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Dune de miel

Gharr Hadoc
Gharr Hadoc

♦ Équipage : Ghost Dogs

Feuille de personnage
Dorikis: 3754
Popularité: 204
Intégrité: 433

Ven 12 Avr 2019 - 4:26

Hadoc coupe sa communication avec Yamamoto. Le soleil bat une terre si chaude qu'il est étonnant que le sable ne s'y change pas en verre. Il fait toujours torride à Myriapolis, mais aujourd'hui, même les insectes pourraient apprendre à transpirer. Gharr ne sue pas la moindre goutte, tout s'évapore avant même d'obtenir le droit de perler. Par cette atmosphère de feu, n'importe quel homme se dessécherait en une heure sans ses litres d'eau. Le folie le gagnerait en quelques assauts du globe tapant sans relâche les crânes imprudents. Hadoc écourte ses quelques minutes de marche en dehors de la cité des abeilles, la peau marquée et l'oxygène pénible à absorber dans cet air étouffant. En une alcôve, la température chute d'une bonne dizaine de degrés. Plus il s'enfonce dans l'immense gueule de galeries qu'est la cité, plus la température se stabilise. Et le premier courant d'air frais, sonné entre deux alvéoles où circulent nombre de badauds, lui offre une inspiration franche et savoureuse, tandis que son épiderme continue de restituer la chaleur absorbée à la lumière vive.

Le Ruche est accueillante, le Colonel qui l'avait escorté jusqu'au port n'avait pas menti. Si la vue d'abeilles et nombreux autres insectes déambulant dans les rues étroites surprend au début, autant qu'un rêve où les chiens errants seraient des scarabées opportunistes, c'est précisément cette même suspension d'incrédulité inhérente au monde onirique qui opère. L'étonnement à la première seconde de voir une abeille de taille humaine marcher au plafond pour aller travailler devient un amusement à la trentième minute de surprendre une mante religieuse faire la circulation dans les quelques couloirs suffisamment larges pour être entièrement dédiés aux monteurs de bolides hexapèdes. Il ne fallut pas deux heures au marine pour tester son premier réhydratant lait de puceron au miel, vendu par un homme très jovial bardés de fourmis. Il parait que sans le miel, c'est très difficile à appréhender pour les touristes. Il testera la formule pure, mais chaque chose en son temps.

Des touristes, il y en a pléthore. Si l'île est un calvaire sur la quasi totalité de sa surface, c'est presqu'aussi vrai concernant les souterrains. Néanmoins, des trois villes bâties, la Ruche est la seule qui favorise le commerce extérieur. En plus de mélanger sans distinction touristes, commerçants itinérants et autochtones, le style vestimentaire pour le moins excentrique des locaux, souvent parés d'insectes vivants, a le don de désinhiber tout le monde. L'un se balade toute panse et tous poils dehors, fier comme un plagiste digne de sa semaine de bronzage sans marques de chemise, tandis que l'autre laisse apparaître ses tatouages d'esclave. L'autre encore affiche une panoplie baroque du parfait petit pirate de gravures, avec le cache-oeil, la gabardine rouge, le tricorne et la mouche à abdomen vert nichée sur l'épaule, en guise de perroquet. Le Commodore Hadoc, en le croisant avec son uniforme blanc de la Marine, ne l'a même pas fait sourciller. Tout le monde se comporte comme dans une soirée déguisée où personne n'est ce qu'il prétend être tant qu'il ne le formule pas. L'indépendantisme de la région est une réussite complète.

Une luciolampe mon Amiral ?
Commodore. Et non merci.
Vous êtes sûr ? Allez, je peux vous faire une confidence ?  J'aime beaucoup les lois. Si vous en prenez trois, la quatrième est offerte.
Ne l'écoutez pas,  ses luciolampes vous filent entre les pattes au bout d'une heure.
J'avais supposé une finauderie du genre, néanmoins merci du tuyau.
Alors que mes termipelles creusent des trous plus vite que la dynamite. Si vous m'en achetez deux, je vous offre la caisse en bois qui va avec.
Quel malheur, mon ami, je suis allergique à trois choses dans la vie; les caisses sont l'une d'elles.

Le soldat le salue de son cigare éteint. Dans les couloirs, en dehors des bars et zones stipulées autorisées, fumer était mal vu. La Ruche n'aime pas. Le tabac roulé s'était éteint en fin de sortie, pendant l'appel à son ancien homme d'équipage Kogaku. Il aurait voulu le finir avant de rentrer, mais la fournaise avait dicté sa volonté. Qu'à cela ne tienne, les opportunités de terminer Lora Kavin Deluxe ne manqueraient pas. Hadoc s'était inscrit sur le registre des audiences auprès de la Reine Maya dès son arrivée, alors plutôt que mourir d'ennui, autant tuer le temps. Il n'était pas perdu vainement dans ce réseau commercial. Après quelques camelots et vendeurs à la sauvette esquivés, Gharr croise la route d'une échoppe où la pancarte de soie brodait "Tisseuse de bonne aventure" d'une police très élégante. Comme l'entrée est gratuite, il pénètre dans l'alvéole scellée d'un rideau et découvre un long tube éclairé de lucioles figées çà et là avec une toile aussi résistante que collante du sol au plafond, à l'exception d'un fin trait vierge de piège englué pour que le quidam l'emprunte. Aucun squelette humain dans la toile, seulement une chaussure et quelques déchets. La mise en scène est purement là pour instaurer un sentiment de danger. Ce peut être une façon de déconnecter le rationnel, Hadoc reste sceptique quant à la décoration pour le moins hostile des lieux.

Ah, je t'en parlais. Entrez, entrez donc ! Nous vous attendions.

La voix provient du fond de la pièce où un vieil homme très grand, et si pâle que sa peau épouse le coloris des lucioles environnantes, lui décrit de grands gestes de sa main malingre aux longs doigts calleux pour le convier à leur séance. En effet, un des deux tabourets de consultation est déjà occupé par ce qui est probablement une jeune femme. Blonde. Entre "la tisseuse" et la jeune dame, une araignée à l'abdomen luisant et poli comme du cristal tisse en continu un fil de soie qui s'emmêle dans l'autre main du mystique. Il semble lire la soie comme si elle était gravée d'écritures, tandis que les yeux de la bête ne cesse de fixer la cliente du moment avec la même perfection de ses billes en miroirs. Gharr rejoint la table, sans prendre place. Malgré la luminosité particulière de l'endroit, il reconnait la cliente et pour cause, son avis de recherche est encore chaud dans les imprimeries internationales. Kardelya Koshin, primée d'un montant qu'il n'avait pas retenu et révolutionnaire active ayant directement participé à la chute récente de Jotunheim est là, à moins de deux mètres de lui.

