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Le jour où tout a basculé

Mountbatten
Mountbatten

Modérateur à l'essai
•• Commandant d'élite ••

♦ Localisation : Vindex

Feuille de personnage
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Popularité: +591
Intégrité: 498

Dim 31 Mar 2019 - 15:22

Le jour où tout a basculé

I.

A la rencontre de Van Horn.
Le commandant d'élite Mountbatten est demandé dans le bureau du commandant Kimblee.

Le réseau d'escargophones installés dans la base répétait cet ordre, dicté par une voix nasillarde. Les soldats s'affairaient dans tous les sens et ne réagissaient pas, continuant leur tâche. Seul le concerné fut interpellé. Une visite dans le bureau de son supérieur n'était jamais qu'une visite de courtoisie, d'autant plus que les deux hommes ne s'appréciaient guère. Alors, il traversa le camp, enjambant les flaques, essayant de ne pas trop s'enfoncer dans la boue. Une véritable base, faite de matériaux solides, étant en cours de construction. Jusque-là, les marins devaient se contenter d'un gigantesque campement abritant tout une division, avec des installations de fortune qui avaient du mal à tenir face à une telle pluie.

Mount parvint jusqu'à la tente de Kimblee. Le chef de la quarante-huitième occupait l'un des rares édifices solides que comptait la garnison. C'était une maison, qui n'avait pas non plus été épargnée par les marques de la guerre. Le toit s'effritait, des balles se logeaient encore dans les murs extérieurs. Mais au moins, c'était bien plus confortable que les tentes réglementaires de la Marine. Le Marijoan entra dans ce modeste bâtiment gris, se faisant saluer par les deux gardes à l'entrée. Il gravit les marches et arriva à l'étage, où se trouvait les parties personnelles de son chef.

TOC TOC TOC.

- Entrez !

Il active la poignée et se mit au garde à vous devant l'homme au chapeau blanc. Kimblee Fujimi était un grand pâle, qui affectionnait particulièrement les vêtements aux couleurs claires, même quand le temps ne s'y prêtait pas. Celui-ci balaya d'un revers de la main les manières du Fantôme, et l'invita à s'assoir, sans même prendre le temps de le regarder dans les yeux. Il écrivait un énième rapport. Le poste de chef de division s'apparentait aussi à celui de bureaucrate ; et c'est précisément pourquoi il souhaitait devenir colonel d'élite le plus vite possible. Moins d'obligations, plus de liberté d'action. Un poste en or pour un tel chient fou, qui méprisait les tracas administratifs et l'enfermement dans un bureau.

- Commandant Mountbatten, je vous informe de votre nouvelle affectation. Comme vous le savez, le duc Van Horn a récemment été placé sur le trône, succédant au roi Malzahar.

- Affirmatif.

- C'est vous et votre unité qui serez en charge de sa protection au palais royal d'Aldebaran. Avec plus ou moins trois cents hommes sous la main, j'imagine que vous saurez le défendre contre tous les risques qu'il encoure. N'est-ce pas ?

Kimblee leva pour la première fois les yeux vers son interlocuteur, marquant ainsi ses dernières paroles d'une solennité singulière. Son regard perçant, naturellement agressif, marqua Mountbatten. Il leva inconsciemment un sourcil vers le haut. Il avait l'impression qu'il ne lui disait pas tout.

- Bien sûr, mon commandant.

- Bien. Vous prendrez vos fonctions demain, le temps d'informer vos hommes de leur nouvelle mission.

- Combien de temps resteront nous en place ?

- Le temps que les choses se calment sur Vindex, le temps que nous supprimions les derniers ennemis du Gouvernement Mondial de l'île. Cela peut prendre… quelques semaines, à quelques mois.

- Autant de temps ?!

- Je comprends votre frustration. Je me suis plains à l'administration qu'on nous a envoyé, en leur martelant que ce n'était pas le rôle de la Marine d'élite que d'assumer de tels rôles. Mais bon, ça n'a rien changé.

- Et bien… De toute façon, je crois qu'on n'a pas le choix…

- Tout à fait. Mais ne prenez pas cette mission à la légère… Qui sait ce qui pourrait arriver au roi. Sur ce, vous pouvez disposer.

L'officier se leva et, saluant une dernière fois son supérieur, sortit de la pièce, l'air perplexe. Déjà qu'on lui infligeait une telle mission, il avait en plus l'intime conviction qu'on lui cachait quelque chose. Ce n'était pas clair, et l'attitude de Kimblee n'avait fait que renforcer son intuition. Quelque chose louchait. Mais quoi ? Il n'en avait pas la moindre idée.

