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Doux spectacle

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Mountbatten

•• Commandant d'élite ••

♦ Localisation : Vindex

Feuille de personnage
Dorikis: 5260
Popularité: +542
Intégrité: 453

Mer 24 Oct 2018 - 14:36

Doux spectacle

I.

Douces retrouvailles.
La guerre s'était finie depuis un mois. La Marine occupait Vindex tout entier, aidant à la reconstruction partielle de l'ancien royaume. L'ombre du conflit planait sur le pays à travers les différents soulèvements de la population, et les répressions sanglantes qui s'en suivaient. Un étrange climat s'installait sur l'île, entre peur et haine. En attendant une solution politique, les marins administraient Vindex.

Les différents secteurs étaient gérés par les divisions de la Marine qui avaient participées à la campagne. Les deux unités qui s'étaient chargées du blocus maritimes assuraient la sécurité des différents ports ; tandis que deux nouvelles divisions de la régulière avaient été dépêchées pour renforcer le contrôle du pays. La quarante-huitième, elle, s'occupait de la capitale, Aldebaran, où les dégâts de l'invasion étaient les plus visibles et les plus récents. Mountbatten, confirmé dans ses nouvelles fonctions de commandant d'élite, s'occupait d'un quartier entier, avec sous ses ordres le bataillon Godwin, du nom de l'ancien occupant du poste, décédé lors des violents combats à Ypres.

Le petit quartier général qu'occupait le Fantôme était situé dans un grand immeuble, miraculeusement épargné par les bombardements. L'intérieur était certes abîmé, mais faisait l'affaire. Les anciens propriétaires ne s'étant pas encore manifestés, cela ne posait aucun problème. L'aristocratie vindexoise menait une vie mondaine et baignait dans le luxe ; ce qui s'était répercuté sur le mobilier et les décorations de l'hôtel particulier. Le cadre était plus qu'agréable ; néanmoins, Mount restait de marbre. Ses subordonnés ne savait pas réellement quoi penser. La Marine avait gagné la guerre, il avait été promu et dirigeait trois cents hommes depuis un des plus beaux appartements de la capitale.

En réalité, il était perdu. Après avoir reçu un énième rapport de patrouille, il décida d'appeler l'une des rares personnes qui avaient encore de la valeur à ses yeux. Il donna l'ordre de ne pas le déranger jusqu'à ce qu'il sorte de la pièce, et prit le Den Den de son bureau. Il composa vainement le numéro, puis se posa confortablement sur son siège, las. Durant la numérotation, il contempla le plafond. Le chandelier de verre, qui illuminait autrefois l'endroit, avait été brisé. Les débris avaient été ramassés, mais il restait toujours là, comme cassé en deux. Il fut tiré hors de ses pensées par une voix à l'autre bout du fil.

- Allô ?

Il ne répondit pas tout de suite. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas entendu sa voix. Trop longtemps. Ça l'avait atteint au cœur, comme si tous les moments de tristesse qu'il avait vécu ces sept derniers mois convergeaient vers cet instant précis.

- Mère, c'est moi.

Il n'avait pas pu l'appeler au cours de la guerre. Il lui avait écrit quelques lettres ; cinq, tout au plus. Rares furent les réponses. Peut-être même que ses écrits n'avaient jamais atteints Marijoa, où résidait sa tendre mère. Matilda Mountbatten, de son vrai nom, fut également émue d'entendre la voix de son fils. Elle s'était faite du soucis, mais avait confiance en lui. Elle aussi lui avait envoyé des lettres ; néanmoins, elles s'étaient échouées sur le trajet. Il faut dire qu'il était difficile d'acheminer le courrier dans les conditions qui furent celles du conflit.

Elle laissa s'échapper une larme, et d'une voix tremblante, répliqua.

- Alexander... Comment vas-tu ?

- Je ne sais pas vraiment... Et toi et père ?

- Ça va. Nous étudions simplement... inquiets.

- Désolé de vous avoir inquiété... J'aurai dû donner plus de nouvelles.

- Ne t'inquiète pas, on sait. On a discuté avec plusieurs officiers ; ils nous ont tous dits que c'était difficile pour vous d'envoyer des lettres. Mais bordel... Je n'ai pas arrêté de penser à toi. Tu sais, même si la presse officielle ne parlait que de victoires, on connaissait la vérité des chiffres.

- Ouais... C'était vraiment l'enfer. Tu ne peux pas savoir à quel point c'était dur.

