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Et le ciel s'apaisera

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Mountbatten

•• Commandant d'élite ••

♦ Localisation : Vindex

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Ven 27 Juil 2018 - 19:17

Et le ciel s'apaisera

I.

Plaine, ma plaine.
Les préparatifs de l'attaque étaient un défi logistique sans précédent. Il fallait acheminer tout le matériel nécessaire à la dernière étape avant la libération de Vindex. Les divisions étaient à nouveau en effectif plein, tandis que les stocks d'armes étaient au plus haut. Nul ne doutait de la violence des combats qui allaient avoir lieu dans la capitale vindexoise.

Les hommes étaient nerveux, et même si leurs officiers tentaient de leur remonter le moral, tous savaient qu'ils avaient un risque d'y laisser leur peau. Ils avaient tous écrit à leur famille et se reposaient. Les recrues ne comprenaient pas vraiment ce comportement, tant ce qui se passait ailleurs était différent. Néanmoins, ils comprenaient vite quand ils avaient lu les pertes de la Marine pendant la campagne militaire. Elles avoisinaient les cinq milliers de morts, sans compter le nombre de blessés. Six mois s'étaient écoulés depuis le début de la guerre et les membres de l'état-major souhaitaient y mettre un terme définitif le septième.

Mountbatten parcourait les berges, l'air nonchalant. Il regardait l'autre côté de la rive pendant qu'il faisait sa petite balade. Il n'y avait que des ruines. L'artillerie avait pilonné les premières lignes de défense de la ville pour rendre l'assaut amphibie plus facile. Des unités étaient postées en permanence sur la rive, armes en main. Ils avaient pour mission d'éliminer les quelconques menaces qui viendraient perturber le travail des ingénieurs de la Brigade. Ainsi, les vindexois ne pouvaient pas répliquer et étaient condamnés à se barricader jusqu'à l'offensive des forces gouvernementales.

Les jours passaient et l'opération était sur le point d'être prête. Les barques de débarquement étaient prêtes, chaque soldat avait reçu un équipement complet. Il ne manquait plus que le feu vert. Une dernière réunion avec les officiers de toutes les divisions fut alors organisée, signe que l'invasion était imminente.

Le désormais commandant d'élite fit route vers la grande tente où étaient prises les décisions d'ordre stratégique. A ses côtés se trouvaient les deux autres commandants d'élite qui dirigeaient un bataillon. La mine grave, ils marchaient dans le camp principal, dévisagés par les soldats. Leur présence combinée indiquait clairement le début de la fin pour les renégats.

Alors, ils entrèrent dans la vaste tente. Au milieu, une grande table en bois avec une carte annotée à de nombreux endroits. Autour, la plupart des officiers étaient déjà là, notamment les commandants de division. Les plus puissants combattants de la Marine sur Vindex étaient réunis. D'autres suivirent, jusqu'à ce qu'ils furent au complet. La réunion pouvait commencer.

Une atmosphère profondément sérieuse s'installait d'office de par la nature de ce rassemblement d'officiers. La solennité du moment envahissait tout le monde, de telle manière qu'ils se retrouvaient figés dans leurs mouvements. Ils restaient de marbre, tandis que les plus hauts gradés commençaient le briefing.

C'était le premier de Mount en tant que commandant d'élite. C'était une autre paire de manche que celles auxquelles il avait pu assister en tant que lieutenant d'élite. Les plans de bataille étaient coordonnés à l'échelle stratégique, contrairement aux autres réunions qui coordonnaient uniquement la tactique à aborder. Cette différence se résumant en un mot changeait toute la chose.

De nouvelles questions étaient abordées, comme le positionnement de divisions entières, ou la planification des lignes de ravitaillement. L'ajout de ces nouveaux sujets entraînait inévitablement un allongement de la durée. Le Marijoan put sans difficulté se rendre compte qu'une fonction d'officier supérieur incombait aussi des tâches de gestion, en plus des affaires de combats. Des soldats puissants ne valaient rien s'ils étaient mal positionnés et en manque de vivres et de munitions. Il avait pu le comprendre brièvement durant les précédents mois, mais il se rendait compte pleinement à ce moment-là que la Marine n'était pas seulement une gigantesque armée, mais aussi un monstre de logistique et d'organisation.

Les discussions allaient bon train. Chacun essayait d'apporter sa pierre à l'édifice. Néanmoins, certaines propositions étaient refusées sans trop de ménagements. Il fallait faire vite, et la moindre chose inutile était écartée du plan. Le Fantôme participait aussi, mais beaucoup moins que ses collègues. Il avait encore beaucoup à apprendre.

Après plusieurs heures de planification et d'arrangements, le plan était prêt. Le début de l'opération était prévu le surlendemain, à l'aube. Ils sortirent de la tente, exténués. Cependant, ce n'était pas fini. Quelques heures plus tard, les officiers supérieurs devaient assister et guider les réunions en compagnies des officiers subalternes. C'était une sorte de marathon intellectuel, car il ne fallait pas omettre des détails importants ou dire des informations erronées.

