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La voie du mendiant.

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Anatara
Anatara

♦ Localisation : L'île aux éveillés

Feuille de personnage
Dorikis: 2847
Popularité: +118
Intégrité: 71

Mer 4 Sep 2019 - 11:18

Rappel du premier message :



— Je t’ai trouvé ! Franchement, tu aurais au moins pu faire semblant de te cacher !
— Tu m’aurais trouvé encore plus vite, j’ai essayé d’innover.

_____Au milieu d’un capharnaüm produit par une bonne centaine de personnes toutes plus enthousiastes les unes que les autres, nous nous faufilons entre les chefs-d’œuvre et les tableaux pour rejoindre nos parents. Ils n’ont pas bougé ! Elle va durer combien de temps, comme ça, leur discussion ? Maman surprend mon regard et me fait une mimique compatissante, puis ses yeux bougent très vite : une fois vers la sortie, une fois vers son interlocuteur et une fois vers la grande horloge qui indique que ça va faire bientôt trois heures que nous sommes coincés dans ce salon prestigieux. Au début, c’était incroyablement intéressant. J’ai parcouru les différentes peintures et je peux dire que certaines sont vraiment magnifiques ! Il y en a qui jouent sur les couleurs, qui floutent légèrement les herbes pour donner l’impression qu’elles bougent, d’autres qui jouent sur les contrastes, le nombre, les émotions, la surprise, la superposition… Toutes les techniques sont représentées, dont au moins une dizaine que je ne connaissais pas. Curieuse, j’ai été parler aux différents artistes qui se sont fait une joie de m’exposer longuement leurs méthodes et leurs manifestes, puis ils m’ont irrémédiablement demandé de leur présenter mon père pour avoir une conversation plus fournie. Déçue, dédaignée et ayant fini par faire le tour de tout ce qu’il y avait à voir, j’ai décidé de passer le temps en jouant à cache-cache avec Liam.

_____Maman regarde de nouveau son interlocuteur puis, dès qu’elle en a l’occasion, elle me cherche du regard, je lui fais signe, elle me regarde droit dans les yeux, fixe de nouveau l’horloge, balaie le salon du regard puis porte discrètement la main à ses lèvres avant de reporter entièrement son attention à la conversation. Je guette une nouvelle manifestation de sa part mais elle ne semble plus remarquer ma présence, comme si je n’existais plus.

— Viens, Liam : on s’en va.
— Hein ? Mais on doit attendre les parents !
— Non, t’inquiète : ils en ont au moins pour deux heures. Maman m’a dit qu’on pouvait sortir, et puis de toute façon je suis grande tu sais ! Pas besoin d’attendre papa et maman.

_____À moins qu’elle m’ait donné rendez-vous au restaurant ? Hum, balayer le salon du regard, ça voulait dire quoi ? « Si vous ne nous retrouvez pas », j’imagine. Oui, ça doit être un truc comme ça. En tout cas elle vient de me dire de sortir, c’est sûr et certain ! Liam écoute mes explications avec attention et approuve mes déductions : nous sortons donc. Pfiou ! Comme ça fait du bien ! Dehors, les rues pavées de pierres rondelettes sont paisibles et doucement réchauffées par le Soleil du milieu d’après-midi. Les boutiques et les échoppes prospèrent, animées par des artisans qui rivalisent d’originalité et de virtuosité. Ici, un ébéniste, là un sculpteur de pierre, plus loin un tisseur, encore plus loin un souffleur de verre, sans parler de la grandiose et illustre école du regretté Musashi1. Il n’y a pas à dire : Honnoji, malgré sa petite taille et sa population réduite, peut très bien compter parmi les « villes de l’art », et ce n’est pas pour rien qu’elle a été choisie pour accueillir la quatre cent trente-huitième colloque de peintres des quatre mers. Nous continuons notre chemin jusqu’à sortir complètement de la ville. Passée la place centrale, les artisans qui ont pignon sur rue se font de plus en plus rares jusqu’à complètement disparaître. On voit encore quelques épiceries et des traiteurs de viande, des boulangeries, des restaurants et des hôtels puis uniquement des habitations. Arrivés en bordure de ville, les bâtiments se font moins nombreux, moins grands, moins bien entretenus. Certaines constructions en bois semblent dater du siècle dernier et font peine à voir.

