AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  


Une décision

Ethan R. Levi
Ethan R. Levi
••• Contre-Amiral •••

♦ Localisation : G-5
♦ Équipage : /

Feuille de personnage
Dorikis: 6380
Popularité: +670
Intégrité: 608

Dim 17 Fév 2019 - 1:04



De retour de Dressrosa, je ne parviens pas à me détendre. Mes nuits sont tachées de sang. Le sang de tous ces hommes morts sous mes yeux. Je suis rongé par la frustration, la haine. Incapable de sauver les miens, je me remets sans cesse en cause. Pour donner de l’importance à un tel rang, celui de contre-amiral, alors qu’un tel écart existe entre moi et un empereur. Pourquoi continuer de me faire confiance quand j’ai prouvé mon impuissance ?

Alors ainsi, mes nuits sont longues par mes insomnies, insurmontables par mes souvenirs, éreintantes par mes songes. Salem est comme mort. Il est maintenu dans le coma, mais depuis le temps, nul doute que les chances de le voir se réveiller s’amoindrissent. Que l’on ne me prenne pas pour un fataliste. Ne vous y trompez, vous n’étiez pas en face de ce monstre. Le vice-amiral Fenyang lui-même, pourtant doté d’une puissance titanesque, s’est fait maltraiter par plus fort que lui.

Dire qu’il nous a fait orphelin, Yamamoto et moi, est peut-être un peu trop exagéré. Néanmoins, nous sommes maintenant dos au mur. C’est pourquoi au même instant, lui comme moi avons décidé de reprendre contact, pourtant rompu depuis cette lourde défaite. J’ai appris par les voies officiels qu’il avait survécu à ce drame arrivé à Jotunheim. Au-delà de prendre de ses nouvelles, je pense que nous avons tous deux des choses à nous dire. Peut-être même des objectifs communs.

Cet appel restera caché de tous. Une seule chose de vraiment pertinente en est ressortie : nous sommes fiers comme des coqs. Nous ressentons la peur, mais jamais elle ne parviendra à nous arrêter. Nous ressentons l’amertume nous envahir, mais elle non plus n’y parviendra pas. Un mort d’ordre : vengeance. Quelle bande d’inconscients ! Pensez-le si cela vous chante. Salem était indéniablement une grosse enflure. Il était malgré tout mon mentor, mon frère. Abattu comme une pauvre chose futile, il doit être vengé de manière honorable.

J’abattrai cette chienne impératrice avec le plus cadeau qu’elle ait pu me faire. Perdre un bras pour en avoir un tout neuf. Mais alors, pourtant remonté comme une pendule, je suis de nouveau bloqué par une étrange émotion. Comme paralysé par la peur, je me recroqueville sur moi-même. C’est ainsi que c’est déroulée chaque journée depuis le départ de Dressrosa. Il m’est impossible de quitter ma cabine depuis de nombreux jours. J’empeste la gnôle depuis de nombreux jours. Je ne suis vêtu qu’une chemise déboutonnée, tachée de ma sueur et d’eau-de-vie. Pieds nus, mon pantalon de costume tente de faire bonne figure, mais il est tout aussi lamentable que le reste.

Je suis tellement tiraillé que je ne parviens pas à m’alimenter de manière régulière. Et c’est là que, comme un héros de livre, Daniel frappe une énième fois à ma porte.

- Ethan… T’es en ce moment même l’officier le plus pitoyable de l'histoire de la marine. Tes supérieurs attendent le rapport de ta visite au royaume. Tes hommes attendent tes ordres. Tes hommes manquent de nourriture. L’équipage survit malgré tout tant bien que mal. Ah !… Yama’ est à bord aussi.

Il est finalement venu. Daniel n’a pas tord. Je suis aux antipodes de mes fonctions. À quoi bon donner de mes nouvelles quand on voit mes futurs desseins ? Quant au commandant d’élite Kogaku, quand je lui ferai part de mes attentions, je suis rassuré par son statut de d’officier d’élite qui le protège un peu et lui offre une certaine liberté. Une liberté… C’est absolument ce que je n’ai pas. Cependant, la réalité des choses est telle que je ne peux plus avancer. Ma destiné, pour se remettre en marche, doit passer par ce projet complètement dingue.

La porte de la cabine depuis laquelle je me détruis s’ouvre enfin. Toute forme de vie s’arrête sur le navire en me voyant ouvrir cette foutue porte. D’ordinaire toujours rasé au poil près, l’équipage doit être fort étonné de me voir plus barbu que quiconque. L’odeur émanant de ma cabine envahie le pont principal. Un doux mélange d’urine et de gnôle. Yamamoto que j’aperçois reste de marbre. C’est probablement l’une des premières fois que le vois avec un visage aussi fermé. La dernière fois devait être sur le champ de bataille contre Kyori.

