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Rencontre en cellule !

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Alma Ora


Feuille de personnage
Dorikis: 1062
Popularité: 11
Intégrité: 3

Mar 15 Mai 2018 - 0:01





Rhétalia, Arène, 1627.



Trop de monde. Trop de soldats. Je ne sais ni où je vais, ni ce qu’il y a devant moi. Enfin, objectivement, j’ai bien une idée de l’endroit où je vais. Cette foutue Arène où sont envoyés les fauteurs de troubles pour être pendus comme des chiens. Elle est belle ma vie, elle est belle. Q’u’ils osent me lâcher, on va voir qui sera pendu. Je suis assez remonté par cette idée de mourir de manière si lamentable pour avoir oeuvré pour quelque chose de correct.

Assez rapidement, la lumière disparait pour laisser place à des cris d’animaux. Pas réellement des animaux, plutôt des humains qui beuglent. Rien de bien rassurant en somme. Ça en dit long sur les conditions de vie des personnes ici présentes. On me fout dans une cellule dans laquelle se trouve un type… marqué par la vie. Un homme d’une quarantaine d’années, une musculature imposante, la barbe et les cheveux rasés, le regard vide…

« Qu’est-ce qu’un gosse comme toi fout ici ?… »

Un de mes sourcils se lève. Pas même un bonjour, c’est bonne ambiance.

« Le mieux serait que l’on ne se parle pas. Fais comme si je n’étais pas là, je n’en ai pas pour longtemps de toute manière, dis-je en analysant les lieux. »

Une cellule tout ce qu’il y a de plus normal. Trois murs et des barreaux. Génial.

« Tu comptes te barrer, p’tit gars ? »

J’ignore totalement sa question tellement la réponse est évidente.

« Tu sais que jamais personne n’y est arrivé ? »

Ça pourrait être décourageant. Mais j’ai vu pire encore.

« Ce n’est pas parce que personne n’y est arrivé que je n’y arriverais pas, rétorqué-je toujours en ignorant son visage. »

Les lieux sont relativement vieux et pas du tout entretenus. Je ne sais même pas comment la bâtisse tient encore avec l’agitation de la foule au-dessus de nos têtes. À croire que l’effusion de sang permet à celle-ci de tenir. Saloperie. Effondre-toi et écrase toutes ces merdes avec toi, en espérant que je trouve un moyen d’en échapper. Il me faut réfléchir calmement mais c’est pas gagné avec tous ces singes qui crient encore.

Puis je me retourne enfin vers mon co-détenu.

« - Dis-moi comment ça se passe ici.
- Err… Soit t’es faible, alors t’es pendu pour tenir la foule en haleine. Soit t’es correct et tu te bats pour te faire tuer. Soit t’es bon et auquel cas tu te bats et tue ceux qui sont corrects.
- Ça a au moins le mérite d’être clair.
- Tu penses faire partie de quelle catégorie ? 
- Aucune pour l’instant.
- Err… Je vois. »

Si je peux me tirer d’ici avant d’être envoyé en pâture.

« - Et tu combats à quelle fréquence ? 
- Err… J’dirais une à deux fois par semaine pour me remettre sur pied. »

C’est violent comme réponse quand même. Les affrontement ont l’air rudes. En même temps, c’est peu étonnant quand tu sais que tu joues ta vie à chaque fois. J’aime avoir une vie d’aventures mais il y a des limites tout de même. Rester enfermé dans cinq mètres carrés avec un type qui pue, pour jouer ma vie chaque semaine face à des types du même acabit que je vais devoir tuer ou qui vont me tuer… Vie de merde en perspective.

Perdu dans mes songes, je reprends mes esprits quand la cellule s’ouvre de nouveau. J’hésite quelques instants. Dois-je bondir sur le garde et sortir ? Non. D’autres sont à côté, je serais rapidement neutralisé, peut-être même abattu ou envoyé directement au centre de l’arène. Je reste sagement assis, je ne bouge pas d’un iota. Un type plutôt fatigué par la débauche est jeté comme du n’importe quoi.