_____Après avoir suivi le sentier sur quelques mètres, le pavage laisse place à de la simple terre qui continue jusqu’au port. Tout autour de nous, des champs à perte de vue qui ondulent paresseusement le long des collines, dessinant de subtiles nuances de vert et de jaune selon la nature, l’exposition au Soleil et le degré d’hydratation de ce qui y est cultivé. Parsemés de-ci de-là de minuscules cabanons qui sont en fait d’authentiques fermes voire des villages miniatures que la distance déforme et fait apparaître si petits, ces champs ne sont interrompus que par un semblant de montagne où l’agriculture est impossible à cause de la pente et de la trop forte présence de roches et de cailloux. Là, la nature a gardé ses droits et une forêt y verdoie tranquillement, à peine inquiétée par les quelques bûcherons, chasseurs et cueilleurs qui n’ont pas besoin de s’enfoncer bien loin pour trouver ce qu’ils veulent. C’est là que nous allons.

— Tout le monde était malade et on a été obligé de se vacciner, c’était horrible !

_____Liam et moi rattrapons le temps perdu. Depuis que je suis revenue sur Sirup il y a quelques semaines, je me suis bien ressourcée, j’ai pris des nouvelles de tout le monde, j’ai écouté les ragots et j’ai répété au moins cent-cinquante fois mes aventures, à chaque fois dans une version un peu plus courte. Liam, il a bien grandi : c’était à peine un gamin il y a deux ans mais maintenant c’est un homme, et en plus il est plus grand que moi ! C’est fou comme il a poussé vite. Il me raconte qu’il travaille chez l’oncle Osmont, en tant que conseiller politique s’il vous plait. J’avoue que je ne comprends pas trop comment quelqu’un d'aussi puissant pourrait avoir besoin d’un conseiller pour la politique, surtout quand ledit conseiller n’a que dix-sept ans : on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Mais je suppose qu’il rend juste service à son neveu en lui dévoilant les arcanes de ce qui sera son métier plus tard.

_____J’ai beaucoup d’admiration pour mon petit frère. Je le connais depuis toujours, on a fait les quatre cent coups ensemble ! Toujours brillant, toujours génial, il a l’esprit vif et plein de compréhension. C’est le côté calme et réfléchi de maman, alors que moi je suis le côté impulsif et rêveur de papa. Il évolue dans un monde totalement différent du mien, dans un monde de manoirs et de bureaucratie, où la procédure règne et où le papier gouverne. Franchement, ça me rend folle rien que d’y penser et je lui suis reconnaissante de ne pas rentrer dans les détails. Lui, ça le passionne et ça lui fait de la peine de ne pas tout dire à sa sœur alors je l’encourage, je lui pose des questions, j’essaie d’en savoir plus et j’essaie de comprendre. En parallèle, je lui raconte mes mésaventures et mon train de vie qui fait misérable à côté du sien, mais je n’insiste que sur les bons côtés : comment j’ai découvert le monde, parcouru les mers, secouru des réfugiés, rencontré des gens… Le temps passe et la nuit commence, nous rentrons. Où est-ce que maman a dit qu’il fallait la retrouver, déjà ?

