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Arriérés de cendres [2/3]

Le Cavalier
Le Cavalier

♦ Localisation : Rokade-South Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 1640
Popularité: -45
Intégrité: -35

Lun 22 Avr 2019 - 22:13


Une nuit au large de Portgentil, automne 1627.

Dans le sombre de la nuit sans lune, le clapotement des vagues brisait le silence oppressant des avant-batailles. Le troupeau de bois bercé par la houle semblait assoupi. Comme s’ils craignaient de trahir leur présence, pas un ne pipait mot à bord. Pensifs sur les risques à venir, rêveurs des prochains jours, avides de souiller les chausses du Gouvernement Mondial, ils se taisaient. Ils gravaient avec précaution ce bref instant, ce moment d’accalmie qu’aucun n’aurait pu enlever. Les rares à en briser la nature sacrée se restreignaient au ton du chuchotement. De toutes les batailles, beaucoup décrivaient cette attente comme le souvenir le plus transcendant. Rien ne comptait plus une fois engagé aussi loin, plus de retour possible non plus. La dernière respiration, celle précédant le basculement dans la bestialité. Bientôt les habits allaient tomber, les crocs sortir, la rage aveugler les consciences… Mais en cette heure, ils restaient des Hommes. De simples hommes de l’immensité bleue. Seuls avec eux-mêmes autant qu’ils soient. Jamais le monde des dieux ne descendait aussi bas.

Adroitement positionnées sous la ligne d’horizon, les coques ne pouvaient pas être vues de la terre. Seuls les grands mâts de cents pieds dépassaient. Les voilures ferlées ne laissaient alors qu’une mince tige de bois perdue dans le lointain à la vision des guetteurs du port. Un cheveu des plus frêles. Une précaution superflue tant l’obscurité profonde gommait les nids de vermines une fois les derniers puits de lumières débarrassés du pont. Ils étaient hors de portée, invisibles dans la nuit, dans l’attente de l’heure fatidique. En haut des gréements, la lunette vissée sur le regard, la vigie ne perdait rien du spectacle quant à elle. La masse montante des milliers d’éclats étoilait la capitale d’une luminosité accueillante. Même de loin, on en ressentait la grandeur et devinait la masse grouillante en battant le pavé le jour. Elle semblait encore si proche et pourtant si loin. L’œil des navires pirates ne perdait pas une miette du spectacle, brièvement, car déjà ils se devaient de parcourir les flots noirâtres à la recherche du moindre navire s’approchant de trop prêt. La flotte du 19ème avait mis les voiles à la suite du Roi Gantz selon tous les commérages, mais rien ne signifiait qu’aucun navire marine ne patrouillait aux abords de l’île. Être découvert trop rapidement aurait mis à mal toute l’entreprise. La stratégie de Pasa reposait sur la soudaineté de l’attaque, prendre de vitesse les défenses avant qu’elles coulent l'assaut. Des flammèches prises de mouvements avaient été aperçues à distance, loin de présenter un danger jusqu’à présent.

Dans l’ombre du pachyderme et de ses deux ponts escaladant les cieux, la Petite Anne souffrait à la comparaison. Le nid de pie ne dépassait le bastingage du Houar d’à peine une courte tête. La dizaine d’hommes à son bord aurait eu grand mal ne serait-ce qu’à en lessiver le sol, manier cinq des soixante-douze canons de la poudrière au mieux. Le capitaine à la barbe drue du petit équipage pourtant si fier n’en rougissait nullement, chacun aurait son rôle dans le déroulé de la bataille. Et comme il aimait l’aboyer, mieux valait dix bons gars qu’un ramassis de bon à rien. Assis sur le bastingage bâbord en retrait des hommes de Barbe Noire, le onzième homme, l’intrus, passait méticuleusement le fil de sa lame sur une pierre d’affutage histoire d’en révéler tout le mordant. La jouvencelle n’avait pas encore fait sa première saignée. Il bichonnait son œuvre dans le noir, glissant un doigt expérimenté sur le fil pour en mesurer la dangerosité. La courte traversée du porteur de Mort s’était inscrite dans une ambiance des plus froides. Personne ne le voulait à bord. Entrainé par le poids de son aura à la défiance, le Cavalier n’y accorda pas égard. Il se contenta de garder l’œil ouvert si venait une nuit l’idée de l’envoyer conter fleurette aux profondeurs. Le peu de temps passé en compagnie de l’équipage du noir lui permit d'apprendre à connaitre le nid de frelon où il avait mis le pied. Plus facile quand ils se comptaient sur les doigts d’une main.

