AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  


Coeur de glace

avatar
Arhye Frost
Modérateur

♦ Localisation : En mer, avec les fous
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 3815
Popularité: -236
Intégrité: -210

Mar 11 Déc 2018 - 20:32

- Daemon ! C'est quand tu veux...

    BANG ! BANG !

- Daemon ! Moka ! Matt...



[...]


- Matt... Attention à...
- Arhye ?

    J'entends une voix à mon oreille. Une voix familière. C'est une sensation étrange car j'ai l'impression de l'avoir entendue il y a peu... Alors que j'émerge petit à petit d'un sommeil que je devine très long. Les derniers souvenirs que j'ai se mélangent aux sons et aux odeurs qui me parviennent. Mes sens me reviennent... Je reprends peu à peu conscience et chaque parcelle de mon corps se réveille.
   Et ça fait mal...
   Je grimace avant même de pouvoir ouvrir les yeux. J'ai la tête en feu, et même l'extrémité de mes orteils est douloureux. Mes doigts sont engourdis, j'ai des fourmis qui me grimpent le long des jambes et des frissons qui me parcourent l'échine. J'ose entrouvrir une paupière et la lumière au dessus de moi jaillit brutalement, désagréable au possible. Les larmes montent.

   Une silhouette se dessine sur ma droite, rendue floue par l'écran aqueux sur ma rétine. Je reconnais pourtant les cheveux blonds de mon ami :

- Matt !

   Je savais au moment où j'ai ouvert la bouche que le geste instinctif exécuté dans la foulée allait me calmer. En souhaitant me redresser, une raideur a de suite empêché mon buste de se redresser et mes bras de se plier. Je suis allongé, incapable de bouger le moindre muscle au risque de me blesser davantage.

- Vaut mieux pour toi que tu restes tranquille encore un moment mon vieux. Tu risquerais de vexer le médecin.
- Le médecin ? Léonardo... Il est là ? Et les autres ?

   Je distingue enfin le visage de Matt. Celui-ci arbore un air triste et se met à faire "non" de la tête :

- Désolé... Il n'y a que nous deux.

    Avant que je ne puisse répondre quoi que ce soit, une porte s'ouvre dans le fond de la pièce. Une femme entre alors dans mon champ de vision. Une belle femme aux cheveux noirs attachés en un chignon complexe, vêtue d'un kimono et tenant dans ses mains une bassine de laquelle s'échappe des fumerolles. Son regard est... Incroyablement doux. Si doux que j'en oublie presque ce que vient de dire Matt.
   Elle sourit en me voyant et approche sa main de mon visage :

- Ah, le voilà revenu à lui. J'en suis heureuse.

   Même sa voix est empreinte de tendresse. Un peu comme une mère s'adressant à son petit... Sauf que...

- Reuh ! Teuh !

   Je me mets à tousser. De nouveau les larmes me montent aux yeux : les fumerolles sont parvenues jusqu'à mon nez et leur parfum puissant embaume mes narines tout en se mélangeant aux odeurs alentours. J'en reconnais certaines. Toutes des plantes aromatiques !
    La femme en kimono pose aussitôt la bassine sur une table à côté d'elle et pose sa main sur mon front :

- Désolé pour ça... Hmm... La température est bonne. Voyons par là... Tu permets que je vérifie ? Alors... Le pouls... Régulier. Parfait. Tout semble aller pour le mieux. Je vais pouvoir retirer les aiguilles.
- Keuh ! Les... Quoi ?
- Les aiguilles.

   Je la regarde d'un air étonné, cligne des yeux, tourne la tête vers Matt, lequel hausse les épaules avant de me pointer quelque chose du menton :

- Les aiguilles Arhye.

   Je suis son mouvement. Je baisse le regard du mieux que je peux et je les vois : des dizaines et des dizaines d'aiguille plantées ça et là sur mon torse, sur mes bras et sur mes jambes. Aussitôt je comprends d'où viennent les raideurs....
   Un nouveau frisson me traverse et, dans la seconde qui suit, je sens mon esprit s'envoler une nouvelle fois alors que le monde s'assombrit à nouveau...

- Hé ... Hé ! HÉ ! Arhye !
- Oh... Il est du genre sensible, n'est-ce pas ?


[...]


- Comment te sens-tu ? Tu as froid ? Tu veux que je te réchauffe ?
- Hum ! Non merci ! Je vais bien. Cette femme a fait des merveilles...
- Oh ça c'est sûr ! Parce que tu peux me croire : au début j'ai vraiment cru que c'en était fini de toi...
- ... Explique-moi Matt. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

