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La génèse

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Rik Achilia
The Gambler

♦ Équipage : Ghost Dogs

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Dorikis: 4400
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Intégrité: 176

Jeu 15 Fév 2018 - 18:33

On devrait s'enfuir loin d'ici !
Non, il faut rentrer chez nous !
Rentrer chez nous ? Pour retomber sur les salauds qui nous ont coincé la première fois ? Non, merci.
J'ai faim.
Grrromp !
Raoul dit qu'il a faim aussi.
Alors, on n'a qu'à se servir ou bon nous chante ! Allons piller une île !
Piller une île ? On n'est pas des pirates !
Et pourquoi pas d'abord ? Tu as trop peur peut-être ?
Redis-ça pour voir !
Trouillard, trouillard na-nana-nan...
Sileeeence ! Ça suffit !

Léa tape si fort du pied que le pont en pleure. Doucement, gamine, notre embarcation est déjà suffisamment amochée en l'état. La petite démonstration fait son effet. Les piailleries s'évanouissent comme par enchantement, chacun ravale sa salive dans le " Glouc " caractéristique de la crainte. Personne n'a envie de remplacer le plancher craquant si prochain coup de semonce il doit y avoir. L'attroupement  agglutiné autour de l'ainée de la bande se tait et lui laisse tout le loisir de reprendre, avec une douceur retrouvée dans la voix.

Écoutez, je ne sais pas encore ce que nous allons devenir. Et ça peut être effrayant, c'est vrai. Nous allons décider, tous ensemble, et dans le calme, de la meilleure solution. Mais pour l'heure, le plus important est de regagner la terre et de trouver un médecin pour Rik.
Et pourquoi on l'aiderait, d'abord ?
Il nous a sauvés, tous autant que nous sommes. C'est lui qui a vaincu nos kidnappeurs. Et si sa jambe n'est pas traitée rapidement, je crois bien que... euh...

Léa se retourne vers moi, qui toise l'océan depuis le bastingage sur le tribord, et retient la fin de sa phrase. Par délicatesse. Il ne faut pas. C'est vrai que l'idée d'abandonner ma jambe ne m'enchante pas. Elle me terrorise à vrai dire, même si j'évite de me focaliser sur les pensées négatives. Mais pour le moment, le ridicule de la blessure m'évite de trop gamberger. Je vais pas me retrouver estropié à vie à cause d'un stupide coup de poignard. Pourtant, les symptômes ne mentent pas. La fièvre qui monte un peu plus chaque minute qui passe, la sensation de froid glaçant, la vue brouillée, la transpiration... Ça sent pas bon. Si on n'aperçoit pas d'ici peu les contours d'une île à l'horizon, il va falloir passer par une bonne amputation à l'ancienne.

Mais on n'en est pas encore là.

Devant le silence de Léa, deux ou trois garnements s'enhardissent au point de s'élever contre sa voix. À leurs yeux, je suis un adulte de plus, et comme tel apparenté à une menace. Je les comprends. Je dois apaiser leurs craintes. Dans un demi-tour reflétant magnifiquement ma faiblesse actuelle, je pivote et leur fais faces. J'allume une roulée, me racle la gorge et lève une main mal assurée pour réclamer un silence que j'obtiens sans difficulté.


Jeunes gens, avant de vous décider à m'abandonner à mon triste sort, permettez-moi de vous rappeler ceci : sous peu, il n'y aura plus rien à becqueter sur ce rafiot craquant que vous êtes incapables de manœuvrer seuls et vous serez alors contraint de vous entredévorer si vous refusez d'appareiller au port le plus proche.

Une rumeur inquiète s'élève. Je ménage mon effet en luttant aussi fort que possible contre ce vertige infernal qui m'assaille.