Arriérés de cendres [2/3] Monkey-island-pirates

Le plus sanguin, et la gueule un peu trop ouverte, venait de North Blue, Carlo aimait s'écouter vanter ses exploits fantasques chez les Bambana un cigare dans le coin de la gueule et une gnôle à portée de main. Le Faucheur n'attendait que de voir l'armurerie en action. Belladone, dans un registre moindre, appréciait également sortir arnachée de feraille, apprêtée de sa plus belle robe. L'okama avait le mérite de s'assumer sans les excès de ses paires. Riuaï derrière sa mine fermée ne trouvait rien à redire, il ne trouvait rien à dire à grand chose cependant. Le sabreur de l'équipage aurait paru muet sans les « Iaï ! » ponctuant chacun de ses enchainements brassant l'air à l'heure de ses entrainements. Le trio de tête dans ce qui se rapprochait le plus d'un comportement indifférent, voir amical, se différenciait du pur rejet craché par le reste de l'équipage hétéroclite. Le maître-canonnier d'abord, qui cachait pas son envie de lui envoyer un de ses boulets sur le coin du museau. Le sniper énigmatique et compte-finances.Un zoan chat de gouttière qui tirait plus sur le chien. Une chiure de gnome et son quatuor de rats friand de larcin. Le Second, le Crocheteux, à la botte du Capitaine dont la roublardise gardait l'équipé à flot. Pour enfin arriver au Capitaine Barbe Noire, respecté de ses hommes mais véritable peau-de-vache à l’égard du nouveau. Il tenait sa barque d’une main de fer sous le contrôle du Saint Code et n’aimait pas qu’on lui force la main. Sans prendre de gants, autrement que pour les jeter à la tronche, le premier mot une fois monté n’avait été que nuances de dédain et de mépris. Vieux, laid et pistonné résumaient les reproches. Sitôt le sac éventré, il l’avait abaissé à la pénibilité du rang de mousse dans l’espoir de le voir craquer ou mieux se rebiffer. Mais la planche attendait encore qu’il s’y risque. Peu soucieux, le pirate dégarni avait fait ce qu’on lui demandait sans l’ouvrir autrement que pour lâcher du « Oui Capt’aine » à tout bout de champ. Les brimades lui glissant dessus sans entailler son humeur. Il sembla même s’en amuser ce qui eu le don d’agacer qu’un peu plus le dit Capitaine. Mais aucune décision fatale ne fut décidée, derrière la sale trogne de vieille teigne le chef de bord était un garant de l'honneur pirate. Il ne trouva de motif que le code condamna.

Sans un mot, sans une lumière, les voiles du Houar échurent des bois de vergue. Les vents s’y engouffrèrent alors, avec pour tout son que le bruissement du tissu, et la carcasse de bois se prit de mouvement. L’heure de l’attaque sonnait enfin. Derrière, les navillons patientaient encore. La place forte avait une belle voilure certes, mais devait trainer son gros cul et son chargement d’acier. Ils avaient convenu de lui laisser un peu d’avance avant de le rejoindre. Inspectant une dernière fois sa faux, le Cavalier se leva. Si rien ne se voyait dans l’opacité obscure, de chaque bord s’entendait le fourmillement des activités. Il n’y avait plus doute, l’assaut était lancé. La même question, chaque homme se la posait maintenant. Quand ? Quand le Bouclier de Bliss allait il être mis au parfum ?
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Le Cavalier
Le Cavalier

♦ Localisation : Rokade-South Blue

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Dorikis: 1640
Popularité: -45
Intégrité: -35

Sam 18 Mai 2019 - 16:27

Au bord du navire de la marine, les lumières aveuglaient davantage qu'elles ne révélaient l'embarcation en approche. La patrouille de sortie aux abords du port ne recherchait pas de pirates, aucun ne se risquait dans les eaux de Bliss, mais des contrebandiers en tout genre approvisionnant les marchés des Everglades. Qu’importe la surveillance des eaux, les malandrins parvenaient continuellement à s'infiltrer en douce entre les mailles du filet. La nuit souvent. Pour un d’arraisonné d'autres passaient, et plus particulièrement en ces jours de guerre.

