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Navigation en Cuissarde

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Patrocle

♦ Localisation : En mer

Feuille de personnage
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Lun 13 Aoû 2018 - 14:46

Voilà deux jours que je me trouve à bord de ce navire depuis mon départ d'Orange. Bercé par le craquement du bois et le clapotements des flots sur les parois, je me lève doucement en direction de quelques rations.
Après avoir avalé un ensemble de fruits et de pain, ainsi qu'un bon litre d'eau, je me porte vers mon couchage, simple bannette, pour y ranger mes effets. Une lecture matinale devrait faire passer le temps, et puis, faute d'activité autant apprendre.
Désireux d'apprendre, l'envie n'est que plaisir.

Je dois l'avouer, le premier jour a essentiellement servi à me remettre d'une nuit agitée et arrosée. Toutefois, la pensée revigorante de cette soirée, me porte un sourire au visage et du baume au cœur. En effet, les occasions comme celles-ci ne sont que bonnes à prendre, et puis, très rare dans ma vie.
Enfin bon, aux aurores d'un matin splendide, je me retrouve assis sur ce paquet d’aussière à effectuer une lecture attentive du recueil fourni par l'apothicaire d'Orange. Surplombé d'un doux soleil bas dans le ciel éclaire de reflets rouges les pages du livre.

Néanmoins, l'agitation à bord de La Cuissarde (bateau sur lequel je navigue) me fait bien souvent rompre le file de ma lecture et lever les yeux vers le pont. Les hommes s'affairent déjà, depuis le dernier roulement du personnel, pour mettre en ouvre la navigation journalière.
C'est un homme sonnant la cloche suite à la pose de pavillon haut sur la drisse, signifiant le type de navire auquel correspond La Cuissarde, qui me fait changer de programme.
Après tout, il est vrai que je ne dispose d'aucune connaissance de navigation, du fonctionnement d'un navire et des particularités du métier de marin.

Fermant le livre sur mes genoux, je me plaque contre le bord du bateau en quête d'une observation m'apportant des savoirs ou toutes autres informations. Une légère brise aux effluves salées et fraîche me fait refermer mon manteau sur mon corps encore légèrement engourdi d'un reveil inhabituel.
Je décide dans un premier temps de me concentrer sur la hiérarchie mise en place sur mon embarcation. En effet, j'en déduis que connaître le fonctionnement premier du l'arbre décisionnel m'aiderais à connaître plus en profondeur le rôle de chacun.
L’identification est relativement simple, elle se distingue de part une norme d'habillement, ou une sorte de code vestimentaire.
Voici donc le fruit de mes observations de la première heure :

- L'homme coiffé d'un tricorne de feutre bleu, vêtu d'une redingote de bon goût se fait nommer "Le Pacha". Adjectif utilisé par le reste de l'équipage.
 Il est également chaussé de bottes molles, qui à première vue, semblent seules sur le navire à être cirées. L'homme se tient aux côtés de la barre, et aboie des ordres tantôt motivants tantôt directifs.
 J'en déduis donc qu'il s'agit du Capitaine de La Cuissarde, il se distingue en effet de part sa préstence.

- Deux hommes prennent consignes au près du Pacha, après avoir demandé à un matelot, il s'agirait des "s'cond". Ces messieurs semblent donc être des seconds-maîtres, pour faire simple, ils dirigent une partie de l'équipage selon les ordres reçus.
 L'un s’occupe de la gestion des voilerie, cordages, haussière, amarrage, pavillon, canons et j'en passe.
 L'autre, au visage plus pâlot et à la carrure bien moins charpentée, dirige une partie des hommes dans le faux-pont (Partie au dessus de la cale). On peut les voir, armés de leurs compas, boussoles et cartes tissus ou papiers, tracer un itinéraire et s'assurer de la bonne direction que prend le navire.
 En ce qui concerne le code vestimentaire, exception à la règle, les deux ne sont pas vêtus de la même manière, or, on distingue un brassard pourpre à hauteur de leur bras droit signifiant leur "grade" au milieu de l'équipage.

