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Debout les morts !

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James W. Blackburn

♦ Localisation : West Blue - Las Camp

Feuille de personnage
Dorikis: 1450
Popularité: -55
Intégrité: -60

Dim 15 Avr 2018 - 14:24



De retour chez les vivants !

L’air était d’une extrême moiteur dans la pièce, à la limite du respirable. L’état déplorable du volet laissé passé la lumière sans grande difficulté, permettant d’éclairer convenablement la pièce. Une odeur nauséabonde flottait dans l’air, savant mélange de viande avariée, de renfermé avec un zeste de moisissure.
Le jeune homme ouvrit tant bien que mal ses yeux, la première chose qu’il découvrit ce fut le plafond. Ou plus exactement l’immense tâche de moisissure qui le recouvrait en grande partie. Blackburn avait l’impression d’immerger d’un terrible cauchemar. Il scruta la pièce en quête d’informations supplémentaires sur ce lieu. Mais l’endroit était quasiment vide, excepté le lit dans lequel il se trouvait, une petite table de chevet ainsi qu’une table en bois l’endroit était totalement désert.

James se redressa non sans mal pour s’asseoir, il était complètement désorienté, sans aucune notion de temps ni de lieux. Machinalement, il porta la main sur son torse. Son poitrail était recouvert d’un vieux bandage laissant apparaître une grande quantité de sang séché. Étrangement, pour une raison qui lui était encore inconnue il savait avant même de porter les yeux dessus de l’existence de multiples blessures à cet endroit. Son cerveau était encore plongé dans une épaisse brume, mais des bribes de souvenirs revenaient petit à petit à la surface. Pour le moment, il préféra ignorer ses blessures en ne touchant pas aux bandages et privilégier l’exploration des lieux.

Son estomac le tiraillait comme jamais, il chercha du regard quelque chose pour se restaurer. Sur la petite table de chevet se trouvait un quignon de pain moisi à moitié bouffer par les rats et un bol d’eau stagnante couleur boue. Il hésita pendant un instant, mais se ravisa au dernier moment. Dans son état actuel, c’était prendre un le risque d’avoir une chiasse fatale. Survivre à une agression pour ensuite crever dans son vomi et sa merde ? Il remarqua, poser au pied de son lit, se trouvait une canne de fortune taillée dans le bois. Un objet précieux au vu de son état.

Blackburn se leva avec hésitation sur ses deux jambes à l’aide de la canne. Malgré cette dernière il avait la plus grande difficulté à se tenir correctement debout. Depuis combien de temps était-il dans ce lit ? ! Il jeta en coup d’œil en arrière, et remarqua une grande quantité de sang présente dans les draps. Sa survie relevée du miracle. Après un moment d’hésitation, il se déplaça fébrilement vers la table, sur laquelle étaient entreposés divers objets chirurgicaux couverts eux aussi de sang. Le jeune homme planter comme un piquet devant la table, scruta un long moment le kit du parfait chirurgien à la recherche de réponse. Pour le moment le seul indice dont il disposait, c’était au vu de la poussière cela faisait un petit moment que personne n’avait mis les pieds ici.

Alors que le pirate de fortune était plongé dans ses pensées, une douleur semblable à un coup de poing en plein estomac apparut. Depuis combien de jours n’avait-il ni mangeait, ni bu ? Une terrible crampe se propagea de son ventre, ayant raison de son équilibre précaire. Il s’écroula de tout son long, frôlant de justesse le rebord de la table et son contenu d’objets tranchants.

James était inconscient, mais des flash-back s’immiscèrent en lui.

Subitement projeté dans une artère à la tombée de la nuit, il n’était pas le seul, en effet, quelques passants partager avec lui le trottoir. Derrière lui se trouvait une grande bâtisse méconnaissable, une sorte de manoir. Dans la cohue, des voix singulières se démarquèrent, impossible d’identifier leurs nombres et encore moins leurs propriétaires respectifs. Sa tête lui faisait un mal de chien.

« James W. Blackburn ! Enfant de putain ! »

Nouveau trou noir ! L’instant d’après il était seul face à plusieurs ombres indescriptibles. Elles étaient peut-être trois ou quatre… Les choses allaient trop vite pour pouvoir apprécier le moindre détail. Elles se jetèrent sur lui ! Il n’était désormais plus que simple spectateur de son agression. Tout semblait se dérouler au ralenti, à la limite de l’arrêt. Il était prisonnier de ce corps qui ne lui répondait pas, était-il drogué ? Quoi qu’il en soit, ce fut avec une lenteur extrême qu’il sortit son épée de son fourreau pour faire face.

