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Les diamants ne meurent jamais

Mountbatten
Mountbatten

Modérateur à l'essai
•• Commandant d'élite ••

♦ Localisation : Vindex

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Popularité: +601
Intégrité: 508

Mer 6 Mar 2019 - 16:01

Le campement de la Marine, situé sur les bords de la capitale Aldebaran, grouillait de vie. Le nombre de tentes était hallucinant ; il y logeait la quarante-huitième division d’élite, soit un bon millier d’hommes. Des feux de camps étaient allumés par endroits. Les marins, lorsqu’ils n’étaient pas affectés à une mission précise, s’y reposait, jouant aux cartes avec leurs camarades. L’alcool allait bon train, et les soldats n’hésitaient pas à faire quelques escapades en ville pour fréquenter les bordels.

La guerre venait de se terminer, le calme était plus ou moins revenu. Le travail restait pourtant gigantesque : les destructions matérielles et humaines avaient porté un grand coup à Vindex. Les prisonniers de guerre creusaient inlassablement les tombes des milliers de victimes du conflit, sous le regard inquisiteur de leurs gardes. Les boulevards de la ville étaient progressivement déblayés de tout obstacle, tandis que de nombreux abris de fortunes et des soupes populaires émergeaient chaotiquement à certains endroits.

Mountbatten était exceptionnellement en période de repos. Après avoir supervisé la construction de plusieurs cimetières militaires, on lui avait offert une semaine de répit. Il lisait les rapports de ses subalternes à son bureau, lorsqu’un homme entra dans sa tente. Un grand blond se tenait là, à sa droite. Il ne portait pas d’uniforme de la Marine, ce qui mit immédiatement le commandant d’élite sur ses gardes.

- Commandant d’élite Mountbatten ?

- A qui ai-je l’honneur ?

- Agent Delta, du Cipher Pol Deux.

L’agent ferma la porte derrière lui, et s’empressa de serrer la main de l’officier. Un large sourire s’affichait sur son visage ; il l’avait enfin trouvé. Le Marijoan se leva, et lui fit face.

- J’imagine que ce n’est pas une visite de courtoisie…

- Effectivement commandant… On a une mission pour vous.

- Le Cipher Pol Deux ? Vous avez vos propres agents pour faire vos besognes…

- Oui, on sait ! Mais nous sommes peu disponibles ces derniers temps… Nos effectifs se sont encore réduits… Enfin bref. Laissez moi vous expliquer la situation… Lors de la guerre, il s’est avéré que le trésor de la dynastie royale, les Tzar, avait disparu. On a, bien sûr, fouillé le palais, de fond en comble. Cependant, on n’a rien trouvé, alors que d’après les archives, le trésor devrait y être. C’est là que vous rentrez en jeu. Avec votre fruit, vous serez capables de mener des investigations plus… poussées. Et puis, vous connaissez bien la situation de l’île.

- Vous voulez que je retrouve le trésor pour votre compte ?

- Oui voil… Euh… Non, mais ne vous inquiétez pas, vous serez récompensés. M’enfin… c’est plus ou moins l’idée, on ne va pas se mentir.

- Et si je refuse ?

- Votre mère travaille au Cipher Pol Deux, n’est-ce pas ?

- …Où voulez-vous en venir ?

- Sachez seulement qu’on sait où elle se trouve… Et que, par malchance, un dossier embarrassant pour elle pourrait bien tomber…

Sa famille devait rester en dehors de toutes ces choses. Même si l’attitude et les méthodes employées par l’agent le déplaisaient entièrement, il devait en faire abstraction. Mais il n’allait pas l’oublier de sitôt.

- J’accepte. Mais il faudra me garantir de ne pas toucher à ma famille ; j’y mets un point d’honneur.

- Merveilleux ! J’aime beaucoup cet esprit volontaire, ce souhait… ininterrompu de servir le Gouvernement Mondial !

