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Le début d'une nouvelle aventure

Yamamoto Kogaku
Yamamoto Kogaku
••• Commandant d'élite •••

♦ Équipage : The Dawn Swift

Feuille de personnage
Dorikis: 8948
Popularité: +1136
Intégrité: 1058

Sam 4 Mai 2019 - 18:02

Lentement, Tetsu, le fief de l’impératrice se découpe dans la brume. Il est assez étrange de devenir simple passager, plus personne pour te communiquer des informations ou prendre des ordres. Tu n’es plus qu’une espèce de marchandise. On a appareillé il y a quelques semaines en tant que simple forgeron. Pour plus « d’authenticité » on s’est munis d’assez peu de fond et on partage la cabine d’un couple de fermier aussi venu profiter des bienfaits d’une source chaude aux vertus supposément miraculeuse. Manifestement le couple n’arrive pas à enfanter et heureusement, ils ne vérifient pas si ça continue à bord du navire. Quoi qu’il en soit nos quelques échanges avec les marins, touristes et autres immigrants, nous permettent d’affermir peu à peu notre identité empruntée. Deux forgerons venus renouer avec l’art antique de la métallurgie. Deux hipsters de la forge au look improbable et au talent disparate, une couverture tellement grotesque que nul n’osera doter de nous. Entre mon look improbable de forgeron imposant, barbu et chauve, malgré mon jeune âge, et le cache-œil et la queue de cheval de l’Ethan, on affirme grand et fort notre coté archétypal.

L’embarcation s’approche lentement de l’entrée magistrale de l’île se glissant entre les navires de pèches et autres esquifs. Vu d’ici, le coin semblerait presque prospère. Heureusement d’ailleurs que nous puisons reposer sur l’expérience de Salem, où des moins des bribes de souvenir de son passage par ici. Je dois avouer, que je ressens une certaine tension, c’est maintenant que tout va se jouer. Notre embarcation va passer le portail, mouiller à proximité des quais. C’est la qu’une équipe va embarquer vérifier la cargaison et l’identité des passagers, et si on est reconnu on est foutu. Je ne sens aucune agitation à bord, manifestement, l’équipage est habitué et les passagers inconscients du danger. Je m’offre même le luxe de profiter du paysage tandis que l’on progresse vers les portes encadrées par deux colosse de pierres qui fixe gravement les embarcations. L’unique ouverture dans la falaise insurmontable qui ceint l’île. Dispositif similaire aux portes du courant Tarai, sauf que cette fois-ci, on n’est pas de ceux qui les actionne. Mais bon, on les appelle les portes des héros, en soit, nous sommes des héros, donc ce sont nos portes, tout va bien ! J’arrange une dernière fois mon kimono identique à celui porté par ceux de Simotsuki. Les manches remontées pour mettre en valeur mes bras musclé, un katana de bonne facture, et provenant de l’île en question. Comme quoi, ça sert d’avoir des subordonnés qui bossent sur l’île. Je rejoins alors notre cabine conformément aux ordres du capitaine.
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Ethan R. Levi
Ethan R. Levi
••• Contre-Amiral •••

♦ Localisation : G-5
♦ Équipage : /

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Mer 8 Mai 2019 - 15:06



Alors nous y voilà dans cette folle aventure qui nous attend, où nous ne sommes même pas certain de revenir en vie. C’est accoudé au bastingage du navire, dos à la mer et cigare en bouche, que je me ressasse la tête de la déesse qui hante mes pensées. Mon sang-froid retrouvé, ma colère reste néanmoins inchangée. La tête de Kyori au bout de ma lame, c’est tout ce qui m’importe à l’heure actuelle. Je me retrouve submergé par cette colère à un point que j’en oublis mon insubordination, bien qu’encore inconnue de mes supérieurs.

Ma patience sera mise à rude épreuve, et pour cause, nous comptons nous installer sur l’une des ces îles pour quelques temps. Le métier de forgeron m’est encore qu’une rivière qui se jette dans l’océan à tel point qu’il ne m’est pas encore connu. Yamamoto a eu la bonté de m’apporter quelques connaissances pour ne me laisser trop à la ramasse. Il m’a engagé comme stagiaire après tout, c’est donc tout à fait normal que je sois encore novice. Dire que ce gamin va me donner des ordres et que personne ne se doutera que je suis en réalité plus âgé que lui… Vive les lois de la génétique.

