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Du remous

Trinita
Trinita


Feuille de personnage
Dorikis: 4358
Popularité: 148
Intégrité: 106

Sam 6 Avr 2019 - 0:21

Midi. Plein soleil. Plein cagnard. Elvis marche, se traine péniblement sous les rayons brûlants. Un chemin de croix. Il est crispé par l'agression, autant mentale que physique qu'il s'impose. La lumière le malmène, sa démarche laborieuse le trahit. Une vie nocturne, ça laisse des séquelles. Le jour le marque de sa clarté despotique. Et ça le rend hargneux. Terriblement hargneux. Ses pognes closes dans leurs poches ne demandent qu'à être dégainées, pourtant il ne décolle pas son œil du bitume. Bras de fer dans les profondeurs Son esprit et son instinct sont en lutte. Trouver du grabuge, filer droit. Dilemme auquel il se familiarise. Une vie à bastonner sous mille et un ciels, ça use, ça lasse. Il est en droit de réclamer sa pension au fond des cogneurs anonymes. Mais son entêtement vient d'ailleurs. Il n'est pas du genre à prendre la retraite. Sa ligne directrice a pris un virage radical. La violence l'appelle toujours mais il ne la reconnait plus comme la solution. Y'en a t-il seulement une ? Vingt ans à répandre la tempête, pour rien ? Pire, par égoïsme ? Ça vous ébranle un homme, même lui. Le bûcher furieux qui le dévorait s'est résorbé, digéré par le temps. Il a évolué en un tas de braises muettes. Adieu le crépitement incessant, la tornade des flammes insoumises. Ne reste que ce foyer endormi, toujours mordant, mais occupé à ronger une autre cible : lui-même.

Il ne sait pas vraiment ce qu'il fout en ce lieu. Son quotidien le malmène, l'envoie s'échouer ici, puis là. Il a toujours vécu dans le conflit, et là, en refusant de s'y adonner, il découvre le sevrage comme un vulgaire accro. En résulte un profond dégoût pour lui-même, pour sa faiblesse face à ses pulsions et pour cela, l'endroit désolé qu'il arpente lui semble tout à la fois un parfait bagne et le reflet exact de ce qu'il est aujourd'hui. Une ruine. Il se découvre une sympathie pour cet environnement égrotant, pas tout à fait mort mais qui flirte avec la ligne rouge. S'il était désert, l'endroit mériterait qu'il y dépose son baluchon et y trouve asile. C'est tout ce qu'il mérite. Mais il y a les gens.

Encore, toujours. Ces vils petits serpents que rien n'empêche de ramper. Leur détresse n'a pas éteint toute vilénie. Elvis hésite. Acculés ainsi, ne se livrent-ils pas plus à leurs infâmes desseins ? Délivrés de la crainte de perdre. Pourtant, il ne fond pas comme une épidémie sur ces carcasses repoussantes. Assister à ce théâtre de la décadence, c'est son purgatoire. Il admet cette sanction parce qu'il est le seul auquel il accepte encore de porter atteinte. Un retour de karma pour avoir joué au redresseur de torts sans rendre de comptes à qui que ce soit toute ces années. D'ailleurs, a-t'il seulement agi dans l'intérêt commun, ou simplement pour assouvir un besoin viscéral ? La duperie ne prend pas. Il n'est pas de ceux qui travestissent la vérité, se mentent pour mieux lécher leurs blessures. Lui, il assume et il encaisse.

Combien de temps s'abandonner au supplice ? Jusqu'à s'accepter de nouveau, il imagine. C'est un début d'autocritique et son inexpérience dans ce domaine l'oblige à se perdre en hypothèses. Difficile de repartir du bon pied quand on n'a aucun indice sur la direction à prendre. Il trouve un certain plaisir dans cette flagellation et c'est bien là son seul défaut. Un jour, quelque part, l'horizon rouge et acide se déchirera pour lui offrir une foi nouvelle. Une croisade. Alors il reprendra le sentier du devoir. La certitude acquise qu'il est désormais aux commandes, qu'il se contrôle, qu'il active l'ouragan au lieu de subir son impact.

Pour toutes ces raisons, Elvis marche les mains dans les poches.

Pourtant, rien ne peut être trop facile quand on cherche la rédemption et déjà, un furoncle rongé par l'herpès et l'alcool vient se caler devant ses grolles. Pour tester son engagement et parce qu'il est très con.

T'as un blouson, mecton, l'est pas bidon, qu'il nasille en le bouffant du regard.

Elvis n'est pas une vitrine. Il n'a jamais été comestible. Toujours ce foutu soleil qui plombe. Silence gênant. De son œil valide, le Fauve braque le perturbateur. Un paquet de mouches à merde gravitent autour de lui. Sa jaquette sert de casse-dalle aux mites. Tout un écosystème bien en place.