Il avait bien mérité son repos. Ce soir-là, il s'était mis à l'écart de ses hommes. Il regardait l'horizon, pensif. Le soleil descendait vers Ypres, pour parcourir le reste de la Terre, jusqu'à revenir de l'autre côté pour marquer le début d'une nouvelle journée. Mélancolique, il se demandait vainement si on devait compter chaque jour qui passait comme un jour de plus ou un jour de moins.

Il balaya ces pensées d'un revers de la main. Il fallait se reposer et s'amuser tant qu'il le pouvait, avant d'affronter une nouvelle fois les flammes de l'enfer. Revêtant un sourire de façade, il rejoignit ses hommes, tous en cercle autour d'un feu de camp. Ils se racontaient des histoires, riaient et buvaient. Certains montraient des images de leur famille, avec fierté. C'était un moment convivial comme un autre, à l'exception près du cadre. Alors, ils essayaient d'oublier. L'alcool aidait bien, c'est sûr. Quelques instruments furent distribuer et des soldats commencèrent à jouer de la musique. Ils entamèrent un chant bien connu dans les rangs, tant il avait été chanté pour motiver les troupes avant le combat.

Musique:
 

L'harmonica menait le rythme, avec une sorte de guitare. Les militaires délaissèrent leurs discussions pour fredonner en rythme. Le clairon régimentaire rejoignit les autres instruments, accompagné de cymbales. C'était un chant rempli de testostérone, qui redonnait vite le moral aux hommes.

La soirée se finit dans une relative ivresse, chacun retournant à ses baraquements pour piquer un somme. Le lendemain allait être bien différent de ce moment-là : ils allaient s'entraîner pour préparer l'assaut. Les irresponsables qui avaient trop bu n'avaient qu'à bien se tenir.
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Mountbatten

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Sam 28 Juil 2018 - 16:31

Et le ciel s'apaisera

II.

D-DAY.
Une bonne journée avait été nécessaire aux derniers préparatifs. Les répétitions et les cours théoriques s’enchaînaient, tandis que le plan de bataille était vu et revu pour le perfectionner. La nuit allait être courtes pour les hommes. Ils partirent dans les bras de Morphée, pleins d’appréhension et de doutes.

BOUM BOUM BOUM BOUM.

Les premières salves de l'artillerie résonnaient dès l'aube. Il n'était que cinq heures du matin ; mais déjà les obus tombaient. Dans le même temps, l'infanterie se leva et se prépara à attaquer pour l'heure suivante. Les canons crachèrent leur dévastation sur les faubourgs de la ville, de manière à ne laisser qu'une couche de ruine. Les défenseurs vindexois s'y étaient attendus et avaient creusé de nombreuses fortifications et des abris sous-terrains pour passer le barrage en lieu sûr. Malheureusement, certains civils n'avaient pas écouté les ordres pourtant clairs de l'état-major, qui était d'évacuer lesdits faubourgs. Le sang se répandait doucement sur les pierres des bâtiments. Ils avaient tout simplement été écrasés sous les tonnes de matériaux qui constituaient à présent leurs tombeaux.

Triste fin pour ceux qui ne voulaient que la liberté.

L'assaut fut lancé. Les marins poussèrent les barques pour qu'elles aillent dans le fleuve, et embarquèrent lorsqu'elles étaient bien lancées. Ces embarcations avaient été renforcées à grand coup de plaques de métal léger, tout juste épais pour arrêter les petits calibres. Ces protections cintraient le bateau, qui n'avait alors que deux points d'entrée et de sortie : l'avant et l'arrière. Un emplacement de mitrailleuse avait été prévu au centre, pour protéger le petit navire pendant sa traversée. Ces drôles d'engins fonctionnaient avec un moteur et une hélice, ce qui rendait le tout très compact et parfait pour ce genre d'opérations.

C'était ainsi des centaines de barques qui s'engagèrent simultanément dans le Cataracte. Les mitrailleuses offraient un tir de suppression très efficace et qui forçait l'ennemi à rester à couvert. De cette manière, la résistance adverse en était grandement réduite, malgré les dispositions qu'ils avaient prises. Le fleuve était très large ; de près d'un kilomètre avec un fort courant. C'était aussi un défi pour les barreurs, qui essayaient tant bien que mal d'amener leur embarcation vers la rive d'en face.

La lueur faible du soleil contrastait avec la vivacité des tirs. On assistait à une grande asymétrie ; les moyens de la Marine étaient nettement supérieurs à ceux de l'armée vindexoise ; mais nul ne doute qu'ils allaient se défendre ardemment. L'issue de la guerre n'était plus une surprise, et cette scène confirmait bien cette vision.

Enfin, les bateaux accostèrent et les hommes débarquèrent. L'avant s'abaissa lorsque le fond toucha le banc de sable, et les soldats coururent sur la plage pour atteindre les premières ruines pour se mettre à couvert et s'organiser. Certains, à l'instar de Mount, avaient aussi débarqué dans les premiers jours de la guerre. Il avait été envoyé à Eminar, où il avait combattu les renégats dans la jungle dangereuse de la région. Cela lui rappelait des souvenirs, comme à de rares autres personnes. Les modalités étaient différentes, mais le principe restait le même. De plus, les ingénieurs de la Brigade Scientifique avaient bien mieux préparé l'opération, et les dirigeants de la campagne de Vindex étaient bien plus rodés à cet exercice.