« Crève la gueule ouverte, bâtard ! »

Le jeune pirate se trouvait maintenant affaler contre le mur son arme tendue couverte de sang en guise de dernier rempart. À ses pieds gisait une masse noire, sans aucun doute le cadavre d’un de ses agresseurs, mais il ne s’agissait que d’une supposition. James se tenait le flanc, une vive douleur le parcourait de part en part. Il était salement amoché, mais encore vivant. Devant lui les ombres semblaient plus que jamais déterminées à mettre fin à sa piètre existence.

Le rideau noir se baissa une nouvelle fois. Maintenant, il gisait à même le sol, baignant dans son sang. Blackburn entendait vaguement l’écho de voix de deux hommes discutant près de lui. Les ombres étaient parties, en le laissant plus que mort vivant. Quelques choses ou quelqu’un avait dû les empêcher de finir leur travail. Pourquoi n’avait-il pas reçu le coup de grâce ?

« Bordel, Jack tu as vu l’état de ce type ?! Qu’est-ce qu’on fait ? …. »


« Il est mort, ou tout comme, ne traînons pas ici. Les cadavres c’est toujours un nid à emmerde. »

Dans un ultime réflexe de survie, le jeune pirate agrippa la botte d’un des curieux.

« Aidez… moi… S’il vous… »

Il était à présent allongé sur un lit, poussant des cris de douleurs pendant que deux hommes le tenaient et un troisième tentait de le rafistoler avec les moyens du bord. Son corps était recouvert d’innombrables plaies saignantes et d’ecchymoses.

« Tu penses qu’il va survivre ?! »


« Je ne suis pas formé pour ce genre de blessure, il devrait être mort. J’ai fait mon possible, maintenant ce n’est plus de mon ressort. Partons. »

Lorsqu’il ouvrit les yeux, James était de retour dans le monde réel. Il se trouvait exactement au même endroit que précédemment, personne n’était venu le troubler pendant son inconscience. Signe que cet endroit était bel et bien déserté. Quelque chose avait changé cependant, l’obscurité avait envahi la pièce. Il s’agissait de la seule indication de temps qu’il pouvait avoir. Il rampa jusqu’à la table pour prendre appui et se relever. Prenant conscience de son état, le convalescent se déplaça avec la plus grande prudence jusqu’à la porte d’entrée.

Elle n’était pas fermée, il poussa la porte et découvrit qu’il se trouvait dans une ruelle mal éclairée au loin de multiples échos de voix, remontaient jusqu’à lui.

« …. Où suis-je ? »


La confusion régnait encore dans sa tête, que pouvait-il bien foutre dans un endroit pareil ? C’était les bas-fonds de la ville ici, bien loin de ses standards de vie d’autrefois. La mémoire lui revenait petit à petit, notamment sa longue période de captivité. Il se souvenait de son évasion laborieuse et sanglante. Mais ensuite black-out total… Un nom lui revenait cependant en tête, « Oletto », Derrick Oletto, par qui toute cette merde avait commencé. Combien d’heures, de jours, de mois avait-il passés en captivité ? Pour une histoire de croûte. Il n’avait pas de certitude, mais au fond de lui il était persuadé que c’était ce gros porc de Derrick qui l’avait livré en pâture à ses ennemies, histoire d’effacer toute trace du larcin.

Blackburn décida de s’éloigner de cet endroit lui donnant des nausées en espérant que tout cela ne devienne plus que de mauvais souvenirs. L’intervention du mur en plus de sa canne n’était pas trop pour prévenir de toute chute. Il croisa plusieurs ombres aux regards fuyants, provoquant à chaque fois en lui en sentiment de peur mêlé à celui de la colère, à tout moment l’une d’elles pouvait très bien se jeter sur lui pour finir le boulot.

Après avoir fait une centaine de mètres, le jeune homme s’arrêta devant un boui-boui qui avait la prétention de faire taverne et auberge. C’est à ce moment-là qu’il plongea la main dans ses poches en quête d’argent, il n’en retira trois fois rien. Mais cela devait être bien suffisant pour passer une nuit dans ce genre de taudis. Les types qui l’avaient sauvé d’une mort certaine avaient dû lui faire les poches avant de partir. Mais il ne pouvait pas leur en tenir rigueur, c’était uniquement grâce à leur intervention qu’il n’était pas en train de nourrir les vers dans une fosse commune.

L’ex-nobliau poussa la porte avec appréhension, ne sachant pas du tout où il mettait mettre les pieds. Sans grande surprise, cela donnait sur une large pièce faite de tables et de chaises occupées par tous les soûlards des environs. À vue de nez, environ une cinquantaine de personnes étaient présentes. Ce qu’il redoutait par-dessus tout c’était de se faire détroncher, dans son état même un cul-de-jatte viendrait à bout de lui sans la moindre difficulté.