Il me dit vaguement quelque chose. J’attends qu’il se redresse pour confirmer et ça ne manque pas. C’est le type qui jouait au cascadeur un peu plus tôt dans la journée, face auquel j’ai été arrêté également. On a été arrêté en même temps, et pourtant, je suis arrivé ici bien avant lui. Un problème avec ce détenu ? Il a mauvaise mine. Est-il malade ? Ou blessé ? Peu importe. Un bon acrobate certes, mais pas sûr qu’il puisse m’être utile pour m’échapper de cet endroit.

Je pose délicatement ma tête contre le mur sur lequel je suis adossé, puis je réfléchis. À moins que je ne m’endorme. Je ne sais plus trop à vrai dire. Ma vie est probablement foutue maintenant. Quitte à combattre, autant me reposer.



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Rik Achilia
The Gambler

♦ Équipage : Les Supernovices

Feuille de personnage
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Intégrité: -203

Mer 16 Mai 2018 - 20:15

Réveil. Pas la version romantique. Pas de p'ti déj au lit, de grisante alcoolémie de la veille bien vécue ni plus d'électrique strip-teaseuse pour me souffler un de ces " Bonjour " lascif à l'oreille qui file la chair de poule. Juste une sale et depuis peu familière douleur qui m'expulse de mon inconscience vaseuse. Arf. J'essaye de me dégourdir les articulations – c'est possible, j'ai lu ça dans la Gazette une fois – mais bien vite, je me heurte aux limites d'un espace contigu et ferrailleux. Mes mains lisent les contours dans mon dos avant mes yeux fatigués de constamment s'ouvrir sous la contrainte.

Qu'est-ce que c'est encore ? C'est froid et rugueux.

Je discerne aussi des grincements. Et des sabots. Sacrée combinaison. Ok, regardons.

C'est une cage. Qui épouse les secousses de la cariole qui la supporte. Et moi je suis assis dedans. Ce mode de déplacement tiraille l'arrière-train et tout ce qui s'en rapproche de près ou de loin, des orteils au cuir chevelu. Et en plus, j'ai le crâne au bord de l'explosion, mais ça, ça a plus à voir avec la trempe que je me suis ramassée. Merde, je suis vraiment prisonnier. Coincé comme un animal de cirque dans cet enclos piteux et puant.

J'aime encore mieux les gueules de bois mal assumées au réveil.

Le soleil qui me surplombe m'aveugle juste ce qu'il faut pour me torturer savamment. Je ne sais pas qui l'a tuyauté mais il fait bien son job. J'en ai les larmes aux yeux. J'y vois pourtant encore assez pour distinguer les badauds qui me dévisagent comme une bête exotique. Je me sens con, comme ça. Misérable. Je n'y avais jamais accordé vrai réflexion jusqu'à aujourd'hui mais cette situation me révèle une compassion nouvelle pour les monstres exhibés au tout-venant dans les foires. Sauf que là, c'est moi le fauve. C'est moche.

Quand je sors d'ici, je vais foutre le feu à un cirque, promis.

Un gamin curieux me pointe du doigt en mastiquant une pâtisserie diablement appétissante. Y'a des raisins secs et des granules de sucre sur son croissant. Miam. Sa mère le hèle par le bras et marmonne quelque chose à son oreille en me décochant un regard fuyant emplis de mépris et de crainte. Faut pas ma brave Dame, ça pourrait être vous à ma place. Si un honnête drille comme moi a atterri ici, pourquoi pas vous.

Sarcasme ? Pas tant que ça en fait. Merde, j'arrive même pas à rire de mon infortune. Enfin... vivement que je sois innocenté.

Je me redresse laborieusement. Mon crâne vient effleurer le plafond de ma chambre. C'est qu'il est diablement bas. Le corps retrouve de son répondant et j'ai la bougeotte. Peut être le fait d'être enfermé qui éveille l'instinct de liberté. Assis sur le siège avant, deux hommes torse-nu mais habillés de masques pyramidaux aux courbes violentes.