----

Ce matin, à précisément huit heures, se tenait la relève de la garde. Des éléments de la quatre-vingtième division de la Marine assuraient, jusqu'à ce moment-là, la protection de Van Horn, nouvellement intronisé. La cérémonie était très codifiée, et de nombreux curieux étaient venus l'observer. Le ciel était encore une fois couvert, et les rares rayons du soleil se reflétaient sur les pavés de l'esplanade du palais. Les supérieurs de chaque contingent s'avancèrent l'un vers l'autre, et, dans un salut tout bonnement symbolique, marqua la relève de la garde du palais royal. Après quelques dizaines de minutes, les marins de la quarante-huitième se mirent en position autour de l'édifice.

Mountbatten vint se présenter auprès du roi Van Horn, qui l'attendait, confortablement installé sur son trône. A ses côtés, ses ministres scrutaient de la tête au pied le dernier venu. Il le salua, effectuant une révérence. Il avait été habitué à ce genre de posture, lui qui avait vécu au sein de la petite noblesse de Marijoa lors de son enfance. Alors, le geste était devenu si naturel qu'il impressionna la salle, la plupart des militaires se contentant d'un garde à vous rustre et maladroit.

- Altesse Van Horn, je me présente : commandant d'élite Alexander Mountbatten, pour vous servir.

- Enchanté commandant.

- Je serait donc en charge de la protection du palais entier, et en particulier de votre personne.

- Bien. Je souhaite que vous soyez à l'aise ici ; intendant! Faites-en sorte que ces braves soldats soient correctement traités par le personnel du palais.

- Cela va de soi, Altesse.

- Commandant, je vous propose de vous joindre à notre table ce soir, afin que nous fassions plus ample connaissance.

- J'accepte avec joie cette invitation. Bien, merci de votre accueil. Je retourne dès maintenant à mon poste. Ce fut un honneur de vous rencontrer, Altesse.

Des sourires protocolaires furent, comme à l'accoutumée, de mise. Après une dernière révérence, le Fantôme sortit de la grande salle, rejoignant ses fidèles hommes.

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Lun 1 Avr 2019 - 18:58

Le jour où tout a basculé

II.

La vie de château.
L'intérieur du palais royal était parfaitement remarquable. Plusieurs semaines s'étaient déjà écoulées depuis la fin de la campagne menée par la Marine. Les murs, emplis d'un blanc immaculé, étaient richement ornés de peintures, sculptures et dorures à la feuille d'or. Le style était raffiné ; les ornements contrastaient encore avec la désolation qui régnait au-dehors. C'était le siège d'une classe particulièrement privilégiée, chouchoutée par le Gouvernement Mondial, tant que celle-ci lui obéissait. Un jeu de dupe, où tout le monde finissait par y trouver son compte.

Sauf peut-être le peuple.

Plusieurs fois dans la semaine, la haute noblesse vindexoise qui avait survécu à l'Insurrection festoyait outrageusement dans les grands salons de l'incroyable palais. Même les jardins intérieurs avaient été refaits : une demande spéciale de l'Etoile Vagner, qui n'avait pas pu supporter un paysage trop urbanisé lors de sa venue sur l'île. Une sorte de caprice de riche, qui était cependant du plus bel effet. La vie de cour au château était paisible.

C'est dans ce cadre-là que les marins de la compagnie Godwin vinrent se placer, pour assurer la protection des nobles et notamment du roi Van Horn. Leur rôle était peu gratifiant : pour des vétérans comme eux, rester planter comme un piquet des heures à côté d'une porte faisait l'office d'un outrage à leur honneur. Et puis, beaucoup se demandaient bien pourquoi avait-on envoyé la Marine d'élite effectuer une telle tâche. Certains soutenaient qu'ils étaient les plus capables en cas d'intrusion ; d'autres que cela avait valeur de garantie auprès du nouveau gouvernement vindexois, qui avait peur pour sa sécurité. Mais au final, la vraie raison était, comme bien souvent, plus inaccessible au commun des mortels.

Le soir du premier jour venu, le commandant d'élite Mountbatten se joignit à la table du monarque. Assis aux côtés de Van Horn, les deux hommes ne tardèrent pas à engager une conversation amicale. Lors de ce gigantesque buffet – presque indécent au regard des vivres distribuées au reste de la population -, les nobles dégustaient leurs plats, participant par-ci, par-là, aux diverses conversations qui animaient le dîner. Le Marijoan ne tarda pas à relater de son enfance, qui s'était déroulée dans un cadre similaire, ce qui entraîna immédiatement la sympathie de son interlocuteur. Cette réaction crispa quelque peu le marin, car il n'appréciait pas vraiment qu'on juge une personne à son milieu d'origine. C'était probablement dû à son contact constant avec ses hommes qui, pour la plupart, avaient des origines sociales modestes.