_____Le lendemain, nous allons directement dans la forêt pendant que papa et maman continuent à faire littéralement la cour à la société des artistes. Tant de gens à rencontrer, de contrats à signer, de choses à échanger. Papa va prendre un disciple si j’ai bien compris, et en échange son père lui a donné un peu d’argent et un contact intéressant… mais ce n’est que le millionième de ce qu’il s’est décidé hier ! Oh là là, heureusement que maman n’a pas épousé un noble sinon elle devrait faire ça tous les jours. Quoi que, ce serait plutôt les artistes qui devraient lui faire la cour, et en soi ce n'est pas du tout la même chose !

_____Tout à coup, nous entendons du bruit, tchouip, tchouip ! Curieux, nous nous rapprochons de la source pour apercevoir un homme occupé à cueillir des baies qui ont poussé en hauteur, largement hors de portée malgré sa taille. Pour compenser, il saute. Oui, il saute, il bondit même. Il fléchit ses genoux, prend une courte inspiration et d’une impulsion parcourt les quelques mètres qui le séparent de ces fruits tant convoités.

Tchouip, fait-il sous le coup de l’effort.
_____

1. Dans l'univers de OPR, Musashi était l'héritier et le maître de l'école des trois sabres fondée par le très célèbre pirate Roronoa Zoro. Il décède dans un affrontement en 1625, laissant l'école des trois sabres sans maître. Lien vers la fiche d'île.



Dernière édition par Anatara le Jeu 5 Déc 2019 - 9:06, édité 1 fois
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Jeu 5 Déc 2019 - 8:47



_____J’ai plein de questions à lui poser : à quoi tout cela rime, pourquoi m’a-t-il envoyée faire la geisha, et combien de temps compte-il encore se foutre de moi ! La première personne se rapproche et mon maître se révèle derrière lui. Il lisse sa barbe pointue et me regarde non sans fierté.

— Le seigneur Bokkai m’a informé de la situation, dit l’inconnu. Vous aviez raison depuis le début, maître Hanzo.
— Oui, il me fallait juste des preuves. Après tout Ichioka ne laissera pas ses fils tomber en disgrâce aussi facilement.
— J’avais envie de te croire, mais je ne voulais pas risquer une nouvelle guerre des clans.
— Euh… mais de quoi vous parlez ? Et… vous ! Vous êtes le type qui s’est moqué de nous quand on a fait notre spectacle ! Vous avez traité mon maître de mendiant !
— Allons, allons, c’est de l’histoire ancienne. Oui, c’est bien moi, je m’appelle Iwamura.
— Il vient d’un autre groupe de yakuzas, en un sens on peut dire que ce sont leurs rivaux.
— Leurs rivaux ? Les rivaux de qui ?
— Mais, des Ichioka, bien entendu, répond l’intéressé.
— Bon, assez parlé, conclue mon maître : on s’occupe du reste. Tes camarades vont te raccompagner bien au chaud.

_____Quelques jours plus tard, le jour du procès, nous nous sommes réunis en public dans une grande salle, avec un tribunal composé de moitié des Ichioka et de moitié des Iwamura, le reste étant de vrais jurés indépendants mais corruptibles. Comme je suis le « témoin » principal dans cette affaire, c’est moi qui suis à la barre aux côtés d’Iwamura, le seigneur Bokkai, le Seigneur Fudai et de Hanzo qui s’occupent de l’accusation. En face, les trois frères Ichioka (Sue semble remis de son amputation) accompagnés de leur avocat. Après un interminable discours qui commence par « Mesdames et messieurs, cher Machin, cher Truc, cher Seigneur Bidule, cher Blablablah », le Shogun, qui préside la séance, résume la situation pour qui veut l’entendre :

— Le vingt-six juin de cette année, en voyage à Logue Town, le vénérable seigneur Misaki Bokkai, ici présent, a vent que le célèbre Shinda Yuken, arme attribuée au légendaire Sachimoto le Brave, serait en vente sur la petite île annexe de Gisvöm. Après en avoir fait l’acquisition, il revient sur Shimotsuki où le Maître Forgeron – malheureusement retenu ailleurs, lui affirme qu’il s’agit d’une reproduction. Or Seigneur Bokkai dispose d’un certificat frappé du tampon du Marteau qui prouve le contraire. Lui, ainsi que les autorités du Marteau, ici représentées par le seigneur Fudai Isao, accusent les trois frères Ichioka des termes suivants : Contrefaçon de meitou…

_____Chaque terme soulève un mouvement de protestation dans les gradins, mais il suffit au Shogun de lever les yeux de son discours pour y mettre fin et obtenir le silence. Il reprend alors sa lecture, imperturbable.