    Et Matt se met à tout m'expliquer : comment l'assaut du glacier de Jotunheim s'était passé au moment où j'ai demandé à Daemon de foncer ; comment nous nous étions fait épingler par les forces de défense ennemies ; comment nous avions été bombardé par la Marine ; comment j'avais fini par tomber à l'eau, au milieu des débris et des stalactites, le front en sang et l'avant-bras disloqué ; comment il était venu à mon aide, effrayé... Il avait nagé, avec moi inconscient sur son dos, le plus loin qu'il a pu du combat, jusqu'à se laisser dériver, épuisé, sur une planche flottant par là. Il n'avait pas compté le temps passé, mais au bout d'un moment, un navire était apparu. Il s'était époumoné en l'appelant à l'aide jusqu'à ce qu'on vienne nous repêcher. Et nous avions fini par atteindre cette île, Drum, où Chunyu Yi s'est occupée de nous jusqu'alors.
   Chunyu Yi fait partie des Toubib 20, le cercle des meilleurs médecins du royaume. Etant l'une des rares à vivre de son côté sans dépendre entièrement de son souverain, elle nous avait pris en charge par pur altruisme. Philanthrope de nature, la belle étrangère souhaite simplement sauver des vies, parce qu'elle le peut.

- Ça me fait penser qu'il y a un moment qu'ils ne se sont pas montrés...
- Qui donc ?
- Ceux qui nous ont amené sur l'île. Leur bateau est amarré au port, près d'ici. Leur capitaine venait régulièrement prendre de tes nouvelles... Même si je ne saurai pas dire s'il en avait vraiment quelque chose à faire.
- Comment ça ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Oh tu comprendras vite en le voyant.
- ... Au fait. J'ai envie...
- Envie ?
- Ouais... Envie de...
- Moi ?
- NAN ! D'une cigarette. Ça fait un moment. Je crois pas avoir eu l'occasion de fumer pendant l'assaut d'ailleurs.
- Oh ça non, tu peux me croire... Mais je pensais qu'avec toute la fumée qu'elle te faisait inhaler ces derniers jours ça allait te sevrer. La moxibustion, c'est quelque chose...
- La moxi... Hein ?
- Disons que tu ne faisais pas que ressembler à un porc-epic : il y a des fois où tu ressemblais à un début de feu de camp. Tiens regarde là.

   Je regarde l'endroit que pointe Matt du doigt : mon avant bras droit. Je le soulève doucement, le tourne et constate avec horreur le cercle de peau rougeâtre qui le décore.
    Je me remets à trembler.

- Matt... Dis-moi que j'en ai pas d'autre.
- ...
- Matt.
- ... Tu l'as dis toi-même Arhye : cette femme a fait des merveilles et...
- Oh putain.

   Chunyu Yi. Je commence à avoir peur de sa douceur apparente désormais.

_________________
Spoiler:
 


Thème d'Arhye Frost :
http://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttp://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
avatar
Arhye Frost
Modérateur

♦ Localisation : En mer, avec les fous
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 3815
Popularité: -236
Intégrité: -210

Sam 15 Déc 2018 - 23:48

- Haaa... C'est fou ce que ça m'a manqué tiens.

   Je fume pour la première fois depuis... Très longtemps ? A vrai dire je ne sais toujours pas combien de temps s'est écoulé. Matt n'a pas non plus pris la peine de s'y intéresser. Il faudra se repérer au prochain numéro du journal économique mondial pour cela. Mais en attendant les mouettes :

- Alors ? Ils sont toujours là ?
- Ouais, j'ai vu leur bateau sur les quais. Les habitants de Bighorn m'ont indiqué où ils se sont installés. Des types chaleureux, ces gens-là. Un sacré réconfort quand on voit le temps qu'il fait chez eux...
- M'en parle pas : je me les caille ici.
- En même temps... Tu fumes sur le balcon.
- Et ?
- ... Sérieusement ?
- Bah j'allais pas fumer à l'intérieur ! Imagine que l'autre sorcière l'apprenne et je suis bon pour une nouvelle séance d'acupuncture gratuite !

   J'en avais fait les frais en m'y essayant il y a deux jours, alors que j'avais enfin le droit de me tenir debout et de piétiner dans ma chambre. J'avais à peine allumé ma cigarette que la doctoresse était entrée et, voyant la scène, s'était énervée - je n'imaginais pas que froncer les sourcils pouvait être aussi effrayant - et m'avait littéralement cloué au lit. J'ai passé les dix heures suivantes à compter le nombre de tiges enfoncées dans ma chair... En luttant contre les haut-le-coeur et l'évanouissement. Je n'ai jamais redouté une aiguille auparavant.
   Je connais l'histoire des cures pour soigner les traumatismes divers... Mais je ne pensais pas l'inverse possible.

- Moi je la trouve gentille.
- C'est pas toi qui te fait soigner.
- Et elle est loin d'être vilaine. Même moi, je ne suis pas indifférent.
- Elle a le double de notre âge !
- Du tien oui.
- Oh tu me les... Bref ! Du coup tu as pu voir le capitaine ? Asgor la Béquille ?
- C'est Arfor le Viking.
- J'étais pas loin.
- Il ne devrait pas tarder à arriver. En attendant, tu devrais rentrer avant d'attraper froid.
- J'ai bientôt fini.
- T'en as eu assez pour aujourd'hui, le convalescent. Va donc te mettre au chaud.
- ... Héhé.
- Quoi ?
- Ça serait quand même drôle que je tombe malade dans un hôpital !
- ... Mes condoléances.
- Pourquoi ?
- Ton humour a coulé. On a pas pu le sauver.
- Espèce de...