Il se dirige en clopinant vers le comptoir, son entrée était passée quasiment inaperçue par le plus grand nombre. Il s’installa sur un tabouret de fortune entre deux gorilles, les tatouages qui recouvraient leurs énormes bras ne laissaient pas de place aux doutes, ils s’agissaient de pirates. Il hésita un instant à faire machine arrière pour trouver quelque chose qui ne ressemblait pas à un repère de crapauds, mais avec trois sous en poche, c’était illusoire.

Tout en essayant de rester un minimum discret, il se retourna pour regarder avec une plus grande attention les autres clients. Il dénombra aux moins trois équipages de pirates, leurs capitaines étaient difficilement identifiables. Le genre de poivrots qui écume les bords de côte à la recherche de navire isolé ne présentant aucun risque.

« T’es là pour te rincer l’œil ou commander ?! Pour ton info le blondinet, j’encaisse avant de prendre commande, j’aime pas les mauvais payeurs ! » cracha le tavernier.

Blackburn resta un moment interdit avant de sortir l’ensemble de sa cagnotte sur le comptoir. Cette action attira l’attention de ses voisins de comptoir, sûrement avide de pouvoir se faire de l’argent facile sur un pauvre type comme lui.

« Je peux avoir à manger et une nuit avec ça ? »

« hum… Ouais c’est faisable… » Le tavernier resta un instant devant lui tout en fixant les bandages qui recouvrait son torse.

« Par contre tu ne me fous pas du sang partout ! J’ai autre chose à foutre que nettoyer vos merdes. »

Le gorille à sa gauche, intrigué, se pencha pour l’observer avec insistance.

« Dit donc mon mignon tu as l’air sacrément amoché ?!» Il appuya son doigt intentionnellement pour voir sa réaction.

« Tu as voulu jouer au grand ? » Puis, il parti dans un fou rire d’ivrogne.

Blackburn préféra ne rien relever, et se concentra sur le ragoût qu’il venait de se faire servir. La bouffe était infecte, mais il n’était pas une mesure de faire la fine bouche. Il termina son assiette sans laisser la moindre goutte de jus, le tout arroser d’une chopine de jus de pisse.

« He bah dit donc, la petite à faim ?! Si tu veux, j’ai de la bonne viande à manger, mon mignon ! »

Accompagné d’une grande tape dans le dos, il avait décidément bien choisi sa place. En temps normal il se serait fait un plaisir de lui briser la patate qui lui servait de nez sur le comptoir, mais dans ce cas présent il ne pouvait que ronger son frein.

Il décida que pour son bien, il était grand temps de partir se coucher, l’alcool ne rend pas plus intelligent surtout quand le quotient intellectuel de base frise celui d’un mollusque. Lorsque James se leva, le crapaud à sa gauche le plaqua avec force sur son tabouret.

« Tu vas où comme ça ?! T’as pas une gueule d’un mec d’ici toi ! Je suis certain que tu caches un petit magot quelques parts ! Tu m’as tout l’air d’un petit nobliau qui fait sa crise d’adolescence ! »

*Si tu savais mon couillon*

Au même moment ce dernier sortit un couteau et le présenta sous les yeux de sa proie.
Le tavernier détourna le regard et passa son chemin, c’était compréhensible en même temps. Pourquoi risquer son établissement et sa vie pour un parfait inconnu, James n’aurait pas fait mieux. Et de toute façon, personne ici ne lèverait le petit doigt pour lui venir en aide, bien au contraire.

Que pouvait-il faire pour se sortir de ce guêpier ?! Se battre ? Sur un malentendu il pourrait peut-être avoir raison de son adversaire, mais ils étaient tout un équipage ! Fuir ?! Encore plus ridicule…

« Alors ?! Tu craches le morceau ?! »

*Je vais lui vomir dessus, il ne sera pas déçus du morceau... *

Le géant l’empoigna et le mit debout face à lui, décollant au passage ses pieds de quinze bons centimètres du sol pour combler l’écart de taille. Attirant au passage l’attention de ses congénères, l’un d’eux l’interpella :

« Bordel, Igor, qu’est-ce que tu branles ?!»