Hé, j'te parle!

Les mots se répandent comme un bidon d'essence. Manque qu'une allumette. Une foutue allumette et il rechute. Crack. En un battement de cils. L'air lui cuit la peau. Il se lacère les deux paumes en plantant ses griffes dedans. Le loffiat s'impatiente. Jusqu'à ce qu'un éclair de bon-sens le transperce. La crainte se referme sur sa gorge. La noue. L'air se tarit. Quand Elvis défouraille, il sursaute.

Tiens. De toute façon, j'avais chaud.

Elvis accroche son perfecto sur la tête-manteau du parasite et reprend sa route. Les mains à l'air libre. Plic ploc font les gouttelettes de sang.

Un gros nuage vient surplomber l'avenue. Un dédommagement.
Mary Grace
Mary Grace
Donneur de Récompense

♦ Localisation : Manshon

Feuille de personnage
Dorikis: 1070
Popularité: 16
Intégrité: 3

Jeu 25 Avr 2019 - 11:10

RP réalisé dans le cadre d'un bonus récompense.


Chapitre 1. Réalité et bonne étoile.
Episode 3. Du remous.

☽.ϟ.☾


Une arrivée brutale. Mais je m'en étais bien sortie. J'avais plus la tête aux hommes poissons. La seule chose à laquelle je pensais, c'était me trouver un truc à manger. Et bien sûr, rien à l'horizon. Quel endroit de merde.

L'île était pas belle. Goût personnel mais partagé, je supposais. Mais est-ce qu'on pouvait vraiment qualifier ce bout de terre d'île ? Ça ressemblait plus à un tas de sable chaud et de ferraille dérangé par les vagues salés de l'océan : une sorte de no man's land où grouillaient des âmes, errantes, perdues.  Y'avait pas d'habitations, pas de commerces à première vue, et j'allais devoir chercher pour me dégoter un truc à graille.

La pêche. C'était une bonne idée, mais c'était pas adéquate à mon profil. Les vagues étaient hautes.  Les vagues étaient fortes. Les vagues puaient la noyade. Et j'imaginais pas le nombre de bestiaux à attendre qu'un blaireau se penche trop près du rivage pour le gober. Ici, on avait plus pied après deux pas.

Mains dans les poches j'ai d'abord pensé demander à un lascar de m'éclairer. Mais y'avait pas grand monde sur cette plage. Et quand j'ai eu l'impression que tous ceux qui croisaient mon regard s'adonnaient au cannibalisme, j'ai rapidement éjecté l'idée. Soupire profond. J'avançais pas, et ça m'énervait de stagner. Très vite, la soif allait arriver, le soleil allait me calmer, et la faim de butter. Je pouvais pas mourir sur cette vielle île.

Un gars qui traînait pas de la patte. Qui semblait savoir où aller. Et pas aussi dégueulasse que ces présumés autochtones. D'un coup d’œil au loin, j'avais dégoté mon lascar.

Je me suis mise un petit coup d’accélérateur pour l'atteindre. Un petit trot. Mais rien que quelqu'un qui marche plus vite que la moyenne ça se repère de loin. Alors je me suis calmée, essayant de me rapprocher discrètement de l'étranger. Aie. Crampe à la cheville. Mais merde, j'étais vraiment un sale cas. Je me suis arrêtée deux secondes, inutiles, pour respirer. Pressée, j'ai continué, et merde, je me suis dis que j'avais intérêt à me remettre au sport quand toutes ces conneries seraient terminées.


« Excusez-moi monsieur. Vous n'avez pas l'air du coin mais... »

Il m'a regardé un long moment, des yeux flippants. Gênée, j'ai cru que j'allais me barrer en courant, mais j'ai quand même réussi à finir ma phrase.

« Est-ce que.. est-ce que vous savez s'il y a un endroit où manger par ici ?
- Non désolé. »

Une moue déçue formée sur mon visage et un profond soupire. J'avais juste envie de rentrer chez moi, à l'abris, au chaud. Petit reniflement du nez.

« Ecoutez, je sais qu'il y a un camp de reconstruction ici, c'est pour ça que je venue sur cette île. Ça vous direz de m'y accompagner ? »

Directe la gonze. Confiance, confiance. Rien à perdre, et il avait du muscle pour se défendre le bonhomme. Alors autant essayer d'y gagner quelque chose.

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Du remous Sans_t10
first theme | chapitre 1 : time has come.
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Minos
Minos

°• Roi Démon •°

♦ Équipage : La Légion

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Intégrité: -114

Ven 26 Avr 2019 - 20:01

Place !