Dites, où est-ce que vous m'emmenez les gars ?

Pour seule réponse, celui qui tient les rênes lâche un glaviot qui s'envole sur notre gauche. Je suis le vol du projectile. Personne à la retombée. Dommage.

Pas de grands bavards, hein ? Jamais pendant l'service ? Je vois... Z'auriez pas une clope ?

Je parle dans le vide. Curieusement, ça commence à m'amuser.

Non, logique. Comment vous pourriez vous en griller une avec vos masques de carnaval ?

La carriole fait un léger écart pour permettre à un étrange éléphant de nous croiser. Pfuh', c'est gros, ce bazar. La vraie question étant : est-ce que ça a bon goût ? J'ai faim. J'ai faim, j'ai faim. Mais j'ai quand même un peu plus envie d'une clope.  Je reprends :

Je fumerais bien une clope.
...
Remarquez, z'êtes p'tetre bien fumeurs vous aussi, pas vrai ? Et sans le vouloir, je viens juste de réveiller une envie lointaine en votre for intérieur. C'est pas parce qu'on est obligé de s'affubler d'un masque ridicule qu'on n'a plus le droit de fumer, non ? Hm, peut-être bien que si, en fait...
...
Vous savez ce que c'est ? C'est de la discrimination ! On interdit aux braves gens de s'occire à petit feu. Mais la vie est un jeu dangereux et nous bercer de rassurantes mesures revient à nous priver de notre droit le plus strict de s'en griller une bon sang ! Allez, on s'arrête à la première boutique venue et on se paye tous une belle ration de tabac. Au nom de la liberté ! Qu'est-ce que vous en dites ?
...
Par contre, faudra rincer pour moi, j'ai oublié mon larfeuille dans mon autre blazzer.

On s'arrête.

Pour vrai ? On se paye vraiment une halte clope ? Merci les gars, z'êtes de chics types. Désolé d'avoir cogné vos onze collègues tout à l'heure. Et vos cagoules, elles sont belles.

On ouvre.

Je passe à peine la tête par la porte qu'une main vigoureuse m'empoigne au col et me tire dehors. Gnh ! Ça pique dans les muscles. Surtout la jambe. Les deux molosses m'attrapent chacun par une aisselle et commencent à me trainer le long du chemin.


Du calme les gars ! Je sais que vous êtes pressés mais...

Une ombre éclabousse le sol, recouvre brusquement chaque parcelle de sable. Je relève la tête. Là, j'en moufte plus une. Devant nous se dresse un édifice énorme. Un tas de pierre et de savoir-faire majestueux qui me file quand même des frissons. Un Colisée.

Sont un peu space vos bureaux d'tabac dans l'coin...

Toujours pas un foutu mot en guise de réponse. Ces machines de muscles sont programmées pour effectuer une tâche et c'est tout. En cinq minutes, ils me promènent comme un sac de linge sale dans les entrailles de la terre sans esquisser le moindre rictus d'effort. Bonne blague.

Cela me demande peu de temps de m'imprégner de l'atmosphère environnante. Les torches froides, les cris rauques, l'humidité accablante qui perle contre les parois. L'odeur de mort. J'aime pas trop bien l'ambiance.

Mais au lieu de ça, quand on me balance dans ma cellule, désincarnée, inhospitalière comme jamais, je ricane en me retournant sur le dos et en dévisageant le plafond rocailleux :


Merci messieurs, ce sera parfait. Le service d'étage est à quelle heure ?

Pas de réponse. Je toise mes deux colocataires. Un gros costaud farouche. Hm, non. L'autre est moins farouche. Et beaucoup moins costaud. Ce sera pour lui.

C'est plutôt cosy, ici, j'ai pas raison ?