La Petite Anne avait pris ses distances de la cohorte mortuaire. Tout feu éteint dans un premier temps, la petite embarcation avait viré de cap dès que la menace s'était révélée. La rigueur du Capitaine Barbe Noire ne permettait pas le moindre écart dans l'entretien et l'organisation de son royaume. Grâce à la bonne tenue du pont, les hommes se retrouvaient dans la manœuvre même plongé dans l'opacité de la nuit. Le temps passé à en parcourir les planches les avaient exercés. Le Cavalier se montra moins aisé de part son arrivée nouvelle. Qu'importe à quel point il essaya de décomposer ses mouvements, il se cogna dans tout ce qui pouvait être cogné. Le vieux mousse soupçonnait cette grande teigne de Capitaine de l’envoyer besogner pour le simple plaisir de le savoir s’endolorir le corps. Il s'était abimé plus d'une heure de temps des pieds à la tête dans les coins et recoins, jusqu'à ce qu'une cible soit désignée. Interposant sa voilure pour dissimuler le gros des forces, la caravelle rejoignait dorénavant les marines. Le plan suivait son cours..

Lorsque les ténèbres ne suffirent plus à dissimuler les traits du navire aux yeux de la mouette, le son saccadé d'un escargoparleur ébranla les eaux d'un commandement sans appel. L'impérative les enjoignait de se révéler sans tarder. La flamme d'une lampe à huile s'alluma alors depuis un tonneau centré sur la proue. Elle éclaira le maigre décor à portée de ses feux et la barbe sinistre la surplombant. Le Capitaine Barbe Noire seul se dévoila, le couvre-chef barré du Jolly Roger dissimulé sous le bras, de plus en plus distinctement à mesure que la distance se réduisait. Il attendait docilement qu'on l’arraisonne ses armes rangées dans leurs étuis. Conscient des regards scrutateurs, il s'alluma une longue pipe pour enfumer la méfiance. Tapi dans l'ombre, le reste de l'équipage se gardait de bouger. Le patrouilleur du GM était une caraque dès plus classique à ceci prêt qu'une longue cheminée trônait à la place des deux mâts. Les crachats de suie soustrayaient les navires à vapeur aux caprices du vent. La moitié de la trentaine d'hommes à son bord se préparaient à appréhender l'embarcation suspecte. Ils auraient inspecté chaque planche de proue à poupe en quête de marchandises prohibées s'ils avaient eu affaire à de vulgaires contrebandiers. Le capitaine et son navire auraient été irrémédiablement saisis, avant de rejoindre la mélasse judiciaire. Mais ils n’eurent pas affaire à des contrebandiers.

Hissé en haut des longues vergues, le Cavalier resserrait sa prise sur le cordage comme il le devinait à ses côtés faire le moucheur. L'aura sombre n'aurait pas manqué de finir par les révéler maintenant les navires bords à bords sans l'ouverture des festivités. Comme pressenti le Crocheteux appuya de son poids contre la barre pour percuter violemment le garde-côte. De la rudesse de l'engagement, les hommes non-avertis s'écroulèrent comme un jeu de carte soumis à un vent de marée. Alors que le tireur épaulait son long mousquet, le faucheur parcourut quelques pas et s'élança dans la vide avec un cri d'abordage. Rapidement couvert par le Capitaine Barbe Noire suivit de ses hommes chargeant les forces de l'ordre et du déferlement de détonations les accompagnant. Traversant l'air, la faux s'enfonça au cœur de la cheminée dans un crissement de métal. L'affutage fin éventra brièvement la paroi à mesure que l'arme et son bout d'homme glissaient le long, puis par l'appuie du pied le Porteur de Mort dégagea la lame et se propulsa en arrière des rangs ennemis. La chute l'envoya dans une zone faible du plancher, car à sa grande surprise une de ses jambes venait de le traverser dans un craquement sonore. Les navires de Bliss restés en arrière ne l'étaient pas sans raison. Grommelant en tachant de s’extirper de ce mauvais pas, le briscard avait conscience d'avoir déjà trop attiré l'attention. Des ombres menaçantes se précipitaient pour le mettre hors d'état de nuire.