   Je m'empresse de finir ma cigarette pour courir après ce personnage taquin qui me sert de partenaire, afin de le corriger. Mais au fond... Heureusement qu'il est là et qu'il est resté le même qu'à l'accoutumée. Sans ça, j'aurais très mal encaissé les événements. Les blessures physiques, passe encore. Mais pour le reste...
   Il est vrai que je me force à sourire, preuve en est mon humour foireux. J'ai toujours l'appétit, j'ai toujours le vice du tabac, j'ai toujours plaisir à supporter la malice de Matt, mais ça ne me rend pas pour autant heureux de m'en être sorti. J'ai perdu des amis dans cette histoire. Dont un que je peux qualifier de proche désormais. La relation qu'il y avait entre Daemon et moi avait dépassé le stade du maître et de son apprenti. Nous nous faisions confiance, malgré nos profondes différences et c'est ce qui rendait notre lien fort. Il était sévère là où j'étais trop tendre, j'étais diplomate là où lui se montrait barbare. Quant à Moka... Je l'avais accepté comme capitaine. C'était inné. Il n'y a rien à dire de plus, les mots sont inutiles dans ce genre de situation.
   Et ils ne sont plus là.

   Pour autant que je sache, Matt n'a jamais mentionné leur mort. Je suis le seul qu'il a tenté de sauver des eaux. Si ça se trouve, nous sommes les seuls à avoir disparu.
   Quand bien même, j'ai du mal à me l'expliquer mais... Rien ne sera plus pareil. C'est une impression désagréable, et inconsciemment je la vois comme réelle. Quelque chose en moi n'est pas revenu lors de ce désastre. Je peux faire semblant autant que je le souhaite, je ne me persuaderais pas du contraire. Et je doute que cela dupe mon camarade également.
   Après avoir répondu à ses taquineries d'un coup sur le sommet du crâne, je me rapproche de la petite cheminée allumée au fond de la pièce, où Chunyu Yi a installé une table et ses quelques herbes fumantes, et je m'y réchauffe.
   C'est bien beau d'essayer, mais mon coeur est à l'image des montagnes de Drum.
   Gelé.


[...]

    La porte de la chambre s'ouvre au moment où je commence à piquer du nez, tandis que Matt sifflote dans son coin en vérifiant l'état de ses gants et de sa bourse. Je m'attends à voir débarquer la doctoresse pour un ultime traitement journalier, mais il n'en est rien : à la place, c'est un colosse recouvert de vêtements en peau et en fourrure, à l'arcade avancé et aux muscles saillants qui fait son entrée. Le premier mot qui me vient à l'esprit est "Woah."
   Ok ce n'est pas un mot...

- Hmm...

   Et ça n'en est pas un non plus. Mais je suppose que c'est une façon comme une autre de dire "Bonjour, j'espère ne pas déranger." Du moins je l'espère.
   L'immense individu fait quelques pas dans ma direction. Instinctivement, je ramène la couverture plus en hauteur, jusqu'à rabattre le coin contre mon menton. Il est impressionnant, et même si le physique y est pour beaucoup, avec ses bras énormes et son allure de guerrier des légendes anciennes, il y a cette aura charismatique qui l'entoure : le simple fait d'avoir croisé son regard a rendu la pression plus lourde. Je me sens oppressé...
   Il me fixe, le visage impassible. Je sens ses yeux me transpercer et cela me dérange : l'image que j'ai de lui à cet instant est celle d'un chasseur exécutant sa proie calmement et froidement. A mains nues, bien sûr.
   Matt ose ouvrir la bouche :

- Capitaine Arfor...

   Le colosse tourne la tête dans sa direction d'un geste lent, inexpressif :

- Ravi de vous revoir. Cela fait un certain temps depuis la dernière visite.
- Je ne peux pas venir tous les jours. J'ai des hommes à surveiller.
- Et je le comprends tout à fait ! N'y voyez aucun mal ! Je vous suis reconnaissant pour tout ce que vous avez fait pour nous. Et Arhye l'est également.

   Cette fois, les deux me dévisagent. L'un en tentant d'échapper au regard du dénommé Arfor, et ce dernier en... Restant neutre.

- Euh... Bonsoir ?
- Arhye Frost.
- ... Oui ?
- Je suis content de voir que tu vas bien. Ton ami et moi nous inquiétions beaucoup à ton sujet.

   Oh... Je suis ravi de constater que tu l'exprimes aussi bien, mon grand !

- Tu as de la chance... Beaucoup de chance même...

   Il agrippe une chaise près de lui et s'installe à ma droite. Même assis, il reste immense. Matt n'ose pas bouger d'un poil. Je ne suis pas mieux loti, conscient de ma vulnérabilité. Il a beau être mon sauveur, je n'ai pas l'impression d'être en sécurité en étant aussi proche. Il prend son temps avant de reprendre :

- Ton ami a montré beaucoup de courage. Mes hommes et moi avons été touchés par sa force de caractère. Et tu as survécu... Cela prouve combien ta volonté est grande. Les eaux autour de Jotunheim sont glaciales : y rester trop longtemps signe ta fin. Et pourtant tu es là. Vous êtes tous les deux là...