Au cours du repas, il put donc faire connaissance avec la personne qu'il allait devoir protéger. Il trouva que Van Horn était un homme tout à fait agréable, cultivé et intéressant. Un homme très au courant de la situation mondiale actuelle, et de l'état de son pays ; mais aussi de son potentiel. En parlant avec lui, il put ainsi comprendre ses ambitions : rendre la fierté à sa nation, et la développer économiquement afin qu'elle rayonne dans la quatrième voie de Grand Line. Bien sûr, il n'omit pas de mentionner le rôle du Gouvernement Mondial dans ses projets et dans l'aide qu'il prodiguait à son pays. Ses projets, il les accompagnait d'exemples concrets. Il listait également toutes les conséquences envisageables de chacune de ses actions, à différents niveaux, et pour toutes les strates de la société. L'avis final de Mountbatten fut qu'il s'agissait de quelqu'un de raisonné, tout à fait apte à reprendre les rennes d'un royaume en pleine reconstruction. Il s'en vit donc rassuré, craignant que la Vénérable Étoile ne se soit contentée que d'une simple marionnette à contrôler…

Les jours, puis les semaines passèrent. Progressivement, les soldats devenaient un élément du décor auquel les courtisans ne faisaient même plus attention. Si au début ils pouvaient s'inquiéter de leurs oreilles indiscrètes, ils furent rapidement rassurés. Les intrigues politiques n'intéressaient guère ces braves soldats, même si cela ne les empêchait pas moins d'avoir leur propre opinion sur les rumeurs qui circulaient dans le palais. D'ailleurs, ça leur permettait de crever l'ennui dont ils souffraient tant. Ils entendaient sporadiquement des nouvelles du reste du pays, où les derniers bastions révolutionnaires tombaient sous les coups des impitoyables bottes de leurs camarades.

En parallèle, leur chef n'oubliait pourtant pas de les maintenir en activité, craignant que l'immobilisme leur fasse perdre de leurs capacités opérationnelles. Les entraînements étaient réguliers ; pratiqués non loin du palais royal, si bien qu'ils devinrent une attraction des nobliaux, au grand dam des marins. Avec un peu de recul, la majorité de ceux-ci finirent par se plaire dans cette nouvelle routine. Après le traumatisme des sept mois de guerre, cette vie si douce et idyllique leur paraissait presque irréelle. Ils étaient extraordinairement bien nourris, recevaient un traitement bien meilleur que ce qu'ils avaient pu expérimenter au cours de leur carrière.

Van Horn, lui, enchaînait les réformes. Grâce à un gouvernement compétent, il put rétablir l’État de droit dans tous les endroits de son pays, rétablissant dans le même temps les institutions. Son action fut en grande partie bien acceptée par la population. Néanmoins, elle fut moins par les administrateurs envoyés par le Gouvernement Mondial, qui possédaient des prérogatives de moins en moins larges.

Mais ce n'était pas encore suffisant pour décider de sa chute. Il fallait une dernière goutte d'eau pour faire déborder le vase.

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Ven 5 Avr 2019 - 19:11

Le jour où tout a basculé

III.

Commémorations.
Trois mois après son intronisation, le bilan du roi Van Horn était très largement positif. C'était un souverain dynamique et aimé par le peuple. Il avait su modeler la mémoire à son avantage, mettant en avant de meilleures perspectives de développement grâce aux investissements du Gouvernement Mondial. Il souligna également la suppression de toute sédition grâce à la campagne militaire menée par la Marine. En public, il se montrait comme un optimiste convaincu.

Mais en coulisse, la réalité était toute autre.

Son champ d'action était en grande partie obstruée par les administrateurs envoyés par Marijoa. Ils avaient envahi l'intégralité des institutions de Vindex. Cette main mise était devenue de plus en plus insupportable ; d'autant plus que les Vindexois s'étaient remis du conflit. La reconstruction avançait grandement, la vie reprenait son cours normal. Alors, ils comprenaient difficilement une telle assistance, perçue de plus en plus comme une ingérence étrangère mauvaise pour leur nation.