Ah ! Nous approchons enfin de notre destination. La vue de l’île fait trembler d’excitation mon corps tout entier. Je tente de dissimuler un sourire qui risquerait d’en effrayer plus d’un. Mais je constate malheureusement que les rapports de Salem disaient vrais, l’île est absolument impénétrable. L’entrée empruntée par les navires, que l’on nomme « La Porte des Héros », est le seul accès possible. C’est du moins ma première observation qui me le dit. Si j’en crois toujours ces rapports, que j’ai scrupuleusement étudié, c’est par-là qu’entrent et sortent tous les navires, minutieusement inspectés par l’armée de Kyori elle-même. Le défunt vice-amiral dit avoir vu des navires se faire allumer à coups de canons en cas de suspicion…

Les portes, probablement tirées par un mécanisme qui met en oeuvre beaucoup d’hommes, s’ouvrent et nous laissent entrevoir deux énormes statues. À la base du G-5, au cours d’une discussion, je me souviens d’un Fenyang qui décrivait ces statues avec beaucoup de respect. J’en comprends mieux les raisons quand j’aperçois ces deux gigantesques samouraïs, qui dégagent tous deux une certaine prestance malgré qu’ils ne soient constitués que de pierre. D’après certains écrits, il s’agirait d’anciens chefs de clans, voire même les fondateurs de Tetsu Island. Tu m’étonnes qu’ils en imposent.

Tandis que certains soldats vérifient les bagages et cargaisons, d’autres viennent vérifier les identités des voyageurs et travailleurs présents à bord. Je n’ai rarement autant senti les palpitations de mon coeur. La peur d’être démasqué maintenant me terrorise. Ces pourritures ne me font aucunement peur, mais la découverte de nos identités compromettrait totalement la mission, en plus de nos vies déjà pas mal en danger. Comment voulez-vous que l’on soit reconnaissable avec nos apparences actuelles ? Cela me semble bien saugrenu.

- Estebañ Fernandez, apprenti forgeron sous la tutelle de… Ah. J’imagine que ça doit être vous, monsieur, dit un des soldats en saisissant mes papiers et en jetant un coup en direction de Yamamoto. Qu’est-ce qui vous amène ici ?
- Le boulot, m’sieur. Moi, j’termine seulement ma formation avec mon boss. Éventuellement étendre notre commerce. Puis servir la déesse, accessoirement, c’est un peu un rêve de gosse.
- Je te comprends, gamin ! Héhé. C’est bon de ton côté, Roger ?
- Impec’.
- Bon voyage à vous, messieurs. On besoin de types comme vous par ici.

M'obliger à changer ma manière de parler, comme c'est irritant. Mais faut avouer qu’ils sont gentils. Ça ne m’empêchera pas de tous les décimer. Il faut cependant admettre que l’accueil est agréable malgré une surveillance étroite. J’en ai vu des raclures abuser de leur statut dominateur, mais ceux-là sont plutôt accueillants. Un besoin de forgerons ? Un besoin d’armes ? Est-ce qu’ils ne mijoteraient pas quelque chose ces chenapans ? Nous verrons ces détails un peu plus tard. Pour l’heure, direction Shikoka pour commencer l’installation de notre entreprise qui, je l’espère, fera un véritable tabac.



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Yamamoto Kogaku
Yamamoto Kogaku
••• Commandant d'élite •••

♦ Équipage : The Dawn Swift

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Mar 14 Mai 2019 - 19:46


Lentement, les gardes progressent dans les coursives. Je reste assis sur ma banquette face au couple manifestement toujours aussi insouciant du danger. De l’autre côté, je sens la nervosité d’Ethan, ou devrais je dire d’Estéban, ronger mon sang froid. Néanmoins, ce que je ressens des gardes ne m’inquiète pas trop, la journée est assez fraiche et les corniauds ont affrontés la mer. N’en déplaise à leur professionnalisme, la pensée qui les obnubilent est l’envie de rentrer sur la terre ferme, se réchauffer auprès du feu, se prendre une bière et optionnellement une catin. Ils finissent enfin par rentrer et demandent sèchement nos papiers, conformément à mon rôle, je leur lance un regard bourru avant d’inciter mon « bon à rien de stagiaire » à leur montrer la paperasse. Le moins bête des gardes, celui qui a la plus grosse moustache se campe devant moi dans un petit concours de bite qui n’intéresse que lui. Pourquoi faut-il que ceux qui portent un uniforme aient un ostensible besoin de l’exposer et de prouver qu’il faut les respecter, par car ils en ont, mais principalement car ils ont des fringues repassés et des bottes cirées.