Voici celui avec qui ton destin est lié, jeune enfant. Le fil du destin vous a déjà rassemblés.
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Kardelya Koshin
Kardelya Koshin
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♦ Localisation : Grand Line

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Ven 12 Avr 2019 - 20:49

-Bon, vous connaissez la procédure; on garde le bateau caché dans cette crique et on reste en mouvement, avec le Den-Den Mushi à portée de main, prêts à signaler le moindre problème.
Gaho s'occupe de l'entretien du bateau, avec Mibu et Skela pour protéger la place, Segawa et Hachiro vaquent à leurs occupations et je m'occupe de faire du repérage sur l'île. S'il n'y a pas d'activité hostile dans le coin, je vous préviens et ceux qui voudront venir viendront.


Je donne mes dernières directives à mon équipage, avant de sortir de la crique où le navire a été dissimulé à la vue de tous, observant les environs prudemment, au cas où des intrus seraient déjà dans les environs. J'avance précautionneusement sous un soleil de plomb, soulagée d'avoir pensé à troquer mon costume noir avec une tenue plus légère, à savoir un bandana bleu foncé camouflant mes cheveux blonds, un débardeur violet, un bermuda noir et des chaussures en toile noires.
Mine de rien, un costume sombre ajouté à une chemise à manches longues, c'est "légèrement" chaud, par rapport à une telle chaleur...

Je traverse d’épaisses jungles, m'offrant quelques bons instants de fraîcheur avec l'ombrage, même si les multiples bruissements de feuilles et les étranges bourdonnements se faisant entendre au loin ne sont pas là pour me rassurer.
De ce que j'ai pu sommairement apprendre sur cette île du nom de Myriapolis, elle abriterait une curieuse race d'hommes-insectes, mais elle constituerait surtout un territoire neutre et plutôt à l'abri de la Marine.
Cela me va tout à fait d'accoster sur des îles neutres et un peu à l'abri des regards, même si je garde la même appréhension que sur les Blues, avec une bonne augmentation de "niveau de stress" de 40% environ. Pour avoir déjà navigué sur Grand Line, à l'issue de transports vers quelques missions, j'ai largement conscience de la dangerosité de cette mer et je n'ai pas envie d'avoir à gérer la Marine, en plus d'une mer truffée de dangers de tous types et toutes natures.

Mais bon, les voyages coûtent cher en nourriture et il faut parfois penser à jeter l'ancre quelque part, pour s'approvisionner. Ma cuisinière femme-poisson est partie dans son coin, pour trouver un semblant de boutique, pour faire quelques courses, estimant que "sa prime est trop ridicule pour qu'un Marine de Grand Line se soucie de sa gueule". Mais, Segawa m'a tout de même promis qu'elle se tiendra à carreau, lors de cette escale, ce qui me rassure et m'inquiète un minimum, connaissant de mieux en mieux le caractère de la femme-poisson.

Après une bonne marche, j'arrive finalement à ce qui m’intéresse, à savoir la place centrale de l'île, avec une appellation résumant bien ce que je trouve sur place: la Ruche est noire de monde et plusieurs bourdonnements se font entendre à gauche à droite, faisant un brouhaha persistant et vrillant les tympans quelque peu.
Au milieu des insectoïdes, je remarque cependant pas mal d'humains et je me rassure chaque seconde d'avantage de ne pas voir le moindre uniforme Marine, même si je ne peux m'empêcher de réajuster mon bandana, pour être sûre de dissimuler mes cheveux blonds, un peu trop visibles sur mon avis de recherche (comme le costume noir remarque).

M'habituant peu à peu à ce bourdonnement incessant, je passe de boutique en boutique, notant mentalement quelques adresses utiles pour mon équipage, pour pouvoir les guider, lorsque j'aurai fini mon repérage.
Même si cette destination change beaucoup de ce que j'ai l'habitude de voir et me donne bien envie de continuer à explorer, je ne peux pas vraiment me sentir rassuré, pour le fait d'avoir une prime sur ma tête. Bon, je ne connais pas trop les "indices de menace" liés aux primes, mais il me semble que 28 millions, ça reste très important pour les Blues et une "prime modérée" pour Grand Line. Mais, je n'ai pas vraiment pris le temps de demander confirmation à un soldat dans la rue, voyez-vous?

Soudain, au beau milieu de ma marche, une voix se fait entendre sur ma gauche, alors qu'une grande silhouette se dessine dans l'encadrement d'une porte, me faisant sursauter:

-Jeune enfant, souhaites-tu connaître ton avenir à travers les fils d'araignée?

La demande de cette personne me laisse perplexe, avec un haussement de sourcil, me faisant aussi tourner la tête de gauche à droite, comme si je doutai qu'il s'adresse directement à moi...

-Je... Les... Les fils d'araignée? Vous êtes voyant?

-Tout à fait, mon enfant. J'utilise la soie de ma fidèle araignée dorée, pour lire et décrire les fils du destin à chaque personne en quête de savoir et de réponses.

Je réfléchis un moment, bras croisés... J'ai déjà pu entendre parler de voyants qui utilisaient des boules de cristal, les arrêtes d'un poisson ou même des tripes de chèvre... mais des fils d'araignée?

-Hum... Je dois bien admettre être intriguée par cette méthode de voyance... D'accord.

De ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, la Marine ne semble pas traîner dans les environs et je me sens suffisamment rassurée pour m'accorder une "pause" dans mon exploration.

Je suis donc le voyant dans sa boutique, qui ressemble de l'intérieur à une cabane dans un tronc, éclairée par des guirlandes de lucioles; le décor était "particulier", mais je trouve que ça a un certain charme exotique tout de même.
Je me retrouve assise en face du voyant et d'une araignée dorée, qui tresse un fil assez épais, dans lequel mon interlocuteur commence à poser intensément les yeux.
Un moment de silence se passe, durant lequel je me décide à retirer mon bandana, l'enroulant autour de mon poignet droit, à l'opposée de mon bracelet en cuir marron.