Le roi Van Horn prit progressivement ses distances avec ses "conseillers spéciaux", qui l'accompagnaient dans tous ses déplacements, dans toutes ses réunions. Des technocrates mandatés directement par le Conseil des Cinq. Des personnes hautement qualifiées qui aidaient le dirigeant dans ses décisions. Cependant, il percevait cette présence de tous les instants comme une surveillance malsaine. Et ça, il en avait plus que marre.

----

Quatre mois, jours pour jours, après la fin de la guerre, il décida de prononcer un discours devant son pays. La mise en place fut fastidieuse, mais cette allocution devait être visible par tous les citoyens vindexois. Son texte avait été minutieusement préparé par ses conseillers spéciaux. Ce devait être un discours d'apaisement, qui était censé répété une fois de plus les succès effectués au cours de ces derniers mois.

Alors, le roi s'avança sur l'estrade, ce matin-là. Quelques nuages couvraient l'horizon, mais des rayons de soleil parvenaient malgré tout à illuminer l'esplanade royale. Devant un parterre de journalistes et plusieurs escargocaméras, cet homme d'une quarantaine d'année paraissait plus rayonnant que jamais.

- Vindexois !

Il y a quatre mois était acté la fin de la guerre sur notre île. Le bilan fut très lourd. Nous avons tous perdu un ou des proches dans ces violences. Les conséquences, désastreuses, mirent notre pays à genou. Mais nous avons su nous relever, fièrement ! D'une défaite, nous devons en tirer les leçons. Et cela fait quatre mois que nous nous efforçons, avec mon gouvernement, de le faire. Je ne pense pas me tromper en disant que nous avons réussi dans cette voie ; et nous comptons bel et bien continuer sur cette lancée. Néanmoins… Nous devons également penser au futur. Notre pays possède de nombreuses richesses, qui n'attendent que d'être exploitées. Le peuple vindexois est un peuple fort, honorable en tous points ; à qui le hasard n'a rien épargné. Si nous comprenons parfaitement l'attitude du Gouvernement Mondial, nous devons malgré tout pouvoir nous gouverner de manière autonome…

Devant de tels propos – bien éloignés de ce qui avait été prévu -, les représentants du pouvoir du Gouvernement Mondial ne pouvaient que s'indigner. Derrière la scène, les conseillers spéciaux bondirent de stupéfaction ; tandis que les journalistes se réjouissaient d'une telle annonce.

- C'est pourquoi j'officialise la création de la Force de Sécurité de Vindex. Il est impératif que notre nation puisse assurer sa sécurité seule contre les dangers que nous pouvons être amenés à affronter. Nous ne pouvons décemment pas reposer indéfiniment sur la Marine pour nous protéger. Cela relève de l'intérêt de tous. Dans une semaine précise, mon gouvernement statuera sur l'organisation précise et fonctionnelle de ce nouvel organe chargé de la sécurité des Vindexois.

Notre pays a sombré dans l'Insurrection pour de nombreuses raisons ; mais parmi elles se trouve l'incapacité de nos forces de sécurité d'alors d'endiguer la menace révolutionnaire. Ce dysfonctionnement ne sera plus reproduit, je vous en donne ma parole. Vindex a appris de ses erreurs : il est temps d'envisager un nouvel avenir, où son honneur et sa puissance seront retrouvés.

Vive Vindex !


Il finit son discours, saluant la foule amassée sur la place. Elle cria, en chœur, un "Vive le Roi" particulièrement enthousiaste. Sa nouvelle mesure phare était le signe d'une volonté de reconquête de la souveraineté du pays. La situation était toutefois délicate, et le Roi s'en limita à la création d'une simple Force de Sécurité, à vocation purement défensive et au rayon d'action limité au territoire national. Pourtant, les administrateurs du Gouvernement Mondial voyaient d'un très mauvais œil cette initiative prise de manière unilatérale par le monarque.

Le gouvernement vindexois fut aussi surpris par cette déclaration. Il n'en avait pas été mis au courant non plus, mais l'accueilli très positivement. Après tout, la présence de la Marine ne les enchantait pas plus que le reste de la population. C'était l'équivalent de quatre divisions qui stationnait de manière permanente sur l'île, même si l'île avait été pacifiée. Le roi passa le reste de sa journée à assister à de nombreuses commémorations dans la capitale, Aldebaran.

En secret, les agents du gouvernement postés à Vindex – et plus précisément les membres de la cellule des Cipher Pol un, cinq et huit – envoyèrent une série d'escargofaxs vers Marijoa, attendant les ordres sur la réaction à adopter.

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