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La Couronne d'Émeraude de la reine Kalida (partie 2)

Caramélie
Caramélie
••• Agent de catégorie III •••

♦ Localisation : Dans la mouise

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Dorikis: 2392
Popularité: 70
Intégrité: 58

Mar 30 Juil 2019 - 21:23

(Résumé de l'épisode précédent: toutes les deux en séjour à Cocoyashi, Anatara et Caramélie mettent la main sur deux moitiés d'une même carte qu'elles réussissent à déchiffrer et à identifier comme menant au légendaire trésor de la reine kalida. Elles décident de s'associer et zou, elles partent en direction de leur destination: l'île des éveillés sur Grand Line ! Un long voyage s'annonce.
Allez donc lire, c'est un chouette rp ♪)



La Couronne d'Émeraude de la reine Kalida (partie 2) O10o



Cher journal,

Cela fait deux jours que nous avons quitté Logue Town et que nous avons pris place à bord du "Passe sans Casse", pimpant navire de la Translinéenne qui vogue toutes voiles dehors vers la plus immense montagne du monde, frontière entre le paradis et les enfers, entre les mers bleues et la route de tous les périls: la terrifiante et meurtrière Reverse Mountain ! Nous sommes en train de vivre une aventure hors du commun, une épopée qui aura sa place parmi les légendes ! Notre courage est mis à l'épreuve à chaque instant ! Il s'agit d'un véritable duel entre notre destinée et le cruel hasard du destin qui nous guette de ses doigts mortels à chaque instant !
Oui journal, je sais que j'en rajoute beaucoup mais... c'est pour donner un côté effrayant et dramatique à mon aventure, tu vois ? Il faut dire que la petite routine qui s'est installée depuis notre départ n'a rien d'épique ni de périlleux...

Allongée sur un joli transat en bois blanc, munie d'un coussin, d'un thé glacé et d'un délicieux croissant, je savoure mon petit déjeuner tout en contemplant les vagues qui viennent lécher la coque du navire. Pour être honnête, j'ai connu des débuts d'aventure bien plus difficiles que celui-là !

"- Tu veux un cookie au chocolat ?"
"- Évidemment !"

Je m'empare d'un cookie (oui un seul, ce n'est pas mon genre de faire des réserves de cookies empilés à côté de moi ! Une dame ne ferait pas ça ! En plus elle a dit un cookie, pas des cookies !) sur le plateau que me tend mon associée, et me régale en pensant que décidément les chasses au trésor ça a du bon !
Ne te fais pas d'illusions journal, tous les passagers de la Translinéenne ne sont pas aussi bien traités que nous. Mais lorsque nous avons acheté nos billets au modique tarif de 700 000 berrys par personne (il faut absolument que j'investisse dans le transport naval, ça a l'air d'être une vraie mine d'or !!!), j'ai également insisté pour prendre une cabine en première classe que je partage avec Anatara. Hors de question pour des dames respectables comme nous de passer notre temps dans le dortoir commun, en compagnie des voyageurs modestes -et potentiellement sales- et des marins -qui sentent le marin- !

Alors ouiii, je sais ce que tu vas me dire journal: et voilà Caramélie, tu disais que tu étais contente de ton voyage et finalement tu commences déjà à être médisante en critiquant les autres passagers ! Mais c'est qu'il y a vraiment de tout sur ce navire, et contrairement à ce que je croyais le prix très élevé ne suffit pas à faire le tri parmi la clientèle. Tiens, prends les deux gros hommes qui viennent d'arriver et qui se sont installés sur le bastingage, juste devant moi et mon merveilleux panorama: depuis le début du voyage ils ont passé leur temps à se faire remarquer en étant bruyants, malpolis, et mal élevés !

Malgré mon agacement devant cette intrusion dans mon espace personnel je ne dis rien car une altercation gâcherait le goût de mon petit déjeuner. Je me contente de l'allonger sur le côté dans mon transat, face à Anatara et au plateau de cookies.
Hélas ! Comme s'ils avaient senti mon envie de ne surtout pas avoir affaire à eux, voilà que les deux individus se retournent vers nous et que l'un d'eux me lance, depuis l'endroit où il est accoudé:

"- Diiis ? Tu me donnes un de tes coookies ?"

Je l'ignore évidemment: on ne tutoie pas une inconnue, encore moins une jeune femme respectable. Et puis je n'ai pas l'intention de partager les cookies avec qui que ce soit ! Pourtant il insiste avec sa voix nasillarde:

"- Hé hooo, les coookies ! Et puis ça fait au moins une heeeure que vous êtes sur les transats: maintenant c'est notre touuur !"

Tu me connais journal et tu pourras le confirmer: j'ai toujours dit que c'était mal de juger les gens sur leur apparence. C'est mal... mais très pratique et souvent fiable ! L'individu qui me parle n'a pas grand-chose pour lui: habillé sans efforts, plutôt grand mais obèse, un gros visage vilain avec un sourire indélicat, des cheveux mal entretenus et de grandes lunettes qui abritent de petits yeux fourbes... il n'y a pas à dire, il coche un nombre impressionnant de caractéristiques du méchant ! Je ne prendrai pas la peine de te décrire le second qui doit être son frère jumeau, s'il n'est pas carrément son clone !
Je choisis de dégainer ma meilleure arme dans ce genre de situation: un joli sourire !

"- Oh je comprends que vous ayez envie d'en profiter vous aussi. Mais je suis sûre que deux gentlemen aussi bien élevés que vous sauront attendre que nous ayons fini notre petit déjeuner !"

La base de la communication journal c'est d'avoir l'air de trouver ton interlocuteur estimable, aussi minable soit-il en réalité. La plupart des gens ont instinctivement tendance à vouloir confirmer l'impression que l'on a d'eux, qu'elle soit bonne ou mauvaise ! Normalement c'est très efficace... mais ça ne semble pas s'appliquer à ces deux hurluberlus !

"- Prrrr rrr rrr !" (c'est un rire journal. Je t'assure qu'il rit comme ça !) "Kunaaaa, elle a dit que tu étais bien élevééé !"
"- Hiiin hiiin hin ! Je vais lui montrer comme je suis bien élevééé, Kankooo !"

Sur ces mots le gros jumeau nommé Kanko (ou Kankooo, j'ai encore un doute) me tourne le dos, recule un peu... et saute en arrière, droit sur moi et mon transat !!! Vite ! Je roule précipitamment sur le côté et me réceptionne par terre sur le pont, tandis que cette espèce de fripouille de croisière s'affale de tout son poids là où j'étais allongée l'instant d'avant !

BAOUM !

Le pauvre transat ne résiste pas au choc... Monstre ! Il n'y en avait déjà pas assez pour tous les passagers, ça va être pire maintenant !

Les deux andouilles éclatent de rire, l'air très bêtes mais très contents d'eux ! Puis le second jumeau dit à Anatara:

"- Donne moi les coookies, sinon je vais avoir envie de m'assoiiir moi aussi !"

Dis journal, j'ai le droit de les arrêter pour tentative d'aplatissement d'une agent du gouvernement presque en mission officielle ?
La Couronne d'Émeraude de la reine Kalida (partie 2) 94ax
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Anatara
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Mer 31 Juil 2019 - 16:39



.     J’ai été habituée à l’hygiène déplorable, à la diète, à des paires de chaussettes moisies qui tiennent froid et qui ne sèchent jamais, à de l’eau tiède imbuvable au goût peu avenant et au fait de vivre à quinze dans vingt mètres carrés. Et depuis que j’ai quitté mon équipage – qui n’a jamais été le mien, d’ailleurs – j’ai enchaîné les sales petits boulots bien ingrats et j’ai dû me contenter de taudis nauséeux calés entre le placard à balais et le local poubelle. Alors là, assise sur mon transat à me prélasser au soleil après avoir pris un bain bien mérité dans la piscine à bulles, je peux vous dire que je suis heureuse ! Ici, c'est le grand luxe. Nous avons le droit à un lit chacune – et pas n'importe quoi : de vrais lits de princesses avec un matelas, une couverture et un oreiller !, à un petit bureau en bois pour ranger nos papiers, une armoire et nous avons même accès à une salle de bain remplie de produits de beauté, de savons aux odeurs délicieuses, d’une baignoire si grande qu’on peut s’immerger entièrement dedans – et avec option chauffage, s’il vous plait ! et de toute une palette d’ustensiles dont j’avais oublié jusqu’à l’existence. Ah, je me sens revivre ! Ne mourez pas avant d’avoir connu le vrai bonheur, qu’ils disaient. Eh bien le vrai bonheur, c’est de passer quelques heures à se curer les ongles des pieds et à soigner ses pauvres cheveux qui n’ont pas eu le droit à une once d’attention depuis bien trop longtemps.

.     Et ce n’est pas tout : avant de partir, on s'est offert un petit buffet de départ, un vrai régal ! Moules, crevettes, écrevisses, homards accompagnés de fruits et légumes de toutes sortes, salades de pâtes, salades de fruits, salades tout court, une incroyable variété de poissons sautés, fumés, grillés, panés, frits et que sais-je encore, du pain aux raisins, du pain aux céréales, du pain au fromage, du pain et du fromage… sans parler de la farandole de desserts, de gâteaux et autres petits condiments qui ont suivi le tout. Les boissons n’ont pas été en reste avec divers jus de fruits, de l’eau bien fraîche à volonté et même un service de vins de qualité – avec modération, bien sûr. Une fois montées sur le bateau, il n'est plus question de buffet certes mais la nourriture est quand même au rendez-vous : en fait, il y a tellement à manger que je n'ai pas à m'inquiéter de la faim ! Ah, il n’y a pas à dire, c’est le paradis ici ! Au début j’ai beaucoup hésité avant de claquer la moitié de mes économies dans ce voyage mais rien que pour ça, je peux dire que ça en valait la peine ! Et dire que ce ne sont que les premiers jours… et bien j’ai bien l’intention d’en profiter à deux cent pour cent ! Après avoir récupéré un plateau de cookies auprès d’un personnel aussi attentionné qu’adorable, j’en ai proposé à Caramélie avant de m’asseoir – que dis-je : de m’allonger, m’affaler même ! Le timide Soleil d’hiver me réchauffe agréablement le visage, l’air marin, cette brise si fraîche et familière me plonge dans une ambiance relaxante et le tangage régulier du navire me berce délicieusement… je m’endors, plongée dans la satisfaction la plus profonde et la plus complète.


.        Shtraack ! Le bruit m’aurait bien fait sauter au plafond, sauf qu’il n’y a pas de plafond : je me retrouve sur mes deux pieds, en équilibre précaire, encore à moitié en train de rêver du lapin-chatpillon qui a perdu la clef de la boîte à arcs-en-ciel. Comme ce phénomène ne peut plus se manifester pour distribuer les couleurs, les gens de ce monde ne peuvent plus conserver leur apparence et – oh, non, quelle horreur ! Ne t’en fais pas Cara, on va te sortir de là, on trouvera un moyen de te retransformer je te le jure ! Le gros monsieur qui me fait face me regarde avec un air ahuri puis éclate bruyamment de rire.

 — Hiiiii, hiiin hin hiiii, elle est drôle celle-là !

.     Hein, quoi ? Ce n’est pas Cara ? Où est le lapin-chatpillon, ne me dîtes pas qu’il est parti tout seul dans l’antre du cobrat-ligator, quand même ! La Caramélie en question est en fait quelques mètres plus loin en train de rouler par terre d’une manière particulièrement peu valorisante. Quoi ?! Ils l’ont attaquée ? Mais pourquoi, comment ont-ils pu ?
   
— Donne-nous les cookies, dit le gros monsieur en se précipitant sur le plat.

.     Hein, il s’est dédoublé ? Il est deux, maintenant ? Je vois double ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Je regarde de nouveau là où aurait dû se trouver ma partenaire et je vois ce même monsieur… épais, mal rasé, poilu et habillé d’un tissu qui semble avoir vu de meilleurs jours. Il est assis par terre et d’ailleurs, où est passé le transat ? Ah, d’accord, ça doit être les bouts cassés qui dépassent à peine de sous la montagne de graisse qui lui sert de derrière. Ils ont pulvérisé le transat !? Sans attendre ma réponse, le malotru qui est aussi en face de moi en plus d’être à côté se sert à pleines mains dans le plat et lance une poignée de cookies à son double qui s’amuse à les rattraper au vol avec sa bouche. Bien évidemment, une bonne moitié se retrouve sur le plancher.

 — Hé, mais ça va pas ou quoi ? Ces cookies sont à nous, nous les avons achetés avec notre argent ! Rendez-les nous !
 — Ah, pardon, je pensais que tu étais d’accord.

.     Sur ces mots, il me lance le plat de cookies qui atterrit violemment la tête la première – enfin, l’équivalent de la tête pour un plat, bref les cookies quoi. Simultanément, son double se relève et lui pose incidemment un pied dessus, pile au moment où il touche le sol. Ils s’exclament alors, tous les deux en même temps :

  — Oh, pardon, j’ai mal visé.
  — Oh, pardon, j’ai marché dessus.
  — Pas fait exprès.
  — J’ai pas fait exprès.
  — Prrrrr rrrr rrr rr !
  — Hiiiii hiiin hin hiii !

.     Héééééé ! Nos cookies ! C’est pas drôle ! Vous les avez cassés ! Mais sans plus de cérémonie et sans l’ombre d’une excuse, le double monsieur s’en va en rigolant et en se faisant des coups de coude, enfin, ils se font mutuellement des coups de coude – ah, je m’embrouille ! Désespérée, frustrée, tremblante et au bord des larmes, je ne peux que prendre ma comparse à témoin en faisant de grands gestes énervés.
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Caramélie
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Ven 2 Aoû 2019 - 12:40

Cher journal,

Des crimes graves, j'en ai vu au cours de mes années passées au Cipher Pol. Mais je n'ai jamais rien vu de plus odieux que cet assassinat de cookies qui vient de se dérouler sous mes yeux ! Ils... ils ne les ont même pas mangés, tu te rends compte ?! Ils les ont juste aplatis comme ça pour que personne n'en profite !
Sincèrement, j'ai déjà fait arrêter des gens pour moins que ça. Il me suffirait de décrire dans mon rapport la manière dont ils m'ont sauvagement agressée, saupoudrer tout ça de quelques propos anti-GM, voire, si je veux me donner bonne conscience, de glisser dans leurs affaires quelques documents compromettants, et crois-moi que c'est autre chose que des cookies qu'ils iront casser en prison ! C'est comme ça journal, on n’embête pas les agents du Cipher Pol !