-Oui... Je vois... Je vois une connexion avec ton fil de destin... Elle est ici... toute proche...
Cette personne... Elle te sera opposée... mais aussi d'un grand soutien, pour t'aider à traverser le monde...


Le ton et l'attitude tellement sérieuses du voyant me laissent complètement muette, alors que je ne quitte pas des yeux l'araignée cristalline dorée... Comme par hasard, une chose importante pour moi serait à proximité...

Soudain, la prédiction est interrompue par le vieil homme, qui s'adresse à quelqu'un d'autre dans la salle, me faisant tourner la tête dans cette direction... pour me faire me relever brusquement, me plaquant contre un mur... Un... Un soldat de la Marine!?! Et il semble avoir pas mal de "ferraille du mérite" sur ses épaulières! Vu qu'apparemment, les galons d'un Marine reflètent leur importance dans l’organisation et leur puissance, sans compter le fait que nous sommes sur Grand Line, je devine que je suis tombé sur un "gros morceau d'autorité"...

Mon regard passe du voyant au membre de la maréchaussée, qui semblerait... être l'autre bout de mon "fil de destin"?!?

Grimaçant et sur la défensive, je toise les deux personnages, même si mon regard perçant darde d'avantage le soldat:

-Il suffit que je sorte des Blues pour tomber sur des plans ingénieux de la Marine... C'est tout de même bizarrement novateur le coup de la "voyance"...
Vous comptez faire quoi?
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Gharr Hadoc
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Mar 23 Avr 2019 - 15:49

La marine est partout. On la remarque davantage quand il y a un intérêt à notifier sa présence.

Calme, lent, comme s'il ne voulait faire paniquer personne, Hadoc extrait une boîte d'allumettes longues de sa poche et isole une des soeurs entre ses doigts. Sans la gratter, il en pose l'extrémité de bois sur la toile collante au sol, à côté du couloir libre d'accès. La glue naturelle est puissante, il rompt presque son bâtonnet pourtant en contact à sa seule extrémité avec le décor. Toutefois, aucun résidu ne demeure sur l'objet. La toile ne perd pas sa matière, elle est faite d'un alliage solide et très adhérent. Peut-être par de multiples crochets ? Tout en rangeant l'allumette dans sa boîte pour qu'elle raconte son aventure aux autres, il se tourne vers le grand voyant, resté lui aussi serein malgré la colère de la jeune visite. Se plaquer contre le mur n'était pas une bonne idée, mais dictée par son instinct, Kardelya s'était laissée attraper par les fils d'araignées suspendant lucioles et tout ce qui quitte la route sécurisée. Si elle veut se dégager, ce sera en se débarrassant de ses chaussures et vêtements en contact avec le mur. A moins que...

Comment débarrassez-vous les clients qui se prennent dans vos toiles ?

En les mangeant.

Je suis sérieux.

Il le semble aussi.

Pourquoi vous répondrais-je ? Selon les lois de la chasse, une proie prise dans un piège appartient à qui peut disposer d'elle. Toutes les araignées obéissent à ce principe. De plus, ni la marine, ni la dissidence n'ont de droits ici. Vous êtes égaux face à la nature, juste et cruelle prédatrice.

Il menace, pourtant jamais ses yeux ne cillent, jamais il ne dégage cette odeur éthérée de l'homme prêt à attaquer. Le voyant, de son faciès blanc et maigrelet, offre au marine des billes rondes inertes en guise de miroirs de l'âme. Son regard n'est pas humain et a quelque chose de profondément dérangeant. La folie serait une esquive facile, il est plus modeste d'admettre qu'il a pris une part des araignées qu'il utilise. Sans doute faut-il des yeux de cette malsaine intensité pour lire la soie ? Toujours est-il qu'Hadoc se sent également piégé, dans l'incapacité de choisir de sauver une personne tandis que c'est son rôle de protéger, comme dans celle d'arrêter une criminelle car c'est également son rôle de sévir. Kardelya appartient au voyant, il l'a gagnée. Et si son pouvoir est réel, il savait que ce présent arriverait.

Cette révolutionnaire n'est pas mon objectif, je suis ici pour des choses bien plus importantes qu'envoyer en prison un pantin de terroristes. Je ne mettrai pas en péril ma mission par zèle. Toutefois, comme vous le dites, je ne suis un marine que pour ceux qui m'accordent cette étiquette ici. Je peux donc agir en homme face à qui me déchoit de mes fonctions.

Le choix est vôtre, tisseuse. Considérez-moi en Commodore et considérez avec sérieux ma demande, ou traitez-moi en simple proie et voyez ce qu'un humain peut faire lorsqu'il ne se drape plus d'aucune institution pour réguler ses instincts primaires.


Hadoc non plus ne dégage aucune aura meurtrière, quand bien même son ton est sec. C'est un simple énoncé, une règle ajoutée au jeu qui se partage ici. Les yeux du grand homme ne reflètent rien, mais son sourire s'élargit. Seule sa main enroulée de soie continue de décrire des cercles. C'est un déclic. Gharr baisse le regard sur l'araignée grosse comme un chat à l'abdomen doré. Elle le fixe, de la même façon que l'humain. Mais ce n'est pas lui qui commande, il n'a jamais été le voyant. Hadoc sourit, à la fois fasciné et révulsé par ce peuple araignée qui fusionne avec les humains d'une façon écoeurante. Avec le ton d'une amère énigme résolue, il conclut.

Je comprends pourquoi "la tisseuse" à présent.

L'homme malingre imite le sourire de Hadoc, mais pour l'exagérer. Puis, de petites tisseuses sortent des manches du pantin humanoïde pour courir sur les fils de glue. Elles convergent dans le dos de Kardelya et en délogent délicatement chaque morceau de tissu, chaque cheveux, chaque particule de peau. La jeune humaine est abandonnée et peut regarder la scène sans pièges d'un simple pas. La tisseuse reprend, par la voix de celui qui porte désormais si bien son titre de médium.

Votre avenir vient de vous être révélé. Acceptez-le, ou votre fil sera rompu.

