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Du bon business

Mary Grace
Mary Grace
Donneur de Récompense

♦ Localisation : Manshon

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Jeu 7 Mar 2019 - 22:08

Si on m'avait dit, un jour, que la ville de Manshon était aussi ambiancée, je l'aurais pas cru.

C'était un petit début de soirée, rien de fou. Une petite brise avec un oiseau qui sifflote. Puis le soleil qui se couche, loin dans ciel. Il faisait doux quand même, et l'air frais colorait mes joues. Un petit rose pêche mignon sur les pommettes. Mains dans les poches, je me baladais du côté est de la ville, jusqu'à entendre une voix masculine, au loin, puis hop... partir dans les aiguës. Mais en beauté, avec des sons agréables. Et l'accompagnement d'un clavier et d'une corde.

C'était un chanteur. Le look dérangé avec un pull troué et un pantalon de velours bien trop court pour ses grandes jambes. Et je m'étais toujours demandé si les artistes de rues se donnaient un style de dépravé ou s'ils étaient vraiment pauvres à ce point. Et je pense qu'à Manshon y'avait des deux. Une bande de truand.

Mais là, le type savait jouer de sa voix. Petit piano en fond. Reposant avec l'accord d'un violon. S'en était même flippant, passant des aiguës aux graves, jonglant avec des notes plus ou moins atypiques. Impossible de déterminer, yeux fermés, si c'était une fille ou un garçon. En fait, y'avait réellement un truc dans sa voix... parce que je me sentais attirée... les douces ondes.. la douceur de ses paroles. Bercement symphonique pour les tympans... Grosse main sur mon épaule.

« Eh m'dame, tombez pas dans l'piège. M'sieur a mangé un fdd. »

Un fdd. C'était bien un jeune lui. Histoire d'abrévier tout ce qu'on peut.

Et c'est vrai qu'autour, tout le monde semblait envoûté, tellement que.. ouais les femmes en étaient hypnotisées. Un groupuscule de groupies bavant devant le type. Mais doucement, il était pas si beau que ça. Et il avait une... petit belette. Qui venait... picorer dans les sacs. Yeux écarquillés, choquée. Nan mais quoi ?? Il volait de l'argent ?

Ok Mary c'est pas moral mais c'est pas tes affaires donc dégage de là. Et je me retourne, nez à nez avec deux gars. Une sale tête, borgne avec une espèce d'encre tatouée sur le bras. C'est quoi de ça. Et l'autre bossu mais l'air sournois. On les dévisage. Et petit à petit la foule se dissipe, silence demandé implicitement. Ils passent juste leur route. Et c'est que la simple présence de ces deux types avait jetée un froid glacial.

Je garde mes mains bien au chaud dans mes poches et continue ma route. Y'a des familles ici, grandes. Et c'est des gangs. Je pourrais bien y trouver mon compte, ou me faire détruire.

Mais l'horloge tourne, et je dois trouver mon gars.


Dernière édition par Mary Grace le Lun 11 Mar 2019 - 11:48, édité 1 fois
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Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

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Lun 11 Mar 2019 - 11:42

La ville est au bord de l'implosion depuis un an, j'ai jamais vu les Sept Familles dans un tel état et c'est pas pour me rassurer. Depuis que la Marine a opéré son blocus de l'île, tout est parti en cacahuètes et c'est le crime organisé qui en a payé les frais. Toute cette merde a duré bien trop longtemps, provoqué tellement de dommages collatéraux que la population en a eu ras le bol. Forcément, ils ont fini par se révolter et faire savoir qu'on était plus les bienvenus ici. La faute aux parrains qui ont pas été foutu de s'accorder sur la façon de gérer la situation préférant se diviser plutôt que de garder le contrôle de la situation. Quand les dirigeants pètent les plombs et font n'importe quoi, c'est sur la gueule des petits que ça retombe, toujours. C'est ce qui fait que je n'aime pas être sous les ordres d'un autre, essuyer la merde après son passage, risquer ma peau pour ses conneries. Pour le coup, le Padre a fait une erreur en suivant Don CarboPizza dans sa trahison du Gila.