Les deux affreux personnages partis, j'ai un regard vers mon associée:

"- Tu vas bien Anatara ? Quels sales types ces deux-la !"

Ayant constaté qu'elle n'était pas blessée mais juste aussi scandalisée que moi, je soulève le plateau à cookies pour constater les dégâts mais il n'y a rien d'autre à y récupérer que des miettes écrasées. Le plateau lui-même a été complètement éventré sous l'effet du coup de pied du jumeau, ce qui donne une idée se la force de cette brute !

Je suis furieuse contre eux et je leur passerai bien les menottes tout de suite, mais d'un autre côté... ça fait beaucoup de complications à gérer si je me lance là-dedans. Ça veut dire qu'il faut que je révèle mon statut avec toutes les complications que ça va engendrer, que je procède à une arrestation en bonne et due forme, et que je me détourne de notre route pour aller remettre ces deux affreux à la marine.
Pour ce que j'en sais ce sont juste deux brutes stupides, il n'y a pas de quoi risquer de compromettre ma chasse au trésor ou bien me demander ce qui compte le plus entre la richesse et ma conscience professionnelle.

"- On va aller parler de cet incident au capitaine du navire. Une personne sérieuse ne laissera pas passer un tel comportement à son bord !"

Et j'en profiterai pour lui réclamer l'identité de ces deux malotrus. Seulement au cas où, évidemment...

♦♦♦♦

Nous abandonnons les miettes de nos cookies et de mon transat pour nous diriger vers le pont principal du navire. Habituellement la capitaine se trouve à l'arrière sur la dunette, et c'est là que nous la retrouvons, très fière dans son costume de capitaine avec un pantalon blanc, un long manteau bleu marine avec plein de dorures, des épaulettes rutilantes et un splendide chapeau noir à plumes dont je suis sûre qu'il lui a coûté plus cher que mon billet et celui d'Anatara réunis ! Un pied posé sur la rambarde, ses cheveux blonds au vent avec le drapeau de la translinéenne flottant en arrière-plan, le regard dans le lointain, droit sur la montagne qui se dresse au loin devant nous, elle prend la pose et ça lui va drôlement bien !

Un matelot nous annonce, et une expression de contrariété vient aussitôt remplacer le visage héroïque et déterminé qu'affichait jusque-là notre capitaine.

"- Capitaine, ces deux dames souhaitent vous faire part d'une réclamation."
"- Encore ?! Écoutez, je vous ai déjà dit de ne plus me déranger avec ce genre de détails. J'en ai assez de perdre mon temps à expliquer à des touristes et des marchands que non, je ne peux pas diminuer le tangage du navire ni empêcher les marins de faire du bruit pendant qu'ils font leur travail !"
"- Je sais bien capitaine, mais elles ont vraiment insisté. Surtout la blonde qui..."

Je laisse échapper une toux absolument pas naturelle pour signaler ma présence, et le fait que j'entends tout.

"- Bonjour capitaine. Je suis la vicomtesse d'Isigny -au cas où tu te ferais la remarque journal: oui, j'usurpe sans vergogne le titre de ma grande soeur- et voici mon associée madame Anatara."

Le capitaine m'adresse un regard à la fois sévère et compatissant. Si je devais te le décrire précisément journal, ce serait "le regard qu'une institutrice prendrait pour expliquer à des parents que leur enfant Timéo n'est pas hyperactif et dyslexique, il est juste mal élevé et très bête".

"- Enchantée mesdames, hum ! Écoutez, je comprends très bien que le roulis vous gêne et j'en suis la première désolée, mais sachez qu'il s'agit d'un élément inhérent à la vie et mer et que toute la bonne volonté du monde de notre part ne pourra rien y faire."
"- Pardon ?! Mais je m'en fiche de ça ! Nous venons vous parler de deux odieux malotrus qui s'amusent à agresser vos passagers et à commettre les plus odieux dégâts ! Il s'agit de deux hommes, des jumeaux..."

Je laisse Anatara pour prendre le relais et décrire les deux individus. A l'entendre on a vraiment l'impression d'avoir été prises à partie par deux monstrueux hommes-cochons velus et répugnants, et je comprends mieux maintenant, vu sa manière de voir les choses, comment elle fait pour qualifier la baignoire de la salle de bains commune de "piscine à bulles" !

La capitaine hoche la tête d'un air grave, puis répond:

"- Je comprends votre problème. Seulement vous voyez, nous sommes actuellement en train de pénétrer dans les courants qui vont nous mener droit sur Reverse Montain. Il suffit d'une erreur, d'une inattention de ma part, une seule, et nous finirons tous la journée au fond de l'océan. Si les autres passagers, les mouvements du navire ou les bruits de nos matelots vous incommodent..."

Mais on s'en fiche du tangage et tout journal ! Enfin si elle a une solution miracle je suis preneuse, mais j'en voudrais surtout une pour faire débarquer ces estourbisseurs de cookies à la première occasion !

"- ... je peux simplement vous recommander de vous abriter dans votre cabine en attendant que nous ayons fait la traversée."

Je pourrais faire une scène, crier au scandale, et c'est ce que je ferais habituellement parce que j'ai horreur de me faire marcher sur les pieds ou de me faire manquer de respect à ce point ! Seulement un de ses arguments me convainc: celui de la navigation. D'ailleurs, comme pour l'illustrer, le navire se met soudainement à s'agiter et à se balancer avec beaucoup plus de force, entraîné par un puissant courant. Voir un bateau de cette taille devenir ainsi le jouet des vagues a de quoi impressionner !
Nous ignorant à présent, le capitaine ordonne d'une voix puissante:

"- Nous approchons de la montagne, tout le monde à son poste !"


Dernière édition par Caramélie le Ven 2 Aoû 2019 - 20:41, édité 1 fois
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Ven 2 Aoû 2019 - 20:24



— On a été attaqué par un vilain monsieur très méchant, il a cassé le transat et il a cassé nos cookies ! C’est un porc, capitaine, non : un monstre, même ! Il est gros, ingrat, cruel et maléfique ! C’est un utilisateur de fruit du démon : il peut même se dédoubler !
— Je comprends votre problème. Seulement vous voyez, nous sommes actuellement en train de pénétrer dans les courants qui vont nous mener droit sur Reverse Mountain. Il suffit d'une erreur, d'une inattention de ma part, une seule, et nous finirons tous la journée au fond de l'océan. Si les autres passagers, les mouvements du navire ou les bruits de nos matelots vous incommodent, je peux simplement vous recommander de vous abriter dans votre cabine en attendant que nous ayons fait la traversée.
— Quoi, mais on s’en fout des mouvements du navire ! Je vous dis que…
— Nous approchons de la montagne, tout le monde à son poste ! À sec de toile !
— Waaaaaaah !

_____Émerveillée, je me précipite sur le pont pour avoir une meilleure vue sur les opérations. Ici et là, les passagers rejoignent en hâte leurs cabines ou, à défaut, un endroit quelconque où ils seront en sécurité et ne risqueront pas de se retrouver projetés dans la mer. L’équipage est au branle-bas de combat, la capitaine hurle des ordres qui se perdent dans la confusion ; ici, des marins affalent ou carguent les innombrables voiles, là ces dernières se détendent et remontent sous les actions conjointes de dizaines de manœuvres, ou s’effondrent complètement pour se voir roulées et rangées, plus loin des matelots halent et larguent, et enfin d’autres rangent ou attachent tout objet qui risquerait de glisser ou de s’envoler pendant que trois hommes unissent leurs forces pour se battre contre le gouvernail. Un chapeau s’envole, poursuivi par son propriétaire, un enfant se cramponne à sa mère en pleurant, des officiers nous enjoignent de nous réfugier à l’intérieur mais je ne les écoute pas, subjuguée, bien déterminée à ne rien rater du spectacle. Inexorable, notre avancée se poursuit dans des remous de plus en plus violents ; face à nous, l’inexpugnable Red Line. Une immense falaise qui bloque l’horizon et sépare le monde en deux, un mur infranchissable de granit, de gneiss et de grès, de roches et de terre rouges. Pour aller de l’autre côté, notre mastodonte fonce droit sur Reverse Mountain, le passage emblématique vers Grand Line, un immense couloir escaladé par un courant torrentiel, furieux, terrible, impétueux, irrésistible.

_____Les eaux se font de plus en plus turbulentes et de plus en plus rapides, l’écume remonte jusqu’au bastingage, de puissants tourbillons nous secouent, faisant trembler le Passe sans Casse tout entier. Et pourtant, il s’agit d’un bâtiment d’une taille plus que respectable, catégorie poids lourds, même. Muni de quatre mâts, d’un beaupré et d’une voile d’étal, notre vaisseau se situe à mi-chemin entre le clipper et le grand galion. Avec pas moins de cent vingt canons, trois ponts et deux compartiments extérieurs, cet engin de transport a des allures d’arme de guerre, et donc il surclasse largement le clipper, qui d’ailleurs n’a que trois mâts ! Mais sa vocation première étant le transport de personnel, il est tout de même raisonnablement léger, maniable et rapide pour sa taille, surtout qu’il lui faut pouvoir emprunter Reverse Mountain, c’est pourquoi on ne peut pas le qualifier de galion… Emportés par le courant, nous courons droit vers la montagne et, dans un tremblement terrifiant, nous entamons notre ascension fulgurante.

— Yahouuuuu !

_____Saccadés, nous manquons de tomber en arrière et j’avoue que je commence à avoir le vertige, mais tout semble sous contrôle et nous continuons droit vers le ciel, parfois inquiétés par de puissants soubresauts. Derrière moi, East Blue, ma patrie, mon lieu de naissance, là où sont encore mes parents, mes amis et ma famille. L’océan miroite jusqu’à l’horizon et reflète calmement le Soleil dans un sourire qui me dit adieu et qui me rassure. Au loin, on peut deviner quelques îles qui se dessinent, ou peut-être que ce ne sont que des récifs, ou mon imagination, qui sait ? Au revoir, East Blue, je reviendrai sûrement ! Mais je ne peux pas rester te ma vie dans tes eaux paisibles et familières, les autres mers m’appellent ! Qu’est-ce qui m’attend de l’autre côté ? Fébrile, je scrute l’horizon et aperçois le sommet, il est là, vite ! Je m’accroche à une manœuvre dormante de peur d’être expulsée du bateau et là, le grand saut ! Un instant suspendu dans l’éternité, un battement de cœur, une respiration, enfin. Haut les cœurs ! Incroyable, c’est meilleur que les toboggans de Kone-Tropez ! Schplaf ! Après une fraction de seconde en apesanteur, nous reprenons les zigzags entre les récifs et entamons une descente de l’enfer !

— Youpiiiiii !

_____De plus en plus rapide, nous nous engageons dans le canal qui mène à Grand Line et commençons à glisser dans une descente aussi dangereuse que vertigineuse ! Là, il n’y a plus de zigzag qui tienne : le navire est au bon endroit ou il n’y est pas. Fort heureusement, la translinéenne n’en est pas à sa première traversée alors le Passe sans Casse a été placé au millimètre ! Nous voguons à toute allure entre les récifs, notre vitesse est telle qu’elle manque de nous enfourner.

— Larguez ! Bordez ! Prenez les ris et plus vite que ça !

_____Sous mes yeux ébahis, l’équipage s’exécute et défait les écoutes qui retiennent à sa verge la seule voile qui est restée en haut. Il souque d’ahan, la voile se tend et sa prise au vent nous ralentit considérablement, manquant de nous désarçonner. Ça y est : Grand Line ! En contre-bas, le cap des jumeaux se rapproche prestement, nous le dépassons, naviguons entre les carcasses éventrées qui n’ont pas survécu aux périls de la descente. Véritable cimetière marin, l’entrée de cette nouvelle mer est parsemée d’épaves et de poteaux de bois prêts à nous éventrer. Des drapeaux pirates délavés flottent parmi les algues, vestiges d’autant d’aventures qui ont connu une fin prématurée. Mais, plus impressionnant : un immense calamar, accroché à un récif, nous accueille de ses tentacules monstrueux. Je frôle la crise cardiaque avant de me rendre compte qu’il s’agit d’un cadavre. Immobile, desséché, presque fossilisé par le chlore, ce céphalopode géant est sans doute à l’origine d’un certain nombre de ces dépouilles et autres charpentes qui surnagent en silence tout autour de nous. Heureusement, les hurlements que la capitaine adresse à son timonier semblent nous préserver d’un tel destin, et c’est sans heurt que je fais mes premiers pas sur la route de tous les périls.


Dernière édition par Anatara le Mer 7 Aoû 2019 - 1:27, édité 1 fois
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Sam 3 Aoû 2019 - 21:35

Cher journal,

J'en ai vu des choses au cours de ma vie, tu en conviendras. J'ai traversé la Calm Belt à plusieurs reprises, assisté à une guerre civile, combattu une femme-zoan, fait une course de caisses à savons avec un cyborg... mais rien ne m'avait préparé à cette incroyable ascension d'une cascade à bord d'un navire ! Le Passe sans Casse va tellement vite que ça va forcément finir mal !!!

Un transat -sans doute oublié par un passager indélicat- fait un tonneau tout près de moi, s'envole au-dessus de ma tête, et semble filer vers les nuages avant d'entamer une lamentable chute dans le vide... Et le navire poursuit son ascension: nous allons si haut que nous traversons les nuages ! Plus haut, plus haut encore, droit vers un pic rocheux qui se rétrécit de plus en plus ! Nous allons tomber, c'est impossible autrement ! Le navire est bien trop lourd, la montagne trop étroite !!
A côté de moi, Anatara semble ravie. Mais comment fait-elle ?! Elle m’impressionne en tout cas ! Pour ma part je... suis très calme, journal. Les cris et les "au secours" ça n'a jamais sauvé personne, et puis une agent aussi classieuse qu'une membre du CP5 ne doit pas faire ce genre de démonstrations exubérantes. En plus je n’ai pas de raisons de m’inquiéter: si des gens aussi minables que les pirates arrivent à franchir cette montagne, pourquoi pas moi ?