Ses bottes foulaient pour la première fois la rive d'Aldebaran. Au-delà des bâtiments effondrés, on pouvait apercevoir ceux qui étaient encore débout. Cette cité était une merveille sur de nombreux plans, et elle allait souffrir du fléau de la guerre. Les vindexois ne tardèrent pas à pointer le bout de leur nez ; les rares survivants répliquèrent dès lors que les marins étaient à leur portée. Ils étaient lourdement armés et infligèrent des pertes conséquentes à la Marine. D'ultimes tirs de barrage furent lancés pour faciliter l'avancée des troupes et l'établissement d'une solide tête de pont. Bientôt, les marins atteignirent les premiers immeubles qui bordaient la plage. Les sous-officiers et officiers subalternes tentaient de faire l'appel et de situer leurs unités par rapport aux autres, pour suivre au mieux le plan de bataille.

Les communications den-den permettaient une coordination accrues des militaires, et les opérateurs restés de l'autre côté s'efforçaient d'orienter chaque bataillon, en rappelant les objectifs de chacun. La Marine commença à avancer dans les décombres, éradiquant systématiquement les quelques vindexois qui osaient encore brandir les armes. Les prisonniers n'étaient pas nombreux ; la plupart des ennemis étaient profondément endoctrinés par les discours révolutionnaires et leur nationalisme qui tendait vers le fanatisme.

La progression se faisait maison par maison ; c'était un travail long et qui demandait une vigilance de tous les instants, sans quoi chaque soldat pouvait se prendre une balle. Les révolutionnaires, qui combattaient de manière beaucoup moins conventionnelle que les militaires vindexois, utilisaient des mines artisanales qu'ils avaient disséminés un peu partout. Les meilleurs tireurs étaient envoyés en solitaire au front, avec comme seules armes un fusil de précision et des grenades. Ils constituaient une des grandes peurs des marins, qui pouvaient se prendre une balle entre les deux yeux sans même voir le tireur.

Ainsi, la conquête des faubourgs dura plusieurs jours. Le rêve d'une offensive éclair qui avait émergé dans les esprits de nombreux soldats s'effacèrent très vite. Eux qui pensaient devoir affronter un adversaire à bout, fatigué et prêt à capituler, ils déchantèrent rapidement. Les combats étaient tout aussi durs que dans les autres secteurs ; en particulier à Ypres, si ce n'est plus.

Un des grands problèmes était aussi la question des civils. Ils affluaient en nombre vers les lignes gouvernementales. Seulement, des révolutionnaires se cachaient parmi eux et qui donnaient des informations à l'ennemi une fois derrière les lignes de la Marine. Certains passaient à l'action et harcelaient les envahisseurs, en tuant également le personnel non-combattant. Cela nourrissait la haine féroce qu'avaient les soldats envers les membres de la révolution, bien plus vicieux et sournois que les militaires de l'armée vindexoise.

Des déserteurs se cachaient aussi parmi eux, ce qui compliquait le travail des agents du Cipher Pol, qui étaient chargés de l'identification des civils. Enfin, le plus gros problème était la gestion globale de toute cette population. Il fallait les alimenter, les faire dormir et les faire travailler à la reconstruction de leur pays, comme les habitants des secteurs occupés.

Les longues colonnes de marins qui allaient au front croisaient régulièrement d'autres colonnes, mais de civils, qui allaient vers des camps spécialisés pour eux. Ils avaient presque tous perdu un mari, un fils ou un père dans cette guerre. Ils avaient faim, ils étaient sales et exténués. Ils leur en voulaient aussi, mais ils savaient pertinemment que ces jeunes-là n'y étaient pas vraiment pour grand-chose.

Les marins qui étaient envoyés au front ne savaient pas vraiment quoi penser. Mais au moins, la guerre était finie pour eux.
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Sam 28 Juil 2018 - 19:31

Et le ciel s'apaisera

III.

Le roi et le général.
La merveilleuse ville d'Aldebaran, qui rayonnait au niveau mondial par ses avancées technologiques et sa puissance, était tombée bien bas. Les troupes de la Marine arrivèrent au niveau des banlieues au huitième jour. Le plus gros de la capitale avait été pris ; il fallait à présent finir cette longue guerre.

Un nouveau plan avait été mis en place : l'opération Hallow. Elle consistait en la mise en avant des officiers les plus puissants pour effectuer une percée profonde et rapide. Étant donné que la taille du front était très réduite, c'était enfin possible. Ainsi, les soldats suivraient derrière pour nettoyer les dernières poches de résistance ; tandis que leurs supérieurs s'occuperaient des plus grandes menaces. Parmi les quatre divisions déployées, il y avait de nombreuses personnes expérimentées et capables de s'occuper de compagnies entières de manière totalement autonome. C'était sur elles que s'appuyait à présent l'ultime offensive de la Marine.

Après la distribution des ordres, une réorganisation complète des unités survint pour mieux correspondre aux derniers changements. La zone qui restait à conquérir représentait une dizaine de kilomètres carré, avec des endroits plus ou moins dangereux. Enfin, l'opération Hallow fut déclenchée au petit matin.