   Nouvelle pause.

- Il faudra fêter ça.

   ... Comment dire. J'ai envie de soupirer de soulagement, soulagé par la conclusion. J'ai envie de me lever et de lui crier "MAIS METS-Y LE TON BORDEL !". J'ai envie de lui dire non. Mais ma langue remue à peine et tout ce que je parviens à faire, c'est déglutir.
   Finalement Matt se charge de répondre à ma place :

- Très bonne idée ! Ça ne peut que lui faire du bien : comme vous le voyez, il est encore un peu déphasé mais... D'ici demain il aura la permission de sortir, selon madame Yi.
- Bien. Dans ce cas nous viendrons vous chercher en début d'après-midi. Nous irons tous ensemble nous relaxer à Cocoa Weed.
- Les stations thermales ?
- Oui.

   Je crois entendre le voleur blond murmurer un "Yes !" de bonheur, alors que le capitaine Arfor me fixe de nouveau :

- En tant que pirate, je suis fier d'avoir pu te venir en aide. Je le répète : ta volonté m'a impressionné.
- Merci...
- Ne me remercie pas. Tu as fait le gros du travail.
- Vous n'étiez pas obligé de nous aider.
- C'est vrai. Mais nous sommes des pirates.

   Je souris, plus par politesse que par envie. D'un côté, sa gentillesse me touche. D'un autre, cette insistance discrète sur le fait d'être pirate m'inconforte. Et en quoi le fait d'en être un l'oblige à adopter un code moral ?

- C'est donc en tant que pirate que je te le dis : tu m'en dois une, Arhye Frost.

   Mon corps se crispe. Il ne fronce pas un sourcil, continuant de me regarder dans le blanc des yeux. Son absence d'expression rend l'attente insupportable. C'est au bout de quelques secondes qu'il se décide à se lever et à regagner la porte pour sortir :

- Je vous laisse tranquille pour ce soir, j'ai des devoirs à remplir en tant que capitaine. Reposez-vous bien tous les deux. Encore une fois : je suis content de te savoir remis, Arhye. Et réfléchis bien à ce que je t'ai dit.

   Il ferme derrière lui et un long silence s'installe.
   Je redoute le rendez-vous du lendemain. Cet Arfor a beau y mettre les formes et avoir un bon fond, je ne peux m'empêcher de penser qu'un fossé sépare sa façon d'être et d'agir. S'il n'affiche rien au premier abord, ses yeux ne sont pas ceux d'un homme désintéressé.

_________________
Spoiler:
 


Thème d'Arhye Frost :
http://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttp://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
avatar
Arhye Frost
Modérateur

♦ Localisation : En mer, avec les fous
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 3815
Popularité: -236
Intégrité: -210

Mar 18 Déc 2018 - 12:09

- C'est...
- GÉNIAL !

    Matt se met à courir joyeusement en direction du village de Cocoa Weed, où l'on vit grâce à ce que les gens appellent "géothermie". Les sous-sols de ce coin d'île sont chauds, et les sources qui se trouvent à la surface profitent de cette chaleur. Il parait même que des geysers jaillissent à certaines périodes de l'année et offrent un spectacle incroyable aux éventuels touristes.
   Les pirates Nors, tous vêtus de fourrures épaisses et de pièces d'armures de cuir, observent le blondinet avec sympathie. Contrairement à leur capitaine, ils ont la chance d'être particulièrement sincères au quotidien : s'ils sont contents, ils rient de bon coeur, s'ils sont vexés, ils frappent jusqu'à ce que l'émotion s'en aille. Il n'y a pas de demi-mesure pour eux. "Tout doit être vécu comme si demain ne venait jamais"... C'est ce que m'inspirent ces hommes après le peu de temps passé ensemble.

    Cocoa Weed est un endroit agréable. Les gens y sont aussi accueillants qu'à Bighorn, malgré le côté intimidant de notre compagnie. Je suppose qu'ils ont connu pire... ou qu'ils savent discerner des clients potentiels.
    Et puis, qui irait s'enfoncer dans les terres gelées du Royaume de Drum et chercher querelle sans être au moins une armée ? En l'occurence, nous ne sommes qu'une trentaine. La plupart des armes ont été laissées au navire sur ordre d'Arfor et aucun bagage n'a été pris. C'est donc bourse à la main que notre groupe entre dans l'une des auberges spécialisées dans le bain chaud. Là, le capitaine des Nors fait signe au tenancier et nous sommes dirigés vers une grande salle avec table unique, laquelle peut tous nous accueillir. Sans doute le genre de pièce que l'on réserve à l'avance pour tout un contingent. Trois serveuses nous rejoignent et prennent notre commande.
   En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Arfor lève sa chope et nous invite à trinquer. En l'honneur de mon rétablissement, tout le monde s'extasie à l'idée de s'user le foie et tout l'équipage se met à boire et à brailler joyeusement. Au milieu de tout ça, Matt et moi ne pouvons nous empêcher de sourire.