Nous atteignons finalement le sommet dans une gerbe d'éclaboussures. A ce point précis nous sommes à la frontière de toutes les mers. Ou que nous allons le monde s'ouvre à nous: East Blue, West Blue, North Blue, South Blue, et la route de tous les périls !
Nous croisons également une tour esseulée perchée au sommet de la montagne, où un pauvre bonhomme en faction nous fait misérablement signe. Peut-être qu'il nous salue, ou alors peut-être que ce malheureux soldat de la marine nous appelle à l'aide parce que ça doit être pratiquement impossible de venir le récupérer là-haut !

Le Passe sans Casse oscille légèrement puis bascule, retombe, et plonge la tête la première -ou la poupe la première, ou ... oui je crois que c'est comme ça qu'on appelle le "nez" d'un navire. Hé, je suis une agent du gouvernement pas une marin moi !- dans la descente. La chute s'amorce, aussi abrupte et encore plus rapide que la montée...

Nous traversons de nouveau la couche de nuages, s’ensuit une interminable descente où j’entends toujours Anatara pousser des “Yahouuuuu !” enthousiastes à côté de moi, puis le plus grand toboggan du monde nous dépose en bas de la montagne. Ouf, je peux ouvrir les yeux !
Je les avais fermés juste pour me protéger des éclaboussures d'eau journal, tu comprends ?

♦♦♦♦

Cher journal, nous sommes toujours vivantes !

Ici les eaux sont plus calmes, et le navire s'est amarré pour une courte escale de quelques heures dans le port qui a pris pied autour des phares jumeaux. C'est l'occasion d'embarquer de nouveaux passagers, d'en débarquer d'autres, d'inspecter le navire pour s'assurer que la coque n'a pas été trop malmenée par l'ascension et la descente, et de le ravitailler. C'est indispensable journal si on veut continuer à manger, se laver, et j'espère aussi qu'ils remplaceront les transats disparus.

Pour Anatara et moi la question ne se pose pas: nous allons profiter de notre temps libre pour faire un tour dans le restaurant "Au Céphalopode Mort" et profiter de ses incroyables toboggans ! Si je raconte à ma sœur Chocolanabelle que j'ai fait une attraction pareille, elle n'osera plus jamais la ramener tout ça parce que mademoiselle a été une fois au parc de Shabondy avec papa ! Il aura fallu presque dix ans mais je tiens ma revanche !
Évidemment nous emportons la carte avec nous, bien à l'abri dans une pochette imperméable et dissimulée dans un repli secret de ma robe.

Après notre voyage en mer et notre périlleuse ascension cela me fait tout drôle de marcher à nouveau sur la terre ferme: je sens presque encore le sol tanguer autour de moi ! Nous profitons de l'occasion pour faire un petit tour dans les rues, et même si l'endroit n'a rien d'exceptionnel (en dehors de son cadre très particulier c'est un petit port comme un autre) j'apprécie de faire un peu de tourisme et de lèche vitrines.

Le Céphalopode Mort est sans aucun doute le restaurant le plus insolite dans lequel j'ai jamais mis les pieds. Littéralement creusé dans la carcasse à moitié séchée, à moitié pourrie et à moitié recouverte par une espèce de lasure, de la colossale créature à onze tentacules, on y entre par un appendice obligeamment déroulé vers la falaise. Je... oui je sais journal, ça fait trois moitiés. Mais dis-toi qu'il faut au moins tout ça pour une bête de cette taille !! Elle tellement immense que tout le reste parait ridicule à côté, que ce soit le village ou même les phares ! Et quand je vois ses yeux morts qui semblent nous observer encore, je me dis que ça devait être un monstre formidable et aussi magnifique qu'horrifiant de son vivant.

L'odeur à l'intérieur est... supportable. Les propriétaires ont eu la bonne idée de laisser allumées en continu des quantités industrielles de bougies odorantes qui donnent une atmosphère charmante au lieu tout en se mélangeant avec l'odeur au moins aussi entêtante de calmar de décomposition. Le cadre est clairement tout ce qui fait le charme du lieu car le menu n'a rien d'exceptionnel ; peu importe car ce n'est pas ce qui nous intéresse de toute manière pour le moment: nous, on veut essayer les toboggans !
Oui journal, il vaut mieux manger après plutôt qu'avant, tu comprendras facilement pourquoi... Ah, ce n'était pas ça ta question ? Si je n'en ai pas marre des toboggans après l'ascension de la montagne ? Mais ça n'a rien à voir journal, là s'en est un vrai donc ce n'est pas dangereux !!

♦♦♦♦

"- Tu es prête jeune fille ? ♪ Je compte jusqu'à trooas et puis c'est à toi !"

Je n'ose pas lui dire que c'est "madame" ou "mademoiselle" et pas "jeune fille", principalement parce que à part Anatara et moi ce sont surtout des enfants qui viennent essayer le toboggan. Le forain entame le décompte avec sa voix grave, joyeuse et extrêmement virile:

"- Troooaas ♫ deuuuux ♪ haiiiiin... et-on-saute ♫"

Je m'élance et... ZOUUUUIP !!! La surface du tentacule est étonnamment lisse et je glisse tel un bolide ! Je slalome sur le dos dans les méandres formés par l'appendice géant ! Un virage me permet d'apercevoir tout le port, un autre quelques mètres plus bas m'offre un panorama magnifique sur la mer. ZOUUUUUU ! C'est vraiment génial journal, je vais tellement vite !!! Une bosse me fait planer sur un mètre ou deux et puis... je tombe à la mer !

J'émerge ravie, rabat mes cheveux trempés, effectue quelques brasses et me joins aux autres enfants clients pour remonter faire un second tour !

Faire une pause dans notre aventure me fait un bien fou. Pas de stress ici, pas besoin de réfléchir à comment nous allons organiser la suite du voyage, à m'inquiéter des dangers de la navigation, ni à compter les jours de congé que cette aventure va me coûter. Et pas non plus de jumeaux écraseurs de cookies ici...

"- Poussez-vous les gamiiins, c'est à notre tour !"
"- Dégagez les morveuuux, c'est à notre tour !"

Oh non, pas eux !

"- Prrrr rrr rrr !"
"- Hiiin hiiin hin !"

Je ne veux surtout pas les voir en maillot de bain ! Ni l’inverse d’ailleurs !
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Anatara
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Dim 4 Aoû 2019 - 17:17



____Je monte les marches quatre à quatre, impatiente à l’idée de faire une énième glissade sur cet incroyable toboggan. Avec des virages serrés, des loopings, des chutes libres et une arrivée en tremplin qui offre un inoubliable vol plané, c’est un des meilleurs toboggans au monde ! Bon, ce n’est pas aussi bien que Reverse Mountain mais au moins on peut le refaire à volonté, et ça c’est vraiment trop trop bien. Arrivée sur l’avant-dernier pallier, je suis arrêtée dans mon élan par une file d’une dizaine d’enfants qui attendent sagement leur tour, bouillonnant d’excitation. Comme il n’y a pas moins de neuf tentacules reconvertis en toboggans, la queue avance très vite et on n’a même pas le temps d’avoir froid ! Malgré tout, cela n’empêche pas certaines personnes d’être plus pressées que d’autres. Ne respectant pas la file, deux resquilleurs nous doublent sans vergogne et sans la moindre explication. Ce sont deux adultes bien en chair, au physique particulièrement repoussant et qui semble étrangement familier… des employés, peut-être ?

— Poussez-vous les gamins, c’est à notre tour !
— Dégagez les morveux, c’est à notre tour !

____Quoi ? mais j’ai déjà entendu ces voix quelque part, ne me dîtes pas que… Je me force à regarder de plus près ces hurluberlus pas très beaux, détourne le regard, repousse une envie de vomir et me concentre sur leurs têtes. Maintenant que j’y pense, ils sont parfaitement identiques, de la tête aux pieds. Seul leurs voix diffèrent légèrement, et leurs rires, aussi, qui sont complètement différents… Ce ne seraient pas le malfaisant zigoto qui a cassé les cookies ?!

— Héééé, mais on était là avant, faîtes la queue comme tout le monde !
— N’importe quoi, on était là avant, t’as une preuve ?
— T’as une preuve ?
— Mais, je…
— Bon, les enfants, je sais que vous êtes impatients mais ce n’est pas la peine de doubler !
— Aller, à mon tour, hiiin hiin hin hii !

____Ah non, hein ! Pas moyen de se faire avoir par ce gros porc une nouvelle fois !

— Non, j’étais là avant, tu n’as pas le droit !
— Allons, jeune fille, calmez-vous !
— Oui, calmez-vous !
— Calmez-vous !

____Il y a de l’écho ou quoi ? à chaque fois qu’il parle j’entends sa phrase en double ! D’ailleurs, s’il a un fruit du démon comment peut-être faire ce toboggan ? Attendez, ne me dîtes pas que…

— Vous êtes deux ?
— Ben, oui, t’as de la merde dans les yeux ou quoi ? Prrr prrr prrr prr.
— Je m’appelle Kuna !
— Et moi, c’est Zanko !
— Enchanté !
— Enchanté !
— Ah non, ne me touchez pas !

____En voyant leurs grosses mains pleines de doigts s’approcher de moi, j’ai paniqué. J’ai fait un brusque mouvement de recul et j’ai frappé de toutes mes forces pour dévier la trajectoire de ces immondices. Surpris, les jumeaux sont devenus rouges de colère et m’ont poussée furieusement. J’ai failli perdre l’équilibre et tomber dans l’escalier, je me suis rattrapée à un short de bain à palmiers et j’ai réussi à ne pas succomber à la gravité. Furieux, les deux sosies se rapprochent de moi et continuent de me frapper avec des petits coups :

— Elle nous a frappés, légitime défense !
— Légitime défense !

____Sur ce pallier étroit, impossible de leur échapper, impossible de manœuvrer, impossible de donner des coups amples et je suis complètement coupée de tous les autres par leurs corps abjects et volumineux.

— Hééé, faîtes gaffe où vous mettez vos mains, sales pervers !

____Je décoche un fulgurant coup de pied mais l’un l’attrape au vol et me soulève sans difficulté pendant que l’autre me percute violemment de son épaule. Juste à ce moment, le premier me lâche et je pars douloureusement percuter la balustrade, manquant de faire une chute de deux cent mètres. Je m’accroche comme je peux, passablement sonnée. Ah non mais ça ne va pas, hein ! Ils vont me le payer ! Plus humiliée que blessée, je m’apprête à me lancer dans la mêlée quand l’employé daigne enfin descendre d’un pallier pour voir la cause de tout ce grabuge.

— Hé, oh, pas de dispute ! Qu’est-ce qu’il se passe ici ?
— C’est eux, ils ont cassé mes cookies !
— Elle nous a frappés !
— On ne faisait que se défendre !
— Oui, légitime défense !
— Hiin hiin hin hiii !
— Prrrr prr prr pr.
— Jeune f… mademoiselle, je vous demande de vous calmer.
— Mais, euh, c’est pas juste ! C’est eux qui m’ont frappée !
— Légitime défense !
— Légitime défense.
— Euh, moi j’étais là et…
— Mêle-toi de ce qui te regarde.
— T’as un problème ?
— Tu veux qu’on se serve de la légitime défense ?
— Euh, non… ça ira.
— Hééé, mais c’est de l’intimidation ! Vous n’allez pas laisser passer ça quand même !
— Bon, euh… que tout le monde se calme. Messieurs, si vous n’êtes pas venus pour foutre le bordel, je vous prie de bien vouloir emprunter ce toboggan et qu’on n’en reparle plus.
— Oh oui, avec plaisir !
— Bien sûr !
— Enfin quelqu’un de raisonnable.

____Sous les regards noirs de l’assemblée, les deux gorets se donnent un malin plaisir à doubler la dernière spire de la queue, non sans m’adresser des coups d’œil vicieux qui me font sentir plus nue que jamais.
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Caramélie
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Mar 6 Aoû 2019 - 21:33

Cher journal,

Je m'étais mise à l'écart pour éviter les jumeaux, mais je le regrette vraiment lorsque Anatara me raconte ce qu'ils lui ont fait.

"- Ils sont insupportables ces deux-là ! Partout où ils vont ils sont désagréables et mal élevés ! Et le pire c'est que tout le monde les laisse faire."

J'ai horreur de ce genre de personnes qui jouent les provocateurs en cherchant un prétexte pour être violents, et qui profitent de la peur qu'ils inspirent aux autres pour mal se comporter. Je regrette vraiment de ne pas avoir été là pour défendre Anatara et je m'en excuse auprès d'elle: ils mériteraient sans doute que je les confronte une bonne fois pour toutes et que je les fasse par exemple "malencontreusement" chuter d'un tentacule de plusieurs dizaines de mètres de haut !

Malgré tout, je sais que j'ai fait le bon choix en évitant la confrontation: vu leur caractère ça aurait forcément dégénéré et je les soupçonne d'être plus redoutables qu'ils en ont l'air, il suffit de voir comment ils ont aplati le transat tout à l'heure ! J'aurais alors mis en danger tous les enfants autour de nous, Anatara également, et puis surtout on n’a jamais vu une CP5 se battre sérieusement en maillot de bain ! D'ailleurs j'aurais fait quoi d'eux ensuite vu que je ne peux pas les remettre à la marine ? Je les aurais tués ? Même au Cipher Pol on vaut mieux que ça !

"- Il faut qu'on arrête de se laisser faire sinon ils vont prendre de l'assurance. On devrait en parler aux autres passagers une fois de retour sur le Passe sans Casse, nous ne sommes surement pas les seules à ne plus les supporter !"

Nous ne nous éternisons pas et retournons vers les vestiaires pour nous sécher et nous habiller. Il est hors de question que je passe une minute de plus sur ce toboggan si ces jumeaux infernaux y sont aussi, tant pis si ça leur donne raison ! Et puis nous allons profiter du fait qu'ils soient occupés ailleurs pour manger tranquillement.