En outre, je vous rappelle que c'est moi qui ai flanqué la raclée qu'ils méritaient aux misérables qui vous ont enlevés. Ce qui fait de moi votre Sauveur. Mais surtout ! Ça fait de moi l'homme capable de flanquer une fessée monumentale à chacun de vos arrières-trains malpropres si vous vous entêtez, petits ingrats !
Rik !
Bah quoi ? Enfin, dernier argument et non des moindres...euh...weoooh... Zzzz.

Pok. Aye. Ca y est, les batteries sont à plats. Adieu, monde cruel.


Dernière édition par Rik Achilia le Jeu 15 Fév 2018 - 20:17, édité 1 fois
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Rik Achilia
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Jeu 15 Fév 2018 - 18:40

Migraine. Frissons. J'entrouvre un oeil groggy. Petite lumière fébrile. Des formes confuses.

Mgnnh...

Des bruissements. Non, des chuchotis. De petits pas légers s'éloignent. Je cligne des yeux et récupère une vue à peu près potable. Je vois.... un visage. Tout pâle. Un peu brouillé par la fièvre et la flamme sauvage de la bougie. Elle a des cheveux noirs et des joues dodues.

Tu es réveillé ? Demande le visage.
Ou mort, peut-être.
Hm, non, je ne crois pas.

Je louche et examine de plus près la petite créature. Une fillette aux traits doux, au regard sage. Je ne l'avais pas encore remarquée parmi les mouflets. Faut dire qu'elle est pas grande.

T'es qui toi ?
Anny.
Anny... Tu as quel âge, Anny ?
Cinq ans et demi.

Je ferme les yeux. Regarder me coûte un trop gros effort. Je souffle et essaye de détendre mes muscles perclus de courbatures.

Cinq ans et demi... C'est pas beaucoup, ça.
Et toi, tu as quel âge ?
Hoof... Jusqu'à combien tu sais compter, Anny ?

Je la devine en train de réfléchir.

Trente-neuf.
He bah, voilà, j'ai trente-neuf ans, Anny.
Ça, c'est beaucoup.
C'est trop, même.
Tu es vieux.
Je sais.

Nouvelles salves de pas. Plus lourds, plus adultes. Je rouvre les yeux et identifie Léa.

Très inspiré, votre petit discours.
Merci.
Alors... comment vous vous sentez ?
C'est le bonheur.

Elle ne dit rien. Mon bluff ne passe pas. J'ai pourtant joué finement le coup.

Alors, vous avez décidé ce que vous allez faire de ma carcasse ?
Bien sûr, on va vous trouver un médecin et vous allez guérir.
Quelle belle histoire.
C'est trop demander, un peu d'optimisme ?
Hm...

Elle n'a pas tort. C'est pas le moment de déposer les armes. Péniblement je me redresse, de dix centimètres au moins. Quel crève-cœur de se sentir si faible.

Ménagez-vous, ordonne presque Léa.
Je fais qu'ça. Bon, et si tu m'expliquais comment tu as réussi à convaincre ces petits marlous ?
Facile, j'ai menacé de les balancer par dessus-bord s'ils protestaient.
Hin, maintenant, ils vont m'adorer, j'en suis sûr...
Il faut les comprendre.
Je sais.

Nouveau blanc. Les vertiges reviennent de plus belle. Je me concentre et lutte pour rester éveillé une question de plus.

Et à l'horizon ?
Rien... nous... nous naviguons un peu à la sauvette.
Si, passé minuit, tu ne vois toujours rien, il faudra couper cette vilaine jambe, je grommelle en glissant de nouveau dans un désagréable sommeil.
Ne perdez pas espoir ! Et puis... je ne saurais jamais faire... ça.
Tu as toute ma confiance, petite...