- Tu as bien mauvaise mine, dis-je en esquissant un sourire, le premier depuis longtemps, appuyé sur la porte de ma cabine.



http://www.onepiece-requiem.net/t14861-ethanhttp://www.onepiece-requiem.net/t14911-ethan
Yamamoto Kogaku
Yamamoto Kogaku
••• Commandant d'élite •••

♦ Équipage : The Dawn Swift

Feuille de personnage
Dorikis: 8860
Popularité: +1136
Intégrité: 1058

Lun 11 Mar 2019 - 19:57


Je n’étais pas resté longtemps Marie-joie, un ou deux jours tout au plus. Les deux colonels étaient partis de leur coté après l’entrevue avec le major, me laissant seul. Le major est quelqu’un d’impressionnant et il m’a laissé avec un avertissement, je dois faire mes preuves. Pendant le temps qui me séparait d’Ethan, je me suis concentré sur élaborer un plan pour mener ses ambitions à bien avec le moins de risque possible. Le tout pour ne pas penser à la disparition de mes camarades et mes propres doutes sur ma mission. C’est futile de se perdre dans les limbes de l’esprit à la recherche d’une vérité qui n’existe pas. Ce n’est que la postérité qui décidera du bien fondé de ma quête. Le major avait raison en disant que l’histoire à son œil sur nous. Tout ce qui reste donc, c’est le vide laissé par mes compagnons disparus. Mais à ce stade, je pense avoir perdu trop de compagnons pour encore pouvoir m’en sentir mal, je suis sans doute déjà cassé par la guerre. Tout ce qu’il me reste c’est l’amertume de ne pas avoir pu les sauver et la conviction renouvelée de devenir un modèle infaillible, un colonel d’élite digne de ses galons.

En chemin, j’avais donc contacté les responsables de mes forges sur les blues pour qu’ils me fassent parvenir de la paperasse, légèrement falsifiée et des outils et matériaux. L’idée était simple, nous allions suivre l’exemple de notre mentor et nous infiltrer sur l’île de Kyori, son repaire, la gueule du loup. Nous allions nous faire passer pour des forgerons, trouver des poches de dissensions, et tenter de les armer. Telle était la première ébauche du plan. Il faudrait encore l’affiner, et l’adapter à la réalité du terrain, mais je crois qu’il a ses chances de réussir. Après tout, Ethan semble être hors de lui, sans doute près à sacrifier sa vie pour un élan de bravoure et d’héroïsme qui lui permettrait d’apaiser sa soif de sang et sa douleur… envie que je ne connais que trop bien mais tente de réprimer. Après tout, je dois montrer l’exemple, je dois devenir un modèle, un héros… et dans les histoires les héros ne meurent pas, ils ne se laissent pas abattre. Les héros sont juste et font passer leur mission avant leur personne mais ce par le prisme de leur propre individualité.

Après quelques jours de voyage, j’arrive la où se trouve Ethan. Je suis accueilli par un équipage au moral défait, leur chef n’est pas en état de commander et ils sont pour ainsi dire désœuvré. Daniel me fait un topo de la situation avant de me guider jusqu’à son frère d’arme. Une touche de fierté me renforce dans ma conviction, les graines de l’idéologie que j’ai plantées germe ça et la. Ici, nous avons plus affaire à une famille qu’à une hiérarchie.
Ethan sort alors de son antre, puant l’alcool, une chemise et le pantalon taché, une barbe inégale et les cheveux en bataille je n’ai jamais vu le petit gars dans cet état, lui qui est si présentable d’habitude. Je le fixe pendant quelques secondes avant de décider quoi faire, il s’approche de moi pour une accolade, je ne lui en laisse pas le temps. Je l’agrippe par le col et le balance à la mer lui criant.

-PREND UN BAIN MON VIEUX TU PUES !


Je fais volteface, parcourant l’équipage du regard avec un sourire sur le visage, je claque des mains et énonce mes ordres d’une voix claire et puissante. Vu la vitesse à laquelle les gars se mettent en rang, ils n’attendaient que ça, que quelqu’un prenne les rênes… mais si je ne suis techniquement pas leur supérieur hiérarchique… consternant…

-Bon les gars, le contre-amiral prend des congés, et comme l’a souhaité notre bon vieux Salem, je suis donc en charge. Dan’ tu vas me trouver une équipe pour nettoyer la porcherie d’Ethan, j’ai déjà vu des taudis de clodo en meilleur état. Je veux aussi qu’une seconde équipe lui prépare des vêtements frais, un rasoir et du savon, de quoi le rendre présentable. Enfin, préparez-nous une collation je dois m’entretenir avec lui, après je nous pécherai un petit monstre marin pour le diner !