   J'ai peut-être mal jugé le colosse : malgré son apparence peu avenante, voir toute cette spontanéité et cette joie de vivre chez ses hommes me laisse croire qu'il est un homme de confiance. J'ai toujours du mal à me lâcher, mais mon ami me force la main à sa manière, avec un sourire mielleux. Finalement je laisse retomber la pression. Il est bon de pouvoir penser à autre chose.
   Nous festoyons de la sorte pendant près de trois heures, durant lesquelles je participe même à un concours de bras de fer avec l'un des hommes les plus costauds des Nors après le capitaine. Au bout d'une longue, très longue minute, je finis par le faire pencher et un triomphe est lancé. Je lève mon bras endolori en signe de victoire, je me retrouve tenu par quatre voisins de table et projeté en l'air plusieurs fois, au signal du hourra...
   J'ai bien fait de ne pas abuser de la boisson.

   Au bout d'un moment, je vois Arfor se lever et s'occuper de la réservation de la source pour l'équipage, Matt et moi. On nous demande de déposer toutes nos affaires au vestiaire et d'y récupérer une serviette de bain.
    En tenue d'Adam, nous pénétrons tous dans l'eau en lâchant à l'unisson un "Aaaaaah" de bien-être. L'effet est immédiat : un bon bain chaud, dans un climat aussi froid que celui de Drum, est un instant sensationnellement magique.
   L'eau est si claire que nous pouvons voir sans peine le moindre galet qui compose le fond. Seule la vapeur, à hauteur d'yeux, camoufle ce qui doit l'être... Et le bon sens commun, évidemment. Le problème, c'est que certains d'entre nous n'ont pas cet état d'esprit. C'est le cas de deux personnes, dont l'une est à ma droite, avec un air de béatitude extrême, les joues rouges et le regard pétillant. Ses cheveux blonds trempés et rabattus vers l'arrière, Matt sourit bêtement en observant ce qu'il se passe devant lui. Je l'interroge du regard, ce à quoi il répond :

- Allons, faut pas manquer le spectacle...

   J'ose vérifier et... Je tombe sur la deuxième personne dénuée de bon sens. Du moins... En partie. Quoi que...
   Le capitaine Arfor, lequel n'était pas encore entré dans le bain, débarque enfin. Mais à la différence de nous tous, il a choisi de porter sa serviette de bain avec lui. Et il s'en sert comme d'un pagne. Sauf qu'un détail gênant vient déranger la scène. Au delà de la pudeur étrange du colosse, il suffit de baisser les yeux un chouïa pour constater, non sans surprise, ce qui met le feu à l'esprit de Matt, dont je connais les penchants.
   Trop de pudeur, ou trop peu, finit par devenir érotique. Là : c'en est presque vulgaire. C'est avec cette image en tête que j'en oublie le pourquoi de la raison de notre venue ici. Le regard fier et le pouce levé de Matt ne sont pas là pour m'aider...

   Finalement, c'est Arfor en personne qui efface mon traumatisme en me ramenant à la réalité :

- T'amuses-tu, Arhye Frost ?
- Je... Oui beaucoup. Vous avez de bons compagnons, capitaine Arfor : ce sont des personnes sur qui je m'appuierai volontiers. Ils inspirent confiance !
- Oh ? Voilà qui est intéressant.

   Impassible comme à son habitude, le musculeux "Viking" tourne ses yeux vers ses hommes, lesquels parlent de tout et de rien, riant pour la plupart, s'extasiant pour d'autres.

- Hmm...
- Capitaine Arfor.
- Oui ?
- Encore une fois, je vous suis reconnaissant pour tout ce que vous faîtes. Sincèrement. Mais j'ai tout de même une question.
- Pose-là.
- Pourquoi ne pas être parti ? Même sans vous connaître, je vous imagine mal rester simplement parce que mon rétablissement est synonyme de fête. Je ne suis même pas l'un des vôtres...
- Je savais que tu n'étais pas quelqu'un de stupide. Et j'attendais que tu abordes le sujet.

   Ce sur quoi, le grand homme se redressa de toute sa taille afin de paraître plus solennel. Et plus intimidant :

- Arhye Frost. Je veux que Matt et toi rejoigniez mon équipage.

   Je reste coi un instant. Le voleur, qui avait entendu cela, se lève à son tour, visiblement surpris. Tout l'équipage s'est tu également. Malgré la chaleur des lieux, un frisson semblable à celui de notre première rencontre me parcoure l'échine.
   Je me doutais, depuis la veille, qu'il y avait un intérêt à me surveiller de la sorte. J'ai rarement vu une personne agir de manière charitable et aller aussi loin sans raison. Surtout dans la piraterie. Les paroles qu'il avait prononcées alors me reviennent et je comprends où il voulait en venir.