Le croissant s'ensanglanta d'un revers contre le premier à traverser sa course. Le suivant plus courtaud s'échina à parer mais une feinte le désarticula également. Le Cavalier parvint enfin à récupérer sa jambe, il lacéra du fil ocre un nouveau soldat lui arrivant dans le dos de bas en haut et se redressa. La faux vrombissait maintenant prise de rotation. Le ballet mortuaire s'engagea entre les rangs l'assaillant. Aucune garde ne parvenait à contenir le déferlement de puissance. Le Lieutenant en prise avec le Capitaine pirate, il ne restait que les basses classes pour se confronter à l'avatar de la Mort et au reste de l'équipage. En supériorité numérique, les marines défendaient vaillamment au sabre. Lorsqu'un tombait, un autre le remplaçait. Mais dépassés de toute part, l'issu de la bataille tournait court. Riuaï abattait sa part à chaque « Iaï ! » avec l'okama dans le dos se battant comme un beau diable. Le pont bientôt serait à eux, le Cavalier le laissa à leur soin pour rejoindre la timonerie. Les mitrailles de Carlo l'avait déjà perforée de toute part, quand il entra le pirate ne trouva qu'un unique homme en état de parler. Accroché à l'escargophone, il reléguait le compte rendu dramatique de la bataille d'un ton saccadé. Au moins une balle avait forcé le buffet. Inspectant la scène du regard pour qu'aucune mauvaise surprise le prenne au dépourvu dans un premier temps, il ramassa une chaise au sol et se plaça en face de l'agonisant. Le visage sinistre au regard vide fixait d'un sourire engageant. Il patienta là au milieu des cadavres les sandales engluées dans le sang poisseux, sans parler, sans bouger.. Quand les dernières paroles se prononcèrent, alors qu'à l'extérieur le silence s'installait, le Cavalier raccrocha le combiné et abrégea les souffrances. D'un mouvement circulaire d'acier l'ensemble des installations de communication et de navigation furent mises hors service. Le ménage fait, il rejoignit le Capitaine entrain d'essuyer son sabre d'abordage sur la cape de son ennemi. Une nouvelle entaille teintait son épaule.  

- Alors ?
- C'est fait.
- Mouai... On rembarque !! Faut qu'on rattrape le convoi !


Le plan du stratège du Houar suivait son cours. L'alerte donnée, deux ou trois navires allaient être envoyés au trousse de l'embarcation pirate s'ils avaient les moyens de s'en séparer. Les abords des Everglades bénéficieraient d'un regain d'attention dans l’immédiat et les quais officiels de Portgentil suspecteraient toutes caravelles qu’importe son pavillon. Mais la défense de la Cité quant à elle n'allait pas encore sortir de sa torpeur. Un navire de la marine engagé en mer de Bliss sortait des habitudes, mais c'était à prévoir la 14ème ailleurs. Le Royaume ne pouvait pas être menacé par un unique équipage. Le Chien fou avait fait parler de lui en son temps, mais il était loin maintenant et de tels monstres ne se voyaient qu'une fois. La Petite Anne avait gardé l’attention pour elle comme l'arbre qui cache la forêt. Le navire neutralisé derrière, elle barra en direction de la masse silencieuse avançant encore un temps hors des inquiétudes. La première bataille s'était close avec une victoire des pirates, la prochaine se préparait à déferler.
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Le Cavalier
Le Cavalier

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Sam 25 Mai 2019 - 21:09

Le Capitaine avait beau s’époumoner de tout son coffre, les paroles se noyaient à l’entrée de Portgentil sous des trompettes assourdissantes aux sonorités de crache-mort. Une fois suffisamment proche, la nuit n’avait plus suffi à dissimuler l’arrivée de la flotte. Ils avaient navigué brièvement sous le feu nourri traquant leur avancée entre les maigres voiles de l’opacité. Le déluge ciblé s’était doté de patience un temps, alors que de leur côté deux embarcations clôturaient leur course en aveugle dans un banc de sable englouti. L’une repérée n’avait pas tardé à brûler joyeusement suite à un pilonnage en règle, révélant l’ombre de ses alliés par des flammes empreintes de traitrise. Les rapports enregistrèrent le début de la bataille de Portgentil à ce moment précis. A l’heure du Tigre !

Accroupi sous l’embrume salée à l’avant du navire avec le gros de l’équipage, le Cavalier entendait en arrière le Houar couvrir la progression de ses oisillons. Plutôt que de venir se coincer dans le Port, le mastodonte de South Blue était resté à l’extérieur pour conserver un champ dégagé et s’offrir au gros des boulets. L’ancien Sous-Amiral et son second s’interposaient à l’averse de fonte autant que possible pour préserver l’intégrité du trois-mâts. Derrière les sabords ouverts, s’activaient des hommes pressés de répondre contre les tours Marello ponctuant la côte. Tâche ardue quand on savait en mer les canons trois fois moins précis de part la stabilité hasardeuse. Si les renégats drainaient la majorité des tires, les assaillants dépassant la digue n’avait pas été oublié. D’un mouvement ferme, le Cavalier dévia de sa lame un nouveau boulet vers les eaux. Un geyser l’éclaboussa d’une fine pluie, puis une déflagration dans le dos le projeta lourdement contre la rambarde. Un morceau du pont manquait dorénavant.. Epoussetant la poussière d’une main il se relevait déjà de l’autre. Le danger ne permettait pas de molasser au sol. Les quais en vue, ils montraient également une série de canons portatifs installés par trois pour les accueillir. Les cinq embarcations pirates essuyèrent le feu et y répondirent. La Petite Anne se démarquait pas avec son unique canonnier de bord, la goélette et le petit galion respectivement des Nouveaux Saigneurs et des Serpents des mers avaient bien plus de mordants. Le bataillon de marine se désordonna sous la virulence de l’échange pendant que les navires s’esquintaient à l’approche.