L’agent Delta ravala son sourire narquois, et tendit un escargophone au marin.

- Faites nous parvenir toute avancée significative de votre enquête. Nous vous laisserons faire, ne vous inquiétez pas. C’est seulement au cas où.

- Bien. Vous avez prévenu mon supérieur ?

- Il est au courant. Pour vos hommes, vous partez seulement voir du pays.

- Vous avez donc tout prévu, avant même que vous ne me consultiez…

- Rares sont ceux qui refusent une telle opportunité, n’est-ce pas ?

Il lâcha un ricanement exaspérant, comme pour mieux montrer au Fantôme la fatalité de la situation. Il n’avait pas réellement le choix. Et il savait mieux que quiconque que le Cipher Pol savait mettre à exécution ses menaces, quand bien même il s’agissait d’un de leurs propres membres.

- Je vous conseille d’interroger les proches de l’ancien roi. M’enfin, vous faites comme vous voulez après tout. Conseil d’ami.

- C’est ça… J’imagine que vous connaissez la sortie.

- Bonne chance, commandant.

L’espion sortit de la tente, et s’alluma une cigarette tout en s’éloignant. Mount l’observait depuis une petite fenêtre. Il n’allait même pas avoir droit au repos. A croise que le Gouvernement Mondial prenait ses employés pour ses chiens. Il rangea ses affaires et prépara son équipement. Après avoir vérifié que tout était prêt, il partit en direction du palais royal, dans le centre-ville.

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Mer 6 Mar 2019 - 17:07

Être forcé à faire quelque chose était très désagréable. Encore plus lorsque cela venait d’un larbin arrogant du Gouvernement Mondial. Mountbatten était terriblement agacé ; mais était aussi déterminé à y mettre fin le plus vite possible. D’autant plus qu’ils utilisaient sa mère comme otage.

Grâce à son grade, il pouvait aller et venir plus ou moins partout sur l’île. Une chance, car de nombreux lieux étaient occupés directement par les forces de la Marine. Il déambulait dans les rues d’Aldebaran. Il reconnaissait certains endroits. Certaines images lui revenaient, particulièrement violentes. Les corps déchiquetés par l’artillerie de révolutionnaires qui gisaient à un certain croisement, ou encore l’image d’une petite fille qui pleurait après qu’elle ait perdu ses parents dans les éboulements d’immeubles. Des images fortes, qui restaient gravées dans sa mémoire. Pour combien de temps ? Il l’ignorait.

L’esplanade du palais royal avait été le théâtre d’un affrontement titanesque lors des dernières heures de la guerre. Il y avait participé, ainsi que plusieurs dizaines d’officiers. Les pertes avaient été très élevées face au Haut commandement vindexois, et notamment contre le généralissime. Pour la plupart des divisions, cette perte de bons éléments dans la chaîne de commandement s’était révélée très problématique, entraînant une vague de promotions peu méritées. Il s’agissait plus de combler les trous dans l’organigramme que de récompenser ces hommes et femmes.

Le bâtiment était absolument grandiose. De dimensions gigantesques, d’une beauté splendide, la façade n’avait malheureusement pas été épargnée par les combats. Sur le parvis, des soldats montaient la garde. Il entra sans problème dans la bâtisse et se dirigea vers les pièces où avaient été placé le personnel du palais, sous surveillance de la Marine. En effet, il s’agissait des personnes les plus à même de reconstruire les parties détruites, ceux-ci connaissant parfaitement l’endroit. Mount allait interroger le majordome, Huks ; une sorte d’homme à tout faire du roi. C’était sans conteste la personne la plus proche du monarque, en dehors de sa famille et de ses amis. Huks était réputé pour sa loyauté sans faille à la famille royale : si le roi lui-même avait ordonné de cacher le trésor de la dynastie, c’était bien à lui qu’il l’aurait ordonné.