— Exportation illicite d’armes, blanchiment d’argent et production de faux certificats. De plus, suite à l’enquête approfondie menée par le Maître Hanzo et ses disciples, ces derniers accusent le Hatamoto Mojisuke Kitsuba, malheureusement absent, des faits suivants : possession d’outils de forgeage non homologués, fabrication non autorisée d’armes et assimilés, hébergement et promotion d’activités nuisibles à la réputation de l’île et trafic de faux meitous. J’appelle d’abord à la barre le Maître Hanzo, qui nous présentera les différents éléments de l’enquête.
— Bonjour à tous. Comme vous le savez, j’œuvre depuis toujours à la protection de tous et à la préservation de la paix. Je suis la force invisible qui équilibre l’éternel conflit entre les différentes factions qui se disputent l’hégémonie de notre île bien aimée. Depuis quelques mois, des rumeurs circulent comme quoi des meitous produits à Shimotsuki auraient été mis en vente sur l’île de Gisvöm, une petite terre qui vit dans l’ombre de sa voisine Logue Town. Or nous savons tous que notre île n’est pas productrice de meitous : nous les certifions. Cette confusion est commune dans l’esprit des gens, mais j’ai préféré m’y intéresser de plus près afin de lever le doute. Rapidement, j’ai découvert que les frères Ichioka étaient à la source de ce trafic.
— Diffamation !, crie l’un.
— Scandale !, s’insurge l’autre.
— Délation !, surenchérit le troisième.
— SILENCE !, s’énerve le shogun. Poursuivez, je vous prie.
— Effectivement, je n’ai pour moi que les dires des différents intermédiaires, mais il se trouve que mes disciples ninjas, que je n’ai plus besoin de vous présenter, ont accueilli en leur rang une toute nouvelle recrue, que vous ne connaissez pas encore et qui a tiré parti de son anonymat pour résoudre cette affaire.
— Très bien, je vous remercie, Maître Hanzo. Maintenant, j’appelle le premier témoin. Charles Malaunet, vous prétendez avoir aidé les Ichioka à faire transiter des armes d’ici Gisvöm.
— Tout à fait, Seigneur, mais j’ignorais qu’il s’agissait d’un trafic illégal ! Je suis innocent.

_____Malaunet poursuit alors une histoire pas très passionnante sur les transferts de marchandises opérés par les Ichioka, et le Seigneur Bokkai en déduit que cela concorde avec sa théorie. Les Ichioka l’admettent mais jouent la carte de la coïncidence et prétendent qu’ils n’ont jamais vendu de faux meitous. Au bout du compte, ils terminent par l’emblématique « vous n’avez pas de preuve ! ». Pour cela, je suis appelée à la barre.
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Jeu 5 Déc 2019 - 16:42



— Anatara Urami, vous avez mené l’enquête sous la direction de Maître Hanzo et avez rassemblé de nombreux éléments à charge, quels sont-ils ?
— Euh, mais je n’ai rien mené, m…
— Chut, m’interrompt Hanzo, complètement paniqué : tais-toi ! Lève-toi et dis les faits.
— Les faits, quels faits ?
— Les faits ! Ce que tu as découverts ! Le tampon !
— Ah, oui, c’est vrai !
— Objection : il oriente le témoin !
— Ichioka Tetsuya, si vous ne vous tenez pas tranquille jusqu’à la fin de la séance, je déclare vos trois fils coupables et je leur fais trancher la tête, est-ce que c’est bien clair ?
— …
— Bien, reprenons. Mademoiselle Urami, si vous voulez bien prendre la parole, s’il vous plait ?