Si cela avait été moi à la tête de la famille Bambana, j'aurais tourné le dos à ce fou depuis bien longtemps. Il était évident qu'il perdrait la face en agissant ainsi. Livrer aux autorités un homme aussi important dans le milieu que le patron de la pègre de Saint Uréa, en plus de s'afficher comme une balance et un traître, il se mettrait forcément à dos une ribambelle d'organisations. Le soutenir dans son projet suicide avait été idiot et désormais que la situation s'était légèrement apaisée, le blocus étant en plus un fiasco, le Gila ayant pu s'échapper, les petites frappes redoublaient d'efforts pour maintenir les miches de Tempiesta sur son trône. De ces petites frappes, les tontons flingueurs comme on les appelle chez les Bambana, j'en faisais partie il n'y a pas très longtemps encore. J'ai su prouver ma valeur et particulièrement l'année dernière, relever les manches de ma chemise pour plonger mes bras dans le sang et délivrer la mort à tour de bras.

1626 ne prend pas une direction plus apaisée, nous sommes toujours aussi vindicatifs, seulement nos cibles et nos actions sont différentes. Je ne compte plus le nombre de membres de la Révolution de Chrysantème abattus froidement, afin de faire taire le mouvement contestataire. L'idée au départ était de l’étouffer dans l’œuf, mais ils se sont révélés plus tenaces que prévu, comme tout bon mouvement révolutionnaire qui se respecte. La chose traîne en longueur, ajoutons à cela les luttes intestines, les fusillades incessantes entre les deux parties des Sept, nos hommes sont exténués, à cran, et la main d’œuvre commence à diminuer. On a beau avoir un paquet d'hommes à disposition, les assaillants ne sont pas en reste et les pertes trop lourdes. Anatoli qui était déjà assez paranoïaque avant tout ça est devenu infernal, c'est simple, plus que jamais il ne fait confiance qu'au Padre. Il agit comme un chien enragé dès qu'on cherche à approcher monsieur Bambana.

Aujourd'hui encore, quand j'ai souhaité une entrevue avec le boss pour obtenir plus d'informations sur le travail qu'il m'avait confié, l'autre cinglé a failli m'arracher un bras.  On approche pas le Padre pour le moment, qu'il m'a craché au visage, avec une bonne pluie de salive en supplément. J'avais pourtant compris les cinquante première fois qu'il me l'avait hurlé, mais il a jugé bon de me coller contre le mur, un bras tordu dans le dos pour que ça rentre davantage dans le crâne. Cette saloperie de taré à la fiole brûlée, un jour je le ferai cramer pour de bon. La journée est achevée depuis une bonne heure, le soleil s'est couché et l'air adouci, et pourtant la géhenne me harcèle encore l'articulation du bras. Il était à deux doigts de me le péter ce fumier. Enfin bon, j'ai plus envie d'avoir un tocard pareil en tête pour le reste de la soirée. Un rendez-vous m'attend, Lorenzo m'en a informé, une femme chercherait à me contacter pour discuter affaires.

Enfin, ce n'est pas moi qu'elle cherchait directement, simplement qu'elle a approchée la famille et c'est vers moi qu'on l'a redirigé. 'Faut dire que ce genre de boulot, ce n'est clairement pas l'autre azimuté qui pourrait le mener à bien. Quand il s'agit d'action pacifique, de garder son sang-froid et de ne pas recourir à la violence, il est à la rue le Anatoli de mes deux.

Rah, il me brise les roustons cette raclure de pelle à merde !

Est-ce que mon rendez-vous est arrivé ?
Pas encore, monsieur Dicross. Veuillez nous suivre à votre table, nous vous préviendrons quand elle sera là.