Le trou noir m'engloutit. Encore. Quel merdier.
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Rik Achilia
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Hier à 14:56

Ce n'est pas du sommeil. C'est de la torture. Des micro-rêves qui jaillissent des nimbes, m'agressent et s'évanouissent. Mon corps flotte, à l'horizontale. Avance dans les ténèbres, ère, fragile et chancelant, sans but ni logique. Des images du passé fusent, entre les flash de lumière incandescente, les voix déformées et pernicieuses qui percent l'orage. Je suis au royaume du néant. Pourtant, le calme plat ne dure pas. Soudain, la tornade. Des bourrasques, cette sensation de glacé, puis de brûlant. Tempête de cendres, pluie de grêlons en alternance. Avec, en toile de fond, un tableau de souffrance immuable. C'est comme être prisonnier d'une antre infernale. Tout s'accélère. Le cerveau en éveil, prisonnier d'une réalité étrangère. Si crédible, mais tellement fausse qu'on refuse de l'accepter. Je veux m'enfuir. M'évanouir. Je voudrais crever même; mais je n'en ai pas la force. Ou le pouvoir.

Et soudain, la chute libre. J'ai la nausée mais rien à déglutir. La tension s'envole vers un nouveau paroxysme. Le sol me percute. Mille aiguilles acérées se plantent dans mon dos, mes mollets, ma nuque. Et déjà, je sens qu'on m'enserre la jambe. C'est atroce. Je laisse échapper un long cri qui reste muet dans cette bulle intemporelle. Un visage énorme me surplombe. Difforme. Chauve et barbu. Sur le sommet de son nez crochu, des pustules énormes. Un sourire mauvais se love sous les rides empilés sans grâce. Il Il a l'air vieux comme l'éternité. Je suis tétanisé. Ça va aller, qu'il dit régulièrement d'une voix d'outre-tombe, inquiétante. Avant de partir dans un rire profond, caverneux. Infernal. Au loin, déjà, un tambour guttural bat la mesure.

Soudain, les cymbales. Un tonnerre, un fracas, une explosion.


Scalpel ! lance joyeusement le visage en bondissant. Extatique. Habité par une soif de douleur à assouvir.
Bien, grand maîîître !

De vilains diablotins repoussants apparaissent dans un nuage de souffre et commencent à virevolter autour de moi dans une danse sordide. Ils ont des chapeaux à grelots ridicules et des corps malingres et courbés. Mon corps se raidit encore un peu plus. Au large, démons ! Partez ! Je  sens ma carcasse proche de se déchirer, de partir en lambeaux. Je gesticule. Lutte, Rik, lutte.

Tenez-le, bon sang ! s'énerve le grand bourreau contrarié.

Je me débats. Furieusement. Inutile. Les chaînes éternelles s'écrasent sur mes chevilles dans un étau inébranlable. Je suis vaincu. Et le lame saillante, affamé, plonge, tournoie et tranche sans répit. C'est le début du rituel démonique. Me voilà sacrifié sur l'autel du Mal. Je suis foutu.

C'en est trop. Trop de douleur. Fuis, Rik. Échappe à la souffrance.


[...]

Merde. Pourquoi j'y suis retourné ? J'avais réussi à m'évader. De ce bain de sang. L'océan du supplice. Me voilà désormais sur un radeau bouffé par des mites mutantes qui s'attaquent même à ma jambe. Par quel ensorcèlement ? J'ai mal. Ne reste pas là. Pourquoi se l'imposer ? Repars avant que l'horrible tête ne se penche plus avant sur ton cas. Il n'y a qu'à suivre ce cours d'eau pure, là, au milieu du carmin. Elle te trace un chemin scintillant vers la liberté, derrière l'horizon. Je commence à brasser l'eau de mes mains. C'est difficile. Regarde, une pagaie. Ce sera plus facile. Mais quand je l'attrape enfin, au milieu de cet enfer déchainé, l'océan s'évapore dans une vapeur furieuse. Une voix m'interpelle.

Tenez bon ! Ne lâchez pas !

Avant de partir dans une incantation méphistophélique que je ne saisis, la faute à ces geysers. Je ne cherche plus à comprendre. Qui ? Pourquoi ? Je n'en saurai jamais rien. Je n'ai aucun contrôle. Aucun libre-arbitre. Je suis un misérable réceptacle de douleur; et peut-être ne suis-je déjà plus rien. À part un rameur solitaire qui n'a plus d'eau à brasser.