Les hommes les plus terrifiants de la Marine avançaient seuls sur les artères principales de la ville, réduisant à l'état de poussière les fous qui osaient lever leurs armes contre eux. Ce changement de tactique prit au dépourvu les vindexois, qui envoyèrent par erreur de simples soldats se heurter à des combattants bien plus puissants qu'eux.

Mountbatten avançait lui aussi, seul, dans l'avenue de Bruyne, du nom d'un célèbre scientifique natif de l'île. De tous les côtés de grands bâtiments dédiés à la science et à la recherche le surplombaient. Partiellement détruits, complètement pour d'autre. C'était une catastrophe. L'architecture aldebaroise reflétait la subtilité et le savoir-faire vindexois. De nombreuses vitres laissaient rentrer la lumière dans des immeubles dévastés. Elles étaient pour la plupart éclatées par les souffles d'explosion qui ébranlaient la ville depuis moins de deux semaines. Les grandes avenues pavées étaient bordées par d’innombrables boutiques avec des façades magnifiques. La cité était prospère et rayonnante.

A présent, les rues étaient désertes, les boutiques pillées, les bâtiments dévastés et démolis. Les grandes avenues qui accueillaient autrefois tout le gratin de Vindex étaient parsemées de débris, de matériel militaire laissé à l'abandon et de cadavres. Le Marijoan marchait tranquillement, sans pour autant relâcher sa garde. Ses hommes progressaient des centaines de mètres derrière lui, ce qui le rassurait grandement.

Soudain, un trinôme de révolutionnaires sortirent d'un magasin à l'abandon et ouvrirent le feu avec une mitrailleuse lourde.

Le Fantôme se retourna et dévié les balles qui fonçaient sur lui à l'aide de ses lames. Il commençait à comprendre de plus en plus son nouveau pouvoir : le Mantra. Il marchait lentement vers ses adversaires, dans un grand calme. Ceux-ci commençaient à paniquer devant l'inefficacité de leur plan et décidèrent de le laisser tomber. Ils chargèrent, sabres en main, vers Mount. Avant même qu'ils soient à portée, ils furent tranchés par des lames d'air.

Il rangea ses épées et continua sa progression.

Il n'y avait pas vraiment de difficulté tant la différence de puissance était grande. Les agents de la Révolution tombaient les uns après les autres, aux côtés des militaires de l'armée vindexoise. Lorsque le soleil atteignit son zénith, les forces du Gouvernement Mondial avaient déjà avancé dans le centre-ville. Cette méthode marchait parfaitement bien, si bien que certains optimistes pensaient que la guerre allait se finir le soir-même.

Une fine pluie tombait sur Aldebaran ce jour-là. Certains officiers firent la jonction avec d'autres, constituant de puissantes équipes qui terrassaient tout sur leur passage. Les révoltés essayaient plusieurs techniques pour leur barrer la route ; la plus répandue était de camoufler un petit canon dans les ruines et d'attendre que leur cible soit proche. Mais c'était encore une fois chose perdue. Beaucoup possédaient le Haki de l'observation, et esquivaient ou déviaient l'obus en conséquence. Les autres n'avaient qu'à encaisser le coup ; ces hommes étaient robustes et survivaient à cela. Les servants n'avaient alors plus aucune chance.

Pendant ce temps-là, dans le palais royal, l'atmosphère était bien plus calme. Le généralissime Nelson D. Theid et le roi Malzahar regardaient la cheminée d'un petit salon richement décoré du palais. Des dorures d'or recouvraient les nombreuses boiseries de la pièce. Le feu consumait tranquillement les bûches de bois. Les rayons du soleil pénétraient difficilement à travers les rideaux rouges foncés qui tapissaient les grandes fenêtres de la bâtisse. Ils prenaient un verre de whisky. Le silence fut perturbée par Nelson, qui reposa son verre, sans lâcher les braises du regard.

- Alors c'est la fin ?

Le monarque leva les yeux vers son chef d'état-major. Il arborait une expression lassée et dure sur son visage. Il acceptait amèrement la défaite, contrairement à son interlocuteur.

- Toutes les bonnes choses ont une fin.

- Qu'entendez-vous par là ?

- Ahah. Vous n'avez jamais su lire entre les lignes. Ça vous a joué des tours avec les Révolutionnaires.

- Pardon ?

- Enfin... C'est trop tard. La Marine avance profondément en ville. J'imagine qu'ils seront aux abords du palais au crépuscule.

- Dans ce cas... nous n'avons plus qu'à rédiger notre capitulation.

- Vous pouvez écrire ce que vous voulez, vous savez très bien qu'on la refusera.

- Comment ça ?

- Mes hommes refuseront de se rendre. On se battra jusqu'au bout.

- Vous savez très bien que ça n'a plus aucun sens. Évitons ces pertes inutiles.

Il se leva de son fauteuil en direction de la sortie. L'air pensif, il s'arrêta pour répliquer, le dos tourné à son souverain.

- Peu de gens se souviendront de notre sacrifice à Vindex, jusqu'au jour où le Gouvernement Mondial tombera à son tour. A ce moment-là, notre honneur sera retrouvé.

- Si vous faites ça pour la gloire Nelson... Sach-

Le généralissime commença à ricaner.

