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Pour la Révo !

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Ragnar Etzmurt
♠ As de la révolution ♠

♦ Localisation : West Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 7090
Popularité: +725
Intégrité: -338

Lun 14 Mai 2018 - 22:21




Port de Jaya, 1627.


« - Tu es sûr de vouloir y aller ? demande Suelto.
- D’autres choix s’offrent à nous ? rétorqué-je.
- Tu pourrais…
- Inutile. Je suis résolu à me rendre là-bas. Sûr de ma réussite ? Absolument pas. Que vaut une vie sans danger ? 
- Une vie où tu vis avec ceux que tu aimes, simplement. »

Vêtu d’un costume trois pièces, gris, d’un chapeau de la même couleur et d’une mallette, je m’apprête à partir en direction de Marie-Joie. Ce sont les derniers mots que j’échange avec Suelto avant un bon moment. Toute communication sera rompue. Je serais presque seul face aux plus grandes bêtes de ce monde. Ma vie ne tiendra plus qu’à un fil et ça sera ainsi. Kardelya m’a fait ses adieux la veille mais n’a pas souhaité me voir aujourd’hui, comme Mibu qui la suit partout.

Othar me prend alors dans ses bras et me murmure quelques mots avant de se retirer :

« Ne meurs pas, petit frère. »

Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ? J’ai déjà ressenti d’étranges choses à son égard. Que l’on soit clair, quand je dis « ressentir », ça n’a absolument rien de sexuel. Disons seulement qu’un lien nous unit. Je me posais la question et j’ai cessé de m’interroger là-dessus, mais ses dernières paroles remettent tout en cause. C’est assez explicite en même temps. L’aube se lève, alors peu de personnes sont présentes, puis peu savent que j’ai changé de tronche. Du héros de Jaya, je passe pour un simple individu qui s’en va.

Seuls les représentants de l’île, mon équipage et Othar savent que je suis en réalité Ragnar. Bref. Il est temps pour moi de tous les quitter. De légères, voire grandes accolades, puis je monte sur ce petit rafiot où se trouve déjà Marcel. Qui mieux que mon navigateur peut m’emmener à la station la plus proche. En effet, l’Umi Resha traverse toute cette voie de Grand Line avant de rejoindre le réseau de Marie-Joie, il suffit simplement d’avoir acheté son billet.

De manière assez anormale, Marcel est particulièrement bavard. Il me raconte des histoires de sa vie, me pose des questions sur la mienne, chose assez inhabituel chez cet individu normalement peu expressif. Je ressens des sentiments également peu habituelles en lui, une goutte de tristesse saupoudrée d’inquiétude. Je m’approche alors de lui en tapotant son épaule, comme le ferait n’importe quel ami dans cette situation.

« On se reverra Marcel, on se reverra. Tâchez d’être prêts quand le moment sera venu, dis-je en fixement l’horizon où une île est visible »

Je compte bien revenir et continuer notre projet. Et pour continuer ce projet, j’ai besoin d’hommes compétents. Dès lors que j’aurais trouvé la localisation de Mandrake, nous devrons monter une armada le plus rapidement possible et partir le secourir. Que dis-je ? L’armée doit déjà être en train de se construire. En plus des hommes que la révolution me fournira, je devrais jouer avec mes diverses relations pour agrandir ma flotte.

L’île se rapproche grandement. Marcel me dépose et semble assez tourmenté à l’idée de me laisser seul.

« Ragnar… J’ai l’impression de lâchement te laisser à la morgue. »

Je le saisis par l’arrière de sa tête et colle son front contre le mien.

« C’est toi qui ira en direction de la morgue si tu ne deviens pas plus fort à mon retour, dis-je d’un air presque mesquin. »

Je ramasse ma mallette au sol et m’en vais sans me retourner.

« Ta seule mission est d’être le meilleur navigateur pour le meilleur agent révolutionnaire. »

Le navigateur resta bouche-bée, immobile, jusqu’à ce que je disparaisse de son champ de vision. Les adieux, j’ai du mal avec ça. Je préfère être bref et me focaliser sur la mission. Surtout dans l’antre du diable où la moindre inattention me coutera la vie et probablement la chute de la révolution avec moi. Tu me diras, je ne tombe pas tout seul au moins, hùhù. Nous y sommes pas encore, j’entre à peine dans le train où le contrôleur s’empresse de récupérer mon billet.

Plus possible de faire machine arrière, c’est parti pour la mission la plus difficile de ma carrière.





Dernière édition par Ragnar Etzmurt le Jeu 24 Mai 2018 - 19:12, édité 1 fois
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Ragnar Etzmurt
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Lun 21 Mai 2018 - 17:19





Réseau de Marie-Joie.

Me voilà quasiment en enfer. Je les entends presque dire « le loup est dans la bergerie ». Je ricane discrètement dans mon coin, l’image m’amuse particulièrement. Je descends du train accompagné de ma mallette et suis la foule jusqu’à ce qui s’apparente à une douane. En même temps, c’est normal. Qui prendrait le risque de laisser entrer n’importe qui dans l’enceinte des divinités de ce monde ? Personne.

Quand arrive mon tour, je retire mon chapeau en saluant les soldats d’un grand sourire, puis je leur file ma mallette. Ils me fouillent au corps et me demande ensuite mes papiers. C’est probablement la partie la plus amusante. Dans ma mallette se trouve essentiellement des documents, rien de bien suspect, le soldat en charge la referme et la repose à mes pieds. Un autre analyse mes papiers puis me regarde d’un air supérieur.