- J'essaie, mais je ne pense pas qu'un jour je comprendrai.

- Oh, maman...

La voix du commandant d'élite faiblit d'un coup.

- Louise...

De longues secondes passèrent. Il ravala sa salive et empêcha ses larmes de tomber, pour la première fois depuis longtemps.

- ...est morte.

- ...

Il lâcha un soupir, rempli d'émotion. Il leva les yeux en l'air, encore une fois, comme pour fuir une réalité qui commençait à le ronger.

- Ratzkill... aussi. Tous tués. Je n'ai rien pu faire. Rien.

Matilda sentait que son fils devait parler, se confier à quelqu'un. Elle sentait tout le poids des évènements sur les épaules de son fils. Elle sentait la souffrance qui s'était installé dans son cœur noirci.

- Louise... On s'était promis de ne jamais se séparer. De ne jamais se laisser tomber... J'ai toujours ce pendentif... A l'occasion de ma demande en fiançailles, je lui avais offert la partie droite d'un cœur, et je porte toujours la partie gauche... Je n'arrive pas à me résoudre à l'enlever... A chaque fois que je le vois, ça me fait penser à elle. A chaque fois, c'est comme si j'étais vide à l'intérieur. Comme si une partie de moi s'était envolée avec elle.

- Je vois très bien. Mais tu n'as pas à te sentir responsable.

- Si... Oh maman... Ratzkill est mort sous mes yeux. Sabré par un révo à la con. Sabré par un moins que rien. Je n'ai rien fait. J'ai juste vu la chose. Il est mort devant moi. J'ai toujours son regard ancré en moi, un regard qui me culpabilise. Tu ne le connaissais que très peu, mais sache... que c'était un type formidable.

- Je n'en doute pas...

- Je ne sais pas si tu as reçu ma lettre disant que j'allais me fiancer avec Louise.

- Je l'ai toujours.

- On avait tant de rêves... Balayés. Elle a été tuée sous une pluie d'obus, à Mekiel. Tu sais, j'ai dirigé la construction de certains cimetières militaires dans la région. J'ai regardé les listes de cadavres, jusqu'à remonter au nom de Louise. Tu sais ce qu'ils ont marqué ?

- Non...

- "Disparue". Alors que j'ai vu son cadavre au front. Je l'ai vu, et ils n'ont même pas été foutus de le garder, pour qu'on l'enterre dignement. Tu te rends comptes de ça ?!

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise...

- Je sais bien, tu n'y peux rien... On n'y pourra rien. Dis maman. Ne penses-tu pas que tout ça, c'est n'importe quoi ?

- Que ceux-tu dire par là ?

- Je ne sais pas... Qu'on pourrait vivre autrement, sans toutes ces souffrances, sans toutes ces guerres...

- On pourrait. Mais c'est impossible à cause des pirates, des révolutionnaires et de tous les hors-la-loi qui volent, pillent et ravagent les mers et océans de ce monde.

Le marin lâcha un petit rire nerveux, comme pour montrer son agacement.

- C'est bien maman, tu as bien appris la doctrine du Gouvernement Mondial. Est-ce que tu ne penses pas que c'est justement lui qui cause toutes ces souffrances ?

- Je ne te suis pas vraiment là... Ne laisse pas ta rage t'envahir...

- J'ai eu plusieurs mois pour réfléchir à la question. J'ai vu ces souffrances. J'en ai souffert aussi. Louise et Ratzkill sont morts pour rien, et ça je ne peux pas le tolérer. Ils sont morts pour satisfaire les ambitions territoriales du Gouvernement Mondial. Et même plus ; des Dragons Célestes et des Vénérables Étoiles.

- Nous sommes là parce que le monde a besoin d'ordre et de sécurité, mon fils. Je ne te reconnais pas...

- Parce qu'avant, j'étais bercé dans un idéal. Et un idéal, ce n'est pas la réalité. Ce monde est violent, maman. Et cette organisation ne fait qu'y contribuer.

- Je pense que tu as tort, et que tu es submergé par tes émotions. Tu dois d'abord faire le deuil, avant de vouloir changer le monde.