- Vous êtes bêtes mon roi. L'honneur d'un peuple vaut bien le sacrifice de quelques vies supplémentaires. De toute façon, au point où on en est...

Il sortit de la salle sans plus de paroles, laissant Malzahar seul et perdu dans ses pensées. Il regrettait beaucoup de choses. Cela ne faisait qu'un an qu'il était sur le trône, et déjà avait-il précipité son royaume vers le plus grand désastre qu'il avait connu. Pendant qu'il se perdait dans ses pensées, il fut pris de vertiges. Sa vue se troubla et s'effondra sur le sol. Puis, il comprit.

Theid était prêt à tout pour l'empêcher de capituler. Mais ça, il l'avait découvert trop tard.
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Mountbatten

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Lun 30 Juil 2018 - 20:12

Et le ciel s'apaisera

IV.

L'affrontement des titans.
Musique:
 

La pluie s'accélérait. Des colonnes de fumée s'élevaient dans les airs, tandis que les explosions étaient fréquentes. Progressivement, la ville avait été conquise. Les lignes de défense avaient été aménagées à la hâte, en total désordre. Quelques sacs de sable disposés dans les angles, avec une arme lourde sur trépied : voilà ce qui constituait le dernier rempart de Vindex contre la Marine.

Évidemment, c'était inefficace. Conformément à l'opération Hallow, les officiers les plus puissants étaient parvenus à supprimer le gros des troupes, laissant les simples soldats finir le travail. Ils finirent par encercler le palais royal, en attente d'une reddition. La majorité d'entre eux s'étaient positionnés face à la résidence du roi, armes prêtes à être dégainées.

Kimblee se détacha de la ligne pour crier à l'intention des occupants de l'hôtel particulier un « rendez-vous ! » incisif, démontrant clairement qu'ils prêts à se battre s'il le fallait. Plusieurs dizaines de mètres séparaient les marins de l'entrée. Les colonnes de pierre soutenaient le premier balcon, sur lequel apparut le généralissime.

A son apparition, chaque militaire posa sa main sur son fourreau ou son fusil, attentifs au moindre geste suspect du commandant suprême des forces vindexoise. Il était habillé avec sa tenue de cérémonie, toute grise. Ses épaulettes, son col et ses manches étaient dorées ; tandis qu'il arborait avec fierté ses médailles. Ses poils blancs prouvaient son âge vénérable ; néanmoins, il ne fallait pas croire qu'il était faible. C'était le combattant le plus fort de toute son armée. Les rumeurs courraient bon train sur lui ; mais personne ne doutait sur sa capacité à abattre ses ennemis.

Il se présenta du haut de son balcon, prenant ainsi de haut les hommes en contrebas. Baissant les yeux, il avait un air détestable.

- Ainsi vous êtes venus jusqu'ici, marines. J'ai le plaisir de vous annoncer que nous ne nous rendrons pas.

La grande porte s'ouvrit lorsqu'il eut finit de prononcer sa phrase. Les plus hauts gradés de Vindex sortirent du palais. Parmi eux, les plus connus étaient George Zuvatin, alias le tigre de la jungle, qui avait été défait le premier à Eminar. Un aristocrate pragmatique qui avait su utiliser à son avantage le milieu dans lequel ses troupes avaient combattu. Malheureusement, la Marine avait été trop forte pour lui.

Le second était Alexandros Zhukov, commandant des forces baroises à Ypres. C'était l'homme qui avait infligé le plus de pertes au Gouvernement Mondial et bénéficiait à ce titre d'un grand prestige, malgré sa défaite. Un personnage haut en couleur, surnommé le rat de campagne. En dépit de sa personnalité hors du commun, c'était un supérieur dur avec ses subordonnés. Cela avait sûrement joué dans ses succès militaires.

A ses côtés, le fennec du désert restait de marbre. Véritable théoricien de la guerre mécanisée, il avait utilisé avec brio le matériel moderne qu'il avait reçu, notamment ces fameux tanks. Ce roux, qui avait été souvent moqué, avait gravi les échelons un à un et était un épéiste talentueux. Sa solide rage de vaincre composait une réelle difficulté au combat.

Enfin, le révolutionnaire qui avait été la principale cause de l'insurrection de Vindex se tenait en retrait. Jagd P. Kraft, as de la révolution. A la fois tueur froid et stratège réfléchi, il avait de nombreuses qualités qui avaient conduit à la sortie du royaume des états fédérés par le Gouvernement Mondial. C'était aussi celui qui avait exécuté, sous les yeux d'un Mountbatten relativement impuissant, son meilleur ami, Ratzkill. Par cette action, le commandant d'élite savait qui allait-il attaquer en premier.

- Alors, bonne bataille messieurs.

Sur ces mots, il tourna ses talons pour rentrer dans le palais royal, laissant les généraux et autres officiers supérieurs tenir tête face aux marins. Seconde après seconde, chacun se mit en ligne pour se préparer à l'affrontement terrible qui allait suivre.

La contre-amirale Nishi Kanjiro, cheffe de la soixante-dix-neuvième division, s'avança la première. L'instant d'après, les deux camps se ruèrent l'un sur l'autre. C'était un formidable spectacle ; mais qui annonçait aussi une tuerie dont la violence allait surpasser tout ce qui avait été vu sur Vindex jusqu'alors. La grande place du palais royal, délabrée et sombre, devint très vite le théâtre d'un affrontement de titan.