- Je vous dois la vie, je le reconnais... Mais pourquoi nous ? Vous ne nous connaissiez pas jusque là. Vous auriez très bien pu nous laisser mourir en mer. Qu'est-ce qu'on a de si spécial ?
- Ne monte pas sur tes grands chevaux : vous n'êtes en rien spéciaux. Intéressants tout au plus. Et j'aime ce qui est intéressant, tout comme je pense que tout en ce monde n'est qu'échange. "Une vie pour une vie", comme disent les sages. Si je t'ai sauvé, c'est à cause de ceci...

   Ce sur quoi il fait signe à un de ses hommes d'aller chercher ses affaires. Le pirate court dans les vestiaires et revient avec une affiche. Il s'agit de ma mise à prix :

- Tu as l'âge d'être mon fils, tout au plus. Et tu fais déjà parler de toi... Tu n'as pas la tête d'un meneur, ni d'un fauteur de troubles. C'est ce qui rend la chose intrigante. J'estime que tu as du potentiel, et ta survie renforce ma conviction.
- Quand bien même, je...
- Mon instinct me trompe rarement, Arhye Frost. Je peux faire quelque chose de toi. En tant que capitaine des Nors et que futur détenteur du One Piece, toutes les cartes sont bonnes à prendre pour parvenir à mes fins. Je veux que Matt Denuy et toi deveniez mes hommes à compter de ce jour. Vous me le devez pour l'aide que je vous ai apportée.

   Il n'affiche toujours rien, mais la dernière phrase ressemblait davantage à un ordre qu'à une demande. Le ton était menaçant. L'ambiance en a pâti : les autres membres se sont rapprochés de nous et forment presque un cercle autour de Matt et moi. La plupart sourient encore.
   Le sentiment d'être oppressé revient alors. Ma tête bourdonne et les vapeurs d'eau et d'alcool s'entremêlent, les paroles d'Arfor résonnant toujours à l'intérieur de mon crâne. Je revois Jotunheim, l'espace d'un éclair. Je revois les boulets fondrent dans notre direction...
   Je secoue la tête. Les poings crispés, je regarde tour à tour Matt et le capitaine. J'avais raison de me méfier. Je suis content qu'il y ait eu cette fête pour me le rappeler et me remettre les pendules à l'heure : je ne suis pas prêt à passer à autre chose. Intérieurement, j'ai encore mal. L'attaque de la prison de glace, dont je ne comprenais même pas les enjeux, m'a laissé une marque qui ne s'effacera peut-être jamais. Voilà ce que rapporte de faire confiance à des gens trop prétentieux, des égoïstes. Les visionnaires du dimanche, les pilleurs impitoyables, les égorgeurs sans scrupule... Toute cette bande de déchets va de pair avec les écarts viciés de la Marine. Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Ce n'est pas le monde auquel je souhaite appartenir. Malheureusement, si j'ai bien appris une chose au cours de mon voyage, c'est qu'il faut plus que de bonnes intentions pour généraliser des idées. Alors s'il faut qu'un homme devienne la bête noire afin de rallier tous les autres et les guider vers la justice, qu'il en soit ainsi. J'agirai à ma façon à partir de maintenant.
   De toute manière, je n'aime pas la façon de penser d'Arfor. Elle est trop différente de ma vision des choses.

   Je décide d'y faire face, à ma manière. Je relève la tête, l'air aussi assuré que possible. C'est quitte ou double :

- Je comprends votre raisonnement. Et je suis flatté par votre proposition... Mais pour être honnête, je ne m'attendais pas à ça. Je souhaiterai un peu de temps pour y réfléchir, si vous le permettez.

   Un long silence s'installe. Quelques pirates Nors crispent la mâchoire, attendant les ordres de leur capitaine. Celui-ci a fermé les yeux, songeur. Je peux voir ses sourcils se froncer au fur et à mesure que les secondes passent. Finalement :

- Nous vous raccompagnons. Demain matin à l'aube, j'aurais ta réponse... Je n'ai pas besoin de te dire quelles seront les conséquences, n'est-ce pas ?
- Je les imagine.
- ... Fort bien.

_________________
Spoiler:
 


Thème d'Arhye Frost :
http://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttp://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
avatar
Arhye Frost
Modérateur

♦ Localisation : En mer, avec les fous
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 3815
Popularité: -236
Intégrité: -210

Mer 19 Déc 2018 - 17:26

Nous sommes de retour dans la maison de Chunyu Yi, qui lui sert également de lieu de travail : c'est une demeure relativement grande, adossée à un pan de montagne à l'extérieur de Bighorn. L'étage tout entier est consacré aux patients de l'acupunctrice. En nous voyant revenir, elle s'est empressée de m'examiner, pour s'assurer que les variantes de température n'aient pas dérangé mon équilibre corporel... J'ai donc eu droit à un nouveau soin à base de moxibustion. Cette journée m'aura requinqué, d'une certaine façon.

- Bon... Qu'est-ce qu'on fait ?