« Fiche-moi la paix, il respire l’argent ce fragile »

Au même moment, un homme débarqua à tombeau ouvert dans le rade. Couvert de sueur et essoufflé :

« Cap’tain ! Cap’tain ! La Marine !!! Ils font une descente !  Ils cherchent du pirate !! »

« Quoi ?! Bordel de dieu ! J’avais pourtant graissé plus d’une patte ! En route mes seigneurs, au navire ! »

En quelques instants l’endroit se vida des trois quarts de sa clientèle. Mais James était toujours en prise avec son agresseur qui ne lâcher pas le morceau, Il était persuadé d’avoir dégoté la poule aux œufs d’or ! Il tira violemment sur les bandages du blondinet laissant apparaître un torse meurtri par d’innombrables cicatrices et contusions. James baissa les yeux pour voir l’ampleur des dégâts, le plus surpris des deux fut le fameux Igor, il ne s’attendait certainement pas à voir un tel spectacle. Il plongea sa main dans les poches de sa victime à la recherche d’indices permettant de confirmer ses soupçons. Il ne trouva absolument rien, ce qui le contraria fortement.

« Ta tête ne me revient pas du tout petite merde, tu caches forcément quelque !!! »

L’autre membre de l’équipage qui l’avait précédemment interpellé refit son apparition en hurlant à la porte :

« Bordel IGOR ! Qu’est-ce que tu branles ! Lâche le triple abruti ! La marine va débarquer d’un instant à l’autre ! »

Le géant ignora complètement les mises en garde.

« IGOR ! Reste moisir ici ! Je me casse d’ici moi ! Cela grouille de militaires ! »

La porte se referma dans un bruit sourd, James était dans une position très inconfortable. Il ne comprenait pas la réaction de cet ivrogne, déterminer à finir au cachot pour un soi-disant flair ? Son agresseur le laissa tomber au sol comme une merde après lui avoir infligé un coup de poing dans le ventre, provoquant une très vive douleur.


« Hum… Vu que tu n'as pas l'air de comprendre les choses...  »

Il planta d'une geste sûre la pointe de son couteau dans une des multiples blessures de James, ce dernier laissa échapper un cri de douleur et de surprise.

*Bouges-toi James !! *

Alors que le pirate s’apprêtait à réitérer son geste, le jeune homme parvint à détourner l'avant-bras de son agresseur pour lui faire planter sa lame dans le comptoir à la plus grande stupeur de ce dernier.


« Comment oses-tu petite raclure ! Je vais t'ouvrir en deux !  »

James décida de prendre l'initiative voyant que son agresseur galérer à retirer le couteau du comptoir, il savait pertinemment que dans son état, un combat à main nue serait synonyme de défaite assurée face à un morceau pareil. Il se redressa tant bien que mal, après avoir asséné un coup de pied dans le genou de son adversaire frôlant l'espoir de pouvoir enfin déséquilibrer la bête. Une fois accoudé au comptoir, il se saisit de la première chose qui lui passa par la main, une grosse chopine de bière au trois quarts vides. Qu'il éclata allègrement sur la face du fameux Igor. Il tituba en arrière, se tenant le côté droit du visage totalement ensanglanté et hurla sa rage et sa douleur :

«  Tu vas me le payer !!!!!  »

Il dégaina son pistolet tout en continuant sa course en arrière, et tira à l'aveuglette. La balle se perdit à plusieurs mètres de James, dans une poutre en bois. Fou de rage d'avoir une nouvelle fois échoué, il dégaina cette fois-ci son épée tout en continuant de beugler à la mort. C'est à ce moment-là que le patron de l'établissement sortit à son tour une arme à feu, la pointant directement sur le fauteur de trouble.

« Barres-toi d'ici sinon je fais feu ! »

Le tavernier avait soudainement retrouvé ses bijoux de famille, sans doute grâce à l'intervention immédiate de la marine. Mais le pirate semblait plus septique sur les motivations du gérant. Il avança d'un pas et eu en guise de retour le fameux "clic" indiquant à tous que l'arme était dorénavant près à l'emploi. Après de longues secondes d’hésitations, il lâcha un flot d'injures à l'encontre de la terre entière avant de disparaître dans l'obscurité de la nuit.

Tout était redevenu calme ici, seule une poignée d’irrésistibles habitués occupés encore les lieux. Ils ne semblaient pas s’émouvoir davantage des récents événements du moment qu’ils ne voyaient pas le fond de leur godet.

James à bout de souffle était toujours accoudé au comptoir, le tavernier s'adressa à lui :

« Tu as de la chance le bleu, un peu plus et tu passais de vie à trépas  ! Tiens voilà les clefs de ta chambre, profites de ta nuit. Et pour ta peine, tu peux finir les assiettes des crapauds. Et prie pour qu'ils ne remettent jamais les pieds ici, aussi bien pour toi que pour moi ! Je risque gros avec ces conneries moi ! »

Blackburn monta jusqu’à sa chambre avec la plus grande des difficultés, il était totalement épuisé. Ne tenant même pas compte de l’état piteux de sa chambre il s’affalât sur le lit sans même ôter ses affaires et se laissa emporter par le sommeil.
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James W. Blackburn

♦ Localisation : West Blue - Las Camp

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Sam 21 Avr 2018 - 21:21



Mais pas pour très longtemps !