Musique:
 

De chaque côté, une trentaine de guerriers chargeaient, armes en main. Les quelques tireurs se mirent en position et commençaient déjà à lâcher des salves meurtrières. Une fois que les sabreurs étaient à hauteur de leurs ennemis, les épées s'entrechoquèrent dans un violent vacarme. Chacun usa de ses techniques les plus puissantes et imprévisibles pour prendre l'avantage. Le cadre assez désordonné du combat rendait un duel quasi impossible. Chacun tirait sur le premier vindexois qui venait sur sa ligne de mire, ou frappaient les personnes les plus proches. Les lames d'air et les balles virevoltaient dans tous les sens, et les esquiver tout en combattant était réellement compliqué.

Sans surprise, Mount fonça sur le meurtrier de son ami. Jagd s'attendait à cette action et avait anticipé. Il comptait jouer sur son aveuglement et sa rage pour l’abattre facilement et s'occuper des autres. Il se prépara à parer avec Yakikatsu, une des cinquante lames supérieures. Il ne maniait qu'un seul sabre, contrairement à son adversaire, qui en maniait deux ; sans compter ses lames fantômes. Alors qu'il attendait sereinement le choc, le Fantôme prit l'initiative et effectua plusieurs sorus pour atterrir derrière lui. Il remarqua son déplacement et esquiva à l'aide de son propre soru l'attaque du marin.

Les deux savaient utiliser cette technique du Rokushiki et possédaient le Mantra. Cependant, ils n'étaient pas non plus à forces égales. Le Marijoan possédait également le geppou et le tekkai ; tandis que le révolutionnaire maîtrisait pleinement le Haki de l'observation. Mais ils ne se rendirent pas tout de suite compte de cette différence. Ils avaient seulement compris le premier point de par la durée du combat. Ils avaient conscience de la puissance de l'autre, et avaient besoin de jauger ses capacités avant de s'investir entièrement dans ce duel.

Encore fallait-il que c'en fut un.

Un commodore de la Marine vint décharger son pistolet sur Kraft, qui bougea aussitôt. Il s'approcha furtivement du pistolero pour l'exécuter ; mais Mount apparut avant qu'il puisse faire quoi que ce soit. La lame de l'as vint heurter les deux lames du commandant d'élite. Lors du choc, ils se regardèrent droit dans les yeux pour mieux analyser leur opposant.

Quelque chose frappa l'Invisible dans le regard de l'agitateur révolutionnaire : ils étaient froids, comme son âme entière. Il ne connaissait pas la peur ; peut-être parce qu'il l'avait apprivoisé, à force de la côtoyer trop souvent. La cause de la Révolution l'avait envahi, au point que son être semblait s'être détachée de son corps. C'était un tueur, esclave de la cause qu'il soutenait.
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Mar 31 Juil 2018 - 20:33

Et le ciel s'apaisera

V.

Chiens de guerre.
Ils se repoussèrent violemment, avant de se foncer dessus pour entamer une mêlée. Les lames se touchèrent brutalement, et ils redoublaient d'énergie pour prendre l'avantage sur l'autre. La puissance des coups était telle, que de multiples ondes de choc sortaient de part et d'autre. Elles étaient assez faibles, mais effrayaient les combattants aux alentours, qui se plaçaient alors plus loin. Ne parvenant à battre son adversaire, Jagd essaya autre chose.

- Kami no tanken !

Il bondit quelques mètres en arrière et lança son Meitou en l'air. C'était une occasion inespérée pour le marin, qui chargea d'emblée. A ce moment-là, le révolutionnaire sauta et rattrapa son sabre, dont la pointe était à présent vers le bas, pour le prendre avec la prise inverse, de sorte que la lame suive son bras. D'un geste vif, il la précipita à la gorge de son opposant, qui fut surpris par ce retournement de situation.

Cependant, il garda son sang-froid et esquiva en utilisant son nouveau pouvoir : le Mantra. Parer était en effet impossible, ses armes étant trop éloignée de celle de Kraft. Il effectua plusieurs sorus pour se placer à bonne distance de son adversaire, pour regagner l'initiative.

- Hakai no tatsumaki !

Grâce à des sorus exécutés à la perfection et une mise sous invisibilité immédiate, son ennemi ne put le voir venir. Il se contenta de placer son épée de sorte qu'elle le protège, attendant l'attaque du Marijoan. Il finit par sentir un coup sur son Yakikatsu, qu'il put parer sans problème. C'est là qu'il devint suspicieux. Mount savait faire des coups plus puissants ; pourquoi celui-là était si mou ?

Puis il comprit, quand il fut emporté par une tornade.

La technique utilisée comptait plus sur l'effet secondaire que sur la puissance du coup. Ainsi déstabilisé, il se retrouvait projeté en l'air, sans aucun contrôle sur la direction que prenait son corps. Pour marquer le coup, le commandant sortit son fusil de précision et tira avec une munition spéciale : une Gōmon no yōku. La balle perdit son enveloppe métallique au bout de quelques mètres et dévoila un petit filet, qui eut le mérite de gêner sa cible.