L'épée et le bouclier seront nécessaires à votre aventure. L'un trouvera l'épée, l'autre le bouclier. C'est alors que le guerrier vous sera révélé. A présent, partez.


Gharr laisse passer celle avec qui il vient de vivre une étrange séance. Si elle désire fuir, qu'elle le fasse, elle en aura le temps pendant qu'il déose quelques billets sur la table, pour la prestation et la leçon. Collaborer avec une révolutionnaire pour triompher ? Mais triompher de quoi ? Hadoc est là pour mobiliser l'île en faveur du Gouvernement, en quoi une ennemie idéologique l'aiderait ? L'épée, le bouclier, le guerrier, il garde ces éléments en tête en sortant. Kardelya est toujours là. Méfiante, mais sans doute également consciente qu'il ne représentait pas de danger immédiat pour elle. Par politesse, sans provocation, Hadoc se présente.

Commodore Hadoc, de la 9ème Division de la Marine. Ou simplement Gharr, tout le monde n'est que ce qu'il parait aux yeux des autres ici. C'est quelque part très honnête.

Il la salue en s'inclinant, comme on le fait à Shimotsuki.

Je profite d'avoir une complice directe du drame de Jotunheim pour vous poser une question qui vous sera proposée tôt ou tard. Pourquoi avez-vous pris part à ça ? Qu'y avez-vous gagné ?

Gharr connait déjà plusieurs réponses à cette interrogation. Mais celle choisie par la jeune blonde allait lui donner une base d'informations sur la personne qu'elle est.
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Kardelya Koshin
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Mer 24 Avr 2019 - 0:14

La panique et la stupeur étant passés, je prends conscience d'un léger, très léger et même infime point de détail... je suis collée au mur?!? Non mais... merde quoi! C'est quoi ces premiers pas moisis sur Grand Line?!? Après avoir peiné à trouver un navire correct pour cette mer, j'ai dû avoir à gérer avec l'organisation de mon équipage, le fait d'avoir une prime sur ma tête, les nouvelles lois flinguant littéralement l'élan révolutionnaire... Bref, c'est le bordel à tous les niveaux! Ah oui, je dois aussi gérer ça avec un Marine juste devant moi, qui peut aisément cueillir une révolutionnaire primée, emberlificotée dans... une toile d'araignée?

Fulminant de rage, je ne fais guère attention à l'aura rougeâtre m'enveloppant petit à petit... jusqu'à parvenir à me recentrer sur les propos de ce voyant et du Marine, qui semble bien civilisé... ou alors il aime juste s'entendre parler, qui sait?
J'imagine que je devrais être contente de savoir que je ne suis pas la priorité de ce type... mais me faire traiter de marionnette terroriste... ça me vexe quelque peu sur l'instant, et je grince des dents, en détournant la tête:

-Le pantin n'a pas envie de relever, encore moins de lancer un débat idéologique, surtout dans sa position actuelle...

Déjà, la première fois que j'avais pu avoir une discussion "posée" avec un Marine, j'étais suffisamment restée sur la réserve, instaurant un joli débat à sens unique ne menant à rien du tout...
Et franchement, je ne peux pas négliger la "rareté" d'avoir un ennemi qui préfère parler que me sauter à la gorge... Mais bon, avec ma prime et le fait d'explorer une mer encore bien nouvelle pour moi, c'est compliqué d'avoir une confiance optimale...

Finalement, des araignées viennent à moi et passent dans mon dos, me défaisant petit à petit de la toile dans laquelle je me suis emberlificoté il y a deux minutes.
J'époussette mes vêtements, avant de renouer mon bandana sur ma tête, pour camoufler mes cheveux blonds, même si j'estime ma "couverture" grillée, avec un Commodore devant moi. Hum... Je n'ai pas une grande connaissance des grades Marines, mais je crois que ce grade est celui d'un officier assez bien placé dans la hiérarchie militaire et qu'il se rapproche plus de l'armée navale que du terrestre...

Jetant un nouveau regard au voyant, après une nouvelle prédiction, qui semble aussi tenir lieue de menace, je soupire, en allumant une cigarette, tirant une longue taffe, avant d'expédier la fumée au plafond:

-J'ai rompu suffisamment de liens du passé et du présent, pour ne plus m'en soucier et les liens du futur peuvent aussi en faire partie.
Mais soit, je tiens compte de votre prédiction pour le futur proche et vous remercie néanmoins de votre sagesse. Sur ce, mes salutations.


Je ne me fais guère prier pour sortir du bâtiment, observant néanmoins le soldat à mon passage à ses cotés, pour éviter un menottage ou un coup sorti de nulle part.
Concernant les prédictions du voyant... c'est difficile de passer à coté, surtout avec son ton serein et aussi assuré. J'ai bien l'impression qu'il y a une part de vérité dans ce qu'il dit, mais à coté, mon coté assez terre-à-terre, à analyser les choses dans leur ensemble et à chercher une explication logique à tout... L'impression bataille ferme avec mon appréhension et mon esprit commence à surchauffer au bout de quelques secondes.

Une épée? Un bouclier? Ces deux choses formeraient un guerrier et la continuité de notre aventure?
Donc, d'une manière ou d'une autre, le Marine et la Révolutionnaire doivent s'accorder sur quelque chose, pour former autre chose qui nous permettrait d'avancer?

Mes réflexions se font interrompre par les présentations du dénommé Hadoc.
Hum... dans sa réflexion, il y a bien une chose qui me fait tiquer positivement et c'est la question de l’honnêteté, même si je reste encore assez prudente sur le fait de devoir "lier" mon destin avec cet homme. Mais bon, vu que l'on semble partis sur l’honnêteté...

J'incline la tête devant l'officier du Gouvernement Mondial:

-Kardelya Koshin, Cavalier de la Révolution.
Et... oui, j'imagine que parler sans artifices peut aider à ce "sentiment de franchise".


M'ouais... J'imagine que je peux essayer d'être un cran plus poli qu'avec mon premier Marine, il faut voir... mais mon semblant de détente disparaît, alors que ce type met bien les pieds dans le plat, en parlant de Jotunheim, me laissant pensive, tête baissée...

Les gains d'une telle opération? Très franchement?