J’acquiesce sans un mot, déposant mon regard morne sur le serveur qui tourne les talons pour me conduire à ma place habituelle. Les Sept Péchés est mon établissement favoris de Manshon, ou plutôt devrais-je dire de tout Barnanos. Un lieu qui tient son nom des grandes familles de la pègre qui sont sans nulle doute sa clientèle de prédilection. Ce n'est pas ici que vous croiserez un honnête soldat, ou alors ce dernier se la joue infiltration et doit se sentir comme une pathétique petite souris au milieu d'une maison infestée de chats. Autrement dit, si madame est une menace, elle aura tôt fait de trouver la mort ici.

Les décors y sont luxueux, le mobilier clinquant, le personnel soigneusement choisi par le directeur de l'établissement, l'investissement de départ n'aura pas été vain puisque que les bénéfices engendrés ont couvert depuis longtemps les frais investis à sa création. S’appuyant sur un concept de sept pièces ayant chacune pour thème principal un des péchés capitaux, l'ambiance n'y est donc naturellement pas la même selon le péché que vous souhaitez découvrir. L'Envie est la partie des Sept Péchés dans laquelle j'ai réservé pour la soirée. Le personnel me conduit à une place de premier choix, proche de l'estrade installée en fond de salle, réservée aux clients importants, Je prends place à table circulaire nappée d'un tissu doré rappelant celui des berrys, habillé de couverts en argent, le tout éclairé d'un chandelier dans le même ton que le tissu. Il suffit de mirer l'ensemble pour ressentir l'envie de déguster un délicieux repas, accompagné d'un bon verre et diverti par les animations proposées.

On tire ma chaise et la rabat délicatement quand j'y dépose mes miches. Le serveur vient se positionner à ma droite, avant de me demander si je souhaite boire quelque chose en patientant.

Un bacardi. Sans glaçon.

Il s'incline légèrement du buste, et s'en va. Le moment pour moi de me sortir une de mes clopes mélangeant tabac et opium. La glisser entre mes lèvres, m'emparer de mon briquet à essence, actionner la molette du pouce et laisser la gerbe d'étincelles enflammer la cigarette. Tandis que je tire une première bouffée que je garde un temps à l'intérieur, mes yeux se perdent on contemplation. La pièce est toujours aussi sublime, agencée de façon à ce que les tables gravitent toutes en demi-cercle atour de l'estrade. Composée de plusieurs étages, pas moins de trois au total, et bondé de monde comme à son habitude. L'or et les ténèbres sont les teintes dominantes habillant le mobilier, ornant les rambardes des balcons, escaliers, poutres, statues et autres objets de décoration, provocant la volonté de posséder chez les convives pour le premier. Mais à trop en vouloir, à trop envier les acquisitions d'autrui, à les convoiter, on fini par y laisser des plumes, c'est ici que le second intervient.

Comme une douloureuse piqûre de rappel après s'être perdu en admiration et en cupidité, la noirceur nous enveloppe de ses bras morbides. Elle n'est jamais bien loin, prête à frapper lorsque l'on est affaibli. Ils ont plutôt bien joué le coup, réussissant à placer ici et là des objets du décors aux allures funestes, inquiétantes, déclenchant des vagues de frissons dans le dos et qui pourtant se marient parfaitement avec le reste de la pièce. J'expulse la fumée, tapote du doigt le bout de ma clope pour en faire tomber les cendres dans un cendrier reprenant la forme d'une tête de lion. Mon préféré, j'apprécie le geste.
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Mary Grace
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Jeu 14 Mar 2019 - 12:31

Le banc est froid, l'air encore doux. Mains croisées et début de soirée, je me questionne. L'idée est-elle si bonne. Perte de confiance ou inconscience. Et à l'extérieur, j'entends déjà les musiques du hall.