- Enfin, la grosse partie des hommes présent sur le navire, l'équipage, les matelots, marins, "chouffe" pour les plus anciens d'entre eux me confie un homme. Il se divise en deux bordées, Tribord et Bâbord, permettant un roulement dans les tâches et un repos minimum.
 On les retrouve divisés selon leur spécialité, certains s’affairent uniquement à la voilure, tirant les drisses, ajustant le cordage... Quelques hommes ont à charge l'observation continue de la direction (que l'on retrouve en partie en faux-pont), perché sur sa mire ou scrutant à la longue vue les alentours ces hommes sont les yeux du navire.
Je peux également distinguer le timonier, crampé à sa barre et ajustant la direction du navire sans cesse, l’œil vif sur l'horizon.
Et puis, des jeunes hommes à tout faire, travaillant selon le besoins du moment. Ceux-ci m'expliquent, pour avoir vécu sur plusieurs bateau, que l'organisation varie du tout au tout selon la taille, le type, et la destination du navire.
La Cuissarde étant un bateau de transport, commun à tous les océans et civil, son organisation se présente comme telle, mais tout est différent sur un bateau de l'arsenal de la Marine, pour citer un exemple.

- D'autres part, j'ai également pu constater la présence d'un cuisinier et d'un infirmier à bord, qui aident aux manœuvres en cas de besoin ou de non sollicitude de leur spécialité.

Voici donc, je l’espère clair, l'arbre décisionnel que j'ai pu tirer de mes observations embrumées par le réveil.
C'est une alchimie parfaite, une mécanique huilée qui en découle de cette organisation maritime. Chaque homme dans sa fougue, s'accorde avec précision et en parfaite harmonie avec le reste de l'équipage. Personne ne se gêne, chaque geste est semblable aux minuties d'orfèvres, malgré la poigne de fer appréciée.
Une émulsions de communication, difficilement audible, flotte dans l'air comme les notes d'un orchestre formant une mélodie plaisante et qui pousse au voyage de l'esprit.

Les discussion échangées avec des membres de l'équipage se sont avérés fort instructifs. Tous portent dans leur cœur la mer et la navigation, bien que certains effectuent cette tâche par besoin, d'autres plus jeune éprouvent une passion sans bornes pour l'horizon. Portés par la passion ou le devoir, l'ensemble de l'équipage montrent une cohésion exaltée par des chants qui portent les cœurs et, quelques fois, peuvent faire tomber la larme.
Le Capitaine du navire, demande à un marin à voix portante (nommé Miraï il me semble), de donner le ton qui suit d'un souffle de voix porteur et grave du marin. Il s'agit d'un homme âgé, portant les rouflaquettes noires et fumant le cigare continuellement, donnant à son timbre de voix, je le suppose, cette touche roque et vibrante.
Tous, sans exception, entonnent le chant à leur manière, selon le type de voix, créant une magnifique mélodie mystique proche de l'appel des sirènes, charmant l'oreille jusqu'à les porter aux rêves. Symbole de voyage, de l'esprit des flots, les paroles se répercutent dans les souffles porteur des hommes.
Que ce soit le retour vers l'être aimé, la quête de richesse, le One Piece, la piraterie ou simplement la personnification des océans, chaque chant me transportent dans des rêveries plus douces les unes que les autres.
J'ai quelque fois pu apercevoir, lorsque la houle s’apaisait, des hommes quittant leur activité pour attraper un accordéon ou un harmonica et, debout sur la poupe à l'avant du bateau, entonnaient une danse joyeuse complétée d'une mélodie.

La journée, ponctuée d'évènements similaires, me fait rapidement replonger dans mes livres et le savoir qu'ils y contiennent. La voûte céleste qui s'élève dans l'air noircie les flots désormais uniforme et unicolore.
On entend simplement le mouvement des planches et le coulissement des voiles sur le flot du vent tiède. Le bruit des pas qui résonnent dans la cale et le faux-pont, le crépitement des lampes à pétrole.
Je décide d'aller m'assoupir, demain nous arriverons à Aeden, je dois commencer mes préparatifs, établir dès maintenant un emploi du temps et une programmation exemplaire qui me mènerait au prochain but.
Je dois tout d'abord m'entretenir avec Ragnar.
Le cœur léger et gonflé des divers chants, je m'endors, porté par une symphonie de connaissances nouvelles plein la tête.
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