-Pour ce que ça peut apporter sur l’échafaud, autant le dire maintenant, pour m'en débarrasser.
La résultat de l'opération Jotunheim est bien plus négatif que positif pour moi et moi seule.
Nous sommes partis pour libérer un membre de notre noyau central de direction, pour reformer les rangs, resituer les objectifs de la Révolution. À coté, j'imagine que vous avez compris qu'il y a eu un semblant d'alliance entre pirates et Révolutionnaires, mais je vous préviens de suite qu'il n'y aura pas besoin de torture avec moi, pour avoir des détails sur cette alliance. C'est simple, j'ignore tout des tenants et aboutissants de cette coalition. Mon supérieur direct a disparu et je suis actuellement occupée à rien d'autre que survivre, sans attention présente de bousculer les habitudes corporatistes du Gouvernement Mondial.
Et personnellement, je ne crois pas que condamner à mort la Révolution valait tant le coup, pour libérer une seule personne. Concernant l'explosion de la prison, j'en suis ravie, dans le sens où ce taudis glacé était le théâtre d'horribles expériences que j'ai apprises après-coup... mais j'en suis vraiment dégoûtée, dans le sens où ce coup d'éclat involontaire a donné trop "d'importance" à la participation Révolutionnaire et nous a tous condamnés à mort sans jugement.


Je grommelle, en souffletant un nuage de fumée sur le coté, piétinant furieusement du pied au sol, me turlupinant les méninges, réfléchissant à vois haute:

-Ces types que j'avais croisé sur l’iceberg... Ils posaient des mines à la surface... Mais il n'était pas question d'éclaireurs pirates ou révolutionnaires et j'étais donc la première sur les lieux, avant l'assaut...

Je frictionne ma tempe vigoureusement, essayant de rassembler mes souvenirs... J'ai du mal à me rappeler les vêtements ou la tête de ces types... Mais plus ça va et moins je comprends l'intérêt que l'on aurait eu à tout faire sauter... Les Révolutionnaires étaient en pleine évacuation et les pirates étaient occupés à faire s'évader les prisonniers pour grossir leurs rangs... Ou alors c'est un ordre sorti à la dernière minute des supérieurs ou une déferlant de puissance incontrôlée (un utilisateur de Fruit du Démon?)

Je laisse tomber ma cigarette au sol, avant de l'écraser rageusement d'un coup de talon, fissurant et craquelant le sol au passage:

-BORDEL! Cette opération m'a gavé!

Pour moi, très clairement, Jotunheim est une grosse pierre noire acérée dans ma vie de Révolutionnaire! J'ai servi à rien tout du long, j'ai une prime qui ruine tous mes espoirs de poursuivre l'infiltration et j'ai l'impression d'avoir eu mon rang de Cavalier par pure pitié! Et à coté, les répercussions sur la Révolution à long terme sont désastreuses!
Ah ça, c'est sûr que cette foutue opération à servi à rien, surtout lorsque que l'on connait l'état désastreux dans lequel Jonas Mandrake est!

Soufflant du nez furieusement, je plonge mon regard dans celui du Marine:

-Voilà! Vous vouliez de l’honnêteté, non!?!
Bon sang, et je me retrouve coincé avec une prophétie bizarre dans la tête, avec un Marine... comme si je n'avais pas déjà assez mal à la tête...
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Gharr Hadoc
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Lun 29 Avr 2019 - 23:23

Votre indisposition ne sera pas arrangée avec ce climat. Je vous recommande de beaucoup boire et à des températures ambiantes.

Il est toujours calme, un léger sourire de compassion étendu sous sa moustache. La recommandation a beau être banale, elle témoigne d'une écoute du Commodore qui reste surpris de la confession de Kardelya. Lui qui s'attendait à une figure défendant et justifiant ses actes à l'instar d'un parfait porte-parole représentant une cause déshumanisée, voilà qu'elle s'avérait au contraire emplie de cette humanité, un mélange de sentiments tiraillés tendant à se résumer à une volonté de faire de son mieux. Une victime, comme tant d'autres, potentiellement contrainte à des choix qui en ont moins été qu'un courant où les faibles se laissent emportés. Hadoc aussi a été pris par les flots, à une époque où il errait sans repères et cherchait un sens à sa dérive. Lui a pu saisir le bras d'un officier de la marine, sans doute Kardelya a-t-elle eu d'autres branches où se raccrocher. Où est le choix dans une cellule  d'un noir total où une porte de lumière s'ouvre soudainement ? Qui ne l'emprunterait pas ? Et pour quelles raisons ? Gharr expire doucement des narines la douleur de la révolutionnaire qu'il n'a pu ressentir et qui goûte cependant un peu la sienne. Le regard de la jeune blonde est sage, sa parole juste, mais le marine ne peut la tirer de cette toile-là. Nulle ne le peut.

Connaissez-vous la théorie de ce qu'on appelle "l'équilibre de la terreur" ? C'est une notion primordiale dans une guerre, appliquée depuis plus d'un siècle. Si vous avez, vous et votre ennemi, le moyen de vous détruire, alors personne ne le fait.

Elle l'écoute, comprenant qu'il veut arriver quelque part avec cette amorce. Alors, de son ton rauque et paisible d'un écho de cloche de temple, il poursuit, tâchant de vaincre le bruit de la foule sans avoir à l'affronter.

Chaque île de ce monde est une nation. Les nations sont impliquées dans l'équilibre général du monde, qu'ils aident le Gouvernement Mondial ou le combattent. Il y a toujours eu une règle tacite semble-t-il: si vous perdez un pion à cause d'une négligence dans votre stratégie, vous acceptez de laisser l'avantage à l'adversaire.

Concrètement, cela se traduit par le fait que la plupart des îles conquises ne sont pas reprises immédiatement, sauf besoin impératif d'en reprendre le contrôle. Les populations sont souvent éprouvées, les rangs marqués par les batailles et les leçons de l'échec âpres confidentes. Chaque camp détermine ce qu'il fait de l'endroit concerné. Souvent, il est laissé un temps au vainqueur et étudié du vaincu, ne serait-ce que pour savoir si la force à déployer pour reprendre la main tirera un bénéfice sur ce qu'il reste à sauver. Sans parler du fait que reconquérir un pays partiellement relevé est plus profitable, qu'importe la nature de ce profit. Nos deux camps suivent ces mêmes règles d'un jeu cynique où chaque pays est une table remplie de pions.