L'accostage réalisé, l’avatar de la Mort sauta du navire à la suite de Barbe Noire dans le champ de bataille. La porte des limbes s’érigea au devant de l’assaut contre les forces de la marine. Son haleine glacée éveillait les consciences lui faisant face au triste sort qui les attendaient. De toute part, la marée rouge piétinait l’avant-poste du Gouvernement Mondial avec une furie bestiale. Traversant les miettes embrasées de la Capitainerie dispersées qui avaient volé en éclat il y a peu, les forbans défoncèrent les forces de la marine en sous nombre. La 14ème partie, la 54ème avait la lourde tâche de défendre Bliss dans son intégralité. Le gros des forces nécessitait encore du temps pour se mobiliser depuis l’intérieur des terres et marcher sur les pilleurs. Si les escouades disposées aux batteries défensives avaient frappé dès que la menace s’était révélée, le reste des bataillons stationnés à Portgentil avait mis plus de temps pour traverser à contre-courant le flot de citoyens paniqués. Seul l’avant-post faisait face actuellement à l'alliance pirate. Les Saigneurs avaient déjà perforé le blocus telle une lance, avec l’ensemble de leurs hommes, en direction des zones habitées. Ce qui laissait au reste des équipages la tâche d’éradiquer la centaine d’hommes encore debout.
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Gallena Scorone
Gallena Scorone
•• Lieutenant d'élite ••

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Jeu 30 Mai 2019 - 0:18

Dans un lieu vague et flou, une femme aux cheveux roses mangeait des tartelettes quand un homme brun, grand, plutôt beau, surgit devant elle.

- Sergent Wilberg Taumassen ! Que faites-vous ici ?
- Gallena, Lieutenant d'Elite Gallena, je ne peux plus me taire. Il faut que je vous dise ...

Prenant les mains de Gallena entre les siennes, l'homme se pencha vers la rosée. Enfournant une tartelette avec une troisième main, avant d'essuyer les miettes, Gallena balbutia :

- Oui ... Oui ?
- Je vous ai toujours ai..
- Stop !!
- Adell ?!

Un nouvel intrus dans la salle venait d'apparaître, un jeune homme roux en cravate, l'air pas très malin. La main levée, il coupait court à une scène d'amour incroyable. Gallena virvoltait, surprise de le voir.

- Adell, qu'est-ce que tu fiches ici ?
- Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas. Je devais ..
- Dis-le !
- Vous ne pouvez pas faire ça !!

Gallena porta une main sur sa bouche, souriante, ricanant presque.
- Adell, serais-tu jaloux ?
- Oui !
- Trop tard Adell, il fallait te décider plus tôt. Mon cœur appartient à Wilberg et tu ne ..

BOOM !

Gallena ressent une douleur vive à la joue et tournoie dans la pièce, lâchée par Taumassen. Adell, qui vient de porter le coup,

- Je m'en fiche de toi ! C'est lui que j'aime !!
- Hein ?!!

À la place d'Adell se trouvait Adell. Enfin Adelle. Adell en fille quoi. Comme sur l'île de Citadelle. Une fille aux longs cheveux roux et habillée super classe, qui se jeta sur le sergent Taumassen. Lequel répliqua :
- Oui, emportes-moi Adell, je t'ai toujours aimé !
- Hein ?!!
- Partons vivre notre amour sur la lune !
- Hein ?!!!

BOOM !!

Et passant par le plafond, Adelle s'envola, emportant Taumassen dans ses bras.
Et sur un dernier cri d'incompréhension, je me réveille de cet étrange cauchemar, tandis qu'une troisième explosion fraie son chemin dans mon rêve. Ainsi que des cris, qui retentissent partout dans la caserne de la 14ème, que je remarque maintenant que je me réveille. Des ordres lancés à tout va, des tirs de batterie côtière, Une nuit trop courte.

- J'aurais pas dû toucher à cette bière hier soir moi ...