Et tout fier de mon effet, je m'en vais m'affaler dans un des recoins libres de ce nouvel enclos. Finalement, j'avais tort. ce réveil a tout de romantique. *


* Rome Antique.
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Alma Ora


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Intégrité: 3

Ven 18 Mai 2018 - 12:59





Le nouvel entrant se met à causer. Je comprends que sa question est tournée vers ma personne quand je n’entends pas de réponse de l’autre golgote. J’ouvre un oeil et je vois effectivement notre nouvel invité me regarder avec ses yeux fatigués. Quelle genre de soirée a-t-il bien pu passer ? Le mec est presque effrayant avec sa gueule de déterrés. Je me retrouve avec une force brute, tueur sanguinaire de l’Arène depuis probablement longtemps, et un mec fatigué et probablement inutile à l’heure actuelle.

« Comme je le disais à la brute, je ne compte croupir ici longtemps… Tout ça pour dire qu’il est inutile de faire copain-copain avec des types que je ne reverrais plus. »

Puis je réalise que l’enfermement et la peur font ressortir un mauvais côté de ma personne.

« Pardonne-moi. Je vis très mal le fait d’être enfermé dans une cellule… Ça m’inspire des tas de choses toutes déplaisantes les uns que les autres. »

Je me relève et affiche de nouveau un sourire. Je dois remettre de l’ordre dans ma tête repartir du bon pied. Les mains tenant fermement les barreaux de notre cellule, je regarde à l’extérieur pour vérifier qu’il n’y ait pas d’oreilles curieuses dans le coin. Il ne manquerait plus que des gardes nous écoutent ou que des détenus nous balancent. Cela entraînerait forcément une mort certaine. La mort nous attend déjà quelque part.

Puis-je faire confiance à mes deux co-détenus ? Le deuxième, je l’ai vu se faire arrêter sous mes yeux, il est clairement l’ennemi numéro un du royaume. Le type est passé à la télé, il cassé des tronches, sauté partout comme un singe… Qu’en est-il du premier ? Je ne le connais ni d’Eve ni d’Adam et je lui en ai pourtant déjà trop dit. Si notre plan tombe à l’eau parce qu’il a fuité, je sais d’où il aura fuité. Sauf si le nouvel arrivant préfère rester enfermé ici sous les bonnes grâces du personnel de cet Arène.

« Que diriez-vous si nous tentions de nous évader d’ici ? Je ne suis pas spécialement bon combattant, je me ferais tuer lors d’un combat, si ce n’est pas directement sur la potence. À nous trois, étant donné les forces déployés ici, ça ne serait pas suffisant… Puis toi t’as pas l’air en forme non plus. Et le vieux, il serait peut-être temps de penser à des perspectives d’avenir plus louables, non ? »

Le voilà qu’il se gratte la tête pour réfléchir.

« Err… Comment tu comptes t’y prendre ? »

Il fallait qu’il me pose la question. J’en sais foutrement rien pour être honnête.

« Nous ne sommes probablement pas les seuls à vouloir quitter ce lieu. J’ai peut-être lu trop de livres mais je pensais à une mutinerie. Il y aura beaucoup de morts mais ça vaut le coup de nettoyer cette Arène. »

Ce ne sont que les grandes lignes, aucun plan n’est organisé pour l’heure. Je ne sais absolument pas comment monter une mutinerie, encore derrière des barreaux. Faut trouver le moyen de sortir, voler les clés ou détruire les barreaux, puis tout saccager sur notre passage. La brute doit bien avoir des tuyaux étant donné le nombre d’années passées ici. Je m’apprête à lui poser quelques questions quand des soldats approchent. Je m’écarte alors des barreaux.

Ils ouvrent nos cachots. Dans ma tête, tout va mille fois trop vite. Je stresse. J’angoisse. Je tremble. C’est pas prévu qu’ils viennent nous chercher aussi rapidement. Nos crimes sont si graves qu’ils veulent nous châtier sur le champ ? Pourquoi pas après tout. À moins qu’ils ne viennent pas pour nous… Je me retourne alors vers la brute. Serait-ce son jour de combat ? Des sueurs froides me traversent mon dos. Ces enfoirés me tiennent en haleine. Qu’adviendra-t-il de nous ?


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