_____Aidée par Hanzo qui me souffle les bonnes tournures de phrase, je récite les faits dont j’ai été témoin. Malheureusement, je m’emmêle les pinceaux et je ne les dis pas dans l’ordre.

— Alors, euh… Il y a quelques semaines…
— Le deux juillet de cette année.
— Oui, c’est ça : le deux juillet de cette année, le Seigneur Mojisuke ici présent…
— Absent.
— Euh, absent… M’a invitée à consulter le registre des meitous dans l’enceinte du Marteau. J’ai alors rencontré Roxy, un gros chien noir tout mignon et même que le Maître Forgeron a essayé de le dresser pour lui apprendre à aller aux toilettes mais ça n’a pas marché ! Au contraire, le chien s’amuse maintenant à voler des objets et à les mettre dans la cuvette…
— Merci, vous pouvez vous rassoir.
— Euh, mais je n’ai pas fini… aïeuh !

_____Cette dernière phrase s’étrangle dans ma gorge, tuée dans l’œuf par Hanzo qui me pince douloureusement le dos. Le shogun, imperturbable, continue d’interroger les témoins un à un dans un ordre apparemment aléatoire et sans jamais les laisser aller jusqu’au bout.

— Levez-vous, Seigneur Fudai. Maître Hanzo, dans sa déposition, stipule que le Maître Forgeron, malheureusement absent, a perdu le sceau qui lui permet d’authentifier les meitous de la manière décrite par le témoin Urami. Confirmez-vous ce fait, Seigneur Fudai ?
— Oui, Shogun, c’est arrivé plusieurs fois d’ailleurs. Mais je ne vois pas ce que ça a à voir avec notre affaire. Nous avons immédiatement fait remplacer le tampon par un artisan de confiance, le maître Grégoire Le Forestier, ici présent.

_____L’homme que j’ai rencontré à la boutique de bonbons, et qui manifestement s’appelle Grégoire, se fait appeler à la barre et confirme les faits. Il précise cependant qu’il n’est en rien impliqué dans cette affaire et qu’il n’a pas contribué à l’établissement de faux certificats de quelque manière que ce soit.

— Je travaille dans cette ville depuis cinquante ans, et jamais, au grand jamais j’ai échoué à honorer un contrat. Or, il est stipulé dans l’article quarante-neuf-trois tiret deux, alinéa sept, que les données concernant le tampon et sa fabrication doivent rester purement confidentielles. Jamais je ne les aurais vendues à qui que ce soit, j’ai ma conscience professionnelle, moi, messieurs !

_____S’en suit alors la prise de parole de trois témoins qui certifient qu’en effet, Le Forestier est un artisan admirable qui met un point d’honneur à honorer chaque ligne du contrat, et qu’il n’a jamais rien eu à se reprocher. Les Ichioka en profitent pour clamer leur innocence, tenant un raisonnement foireux que personne ne comprend très bien (mais qui convainc une bonne moitié des jurés). Après un débat houleux où les Ichioka et les Iwamura en seraient bien venus aux mains en l’absence de leur Seigneur, celui-ci reprend :

— Maître Hanzo, vous affirmez que le tampon a été retrouvé par le Hatamoto Mojisuke Kitsuba, malheureusement absent. Comment pouvez-vous l’affirmer ?
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Jeu 5 Déc 2019 - 16:50