Quartier libre pour l'escouade, soit la demi-section de Mitzu, pendant que je digérais et me remettrais de ma ... de l'arrêt d'un usage continu de mon pouvoir pour alimenter l'existence de Gianna, ma .. copie. Pendant ce temps long, nous avons divergé, nous avons connu d'autres événements, ou sous d'autres angles ... et voilà que je me retrouve seule, avec deux mémoires pour une tête.
Inutile de dire que quand l'ordre de quitter l'île est venu, j'ai traîné des pieds et décidé d'attendre demain. De donner la nuit libre à tout le monde. Et que demain, à neuf heures, tout le monde soit à bord, prêt à partir. Je compte sur un départ vers onze heure, le temps pour les retardataires de nous rejoindre. Sinon tant pis, on les laissera sur Bliss.

Et donc j'entends le canon, j'entends que ça s'agite. La garnison de la 19ème est pas bien grande, je sais pas trop ce qu'il se passe, mais on dirait que ça nous concerne. Alors peut-être devrais-je me lever et réagir ?
...
Un nouveau boulet de canon qui frappe non loin m'invite à abandonner la flemme pour m'habiller et partir prêter main forte à la marine locale. Je crois qu'en passant la tête par la petite fenêtre de ma chambre, je vois Taumassen dans la cour, en bas. ... Il est mignon mais j'ai pas envie de le voir maintenant, je crois. Même s'il est pas responsable de mon rêve bizarre.

Je m'apprête rapidement, attrape mon matériel. On va être en ville, dommage pour mon bazooka. Et les pistolets seront sûrement moins utiles que les couteaux de lancer, mais on sait jamais. Avec mes multiples bras, ce n'est pas un problème de m'habiller et m'armer rapidement. Une minute après avoir commencé à m'habiller, peut-être deux, je suis déjà en train de sortir dans le couloir. Direction le dortoir où j'espère trouver Mitzu, mon caporal. Ses marines, avec de la chance, seront rentrés dormir au fort. Mais j'y crois pas trop. Et la section et demi dont je ne parle pas, me demandera t-on ? Ranne et son autre escouade, avec Malik comme caporal - je sais toujours pas pourquoi j'ai soutenu l'idée qu'il devienne sous-off', celui-là - doivent se débarrasser de bandits. Doombeast et sa section aident des villages abîmés par une inondation à dégager ce qui traîne et remettre en état les habitations. Ça les changera de la bagarre, on va dire. Et c'est une bonne chose, d'aider les gens. Mais du coup j'ai six soldats au lieu de vingt-deux.
Et l'arrivée au dortoir ne me permet de trouver que Lumière, une fille maline. Bonne éclaireuse, observatrice, attentive. Parfaite dans mon escouade de gros bourrins, pour compenser. Elle attendait devant la porte, déjà prête. Elle a le sommeil léger, elle. Mais elle attendait Mitzu ou moi pour prendre une initiative. À ce qu'elle dit, parce que venir me voir aurait été courir le risque de me rater si je passais pas par le chemin le plus direct. Comme si j'allais me perdre. Moi, me perdre. Non mais vraiment ...
D'accord, ça arrive parfois. Mais pas souvent !

Bref, Lumière et moi partons à l'extérieur, pour constater que les hommes de la 19ème sont dispersés et éparpillés, leur petit nombre limité par le fait qu'il y a plein des leurs qui sont actuellement sur une autre île ou en mer. Reste le strict minimum. Et la 54ème régulière au grand complet.
Bref, inutile de dire que même une petite bande de la 53ème d'Élite, mon régiment du moment, peut avoir son mot à dire dans la bagarre.
Pour cela, rien de mieux qu'attraper un type de la régulière et lui faire nous dire où sont les méchants.
Tu viens Lumière ? On va aller casser des têtes, en espérant retrouver les autres.

- Je cours pas aussi vite que toi Lieutenant.
- Bonne remarque. Je te porte alors.

Je suis pas si forte que ça, mais avec une paire de bras pour la tenir dans mon dos, c'est possible de transporter Lumière. Elle est pas trop lourde, ça va.
Maintenant, il s'agit de réussir les Sorus tout en transportant quelqu'un. Force, Vitesse, Précision.
C'est parti ! Direction le port civil.
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Le Cavalier
Le Cavalier