Le repas est l'occasion de casser allègrement du sucre sur le dos de nos deux empêcheurs de profiter en rond, puis la conversation dévie sur nos deux grandes glissades de la journée et enfin sur le menu du jour.
Comme je te l'ai dit journal, la cuisine n'est pas à la hauteur du cadre mais le restaurant vaut malgré tout le détour pour l'expérience qu'il fait vivre: manger dans le cadavre d'un monstre des mers c'est quelque chose !
Bon, tu as raison je suis un peu trop sévère: les brochettes de calmar frit étaient assez bonnes, sans parler du sorbet qu'ils nous ont servi au dessert ! Nous rentrons finalement sur le bateau le ventre plein et plutôt satisfaites de notre escale.

♦♦♦♦

Cher journal,

Nous avons repris la mer ! Le Cap des Jumeaux a été une surprise étonnante et plutôt positive dans l'ensemble, et je crois que j'en garderai un bon souvenir. Mais ce n'était qu'une étape dans notre périple et à présent la véritable aventure commence !
Bon, dit comme ça, ça paraît hyper dynamique mais en réalité... bah on avance au rythme pépère du bateau et on n’a rien d'autre à faire qu'attendre.

De nouveaux passagers ont embarqué au cours de la dernière escale, et je dois avouer que le standing général a nettement baissé par rapport à notre départ de Logue Town. Cette fois-ci il y a peu de premières classe, mais pas mal de personnes assez modestes quand il ne s'agit pas carrément de crapouilloux ! Il y a quelques marchands et autres personnages d’allure acceptable bien sûr, mais je soupçonne la plupart de nos nouveaux compagnons de voyage d'être des aventuriers ayant fini la traversée de Reverse Mountain par l'atterrissage en catastrophe et la destruction de leur navire !
Quoi qu’il en soit, il ne s'agit pas du genre d'individus avec qui j'ai envie d'entamer la conversation. Je me demande même comment certains ont pu se payer la traversée ! Oh oui je sais "Caramélie tu es méprisante, ce sont des êtres humains avec des émotions une sensibilité et tout...". Eh bien s'ils avaient une sensibilité ils utiliseraient leur argent pour avoir des chaussures et des vêtements en bon état au lieu de se payer un voyage en bateau !

A l'inverse, et pour te montrer, journal, que je te partage également les évènements positifs, nous avons pu faire la connaissance de personnes absolument charmantes telles que madame la vice-amirale Victoire-de-la-Ferté (c'est un titre de courtoisie, c'est son mari qui est vice-amiral), madame et monsieur Duplessis un couple de retraités qui pimentent leurs vieux jours en partant à l'aventure, ainsi que monsieur Suji un homme haut en couleurs qui, pour ce que j'en sais, est incapable de conserver sa chemise plus que deux ou trois minutes et saisit le moindre prétexte pour exhiber sa musculature ! C'est avec ces quatre personnes que nous partageons le thé sur le pont avant, Anatara et moi, avec pour principal point commun d'avoir des raisons de vilipender les deux frères obèses.

La conversation dévie rapidement sur des sujets plus futiles. Madame et monsieur Duplessis nous narrent leurs aventures lors de leur précédent voyage avec la Translinéenne, et je fais semblant de les écouter tout en remuant avec application les glaçons de mon thé en attendant que celui-ci soit à la bonne température, lorsque notre petit salon est interrompu par un cri:

"- Aaaaargh !"

Nous nous retournons tous avec surprise. L'appel semble provenir du pont principal, et...

"- Arrêtez IMMÉDIATEMENT !"

Cette fois c'était la voix du capitaine j'en suis certaine ! J'ignore si c'est sous l'impulsion de l'inquiétude, d'un pressentiment ou simplement d'un voyeurisme un peu malsain, mais je me lève et avec mes compagnons nous nous dirigeons d'un pas rapide vers le bord du pont avant où nous avons une bonne vue sur le pont principal. Nous y découvrons un triste spectacle...
Il y a là un attroupement de passagers mais aussi de quelques membres d'équipage. Devant eux, au pied du pont supérieur (ou quel que soit son nom... bref, celui à l'arrière du bateau. Dire que papa et maman voulaient que je devienne officier dans la marine, tu imagines ?!) un petit groupe de "crapouilloux" comme je te les ai décrits tout à l'heure tient tout le monde en respect avec des pistolets et de couteaux tandis que deux de leurs compères maintiennent au sol un passager, celui qui appelle à l'aide. La capitaine est là également mais tente de s'interposer, faisant face... à l'un de ces satanés jumeaux !!!

"- Lâchez cette personne ou je vous fais mettre aux fers !"

Devant le manque de coopération du jumeau et de ses compagnons elle dégaine son sabre et s'exclame:

"- Matelots, avec moi !"

Je crois que je dois des excuses au capitaine, journal. Tout à l'heure quand on était venues se plaindre pour les cookies et qu'elle ne nous avait pas écoutées, j'avais imaginé qu'elle les couvrait pour une raison ou une autre, peut-être même parce que c'étaient ses fils. Mais si c'était le cas le jumeau (celui qui fait prrr rrr rrr quand il rit) ne serait certainement pas en train de l'empoigner par le bras tandis que son frère (celui qui fait hin hiin hiiin), perché sur la rambarde du pont supérieur, ne serait pas en train de prendre son élan, de sauter, et de tomber à toute vitesse doit sur elle ...!!!
Je détourne pudiquement les yeux au moment où le jumeau s'écrase de toute son énorme masse sur la pauvre capitaine, en déclenchant des cris d'horreur parmi les passagers attroupés. Le gros homme se relève ensuite en ricanant, échange un regard complice avec son frère ainsi que quelques mots que je n'entends pas de là où je suis, puis tous les deux s'exclament de leurs voix traînantes et désagréables:

"- Maintenant qu'il n'y a plus de capitaiiine sur ce bateau..."
"- C'est nous les capitaiiines !"
"- Je suis le capitaine Zanko !"
"- Je suis le capitaine Kuna !"
"- Et le prix de la traversée vient d'augmenter ! Que tous les passagers nous apportent leurs objets de valeur..."
"- ... ou bien nous en faisons des crêpes !"

La petite foule s'affole et proteste, mais c'est là que tout le plan des jumeaux se dévoile au grand jour. Parmi les passagers, et surtout parmi les crapouilloux embarqués pendant l'escale, une dizaine étaient vraisemblablement des complices qui agitent leurs armes, tirent quelques coups en l'air, et se joignent aux deux affreux pour menacer toutes les autres personnes présentes !

Étant en partie dissimulés par la rambarde du pont avant, les membres de notre petit salon de thé sont encore -provisoirement- à l'abri. Livide -encore plus qu'à l'accoutumée- mais très sérieuse, je me tourne vers Anatara et les autres:

"- Il faudrait que l'équipage s'organise et résiste ! On ne peut pas les laisser faire ou bien nous n'arriverons jamais à destination !"

Hors de question que je leur donne mes petites affaires, ni mes robes de voyage, ni mon argent ! Ni la carte évidemment, surtout pas elle ! Sans parler de ce que les pirates -appelons-les comme ce qu'ils sont !- feront ensuite de tous leurs prisonniers...
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Jeu 8 Aoû 2019 - 20:36



_____Je n’ai jamais aimé les chauves. C’est le genre de personnes qui me rappellent qu’un jour, la vieillesse viendra nous rattraper tous, que je dois faire attention à ma ligne et au nombre de gâteaux que je mange et surtout que je ne prends pas assez soin de mes cheveux depuis que je suis en mer. Bien sûr, je les brosse, je les peigne et parfois je les nourris, mais le sel ça attaque et mon hygiène reste très limitée. Des fois, j’en perds des poignées et ça me fait paniquer, je cherche un miroir pour vérifier que je n’ai pas toute une plaque qui a disparu et je suis rassurée. Des fois je me réveille avec la tête en pétard et des mèches rebelles de partout, et ça me fait sourire. Vaut mieux être belle et rebelle, comme ils disent.

_____Mais Suji, il n’est pas complètement chauve. Il lui reste une petite houppette blonde toute mignonne et toute minuscule qui le rend complètement craquant. Suji, il est grand, large d’épaule, gentil et croquant, surtout. Ses muscles bien bâtis ressortent comme sur une tablette de chocolat, et il ne rate pas une occasion pour nous le montrer. Ses pectoraux, à la limite de l’hypertension, sont tellement gonflés qu’on dirait qu’ils vont exploser. Son visage est plat et carré, avec juste son nez qui ressort et une moustache toute aussi blonde et ridicule que sa houppe. Ça lui donne un air sérieux et martial, mais en fait il n’est pas sérieux du tout et c’en est hilarant !

_____Je l’ai rencontré en me baladant tranquillement sur le toit de la dunette, au niveau du pataras. Il était en train de se disputer avec quelqu’un qui faisait facilement deux têtes de plus et qui semblait deux fois plus musclé que lui. Je crois qu’ils voulaient savoir qui avait la plus grosse ou un truc comme ça, le genre de choses que les mecs font quand on les laisse seuls et sans surveillance un peu trop longtemps. Il a d’abord gagné haut la main le tournoi de bras de fer en sept manches gagnantes puis est resté deux minutes de plus que tout le monde en suspension horizontale, une épreuve de gainage de la mort où il s’agissait de porter son corps entier avec la seule force de ses bras pendant le plus longtemps possible. Il a ensuite enchaîné neuf victoires d’affilées à la bataille de pouces puis a brillamment participé au jeu de celui-qui-retient-le-bateau-le-plus-longtemps-en-nageant, mais malheureusement la finale a été écourtée car la capitaine en avait marre de ces conneries qui commençaient à faire reculer le Passe sans Casse. À ce moment-là, je me suis dit que c’était le mec qu’il me fallait.

_____Nous sommes six réunis autour d’une table, dans le carré. Apparemment, Cara a vu juste en disant qu’on ne doit pas être les seuls à avoir envie de se plaindre : en plus de nous, il y a un couple de retraités, une noble dame encore plus extravagante que ma coéquipière et Suji. Nous discutons tranquillement de tout et de rien – et surtout de rien, avec quelques envolées enflammées sur nos ennemis communs Zanko et Kuna.

— C’était sur la baie du port des jumeaux. Je participais à la CCC, la rencontre annuelle des Catcheurs Carrément Calibrés et juste avant la dernière dispute, ils m’ont pris à part et m’ont mis au défi de les affronter tous les deux en même temps. Vous savez, je n’ai pas l’habitude de refuser un combat mais là, deux contre un ce n’est tout simplement pas sportif ! Mais ils m’ont traité de lopette, de dégonflé et de poltron ! Je ne pouvais pas les laisser dire. Je ne suis pas une lopette vous savez ! J’en ai affronté des plus grands, des plus forts mais toujours dans un combat en règle. Pas de coup bas, que du sport. Alors ils m’ont proposé de les affronter un par un lors d’une lutte de sumos mais ils ont triché ! Ils n’ont pas arrêté de s’inter-changer entre les rounds, et comme ça l’un pouvait se reposer pendant que l’autre allait m’affronter. Ce n’est pas juste ! J’ai perdu, c’est vrai et un vrai sportif doit admettre sa défaite mais là c’était trop ! Quand je les accusais ils me mentaient effrontément, ils osaient me contredire alors que je les avais vus faire. Le pire c’est qu’une partie du public était d’accord avec eux ! Je me suis senti humilié. On s’est disputé, et à la fin on a fini par se battre et là ils ont dit « légitime défense ». À deux contre un, ils m’ont complètement dominé mais c’est parce que j’étais fatigué des rixes précédentes et de tous mes duels de catch ! En vérité, si je les affrontais maintenant, ce ne serait pas pareil ! Je ne suis pas un perdant, comprenez-moi ! Je suis fort ! Oui, c’est vrai que j’ai perdu ; ils m’ont mis quelques coups mais franchement ce n’était pas grand-chose : c’est à peine si je les ai sentis me chatouiller. Peu ! Non, franchement des coups comme ça je m’en prends tous les matins au petit déjeuner. Toujours est-il qu’ils ne voulaient pas s’arrêter alors que j’avais admis ma défaite. Je ne suis pas en train de me plaindre, que ce soit bien clair ; je le dis et je le redis : ils ne m’ont pas fait mal ! Seulement, ce n’était pas sportif ! Heureusement, le chargé de sécurité Leucru L. Pwouin – oui, vous savez, celui qui a gagné la rencontre l’année précédente ! Ah, il n’y a pas à dire, c’est un bien beau garçon. Fort, beau, intelligent, bien comme il faut et sportif, surtout – oui, sportif. Vous ne saviez pas ? Leucru est chargé de sécurité sur la Translinéenne ! C’est lui qui devait monter à bord de notre navire, pas ce moins-que-rien de Rastigre Dindon. Non, connais pas. Je crois que c’est un nouveau, je ne suis pas de la compagnie vous savez. Mais Leucru, lui, il est célèbre. C’est un agent fiable, quoi qu’un peu violent. Oooh, c’est rien ! Il casse juste deux ou trois mâchoires par traversée, non, franchement ce type est irréprochable. Bon, toujours est-il qu’il assistait à l’événement, mais en tant que spectateur et il est intervenu – non pas pour me sauver, non : je m’en sortais très bien tout seul ! Il est intervenu pour remettre un peu de sport dans la tête des jumeaux. Houlà là, ils l’ont bien senti, le sport, je peux vous le dire. Ah, Leucru il ne fait pas les choses à moitié, pas comme ce poltron de Rasti qui n’ose pas toucher aux gens. À ce moment, les jumeaux ont crié au martyr et une quinzaine de personnes dans le public se sont précipitées pour venir les secourir. Vous imaginez ? Une dent de plus, une dent de moins qu’est-ce que ça change ? Et puis, ça repousse les dents ; dire qu’ils m’ont traité de lopette, j’y crois pas ! Malheureusement, la situation est rapidement devenue hors de contrôle. Quand les choses se sont calmées, il y avait deux ou trois cadavres sur le ring et Leucru a écopé de trois jours d’arrêt le temps que l’affaire soit tirée au clair. Mais vous savez le pire ? Le pire c’est que les jumeaux n’ont même pas été inquiétés ! Non ! Vous imaginez ? Ben, je crois que c’est parce qu’il y a des gens qui ont témoigné en leur faveur mais moi j’étais pas là, j’étais dans le coma. Hein, non, je veux dire : j’étais déjà monté sur le bateau, parce que j’avais hâte de reprendre la mer. Je me rends sur Coma, c’est une île de l’archipel aux oubliés. J’y rejoins ma famille, ça fait longtemps que je ne les ai pas vus. Ah, vous savez c’est l’anniversaire de ma sœur dans quelques semaines et j’ai bien l’intention de lui acheter un super cadeau une fois arrivé là-bas. Peut-être une sculpture de moi faite dans de l’or, qu’est-ce que vous en pensez ?