- Mon deuil, j'ai eu deux mois pour le faire. J'ai été entouré de personnes en deuil ; aidé aussi, par des personnes spécialisées. Ça fait plusieurs mois que je vois les miens tomber les uns après les autres. J'ai eu le temps pour réfléchir sur le sens de la vie et de la mort, d'accord ? J'ai l'impression d'être plus vrai que je ne l'ai jamais été. Écoute, le problème n'est pas l'objectif du Gouvernement Mondial, car il est noble et j'y adhère complètement. Mais c'est ses moyens qui sont mauvais.

- La fin justifie les moyens... Je croyais que tu le pensais également. C'est du moins, l'impression que tu donnais. Je ne te reconnais vraiment plus, Alexander. Tu as perdu la raison. Tu sais quoi, tu devrais revenir à la maison. Prends des vacances ; tu n'as quasiment jamais pris de congés depuis ton entrée dans la Marine.

- Ce n'est pas le sujet maman, tu le sais très bien. J'espère un jour vous faire changer d'avis...

TOC TOC TOC

- Attend deux minutes, on me dérange.

Posant le Den Den sur la table, le Marijoan s'avança, énervé d'être dérangé, contrairement à ses directives. Il ouvrit la porte et vit un matelot essoufflé.

- Qu'est-ce qu'il y a ?! On ne vous a pas dit de ne pas me déranger ?!

Il se mit au garde à vous, avant de reprendre son souffle.

- Un soulèvement... Encore un... Vers les faubourgs nord.

- Merde. J'arrive.

Il revint à son siège, après avoir fermé la porte, et reprit la conversation.

- Écoute maman, j'ai fort à faire ici. Sache que je ne suis pas rempli de haine, mais que j'ai beaucoup réfléchi et mon avis est réaliste.

- Si tu veux changer le Gouvernement Mondial, tu peux très bien le faire de l'intérieur...

- C'est bien mon intention, ne t'inquiètes pas. Je suis peut-être perdu... mais je vous aime. J'espère pouvoir vous voir le plus vite possible.
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Mountbatten

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Jeu 25 Oct 2018 - 17:51

Doux spectacle

II.

Dure répression.

Avant d'envoyer ses soldats mater le soulèvement, il avait besoin de quelques indications supplémentaires. Il appela en conséquence son supérieur, le chef de la quarante-huitième : Kimblee. Il lança donc l'appel avec le même Den Den qu'il avait utilisé pour appeler sa mère quelques minutes plus tôt.

- Allô ?

- Ici le commandant d'élite Mountbatten. On m'a informé d'un soulèvement dans les faubourgs nord... Avez-vous des informations utiles à me transmettre avant qu'on s'en occupe ?

- Affirmatif. Le Cipher Pol vient tout juste de me transmettre son rapport... plusieurs foules se seraient constituées devant les quelques magasins de nourriture de l'avenue principale des faubourgs nord, qui étaient pratiquement tous en rupture de stock. Des patrouilles de votre bataillon seraient passées par là et auraient subi des tirs de ce qui est devenu une manifestation générale. Certains habitants possèdent des armes à feu ; mais la majorité n'ont que des armes blanches ou des bâtons, voire rien du tout.

- Doit-on simplement rétablir le calme, ou bien... faire autre chose ?

- Prenez les mesures nécessaires. Sachez que dans quelques heures, une personnalité importante du Gouvernement Mondial va arriver sur l'île. Il nous faut à tout prix stabiliser la situation. Prenez donc les mesures qui s'imposent... Soyez sans pitié.

Le penchant de son supérieur pour la violence était bien connu du Marijoan ; mais il n'arrivait toujours pas à s'y résoudre. Cependant, il n'avait pas le pouvoir de changer les choses. Du moins, pas encore.

- Ce sera fait.

La rue du quartier général du bataillon se remplit progressivement des marins de l'unité. Mountbatten sortit à la hâte de son bureau, armé et prêt à affronter cette nouvelle insurrection, à quelques lieues de là. Le ciel gris se reflétait parfaitement sur les pavés remplis de crasse de l'allée. Plusieurs rangées se formèrent, jusqu'à ce que les trois cents hommes soient en position, prêts à entendre les ordres du commandant d'élite. Il leur expliqua la situation et fit la répartition des sections à travers les faubourgs nord.

Chaque groupe devra limiter ses tirs ; plus il y en aura, plus la population sera mécontente, et agressive. Malgré les ordres du commandant de la division d'élite, le Fantôme n'allait pas se montrer exagérément violent et répressif. Il souhaitait simplement que les manifestants se dispersent. Les troupes se mirent en marche et arrivèrent à hauteur des faubourgs une demi-heure plus tard. Mount s'était chargé du secteur le plus central ; celui où la contestation était la plus forte, afin d'éviter toute effusion de sang inutile.