-Takamura Kogoro Je présume ?
-Lui-même ?
-Vous êtes forgeron ?
-Oaui ?
-Et monsieur Fernandes ?
-Nan ! Il est qu’apprenti forgeron, j’préfère m’couper une couille qu’le reconnaitre comme tel.
-Je vois… et qu’est ce qui vous amène ici ?
-La forge !
-Mais encore ?
-Vous voyez la d’où j’viens, ils perdent les traditions. L’monde part en vrille entre les mouet’ qui s’pavanent com’ des paons. Et v’la qu’on nous dit qu’il faut plus forger comme ci ou comme ça ! Mais vous voyez m’sieur, moi j’aime mon métier, j’aime l’travail quand il est bien fait. Et c’est à l’ancienne qu’on fait bien les choses. Y’a pas plus tard que y’a quelques mois, t’as un blanc bec qui arrive pour me parler des fours solaires, t’as entendu parler des fours solaires ? Tu vois ce qu’est une loupe ? le machin pour cramer les fourmis quand t’es gosse et lire le journal quand t’es vieux ? Bah tu fais ça en grand et tu fais fondre le métal avec ! Tu te rends compte ? cette hérésie cette aberration, le fer y s’travaille avec le feu, pas avec le soleil. Alors j’me suis levé un beau matin, ‘fin il pleuvait des cordes, mais c’est une expression. Donc c’matin-là, j’me suis dit, bordel de merde quelle bande de tafiole avec le conventionnalisme à la con, j’me barre pour un mode de vie alternatif ! Et j’ai appris d’un ami forgeron, bon c’est pas vraiment un ami, c’est un peu un connard, mais ce forgeron m’a dit qu’ici ont fait du travail à l’ancienne dans le respect de la forge. Bon en vrai il m’a dit que c’était un pays d’arriéré donc j’lui ai foutu une droite, avec mon marteau, les mouet’ elles étaient pas contente, donc j’suis v’nu.

Le gars a arrêté de m’écouter après la troisième phrase, c’est bon, mon personnage est tellement lourd qu’il passe automatiquement dans la catégorie « j’veux pas lui causer ».

-et lui pourquoi il te suit ?
-C’bon à rien ? T’vois, c’est le fils de la cousine de la femme du meilleur pote du frère jumeau du gars qui tient l’auberge du village qui m’l’a refourgué entre les pattes, le gamin il voulait devenir sociologue ou un métier de tafiole du genre. Et comme j’avais une p’tite ardoise il m’a dit qu’il me l’effaçait si j’en faisais un vrai forgeron. Et comme moi je suis un homme d’honneur, j’ai accepté.

Il me fixe quelque seconde un peu sous le choc de la révélation avant de visiblement décider dans un coin de sa tête de ne pas se coltiner le mec chiant qui parle un peu trop. Néanmoins, je sens en lui l’envie de surveiller ce couple bien particulier que nous formons. Ils finissent toutefois par nous souhaiter la bienvenue renchérissant que nous étions nécessaires pour leur pays. Dés qu’ils ont le dos tourné, Estéban me file un coup de coude discret me fixant d’un regard assassin de ce son œil bandé, ce qui est assez spectaculaire à voir. L’interview du couple qui partage notre cabine se passe bien et les gardes finissent par quitter la cabine. Le feu vert est donné et notre embarcation passe par-delà les portes monumentales, nous traversons alors un petit chenal qui nous amène droit sur Shikoka. Après quelque manœuvres complexes, le navire finit par se ranger sur le quai des marchandises. L’équipage nous indique la marche à suivre, rejoindre l’office des étrangers.

Alors prêt à arrimer on se dirige vers la cale pour rejoindre notre troisième comparse, un renne. Ce corniaud est arrivé un beau jour, présent de Minoel, ce qui tombait bien, on cherchait un animal de trait pour notre carriole on en a trouvé un. Il nous fixe avec des grands yeux pleins d’amour et de stupidité, on lui flatte l’encolure et guide la bestiole jusqu’au palan. Après quelques manœuvres hasardeuses auxquelles nous prenons part en tant que puissant forgeron, on fait descendre le tout sur la baie.