Le navire s'écarte en battants, avec un poli croc!* pour conclure le fast flood. C'étaient des pirates. Enfin, c'en sont toujours. Leur navire par contre c'est plus un bon vieux hot dog qui nous a laissé le rôle de la grosse saucisse. Et elle déborde des deux côtés. On te servirait ça à une fête foraine, tu demanderais si le pain ne sert pas juste de serviette pour t'éviter de te dégueulasse ou te brûler les doigts contre la viande. Et c'est à ça que devrait servir le pain de hot dogs. Pas à caler le bide ni disputer ses saveur au reste comme le voudraient tous les amateurs de smoothies, juste à tenter vainement de contenir l'imprégnation graisseuse de la sueur de gibier, à t'offrir un spectacle aussi appétissant qu'éphémère sur la chance de la céréale de peser face à la viande. T'apprendre la vie quoi ! On n'est pas tous égaux, c'comme ça. Surtout quand t'aimes pas le pain. Perso, j'en mange pas, jamais pigé en quoi une céréale qui n'était pas tabassée jusqu'à rendre les coups via divers alcools pouvait avoir un quelconque intérêt dans l'existence d'un être conscient de lui-même. Si on ne se définit que par nos actes, évitons d'ingérer des saloperies déjà. Se contenter des choses passives, c'est bon pour les complexés du bas de la chaine alimentaire. Dis donc, causer, ça donne faim. Et soif. Doit y avoir peu de pectopascales dans l'air pour tirer sur le corps comme ça.

J'avais dit de faire place. J'avais prévenu ou bien ?

L'équipage confirme. Qu'on vienne pas m'accuser de causer du grabuge gratos, ce navire c'est pas maniable comme une cervicale de Mouette. Note qu'ici, je risque pas d'en croiser beaucoup. C'est le bordel et encore, j'ai vu des bordels bien mieux entretenus que ce qu'on voit là. Du haut de notre pont de paquebot, baptisé l'Arch en lettres grosses comme ton ego, on admire la Cour des Pinacles. T'as des toits par ci, des semblants de terre par là. Tu dirais les quelques pièces d'un puzzle cent mille pièces tombées du canap', e plein sur un tapis bleu mer déjà cochonné d'embarcations diverses. Pourtant, le log pose est formel, c'est Clockwork Island. Bon, s'en sont passées des choses depuis que j'ai entamé la route des périls moi. Ca y est, c'est la fin du monde ? Encore ?

On stabilise l'Arch en balançant l'ancre, qui ne tarde pas à heurter le fond et d'après les vibrations, ça l'a même traversé. Eh merde !

Eh merde ! On a encore pété un bateau ?

Non, Monseigneur, mais je crois que notre ancre s'est engloutie dans un vestige de l'ancienne cité.

On va voir si on peut la remonter alors. Ducon ! broie le poivre !

Bras le Pwaaaaaaaaaaaafff !

Ducon, c'est Braff et Braff, c'est un con. Mais un con géant, ce qui le rend utile. Accessoirement c'est notre pilote aussi. Faut des paluche d'ogre pour manoeuvrer la barre de notre rafiot. Ici, je lui donne le code pour remonter l'ancre. Ca économise vingt gars et ça me tranquillise un chouia quand je vois la quantité indécente de bouffe qu'il s'envoie dans le gosier aux repas. Je me sers précieusement de ces souvenirs pour ne pas le convertir en trois sans de rations pour l'équipage au moment du bilan des pertes et profits du zig.

Quand je comprends que l'ancre est calée, je lui donne le code pour qu'il arrête de mouliner le cabestan avant d'arracher un truc. Bon, la bonne nouvelle, c'est qu'on est à l'arrêt. La mauvaise, c'est qu'on va y rester. L'autre bonne, c'est qu'on est juste coincés, le mec qui habitait en-dessous, il a un aquarium à la place d'un salon. Mais un aquarium décoré déjà, pas de quoi bouder non plus. Tout le monde gagne.

Bon, vous me dégagez cette ancre d'ici demain, on pêche et on repart. Pas envie de passer des saisons sur cette boule à neige sans neige. Il va se charger en combien de temps le log ?

Hmm, quinze.


Oh bordel... T'es conscient de ce qu'il va se passer ? Je vais te demander "quinze quoi ? heures ?" et comme d'hab' c'est une valeur sous-estimée, alors toi tu vas me répondre que c'est quinze jours. Et si j'avais dit jours, ça aurait été semaines, c'est toujours comme ça. T'sais quoi ? Tu veux jouer au con ? Allez, on va jouer à deux, mon pote !