Il demanda à s’entretenir avec lui, à l’écart de tous. C’était un homme de grande taille, mince, au visage blafard. Ses habits de majordome avaient été salis par le travail ; si bien que le tissu était déchiré à certains endroits. Aucun vêtement de rechange n’avait été donné aux travailleurs, la priorité étant d’en donner aux réfugiés civils, et non aux « collaborateurs de l’insurrection ». Tel était l’appellation donnée aux personnes qui travaillaient pour la monarchie, sans pour autant combattre directement la Marine. Leurs peines étaient plus légères que ceux qui s’étaient battus ; mais ils n’étaient cependant pas épargnés par les travaux d’intérêt généraux.

Installés dans une pièce vide, à l’abris de toute oreille indiscrète, ils commencèrent l’interrogatoire.

- Ecoutez Huks, je ne suis là que pour des questions de routine, voyez-vous.

Mount vit dans les yeux de son interlocuteur une suspicion grandissante. Il se demandait probablement pourquoi un tel gradé venait effectuer des formalités administratives qu’un simple matelot pouvait amplement faire. De toute manière, le Marijoan s’en fichait. Il allait utiliser son Mantra sur la majordome, afin de s’assurer de la véracité de ses propos. Qu’il dise la vérité ou non, ses pensées le trahiront.

- Il est, en effet, très embêtant pour le Gouvernement Mondial de ne pas avoir trouvé le trésor de la dynastie des Tzar… Vous comprenez ?

Le vieil homme fronça les sourcils. Il savait à présent pourquoi le marin l’avait convoqué, et il ne voulait en aucun cas trahir la famille royale.

- Je vois tout à fait. J’ai déjà dit tout ce que je savais à vos collègues…

- Je le sais parfaitement. Mais dites moi franchement… Savez-vous où il se trouve ?

Son air se durcit. Il avait deviné les intentions de l’officier, et il se doutait qu’il allait utiliser le Haki pour percevoir ses pensées. Il essayait tant bien que mal de les brouiller.

Néanmoins, c’était déjà trop tard.

- Et cette cabane… Vers quelle ville est-elle la plus proche ?

Ses traits se crispèrent encore plus. Il ne devait pas savoir ; pourtant, il n’arrivait pas à le bloquer.

- Votre absence de réponse me suffira, Huks... Sur ce, je vous laisse retourner au travail.

Le marin tourna les talons et sortit de la pièce, laissant le majordome à lui-même. Derrière lui, il l’entendit poser ses genoux au sol et verser quelques larmes. La loyauté était une valeur très importante aux yeux de Mount, et il comprenait la détresse de cet homme. Mais il avait une mission ; un trésor à retrouver.

Le commandant d’élite était parvenu à ressentir le lieu auquel il pensait. Bien sûr, le Mantra ne correspondait pas à de la télépathie ; il s’agissait de ressentir, de comprendre ce flot d’informations floues pour les assembler en des pensées logiques. Son usage répété du Haki de l’Observation lui avait permis de progressivement apprendre toutes ces facettes. Malgré tout, il lui restait du chemin à faire avant de le maîtriser complètement.

Cette fois-ci, il avait réussi à trouver l’endroit auquel le majordome pensait : situé dans Mekiel, il avait désigné une petite cabane, proche de la petite ville d’Alga.

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Jeu 7 Mar 2019 - 16:50

Alga se situait dans le Kirov, un imposant massif montagneux situé au centre de Mekiel, la région arctique de l’île. Pour y accéder, le marin dut remonter le Cataracte, le grand fleuve qui traversait du nord au sud Vindex. Si les paysages étaient magnifiques, la température glaciale rappelait vite que l’endroit pouvait être mortel aux imprudents.