Bien sûr, ce n'était pas suffisant et il lança plusieurs salves d'Ame-kō, des cartouches remplies de shrapnels, qui blessèrent l'agitateur à plusieurs endroits de manière plus ou moins profonde. Lorsqu'il toucha enfin le sol, il fut réceptionné par trois Hakai no nami, des lames d'air en X qu'il esquiva au dernier moment avec des sorus plus timides qu'au début. Il était essoufflé et touché à plusieurs endroits.

Mais il n'avait pas dit son dernier mot.

Tout autour d'eux, c'était le chaos complet. Certains pans de bâtiments s'étaient écroulés sous la force des attaques, rendant le terrain plus difficile et plus apocalyptique. Partout, la poussière et la poudre à canon formaient un étrange brouillard qui rendait la vision plus trouble, presque cauchemardesque. Tout le monde se battait ; et déjà les premières victimes tombaient, affalées sur la pierre et ensanglantés.

Le ciel presque orageux donnait une dimension à la fois épique et tragique à cette ultime bataille. Les vindexois livraient sans aucun doute un baroud d'honneur. C'était encore de la souffrance inutile. Ils faisaient plus ça pour l'honneur que pour autre chose. La guerre était perdue, plus personne ne se faisait d'illusion. C'était précisément parce qu'il se savaient condamnés qu'ils livraient tout ce qu'ils avaient dans la lutte acharnée qui les opposaient à la Marine.

Les minutes passaient sans que cet enfer se finisse. Le nombre de gladiateurs encore en lice se réduisait considérablement. Dans cette arène, tous les coups étaient permis. Personne ne se retenait de frapper dans le dos de son adversaire, ni même de l'achever à terre. Ce n'avait jamais été un conflit propre, pourquoi commencer maintenant ? Ces hommes et femmes avaient le visage fatigué, couvert de crasse et de gouttes de sang. Certains étaient blessés, à des degrés différent. A l’instar de cet Hauptmann vindexois, qui avait perdu son bras gauche, mais qui continuait de manier le sabre avec son autre membre.

Jagd n'arrivait pas à bout du commandant d'élite. Il l'avait sous-estimé, pensant qu'il allait être brouillé par sa rage. Que nenni ! Ils étaient tous les deux de nature réfléchie et calme. Ainsi, ils étaient agressifs sans trop prendre de risque ; prudents sans laisser l'adversaire prendre l'avantage. C'était un duel équilibré et qui, de ce fait, durait en longueur.

Les attaques s’enchaînaient, sans que l'un des deux prenne l'avantage. Chaque choc était dévastateur et produisait une petite onde de choc. Les lames d'air de chacun, si elles étaient esquivées, fonçaient sur les bâtiments de la place, détruisant un peu plus le paysage.

- Saihyō-sen !

Mountbatten croisa ses bras au-dessus de sa tête et abaissa ses armes vers son ennemi. Il plaça son sabre horizontalement, pour contrer sa technique. Encore une fois, il tint bon. De son œil bleu clair, le gris guettait l'état de son adversaire. Au cours du combat, ils s'étaient mutuellement touchés à plusieurs reprises. Il avait une grande plaie qui s'étendait à sa gauche sur toute la longueur du torse, et qui finissait sa route vers le nombril. Son uniforme était déchiré, empreint de son sang.

Ils se repoussèrent et se firent face une fois de plus. Essoufflés et blessés, ils haletaient comme des chiens.

Des chiens de guerre.
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Mountbatten

•• Commandant d'élite ••

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Ven 3 Aoû 2018 - 16:35

Et le ciel s'apaisera

VI.

Un roi sur un champ de bataille.
Les minutes passèrent encore et encore. C'était long, très long. Une sorte de duel au sommet. A ce moment-là, seules les personnes les plus fortes subsistaient encore. Ils devaient être une douzaine tout au plus, à continuer de se battre. Les cadavres jonchaient le sol une fois de plus. Qu'importe leurs galons, ils étaient tous égaux face à la mort.

Le révolutionnaire faiblissait tout comme lui ; mais il devenait de moins en moins attentif et prenait des risques de plus en plus grands. Mount essayant tant bien que mal de garder un certain équilibre dans ses actions, pour éviter toute erreur fatale. Voyant que Jagd était au bord de la défaite, il voulut mettre un terme définitif à ce combat. Il allait sortir sa botte secrète, qu'il utilisait fréquemment pour finir ses duels. Néanmoins, c'était complètement énergivore comme technique, d'où le fait qu'il l'utilise lorsque son adversaire est mal en point.

- Kami no ken !

A l'aide de geppous très rapides, il fonça dans les airs pour se placer au-dessus de sa cible ; puis se dirigea tout droit sur lui avec d'autres geppous, sabres en avant. L'énergie cinétique ainsi accumulée était énorme ; et combinée aux muscles du marine le choc était logiquement surpuissant. Il fendit l'air pour arriver sur l'agitateur, désemparé face à la rapidité de l'attaque. Il brandit maladroitement Yakikatsu pour se protéger ; mais c'était vain. Son retard à se mettre en position fit virevolter sa lame, jusqu'à ce qu'elle se plante dans le sol. Les deux lames du Marijoan transpercèrent brutalement le torse de Jagd, atteignant son cœur.