Est-ce donc ça, l'enfer ? Le châtiment pour ces années d'égoïsme, ces ardoises jamais réglées, ces cigarettes brûlées sans but ? J'aurais dû voter plus souvent.

Il se met à pleuvoir. De grosses gouttes d'acide qui s'écrasent sur moi. Pourtant, au contact de mon front, je les ressens comme une douce fraîcheur. Pourquoi est-ce presque agréable ? Les diablotins bourdonnent, butinent mon pauvre corps défait. Est-ce le bout de la piste ? Le gros visage surgit, m'observe de ses deux billes rondes. Un regard à vous transpercer les tripes. Tu en veux encore ? Ce coup-ci, ce ne sera pas sans combattre. J'ai une rame et je n'hésiterai pas à m'en servir. Non, il n'est pas belliqueux. Il toise le néant bien au dessus de sa tête, la mine grave, les traits fatigués. Comme fourbu de cette cérémonie. Il annonce, sentencieux :


C'est à lui de jouer maintenant.

Je lève les yeux dans cet infini de ténèbres à mon tour. Je n'y aperçois rien. À moins que... Là-haut. Serait-ce... ? Oui. Un point de lumière. Minuscule mais distinct. Je dois l'attraper. Mais comment ?

Et soudain, je m'envole, léger comme l'air. Sans effort. Sans crainte. Les mites redeviennent poussière, mon bâteau redevient poussière. Une volupté nouvelle me berce. Je n'ai nul besoin de me demander ce qui m'arrive, je sais seulement que je vais bien. Je brasse les ondulations de nuit, régulier, serein. Et je souque, et je souque. Le regard rivé sur cette bille éclatante, si proche, si loin.

Suis la lumière, Rik. Suis la lumière !
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Rik Achilia
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Aujourd'hui à 15:01

Comme par enchantement, quelque part dans les songes tourmentées, la douleur se dissipe au profit d'un véritable sommeil réparateur. La fatigue me libère et cet état de semi-conscience torturée qui m'assaillait s'efface. C'est le repos, enfin. Calme et plat. Dans cet état méditatif, la crainte de la mort disparait. Un futur neuf t'attend. Courage, Rik, dans quelques heures, tes yeux s'ouvriront, ta nouvelle existence pourra enfin commencer. Tu vas vivre. Maintenant, dors.

[...]

Les paupières frémissent. Le corps s'extirpe de la nuit. Encore ankylosé par toute cette souffrance accumulée. Mais la respiration est régulière, apaisée. J'embrasse sereinement mon éveil. Sans hâte. Je profite. Pourtant, bien vite, le cerveau sort du coltard et déjà, une question me taraude. Au point de bousculer mon doux et paresseux retour au monde des vivants. Suis-je toujours entier ?

J'ouvre brusquement les yeux. La chambre entière berce dans une tranquille obscurité. Je devine qu'il fait jour, la lumière s'infiltre délicatement depuis les rideaux, sur ma droite. Mes yeux s'adaptent. Je m'agite en même temps que j'observe. Une sévère douleur me rattrape et je l'accueille avec une joie toute masochiste. Si ça souffre, c'est vivant. Oui, mes deux guiboles sont là, sous le drap blanc. Soupir de soulagement. Tu l'as fait. Tu n'y es pour rien, mais parfois, il faut savoir prendre le crédit des victoires remportées par d'autres pour soi. Plaisir. Je me redresse et dévisage la pièce.

Personne. C'est presque dommage, j'ai des remerciements à distribuer par grappes entières. Grappe. Soif. Sensation de manque. Besoin d'ivresse et de tabac des îles. Hm, certains vices s'en sont sortis indemnes, eux aussi. Bien joué, les gars, content de vous retrouver.