Remerciant le personnel de la navette, Mount débarqua dans une petite ville portuaire, Grozny. Une garnison de la Marine sécurisait les environs, ce qui assurait une certaine tranquillité aux habitants. Alga était à une dizaine de kilomètres au nord ; il loua donc un cheval pour s’y rendre. Le chemin était abrupt, et sa monture avait bien du mal à gravir une telle pente. Le village était perché en haut de la montagne, de sorte qu’il offrait une vue panoramique sur les vallées avoisinantes. En bas de la route, le dénivelé était très important. Une grande forêt de conifère s’y trouvait, plus bas. Petit à petit, il semblait quitter la civilisation.

Lorsqu’il arriva, il s’aperçut que le village était à moitié vide. De par sa position stratégique, il avait été la cible de violents assauts lors de la guerre. De nombreux bâtiments étaient encore en ruines. Les villageois le regardèrent avec mépris. Ils n’aimaient pas ces marins, qui n’avaient fait que détruire leur vie.

Qu’importe pour le commandant d’élite, il ne s’intéressait pas au village, mais à une cabane. Néanmoins, s’il avait pu déceler le type de construction, il n’avait absolument pas la localisation exacte. Alors, il décida d’aller au sommet de la montagne, celui-ci n’étant pas très loin d’Alga. Avec une vue qui surplombait les environs, nul doute qu’il trouve ladite cabane. De toute façon, il ne pouvait pas compter sur l’aide des habitants. Autant se débrouiller seul.

Une fois arrivé en-haut, le spectacle qui se déroulait à ses yeux l’émerveillait. Le ciel était clair, dénué de tout nuage. Le soleil siégeait fièrement et se reflétait sur les neiges éternelles. Cependant, les marques des combats restaient visibles. De nombreux cratères d’obus parsemaient les forêts ; tandis que du matériel militaire abandonné pouvait encore être aperçu à certains endroits.

A l’aide de sa prothèse oculaire, le Marijoan examinait les alentours, jusqu’à ce qu’il trouva une cabane, au milieu de nulle part. Construite à côté d’un ravin, à l’opposé d’Alga, il était difficile d’accès. En réalité, aucune route n’y menait. Mount accrocha son cheval près d’une source d’eau et descendit à pied, déterminé à comprendre les secrets qu’elle renfermait.

Au bout d’une dizaine de minutes, il arriva tant bien que mal sur les lieux. La cabane était visiblement abandonnée. Les carreaux des fenêtres étaient brisés, et la porte entrouverte. Le marin entra, tout en étant sur ses gardes. Le danger pouvait venir de partout. L’unique pièce était plongée dans la pénombre ; les rayons de soleil ne pouvant pénétrer dans la cabane, à cause de l’inclinaison de la bâtisse.

Rien d’anormal ne ressortait au premier coup d’œil. Il n’y avait là que des armoires comportant des outils de jardinage et de bricolage. Cela ressemblait plus à une cabane de jardin qu’autre chose. Pourtant, si les objets n’attiraient pas l’attention, c’est bien par l’agencement de la pièce que le Fantôme fut intrigué. Au centre, un grand espace vide s’y trouvait. Comme si c’était une sorte d’entrepôt.

L’officier se rapprocha et se baissa. Il scrutait le sol, à la recherche du moindre indice possible. Si quelque chose avait bel et bien été placé ici, il devrait y avoir des traces. Soudain, il vit un scintillement dans le noir. Suspect. Et puis, à mesure qu’il balayait son regard, il se rendit compte que d’autres scintillement lui parvenait. Il se rapprocha et ramassa ce qui reflétait ces petites lumières.

Mountbatten fronça les sourcils. C’était des diamants.

Ceux qui restaient étaient d’une taille infime ; ils ont dû tomber par terre sans que personne ne s’en rende compte. Il y en avait cinq en tout. Suffisamment pour convaincre l’enquêteur. Le trésor de la dynastie Tzar a donc été stocké ici, pour être déplacé ailleurs. Mais où ?

Il rebroussa chemin et repartit à cheval, laissant derrière lui la cabane. Elle devait bien y avoir un propriétaire. Sachant que le régime vindexois était réputé pour sa bureaucratie, il devait y avoir des traces dans divers registres. Grozny était l’ancien chef-lieu de la province, et les documents qu’il cherchait devait sûrement s’y trouver.