C’est la lumière du jour qui poussa le jeune homme à ouvrir les yeux. Dans son empressement, il avait complètement oublié de fermer les volets, la nuit dernière. Son premier réflexe fut de se diriger vers le miroir à moitié fendu pour contempler l’étendue des dégâts. Ses agresseurs l’avaient suriné comme une vulgaire pièce de viande entre les mains d’un apprenti boucher dépourvues de la moindre once de talent.
Il parcourra de ses doigts hésitants l’ensemble de ses cicatrices encore fraîches. Une question demeurée en suspens, comment étaient-ils remontés jusqu’à lui ? L’île de Kanokuni n’était pas la porte à côté, il n’avait en outre, à sa connaissance aucune fiche de recherche placardée dans son dos. Il avait bien son idée, mais aucune preuve pour venir appuyer ses suspicions, et encore moins la moindre piste pour remonter à ce gros porc, sûrement déjà mort d’une cirrhose depuis belle lurette.
En s’attardant sur ses blessures les plus anciennes, il se remémora son ancien compagnon de route, le temps de quelques aventures à ses débuts dans la piraterie. Une sorte de docteur, qui se faisait appeler Mochi. Illustre personnage haut en couleur, il n’avait plus eu de nouvelle de ce dernier depuis des lustres. Il avait parfois un peu d’amertume d’avoir laissé son camarade en plan, mais la vie était ainsi faite. Quoi qu’il en soit, il regrettait son absence à ce moment précis pour avoir des soins dignes de ce nom.

Après avoir effectué sa toilette avec précaution, il quitta les lieux en adressant un signe de la tête en guise de remerciement au propriétaire des lieux. Il ne voulait pas s’attarder ici, les hommes de main de Kanokuni étaient peut-être toujours présents dans les parages. Sa dernière rencontre avec eux, l’avaient laissé les tripes à l’air. La seconde rencontre était sûrement synonyme de bouffer les pissenlits par la racine à coup sûr. Surtout désarmé comme il l’était, pas le moindre couteau, il se sentait nu comme un vers.

Il remontait une rue qui avait tout l’air d’être une des artères principales de la ville. Voilà bien longtemps qu’il n’avait pas foulé les pavés de Las Camp, depuis sa confrontation avec un redoutable gang d’hommes-poissons. De ce fait il redoublait d’efforts pour passer inaperçu, notamment en longeant les murs comme un vulgaire paria. Avec un peu de chance pensa-t-il, il quitterait cette île en un seul morceau.

L’étrange atmosphère qui flottait en ville ne tarda pas à le tirer de ses pensées. Une drôle d’agitation était palpable autour de lui, il n’eut même pas besoin de questionner les passants pour trouver l’origine de tout ceci. Il suffisait de suivre les autres curieux qui s’empressaient à aller dans la même direction. Quelques dizaines de minutes plus tard, il arriva sur une grande place en compagnie d’une foule de badauds qui s’agitait dans tous les sens. Impossible pour lui de voir quoi que ce soit, derrière ce mur humain, mais des bruits d’escarmouches lui parvenait jusqu’aux oreilles. De quoi éveiller définitivement sa curiosité !

Du fait de sa carrure physique pour le moins banal, le jeune Blackburn dut jouer plus d’une fois de ses épaules pour parvenir à comprendre ce qu’il se tramait ici. Il ne comptait plus les coups en traître reçus ni les insultes dont il faisait l’objet. Après d’innombrables efforts, il se trouvait enfin aux premières loges et découvrit avec une certaine excitation, le genre de scène qu’il apprécier tout particulièrement. Une rixe opposant un petit groupe de hors-la-loi à plusieurs soldats de la marine.

*Enfin un peu de distraction, sans que je sois l’acteur principal ! *

D’un rapide coup d’œil, il dénombra sept pirates, dont trois déjà hors d’état contre une bonne vingtaine de marines. Sauf grosse surprise, le combat était déjà perdu d’avance pour les hors de la-loi. Cependant la marine accusée elle aussi plusieurs pertes dans ses rangs, elle paierait cher cette victoire. Un des officiers de la marine beugla une énième injonction à l’égard des pirates sans résultat. À voir sa tête et l’intonation donnée, il n’espérait pas grand-chose en retour, il était ici question plus de formalités que de toute autre chose. Bien qu’encerclés, les pirates offraient une résistance plutôt valeureuse. Évidemment toute proportion gardée, il ne s’agissait en rien de pirate du Nouveau Monde, juste de quelques brigands des mers issues d’un des Blues, donc pas de quoi cassé trois pattes à un canard ! Ils repoussèrent cependant une nouvelle attaque, en perdant deux des leurs pour quatre soldats.