Je dois devenir un modèle, un leader d’homme qui saura imposer sa doctrine… je pense avoir trouvé la réponse à mes interrogations, en fait je la connaissais déjà. Je vais juste tenter d’être moi, ou du moins une meilleure version de moi, une tête brulée qui a appris a baisser de quelques degrés. Je regarde les marins se mettre au travail, leur envoyant quelques encouragement avant de m’accouder au bastingage aux cotés de Dan’ pour causer le temps que mon bras droit finisse ses ablutions.

http://www.onepiece-requiem.net/t2499-yamamoto-kogaku-dit-lame-fini-test-rp-finihttp://www.onepiece-requiem.net/t2619-fiche-de-yama
Ethan R. Levi
Ethan R. Levi
••• Contre-Amiral •••

♦ Localisation : G-5
♦ Équipage : /

Feuille de personnage
Dorikis: 6380
Popularité: +670
Intégrité: 608

Mar 19 Mar 2019 - 10:32



Cet enfoiré est toujours aussi bruyant. Insupportable. Si j’accepte sa requête, c’est uniquement pour avoir la paix. Même pas le temps de l’envoyer qu’il reprend assez rapidement le commandement de mon propre équipage. À force de voyager ensemble, les types sont habitués à voir le grand Yamamoto faire ce qu’il veut à bord. D’autant plus que Daniel et Mozart l’apprécient, qui eux, sont très appréciés par l’équipage tout entier. « Prendre des congés », hein ? Depuis combien de temps une telle chose n’est-elle pas arrivée ?

Absorbé par mes idées de conquête, je ne me suis ni occupé de mes hommes, ni pris un quelconque recul sur ma situation. Mes nerfs sont à vifs depuis la bataille contre Kyori et je ne parviens pas à m’en défaire. C’est la première fois depuis de longues semaines que, grâce à l’arrivée surprise de mon camarade, je retrouve presque le sourire. C’est la première fois depuis de nombreuses semaines, que je ne revois ses images de Salem à moitié mort, et mon bras coupé comme du beurre. C’est la première fois depuis de nombreuses semaines, en allant vers les douches, que je vois réellement mes hommes.

Certains me regardent en faisant semblant de ne pas voir, probablement trop gênés de me voir ainsi. Aucun geste, aucune parole de ma part, je les observe simplement d’un regard totalement vide. Mon seul objectif n’est autre que la salle de bain pour l’instant. Je sentais cette odeur d’alcool mélangée à ma sueur, accompagnée de ma peau grasse de crasse… Néanmoins, perdu dans mes songes, le tout était légèrement moins écoeurant que maintenant. Je suis à la quintessence de mon potentiel en ce qui concerne le délaissement de mon hygiène.

Sentir cette eau pure et chaude caresser ma peau, c’est tout bonnement ce dont j’avais besoin. Avant même de parler nourriture ou de boisson, parlons propreté. Comment est-ce qu’un type qui s’est laissé aller durant autant de temps peut-il être aussi maniaque ? Probablement que mon cerveau, le temps de quelques instants - à son échelle, a décidé de se mettre en mode veille pour appréhender autrement les événements passés. Probablement que de me rendre sur Dressrosa n’était qu’un motif pour oublier.

La conclusion est que l’on n’oublie pas. On peut s’imaginer des tas de solutions, mais aucune n’est réellement efficace. J’ai essayé l’action et l’alcool. Aucune n’a marché. Et maintenant que je retrouve mes facultés mentales, je réfléchis à une manière de ne pas replonger. Car je replongerai soyez-en sûrs. Ma fierté de Ragglefield me pousse à relever la tête lors de situations particulières, comme la venue de Yamamoto, sans quoi je serai resté à broyer au fond de ma cabine. Alors, au sommet des réflexions obscures me vient une seule idée. Pas la plus aboutie, mais certainement celle qui me satisferait le plus : vengeance.

La seule chose qui m’apaiserait est de voir Kyori pleurer ou entrer dans une rage indéfinissable, et ce uniquement à cause de ma propre personne. La voir morte ou emprisonnée m’importe peu, aucune préférence. Sa seule souffrance me satisferait. Cette seule idée provoque un frisson dans tout mon corps. Des défaites, j’en ai pourtant bouffées mais jamais de pareilles. La haine envers mon frère est presque oubliée tellement je voue celle envers l’impératrice. Mon équipage décimé, mon bras perdu, Salem aux portes de l’enfer…

Après quelques minutes sous la douche, bien que j’aime ça, je ressens une forte envie d’en sortir. Je m’habille très rapidement avec des habits très simples. Une chemise blanche assez ample, pas repassée, accompagné d’un pantalon beige en lin. Je n’ai même pas pris la peine de raser ma barbe - habituellement inexistante - et mes longs cheveux. D’un simple Soru, j’apparais juste derrière Yamamoto, accoudé au bastingage.

- C’est déjà mieux, mon vieux, dit le commandant d’élite sans se retourner.

Un énorme sourire se dessine sur mon visage. Le premier que beaucoup de personnes aperçoivent ici. Peut-être même le premier pour mon ami de toujours. Ce sourire n’a rien d’heureux ni de très prometteur. Ce sourire est surpassé par la rage et la rancoeur. Ce sourire est tout sauf rassurant.

- Héhé. Tu tombes à pique, gamin. Ça te dit une virée aux portes de l’enfer ?

Mozart arrête tout à coup de chanter. Daniel, lui, s’arrête totalement. Il me regarde d’un air désemparé.

- Qu’est-ce que… Sombre connard… T-tu…

Ma seule réponse est un sourire. Un sourire plus apaisé, cette fois-ci.


http://www.onepiece-requiem.net/t14861-ethanhttp://www.onepiece-requiem.net/t14911-ethan
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 1