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Ven 8 Mar 2019 - 23:35

Après avoir attaché son cheval près d’un abreuvoir, le commandant d’élite entra dans la base qui s’occupait de gérer la province. Etranger à l’unité qui y était positionnée, il fut conduit vers leur chef afin d’expliquer la raison de sa venue. Il avait beau être un officier supérieur, il n’était pas pour autant tout puissant. Il rencontra donc le commandant Tobashi. Un vieil homme à la silhouette élancée ; et au penchant légèrement prononcé pour la bière, en témoigne son ventre fourni. Convié dans son bureau, ils se mirent à l’aise en vidant un bon verre de saké.

- AH ! Ça fait du bien, n’est-ce pas commandant ?

- C’est sûr que ça protège du froid glacial qu’il y a dehors…

- Encore un autre peut-être ?

- Euh, non… Je pense qu’on…

- Et bah écoutez, j’vais m’en prendre un, moi.

Devant un Mount quelque peu désabusé face à la conduite indolente de Tobashi, celui-ci but deux verres avant de se remettre sur sa chaise, tout sourire.

- On n’est pas bien là, non ?

- J’imagine que vous…

- Ptetre un dernier ?

- …

- Zêtes sûrs hein ?

- C’est qu’il veut un poing dans sa gueule le con.

- Hein ?

- Je disais que je n’en veux plus, merci…

- AH ! Vous savez pas ce que vous ratez… On a raflé… Euh, perquisitionné, toute une cargaison d’alcool dans une baraque de bourge. Et putain ! De la qualité, c’est moi qui vous le dit.

- C’est qu’il joue avec mes nerfs cet enfoiré...

- Pardon ?

- Non, je disais qu’il serait mieux que je m’explique maintenant… C’est que je suis... pressé.

- AH ! Et bien, j’vous écoute.

- J’ai besoin des registres des titres de propriété de la province… Il me semble qu’ils sont stockés ici.

- C’est ça. Sans vouloir être indiscret, c’est pour quoi faire ? J’veux dire, en général, on s’en fout pas mal.

- Hum… J’aimerais savoir le nom du propriétaire d’une maison que j’ai aperçut en venant ici… Le bâtiment était remarquable, et j’aimerais l’acquérir.

- Vous voulez vous poser ici ?

- Pas vraiment… Disons que j’aimerais me faire des revenus de côté… Et les prix immobiliers ont chuté ces derniers temps à Vindex.

- AH ! Un profiteur… Ne vous inquiétez pas, je m’en fiche pas mal. Allez donc, c’est au sous-sol. Des pancartes vous indiqueront la route. Un saké pour la route ?

- Bordel, il insiste en plus l’ivrogne.

- Quoi ?

- Je disais que c’était suffisant, merci !

- Aller, roulez jeunesse.

Sans tarder, le Marijoan se rendit au lieu indiqué par le commandant de la base. Les archives s’étalaient sur des dizaines de rayons. Un miracle qu’elles aient été épargnées. Logiquement, la cabane devait être rattachée au village d’Alga. Il sortit le livre correspondant et commença à feuilleter les pages, sur une table éclairée d’une faible lueur. Son exaspération était grande, à cause du temps qui s’était déjà écoulé. Il voulait boucler cette mission au plus vite, et mettre sa mère hors de danger.

- Bingo.

Parmi les centaines de lignes d’une énième page, il trouva la description de la cabane. Et le nom du propriétaire : un certain Otto Ashitaka. Un indice de plus pour son enquête. Un sourire au coin de la bouche, il rangea religieusement le livre dans son étagère et en reprit un autre. C’était une sorte d’annuaire des habitants, avec leur adresse de domiciliation. Arrivé à son nom, il releva les informations dont il avait besoin pour se rendre chez lui. Mount sortit de la garnison et renfourcha sa monture. Direction Alga.