Gharr approche de Kardelya, qui s'écarte par politesse ou prudence. Parvenu à peu près à la place qu'elle occupait, il fléchit les genoux, tend le bras et récupère le mégot écrasé dans son pavé fendu. S'extrait ensuite de sa poche une boîte en bois laqué gravée de kanjis comme on peut en trouver à Shimotsuki. Le mégot finit avalé par le coffret, lui-même gobé par la poche de veste du Commodore dont il était sorti. Pour le pavé, il n'y aura rien d'autre à faire que d'attendre la rénovation des ouvriers.

L'équilibre de la terreur, c'est la garantie de préserver des poches d'air dans ce voile de soufre, pour que tout le monde puisse respirer. C'est ce qui fait que la Marine n'attaque pas la Nouvelle Ohara alors qu'elle sait que la révolution y a à nouveau élu domicile de façon plus ou moins cachée. C'est aussi ce qui fait que la route de tous les périls est moins sécurisée que les Blues,  même la guerre a besoin de son organisation et de ses échanges de bons procédés implicites. Pour le dire autrement, la guerre a toujours conservé un aspect "courtois" et ce en dépit de toutes les atrocités qu'elle engendre et des victimes qu'elle ne cesse d'empiler. La Prison de Jotunheim était une pièce à maintenir et respecter, comme l'arbre de Nouvelle Ohara, surtout après la chute d'Impel Down.

Je l'ai expliqué, chaque camp accepte l'échec, inévitable à une table ou l'autre de jeu quand tant de parties s'y disputent en permanence. Le souci, c'est que ce pion d'importance n'est pas tombé par mauvaise stratégie du Gouvernement, il est tombé parce que l'autre joueur a rompu l'équilibre. C'est un peu comme tricher face à un croupier, ça signe la fin de la complicité rivale. L'avènement de la répression et du chaos.


Le grand homme qui avait invité Le Cavalier à entrer ressort appâter son prochain client. Les deux précédents s'éloignent sans regrets, histoire de poursuivre dans une meilleure intimité. Il y a toujours du passage dans la Ruche, on se croirait dans un immense marché à niveaux multiples. Lorsque Kardelya et Gharr finissent bloqués par un embouteillage humain et attendant de pouvoir circuler, Hadoc exagère volontairement son agacement d'être coincé dans la foule et lui propose un peu d'eau de sa gourde militaire.

Je suis très bavard, pardonnez-moi. Nous avons l'habitude de longues conversations chez moi, mais il est vrai que cet usage est plutôt endémique. Votre mal de tête passe-t-il ?  

Les mystérieux artificiers, la révolution, Mandrake, le danger de la situation mondiale actuelle et surtout de ses conséquences probables, Gharr a tant de chose à transmettre et apprendre auprès d'elle. Si le sujet se prolonge, ce sera parce qu'elle le souhaite. Visiblement, ils ont du temps devant eux.
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Kardelya Koshin
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Mar 30 Avr 2019 - 1:42

On dit bien que "l'habit ne fait pas le moine", n'est-ce pas? Eh bien dans le cas présent, je ne m'attendais pas du tout à trouver quelqu'un de si bavard, en la personne de quelqu'un taillé comme une armoire à glace.
Même si l'ensemble de son discours reste porté sur la guerre, chose qui semble être le quotidien de bien trop de nations, il dénote quand même une certaine sagesse et sérénité, qui tranche carrément avec ce que j'ai l'habitude de voir et d'entendre chez les soldats de la Marine. Le dernier à m'avoir laissé cette impression était Aleister et j'ai l'impression que ça remonte à des siècles, sans doute parce que c'était avant Jotunheim... Cette opération m'a clairement fait vieillir et pas vraiment dans le bon sens du terme...

L'équilibre général du monde hein? Comme les Trois Pouvoirs, à savoir les Amiraux de la Marine, les Shichibukai et les Yonkou?
Je tire une autre taffe de ma cigarette, le regard perdu dans le vague:

-Cette notion d'équilibre, je la vois surtout du point de vue humain, dans le sens où les deux camps ou au moins l'un pense déjà à l'après-guerre, avant même de donner les ordres. Chacun pèse le pour et le contre, se demandant si la conquête vaut le possible sacrifice de troupes, les pertes civiles, financières et matérielles, sans compter les possibles et même évidentes représailles des alliés du territoire conquis. Après, il y a la question de la reconstruction, établir des lois s'il faut, gérer les prisonniers de guerre, les relations internes... En somme, il faut accepter le fait de devoir administrer ses conquêtes et c'est ça que je nomme "équilibre" pour ma part.
C'est vrai que chaque île a sa propre importance, que ce soit par une position stratégique pour une invasion à plus grande échelle, des ressources précieuses à exploiter ou retirer à l'ennemi et j'en passe et des pires...
Mais oui, il y a bien entendu une évidente "lassitude" des populations à voir le gouvernement ou la tyrannie à leur tête changer tous les deux jours, en emportant parfois un dixième de la population.


Hachiro ne m'a expliqué que trop bien et souvent ce point de vue des civils pris en plein milieu de la guerre. En tant qu'ancien médecin de guerre, il a eu son quota de conflits et a un point de vue solidement fondé sur la guerre dans son ensemble: c'est une boucherie qui laisse les gens brisés, vainqueurs ou vaincus...

Cependant, quelques termes me dérangent dans la nouvelle tirade du Commodore et me font grincer des dents:

-Et c'est bien le problème dans votre discours qui fait qu'il y a et aura toujours des "mésententes cordiales" entre diverses organisations.
Des personnes et même des institutions sont tellement bercées par la violence et la guerre qu'ils se contentent de reléguer les population au niveau de "pertes matérielles" et ça va dans "l'équilibre de terreur" dont vous parlez à l'instant.
Du coup, que suggérez-vous, dans le sens où quelque soit l'action d'un parti, la réponse est 95% du temps une réponse guerroyeuse, agressive, menaçante, oppressive, voir tout en même temps?
Notre époque est pourrie par des élites, pas forcément la Marine, qui sont tellement occupées à faire la guerre à gauche à droite que ça devient un quotidien qui déborde des personnes "concernées", pour atteindre les populations.