— Seigneur, le Hatamoto Mojisuke Kitsuba, malheureusement absent, possédait une petite demeure en bordure de mer, à quelques pas de Honnoji. Dans cette demeure se trouvait une mare, qui se trouve être formée par des courants souterrains. J’ai fait analyser ces courants par ma disciple Kroamoua Manaka, qui a opéré dans la plus grande des discrétions grâce à un déguisement des plus infaillibles. Son analyse est formelle : il existe un courant qui part des fosses septiques du Marteau pour rejoindre la mare de Mojisuke.
— Le Hatamoto Mojisuke Kitsuba, malheureusement absent, est mort lors de la cérémonie du senpoku hier soir. Nous prenons ce geste comme un aveu de culpabilité de sa part. De plus, le tampon a été retrouvé par l’équipe d’Iwamura Saichi – je cite : « habilement dissimulé sous une pierre tournante dans le sous-sol secret de la demeure de Mojisuke », fin de citation, merci.
— Coup monté !
— Complot !
— Conspiration !
— Enfin, votre disciple Aarrakné Yoshida aurait fouillé la demeure, je cite : « à l’aide d’un déguisement infaillible garantissant la plus grande des discrétions », fin de citation, merci. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ?
— En effet, j’ai fait fouiller la demeure de Mojisuké par ma meilleure espionne, et elle a mis à jour des documents et livres de compte qui retracent la création et la vente de pas moins de trois faux meitous.
— Cela est effectivement compromettant pour mon défunt serviteur. En tant que Shogun, j’admets sa responsabilité dans cette histoire. Cependant, nous considérons que le senpoku a réhabilité son honneur et nous renonçons à toute poursuite judiciaire.
— Ça ne prouve rien !, proteste un spectateur.
— Bien sûr que si !, lui répond quelqu’un assis de l’autre côté de la tribune.
— Tais-toi, crétin !, lui intime son voisin, soucieux de ne pas attirer les foudres du Shogun.
— Nous n’y sommes pour rien dans cette histoire !, tentent les trois frères en cœur.
— Dans ce cas, comment expliquez-vous que vous ayez été retrouvés ficelés à la porte d’entrée de la maison Mojisuke ?
— Euh, c’est-à-dire que…
— Il se trouve que mon témoin a une toute autre explication de cette histoire. Anatara, si tu veux bien leur expliquer.
— Ah, oui, euh… J’étais à l’anniversaire des trente-cinq ans de…
— Le vingt-trois juillet de cette année.
— Ah, oui, pardon. Donc, le vingt-trois juillet de cette année, j’ai suivi l’un de ces trois frères jusqu’à la retraite de la grisaille du matin où il m’a guidée jusqu’à un passage super-étroit dans la falaise, et il mène au souterrain de Mojisuke ! J’ai reconnu la propriété grâce à son jardin, parce qu’il m’y a invitée à manger et que…
— Les faits, Anatara, les faits !
— Ah oui, pardon. Euh… Donc, les trois frères m’ont en fait tendu une embuscade, et ils ont essayé de me tuer !
— C’est faux ! On voulait juste lui couper les jambes.
— Oui, ben n’empêche que ce n’était pas cool et qu’au bout d’un moment vous vouliez me tuer.
— Merci, Urami, vous pouvez vous rassoir. Accusés, reconnaissez-vous les faits ?
— Non !
— Dans ce cas, comment expliquez-vous la blessure d’Ichioka Sue, qui s’est fait couper la main ?
— Erreur d’entraînement.
— Comment expliquez-vous votre présence au manoir de Mojisuke ?
— Il nous y a invités ! Mais nous ne connaissions pas le souterrain, nous !
— Pourtant, le bracelet d’Ichioka Sue, qu’il porte généralement à la main gauche, a été retrouvé dans ce fameux souterrain. Reconnaissez-vous ce bracelet, Ichioka Sue ?
— Non, ce n’est pas le mien ! Ils se ressemblent mais je n’ai jamais mis les pieds dans ce souterrain.
— Il ment, je l’ai vu ! En plus ils ont essayé de me couper les jambes, ils l’ont avoué tout à l’heure !
— Euh, mais, euh… c’est que…
— Rien du tout !, s’énerve un spectateur : Votre culpabilité est avérée !
— C’est MOI qui décide si la culpabilité est avérée ou pas ! Frères Ichioka : même si vous n’êtes pas coupables, vous n’en êtes pas moins complices et les complices encourent la même peine que les coupables. La séance est levée ! Nous nous retirerons pour délibérer, et j’annoncerai notre décision d’ici quelques instants.