   Matt m'observe, inquiet. J'attendais justement d'être à l'intérieur de la maison avant de dire quoi que ce soit. Ça m'a laissé le temps de réfléchir plus en détail de la suite des événements. Chunyu Yi nous lance un regard interrogateur. Je jette un oeil par la fenêtre, discrètement, et constate sans surprise qu'au moins deux des hommes d'Arfor sont là, à surveiller l'endroit. Ce qui signifie que nous ne pourrons pas quitter les lieux avant de lui avoir donné notre réponse. Je ne peux pas lui en vouloir : je ferai la même chose dans son cas.
   Je sors une cigarette que j'allume avant que mon médecin ne puisse dire quoi que ce soit. Au moment où la belle dame en kimono s'apprête à me retirer le mégot du bec, je la retiens par les épaules et la ramène vers le centre du salon :

- Y a-t-il un moyen de sortir autre que cette porte ?
- Que... Pas vraiment, pourquoi ?
- Parce que vous êtes en danger en restant ici.

   La bouche de la doctoresse se fige, légèrement entrouverte. Circonspecte, elle ne sait quoi dire :

- Je vous suis extrêmement reconnaissant pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive quoi que ce soit...
- Allons calmons-nous un instant... De quoi parles-tu ?
- Les hommes qui m'ont amené ici sont toujours là. Ce sont des pirates. Ils souhaitent m'avoir, de gré ou de force.
- Arhye ! Tu es f...
- Matt, ça ne sert à rien de mentir. Madame Yi n'est pas stupide : elle se doute bien que nous ne sommes pas de simples voyageurs. Tu avais encore ton pistolet sur toi en arrivant, non ? Et Arfor ne ressemble pas non plus à un marin ordinaire... C'est pour ça que je veux jouer franc-jeu avec vous, madame. Vous n'êtes pas en sécurité en restant là. J'aurais préféré ne pas vous mêler à tout ça, mais la situation fait que nous n'avions nul part ailleurs où aller.
- ... Tu ne souhaites pas les rejoindre, n'est-ce pas ?
- Pas vraiment non. Ce ne sont pas de bonnes personnes.
- Te considères-tu comme une bonne personne ?

   Je ne dis mot. C'est une question à laquelle je ne peux pas répondre moi-même. Bizarrement, cela n'empêche pas Chunyu Yi de sourire. Je reconnais alors sa douceur de tous les jours, et ses mains viennent délicatement retirer les miennes de ses épaules.

- Je suis membre des Toubib 20. Je ne fais pas partie de l'élite du Royaume pour rien ! J'ai soigné bon nombre de gens, et la plupart étaient des criminels. Mais tel est mon métier, telle est ma passion : sauver des vies, en faisant fi de leurs histoires, et avec l'espoir qu'elles continuent. Je te suis reconnaissante de t'inquiéter pour moi, mon garçon. Mais je compte pas laisser des intrus pénétrer dans ma demeure sans rien dire. C'est un lieu de soin où j'exerce seule ! Personne n'a le droit de déranger mes patients. Tant que tu resteras ici, tu seras considérer comme tel.
- Madame Yi...

   D'instinct, j'ai envie de la prendre dans mes bras. Son aura maternelle me pousse à le faire... Mais je parviens à me retenir, non sans émotion. Je reçois vraiment trop de stimuli ces derniers temps ! De son côté, Matt parait soucieux :

- C'est bien beau tout ça, mais que fait-on alors ?!
- Demain, Arfor va venir. Je lui répondrai non.
- ... Ce après quoi il te tuera.
- Je me défendrai.
- Tu ne voulais pas dire "nous" ?
- Tu t'enfuieras.
- Hé ! Je ne m'enfuis pas tout le temps ! Qu'est-ce qui te permet de...
- C'est ce que je te dis de faire Matt : demain, tu t'enfuieras.
- Pourquoi je ferai ça ?!
- Parce que tu es mon ami.
- ... Illogique !
- Je te dois la vie.
- Tu ne me dois rien du tout ! Nous restons ensembles un point c'est tout.
- Taisez-vous !

   D'un geste vif, Chunyu Yi nous jette à chacun une aiguille dans le bras, ce qui a pour effet de nous calmer de suite. La douleur, bien que minime, suffit à rediriger notre attention sur elle :

- Je viens de repenser à quelque chose.
- Quoi donc ?
- Ils surveillent la maison, n'est-ce pas ? C'est pour ça que vous regardiez par la fenêtre tout à l'heure ?
- Oui.
- Dans ce cas, il est possible de sortir de nuit.
- Qu'est-ce que cela change, que nous sortions de nuit ou de jour ?
- J'ai un manteau de fourrure blanc assez large dans une armoire. Il a été fait à partir d'un lapin géant vivant sur notre île et son aspect permet de passer pratiquement inaperçu en terrain enneigé. Il suffira que nous nous cachions dessous et que nous passions par la fenêtre de derrière, la plus proche du pan de montagne, et il deviendra impossible pour eux de nous localiser.
- Oh ! C'est super !
- Hmm... Non, nous le ferons pas.
- Quoi ?! Arhye c'est notre chance de...
- Et après ? Où nous cacherions-nous ensuite ? Et cette maison ? En plus, madame Yi deviendrait notre complice... Et si ces hommes décident de nous traquer et se mettent à semer le chaos dans Bighorn, nous causerions des victimes inutiles.
- Mais on s'en...
- Non on ne s'en fiche pas ! Ce n'est pas comme je veux faire les choses.