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Mer 12 Juin 2019 - 17:46

Le sabre s’interposa férocement au croissant de lune rougie, le gorille ne permit pas le retrait et appuya de toute sa masse pour soumettre son adversaire. Le teint violacé par l’effort, ses muscles saillirent sous le tissu de son uniforme au point d’en menacer la tenue. Sentant le pavé du port craqueler sous ses pieds, le Cavalier serra les dents. Un jeu de force opposait les deux combattants, le premier à céder perdrait. Le bataillon de la 54ème n’avait pas manqué de faire honneur à leur réputation de trolls des montagnes. De stature généralement haute, les membres au cou s’apparentaient davantage en épais tronc qu’à de simples membres de chaires. Les fortes têtes mises de côté, il fallait compter deux à trois hommes pour en étaler un. Heureusement le nombre était du côté des pirates. Le Faucheur sourit à l’effort du marine en sueur, puis libéra des bras cadavériques une force insoupçonnable qui désarçonna la mouette et désarma sa main. D’une roulade en arrière, le soldat parvint tout de même à se préserver de la Mort. Empoignant son mousquet d’un mouvement il tira à bout portant dans la porte des limbes qui venait de s’ériger au-devant du Cavalier. Le souffle glacé du mouvement rotatif assaillit son échine au plus profond. D’un regard fiévreux, il balaya le champ de bataille perdu et ses frères d’armes à terre. Une bourrasque avait balayé l’escouade du port pour ne laisser qu’un tapis de corps embaumé d’une odeur de sueur, de sang et de mort.

Le soldat décampa du mouroir sans demander son reste. Plus que fuir les combats, il fallait se préparer aux prochains. Beaucoup d’habitants dépendaient de leur aide pour s’échapper des décombres ou être dirigés dans l’évacuation. Les marines avaient colmaté la brèche du mieux qu’ils avaient pu afin de d’offrir de précieuses minutes à l’arrivée du gros des forces et au départ des civils. Il savait également ses observations des forbans précieuses pour la suite. Alors il courut comme si sa vie en dépendait. Le rejeton des abîmes ne prit pas la peine de partir à sa poursuite. Le vieillard aimait croire que tout arrivait à celui qui savait attendre. La preuve se fit une nouvelle fois quand une masse dorée fracassa le crâne du fuyard. Se servant de la hampe de son arme comme d’une canne, bien qu’encore un instant un tas de muscle tentait de l’écraser en vain, il clopina entre les débris fumants des éclats de projectiles jusqu’à la bedaine du colosse fracasseur de trogne. L’amas hirsute retombait comme une mélasse coulante pardessus ses bas verdoyants. Tirant déjà un troll de la 54ème dans son dos comme si de rien n’était, il surplombait le deuxième moribond avec la même indifférence. Accompagné de son Capitaine, le second des serpents des mers lâcha un rire goguenard à l'approche du Cavalier solitaire. A chaque tressaillement, il se frappait allégrement le bas ventre d’assentiment.  

- Y se barrait de toi ?! Ton équipage a quant même pas fait de même ? Grumpf Grump !
- Je les ai juste perdu de vu dans le combat, y doivent avoir pris de l’avance sur nous.
- Tu nous dis en r'tard sur ta petite bande canard-boiteux ? Grumpf Grump !


La langue venimeuse du Capitaine de l’équipage des sables cingla tel un fouet.

- De quoi tu causes ragouillasse de chiure ?! Ouvres tes lorgnons par mon bouc, mes gars ont aussi pris les hauteurs ! Bouge toi le fion si tu veux prendre ta part, le caillou n'aura plus rien à offrir bientôt. Maintenant débarrasse moi les pattes !

Mourad marquait le point. Alors que les deux esclavagistes rejoignaient leur équipage enfoncé dans la ville, le Cavalier resta en arrière à mesurer la métamorphose des quais. Plus grand monde ne se battait maintenant il était vrai. Les marines qui le pouvaient s’étaient retirés, ce qui avait ouvert le champ libre à la horde braillarde de détrousseur. L’équipage de Barbe Noire dans le lot, ou pas loin, car plus aucune trace ne restait de lui ou de sa suite. Le bon commandant ne s’était pas fait prier pour lâcher son vieux mousse. Le faucheur entendait déjà les futures brimades qui ne manqueraient pas de pleuvoir à la rencontre prochaine. Sans parler de l’ordre de mission du Ripailleur soufflé à demi-mots l’enjoignant à laisser un œil sur le Capitaine qu’il soupçonnait de se garder un surplus de part à chaque abordage. Partie comme c’était, il aurait aussi bien pu rentrer au bord de la Petite Anne rejoindre l’équipe qui gardait le bord sans craindre de ne se faire davantage taper sur les doigts. Le Crocheteux l’aurait pris de haut de sa petite taille, la gueule carrée du canonnier n’aurait pas paru plus fine et le gnome suivi de ses morpions auraient fini de l’indifférer. Réjouissante perspective sans aucun doute. A la place, le Cavalier se tourna vers les rues en pleine effervescence. Une mise à sac ne manquait jamais de divertissement.