_____La conversation s’envenime quelques instants avant de basculer du tout au tout, à l’occasion d’une anecdote de voyage rapportée par monsieur et madame Duplessis, le couple de retraités qui s’est joint à nous sous l’impulsion de Cara. Je ne sais pas comment elle fait ça, mais elle a un talent pour recruter des associés ! Tout à coup, nous entendons une série de cris et nous nous levons précipitamment pour savoir ce qu’il se passe. La dunette, c’est une partie surélevée à l’arrière du navire où se trouvent des cabines, des salles communes et, surtout, les quartiers des officiers. On y accède depuis le pont par une porte qui mène à tout ce qui est accessible aux passagers, et il y a un petit escalier de service qui permet de rejoindre les niveaux supérieurs, supposément réservés à l’équipage. On peut aussi directement accéder à n’importe lequel de ces deux niveaux par une échelle qui mène à une ronde, une sorte de petit balcon en bois qui permet de circuler sur toute la largeur de chaque étage. Le carré, c’est le lieu où les repas se déroulent. Il se situe au deuxième niveau ; à l’intérieur, donc. Pour y accéder, on utilise généralement des échelles mais en cas de besoin, l’escalier de service est un moyen bien plus rapide. Nous arrivons donc sur la première ronde où nous avons une vue plongeante sur une bien triste scène.

_____Une demi-douzaine de passagers est attroupée sur le pont supérieur, tenue en respect par trois malotrus et un de ces maudits jumeaux ! Un des otages est à terre, directement menacé par deux des rustres qui réclament quelque chose aux officiers impuissants. Mais la capitaine refuse de négocier et fait de son mieux pour aller le secourir. Malheureusement, elle ne peut pas à la fois protéger le malheureux, combattre les quatre mécréants et gérer ses matelots qui semblent être en train de s’entre-tuer ! Un coup de feu retentit et elle perd sa concentration pendant quelques instants, désespérée d’avoir aussi facilement perdu le contrôle de la situation. L’un de ses hommes est à la mer ! Elle crie des ordres et organise sa rescousse, elle est à la fois à gauche, à droite, avec les otages, avec ses subordonnés blessés et à ferrailler avec les kidnappeurs mais soudain, un des jumeaux profite de son inattention pour la frapper violemment à l’estomac, la saisir par le bras et spluirsh ! Oh non, quelle horreur, il faut faire quelque chose ! Cara, Suji et moi, nous nous mettons d’accord d’un regard : il nous faut agir mais que faire ?

_____Je me précipite vers la balustrade – ah, cette fois ils ne vont pas pouvoir dire « légitime défense », ils vont me le payer ! La dernière fois ils ont eu le dessus mais c’est parce que j’étais en maillot de bain dans un endroit étroit avec plein de gens à côté, là ce sera différent, je vais leur faire la peau, à ces tueurs de cookies ! Mais quelqu’un me retient en me tenant fermement par le poignet. C’est monsieur Duplessis. Il me regarde droit dans les yeux avec son visage ridé et sérieux. Ses sourcils noirs et grisonnants sont froncés, sa petite moustache frétille de désapprobation, ses lèvres gercées dessinent une moue pensive et il se passe un doigt sur son menton impeccablement rasé, pour mimer la réflexion. Ses cheveux courts, lisses et consciencieusement plaqués sur son front sont tout le contraire de la petite touffe de Suji : sérieux, disciplinés.

— Quoi, réfléchir ?! On n’a pas le temps, ces gens sont en danger !
— Elle a raison, renchérit Cara, il faut faire quelque chose !

_____Sans plus attendre, ma coéquipière franchit la rambarde d’un passage en barrage d’une élégance époustouflante ; qui nous laisse perplexes et admiratifs pendant quelques secondes. On dirait qu’elle vole, qu’elle glisse dans les airs tellement son mouvement est fluide ! Suji, soucieux de ne pas se faire voler la vedette, arrache un barreau de bois du garde-fou et le lance avec une force prodigieuse, assommant un homme sur le coup. Il saute alors – le moins gracieusement du monde – sur le pont et fonce dans le tas en criant « Torreben ! ». Je me dégage, je veux y aller aussi mais madame Duplessis me bloque le chemin et fait des petits gestes :

— Non, attendez ! Regardez !

_____Sur le pont, sur les gaillards, dans la loggia, sur les balustrades, une cinquantaine d’hommes de tous poils, armés et dressés, observent la scène d’un œil intéressé. Non, ne me dîtes pas que… ce sont des complices ?! Pourquoi sont-ils aussi nombreux ? Mince, si on y va tête baissée maintenant, on risque littéralement de se faire écraser !! Il faut trouver un plan, une issue, quelque chose d’intelligent !

— Cara, reviens !

_____Trop tard, la blonde et le blond sont déjà au milieu de la mêlée.

— Mince, il faut aller les sauver…
— Vous n’avez pas compris ? C’est trop tard ! Venez, allons chercher refuge à l’intérieur.
— Mais, et Cara ? Et Suji ? On ne peut pas les laisser !
— Dépêchez-vous ! Si vous voulez vraiment les aider, vous faire attraper est bien la pire des choses à faire.

_____Contre mon gré, je suis bien obligée de reconnaître qu’ils ont raison. En contre-bas, la bataille qui opposait l’équipage de la Translinéenne et les pirates des jumeaux s’est soldée par une victoire de ces derniers, très largement aidés par la vie de la capitaine qu’ils ont prise en otage. Il y a déjà beaucoup moins de grabuge, et des maraudeurs en tous genres commencent à rassembler les prisonniers, balancer les plus dangereux à la mer et racketter les passagers. Cara, j’espère que tu vas t’en sortir. Ne t’en fais pas : je ne t’abandonne pas !


Dernière édition par Anatara le Sam 17 Aoû 2019 - 15:24, édité 3 fois
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Dim 11 Aoû 2019 - 21:42

Petit inventaire des techniques du rokushiki utilisées, parce que bon les noms japonais certains trouvent ça classe mais soyons honnêtes c'est super compliqué à retenir !

Spoiler:
 

♦♦♦♦

Cher journal,

J'atterris sur le pont avec l'élégance d'une danseuse et la rage d'une lionne. Le dénommé Suji me rejoint l'instant d'après avec une telle violence que je m'attends presque à voir le plancher s'effondrer sous son poids ! Je m'étonne de ne pas voir Anatara nous suivre alors qu'elle en avait annoncé l'intention, mais à vrai dire ce n'est pas plus mal: c'est une civile alors autant qu'elle ne se mette pas en danger inutilement.

D'ailleurs, la situation est horriblement compliquée et ne semble pas du tout en notre faveur. En quelques mots: c'est la panique à bord ! Le groupe des jumeaux, qui ne paraissait contenir qu'une poignée de personnes, grossit de manière tumorale en révélant toute l'ampleur de la catastrophe ! Je devine que nos ennemis n'ont pas seulement fait rentrer des complices parmi les passagers: ils ont également soudoyé ou fait placer certains des leurs parmi le personnel.
L'équipage du Passe sans Casse est complètement désorganisé. Leur capitaine est morte ou gravement blessée, des trahisons semblent naître de partout, et le semblant de résistance qui tient encore çà et là ressemble plus à un lynchage en règle: les marins qui tentent de se défendre sont pris à partie par plusieurs attaquants, maîtrisés, désarmés, et immobilisés ou massacrés sur place, pour ceux qui ne sont pas tout simplement jetés à la mer !
Pour ne rien arranger les passagers en panique provoquent un désordre encore plus chaotique en essayant de fuir les assaillants qui bloquent toutes les issues !

Dans ces conditions la meilleure stratégie c'est de laisser les autres faire diversion et de couper la tête du chef. Des chefs en l'occurrence, même si j'ai du mal à croire que ces imbéciles de jumeaux aient pu mettre au point un plan aussi bien mené.
Bien sûr que non ce n'est pas de la lâcheté de faire ça journal, c'est de la stratégie. Je ne suis pas assez bête pour croire que je suis capable de battre un équipage de bandits à moi toute seule ! D'ailleurs avec son attitude tapageuse mon allié n'a pas de mal à attirer l'attention sur lui, il me fera une diversion parfaite. C’est un vrai travail d'équipe ! Presque. C'est comme aux échecs tu vois, on envoie les petites tours, les pions, tout ça... se sacrifier devant, et moi je suis la reine qui va faire échec et mat !
Suji ne se fait pas prier de toute manière: tous ses muscles luisants gonflés à bloc, le visage implacable, il charge l'épaule en avant en hurlant:

"- Torreben !"

Je n'ai absolument aucune idée de ce que ça veut dire. C'est le nom de sa fiancée peut-être ? Peu importe car le résultat est là: mon compagnon tout en muscles percute un premier pirate qu'il envoie voler au sol ! Prenant son élan il s'élance sur un second et, avec une chorégraphie parfaitement exécutée, le percute avec violence ! Son adversaire grogne et réplique de toute sa force: les deux hommes luttent en hurlant, poussant de toute la puissance de leurs bras ! Soudain Suji fait un pas en avant, un second, son adversaire vacille... cède peu à peu… et le moustachu l'immobilise et l'achève d'une prise de soumission ! Il pose un genou sur le dos du pirate, son corps imposant tendu, penché en avant, le regard aussi dur que ses biceps serrés. Il ne fait pas que soigner ses postures, il va jusqu'à se battre en choisissant sa position face au soleil de manière à bénéficier d'un éclairage valorisant qui fasse resplendir son corps sculpté tout en accentuant les ombres de son anatomie !

Il me jette un regard et je m'empresse de détourner la tête. Quelle espèce de crâneur, va ! Cela va sans dire que je sais faire bien mieux, regarde un peu journal ! Il se lance ensuite dans un monologue sur la force et la virilité, les pirates, et ça lui rappelle cette fois où il affrontait le terrible lutteur Gédéon Biscoto et qu'il ne s'est pas dégonflé, parce que non madame ce n'est pas un dégonflé ! Et qu'aujourd'hui il ne se dégonflera pas non plus car... après je ne sais pas ce qu'il a dit, j'ai arrêté d'écouter et je crois que mon cerveau a activé son filtre anti-bêtises.

Je quitte le sol avec un geppou alliant grâce et maîtrise, et m'immobilise à deux ou trois mètres. Je choisis ma cible, un bandit qui pointe son pistolet vers mon compagnon, et lui assène un flamboyant rankyaku -une lame d'air d'une élégance consommée créée par le mouvement de mes pieds ; l'élégance même, le paroxysme des arts martiaux dans toute leur splendeur, le... enfin bon tu as compris que toutes mes actions étaient super hyper extra classe-, tout en exécutant une roulade parfaitement calibrée et aussi parfaitement inutile mais tellement impressionnante ! Regarde, le pirate lui-même en a les larmes aux yeux ! Quant à Suji, il a déjà compris que ses techniques grossières de bodybuilder ne m'atteignent pas à la cheville ! Déjà parce qu'avec mon geppou mes chevilles sont à plusieurs mètres du sol, et ensuite non elles ne sont pas enflées, mais merci de t'en inquiéter journal.
La lame d'air fend l'espace dans sa direction, mais l'homme pare avec son sabre. Lorsqu'il se remet en position pour m'attaquer j'ai déjà disparu de son champ de vision, et grâce à un soru pas piqué des hannetons je me déplace à grande vitesse pour arriver dans son dos. Tandis que je me réceptionne au sol, il se retourne et frappe avec rage. Je dévie son coup en saisissant son poignet, et il me vise alors avec le pistolet qu'il tient dans sa main gauche. Son mouvement est trop lent et je n'ai pas de mal à lui faire rater son tir en balayant son bras ; profitant de l'ouverture qu'il me laisse j'enfonce mon index tendu dans la chair de son flanc avec une aisance et une retenue qui, j'en suis sûre, le rendent presque reconnaissant d'avoir été vaincu par une adversaire aussi distinguée que moi !

Avec des mouvements soigneusement contrôlés, je secoue la tête en arrière pour ramener mes cheveux élégamment coiffés à leur place. Resplendissante, mes jambes bien tendues, mes fesses droites, ma poitrine gonflée et... disons-le franchement, un peu poseuse, je me tourne vers Suji pour lire dans son regard ce qu'il pense de la supériorité du rokushiki. Aussitôt qu'il accroche mon regard, ce dernier m'adresse un clin d’œil et un sourire viril sous sa moustache blonde. Dos au soleil afin de laisser la lumière souligner les contours de son corps tandis qu'une quantité un peu surnaturelle d'ombre recouvre son buste et souligne par le contraste la dureté de son visage, il fait saillir ses muscles de plus belle, croise et serre ses bras aussi épais que mon buste vers sa poitrine, et se jette plus en avant dans la mêlée tout en dissertant sur le fait que tous ces pirates avaient le malheur de l'affronter alors qu'il était au sommet de sa forme et que "personne, je dis bien personne, ne pourrait me défaire dans un combat à la loyale ! Qu'ils osent m'affronter, qu'ils viennent ! La fourberie et la lâcheté ne viendront jamais à bout d'une volonté de fer et d'un corps d'acier !"

Si je n'oublie rien ? Ce n'est pas le moment journal, l'honneur des six styles est en jeu et je dois... Les jumeaux ? ... Oh mais zut tu as raison journal !!! J'avais dit que je devais m'occuper d'eux en premier !!! La diversion, les échecs, tout ça...