_____Au début de la séance, les Ichioka ont usé de leur droit pour remplacer un juré Iwamurien par un juré Ichiokien. Il y a normalement un nombre impair de jurés, mais l’un est mort subitement d’une intoxication alimentaire hier soir et il n’a manifestement pas été remplacé, les gens ayant fini par se douter que les Ichioka représentent peut-être un peu plus qu’une petite entreprise familiale comme ils le prétendent. Finalement, avec les jurés corrompus et ceux qui sont directement alignés à l’une ou l’autre des familles, le vote s’est retrouvé nul avec vingt-quatre voix pour, vingt-quatre voix contre et deux votes blancs (certains ont voté plusieurs fois, mais ces comportements ont eu lieu des deux côtés et ça s’est compensé). Finalement et comme à chaque fois, le Shogun seul a décidé de la sentence : coupables ! Les trois frères seront condamnés à balayer les feuilles mortes et n’auront plus le droit de toucher un sabre.

_____Soulagés, nous quittons le tribunal ; je commençais justement à avoir des fourmis dans les jambes à force de ne pas bouger. Après mon enquête pas piquée des hannetons, je rejoins Hanzo pour lui tirer les oreilles : mais pourquoi est-ce qu’il ne m’a rien dit ?? Mais comme à son habitude, il me sort une longue explication comme quoi ça n’aurait pas marché s’il m’avait mise au courant, soi-disant parce que je ne sais pas mentir et qu’il fallait un disciple que les Ichioka ne connaissaient pas. Pour moi, ça ne justifie rien du tout puisqu’à la fin, c’est l’intervention de Yoshida qui a résolu l’affaire. Sans elle, je me serais probablement fait tuer par les deux frères restant et nous n’aurions pas le moindre élément à charge contre eux.

_____Mais c’est oublier que Yoshida n’a pu faire son intervention que parce que les deux frères étaient occupés (avec moi) dans les souterrains, et qu’en temps normal elle n’aurait absolument pas eu le loisir de poser ses pièges et de fouiller les documents… bon, mais pourquoi est-ce que j’ai l’impression d’avoir servi de diversion ?

_____Quand je lui demande s’il m’a manipulée pour parvenir à ses fins, il me baratine une explication qui termine par « Ainsi, Anatara, j’ai tout au plus tourné la situation à mon avantage. Il n’y a rien de mal à cela ». Hanzo me dit ensuite qu’il est fier de moi et qu’il m’accepte en tant que disciple. Il m’affirme qu’il pourra m’apprendre les préceptes et les techniques ninjas et, qu’à travers elles, je protégerai l’ordre et l’équilibre de Shimotsuki. Toute contente et flattée, m’étant amusée comme une folle malgré la grosse peur de la dernière fois, j’accepte volontiers de découvrir ces secrets que j’ai tant convoités.

_____C’est donc réconciliés que nous nous dirigeons vers le hameau, en discutant sur quand et comment commencer l’entraînement et qui fera la cuisine et la vaisselle. Je suis sûre que le prochain exercice inventé par Hanzo sera tout aussi bizarre et incompréhensible que les autres, comme cueillir des pâquerettes où pêcher le poisson, par exemple. Mais je commence petit à petit à reconnaître que cet homme possède de grandes qualités d’enseignement et a beaucoup à m’apprendre. En fait, il me met en situation d’apprendre par moi-même et c’est d’autant plus efficace ! J’ai vraiment hâte de devenir un maître ninja. Mais ça, c’est une autre histoire.
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