La solitude m'offre le temps de me remettre de mes émotions. J'écoute les signaux du corps, attentif. Derrière l'essor du réveil, je devine l'organisme fourbu. C'est comme récupérer d'un virus tenace. Une fatigue lourde demeure encore, lovée au plus profond de mes tripes. Il me faudra encore respecter une période de repos intensif avant d'espérer recouvrer toutes mes capacités. Mais je suis vivant, je suis complet et pour le moment, je n'ai qu'un seul désir, puissant, terrible. Marcher.

Je tire vivement la couverture et admire la tenue de patient dont on m'a affublé. Hm, c'est que je suis diablement sexy dans cette blouse pastel. Allez, élève-toi, Rik Achilia, nouvel homme. Tu as des couloirs aseptisés à l'ammoniac à arpenter.

Pof.


Gnnnh' !!

Je me vautre joliment et ma tête part valdinguer contre la base du lit. Bordel, ça fait mal. Put... de bor... de merde. Et je parle pas de la pigne sur le crâne. Rien à voir, non. C'est la jambe. Comme s'y je m'étais refait planter un schlass dans la cuisse à l'instant où j'ai pris appui. Je soulève le sarrau d'un mouvement vif, en pestant contre la douleur. Je croyais en avoir fini avec ces conneries. Et là, je vois.

Ma jambe nappée d'un bandage serré. Pourtant, je devine maigrelette sous cet attirail. Impression confirmée quand je la compare à sa voisine de droite. Bordel, mais qu'est-ce qu'ils ont foutu ?

Ronchon, je me redresse et viens m'asseoir en fond de lit. Je reste là une bonne minute à fixer ce bout de viande frêle. Parfois, je tâte, pour vérifier comment l'organisme répond. Une caresse équivaut à une pression, une pression à un coup de poing. C'est pas brillant. Je commencerais volontiers à maudire le charlatan qui m'a charcuté comme une coppa mais à cet instant, la porte s'ouvre. C'est Léa. Quand elle me voit, son regard s'illumine.


Vous êtes réveillé !
Est-ce vraiment une surprise ?
C'est que... ce n'était pas gagné. Au début, le médecin pensait même que vous ne survivriez pas à l'opération. Et puis, il disait que votre réveil n'interviendrait pas si tôt.
Que veux-tu ? Je suis un roc. Alors, combien de temps j'ai dormi ? Deux heures, trois ? Un nuit entière ?
Trois jours complets.
Trois jours complets !?

Ma surprise me donne un air ahuri. Je ne m'y attendais pas, à celle-là La gamine ne relève même pas. Je dois vraiment revenir de loin. Elle reprend, le visage perdu dans des souvenirs visiblement difficiles.

Vous auriez dû voir la chirurgie. Tout ce sang...
Parlant de ça, on m'aurait pas fauché un morceau de lard dans l'opération ? Je me sens un peu léger à babord.
C'était le seul moyen ! La chair était si profondément suppurante, il a fallu en ôter énormément pour éviter tout risque de rechute.
Vous m'avez refilé à un boucher, en fait.
Détrompez-vous, le médecin est parfaitement brillant. Il a tout fait pour vous éviter l'amputation.
Oh bah, ça aurait pas fait grande différence, hein. Il s'est juste gardé un bout d'mollet pour son frichti, le loustic.
Vous avez tort de dire ça.

Je vois que la môme réprouve mais c'est comme ça, je l'ai un peu mauvaise d'avoir abandonné mon quadriceps au premier aficionado du bistouri du coin. À tous les coups, c'est encore un de ces rugueux médecins militaires qui pensent avec leur hachoir. Quand il va débarquer, il va être bien accueilli, c'est une promesse.

Et là, la porte s'ouvre en grand. Un vieux monsieur en blouse blanche, la mine affable, la barbe fournie et taillée avec soin. Des besicles rondes sur son nez proéminent. Mais surtout, un crâne, chauve, tout chauve et lisse. Je tremble d'effroi. Bon sang, mais je reconnais cette tronche !


Alors, comment se porte mon miraculé ?
Aaah ! C'est lui ! C'est le visage !
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