Laissant Suji à ses gamineries en s'occupant du menu fretin, j'emploie ma technique favorite et disparais grâce à un fluide et resplendissant soru qui, j'en suis sûre, a dû laisser le musculeux moustachu avec des étoiles plein les yeux. Je repère rapidement les jumeaux, occupés à s'enorgueillir de leur réussite et à donner des instructions à leurs sbires. Je choisis de m'attaquer à celui qui rit en faisant "Hiiin hiiin hin", parce que je n'ai pas oublié que c'est lui qui a écrasé nos cookies ! Mon déplacement aussi rapide qu'élégant m'amène dans son dos en un instant ; avec la sobriété et le style qui ont fait la renommée du Cipher Pol, je tends mon index et assène un shigan en direction de sa jambe pour le déséquilibrer et l'immobiliser avant de tendre mon corps pour l'achever d'un flamboyant rankyaku dans la nuque !

Rien ne se passe comme prévu. Au moment où mon index effleure l'épais mollet du gros homme, je suis violemment percutée et projetée sur le sol comme un vieil emballage de chocolats qu'on abandonne après l'avoir terminé ! (Je n'ai jamais fait une chose pareille, que ce soit bien clair ! Les emballages c'est dans la poubelle, ou à la mer ! On est des gens bien élevés ici). Je me mets en position de défense et bien m'en prends puisqu'un énorme individu d'au moins quatre fois mon poids, le même qui vient de me heurter pour protéger son frère, m'atterrit dessus de toute sa masse !

SBLAAAAM !

Le jumeau se relève, et je tente de faire rapidement de même mais je suis aussitôt écrasée par son frère qui m'aplatit à son tour !

RE-SBLAAAAM !

Malgré l'efficacité de mon tekkaï qui me permet de raidir mon corps et de le rendre bien plus résistant que le corps musclé de Suji (quoi que ce dernier en dise, mais il n'est pas aussi objectif que moi de toute façon), je suis sonnée par leurs attaques. Le jumeau se relève, aussitôt remplacé par son frère et les deux s'abattent sur moi encore et encore:

"- Oups pardon, j'ai trébuché !"
SBLAM !
"- Oups pardon, je ne t'avais pas vue."
SBLAM !
"- Pas désolé"
SBLAM !
"- Pas désolé du tout !"
SBLAM !
"- Prrrr rrrr rrr !"
SBLAM !
"- Hiiin hiiin hin !"
SBLAM !
"- Tiens, mais c'est la vilaine qui ne veut pas partager ses cookies !"
SBLAM !
"- Et qui est trop égoïste pour prêter son transat !"

J'espère de tout cœur qu'Anatara et les autres ont eu le temps de s'échapper et de se mettre à l'abri. J'ai été trop téméraire et maintenant ça me retombe dessus, j'ai bien trop sous-estimé ces jumeaux: ils sont tellement bien coordonnés qu'ils agissent comme une seule personne dédoublée, deux fois plus moche et dangereuse ! Et puis surtout j'ai été assez présomptueuse pour croire que la carte serait à l'abri si je la gardais sur moi...
Je crois que c'est à ce moment-là que mon tekkaï s'est rompu, parce que lorsque j'ai ouvert les yeux à nouveau je n'étais plus du tout sur le pont !
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Lun 12 Aoû 2019 - 18:37



— Venez, dépêchons-nous ! Il y a trop de gens sur le pont !
— Hiiiii !
— Bonjour, on peut savoir où vous allez ?
— Bas les pattes !

_____Il est mince et squelettique, comme un revenant. Sa peau est pâle voire complètement blanche, presque autant que ses cheveux rêches et sales ; cheveux qui sont tombés par plaques et qui ne recouvrent que certaines parties de son crâne ridé et taché de brun. Sa voix est fantomatique, elle semble venir d’outre-tombe. Il s’approche dangereusement, il va dévorer mon âme ! J’essaie de battre en retraite mais ça bouchonne derrière : le couple de retraités ne recule pas assez vite et madame Victoire-de-la-Ferté manque de leur rentrer dedans. Je suis alors propulsée vers l’apparition, c’est la mort assurée ! D’un puissant coup de pied, je le fais reculer de quelques pas, libérant l’accès à l’escalier de service.

— Vite, descendez jusqu’au troisième pont ! Dépêchez-vous !

_____Le fantôme dégaine son épée. Apparemment, il est tout ce qu’il y a de plus matériel puisque mon pied l’a bien amoché. Ah oui, tu veux jouer à ça ? Je n’ai pas peur des fantômes : je dégaine courageusement mon arme et, après quelques passes durant lesquelles mon bras n’a pas du tout tremblé, je rassemble ma témérité pour dévaler quatre à quatre les marches de l’escalier.

— Aaaaargh, sauvez-moi !!

_____Je pulvérise la porte de service qui a été refermée par les mauvais esprits et je déboule sur le troisième pont où les trois vieux devraient m’attendre. Emportée par mon élan, je rentre dans une femme plutôt bien bâtie qui semble être au milieu d'un discours de menace et nous entamons un roulé-boulé le long du couloir, emportant mes trois compagnons et deux autres personnes dans un effet boule de neige qui nous envoie nous écraser contre un mur au bout du couoir. Sonnée, je saute tout de même sur mes pieds et profite que tout le monde est assommé pour sortir Steeve – mon couteau-pistolet – de mon sac.

— Rien de cassé ?
— Non mais ça va pas la tête ?! Vous, écorchez-la !
— Hein, quoi ?

_____L’athlétique femme est de nouveau sur pieds, contrairement à ceux qui semblent être ses deux subordonnés : ils ont des oiseaux qui volent en cercle au-dessus de leurs têtes. Avant que j’aie le temps de réagir, elle se saisit de mes poignets, me donne quelques coups, me fait une double clef de bras et me force à lâcher mes armes. Heureusement, madame Duplessis lui pulvérise du parfum dans les yeux, ce qui me permet de me dégager. Furieuse, elle se débarrasse de la retraitée d’un revers de main et le flacon s’éclate contre le mur, libérant des odeurs bien trop fortes qui piquent les yeux et nous font éternuer. Aveuglées, nous nous battons en agitant nos bras au hasard. Je finis par saisir un tissu mou, doux et rebondi et je m’accroche à lui pour ne pas perdre de « vue » mon adversaire.

_____Cette dernière me met la main au visage et cherche à me repousser. Je réplique d’une gifle magistrale en plein dans la joue, clac ! Elle se saisit de mes cheveux, je lui mets un doigt dans l’œil, elle me griffe la joue, je lui mets des coups de pieds dans le tibia et, tout à coup, j’entends un bruit sec et métallique, schling. Interdite, elle regarde quelques instants la lame qui a traversé son torse, fait quelques pas de recul, tente de dire quelque chose puis tombe en arrière. Monsieur Duplessis, qui a retiré ma lame juste avant, essuie mon épée puis me la rend d’un air entendu :

— Vous vous battez toujours comme ça ?

_____Le troisième pont est consacré aux dortoirs et aux canons. On y accède par trois échelles ou par l’escalier de service. Il se divise en quatre parties. Les dortoirs des voyageurs, au nombre de quatre, occupent toute la moitié avant de l’étage. Le dortoir réservé à l’équipage, lui, est situé totalement à la poupe. De là, on peut facilement rejoindre la dunette via ce fameux escalier. Au milieu, deux pièces symétriques servent à ranger du matériel divers. Enfin, entre chaque pièce se situe un étroit couloir qui permet d’accéder à la ronde des canons : vingt de chaque côté. Du fait de son aspect exigu, il est facile de prendre le contrôle de l’étage entier : un unique couloir circule au milieu, de la proue à la poupe, et dessert toutes les pièces. Une seule personne peut donc avoir un visu sur absolument tout ce qu’il se passe d’intéressant sur le pont : entrées et sorties, arrivées et départs… Pour contrôler et tenir en respect les passagers le temps que la mutinerie se termine, les comploteurs n’ont donc placé que quatre personnes !

_____L’une d’elles est aux portes de la mort et accuse de sérieuses difficultés à respirer, mais ce n’est pas le moment de lui apporter les premiers soins. Deux autres sont hors d’état de nuire suite à notre roulé-boulé et la quatrième nous rejoint en courant, pistolet à la main. Je me jette au sol et je ramasse Steeve au passage, rebondis douloureusement sur le mur (j’ai mal calculé ma force), effectue une galipette pas très recommandée à la gente féminine puis lui tire dessus avant qu’il ait le temps de réagir. Je le touche au bassin, il recule, hébété, je lui saute dessus et j’essaie de lui arracher son arme mais il me repousse de son autre main ; il manque de force. Je l’envoie rejoindre le pays des oiseaux d’une puissante claque dans la tempe. Après avoir confisqué leurs armes à nos quatre compères, nous nous réunissons rapidement pour décider de la démarche à suivre :

— Vite, elle est blessée, il faut lui apporter les premiers secours !
— Anatara, nous n’avons pas le temps, répond madame Victoire-de-la-Ferté. Des honnêtes gens sont en train de se faire tuer en ce moment-même et vous voudriez sauver cette criminelle ?
— Il m’est avis que nous devrions la laisser comme ça, renchérit madame Duplessis.
— Si elle est forte, elle survivra, me rassure son mari.
— Mais…
— Il n’y a pas de mais : nous devons contre-attaquer maintenant, avant que ces forbans aient le temps de s’organiser et de renforcer leur contrôle du navire !
— Madame la vice-amiral dit vrai, nous devrions faire quelque chose !
— Mais que faire, mon ami ?
— Allons, ma douce, nous en avons vu de pires, n’est-ce pas ?
— Oui, vous souvenez-vous de la fois où notre capitaine s’est trompé d’itinéraire et nous a emmenés tout droit vers cette île de pirates ?
— Oh, oui, très chère ! Heureusement que nous avions nos déguisements sur nous, sans quoi nous ne nous en serions pas sortis à si bon compte !

_____Pendant que les Duplessis se racontent leurs souvenirs de voyage, je défonce la porte des salles du milieu, où il devrait y avoir du matériel. Une manœuvre, une manœuvre, donnez-moi une manœuvre ! Je trouve une bouée de sauvetage, une ration de combat, un uniforme complet de la Marine, un club de golf, un marteau en plastique et, sous la veste, un vieux câble rouillé dont l’utilité ne me semble pas très claire. Bingo, je m’en saisis et reviens vers les retraités qui se racontent maintenant comment ils ont obtenu du capitaine pirate qu’il les ramène chez eux et qu’il leur offre sa carte de visite. J’attache ensemble les quatre fripouilles quand je me rends compte de quelque chose : mais où est donc passée madame la vice-amiral Victoire-de-la-Sainte-Ferté ? Oh, et puis zut : à partir de maintenant, ce sera juste Victoire.

— Oh, elle est partie explorer les dortoirs, il semble qu’il y a des gens à l’intérieur.

_____Vraiment ? Je me précipite dans l’un d’eux pour trouver trois familles de civils apeurés qui se tiennent les uns les autres en tremblant.

— Debout !

_____J’essaie de les rassurer, je leur explique la situation, j’essaie de les recruter mais rien à faire : ils se contentent de pleurer dans leur coin. Seul un petit garçon d’à peine douze ans, roux et couvert de boutons, prend le courage de s’arracher aux bras de sa mère en disant que « Je vais vous aider, moi ! » Ses parents ne semblent pas de cet avis et essaient de le retenir en pleurant.

— Non, Hendrix, je t’interdis ! Tu restes ici !
— Tiens, Hendrix, puisque tu es fort et courageux, je te confie ce pistolet. Fais attention, parce que c’est un vrai et qu’il est chargé, tu comprends ?
— Oui !
— Hendrix, repose ce pistolet ! Tout de suite !
— Madame, ce pistolet est la seule chose qui pourra vous sauver la vie si d’autres personnes comme eux viennent vous chercher. Hendrix, écoute-moi bien. Tu es grand, n’est-ce pas.
— Oui.
— Bien, répètes après moi : ce pistolet est chargé.
— Ce pistolet est chargé.
— Je ne dois jamais le pointer sur quelqu’un que j’aime.
— Je ne dois jamais le pointer sur quelqu’un que j’aime.
— Si je pointe mon arme sur quelqu’un, ça veut dire que je veux le tuer.
— Si je pointe mon arme sur quelqu’un, ça veut dire que je veux le tuer.
— Je ne dois pas mettre mon doigt sur la détente, à part si je veux tirer.
— Je ne dois pas mettre mon doigt sur la détente, à part si je veux tirer.
— Bien, c’est très bien, souviens-toi de ça et tout ira bien !
— Bien, c’est très bi… euh, d’accord ! Merci !
— Allez, je te confie ces quatre canailles. Fais attention parce qu’ils sont très méchants. Surveille-les bien, et ne les laisse pas s’échapper. À partir de maintenant, tu es gardien de prison. L’avenir de ce bateau repose sur toi. Je peux te faire confiance n’est-ce pas ?
— Oui ! Tu peux compter sur moi !
— Bien, je dois y aller, ne me déçois pas.

_____Je ressors de ce dortoir, et je suis surprise de voir le pont complètement bondé : une cinquantaine de personnes, toutes recrutées par Victoire, qui apparemment a su se montrer plus inspirante que moi. Monsieur et madame Duplessis, qui débattent sur les goûts gustatifs d’un capitaine pirate en matière de crabe, semblent un peu ailleurs mais je suppose qu’on pourra compter sur eux quand le moment viendra. Après tout, c’est grâce à eux si je ne me suis pas déjà fait attraper.

— Excellent, dit Victoire, maintenant, mettez-vous en rang. Non, ne bousculez pas, garde-à-vous ! On ne parle pas quand on est au garde-à-vous ! Vous, rentrez dans la chambre, il n’y a plus de place sur le pont ! Vous, ne vous disputez pas, nous allons vous trouver des armes. Vous… Mais TAISEZ-VOUS ! Je suis la vice-amiral Victoir-de-la-Ferté. Soyez fiers d’être sous mon commandement. Par l’autorité de mon mari, je vous fais matelots de première classe. Si vous voulez vous défiler, c’est maintenant ou jamais. Que ceux qui n’ont pas la trempe restent et que les autres me suivent. Jusqu’à la mort !
— JUSQU’À LA MORT !
— Suivez-moi, et protégeons nos droits, nos biens et nos libertés avec nos vies !
— Avec nos vies !
— Bien, me confie-t-elle un peu dépassée, la première chose à faire est de leur trouver des armes ; pour les uniformes nous verrons plus tard.
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Mer 14 Aoû 2019 - 22:27

Les marins parlent tous en bleu parce que ce sont de vulgaires pnj donc ils n'ont pas d'âme.