Faut l’avouer, ils savent faire dans le spectaculaire par ici. La ville s’étend devant nos yeux, d’un style que l’on pourrait catégoriser rustique mais gracieux, assez similaire à Simotsuki en somme. Des maisons en bois surmontée d’ardoise s’étendent à perte de vue dans un ordre mesuré. Le tout dominé par l’imposante demeure du shogun qui couvre la ville de son ombre sinistre. Partout, des locaux aux tenues traditionnelles s’affairent nous saluant rapidement à notre passage. Malgré notre allure probablement atypique, ils ne semblent pas particulièrement curieux de notre cortège. Après quelques minutes on arrive à une barraque assez importante, fortement ornementée avec un mauvais goût outrancier.Tout autour se presse des gens en bermuda et chemise à fleur, des couples en pâmoison et y'a même une bande de marmots menés par un mec en costard. On est sans conteste devant l’office du tourisme.
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Ethan R. Levi
Ethan R. Levi
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Lun 27 Mai 2019 - 20:20



Évidemment, catégorisé comme sous-fifre, les enflures se concentrent uniquement sur Yamamoto. Ce dernier confirmant mon statut de « moins que rien », c’est de suite vite vu. Néanmoins, je suis bien obligé de l’admettre, cette mascarade est foutrement bien jouée. Notre matériel déchargé, nous nous rendons sur notre futur lieu de travail, où tout est encore à installer. Nous découvrons alors cette merveilleuse cité. Belle, somptueuse, élégante et à la fois rurale.

La seule chose qui me chagrine un peu, mais qui me semble en soit tout à fait logique, c’est la trainée de soldats qui nous suivent en pensant être discrets. Je ne prends même pas la peine de me retourner vers ces derniers, je ne ressens pour l’instant aucun danger pour nous. Il est vrai que des étrangers qui débarquent pour introduire un commerce, tu ne les laisse pas passer la douane aussi facilement. Certes, je ne représente à leurs yeux aucune menace, mais nous ne sommes jamais assez prudents. Nous voici donc surveillés pour un temps encore indéterminé.

Et le comble, c’est cet office de tourisme. Là, on est bien. Cela dit, il faut y voir l’opportunité d’attirer de nombreux clients de tout horizon. Je suis étonné de constater une telle ouverture d’esprit chez les locaux quand on voit à quel point l’île est fermée aux autres. Sans nos accoutrements, nos faux-papiers et un scénario travaillé à l’avance, nous ne serions certainement pas passés. Mais… nous ne sommes pas tout à fait tirés d’affaire.

Je ne les perçois pas avec précision, là-bas, quelque part derrière moi, ces regards qui se dirigent sur nous avec insistance. Nous sommes surveillés et cela va naturellement de soi. Inutile de paniquer pour si peu. On s’y attendait parfaitement. Salem a foutu un bordel monstre en arrivant lui aussi avec une couverture. C’est donc normal qu’ils se méfient un peu les pauvres loustiques. Le temps nous est compté et, pour preuve, des types en tenue traditionnelle s’approchent de nous en imposant une autorité particulière.

- Vous deux, les forgerons, suivez-nous je vous prie. On nous a informé de votre arrivée sur Shikoka. Nous sommes les représentants de l’Ordre des Forgerons de Tetsu. Il va de soi, avant de vous installer chez nous, de nous prouver votre maîtrise de l’art.

Hm. La sécurité est effectivement bien plus stricte. Notre seule option est d’y aller et de faire nos preuves. Yama’ semble être plutôt doué dans ce qu’il fait. De mon côté, je ne peux me fier qu’aux éléments de base qu’il m’a enseigné. C’est l’occasion de mettre les mains dans le cambouis et m’assurer d’être utile dans les mois à venir. Je ne suis pas ici en vacances, mais véritablement pour m’installer et faire de la forge mon métier.

Ainsi, nous suivons ces trois bonhommes, qui nous emmène logiquement dans une…forge. Quelle chaleur là-dedans ! Je ne suis qu’un simple client qui achète des lames habituellement, pas celui qui en conçoit. Ces pauvres hommes travaillent dans des conditions assez lamentables. Dire que je vais devoir en faire autant. Saloperie de Kyori. Me forcer à vivre cette vie de merde. Et comment l’autre taré peut avoir la forge comme vocation ?

- Allez-y messieurs, prenez place. Vous pouvez utiliser tout le matériel à votre disposition. Et vous, l’apprenti, vous assisterez votre maître. Vos capacités seront évaluées une fois par mois, afin de vérifier que votre formation porte réellement ces fruits.

Heu ? Ils vont sérieusement m’inspecter tous les mois ? Même au sein de la marine on ne m’a jamais autant emmerdé. En plus d’être suicidaire, cette mission secrète me gonfle déjà. C’est moi qui l’ai voulu en même temps, personne ne m’y a poussé. Ma foi, c’est comme ça. Raisonnement fataliste mais réel. S’ils veulent me voir tous les mois, c’est pas pour rien. Jeter un oeil à nos activités, de temps en temps, c’est toujours ça de bon pour eux.

Une enclume, une tenaille, un marteau et c’est parti.




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