    Les deux autres me fixent en silence. Je ne sais pas à quoi ils pensent à cet instant, mais moi je réfléchis à toute allure. Ce que suggère la doctoresse n'est pas mauvais en soi. Il y a quelque chose à tirer de ce fameux manteau blanc. De toute manière je ne reviendrai pas sur ma décision.
   Puis soudain le flash :

- Pourriez-vous aller chercher ce manteau, madame Yi ?
- J'y vais de suite.
- Faudrait savoir.
- Tu vas comprendre.

   Une fois le manteau entre mes mains, je demande à Matt de l'essayer. Ce qu'il fait : il ressemble alors à une boule de poil blanche, le visage à moitié caché par une capuche à oreilles. Je le fais s'accroupir, s'allonger, se mettre à quatre pattes, se baisser... Jusqu'à ce que je sois satisfait. Je repense au lancer d'aiguilles de l'acupunctrice et de ce qu'elle avait dit à propos de l'élite des médecins de Drum :

- Je suppose que vous savez vous battre, madame Yi.
- Tout à fait.
- Dans ce cas, vous seriez prête à protéger votre maison jusqu'au bout ?
- Même si tu tentes de m'en dissuader.

   La voix est tendre, mais ce n'est qu'une façade. Derrière ce gentil bout de femme se cache une ombre dangereuse à laquelle je ne voudrais pas me frotter. Du moins c'est la sensation que j'en ai.

- Bien. Dans ce cas, je vais pouvoir répondre au capitaine Arfor dès ce soir. Matt, tu profiteras de ce moment pour sortir par derrière...
- Je ne fuirais pas !
- Au contraire : je veux que tu leur en fasse voir de toutes les couleurs. Tu vas saboter leur navire et prévenir les autorités lorsqu'ils seront ici à tenter de nous déloger. Pris en tenaille, ils ne pourront plus rien faire.
- Et vous serez seuls pendant ce temps-là !
- Nous tiendrons...
- Pfeuh ! Y a intérêt... J'espère sincèrement que tu sais ce que tu fais.
- Tu me connais maintenant, tu sais que je peux me débrouiller. Va chercher nos affaires. Et laisse-moi ton pistolet si possible avant de partir.

   Au moment de monter à l'étage, il s'arrête, une main sur la rambarde de l'escalier. Il se tourne vers moi et me lance :

- Le coffret...
- Quoi ?
- Pendant la traversée sur leur navire, j'ai entendu plusieurs fois les hommes d'Arfor parler d'un coffret incroyable qu'ils auraient dénicher au milieu d'un trésor. C'est le trophée de leur dernier pillage. Il renfermerait quelque chose d'inestimable et... De dangereux.
- Dangereux ? Oh... Qu'est-ce que tu prévois, sale voleur ?
- Si par chance ce coffret peut nous servir d'une quelconque manière, je dois le récupérer. Et même dans le cas contraire, nous aurons au moins la chance de sortir de cette histoire avec un lot de compensation.
- Si nous nous en sortons.
- Ce n'est pas drôle, Arhye.
- Je te fais confiance Matt : fais ce que tu veux, mais ne prends pas de risque inutile je t'en prie.

[...]

- Ils ont pas bougé.
- Nan... J'ai pas l'impression que c'gamin soit du genre à trahir sa parole.
- C'est un pirate, comme nous. Arfor nous a dit d'surveiller, alors on surveille.
- Ouais ouais... Mais quand même : j'espère qu'il acceptera. J'le trouve sympa ce p'tit.
- C'est vrai qu'on a passé un bon moment. Ils ont un côté attachant. Mes gosses doivent avoir leur âge tiens...
- Ça fait longtemps qu'on a pas vu nos familles hein ?
- A qui le dis-t... Aïe !

    Une pierre vient de percuter le crâne d'une des sentinelles devant la maison de Chunyu Yi. Le deuxième la ramasse et constate qu'un papier est enroulé autour. Il lit ce qui y est écrit :


"Capitaine Arfor,

   Je respecte ce que vous avez fait pour nous, mais je refuse de faire partie de votre équipage. Je sais ce que cela implique et suis tout à fait à même de vous recevoir : j'ai pris mes précautions.
   Sachez cependant que je suis prêt à revoir mon engagement si vous faîtes de moi votre second, mais encore faudra-t-il Nous faire plier le genou. Nous vous invitons donc à venir nombreux car Nous ne sommes pas du genre à faire dans la demie-mesure. Vos hommes sont compétents, mais pas suffisamment pour Nous effrayer le moins du monde... Ne Nous insultez pas, par pitié.
   Saluez au passage Throdin et Gunnar de ma part. J'espère que leur défaite au bras de fer ne les a pas traumatisé.


A très bientôt !
Que le meilleur gagne"

_________________
Spoiler:
 


Thème d'Arhye Frost :
http://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttp://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 1