----

- Quatre Chemin de la Sablière… C’est bien ici. Je crois qu’il y a un problème quelque part…

En effet, la maison était complètement détruite. Sûrement à cause des bombardements. Le bâtiment qui se trouvait là auparavant n’était à présent réduit qu’à l’état de ruines. On ne pouvait distinguer que les murs, grâce à leurs fondations solides. Le reste n’était qu’une masse informe de débris.

Derrière lui, une voix s’éleva.

- Vous les connaissiez ?

Une femme d’une quarantaine d’année s’avança vers lui, sortant de son jardin.

- Oui, de loin. Mais je voulais voir s’ils allaient bien. Apparemment...

- Oh si vous saviez !

- De ?

- Ils sont… morts…

- De qui parlez-vous ?

- Et bien, de la famille… Oh mon Dieu !

La femme éclata en sanglot. Mountbatten était plus que gêné ; il ne partageait pas cette peine. Il était terriblement frustré par cet obstacle supplémentaire, mais fit mine d’être triste pour ne pas éveiller les soupçons.

- … Pouvez-vous m'expliquer ?

- C’était terrible… Une nuit, l’artillerie de la Marine a commencé à pilonner le col et… un obus est venu s’écraser là. La maison a brûlé pendant la nuit, on a retrouvé le père et la mère… morts.  

- C’est… affreux. N’y-a-t’il pas eu des survivants ?

- Si… Il y a bien la petite Petrushka… Que Dieu lui vienne en aide à la pauvre petite. Personne ne mérite de vivre ça…

- On n’est bien d’accord. Savez-vous où est-ce que je pourrais la trouver ?

- Oui, bien sûr. Elle loge dans une auberge de jeunesse à Grozny… La pauvre fillette !

- Quelle âge a-t-elle ?

- Je dirais… La vingtaine.

Le Fantôme pouffa. Elle était déjà une jeune femme, mais la ménagère semblait penser qu’elle était toujours un enfant.

- Bien. Merci pour tous ces renseignements… Ça... m’aidera à faire mon deuil.

- Mais je vous en prie… C’est horrible ce qu’il s’est passé, vous savez. Même nous, dans le quartier, on ne s’y fait toujours pas. Et puis voir cette maison détruite, ça me fout le cafard. Le Gouvernement Mondial, sur son piédestal, ne pourrait-il pas au moins nous débarrasser de ça ? Mais non ! Il préfère surveiller la population pour rien faire ; il préfère ériger des statues aux soi-disant « héros »… Et puis…

- Merci madame, mais je suis pressé…

- Oh, oui bien sûr ! Désolé, c’est l’émotion… Il faut que j’évacue…

- C’est ça, évacuez ! Merci pour tout ; sur ce.

Il laissa la dame rentrer chez elle en marmonnant tout ce qui passait derrière sa tête. Une femme simple pour une vie simple, se disait l’officier. Lui repartait donc de là où il venait. Ces trajets incessants commençaient aussi à l’énerver, mais il ne pouvait rien y faire. Perdre du temps devenait une torture pour lui.

Mountbatten se jura qu’on ne menacera plus jamais sa famille.

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Sam 16 Mar 2019 - 13:11

Conformément aux indications de la vieille dame, il se rendit dans l'auberge de jeunesse où était censée se situer la rescapée du Quatre Chemin de la Sablière. C'était un petit bâtiment plein de vie, où la jeunesse tentait d'oublier les horreurs de la guerre. Danser, jouer, boire… Tout était bon pour se détasser d'un triste passé collectif.