♦♦♦♦


Cher journal,

La dernière fois je te racontais que je venais de me faire écraser à mort par deux bandits-sumotoris, alors j'espère que tu t'inquiètes pour moi ! Qu'est-ce que je suis devenue ? Est-ce la fin des aventures de Caramélie ? Suis-je actuellement en train d'achever la rédaction de mon journal sur mon lit de mort ?!
Oui... bon. Je n'ai pas vraiment été "écrasée à mort" en vérité, mais ça sonnait mieux dans ma tête que d'écrire "piétinée jusqu'à perdre connaissance". Bein oui, je sais que tu sais que je ne suis pas morte puisque je suis en train de raconter la suite !

Je reprends mes esprits dans un état de confusion complète: chaque partie de mon corps me fait mal, je n'arrive plus à bouger mes bras et je n'y vois plus rien. Il me faut de longues minutes avant de récupérer un peu et de comprendre que je suis allongés sur le côté, les poignets attachés dans le dos, à l'intérieur une pièce plongée le noir. Et si j'ai autant mal à la tête ce n'est pas uniquement une séquelle de mon combat à sens unique, mais parce qu'un débat animé se tient à côté de moi. Un débat qui tient plutôt des allures de monologue d'ailleurs car l'un des deux intervenants, je reconnaîtrais sa voix entre cent, se trouve être le musculeux Suji.

"- Croyez-moi, je leur ai prouvé que je n'étais pas une lopette ! A un contre trente que je me suis battu, avec pour seules armes mes poings et mon torse nu ! Comme un ours, comme un tigre ! Je semais la terreur parmi le camp des pirates, et pas un n'osait s'opposer à la puissance de mon corps plus solide que l'acier ! Et pourtant ces pirates n'avaient aucun honneur, ils n'hésitaient pas à se jeter à plusieurs contre moi. Où était le sport dans tout ça, où était le courage ? Mais j'ai tenu vous voyez ! Je leur ai montré que je n'étais pas un poltron ! Un poltron ne se serait pas jeté dans la mêlée pour luxer des épaules et enfoncer des côtes ! Ils ont goûté de mes poings, et de mes biceps ! Et puis alors que je réajustais ma garde..."
"- ... Que vous preniez la pose."
"- ... que je réajustais ma garde, l'un de ces forbans m'a assené un coup à l'arrière du crâne. Par-derrière, vous vous rendez compte ?! Et sur mon crâne, la seule partie de mon corps que je ne peux pas muscler ! Mon seul point faible !"
"- C'est assez drôle quand vous dites ça."
"- Ça n'a pourtant rien d'amusant ! Mais je n'ai pas perdu. Une défaite, c'est lorsque l'on est vaincu à la loyale, à un contre un, face à un adversaire de valeur plus habile et plus puissant ! Ce n'est certainement pas succomber à la lâcheté de vils pirates qui n'osent pas affronter leur ennemi face à face !"

En vérité je ne suis pas sûre qu'il ait dit tout ça: j'ai arrêté d'écouter après "pas une lopette".
Je tente de me redresser et grimace de douleur. Je n'ai rien de cassé heureusement, je crois. D'après ce que je distingue dans la pénombre, et en me fiant aux présences et aux bruits, je suppose que nous sommes au moins une quinzaine de personnes entassées dans une petite pièce qui a des airs de fond de cale. Il y règne une odeur qui est un savant mélange de vieux poisson, de goudron, de sang séché et de sueur de dessous de bras.
Il est hors de question que je passe une minute de trop dans cet endroit, tu m'entends journal ? Enfin... tu me lis ? D'ailleurs, est-ce qu'on peut considérer que tu me "lis" si je t'écris dessus, ou bien ce serait plus approprié de te demander si tu me "sens" ?
Haussant la voix, je demande:

"- C'est tout ce qu'il y a comme prisonniers ?"
"- ... que je serais libre, et que je me retrouverais en face d'eux, je leur expliquerai ma façon de penser. Je leur montrerai comment Suji traite les personnes sans honneur, et croyez-moi il leur faudra plus qu'une attitude antisportive ou d'une soi-disant légitime défense pour échapper au courroux de mes muscles !"
"- Suji, mon cher... pourriez-vous bien vous taire pendant que les personnes qui n'ont pas un muscle à la place du cerveau essaient de trouver une solution ?! Merci ♪"
"- Je..."
"- Quelqu'un peut-il me dire s'il sait ce que sont devenus les autres marins ?"

Je sens mes compagnons d'infortune hésiter un peu, puis une première personne me dit:

"- Je ne sais pas, ça fait deux jours qu'on m'a mis aux fers. Tout ça à cause de ces deux gros lards de passagers qui ont piqué une crise et qui ont cafardé au capitaine que je les avais copieusement insultés. Ce n'étaient même pas des insultes graves en plus... ! Enfin... j'aurais voulu vous y voir après une journée entière à les avoir tout le temps dans les pattes !"
"- Moi aussi c'est à cause d'eux que je suis là ! Ils m'ont défié à une partie de dés, une partie amicale pourtant, et ce gros imbécile (je ne me permettrais pas de te rapporter ses véritables propos journal. D'ailleurs, je te retranscris ici les propos des marins dans un style un peu édulcoré et plus compréhensible, on est entre gens bien élevés) de quartier maître m'est tombé dessus parce que les jeux de hasard sont interdits à bord ! Tssss !"
"- "Ce gros imbécile" est juste à côté de toi, Guigui. Et moi aussi j'ai fini aux fers à cause d'eux !"

Comme quoi Anatara et moi n'étions pas les seules à avoir des griefs envers les jumeaux dans ce navire ! Je comprends mieux pourquoi la capitaine a voulu nous expédier aussi vite: elle devait en avoir jusque-là de répondre à des plaintes incessantes à propos de son équipage ! A tous les coups elle a dû se dire que nous aussi nous allions la forcer à mettre d'autres marins aux fers…
Ils ont bien joué leur coup ces affreux, sur toute la ligne !

"- Moi j'ai été capturée pendant la bataille, mais on a eu de la chance. Certains des nôtres, les pirates les ont simplement massacrés ou bien jetés par-dessus bord ! Et puis il y a tous ceux qui ont préféré se rendre et leur obéir plutôt que de finir à la mer."
"- Des lâches !"
"- Mais eux au moins ils ne sont pas enfermés dans une cale qui sent la sueur de bagarreurs et de joueurs de dés qui y sont enfermés depuis des jours, et avec l'autre idiot qui n'arrête pas de parler de sa défaite !"
"- Mais arrêtez avec ça, ce n'était pas une défaite je vous dis ! S'ils s'étaient conduits sportivement..."

Et voilà que c'est reparti ! J'active une nouvelle fois mon filtre anti-bêtises et... oh c'est fou, il n'y a plus rien à entendre !
Contrairement à beaucoup de mes infortunés camarades emprisonnés avant la bataille, je n'ai pas de fers aux pieds mais "juste" les poignets liés dans le dos. Je peux donc me lever, inspecter la pièce avec mes yeux qui s'habituent peu à peu à la pénombre, et repérer la porte qui nous barre la sortie. Je n'entends ni ne perçois rien de l'autre côté avec tout le bruit que font mes compagnons de cellule, mais il n'est pas farfelu de supposer qu'il y a au moins une sentinelle pour nous surveiller. Je prends mon élan, saute, et virevolte en exécutant une pirouette gracieuse. Agitant mes pieds avec violence, je crée deux puissants rankyakus qui viennent s'abattre symétriquement sur la porte en y creusant de profondes fissures en diagonale !

Déséquilibrée par mes liens je tombe au sol sous les regards des autres que je devine médusés. Que ce soit clair journal: j'étais très élégante malgré mon handicap et mon attaque était exécutée avec une maîtrise qui laisserait pantois les maîtres du rokushiki les plus exigeants. Ceux qui diront que j'avais l'air d'un poulet saucissonné agitant ses petites pattes sont des menteurs et des jaloux !

"- Elle a fait quoi la petite ?"
"- Alors déjà je ne suis pas une "petite", et ensuite vous venez..."
"- "Pas une petite", oui c'est ça. Et l'autre il n'a pas perdu son combat.
"- Mais je n'ai pas perdu, j'ai été..."

Et voilà que ça bavarde à nouveau dans tout les sens, et que ça se crêpe le chignon !

"- … et si je dis que tu es un gros imbécile tu vas faire quoi, hein, espèce de gros imbécile de quartier maître qui a été mis aux fers ?!"
"- Tu sais ce qu'il te dit le gros imbécile de quartier maître ?! Hein ?! Tu sais ce qu'il te dit ?!"
"- Ho sacrebleu les prisonniers, faites moins de bruit ! Et arrêter de cogner la porte sinon je vous descends tous un par un !"

Je me relève, un peu exaspérée, reprend mon élan et assène un magistral coup de pied dans le bois de la porte qui s'arrache là où mes lames d'air l'avaient fragilisé ! La lumière de l'unique lampe placée dans le couloir qui s'infiltre soudainement dans la pièce me permet de voir la figure ahurie d'une pirate, un fusil à la main, dont le regard alterne entre la porte arrachée qui gît maintenant au sol et l'ouverture béante en forme de triangle qu'elle a laissé dans le mur, sans sembler capable d'intégrer les informations que son cerveau est en train de lui envoyer.

Vite ! Aussi élégamment que me le permettent mes bras attachés, un soru m'amène dans le dos de notre geôlière ; m'appuyant le dos au mur pour compenser mon déséquilibre, je lui assène un puissant coup de pied qui l'envoie la tête la première dans la pièce avec les autres prisonniers.

"- Suji ! Les autres râleurs ! Attrapez-la !"

♦♦♦♦

La garde hors d'état de nuire, nous sommes sept prisonniers à peu près libres de nos mouvements. Les dix autres sont malheureusement toujours captifs de leurs fers: la pirate n'avait pas les clés sur elle et mon rankyaku n'est pas assez précis pour trancher leurs liens sans risquer de leur découper autre chose en même temps. Quant aux prisonniers "libres" et à moi même, dire que nous sommes vraiment délivrés ce serait oublier de préciser que nous avons tous les sept toujours les mains attachées dans le dos ! Et malgré nos efforts, malgré les marins que se contorsionnent pour essayer de défaire les nœuds, malgré Suji qui emploie toute la puissance de ses muscles à essayer de les arracher, les cordages tiennent bon ! En désespoir de cause nous finissons par décider de nous en aller dans cet état...

Je prends tout naturellement la tête du groupe. Je m'attendais à de la contestation et j'avais même préparé des arguments pour la contrer, mais les marins semblent heureux d'avoir juste à obéir et Suji est terriblement reconnaissant d'avoir été délivré et de se voir offrir une occasion de prouver qu'il n'est pas un dégonflé ! De toute manière c'est moi qui les ai tous délivrés alors ils n'ont pas leur mot à dire ! Notre objectif est de retrouver et de délivrer si besoin les autres marins, les passagers, bref tous ceux qui pourraient nous aider à organiser une résistance face aux pirates commandés par les jumeaux. Sans oublier de leur demander au passage s'ils n'auraient pas de quoi nous détacher.

Avec toute la dignité dont nous pouvons disposer dans notre état, nous marchons silencieusement dans les parties inférieures du navire. Le Passe sans Casse est assez grand et il serait facile de nous y perdre si nous n'avions pas les membres d'équipage avec nous pour nous guider à travers les coursives. Grâce à eux nous atteignons sans trop de mal un escalier qui nous mène à l'étage supérieur. Nous y croisons un pirate esseulé qui n'aurait pas fait long feu en temps normal, mais je décide de ne pas courir le risque qu'il déclenche l'alerte si nous n'arrivons pas à l'éliminer en un seul assaut, et nous attendons simplement qu'il passe son chemin. En plus nous aurions eu l'air ridicules à lui sauter dessus tous les septs à la seule force de nos jambes comme des danseurs !

J'avais émis l'hypothèse que les passagers avaient été parqués et enfermés dans le dortoir commun attribué aux voyageurs de seconde classe, mais devant l'abondance de pirates qu'il semble y avoir dans cette partie du navire nous préférons changer d'objectif et marcher en silence jusqu'aux cabines individuelles. Un spectacle désolant nous y attend: sur toute la longueur du couloir la plupart des portes ont été défoncées, et les cabines saccagées et pillées ! Avec mon coeur qui bat à toute allure je me précipite vers la cabine n°4, la mienne, qui a également été mise à sac: les matelas ont été renversés, l'armoire vidée, et nos valises ouvertes. Heureusement, et j'en remercie ma bonne étoile, personne n'a pris mes vêtements qui ont "simplement" été laissés en vrac dans ma valise ! En temps normal ce genre de délit aurait suffi pour justifier un aller sans retour vers la base de la marine la plus proche (ou, en l'absence de cette dernière, d'un séjour longue durée dans une poubelle), mais la situation actuelle me pousse à être clémente. Sous le regard interrogateur de mes compagnons je me mets à chercher frénétiquement parmi mes affaires, ce qui n'est vraiment pas facile quand on doit le faire le dos tourné !  Je finis par y retrouver l'objet que j'espérais et qui, par chance, est resté bien à l'abri enveloppé dans mes petites culottes. Un couteau ? Mais non journal, mon log pose ! Grâce à lui, même si les pirates ont toujours le contrôle du navire nous pouvons envisager de nous enfuir !

Je n'ai pas le temps de savourer ma joie ou de chercher d'autres de mes affaires, car un des marins prisonniers nous avertit:

" - Attention, il y a du monde !"

Effectivement, plusieurs pirates copieusement armés apparaissent à l'entrée du couloir et pointent leurs armes vers nous:

"- Rendez-vous bande de saletés de mécréants ! On vous tient !"

Ils possèdent des sabres et des couteaux et ça pourrait me plaire, mais ils sont quand même nombreux et menaçants. Hum... après tout, si on suit le raisonnement de mon compagnon musclé et moustachu, s'enfuir lorsqu'on est en infériorité ce n'est pas vraiment de la lâcheté, si ? Tu es d'accord avec moi journal n'est-ce pas ?