« Et si t'y vas pas, t'auras pas d'autre chance. Aller, t'as plus à gagner qu'à perdre. »

Mais quand je vois les belles donzelles en robe plissées, maquillées à la voiture volée et les mecs costumés sortir de là-dedans, je me regarde. Et c'est pas mes bottes ou ma chemise sale qui vont m'aider à passer inaperçu. Je peux sentir d'ici leur parfum fruité. Ça dégouline de berry, d'or et d'argent. Je peux pas, je vais me faire remarquer. Me faut un plan B.

Je tourne autour du « Sept péchés ». Puis d'ailleurs, c'est quoi ce nom de satanique. Ça me fait flipper. Bref. Le plan c'est de voler une robe, à n'importe qui, mais je sais pas qui justement.

Est-ce que j'ai le karma ? Dis moi oui. Parce qu'au out d'une dizaine de minute, c'est pas que j’étends un cri un peu plus loin. Deux nanas, derrière le bar, sorties par une porte de secours. L'une indignée de son binôme qui vient de dégueuler tout ce qu'elle pouvait dans l'herbe. Bof, la robe est rouge, un peu voyante mais ça fait l'affaire. Des talons de la même couleur et un sac noir à strasse. Ça va me faire mal d'abandonner mes bottes.

Bon, je m'approche en mode furtive. L'autre fait un geste à sa copine en mode : tu rentres quand tu vas mieux. Super amitié. Et du coup, ni une, ni deux je saute sur la bourrée et lui fou un bon coup de crosse. Ça va que y'a personne aux alentours, sinon je me serais faite défoncer.

Bim, bam, boum, je la porte et on se pose derrière un gros buisson. Ça va, j'ai réussi à pas trop me faire voir. Alors je retire mes fringues dans la plus grande panique avant de lui piquer les siennes. Bon ben elle se réveillera en sous vêtement la pauvre. Je planque tout mon stuff bien au fin fond de ces énormes buissons et je détale.

J'essaie de coiffer ma tignasse à la main et je pique le parfum de l'autre, histoire de. Robe qui me serre et chaussures trop petites. C'est que la soirée va pas être bonne, pas du tout.

Quand je dis que suis là pour un certain Digosse on me corrige pour Dicross. Le réceptionniste me fait les gros yeux et me prend la main. Je suis pas sereine. Bof, les gens ont quand même pas l'air de me regarder, j'passerai presque inaperçu. Mais ce lieu c'est le sommet du chic incarné. Quand on m'a dit que les familles de Manshon étaient riches, je m'imaginais pas que la richesse aurait cette gueule là.

Et fin de la traversée face à une table. Circulaire. Même le tissus de la nappe est en or. Et je me dis que je suis pas au bout de mes surprises. J'ai jamais eu l'habitude des grands dîners mondains et tout le tralala. Mais j'en suis pas pour autant bête. Le moyen de survivre, c'est de s'adapter.

Et merde, si on m'avait dit que mon rencard avait une aussi belle gueule je me serai boostée. J'aurais même essayé de chopper ma propre robe.

Le fauteuil est moelleux, la place confortable.

« Grande soirée. Un maillon de la famille Bambana en cher, et en os donc. »

Premier alcool. Pauvre, je connais que le rhum et la mauvaise bière. Je crois bien que ce soir mes papilles vont flamber. Genre littéralement. Je prends une posture chic, une jambe au-dessus de l'autre. Le dos droit et un sourire sincère.

« Alors comme ça, on dit que vous prêtez de l'argent, à bon entendeur ? Dîtes m'en plus. »

J'essaie de bien choisir mes mots. J'ai quand même du vocabulaire. Mais ce qui m'énerve, c'est que y'a des gars un peu partout pour surveiller que l'échange se passe bien. Le revolver était au chaud dans le petit sac de l'autre. Noir et pailleté, devait aussi y avoir un peu de maquillage.