En ouvrant les portes de l'auberge, Mount se rendit bien compte de l'hostilité ambiante contre sa personne et, plus que lui, ce qu'il représentait. Les cicatrices n'étaient pas encore totalement fermées ; et si les politiques parlaient déjà de réconciliation, il n'en était pour le moment pas question. Les musiciens ralentirent le rythme, le temps que tout le monde toise le marin, signalant l'absence de bienvenue dans le lieu. S'asseyant au bar, il commanda pourtant, à un barman récalcitrant, un verre de whisky. Et puis, progressivement, la musique reprit son cours enflammé et les gens détournèrent la tête. De toute façon, ils ne pouvaient rien faire que ravaler leur haine pour un autre jour, jusqu'à ce qu'elle s'apaise.

Un homme trapu sortit de la réserve. Grâce à ses habits plus riches que les autres employés, le Marijoan en conclut qu'il s'agissait du gérant de l'endroit.

- Alors, que me vaut la visite d'un officier de la Marine ? Une perquisition ? Une rafle ?

- Non, point le moins du monde monsieur. Je suis uniquement ici en quête de renseignements.

- Des renseignements ?

- Sur une certaine… Petrushka Ashitaka.

- Et... qu'est-ce que j'y gagne, moi ?

- La tranquillité pour un moment. Ça vous va ?

- Pas vraiment… Vous savez, les temps sont durs…

Sortant de ses gonds – fait rare pour un homme habituellement modéré -, il agrippa le patron par le col. Les yeux de ce dernier sortirent de leur orbite, devant l'air menaçant du marin, qui laissa intentionnellement sa prothèse oculaire s'éclairer de son rouge vif. Rapprochant son oreille de sa bouche, il posa un regard pesant sur les serveurs proches, de sorte qu'ils s'éloignent des deux hommes.

- Je crois que tu n'as trop le choix, mon ami… C'est clair ?

- Oui…

- J'AI PAS BIEN ENTENDU. C'est CLAIR ?

- Très clair monsieur… très clair…

- Bien, je préfère.

Il laissa le commerçant reprendre sa respiration, en desserrant sa poigne. Il se retourna, et vit plusieurs dizaines d'yeux braqués sur eux. L'attention était sur eux désormais ; mais qu'importe, dès l'instant que sa mission se rapprochait une fois de plus de son terme. Devant un tel public, il préféra ne pas agripper plus longtemps le gérant, et le laissa chercher son livre de compte. Il partit d'un pas pressé, et revint en un éclair. La musique s'était arrêtée, les jeunes ne dansaient plus. Ils n'attendaient plus que le départ de cet homme menaçant, sans pour autant s'affirmer hostilement, par peur des représailles.

- Alors… A… Ashi… Ashitaka. La-voici. Chambre Treize…

Il tendit fébrilement la clé. Il était obligé de la trahir pour sauver sa peau, ce qu'il accepta difficilement. Malgré tout, il n'avait pas cogité pendant très longtemps ; entre une parfaite inconnue et lui-même, le choix était vite fait. Qu'importe les intentions du marin, son emportement ne présageait rien de bon.

Sans une parole de plus, l'officier fusa dans le couloir, scrutant avec attention la petite pancarte disposée sur le haut de chaque porte, qui indiquait le numéro de chambre. L'ambiance se faisait de plus en plus pesante, la fête était finie. Les jeunes revinrent dans leurs dortoirs, tandis que les quelques clients sortirent. Les musiciens rangèrent leurs instruments sans plus de manières, et filèrent en toute discrétion, après avoir reçu leur maigre salaire. Les chambres seules étaient les plus chères ; et la fille des Ashitaka devait soit avoir un revenu stable, soit des réserves permettant d'assumer un tel coût.

Tournant précipitamment la clé dans la serrure, Mountbatten surprit la jeune fille dans son sommeil. Il était déjà onze heures du soir. L'homme se positionna face à elle, attendant qu'elle comprenne la situation et se lève. Elle vit les habits du fonctionnaire et se mit sur ses gardes.

- Petrushka Ashitaka ?

- Que me voulez-vous ?

- Simplement discuter, détendez-vous.