Et au final, j'ai bien l'impression que notre mouvement révolutionnaire est entré en plein dans cette période toxique de répression et de chaos et ça va forcément empirer l'état d'esprit global du monde, en faisant sombrer les gens dans la paranoïa.
Avec Jotunheim, plus que jamais, les Révolutionnaires passent pour des monstres et cette simple image, couplée au décret infernal décidé par le Gouvernement, les populations vont devenir complètement folles, à paniquer dès que quelqu'un va avoir un "comportement suspect" à leurs cotés. Ils risquent de stresser de sortir les armes et de faire justice eux-même, surtout en sachant qu'ils ne seront pas poursuivis pour meurtre.


Je reste perdue dans mes pensées, avant de voir une gourde arriver dans mon champ de vision...
Je récupère cette dernière, avec un signe de tête entendu, en guise de remerciement, buvant une petite gorgée, ne serait-ce que pour réhydrater mon gosier.

-Je... Merci...
Mais non, ça me va tout à fait de discuter ainsi avec quelqu'un, ça me change des déplacements intempestifs et silencieux, pour aller de mission en mission... même si je devrai techniquement prendre mes jambes à mon cou, compte tenu du simple fait que nous appartenons à deux camps rivaux...
Concernant ma migraine, ça s'est calmé, dans le sens où j'ai choisi d'ensevelir cette étrange prédiction sous une tonne d'explications plus "concrètes".


Tournant la tête de gauche à droite, observant les environs, je jette mon mégot de cigarette à terre avant de l'écraser du talon, pour ensuite récupérer le mégot et le ranger dans une petite boîte métallique qui disparaît dans ma poche arrière de bermuda.

-Et donc? Que fait un Commodore de la Marine sur une île comme Myriapolis?
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Gharr Hadoc
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Sam 8 Juin 2019 - 16:41

Hadoc l'écoute et acquiesce plus ou moins distinctement tout en creusant un sillon au sein d'une foule hétéroclite. Elle pare de l'après, de la reconstruction, de choses trop peu souvent prises en compte et ce qu'importe le drapeau du conquérant. La guerre motive, la reconstruction n'est jamais urgente. En ce point, la Marine ne fait pas meilleure figure que sa dissidence. Il pourrait souligner que l'incapacité de son administration à tout réparer en tant réelle vient plus d'un casse-tête logistique en mutation permanente, là où il voit souvent des chefs révolutionnaires promettre le mieux pour ne puiser qu'une gloire auto-dirigée, mais c'est inutile. D'autant que les médias du Mondial jouent aussi sur cette corde pour établir leur propagande. L'hydre a beau faire corps, quand trop de têtes pensent chacune de leur côté tout ne se coordonne pas.

Kardelya l'interroge sur son discours lorsqu'ils bivouaquent à une échoppe de boissons. Hadoc en prend une de ce qui semble être un dérivé de résine transparent comme du verre et très résistant, rempli d'eau légèrement sucrée. Beaucoup de vendeurs ajoutent un peu de miel dans leur eau. Cela plait aux insectes, mais empêche également certains malaises dus à l'effort. Sans parler du fait que la zone étant touristique, vendre la saveur locale tout en masquant le goût d'eaux qui pourraient de base déplaire, c'est du tout gagnant.

Il tend la gourde équipée d'une cordelette en fibres végétales tressées pour résister à la tension du récipient.

Pour vous. Il y a plusieurs points d'eau où la remplir. Evitez si possible les zones gratuites ou sans surveillance, la qualité de l'eau n'y est pas garantie. Mais si vous n'avez pas le choix, faire bouillir de l'eau ou tout simplement l'exposer au soleil battant quelques heures tuera la plupart des bactéries.

Concernant les solutions, tout dépend si vous demandez au marine ou à l'homme. Nous apprenons que tout fonctionne mieux avec un pouvoir centralisé et une uniformité des rangs. Mais nous savons également que tous nous uniformiser, c'est nous affaiblir. Tout ce qui compte, c'est la solution tangible, à savoir préserver l'équilibre déjà instauré.

Après, si je devais extrapoler en rêvant à un monde meilleur, j'imagine que je séparerais le pouvoir politique civil du pouvoir militaire. Je centralisera davantage le pouvoir pour qu'il gère au mieux l'ensemble des nations, mais en créant des traités pour les obliger à faire passer la culture de chacun avant son aliénation par assimilation. Et je regretterais ce choix vingt ans plus tard, lorsque le pouvoir militaire aura supplanté le civil et voudra le conquérir car c'est lui qui possède les armes, que la contrebande aura profité de la protection des nations pour exploiter les autres et que la corruption veillera à protéger quelques privilégiés plutôt que la communauté. Ma solution n'est pas viable car il magnifie notre espèce sans tenir compte de ses instincts. Ce qui est vain.

Je ne sais pas ce qui est mieux entre ce que nous avons et ce que nous espérons. Tout ce que je sais, car c'est une loi naturelle, c'est que tout se désagrège, tout le temps, à tout niveau. Je ne fais que ma part. Je veille à l'ordre, je protège les innocents et sévis les néfastes à la portée de mon métier.

Toutefois, si je déplore la guerre mondiale et une violence subie qui tend à la banaliser, car c'est le rôle des soldats d'endurer le pire, je ne veux pas d'un monde sans guerres. La guerre rappelle l'essentiel de la violence, elle nous entraine tous à y faire face. Tout le monde n'est pas fait pour porter une arme, mais aucune société pérenne n'est faite pour évoluer sans moyen de se défendre. La violence est philosophiquement déplorable, factuellement essentielle et la guerre une des valeurs fondamentales de notre espèce. Par "chance", nous n'avons pas besoin de créer des guerres pour nous tenir prêts à y survivre, elles bourgeonnent d'elles-mêmes.

En ceci, les abeilles de la Ruche sont un bel exemple. Elles meurent en piquant, leur arme est à la fois la chose qui les tue, mais également celle qui fait que les villes fourmi et araignée ne l'envahissent pas. Nous ne sommes pas plus forts que la nature, nous en faisons partie. Attaquer et défendre sont dans nos codes, il faut l'accepter. Mais peut-être ces propos vous semblent-ils fatalistes ?