Une fois arrivés sur place, les marins virent une grande barricade sur l'avenue centrale, dressée à partir de chariots, de caisses et autres débris en tout genre. Quelques rebelles s'avancèrent au-dehors de la barricade pour jeter des pavés de pierre contre les marins, qui avançaient en lignes sur deux rangées.

- Stop !

La ligne s'arrêta net sous l'ordre du commandant d'élite. Les quelques imprudents continuent d'insulter et de provoquer les forces de la Marine. Les fusils de ces derniers étaient pourtant baissés et pointés vers eux ; mais ils attendaient l'autorisation de leur officier. Ce dernier lança une ultime harangue aux défenseurs, leur laissant la chance de partir et d'éviter ainsi de se subir la répression qui allait venir. Néanmoins, ils n'en avaient que faire. Ils avaient faim ; toute réflexion raisonnée étant pratiquement impossible à ce stade-là. Après son ultimatum, il attendit quelques minutes, puis prit enfin la décision de commencer ce pourquoi il était là.

- Messieurs ; en joue !

Les fusils se firent plus menaçants ; chaque marin s'appuya de plus en plus sur son arme pour mieux viser ceux qui n'étaient pas cachés par la barricade.

- Feu !

L'instant d'après, plusieurs dizaines de balles se déversèrent sur le soulèvement. Étant donné que ces coups étaient partis en même temps, les fumées qui sortaient habituellement de chaque frein de bouche s'harmonisèrent en un seul grand amas de gaz grisâtre. Derrière lui, les effrontés qui se trouvaient dans la sorte de no man's land avaient été abattus, sans distinction. Les quelques rebelles qui s'étaient hissés sur la barricade avaient été également touchés. Alors que Mountbatten pensait que cela allait suffire, il se rendit compte que cela n'avait fait qu'éveiller la ferveur des insurgés. Des agitateurs brandirent des fusils et commencèrent à sauter par-dessus les retranchements pour attaquer les marins.

Ceux-ci furent aussi surpris, mais se reprirent et attendirent les ordres de leur supérieur. Face à eux, une horde de foule en furie, armée de bâtons, de couteaux, de râteaux, de faux, et de tout ce qui pouvait plus ou moins faire mal, courut vers eux, déterminée et nombreuse. De surcroît, ils brandissaient les drapeaux du royaume de Vindex, qui avait été aboli par le gouvernement militaire, ce qui constituait un crime majeur.

Ils avançaient de plus en plus, et il fallait faire un choix. Il se rappelait parfaitement des directives de Kimblee, mais sa conscience s'y opposait de plus en plus fermement. Malgré tout, devant l'urgence, il dut céder, une fois de plus.

- Feu à volonté !

Il n'en fallait pas plus aux marins. Ils vidèrent leurs chargeurs, pressés par le temps et leurs propres peurs. Au final, c'était eux ou les rebelles ; le choix était vite fait. Face aux armes semi-automatiques des marins, ils n'avaient pas de chances. Les rangs se firent de plus en plus clairsemés ; jusqu'à qu'il n'y ait plus que des cadavres. Mêmes ceux qui s'étaient découragés en route et qui avaient fait le chemin inverse avaient été tués. Leurs corps gisaient là, sur le pavé.

Les deux heures qui suivirent furent consacrées à une répression violente de la Marine. A partir du moment où une personne était suspectée d'avoir un lien plus ou moins grand avec les événements récents, elle était arrêtée sans sommation. Une courte période de terreur s'installa dans les faubourgs nord, le temps des investigations. Les militaires ne faisaient pas dans la dentelle ; il ne pouvait y avoir de présomption d'innocence, le temps se montrant toujours plus pressant.

Après la fin du soulèvement, Mount repartit, sous bonne escorte, à son bureau pour faire un rapport à son commandant, avant l'arrivée de "l'invité spécial". Il détailla avec précision les chiffres : au moins deux cent vingt-huit morts parmi les manifestants ; trois cent soixante-dix-huit arrestations et seize hommes blessés dans ses rangs, dont deux gravement. Les chiffres parlaient d'eux-mêmes ; les insurgés n'ont eu aucune chance. Aucune chance face à un Gouvernement Mondial devenu surpuissant.
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