"- On s'échappe !!!"

Des coups de feu retentissent dans le couloir, accompagnés de cris, mais je n'ai pas le temps de m’en soucier car je suis déjà loin et je continue de courir à toute allure ! Suji et deux autres marins assez rapides me suivent de près, mais j'ignore ce que sont devenus les autres. Tant pis hein, au pire si on nous demande on dira qu'on ne les a pas vu et qu'ils n'étaient même pas avec nous !

Guidés par notre course frénétique nous déambulons au hasard un peu maladroitement dans les coursives ! C'est une attitude assez imprudente que je manque de regretter amèrement alors que je tombe nez à nez avec un groupe de fous armés de bric et de broc, qui foncent vers moi en hurlant:

"- JUSQU'À LA MOOOORT !"
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Anatara
Anatara

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Intégrité: 10

Sam 17 Aoû 2019 - 22:26


_____Victoire a été remarquable. Droite, forte, sûre d’elle, elle nous a parlé d’une voix ferme mais bienveillante, elle a trouvé les mots et en quelques instants, elle a transformé le chaos indescriptible qui régnait dans nos rangs en un bordel organisé. Plus que par ses discours simples, faciles à comprendre et unificateurs, nous avons été galvanisés par sa gestuelle exemplaire : sa façon de tenir, de faire face, de ne pas reculer devant la peur, de ne pas céder la panique, de réagir. Sans elle, la plupart d’entre nous seraient restés paralysés à attendre que ça se passe pour finalement se faire égorger ou vider les poches. Mais elle a su nous secouer, nous inspirer la force de nous battre. Bien sûr, on ne transforme pas des civils en soldats avec de simples mots, mais des civils prêts à se battre, c’est déjà bien assez dangereux.

_____Nous avons fouillé très minutieusement les débarras où nous avons trouvé quatre pistolets et deux épées rouillées. Avec les quatre brigands qui possédaient deux pistolets chacun et les cinq personnes parmi nous qui avaient déjà un pistolet, cela nous a donc fait un total de quinze pistolets (nous avons chargé un homme de seconder Hendrix dans sa lourde mission de gardien de prison) et trois épées. Afin de maximiser nos chances, j’ai confié mon propre sabre à Kenapacopr’il Djumo, un homme tout en muscles qui affirmait pouvoir faire des miracles avec une épée. Pour éviter de me mélanger les pinceaux, je l’ai aussitôt rebaptisé Kenny. Le problème, c’est qu’il y avait toujours vingt-trois personnes qui, non contentes d’avoir été de simples citoyens sans histoire jusqu’à ce jour, étaient complètement et désespérément désarmées. Ne pouvant pas les envoyer à la boucherie, Victoire décida de leur donner une occupation toute aussi utile que d’aller se battre.

— Bien. Qui parmi vous sait travailler le bois ? Levez la main. Allez, ne soyez pas timides ! La moindre connaissance peut nous être utile. Toi ? Bien, avance-toi.

_____C’était un vieux monsieur habillé de haillons qui semblait tout droit repêché des profondeurs abyssales. Il restait muet et regardait ses pieds. Après l’avoir jaugé du regard quelques secondes, Victoire lui adressa un sourire communicatif et continua son recrutement.

— Qui parmi vous s’y connait en nœuds et en lanières ?
— Moi, vice-amiral !

_____La personne qui s’avança était un jeune garçon des rues dont les chaussures usées et le pantalon troué contrastaient fortement avec son haut deux pièces et ses mimiques enjouées. Une nouvelle fois, Victoire le salua et le plaça à côté de son spécialiste du bois.

— Y a-t-il parmi vous un fin connaisseur de l’architecture et du fonctionnement d’un navire ?

_____Les vingt-et-une personnes rassemblées devant nous se regardèrent en chuchotant, mais personne ne sortit du lot. Je me serais bien désignée, mais je ne suis pas sûre de m’y connaître en architecture. Je sais naviguer, bien sûr, mais je ne saurais pas construire un bateau ! Au bout de presque deux minutes, ce fut une jeune fille rayonnante de fierté qui se fraya un chemin jusqu’à Victoire. Armée d’un pistolet, elle était déjà dans les rangs et dut céder sa place à un autre volontaire. La vice-amiral lui manifesta sa reconnaissance, réfléchit quelques instants puis continua son audition.

— Quelqu’un s’y connait-il en confection d’armes et d’armures ?
— Moi !

_____Trois mains s’étaient levées, et leurs propriétaires respectifs s’avancèrent. Victoire réfléchit quelques instants à ce qu’elle pourrait bien avoir oublié puis, faute de temps, continua son étrange manège :

— Quelqu’un sait-il se servir d’un marteau et d’un clou ?

_____Cette fois-ci, une forêt de doigts se leva. Amusée, Victoire félicita ses troupes et leur expliqua la mission : avec les portes, les murs, le matériel présent dans les locaux et tout ce qui ne servait pas directement à la flottaison ou au bon fonctionnement du navire, ils devaient, dans les moindres délais, confectionner des boucliers opérationnels et tout autre ustensile pouvant être utile à la bataille à venir. Afin de garantir la sécurité de tout ce beau monde, nous laissâmes deux hommes en arrière et, forts d’une armée de seize personnes, partîmes de ce pas vérifier le reste du pont.

_____Nous avons encore rencontré quelques pirates qui, devant notre surnombre, ne nous ont offert comme résistance qu’une piètre débandade. Malgré tout, l’un d’entre nous fut touché d’une balle dans la jambe et nous dûmes mettre en place une cellule de soin en plus de l’équipe de manufacture et de la prison. Cela ne diminua en rien notre effectif car le blessé fut assez rapidement remplacé par un volontaire frais et prêt à en découdre. Maintenant, après avoir sécurisé la ronde des canons où pouvaient se cacher quelques adversaires, nous discutons de la démarche à suivre et perdons un temps précieux en désaccords et vaines disputes.

— Nous devrions vérifier la cale, insiste monsieur Duplessis.
— Oui, la cave ! renchérit sa femme. Vous souvenez-vous de la fois où nous avons subi un abordage, et où nous nous sommes cachés dans les bas-fonds ?
— Parfaitement, ma douce : nous avons attendu le bon moment et, profitant de l’effet de surprise, nous avons renversé la situation !
— Ah, quelle belle aventure que c’était… je me souviens de la tête du capitaine quand ils nous a vus sortir de nulle part, et…
— Nous n’avons pas le temps pour ces enfantillages ? La cave, pourquoi aller dans la cave ? Il n’y a rien dans la cave ! Nous devons porter secours à l’équipage qui se bat en ce moment-même !
— Allons, madame Victoire-de-la-Ferté, la bataille est finie depuis longtemps déjà ! Et où ont-ils placés les prisonniers qu’ils n’ont pas exécutés ? Dans la cave !
— Si vous dîtes vrai, la cave sera certainement défendue, et je ne nous vois pas prendre d’assaut un endroit si exigu avec une échelle et une quinzaine de bras cassés. Nous devrions remonter vers le pont et en découdre directement avec leurs chefs.
— Vous avez raison, ma foi. Ce n’est pas la peine de nous encombrer de prisonniers libérés supplémentaires. Ils seront en sécurité, aux fers. Nous devrions commencer par les endroits les moins bien gardés.

_____D’après monsieur Duplessis, qui n’en est pas à son premier voyage en Translinéenne (d’ailleurs, il a déjà vécu une situation légèrement similaire où des pirates montés à bord ont fait du grabuge. Fort heureusement, un certain Leucru, chargé de sécurité, a maté l’insurrection en envoyant les coupables par le fond, ce qui lui valut deux jours d’arrêt), le bateau est constitué de cinq niveaux. Il y a d’abord la cale où sont stockés les effets encombrants, les marchandises et tout autre chose qui n’est pas voué à être utilisée durant le trajet. De son aveu, il ne sait pas où se situent les fers mais s’ils doivent être quelque part, c’est sûrement dans la cale.

_____Au-dessus de la cale se trouve le troisième pont où nous nous situons. Ce pont ne possède pas d’importance stratégique, mis à part la rangée de canons qui pourraient aider les mutins à repousser un navire allié qui viendrait nous aider.

_____Le deuxième pont, en plus de chambres à coucher qui font l’intermédiaire entre les dortoirs et les cabines, réunit des lieux de loisir, des salles communes et des réfectoires, avec notamment le garde-manger. D’après Duplessis, il est vital pour nos ennemis d’avoir ce dernier sous leur contrôle, sans quoi nous pourrions effectuer ce qu’il appelle un « siège inversé ». Un jour, ajoute sa femme, ils ont effectivement été capturés par un équipage de marauds mais ils ont réussi à se barricader dans le garde-manger où ils restèrent deux jours à vaillamment tenir position avant que les scélérats, qui mourraient de faim, décident de s’en aller. La plupart des endroits du navire, confirme son mari, ne possèdent en effet qu’un seul accès et il est très facile de les défendre. Pour tenir le garde-manger, surenchérit la femme, il aurait suffi d’un homme et d’un chien !

_____Le pont principal est plus encombré : on y retrouve tout ce qui sert directement à la navigation comme les mâts, les voiles, les manœuvres, les câbles, les transats et d’autres choses indispensables. Bien que ce pont soit moins directement vital pour les fripons qui nous occupent, il leur est nécessaire pour naviguer et nous laisser en prendre le contrôle serait une grossière erreur.

_____Dominant le pont, deux gaillards qui s’élèvent sur deux étages. Le gaillard-proue abrite les cabines et quelques salles communes. D’après monsieur Duplessis, il ne devrait pas être très défendu et constituerait un point d’accès vital pour le pont supérieur. Enfin, au même niveau mais non relié se trouve le gaillard-poupe (que j’appelle la dunette) où se trouvent la salle de commandement (dite passerelle) ainsi que les cabines des officiers. Le matériel vital du navire, comme le log pose et le gyro pose, s’y trouve à n’en point douter et ce sera sans doute l’endroit où le contrôle de nos adversaires sera le plus resserré.

_____Ne disposant pas de plus de temps pour élaborer une meilleure stratégie, nous décidons d’adhérer à l’idée de monsieur Duplessis qui consiste à rejoindre le deuxième pont par l’escalier de service, qui nous mènera donc suffisamment loin des cuisines pour nous permettre de nous déployer sans rencontrer de comité d’accueil. Nous devrons neutraliser les patrouilles que nous ne manquerons pas de rencontrer et nous préparer à nous battre au sortir de la cage d’escalier, car ce sera à cet endroit que nous serons les plus vulnérables. Nous pourrons alors prendre le contrôle de la ronde des canons, qui est impossible à défendre contre une attaque de l’intérieur. Ensuite, nous convergerons vers le garde-manger qui se situe derrière le carré, une grande salle commune qui sert à la fois de réfectoire et de lieu de loisir, et qui le sépare de l’escalier de service.

_____En défonçant les murs à coups de hache (il y a des haches de sécurité sur le deuxième pont), nous pourrons les submerger de tous les côtés et les déborder ne sera pas très difficile. D’un commun accord, nous pensons qu’il est indispensable de prendre le garde-manger car avoir des ennemis dans le dos au cours d’une bataille, c’est demander à être tués. Et puis manger, c’est important tout de même !

_____Une fois le deuxième pont sous notre contrôle, il sera très certainement difficile d’accéder au pont supérieur, très certainement mieux défendu. Pour l’instant, nous avons l’avantage de la surprise et nos ennemis ne savent même pas que nous complotons contre eux. Ils sont loin de s’imaginer que de simples civils poltrons ont soudainement pris les armes pour défendre le navire. Nous devons jouer cette carte et faire le plus vite possible. Nous envisageons d’attaquer le pont par différents endroits, de manière à déborder et désorganiser les défenses quand soudain, un petit groupe de cinq personnes fait son apparition.

— Soldat, en position ! N’oubliez pas : nous nous battrons jusqu’à la mort !

_____Mais pendant que ceux qui se trouvent devant moi répètent de bon cœur ces quatre derniers mots, je me rends compte qu’il y a quelque chose qui cloche dans la démarche et la course de ces curieux personnages. Mais… C’est Cara ! Laissez-moi passer ! Je cours et me faufile entre les rangées d’épaules et fais de grands gestes en criant dans « Non, attendez : ils sont avec nous » et je me précipite vers mon associée.

— Cara, Suji ! Vous allez bien !

_____Je leur explique à toute vitesse tout ce qu’il s’est passé durant leur absence et ils semblent avoir du mal à digérer ce flot de paroles. J’insiste un peu sur les parties les plus importantes, à savoir le garde-manger… euh, je veux dire : le plan en cours et l’organisation de la résistance et tout et ils hochent la tête, un peu débordés par cette vague d’informations. Toute contente de les revoir en un seul morceau, je sautille sur place et je les embrasse chaudement pendant que Victoire dirige ses troupes vers le deuxième pont. Cara semble rassurée de me revoir vivante, elle m’explique maladroitement comment elle s’est miraculeusement échappée des fers où étaient retenus prisonniers de nombreuses personnes. Malheureusement, elle a dû abandonner le gros d’entre elles pour s’enfuir, car de nombreux pirates gardaient les fers et les coursives ! Elle est surexcitée, son histoire ne tient pas la route, surtout la partie où elle utilise sa grâce naturelle pour sortir de prison ; il faudrait qu’elle me raconte ça plus en détails, plus tard.

_____Mais, plus important : apparemment les jumeaux seraient des génies du mal. Leur plan aurait été finement préparé depuis des années ? N’importe quoi ! Pendant que Cara débat furieusement avec Duplessis sur la pertinence de la stratégie de ce dernier, madame Duplessis rappelle à son mari la fois où ils ont discuté tellement longtemps de la meilleure stratégie à adopter lors d’un match de hockey que la rencontre fut terminée avant la fin de leur polémique, et celui-ci la contredit en lui affirmant que non : ils s’étaient mis d’accord pendant les trois dernières minutes du temps additionnel. Finalement, Victoire décrète que nous n’avons pas le temps de tergiverser. Nous déboulons en force sur le deuxième pont, sans savoir que seule la mort nous y attendait.
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