Le vautour glissait au milieu du chaos avec dans ses ailes des embrumes de fin des temps. La soutane balayant le pavé montant,  l’aura sombre déversait sur les scènes de pillage des songes d’outre-tombe. Un puzzle de verre brisé nappé en de nombreux endroits le sol de morceaux acérés aux pieds de débris divers. Le Cavalier traversait un quartier victime des affres du passage des Sang-Neuf de Rhétalia. Ailleurs le même spectacle se répétait avec d’autres. Coiffé d’un ruban et le torse nu ornementé de formes finement encrées, la mine d’ivresse éclairant les visages finissait de les révéler. A chaque fenêtre des bâtiments centenaires les hurlements féroces des serpents des sables ébranlés les structures. Plutôt que de fouiller, les pirates défenestraient toutes armoires et coffres d’attention depuis les étages afin de répandre leur contenu dans un fracassement. La fortune se faisait discrète dans les quartiers portuaires. Enjambant l’un d’entre eux, le porteur de mort continua sa promenade. Les boutiques ponctuant l’allée ouverte sur le port avaient subi les plus durs assauts. Peu de victime se décomptait, les habitants avaient déserté les lieux pour leur plus grand bien.

Une ruelle fut encore nécessaire pour atteindre un point d’accroche entre les deux camps. Sous l’embrasure des masures, une dizaine de marines soutenue de patriotes couvrait l’évacuation des retardataires contre une poignée de pirates en turban. L’absence du Capitaine de la vilaine troupe, ailleurs entrain de martyriser ennemis ou alliés, ne laissait pas ses hommes dénués de menace. Les esclavagistes avaient débarqué avec leur artillerie. Accroché en bandoulière autour d’une grande perche, un tube de fonte crachait boulets sur boulets sur les positions des soldats. Deux hommes étaient encore nécessaires pour permettre son fonctionnement. Bon nombre des habitants alertés du danger s’échappait des bâtisses en tenue de nuit avec la hantise de succomber aux tires pirates qui ne s’embêtaient pas à les distinguer des combattants. Les fâcheux incidents survenus à Rhétalia en raison d’un unique esclave affilié au Royaume de Bliss les dissuadaient de faire le moindre prisonnier. Le Roi belliqueux avait proclamé aux yeux du monde sa détermination à retourner toutes parcelles de terre retenant le moindre de ses sujets. Il aurait été un cadeau vilainement empoisonné que de ramener une moisson de Blissois aux marchés de Valoonia. Il restait à voir si l’attention allait être appréciée. Une pluie de gravats s’abattait à chaque déflagration du canon portatif sur une population agar. Le flot épais devait rencontrer un bouchon en aval ce qui réduisait son avancé. De nouveaux braves vinrent grossir l’arrière prêt à en découdre. Alors que l’attention restait concentrée sur les malfrats méridionaux jusque là, un nouveau venu la déroba. Son teint d’une blancheur cadavérique le démarquait grandement de la peau cuivrée des Serpents des mers.

Le Porteur de Mort marchait à découvert avec son allure lente des grands jours. Au milieu de la rue comme sortie d’un vilain songe enfumé de poussières et d’incendies, il laissait à tous le temps de prendre toute la mesure de son approche inéluctable. Le calme affiché ne correspondait pas à la folie et à l’atmosphère bruyante du moment. Les balles tirées se perdaient sur la faux en rotation sans restreindre son avancé. Mais plus que ce trou noir vrombissant parant les coups de feu ce qui interpellait était l’Ombre marchant sur les pas du Cavalier. Les pirates avaient également cessé le tire, comme subjugués par cette vision imagée nait d’une tromperie de leurs sens. Les mouvements d’air  grisonnant happés de son dos s’échappèrent de la Porte des Limbes dressée. Petits, légers, les volutes virevoltèrent en douceur en succession serrée en direction de la masse grouillante. Un ou deux pirates fut touchés par la trajectoire mal cadrée, mais la plupart frappa les ennemis. Le contact avec l’outre-monde glaça les échines, blêmit les visages et figea les cœurs de deux dizaines de victimes. Un mouvement de foule nait de la panique ébranla le troupeau dans une fuite éperdue. La bousculade qui s’en suivit en laissa quelque sonnés sur le carreau. Les pirates de Mourad attisés par la peur comme tous prédateurs se précipitèrent à leur suite. Ils arrachèrent à qui tomber à leur porté bijoux, sacs et tous biens brillants. Culbutant au sol qui le pouvait, frappant et transperçant sans ménagement qui résistait.
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