Pas vrai Kyoshi ? Non, non, pas besoin de soins. Je vais pas me fracturer le poings. Soigne plutôt les acouphènes de Braff, il applaudit à se péter les tympans. Pendant ce temps-là, moi, je vais vais achever notre petit usurpateur. Mais Nob', t'as pas fini de me lécher ? Depuis quand t'aimes le salé de la sueur toi ? T'es pas un furet bordel! Où j'en étais ? Ouaaaah mais ça lèche trop là, qui osé ? Qui ? Une femme ? Hmm, je sens aussi des cornes. Une succube ?  Eh merde, c'est pas dans le rêve. J'émerge.

Amanda, l'ursidée à cornes que j'enlace, me lèche le cou dans son sommeil comme si elle dégustait le plus délicieux des miels. Je sursaute en gueulant, ce qui a pour don de les réveiller, elle et ma gueule de bois. La vache, qu'est-ce j'ai pris! Rien de sexuel là-dedans, attention! D'ailleurs, à propos de prendre dans le sens charnel du terme.

Amanda ?
- Rrrr...zzzzzzz
- AMANDA !!!!!!
- Huh, quoi ? Quoi y a plus de compote de bambou ?
- Silence, femelle! Dis-moi, on n'a rien fait tous les deux ?
- Nous deux ? Quand ça ?
- Hier, quand on était beurrés. On n'a rien fait ensemble ?
- Ben si, on a joué à qui boirait le plus vite sans vomir.
- Et ?
- Et tu as bu plus mais j'ai vomi la première. Un partout.
- Non mais ça on s'en fout, je veux dire physiquement, on n'a rien fait ?
- Tu m'as prise dans tes pattes pour dormir.
- Et ensuite ?
- Et ensuite, je t'ai pris dans mes bras pour dormir.
- Ouaiiiiis....et ensuite ?
- T'as ronflé.
- Fiou! Ah là là, ça me soulage.
- Ah ben tant mieux, parce que tu ronflais très fort. Je suis fatiguée Minos, laisse-moi dormir.
- Ouais ouais, pas de souci ha ha, que je fais en lui arrachant mon bras et en quittant le pageot. Dors autant que tu veux surtout, moi je vais faire un tour.

Je sors de la caverne où je ne me rappelle pas avoir été. En titubant, partagé entre les restes d'ivresse et le casque trop serres sous le crâne. En e frictionnant, j'enjambe des corps anarchiquement disposés, dans des positions et combinaisons d'espèces improbables. Sacrée teuf'. En me prenant la lumière du petit jour dans les mirettes, la migraine hurle. J'avance en grognant, me père le pied sur une coquille vide d'un probable breuvage anti-sobriété. Et comme la gravité fait son job, la vessie retrouve son sens des priorité. Envie de pisser. Je m'éloigne de quelques mètres de la zone des dépouilles pour me vider la vessie dans un bruit creux absolument délicieux. Je sens des éclaboussures maladroites me postillonner sur les pieds, mais rien à foutre. j'ai choisi un pot de chambre naturel, aucun risque que ça me redégringole sur les petons. Puis y a de quoi se laver pas loin, alors c'est festival de la pisse et des caisses odoriférantes.

- Hey, mais qu'est-ce que c'est que ce patacaisse ?

Je regarde aux alentours, puis en bas. Du trou, y a Arnaud qui me fixe avec ses grands yeux ronds.

- T'as....t'as fait pipi sur moi ?
- Oops! Pardon Arnaud, je savais pas que c'était un terrier...
- Tu urines dans ma maison !
- Non mais vraiment je pensais que c'était aménagé pour, déso...
- Tu as pensé que j'avais aménagé ma maison pour que tout le monde puisse y pisser dedans ? Fiche le camp, malotru ! T'as de la chance que je sois un gentil blaireau. Hooligan!
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