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first theme | chapitre 1 : time has come.
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Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

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Lun 18 Mar 2019 - 9:56

Voilà pour vous, Monsieur Dicross. N'hésitez pas à nous faire signe si vous avez besoin de quoique ce soit.
Je vous remercie.


Le serveur s'éloigne et me laisse seul avec mon verre, rempli de moitié, dont l'arôme me parvient aux narines, m'offrant un avant goût olfactif de ce que donnera la consommation gustative. Je tire encore une bouffée sur ma sèche, l'opium a l'intérieur y est moins présent que celles que je me grille la nuit pour m'aider à dormir, mais suffisant pour me maintenir dans un état de doux relaxation. Je garde plus facilement mon calme, ma haine et ma colère devenue somnolente, les portes du monde onirique à demi-ouvertes. Ainsi, je peux entrevoir un tout autre univers en restant bien encré dans le mien, le toucher de ma conscience en ayant les pieds sur terre. Plus relaxé, détendu, moins nerveux ou angoissé, ça arrête temporairement la bataille psychologique qui se joue perpétuellement dans mon crâne. Je deviens plus efficace dans mon travail, tout le monde y gagne au change.

Aujourd'hui, après des années de consommation régulière, je crois pas que je pourrais m'en passer une seule journée avant de péter les plombs. Croyez-moi, personne ne veut avoir affaire au Peeter qui pète les plombs. Fumer nuirait gravement à la santé qu'on raconte, que c'est pas bon pour les poumons. J'ai fait un choix y'a des années, sacrifier mes poumons pour préserver ma stabilité mentale. Le calcul était vite fait, à quoi m'aurait servi d'avoir des poumons en parfait état de marche si ma cervelle se retrouvait totalement bousillée ? Devenir un psychopathe en parfaite santé ? Et allait me faire tuer par la marine ? La finalité était la même, au bout du compte. Alors quitte à crever, autant que ça arrive le plus tard possible. Jusqu'ici, je me démerde pas trop mal.

Mes doigts se portent à ma montre, histoire de vérifier qu'elle n'est pas en retard. J'ai horreur qu'on me fasse attendre.

M'empare de mon verre, l'amène à mes lèvre, en enlève une gorgée.

Y'a le liquide qui descend le long de mon organisme, le passage qu'il se fraie réchauffe tout dans sa traversée, ma gorge est assailli par ce goût si prononcé que j’apprécie tant. Un groupe de femmes bossant ici passe à quelques pas de ma table, toutes vêtues en conséquence pour nous offrir le premier spectacle de la soirée. Les Folles Danseuses, comme elles sont appelées ici, portent toutes très peu de choses sur le corps au final, possédant toutes un costume fait sur mesure. Le but n'étant pas de cacher leurs courbes délicieuses sous le tissu, mais bien de les dévoiler aux yeux de la foule. Venues de différents horizons, incarnant ainsi un genre idéal féminin varié et touchant plus de monde, on ne peut que tomber sous le charme. Le mien mesure le mètre soixante environ, de longs cheveux bouclés, châtains, des yeux en amande et une petite bouche aux lèvres pulpeuses.

Elle prend place sur scène, habillée d'une longue robe carmin dont la partie arrière traîne bien plus en longueur que la face avant, qui elle s'arrête tout juste en haut de ses cuisses. De quoi exposer ses bas résille, qui ne font que susciter d'avantage de désir. Ainsi couplé à la culotte fendue que l'on ne manque pas de voir pendant la danse endiablée à laquelle les danseuses se donnent, l'érotisme atteint son paroxysme.