« - Andrew O’Neilly ?
- Lui-même, dis-je en affichant mon sourire.
- Bon retour parmi nous, monsieur.
- Passez une bonne journée, camarade. Longue vie à vous tous pour protéger ce magnifique endroit. »

N’oublions pas que je suis maintenant un agent du CP6. Comme tout le monde, je monte ensuite des longues marches menant à la surface. Car oui, nous sommes actuellement sous terre. Lorsque la porte s’ouvre enfin, la lumière de l’extérieur nous éblouit, rassurant à peu près tout le monde. Faut dire que c’est peu décontractant d’être dans l’obscurité. Personnellement, j’apprécie le silence et l’obscurité, j’étais dans mon élément.

Une fois sur Marie-Joie, j’ai des consignes à respecter. La première est de lire le papier que caché à l’intérieur de mon stylo à plume. Alors je le démonte, je retire le bout de papier, puis je lis ce qu’il y a marqué dessus. C’est dans mes cordes pour l’instant.

« Rends-toi au bar « Margarita », commande un whisky avec quatre glaçons et attends. »

Je n’aime pas le whisky. Je ne sais pas où se trouve ce bar. S’il m’est indiqué de m’y rendre, je devrais le trouver sans trop de problème, c’est le but de la démarche. Et puis j’ai la flemme de chercher, alors j’intercepte simplement un passant, peu pressé pour éviter un vent, afin de lui demander où se trouve ce fameux bar. Apparemment assez fréquenté, le type semble presque heureux que je lui en parle. Comprenant que je ne suis pas ici pour m’amuser, il m’indique généreusement le chemin.

Le moins que l’on puisse dire est que le bar se trouve vraiment sous mes yeux. Il me faut avancer un peu dans les rues de la capitale, plus exactement l’allée principale, puis le bar se trouve juste sur ma gauche. « Margarita » me voilà. J’entre de manière assez discrète, l’ambiance est festive, de bonnes musiques latines, des femmes et des hommes qui dansent… Pas de bagarre, le tout avec beaucoup de classe. Je m’accoude au comptoir, le barman s’approche.

« - Que puis-je vous servir ?
- Une Margarita avec quatre glaçons, s’il vous plaît.
- Tout de suite, monsieur. »

Rapidement, un type assez classe, plutôt bel homme, s’assied sur un tabouret à côté de moi. Il esquisse un sourire.

« - On m’avait prévenu que vous ne respecteriez pas les règles à la lettre.
- Le whisky me donne la gerbe.
- Héhé… Je vois le genre de type auquel j’ai à faire.
- Allez, trinquons à notre rencontre, dis-je en levant mon verre fraîchement servi. »

Dorian, le nom de l’agent infiltré qui m’accueille actuellement, m’a déjà réservé une chambre à mon nom au Grand Marijoa Hotel. Pour l’histoire, de nombreuses années auparavant, cet hôtel aurait été hors de prix pour la durée de cette mission, mais comme toute grande enseigne en train de couler, celle-ci à dû revoir sa clientèle et ses tarifs. C’est donc là-bas que je suis guidé dans un premier temps.

« - Tiens, au bout de cette rue se trouve les bureaux du CP6, soit tes locaux à proprement parler. Je dirais qu’il n’y a personne actuellement puis, si ce n’est le chef de la section, et encore que ce soit vrai, aucun agent ne se connaît réellement. Crois en ta couverture.
- Bien reçu. « 

Je réalise que la mission commence. Me voici dans la cour des grands, là où je ne pensais pas atterrir de sitôt. Une erreur, je meurs. L’équation est simple. Si je me fais chopper, à moins d’être en mesure d’emmener mes secrets avec moi dans ma tombe. Ce sont les termes du contrat, je les ai signé depuis mon entrée dans la révolution. Sauf que je n’étais qu’un vaurien, aveugle, têtu et assez insolent. Cela n’avait pas beaucoup d’impact autrefois, c’est maintenant le cas. Chacun de mes actes pèse un poids sur l’organisation.

Une parole d’Émilie Knox était : « Tu n’es plus qu’un simple pion à présent. »
Ça résume assez bien mon rang. Je prendrais mes fonctions demain, justement le temps m’installer à cet hôtel et me reposer un peu après ce long voyage. Me remettre les idées en place et commencer cette entreprise dans les meilleures conditions psychologiques. Ainsi, Dorian me laisse et repart vaquer à ses occupations. Je n’ai pas besoin de plus d’indications. Les bureaux du CP6, ceux du CP9 situés juste en face et l’hôtel.

J’appréhende l’idée de commencer cette mission. Auparavant, je pressentais que je pouvais m’en sortir. Toujours. À chaque fois, j’étais capable de me dire que je n’étais pas complètement foutu, que je pouvais encore m’en sortir en faisant telle ou telle chose. Là, c’est différent. Peut-être du fait que grâce au haki de la perception, je ressens d’autres choses, notamment cet air hostile qui m’est insupportable. J’étouffe. Je suffoque. Je transpire sur le lit dans lequel je suis allongé. L’image de mes camarades me hante. Ils me manquent. J’ai besoin d’eux.

À tout moment, je peux être tué par un agent du gouvernement. N’oublions pas où je me trouve actuellement : la capitale du monde. Ici, c’est pas un camp de vacances pour un type comme moi. Ici, je peux me faire tuer par un amiral contre lequel je n’ai objectivement pas la moindre chance. Ici, tous mes rêves peuvent s’envoler. Ici, c’est la source de tous nos maux. Ici, je pourrais mettre un terme à cette guerre mais je n’en suis pas capable. Ici, pour la première fois, je ressens de l’angoisse.

C’est donc ça… la peur.




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