James regarda avec plus d’attention l’un des protagonistes, qui avait attiré son attention, il se démarquer des autres de par sa taille et surtout son acharnement au combat. Il reconnut sans mal, son « comparse » de la veille, cette brute d’Igor. Il était dans un sale état général, couvert de sang et de sueur, sans compter la méchante balafre sur son œil, potentiellement provoqué par le jet d’une choppe dans sa tronche par le jeune Blackburn. Cela donna un soudain regain d’intérêt à la situation pour James, il souhaitait observer avec une attention toute particulière le dénouement de cette histoire. Il semblait même satisfait que la marine réussisse finalement à débusquer le gorille et ses compagnons de mer de leur terrier.

Les deux camps s’accordèrent un petit moment de répit, pendant lequel les soldats organisèrent un cordon médical pour évacuer leurs morts et blessés. C’est pendant ce flottement que cette brute d’Igor analysa les alentours, sûrement à la recherche d’un hypothétique itinéraire de fuite. Malgré leur pseudo défense valeureuse, la partie était terminée pour eux. Son regard croisa par hasard celui de Blackburn, à sa plus grande surprise.

*Hey merde… Je sens les ennuis à plein nez…*

Igor ne lâchait plus le jeune homme du regard, oubliant totalement qu’une dizaine de marines se tenaient à quelques mètres de lui avec une fervente envie de le passer au fil de l’épée !
James recula instinctivement d’un pas en arrière, comme pour se laisser absorber par la foule, mais il était déjà trop tard ! Pour une raison qui lui était inconnue, ce foutu gorille avait fait une véritable fixation sur sa personne.

« TOI !!!!! TOUT EST DE TA FAUTE » hurla Igor en pointant du doigt James.

*Aie… ça pue…*

La foule autour de Blackburn s’écarta d’un seul mouvement. Même les marines avaient tourné leur tête dans sa direction. Le gorille s’élança dans une course effrénée en direction de James, comme un animal enragé, il éclata la tête d’un soldat qui eût l’ingénieuse idée de se mettre en travers de son chemin avec son corps de crevette. Pris au dépourvu, James ne trouva rien de mieux à faire que de rester sur place en attendant l’impact.
Derrière la marmule frénétique, la plus grande des confusions régnées, il en valait de même pour les militaires qui n’avaient reçu aucun ordre clair et précis de leur officier présent sur place.
James reprit ses esprits juste à temps pour éviter le drame. Son adversaire tenta de l’agripper avec sa grosse paluche en vain. Fort heureusement pour le jeune homme encore souffrant, son adversaire était peut-être un golgoth, mais il était affreusement lent dans ses mouvements et surtout avait son champ de vision grandement réduit. Le petit jeu du chat et de la souris se répéta à plusieurs reprises, avec toujours le même résultat à la clef. C’était devenu presque pathétique de voir ce monstre la bave aux lèvres brassées ainsi du vent pour choper un type qui faisait à peine la moitié de lui.

« CRÈVE !!!! »

Igor semblait avoir perdu totalement la raison, il s’agitait frénétiquement, balançant des propos incohérents et plein de haine. Il dégaina son épée et commença à faire de grands mouvements amples en espérant faire mouche. Il semblait avoir un talent certain dans la découpe de viande humaine pour le plus grand malheur des badauds restés un peu trop proche. Ils avaient eu la brillante idée de former un arc de cercle autour des deux protagonistes pour ne rien louper de cette scène plutôt cocasse. Mais ils n’avaient pas du tout percuté qu’Igor n’avait que faire des dommages collatéraux ! Au bout du deuxième cadavre, un mouvement de foule eut lieu. Ils avaient enfin compris que ce type ne rigolait pas !

Blackburn comprit qu’il était aussi grand temps pour lui de fuir, faute d’arme, il ne pouvait pas se permettre de s’éterniser ici. Sous peine de subir le même sort que les deux autres curieux…

Profitant de la cohue générale, et surtout de l’arrivée de soldats de la marine, le jeune homme prit à son tour la tangente. Son adversaire lui colla au train faisait fit de ses poursuivants. James pouvait quasiment sentir le souffle de son poursuivant sur sa nuque. Un homme devant lui tenta de lui barrer le chemin pour une raison obscure, Blackburn l’esquiva au dernier moment le percutant au niveau de l’épaule. Le pauvre bougre comprit sa fatale erreur quand il dût faire face au second protagoniste qui ne prit pas les mêmes pincettes avec lui.
Le malheur des uns fait les bonheurs des autres, James était redevable à ce héros d’un instant de lui avoir fait gagner un temps précieux, de par son action, il avait réussi à bloquer dans ses entrailles la lame de son bourreau ! Igor ne tarda pas à se retrouver rattrapé par les soldats, il tenta un dernier baroud d’honneur, mais les militaires en décidèrent autrement… Une première détonation se fit entendre, suivant d’une seconde l’instant d’après. Blackburn se retourna pour voir cette pourriture d’Igor tituber dans sa direction, son épée couverte de sang le pointer encore et toujours.