Quinze quoi ? siècles ?


Quinze jours.


Ah...

Quinze jours, t'es sérieux ? Je vais me faire iech comme une intraveineuse pendant deux semaines sur quelques toits plantés dans la flotte ? Ah non, sûrement pas ! Si nous on glande en attendant la recharge, d'autres aussi. Y a forcément un pécore, pas loin, qui a son log proche du jour du départ et qui serait ravi de procéder à l'échange pour prolonger ses vacances au bord de la mer.

Je guette. Ca pue le mange-merde local un peu partout mais pas loin, sur la plage, y a un zig avec perfecto qui ne sent pas l'usure à l'iode.

Mate un peu la qualité de son imper à celui-là.

Deux-trois bisous aimants sur le front de mon forçat d'équipage et je plonge. Et grâce à un régime strict sans fruits, je remonte et nage vers la plage artificielle. Va y avoir du remous chez les marlous. Tiens, ça ferait un bon titre ça.

* Trinita, normalement t'as la référence et Mary, ton copain l'a.

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Du remous 28i5dow
[00:40:01] @ Myosotis De Ville : Minos = Josiane Balasko irl. C'est confirmé par Interpol.
Spoiler:
 
http://www.onepiece-requiem.net/t956-minos-kahezaro-en-courshttp://www.onepiece-requiem.net/t985-techniques-de-minos
Trinita
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Intégrité: 106

Lun 27 Mai 2019 - 17:05

L'accompagner ? Elvis est réticent. De nature, il privilégie toujours la négation; dans ce cas de figure a fortiori. Voilà bien longtemps qu'il n'a pas encouru d'interaction pacifique avec ses semblables. Il est comme pris au dépourvu même si cela ne se voit pas. Il s'abrite derrière ce masque sans même en avoir conscience, parce qu'il a oublié comment s'en départir. Tandis qu'il dévisage la jeune femme, son regard ne dégage aucune émotion spécifique. L'étonnement caressé par l'imprévu demeure dompté, emprisonné derrière le poids de la vie qui l'écrase comme un vieux meuble. Elle n'a pas l'air bien farouche, ou hostile. Ni plus dotée de flair pour venir oser la rencontre avec lui. À moins qu'il ne soit pas si effrayant qu'il se l'imagine. Et si tout cela était uniquement dans sa tête ? Cette idée ne l'émeut guère. Il est presque sûr d'être fou, et convaincu que cela ne change rien de nos jours.

Pourtant, il s'essaye à la nouveauté pour s'extirper de l'apathie, c'est son combat, alors il lâche une moue sauvage qui s'apparente à un accord. Il tente d'obliquer vers le Oui. C'est comme essayer de faire pivoter un monument par la force d'un seul homme. C'est épuisant mais avec un peu d'acharnement, on est convaincu d'avoir senti l'édifice frémir quand bien même ce n'est pas le cas. Et puis, même s'il se risque à la politesse, dans un coin de sa tête rôde toujours l'idée tenace que chaque individu a quelque chose à se reprocher, la gonze incluse, et elle lui donnera peut-être raison. Son œil inquisiteur n'est plus braqué sur le monde mais il est des certitudes dont il est dur de se défaire.

Il frotte ses pognes lacérées contre son jean et les range dans leurs poches pour masquer les filets de sang qui ruissellent discrètement. Quelque part, effrayer l'inconnue répondrait à une banale logique mais puisqu'elle l'a interpelé, autant pousser la curiosité jusqu'à se montrer sous un bon jour. Qui sait, peut-être même se hasarder à dévier de son morne quotidien fait-il partie de la destination à atteindre ?

La jeune téméraire désigne le chemin à suivre, ils marchent. Le silence pourrait devenir gênant. Et puis, quitte à oser l'aventure d'une rencontre impromptue, autant le faire bien.

Il se souvient des quelques rudiments répondant aux codes de la vie en société. Il tente une ouverture courtoise :

Qu'êtes-vous venue faire sur cette ile ? C'est pas exactement l'adresse à touriste ici.

Très classique certes, téléphoné. Il ne dégage pas vraiment l'empathie de celui qui aime bavarder, n'a aucun talent d'orateur. Sa voix ne chante pas, son regard n'exprime pas la moindre curiosité mais il y met du cœur. Dans un sens, se trouver aussi mauvais pour un exercice aussi simple que la discussion l'atterre. D'un autre côté, il savait en s'engageant sur ce chemin-là qu'il était un vrai cancre, et il s'efforce quand-même de faire bonne figure.

C'est bien Elvis. Y'a du mieux. C'est quand les actions réclament le plus d'effort qu'elles gagnent en valeur, il en a la certitude.
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