Ils quittent l'échoppe, puis l'artère principale de la foule pour bifurquer vers des ruelles plus calmes, plus fraiches et parsemées d'escaliers plutôt raides à monter ou descendre selon les couloirs. Ce sont des quartiers résidentiels, les seuls passants ne s'attardent pas. La jeune révolutionnaire l'interroge alors sur la raison de sa visite.

Je suis en mission. Vous n'ignorez pas la loi martiale décrétée, je suis ici pour veiller à ce que Myriapolis reste en dehors de la zone de guerre. Au vu de ce que je constate vous concernant, nous pouvons me souhaiter un franc succès. Voudriez-vous m'y aider ? Je ne compte pas enfreindre la loi, mais vous pourriez être un appui pour témoigner de la nécessité de ne pas participer au conflit. Et si votre mission est en réalité de fournir un rapport sur Myriapolis, quoi de mieux qu'être témoin direct d'un entretient politique entre une nation indépendante et la voix du Gouvernement Mondial ?
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Dim 9 Juin 2019 - 0:25

Avec cette conversation sortie de nulle part, aussi bizarre que cela puisse paraître, j'arrive enfin à me détendre, malgré le fait d'avoir une assez grosse pointure de la Marine à mes cotés. La réaction "classique" d'un Révolutionnaire devrait sans doute être de rentrer dans le tas ou de partir en courant, mais pour ma part, je ne me sens guère de prendre la fuite comme ça et lancer un combat représente le même problème, surtout sur une île inconnue. Frapper un représentant de l'ordre pourrait m'exposer à pas mal de soucis, que ce soit voir débarquer des soldats de nulle part pour me sauter à la gorge ou juste le fait de tomber sur un adversaire trop fort qui me neutraliserai en un rien de temps.
Oui, on va dire sommairement que je suis assez prudente en terme de combat, surtout après m'être faite malmener par des gorilles des glaces à Jotunheim...

Je réceptionne la gourde achetée à l'instant par le commodore, n'attendant pas d'en savoir d'avantage sur la nature et la raison de la transaction, pour fouiller rapidement dans mes poches. Je sors une poignée de berrys et les fourre dans la main du Marine.

-Merci pour les conseils et le remboursement est à accepter sans protestations, je vous prie; je n'aime pas avoir de dettes avec les autres, même pour une chose si simple qu'une gourde.
Hum... Je le demande à la personne qui se tient devant moi actuellement, rien de plus et rien de moins.
Oui, c'est clair que chaque système politique a ses forces et ses faiblesses et le monde parfait n'existe pas, alors que nous nous contentons juste de limiter la casse dans un monde gangrené par le besoin d'assouvir son autorité par la violence, la corruption et l'esclavage.
C'est une belle vision que voilà: chercher l'équilibre est la bonne solution dans tout ce chaos. Mais le fait est que chaque parti veut en avoir toujours plus que l'autre et on finit toujours par tomber sur une impasse qui se résout par la guerre. Mais, outre des précédents aussi désespérants et sanglants, il est bon de savoir que des gens s'accrochent encore à de vrais idéaux qui valent la peine de se lever chaque jour.


Je me décide à adresser un petit sourire au Marine. Même s'il est vrai que mon discours est sacrément pessimiste, ce n'est pas le ressenti pour lequel je me bats chaque jour qui passe depuis mon entrée dans la Révolution. C'est juste une vision néfaste du monde réel que j'essaie de corriger et que je me dois d'extérioriser de temps à autre, pour ne pas sombrer dans la "facilité" de me dire qu'unifier les mers sous un même symbole est une tâche aisée.

La réflexion sur le "rôle de la guerre" me fait tiquer de nouveau et je m'apprête à m'indigner de nouveau et pester quelque peu contre mon interlocuteur... mais je me ravise et secoue doucement la tête.

-Je comprends l'idée globale derrière vos mots: il est vrai qu'il n'y a pas de paix sans guerre et inversement et on ne peut pas tous avoir la même manière de penser, pour pouvoir vivre dans un monde tout blanc, où le mal n'existerai pas.
Mais en même temps, nous sommes humains et comme nous, il y a des gens qui se soucient encore des autres et c'est pour préserver ce groupe que des personnes comme vous et moi nous battons chaque jour, même si nos manières de procéder nous placent comme ennemis.
Après avoir vu bien des choses et avoir conversé longuement à gauche à droite, je dirai que je suis plus dans le réalisme que le fatalisme. La paix universelle n'est pas une chose qui peut être obtenue d'un claquement de doigts et c'est bien pour ça qu'il faut des efforts constants, de notre part comme celle des gens que nous réussissons à atteindre.


Finalement, j'apprends que le commodore est ici en qualité de diplomate, ce qui me fait hausser un sourcil sur l'instant. Myriapolis intéresse donc le Gouvernement Mondial d'une manière ou d'une autre? Hum, ce n'est pas tellement ça, d'après ce que me dit le soldat; ce serait plus une assurance que l'île conserve sa neutralité et se tienne éloignée des conflits entourant la zone.
Je dois avouer que cette démarche m'intrigue grandement et je finis par acquiescer d'un signe de tête:

-Je dois admettre être interloquée sur pas mal de points sur la situation actuelle et je suis curieuse d'en voir et d'en savoir d'avantage sur tout ça.
De ce que j'en sais, la Révolution n'a pas de projets pour cette île et je suis juste de passage dans cette région, donc je vous rassure sur le fait que je ne vais pas interférer négativement dans votre démarche.
Soit, je suis prête à vous suivre et à vous aider, si ça ne va pas à l'encontre de mes propres objectifs, si ces derniers venaient à évoluer au fil du temps.
Cependant, je préviens mon équipage avant toute chose, pour éviter une panique de leur part.


J'appelle rapidement Skela, sur le navire:

-Skela, fais passer le message: je vais rencontrer un contact sur l'île en solitaire. Je vous ferai un bref appel toutes les dix minutes, pour vous dire si tout va bien. Si je ne réponds pas dans ce délai, vous pourrez intervenir.

Malgré le fait d'accorder un semblant de confiance au Marine, je ne dois pas oublier de conserver une certaine distance de sécurité et de garantir un plan de secours derrière soi, au cas où. C'est un credo classique de l'assassin: ne pas se baser que sur un seul plan et prévoir plusieurs entrées et surtout plusieurs sorties.
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