*Cela relève du domaine médical à ce niveau-là. *

La place était redevenue calme l’espace d’un instant… L’officier ordonna à ses troupes de faire halte aux feux. Le titan s’écroula de toute sa masse au pied de James. Ce dernier loin d’être ému de la scène contemplait non sans une certaine satisfaction le cadavre devant ses yeux.

« Attrapez-le ! C’est un pirate !!!! »

James n’avait pas pris conscience d’une chose pour le moins capitale, la foule était dorénavant persuadée qu’il faisait partie lui aussi de ce petit groupe de pirate récalcitrant.

« C’est quoi cette histoire ?!! Il y'a méprise !! »

En désespoir de cause, James se jeta à terre pour attraper la seule arme à sa disposition, l’épée du défunt Igor pour faire de grands moulinets autour de lui pour écarter les plus téméraires.

*Mais pourquoi je me retrouve toujours dans des situations pareilles ?!*

Les soldats se détournaient progressivement du cadavre d’Igor pour se concentrer dorénavant sur James.

« Je n’ai rien à voir avec eux ! Je cris à l'erreur judiciaire ! C'est moi la victime ici !! »

« Il ment ! Je l’ai vu hier dans une taverne en leur compagnie !! »

« Quoi ?!! Mais ?!! »

« Gamin ! Déposes ton arme à terre, tu n'as aucune chance contre nous ! »

Blackburn faisait maintenant face aux militaires, avec comme seul rempart une lame d’aussi bonne qualité que son corps à l’heure actuelle. Il dut se résigner à laisser son dos en proie à la foule hostile, il ne pouvait pas être sur tous les fronts. Le plus gros danger à l’heure actuelle venait des soldats. C’est en profitant de cette situation qu’un civil plus malin que les autres voulant sûrement se faire mousser auprès de mesdames décida de devenir acteur et non plus spectateur. Armée d’une sorte de gourdin il déboula dans le dos de James avec la fervente envie de lui refaire la caboche. Malheureusement les choses ne se déroulèrent pas vraiment de cette manière…

Blackburn se retourna in extremis, pour faire face à son agresseur, le pauvre bougre trahi par les siens et leur cri d’encouragement. Involontairement, il s’empala sur la lame que tenait en main le jeune homme, aussi surpris l’un que l’autre. James était certes un pirate, et n’était pas à son premier meurtre, mais tuée du civil n’était pas franchement sa tasse de thé. Il n’avait sûrement pas rejoint le pavillon noir pour ce genre d’acte…

Un silence s’empara des lieux, comme si le temps était figé… Le pauvre homme tentait de prononcer des paroles, mais à part du sang rien ne sortait de sa bouche. Il tenait d’une main fébrile la lame plantée dans son corps, laissant tomber au sol son gourdin.

«ASSASSIN !!!! MON MARI !!!!!! »

Un mouvement de panique éclata soudainement, James était à l’épicentre et ne voyait pas la moindre issue à ce fichu merdier !

« HALTE ! Rendez-vous ou mourrez ! »

Un combat s’engagea entre James et plusieurs Marines, en temps normal il serait venu à bout sans grandes difficultés de ses adversaires. Mais dans son état actuel, il avait perdu sacrément de son talent épée en main. Pour ne rien arranger, la foule était maintenant bien décidée à lui faire la peau, jetant toute sorte d’objets sur lui avec une précision laissant à désirer. Les projectiles touchaient aussi le blondinet que les soldats présents font à lui.
Malgré ce petit contre temps, il parvient à se débarrasser d’un premier adversaire un poil trop téméraire et surtout un poil trop mauvais au maniement du sabre. Il n’avait ni le temps et ni l’énergie de faire les choses proprement, son but était de mettre ses ennemies hors d’état de nuire, quitte à leur faire mordre définitivement la poussière très salement. Au bout du troisième cadavre de soldat devant lui, les choses commencèrent à prendre une tournure différente. La foule, tout comme l’armée, semblait prendre conscience de la dangerosité effective du bonhomme.