- Alors pourquoi surgir de cette façon, à la tombée de la nuit ?

- Parce que je n'ai pas vraiment le temps d'attendre. Les choses pressent. Mais venez donc vous assoir, nous serons plus à l'aise.

- … Je crois que je n'ai pas le choix…

- C'est exact, mademoiselle Ashitaka.

Ils prirent une chaise et s'assirent à l'unique table de la chambre, éclairés par un Lumini Dial. Petrushka faisait mine d'être calme, mais ses mains tremblaient légèrement, trahissant son anxiété grandissante. Le marin en face de lui se montrait terriblement froid, et cela ne la rassurait pas. Elle savait ce que la Marine était capable de faire.

- Bien… Votre père possédait une cabane aux alentours d'Alga, je me trompe ?

- Non, du tout… Il y entreposait du matériel pour l'entretien, c'est tout.

- Alors pourquoi la placer aussi loin de votre maison ? Ça n'a pas de sens.

- Il était employé par le village pour s'occuper des routes en réalité… Et il ne voulait pas que sa cabane soit facilement accessible. Il voulait simplement être tranquille.

- Je vois. Est-ce que quelqu'un, autre que votre père, a pu avoir accès à cette cabane ?

- Euh… Non… Lui seul avait les clés.

Mount prit une grande inspiration, pour se calmer. C'est bien ce qu'il craignait : qu'Otto Ashitaka ait emporté tous ses secrets avec lui dans sa tombe.

- … Mais…

- Oui ?

- … Je me souviens que la Marine a perquisitionné l'abri de mon père, lorsque vos troupes ont conquis la région.

- Pardon ?

- Enfin, c'est ce qu'on m'a dit. Après le décès de mes parents, j'ai immédiatement quitté Alga pour venir ici.

- Je vois… Et comment se fait-ce que vous pouvez payer cette chambre sans vos parents ?

- Et bien… Je… Mon père avait placé de l'argent de côté… Je m'en suis servi pour être tranquille ici.

- Combien ?

- Mais ça ne vous regarde pas ! Pourquoi toutes ces questions ?!

L'officier lui prit violemment le bras, pour lui signifier qu'elle n'avait pas le choix. Elle sursauta, et comprit que l'homme en face d'elle était déterminé. Alors, inutile de résister pour des informations si futiles.

- Plusieurs millions de Berrys… De quoi m'assurer un avenir dans ce pays en ruine.

- Pourquoi un simple fonctionnaire comme votre père a-t-il pu épargner autant d'argent ?!

Il resserra son emprise sur son bras, témoignant de son énervement. Lui, qui était d'habitude impassible et stoïque, ne pouvait plus lutter face à ses émotions. Il l'avait trop fait pendant sept mois.

- Je ne sais pas ! Il avait des primes, c'est tout…

- Des primes… D'accord…. Et ces marins, sais-tu qui étaient-ils ?

- Hum… Je pense que…

PAN

Une balle traversa la vitre de la pièce et vint se loger dans le dos de Petrushka. En un instant, le marin se mit à couvert et activa sa prothèse oculaire pour identifier le tueur. Grâce au zoom et à la vision thermique, il le détecta rapidement. Le sniper se trouvait sur le toit d'en face, et semblait recharger son arme. La fille des Ashitaka se vidait de son sang sur la table, dans un silence de mort. La balle avait perforé ses poumons, et elle avait encore des spasmes. Jusqu'à ce qu'elle ne bougeât plus, la bouche et les yeux grands ouverts, joue droite contre la table.

Mountbatten dégaina son fusil de précision et activa son invisibilité. Sans perdre une seconde, il visa l'autre homme, et enclencha la détente. Le coup de feu fut presque muet, grâce au silencieux installé au bout du canon. Sans même comprendre que son adversaire avait déjà tiré, le tueur fut transpercé par la balle du Fantôme, au milieu du crâne. Il tomba, raide mort, sur le toit.

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