Je me suis perdu en contemplation et l'intervention du serveur est passé au travers, aussi n'ai-je pas remarqué l'arrivée de mademoiselle Grace. Mes yeux se détournent de l'estrade pour se poser sur elle, et je suis comme marqué par le contraste. Même si l'on voit qu'elle a fait un effort vestimentaire, certains détails ne trompent pas. A commencer par ce que j'aime le plus chez une femme et donc la partie du corps à laquelle j'accorde le plus d'attention, ses cheveux. D'un blond doré qui rappelle celui de l'établissement, mal coiffés, ce qui tape le plus à l’œil reste le gras avec lequel sa propriétaire semble s'être accoutumé. Ses yeux d'émeraude, fatigués, croisent mon regard morne, et elle s'assoie. Je la dévisage encore un instant. On devine facilement un beau visage qui manque seulement d'entretien, ce que son statut ne lui permet pas. C'est navrant comme la pauvreté peut gâcher et enlaidir de si belle chose...

En tout cas, un détail que j'apprécie et qui a son importance, son parfum.

Je jette un rapide coup d’œil à la montre, simple vérification.

Plus en os qu'en chair, mais oui. Peeter Guilhem Dicross, enchanté. Vous permettez que je vous appelle Grace ?

Le sourire qu'elle lâche et le hochement de tête m'indique que ça n'a pas l'air de la déranger, au contraire. Elle en a un plaisant, de sourire, dommage que ses lèvres ne soient si abîmées, ça enlève un peu de charme à sa bouche. Pas besoin de l'observer longtemps pour la trouver séduisante, à sa manière. Je lui laisse apprécier tranquillement l'alcool qu'on est venu lui servir, savourer sa première gorgée, s'imprégner de l'ambiance. Dans son dos, le spectacle bat son plein, les Folles Danseuses arrivent au bout d'une dizaine de minutes d'une danse endiablée, alliant  équilibre et souplesse. C'est elle qui rompt finalement le silence, probablement impatiente de parler affaire.

Vous ne perdez pas de temps Grace, directement dans le vif du sujet...  

Je la laisse sur ces mots, tire une ultime fois sur ma clope avant de l'écraser contre le métal froid du cendrier.

Effectivement, je peux vous servir de préteur sur gage si vous en ressentez le besoin. Je ne vous crois pas idiote, mais je préfère vous avertir sur les conséquences auxquelles il faut s'attendre lorsque vous empruntez de l'argent à monsieur Bambana.

Un point évident qui pourtant a souvent tendance à être négligée par la partie d'en face, qui croit pouvoir demander une importante somme d'argent à une famille mafieuse sans devoir payer une contrepartie. Comme si on leur faisait don de tous ces berrys, généreusement. Pourtant, si un adjectif devait ne jamais être utilisé pour qualifier le Padre, ce serait bien celui-ci. Une fois, il m'a envoyé arracher les ongles de pieds de la fille d'un pauvre homme qui s'était endetté et avait emprunté à la famille pour renflouer le tout. Soucis, il n'avait fait que déplacer sa dette d'une personne à une autre bien plus dangereuse encore. Aussi, une fois le délais qui lui avait été accordé, écoulé, je venais chez cet homme, chaque début de semaine, arracher à la pince un ongle de pied à son unique enfant.

Un véritable calvaire comme corvée, un supplice à endurer pour cette famille ruinée par les vices de l'homme de la maison, trop lâche pour résoudre ses problèmes seul. L'opium que je fume, l'alcool que je bois, c'est aussi pour oublier le travail d'enflure que je fais et la raclure de pelle à merde que je suis devenu.

Monsieur Bambana ne refusera jamais de prêter une certaine somme à qui en aurait besoin, seulement ce qu'il n'accepte pas ce sont les gens assez stupides pour croire que c'est gratuit. Vous empruntez, vous rendez, avec les intérêts.

On se désaltère la gorge avec un peu de rhum, et on reprend.

Nous nous foutons royalement de savoir ce que vous faites de cet argent, du moment que vous ne nous la faites pas à l'envers. Vous comprenez que nous ne fournirons pas à notre adversaires les moyens de nous renverser. Cette année plus encore que les autres, le patron se montre prudent. Aussi, je suis obligé de vous demander en quoi un prêt vous serait utile ?
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