Il mourut sur le coup.

Le commandant d'élite resta sur son ennemi quelques instants, ce dernier étant affalé sur le sol. Il n'arrivait pas à retirer ses épées. Il avait vengé son ami ; mais il pensait indéniablement à lui. Tous ces moments passés avec lui, au combat comme au repos. Kraft lui avait pris tout ça. Son regard se posait sur celui qu'il venait d'abattre. Il sentait comme une satisfaction malsaine et un dégoût de lui-même. Il jubilait, sans pour autant être content de son acte. Il s'en voulait même. Son esprit se contredisait, ne sachant pas réellement quoi penser.

Il se balança sur le côté et s'allongea, à bout de souffle. Il regarda le ciel gris. Il pleuviotait toujours. Les gouttes d'eau venaient embrasser ses joues et couler le long de son cou. C'était désagréable comme sensation mais ne fit rien pour l'arrêter. Il était perdu dans ses pensées.

Pendant ce temps, les derniers survivants finissaient leurs ennemis. La fatigue était palpable ; mais les officiers de la Marine finirent par l'emporter. Ils devaient être encore une dizaine sur pied. Parmi eux, les commandants d'élite de la quarante-huitième et les contre-amiraux. Les plus faibles n'avaient en général pas survécu à la bataille.

Les ruines jonchaient la place à cause des multiples tirs et lames d'air qui avaient endommagés les bâtiments entourant le palais royal. D'énormes blocs de pierre s'étaient détachés. Les vainqueurs essayaient de souffler à leur manière. Certains s'allongeaient, comme le Fantôme. D'autres restaient debout, la tête en l'air. A ce stade-là, plus personne ne venait compter les pertes. Ils n'avaient même plus l'énergie d'essayer de soigner ceux qui étaient proches du trépas.

Ils restèrent là de nombreuses secondes. De précieuses secondes.

Soudainement, la grande porte s'ouvrit à nouveau, et le généralissime apparut. Neslon D. Theid, le commandant des troupes d'Aldebaran, avança sur le pallier avec la ferme intention de tuer tous ces envahisseurs. Ses yeux espiègles perçaient la vue des rescapés. Ils se mobilisèrent d'urgence, brandissant leurs armes pour une ultime confrontation avec l'ennemi vindexois. Malgré tout, ils savaient que la fin était proche. Leur adversaire avait la réputation d'être un monstre de puissance ; et eux étaient mal en point. Certains étaient gravement blessés, ce qui les empêchait de mettre à profit leur force.

Les marins encore en vie et qui étaient trop mal en point pour continuer le combat se relevèrent quand même, devant cette situation si critique. Une bonne dizaine d'officiers se levèrent ainsi, titubant pour faire face au généralissime. Qu'importe la perte de leur œil, de leur bras ou de leur main, ils ne comptaient pas mourir maintenant, après tout ce qu'ils avaient enduré.

Ces hommes et femmes scrutèrent les moindres actions du militaire, à présent seul face à eux sur le champ de bataille. Il dévala les marches du parvis et marcha sur la place, dépassant les nombreux cadavres et débris causés par le combat. Ses médailles faisaient un bruit métallique à chaque pas. Plus il se rapprochait, plus ses opposants se mettaient en garde.

A juste titre.

Il s'arrêta net dans sa marche, et activa son Haki des rois. Une sorte d'onde traversa la place de part et d'autre. La seconde suivante, les plus faibles tombèrent directement ; les autres mirent un genou à terre devant sa puissance. Certains ne comprirent pas immédiatement ce qui venaient de se passer ; mais prirent conscience ultérieurement du danger qu'ils encouraient à présent. Les marins n'avaient plus aucune chance s'ils combattaient individuellement en duel ; ils devaient se coordonner pour abattre le grand stratège. C'était bien plus qu'un impératif ; c'était une question de vie ou de mort.

Il ne leur permit pas de reprendre leurs esprits ; il fonça sur les premiers ennemis qu'ils lui faisaient face. Face à lui, deux commodores et le commandant d'élite Fand, le troisième commandant de la quarante-huitième. Ils se tinrent prêt ; tandis que ceux derrière s'avancèrent pour leur prêter de l'aide. Un des marins de la régulière tira plusieurs salves avec son arme automatique ; il les esquiva toutes. Lui aussi maîtrisait le Mantra.

Les deux autres prirent l'initiative, suivi d'autres officiers. Ils chargèrent aussi, sabres prêts à s'abaisser sur le général. Lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur, il activa son Tekkai. Les lames furent stoppées net, et leurs porteurs furent surpris et prirent conscience de leur pleine vulnérabilité.

Vulnérabilité qu'il exploita aussitôt.

Il lança ses indexs vers leur ventre ; et sa maîtrise du Sigan lui permit de transpercer à une vitesse folle leur abdomen. Ils crachèrent du sang une première fois. Il recommença et envoya une multitude de Sigan vers leur ventre, les déchiquetant comme le ferait une mitrailleuse. Leurs yeux sortaient de leurs orbites ; ils ne pouvaient rien faire. Le vindexois les repoussa violemment avec ses poings.

Ils étaient tous les deux décédés, suite à l'attaque dévastatrice de Theid.
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