Les attaques se faisaient plus sporadiques et avec bien plus de précautions, ce qui permettait à James de reprendre de son souffle. Profitant de cette aubaine, il tourna les talons pour faire rentrer sans ménagement dans la foule :

« DÉGAGEZ SINON JE VOUS OXYE ! »

Le résultat espéré ne se fit pas entendre, un véritable boulevard s’offrait à présent à lui. Il n’hésita pas un seul instant à saisir cette chance inespérée de pouvoir enfin laisser derrière lui ce merdier sans nom. Dans sa fuite, Il jeta par réflexe un coup d’œil derrière lui, quelques soldats accompagnés de badauds lui filaient le train en gardant précieusement leurs distances. Son petit numéro avait finalement plutôt bien marché, du moins pour le moment…

L’adrénaline commençait à retomber, et son corps meurtri se rappeler à son bon souvenir. Il avait trop tiré sur la corde à peine remise, et maintenant il en payait le prix. Stoppant sa course, il marcha quelques mètres avant de devoir poser genoux à terre, à bout de souffle. La poitrine en feu, ses nombreuses blessures le faisaient terriblement souffrir.

*Merde… Pas maintenant…*

Ses poursuivants l’avaient rattrapé sans le moindre mal, il ne se voyaient pas refaire le même coup de bluff ce coup-ci, était-il seulement capable de se redresser ? Il réussit au bout de plusieurs reprises à se remettre debout à l’aide de son épée, mais dans quel but ? Le voilà maintenant seul face à une quinzaine de militaires désirant par-dessus tout venger leurs collègues morts au combat. Alors que la meute s’avancer d’un pas hésitant vers lui épée au clair, une voix retentie :

« Halte ! »

*Pourquoi ils ne finissent pas le boulot maintenant ?*

« Écartez-vous, je vais m’occuper personnellement de son cas… »

*C’est qui ce type encore ?*

Un officier de la marine venait de faire son entrée dans la danse. Il semblait tout droit sorti de l’école, pas un pli de travers, propre sur lui, pas une poussière sur ses vêtements, ni une cicatrice sur le visage. Il s’agissait sûrement d’une occasion en or pour gratter une petite promotion en ramenant la tête d’un assassin au quartier général. Machinalement, Blackburn se mit dans une sorte de posture défensive, il ne voulait pas crever comme un faible sans avoir offert au moins un semblant de résistance, ego oblige.

L’homme s’approcha de lui avec tant de manière que cela frisait le ridicule, James avait l’impression d’être un taureau qui attendait la mise à mort pendant une corrida. Cette simple image lui donna la nausée, il cracha au sol à quelques centimètres du Marine. Il ne voulait pour rien au monde que sa tête ne finisse en haut d’une cheminée d’un officier aux dents longues. L’officier sortit son magnifique sabre du fourreau toujours avec panache. Au vu de l’état de l’arme, il n’avait pas dû connaître beaucoup de combats. Le soldat se positionna dans une posture de combat très académique.

Toutes les actions étaient tellement surjouées, James ne savait pas du tout comment prendre son adversaire. Mais il n’eut pas le loisir de passer le premier à l’offensive, le militaire semblait vouloir montrer à la foule l’étendue de ses capacités arme à la main en déployant à la virgule près le parfait manuel du sabreur. A son grand regret, le jeune Blackburn offrait qu’une piètre résistance, le combat était à sens unique et ennuyant.

Dans un autre contexte, l’histoire aurait été tout autre pour James, mais son corps meurtri était arrivé à ses limites, il ne pouvait que contrer sans jamais proposer de rendre la monnaie de sa pièce. L’officier semblait lui aussi las de ce combat dépourvu de tout intérêt. Il plaça une attaque d’une précision chirurgicale, désarmant son adversaire avant que ce dernier ne puisse s’en rendre compte, comme l’aurait fait un instructeur sur une jeune recrue. En guise de coup final, il lui assena un violent coup avec la garde de son arme dans l’estomac. Après quelques titubations, James s’écroula de tout son long dans le sol. Le tout sous les applaudissements de ses subordonnés, Blackburn se sentait comme un enfant prit la main dans le sac à volé des bonbons…. Cette humiliation sans nom qu’il venait de vivre.

« He bien ? Tout ça pour ça… Quelle déception… Les pirates de nos jours sont vraiment affligeants. Il ne mérite même pas une mise à mort digne de ce nom ! Embarquez-le ! »

James resta planté là, la gueule dans les pavés, sans prononcer le moindre mot. Il n’avait plus la force ni l’envie d’offrir quoi que ce soit comme résistance, il voulait juste que tout ça se termine. Il regarda du coin de l’œil un homme s’approcher de lui, au vu de ses chausses, il s’agissait d’un militaire.

« Bâtard ! tu vas payer pour tes crimes »

L’homme lui assena un violent coup de pied en plein dans la tempe, une immense douleur le traversa, puis ce fut le black-out total…
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